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Fini la période des papillons, le soleil est parti et nos amis ailés réapparaîtrons à son retour pour annoncer l'arrivée du beau temps. Voici quelques papillons rencontrés cette année.

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Le demi-deuil (Melanargia galathea L.). Celui-ci à les ailes toutes fripées car il vient de sortir de sa chrysalide et les chauffe aux soleil pour permettre à l'hémolymphe, le sang des insectes (qui ne contient pas d'hémoglobine) de les irriguer pour lui permettre de voler.

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Ce papillon pond ses oeufs sur les graminées dont les chenilles se nourrissent. On le trouve dans toute la France, exceptée en Corse. Certains parfums ont des phéromones qui attirent les papillons. Le mien semble particulièrement efficace.

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Mais avant de sortir de sa chrysalide, le papillon n'était qu'une petite larve dans son oeuf. Il en existe de toutes les couleurs, de formes ou de tailles. Les femelles peuvent en pondre quelques uns sur une même surface ou jusqu'à une centaine. Généralement les oeufs sont déposés sur le dessous des feuilles pour les protéger des intempéries et des prédateurs.

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Puis il devient chenille, mue à plusieurs reprises puis prend sa forme adulte. Ici pour l'exemple, la piéride du chou (Pieris brassicae) sur un brin de lavande. Ce papillon est présent sur tout le territoire français depuis le paléolithique. 

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Comme son nom l'indique, les larves de ce papillon sont friandes de choux, dont elles dévorent les feuilles. Néanmoins leur action est freinée par d'autres insectes, comme des mouches ou des guêpes solitaires qui pondent leurs oeufs dans le corps des chenilles pour les transformer en garde-manger pour leurs propres larves.

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L'écaille chinée ou callimorphe (Euplagia quadripunctaria) est un papillon qui vit aussi bien la nuit que le jour dans les forêts et les broussailles. C'est une espèce migratrice. Sa chenille adore les orties, les lamiacées, les épilobes, la sauge des près, les framboisiers, le noisetier ou le chèvre feuille. On le trouve dans toute la France, Corse comprise. Bien que rare, ce papillon n'est pas protégé en France, contrairement à la Belgique. 

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Dans la même famille, l'écaille martre ou écaille hérisson (Arctia caja). Ce papillon de nuit aux motifs de girafe sur ses ailes donne naissance à des chenilles poilues qui apprécient les orties, les saules, les chardons, les pissenlits ou l'oseille. Elles peuvent faire des dégâts dans le potager. Ce papillon présent sur toute la France devient rare. Il peut atteindre 5 à 6 cm d'envergure.

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Il existe en France 27 espèces (sans compter les sous-genre) de zigénidés. Ici il s'agît d'une zygène transalpine, (Zygaena transalpina) sur une petite ombellifère quelconque. Ce papillon est absent du massif Armoricain, de Corse et de la région parisienne. 

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Il existe deux populations différentes, une à l'est, l'autre à l'ouest mais les nombreux mélanges entre celles-ci font qu'il existe une multitude de sous-espèces Les larves raffolent des hippocrepis, des lotus, et parfois des astragalus.

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Autre espèce de la famille des zigénidés, la zygène de la carniole (Zygaena carniolica) possée ici sur une campanule alterne. Il en existe 6 sous-espèces. Ce papillon est absent dans la région de Lille, de la Corse, de la Bretagne et dans tout le bassin atlantique sud. Ses larves adorent les onobrychis et parfois les lotus, les anthyllis et les dorycnium.

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L'argus bleu-nacré (Lysandra coridon poda), ici sur une orchidée fannée, fait parti de la grande famille des Lycaenidae. Il est difficile à différencier avec les individus des autres espèces avec les quels il peut avoir des petits hybridés. Néanmoins, la forme blanche en forme de feuille d'arbre sur ses ailes permet de l'identifier plus facilement.

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Les larves voraces de ce papillon se nourrissent surtout d'hippocrepis. On le trouve partout en France, excepté en Bretagne. La particularité de ses papillons est qu'à l'état de chrysalide, les larves se laissent tomber prés d'une fourmilière et produisent une phéromone qui va attirer les fourmis. Celles-ci vont s'occuper d'elles comme si elles étaient des cocons de la fourmilière et les protéger des prédateurs.

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Néanmoins, une guêpe solitaire utilise la même technique. Elle va rentrer dans la fourmilière, pondre dans la chrysalide sa larve puis ressortir comme si rien n'en était. A l'éclosion, les papillons et les guêpes vont sortir sans embarra de leur abris et sans être inquiétés par les fourmis, pour chauffer leurs ailes au soleil afin de s'envoler. Ce mécanisme est encore très méconnu, on ne sait pas comment la guêpe femelle entre chez les fourmis sans se faire attaquer, reconnaît les cocons des celles-ci de celui des papillons qui sont identiques et comment une fois éclos les insectes ne se font pas attaquer à leur tour. Le mystère demeure.

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(photo de ma petite mère)

Voilà un autre azué, l'azuré des géranium (Pseudoaricia nicias Meig.). Il en existe 4 sous-espèces. On le trouve dans toute la France depuis le paléolithique. Comme son cousin l'argus bleu-nacré, ce sont les fourmis qui s'occupent de la chenille sous forme de chrysalide. Celle-ci se nourrit de géraniums sauvages: le géranium des bois et le géranium des près. En France on le trouve dans les Pyrénées, les Alpes et le Puy de Dômes et vit dans les prairies sub-alpines au-dessus de 900 mètres. Ici on peut différencier la femelle des deux mâles sur cette rare cardabelle: il s'agit du spécimen le plus au fond, avec les ailes plus foncées ayant un plus grand nombre de points noirs cernés de blanc et avec quelques reflets orange sur le bord des ailes.

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L'ethmia pusiella, qui n'a pas de surnom, est un drôle de petit papillon dalmatien. Celui-ci prend la pose tout à tour sue une grande gentiane jaune puis sur le mur de la fenêtre. Il mesure environ 2 cm d'envergure. Ses chenilles aux couleurs jaunes, noires et blanches avec quelques longs poils blancs, se développent sur la pulmonaire, la vipérine et le grémil. Il vit sur les zones défraîchies et sèches. C'est un papillon nocturne qui se fait souvent discret sans être pour autant rare.

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La mélitée du Mélampyre ou le damier Athalie (Melitaea athalia) est un papillon courant dont il existe 8 sous-espèces. Ses chenilles, qui hibernent l'hiver dans leur cocon de soie, sont friandes des mélampyres, des plantains, des digitales, des linaires et des véroniques. 

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On le trouve partout en France, excepté en Corse et en Île-de-France où il n'a pas été répertorié depuis plusieurs années. Sa population recule un peu partout sur le territoire. Néanmoins, la réintroduction de castors, qui dégagent les forêts et l'éclaircissent, est bénéfique à la réapparition de ce papillon car les zones dégagées laisse place au mélampyre des bois, plante en recule aussi et qui figure parmi les favorites des mélitée du Mélampyre.

Depuis 1993 cette espèce est protégée en Île-de-France.

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L’Hespérie de la houque ou Bande noire ou Thaumas (Thymelicus sylvestris) a été décrit pour la première fois en 1761. Il en existe deux sous espèces, présente dans toute la France excepté en Corse. Les chenilles raffolent des graminées. On le trouve dans les prairies, les friches et les bords de route. Le mâle à une bande noire à l'intérieur de ses ailes d'où le nom de l'espèce. 

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Le synède de l'osier (Drasteria cailino) est un papillon adepte des pelouses sèches, des rocailles et des steppes. Ses chenilles évoluent sur l'osier blanc (saule des vannier) et l'églantier commun. On ne le trouve que dans le sud-est de la France, dans les Alpes, sur la côte méditerranéenne et la vallée du Rhône jusqu'à la Drôme.

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La frange picotée ou l'acidalie picotée (Geometridae sterrhinae) se trouve partout en France mais reste rare dans le Nord . Il mesure 18 à 26 mm. C'est un papillon de nuit, très présent dans les jardins.

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Ses chenilles se nourrissent de thyms, de sedums, d'achillées, d'armoises, d'origans, de gypsophiles et de stachys. Ses écailles sont duveteuses et évoques la fourrure. 

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Le moiré aveugle ou aveuglé (Erebia pharte) donne des chenilles vivent, grandissent et se nourrissent sur les graminées. On le trouve dans six départements français des Alpes: la Savoie, la Haute-Savoie, l'Isère, la Drôme, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. Il vit uniquement dans les prairies montagneuses des Alpes.

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Le ptérophore blanc (Ptérophorus pentadactylus (Linné)) tient son nom du latin "Ptero": aile, "Penta": cinq et "Dactylis": doigts, en raison de ses étranges   excroissances sur ces pattes. Il est aussi surnommé petit ange de la nuit en raison de ses ailes qui évoquent les plumes des oiseaux. Sa chenille est verte avec une large bande rose sur le dos. Elle se nourrie de liserons des champs et de liserons des haies. On le trouve dans toute la France, là où il y a des lieux herbeux et broussailleux.

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Alors ceux-ci sont une énigme. Beiges, le bout des ailes très légèrement noirci, les membres ailés repliés comme un grand manteau, les antennes fines et enroulées et surtout, la tête allongée, forment une sorte de bec avec de chaque côté de petits yeux noirs.

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La petite tortue ou Vanesse de l'ortie (Aglais urticae L.) est un très joli papillon orangé aux ailes bordées de taches bleues encadrées de noir sur le bord.  Le nom Aglais est une référence à Aglaé, une des trois Charités, celle de la beauté et de la splendeur. Il en existe deux sous-espèces. La chenille de la petite tortue est en partie noire, avec des excroissances qui évoquent des épines. Elles se ressemblent en groupes sur les grandes orties qu'elles dévorent et y tissent de grandes toiles pour se protéger. Au bout d'un mois elles deviennent jaunes et solitaires.

Ce papillon est en grand déclin dans l'Europe de l'Ouest. On ne sait pas encore à quoi cela est dû. Les pistes de la pollution, de la sécheresse, du réchauffement climatique, des pluies acides et des pesticides sont avancées. On la trouve dans toute la France sauf en Corse. En 2000 l'espèce pendant une année a complètement disparu du territoire. Cette espèce, bien que vulnérable ne bénéficie pas de statu de protection. 

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Pour la série de papillons de nuit, je sèche, ils sont à mon goût les plus difficiles à identifier.

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En effet ils se ressemblent généralement beaucoup les uns et les autres, bien que celui-ci soit particulièrement remarquable.

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Il est toujours agréable les soirs d'été de profiter du bon air et de laisser ouvert portes et fenêtres. Cependant, cela peu créer des tentations dangereuses qui finissent comme pièges mortels pour nos amis papillons. Ceux-ci en savent quelque chose, ils ont cédé à la délicieuse odeur d'un fond de bière.

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Mais la véritable difficulté réside dans le fait qu'il n'y a que peu d'infos disponibles pour les non initiés sur ces papillons, moins populaires que les grands papillons bariolés visibles de jour.

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Cette année, bien d'autres espèces d'insectes on été observé par nos soins, en particulier les libellules qui sont allées jusqu'à s'aventurer dans le potager.