jeudi 19 septembre 2013

La fontaine aux deux bourneaux.

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Vous pouvez retrouver cet article comme coup de coeur sur Parperblog ici: http://www.paperblog.fr/6721710/chambery-la-fontaine-aux-deux-bourneaux/

La fontaine aux deux bourneaux tient son nom des deux canalisations d'origines qui étaient en bois et non comme on pourrait le croire, de la poitrine poitrine généreuse de "la pucelle"  comme on la surnomme. A l'origine ses deux seins étaient entourés des ailes d'un aigle qui depuis a disparut.

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La fontaine date du XIVe siècle et fût déclarée bien publique en 1493. Par la suite la fontaine est laissé quelque peu à l'abandon. On demanda alors en 1669 à François Cuenot de la restaurée. Trois siècles plus tard, le 28 janvier 1943 précisément, elle est classé parmi les monuments historiques de la ville. En 1970, la Pucelle est déplacée au pied de l'église.

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On peut voir ici une résurgence du paganisme dans notre monde moderne. Du paganisme? Au pied d'une église? Oui oui car si on y regarde de plus près l'emplacement initiale de cette fontaine était dans l'allée du marcher. Mais cela n'explique pas tout.

La fontaine des deux bourneaux est une fontaine ubérale, c'est à dire que l'eau qui s'en écoule sort d'un sein de femme statufié plus ou moins distinct. Ces fontaines sont relativement rares, en particulier en ville car à certaines époques, elles ont pu être considérées comme trop lubriques.

Le terme ubérale vient du latin "uber" qui désigne le sein allaitant mais aussi la fertilité et à la fécondité. Replacé dans son contexte, cette fontaine devait (hypothèse) avoir pour but d'apporter ou de symboliser les bonnes récoltes (fécondité du sol) et donc, la richesse. De plus,sça période de réalisation coïncide avec le début de la Renaissance en Italie puis en Savoie, le XVe. Or à cette époque les politiques et les artistes commencent à se tourner vers le passé et si on est encore loin de la Pléiade du XVIe, le panthéon gréco-romain ainsi que les personnages féminins font leur entrée dans l'art. Il n'est plus tabou de représenter la femme dans son aspect fécond comme on peut le voir dans les nombreuses représentations de la vierge nourrissant l'enfant au sein bien qu'ici il n'y ait rien de catholique.

Alors pourquoi parler de paganisme? Tout simplement parce qu'à travers ce buste de femme on peut voir une résurgence des vieilles croyances avec le symbole de la femme dans son aspect sexuel et fécond.

Et l'aigle disparut dans tout ça? Il pourrait faire figure du renforcement de la monarchie au royaume de Savoie dans ce siècle des guerres de religions mais surtout, parce que celui-ci est l'emblême des armoiries du Duché depuis plus de 1000 ans. On peut suggérer que sa disparition sur le buste de la fontaine peut dater de la période où la Savoie est devenue française. Mais là encore, c'est une supposition.

Pour en apprendre plus sur les fontaines ubérales, l'ouvrage de Gerges Dubosc (1854-1927) nommé "Mannekenpiss et fontaines ubérales" parût en 1927 est une bonne référence. De plus, il est consultable sur internet.

 


Le muséum d'histoire naturelle de Chambéry.

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Aujourd'hui c'est la journée du patrimoine. Pour l'occasion mon amie Poppy (encore elle!) m'a embarqué dans la vieille ville à la découverte de ce muséum. Ouvert au public depuis 160 ans, il regorge de merveilles, le tout dans une ambiance bien particulière.

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Première salle: coquillages et crustacés. Une grande variété de formes et de couleurs sont proposées à travers les vitrines. Une petite explication historique de temps à autre est la bienvenue.

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Le corail a cette magie des motifs. Quand il meurt il perd sa jolie couleur et devient blanc. Chez les grecs anciens, les coraux étaient le résultat de la solidification du sang de la terrible Méduse, une des trois Gorgones. 

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Dans la salle réservée aux vertébrés, une grande variété de spécimens empaillés et parfois multi-centenaires (si si!) sont proposés.

1: Gypaète barbu. 2: Ours noir. 3: Varan. 4: Boa d'Asie.

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Le musée a plus de 160 ans, certains animaux semblent avoir mal vieillit ou avoir subit une technique de conservation des plus originales ce qui des fois ne rend pas au premier coup d'oeil l'animal identifiable ou du moins, lui donne une mine étrange. En exemple cette marmotte.

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Bref, on oscille entre cabinet de curiosité, exposition naturaliste et maison de cire.

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Juste à côté, la salle d'enthomologie. De nombreux insectes, papillons, scarabées et araignées sont à observer.

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Petit aperçu des phasmes, criquets et autres goliaths (dernière image).

Les goliaths sont les plus lourds insectes au monde, en particulier le Goliathus Gliatus (sans h la deuxième fois) qui sous forme de larve peut atteindre 115 cm pour un poids de 115 gr.

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Et pour finir la salle des minéraux et des fossiles. 

Merci aux intervenants qui nous ont apporté de nombreux détails sur la collection du musée.

Et pour finir, quelques photos de la partie botanique qui autrefois appartenait au jardin du château.

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