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Quel plaisir après une averse fraîche un soir d'été ou dans une chaude matinée automnale, de sentir cette odeur si particulière caractéristique de la terre mouillée par la pluie. Ce phénomène ce nome petrichor. Derrière ce nom barbare, se cache une réaction simple.

Définit pour la première fois en 1964 par deux scientifiques et géologues australiens (Bear et Thomas), le petrichor illustre la réaction du sol provoquée par une pluie froide sur la terre chaude. Le choc thermique engendré va faire se libérer des racines et des rhizomes des végétaux un liquide apparenté à une forme d'huile qui sera absorbée par les éléments qui les environnent: roches, terres, bois morts mais aussi air ambiant. On retrouve également ce liquide huileux sur les enveloppes des graines qui s'apprêtent à germer. Celui-ci leur permet de supporter la sécheresse.

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Mai il n'est pas le seul composant de ce que l'on nomme "l'odeur de la Terre". Au contact de l'eau, la géosmine produite par des bactéries, les actinomycètes (en particulier celles qui interviennent dans la fabrication de l'hummus) quand celles-ci se multiplient à l'aide de spores, va libérer une odeur très particulière qui se mélange à celle du petrichor et qui volatile, reste peu de temps dans l'atmosphère mais que les nez bien avertis reconnaissent sans mal. On peut retrouver des traces légères de cette odeur quand on retourne la terre du jardin.

D'un point de vue anthropologique (selon les travaux de l'anthropologue Diana Young), cette odeur nous est plaisante car elle correspond souvent aux notions d'élevage et d'agriculture. Le fait que celle-ci apparaisse suite à de fortes pluies après une période de sécheresse correspond dans l'imaginaire collectif chez de nombreuses ethnies, peuples ou cultures à l'arrivée des récoltes, au début de la pousse, à la fin de la famine ou le retour de l'eau pour abreuver le bétail. Mais elle permet aussi de manière instinctive de reconnaître une source d'eau potable d'une autre qui ne l'est pas. Cela explique pourquoi nous "y sommes sensibles à 10 partie par billion (20 à 60 ng/l), soit une goutte dans une piscine de taille olympique" (cf: ici).

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Aujourd'hui la molécule de géosmine (identitifiée par le chimiste américain NancyN. Geber en 1965) est employée dans de nombreux secteurs comme dans celui de la parfumerie pour son odeur naturelle, dans celui la gastronomie pour l'éllaboration des vins et la dégustation des poissons mais aussi dans celui de la recherche comme moyen de détection des points d'eau insalubres et des cultures polluées.

Le terme petrichor vient du grec -petros: pierre et -ichor: sang des dieux. Quand au nom de géosmine, il vient de -gê: terre et -osmê: odeur. De cette odeur, on dit qu'elle possède des arômes de betteraves, de champignons, de feuilles mortes, d'humus, de moisissures, d'herbe fraîche ou de décomposition. N'oublions pas non plus le rôle de l'ozone qui, à l'arrivée des molécules de petrichor et de géosmine dans l'atmosphère modifie en interagissant avec celles-ci leur composition et donc leur structure olfactive. 

 

Sources:

http://www.maxisciences.com/pluie/qu-039-est-ce-qui-donne-a-la-pluie-une-odeur-si-agreable_art29121.html

http://www.gurumed.org/2012/12/02/gosmine-lodeur-de-la-terre-quand-il-se-met-pleuvoir/

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/07/21/le-parfum-d-apres-la-pluie-decrypte

http://www.lapetiteencyclopedie.fr/origine-de-lodeur-de-la-pluie/