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 Dernière sortie de l'été aux champignons mais pas de l'année ! Le fond de l'air se fait plus frais, le soleil est rasant, les rayons sont dorés, l'herbe est humide, les étourneaux et les grands corbeaux se rassemblent en grands regroupements sous les noyers et les châtaigniers. Les gelées ne sont pas encore là mais ne seront tarder et le panier doucement se remplit.

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 La journée débute bien avec la découverte de nombreuses chanterelles en tube (Cantharellus tubaeformis). Elles fructifient assez facilement et peuvent se ramasser jusqu'à fin décembre si le temps est doux (nous en avons même trouvé une poignée début janvier de cette année). C'est un excellent comestible recherché qui peut facilement se conserver en particulier séché.

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 La calocère visqueuse (Calocera viscosa) est un champignon fort agréable à la vue qui pousse sur le bois mort des conifères (en particulier des sapins) presque toute l'année, du moins ici. Certains auteurs la considèrent comme toxiques, d'autres comme un piètre comestible... mieux vaut donc s'abstenir. 

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 Les vesses sont nombreuses dans le bois et le seront encore plus en automne. Elles se reconnaissent aisément à la leur forme arrondie et au nuage de spores qu'elles dégagent quand elles sont percées ou écrasées à maturité. Une grande variété d'entres-elles peuplent les bois dont la vesse-de-loup perlée (Lycoperdon perlatum). Très commune dans les bois de conifères ou mixtes, on peut la consommer très jeune quand la chaire est blanche mais elle reste un comestible sans grand intérêt que certaines personnes digèrent mal.

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 Quand elles arrivent à maturité, les vesses se déchirent alors à leur sommet pour relâcher leurs spores. Cela se produit suite à la déshydratation du coeur du champignon, un phénomène encore mystérieux pour les chercheurs car celui-ci se produit à n'importe quel moment, quelque soit l'humidité extérieur. Cette activité peur rendre didactique n'importe quelle sortie en forêt.

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 Autre vesse et, pour moi, la plus belle de toutes, la vesse de loup hérissée ou hérisson (Lycoperdon echinatum). Cette espèce est beaucoup moins commune (pour ne pas dire assez rare) et se trouve surtout dans les forêt de hêtres, dans les fossés où les feuilles mortes se sont accumulées. 

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 Le bousier d'Europe, appelé aussi géotrupe stercoraire (Geotrupes stercorarius) est l'unique représentant du genre en Europe. Ils vivent et se nourrissent de déjections animales. Comme les bousiers africains, mâles et femelles pondent dans une boule de bouse qu'ils auront confectionnés. Leur larve y passera l'hiver et s'en nourrira.

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 L'angélique des bois ou angélique sylvestre (Angelica syvestris) peut mesurer plus de 2 mètres de haut. C'est une plante qui apprécie les zones humides, marécageuses, les bords de chemins et les zones de mi-ombres fraîches. Elle fleurit de juillet à septembre et donne de nombreux fruits. Ses propriétés médicinales sont les mêmes que l'angélique médicinale (Angelica archangelica) mais sont plus ténues (manque d'appétit, troubles digestifs, flatulences). On utilise en pharmacopée ses semences, ses racines et ses tiges qui sont également employées en confiserie et dans l'élaboration de liqueurs.

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 Reine des reines, la girolle (Cantharellus cibaruis). Je pensais à tort que sa dénomination de chanterelle était une erreur et résultait du parlé local mais il semblerait qu'elle porte bien le nom de chanterelle commune et que le terme girolle se reproche pus d'un certain patois. Mea culpa, mais voilà une raison de plus d'user des noms latins même s'ils ne sont pas toujours simple à retenir. Pour revenir à notre champignon, c'est un excellent comestible recherché à la saveur délicate.

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 Un autre très bon comestible, l'hydne pied de mouton (Hydnum repandum). Atypique avec ses aiguillon, on le trouve souvent en groupe, dessinant des cercles: les ronds de sorcières. Comme la girolle il dégage une légère odeur fruitée, à une chair ferme, n'est que très rarement attaqué par les vers et supporte bien le séchage.

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 La vergerette annuelle (Erigeron annuus) est une plante invasive originaire d'Amérique du Nord. On peut la voir fleurir d'août à septembre dans les étages collinnéns (jusqu'à 1100 mètres d'altitude), les terrains vagues, les jachères et les champs laissés à l'abandon, en particulier dans le nord de la France. 

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 N'est-il pas beau? L'hypholome à couler de brique (Hypholoma sublateritium) est un champignon qui peut former de grandes colonies sur les souches et les branches des arbres morts. Courant, on le rencontre presque toute l'année. Malgré son abondance il n'est pas comestible en raison de sa chair très amère.

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 Chez les champignons, la reproduction s'effectue grâce aux spores qui sont disséminés de diverses manières. Généralement c'est le vent ou la proximité avec d'autres congénères qui leur permettent de se rencontrer quand ils sont libérés (comme chez les vesses) mais parfois le procédé est plus complexe. Chez les gastéromycètes (voir le phallus impudicus plus bas), les spores se rencontre grâce à leur ingestion par les mouches ou les limaces car chez bon nombre de champignons les invertébrés jouent un rôle primordiale dans leur multiplication.

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 La chenille du pudibonde (Dasychira pudibunda) est une chenille adorable. Ses poils ne sont pas urticants et ses couleurs vivent indiques à ses prédateurs que si l'envie leur vient de la croquer, ils risquent une sévère indigestion. Elle tient son nom de le naturaliste Linné qui vit dans sa capacité à baisser la tête sous son thorax quand elle se sent en danger une réaction de gêne. On la croise en ce moment au sol au milieu des feuilles mortes car c'est là qu'elle tisse un superbe cocon jaune d'où elle sortira en mai-juin.

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 Le pied bleu (Lepista nuda) est un excellent champignon pour certains après une longue cuisson, médiocre pour d'autres en raison de son goût si particulier. Il se distingue des cortinaires qui lui ressemble de par leurs lames qui virent au brun. Il est abondant en automne car il semblerait que les premiers froids lui soit favorable.

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 Le tricholome à odeur de savon (Tricholoma saponaceum) porte plutôt bien son nom. Son odeur est assez dissuasive pour faire comprendre qu'il n'est pas comestible. Présent quelques fois en plaine, on le rencontre surtout en montagne dans les bois de conifères et parfois de chênes. Il peut être confondu avec l'excellent tricholome couleur de terre (Tricholoma terreum).

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 L'amanite tue-mouche est un grand classique. C'est une espèce thermophile (qui aime la chaleur) qui se rencontre facilement dans nos forêts mixtes, toujours à proximité de bouleaux. Toxique, elle est aussi hallucinogène et se retrouve dans de nombreuses cultures qui pratiquent le chamanisme.

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 L'épeire diadème (Araneus diadematus) est une belle araignée qui peut revêtir différentes couleurs et formes mais ici on la trouve dans la version la plu courante. On la reconnaît à la croix qui se dessine sur son abdomen. Peut agressive, on la trouve dans les jardins en zone holarctique, c'est à dire au dessus du tropique du Cancer.

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Champignons et Poisons

Selon le Guide Vert Solar "Les Champignons de France", on peut classer les champignons mortels de nos contrées dasn cet ordre : l'amanite phalloïde (Amanita phalloides), l'amanite printanière (Amanita verna), l'amanite vireuse (Amanita virosa), le cortinaire des montagnes (Cortinarius orellanus), la lépiote brune (Lepiota helveola), la galère marginée (Galera marginata), le gyromitre comestible (Gyromita esculenta) mais ils ne sont pas les seuls ! On ne le dira jamais assez, les champignons peuvent être mortels et causent chaque année des décés. La prudence est de mise.

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 Lactaires et russules appartiennent à la même famille, celle des Russulales.
1: La russule comestible (russula vesca) apparaît tout au long de l'année mais surtout à l'automne sous les sols acides, des plaines aux montagnes, aussi bien sous les feuillus que les conifères. elle peut être confondue avec de nombreux russules qui contrairement à elle ne sont pas comestible.
2: Le lactaire à lait jaune (Lactarius chrysorrheus) se reconnaît à son lait qui passe du blanc au jaune soufré en l'instant de quelques minutes. Très âcre et amer, il n'est pas comestible. Il est très courant, en particulier sous les chênes, les hêtres et les châtaigniers.
3: La russule émétique (Russula emetica) fait partie des espèces à rejeter en raison des problèmes gastriques qu'elle donne. Elle se trouve dans de nombreux milieux et aime les bouleaux, les chênes et les châtaignies.
4: Les petites russules violacées sont traitres, elles peuvent être bien des espèces. Pour n'en citer que quelques unes la confusion pourra se faire entre la russule olivacée (Russula olivacea), la russule comestible (russula vesca), la russule baie (Russula badia) ou encore la russule améthyste (Russula turci).

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 L'ordre des pics est vaste, on en compte plus de 216 espèces dans le monde. Ils composent l'une des plus anciennes familles d'oiseaux. Mon petit chouchou que l'on rencontre souvent dans notre jardin est le pic épeiche (Dendrocopos major). Il possède une longue langue gluante ornée de petites crochets qui lui permet d'attraper les insectes logés dans le bois mort.

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La famille des boletales comprend bon nombre de champignons à tubes et quelques uns à lames ou à plis.
1 et 2: Le cèpe de Bordeaux () est l'un des champignons les plus prisés de lagastronomie française. On en trouve sur chaque grande table. Si en montagne il affectionne les chênes et les hêtres, en montagne on les trouve plus facilement sous les épicéas.
3: Le bolet des bouviers (Suillus bovinus) est un piètre comestible que l'on trouve dans les pinèdes en été et en automne partout en France. Au moyen âge on le réservait aux pauvres. Les nobles avaient droit au tricholome équestre (Tricholoma auratum), reconnu aujourd'hui comme potentielement mortel.
4: Le bolet pruineux (Xerocomus pruinatus) est un comestible médiocre. Il est plutôt peu fréquent et apparaît sous les hêtres. Sa chair est rosée, il bleuit au touché et a un pied jaune vif. Il exalte une odeur de rouille faible qui le distingue du bolet à chair jaune (Xerocomus chrysenteron) avec le quel on peut le confondre.

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 Attention promeneurs ! La chasse a ré-ouvert et déjà quelques "accidents" pour ne pas dire drames sont à déplorer. Je suis très mitigée sur la chasse car si parfois elle utile et bien encrée dans nos traditions, je ne comprends pas l'interêt de lâcher du gibier pour le canarder. Néanmoins dans les cas de surpopulation animale avec risque de consanguinité pour les populations (comme par ici avec les chevreuils), il faut avouer que le chasseur est salutaire.

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Pour continuer dans la lancée, quelques belles plantes de chez nous:
1 et 2: La succise des prés ou mord Diable (Succisa pratensis) qui fleurit de juillet à septembre et qui peut atteindre un mètre de haut. Elle aime les prés et les bois humides dans les quels on la retrouve jusqu'à 2400 mètres d'altitude dans toute l'Europe Occidentale. Utilisée autrefois en médecine populaire, elle soignait en cataplasme les ulcères et le contusions.
3 et 4: Le sceau de Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum) est une plante qui appartient à la pharmacopée médiévale. Toxique, on l'utilisait dans la théorie des signatures pour soigner les articulations douloureuses, la racine évoquant leur physionomie. Son feuillage est resplendissant au milieu de l'automne.

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 Le genêt à balais (Cytisus scoparius) qui comme son nom l'indique, était séché pour confectionner des balais qui sur les sols de terre battue étaient très efficaces. Associé à la magie noire au Moyen Âge, on pensait que les sorcières les enfourchaient pour se rendre au Sabbat. Toxique, on l'utilisait comme abortif, diurétique et pour réguler les battements cardiaques et la circulation sanguine.

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 Pas facile de se retrouver parmi tout ce monde, surtout quand les champignons sont semblables.
1: La lépiote déguenillée (Macrolepiota rhacodes) est un excellent comestible à la chair rougissant à l'air libre. Elle est assez courante en été et en automne dans des milieux très divers: bois, clairières de résineux, jardins, terrains vagues, friches et vieux champs, les lieux pour la trouver ne manquent pas.
2: La lépiote excoriée (Macrolepiota excoriata) est elle aussi un bon comestible. Présente dans les clairières et les bordures de bois mais aussi les prairies, elle forme souvent de larges ronds de sorcière. Sous cette forme encore juvénile on la nomme baguette de tambour.
3: La lépiote féline (Lepiota felina) est une minuscule lépiote qui mesure entre 1 et 4 centimètres. Comme de nombreuses petites lépiotes (dont certaines sont mortelles), elle est très toxique. C'est pour cela qu'il est conseillé pour plus de sûreté de ne récolter que les lépiotes qui dépassent le 10-15 centimètres de haut.
4: Le tricholome rutilant (Tricholomopsis rutilans) est d'une toute autre famille. Non comestible, c'est un très beau champignon qui présente de nombreuses colories qui vont du violet sombre au doré .

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 Le laccaire améthyste (Laccaria amethystina) est un clitocybe qui est un excellent comestible dont seul le chapeau est comestible comme chez les lépiotes. Très courant on le trouve aussi bien dans les bois de résineux que de feuillus. Ici dans notre coin de forêt ils pullulent mais nous ne les ramassons pas. En effet il n'est pas dans les traditions de la famille de les consommer mais cela pourra peut être venir un jour.

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 Il existe de nombreuses espèces de champignons et tout autant de terme pour désigner les lames qui bien souvent aident à leur identification. On parlera par exemple d'arrondi pour une lamelle dont l'arrête forme une courbe vers le bas ou d'arrière pour une lamelle qui se trouve contre le pied.

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 Le clavaire cendrée (Clavaria cinerea) est un champignon comestible qui peut facilement être confondu avec de proches parents qui peuvent être laxatifs ou légérement toxiques. Les tâches noires qu'elles portent sont dûes à un parasite souvent commun sur cette espèce, l'helminthosphaeria clavariae.

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 A l'instar du célèbre moustique de Jurassic Parc prit dans la sève, ce moustique s'est englué sur les sécrétions d'un champignon (le quel, je ne sais pas). Les champignons comptent parmi les plus vieux organisme au monde, en Chine on en a même découvert dans des oeufs de dinosaures fossilisés ! Les Prototaxites ce sont éteints il y a 350 millions d'années et étaient les plus grands champignons comme l'atteste certains de leurs fossiles mesurant plus de 6 mètres ! Sans chapeaux, ils ressemblaient à quelques chose s'approchant de la calvaire en pilon.

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 Sur notre tricholome rutilant de tout à l'heure (que vous pouvez retrouver plus haut), se repose une guêpe solitaire, une femelle Diphyus quatidpunctorius. Elle pond dans les larves des insectes un oeuf d'où sortira une larve qui se nourrira lentement de son hôte jusqu'à ce que celui-ci meurt d'épuisement puis, qui l'utilisera comme cocon pour parfaire sa mue.

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 Les champignons de bois ne sont pas tous une plaie ! Bon nombre sont utiles à la forêt en décomposant les troncs d'arbres morts tombés au sol. De cette action est produite un humus riche qui permet aux plantes, aux arbres et aux champignons de s'installer dans le bois. Sans eux pas de vie, ni de belles cueillettes.

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 Les orobanches ont fannées, il faudra venir l'an prochain pour pouvoir à pleine floraison les identifier. Se sont des plantes sans chlorophylle qui parasitent d'autres végétaux. Mêmes sèches elles se relèvent être de redoutables abris, en particulier pour cette petite araignée bine difficile à distinguer tant sa robe se fond avec le décor.

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 Le phallus impudique (Phallus impudicus) tient son nom de sa forme particulière quand il est à pleine maturité. Sa croissance est rapide et il se décompose très vite en dégageant une forte odeur de viande avariée pour attirer les mouches. Celles-ci transporteront et dissémineront ses spores.

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 Les rayons de soleil se fond rare en Chartreuse, le feu ronfle dans la cheminée et désormais sur le poil où chauffent les châtaignes. On ramasse les dernières noisettes, on fait le plein de noix et doucement on commence à écumer du regard les champs alentours pour voir si un rosé ou deux ne pointe pas le bout de son nez.

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 Enfin, c'est ainsi que je dresse du mieux que je peux un petit aperçu du là où je vis. C'est un endroit encore sauvage et tranquille, proche de tout mais qui a su garder son côté nature même si les lotissements poussent ici et là, il faut bien le dire, comme des champignons.

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 Une petite dernière pour la route, le crise commun (Cirsium vulgare) qui est une plante bisannuelle. Il peut atteindre un mètre trente, fleurit jusqu'à septembre et présente plusieurs rangées d'épines sur sa tige. Présente de manière indigène dans l'hémisphère Nord, elle s'est naturalisé un peu partotu dans le monde.

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 Petite récolte mais récolte quand même, il n'en faut pas plus pour nourrir toute la famille. Chanterelles, lépiotes, girolles, cèpes, pieds de moutons.... tous ne sont pas là (n'oublions pas les trompettes et les lactaires délicieux). Partir aux champignons, même sans avoir l'assurance de réaliser de belles trouvailles reste un moyen sûr de se dégouridr les jambes tout en s'émerveillant de ce que peut faire et donner la Nature.

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