samedi 19 mars 2016

Sortie en forêt 62.

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Nous étions partis pleins d'espoir à la recherche des premières morilles coniques (Morchella conica) suite à l'avalanche de photos et de publications sur les réseaux sociaux relatant les premières sorties de ce rare champignon. Hélas, trois fois hélas il est encore un peu tôt et depuis, la neige à fiat son retour. Mais rien n'est perdu, nous avons pu découvrir une superbe cascade que je vous invite à découvrir dans cette vidéo ICI.

 

La grande prêle (Equisetum telmateia).

 Voici les tiges fertiles de la plus grande prêle d'Europe. Une fois qu'elles auront contribué à la reproduction de l'espèce, elles laisseront place à des tiges stériles vertes, fines et élancées. Cette espèce se rencontre partout en France dans les zones humides et les bords de route argileux jusqu'à la limite de l'étage colinéaire.

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La tramète rougissante tricolore (Daedaleopsis confragosa var. tricolor).

 Ces champignons se présentent parfois délavés, signe que la fructification du mycélium est sur la fin. Ces tramètes sont d'un beau rouges sang, même quand on les brise en deux. Les carpophores sont striées de gris et de brun et marginées de noir. Elles peuvent présenter des formes variées quand elles s'agglomèrent entre elles.

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Le rôle écologique des cascades.

Les cascades ont un rôle écologique important pour le bon fonctionnement de nos écosystèmes. Elles permettent aux torrents et rivières de s'oxygèner et de brasser les particules nutritives qui remontent ainsi à la surface et font le bonheur de nombreux poissons comme les truites et les saumons. Elles sont un véritable filtre.  

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 Découverte de la cascade aux "sorcières" qui coule dans un coin de forêt à la limite du Parc de Chartreuse.

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Parmi les espèces rencontrées on peut citer les gammares, des crustacés qui sont souvent détritivores.

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Les torrents de montagne.

 Ce sont des cours d'eau tumultueux qui descendent les pans raides des monts. Ils sont souvent dépendants des aléas de la météo et peuvent subir des variations de niveau très importantes. La faune et la flore qui dépendent de ce milieu se nomment torrenticoles. Les espèces concernées sont souvent propres à une région voire même à un court d'eau. Leurs flots entraînent avec eux une grande quantité de sédiments et de déchets issus de la forêt.

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La formation de l'écume.

L'écume se forme de diverses manières. Elle résulte de diverses actions pratiquées sur des liquides : quand ceux-ci sont chauffés, sont en fermentation et dans ce cas présent, quand ils sont agités. À la manière de l'écume des vagues quand on regarde la mer, la vive action des eaux de montagne provoque son apparition. 

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Les traces des animaux.

Parmi les indices permettant de déceler la présence d'aniamux en forêt, on peut compter sur les crottes que l'on nomme laissées. Leur forme, leur couleur et leur odeur (beurk) permettent de connaître les espèces présentent dans un secteur. De gauche à droite, on peut citer le sanglier (Sus scrofa) dont on peut voir en dessous une trace de patte, le merle noir (Turdus merula), le renard roux (Vulpes vulpes) et le chevreuil (Capreolus capreolus).

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En lisière de bois, un sanglier ne s'est pas aperçu qu'il était sur le point de marche dans une bouse !

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Parmi les autres traces visibles pour connaître la faune locale, il y a celles laissées par des animaux ayant été prédatés. Ici il pourrait s'agir d'un lapin de ferme n'ayant pas eu de chance face au renard. Il n'est pas rare de voir en forêt des plumes de poules et de dindes mais aussi des restes d'animaux sauvages ayant servit de proies. Les plumes et les oeufs de petits oiseaux sont les éléments que l'on trouve le plus souvent à cette saison.

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Le cincle plongeur (Cinclus cinclus).

Cet oiseau est incroyable. Il plonge dans les torrents allant jusqu'à marcher sur le fond pendant plusieurs secondes à la recherche de nourriture. Son plumage imperméable retient l'air ce qui lui permet de respirer sous l'eau, de ne pas se mouiller et de remonter facilement à la surface. On peut l'observer facilement. Il chante presque toute l'année. Le Parc de Chartreuse a installé des nichoirs pour favoriser leur nidification.

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Les forêts chartrousines.

Elles couvrent 60% du parc naturel sur environs 42 000 km². Les 4 arbres composants essentiellement sont dans l'ordre le sapin pectiné (Abies alba), l'épicéa commun (Picea abies), le hêtre commun (Fagus sylvatica) et l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus). Une partie de celle-ci est exploitée et de manière respectueuse. Pas de grandes coupes à blanc, chaque arbre est sélectionnée avec quelques autres dans une zone délimité.

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 Le sapin blanc et l'épicéa forme une grosse partie de nos forêts. Ils sont idéaux pour les morilles noires.

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Champignons et lichens des milieux humides.

 On les trouve un peu partout et même dans l'eau ! Ils sont indicateurs de la bonne santé d'un milieu mais aussi, des marqueurs précieux. Ainsi la pézize écarlate (Sarcoscypha coccinea) que l'on peut voir ci-dessous est utilisée par les chercheurs de champignons car elle permet de savoir que c'est un secteur qui pourrait plaire aux morilles blondes qui ne devraient pas tarder à sortir. Elle est comestible mais sans goût particulier.

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Les lichens sont (souvent) la symbiose entre un algue / une cyanobactérie et un champignon.

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La prêle d'Hiver (Equisetum hyemale).

Voilà une autre prêle beaucoup plus grêle que sa cousine géante. Elle est protégée dans de nombreuses régions de France et se montre invasive dans les pays au climat semi-tropicale. Elle a besoin d'une atmosphère humide et d'un sol riche en matières organiques. On l'identifie à ses dents noires et sa bande blanche.

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Les gorges, un refuge pour animaux.

 Des gorges se sont formées suite aux inondations de 2002. Certaines cavités ainsi formées sont impressionnantes et laissent apparaître les différentes strates qui forment le sol. C'est là que les animaux blessées ou en fin de vie viennent parfois se réfugier. Ils finissent par y mourir et l'eau se charge alors de lessiver leurs os. C'est ainsi que nous avons pu faire la découverte des restes de renards verdis par les microalgues.

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Restes d'un renard roux (Vulpes vulpes) venu trouver refuge dans une avancée d'argile de la gorge.

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Mon bien aimé dans une des cavernes formées par la colère des eaux qui s'ouvre sur la forêt.

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Le mot de la fin.

J'adore ce type d'expédition faite de multiples surprises. Celle-ci fut tout particulièrement intense car la découverte d'un lieu tel que celui-ci à quelque chose de magique. Je sais désormais où partir observer les cincles plongeurs à côté de chez moi, mais aussi où voir l'histoire géologique de la région et où prendre des bains bien frais l'été. J'ai hâte de retourner en ce lieu pour pister et observer les animaux sauvages, ça s'annonce intense !

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Envol d'une buse variable (Buteo buteo) au dessus des champs et des pâturages à vaches.

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