mercredi 29 août 2018

Au jardin sous l’éclipse de Lune.

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L'été au jardin, à la lumière des flammes des bougies, cela faisait longtemps que nous en rêvions. Pour la peine nous voilà pour juillet en Isère à profiter de la fraîcheur de la maison familiale. C'est le moment idéal pour se retrouver. Je travaille tout au long de la belle saison en bureau, mais je ne perds pas de vue ma passion, dans ce cadre idyllique pour observer les oiseaux et en particulier les petits passereaux.

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La nuit des étoiles a été radieuse, le 3-4-5 aout ce fût le moment de jouer avec l'obscurité, de s'étendre dans l'herbe pour observer les astres et les comètes traverser le ciel. Mars comme au soir de l'éclipse de Lune était en habit de fête et il a même été possible d'observer les anneaux de Vénus.

Pour voir la grande éclipse lunaire, il fallait être au rendez-vous avec l'univers le 27 juillet. Dans de nombreuses régions les nuages ont été de la mise mais ont permis de créer des photographies incroyables pour certains. D'ordinaire blanche, la Lune est apparue dans une teinte pourpre qu'on lui connaît rarement.

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Les prochains rendez-vous sont pris : le 16 juillet 2019 pour une éclipse de Lune partielle puis le 5 janvier et le 5 juin 2021 pour une éclipse pénombrale souvent difficile à détecter à l'oeil nu. Reste plus qu'à attendre d'ici là où à partir sur les continents que sont l'Asie ou l'Amérique pour observer au plus tôt ces phénomènes astraux.

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En propection autours du potager, je fais une triste découverte. Une chauve-souris gît à l'entrée de celui-ci, sans doute victime d'un chat de la maisonnée. Son espèce reste encore à déterminer. C'est là un des cruels dilemmes qui se pose quand on aime la faune et les animaux de compagnie. Bien souvent la cohabitation des deux pose problème, en particulier pour les espèces sensibles qui, victimes de nombreuses pressions liées à leur habitat, se voient également prédatées plus que d'ordinaire ce qui ne va pas sans impacter leurs populations.

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Voilà les dits coupables. Le noiraud, c'est un de mes chats bien-aimés et que je n'ai pu prendre dans ma valise en partant pour la ville. Recueilli à l'âge de 4 semaines, il était voué à finir comme le reste de sa portée si mes frangins n'étaient pas intervenus à temps : un coup derrière la tête. La non stérilisation des chats en campagne est un véritable problème. La non gestion de leur fécondité conduit à l'apparation de chats errants à la population croissante, malades et prédateurs de notre faune indigène. Il existe pourtant des solutions simples et durables pour permettre une bonne régulation de leur effectif tout en restant respectueux des animaux.

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Ce soir c'est cuisine ! Après une promenade digestive de l'après-midi et la récolte d'une poignée reine des prés (Filipendula ulmaria), nous sommes bons pour la réalisation d'une délicate crème dessert parfumée de ces fleurs. Quatre oeufs, un peu de sucre, du lait végétal, une grande casserole et le tour est joué. Pour peu que l'on aime les pétales de rose, les hortensias et la chantilly, on peut s'en tirer avec un joli plat à déguster les pieds dans l'herbe.

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Le soir, on ne chaume pas. Confection d'une bûche suédoise (appelée aussi bougie canadienne) qui, fendue en son centre, se consume pendant des heures. Elle est idéale pour partager un moment de complicité autour du feu. Elle peu également être utilisée comme on le ferrait d'un poêle à bois en posant la casserole à même la flamme.

Les soirées d'été sont les plus belles, en particulier quand la température baisse, que la pénombre s'intalle et que les animaux sortent. La canicule s'est bien installée et le paysage semble défraîchit avec l'herbe jaunie qui implore la pluie. Pourtant, allongée dans la pelouse, mon regard ne peut s'empêcher de fixer les hautes cimes vertes des arbres, celles des hêtres, des sapins blancs et des épicéas qui semblent nous inviter à les rejoindre en forêt.

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jeudi 23 août 2018

Sortie dans les marais 13.

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LE GRAND LEMPS

 

L'été est prolixe, nous avons eu la chance de faire le tour de quelques un des ENS locaux et pour commencer, celui du Grand Lemps. Pour rappel un ENS est un site remarquable pour son écosystème, pour les espèces qu'il abrite, pour le rôle essentiel qu'il joue dans la vie culturelle et économique pour les habitants du coin et pour sa valeur pédagogique. C'est un espace naturel sensible géré soit par le CEN Avenir (conservatoire des espaces naturels) sous la direction du département, soit par une association naturaliste. En Isère nous avons la chance d'avoir non seulement le plus grand nombre d'ENS, mais aussi de gestionnaires de ces espaces, de journées découvertes consacrées à ceux-ci et à leurs préservation. Ils touchent pour beaucoup des milieux humides car peu nombreux en France métropolitiane, mais aussi des forêts, des pelouses sèches ou des alpages.

Au Grand Lemps, c'est une tourbière et son étang qui sont désignés comme ENS. Comme pour la plupart de ces sites, seule une partie très restreinte du marais est accessible pour permettre de concilier à la fois l'intérêt du public, la tranquillité des animaux et l'intégritée des plantes et du milieu, souvent sensibles aux questions de piétinement. Une multitude d'habitats se succèdent et marque l'évolution naturelle du site. Un chemin balisé et des structures de bois à l'épreuve du temps ont été mis en place pour faire découvrir le coeur de la tourbière, d'ordinaire peu accessible en raison de l'eau, des terres mouvantes et des moustiques.

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Voilà une des merveilles que l'on peut trouver dans les mares parmi les joncs. L'utriculaire australe (Utricularia australis) est une plante carnivore qui a la particularité de se développer entièrement dans l'eau et de n'ermeger qu'à la période de floraison. Ses feuilles aquatiques sont de deux nature : les photosynthétiques permettant l'élaboration de la photosynthèse et celles à pièges.

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En forme d'outres, ces dernières ne dépassent pas le millimètre et sont couvertes de poils. Ceux-ci permettent l'ouverture et la fermeture du clapé de la feuille. Lorsqu'ils sont agités par une micro-proie, l'outre s'ouvre et aspire la malheureuse qui termine emprisonnée puis digéré sans autre forme de procès. C'est de cette particularité que les plantes de ce genre tir leur nom, inspiré du latin "utriculus" qui signifie "petite outre". L'utriculaire australe se reconnaît à la lèvre inférieur de sa fleur veinée de rouge qui est légèrement plus grande que les autres pièces florales, cependant il est aisé de la confondre avec l'urticulaire commune (Utricularia vulgaris). De ce fait l'identification se fait bien souvent à la loupe binoculaire, en particulier quand les fleurs sont absentes.

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Sans être placée sur les listes rouges nationales, c'est une espèce peu présente à la répartition disparate. Protégée par arrêté dans de nombreuses régions, en particulier dans le nord du pays, elle est un des indicateurs floristiques retenus lors de l'élaborations des ZNIEFF, les zones naturelles d'intérêts écologiques, faunistiques et floristiques qui se matérialisent par la réalisation d'inventaires.

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On trouve une autre carnivore tout aussi belle bien qu'originaire d'Amérique du Nord. La sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea) aime les sols pauvres. Pour combler le manque de certains nutriments absents des sols tourbeux, elle se nourrie d'invertèbrés qu'elle piège à l'aide de ses feuilles en outres aux parois glissantes.

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Cependant, les pièges de la sarracénie pourpre ne sont pas uniquement des tombeaux à ciel ouverts pour les bestioles imprudentes. Plus de 180 espèces vivantes tels des insectes, des algues, des crustacés et des bactéries y vivraient, formant ainsi un micro écosystème à part. La digestion des organismes piègés se ferrait semble-t-il par leur intermédiaire et non pas uniquement par les enzymes que la plante sécrète. Protégée dans son aire d'origine, son introduction par des passionnées de plantes carnivores dans la tourbière du Grand Lemps avant le mise en protection de celui-ci pose problème, l'espèce ayant tendance à coloniser l'espace au détriment des sphaignes.

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La bourdaine (Frangula alnus) est un arbrisseau qui pousse dans une grande pluralités de milieux, de préférence humides. Ses baies noires sont toxiques et purgatives, on tire d'elle une teinture naturelle qui colore les linges en vert tendre. Des jeunes rameaux frais on tire du pourpre et du violine, des écorces séchées un très beau jaune.

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L'installation des passerelles a demandé non seulement un gros investissement mais également de gros moyens humains. Posées sur la tourbe, leur fondation s'enfonce profondément dans le sol meuble, rendant peu aisé les travaux. Sur plus d'une dizaine de mètres par endroits, le marais n'offre pas une surface suffisamment stable. Un puit mit en place dans le parcours permet de mesure la profondeur à l'aide d'un long bâton. Il rend également visible les strates de la tourbe qui se compose de tourne blonde (vieille de moins 3000 ans), de tourbe brune (aux alentours de 5000 ans) et de tourne noire (12 000 ans et plus).

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Le bas-marais alcalin est un habitat de référence dans les suivis des milieux humides. Il représente 55% des zones humides de l'Isère. Il se caractérise par une mise en eau constante, pauvre en nutriments et très souvent calcaire. Les carex acidophiles y sont courants, de même que les sphaignes (famille des mousses). Ils sont le premier maillon dans la constitution de la tourbe. Peu communs, ces grands systèmes palustres sont surtout présents dans l'Est de la France, protégés par la topographie des montagnes.

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La cladiaie fait partie des milieux typiques du bas-marais. Ce sont de grands peuplements de marisques (Cladium mariscus) dont les tiges peuvent frôler les 3 mètres. Pauvre en espèces végétale, elle regorge d'animaux en particuliers d'oiseaux et d'insectes qui trouvent gîte parmi ses feuilles coupantes et ses tiges persistent à l'hiver bien que brunies par l'action du froid et du gel.

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La cladiaie se compose parfois de marisques poussants sur la matière végétale se trouvant à la surface de l'eau ou en suspension entre deux strates aquatiques. Vértibles radeaux flottants, ces îlots sont trompeurs pour le promeneur qui pense pouvoir y poser le pied et termine dans le fond du marais. L'accumulation de ces formations fait prémice au comblement du marais par la matière organique, laissant place au haut-marais qui se caractérise par une mise en eau périodique, des pelouses humides et la possibilité d'y mener des pratiques agricoles tel que la pâture, la fauche ou la mise en céréales sur les terres devenues arables.

Le marais nous donne des ailes. Nous n'avons pas vu les droseras, d'autres plantes carnivores encore bien différentes de celels qu'offre le mairais et que nous avons pu voir. Petit mais riche en découverte, le sentier à l'avantage de préserver une grandre partie du site du bruit et des regards des visiteurs, assurant un semblant de tranquillité aux animaux qui le peuple tel les hérons cendrés et les faucons hobereaux. Il nous reste bien d'autre ENS à découvrir, le prochain se situe dans les marais de l'Ainan, sur la commune de Chirens où pousse la rare et discrète Liparis de Loesel, une orchidée qui ne paye pas de mine mais dont la sauvegarde est capitale.

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vendredi 17 août 2018

Sortie en forêt 77.

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Il y a bien trop de monde sur les plages. Les grands lacs que sont Aiguebelette et Paladru sont pris d'assaut. Il est temps d'aller dans nos coins secrets en forêt pour trouver un peu de fraîcheur. Aux portes de la Chartreuse, une cascade discrète alimentée par l'Aigueblanche nous sert de terrain de jeu le temps d'une soirée.

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Le sureau de montagne (Sambucus racemosa) est bientôt à point. Ses baies se consomment en confiture ou en gelée une fois débarrassées de leurs graines qui sont riches en hétérosides cyanogènes. On les mêle souvent à d'autres fruits en raison de leur teneur en pectine qui permet une gélification rapide des préparations.  

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Depuis une éclaircie dans la forêt, il est possible d'observer Saint Laurent du Pont, du nom du Saint romain martyr, ainsi que la vallée du Guiers Mort dans la quelle cette petite ville de campagne se trouve. Elle est récente au regard de l'histoire géologique de la région, la vallée étant un lac lacustre jusqu'au début du Moyen Âge. Cependant, l'occuppation du site sur ses hauteurs est bien plus ancienne. Des reliques paléolithiques mais surtout gallo-romaines ont pu être exhumées. Des pierres taillées aux pièces en argent, en passant par l'hospice pour croisés lépreux et les dolmens allobrogènes, c'est un site historique où bien des secrets restent à être levés.

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Dans le sous-bois de la forêt mixte où se mêlent les sapins blancs et les hêtres, quelques traces laissées par un charmant oiseau ne trompent pas. Les lieux sont habités par la chouette hulotte (Strix aluco). Commune, son hululement lui a valu son nom de chat-huant. C'est une très bonne chasseresse qui permet la régulation des populations de micro-mammifères. Elle a pour habitude de régurgiter ses proies sous forme de pelotes de rejection qui s'identifient à leur taille mais aussi à la présence d'ossements, en particulier de crânes, en bon état.

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L'herbe aux sorcières (Circaea lutetiana) porte aussi le nom de Circée de Paris, en hommage à la sorcière Circé de l'Odyssé d'Homère. Il paraîtrait qu'Hermès porta à Ulysse quelques brins de cette plante comme antidote aux potions de la magicienne pour ne pas finir comme ses camarades en porcs. Son nom scientifique "lutetiana" fait pour sa part écho à la ville de Lutèce, qui de nos jours se nomme Paris. Appelée de la sorte dans de nombreux pays d'Europe, la Circée de Paris est souvent associée à la figure de la plante maléfique bien qu'elle soit que peu toxique. Dans certaines régions elle est nommée en patois "herbe aux sourciers" du fait qu'elle pousse de préférence dans les milieux riches en matière organique, humides et ombragés. 

Riche en tanins, on lui connaît dans la tradition populaire un usage médicinal, en particulier pour le soin des plaies et pour la bonne cicatrisation de celles-ci. Cependant, c'est sur les muqueuses qu'elle a de véritables effets, par sa nature de plante astringente. Fortement attachée au folklore européen, elle porte encore bien des surnoms comme ceux d'enchanteresse en patois français, de Gewöhnliches Hexenkraut en allemand (Herbe aux sorcières commune), de Enchanter's Nightshade en anglais (Morelle de l'enchanteur), de Erba-maga en italien (Sorcière commune) ou encore de Groot Heksenkruid en norvégien (Grande sorcière). Bien que présente de manière abondante sur presque tout le territoire français métropolitain, elle est intégralement protégée en région PACA du fait qu'elle y trouve plus rarement les conditions favorables à son développement, celle-ci n'aimant pas la salinité et les sols rocheux de la côte.

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Autre plante forte de notre folklore, la fougère aigle (Pteridium aquilinum). Son nom tiendrait au fait que tranchée, la moelle de sa tige laisse apparaître une tête d'aigle. Pour ma part je n'ai jamais rien vu de la sorte. Plante protectrice, on pensait que la brûler attirait la pluie en période de sécheresse et chassait les serpents des étables, ces derniers et plus particulièrement les vipères étant accusés de venir boir le lait aux pis des vaches.

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La saison des papillons noctures et forestiers bas son plein. Au sol, une aile d'un de ces lépidoptères (soit Catocala nupta nommée "la mariée", soit Catocala elocata nommée "la déplacée" à la vue des motifs et des couleurs), sans doute happé en vol par un oiseau ou une chauve-souris forestière, les chiroptères adorant croquer les gros papillons nocturnes.

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À savoir, à 2,25 kilomètres de là se trouve le clocher de l'église de Merlas. Celui-ci abrite une importante population de petits rhinolophes (Rhinolophus hipposideros), une espèce de chauve-souris devenue extrêmement rare en raison des pollutions lumineuses et agricoles qui ont mené à la disparition de leur habitat et de leurs proies. En période d'hibernation ou en repos, ce rhinolophe s'enroule dans ces grandes ailes et prend la forme d'une minuscule goutte, celui-ci ne dépassant pas les 7 grammes. Il mange de nombreux insectes qu'il chasse à la cimes des arbres, dans les bois, en lisière et dans les marais. Pouvant manger en une nuit plus d'une centaine de moustiques, il se tourne aussi vers les papillons nocturnes au vol plutôt lent et les araignées.

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Pas ou peu de champignons poussent en cette période de sécheresse, quelques satyres puants (Phallus impudicus) sortent ça et là pour le plus grand plaisir des mouches qu'ils attirent avec leur délicieuse odeur de cadavre. Je l'accorde, il y a plus romantique, de ce fait nous retournons dans l'eau jusuqu'au prochaine article.

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dimanche 12 août 2018

Sortie en montagne 21.

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LE LAC DU PONTET

En partant du jardin botanique du col du Lautaret, nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter au lac du Pontet, que l'on retrouve déjà dans plusieurs vieux articles du blog . Situé à 1982 mètres d'altitude, le Pontet est facile d'accès depuis le village de Villar d'Arêne. Il fait office de base de loisir pendant l'été pour les locaux et les touristes de passage. On y croise parfois quelques pêcheurs qui titillent les poissons. Ceux-ci sont le fruit d'une campagne d'empoissonnement des points d'eau de montagne qui mena à l'uniformisation et/ou la destruction d'une grande partie de ces écosystèmes fragiles. Le lac n'est plus givré, il y a beaucoup plus simple d'y observer la flore qui est typique des plateaux humides de montagne de haute altitude. La faune commence également à s'éveiller, avec nos premières marmottes des Hautes-Alpes.

 

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Les grassettes communes (Pinguicula vulgaris), charmantes plantes carnivores, sont là. C'est ici que j'ai découvert ma toute première grassette et j'en reste toujours très émue car elle marque la période où a débuté ma passion pour la botanique. Sur la face ouest du lac, des centaines de pieds s'épanouissent sur les sols pauvres.

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La floraison violine débute en juin. Elle tranche avec les feuilles qui détonnent avec la végétation jaunie par les plaques de neige qui ont connu une fonte tardive. Le feuillage des grassettes est un piège mortel où les moucherons viennent s'engluer. Ils y sont digérés par la plante pour pallier au manque de matière organique.

 

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Les tarines sont les vaches emblématiques des montagnes. Nées dans la vallée de la Maurienne en terre savoyarde, on les rencontre désormais un peu partout dans les Alpes. Robuste et agile, ce sont de bonnes laitières également très présente sur les plateaux Maghreb où elles sont favorisées par leur morphologie.

 

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La globulaire à feuilles en coeurs (Globularia cordifolia) est une petite fleur bleue de montagne que l'on rencontre dès l'étage collinéen voire en plaine mais c'est entre 1500 et 2000 mètres d'altitude qu'elle s'épanouit le mieux. Ses feuilles lui ont valu son nom de par leurs formes atypiques.

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Bénéficiant d'un arrêté de protection préfectoral dans le Midi-Pyrénée, on récoltait de ce petit arbrisseau les feuilles qui donnent une fois infusée, un puissant laxatif qui était utilisé en médecine populaire. Cette endémique des Alpes fleurie de Mai à Juillet et pour fleurs des pompons bleus denses. On la nomme également de manière poétique "veuve-céleste".

 

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Arrivés au lac, nous profitons de l'alcamie des nuages. Nous sommes seuls, c'est idéal pour inspecter les berges du lac, retrouver les plantes carnivores qui m'avait fait bondir de joie il y a bientôt 5 ans de cela et voir si les orchidées sont à la fête. Il faudra revenir à la fin de l'été pour observer les linaigrettes qui se balancent au vent.

 

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L'orchis rouge sang (Dactylorhiza incarnata) est aussi appelé dactylorhize couleur de sang. Cette orchidée est une sous-espèce de l'orchis incarnat beaucoup plus massive et foncée que l'espèce type et qui se différencie par la présence de tâches noires sur les deux faces des feuilles très incurvées. Elle bénéficie d'une protection complète sur l'ensemble de la région PACA. Elle pousse dans les zones humides et les prairies marécageuses.

 

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La pie-grièche grise (Lanius excubitor) est un oiseau prédateur de la taille d'un merle noir. Son plumage noir, gris et blanc lui permet de se fondre dans le paysage minéral de la haute montagne même si on la retrouve dans des milieux ouverts, semi-boisés et les bosquets. En France, les individus de cette espèce sont non migrateurs à la différence des populations scandinaves qui tendent à descendre dans les îles britanniques et en Europe de l'Est.

 

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Le spectacle débute dès l'assension. Au loin, la vallée de la Romanche s'étend, écrasée par les montagnes mais c'est tout autre chose qui attire notre regard. Dans la végétation de bord, une multitude de petits oiseaux au plastron rouge virevolte en tout sens. Il s'agit du sizerin cabaret (Acanthis carduelis), un oiseau granivore commun dans le grand nord mais aussi en Europe de l'Est et dans certaines îles italiennes où il trouve les pins dans lesquels il aime nicher. Fin mai et début juin on peut le voir localement former des petits groupes.

 

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Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) font leur sortie. Elles sont nombreuses à pointer leur nez au-dessus du lac est ne sont effrayées que si les curieux ne s'approchent d'un peu trop près. Sur la commune, on compte pas moins de 720 observations ne serait-ce que pour ce qui touche aux relevés de population.

 

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La primevère farineuse (Primula farinosa) est une primevère de montagne qui se reconnaît à ses fleurs roses et ses feuilles ovales en rosettes. Elle se plaît en milieu humide, en particulier dans les marais et les abords de ruisseaux. 

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C'est une espèce subalpine qui a d'importants besoins en soleil, en humidité et qui tolère très mal les températures trop élevées. Fait particulier, elle ne croît que sur les sols dépourvus d'acidité ou, où celle-ci se trouve très limitée. Pour ceux qui souhaitent la rencontrer, elle n'est présente que dans les Alpes, le Jura et les Pyrénnées pour ce qui est du territoire métropolitain.

 

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Le narcisse des poètes (Narcissus poeticus) est connu pour le fort parfum qu'il dégage. Longtemps récolté pour la parfumerie et pour orner les maisons, au point qu'il a manqué de dispraître. Désormais il est protégé dans de nombreuses régions. Au lac, il pousse abondamment couvrant les champs de blanc.

 

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Une nouvelle découverte pour moi ! La bartsie des Alpes (Bartsia alpina) est une hémi-parasite qui est l'une des rares plantes à être proche du noir. Ses fleurs se fondent dans ses pièces foliaires tant et si bien que l'on ne sais pas nécessairement où s'arrêtes les feuilles. Elle tire son nom de Johann Barsch, botaniste mort au Surinam et grand ami de Carl Von Linné qui, en son souvenir, donna à cette fleur alpine le non de bartsie.

 

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Le trolle d'Europe (Trollius europaeus) est une des plus grandes et grosses renonculacées que l'on peut rencontrée. Typique des montagnes, seuls les bourdons sont assez puissants pour forcés ses pétales et la butiner. De ce fait la fleur donne l'impression constante d'être en bouton. Certains petits scarabés aiment y prendre habrit.

 

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Voilà une excellente surprise, à la fin de notre sortie nous tombons sur un rond de sorcière de tricholome de la Saint George (Calocybe gambosa) appelés aussi parfois mousserons de la Satin George. C'est un champignon de couleur crème au parfum doux de farine et qui est un excellent comestible. C'est sur cette récolte que s'achève cette énième sortie en montagne qui, bien que courte et grisailleuse, fût pleine de charme et de découvertes.

 

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lundi 6 août 2018

Sortie en campagne 11.

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L'Ain n'est pas qu'un département, c'est aussi une rivière dont les eaux ( de nature calcaires) sont essentielles au bon fonctionnement des vallées fertiles du nord rhônalpin. Prenant sa source dans le Jura à faible altitude (700 mètres), il se jette dans le Rhône après avoir parcouru un peu plus de 190 km. Pendant sa route, le cour d'eau est ponctué de plages de galets blanchis qui font le bonheur des baigneurs mais aussi des oiseaux qui y trouvent de quoi faire leur repas en soulevant les pierres les plus légères, délogeant ainsi quelques pauvres gammares ayant trouvé abri tant bien que mal de la chaleur en se terrant dans les reliquats d'humidité. Son débit important est alimenté par de nombreux affluant tel que la Serpentine, la Cimante ou l'Albarine dont le nom pourrait signifier rivière blanche, rivière divine, rivière sacrée ou encore rivière aux Saules.

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C'est l'été, une pause au bord de l'eau implique de ce fait un casse dalle de saison. Quoi de mieux qu'une gamelle de pastèque ? De son nom scientifique Citrullus lanatus, elle est originaire d'Afrique de l'Ouest et sa culture, vieille de 5000 ans. Aimée des égyptiens, c'est par eux qu'elle se diffusa en Méditerranée.

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Le fond de l'eau est couvert de limons, des particules arrachées à la roche par la force du courant et les phénomènes produis par dl'érosion. Situés entre le sable et l'argile, ils forment un dépôt composé essentiellement de quartz, de tectosilicates et de mica.

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Très fertiles, ils couvraient de manière régulière par l'intermédiaire des crues décennales les vallées de l'Ain. Aujourd'hui contrainte dans son écoulement, la rivière n'a plus la possibilité de fertiliser les terres, d'où l'augmentation des engrais et autres produits à l'échelle locale. Les limons contribuent aussi au bon maintient de la faune et la flore, en particulier des ripisylves qui composent les berges et qui ont besoins d'éléments riches pour se développer. Cependant, une trop grande abondance de limons peu nuire en modifiant la turbidité de l'eau et en causant la prolifération d'algues autotrophes pouvant perturber les milieux.

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La bergeronnette grise (Motacilla alba) est un oiseau qui se reconnaît à sa longue queue parée de noire toujours en mouvement. Proche des habitats humains, elle peut se plaire dans une grande diversité de milieux, aussi bien secs ou humides même si elle reste affiliée à l'eau. Elle fait partie des nombreux animaux composant la faune de l'Ain avec le héron cendré, l'aigrette garzette, la bécassine des marais, la loutre, le castor et le sanglier.

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Le monde aquatique a beau ne pas être l'élément de prédilection dans ma famille, quand l'été se fait aussi mordant on ne cherche pas à comprendre, on fonce ! La transparence et la fraîcheurs des eaux est une véritable invitation à la baignade et au lézardage.

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36°C à l'ombre, 24°C dans l'eau, le choix est rapidement fait, encore faut-il réussir la cruciale étape que celle de plonger les pieds. Chasse aux micro crustacés, ricochets, pyramides de pierres, kayak ... les choix sont multiples pour profiter du site, tout en faisant au mieux pour ne pas impacter le milieu. Les aigrettes sont peu farouches et passent régulièrement au-dessus de nous. Les goélands leucophés s'approchent en quête d'un reste de pique-nique, les cygnes à leur habitude quémandent et les corneilles font un joyeux boucan dans les cimes des peupliers. Tout invite à la détente et au lâché prise. Cependant, on ne saurait oublier le quotidien. Travail d'été oblige, c'est une fois de plus bien loin de la nature que je passe mes journées.

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jeudi 2 août 2018

Le Jardin Alpin du Lautaret

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Juin, la neige couvre encore les sommets des montagnes. Nous sommes au col du Lautaret, qui culmine à 2000 mètres d'altitudes. Ce jour là, je viens de passer mes dernières épreuves écrites. Pour m'aléger l'esprit, mon bien-aimé à décider de me mener à la porte des Écrins, un coin que je connais bien pour l'avoir arpenté pendant 3 années.

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Né en 1899, il se compose alors de rocailles présentant plus de 500 plantes alpines. Hélas pour lui, la région s'ouvre au reste du territoire et le tracé de la nationale actuelle vient prendre place sur celui-ci dès 1913 et entre en travaux dès 1918. En 1919 le jardin réouvre, après avoir été déplacé à 300 mètres de la route plus haut sur l'alpage. Animé par l'université Joseph-Fournier de Grenoble en partenariat avec le CNRS, c'est un laboratoire à ciel ouvert pour comprendre les grands phénomènes liés, entre autre, au climat comme la migration des espèces mais aussi, pour sensibiliser le public lors de visites guidées. Ce jour là il pleut à grosses gouttes et nous sommes les seuls à arpenter les sentiers du jardin, une aubaine pour profiter d'une visite guidée personnalisée.

 

DSC04552Passage par les bassins, je découvre avec étonnement voire surprise que contrairement à ce que pouvait me dire certaines de mes flores et ce que je pouvais écrire sur le blog (mea culpa), la populage des marais (Caltha palustris) n'est pas la seule à composer le genre Caltha. On peut ainsi trouver la populage à tige creuse (Clatha fistulosa), une espèces présente en Chine, en Sibérie et au Japon. On trouve même une sous-espèce irlandaise.

 

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À l'entrée du circuit botanique, un énorme mélèze d'Europe (Larix decidua) accueille les visiteurs. Ces pompons roses sont les chatons femelles de l'arbre, c'est là que le cône se forme, une fois la pollinisation effectuée. Semblables à des fleurs, ils attirent les abeilles. Les chatons mâles sont jaunes car couverts de pollens.

 

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Le cynoglosse du Mont Maiella (Cynoglossum magellense) est une espèce italienne (absente au nord) qui se reconnait à son aspect tomentueux et qui pousse d'ordinaire à l'étage alpin à partir de 1800 mètres d'altitude.

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Il tire son nom scientifique de la ressemblance supposée des feuilles des plantes de ce genre avec la langue d'un chien, Cynoglossum voulant dire "langue-de-chien". De la famille de la bourrache, il présente des fleurs très similaires mais teintées de pourpre et violine. En France on compte pas moins de 6 espèces de cynoglosses dont deux disposant de statuts de protection régionaux et départementaux.

 

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En juin, il y a encore peu à voir et pour cause, la neige est partie depuis seulement quelques jours, les températures sont basses et pour de nombreuses espèces, la floraison intervient beaucoup plus tard dans leurs contrées d'origine. Cependant, le jardin n'est pas désert et de très belles espèces sont à observer, en particulier dans les tableaux dédiées aux tourbières de montagnes, aux rocailles du Caucase et de l'Europe de l'Est.

 

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En voilà un que je connais bien ! Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est un arbuste qui se reconnaît particulièrement bien à l'automne en raison de ses baies orange. En sol acide, il est relativement abondant, en particulier dans les étendues herbeuses et en lisières de par sa nature d'arbuste pionnier. Il aime les forêts d'épicéa.

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Contrairement à ce que l'on peut croire, les fruits ne sont pas uniquement consommables par les oiseaux. Séparés de leur noyau qui contient une molècule proche du cyanure, ils sont cuisinés en gelées ou en confitures pour accompagner les viandes, en particulier le gibier. Néanmoins, ils étaient plus couramment récoltés dans les campagnes pour en tirer une eau-de-vie très appréciée, surtout dans les Voges. Aimés des volatiles qui y trouvent le gîte en automne, on plantait ces sorbiers dans les secteurs propices au tir aux petites oiseux, en particulier des grives.

 

DSC04418L'androsace de Vital (Androsace vitaliana) porte aussi le nom d'androsace à fleurs de primevères. On la rencontre entre 1700 et 3000 mètres d'altitude, sur les empierrements et les pierriers où elle forme des cousins denses qui lui permettent de limiter la déperdission en eau et en chaleur du fait du climat alpin plus que rude.

 

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L'aulne vert (Alnus viridis) est un arbuste au port buissonnant qui dans le parc des Ecrins, forme des bosquets propices à la faune. C'est dans les alpages qu'on les remarque le mieux. Les oiseaux mais aussi les chamois y trouvent refuge au plus chaud de l'été.

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Commun à l'ensemble de l'hémisphère Nord, les chatons mâles présents ici en photos sont, au Canada, employés une fois séché puis réduits en poudre sous le nom de poivre des dunes et utilisés comme du poivre dit classique pour leur goût proche paraît-il de celui de la citronnelle mais avec une amertume marquée. C'est aussi un très bon fixateur d'azote sur les sols qui en sont pauvres ou dépourvus.

 

DSC04447La nurseries est la lieu où les plantes issues des quatre coins du monde arrivent. Après une période de quarantaine, elles sont acclimatées et remises en état avant de prendre place dans les massifs. C'est aussi une zone d'étude scientifioques où les suivis sont nombreux et une pépinières pour multiplier les plants qui prendrons à leur trou place dans le jardin ou qui partirons à leur tour dans un autre parc alpin comme il en existe en Europe.

 

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Pour certaines espèces, comme ce bec-de-grue de Grèce (Erodium guicciardi) que l'on retrouve dans le pays éponyme mais aussi en Albanie et en Macédoine, il n'est pas simple de trouver des informations, pour peu que l'on ne sache pas lire l'alphabet grec ou que l'on ne parle pas allemands, les deux seules sources disponibles étant dans ces langues là.

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Avec l'ancien nom de "Erodium absinthoides subsp. guicciardii", les plus chanceux trouverons leur bonheur sur Greekflora et apprendront que la floraison de cette espèce s'étend de mai à juillet ou que c'est une espèce rare prise en compte à l'échelle européenne dans les espace Natura 2000.

 

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La pluie redouble d'intensitée, nous devons prendre la fuite jusuqu'à la voiture. Nous passerons le reste de l'après-midi à arpenter en voyageur échoués le nord du Vercors. Plaisir au retour, nous tombons sur quelques anémones des Alpes (Pulsatilla alpina) dont les fleurs blanches parsèment les pelouses. Typique des massifs montagneux, elle se rencontre dès 1000 mètres d'altitude. Dans certaines régions, elle est soumise à une protection stricte. Nous terminons la course dans notre appartement, programmant notre prochaine sortie montagne.

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