jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

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"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

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"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

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Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

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S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

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Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

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Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

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jeudi 7 janvier 2016

Bilan cépique de Fab.

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J'ai un très bon ami, Fab, qui réside en Aquitaine et qui est un véritable traqueur de cèpes. Nous nous sommes rencontrés sur le défun forum "Le Club des cèpes" puis lors d'un mémorable weekend au Pays Basque que vous pouvez retrouver ICI.
Nous continuons de garder contact et il m'envoie souvent le récit et les photos de ses sorties qui se font parfois avec d'anciens membres du groupe et dont je suis très heureuse d'avoir des nouvelles. Vous pouvez retrouver ses aventures mycologiques mais aussi ses interrogations et expérimentations sur le forum Tachenon. Pour ce début d'année, je vous propose son bilan de l'année 2015 aggrémenté de ses photographies.
PS : si vous avez l'envie de publier un bref article ici et si cleui-ci est en accord avec la ligne que je veux donner au blog, n'hésitez pas à me contacter !

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Voici en ce début d'année 2016 un bilan de l'année fongique 2015 et en particulier sur la saison cepique en aquitaine. Le cepe est mon champignon d'excellence, je le cherche depuis pres de 35 ans et 2015 est ma plus belle saison. En voici la chronologie. 

Le 19 avril 2015 les premiers cépes d'été (Aestivalis) sont apparus à ma grande joie car la sortie précoce de ceux-ci est pour moi gage d'une bonne année. Rien d'exceptionnel dans la date car ici en terre d'Aquitaine chaque saison démarre entre le 20 avril et le 1 er mai. Par la suite, Mr Aestivalis prit une certaine ampleur et se mît à sortir sur de nombreuses places et en un nombre jamais observé à cette époque de l'année. Le mois de mai fut magnifique et la taille des carpophores digne de son frère automnal (Aerus). Il fut présent jusqu'au 20 novembre ce qui lui fait une saison de 7 mois. En termes de nombre, il a multiplié par 2 sa "productivité" par rapport à 2014. Sa qualité etait supérieure aux années précédentes et il était moins verreux (son défaut majeur).

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Voyons maintenant son frère estival quelque peu plus bronzé. Mr tête noire, le cépe bronzé (Aereus). Le premier est apparu le 23 mai alors que son frère Aestivalis etait en plein boum. Un duo tres apprécie. Il fut dans un premier temps sporadique mais c'était pour mieux nous surprendre par la suite. Dés le mois d'août, aprés un mois de juillet trés chaud et sec, quelques orages ont stimulé son mycelium. Dés le 10 août Mr Aereus se multiplia pour offrir autour du 15 août une sortie énorme de carpophores. La plus belle pousse jamais vue. Juste un petit chiffre, le 13 août nous gratifia moi et mon binôme du jour de prés de 338 aereus. Le rêve continua jusqu'à la fin du mois avec une seconde salve aussi intense pour le 22 août mais sur un autre biotope aquitain. Mr aereus a terminé le 4 décembre, date record de saison pour lui. Pres de 7 mois de présence. Il a multiplié par 2,5 sa productivité par rapport à 2014.

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Une saison énorme pour lui. Comme son frère, une qualité jamais égalée. Voici le temps de Mr cepe de bordeaux (Edulis). Première apparition le 25 août, il n'a jamais lâché malgré un manque hydrique et des températures trop élevées à son développement. Il m'étonne chaque année et repousse ses limites mini/maxi. En septembre, octobre et novembre il dû composer avec ses 2 frères pour mon plus grand plaisir. C'est ce que j'appelle faire la triplette. Octobre lui fut très favorable. Sortant en grappe et dans des biotopes peu communs edulis a toujours surpris. Ses derniers représentants ont été cueillis le 29 décembre. Sa productivité est sensiblement égale à 2014 à quelques spécimens près. Qualité irréprochable et parfum légèrement émoussé par le manque d'humidité ambiante il est tout de même dans une grande année. En résumé 2015 bat 2011 mon année de référence où les variétés avaient été formidables. Une saison qui s'étale sur 8 gros mois. Qualité ,quantité et taille parfaites. Les 3 frères ont été époustouflants malgré des restrictions hydriques chaque mois. Quelques chiffres par variétés. 724 Aestivalis, 676 Aereus et 1663 Edulis pour 120 sorties solo ou communes. Divers biotopes parcourus. Voila le bilan 2015. Remerciements à mes compères de sorties et surtout à la renarde."

Vous l'aurez compris, Fab est un pur passionné très appliqué !

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