mardi 12 juin 2018

Sortie en campagne 10.

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Nous voilà sur le plateau de Larina, dans l'Ain. C'est un site remarquable qui à travers son statut d'ENS, espace naturel sensible, dispose d'une protection bien définie ainsi que d'un ensemble de missions, à savoir la protection et la mise en valeur de son patrimoine : études scientifiques, visites au public, installations de panneaux, maintient des vestiges gallo-romains. Tourbières, falaises calcaires, pelouses sèches et forêts de charmes sont quelques uns des milieux composent ce site. Le faucon pèlerin (Falco peregrinus) en est l'espéce emblématique, on peut l'observer le long des parois rocheuses où il se plaît à chasser et à nicher. Quand l'espace vient à manquer ou que le milieu est trop perturbé, il se rabat sur les milieux anthropisés. Toits, cornières, balcons ... tout autant d'éléments propices à son installation. Sa présence en ville à l'avantage de réguler en partie les populations de pigeons bisets, en particulier pendant la période de nourrissage des petits.

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L'abondance d'amas de pierres et la présence d'une carrière est propice aux reptiles. Un suivis scientifique est en cours pour connaître, entre autre, la population des serpents du plateau. Mal aimés, ces animaux sont essentiels à nos écosystèmes et sont sous nous latitudes, peu dangereux. La vipère aspic (Vipera aspis), appelée aussi vipère rouge, possède la plus mauvaise des réputations, pourtant c'est un animal timide qui finit bien souvent sous les pneus de nos automobiles comme celle-ci. Parmi les mythes qui l'entourent, on la présenté comme agressive, poursuivant les promeneurs et leur sautant aux cuisses ou au thorax pour les mordre mortellement. Pourtant il n'en est rien. Cependant ces idées demeures tenaces, tour autant que celles qui voudraient que des caisses contenant des serpents soient régulièrement lâchées depuis des hélicoptères ou, que les vipères et les couleuvres s'accouplent pour donner vie à des hybrides aussi dangereux que le mamba noire. Espérons que ces idées préjudiciables à notre environnement viennent un jour à disparaître.

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Le plateau de Larina est connu pour ses strates de roche qui s'emplilent les unes sur les autres. Mises à nu par endroit, elles permettent de découvrir ça et là des vestiges d'un autre temps. Des fossiles de moules, d'huîtres, d'oursins et de divers coquillages apparaissent en relief sur les blocs qui jonchent la prairie. Il rappellent que, il y a quelques millions d'années de ça, plus de la moitié du pays était couverte par une mer chaude grouillante de vie.

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J'adore les orchidées et bien plus encire leurs hybrides. À chaque fois c'est un festival de formes et de couleurs. Ici nous avons un rejeton d'un orchis de l'Homme pendu (Orchis anthropophora) situé tout à gauche et d'un orchis singe (Orchis simia) présenté tout à droite. Le plan ainsi né se nomme l'orchis de Bergonii (Orchis x bergonii ou Orchis anthropophora x Orchis simia), le x marquant l'hybridation. Il n'est fécond qu'avec un individu de la même espèce que ces parents. C'est grâce à l'intervention de pollinisateurs que ce type de phénomènes s'observe, plus ou moins fréquemment selon les espèces.

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L'orchis brûlé (Neotinea ustulata) est une orchidée commune dans les pelouses calcaires bien ensoleillées qui se reconnaît à sa sommité cramoisie et aux gros points qui marquent le label. Commune en France mais vulnérable dans de nombreuses régions et départements, elle est protégée en Corse, dans le Centre et en Picardie. Sa pollinisation s'effectue à travers une miniscule mouche.

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À la lisère de bois on trouve une autre orchidée, poussant ici à côté de l'orchis brûlé. Il s'agît de la céphalanthère à feuilles en épée (Cephalanthera longifolia) ici à droite, une espèce des milieux plus ombragés, contrairement à l'hélianthème des Apennins (Helianthemum apenninum) à gauche et dont les fleurs tout aussi blanches recherchent le soleil. C'est un sous arbrisseau calcicole présent dans de nombreux pays méditerranéens.

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Dans le sous-bois, c'est une autre flore qui s'exprime. Les fleurs blanches des stellaires holostées (Stellaria holostea) se mêlent à celles bleues de la véronique petit chêne (Veronica chamaedrys) formant des bosquets denses. Alors que la première a plutôt tendance à être acidophile, la seconde préfère les sols calcaires. Croiser ce mélange n'est de ce fait pas si courant même si ces deux espèces se rencontrent assez souvent en lisière.

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Bien qu'elle soit en fin de floraison, on peut encore voir la pulsatille rouge (Anemone rubra). Elle se cantonne principalement à la région Auvergne-Rhône-Alpes bien qu'on la trouve dans quelques départements alentours. C'est également dans cette région qu'elle fait l'objet d'une protection soutenue. Certains auteurs ne la dinstingue pas de la pulsatille des montagnes (Anemone montana) dont les couleurs seraient moins prononcées.

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La véronique prostrée (Veronica scheereri) se reconnaît à ses fleurs bleues en épis, son port ras et sa pilosité blanchâtre. Elle aime les milieux secs, pauvres en nutriments, bien ensoleillés et strictement calcaires. Elke est parfois confondu avec la véronique d'Autriche (Veronica austriaca) et la véronique germandrée (Veronica teucrium) ce qui explique sa sous-représentation dans de nombreux départements. Comme pour l'hélianthème des Apennins, sa souche est ligneuse. Bien que pouvant pousser sur de hautes altitudes, plus de 2000 mètres, on ne la rencontre que ponctuellement dans les Alpes.

Une des particularités du plateau est la présence par endroits de résurgences, créant ainsi des îlots humides au milieu des pelouses xérophiles. Des arbres pionniers tels les boulots s'y sont installés, procurant une fraîcheur bienvenue pour des espèces aimants l'ombre, les sciaphiles. Ils donnent aussi l'occasion d'observer une faune qui d'ordinaire se rencontre en contrebas des falaises, dans les étangs de la tourbière.

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La valériane officinale (Valeriana officinalis) fait partie de ses plantes aimant les milieux humides mais ayant besoin de soleil. Cependant celle-ci semble s'accomoder de l'ombre procurée par la proximité du sous-bois. C'est une plante médicinale qui s'emploie pour aider à l'endormicement et pour lutter contre l'anxiété. Sédative, son emploi se fait non sans mesure. Sa racine agît comme l'herbe à chat sur nos compagnons à quatre pattes, ceux-ci étant stimulés par une molécule entrant dans la composition de leurs phéromones sexuelles propres aux félins.

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Les hélianthèmes jaunes ne sont pas simples à différencier vu les similarités entre chacune des dizaines espèces que l'on trouve sur le territoire. Il pourrait ici s'agir de l'hélianthème à feuilles de nummulaire (Helianthemum nummularium). Il est aussi appelé hélianthème commun et se reconnaît à son port élancé, à ses fleurs jaunes et à ses feuilles opposées dont la marge est couverte de poils blancs ou gris. Aimant les sols calcaires qui ont le désavantage de ne pas retenir l'eau, il s'y est adapté en développant des racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 50 centimètres de profondeur pour capter la moindre goutte.

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L'épine-vinette (Berberis vulgaris) est un petit arbuste épineux connu pour ses fruits rouges qui font le délice des enfants et des oiseaux. En gelée, en confis, en sirop ou en confiture, ses baies se mangent à toutes les sauces, même en plat de résistance avec du gibier. Seuls quelques départements, localisés surtout en Bretagne, sont dépourvus de cette espèce qui pousse dans une grande variabilité de milieux tant que le sol est calcaire.

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Installé tranquillement, un lézard vert occidental (Laceera bilineata) prend du repos. Chez cette espèce, les mâles peuvent atteindre jusqu'à 30 centimètres de long, ce qui en fait de bons amuses-gueules pour les couleuvres et les rapaces qui s'en nourrissent . Vif, il se réfugie dans la végétation broussailleuse des plateaux ensoleillés. C'est lui aussi un grand fan de vieilles pierre dont il tire profit de la chaleur le soir venu.

DSC02505La vue sur le plateau me laisse songeuse. Au loin, s'étendent des plaines en agriculture intensive, une centrale nucléaire passée d'âge, un fleuve contrain dans son liénaire, des lignes à haute tension et tout au fond, là où le regard s'arrête, le ville de Lyon. Ce n'est pas le paysage que j'aime mais c'est celui qui, pour le moment, et nécessaire à subvenir à nos besoins. Il temps de consommer autrement, mieux, moins. Je suis convaincue qu'il est possible, petit à petit de tendre vers d'autres modes de vie plus sains et plus respectueux de ce qui nous entourent. Mais il faut laisser le temps aux choses, garder espoir et ne pas tomber dans le cliché de l'anticonsumorisme primaire. Une sacrée épreuve en somme. C'est sur cette pensée, et cette vue pour le moins peu habituelle que prend fin cette journée de randonnée en campagne ainsi que l'article.

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mercredi 6 juin 2018

Adieu la vie étudiante

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Voilà, mes deux années de vie étudiante prennent désormais fin. Actuellement en plein dans les examens, je saurai début juillet si je peux prétendre au statut de technicienne en environnement. Je suis un peu mélancolique à l'idée de quitter cet univers mais aussi plein d'entrain. Je me tourne désormais vers de nouveaux horizons : l'animation nature mais également le monde agricole que j'ai à coeur d'explorer. De ce fait, me voilà partie pour quelques temps dans les bureaux de la DDT, pour comprendre en profondeur les logiques administratives liées aux besoins des agriculteurs, des enjeux de la PAC et du système des aides.

Je ne perds pas de vue pour autant ma passion pour l'éducation à l'environnement, d'ailleurs vous pourrez me retrouver le 10 juin au rallye pédestre de la commune de Velanne pour une animation à mi-parcours sur les plantes, les traditions et légendes locales.

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En attendant, je profite de ce moment d'alcalmie pour vous présenter une de mes toutes dernières actions en tant que BTS GPN et qui s'est déroulée il y a un peu moins de trois semaines. Dans le cadre de notre projet tuteuré, nous avons été amenés à travailler sur la mise en valeur du patrimoine boisé de la ville de Saint Clair du Rhône et plus particulièrement, d'un parc situé au sud de la commune. Un peu boudé de ses habitants, nous avons entrepri de le faire découvrir aux plus jeunes à travers un atelier afin que les familles puissent se l'approprier. Accompagnés des services techniques et du centre de loisirs qui nous ont fait un accueil remarquable, nous avons avec une quinzaines d'enfants, construi six nichoirs à mésanges bleues et à rouge-gorges qui seront disposés dans le bois. Outre le refuge qu'ils représentent pour les passereaux, ils doivent permettre aux petits et aux grands d'observer au printemps l'activité de l'avifaune locale.

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Ne reste alors plus qu'à les poser. Gageons que ces demeurs 4 étoiles ne devraient pas manquer de se remplir au prochain printemps et qui sait ? Avec un peu de chance, une ponte tardive pourrait même conduir à l'installation des premiers locataires 2018. À la rentrée de septembre, c'est un notre groupe qui s'empare du flambeau, et quelque chose me dit que de belles réalisations sont encore à venir sur la commune de Saint Clair du Rhône.

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vendredi 1 juin 2018

Exposition botanique de Pérouge.

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Weekend botanique en vue.  Pour l'occasion, nous avons pu rencontrer le groupe mycologique et botanique du Val de Saône, qui a pu mettre en place cette superbe exposition dans le cadre de la Foire aux plantes rares de Pérouge. Celle-ci a pu d'une part permettre aux adhérants de sensibiliser un public élargi, et d'autre part d'inventorier les espèces locales. Nous voilà donc ans Pérouge, cité médiévale réputée pour ses vieilles pierres, son tilleul multicentenaire et ses galettes au sucre vendues aux fenêtres qui font le bonheur des petits et des grands. Cependant, c'est tout autre chose qui fait briller nos yeux. Disposés dans des pots de ver, une centaines d'espèces végétales nous attendent. Carex, prêles, coquelicots, anémones ... c'est tout un décor qui se dresse et qui nous invite. C'est l'occasion rêvée pour compléter mon herbier numérique et m'entrainer à la botanique de terrain, histoire de faire rentrer un peu plus dans la caboche un vocabulaire plus technique et qui m'échappe parfois.

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L'euphorbe petit cyprès (Euphorbia cyparissias) est une plante commune dont la sève était utilisée en médecine populaire pour le soin des verrues et des lésions cutanées. Toxique et irritante, celle-ci était souvent présumée être une plante de sorcière. Le sphinx de l'euphorbe (Hyles euphorbiae) est son régulateur naturel. Bien que ternes, les chenilles donnent naissances à un magnifique papillon aux teintes rosées.

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La populage des marais (Caltha palustris) est une fleur typique des milieux humides et ombragés. Elle se reconnaît à ses inflorescences jaunes et à ses feuilles en forme de coeur. C'est la seule plante à appartenir au genre des Caltha, lui même appartenant à la grande famille des renonculacées comme les boutons d'or.

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L'exposition présentait quelques espèces d'orchidées communes. À gauche, deux orchis mâles (Orchis mascula) nommés ainsi en raison de la forme de leurs tubercules. Au centre, un orchis singe (Orchis simia), du fait de ses fleurs ressemblant à un personnage simiesque et à droite, un orchis militaire (Orchis militaris) dont les tépales rayés de rose sont semblables à la forme d'un casque de soldat d'où son surnom d'orchis guerrier.

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Voilà un travail titanesque ! Chaque espèce a été classée et identifiée avec la nouvelle taxonimie. L'entrée de la phylogénétique dans le monde botanique n'y est pas pour rien. Elle a l'avantage comparé aux anciennes classifications de représenter l'évolution des espèces avec plus de justesse. Les marqueurs retenus ne sont pas ceux de la morphologie mais ceux que l'on peut retrouver sur le génome. Les conséquences sont multiples. Outre des nouveaux noms pour certaines d'espèce, c'est aussi la représentation que nous nous faisons de l'arbre du vivant qui s'en trouve chamboulé, prenant désormais la forme d'une sphère.

L'objectif de ce travail ? Disposer des bons outils pour communiquer au mieux avec le public et le sensibiliser sur les grands enjeux liées à protection de la flore mais aussi, sur les bonnes pratiques liées à l'observation des milieux. Nous avons pu de ce fait avoir quelques précieux conseils sur la détermination des poacées.

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Le rorripe amphibie (Rorippa amphibia) est parfois nommé cresson amphibie. Bien qu'appartenant à la famille de la moutarde, il n'en est pas et est parfois confondu avec celle-ci. Il apprécie les bords de fossés et les milieux marécageux. La difficulté dans l'identification de cette espèce réside dans sa grande capacité à s'hybrider avec des espèces similaires. Néanmoins sa tige vert clair est un bon critère de distinction.

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Voilà un taxon que je trouve particulièrement difficile, celui des carex, nommé communément les laîches. Hormis la laîche à épis pendants (Carex pendula) et quelques autres espèces similaires, leur identification reste ardue. Celle-ci repose avant tout sur la détermination portée sur les épis mâles et femelles.

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Le lin pérenne (Linum perenne) est une espèce très cultivée qui se trouve ça et là en milieu naturel. Il a une nette préférence pour les sols secs et bien exposés, ce qui explique peut être son abondance les longs de talus sur élevés des routes et des autoroutes situées dans le sud de l'Ain que nous aimons emprunter.

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C'est une belle exposition à laquelle nous avons pu participer en tant que curieux. Ce type d'événement est un bon moyen de s'initier à la botanique ou de prendre plaisir à découvrir et redécouvrir les plantes que nous croisons au quotidien et qui parfois titillent notre curiosité, évoquant pour certains de lointain souvenir d'enfance.

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mercredi 23 mai 2018

Le pastel des teinturiers.

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Ce printemps, le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) colore de jaune les bords de route secs et calcaires. Pourtant, c'est une toute autre teinte que l'on tire de cette plante et qui lui a valu son nom. Utilisé depuis l'âge du fer (même si son usage c'est généralise à l'antiquité), on tire de ses feuilles une teinture bleue après les avoir séchées puis broyées. Couleur des rois et de la noblesse, c'est au moyen âge que la culture du pastel s'intensiffie pour répondre à la demande toujours plus importante, que cela soit chez les teinturiers ou les tapissiers. Aujourd'hui il est encore cultivé mais à des fins fourragères. C'est également une plante médicinale riche en composés qui en médecine populaire était employée pour apaiser les oedèmes et cicatriser les plaies.

jeudi 17 mai 2018

Sortie en campagne 9.

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Marche paisible le long de l'Azergue dans l'Ain un soir de mai. Le temps est doux, les Saintes Glaces n'ayant pas encore frappées. Nous avons alors tout le loisir d'écouter le chant des oiseaux mais surtout, de nous exercer à l'enthomologie. Dans la pénombres, certains insectes commencent à se faire discrets. C'est le moment pour eux de sortir, dissimulés par l'obscurité de leurs prédateurs.

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La piqûre de certains provoquent sur les végétaux d'étranges formation. Cette ronce (Rubus sp.) en a fait les frais, à moins que la dégénération observer ne soit le fruit d'une mutation génétique, une grande partie du plan présentant des amas de feuilles effilées avec des rameaux naissants nains et souples. Un virus, un champignon, une bactérie, une erreur dans la formation des tissus à la naissance du plantule ou une piqûre d'insecte sont tout autant de pistes possible pour expliquer cette magnifique galle.

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Sur une feuille de chêne, une tenthrède verte (Rhogogaster viridis) est une mouche chasseresse qui se nourrie de petits arthropodes et d'asticots. Bon axillaire au jardin, ses larves phytophages imitent les chenilles. Elles sont peu aimées du jardinier car elles peuvent causer de très gros dégâts sur les arbustes du verger.

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La saison des amours bat son plein. Ce couple de Cantharis pellucida semble bien occupé. Ils illustrent l'importance d'employer les noms scientifiques pour parler d'une espèce, ces insectes n'ayant pas de noms communs.

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En Angleterre, ils sont surnommés soldier beetles en raison de leurs couleurs semblables à celles des uniformes des soldats britanniques du 18e et du 19e siècle. Leurs larves possèdent un corps mou et allongé brun qui se font à la couleur de l'humus. Elles chassent sur le sol et plus rarement dans la végétation les petits insectes. Les adultes ont un régime alimentaire plus variés et bien qui leurs arrivent d'être carnassiers, préfèrent se nourrirent de pollen et de nectar.

Ils appartiennent a la grande famille des cantharides dans les quels on trouve de nombreuses espèces. Divisés en deux sous-familles, la plupart d'entre eux sont toxiques et le signales par leurs couleurs voyantes. On dit alors d'eux qu'ils sont aposématiques à la manière des coccinelles, des guêpes et de certains serpents.

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Ce ne sont pas les seuls à être à la fête. Ces cantharides communes (Cantharis fusca) se différencient de leurs cousins Catharids pellucida par leur couleur noire. Carnivores, ils chassent à la lisière des bois, des haies et des fossés. La raréfection de leur habitat a conduit à une fulgurante dimunition de leur population. 

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L'hyponomeute du fusain (Yponomeuta cagnagella) est un papillon blanc tacheté de de noir qui a une progéniture très prolixe. Ses chenilles se nourrissent de fusains d'Europe (Euonymus europaeus) sur lesquels elles tissent de grands cocons et dévorent les feuilles. Bien qu'impressionnants, les dégâts ne sont que peu impactants pour les arbres et ne détruisent que les jeunes plans, limitant ainsi le renfermement du milieu.

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Le bombix du chêne (Lasiocampa quercus) prend parfois le nom de minime à bandes jaunes. Sa chenille, contrairement à son nom, se nourrie d'une grande variété d'essences dont la bruyère  arbustive, l'aulne commun et le noisetier commun (Corylus avellana) comme ici. Pondus en vol, les oeufs sont posés sur les feuilles au hasard. Gourmandes, les larves qui en sortent mangent pratiquement aussi vite qu'elles ne digèrent, ce qui donne parfois des sueurs froides au horticulteurs qui les croisent. Sur cette photographie, il s'agit d'un individu qui semble avoir atteint sa dernière mue. La prochaine étape pour cette chenille est la mue puis l'imersion en adulte que l'on nomme alors imago. Présent partout en France, il n'a pas été recensé en Corse depuis 1980, signe que celui-ci à peut être disparu de ce territoire, signe qu'il en a peut être disparu.

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Le datura stramoine (Datura stramonium) ne va pas tarder à pointer son nez. Plante des sorcières, il pullule l'été sur les forums d'identification végétale. Toxique, elle cause chaque année des empoisonnements. Ce n'est pas pour autant une plante à méprise. Son origine incertaine (il serait mexicain) contribue au mystère qui l'entoure. Que cela soit en Inde, au Mexique, dans les montagnes des Alpes ou dans sur les plateaux du Maghreb, il est depuis des centaines d'années utilisés dans des rites magiques et chamaniques. Cependant, le néophyte ne serait s'y laisser tenter, quelques grammes de datura ingérés pouvant causer une mort lente et douloureuse. Elle entre également dans les rites vaudouistes de zombification qui font frémir l'imaginaire occidental.

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La grande berce (Heracleum sphondylium) est la plante symbolique d'Hercule, le célèbre héros mythologique. Elle se rencontre sur les sols à tendance humide et riches en matière organique. Elle attire de nombreux insectes qui y trouvent refuge pour se nourrir et pour chasser.

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Adorée à l'antiquité, elle est appelée parfois patte d'ours ou patte de loup en raison de la forme de ses feuilles à la foliole très découpée. On l'associait au moyenne âge à la magie blanche, peut être en raison de la couleur de ses grandes ombelles. Comestible, on peut presque tout manger chez elles, que cela soit les tiges, les feuilles ou les graines à l'odeur de mandarine. Bien que n'étant pas aussi photo-sensibilisante que la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), elle peut elle aussi provoquer des dermites plus ou moins importantes, d'où l'importance de la manipuler avec précaution pour ne pas se blesser.

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Le printemps se vêt tout de blanc. Le lamier blanc (Lamium album) est le seul lamier dont on fait usage en phytothérapie. Expectorant et aidant au renforcement du système sanguin, on l'utilisait en médecine populaire (selon la théorie de signatures), pour aider à la lactation du fait de sa blancheur qui évoque la couleur du lait.

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En voilà un qui a fait de la gonflette. L' Oederma nobilis est insecte n'ayant que pour nom leur nom scientifique. Les mâles présentes des fémurs supérieurs extrêmement musclés pour séduire les femelles, ce que l'on retrouve parfois chez l'espèce humaine. Il se nourrit du nectar et du pollen des fleurs printanières.

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La stelalire hostellée (Stellaria holostea) couvre les sous-bois et les abords des lisières. Son nom signifie "constitué par des ossements" en raison de ses tiges semblables à des os de fémur de part les noeuds marqués à leurs extrémités. Cassante d'où son surnom de craquer, on l'utilisait par effet de miroir comme remède aux fractures.

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Sa reproduction la rend très compétitive. Elle possède des fleurs qui donnent des graines, qui légères, sont dispersées par le vent mais aussi, des rhizomes traçants qui la multiplie par reproduction végétatives comme chez les fraisiers. On peut consommer les jeunes pousses et les jeunes feuilles en salade mais il faut prendre garde à ne pas en abuser, au risque de subir ses effets laxatifs pouvant parfois dégénérer. Riche en saponines et flavonoïdes, elle peut être consommée pour aider à la digestion mais aussi appliquée sur la peau pour soigner certaines lésions cutanées.

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L'armoise commune (Artemisia vulgaris) est la plante des femmes et d'Artémis, la déesse protectrice des souffrantes. Légèrement toxique, elle est employée bien souvent pour calmer le flux menstruel et les douleurs que celui-ci engendre. Présente sur presque tous les continents, elle est utilisée dans les cultures chamaniques comme plante rituelle. Un usage trop important ou trop régulier peut conduire à des vomissements.

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Une chasseresse se tient à l'affût sur sa toile. Les araignées sont connues pour les toiles mais certaines préfères vivre au sol et courir après leurs proies en sortant de leur tanière creusée dans le sol et recouverte de soie. La Bagheera kiplingi a même fait le choix de devenir végétarienne pour ne pas subir de concurrence.

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Les guêpes sont en pleine effervescences, la construction des nids semble bien entamée. Il pourrait s'agir ici de guêpes communes (Vespula vulgaris) qui utilisent leurs mandibules pour racler le bois mord. Mâché puis régurgité en boulettes, le bois devient papier et permet de construire les alvéoles qui accueillent les oeufs.

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Au d"tour d'un chemin, une fleur de lilas tombée au sol. Nous longeons les terrains d'une grande et célèbre pépinière. C'est l'occasion de ramener un petit bout de printemps avec soi.

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Le temps de la récolte commence à prendre fin pour certaines fleurs. L'ail des ours (Allium ursinum) est sur sa fin, les pistils gonflées des fleurs indiquent qu'il n'est plus le moment de la récolter, il faudra donc attendre l'an prochain, d'autant plus si aucun bocal de pesto cette délicieux plante n'a été réalisé. Pas de panique, il reste bien des choses à mettre dans le panier, l'aubépine par exemple n'a pas finie de fleurir, en particulier dans les étages plus montagnards de la région. Peut être fera-t-elle l'objet du prochaine article.

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samedi 12 mai 2018

Objectif BTS.

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La fin de l'année approche ! D'ici un peu moins de deux mois, je saurai enfin si j'ai validé mes deux années de formation en BTS GPN (Gestion et protection de la nature). Deux années où j'ai été formée à de très nombreuses disciplines et où j'ai énormément appri. J'ai pu vivre des expériences professionnelles formidables, certaines restant à venir comme mercredi prochain où je dois apprendre à des enfants à construire des nichoirs à oiseaux ou dans trois semaines où je vais leur faire découvrir la faune et la flore de leur quartier. Deux années pour devenir technicienne environnementale et animatrice nature, c'est peu et beaucoup à la fois, le temps passe vite et on aimerait rester là, à apprendre encore mille et unes choses sur les écosystèmes et leur gestion. Cependant, l'heure est venue de se jeter dans la vie active. Pour la peine nos professeurs de sport, une fois l'épreuve diplômante passée, ont eu à souhait de nous aventurer le temps d'une mâtiné sur Lieu-Dieu pour une randonnée nature au milieu des lacs et de la forêt.

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Parmi quelques unes des compétences que j'ai pu acquérir, on peut compter sur la cartographie, la mise en oeuvre de protocoles botaniques et la réalisation de chantiers mais aussi, la création de formations et d'animations, et je peux le dire sans mentir, c'est dans ces domaines que je me suis le plus réalisée. J'ai désormais bon espoir de pouvoir bientôt mettre à profit l'expérience que j'ai acquise à travers ceux-ci. Quelques unes de mes réalisations :

Création et application du protocole orchidées.
Création d'un plan de gestion différenciée.
Réalisation d'IBGN sur le ruisseau Gerbole.
Cartographie d'habitats du Pilat.
Présenter les becs et mâchoires à des scolaires.
Organisation du forum des métiers d'Agrotec.
Réalisation d'affiches pour un Copil.

Vous pouvez retrouver la plupart de ces missions sur le blog dans la rubrique "Gestion et Protection de la Nature". Elles sont un aperçu relativement réduit de tout ce qu'un étudiant GPN peut être amené à faire à travers son parcours d'étude et sa vie future. En attendant, nous sommes sur làpour mettre à profit cette sortie de terrain car certes, la fin de l'année scolaire approche, mais pas celle des beaux jours. C'est l'occasion d'intier nos camarades GEMEAU au naturalisme.

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Dans les prairies humides on rencontre des rosettes d'orchidées, principalement des dactylorhizas. C'est aussi le moment pour certains papillons d'émerger comme ce macaon (Papilio machaon) que l'on nomme aussi grand porte queue. Bien connue, sa chenille imposante se nourrie parfois de certains légumes du potager, en particulier du fenouil. Adulte, il se rabat sur les prairies fleuries jusqu'à 1800 mètres d'altitude.

L'escapade finie, il est temps de retourner aux révisions. Les écris et l'oral ne sachant tarder, il va falloir se parer pour tenir face au jurry pendant les 40 minutes de présentation et de questions.

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lundi 7 mai 2018

Sortie en montagne 18.

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Le massif du Ventoux est une terre de sorcières. Il s'en dégage une atmosphère étrange, presque mystique, où les amoureux des pierres et des plantes se retrouvent pour marcher sur les rochers blancs des crêtes. Lavande vraie et lavandin ont valu aux territoire du sud de la montagne leur réputation de terres de parfums avec la multiplication des distilleries. Il faudra encore attendre pour voir les champs se couvrir de violet.

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Nous sommes pour l'occasion dans le village de Sault, réunis tous ensembles dans la maison familiale. Les lieux sont encore calmes en cette période. C'est parfait pour s'adonner à la vadrouille entre les rues étroites. Certains passages présentent de hauts murs remarquables, sur lesquels on retrouve l'empreinte en négatif de fossiles d'amonites, la roche mère locale étant composée de calcaire urgonien hautement fossilifère, chose commune à la plupart des pends du massif du Ventoux, en particulier au sud de celui-ci où de nombreux amateurs s'adonnent à la chasse aux vestiges du passé, quand le sud du pays était encore une mer tropicale.

Et puis il y a les champs alentours, les bordures de routes, les chemins qui s'enfoncent dans la forêt et qui donnent l'occasions de faire des belles découvertes avec la flore locale et atypique de ce petit bout de Provence.

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Dans le jardin, pousse la gagée des champs (Gagea villosa). Adepte des sols sablonneux et pierreux, on la trouve dans une grande partie de la France même si elle semble préférer le sud-est. Cosmopolite, on la rencontre aussi en Europe centrale, en Afrique septentrionale et en Asie, en particulier à l'ouest.

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Le muscari à grappes (Muscari neglectum) est une espèce commune en France qui se satisfait d'une grande variabilité de milieux, pour un peu qu'il ait à disposition un sol plutôt pauvre, peu soumis à l'humidité et qui est de nature basique. Il est courant dans les vignobles, sur les talus ensoleillés et dans les champs, en particulier ceux de fauches soumis de temps à autre au pâturage, en particulier à celui des bovins.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum) est un orchidée précoce, typique du sud de la France mais qui tend à remonter le long de la vallée du Rhône avec les importants changements de températures que nous connaissons actuellement. C'est une plante robuste, qui présente une rosette composée de feuilles vertes, luisantes et épaisses d'où émerge un bouton florale rose. 

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C'est dans les milieux secs calcaires, en particulier de garrigue, qu'on la rencontre mais elle se plaît aussi sur les pelouses sèches et les talus ensoleillés. 

Dans le cortège des espèces propres à ce milieu ont retrouve une faune variée, composée en partie de reptiles mal-aimés mais au combien précieux pour l'équilibre écologique mais aussi, une fonge surprenante où il n'est pas rare de voir apparaître sous les pins à l'automne le lactaire sanguin (Lactarius sanguifluus).

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Toujours dans le jardin, on rencontre aussi la pézize du cèdre (Geopora sumneriana). On ne la remarque pas facilement au premier abords, celle-ci n'émergeant du sol qu'à maturité en formant une petite cavité. Inféodée aux sols calcaires, elle se rencontre aussi sous les ifs. Piètre comestible, elle est toxique voire mortelle si consommée cru comme la plupart des champignons de son ordre, celui des Pezizales dans le quel on trouve les morilles.

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L'herbe s'est couverte de petites fleurs blanches, elles forment un beau tapis devant l'entrée, encadrant nos pas. La période de floraison est courte, bientôt les chaleurs de la fin du printemps viendront mettre fin à cette orgie de pétales colorés dans la pelouse et dans les champs de fauche tardive qui se coloreront de doré.

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En attendant, les pruneliers sauvages (Prunus spinosa) et les érables champêtre (Acer campestre) continus de fleurir. Chez ces deux espèces aux floraisons bien différentes, les feuilles arrivent plus tardivement. Chez les érables, la pollinisation se fait bien souvent par les insectes comme on peut le voir sur la photographie mais certains, dont le très invasif Acer negundo, se servent du vent et de leur pollen léger pour assurer la fécondation.

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Et puis il y a la plus belle de toutes, celle que j'adore et qui pousse dans le couvert forestier, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), une plante aux milles noms dont ceux de patte de griffon, de griffe de lion, d'herbe aux fous ou de rose de serpents (mon préféré). Des noms qui font frémir le badaud et danser la sorcière. Elle était utilisée par les grecs pour soigner la folie et en occident plus généralement, et jusqu'il y a peu, comme purgatif de dernier recours, la plante étant hautement toxique. Sa floraison précoce, son aspect singulier et sa grande taille ne la font pas passer inaperçue dans les sous-bois, quand tout tarde alors à verdir.

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En voilà une autre de plante de magicien. L'hépatite trilobée (Anemone hepatica) tient son nom de la théorie des signatures, concept issu du Bas Moyen Âge et qui réside dans l'idée que les plantes, animaux et minéraux soignent les organes humains auxquels ils ressemblent. De ce fait, les feuilles de cette anémone ressemblant au foie, on en a fait usage pour soigner cet organe, la nommant au passage "hepatica" : qui a rapport au foie.

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La mise en jambe en forêt terminée, nous voilà partis à l'assaut du Mont Ventoux. Quelle épopée, je suis bien rouillée, et l'ascenssion ne s'est pas fait sans difficulté. Cependant, nous voilà arrivés au sommet. La flore est encore timide et pour cause, quelques reliquats de neige habilles le mont. Ils sont, depuis une semaine ou deux, partis avec le soleil rayonnant que nous avons eu.

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Peu avant notre montée, nous avons pu observer les troupeaux de brebis pâturer les champs de lavandes, en contre-bas dans la vallée. Il semblerait de peu à peu les pratiques agricoles locales évolues vers une retour aux traditions plus respectueux de l'environnement.

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Surprise au détour d'un virage, au milieu de la route, un couple de becs-croisés des sapins (Loxia curvirostra). L'arrivée d'un cycliste dissipera les amoureux dans les arbres, monsieur laissant sa femelle seule pour la prise photo. Grise et verte, elle se différencie du mâle qui est paré sur son plumage d'un rouge chatoyant.

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Autre merveille dans cette montagne, le pin à crochets (Pinus uncinata). Il tient son nom des écailles de ses pommes qui présentent pointe recourbée en leur centre. D'ordinaire haut de 20 à 30 mètres, les vents puissants qui balaient les crêtes du Ventoux transforme ce conifère en arbuste buissonnant au port parfois étalé.

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L' ibéris des Rochers (Iberis saxalatis) commence à fleurir. Sa morphologie compacte, avec des feuilles étroites et grasses, lui permettent de résister au froid polaire qui règne ici. Protégé dans certains territoires, il ne se rencontre presque que dans les massifs du sud du pays.

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Habitué à pousser à même la roche, il possède un enracinement profond et solide qui lui permet, même en cas d'éboulis, de rester fixé. Sa faible taille (rarement plus de 10 cm), lui permet de faire face aux éléments, tel au vent et au manteau neigeux. Sa floraison blanche s'étale d'avril à fin juin et peut sur les plateaux alpins d'altitude, à plus de 2500 mètres, se terminer vers la mi-août. 

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Le verdier d'Europe (Chloris chloris) arpente aussi les coteaux du Ventoux, en particulier ceux composés de forêts mixtes. Le mâle aborde des couleurs criardes, oscillant entre le jaune et le vert olive. Ce granivore se rencontre parfois dans les champs après les moissons pour becter les graines tombées au sol.

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Le temps en montagne est plus que changeant. Une marche de quelques heures sous le ciel bleu se transforme rapidement en traversée des nuages en une poignée de minutes. Une fraîcheur bienvenue après avoir rougit sous les coups du soleil mordant et la réverbération des roches blanches qui composent le sommet.

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Malgré la neige, le terrain reste idéal pour herboriser. Genévrier couché, pousses de pavot artique (Papaver radicatum) ou épicéa nain, c'est tout autant de plantes atypiques et qui changent des paysages de Chartreuse et de la vallée du Rhône. Pas de prélévement sur place, les espèces et le milieu sont strictement protégés. 

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Retour en plaine, avec pour l'occasion une virée dans la ville de Carpentras. C'est jour de marché, les étales sont pleines avec bien souvent, des produits régionaux. Fleurs, asperges, morilles ou oignons, il y en a pour tous les goûts. Le porte monnaie se fait cependant plus sage.

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On ne peut ignorer les fraises de Carpentras. Labellisés, les fruits de cette appellation regroupe trois espèces cultivées, la plus connue étant la gariguette. De grande qualité, les fraises sont employées pour la consommation courante et pour la confiserie de haut standing. D'avril à mai, les champs approvisionne une grande partie du marché français, si on se penche un temps soit peu sur des produitsde bonne qualité. 

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Les rues se parent de couleurs. Dans les paniers, des produits qui nous sont parfois très familiers. Morilles coniques, verveine séchée, asperges sauvages ou encore fraise des bois, tout autant de plantes et de champignons que nous récoltons dans la nature ou le jardin dès que les beaux jours arrivent. 

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L'asperge sauvages (Asparagus acutifolius) se récolte très tôt, dès fin février ou début mars dans les Calanques mais devient trop drues à partir de mai pour être consommée. Très prisée, sa récolte est réglementée. Aimant les milieux secs, rocheux et ensoleillés, elle se reconnaît à ses feuilles épineuses et sa tige ligneuse.

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Changement de décor, nous voilà dans le Colorado provençal. Ces anciennes carrières d'ocres sont ouvertes au public et sont sillonnées de nombreux sentiers. Outre la faune remarquable avec ses oiseaux colorés, on tombe sur une flore atypique qui à l'avantage de nous dépayser le temps d'un après-midi de randonnée.

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Le narcisse d'Asso (Narcissus assoanus) est une petite fleur jaune aux feuilles fines qui se parsème en de grands tapis. Il aime les collines calcaires au climat méditerranéen mais se croise aussi en moyen montagne.

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Sa corolle jaune portée par sa tige grêle attire les insectes, ce qui permet à sa fleur d'être pollinisée, on parle alors de reproduction entomogame. Appelé aussi petite jonquille, sa cueillette est réglementée dans de nombreux départements. Dans d'autres, il est soumis à protection. Il partage souvent les zones rocailleuses avec quelques orchidées comme l'ophrys brun ou l'orchis de Provence mais aussi, avec le muscari en grappes (Muscari neglectum).

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La consoude tubéreuse (Symphytum tuberosum) peut présenter des fleurs jaunes ou roses. Dans le Colorado, on le trouve au pied des carrières, là où les drains servant à charrier et nettoyer l'argile se répande désormais en ruisseaux. Très mellifère, on peut parfois observer des fourmis se nourrir du nectar des fleurs.

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L'amélanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis), appelé amalenquièr ou amalenca en provençal, est un arbuste de la garrigue qui produit des fruits bleutés/violacés comestibles et très appréciés, aussi bien des oiseaux que des enfants. Il compose de manière traditionnelle le jardin des simples des maisons curiales du sud. De petite taille, maximum 3 mètres, il est peu exigeant pour peu qu'il ait du soleil ainsi qu'un sol calcaire et chaud. C'est en sirop, en confiture ou même en alcool que l'on consomme le plus couramment les baies de cet arbuste.

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Le circuit s'engoufre dans les taillis de bruyères et de fougères aigles (Pteridium aquilinum). Dans une ouverture sous les pins sylvestres (Pinus sylvestris),  se dressent de nombreux cairns. Ceux-ci sont présents un peu partout dans le monde, que cela soit sur les sites aux reliefs montagneux ou dans les bas-marais, les déserts et les plaines. Employés pour montrer un passage à emprunter, ils ont aussi pour fonction d'indiquer des lieux de sépultures, marqués par des événements historiques, mystiques ou tout simplement pour laisser une trace de soi et de sa traversée. Tradition vivace, leur usage n'a pas évolué depuis le néolithique.

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L'extraction de l'ocre a prit fin en 1992. Les sables dont on la tire tiennent leurs teintes, oscillant du blancs, le jaune, le vert et le rouge, de composés en partie d'éléments ferrugineux et de micas, issus de sables marins du temps où la région était submergée par l'océan, en particulier pendant la période géologique de l'aptien.

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Sur le retour, une bellr surprise nous attend sur un talus à l'entrée du village. Une cinquantaine de tulipes sylvestres (Tulipa sylvestris subsp. sylvestris) poussent à quelques mètres de la route. Cette espèce aux pétales d'un joli jaune vif est bio-indicatrice des milieux non traités, gage de bonnes pratiques agricoles.

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Voilà une semaine bien remplie. Dans la cuisine, ça n'arrête pas, et dans le jardin on fait peau neuve. La haie redevient propice à l'accueil de la faune en gardant un aspect paysager, les ronces ont été réduites à un petit lopin afin de rendre accessible les arbres du verger et les nombreux tas de bois vont faire office de refuge aux alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), de petits crapauds qui ponctuent de leurs chants les nuits de la maison.

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lundi 30 avril 2018

Récoltes sauvages du début d'année.

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Le temps des récoltes a débuté, le panier se remplit enfin de champignons et de fleurs. Cette année, je renoue avec mon âme de sorcière. Les week-ends et les vacances se ponctuent de sorties sur le terrain, à la recherche des plantes comestibles et des médicinales à mettre en pots. Cependant, ce n'est pas une pratique aisée, elle demande non seulement de connaître ce que l'on récolte plutôt bien voire très bien, mais aussi de maîtriser la réglementation pour préserver les ressources. À ce sujet, je vous conseille de jeter un coup d'oeil sur les arrêtés locaux disponibles sur Tela Botanica, l'INPN et Flore Alpes en n'hésitant pas à croiser les sources pour plus de justesse.

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Alors, que trouve-t-on dans mon panier ? De délicieux morillons à demi-libres (Mitrophora semilibera) parmi les fleurs. Bien que moins parfumés que les morilles (Morchella sp.) avec les quelles il partage les mêmes milieux (de substrat calcaire), ils restent délicieux, surtout quand ils s'accompagnent de crème fraîche. Et puis ils y a les fleurs, les fougères, les racines fraîches. Les fleurs jaunes au calice vert clair sont celles de la primevère offcinale (Primula officinalis) nommée dans les campagnes coucou. Elle tient ce surnom du fait qu'elle fleurit en même temps que l'arrivée de l'oiseau du même nom. J'ai pour habitude de la récolter depuis l'enfance, en reprenant les gestes de ma mère et de ma grand-mère, et bien que ces cueillettes étaient plus un amusement qu'autre chose, j'ai gardé cette habitude. Je les utilise en infusion pour l'endormissement, pour me calmer ou pour les maux de gorges, de par les propriétés adoucissantes et apaisantes. Cependant je reste prudente, les primevères étant des plantes fortement allergisante. En cuisine je les intègres fraîches aux omelettes, un régale ! Petit détail, il est nécessaire de retirer le calisse de la fleur, un travail long et minutieux.

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Et les fleurs roses ? Ce sont celles du lamier maculé (Lamium maculatum). Récoltées le plus souvent pour décorer les plats, celles-ci n'ayant pas de réelles propriétés, j'aime les utiliser pour colorer les infusions en un rose profond, surtout quand il s'agît de faire des tisanes de plantes qui, dans mes drôles de potions, donnent des couleurs parfois peu appétissantes. Il est souvent confondu avec le lamier pourpre (Lamium purpureum). Et pourquoi avoir récoltée la capillaire des murs (Asplenium trichomanes) ? Tout simplement pour animer les stands que je tiendrai d'ici peu avec ma compagnie médiévale, la Corne percée, où je joue le rôle de l'herboriste ! Cette petite fougère avec bine d'autres étaient utilisées au Moyen-Âge pour lutter contre la chute des cheveux. Pour se faire on l'appliquait mélangée à de la crotte de chat. Peu ragoûtant, n'est-ce pas ?

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Après une ballade forestière, nous revenons avec bien d'autres trésors. En violet, des violettes odorantes (Viola odorata), dont je conserve les fleurs en partie pour leurs propriétés laxatives et émollientes. Une fois séchées, il n'en reste presque rien. J'aime les mettre en bouteille dans mes rhums arrangés. Elles se mêlent ici aux inflorescences jaunes de tussilage (Tussilago farfara) appelé aussi pas-d'âne en raison de la forme de ses feuilles. On les utilisent en médecine populaire pour soigner les infections et problèmes pulmonaires, mais avec parcimonie car la plante est hépatotoxique. Celles-ci finiront en flacons et seront présentées dans les grandes manifestations médiévales.

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On trouve aussi dans mon panier des bourgeons de hêtre commun (Fagus sylvatica). Leur usage est assez récent, surtout à travers la gemmothérapie (le soin par les bourgeons), et plus particulièrement dans les soins "anti-âge". Je trouve intéressant de pouvoir présenter au public des espèces qui ont un usage ancestrale ou tout récent et ainsi, de montrer que les relations hommes-plantes sont en continuelles évolution.

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C'est le temps de récolter l'ail des ours (Allium ursinum). Attention aux confusions ! Chaque année on compte quelques graves incidents leur des récoltes, dûs en particulier à la confusion entre les feuilles de cet ail avec celles des jeunes feuilles d'arum ou de muguet, sourtout quand elles sont ramassées à grandes brassées. Les feuilles finiront cuisinées comme du pesto ou séchées. Les boutons floraux sont sautés à l'huile d'olive et cuits dans une omelette, mais certains les préfèrent au vinaigre, comme les câpres. La cuisson retire le fort goût qui peuvent en faire fuir plus d'un. C'est une excellente plante comestible, assez recherchée.

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Pour en revenir aux morillons, on les trouve en compagnie de plantes fascinantes. La feuille bien verte est celle d'un pied de moscatelline (Adoxa moschatellina), une plante très discrète à la floraison verte et dont la fleur sent le musque. La petite fleur jaune en arrière fond et aux pétales décolorés est celle d'une ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna). Toxique, on peut néanmoins consommer ses feuilles en salade en petite quantité, pour leur richesse en vitamine C. Les marins l'utilisait pour lutter contre le scorbut qui était courant en mer, en raison de leur alimentation peu diversifiée et très pauvre en vitamines par l'absence de fruits frais.

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Morilles et autres morillons poussent parfois dans le parc de la maison, dans un grand tapis d'égopode podagraire (Aegopodium podagraria). Souvent chassé du jardin car envahissant, on oubli trop facilement que c'est un légume ancien importé par les romains en Gaule puis oublié. C'est une plante qui se définit par le chiffre 3: une tige à trois face, trois feuilles composées de trois folioles ... on ne peut pas la louper. On peut la manger crue mais la panachée reste de la consommer cuite à la vapeur, en soupe ou en gratin. Noméme l'herbe aux goutteux, elle soignerait la goutte par son action sur l'acide urique.

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Le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) commence sa floraison. La racine très toxique a été pendant des siècles utilisée comme abortif. Cependant, ses parties aérienne bien qu'ayant un goût particulier, on pu être consommées comme légume, les fleurs et fruits comme condiments aromatiques.

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Dans les taillis de genêt à balais (Cytisus scoparius), où nous suivons les sentiers tracés par les sangliers à la recherche du chemin forestier, nous tombons sur la maison forte du lac de Saint Sixte. Réputée comme hantée, il n'en est rien. Chef-lieu des rassemblements de résistants pendant la seconde guerre mondiale, elle fût incendiée par l'occupation pour mettre fin à ces réunnions. Depuis elle est laissée bons soins des éléments et de la forêt.

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Historiquement elle se composait d'une bâtisse équipée d'un immense escalier à double entrée désormais couvert de lierre, d'une chapelle, d'un corps de grange et d'une écurie. On y accède en suivant le chemin forestier menant au lac en contre-bas mais le site étant une propriété privée, il est bien plus sage de ne faire qu'y passer sans s'y aventurer, les risques de chutes de pierres et de gravats étant bien réel.

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Le printemps, c'est aussi la saison de la tonte des moutons. Une brebis non tondue, c'est une brebis qui souffre. Au bout de 3 ans, l'épaisseur de laine devient trop imposante, l'animal ne parvient plus à se sécher seul. Les pluies et les rosées peuvent conduire à des hypothermies. Les parasites, en particulier les tiques et les acariens, viennent se loger entre la toison et la peau, pouvant provoquer de graves dermites. Il peut aussi rester bloqué dans les taillis. Bref, tout ce petit monde passe à la tondeuse, non sans être dubitatif de l'entreprise. Cependant, en les voyant gambader dans le pré, on se doute bien que c'est une libération. Issus des mouflons, nos moutons modernes ont été conçus, au fil des sélections, pour produire de la laine. Cependant, ils ne sont pas adaptés pour la porter toute leur vie, à la différence de certaines races à viande très anciennes. Une intervention humaine est donc nécessaire pour que les animaux restent en bonne santé.

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Ho ! Mais qui voilà qui frappe au carreau ? Ce gros-bec casse-noyaux mâle (Coccothraustes coccothraustes) a prit l'habitude de se rendre à la fenêtre où se trouve la mangeoire, bien que celle-ci soit vide depuis un moment. Il a aussi prit l'habitude de d'attaquer violemment la fenêtre, non pas pour quémander de la nourriture, mais pour affronter son reflet, celui-ci y voyant un rival. Ses coups de becs ne sont pas tendres.

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Le temps des récoltes continu. En pleine, les consoudes commencent à sortir et les pulmonaires fanes, mais dès que l'on prend un peu d'altitude, le printemps débute à peine et si on se rend sur les sommets, on peut encore marcher dans les dernières neiges. Il est donc aisé d'échelloner ses récoltes, pour peu que l'on est la bougeotte que l'on connaisse un poil le territoire que l'on parcours. Les marais des Terres Froides donnent encore des fleurs de coucous et les plaines du Ventoux se libères de leurs dernières hellébores fétides, tandis que les Calanques offrent les premières aphyllanthes de Montpellier. Le choix est vaste.

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mercredi 25 avril 2018

22e fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont

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Trois ans après notre première visite de la fête des plantes, des graines et de l'arbre de Réaumont, nous revoilà en Isère, à proximité des montagnes pour cette 22e édition. Portée par l'association La maison de l'Arbre, la manifestation rassemble les amoureux des plantes autour des stands de pépiniéristes, d'herboristes, de producteurs locaux et de passionnés. Le thème de cette année portait sur la permaculture.

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Des raretés se trouvent sur les étales. Les fritillaires pintades (Fritillaria meleagris) et les violettes sororia "Freckles" (viola sororia freckles) se bousculent dans les panières en osier. On trouve également des cultivars de la tulipe australe (Tulipa sylvestris 'subsp.' australis), que l'on reconnaît à ses pétales teintés de rouge. Cette espèce est extrêmement rare dans nos contrées. Hélas, elle ne fait pas l'objet de mesures de protection.

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Pour les amoureux des plantes et du soin par celles-ci, il y avait de quoi faire son marcher. Pour ceux qui n'ont pas forcément la chance de pouvoir ramasser en nature, avec les bons gestes et de manière sûre, c'est la meilleure des alternatives. Pour les autres, c'est l'occasion de se donner des idées, chose que je vous présenterai dans mon prochain article dédié à mes cueillettes du mois d'avril.

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Quizz proposé par l'association du Pic Vert : reconnaître les sols et leur composition. Des substrats récoltés en nature, des pots de confiture, quelques étiquettes et le tour est joué. Non seulement l'entreprise est ludique, mais elle permet de sensibiliser à la faune du sol et aux techniques de jardinage adaptées au milieu.

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Surprise ! Terre Vivante était là aussi ! Avec en prime la présence de Pascale Aspe, directeur du centre écologique, pour une conférence passionnante rappelant que le jardinier n'est jamais seul au jardin et que, s'il se réfère à la permaculture, une grande partie de son travail consiste à se faire aider de la nature.

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Que de choix ! Tanaisie des chartreux, génépi blanc mais aussi cornouiller de Californie, ginko, narcisse des poètes et iphéon se bouscules dans les sacs et les paniers. Pour les gourmands, on pouvait pour l'occasion trouver à foison des crêpes mais aussi des pommes et des miels locaux, des sirops de lavande ou encore, des sels de thym serpolet. Petit coup de coeur pour ma part pour la confiture d'angélique officinale et pour le Cornus florida 'Cherokee Brave', un cornouiller à la floraison pourpre incroyable de chez "La Grange aux érables". Nous espérions pouvoir les rencontrer à la foire des plantes d'Aiguebelette, où nous avons été absent, il va falloir prendre notre mal en patience. La 19e éditions se trouve ICI.

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jeudi 12 avril 2018

Sortie en montagne 17.

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En avril, on se fait les mollets. Nous voilà partis dans la Loire pour les sommets du mont Pilat, donnant une vue superbe sur la vallée viennoise. Nous débutons par les trois Crêtes, là où l'herbe se fait rase et où le spartier à tiges de jonc (Spartium junceum) est roi, au milieu des tapis de raisins d'ours (Arctostaphylos uva-ursi).

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Les arbres subissent de très fortes pressions. Gel, vent, neige et soleil de plomb, il leur faut tenir bon. Les pins sylvestres (Pinus sylvestris) sont les champions dans cet exercice. Ils sont les tous derniers à tenir bon face aux conditions avant que le milieu ne s'ouvre et se couvre d'arbrisseaux et de plantes rases.

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Pour reprendre le slogan de Terre Vivante : à plusieurs, c'est meilleur. Nous voilà donc quatre à arpenter les sentiers. La neige est tombée quelques jours avant notre passage et ne semble pas vouloir partir. Cela ne dérange pas les lapins de garenne (Oryctolagus cuniculus) qui ont laissé de nombreuses crottes entre les rochers de granite, à proximité des plaques de lichens et les herbes jaunies qu'ils viennent grignoter.

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Deux sommets. À gauche, on trouve la base militaire de la Crête de l'Oeillon, photographié ici depuis le col de l'Oeillon. À droite, l'émetteur du Pilat, perché à 1361 mètres et qui couvre une grande partie de la Loire, du Rhône et une plus moindre de l'Isère. Il est à ce titre, l'un des plus puissant émetteurs télévisuel, radio et téléphonie du pays, du haut de sa tour de 80 mètres qui s'observe même depuis les vignobles de Côte-Rotie !

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Nous sommes freinés dans notre entreprise. Le manteau neigeux est épais et surtout inattendu. Nous ne sommes pas équipés pour nous y aventurer. Reste alors à profiter du paysage en regardant les vallées alentours, que nous surplombons à presque 1400 mètres d'altitude. Le vent battant nous fait bien vite quitter notre observatoire.

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Voici notre récompense en rentrant à la maison, après une bonne randonnée, un délicieux liégeois à la Jasserie (établissement à la forte renommée locale qui tir son nom de son architecture typique du haut Pilat), et une super soirée chez nos amis, autour d'un verre de vin. Le Pilat est plein de ressources, nous avons pu l'expérimenter à travers la récolte des girolles et des cèpes, la pratique de la transhumance aou encore, la rando. Prochaine étape, partir à la récolte des baies sauvages, toujours dans le respect de la réglementation du parc régional. Myrtilles, fraises des bois ou framboises, les confitures seront nombreuses cet automne, pour peu que les cueillettes soient bonnes. Reste alors à s'initier à la fabrication de la sapinette. Déjà le planning se replit, avec un calendrier strict en fonction des saisons pour ne pas louper le coche !