samedi 17 mars 2018

La Camargue en hiver.

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Début décembre, nous avons pu visiter à plusieurs reprises la Camargue. Mon ordinateur ayant rendu l'âme entre temps, je n'ai pu récupérer que quelques photos de cette très belle expérience. Entre marais salins, bords de mer et phragmitaies denses, nous avons pu observer des oiseaux que nous n'avons pas l'habitude d'approcher. Nous avons même pu photographier, de loin, un rassemblement de tadornes de Belon (Tadorna tadorna), le plus gros canard de France parfois appelé affectueusement appelé "oie renard". Autant dire que je les adore.

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Pendant trois jours nous avons circulé sur les petites routes camarguaises, avec comme point de chute la nuit venue, la ville de Marseille. Autant vous dire que nous avons galoper. Cela nous a permit de retourner sur la route des vacances de mon enfance, là où avec mes parents et des frangins nous venions, après avoir quitté l'Isère le temps de quelques jours, nous initier aux joies de la mer. Cette année c'est un peu différent, nous sommes en hiver, il vente mais le spectacle n'en est pas moins fantastique. 

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Les hérons cendrés (Ardea cinerea) se plaisent bien dans les milieux humides qu'ils soient d'eau douce ou d'eau salée. Les premiers couples se forment déjà et entament la construction de leurs nids. Peu farouche, il faut toute fois se montrer discret pour ne pas perturber les oiseaux et mettre à mal leurs premiers amours.

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Dans un des nombreux étangs, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent sagement la fin de l'ondée. Leur tête dénuée de blanc indique que la période de reproduction n'est pas encore entamée. Ces oiseaux ont la particularité de ne pas avoir de plumage étanche, afin d'avoir une meilleure pénétration dans l'eau quand il plonge pour attraper les poissons. Cela explique pourquoi on les voit faire sécher leurs ailes en les étendant.

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Et puis il y a les stars, ceux que nombreux d'entre nous rêvent de voir. Les flamants roses (Phoenicopterus roseus) sont parmi les plus grands et gros oiseaux européens (mais aussi de leur famille). C'est à leur alimentation faite de minuscules crustacés roses qu'ils doivent leur couleur, d'où la forme étrange de leur bec, qui agît tel un filtre. Les jeunes individus présentent un plumage grisâtre, ce qui indique qu'ils sont encore au stade de juvéniles. 

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À notre arrivé, les flamants étaient en pleine parade nuptiale. Des centaines d'individus entrains de danser et surtout, de chants. Un flamant seul, c'est très bruyant, alors je vous laisse imaginer la cacophonie ce jour là. Le cri est fort et nasillard, proche de ceux des anatidés. Ces sont des animaux sociaux qui communiquer énormément entre eux. Ils possèdent de ce fait une gamme de vocalises très développée pour ne jamais se perdre de vue.

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Dans les nombreux bras d'eau stagnante, on peut voir de temps à autre un ragondin (Myocastor coypus). Mal aimé, cet animal d'origine nord-américaine est arrivé en Europe à travers les fermes à fourrure. S'étant échappé, il a colonisé tout le territoire français. C'est un gros rongeur qui fait parler de lui par son action sur les berges qu'il fragilise et les cultures dans les quelles il va grignoter. De ce fait, il est chassé pratiquement toute l'année.

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Voilà une photo qui devrait en ravir plus d'un. Trois espèces sur un cliché : le héron cendré (Ardea cinerea), l'aigrette garzette (Egretta garzetta) sur la quel je reviens plus bas et la sarcelle d'hiver (Anas creccas), un petit canard amoureux des eaux saumâtres et qui ne se rencontre dans le sud de la France qu'en période hivernale. Le mâle se distingue à sa tête rouge barrée de vert et à son croupion jaune. La femelle ressemble à celle du colvert.

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Il y a deux grands autres échassiers que l'on croise en janvier en Camargue : la cigogne blanche (Ciconia ciconia) dont on peu en ce moment encore voir les vols de migration au-dessus de mon centre de formation sur Vienne, et les grues cendrées (Grus grus). Ma frustration est grandes de ne pouvoir partager avec vous toutes mes photos de leurs vols de centaines d'individus, leur séances de recherche de nourriture au sol et surtout, leur chant mélodieux. Petite consolation, elles aussi remontent au nord et passe par la vallée du Rhône.

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 L'aigrette garzette (Egretta garzetta) est une échassier délicat dont les plumes étant recherchées autrefois pour orner les chapeaux. Elle partage des milieux similaires à ceux des hérons cendrés et les mêmes proies qu'elle saisit avec son bec en forme d'épée. Celui-ci devient jaune et/ou verdâtre en période de reprodiuction.

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Fin du séjour, il est temps de remonter doucement au pied des Alpes. Nous avons la chance d'être à moins d'une heure des Dombes, c'est donc un petit bout de Camargue que nous emportons avec nous et que nous espérons retrouver là-bas, comme en septembre dernier où nous avons pu y observer un grand nombre de cigognes blanches et où nous traînons parfois nos souliers avec la LPO depuis cet automne.

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dimanche 11 mars 2018

Sortie dans les marais 12 (autours des grands lacs).

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Ce n'est pas en réalité une sortie que nous vous présentons ici mais sept. Février a été un mois rude, oscillant entre des périodes de révisions intenses, d'un temps gris ponctué d'éclaircies et de gros épisodes neigeux mais aussi, de quelques sorties ornithologiques. Les plans d'eau sont désertés par les promeneurs, ils sont donc propices à l'observation de l'avifaune locale en toute quiétude. Les oiseaux, contraints par les conditions météo, se réunissent sur les étendus d'eau. Depuis la berge, il est aisé de les repérer. En cette période hivernale, il est possible de rencontrer des espèces rares ou du moins, peu communes.

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Le ciel est gris mais cela n'empêche pas le lac de Paladru d'être couvert d'oiseaux d'eau. Ce grand lac isérois est réputé pour ses petits ports de plaisance où l'on peut y pratiquer la voile mais surtout, pour la mystérieuse église qui y serait engloutie par les flots et dont on pourrait entendre les cloches aux alentours de minuit.

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Une troupe de fuligules morillons (Aythya fuligula) stationne aux abords de la rive. Elles sont plusieurs à se partager les 3,9km² du lac. Les mâles sont reconnaissables à leur plumage noir et blancs. Les femelles et les juvéniles possèdent quant à eux des plumes brune. Cette espèce se reconnaît à sa huppe à l'arrière de la tête, en particulier chez messieurs où elle est très développée en période de reproduction. Les fuligules morillons peuvent être confondus avec les fuligules milouinans (Aythya marila), les fuligules leurs hybrides, le fuligule milouin x fuligule morillon et le fuligule milouinan x fuligule morillon.

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Ces canards plongeurs petits et trapus possèdent comme la plupart des oiseaux de ce genre, celui des Aythya, un oeil de couleur or et une pupille noire. On reconnaît les mâles chantants aux gazouillements et aux sifflements mélodieux qu'ils émettent. Les femelles grognes des sons aiguës et brefs. Elles s'occupent seules de leur couvée.

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La foulque macroule (Fulica atra) est un oiseaux bien connu des promeneurs et même des citadins de par son ubiquité. Présente dans une grande diversité de milieux, elle est chapardeuse et n'hésite pas à retirer la nourriture du bec de ses voisins. Son régime omnivore lui permet de trouver de quoi se nourrir aisément. C'est un oiseau peu farouche qui peut s'approcher par curiosité des badauds. Elle est parfois confondue avec la gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) qui s'en distingue par un bec et un front rouge, tandis que la foulque macroule les présente comme blancs. Ses pattes sont aussi plus massives.

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À la naissance, les adultes se répartissent les petits. La femelle reste au nid avec la moitié de la portée, tandis que le mâle par construire sa propre demeure avec le reste des jeunes. Passé 4 semaines, les poussins sont capables de se nourrir seuls. À partir de 8 semaines, ils sont peuvent voler et commencent à quitter leurs parents.

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On croise aussi quelques échappés comme cette bernache nonnette (Branta leucopsis) qui tient compagnie à une bande de canards de ferme qui ont élu domicile sur le lac. Cette espèce ne fréquente que le nord du pays et, à l'état sauvage, se montre très farouche, tout le contrainte de cet individu curieux et sûrement, un peu gourmand.

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Plus sauvage, le sud du lac est aménagé sur plusieurs centaines de mettre. Contournant la zone humide composée d'une phragmitaie, d'une ripisylve et de champs humides, le sentier permet de découvrir la faune et la flore locales mais aussi les pratiques agricoles qui y sont associées. Bancs, oeuvres d'art, panneaux et pontons sont tout autant de moyens pour permettre la sensibilisation du public aux enjeux environnementaux.

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C'est l'occasion d'avoir un autre regard sur ce lieu que je fréquente depuis ma petite enfance et qui pourtant, ne m'est pas aussi familier que j'aurai pu le penser. Accompagnée de mon bien aimé et pour l'occasion, photographe, j'ai pu percer quelques uns des secrets de ce site sans pour entendre les cloches de l'église engloutie retentir.

DSC08875Autre département, autre lac. Nous voilà en Savoie, au lac d'Aiguebelette qui a été le lieu de tout mes étés et de mes premiers émois de lycéenne, il y a un peu plus de 10 ans de ça. Il est connu pour être l'un des plus profonds de France mais aussi, l'un des plus chauds. Il est d'ailleur celui d'Europe qui se réchauffe le plus rapidement. Avec ses 5,45km² et ses 71 m-tres de fond, il offre de nombreuses plages pour les baigneurs mais aussi, des aires de tranquillité pour la faune, rendues incessibles par l'installation de barrières et de piquets. Il est le 7e plus grand lac de France mais est la première réserve naturelle régionnale d'eau douce du pays. C'est aussi un espace interdit à toute circulation de bateau motorisé et cela, depuis plus de 50 ans, ce qui garantie en partie la qualité de son eau et la tranquillité nécessaire aux animaux.

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Une réserve naturelle régionale est une aire de protection de la faune, de la flore, des services écosystémiques et des milieux crée et gérée par la région qui peut déléguer son pouvoir de gestion à une structure de son choix, bien souvent une association environnementale, un CEN, un CBN ou une association locale. Cet outil est à la fois un outils de protection mais aussi, de valorisation du territoire que cela soit pour le tourisme, le bien être de la population, ou le maintient d'éléments naturels garantissant la pérennité des services : filtration de l'eau, limitation des crues et inondations, accès à une source d'eau en cas de sécheresse... la liste est longue.

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Comme sur terre, le milieu aquatique est préservé des intrusion humaines. En quelques chiffres, les réserves naturelles régionales couvrent 39 581 ha et sont au nombre de 172. Leur statut perdure pendant 10 ans et peut être renouveler autant de fois que cela est jugé nécessaire. Une aire peut perdre ce statut pour des raisons économiques mais également, parce qu'i lest jugée qu'elle ne craint plus de disparaître ou d'être dégradée.

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Posés au milieu de l'eau, une troupe de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) fait face aux premières gouttes de pluie naissantes et qui ne tarderont pas à devenir de gros flocons. Mal-aimés, ces oiseaux sont essentiels au bon fonctionnement de nos lacs, bords de mer et rivières. De récentes études en Allemagne ont révélé que les poissons qu'ils consommaient n'étaient pas ceux pêchés par les hommes, faisant tomber l'argument de la concurence pour les ressources. Reste le problème des élevages piscicoles et des dégâts qui y sont occasionnés par les cormorans. Néanmoins, les abattages massifs ce sont révélés contre-productifs dans cette situation et n'ont réussi qu'à affaiblir cette population. Protégé, le grand cormoran pourrait être de nouveau soumit aux tirs.

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Changement de paysage ! Voilà le Rhône. Le temps d'une journée, Thomas a pu échappé à l'insupportable grisaille de Lyon pour découvrir la Savoie et la Haute-Savoie sous la neige. D'ordinaire, c'est un fleuve sage, bétonné de part en part et entouré de hauts immeubles dont nous perçevons les pointes depuis notre fenêtre. Ici il prend un aspect bien plus sauvage, en particulier quand il a son blanc manteau et que son eau se fait turquoise. Bien que ce tronçon soit situé en montagne, on trouve une grande variété d'oiseaux sur ses rives et les hautes falaises qui le dominent.

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Les choucas des tours (Coloeus monedula) l'ont bien compris, le temps n'est pas à la sortie. Accrochés aux parois rocheuses, ils attendent patiemment que la météo s'appaise. C'est le plus petit des corvidés que l'on trouve en France métropolitaine. On le rencontre aussi bien en milieu naturel que dans les édifices des villes, en particulier dans les clochers ou les allées boisées. C'est un animal sociable qui est fidèle à vie à son partenaire.

DSC08921Tout en suivant le fleuve, on fini par arriver à l'un des plus beaux lacs de France, celui du Bourget. Avec plus de 44,5km², c'est le deuxième plus grand lac issu d'un glacier présent en France. Vieux de 19 000 ans, il est un havre de paix pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux pendant la période de migration. En rencontre dans ses eaux beaucoup de poissons dont certains en sont endémiques. Cette biodiversité riche a conduit les autorités françaises et européennes à classer le lac comme site Ramsar il y a 15 ans, c'est à dire la signature d'uen convention visant à préserver les zones humides remarquables, à y limiter l'action humaine, à conserver les ressources, à former et sensibiliser à leur sujet et à réaliser un travail scientifique sur celles-ci, en particulier à travers l'échange international. L'objectif étant de préserver les populations d'oiseau d'eau qui sont depuis 50 ans gravement menacées.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est un oiseau aux moeurs fascinantes. Il s'agit ici d'un adulte n'ayant pas encore son plumage nuptiale, ses joues n'étant pas rouge-orangées. On le différencie d'un juvénile à l'absence de rayures noires sur son cou et sa tête. Les adultes effectuent des danses et d'offrent des algues pour se séduire. Les couples se forment pendant l'hiver et la nidification intervient entre mars et début juin dans la végétation.

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Les oiseaux ne sont pas timides. Sur les berges enneigés, ils ne sont pas inquiets de voir passer les promeneurs qui sont parfois équipés de skis. Les alouettes (Alaudidae) sont nombreuses à y chercher leur nourriture. À la bonne votre pour déterminer leur nom ! Rien ne ressemble plus à une alouette qu'une autre alouette et avec les trois espèces présentes sur le territoire à cette période de l'année, la marge d'erreur est grande.

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La neige s'est emparée d'Annecy. La ville est superbe, les rues sont désertes et le bruit feutré de la neige donnent une atmosphère toute particulière à cette ballade. Le lac du même est un peu plus petit que le Bourget et un peu moins vieux (entre 17 et 15 000 ans) et bien que possédant une biodiversité remarquable, écologiquement parlant, c'est assez délicat. En effet, pas moins de 45 à 60 % des populations d'oiseaux y ont disparu depuis la fin des années 1990 selon les associations ce qui ne laisse présager rien de bon pour les années à venir.

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Le harle bièvre (Mergus merganser) figure parmi les oiseaux les plus impactés sur le lac d'Annecy, avec une baisse de son effectif de de 65 %. C'est un gros canard au bec crochu pouvant faire plus d'1,5 kg. Le dimorphisme sexuel est marqué : le mâle à une tête vert sombre, celle de la femelle est entièrement rousse. On le rencontre surtout dans le nord Est de la France et n'est nicheur dans le pays qu'au niveau des Alpes dans les roselières.

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Il a fait très fois et les eaux sont glacées. On voit ça et la des bloques de glaces flotter, tels des icebergs. Les embarcations attendent gentiment les beaux jours. Une multitude de bases nautiques ceinturent le lac, faisant de celui-ci un des plus grands sites dédiés aux sports aquatiques d'Europe.

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Dix-sept espèces de poissons peuvent y être pêchées. En raison des pollutions, certaines ne peuvent l'être qu'au titre de la pêche sportive tel que l'omble chevalier (Salvelinus alpinus). Rechercher des pêcheurs, il prend une teinte orangée sous le ventre en période de reproduction. Comme la plupart des salmonidés auxquels il appartient, sa mâchoire s'alonge et son corps s'aippaissit pendant le frayage.

La disposition des quais permet d'approcher la faune. Cependant les animaux ont souvent une préférence marquée pour les eaux calmes, dans les zones d'amarage des bateaux où leur sommeil n'est pas perturbé.

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Une bande de fuligules s'est formée sur une aire de nage. Elle se compose de fuligules morillons (Aythya fuligula) au plumage noir et blanc, avec une petite huppe sur la tête, et de fuligules milouins  (Aythya ferina) aux ailes grises, au croupion noir et à la tête rouge. La population de ces deux espèces diminue drastiquement sur le lac d'Annecy, en raison de la hausse de la température, de l'activité humaine et de la raréfaction de leur milieu.

DSC09108La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) tient son nom de son cri aigü. Chez les adultes aptes à se reproduire, la tête est entièrement noire, mais uniquement en période des amours. On peut en voir de grands peuplements que cela soit dans les estuaires, les bords de mer, le long des fleuves ou les lacs.

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Dans la zone humide aménagée, on peut apercevoir de nombreux oiseaux. Bordant la ripsylve, une digue de bois sert de reposoir aux grands cormorans. L'été, dans les phragmites (Phragmites australis), on rencontre parfois un petit oiseau insectivore du même nom : le phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola).

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Le merle noire (Turdus merula) est un oiseau commun de nos jardins. Ce mâle que l'on reconnaît à son plumage noir et à son bec jaune, semble bien gros. Face au froid il gonfle son plumage pour mieux isoler son corps, ce qui le fait paraître plus gros qu'il n'est. À cette période de l'année il se régale de baies hivernales comme le lierre.

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Il est temps de revenir au bercail, nous voilà donc dans le Rhône, à l'Île de la Table Ronde. J'avais en tête d'aller voir l'évolution de l'ail des ours (Allium ursinum), et le cas échéant, dans récolter quelques brins. Hélas, il n'est encore que trop peu développée et j'ai du me rabattre sur celui qui pousse dans les coteaux de Seyssuel et qui commence à présenter quelques boutons floraux. Face à l'observatoire, un couple de cygnes tuberculés (Cygnus olor) entame sa parade nuptiale. C'est une danse langoureuse où leurs cous forment de temps à autre un coeur.

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Parmi la végétation se cachent de petits oiseaux. Sans longue vue, difficile de les identifier. Pouillot véloce (Phykkoscopus collybita), bouscarde de Cetti (Cettia cetti) ou locustelle luscinoïdes (Locustella luscinioides) revenue trop tôt de migration, voilà trois candidats qui pourraient correspondre à l'oiseau de cette photo. Mais avant d'identifier la bête, la voyez-vous dans le décor, parmi les tiges brunies et défraîchies ?

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D'une traite nous filons à l'Île du Beurre et de la Chèvre. Arrivée sur place nous tombons nez à nez avec deux martins pêcheurs d'Europe (Alcedo atthis) en plein duel. Rapide, ils n'ont pu être imprimés sur la lentille de l'appareil photo. Si l'île du Beurre est un espace protégé du Rhône où il n'est ni possible de s'aventurer, ni possible de récolter de plantes sauvages, il n'en est pas de même pour l'île de la Chèvre. Cultivée en grande partie, de nombreuses adventices poussent sur ses abords. Il faut alors bien prendre garde à ne pas les prélever dans des secteurs traités. Dans le panier, une grosse poignée de rosettes d'onagre bisanuelle (Oenothera biennis). Leur racine piquante peut être cuisinée comme un légume ancien : en vapeur, bouillie ou en gratin. Petite déception cependant, bien que ce ne soit que les spécimens soient très jeunes et n'aient jamais connu de floraison, ils se sont avérés trop épicés pour être consommés tels quels et ont demandé d'être préparés tel un accompagnement plus classique : pommes de terre, carottes, persil et oignons.

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Si l'île du Beurre est si connue, c'est en partie la via Rhôna, la piste cyclable qui suit le Rhône de sa source jusqu'à ce qu'il se jette dans la mer. Cependant il ne faut pas en oublier la série de palissades et d'affûts qui attire un public familiale. Parmi les attratction, une héronière à la quelle on peut accèder par un observatoire vitrée et qui en est séparé par une lône, un bras mort du Rhône. Pas moins d'une soixantaine de couples de hérons cendrés (Ardea cinerea) nifdifient ici. Ces oiseaux ont pour habitude de se réunnir pour pondre et pour élever leurs petits.

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L'avantage de la vie est groupe, c'est qu'il y a toujours un adulte dans le coin pour donner l'alarme.

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Un couple de cygnes tuberculés a élu domicile dans la lône. Grands cormorans et canards colverts s'y croisent aussi. Et puis il y a le castor d'Europe (Castor fiber). Deux familles y ont élu domicile au Sud de l'île. Nocturnes, les membres qui la composent ne s'observent que rarement, dans leur vadrouille au clair de lune. Avec l'arrivé des beaux jours ils s'aventurent de nouveau dans la ripisylve pour mettre à terre les arbres dont il se nourrit.

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Fin du périple, nous voilà au barrage de Vienne. Construit en aval de la ville pour que le niveau du Rhône soit similaire à celui de la ville de Vienne, il est un endroit prisé pour observer la faune. Que cela soit sur le fleuve ou son contre-canal, les amateurs de naturalisme peuvent se régaler en observant des castors, des ragondins, des colverts, des filigules en tout genre, des pies, des grands cormorans, des mouettes rieuses, des goélands leucophés, des hérons cendrés, des martins pêcheurs ou encore, des hérons bihoreaux. Et puis il y a la découverte, avec l'observation que nous faisons pour la première fois de canards chipeaux (Anas strepera). Communs mais timides, les mâles de cette espèce présentent un plumage cendré. Les cannes sont proches des cannes de colvert et il est difficile de les distinguer de ces dernières. De plus leur écologie est très similaire. Néanmoins, il est partiellement migrateur et niche plus rarement en France.

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mercredi 21 février 2018

Sortie en campagne 8.

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C'est l'hiver. Le temps est gris mais de nombreux oiseaux sont de sortie. On prend son mal en patience devant la grisaille, on dessine, on boit des chocolats chauds devant la télé et le feu de la cheminée, on attend avec espoir l'arrivée des premières fleurs. Pour tromper l'ennuie, on les traces sur papier, en se disant qu'elles seront vite là. Enfin, elles arrivent. Perces-neige, narcisses, nivéoles d'hiver, violettes odorantes, primevères acaules ... tout autant d'espèces qui s'accomodent du froid et qui présentent leurs premiers pétales. Et puis on s'inspire de la nature, on se dit qu'à défaut d'en avoir dans son chez soi, on la reproduit par morceaux.

J'ai repris les crayons, ça faisait longtemps. Un gros-bec casse-noyaux et une mésange charbonnière dans un cadre, quelques perces-neige, de trois coups de tampon sur des papiers colorés et puis retour aux d'études.

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C'est aussi le moment de terminer les illustrations en retard, celles qui ont débuté à l'automne avec l'abondance des courges et daturas dans le jardin et, qui ont été abandonnées aux premiers grands froids de l'hiver.

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Et puis il y a les oiseaux, ceux qui viennent manger les graines du "père", déposé devant la fenêtre de la maison familiale. Il y a bien ou deux chats gourmands qui les lorgnent depuis le rebord mais les mangeoires leurs restent inaccessibles. Et quand bien même ils arrivent à les atteindre, la vue dégagée ne leur permet pas d'atteindre leurs proies à plumes qui peuvent se repraîtrent tranquillement. 

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Le gros bec casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) est un oiseau farouche au plumage coloré. Son bec massif et sa mâchoire musclée qui lui donnent cet air massif lui permettent de broyer les noyaux des fruits pour se nourrir de leurs amandes. Griottes, cerises, cormes ou amandes, rien ne lui résiste. Fait surprenant, la couleur de ses pattes dépend de la période de l'année. Celles-ci deviennent rose-corail au printemps. À voir l'individu de la photo, il ne devrait donc pas tarder. 

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Bien qu'il soit difficile à observer, il est souvent présent dans les vergers et les grands jardins. On le rencontre aussi dans les forêts de feuillus. La plupart du temps il stationne dans les sommités des arbres, toujours très haut perché. Cependant, on peut le croiser au sol quand il se nourrir des fruits tombés, surtout après les grands vents chauds que l'on rencontre à la fin de l'été. Cependant, il ne dédaigne pas manger quelques insectes, en particulier au printemps où ils compose l'essentiel de son régime alimentaire.

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Le tarin des aulnes (Spinus spinus) peut facilement se confondre avec un serin cini (Serinus  serinus). Il s'en différencie par la calotte noire sur la tête du mâle, des joues beaucoup moins grisées et son régime de plumes sur les ailes formant des barres noires et jaunes.

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L'hiver il quitte les forêts pour rejoindre les ripisylves (d'où son nom de tarrin des aulnes, en référence à cet arbre qu'y aime ce type de milieu) et les mangeoires des habitations à la recherche de graines, son alimentation principale. Il n'est pas rare de le voir se déplacer à cette période de l'année avec d'autres passereaux, en particulier avec les chardonnerets élégants.

DSC08680Le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) est un oiseau facilement identifiable à son maque rouge qui lui cerne l'avant de la tête et qui permet aux plus aguerris de différencier les mâles des femelles. Chez les premiers, la tâche rouge déborde sur l'arrière de l'oeil, tandis que chez les secondes, elle s'arrête très exactement au niveau de l'oeil. 

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Il fréquente les bois, les lisères et les zones de régénérescence forestière. On le croise aussi dans les taillis des tourbières où il prend plaisir à dévorer les graines des cardères sauvages (Dipsacus fullonum).

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La mésange noire (Periparus ater) ressemble par bien des aspects à la mésange charbonnière (Parus major). Néanmoins, elle n'en a pas le plastron noir sur le poitrail ni les couleurs éclatantes. C'est une espèce forestière et montagnarde qui aime s'installer dans les conifères.

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Elle est timide mais n'évite pas pour autant les jardins, on peut l'entendre au printemps. Comme la plupart des mésanges elle possède un régime alimentaire ubiquiste, c'est à dire qui est composé d'une grande diversité d'aliments : insectes, baies, graines, petits mollusques, bourgeons et aiguilles d'arbres. C'est un très bon auxiliaire au jardin mais aussi en arboriculture car elle consomme la plupart des ravageurs. Posséder un bosquet de résineux (épicéas, pins, sapins) permet de l'acceuillir chez soi ou sur son exploitation et de profiter de son action bénéfique sur les productions. Peu difficile, elle niche aussi bien dans les cavités des arbres, entre les racines, dans les terriers de rongeurs, dans les murs ou les failles de la roche.

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La mésange bleue (Cyanistes caeruleus) est reconnaissable à sa calotte bleutée et à son oeil barré de noir. Elle apprécie les forêts de feuillus, en particulier celles de chênes. Il n'est pas rare de la voir cohabiter avec sa cousine la mésange charbonnière. Cependant elle se rencontre dans une grande diversité d'habitats et peut monter haut en altitude.

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Ces mésanges charbonnières (Parus major) ont un comportement typique de leur espèce. Elles se déplacent en bande, chassent les autres oiseaux qui s'apporchent d'un peu trop près des ressources quand leur nombre leur permet.

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Outre les mésanges, on peut rencontrer des pinsons comme ce pinson du nord (Fringilla montifringilla). C'est un oiseau superbe présentant un poitrail orange. Le mâle possède une calotte noire qui permet de le reconnaître au premier coup d'oeil. Ci-dessous de photos permettant de faire la distinction des adultes des deux sexes par leur dimorphisme.

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C'est un oiseau migrateur qui quitte le grand nord pour passer l'hiver dans nos hêtraies et qui parfois se montre à nos fenêtres. Les forêts de Chartreuse étant principalement composées de hêtraies -sapinières, il n'y ait pas rare de le rencontrer à cette période de l'année. En vol on le reconnaît à son croupion blanc, bien visible quand on l'observe depuis le plancher des vaches. Auprès des mangeoires on le voit peu souvent seul, très souvent il est accompagné de bruants, de moineaux et de pinsons des arbres.

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Le pinson des arbres (Fringilla coelebs) est un pinson qui s'observe toute l'année dans nos forêts. Comme souvent chez les passereaux, le mâle est très coloré alors que la femelle est plus discrète. Il fait preuve d'une forte adaptabilité et peut aussi bien se trouver en forêt que dans les parcs et les périphéries des grandes agglomérations.

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Très sociable, il ne devient territorial que lorsque la période de reproduction approche. Les couples se forment alors et s'éloignent du groupe qu'ils réintégrons après l'envol des petits. Il faut savoir que les mâles se réunissent ensembles de leur côté, que cela soit pour se nourrir ou migrer, tandis que les femelles se rapprochent des unes et des autres avec les jeunes qui ne sont pas encore en âge de se reproduire. Si ce comportement est commun chez les grands mammifères (éléphants, bouquetins, cerfs, baleines ...), il est relativement peu courant chez les oiseaux.

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Parmi les oiseaux rois au jardin, il faut compter sur sur le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula). Solitaire et territorial, il n'hésite pas à chasser les autres passereaux de son air de nourrissage. Migrateur, il cède le temps de l'hiver son territoire à des individus de la même espèce plus nordiques. Pour arriver à ses fins, il présente son plastron coloré, s'agite et ouvre les ailes afin d'intimider ses adversaires. Discret, il ne migre que de nuit et cache avec habilité son id dans des cavités.

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Il faut être bien patient pour observer au petit matin les rouges-gorges fraîchement arrivés de leur périple nocturne. Bien que robuste, il n'est pas un habitué des vols longues distance, passant la plupart de sa vie dans les milieux forestiers, boisés et dans les jardins arborés. En cette période de disette, il s'approche des fenêtres à la recherche de nourriture. Incapable de se nourrir sur les boules de graisse, il préfère les graines de tournesol. Attention ! Jamais de pain pour les oiseaux, celui-ci n'étant pas assimilable pour ces derniers, ils en meurent bien souvent après une consommation prolongée.

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Lors d'une promenade tardive, nous tombons à quelques pas de la maison sur cette harde de chevreuils (Capreolus capreolus). Peu inquiétées par notre présence, les 4 femelles qui la composent broutent tranquillement, la chasse étant passée et la présence du loup n'étant plus établie dans le secteur depuis quelques années. La nuit tombant, nous faisons demi-tour, les laissant paître tranquillement. à la lisière de la forêt.

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Le soir tombe et le gel arrive, il est temps de rentrer. Au revoir la Chartreuse, bonjour Lyon. Les cours reprennent, il faut être au rendez-vous. Plus que quelques mois à travailler d'arrache pied et le saint Graal sera à nous. En attendant, c'est le nez plongé dans les cahiers de cours, entre deux sorties de la LPO, que j'attends avec impatience le printemps. Déjà la récolte de l'ail des ours s'organise en vue de l'arrivée de mars.

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Ma revue de presse.

Janvier 2018

Quel plaisir ! Pour le hors série de janvier du magasine "Les 4 saisons au jardin bio", j'ai eu la chance avec mon camarade Sébastien de particper et d'apparaître dans l'un des articles. Vous pourrez y trouver mes photos et quelques lignes sur notre participation aux activitées du centre. C'est aussi l'occasion d'avoir les meilleurs infos pour jardiner tout au long de l'année en fonction des saisons, du temps et des éléments.

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Octobre 2017

J'ai eu la chance, cet été, de réaliser mon stage d'étude au sein du centre écologique de Terre Vivante, référence historique dans l'écologie pratique et du quotidien. M'y revoilà pour quelques semaines et c'est avec beaucoup de joie, de surprise et de fierté que je peux vous présenter cette page du magazine "Les 4 saisons du jardin bio", tenu par la structure, où figure une de mes photos prises en juillet de cette année sur le centre. Il s'agit de deux lézards verts mâles. Pour moi, c'est l'une des plus belles réccompenses que je pouvais avoir. Merci !

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Mai 2016

Il y a quelques temps un super journaliste du nom de Gérard Houdou m'a contacté pour me poser quelques questions sur la manière dont je voyais et récoltais les girolles. Il en résulte un bel article dans le Chasseur Français où vous pouvez retrouver l'avis de deux autres fanas de girolles en plus de ma p'tite tête. Rendez-vous à la page 78.

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Parce que de temps à autre ça fait du bien de se faire mousser un peu, voici la liste des messages qui ont été désignés coups de coeurs par des sites web et/ou qui ont eu le droit à leur heure de gloire depuis 2013. 

 

Sur Madmagz:

L'interview.

http://blog.madmagz.com/fr/interview-de-chloe-laffay-une-redactrice-de-magazine-madmagz

La Renarde des Alpes Revue.

http://blog.madmagz.com/fr/creer-un-magazine-sur-la-nature-la-renarde-des-alpes 

 

 

dimanche 28 janvier 2018

En Chantier au Pilat

DSC04347Le début d'année fut bien chargé ! C'est le lancement de la grande ligne pour les fins d'études et la charge de travail c'est considérablement alourdie. Loin de l'image que l'on a parfois des BAC +2, le BTS GPN n'est pas une formation au rabais comme aime le dire certains. Elle demande un véritable travail sur la durée et beaucoup d'investissement. Le niveau n'est peut être plus celui de la formation d'il y a 10 ans, mais reste à mon sens relativement complète, hormis si l'on souhaite s'orienter dans des disciplines scientifiques tellse que celles d'écologue ou d'ingénieur des milieux ruraux.

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Parmi nos épreuves formatives (nommées CCF), celle de la conduite d'un chantier. Passant mon examen l'après midi, j'ai pu prendre le temps de découvrir les abords du site le matin même et de revenir sur nos anciens chantiers pour découvrir l'évolution de ceux-ci. Récents, l'observation de nos actions n'est pas encore visible. En environnement, il faut bien souvent se montrer patient avant que les interventions portent leurs fruits.

DSC04097Le paysage est un peu gris, les fougères présentent une grande gamme de couleurs et les feuilles commencent à quitter leurs branches. Néanmoins il faudra attendre cet hiver pour voir les boulots, les chênes et les cerisiers complètement nus, chose qui pourrait se précipiter avec les pluies abondantes et les vents forts.

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Dans la mousse, sous les rondins de bois, dans les taillis ... ce sont tout autant de micro-habitats propices aux champignons. Nombre d'entre-eux sont inféodés aux chênes, essence qui présente en Europe l'un des plus grand cortège de mycorhizes. C'est une bonne occasion de partir en prospection et de ramener de quoi se faire plaisir.

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Les amanites tue-mouches (Amanita muscaria) partagent le même biotope que les cèpes de Bordeau, cela laisse songeur. Hélas nous n'en verrons pas la queue d'un, tout au plus celles d'une bonne dizaine de bolets baies (Imleria badia) avec les quels j'ai pu me régaler le soir venu.

DSC04142En farfouillant dans les fougères je suis tombée sur une friche dense, relique d'une ancienne cédraie dont les arbres ont été abattus semble-t-il y a 4 ou 5 ans. Le milieu est idéal pour observer les espèces pionnières, c'est à dire celles qui s'approprient espace mit à nu les premières. C'est aussi un site parfait pour observer les champignons lignicoles qui se nourrissent des restent de racines des cèdres abattus.

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Parmi les espèces que l'on retrouve, on peut citer le polypore marginé (Fomitopsis pinicola). Inféodé aux conifères, il se reconnaît aisément de par sa marge rouge-orangée. Il contribue à la dégradation du bois mort et à l'enrichissement du sol. Il est aussi un refuge pour certaines espèces d'insectes qui ne vivent que dans celui-ci.

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Retour au chantier. Les tronçonneuses sont prêtes. L'objectif est de réouvrir un milieu qui s'est refermé suite à l'abandon des patures et à la plantation d'essences forestières comme le châtaignier, le sapin blanc et le chêne d'Amérique. Un troupeau de chèvres a pour mission de de garder le pet du loup en l'état.

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La tramète rougissante (Daedaleopsis confragosa) se plaît à la lisière du bois. Elle apprécie tout particulièrement les arbres mourants tels le saule et le boulot, ce dernier étant abondant. Cette espèce a besoin d'humidité pour se développer d'où sa présence sous les couverts humides et les bords de rivière.

DSC04238Le polypore du bouleau (Piptoporus betulinus) ne pousse que sur les arbres du même nom. Bien que non comestible, il fut très utilisé. Employé pour affûter les lames des rasoirs des barbiers, il sert de vermifuge en médecine populaire, en particulier pour le bétail. C'est pour soigner sa trichinose, une maladie due à la présence d'un ver parasite dans les muscles, qu'Ötzi la célèbre momie alpine en portait autour du cou.

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Fini de flâner, c'est à mon tour de passer. Le temps de l'examen je me suis transformée en chef d'équipe et pour ceux qui me connaissent, ils peuvent sans mal s'imaginer à quelle point j'ai pris plaisir à répondre à la tâche (ce n'est pas pour rien que mes frangins me nommait "la reine-mère"). Depuis les résultats sont tombés, et je 'ne suis pas peu fière. J'ai tranquillement repris le chemin de la salle de cours, en attendant les prochaines épreuves.

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dimanche 31 décembre 2017

Fin d'automne au pied du Ventoux.

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DSC02620Voilà une fin d'automne qui se fait fraîche. La brume monte de la vallée du Ventoux, les cimes en sont toutes humides et nous, nous tremblons dans nos manteaux, la goutte au nez. Parmi les grandes cèdres de l'Atlas et les volutes des clématites des haies (Clematis vitalba), les oiseaux se font discrets. D'ordinaire bavards après la pluie, l'atmosphère portant alors loin leurs chants, ils se sont tus. L'ambiance dans la forêt en devient pour lourde et plus mystérieuse, le silence n'étant troublé que par nos pas maladroits sur la mousse gorgée d'eau et la résistance de nos semelles au contact de la terre lourde et collante des sentiers forestiers. Nous ne feront qu'un rapide détour par le bois, le champ de course et les champs de lavande. Le temps est à la fête, aux retravailles en famille et au partage. Repas gargantuesques et gâteaux sucrés sont à l'honneur.

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Plus de champignons, pas même la queue d'un bolet baie (Imleria badia), qui à la fin de l'année ont fait notre bonheur dans l'assiette. Peu voire non ramassé, ce dernier est délicieux. Débarrassé de son pied puis émincé, il est revenu dans un peu de beurre puis de crème avec une fricassée de persil et d'oignon. Un véritable régale.

DSC02679En arrivant aux pieds du village de Sault, nous assistons à un drôle de spectacle. Des dizaines et des dizaines d'escargots sont réunis au pied d'un des murs de l'entrée. Sans doutes sont-ils venus se délecter de la chaux et des débris de calcaire, riches en minéraux essentiels à la constitution de leur coquille. Parmi ceux-ci ont rencontre l'escargot de Person (Zonites algirus), une grande espèce méditerranéenne qui se nourrit de déjections et d'animaux morts, d'où sa présence régulière sur les bords de routes et le long des trottoirs des villes.

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L'escargot turc (Helix lucorum) est une espèce originaire des Balkans et de Turquie. De très grande taille, sa progression sur le territoire français est importante. On le rencontre dans les cédraies, le long des murets, dans les haies champêtres et parfois sur les berges peu inondées. On peut le consommer comme l'escargot de Bourgogne dont il est un proche cousin. Il est friand des feuilles de mûrier blanc et supporte l'élevage intensif.

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Le village est calme, pas un chat ne le traverse. Fort animé l'été, il devient plus paisible aux premiers froids. Les petits restaurants du coin ferment, reste alors quelques boutiques traditionnelles pour se fournir en épiceries, en journaux et pour profiter des douceurs de la fabrique locale de nougat. On n'y trouve alors plus un brin de lavande.

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Tout est prêt pour passer à table, les gâteaux attendent dans la remise, les salades et les tranches fumantes de gigots se dressent dans les assiettes. Je vous souhaite à tous une très bonne fin d'année, on se retrouve en 2018 avec un peu plus de régularité et avec de nouvelles surprises et de gros projets que j'ai hâte de vous dévoiler.

dimanche 17 décembre 2017

Un blog à découvrir ! Être GPN : la nature au quotidien.

5Encore un blog oui mais pas n'importe lequel ! Je suis heureuse de vous présenter le blog des sorties que nous nous octroyons entre camarades GPN d'Agrotec mais pas que : GEMEAU, Terminales et 1er STAV, bts Paysagisme d'Ecully ... nous sommes désormais toute une bande à partir à la découverte du territoire.

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Vous y trouverez nos sorties nature, les conférences auxquelles nous participons, des fiches espèces sur les organismes qui nous passionnent, des reportages sur les forums et les manifestations où nous sommes présents et bien d'autres choses encore. Que vous soyez un amoureu de la nature, intéressé par le BTS GPN ou une formation similaire ou tout simplement, que vous voulez vous joindre à nous, n'hésitez pas à nous suivre et à nous contacter.

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Nous cherchons continuellement des ateliers à proposer, des chantiers et des actions à réaliser (récoltes de déchets, comptages et identifications d'espèces, détermination de milieux, organisation d'évenements ...). Bref, avec notre équipe de rédacteurs, de correcteurs mais aussi d'ornithologues, de botanistes, de gestionnaires et d'namateurs en devenir, on vous attend sur Être GPN : la nature au quotidien.

mercredi 13 décembre 2017

Montagnes et champignons.

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Retour pour le deuxième et dernier stage GPN, dans le cadre des études, toujours au sein du centre de Terre Vivante. Octobre s'y est montré doux, voire chaud et la fonge a littéralement séchée sur pied. Qu'à cela tienne ! Certaines espèces ont prit refuge dans les tapis de mousse, dans les ravines et au pied des bassins. Ci-dessous, la serre d'expérimentation et ses troncs mycorhizés, dans un charmant cadre forestier avant la chute des feuilles.

Le cadre de vie

Pour faire suite au premier article publié sur Terre Vivante et que vous pouvez retrouver en cliquant ICI, j'ai a coeur de vous présenter mon quotidien. Entre bons petits plats et forêt idélique, les yeux et le ventre voyagent.

DSC03325Ramassés quelques jours auparavant en Chartreuse, chez mes parents, ces cèpes de Bordeaux (Boletus edulis) ont terminé en omelette. Dégustée face aux montagne devant la maison bleue, ils se sont révélés savoureux. Ces moments de repas partagés figurent parmi ceux que je préfère. C'est que nous n'avons pas chômé ! Avec mon camarade Sébastien, également en stage avec moi, nous avons pu nous initier au manger de nos montagnes. Creuziflète, burgers montagnards maisons, raclettes, Mont D'or au four ... le fromage a véritablement siégé avec nous à table

Une petite goutte de génépi local aide sans mal à faire passer tout ça, ce qui ne va pas s'en s'accompagner de l'augmentation de tout ce qui se situe au dessus des hanches. C'est aussi l'occasion de parler de la Fabrique du Trièves. Située à Mens, elle concentre la production des créateurs et producteurs locaux. Sirops d'aronia, bières locales (la Belette et la Tourniole), vêtements cousus mains, chocolats parfumés ... la liste est longue !

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Et puis il y a le paysage. De grandes montagnes vertes qui commencent à se couvrir de neige et dont, au fil des semaines, les arbres se sont brunis, passant du vert au brun avec toute une gamme de couleurs chatoyantes : jaune d'or, roux flamboyant et brun caramel pour finir couvert de temps à autre de blanc. Voici, ci-dessous, la compilation de cinq photos des montagnes Triévoises. Vous reconnaîtrez-peut être au passage le Grand Ferrad.

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DSC03543Ces clichés ont été en grande partie photographiés depuis chez l'ami Gérôme (avec un G et non un J). Habitant de Lalley, sa maison typique des habitations d'estives a été notre refuge. Devant le feu de bois ou dans le jardin aux milles oiseaux, nous avons pu profiter de la douceur du climat et de la nature environnante.

Terre Vivante et l'avancée du laboratoire

Plus d'orchidées sur le domaine, la saison étant trop avancée pour elles, même les dernières épipactis ont rendu l'âme. Cependant, il y a bien des nouveautés à voir, et pas des moindres. La maison d'édition s'est parée de ces couleurs d'automne, la salle du restaurant s'est vu équipée d'un grand puit de lumière et la marquarium est bientôt prête. Autant vous dire que la joyeuse équipe que forment Josselin et Maxime n'a pas chômée.

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Les premiers troncs mychoryzés sont apparus devant la serre de culture. Inoculés avec du mycélium, emmaillotés dans de la fibre végétale puis arrosés régulièrement, ils se couvriront dans quelques mois d'une multitude de champignons. Comestibles, médicinaux, esthétiques ou riches en propriétés techniques, leur culture n'est pas nouvelle. Réduite en Europe, elle est extrêmement courante en Asie. En France, c'est l'image de la culture de champignons de Paris dans les anciennes mines et carrières d'extraction qui domaine l'imaginaire populaire.

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Une des espèces les plus couramment cultivée en Europe est la pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus). Cette espèce est connue comme bon comestible et est souvent commercialisée à ces fins. Néanmoins, elle n'est pas qu'un met gastronomique. Ayant des propriétés techniques remarquables, son mycélium est utilisée dans la recherche pour développer les matériaux de demain. Chaussure, contre-plaqué, isolation, réseaux d'information, médecine, plastic, dépollution des sols ... le champ des possibles reste vaste. À savoir, ce champignon peut aussi se cultiver sur paille, sur marc de café ou sur coupeaux de bois.

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Et le centre alors ? Il suit son court avec une série de grands travaux et d'aménagements pour répondre aux besoins du public. Les visites se sont réduites mais les stagiaires et les scolaires sont encore nombreux.

DSC03618Nous avons même pu suivre tout une après-midi un groupe d'apprentis compteurs de talent. Interludes musicaux pour nous accompagner, déambulation dans les allées, arrêts devant les mares ... le temps s'arrête.

Commence alors celui des légendes et des histoires où tour à tour on s'évade dans un poulailler, on suit les aventure d'un petit pois, d'une vieille qui rencontre l'esrpit de la forêt ou encore, d'un bûcheron qui prend pitié d'un arbre et l'épargne, allant jusqu'à jeter sa hache dans la rivière toute proche. Retour après cet interlude poétique à la maison bleue. Nous croiserons une dernière fois nos conteurs autour d'un grand feu, tard le soir, pour une veillée aux portes de la forêt.

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Les jardins se sont couverts de fleurs mauves et blanches. Les asters tel l'aster amelle (Aster amellu) figurent par les espèces les plus communes dans les massifs de fin de saison. On la nomme également marguerite de Saint-Michel bien qu'elle n'en soit pas une. Elle se plaît dans les étages collinéens et montagnards.

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L'automne est bien là. Les récoltes s'accumule. Les courges s'accumulent dans les cagettes et les oignons viennent en guirlandes orner les murs de la cabane des jardiniers. Il est temps de passer aux cultures d'hiver et de printemps, de semer le couvert végétal, de laisser la terre au repos et de débuter les conserves au sucre.

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Au petit matin, la brume et les rayons timides du soleil accentuent la tranquillité du lieu. Paisibles, les oiseaux peu dérangés ces derniers temps ne se montrent pas farouches et vaquent à leurs occupations. Mésanges, rouges-gorges, grimpereaux et merles se promènent dans les chemins à al recherche de nourriture.

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Il y a un petit air de Québec qui se dégage du lieu. Bois lustrés et feuilles mortes font toujours bon ménage et ne vont pas sans évoquer les cabanes canadiennes. S'il y a bein eu quelques jours de fortes chaleurs, les gelées sont rapidements arrivées. Actuellement, Terre Vivante est couvert d'un énorme manteau de neige. Tritons, sonneurs à ventre jaune, grenouilles rousses et autres couleuvres sont sagement partient en hibernation.

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DSC03448Il est loin le temps des tee-shirts et débardeurs, désormais l'air frais nous fait sortir les pulls du placard.

Les champignons

Comment les oublier ? Pendant cette période, ils ont une place fondamentale dans notre travail. Création de formations sur le monde fongique, cueillette, expérimentations, cuisine, culture ... ils se sont exposés sous toutes leurs coutures. Reste alors le plus plaisant : les trouver, les ranger dans le panier et les identifier.

DSC02919Sanguins, lactaires saumons, lactaires délicieux, lactaires demi-sanguins, pinins, lactaires ... bien des noms qui désignent plusieurs espèces en fonction des régions. Dans le sud, le lactaire sanguin, c'est Lactarius sanguifluus alors qu'une Chartreuse, c'est le Lactarius deliciosus qui possède cette appellation réservée normalement au lactaire délicieux ... dur de s'y retrouver non ? Dans les grandes lignes, il faut retenir ces quelques principes pour les différencier : le sanguin pousse sous les pins, est rougeoyant et possède un lait rouge à la coupe. Le lactaire délicieux possède le même biotope mais est orange et son lait orange rougit au bout d'un moment. Alors dans mon panier ? qui est qui ? N'oubliosn pas aussi Lactarius salmonicolor, Lactarius semisanguifluus et Lactarius deterrimus très proches mais au goût et à la digestibilité variables.

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En vadrouille dans le bois, nous sommes tombés sur ces très beaux polypores du pin (Heterobasidion annosum). Ce champignon est un lignicole qui se nourrit de conifères et qui dans de nombreuses forêts de l'hémisphère nord de la planète, cause de lourdes pertes économiques à l'industrie forestière. Néanmoins, c'est un champignon est une formidable espèce qui commence à être étudié. Les exsudas de son carporphore visibles sur ces photos sont riches en antibiotiques et fongicides. Il semblerait que les abeilles sauvages viennent récolter ces substances pour soigner leurs colonies des épidémies et des ravageurs qui peuvent les toucher.

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Dans le coin aux amoureux, un énorme ama de pholiotes écailleuses (Pholiota squarrosa) ont prit place sur une vieille souche. Ce très piètre comestible, vu par certains par comme non comestible, aime les bois de feuillus, en particulier de fruitiers, manque de chance pour le verger tout proche. Son nom vient des méches brunes qui garnissent le chapeau aux teintes de miel et, qui peuvent plus ou moins disparaître avec l'âge.

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Voilà un champignon peu commun voire très rare. En essaie de culture au laboratoire, il pousse librement sur le domaine forestier. Il s'agît de l'hydne hérisson (Hericium erinaceus). Cette espèce est très employée en médecine populaire en Chine pour soigner divers troubles. Actuellement, la médecine moderne occidentale se penche sur ce champignon pour ses propriétés qui permettrait une grande avancée dans le soin et la lutte de certains cancers, pour la réparation osseuse et le traitement de certains types de troubles digestifs et reproducteurs. Il pousse sur les vieux troncs de feuillus, en particulier sur celui des chênes. Pour finir sur ce volet, trois petites photos de champignons que nous avons croisés quotidiennement.

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Sur ce dernier cliché il s'agit du clitocybe anisé (Clitocybe odora) à l'odeur d'anis comme l'indique son nom.

Nos voisins les champignons

Pendant ce stage nous n'étions pas seuls ! Un joyeux troupeau de moutons est venu nous tenir compagnie. Il a pour mission de tenir les milieux ouverts en l'état pour que ceux-ci ne se referment pas et gardent leur biodiversité.

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Quelques agneaux têtus appels leurs mères, ils ont faim ! Ils sont surveillés par un gros et beau molosse qui monte la garde. Dissipé, celui-ci a fait tout le tour du centre et est même parti un midi avec le repas des menuisiers, donnant de quoi rire de l'infortuné. Néanmoins il s'est assagi et a pris sa place auprès des bêlants. C'est sur cette présentation que l'article s'achève. Ci-dessous vous trouverez quelques photos des animaux. Au risque de me répéter, ce fût une superbe expérience ! Milel mercis à Helena et à tous ceux que j'ai pu croiser et qu'il me tarde de retrouver à nouveau autour d'une bonne bière. Vous retrouverez d'ici janvier quelques unes de nos photos dans le hors série du magasine "Les 4 saisons du jardin bio" édité par Terre Vivante et pour tout avouer, je n'en suis pas peu fière. D'ici là, à bientôt, je vous laisse avec les moutons, au coeur de la forêt Trièvoise, de ses montagnes, des sees prairies à milinie bleue et de ses champignons.

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samedi 9 décembre 2017

Le jardin de Gaston -

DSC00138La jardin de Gaston se compose d'un arboretum, d'un étang alimenté de jets d'eau, de volières et de pelouses rases sur les quelles on peut récolter une multitude de plumes. Il se situe sur la commune de Saint Martin de Crau dans les bouches du Rhône, commune connue pour sa flore de pelouses sèches nomée "coussoul". C'est un village ancien dont les premières traces remontent à la période néolitique.

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L'arboretum n'est pas très grand mais à le mérite de présenter une forte diversité d'espèces à travers un sentier qui tantôt est encadré par de grandes haies formées d'espèces locales, tantôt dans les vertes pelouses. Cet espace vert est un havre de paix pour de nombreux oiseaux qui attisent la convoitise des chats du quartier, attirés par la promesse d'un repas qui les sortiraient un peu de l'ordinaire. Néanmoins ils ne sont pas les seuls prédateurs. Dans les branches des arbres, un épervier d'Europe (Accipiter nisus) guette patiemment.

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Les volières présentent des espèces de basse-cour dites de collection. On y rencontre donc des paons blancs (Pavo albus), des faisans vénérés (Syrmaticus reevesii), des brahma (une très grosse espèce de poule (Galus galus)) ou encore des pigeons paons blancs (Columbina sp.), une très vieille race issue d'Inde et de Chine à l'origine. Ces derniers ont la chance de pouvoir voler librement et de prendre un repos bien mérité dans leur dortoir. De nombreux cygnes ont aussi le loisir de pouvoir se promener dans le parc en toute liberté.

DSC00129Le ragondin (Myocastor coypus) n'a pas toujours très bonne presse. Issu des fermes à fourrures, se gros rongeur nord-américain il s'est échappé pour s'installer peu à peu sur le territoire français. Gourmand, il cause des dégâts dans les cultures en bord de rivière, creuse les berges qui s'érodent, forme par endroit des bassins et est un des vecteurs de la leptospirose. Autant dire qu'il cumule les facteurs entraînant son mésamour. Dans certaines régions tel le marais Poitevin, il reste cependant très apprécié, en particulier en ragoûts.

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C'ets un animal inféodé aux milieux aquatiques, bon nageur, qui cohabite souvent avec d'autres espèces. Beaucoup piégé, il est parfois confondu avec une espèce protégée au comportement proche, le castor d'Europe (Castor fiber) qui dans certains secteurs possède mauvaise réputation. Pour les distinguer on retiendra que la castor à une queue plate et nage en laissant voir que  le bout de son nez alors que le ragondin a une queue fine et nage en laissant apparaître une grande partie de son corps.

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 Des oies et de blancs canards suivent le promeneur tout au long de sa marche. L'eau est fraîche mais limpide, permettant ainsi d'observer le ballet nautique des pattes et des plumes sous l'eau où, de temps à autre, viennent miroiter le reflet de centaines de petites écailles. Bien que peu visible, les poissons sont nombreux dans les bassins. L'occasion de programmer une prochaine sortie dans ce petit coin de paradis.

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lundi 27 novembre 2017

La nature en ville.

DSC02558La nature en ville, c'est un terme nouveau, né pour décrire quelque chose qui a toujours été là, près de nous, mais que nous n'avons pas toujours su voir. Le vivant sauvage, la plante non maîtrisée, l'oiseau qui s'intalle sous la fenêtre et l'animal dit nuisible font partis de cette nature en ville. Elle prend place dans le pied de lierre qui s'infiltre dans les jardins et court sur les murettes à recherche de lumière. C'est là, dans les interstices des pierres, que viennent prendre refuge les lézards de murailles et les chauves souris comme les pipistrelles, coupant court à à nos villes aseptisées.

DSC02567C'est aussi en ville que l'on remarque le plus la présence de belles étrangères, les espèces dites invasives ou EEE (espèces exogènes envahissantes). Les plantes à fleurs invasives égayent nos bords de routes, poussent souvent là où aucunes autres ne peuvent pousser en raison de la pollution et sont parfois des réserves de nourriture pour les animaux. Cependant, dans un même temps, leurs fortes capacités d'adaptation entraînent la disparition de notre faune et de notre flore et d'important dégâts pour notre santé, notre environnement et notre économie.

DSC02572Dans la formation de gestionnaire environnemental (via le BTS GPN), la nature en ville est une question de plus en plus présente. Comment favoriser la nature dans la ville ? Comment la faire connaître ? Comment concilier celle-ci avec notre mode de vie et nos infrastructures ? Comment la préserver ? Quelle gestion et quelles mesures pour les EEE ? C'est là que se trouve une partie des grands enjeux auxquels les gestionnaires sont amenés à trouver des solutions, d'autant plus que la demande de naturalité dans nos ville se fait de plus en plus grande.