vendredi 11 septembre 2020

Le forum Mycélium : la 4e édition est lancée !

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LA 4e EDITION EST LÀ

Chaque année et cela depuis 4 ans, c'est mon grand rendez-vous : le forum Mycélium ! Non seulement j'y retrouve de nombreux amis, mais en plus, j'ai le plaisir d'y participer. Cette année ce sera de loin en soutient logisitique. Mais pas de panique, cette année le forum ce dématerialise, crise sanitaire oblige. Je vous invite de ce fait à sortir votre agenda pour bloquer les dates du 9/10 au 12/10 !

Au programmedes conférences, des expositions, des ateliers et des sorties nature.

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Photo de Joseph Bartolome et logo de l'association.

LES CONFERENCES
Compte tenu du contexte très particulier auquel nous sommes confrontés, nous avons dû prendre avec regret la décision de faire les conférences sans public physique. Toutes les conférences seront donc virtuelles. Cela reste néanmoins une chance pour tous ceux qui n’ont pas la possibilité de nous rejoindre à Saint-André-en-Vivarais et nous permet de faire intervenir des conférenciers qui n’avaient pas la possibilité de se libérer pour venir nous voir.

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Photos de l'édition 2018-2019.

Ces conférences seront en visio-conférence par zoom pour les adhérents et en live stream pour les non-adhérents. Nous vous donnerons les modalités / canaux de diffusion prochainement.
Une fois de plus, nous allons vous proposez une programmation des plus exigeantes, que ce soit par le niveau des intervenants qui nous font l’honneur d’être là mais aussi par la multiplicité et la diversité des sujets qui seront abordés. De tout cela, vous serez informés au fil des jours et semaines à venir.
Si la Covid et la technique nous le permettent, nous proposerons sur place, dans la salle Louis Pize de Saint-André-en-Vivarais, un accès en visio aux conférences.

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Récolte de girolles en 2017 en Isère.

LES EXPOSITIONS ET LES SORTIES NATURES
Nous avons prévu cette année 2 lieux d'exposition. En plus de l'exposition qui se tiendra à l'endroit habituel, et qui nous l’espérons, permettra de présenter comme chaque année plus de 350 espèces, nous installerons une exposition en plein air avec un sentier pédagogique. Le but de cette seconde exposition est de proposer des sorties natures avec différents animateurs, sur des thématiques qui leurs sont chères à chacun, de partager avec vous leur connaissance et leur passion. Ces sorties seront organisées pendant la journée. Elles seront gratuites pour les adhérents et coûteront 8 euros pour les plus de 14ans.

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Récolte de cèpes 2019 en Isère.

Comme les années précédentes, vous retrouverez dans la salle Louis Pize l'atelier photo de Joseph Bartolome, la microscopie, la buvette, l'espace adhésion, la vente d'affiche et de livres, etc. Toute l'équipe est convaincue que si cette forme n'est pas nécessairement des plus confortables pour tous, elle va nous permettre de maintenir notre activité plutôt que de faire une année blanche. Elle va surtout nous permettre d'assurer la 1ère mission de l'association qui est le partage de cette connaissance avec le plus grand nombre.

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Récolte de truffes d'été en 2015 en Isère.

En attendant, les 2 sorties prévues le 20/09 avec Damien Duverger et le 4/10 avec Hervé Cochini sont maintenues.
Comptant sur vous et votre soutien !
Amycologiquement
Et pour découvrir notre association le Mycorium Sauvage :
Le site internet du Mycorium
Le facebook de l'association ICI


vendredi 4 septembre 2020

Sortie dans les marais 22 : une journée au bord de l'eau.

DSCN5271Nous sommes mi-juillet. La chaleur commence à se faire ressentir. Pas de maillots de bain pour nous cette année. Nous décidons plutôt de partir en vadrouille, et cela à plusieurs reprises en début de soirée, quand le soleil brille encore, pour observer les animaux à la fraîche. Nous longeons les rives du vieux Rhône, du barage de Pierre Bénite à celui de Vienne, explorant les ripisylves, les canaux et les lônes, nom local donnés aux bras morts du Rhône. Partons depuis le nord. La retenue d'eau est équipée d'une petite turbine pour convertir l'énergie du fleuvre en éléectricité. À ses pieds deux îles temporaires se sont formées. Composées de bancs de sables, de troncs d'arbres morts et de déchets traînés là par les crues, elles sont prises d'assaut par les osieaux. On pourrait s'en étonner quand on contemple le paysage. À notre gauche, l'autoroute A7 et son lot de pot d'échappements. En face de nous, la raffinerie de Feyzin et ses torches qui flambent 24 heures sur 24. Derrière nous, la station d'épuration est ses relants. Tout à première vue laisserait penser que l'endroit n'est pas favorable à la biodiversité.

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Et pourtant, notre patience est bien vite récompensée. À peines installés en hauteur sur l'une des rives, nous avons l'occasion de voir dès le premier soir deux castors d'Europe (Castor fiber) grignotter de jeunes et tendres pousses de peupliers. Décidément, les rencontres avec cet animal discret sont toujours aussi émouvantes. Le lendemain, c'est compère ragondin (Myocastor coypus) qui viendra faire son tour. Outre des gros mammifères, nous avons aussi la chance de à travers la longue vue quelques petits gravelots (Charadrius dubius), l'un de nos oiseaux préférés qui nous envoûte avec ses grands yeux dorés. Avec un peu de chance, les individus observés ont pu nicher là. À la nuit tombée, nous nous déléctons de leurs petits cris.

DSCN5276Jusqu'à une vingtaine de hérons cendrés (Ardea cinerea) sont aux aguets. Sur les îles mais aussi les contreforts du barrage, ils attendent le passage des poissons. Depuis peu les jeunes de la colonie située à l'île du beurre (plus de 80 nids) ont pris leur envol. Ils prennent doucement possession des lieux. Les juvéniles se reconnaissent à leur calotte grise et non noir comme chez les adultes. Il n'est pas rare de les voir se disputer les places de pêche. Au-dessus de leurs têtes, les choucas des tours (Corvus monedula) les observent avec curiosité depuis les cavités des renforts bétonés où ils nichent.

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Bien d'autres espèces sont présentes. Les canards colverts (Anas platyrhynchos) semblent aimer les berges de galets où ils cherchent leur nourriture. Une femelle y mène ses cannetons à travers les herbes hautes. Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) sont de retour et prennent le temps de sécher leur ailes et de digérer sur une carscasse de voiture. Au milieu de tout ça, un chevalier guignette (Actitis hypoleucos) cherche des invertébrés entre le pieres envasées. Ses longues pattes et ses grands doigts lui permettent de ne pas s'enliser.

DSCN5306Les milans noirs (Milvus migrans) inspectent une dernière fois sur les berges si un ou deux poissons morts ne traînent pas là. Chargonard, il se nourrit essentiellement de dépouilles de poiscailles. Un peu plus bas, une cinquantaine de couples nichent. C'est ainsi le deuxième plus grand site de nidification du Rhône. Celui-ci a été favorisé par les décharges qui fleurissaient le long du Rhône et qui depuis sont, bien heureusement, fermées.

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Dernier coup de longue vue avant de partir, la nuit avançant à grands pas. Sur un gros rocher, un jeune goéland leucophé (Larus canus) attend sagement le ravitaillement de ses parents. Si quelques couples nicheurs sont connus sur le toit stade de Gerland, il semblerait que ce ne soit pas le cas sur ce site. Protecturs, les adultes passent en rase-motte au-dessus des hérons qui auraient le malheur de s'approcher un peu trop de leur petit.

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Voilà la nuit. La raffinerie et le barrage s'éclairent de milles lumières et compère castor vient s'intaller casser la croûte. Quelques cris d'oiseaux se font encore entendre. Ici, c'est notre petit coin de paradis. Qu'importe le décor, le bruit, les odeurs et les déchets à droite sans parle de la portion de route défoncée. Nous nous trouvons seules face à un coin de nature méconnu et riche, qui nous promet de belles découvertes pour l'hiver à venir.

DSCN5215Changement de paysage, nous voici aux Selettes appelée île Tabard bien qu'elle n'en soit plus une, non loin du Vieux Port. L'île de la Table Ronde nous fait face. C'est ici que l'on peut observer les vestiges des anciens casiers Girardon. Ces grands aménagements au 18eme siècle se présentent sous forme de retenues de pierres pour piéger les sédiments afin de rendre le lit du fleuve navigable. Avec la création du canal du Rhône, ils n'ont plus de raison d'être. Défavorables pour la plupart vis-à-vis de la biodiversité, certains ont été conservés car recréant des milieux similaires aux lônes. C'est la aussi que les petits échassiers viennent chasser.

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Un pigeon ramier (Columba palumbus) attire notre attention par son roucoulement, mais nos regards restent tournés de l'autre côté du rivage. Nous avons repréré un nid de milan noir. Un poussin appel ses parents qui viennent à tour de rôle le nourrir. Depuis les milans noirs comme royaux sont repartis en Afrique. Migrateurs, ils ne restent en France que le temps de la reproduction. Désormais il faudra attendre 2021 pour les voir.

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Petit passage par la campagne. Un groupe de hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis) passent en direction du parc de la Tête d'Or où ils nichent. S'il était encore exceptionnel d'en observer il y a 4 ou 5 ans, aujourd'hui c'est chose commune. Ce petit héron blanc à la huppe jaune en période de reproduction se rencontre d'ordinaire dans le sud de la France mais tend à remonter de plus en plus au nord pour arriver en région lyonnaise.

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Continuons quelques kilomètres plus loin. Nous sommes à quelques pas du barrage Vienne, le long d'un des canaux qui borde le Rhône et qui limite les innondations. J'avais pu y venir, il y a un peu plus de 2 ans, dans le cadre de mon BTS pour observer les oiseaux hivernants et les castors. Ce soir là nous ne les verrons pas mais aurons la chance d'admirer une poule d'eau (Gallinula chloropus) nicher dans les eaux calmes, abritée par les aulnes glutineux (Alnus glutinosa). Le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) est aussi de la partie.

DSCN5249Et comme il y a 2 ans, le bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) est présent. Cette fois-ci la rencontre est beaucoup moins éphèmére et nous avons même l'occasion de le photographier. Cet élégant petit héron n'est pas courant et est le plus souvent actif la nuit où il pêche avec patienceles poissons, les grenouilles et divers invertébrés aquatiques. En période de reproduction quelques longues plumes blanches ornent sa tête.

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Il est l'heure pour les choucas des tours (Corvus monedula) et les corneilles noires (Corvus corone) de retourner au dortoir, du moins pour les couples ayant vu leurs petits prendre leur indépendance. Cependant, ceux-ci les suivent jusqu'aux forêts de l'île de la Table Ronde. Tous les soirs, des centaines de corvidés s'y retrouvent dans un joyeux brouhaha pour passer là nuit, loin des prédateur et du regard des humains. Un moment toujours magique, en particulier quand on la chance de se trouver sur place à la tombée de la nuit.

DSCN5262Prit sur le vif, un héron s'enfonce dnas la pénombre en direction cette fois-ci de l'île du Beurre, ancien nom donner dans le lyonnais au castor. Nous le suivons du regard pendant quelques secondes avant avant de le voir s'enfoncer dans la pénombre. Il n'y a pas dire, avec ses nombreuses îles et forêts humides (ripisylves), le Rhône reste un fleuve riche en découvertes pour nous, et en abris pour la faune sauvage.

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Il est suivit part un autre héron. Il s'agit de l'aigrette garzette (Egretta garzetta), reconnaissable à son plumage blanc, à sa pettie taille, à son bec et ses pattes noires ainsi qu'à ses doigts jaunes donnant l'impression qu'elle est chaussée. Mais dans l'obscurité naissance il n'est pas aisé de toujours en percevoir les couleurs. Présente aux quatre coins du globe, elle est capable de se nourrir d'une grande diversité d'organisme aquatiques.

DSCN5255En voilà un qui ne nous a pas quitté du printemps à l'été. Le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) est à l'origine un oiseau présent sur les éboulis et les falaises. L'urbanisation semble lui avoir plus, les bâtiments et édifices bétonnés s'approchant dans parois où il niche. Il peut de se fait s'observer facilement en plaine et dans les villes. Insectivore, il quitte la France à l'automne, faute de nourriture disponible. Néanmoins, certains trouvant les températures clémentes, tous ne migrent pas. Ceux faisant ce choix trouvent avec peine de quoi se nourrir et bien souvent, meurent ou ne peuvent assurer la saison de reproduction.

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Voilà, le ciel est devenu sombre et ne nous laisse pas le loisir de contempler le plumage des oiseaux. Manque de chance,  c'est à ce moment là que tout un groupe de guêpiers d'Europe (Merops apiaster) décide de s'inviter. Ces oiseaux très colorés et bruyants sont de grands amateurs de guêpes comme leur nom le laisse entendre mais aussi, d'abeilles et de frelons. Ils ne rechignent pas non plus à se nourrir de libellules ou de gros papillons.

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Fin de la virée au bord de l'eau, retour aux champs puis au village. Je ne m'attendais pas à de si belles observations, avec en toile de fond le Pilat baigand dnas le soleil. Il y aura d'ici là d'autres virées mais la plus grande partie de l'été se passera dans notre appartement. Pour tuer le temps je dessine beaucoup et je partage un bout de mon quotidien sur Instagram. Vous pouvez m'y retrouver sous le pseudo @la_renarde_des_alpes.

J'ai aussi repris le montage, et d'ailleurs la vidéo a dû paraître avant le publication de cet article. Je m'essaye aussi un peu à la cuisine, notament depuis que j'ai découvert Emmanuelle Jary, ses reportages incroyalbes et sa gouaille sans pareil. Elle m'a ainsi accompagnée dans mes insomnies et j'en suis plutôt ravie. J'ai hate que l'automne et même l'hiver arrivent pou vous amener avec moi dans de nouvelles aventures.

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samedi 29 août 2020

Agriculture et biodiversité.

DSC03963Il y a un an de cela, nous étions dans les champs pour nous exercer au naturalisme. Bien souvent, quand on parle d'agriculture, on s'imagine des grands champs dénudés de vie. C'est une réalité, une partie du pays est cultivé en intensif, laissant peu de place aux animaux et aux plantes sauvages. Hélas, cette tendance est à la hausse.

Parlant un peu technique :

Cela ne va pas sans me rappeler mon passage en DDT aux aides agricoles européennes (PAC). On utilise le terme de SAU (Surface Agricole Utilisées/Utiles) pour parler de la nature des cultures d'un territoire. En France, les principales cultures sont les cultures céréalières et d'oléprotéagineux, puis la viticulture, suivie de l'élevage de bovins à lait. En 2020, ces trois branches représentaient à elles seules 150 400 000 moyennes et grandes exploitations. En tout et pour tout, 52 % du pays est utilisé à des fins agricoles (certains départements l'étant à plus de 82%, en particulier autours de la capitale).

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Nous sommes à l'affût au pied d'un champ de blé couvert de bleuets sauvages (Centaurea cyanus). Avec un peu de chance, nous réussirons à trouver une aire de nidification de busards. Deux espèces de cette famille ont pris l'habitude de nicher dans les céréales, le busard cendré (Circus pygargus) et le busard Saint Martin (Circus cyaneus). Hélas, l'arrivée à terme des nichées se fait après la récolte. Pour limiter les dégâts, la LPO, ses salariés et ses bénévoles repèrent les nids aux jumelles et à la longue vue pour les protéger via divers dispositifs (grillages, zones de non fauche etc.), afin de permettre aux jeunes oiseaux de prendre leur envol.

DSC03946Ces cultures sont en agriculture raisonnées. Il n'y a pas photo, entre les épis, il y a une diversité incroyable de fleurs. Les bluets (Centaurea cyanus) appelés bleuets sauvages sont emblématique du retour de la nature dans les champs. Quasi disparus comme les coquelicots communs (Papaver rhoeas), ils reviennent peu à peu suite à des mesures de protection misent en place au niveau national.

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Dans notre observation, nous trouvons bien d'autres espèces comme la coronille bigarrée (Securigera varia). Cette espèce eurasienne aux fleurs roses et blanches s'invite parfois en jardinerie. Présente aussi dans les prés de fauche, elle résiste bien à la chaleur et fait le plaisir des abeilles. C'est de juillet à août que l'on peut voir sa belle floraison qui s'invite parfois sur les tallus. De la famille des Fabacées, elle a la capacité comme la luzerne de fixer l'azote de l'air dans le sol, permettant ainsi de limiter l'appauvrissement de sols. Importée en Amérique du Nord, elle s'y montre invasive en concurençant les plantes indigènes des prairies (c'est à dire natives des Etats Unis et du Canada).

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Continuons notre exploration de la biodiversité des champs. L'ail des vignes (Allium vineale) commence à fleurir. Parfumé, il présente des clochettes roses et violines naissantes. Les bulbiles se dressent au sommet de la tige, à 30-80 centimètres au-dessus du sol. Présent presque partout en France, on peut tout aussi bien le trouver sur les sols sablonneux et laissés à l'abandon. On consommera de préférence les jeunes feuilles et tiges crues.

DSC03922Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) pointe le bout noir de ses oreilles. Les champs ont été fauchés, lui laissant peu de place pour se cacher. D'ordinaire il préfère sortir en début de matinée ou en soirée afin de profiter de la fraîcheur mais aussi, pour éviter les prédateurs. Néanmoins peu d'animaux osent se frotter à un lièvre adulte, celui-ci faisant preuve d'une force étonnante pour son cabarit, même chez les jeunes adultes.

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D'autres animaux tout aussi discrets sont aussi là. C'est le cas des grandes sauterelles vertes (Tettigonia viridissima) qui bien que vivaces n'ont pas, pour certaines d'entre elles, réussi à éviter les prédateurs. Faucon hobereau, chevêche d'Athena, faucon crécerelle, buse variable ou encore pie grièche écorcheur, les dangers sont nombreux. Omnivore, elles peuvent se montrer elles aussi bonnes prédatrices auprès des insectes plus petits.

DSC03985Retour sur la botanique avec un peu d'identification végétale. Nous voilà face à un parterre de trèfles des champs (Trifolium arvense), reconnaissable à sa tête composée de calices blancs et rouges lui donnant un aspect plumeux ce qui lui vaut le drôle de surnom de pied-de-lièvre.

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Il aime se développe dans les pelouses caillouteuses et au pied des éboullis, sur les sols secs et sablonneux ce qui est le cas ici. En effet nous ne sommes plus dans les champs de céréales mais dans des pelouses paturées. Notre mission : inventorier les espèces végétales présentes pour identifier les milieux et proposer des mesures de gestion adaptées à ceux-ci en accords avec les pratiques des agriculteurs. Présent dans toute l'Europe, aussi bien en montagne qu'en plaine, il joue un rôle similaire à celui de la coronille bigarée en fixant l'azote dans le sol. C'est aussi une excellente plante fourragère malgrès sa petite taille.

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Ce trèfle c'est aussi naturalisé en Amérique du Nord sans pour autant poser soucis, du moins pour le moment. Pour la floraison, on peut sans mal voir les fleurs entre mai à septembre. Défleuri, on le reconnaît à ses feuilles pétiolées au niveau du collet et sessiles au sommet de la tige. Elles sont divisées en foliolles alongées dont les bords sont ciliés et faiblement dentés. Malgrés ces éléments, il reste sans fleur difficile à identifier.

DSC03951Voilà un beau pied de millepertuis perfolié (Hypericum perforatum). Bien souvent son identification est érronée, la présence de pertuis (souvent confondus avec des trous) sur les feuilles ne permettant pas à eux seuls d'identifier l'espèce. C'est une plante médicinale dont l'usage doit être fait avec beaucoup de précotion. L'usage interne ne doit être prescrit que par un professionel de la santé, le millepertuis pouvant provoquer des effets secondaires et/ou altérer l'effet de certains traitements pour la dépression ou le bon fonctionnement de contraceptifs (comme la pillule). En usgae externe, on prendra bien soin de ne jamais exposer sa peau après avoir passé sur celle-ci une lotion de fleurs de millepertuis, au risque de voir apparaître des brûlures.

DSC03976Non loin de là pousse une grimpante que j'adore dessiner, la bryone dioïque (Bryonia dioica). C'est une des seules représentantes sauvages des curcubitacées en Europe, ce qui en fait la cousine des melons et des courges bien qu'elle ne produise que des baies toxiques rouges-orangées.

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Appelée aussi navet du Diable ou couleuvrée en raison de sa racine à forme humaine, elle fût utilisée dans le passée comme purgatif bien que toxique. Riche en amidon, elle fût en période de famine consommée après avoir été longuement bouillie, entrainant des drames dans de nombreuses familles. Malgré son surnom, elle était associée à la magie blanche et avait pour réputation d'aider à tenir l'alcool. Cependant elle se relève bien innéficace contre l'ivresse au grand dam de certains. Dioïque, les fleurs mâles et les fleurs femelles ne se trouvent pas sur les mêmes pieds, chose peut courante dans le monde végétal. Ici il s'agit d'un pied mâle, les étamines pleines de pollen étant visibles. Les fleurs femelles ont trois pistils verts.

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Qui dit fleurs, dit papillons. Avec l'abondante diversitée d'espèces végétales dans les pâtures gérées de manière raisonnée, ils trouvent à loisir de quoi se nourrir. À gauche il s'agit d'un demi-deuil (Melanargia galathea), reconnaissable à son damier noir et blanc sur les ailes. Présent un peu partout, il apprécie tout particulièement les fleurs de centaurées. À droite, un tabac d'Espagne (Argynnis paphia) posé sur le doigt de mon bien-aimé. Ce papillon s'identifie par sa grande taille, ses ailes brunes et le reflet vert du revert de celles-ci. Il aime les clairières et les lisières de forêt où il butine les cirses, les ronciers et les chanvrines eupatoires (Eupatorium cannabinum).

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Les cultures, c'est là aussi où je travaille comme éducatrice à l'environnement. Que se soit sur le plateau des Grandes Terres ou dans le Beaujolais, c'est toujours le même émerveillement. Les buses volent haut dans le ciel, poussées par les thermiques, les crécerelles sont en chasse à n'importe quelle heure de la journée et les milans poussent leurs cris si reconnaissables. Pour les plus patients, c'est à la tombée de la nuit les chevreuils et les renards montrent le bout de leur museau. C'est cette diversité que j'aime faire découvrir à travers mon métier.

DSC03971Ces milieux me permettent par exemple d'expliquer la différence entre sauterelles et criquets au public, et pourquoi ces animaux appartiennet à la famille des Orthoptères. Chez les criquets, on retiendra que les antennes sont plus courtes que le corps et que le régime alimentaire est végétarien.

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Du côté des sauterelles, on notera la présence de fines antennes plus longues que le corps. Le régime alimentaire est omnivore, généralement très tourné vers la consommation d'autres invertébrés. La famille des Orthoptères comprend 220 espèces en France, un nombre limité qui permet de se mettre en douceur à l'entomologie (étude des insectes). La détermination peut passer par l'observation, la capture, parfois la disection mais aussi par l'écoute des chants, de la même manière que ce que l'on peut faire avec les oiseaux. Celle-ci se fait à l'oreille mais aussi à travers une batterie d'outils tels que des micros et des logiciels d'analyses, certains chants (appelés stridulations) n'étant pas perceptibles pour l'Homme.

DSC03990Une guêpe attiré par notre en-cas sucré ? Du tout mais un syrphe, une mouche innofensive de la famille des Syrphidae qui prend les mêmes couleurs que les guêpes et les frelons pour duper leurs prédateurs. Néanmoins, bien nombreux sont les osieaux à ne pas se laisser piéger. Les martinets noirs (Apus apus) sont, par exemple, capables de distinguer à 180 km/h s'il s'agit d'un syrphe ou d'un insecte équipé d'un dard venimeux.

Nos aventures agricoles s'arrêtent là pour aujourd'hui. Installés depuis peu dans le sud lyonnais, nous avons tout le loisir de découvrir la grande diversité des animaux et des plantes sauvages qui s'épanouissent dans les cultures. D'ailleurs, sur la sortie 14 de la rubrique Sorties en Campagne publiée il y quelques jours, vous pouvez retrouver nos premières sorties dans les vergers et notre rencontre avec les jeunes pics verts à l'envol.

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samedi 22 août 2020

Interlude : le Vallon de l'Yzeron.

DSCN4483La saison d'animation a été bien étrange. Elle n'a ni véritablement commencé, ni véritablement fini. Hormis quelques animations avec le grand public après le confinement, mon travail a été avant tout un travail de bureau. Pendant ce temps, le vallon de l'Yzeron est resté bien vide, la myriade d'écoliers habitués à l'arpenter à travers les animations nature du territoire étant restés confinés chez eux. L'herbe a poussé, les oiseaux ont pu faire leur nid sans mal. Rien mieux pour faire avec mes collègues, la commune et la communauté de commune l'état des lieux, les écoles étant fermées. Un sentier d'inteprétation permet de découvrir cet Espace Naturel Sensible (ENS). Entre clairière, forêt et rivière, la biodiversité riche et variée permet de s'initier en douceur à l'observation animale. Pour les aventuries, il est possible de demander aux mairies de se territoire un sac de jeux interragissant avec les éléments du vallon pour encore mieux découvrir le site. De quoi occuper toute la famille pour la fin de l'été.

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Le sentier commence par une invitation au voyage. Pierres et sentiers se parent de mots doux. Nous sommes là pour vérifier si le temps et les intenpéries ne les ont pas trop abîmé, et si oui, lesquels manquent pour pouvoir revenir dans l'été les tracer au pochoir et au pinceau. Il serait dommage que les promeneurs cherchant le trésor de la rivière ne trouvent pas les indices permettant de les mener à leur but.

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Des indélicats ont brisé bon nombre de galets et on même tordu le rail qui permet d'écrire des phrases avec. D'autre ont vu leurs mots s'effacer par frottement ou noircis par les flammes des feux dont ils ont délimité le foyer. Notre travail sur place : inventorier les galets abîmés à partir d'une liste, vérifier que la phrase indice est toujours présente et estimer le temps nécessaire pour réécrir toutes les indications manquantes.

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Au bout du périple, une mare aménagée attend les visiteurs. Les brarrières de bois seront sous peu retirées. Installées pour laisser le temps à la flore de s'installer en la protégeant du piétinement, elles semblent avoir remplis leur mission. Grenouilles, libellules et limnées (des escargots aquatiques) semblent y avoir élu domicile bien que le niveau d'eau soit inquiétement bas, comme bien dans d'autres zones humides du secteur.

DSCN4489Pour preuve du foisonnement de vie du secteur, un héron cendré (Ardea cinerea) passe au dessus de nos têtes. Nous nous arrêtons un instant pour le contempler. Peut être que la mare fait partie de son territoire de chasse, à moins qu'il ne soit question pour lui de traquer les écrevisses américaines et les petits poissons qui trouvent refuges dans les nappes bras morts et frais de la rivière Yzeron. Pour s'en assurer, il faudra revenir en affût.

Les animaux sauvages sont nombreux à vivre ici : salamandres tâcheté (Salamandra salamandra), bondrée apivore (Pernis apivorus) ou pic épeiche (Dendrocopos major), il n'est pas difficile de faire de belles observation et le sentier est là pour nous le rappeler. L'automne sera pour nous l'occasion d'y retourner pour ramasser quelques champignons qui dans se type de boisement s'annoncent être abondant, une belle siason en vue.

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vendredi 14 août 2020

Sortie en campagne 14 : un nouvel air.

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À gauche, la vue de notre fenêtre avant, à droite, la vue de notre fenêtre maintenant, et bien qu'elle reste très urbaine, elle nous ravie par le passage des nombreux milans noirs (Milvus migrans) qui se font de plus en plus rares dans le ciel, la migration de l'espèce ayant débuté à la mi-juillet. Bientôt les cigognes blanches (Ciconia ciconia) puis les grues cendrées (Grus grus) prendront le même chemin. Leur vol nocturne sera plus discret.

DSCN4724Nous aimons les zones humides, mais nous avons avant tout exploré les champs et les vergers, des milieux regorgeant d'une faune à laquelle je suis peu familière et pour cause. Dans le cadre de mes loisirs, je suis toujours au bord de l'eau ou dans les forêts et dans celui de mon métier, c'est exactement la même chose. Autant dire que pour moi les soirées passées en bordure des cultures céréalières à guetter les chouettes et les lièvres ont été un véritable régale. Il n'en ai pas de même pour mon bien-aimé qui a fait de l'arboriculture son travail et qui connaît bien ces milieux sur lesquels il travail. Pourtant, reste toujours aussi émerveillé par le moindre moineau ou merle qui se présente à lui parmi les branches des pommiers et des pêchers. En cette période de chaleur, où bien d'autres choses de la vie se sont ajoutées, je n'ai pas toujours loisir à explorer ce nouveau chez moi. Qu'importe, j'ai pu longuement en profiter en juin et d'ici quelques semaines je compte bien retourner me promener aux prés.

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Voilà un oiseau dont je n'ai jamais fait la présentation sur le blog. La fauvette grisette (Sylvia communis) est un oiseau typique des champs et vergers. Je prends plaisir à la découvrir. Tête grise, ailes rousses et ventre blanc, on ne peut se tromper. Sans chant peut par moment ressembler à celui de se cousine la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais il est beaucoup plus monotone. Les mâles chantent souvent au sommet des buissons.

DSCN4673Un classique des prairies à graminées, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte si bien son nom. Exclusivement granivore, il ne peut se nourrir que de graines, à l'exception des oisillons qui pour se développer rapidement ont besoins d'invertébrés, un source de nourriture riche en protéines. Braconnés pour être mis en cage comme animaux de compagnie, ils sont piégés à la glu comme à Poissy (78) l'an denier ou par appelé en juin de cette année an Occitanie. Pour rappel en 10 ans l'espèce à diminue de 25 à 40 % selon les départements.

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En voilà une que l'on ne présente plus et qui, pourtant pas simple à saisir. La buse variable (Buteo buteo) est un oiseau ubisquiste (multi-tâches) qui s'adapte à un grand nombre de milieux. Dans les verges, elle va surtout prédater les petits mammifères comme les mulots et les campagnols. Plus rarement, elle peut prélever quelques passereaux de la dimension d'une mésange ou d'un moineau, en particulier des juvéniles prenant leur envol.

DSCN4738Depuis les champs, nous avons vu sur Fourvière et sa basilique. Presque chaque jour, j'emprunte le long tunnel qui passe juste en dessous du monument et d'un sacré paquet de quartiers. Gaz d'échappement, bouchons et klaxonnes, c'est souvent un vrai périple pour rejoindre mon bureau et les lieux d'animations qui se trouvent au-delà de la colline.

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Cela fait du bien de s'éloigner de Lyon et sa banlieue. Nous respirons un autre air. Nous en restons néanmoins proches, et les jours où la circulation est calme il ne nous faut à peine plus de 25 minutes pour atteindre le centre ville, mais cela reste rare et pour le moment, nous n'avons pu que peu expériementer les aller-retours ville-campagne.

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DSCN4730Le soleil se couche sur les Mont du Lyonnais. De l'autre côté de cultures, depuis notre fenêtre, nous avons vue sur le sommet du Pilat qui se plonge dans l'obscurité. 15 minutes de marche et nous pouvons tremper les pieds dans le Vieux Rhône. Le rêve pour nous qui aimons l'eau et la montagne. Il se pourrait d'ailleurs que d'ici quelques temps une expédition "pêche à l'écrevisse rouge" se monte sur une des rives du fleuve. À voir.

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Surprise ! Voici un insecte que je n'avais vu qu'une fois dans ma vie, il y a de cela 3 ans. Il s'agit du rhinocéros européen (Oryctes nasicornis), un magnifique scarabée et l'un des plus gros du genre. Le mâle se reconnaît à la corne qui orne sa tête et dont l'espèce tire son nom. Rare, nous avons eu la bonne chance lors d'une balade nocturne en juin d'en voir voler au-dessus de nos têtes et même un venir se poser à nos pieds. Sa larve est semblable à celle du hanneton. Se nourrissant de bois mort, elle reste sous cette forme pendant 2 à 4 ans.

DSCN4622La mare réalisée à l'automne 2019 est à sec. C'est une écologie normale pour ce type de milieux qui le plus souvent se veut temporaire. Néanmoins la sécheresse de cette année n'a fait qu'accroître le phénomène, ne permettant ainsi plus aux animaux aquatiques (escargots, araignées, grenouilles, éphémères, insectes etc.) de se développer normalement. À la date du 7 août, 72 départements sont en restriction sécheresse. La Creuse et la Haute Vienne sont en crise intégrale, c'est à dire que le prélèvement d'eau ne peut se faire pour des aspects prioritaires : santé, sanitaire, consommation et sécurité civile. Même les exploitants ne sont plus considérés comme prioritaires. Dans le Rhône, l'alerte est dite renforcée localisée. En somme, réduction sous conditions des usages des ressources en eau par les exploitants et interdiction d'usage de l'eau à certains horaires. Au moment où j'écris ces lignes, un reclassement en crise localisée est envisagé.

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Dans les pommiers les jeunes grives font leurs premiers vols. À cette période de l'année on peut rencontrer deux espèces, la grive draine (Turdus viscivorus) et la grive musicienne (Turdus philomelos). Très similaires, on les distingue par leur paterne de tâches sur le ventre qui sont plus grandes et variées chez la grive draine. Néanmoins le chant reste le meilleur moyen de savoir à laquelel des deux on a à faire.

DSCN4695En voilà un que l'on entend plus souvent qu'on ne le voit. Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est connu pour son chant poétique, fort et inimitable. Succession de strophes rapides et de complaintes tristes, je l'ai véritablement découvert l'été 2019 lors des prospections nocturnes à la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus) et des chouettes et des hiboux de la campagne des Monts du Lyonnais et des Grandes Terres.

DSCN4554Dans les fourrés où se cachent les animaux, les plantes grimpantes prennent leurs aises pour atteindre la lumière. Parmi celles-ci la vesce de Cravovie (Vicia cracca), dont lesj eunes gousses peuvent se manger comme des manges-tout cuits à l'eau ou en cuisson vapeur.

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Jointe à celle-ci, la bryone dioïque (Bryonia dioica), qui dans nos campagnes à la même réputation que la mandragore (Mandragora officinarum) que l'on trouve dans le sud et qui n'est pas qu'une plante appartenant au bestiaire fantastique d'Harry Potter. La bryone est une plante toxique dont la racine ressemble à un corps, formant une grosse tête et quatre membres. De nombreuses légendes l'associant aux sorcières et aux maléfices en ont fait une plante populaire dans la mythologique fantastique lui valant le surnom de navet du Diable ou rave de serpent. À l'automne les lianes grimpantes perdent leurs feuilles et offrent de très belles rouges qui ornent les bosquets et font le plaisir des oiseaux.

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Dans les vergers, c'est de la folie. Les pics verts (Picus viridis) sont de sortie avec leurs nichées. Deux, peut être même trois couples ont élu domicile ici. C'est un vrai régale de faire de rapides affûts pour les observer ou juste de les voir décoller d'entre les rangées de fruitiers. Le pic vert se nourrie essentiellement au sol dans l'herbe, où avec sa longue langue gluante il va capturer les fourmis dissimulées dans leurs galeries.

DSCN4806Sortie nocturne. C'est le moment pour les carabes (Carabidae) de sortir. Il est bien difficile de les identifier et parmi la cinquantaine d'espèces présentes en France, très peuvent l'être sans dissection. Reconnaissables à leurs reflets métalliques et à leurs mandibules puissantes, se sont des prédateurs partant en chasse dès que le soleil disparaît. Bioindicateurs, les carabes permettent de connaître la bonne santé d'un milieu ou d'une culture.

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J'adore les lièvres bruns (Lepus europaeus). Dès qu'ils se sentent observés, ils se plaquent au sol puis déguerpissent à toute allure. Hauts sur pattes, avec de longues oreilles aux bouts noires et de grands yeux, ils ont tout ce qu'il faut pour attirer la sympathie. Ces quelques éléments permettent de le dissocier des lapins de garennes (Oryctolagus cuniculus), plus petits et moins communs dans parcelles arboricoles.

DSCN4714Notre lièvre est aussi appelé lièvre d'Europe bien qu'il soit présent à l'ouest de l'Asie. En montagne on trouve son cousin le lièvre variable (Lepus timidus) aux oreilles plus petites et au pelage marron l'été et blanc l'hiver, ce qui lui permet ainsi de ce dissimuler des prédateurs. Pour en revenir au lièvre brun, c'est avant tout au printemps qu'on le croise le plus souvent, quand les mâles s'affrontent pour une belle. On nomme cela le bouquinage.

DSCN4795Si l'été il affectionne les herbes, il se tourne peut à peu à l'arrivée de la fin de l'automne vers les graminées, les bourgeons et les écorces ce qui peut créer des dégâts dans les vergers, notamment en stoppant l'arrivée de sève dans les rameaux quand le collet (base de l'arbre) est rongé.

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Bien que de  taille modérée (4 kg pour un adulte), il peut vivre une dizaine d'année. Donnant naissance en moyenne à 13 petits au bout de 3 à 4 mois et produisant 5 portées par an (sur une période de 6 mois), la hase, la femelle du lièvre, est une super reproductrice. Néanmoins le taux de mortalité reste élevé pour les jeunes, les épidémies étant leur principale cause de mortalité, suivie les oiseaux de proies, les canidés et certains félidés comme le lynx en faisant aisément leur repas. Néanmoins dans le sud du Rhône les prédateurs sont quasi-absent, expliquant son fort développement accru part l'uniformisation des paysages agricoles qui lui sont favorables, chose rare. Dans la plupart des territoires il est en régression ou en stabilisation d'effectif après une forte chute dans les années 90. Les maladies importées, la disparition de certains types d'habitats comme les prairies humides, la chasse non réglementée et les collisions en sont les principaux facteurs.

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Dans les rangs de petits fruits (framboises, myrtilles etc.) une faisane de Colchide (Phasianus colchicus) est venue couvée. Bonne pioche pour elle, la voila l'heureuse mère d'une dizaine de poussins. Il est rare de voir les faisans parvenir à se reproduire, néanmoins la nom fauche en raison du confinement et la quasi-éradication des renards roux (Vulpes vulpes) pourrait expliquer la reproduction de cet oiseau normalement absent en Europe.

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En effet, le faisan de Colchide est originaire d'Asie et ne se rencontre pas en France. Néanmoins, il y est introduit depuis des siècles pour la chasse de loisir. Son impact n'est pas négligeable su la faune locale, en particulier sur les reptiles. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de chasse, en particulier quand elle implique de tirer tout les carnivores d'un territoire pour être sûr qu'ils ne tirent pas profit eux aussi des lâchers de gibier.

DSCN4641Non loin des cerisiers, dans la forêt qui entoure le fort, une famille de geais des chênes (Garrulus glandarius) glane les fruits au sol. L'oiseau porte bien son nom, ayant fait des glands l'essentiel de son alimentation. Cependant il possède un régime alimentaire plus diversifié avec au menu des fruits et des baies, des insectes, des noix et des noisettes et même de petits animaux comme des oisillons même si cela reste relativement rare.

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Voilà notre petit chouchou de l'été, le tarier pâtre (Saxicola rubicola). Le mâle se reconnaît facilement à sa tête noire, à son poitraille rose pâle et à son collier blanc. Petit, il se dissimule dans les bosquets mais se plaît à se poser au sommet des arbustes et des ronciers pour faire entendre sa voix. Outre le fait d'attirer les femelles, celle-ci lui sert avant tout à défendre son territoire face aux autres mâles envieux de ses possessions.

DSCN4627Se mettre sur un perchoir fait également partie de sa technique de chasse. C'est une espèce qui se nourrie d'arthropodes variés, en particulier d'insectes, de papillons et d'araignées qu'il saisie après les avoir guetté. Les petites sont nourris de papillons, de larves et de chenilles que leurs parents écrasent dans leurs becs avant de leur donner ou en les frappant contre une pierre pour enlever les poils et les parties dures difficile à leur digestion.

DSCN4659Pour protéger les fruits de la grêle et des intempéries violents, des filets sont installés en dessus des abricotiers, cerisiers, pommiers, pêchers et poiriers, qui ce ne sont là que quelqu'uns des fruitiers présents autour de nous.

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C'est là que mon bien-aimé passe une majeure partie de son temps. Éclaircir les fruits, défeuiller, tondre, traiter, récolte et conditionner, les tâches ne manquent pas. Avec la transformation du commerce, ces plantations vieilles pour certaines de 50 ans, ont dû être modifiées pour répondre aux attentes de la distribution. Voilà les pommiers arrachés pour que des plans plus productifs soient installés. Adieu les carrés de poiriers aux variétés rustiques, places aux Williams. Bref, la diversité n'est pas que celle des espèces sauvages, c'est celle aussi des vergers. Hélas notre système économique ne permet pas de la maintenir au mieux, faute de rentabilité.

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J'adore les cultures de petits fruits. Celles-ci sont grillagées et pour cause, il est fréquent que des promeneurs irrespectueux viennent y faire leur marché. C'est l'occasion d'y observer de nombreuses espèces, comme le bruant zizi (Emberiza cirlus), un joli oiseau jaune qui aime venir y chanter. Les lièvres, les faisans et les chats domestiques ensauvagés y trouvent également refuge parmi les grandes herbes et les bosquets ombragés.

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Les jeunes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) ont pris leur envole et on rejoint avec leur parent leur groupe. Plus d'une trentaine d'individus s'aventures et piaillent dans les jardins des pavillons se trouvant à quelques pas des cultures. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, elles ont été exclues de ce groupe taxonomique à la suite des études génétiques. Néanmoins ce nom est maintenu dans le langage courant.

DSCN4776En voilà une que je n'ai jamais vu ou du moins très peu en Isère. Il s'agit de la perdrix rouge (Alectoris rufa), sûrement le fruit d'un lâcher. Je trouve cet oiseau adorable bien qu'un peu ridicule quand il se déplace et qu'il ne se sent pas menacé. En régression voire disparue sur certaines aires de son territoire, les croisements génétiques lors d'introductions d'individus pour le tir ont également contribué à l'apauvrissement de l'espèce.

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Un autre grand classique des zones agricoles, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ce petit rapace est connu pour son vol en Saint Esprit qui lui permet depuis les airs de repérer les rongeurs et les passereaux dont il aime se nourrir. Pour autant, il ne dédaigne pas les gros insectes qu'il attrape en vol. Pour la nidification, on le trouvera de préférence dans les cavités de bâtiments et parfois dans les troncs creux.

DSCN4736Les jeunes, malhabiles, terminent souvent leur vol dans le sommet des arbres depuis lesquels ils appellent leurs parents. Nous revivons les scènes que nous avons pu vivre depuis notre appartement à Oullins. Là confusion est possible avec le faucon hobereau (Falco subbuteo) qui niche ici aussi et au vol similaire mais préférant consommer de gros insectes même s'il peut attraper occasionnellement des oiseaux ou des chauves-souris.

DSCN4784Les derniers milans noirs (Milvus migrans) prennent la direction de l'Afrique. C'est un long périple qui les attend, et il ne seront de retour qu'au printemps prochain. On le reconnaît facilement à sa queue fourchue. Silhouette sombre, on s'apperçoit en s'approchant d'un peu plus près qu'il est bien plus colorée avec une tête grisée - sans pour autant égaler avec le milan royal (Milvus milvus) qui est un peu plus grand. Dans le Rhône nous avons la chance d'avoir le deuxième plus grand site de France pour la reproduction du milan noir avec environs 55 couples nicheurs. De quoi assurer un bal constant au-dessus de nos têtes, les oiseaux cherchant continuellement leur nourriture. Charognard, il se nourrie essentiellement de poissons mort qu'il trouve le long des berges et de petits rongeurs qu'il trouve dans les restes de fauche. Dans certains cas, il peut même s'exercer à la chasse, bien souvent sur des animaux affaiblis (oiseaux, chauves-souris, rongeurs), ce que ne fait jamais son cousin le milan royal.

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L'été est bien installé. Les orages de chaleur nous donnent de jolis arc en ciel, les blés dorés sont prêts pour la fauche et les couchés de soleil colorent le ciel d'ôcre. Cela ne va pas sans la raréfaction des animaux. La plupart passent la journée au frais sans se montrer et certains comme les martinets noirs (Apus apus) ont entamé leur migration. J'ai désormais hâte à ce que l'automne arrive, avec son lot de feuilles mortes et de champignons.

Voilà un court récit sur notre nouvel environnement, et si pour l'heure je ne peux pas pleinement l'explorer, je ne doute pas que d'ici quelques temps je pourrai découvrir toute la magie et les nombreux secrets. Pour l'heure la nuit commence à tomber, et il est grand temps de rentrer par les rues désertes du village.

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samedi 8 août 2020

Grands changements : adieu Oullins.

DSCN3777Des canards et des pigeons à profusion dans le lit bétonné de l'Yzeron. Cette image, vous ne la verrez désormais plus sur le blog et pour cause, nous déménageons enfin ! Adieu le voisinage détraqué, les fuites du toit, les moisissures sur les murs, les incivilités, les pots d'échappements, la musique à point d'heures et les odeurs de friture. Nous partons à une dizaine de kilomètres de là, plus au sud du département. Nous avons enfin franchie le pas et bien que la présence de la rivière sous nos fenêtres nous manquera un peu, la proximité du Rhône, de ses rives et de sa ripisylve remplacera sans peine le souvenir de l'Yzeron et de sa riche biodiversité bien que nous nous trouvions en coeur de ville. Nous voilà dans une ville de plus faible importance, en coeur de village face à l'église, entre le fleuve et les vergers où Thomas aime travailler. De quoi trouver tout le repos dont j'ai besoin mais aussi s'initier à la découverte de nouvelles espèces. C'est un vaste programme qui nous attend.

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Les jeunes corneilles noires (Corvus corone) ont quitté le nid. S'exerçant au vol sur les plus hautes branches des platanes, elles attendent leurs parents leur apportant le précieux ravitaillement pour les sustenter. Pendant le confinement nous avons pu observer les adultes attraper des poissons pour nourrir leur progéniture. peut être que le même comportement se retrouvera chez cette nouvelle génération

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Les derniers jours de vie oullinoise, une aigrette garzette (Egretta garzetta) est venue chasser les petites poissons. La jolie coloration bleue et rose sur la peau à la base du bec et les pattes bien coloré indique qu'il s'agit d'un individu apte à la reproduction et ayant entame sa nidification. La différence entre les pattes et des tâches colorées laissent penser qu'il peut s'agir de deux adultes différents sans qu'ils ne soient nécessairement liés.

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Les jeunes faucons crécerelles (Falco tinnunculus) s'essayent eux aussi au vol. Un frère et une soeur, issus de la nichée couple qui a élu domicile dans le parc tout proche, ont trouvé refuge sur le sommet de la grande barre de logement qui nous fait face. Les nombreuses fientes attestent qu'il s'agit là d'un perchoir régulier, en atteste les nombreuses observations que nous avons pu faire ces 4 dernières années.

DSCN3550Surprise dans le ciel, un vol de 14 hirondelles de fenêtres (Delichon urbicum) affronte les gouttes qui commencent à tomber à gros flots. Déjà l'an dernier nous avions pu observer un pareil spectacle au dessus de la rivière. Nous étions partis à la recherche des nids sans pouvoir mettre la main dessus. Espèce anthropophile, cette hirondelle aime faire son nid fait de boue et de salive sous les toitures des maisons.

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Attirées par les nuées d'insectes, les hirondelles volent à toute allure. Les nids ne doivent pas être loin. En effet, les petits sont nourris toutes les 20 secondes en moyenne, ce qui induit que les adultes se nourrissant ne se trouvent guère loin de leur colonie. Il faudra attendre l'an prochain pour en avoir le coeur net. En attendant elles ont pris place sur le mur du nouvelle appartement à travers un grand poster estampillé, bien sûr, LPO.

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Il nous aura pas fallut plus de 12 jours pour décider de partir, trouver un nouvel appartement, le visiter et nous y installer. De notre fenêtre nous avons une superbe vue sur le Mont Blanc les jours de grand beau, de même pour les cheminées de la raffinerie qui se trouve aux pieds de la colline sur laquelle se trouve notre nouvelle commune d'adoption. Comme toujours, il n'est pas possible de tout avoir, du moins pas encore.

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Adieu aussi les nombreux poissons de la rivière Yzeron : le ballet des carpes venant en grand banc pour frayer, les vandoises, les perches, les brèmes et les silures qui font le bonheur des pêcheurs du dimanche qui viennent chercher là des leurres mais aussi faire de belles prises, et si parfois certains sont peu regardant sur les déchets en laissant abandonnant les fils de pêche, d'autres n'hésites pas à nettoyer les berges de la multitude de déchets.

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Et puis il y a leurs promeneurs et leurs chiens non tenus en laisses. Ces derniers mois nous avons pu découvrir une carcasse de canne dévorée, un cygne à l'aile cassée suite à de nombreuses morsures, des canetons mâchonnées ou morts car abandonnés par leur mère apeurées. De notre fenêtre, ces comportements nous ont rendu bien souvent fou de rage et bien que signalé, les pouvoirs publics ont peu de moyens pour intervenir.

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Cependant, nous voyons des choses bien plus joyeuses. Chaque année un ou deux couples de cygnes tuberculés (Cygnus olor) viennent avec leur progéniture cherchent quelques brins d'herbes et d'algues. Tout fraîchement éclos et vulnérables, ils utilisent le plus possible le dos de leur mère pour les longs trajets. Grandissant rapidement, bien vite les parents ne peuvent plus prendre qu'un ou deux rejetons entre leurs ailes.

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Voilà, rien de fou dans cet article, juste une des grosses infos du blog pour l'année 2020. Désormais les tariers pâtres (Saxicola rubicola) et les bruants zizi (Emberiza cirlus) nous accompagnent dans toutes nos ballades campagnardes. Les lièvres, les chevêches d'Athéna, les grands rhinocéros (un magnifique scarabée au nom évoquant ses cornes) et les pics verts font partis de notre paysage et j'ai hâte de vous montrer à quoi il ressemble.

Cela ne fait que quelques semaines que nous vivons là et pourtant, j'ai l'impression d'y être depuis des mois si ce n'est des années. La campagne et les verges y sont fabuleux et regorgent de vie, le salon de thé, les artisans locaux, la place et les vieilles pierres nous donnent la véritable impression d'être en coeur de village malgré les 8000 habitants. Nos fenêtres font face au couloir de migration et en 10 minutes à pied nous pouvons nous tremper dans le vieux Rhône. Il ne nous faut rien de plus pour être heureux dans ces instants.

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mardi 28 juillet 2020

La faucon kobez (Falco vespertinus).

DSC02074 (3)Enfin ! Enfin je peux vous parler du faucon Kobez (Falco vespertinus). Voilà un an que j'attends pour vous parler de ce petit faucon. La faucon kobez n'est que migrateur en France. Il traverse notre pays pour partir nicher en Allemagne et dans les pays de l'Est. Nous étions déjà tombé nez à nez du côté de Istre avec deux mâles, mais les oiseaux étant très éloignés et nous mal équipés, nous n'étions vraiment pas sûr de notre observation. La chose est réparée avec cette petite femelle que nous avons pu observer longtemps dans l'Ain.

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Femelle car le plumage n'est pas entièrement ardoise, caractéristique propre au mâle en période nuptiale comme c'est le cas ici. Affairée à chercher des criquets et des mouches dans un champ de maïs labouré, elle ne semble pas dérangée par notre présence. Nous sommes sur un petit chemin, non loin d'un étang qui a attiré notre attention en raison des nombreux oiseaux s'y trouvant.

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Si nous l'avons seule, il faut savoir qu'il est courant de les observer en groupe traverser le ciel ou rejoindre leur dortoir, souvent de manière bruyante. C'est d'ailleurs un des rares faucons grégaires, les couples se réunissant en petits groupes pour nicher. On les rencontre le plus souvent dans des mosaïques d'habitats, c'est à dire un mélange de milieux, de préférence pour cette espace de champs, de bosquets, de forets, de prairies et de grands espaces humides, tout ce que l'on retrouve ici même si l'espèce ne s'y reproduit pas.

DSC02082Il se reconnaît également à son vol et plus particulièrement à ses ailes particulièrement longues et bien pratiques pour un migrateur, ce qui permet de le distinguer de son cousin le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). À la manière du faucon hobereau (Falco subbuteo), un autre migrateur qui lui niche en France et à qui il ressemble aussi un peu, il  se nourrie essentiellement de gros insectes qu'il saisie en vol ou chasse au sol comme ici.

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Replaçons l'oiseau dans son milieu. On s'apperçoit vite qu'il est minuscule ! 32 cm de haut, 65 à 77 cm d'envergure pour 155 à 197 grammes, ce n'est certainement pas un moineau mais aussi loin d'être un poids lourd. De ce fait il peut vite se faire prédater par d'autres rapaces plus grand que lui. Il ne fait pas non plus le poids face aux corvidés mais profite tout de même de leurs nids à la période de reproduction, le kobez nichant tardivement quand les corneilles ont fini de mener à bien leur couvé et ne présentant pas un obstacle dans l'occupation des nids, un trait de caractère qu'il partage notamment avec le hibou moyen duc (Asio otus).

Le faucon Kobez n'est pas seul dans ce champ de la Dombe. Trois cigognes banches (Ciconia ciconia) et deux milans noirs (Milvus migrans) s'y promènent, à la recherche de restent de rongeurs dans un champ labouré. C'est eux qui ont attiré notre oeil vers un étang puis vers le rapace. Autant vous dire que notre satisfaction fût grande de pouvoir l'observer chasser pendant 20 min, découvrant ainsi les comportement de cette espèce nouvelle pour nous. Plus nous avançons dans la découverte des oiseaux, et plus nous nous passionnons dans l'observation de leur mode de vie. Un nouveau pas dans notre pratique du naturalisme.

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samedi 6 juin 2020

Quand la corneille se met à la pêche !

DSCN3271Le confinement a eu du bon dans notre compréhension d'une espèce que nous pensions bien connaître : la corneille noire (Corvus corone). Nous en avons vu une puis deux s'atteler à la pêche, chose que j'ignorais et qui semble extrêmement rare dans les zones continentales. Nous voilà donc à suivre leurs aventures tels des détectives, l'appareil photo à porté de main pour filmer et photographier ce comportement atypique. En voici le récit jours après jours. Le fait me fascine et je pense bien élaborer quelque chose autour de ces observation : un article à publier et/ou une conférence peut être. Cela ne vas pas sans me rappeler une autre observation que j'avais pu faire au début de l'hiver. Dans ma voiture, coincée dans un bouchons, j'avais pu voir une drôle de scène sur la Saône. Un groupe de mouettes rieuses avait réussi à regrouper et maintenir à la surface un groupe de poissons, l'entourant et plongeant à proximité. Au dessus du banc, trois corneilles au ras de l'eau, en vol tant bien que mal stationnaire, semblent tenter d'attraper les poissons avec leurs pattes tendues. Un souvenir qui marque encore ma mémoire et qui me fait de plus en plus me prendre de passion pour les corvidés.

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20/03 : début d'après-midi, nous observons une corneille au nid comme l'an dernier. Son plumage est défraîchi et comporte de nombreuses plumes blanches, signe le plus souvent d'une mauvaise alimentation. Sa compagne ou compagnon se pose souvent sur une branche à proximité.

03/03 : la corneille est observée au matin avec du poisson en bec ! Elle a été vue à le saisir avec ses pattes : à 40-50 cm du bord de la rivière, elle s'immerge jusqu'au dessus des pattes dans l'eau et ressort avec un poisson vivant de 8-10 cm qu'elle part manger sur une branche. Nous sommes ébahis. Nous avons pu filmer la consommation mais pas la pêche.

04/04 : la corneille passe en début d'après midi devant la fenêtre avec du poisson dans le bec pour le manger sur une branche, nous n'avons pas vu la pêche, ce qui ne nous permet pas de savoir si le poisson a été trouvé vivant ou mort. Nous commençons à nous dire que quelque chose d'inabituelle se passe. Entre temps, j'ai pu récolter quelques informations.

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05/04 : début d'après midi, il y a de nombreux allers-retours au nid. La saison de reproduction semble s'entâmer tranquillement.

06/04 : une corneille est au bord de la rivière sous le pont, elle remonte le filet d'eau pour s'abreuver puis se pose sur le béton comme en affût en début de soirée. Nous sommes posés en affût à la fenêtre, apapreil en main, mais il n'a rien à capter.

11/04 : la corneille est au bain après avoir donné l'impression d'être posté en affût. Nous sommes là encore au milieu de l'après-midi, et si nous n'avons pas d'images de pêches, nous avons celles- de la toilette.

13/04 : la corneille sur sa branche fêtiche et mange un poisson tranquillement dans l'après-midi. Nous n'avons là aussi pas pu voir s'il s'agissait d'une action de pêche ou la capture d'un poisson déjà mort.  Dans la soirée, la voilà qui va se poser en affût. D'un bon elle se met là où d'ordinaire elle prend son bain et attrape 2 petits poissons qui semblent morts ou mal au point, en mettant les pattes dans l'eau à mi hauteur. Nous avons enfin des images et vidéos de pêche mais ce ne sont pas celles que nous attendons.

14/04 : ce matin la corneille mange du pain là où elle a été vue la veille manger les poissons, hélas. Ce lieu est souvent un lieu où il y du pain est donné en abondance aux animaux, pour mon plus grand désarroi.

16/04 : ce matin pour le couple de corneille, c'est grande chasse aux riveaux. Dans le ciel, il y a 4 corneilles dont un individu qui pique violement sur 2 autres et un quatrième qui se tient éloigné. Un vrai spectacle de voltige.

17/04 : passage en rase motte de la corneille au plumage abîmé, les pattes toutes tendues comme pour essayer de saisir la carpe Koï qui se trouve en surface. Elle saisie un morceau de pain sec sous le pont, par un peu plus loin pour le tremper dans l'eau. Elle le saisi en bec, puis repasse en rase motte au-dessus de l'eau, toujours pattes tendues, provoquant la panique chez la friture en surface qui part à tout allure dans le fond de la rivière.

20/04 : aujourd'hui, la corneille passe au ras de l'eau en trempant le bout des pattes sans rien attraper mais l'image est belle.

21/04 : il est 17h20, la corneille se pose sur le muret puis soudain plonge les pattes les premières en direction de l'eau. Un camion blanc nous empêche de voir la scène. La corneille réapparaît de l'autre côté avec un poisson au bec. Toujours posée sur un muret, elle le dévore en 2 minutes en s'aidant e ses pattes, chose que nous avons pu filmer. Elle retourne alors au nid et semble régurgiter de la nourriture mais nous n'avons rien de visible à l'image.

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23/04 : les corneilles se montres de plus en plus agressives, en fin d'après midi elles ont chassé un jeune héron qui à ses habitudes ici et qui, le pauvre, s'enfuit à grands cris. Sur les coups de 21h retour de celui-ci. S'en suit une grosse bagarre entre le couple de corneilles qui se lance dans l'attaque à totue allure. Il se réfugie dans les robiniers faux-acacia avant de partir, ne pouvant faire face aux harcèlements des corvidés. En résulte une belle vidéo.

24/04 : les corneilles ont braillé toute la matinée avant de se calmer, et nous en avons vu et filmé une manger quelque chose qui ressemble à du poisson. Vers 10h30 bagarre avec une pie et une des corneilles. La pie est très vite rejointe par une autre pie, puis trois puis 5. De quoi faire tourner la corneille en bourrique pendant 45 min au moins et nous donner de super images et vidéos de cette scène de vie.

25/04 : la corneille aux plumes abîmées mange un poisson faisandé de l'autre côté de la rive avant de s'envoler plus loin et de laisser la carcasse que nous avons pu observer pendant notre balade nocturne. Sans doute un poisson attrapé par un des nombreux pêcheurs et laissé sur le bord.

28/04 : une corneille au bord de l'eau s'envole et se pose au nid avec un gros ver au bec, peut être pour nourrir les petits. Il est alors 16h48 et nous nous disons que l'éclosion a dû avoir lieu, nous avons hâte des voir comme l'an dernier les petites corneilles faire le show dès qu'elles seront en âge de sortir du nid et d'explorer les alentours.

01/05 : il a plu presque toute la semaine. Depuis deux jours, les deux parents corneilles se relaient pour nourrir les poussins. Dès qu'un adulte arrive au nid, parfois avec de la nourriture au bec sans que nous puissions voir de quoi elle se compose, l'autre part immédiatement. Ce soir un des parents s'est posé aux postes habituels d'affût de pêche, en particulier vers et sous le pont, sans pour autant tenter une capture, le courant étant fort. Vers 21h15 nous sommes appelé à la fenêtre par des grands bruits. Le jeune héron est de nouveau pris en chasse par le couple et le pauvre cri dans tous les sens. Les attaques sont violentes et il finit par être partir. Si un des adultes revient de suite vers le nid, ce n'est pas le cas de l'autre qu ne reviendra que vers 21h20. Peu avant en fin d'après midi un comportement similaire avait été observé en direction d'un chat qui, passant rapidement avait fait l'objet de nombreux cris d'alarme de la part des deux corneilles qui, rassurées, ont fini par se poser dans l'alignement d'arbres à leur poste habituel.

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03/05 : il est 21h13, il n'a pas plu aujourd'hui et sur la fin de la journée, il a fait soleil. Le courant est fort. Le jeune héron tente à nouveau sa chance pour s'installer au bord de l'eau mais une fois de plus il se fait chasser. Un running gag.

05/05 : une corneille est au poste d'affût de chasse, mais n'a pas le plumage abîmé que peut présenter le couple qui vit juste dans le grand platane. Elle prend le pain qui vient d'être donné aux pigeons avant de s'envoler à tir d'ailes.

06/05 : une corneille au plumage intégralement noir se poste au bord de la rivière sous le pont.Soudain elle saisie un poisson bien vivant, le secoue dans tout les sens, le pose au sol, le frappe de son bec, le ressaisi et s'envole avec à l'opposé du nid. Nous avons le temps de filmer à partir moment où elle se saisie du poisson et s'envole avec, mais toujours pas la pêche. Nous nous apercevons alors qu'il y a bien deux corneilles pêcheuses, la corneille péchant d'ordinaire se trouvant alors avec ses oisillons.

08/05 : enfin nous captons la corneille dans sa pêche. Il s'agit du nouvel individu. Il est alors 19h. Elle tente de pêcher du côté gauche de l'Yzeron sous le pont. Elle semble capturer un petit poisson qu'elle avale de suite, puis saute de l'autre côté, attrape en donnant un coup de bec dans l'eau un poisson un peu plus grand que son bec et s'envole avec. Ce n'est pas la grande scène que nous avons pu observer au tout début de notre étude des corneilles locales mais c'est un bon début.

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09/05 : grosse bagarre entre la corneille au plumage délavé qui niche ici et la corneille au plumage noir qui pêche sous le pont, ce qui nous conforte dans notre idée. Peut être s'agit-il d'un petit de l'an dernier ou d'une année précédente qui revient sur le territoire de ses parents pour appliquer ce qu'il a apprit d'eux sans que cela ne plaise à ses derniers.

10/05 : petite pêche de la corneille comme d'habitude sous le pont, il est alors 14h10. Son plumage noir ne laisse pas de doute sur son identité. Une autre théorie nous apparaît : la corneille "noire" pêcherai sous le pont où le courant est fort mais le niveau d'eau faible, et au la corneille "délavée" pêcherai plus en eau plus profonde et calme même si nous la croisons parfois sous le pont. D'ailleurs, ce matin elle était à un de ses postes de pêche favoris, là où il y a 80 cm à 110 cm de fond. 18h25, nous faisons une seconde observation de pêche, la corneille "noire" se poste a un nouveau poste d'observation, devant la fenêtre et derrière le mur, là au l. Je ne la vois plus mais el'eau est profonde de 50 à 60 cm. Elle ressort de là quelque secondes plus tard, un poisson frétillant de la queue dans son bec et long de 8 à 12 cm.

11/05 : déconfinement ou non, il est 17h50 et c'est l'heure du ménage. C'est pile le moment qu'à choisi la corneille au plumage noir pour se mettre sur le poste d'observation où la rivière est profonde, à 80 - 100 cm. Hop elle sort de la rivière avec un poisson d'environs 15 cm - crotte nosus n'avons pas le temps de prendre l'appareil photo. Elle se saisie de sa proie, se pose au sol et la mange en quelques coups de bec avant de se saisir d'un vieux crouton de pain et de s'envoler. Encore un coup loupé pour nous.

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12/05 : 10h00 bataille de corneilles dans les airs au dessus de l'Yzeron au niveau du gros platane.

13/05 : il est 17h20, nous montons en voiture pour le contrôle technique et il pleut à très grosses goutte, au point que la rivière prenne un sacré courant. C'est le moment que choisit la corneille au plumage bien noir, posée sur le toit de la sortie d'eau des égouts, pour s'envoler. Elle a un poisson au bec.

19/05 : enfin, les petites corneilles se montrent. Deux jeunes sont perchées dans les robiniers juste en face de la fenêtre. 16h30, surprise, une corneille se jette dans l'eau sous mes yeux, là où l'eau est profonde de 1m en bas de pente, à 40 cm du bord, et flotte comme un canard quelques secondes à côté de deux gros cygnes. Elle fait un petit bond, attrape un poisson en surface avec ses pattes, le passe dans son bec puis s'envole sur une branche juste au dessus de l'eau. Tout cela est sous les yeux des deux jeunes corneilles noires, de quoi leur apprendre à leur tour la pêche. Vidéos et photos des deux jeunes.

 20/05 : il est 16h. En face de la fenêtre, une corneille au pumage bien noir c'est saisie d'une grosse brême morte qu'elle a remonté sur la rive et qu'elle commence à décortiquer à coups de bec. Pas de chance le poisson roule de la pente et retourner à l'eau. Elle l'abandonne là et par en s'envolant. Dans un même temps, une autre corneille situé devant la sortie d'eau usée se jette à l'eau, attrape du bec un petit poisson, le déguste sur la rive, puis s'envole.

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21/05 : montage ne 2h30 de la vidéo sur les observations de corneilles. Les deux petites corneilles sont posées dans les robiniers faux acacia en face de la fenêtre. L'une fait des vols d'entraînement, l'autre somnole et étire ses ailes.

22/05 : il 7h30 du matin, les deux petites corneilles font leurs volent d'essaie. Deux corneilles adultes croassent à plein poumonsur les branches de l'arbre mort à côté du micoucoulier comme à l'heure habitudes. Elles s'envolent puis deux autres viennent faire de même. Une d'entre elles part à son tour pendant que l'autre reste à croasser pendant 10 minutes, toujours en regardant en direction du sol comme toutes ces congénères. De temps à autre d'autres corneilles réponden au loin. Ce comportement nous l'observons depuis 8 semaines au moins et nous peinons à comprendre à quoi il correspond.

27/05 : grands cris dans le ciel, il est 19h50. Le coupel de corneilles aidé de leurs deux jeunes chasse un pauvre héron. Nous déménageons bientôt et sans doute est-ce la dernière fois que nous voyons cette scèbe.

01/06 : il est 16h30, une corneille adulte se lance à l'eau et attrape un petit poisson à la surface de l'eau. Elle est suivit d'un autre adulte et survolée par un juvénile. Il s'agit là de la famille que nous suivons depuis plusieurs semaines et nous venosn de voir une leçon de pêche. Nous en sommes émus.

06/06 : grand déménagement, adieux corneilles pêcheuses !

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samedi 23 mai 2020

Quand la nature revient, la cas du flamant rose.

DSC09245Confinement oblige, on se plonge dans les souvenirs. J'ai sur mon ordinateurs une multitudes de photos de flamants roses (Phoenicopterus roseus) qui datent de notre passage à Pont de Gau cet hiver, et que je n'ai jamais eu l'occasion de publier. Je pensais profiter du confinement et du temps qu'il me donne pour rédiger une nouvelle fiche espèce sur cet élégant oiseau. Seulement voilà, un matin où je consultait l'actualité, je suis tombée sur cet article (ICI) et intitulé "En Camargue, un baby boom de flamants roses" suivit de "2500 flamants ont été comptés, soit près de 1000 de plus qu'en temps normal". L'occasion est que trop belle pour pousser la réflexion de notre impact sur la faune. Une véritable remise en question sur nos séjours en Camargue et à vrai dire, de temps à autre, ça ne fait pas de mal de remettre en question sa pratique de la nature.

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Les flamants roses du parc de Pont de Gau sont des animaux sauvages attirés par les nourrissages réguliers du parc, ils y trouvent ainsi la nourriture mais aussi un refuge vis-à-vis des prédateurs et une zone toujours en eau. L'arrêt d'exploitation de certains marais salants et l'asséchement d'une grande partie des milieux humides ne leur offrant plus de conditions de vie suffisantes. Dans le lot, on peut également voir des animaux bagués. Cela permet de connaître le parcour de l'oiseau, sa durée de vie et si c'est un habitué des lieux. Si la plupart des programmes de bagages sont portés en France par le C.R.B.P.O, pour le flamant rose le projet est porté par Tour de Valat, l'institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

DSC09215Le vol du flamant est facilement reconnaissable. Rapide et énergique, le coup bien tendu et toujours en groupe pour se déplacer, sa silhouette noire et rose fend le ciel. Migrateur, on le trouve partout en Afrique, en Asie et en Europe. Néanmoins, il ne se montre qu'occasionnel voir rarement dans les pays de l'Europe du Nord, en Inde, en Chine et en Afrique Centrale. En France, on retrouve environs 25% de la population nicheuse européenne avec par endroits des rassemble de 20 000 individus. Un statut qui nécessite un suivis régulier et rapproché pour permettre aux oiseaux de s'occuper de leur couvée sereinement. On se souvient notamment su scandale en 2018 avec l'abandon de 500 oeufs suite au tournage de Nicolas Vanier. Celui-ci est dû à l'effarouchement par un avion de tournage de toute une colonie sur les salins d'Aigues-Mortes.

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À Pont de Gau, les oiseaux ne sont pas connus pour s'y reproduire. En moyenne à cette saison, 1500 individus s'y observent mais cette année ils étaient pas moins de 2500, un record. S'il est trop tôt pour tirer des conclusions, le confinement n'y est peut être pas pour rien. D'ordinaire de nombreux visiteurs déambulent dans le parc pour observer les oiseaux et leur tirer le portrait à travers les 60 ha mis à disposition. Nous en faisons complètement partie et les photos que vous voyez ici ont été prise là-bas. En ce moment, les pontons sont déserts là où 15 000 personnes se pressent d'ordinaire. L'article d'écoplanète (ICI) dont je tire une grande partie de mes informations explique même que le rare ibis facinelle (Plegadis falcinellus), pour la première fois y a fait son apparition.

DSC09236La période de reproduction débute, mais on peut depuis le début de l'hiver observer des comportements nuptiaux. Têtes agitées, courses synchronisées, ailes ouvertes brutalement et cris bruyants figurent parmi l'attiraille de séduction. La qualité de l'alimentation détermine la belle couleur des plumes, un outil essentiel aux mâles pour plaire.

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Il se pourrait, peut être, que certains prennent l'idée de pondre ici. Pour se faire, mâles et femelles confectionne une cuvette de terre où un seul oeuf sera déposé. Le maintient du niveau d'eau des marrais est alors important, pour éviter que le nid soit inondé mais aussi pour que les étangs les protégeant des prédateurs ne soient pas à sec, permettant à ces derniers de se saisir des oeufs et des poussins. D'ailleurs, l'utilisation de pompes sur le site et la stabilité des eaux pourraient également expliquer cette forte affluence de flamants à cette saison. Il est vrai qu'un gros oiseau rose, un peu maladroit sur la terre et ayant besoin de temps à décoller fait également une proie toute trouvée pour les renards, les chiens errants et les rats surmulots. Pont de Gau fait alors office d'un refuge, les zones humides propices à la reproduction diminuant d'années en années avec l'urbanisation et le dérèglement climatique.

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Pour l'heure, de nombreux poussins ont été bagués sur les grands sites de reproduction. Ce sont pas moins 600 petits qui ont été équipés de bagues entre le 6 août et le 18 avril. Celles-ci permettront de les suivre tout au long de leur vie. Poids, âge, engergure ou encore dynamisme, toutes les informations sont rentrées sur un carnet de suivi qui sera par la suite numérisé. D'ailleurs cette année, ce sont les 30 ans du programme flamant qui sont fêtés et ce sont des centaines de bénévoles, de bagueurs, de scientifiques et d'observateurs qui ont permit de mener à bien ses actions en France mais aussi en Espagne, au Maroc ou encore en Tunisie. Plus d'infos ICI sur le bagage.

DSC09279Pour l'exemple, l'an dernier ils étaient pas moins de 150 téméraires pour aller mettre les pieds dans l'eau bien plus. Le bagage ne peut se faire qu'à un certain âge chez les poussins, pour faire en sorte que les parents ne quittent pas le site. Ils sont conduits en douceurs dans des enclos permettant de les saisir sans les mettre en danger.

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Les données pour l'heure permettent d'affirmer que sur les 500 000 flamants roses estimées de par le monde, 10 % passe au moins une partie de l'année en France et 4% reste à l'année. Si ces chiffres laissent penser que la population se porte bien, il ne faut pas oublier qu'il y a 50 ans de ça, leur population était menacée. Cela pourrait de nouveau être le cas avec la disparition de par le monde des marais salants. Cela nous fait revenir à Pont de Gau. Le calme retrouvé pourrait conduire à de premières nidifications mais, la sortie de confinement pourrait mettre en échec l'élevage des poussins si le public serait à nouveau amené à parcourir le site, les flamants percevant les humains sans mal comme des prédateurs et à raison. En 2017, 6 flamants sont retrouvés morts dans une réserve Corse, le corps criblé de plombs par des braconniers (ICI), signe qu'il est plus que jamais nécessaire de sensibiliser les populations sur l'importance du maintient de ces oiseaux et de leur écosystème.

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Tout cela nous pousse à nous interroger sur la manière dont nous consommons la nature, car ici il est bien question de consommation. Même si nous avons pris l'habitude de ne plus fréquenter les parcs zoologiques, nous continuons de temps à autre à nous rendre sur des sites ouverts et en particulier les réserves où il est possible de s'approcher de la faune au plus près, sans toujours nous poser la question de l'impact que nous pouvons avoir sur celle-ci même si nous essayons de l'approcher au mieux. J'avoue avoir beaucoup culpabilisé à la lecture de ces articles, et il serait possible qu'à la sortie du confinement, nous changions notre pratique de naturaliste. Ce changement se ferra peut être sentir dans les articles à venir sur le blog. À suivre ...

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samedi 16 mai 2020

La faune urbaine : découverte.

DSCN1878Voici la vue depuis mes fenêtre pendant le confinement. Au moment je commence cet article, nous avons presque passé les 5 semaines et nous attaquons le 34e jour a rester chez soi pour la plupart d'entre nous. Si j'ai pendant longtemps regretté les sorties du weekend et surtout, de ne plus pouvoir exercer comme animatrice nature dans les écoles et sur les espaces naturels sensibles de la Métropole, j'ai aussi appris peu à peu à découvrir la faune et la flore de mon quartier, et je dois dire que j'ai beaucoup de chance. L'Yzeron passe sous nos fenêtre et un alignement d'arbres ensauvagé abrite de nombreux oiseaux que nous avons loisir à observer du matin au soir. Cet article est ainsi pour moi l'occasion de vous parler et de vous présenter tout ce que nous avons pu expérimenter et observer, en complément du billet que j'ai pu tenir au jour le jour en présentant une espèce ou un événement marquant par jour. Il complète également l'article à venir sur l'observation très particulière et rare d'une corneille pêcheuse depuis notre appartement. Bref, un condensé des centaines de photos que nous avons pu prendre pendant cette drôle de période qui ne nous permet pas encore voir de quoi demain sera fait, ce qui ne me laisse pas sans angoisse.

Toutes ces espèces ont été observées sur une surface de 84190 m² (8,4 ha) et sur un linéaire de 1,37 km, toujours en respectant les règles du confinement.

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Grand brouhaha au petit matin. Une troupe de 6 geais des chênes (Garrulus glandarius) se font la guerre des les robiniers faux acacia (Robinia pseudoacacia). Plumes dressés sur la tête, cris et même petits coups de becs, le temps n'est pas à la diplomatie. Le bleu de leurs ailes et leur gorge saumon se dessinent entre les feuilles naissantes. Il s'agit d'un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent pas de pigments de cette couleur, c'est leur structure qui renvoient cette couleur. On parle alors de bleu structurel.

DSCN1855Le geai des chênes porte bien de son nom car les glands composent une grande partie de son alimentation, en particulier l'automne. À l'arrivée de l'hiver, il fait des provisions qu'il enterre dans le sol. Intelligent, il mémorise chacune de ses cachettes mais aussi ce qu'elles contiennent. Il consomme alors prioritairement les denrées qui s'abîment vite. Néanmoins il ne parvient pas toujours à retenir où sont les 1500 loges et certaines ne sont jamais ouvertes. Les graines et en particulier les glands qui y sont dissimulés peuvent alors croître pour donner des arbres. Le geai contribue ainsi à la régénération des forêts. Si c'est un allier des forestiers, son attirance pour les fruits des vergers conduit chaque année à la mise en place de campagnes de tirs et à son classement en espèce chassable, à moins que ce soit l'idée tenace mais complètement fausse que la prédation qu'il peut avoir de temps à autre sur les oisillons conduisent à la diminution de certaines espèces de gibiers ...

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La saison des canetons est ouverte ! Les mères canards colverts (Anas platyrhynchos) sont venues sous nous fenêtres les premières semaines du confinement avant de se faire plus rares. Le record de 2019 des 21 canetons pour une canne n'a pas été encore battu mais nous avons tout de même vu une famille avec 19 petits. Plus généralement nous comptons des portées de 1, 3, 6, 8 ou 12 jeunes. C'est un véritable exploit de voir les femelles réussir à mener leurs progénitures à l'âge adulte, les prédateurs étant nombreux. Les rapaces, les renards mais surtout les chiens des promeneurs, les chats ensauvagés et même les silures figurent parmi les dangers et pour certains, ne devraient pas à mon sens exister si nous étions plus responsables avec nos animaux de compagnie.

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Et puis parfois il y a des ratés. Cette femelle accompagnée d'un mâle s'est montrée peut attentive en vers ses poussins, les abandonnant fréquemment et longtemps malgré les cris plaintifs de ceux-ci. Nous ne parviendrons pas à les sauver et chaque jour nous verrons leur nombre diminuer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul. Ce comportement peu commun peu s'expliquer de nombreuses manières : des canetons avec des tares non visibles à nos yeux et conduisant la mère à l'abandon, un instinct protecteur peu ou pas développé, une nouvelle couvaison ou un cycle d'ovulation en route d'où la présence du mâle ... le mystère reste entier.

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Qu'ils sont adorables à barboter dans l'Yzeron au milieu du pollen qui flotte à la surface. Ils sont sortis de leur oeuf après 28 jours d'incubation par leur mère. À leur sortie, ils quittent directement le nid pour ne plus y revenir, on les dits alors nidifuges. C'est un trait de caractère propre aux oiseaux dont les poussins doivent être en capacité de se débrouiller dès leur naissance pour chercher leur nourriture. Les rapaces et la plupart des passereaux sont dit quant à eux nidicoles, c'est à dire que les oisillons restent au nid et on besoin d'être nourris par leurs parents. Les cantons seront élevés pendant 7 semaines avant de devenir indépendant et de se reproduire l'année suivante.

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En fin d'après-midi, les colverts ont pris l'habitude de se poser sur le muret qui se trouve juste en dessous de la fenêtre pour se reposer. D'ordinaire il y a encore de nombreuses voitures et de travailleurs qui passe par là mais en cette période la voie sans issue est vide et peu sont ceux à si promener. Nous pouvons alors les observer à loisir. Si l'espèce est commune et connue de tous, on ne prend pas toujours le temps de l'observer dans son comportement. Par exemple ici, en regardant le mâle de plus près, on peut voir qu'il n'a pas de plumes qui rebiquent au bout de la queue, signe qu'il n'est pas dans une phase de séduction ou de reproduction.

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Au bout de 3 à 4 semaines, les colverts se sont montrés de moins en moins timides, peut être en raison des nourrissages qui se sont multipliés. Pourtant on ne le répétera jamais assez, le pain et autres produits de boulangeries sont dangereux pour les canards et les cygnes, leur en donner c'est les condamner. Plumes abîmés rendant les oiseaux inaptes au vol, dénutrition, ailes retournées, perte d'impermabilité les rendant incapables de flotter, trosions de l'estomac, étouffemens, intoxications bactériennes ... ce ne sont là que quelques uns des problèmes engendrés par cette pratique. Et pour ceux qui répondront que l'on ne voit jamais des canards dans cet état, je leur répondrai qu'ils ont bien de la chance de n'être jamais tombés sur le cadavre d'un volatiles dans les fourrés, les animaux se cachant toujours aux yeux des prédateurs et de leurs congénères pour mourir.

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Voilà un autre animal qui profite du calme des rues. Les chats domestiques (Felis silvestris catus) et les chats arrêts, des chats de salon ensauvagés, on prit possession des lieux. J'ai beau adorer les chats, je ne peux m'empêcher de penser aux dommages qu'ils causes à la faune. Chaque année ce ne sont pas moins de 12 millions d'oiseaux qui sont prédatés par les nos félins. À mon sens, je ne vois pas vraiment de solution. La castration, la diminution des animaux de compagnies et la sensibilisation du grand public me semblent être les meilleurs outils pour concilier temps bien que mal chat domestique et biodiversité.

DSCN1634 (2)La photo est floue mais la silhouette ne trompe pas. Plumage noir, bec jaune et vol saccadé, nous sommes en présence du grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Rapide, il vole presque aussi vite que le colvert (67 km/h), ce qui en fait le deuxième oiseau le plus rapide de France au vol battu, le maître toutes catégories confondues restant le faucon pélerin suivit des martinets noirs et des martinets à ventre blanc. Pour en revenir au cormoran, il ne passe qu'occasionnelement au-dessus de nos têtes, préférant d'ordinaire suivre le fleuve. Si l'espèce n'est pas connue comme nicheuse dans la région Auvergne Rhône-Alpes, entre 1989 et 2019 quelques cas ont été signalés dans la Dombe dans l'Ain et il y a des suspissions de nidifications dans le Rhône du côté de Jonage et dans la Loire. Si la population se porte bine à l'heure actuelle, elle reste fragile. N'oublions pas que l'oiseau à manqué de disparaître de France. L'absence de blanc sous le ventre indique qu'il s'agit bien d'un adulte et non d'un immature. Vu la saison c'est étonnant d'en voir un ici, la saison de reproduction ayant déjà débuté un peu partout dans le pays.

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Celui-là, on ne peut pas le louper. L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un très bel oiseau qui si il semble sombre de loin, aborde un plumage coloré, ponctué de taches blanches et de reflets irisés. Un grand bec jaune ponctue l'ensemble, au risque de le confondre au mâle du merle noire (Turdus merula). Grégaire, nous voyons tout aussi bien de grands groupes que des couples et des individus isolés, ces derniers étant toujours rejoints par des congénères. L'exception est faite quand ilse  trouve sur une antenne ou une branche où il chante sa sérénade, une mélodie qui nous accompagne du matin au soir pour notre plus grand plaisir.

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C'est la grande saison de reproduction. Ce peuplier et plus particulièrement ses branches mortes donnent là de quoi préparer au mieux le nid de l'étourneau. Installé dans une cavité, le plus souvent de pic épeiche ou de pic vert, il peut tout autant être fait dans un tronc creusé par les âges que dans un vieux bâtiment aux mûrs défraîchis. En ville et en agglomération, on le trouve même à nicher dans les lampadaires.  4 à 6 oeufs bleus seront pondus puis couvés pendant 15 jours. Il faudra encore 21 jours pour voir les oisillons s'envoler et 5 à 10 jours pour qu'ils puissent devenir autonomes. Ils rejoignent alors des groupes de jeunes avec qui ils passeront l'automne et l'hiver.

DSCN2055Son régime alimentaire est varié. S'il est essentiellement insectivore, il peut aussi se tourner vers les raisins et les fruits, en particulier quand les insectes se font rares comme ces dernières années. Les dégâts qu'il peut occasionner (et qui ne sont pas anodins chez certains exploitants) le place bien souvent, trop souvent, sur la liste des espèces pouvant occasionner des dégâts et anciennement appelées nuisibles. Ce terme n'est plus reconnu depuis 2016 dans la législation française mais continue à être utilisé dans le langage courant. Grands amateurs de larves de tipules (Tipula), on peut les voir ici et là les débusquer dans les pelouses et les prairies. C'est un chance pour le jardinier qui aime sa pelouse et qui doit faire face au dépérissement de l'herbe, les larves en question s'attauquant parfois au colet et aux racines des poacées (graminées), conduisant à leur jaunissement puis à leur mort par dénutrition.

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En voilà une autre qu'en cette période on ne croise que peu souvent. La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) déserte le Rhône à l'arrivée du printemps pour aller nicher dans la Loire où se trouve un des plus grands sites de nidification de France mais aussi sur les côtes bretonnes et du nord. Ici il s'agit d'un juvénile, sa tête n'étant pas entièrement noire et les plumes de ses ailes étant pour certaines teintées de brun. D'ordinaire grégaire, en voir une seule détonne. Elle ne tardera pas à nous quitter pour rejoindre ses congénères, peut être dans la Loire mais aussi du côté des Pays de l'Est, des adultes avec des bagues ayant été observées cet hiver le long du Rhône, des bagues indiquant qu'elles venaient d'Estonie, de l'Ukraine et de la Pologne.

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Il y a moins voire plus de fauches aux abords des immeubles et le long de l'Yzeron. C'est une explosion végétale qui se profile alors. Le lamier maculé (Lamium maculatum) est l'une des premières fleurs à avoir fait son apparition. On l'appel maculé car ses feuilles sont parfois tachetés de blanc même si dans la région on l'observe peu. Si elle préfère d'ordinaire les zones ombragées et fraîches, on la trouve aussi dans des milieux plus ouverts, du moment que la terre est suffisamment riche pour subvenir à ses besoins. J'aime en récolter les fleurs pour les faire sécher et les utiliser dans les infusions. Si elles n'ont ni goût, ni vertus, elles ont l'avantage de colorer l'eau en un rouge-violine profond, ce qui je trouve donne encore plus envie de les boire.

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Un autre lamier se trouve non loin de là. Il s'agit du lamier blanc (Lamium album). Appelé ortie blanche, il n'appartient pas à la famille des orties, les urticacées mais à celle des lamiacées, que l'on reconnaît le plus souvent à leur tige carrée. S'il a quelques propriétés médicinales comme celle d'être expectorante un grand nombre de celles qui lui sont attribuées sont en réalité absentes chez cette plante. En effet sa blancheur lui a valu dans la théorie des signatures d'être associé à la pureté, et on lui prêtait à tort la capacité d'accroître la production de lait chez le bétail, et en particulier la vache mais aussi chez la femme.

DSCN2897Un petit dernier pour la route, présent à moins d'un mètre des deux premiers. Il s'agit du lamier jaune (Lamium galeobdolon). Lui aussi est appelée fausse ortie. On lui préfère cependant le nom d'ortie jaune et comme pour les autres, il n'en partage que le nom.

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Sa reproduction passe intégralement par l'action des insectes. Sa pollinisation est entomogame, c'est à dire que ce sont les butineurs qui apportent le pollen de fleur en fleur et qui permettent la fécondation des ovules. De la naît des graines qui a maturité sont transportées par les fourmis, trouvant là une source de nourriture et qui bien involontairement finissent par les replanter. On parle alors de dissémination par myrmécochorie. Ce n'est pas le cas de la grande ortie (Urtica dioica) qui pousse au milieu de tous ces lamiers comme si elle aimait entretenir les confusions. La belle est anémophile, c'est à dire que son pollen est dispersé par le vent. Pour les graines on parle de dyszoochorie : la dissimilation des graines se fait lors du transport de ces dernières par des animaux qui souhaitent les manger et qui en laisse s'échapper.

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Le bal des rapaces commence. Au dessus de nos têtes mais aussi au loin dans la friches, ce sont pas moins de 8 espèces que nous avons entendu chanter et/ou voler. À notre tableau de chasse photo, il nous manque la buse variable (Buteo buteo) qui aie tourner dans les airs, le faucon pèlerin (Falco peregrinus) qui chasse dans le loin et la chouette hulotte (Strix aluco) que nous n'avons qu'entendue. Il m'en reste donc 4 à vous présenter. Figurent parmi celles-ci les milans. À gauche, il s'agit d'un milan royal (Milvus milvus), avec une envergure de 1,75 m à 1,95m d'envergure, ce qui en fait un grand oiseau. Les deux tâches blanches de ses ailes et sa queue fourchue ne laisse pas de doute. À droite il s'agit de son cousin le milan noir (Milvus migrans), plus petit mais plus ubiquiste. Tout deux reviennent d'Afrique même si quelques milans royaux passent l'hiver ici et dans le massif central.

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L'image est floue, et pour cause, elle est prise de nuit. Je n'aurai jamais cru voir sur Oullins, au milieu dans l'espace urbain, un faucon hobereau (Falco subbuteo). Ce n'est pas la première fois que nous le voyons, mais c'est notre première observation aussi longue et surtout, de l'oiseau dans un moment de vie. Celui-ci est afféré à mangeur ne grenouille, un autre surprise, l'espèce étant plutôt connue pour se nourrir de petits passereaux et d'insectes et plus particulièrement de libellules. C'est encore un migrateur qui pour sa part passe l'hiver en Afrique subtropicale et descend même jusqu'en Afrique du Sud. Il repartira de France à la mi-septembre, après avoir pondu 2 à 3 oeufs dans le nid abandonné d'un corvidé ou d'un rapace. La couvaison et l'élevage de la progéniture prennent 28 et 31 jours. Les jeunes restent un mois de plus en compagnie de leurs parents.

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De notre fenêtre, nous sommes des privilégiés. Au sommet de l'immeuble qui nous fait face, un couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) vient se reposer, particulièrement quand il pleut. Il nous a offert quelques fou rires aussi, notamment un soir à 20 heures où toute la barre se mettant à frapper des mains, l'oiseau posé sur le toit se mit à brailler comme pour se joindre à l'effort. Depuis quelques temps nous ne voyons plus que le mâle venir et pour cause, madame s'apprête à pondre. Celle-ci a arrêté la chasse et attend que monsieur viennent la nourrir. Chez certains rapaces, la couche de gras présent chez la femelle détermine le nombre d'oeuf. Plus le mâle est bon chasseur et peut assurer le nourrissage de la femelle, signe qu'il est fiable pour subvenir au besoin d'un grand nombre d'oisillons et que les rongeurs sont abondants, plus il y aura de jeunes au nid.

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Nous avons même pu à la toute fin du confinement, observer l'envolé de petits crécerelles. Nous n'en sommes pas sur mais nous pensons qu'il s'agit du couple nichant dans le parc que nous avons pu observer à deux ou trois reprises. Voilà un jeune mâle et une jeune femelles, sans doute frères et soeurs, accrochés tant bien que mal sur le grand immeuble qui fait office la plupart du temps de reposoir à leurs géniteurs, las de leur rôle font comprendre à leurs enfants qu'il est temps de prendre leur indépendance plus ou moins violemment.

DSCN1835 (3)C'est le dernier de la liste, l'épervier d'Europe (Accipiter nisus). Celui-ci tourne haut dans le ciel en compagnie de martinets à ventre blanc qui ne se gênent pas pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le bien venu du fait de son statut de prédateur. Le torse légèrement roux indique qu'il  s'agit d'un mâle, la femelle étant entièrement blanche et grise. C'est une espèce discrète, spécialisée dans la chasse des petits oiseaux, un trait de caractère qui s'observe au doigt médian de ses pattes qui est beaucoup plus long pour attraper les passereaux en vol plus facilement. Il préfère chasser dans les milieux ouverts entourés de boisements mais on le trouve aussi en ville. La chasse y alors plus compliquée, les proies se réfugiant majoritairement dans les haies. Le taux de réussite est alors de 5% seulement. Néanmoins, l'affût aux mangeoires permet à l'épervier de faire un bien meilleur score.

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Voilà le martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), avec pour la photo de gauche une comparaison entre ce dernier et l'épervier. C'est un oiseau de belle envergure, pas moins de 55 à 60 centimètres. Pourtant c'est un poids plume avec 80 à 100 grammes et pour les plus gros, parfois 120 grammes. Ce martinet niche d'ordinaire sur les paroies rocheuses, de préférence en montagne. Pourtant il semble avoir trouvé son bonheur dans quelques villes de France dont la métropole lyonnaise où les grands immeubles leur offre une opportunité bienvenue pour nicher. Dans certains quartiers en Suisse, on peut rencontrer pas moins de 150 couples.

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C'est un migrateur qui revient d'Afrique tropicale aux alentours d'avril pour nicher en Europe. C'est un des oiseaux les plus rapides de France, pouvant aller à plus de 200 kilomètres heures quand il poursuit un congénère pour défendre son air de nidification ou le territoire de la colonie. Quand le soir tombe et qu'il n'est pas encore venu la période de reproduction, les martinets à ventre blanc montent en altitude et vont passer la nuit à dormir en volant. Un comportement épatant, d'autant plus quand on sait que les jeunes peuvent passer les trois premières années de leur vie sans se poser. Un record détenue par d'autres oiseaux comme les albatros.

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C'est un insectivore qui avec son large bec, saisi les insectes au vol. Il peut ainsi prélever des papillons et des mouches mais le plus souvent ce sont des moucherons, des moustiques et des drosophiles qui font les frais de cet habile chasseur. Au moment de nourrir les petits il rapporte au nid une boulette d'insectes tout englués qu'il met une vingtaine de minutes à fabriquer. Les oisillons seront alimentés avec ce régime pendant huit semaines avant de pouvoir prendre leur envol. Ils reviendront années après années dans le secteur sans pour autant s'installer au même endroit que leurs parents, les colonies vivant souvent côte à côte.

DSCN2985Un nouveau venu ! Le martinet noir (Apus apus) s'est joint à son cousin. Plus petit avec une envergure de 40 à 50 cm pour 45 gr, il arrive un peu plus tardivement. Tout aussi rapide, ses moeurs sont relativement similaires à l'exception qu'il se fait beaucoup moins alpin. Adapté à la construction humaine, on n'observe plu qu'en Corse des individus nicher dans leur habitat naturel : les falaises et les cavités des troncs d'arbres. On parle alors d'espèce anthropophile. Dès la fin juillet, il quitte la France pour retourner en Afrique, continent où il trouve suffisamment de nourriture, l'hiver n'étant pas la meilleure saison pour trouver des moucherons et d'autres petits insectes volants.

DSCN2980Toujours sur l'immeuble d'en face, qui est une source d'inspiration formidable, les martinets noirs s'affaîrent. 17 entrées d'aérations abandonnées font office de sie de nidification et déjà, quelques individus s'y engouffrent. On classe les oiseaux en trois catégories : les effleureurs qui passent à proximité pour voir s'il n'y a personne dans les cavités (entre 1 et 2 ans), les frappeurs qui entrent quitte à se faire déloger violemment (entre 2 et 3 ans) et les nicheurs, qui occupent le site (plus de 3 ans). Un couple de martinet met plus d'un an à préparer son nid. Pour cela il collecte des fils de toile d'araignée portés par les airs, des plumes et des brindilles légères. Ils sont aussi connus aussi pour leurs courses  poursuites, que l'on nomme chasses huantes. Souvent menées par les jeunes, elles permettent aux différentes colonies de délimiter leurs territoires. C'est là qu'ils peuvent atteindre 180 à 200 km/h. Depuis nous avons pu faire une autre observation très sympa, un couple s'étant installé sous nos fenêtres. Nous pourrons, avec un peu de chance, entendre les petits piailler depuis la toiture où ils sont installés.

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En voilà un qui se montre autant qu'il se fait entendre et qui chante matin et soir, accompagnant souvent notre levé. Très répandu, il présent dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'il y ait des arbres. Ainsi les parcs urbains boisés, les forêts, les haies et autres bosquets sont pour lui un lieu tout trouvé pour nicher et se nourrir. Peu discret, on le reconnaît au brouhaha qu'il fait quand il cherche sa nourriture dans les feuilles mortes et à son cri caractéristique à son envol quand i lest dérangé. Son plumage noir et son bec jaune chez les mâles sont un autre élément de distinction. Les femelles sont de leur côté moins voyantes avec une livrée qui tire sur le roux et un bec gris-noir. Les jeunes sont similaires à l'exception des mâles qui ont le bec jaune.

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On peut parfois le confondre avec l'étourneau sansonnet, mais celui-ci est plus petit (à droite). Le merle noir mâle (à gauche) laisse voir une stature plus importante et ici, une gorge gonflée, prête au chant. Pesant entre 80 et 100 gr, son gabarit est souvent retenu pour évaluer et classer les autres passereaux dans les guides ornithologiques grand public. Il n'est pas toujours apprécié dans les jardins du fait de son appétence pour les fruits. Cependant il se nourrit avant tout de petits invertébrés, en particuliers de vers de terre qu'il récolte dans les pelouses rases et de larves de lépidoptères comme celles de tipules qui posent parfois problème dans les gazons.

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Les apiacées ce n'est jamais simple. Ici on croirait avoir une seule espèce et pourtant il y en a bien deux. À gauche, on se retrouve avec un cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), la tige toute verte, poilue et aux fleurs dont certains pétales sont plus longs que les autres. Rien  à voir avec le cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum) dont les pétales sont beaucoup plus uniformes et la tige teintée de pourpre ce qui lui vaut parfois d'être confondu à tort avec les ciguës. Si le premier est parfois consommé, le second est toxique et peut à l'ingestion provoquer des paralysies. Les deux aiment les lisières forestières, les haies et parfois la proximité de l'eau. Tout autant de raisons d'éviter de les confondre si on souhaite s'initier à la cuisine du cerfeuil des bois.

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Ils ne sont pas à l'abri des aléas du sol. S'il est courant de croiser des cerfeuils aux feuilles présentant des anomalies, en ville cette probabilité est plus élevé, le sol étant par endroits appauvri ou/et pollué. Ici il s'agit d'une dépigmentation, donnant au feuillage un motif sublime mais ne permettant pas à la plante la plupart du temps, de subvenir à ses besoin car manquant de chlorphyle pour synthétiser une partie de sa nourriture. Cela explique la fragilité de nombreux cultivars au feuillage dit panaché, souvent dû dans ce cas à une anomalie génétique.

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En voilà un que nous guettons chaque soir et qui est presque à chaque fois au rendez-vous. Il s'agit du héron cendré (Ardea cinerea), un bel oiseau d'un mètre de haut. La période de reproduction pour la plupart de ses congénères est bien entamée, et tandis que la plupart des hérons passent la nuit au nid, celui-ci vient pêcher à la tombée du jour et parfois se coucher dans l'alignement d'arbres qui nous fait face. Voilà seulement, il n'est plus le bienvenue depuis quelques jours, chassés par un couple de corneilles noires (Corvus corone) dont les petits sont nés depuis peu. Régulièrement, nous assistons à leurs course-poursuites presque tous les jours.

DSCN2155Hop, en deux coups de becs les poissons terminent dans le gosier du héron. Il profite de la faible hauteur d'eau pour se saisir des petites chevênes. Pour ce juvénile reconnaissable à son coup gris, c'est une aubaine, le lieu n'étant fréquenté qu'occasionnellement par un autre échassier et parfois par un vieux héron cendré au bec cassé qui traîne le plus souvent du côté du parc de Gerland. C'est d'ordinaire un oiseau farouche mais au fur et à mesure des jours et du confinement, celui-ci c'est montré de moins en moins timide, se laissant même approcher par les passants ou pointant le bout de son bec orangé dès 16 heures ou même 11 heures du matin quand il pleut et que les promeneurs se font rares comme ce 3 mai où il est accompagné dans sa pêche par un énorme silure glane (Silutus glanis) se tenant un peu plus loin et dont nous ne voyons que la nageoire dorsale dépasser de l'eau et quelques petits poissons sauter pour sauver leur vie à l'arrivée de ce monstre des rivières. À noter c'est le deuxième plus grand poisson d'eau douce d'Europe derrière le grand esturgeons (Huso huso) et figure dans le liste des 10 poissons d'eau douce les plus grand au monde avec l'estugeon blanc (Acipenser transmontanus) ou encore l'arapaïma (Arapaima gigas).

DSCN2170Pour en revenir au héron cendré, il lui faut 2 à 3 ans pour atteindre sa maturité sexuelle. Avec un peu de chance nous pourrons voir celui-ci pendnat un moment depuis chez nous. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à assister à ce spectacle, l'oiseau étant présent de partout. Asie, Europe, Afrique, Amérique du Nord, Océanie et même Groélande, sans oublier un détour par le Brésil, on peut dire que c'est une espèce qui sait s'adapter à son environnement, celui-ci aimant tout autant les prairies humides, les plages, les mangroves, les marais ou les lagunes pour peu qu'il y ait du poisson, des amphibiens, des insectes ou des rongeurs.

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Ce n'est pas le seul échassier à apprécier le coin. Nous voyons de temps à autre une aigrette garzette (Egretta garzetta) venir l'hiver. Printemps oblige, cela faisait bien longtemps qu'il n'y en avait pas eu une sur les rives bétonées. Celle-ci s'est pointée au bout du 43 jours de confinement. Contrairement au héron, elle semble préférer les eaux plus vives, en particulier quand c'es suote à la tombée de la pluie. La voir affronter le courant a de quoi déclancher quelques rires chez nous. C'est une espèce qui appartient elle aussi à la famille des hérons mais de plus petit gabarit que le précédent, comme on peut le voir à côté des colverts, ne dépasse que rarement les 600 gr pour une envergure maximale d'environs un mètre et uen taille de 65 cm.

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Très attachée aux milieux humides, on la trouve sur les cotes et le long des fleuves, même si elle reste rare dans les terres et même absente dans certains départements. Ici, elle trouve de quoi ce nourrir. Elle possède un régime alimentaire varié, se nourrissant de crustacés, de petits poissons, de larves ou d'insectes. Pour les attraper, elle peut brasser le fond de l'eau vaseux pour faire remonter les invertébrés à la surface, ouvrir des ails pour attirer les poissons par cette ombre bienvenue ou encore, pêcher en affût et déployer brutalement son cou pour harponner de son bec en un éclair une proie malchanceuse ou s'approchant imprudemment trop près de la surface.

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DSCN2335Des poissons qui plaisent aux oiseaux pêcheurs, dans le petit bout de l'estuaire de l'Yzeron que nous observons, il y en a des centaines et des centianres. Nous avons enfin pu prendre le temps de les observer et de les identifier. Voici Bubulle, une superbe carpe koï (Cyprinus rubrofuscus) ou nommée aussi carpe d'ornement d'une 20aine de cm et qui, normalement, ne devrait pas se retrouver dans le Rhône. En effet il s'agit d'un poisson d'agrément qui trouve d'ordinaire sa place dans les bassins et les mares. On peut supposer qu'il a soit été relâché dans le Rhône volontairement, soit utilisé comme appât à la pêche en raison de sa couleur attirant les poissons carnassiers comme le brochet. Ces deux pratiques l'une comme l'autre sont interdites. Outre le fait de mettre un animal dans un milieu qui n'est pas le sien, il peut conduire à l'installation d'une espèce invasive/EEE (Espèce Envahissante Exotique) et/ou, à l'appauvrissement génétique d'une espèce souche. Pour l'heure Bubulle ne semble pas poser de problème et échapper aux prédateurs comme les silures et les hérons. C'est par l'ensemble de tâches noires que l'on distingue à sur sa queue que nous parvenons à le reconnaitre, celles-ci étant semblables à des empreintes digitales. À savoir, c'est l'une des plus anciennes espèces de poisson domestiqué connue à l'heure actuelle.

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Restons dans le domaine avec la carpe commun (Cyprinus carpio). Ce gros poisson herbivore pouvant atteindre dans la nature pas loin de 8 à 10 kg (30 à 35 kg pour les plus grosses) et 60 à 80 cm, se reconnaît à sa bouche aux lèvres claires qui lui servent à brouter le fond de l'eau. Ubiquiste, on la rencontre aussi bien dans les rivières, les étangs et les canaux du moment que le courant y est faible, voire là où les aux les eaux stagnantes. Elle aime tout particulièrement les zones envasées et partage souvent la compagnie des brèmes comme sur la seconde photo où les deux poissons sont côté à côte, le plus petit des deux étant la brème. Péchée depuis au moins le néolithique, la carpe bien que moins consommé à notre époque moderne reste un poisson de choix.

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Nous sommes vendredi 8 mai, et pendant 2 heures, nous avons pu voir un ballet incroyable. 21 carpes, mais sans doute bien plus, défilent devantn os yeux, se préparant au frais. Certaines font une trentaine de centimètres, d'autres pas loin d'un mètre. Les voir tourner et se poursuivre dans moins d'un mètre d'eau arrête la plus par des passants peu habitués à ce spectacle. Pour notre part nous ne l'avions pas vu depuis 2017, un an après notre arrivée. Parmi les poissons présents, il semble y avoir plusieurs sous-espèces : carpes miroirs, carpes cuire etc.

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La voilà la brème bordelière (Blicca bjoerkna), poisson au milieu de vie si typique qu'il sert même d'indicateur. Ainsi si vous êtes dans une dans la zone dite « zone à brème », cela indique que vous êtes à l'exutoire d'une rivière ou dans un fleuve et que vous pouvez croiser des carpes, des sandres, des brochets, des silures ou encore des gardons. Cette brème se reconnaît à son dos trapu, presque bossu et à ses nageoires teintes d'oragné à la base. Longue de 25 à 30 cm, elle est souvent une proie de choix bien que délaissée par les pêcheurs. Poisson filtreur quand il est jeune, cette espèce se nourrie aussi bien de vers, d'insectes et de débris de plantes au fond de l'eau avec sa bouche orientée vers le bas. On a découvert qu'elle était l'une des espèces pouvant consommer la moule zébrée (Dreissena polymorpha), une espèce asiatique invasive pouvant obstruer les sorties d'eau.

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On trouve aussi de beaucoup plus petits poissons. À gauche il s'agit d'un groupe d'ablettes (Alburnus alburnus), un espèce grande 8 à 18 cm, aux écailles argentées et souvent appréciée des carnassiers, ce qui leur vaut d'être courament utilisés comme leurre pour la pêche au gros. Bien que petites, les ablettes peuvent vivre 6 ans, si elles sont assez habiles pour éviter tous les danger de la rivière. À droite il s'agit de eux jeunes perches communes (Perca fluviatilis), reconnaissables à leurs zébrures. Adulte, elle atteint 20 cm et se nourrie alors d'alevins, de crustacés, d'insectes et de petits poissons tel que l'abelettes. Nous avons donc le loisir de voire les proies et les prédateurs se cotoyer dans les mêmes eaux, sans pour autant voir de perches adultes. Il semble y avoir là plusieurs sous-espèces : carpes miroires, carpes cuires etc. à la vue des flancs.

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Cependant, le poisson qui nous fascine le plus n'est pas de ceux que je vous ai présenté jusqu'à là. Il s'agit de la chevesne (Squalius cephalus), et dont les belles nageoires rouges attirent notre oeil. Si on l'a trouve le plus souvent dans les rivières à truites et à saumons, elle se montre peut difficile et se développe sans mal dans le Rhône et dans ses affluents. Omnivore, c'est ce qui lui permet de se plaire dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'elle puisse former des bancs avec d'autres congénères. Si nous observons des individus dépassants rarement 20 cm, il faut savoir que les plus gros peuvent atteindre 80 cm pour 4 kg.

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Dans nos sociétés modernes, la chevesne n'est plus un poisson prisé en raison de ses nombreuses arrêtes, hormis en friture quand il s'agit de juvéniles. Autrefois, il était courant de le cuire au four ou en court bouillon. Néanmoins, elle reste très populaire dans les pays de l'Est où on la consomme bouillie, frite, farcie ou fumée. Présente en nombre dans toute l'Europe, elle représente une manne financière pour de nombreux ports de pêches des grands fleuves. Classé dans les poissons  chair blanche, il est riche en protéine et pauvre en calories.

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Voilà où se donne rendez-vous toute la poiscaille du coin. Si l'endroit ne paye pas de mine, on arrive en quelques pas à plus d'un mètre de fond, et croyez moi, j'en ai déjà fait les frais. La pente douce permet d'observer les poissons par ordre de grandeurs, les petits se tenant plus proche du pont, là où la hauteur d'eau est la moins importante et où, hélas pour eux, les hérons et les aigrettes les saisissent sans mal. Les gros sont un plus loin, afin de pouvoir se mouvoir sans s'échouer mais pas sans tomber nez à nez avec le hameçon des pêcheurs qui cherchent là, le plus souvent, de quoi faire un bon stock d'appâts ou un peu de pêche sportive avec les silures.

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Les photos le rendent mal, mais quand on parle de bancs dans le rivière Yzeron, on parle de centaines et de centaines de poissons qui, serrés les uns contre les autres, suivent le rythme lent de l'eau. Certains sont là pour frayer, d'autres pour échapper aux prédateurs ou au contraire, pour trouver de quoi se nourrir et d'autres encore viennent y chercher des eaux calmes ou riches en oxygène. Tout autant de raisons qui explique leur multiplicité.

DSCN2778Tout n'est pas si rose. De nombreux poissons flottes morts au fur et à mesure que la pluie se fait attendre. Pour autant il faut être prudent dans la conclusion et si la pollution reste une éventualité, il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir bien d'autres raisons. Faible teneur en l'oxygène de l'eau, sédimentation de celle-ci, trop hautes ou trop faibles températures, bactéries, champignons, virus, promiscuités entre les animaux ... le choix est vaste et souvent multiple. Nous l'avons surtout observé sur des brêmes bordelière (Blicca bjoerkna) mais aussi sur les brèmes communes (Abramis brama) qui, aimant le fond, sont beaucoup plus grosses et beaucoup plus difficiles à photographier. Pour les chesvenes et les ablettes, ce sont les poissons que nous avons observé avec le plus de dégâts aux nageoires, surtout chez les petits individus. Peut être est-ce dû à une forte prédation dans le secteur, des chasses étant souvent observées depuis la fenêtre. Pour les dégradations corporelles, il s'agit bien souvent de champignons. Ils sont présent sur toutes les espèces confondues, et cette brème en fin l'amère expérience.

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Parmi les infections que nous pensons avoir identifié, on peut parler des saprolégnioses, des micro-organismes de l'ordre des Chromista, et qui conduisent à des tâches blanches cotonneuses voire filamenteuses qui virent parfois au gris et provoque des nécroses dermiques ulcéreuses. Il y a aussi le Rhabdovirus carpio, un virus qui produit la virémie printanier et qui s'identifie à des saignements cutanés, en particulier au niveau de la queue. Ces maladies s'installent bien souvent sur des plaies et/ou quand l'eau à un pH acide.

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Voilà une fleur typique du début du printemps. La stellaire holostée (Stellaria holostea) se reconnaît à ses pétales blancs semi bifides, c'est à dire divisés en deux jusqu'au milieu mais aussi à ses tiges renflées à leur extrémité, un peu comme le serait des os. D'ailleurs c'est de là qu'elle porte son nom d'holostée, qui signifie "fait d'os". Plutôt forestière, elle pousse sur les talus ombragés en lisière et dans les forêts, sur des sols riches en humus. Dans l'usage traditionnel, et selon la théorie des signatures, on pensait qu'elle pouvait soigner les fractures - ce qui n'en est rien. Les jeunes pousses peuvent être utilisées en salade mais pour ma part je préfère les laisser aux chenilles de papillons de nuit qui en font leur alimentation unique, à l'instar de la noctuelle héliaque (Panemeria tenebrata), un petit papillon brun et orangé avec une grande variabilité de motifs.

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Autre plante du moment, la petite pimprenelle (Sangisorba minor) dont les rosettes aux feuilles tendres s'étallent dans l'herbe. C'est le moment de les récolter pour les manger en salade, leur goût étant proche de celui de la pomme et du concombre. Riche en tanins en particulier au niveau des racines, elle fût par le passé utilisée comme anti-hémoragique. D'ordinaire elle pousse dans les pairies sèches et les sols pauvres. La voir au bord de l'eau dans une terre humifère est surprenant, sauf si on prend en compte le fait qu'à l'origine les rives de l'Yzeron étaient bétonnées et ont été entièrement restaurées, laissant ça et là des ourlets de sols sableux pauvres.

DSCN2046Un éclair jaune fend la surface l'eau et une course-poursuite s'engage devant nous. Il s'agit de deux mâles de bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) qui se disputent le territoire. L'an dernier nous avons pu observer un couple nourrir et apprendre à chasser à leur jeune fraîchement émancipé. Il y a fort à parier qu'il en sera de même cette année. Ventre et croupion jaunes, sourcils et gorge blancs, dos gris souris et ailes couleur ardoise, on a là un oiseau superbe. Cependant elle ne serait être la seule à aborder ce plumage et il est aisé de la confondre avec la bergeronette printanière (Motacilla flava) et le bergeronette citrine (Motacilla citreola). Néanmoins ces deux dernières sont beaucoup moins courantes dans notre secteur et comportent beaucoup plus de jaune sur le ventre et/ou la tête. La bergeronnette des ruisseaux comme son nom le laisse entendre, est inféodée aux milieux d'eau vive. Elle niche dans les anfractuosités de la roche et des vieux bâtiments. Chez nous, c'est sur le vieux pont de l'avenue que le couple que nous suivons niche. Nous n'avons pas encore trouvé où exactement.

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C'est une migratrice qui entame dès septembre sa migration. Fuyant les hivers rigoureux et le risque de voir les cours d'eau qu'elle aime geler, elle se réfugie en Afrique et dans le bassin méditerranéen où elle s'assure ainsi d'avoir toujours des eaux libres lui offrant de quoi se nourrir. De retour en avril, parfois même plutôt, elle prend possession de son nid assez rapidement. Celui-ci est fait de végétaux. C'est là qu'elle pondra quatre à six oeufs qui seront couvés pendant deux semaines. Il en faudra deux de plus pour que les jeunes deviennent autonome. Le couple peut alors relancer une couvé pour juin ou juillet si les ressources sont suffisamment abondantes.

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La bergeronnette des ruisseaux est un oiseau insectivore. Elle chasse dans le lit des rivières, entre les galets et en eau peu profonde les mouches, les larves de phryganes (Phryganea) cachées dans leur fourreau, les nymphes et les argules que l'on nomme plus fréquemment poux de rivières (Argulus), de petits crustacés de 2 à 30 mm qui se fixent aux poissons pour s'en nourrir, le plus souvent au niveau de la tête. Bien que frêle avec une taille de 18 cm pour 15 à 23 gr, elle reste une redoutable chasseresse qui saisie ses proies sans difficulté.

DSCN2570 (3)La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) est particulièrement énergique et hante à tue-tête, que ce soit en face de la fenêtre ou dans le bosquet d'à côté. Seul le mâle à la tête noire, la femelle abordant une jolie calotte rousse, ce qui permet de différencier aisément les deux sexes. Son chant mélodieux peut être confondu avec celui du merle, mais il est plus rapide et n'est pas flûté. D'ailleurs si vous voulez le découvrir, je vous invite à l'écouter sur le studio les trois becs. Elle peut même imiter d'autres espèces de passereaux comme le rossignol philomèle. On retrouve cette espèce dans les milieux ouverts, dans des boisements plutôt jeunes et les lisières de bois. Les ripisylves, les forêts de bord de rivière, figurent parmi les habitats qu'elle affectionne. Elle y trouve les insectes dont elle nourrie ses petits mais aussi les baies dont elle se gave à l'automne avant de partir en migration. Dérèglement climatique oblige, la douceur locale et l'abondance de nourriture incitent de plus en plus de fauvettes restent à l'année dans le Rhône. Les petits suivront le même chemin que leurs parents dès leur première année.

DSCN2556De celle-là, on s'en serait bien passé. Il s'agit de l'une des renouées invasives, au nombre de 3 : la renouée du Japon (Fallopia japonica), la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis) et la renouée de Bohème (Fallopia bohemica),  l'hybride des deux premières. Venues d'Asie et naturalisées en France au 19e, ce n'est seulement que depuis les années 50-60 qu'elles posent soucis. Certes elles ont des avantages, mais cela ne serait faire oublier qu'elles détruisent les berges, colonisent des milieux en conduisant la disparition d'un grand nombre d'espèces végétales et l'enthomofaune, elles concurrencent les autres plantes à fleurs en étant plus attractive pour les pollinisateurs et à terme transforment les paysages en déserts vert. Il faut aussi tordre le cou à l'idée courante selon laquelle elles pousseraient uniquement sur les sols pollués, ce qui est loin d'être le cas mais aussi, qu'elles sont dépolluantes. Certes elles captent une partie des métaux lourds du sol en se développant, mais dès que leurs parties aériennes fanent ou qu'elles même meurent, elles rendent cette pollution au sol, parfois même en surface là où les composants se trouvés profondément enfuient, ce qui contribue à rependre ceux-ci dans l'eau et dans la litière forestière. Il ne faut donc pas avoir peur de les traitr pour ce qu'elles sont, des invasives.

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Tournons la tête. À côté de nous, une mésange charbonnière (Parus major) est toute occupé à faire sa toilette. Sa large cravate noire se terminant entre ses pattes indique qu'il s'agit d'un mâle, la femelle ayant une plus petite cravate. C'est un passereau adapté à beaucoup de milieux du moment qu'il comporte des arbres. Les parcs, les forêts, les jardins, et les friches sont les lieux où on est presque toujours assuré de la voir ou de l'entendre. Vivant en couple à la période de reproduction, cette mésange devient plus grégaire à l'arrivée de l'automne et se déplace bien souvent en groupe que l'on peut observer aux mangeoires l'hiver. Insectes, bourgeons, fruits, graines et mêmes animaux morts, elle sait tirer profit de la moindre ressource de son territoire.

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Des cris se font entendre. De l'autre côté de la rivière, les jeunes mésanges charbonnières prennent leur indépendance. Les parents continuent de venir leur apporter de quoi se nourrir depuis 4 jours mais il leur faudra bien vite apprendre seuls. On reconnaît les juvéniles à leur jouent jaunes et non blanches, à leur plus petite taille à leur bec bordé de jaune, le jaune citron de leur ventre et de leurs ailes ainsi qu'à leur cravate peu marquée.

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DSCN2302 (2)Ô surprise ! Elle n'est pas seule ! Outre la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange noire (Periparus ater) qui traînent dans le coin, voilà que la mésange huppée (Lophophanes cristatus) s'invite ! Nous sommes ravies de l'observer car sans qu'elle soit rare, ce n'est pas courant pour nous de l'observer. Plumes dressées au dessus de la tête, motifs blancs et noires sur la face et ventre chamois, on ne peut pas la loupée. Le plus souvent on l'observe dans les conifères, à décortiquer les graines. À l'arrivée du printemps elle se tourne vers les insectes pour nourrir ses petits. Son nid est fait dans un entrelacement de branches, dans une cavité ou encore dans les vestiges d'un grand nid de rapace ou de corvidé. Fait de mousses, il peut contenir 5 à 8 oeufs. Couvés pendant pendant 2 semaines , il faudra encore 22 jours avant de les voir s'envoler et trouver leur propre territoire. Territoriale, elle le défend sans ménagement son espace de vie et ne se montre jamais grégaire. La plantation de plus en plus fréquente de pins et de cèdres favorise son expansion à travers tout le pays, mais on la rencontre aussi dans les parcs et les jardins.

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Un orage bienvenue s'invite dans la soirée, après des semaines de sec. Le lit de la rivière se gonfle, l'aigrette revient, les feuilles des robiniers faux acacia desséchées reprennent vie et les canards s'en donnent à coeur joie en barbotant gaîment. Le Rhône, comme la moitié du pays, est à la mi-avril classé dans les territoires dont les niveaux de précipitations sont très bas. Ajoutons à cela des températures records, et nous voilà à la limite de la sécheresse. Heureusement toute fin avril, voilà que la pluie tombe, et avec ça les arcs en ciel. Cependant ne crions pas victoire trop tôt. Depuis début mai, la tendance est aux fortes chaleurs voire très fortes, et il faudra encore bien des précipitations pour retrouver un niveau viable pour les nappes.

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Voici la lune du 4 mai qui se lève dès 17h14. C'est une lune croissante descendante. 87 % de  son disque est illuminé et on peut déjà voir un grand nombre des cratères des mers lunaires. Elle illumine la végétation sur notre retour à l'appartement. Cependant ce n'est pas la lune que nous attendons. Celle du 7 mai attire ma convoitise. Son lever est tardif : 21h24. Éclairée à 99%, il s'agit de la pleine lune et même d'une super lune ! Ce terme désigne une lune pleine qui se trouve à la plus petite distance possible entre cet astre et la terre. En résulte la possibilité d'en faire de très belles observations et des marées un peu plus marqué qu'à l'ordinaire.

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Passons du côté des corvidés avec les pies bavardes (Pica pica). Elles figurent parmi les espèces que j'adore, et pas seulement parce que son nom scientifique est le même que le cri d'un célèbre pokémon. C'est un oiseau facilement reconnaissable à son plumage noir et blanc irisé, à sa longue queue et à son vol battu. Très intelligente, la pie s'installe dans un grand nombre de milieux du moment qu'ils aient un espace ouvert. Elle a tendance à prendre place de plus en plus dans les espaces urbains, car elle supporte mal de vivre en compagnie du geai des chênes (Garrulus glandarius) qui plus forestier, voit ses populations augmenter sans que l'on sache encore exactement pourquoi. Les nichées de pies connaissent une baisse importante de leur taux de survie (jusqu'à 24%) si des nichées de geais se trouvent à proximité, expliquant cet exode observé.

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Il n'en fallait pas plus à certains pour décréter que leur nombre était trop important. Classée anciennement nuisible et désormais dans la clade des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, on s'en donne à coeur joie pour la détruire. Tirs, piégeages, appelants et même corvicides, un mot poli pour dire poison, tout y passe. Son tort ? Être trop bruyantes pour les oreilles de certains, manger les graines destinées aux passereaux pour d'autres, becter des fruits et surtout, on l'accuse à tort de se nourrir d'oisillons voire du petit gibier. Dans les faits la pie se nourrie essentiellement d'insectes, ces derniers représentant dans la majorité des cas plus de 80 % de son alimentation. À ça s'ajoute des fruits, des charognes ainsi que quelques oeufs et/ou jeunes oiseaux dont les parents n'assurent pas la garde correctement. Elle joue de ce fait un rôle essentiel en permettant de maintenir la sélection naturelle des populations de passereaux qu'elle peut prédater. Ces faits ne sont pas nouveaux, et sont abondamment documentés par les études de terrain et la littérature scientifique. Hélas, les idées reçues ont la vie belles et de nombreuses mentalités ne sont pas prêtes de changer. Quand on lit sur les forums dédiés au tir et au piégeage des corvidés qu'il est regrettable de ne plus pouvoir tirer les moineaux ou les cigognes (et ce n'est pas anecdotique) parce que c'est "amusant", que l'on a encore beaucoup de chemin à faire.

DSCN2827J'adore les corneilles noires (Corvus corone). Celles-ci ont aussi mauvaise presse, si ce n'est plus que les pies bavardes. Depuis le début du confinement, nous pouvons observer un couple qui niche sur un platane qui nous fait face. L'an dernier, il avait mené à terme une couvée de trois jeunes que nous avons pu observer dans leur émancipation. Nous nous étions attachée à l'une d'elle, frêle et aux plumes décolorées comme tous les membres de sa famille. Pains, fast food et autres nourritures industrialisées sont un désastre pour les oiseaux, et nous nous en observons les conséquences directement sur ces animaux. Hélas, les parents entamant une nouvelle nichée, elle a été chassée du territoire malgré tous ses efforts pour rester en leur compagnie. Je ne m'attarderai pas beaucoup plus sur les corneilles. En effet, je prépare un petit article de derrière des fagot sur des observations folles que nous avons pu faire. Depuis le 3 avril, nous nous sommes aperçu qu'une puis deux corneilles avaient pris l'habitude de pêcher des poissons directement dans la rivière. Un fait rare et fascinant que nous essayons de documenter au mieux.

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Nous voilà à nous remettre à l'observation et à l'étude des arbres. À gauche, il s'agit de l'orme champêtre (Ulmus minor), une espèce qui se raréfie un peu partout en France, la faute à la graphiose. Cette maladie est véhiculée par des scolytes qui se nourrissent des écorces et par contact racinaire. Néanmoins, ce ne sont que les ormes de plus de 20 ans qui sont touchés. Celui-ci semble arrivé à la date fatidique. Il partage la même friche avec l'érable plane (Acer platanoides) à droite. Sa floraison est superbe et je ne prends que trop souvent le temps de l'observer. Elle a prit fin très vite pour être remplacé par des feuilles vertes mates.

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Quelle belle surprise ! Sur notre chemin de ballade nocturne et alors que la nuit tombe (d'où le flou, la luminosité de la photo étant trompeuse), un pic épeiche (Dendrocopos major) se pose juste devant nous dans un saule. On reconnaît ici qu'il s'agit d'une femelle, celle-ci ne présentant pas de calotte rouge à l'arrièe de la tête. Sautant de branche en branche, elle finit par partir dans le parc en poussant de nombreux cris. Selon les régions, la nidification s'établie entre mars et mai, et les premiers tambourinements sur les troncs pour ouvrir la saison des amours se font parfois entendre en décembre. Chez cette espèce, c'est surtout le mâle qui couve les 5 à 7 oeufs qui ont été pondue, la femelle le ravitaillant à heures régulières en insectes et graines.

DSCN2733 (2)Retour à l'appartement. Un bruit se fait entendre dans le ciel. Ce n'est pas un oiseau mais un Mavic 2 Enterprise Dual, un drone utilisé par les forces de l'ordre. Nous l'aurons vu tourner dans le secteur 5-6 fois, nous rappelant au passage que le quartier sans être chaud, n'est pas non plus des plus calmes. Inondation, vols, tentatives de cambriolage, voitures volées puis brûlées ou fracassées, agressions, immeubles en feu ... depuis notre fenêtre et surtout depuis notre arrivée il y a 4 ans nous en avons vu des vertes et des pas mures, mais cela serait dresser un portrait peu fidèle de notre coin de paradis. Certes la violence est présente, mais il faut dire aussi qu'Oullins n'est pas que cela. Commerces de proximité, poumon vert qu'est l'Yzeron, parcs et jardins, initiatives de solidarités entre habitants ... la liste est longue. À travers mon travail j'ai même pu organiser une sortie de découverte des oiseaux en ville, participer au collectif de compostage et je m'émerveille tous les jours des nombreux animaux et plantes que je peux croiser. Cela ne reste pas la campagne ni la montagne où nous rêvons de vivre, mais pour le moment le lieu nous siée bien.

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Un délicieux parfum vient se frotter à nos narines. Les robiniers faux-acacias (Robinia pseudoacacia), appelés à tort acacias dans le langage courant, sont en pleine floraison. Leur odeur lourde et sucrée attire de nombreux pollinisteurs à la recherche de nectar. C'est là un merveilleux moyen pour l'arbre de faire transporter son pollen vers un congénère et ainsi d'assurer sa descendance. Pollen qui, d'après des études toutes récentes, aurait la capacité de modifier les conditions météorologiques quand il est relâché dans l'atmosphères par beaucoup d'arbres en même temps, ce dernier se fractionnant et permettant aux gouttes de pluies de se former dans certaines conditions bien particulières. Fascinant. Entamée en mi-parcours de confinement, la floraison à hélas pris fin trois semaines plus tard. Fort heuresement, d'autres essences ont pris le relais.

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C'est le cas du sureau noir (Sambucus nigra), une essence que j'affectionne beaucoup. À l'heure où j'écris, quelques fleurs infuses dans un peu d'eau, de sucre et de citron au fond de mon frigo. Le mélange donnera à coup sûr une délicieuse limonade au goût floral. À l'automne il donne de délicieux fruits qui peuvent être consommées en sirop ou gelée. Cet étourneau ne s'y trompe pas mai il devra encore attendre un peu avant de s'en délecter. On peut le confondre avec les deux autres espèces de sureaux présentes ne France : le sureau rameux (Sambucus racemosa) aux fleurs en grappes et non en ombelles qui est plutôt inféodé aux montagne, et le sureau yèble (Sambucus ebulus) dépourvu de bois et entièrement toxique.

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Nous n'avons pas l'habitude de croiser devant l'immeuble cet oiseau pourtant si commun. Il s'agit de la tourterelle turque (Streptopelia decaocto). Petite et au plumage gris, on reconnaît ici qu'il s'agit d'un juvénile, les adultes abordant autour du cou un demi collier noir au niveau de la nuque. D'origine asiatique, elle a migré au XXe siècle pour prendre possession de l'Europe. En France, elle ne semble pas porter atteinte ni faire concurrence aux autres espèces animales et ne pas avoir d'incidence sur la flore. Granivore, on peut parfois l'observer au sol se nourrir des graines des herbacées et des arbres, mais elle peut aussi varier les plaisirs en picorant des insectes, des bourgeons ainsi que des fleurs. À cette période, la nidification de l'espèce est bien entamée.

DSCN1968 (2)Deuxième colombidé de la liste de ceux que nous avons pu observer. Il s'agit d'un pigeon colombin (Columba oenas), le plus petit pigeon de France et même d'Europe. On le reconnaît à son oeil noir, à son croupion blanc, à ses ailes grises et à son poitrail coloré. Attention à ne pas le confondre avec notre pigeon des villes dont certains ont des couleurs et des motifs très similaires. Il aime les grands parcs, les forêts mixtes non exploitées, les corps de ferme, les falaises, les pics rocheux et les vieux arbres dans lesquels il niche le plus souvent. Sur Oullins, plusieurs couples occupent les cavités des quelques platanes qui n'ont pas encore été abattus.

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Après le plus petit, voici le plus gros pigeon de France et d'Europe. Le pigeon ramier (Columba palumbus) est imposant, avec 500gr et plus pour les plus gros individus. La tâche blanche sur la nuque et une partie du cou chez les adultes permettent de le reconnaître du premier coup. La période de reproduction débute tôt, parfois en février ou en mars. Deux oeufs blancs assez gros sont pondus dans un nid plate-forme fait de branches dans les arbres. Comme pour d'autres oiseaux du même genre, il nourrit ses petits à base de lait de jabot, une substance laiteuse produite dans l'organe du même nom et qui est très riche en protéines et en lipides mais dépourvu de glucides. Les flamants et les manchots empereurs possèdent également cette faculté.

DSCN1648Voici le dernier de la liste, le pigeon biset (Columba livia). Il y a tant à dire sur sur lui. Moqué, dévalué, vu comme doué de peu d'intelligence et même sale, au première abord il est difficile de trouver un quelconque intérêt à l'animal. Et pourtant, son histoire est riche. Le pigeon biset des villes que nous connaissons est issu des grands élevages du Moyen Âge et de la Renaissance, voir même de ceux qui ont pris fin qu'au début du 20e siècle. À l'origine cette espèce est complètement sauvage, et vit sur les pourtour de la Méditerranée, en particulier en Espagne et reste rare en France. Certains fossiles vieux de 300 000 ans ont même été retrouvés en Palestine. Plus gris sur la tête, avec un paterne de couleur invariable, il préfère les falaises et les pitons rocheux. Farouche, il ne se laisse pas approcher. Tout l'inverse du pigeon urbain. Élevé pour sa chair, comme messager ou comme animal de compagnie, il a été pendant longtemps signe de richesse. Avoir autrefois un pigeonnier était signe de puissance, et plus celui-ci était gros, plus le nombre de pigeons était important et plus la fortune de son possesseur grande. Certains n'hésitez pas à faire construire des pigeonniers bien plus grands que nécessaire pour accueillir tous leurs oiseaux, se faisant passer pour plus riches qu'ils ne l'étaient. Cela se remarquait essentiellement au moment de marier les filles de la famille, où la dote perçue ne correspondait pas ce qu'elle aurait dû à la vu du dit pigeonnier. D'où l'expression "se faire pigeonner". Aujourd'hui la colombophilie est encore pratiquée, notamment à travers les concours de pigeons voyageurs que l'on peut reconnaître aux bagues en plastiques portées à leur patte. C'est le cas ici avec cette femelle qui le temps d'une journée a fait halte sur notre toiture. Michel, le pigeon que nous avons recueilli l'an dernier, y a bien tenté sa chance mais la belle, insensible aux sérénades, est repartie le lendemain.

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Les voilà nos deux rescapés, Jean-Claude à gauche et Michel à droite. Trouvés au sol l'an dernier après être tombés au sol, ils ont séjourné quelques temps chez nous avant de pouvoir prendre leur indépendance. Par chance, leur plumage à l'un comme à l'autreprésente des tâches et de singularités uniques qui nous permettent de les reconnaître parmi les autres pigeons. Ce sont là les vestiges de la sélection qui au fur et à mesure des siècles, a donné une grande variabilité de couleurs chez ces oiseaux, allant du blanc au noir, en passant par le blanc et toutes les variantes de gris et de beiges. Cependant, les oiseaux les plus claires semblent être ceux les plus prédatés et les pigeons domestiques ré-ensauvagés tendent à devenir de plus en plus gris même si des exceptions existent ça et là. Pour en revenir à nos protégés, si Jean Claude ne passe à notre fenêtre que très rarement, Michel s'y tient tous les jours et arrive parfois à grappiller quelques miettes.

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Michel est décidé à trouver l'amour. Le voilà qui se jette sur une pigeonne affairée à boire au bord de la rivière, au point de la faire tomber à l'eau. Bien que trempée, cela ne devrait pas être compliquée pour elle. Cependant nous l'observons s'ébattre et essayer désespérément de rejoindre la rive sans succès. Ne pouvant laisser l'animal se noyer sous nos fenêtres, me voilà plongée dans la rivière pour sauver la désespérée. Il lui en coûtera une nuit au sec et une sacrée chirurgie. En effet, ces pattes sont liées entre elles par un fil de pêche muni de plomb et certains de ces doigts nécrosés commençaient à se décrocher. Comme l'image, cela n'a rien de ragoûtant mais c'est une réalité, nos déchets tuent les pigeons mais aussi les cygnes, les cormorans, les aigrettes et bien d'autres oiseaux de la même manière. Même nos cheveux représente un risque en créant des nécroses autour des leurs doigts. Il aura fallu attendre plus d'une heure pour la libérer de ce fardeau, et même si elle en garde un lourd handicap, elle devrait sen sortir. Baptisée Micheline, elle ne convolera finalement pas en noce avec notre Michel.

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Il avait de quoi penser que notre ami Michel allait finir sur la béquille si n oubliait que les oiseaux possède un cloaque. Mais il semblerait qu'il ait trouvé l'amour à travers cette pigeonne nommée Georgette. Plus terne, elle est aussi estropiée aux pattes, ce qui pourrait laisser penser à un fétichisme du côté de notre ami emplumé dans le choix de ses conquêtes. Avec un peu de chance, ils mettrons rapidement une couvé de deux oeufs qu'ils pourront renouveler jusqu'à trois fois dans l'année. Il faudra attendre trois semaines pour les voir sortir de leurs oeufs, quatre pour quitter le nid et une de plus pour être pleinement indépendant, soit pas loin d'un mois et demi. Si on doit faire un rapide ratio entre le temps entre chaque ponte et leur nombre, Georgette et Michel seront parents à temps plein au moins six mois dans l'année ! Vous l'avez compris, je suis devenue une mère pigeon.

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En voilà un qui a dû suivre depuis sa branche et tout au long du confinement les feux de l'amour chez pigeons bisets. Il d'agit du pinson des arbres (Fringilla coelebs) et plus particulièrement d'une belle femelle à la vue de sa tête peu colorée. Nous le soupçonnant d'avoir niché en face de la fenêtre, tout comme le verdier d'Europe (Chloris chloris) et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) que nous parvenons à entendre chanter sans jamais pouvoir les photographier. Si nous l'avons vu tout l'hiver chercher des graines au sol, ce printemps il est plus discret, tout occupé qu'il est à chercher des insectes dans les arbres et arbustes pour nourrir ses petits.

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Je ne résiste pas à l'nevie de vous présenter encore quelques plantes du quartier. Lors de nos cinq sorties nocturnes, à la tombée de la nuit, nous sommes partis chasser avec notre appareil photo les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) et les alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), deux amphibiens qui depuis quelques temps bercent nos nuit de leurs chants quand le voisinage ne décide pas de nous faire partager sa musique à 2 heures du matin, ce qui est rare. Cette échappée est donc pour nous un véritable bol d'air, et nous laisse le temps de nous pencher sur l'iris d'eau (Iris pseudacorus) aux fleurs jaune d'or et sur la morelle douce amère (Solanum dulcamara), une espèce que je suis ravie de voir en zone urbaine, signe de l'ensauvagement de la ville.

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Si nos sorties sont aussi nocturne, outre le fait pour nous trouver seuls, c'est également pour observer les chauves-souris (Chiroptera). Dés les premières jours passés dans l'appartement, nous avons pu en observer une se s'accrocher dans une branche de robinier faux acacia avant de repartir en chasse. Cependant, elles se sont vite fait la mal, et c'est du côté du parc que nous avons dû aller traîner nos pieds pour les voir. Nous aurions dû, courant avril, fabriquer notre propre batbox pour écouter, enregistrer et identifier les cris et ainsi, savoir la quelle des nombreuses espèces à élue domicile sur la commune. Il faudra être encore un peu patient pour se lancer dans la construction et pouvoir jouer aux détectives nature.

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Jeune présentant un plumage brun-gris au niveau des ailes et un bec caractéristique car très peu coloré.

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Les cygnes tuberculés (Cygnus olor) ont animé un  bon nombre de nos journées. Le record est de pas moins 16 oiseaux au plumage blanc. Là aussi nous avons pu faire une étude approfondie de ces majestueux volatiles. Ce sont les plus gros d'Europe avec pas moins d'une envergure de 2 à 2,40 mètres et 13 kilos pour les plus gros. Beaucoup d'entre ont encore des plumes brunes, signe qu'ils sont des pré--adultes et que la reproduction n'est pas pour eux. D'ailleurs, nous pensons que leur présence peut tenir à cela, car chassés par les adultes reproducteurs ayant besoin d'un plus grand territoire à cette période de l'année, ils ont pu trouver refuge ici.

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Petite chorégraphie à apprendre par coeur en post-confinement pour se remettre à l'exercice.

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Les premiers temps, l'espace fût occupé par un couple, peut être celui de l'an dernier. Jour après jour nous avons pu observer leur parade nuptial : cou dressé, cou à droite, bec dans l'eau, à nouveau cou dressé, cou à gauche et nouveau bec dans l'eau. C'est un régale. Cependant monsieur, reconnaissable à son tubercule un peu plus gros au dessus du son bec orange, n'est pas près à partager. Le voilà occupé à chasser tous ceux qui s'approche. Seulement voilà, ils sont bien tenaces et semblent avoir fini par abdiqués, à moins qu'ils ne soient trop occupés à lancer la couvaison. Dès que les jeunes seront robustes, il y a fort à parier que toute la petite famille viendra de nouveau nous rendre visite, pour le plus grand bonheur des promeneurs qui sont nombreux à venir les voir, et hélas, à les nourrir de pain. L'an dernier, 70 cygnes sont morts en Alsace après en avoir ingéré.

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Bec plat, pattes palmés et aisance dans l'eau, nul doute que le cygne turberculé est un oiseau aquatique. Herbivore, il peut filtrer la vase avec son bec, pâturer les algues en immergeant son cou jusqu'au torse, brouter les prairies et les prés humides et même si l'occasion se présente, attraper des mollusques et des insectes. D'ailleurs, les derniers jours du confinement, les cygnes ont été à la fête. Un agent d'entretien semble avoir jeté l'intégralité de sa tonte dans la rivière. Voilà donc le repas servi pour les oiseaux qui s'empressent de s'y repaître, laissant la trace de leur passage dans la marrée verte. Là aussi je ne m'étendrai pas plus, ayant eu le temps pendant ces 55 jours de beaucoup écrire. Un article dédié spécialement aux cygnes européens et bien plus encore ne serait tarder dans les semaines à venir. D'autres espèces ce sont aussi faites tirer le protrait.

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Une dernière pour la route, avec la mauve sylvestre (Malva sylvestris) qui s'épanouie au bord de l'eau. Sa floraison rose, ses pétales veinés et ses feuilles rappelant la palmure d'un canard lui donne, je trouve, un charme fou. Riche ne tanin, ses fleurs peuvent être bues en infusion contre les mots de gorge, mais je préfère le plus souvent les laisser à la nature, de nombreux insectes en tirant usages. Je préfère collecter ses feuilles pour en faire des salades, des soupes ou des beignets farcies. Autant dire que la cuisine sauvage, ce n'est pas toujours voire rarement diététique avec moi.

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Les voilà les insectes dont en partie les pollinisteurs qui tirent profits des fleurs. Abeilles, coccinelles, cétoines dorées et papillons, tous ont profité que les tondeuses et débroussailleuses dorment au local. Seulement, depuis 10 jours elles tournent à plein carburateur et bien des espèces ont été rasés à ras, emportant dans leur mise à boule à zéro les oeufs et les larves de l'année. Cependant, certaines mentalités ont été ravies pendant ces quelques jours d'enfermement de ce retrouver sur un espace de nature permettant de remplacer les parcs, et il a fort à parier que dans bien des endroits, on peut verra la tonte drastique devenir plus douce et moins fréquente, au bénéfice de la biodiversité et du bien être de chacun des habitants.

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Voilà notre échappatoire, l'Yzeron.  C'est là que nous avons pu observer 55 espèces d'oiseaux pour seulement 1 espèce de mammifère, 1 espèce de reptile (le lézard de murailles), 9 espèces de poissons et 2 espèces d'amphibiens, soit 68 espèces de vertébrés à travers 1223 observatiosn rentrées sur le site de la LPO, Faune-France. Pour en revenir à la rivière , celle-ci serpente à travers 10 communes sur 25 kilomètres avant de se jeter dans le Rhône. Réaménagé sur une partie de son linéaire urbain, les 7 millions d'euros investis n'étaient pas de trop pour ce projet pilote et suivit au niveau de l'ONU. Peu à peu les effets se font ressentir, les crus sont moins violentes et mieux canalisées, la faune et la flore reviennent et le public profite de ce nouvel espace de vie. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années pour que les écosystèmes installés deviennent pérennes.

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En voilà un autre que nous adorons, mal aimé comme la pie et la corneille. Il s'agit du rat surmulot (Ratus norvegcus), souvent confondu avec le rat noir (Rattus rattus), beaucoup plus rare car supplanté par le premier au court du 18e siècle. Le rat surmulot est aussi appelé rat brun en raison de la couleur de son pelage ou rat des égouts du fait de son incroyable capacité à s'installer un peu partout dans nos réseaux souterrains. Pouvant transmettre certaines maladies, en particulier via son urine et ses déjections, il est bien souvent piégé et cela, jusque dans la coure de notre immeuble. Cependant, son fort taux de reproduction et sa croissance rapide, ainsi que la nourriture toujours plus disponible en ville (poubelles, pain donné aux oiseaux, restes de Mac Do jetés sur la voie public etc.) lui permettent de maintenir sans mal sa population. Ainsi, on estime qu'il y a deux rats apr habitants dans Paris et qui galopent joyeusement sous leurs pieds. Une véritable société parallèle s'étend sous nos pieds, car les rats sont très intelligents et possèdent un  système d'organisation semblable au notre.

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Le confinement, ça aura été l'occasion pour moi d'amméliorer ma cuisine, et croyez le ou non, j'ai même réussie à perdre du poids (le vélo d'appartement n'y est pas pour rien). J'ai pu redécouvrir Gastronogeek et me perdre dans ses lives, prendre l'envie d'acheter des livres comme "le répertoire des saveurs" de Niki Segnit et m'apperçevoir que j'étais devenue allergique à la fraise. Pas de bol quand on sait que Thomas en ramène régulièrement des marchés et de l'exploitation où il travaille (ça et quelques kilos de pommes, de carottes et de patates). Heureusement, je trouve aussi mon réconfort dans les énormes salades qui accompagnent chacun de nos repas.

Aujourd'hui est le dernier jour du confinement. Demain une nouvelle forme de normalité s'installera et cela, pour un temps dont nous n'avons encore aucune idée. Il faudra réinventer pour nombreux d'entre nous nos métiers. Pour ma part, je poursuis le télétravail jusqu'à la fin mai, ce que je vis un peu comme le prolongement du confinement. Un dernier clape dans les mains, un regard vers l'Yzeron et l'envie d'évasion se fait plus fort que jamais. Au total 63 espèces ont été partagés sur le blog (qui a fêté ses 8 ans il y a un mois et demi) sur la centaine que nous avons vu (flore et faune confondues), de quoi nous rappeler que la ville grouille de vie. Et pour le coiffeur ? On attendra encore un peu ! Pour l'heure, je me consacre surtout à mes livres.

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