lundi 8 avril 2019

Entre noire forêt et forêt noire.

DSC06618

Entre Alsace et Allemagne

Le temps est glacial et pour cause, nous nous trouvons au nord du pays, quelques part entre la frontière allemande et française. C'est l'occasion de découvrir cette région que je foule pour la première fois et que je ne connais qu'à travers mon écran et les nombreux livres que comporte notre bibliothèque. Peut être aurai-je bientôt l'occasion de vous parler d'eux. En attendant, retour sur l'Alsace et ses charmes.

DSC06778

À Münster, nous nous arrêtons sur le marché, histoire de prendre quelques pots de miel de sapin. Dans des troncs d'arbres fraîchement débités, se consument des braises qui ont le mérite de réconforter nos doigts givrés. De temps à autre, des branches de sapin bien vertes sont ajoutées au foyer. Un douce odeur de forêt et un nuage de fumée s'élèvent alors du feu. La forêt, parlons en justement. Nous avons pu prendre plaisir à découvrir de grands boisements péri-urbains où la faune où les corneilles noires, les écureuils et l'épervier se croisent dans la brume.

DSC06626

Petite excursion en Allemagne, aux portes de la Forêt Noire. Tout est givré. Ce massif montagneux, nommé Schwarzwald en allemand, connu plusieurs noms comme celui d'Abnoba mons à l'antiquité (Abnoba étant une divinité celte protectrice de la faune). Peu élevé, le plus haut sommet culmine à 1415 mètres d'alittude. Il est néanmoins plus froid que nos petits massifs du fait de sa latitude, ce qui permet d'observer une flore toute nouvelle pour moi, enfin, pour les rares tiges et feuilles qui ne sont pas prises par le gel.

DSC06551

Rien n'a été épargné, pas même le houx d'Europe (Ilex Aquifolium) ou le sapin pectiné (Abies alba) aux aiguilles pétrifiées. Pouvant pousser sur les sols acides jusqu'à 1500 mètres, le houx se plaît bien ici au milieu des roches granitiques, d'autant plus que l'on retrouve tout le cortège habituel : myrtilles, sapins et épicéas, airelles, germandrées scroïdoines et j'en passe. D'ailleurs, nos Voges ne sont pas différentes et ne se distinguent de la Forêt Noire que de part le fossé qui les séparent. Celui-ci s'est formé il y a 65 millions d'années. Bordé de forêts alluviales, il est devenu aujourd'hui le lit du Rhin et une aire capitale pour l'agriculture.

Cependant, le massif ne peut être réduit à son domaine forestier. On y trouve des tourbières d'altitude comportant une grande diversité d'espèces, pour certaines rares, ce qui a valu au site de prendre le statut de réserve de biosphère, lui permettant de faire face par des mesures de protection à l'urbanisation galopante.

DSC06602     DSC06549     DSC06564     DSC06626

Nous quittons le brouillard et les routes enneigées pour redescendre en plaine et observer nos premières cigognes blanches (Ciconia ciconia) de l'année. Si la plupart d'entre elles migrent vers l'Afrique, il n'est pas rare d'en croiser quelqu'unes restées en Europe pour passer l'hiver. Bien souvent il s'agit d'oiseaux trop faibles pour voyager, ou bien acclimatés à la région, soit par l'abondance de nourriture ou par les soins qui leur sont prodigués.

DSC06515

Passage par Colmar, appelée localement et affectueusement la "Petite Venise Alsacienne" en raison de ses canaux navigables à barque entourés de maisons à colombage. Mentionnée dès le 9e siècle, les demeures anciennes, les hauts remparts et les monuments imposants qui composent la ville attestent de son ancienneté, sans parler des vestiges antiques régulièrement mis à jour et qui font le bonheur des archéologues.

DSC06756          DSC06757

DSC06674

Les bois de Mulhouse se font avares en plantes remarquables ou remarquées. L'hiver est passé par là, il faut s'y faire.Champignons rougis et feuilles de ronces naissantes sont tout autant de flashs colorés qui attirent notre regard au rythme de nos pas dans le sous bois, cassant pour quelques instants la morne grisaille qui règne ici et qui pendant ce séjour, ne nous quittat pas une seule fois, hormis à notre départ pour d'autres contrées.

DSC06539     DSC06644     DSC06660     DSC06767

Avant de regagner notre petit appartement, nous faisons un crochet par le vert Jura, montagne que nous connaissons peu mais que nous rêvons de parcourir et, pourquoi pas, d'atteindre le sommet. L'occasion était trop belle pour ne pas poser un ou deux pieds dans les grandes forêts de conifères qui en sont caractéristiques et qui abritent de nombreux animaux comme le lynx, le tétras ou la gélinotte des bois, des animaux rares.

DSC07042

Un panneau interpella notre regard, au fond d'un cirque, se cache une immense cascade entourée de tufières. Cela ne va pas me rappeler les paysages de ma verte Chartreuse.

DSC07048

Peut être est-ce pour cela que nous sommes tant attirés par ce massif. Sur le chemin, nous sommes interpellés par les vestiges de vieux moulins à grain et à papier, profitant de la force de l'eau pour moudre le blé et la fibre de bois. Aujourd'hui il n'en reste que quelques pierres, de vagues souvenirs et des dessins au fusain sur une toile. Il me tarde de quitter ce grand froid pour vous parler des fleurs de printemps, des oiseaux nichant au nid, des actions du groupe jeunes LPO Rhône, de mon travail, des suivis d'amphibiens et de rapaces nocturnes mais avant cela, un détour par la Petite Camargue nous attends, à la frontière Suisse, vers les vertes étendues de Port Saint Louis. Il faudra néanmoins attendre le prochain article pour découvrir cette zone humide d'exception, qui fait le bonheur des limicoles, des oies, des harles bièvres et des canards sauvages.

DSC07030     DSC07039     DSC07045     DSC07058


jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

DSC06053

L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

DSC06052

Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

DSC06014

Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

DSC06191          DSC06218

DSC06235   DSC06257   DSC06262   DSC05960

Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

DSC06203

DSC06306     DSC06167     DSC06197     DSC06236

Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

DSC06221

DSC05968     DSC06181     DSC06217     DSC06230

Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

DSC06274

Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

DSC05990

Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

DSC06165

Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

DSC06161

Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

DSC06008             DSC06020

Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

DSC05999

DSC06299              DSC05987

Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

DSC06277

Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

DSC06064     DSC06293     DSC06296     DSC06348

DSC06335

Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

DSC06304             DSC06305

DSC06302

Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

DSC06119     DSC06166     DSC06360     DSC06362

DSC06121

mardi 19 février 2019

Retour sur la côte méditerranéenne.

DSC05751

L'hiver a débuté en douceur dans le sud de la France. Les bords de mer sont calmes, peu de monde flâne le long de l'eau, nous errons dans la ville avant de finir sur le rivage. Les goélands leucophés (Larius michaheliis) sont les rois de la plage à cette heure. Ils ont été récemment dissociés de leurs cousins les goélands argentés (Larius argentatus) dont les pattes sont roses. De ce fait, nos voisins anglais le nomment goéland aux pattes jaunes. C'est un grand oiseau avec une envergure maximale de 160 centimètres et dont le vol est similaire à celui des rapaces, se laissant porter par les vents et pouvant se reconnaître dans les airs à son battement d'ailes lent. Ce ne serait être la seule espèce remarquable qu'il est possible de voir en cette saison aux abords de Marseille et plus globalement dans le sud de la France. En effet bien d'autres bestioles nous ont fait le plaisir de pointer le bout de leur nez ou de leur bec. Parmi celles-ci, on compte le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula). Bien qu'il soit commun, on oublie souvent à quel point il peut-être fascinant.

DSC05779

Chez notre ami le rouge-gorge, mâle comme femelle chantent. Cela tient au fait que l'oiseau est très territorial, quelque soit son sexe, ce qui lui demande de faire savoir à ses congénères qu'il est là et que son domaine s'étant jusqu'ici. Peu farouche, on le rencontre en sous-bois, dans les milieux ouverts et au jardin où on peut le voir se nourrir à la belle saison d'insectes. Quand les invertébrés viennent à manquer, il se tourne vers les baies et les graines.

DSC05829

Le romarin officinal (Rosmarinus officinalis) est en fleurs. Son nom scientifique, tiré du latin, est des plus poétiques puisqu'il signifie "rosée de la mer". Caractéristique des sols secs et calcaires du sud de la France qui composent la garrigue, il est une source non négligeable de nourriture pour les pollinisateurs hivernaux comme certaines abeilles ou syrphes. D'ailleurs, le miel de romarin est très réputé pour ses qualités gustatives et médicinales.

DSC05784

Celui-ci provient du parc des Bruyères, une des nombreuses portes d'entrée sur les Calanques. Sa présence dans un parc nationnal interdit toute cueillette même s'il est abondant et apprécié en cuisine méditerranéenne pour parfumer les plats. Parmi les plantes présentes on trouve de nombreuses essences réputées pour leur parfum, leur floraison précoce mais aussi pour le fait qu'elles sont spécifiques à la région. En résulte un tableau bucolique digne du roman "La gloire de mon père" où les lianes et les buissons épineux s'entremêlent sur fond de roche blanche.

DSC05760

L'ajonc de Provence (Ulex parviflorus) surprend le promeneur. Outre sa jolie floraison jaune au coeur de l'hiver, il dégage une puissante odeur de noix de coco qui ne laisse personne indifférent. Ce buisson épineux était employé comme barrière impénétrable pour cloisonner les zones de pâture et protéger les habitations des maraudeurs.

DSC05761

On dissocie deux sous espèces, Ulex parviflorus subsp. funkii typique de l'Afrique du Nord et du sud de l'Espagne, et Ulex parviflorus subsp. parviflorus courant dans nos régions. Cet ajonc appartient à la famille des légumineuses au même titre que les pois ou les haricots. Il était et est encore parfois broyé comme fourrage pour le bétail. Souvent confondu avec le genêt, il se différencie de celui-ci de par son arsenal  défensif et la non toxicité de son bois et de ses fruits. On trouve de nombreuses espèces proches sur le territoire comme l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) et sa sous-espèce l'ajonc maritime (Ulex europaeus subsp. maritimus) typique quant à lui du massif armoricain.

DSC05758

Pour rester dans la thématique Pagnol, voici la clématite brûlante (Clematis flammula) nommée aussi clématite flammette. Elle est proche de la clématite des haies (Clematis vitalba) mais s'en distingue par ses folioles dentées et sa préférence marquée pour les littoraux et les zones de basse altitude (0 à 600 mètres). Autrefois elle était fumée tel un cigare par les enfants pour imiter les plus grand. On peut l'utiliser aussi comme allume feu.

DSC05790          DSC05792

Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea pityocampa) ont pris possession des pins. Issues d'un tout petit papillon de nuit blanc à la durée de vie éphémère : pas plus d'une nuit, les chenilles vivent en groupe dans un cocon commun d'où elles sortent la nuit pour se nourrir des aiguilles du conifère sur lequel elles vivent. De juin à septembre les papillons déposent jusqu'à 320 oeufs sur l'arbre hôte. Six semaines plus tard les chenilles en émergent, crées leur cocon et se mettent à table. Entre février et mars elles descendent de leur arbre, s'enfouissent dans le sol et se mettent en nymphose. À partir de juin les papillons émergent de la terre et cherchent un partenaire puis les femelles pondent sur les arbres et le cycle peut recommencer.

DSC05765

Passage par la plantation d'oliviers (Olea europaea var. europaea). La taille ne devrait pas tarder, celle-ci est nécessaire s'il on souhaite obtenir une fructification importante en favorisant les branches les plus solides et les mieux portantes. Dans le coin on peut également rencontrer l'olivier sauvage (Olea  europaea var. sylvestris), nommé aussi oléastre et dont la présence dans le sud daterait de - 8000 ans avant notre ère.

DSC05931

La globulaire buissonnante (Globularia alypum) est un arbrisseau petit et dense aux fleurs touffues bleues aux étamines et pétales abondants. Courant sur tout le pourtour méditerranéen, elle pousse en touffes isolées.

DSC05933

Médicinale, elle était employée comme panacée en Méditerranée sous forme d'infusion ou de teinture mère, en particulier pour soigner les problèmes liés au diabète en permettant après usage une libération accrue d'insuline. Antiseptique, cicatrisante, astringente et anti-fongique, sa consommation doit être encadrée et pour cause, elle peut aussi causer des vomissements, de l'exitation et des troubles nerveux. Son nom scientifique "Alypon" est tiré du grec et rend hommage à son usage populaire, le terme signifiant "qui soigne". Ses fruits (des akènes) sont dits épizoochores, c'est à dire qu'ils utilisent le plumage ou le pelage des animaux pour se disperser aux quatre vents grâce à leurs déplacements. On parle alors plus généralement de zoochorie.

DSC05914          DSC05926

La tarente de Mauritanie (Tarentola mauritanica) est un petit gecko méditerranéen aux moeurs nocturnes. On la rencontre sous les végétaux, dans les broussailles, dans les amas de pierres, sur les façades ensoleillées et sur les toits bien exposés. Chasseresse, elle se nourrie de larves et d'insectes cachés dans la végétation ou les failles de la roche. Elle peut même se nourrir de jeunes reptiles dont des juvéniles de son espèce si sa taille lui permet.

DSC05924

L'hiver, elle hiberne à demi-enfouie dans le sol ou la végétation, hémergeant quand le soleil se présente. L'été, elle sort la nuit et devient active à partir d'une température dépassant les 20°C. Avec l'emballement du climat, elle tend à remonter depuis le sud jusqu'à Lyon en passant par la vallée du Rhône. De ce fait, des prospections à la recherche de ce petit reptil rare et protégé sont organisées pour établir une cartographie de sa population. 

DSC05869

Comme chaque année, la bruyère multiflore (Erica multiflora) nous émerveille. Des millions de clochettes roses colorent les collines et donnent au paysage des reflets dignes d'un couché de soleil. À savoir, c'est une des rares espèces de bruyères à tolérer les sols calcaires.

DSC05799

Elle s'ajoute aussi la la liste des espèces méllifères présentées ici. Elle fait le bonheur de nombreux insectes de part sa longue floraison durant parfois plus de 5 mois. Bien que se développant en méditerranée, c'est une plante robuste qui peut résister à des températures frôlant le -10°C. Elle fait également fi des sécheresses prolongées ce qui lui a valu une belle place dans de nombreux jardins. Cependant, s'il on veut profiter de ses fleurs incroyables tout en gardant un joli buisson, la taille ne devra intervenir qu'à la floraison passée. De toute façon cette bruyère ne dépasse pas les 80 cm de haut et possède par nature un port harmonieux et ne nécessite de ce fait que très peu d'interventions. Facile de cullture quand le climat et la nature du sol s'y prêtent, on peut aussi bien la semer, la marcotter, la bouturer ou repiquer ses rejets printaniers.

DSC05874

Toujours depuis le parc des Bruyères (et dont désormais vous pouvez avoir une idée d'où il tire son nom), le paysage s'ouvre à nous. La Bonne Mère figure comme un point culminant au-dessus de la ville de Marseille tandis que la mer se dessine en arrière plan.  Au-dessus des falaises et éboulis calcaires du premier plan, un faucon crécerelle femelle (Falco tinnunculus) qui se différencie du mâle à l'absence de plumes gris-bleuté sur la tête, s'adonne à sa chasse quotidienne. Tout inspire le calme et la tranquillité dans ce parc, où seul le silence est rompu par l'abboyement des chiens des promeneurs, les cris des enfants et les halètements des coureurs.

DSC06429

Retour à la maison, avec un petit passage obligé par le massif des Alpilles. Son point culminant se trouve au sommet des Opies, à 498 mètres d'altitudes, bien loin de la pointe des Alpes culminant à 4809 mètres d'altitudes.

DSC06419

Surprise pendant notre ascension, un joyeux troupeau de chèvres naines nous accompagne. Agiles, elles escaladent les falaises nous distansant sans mal pour rejoindre le sommet. Par endroit nous employons des gaudres, petits ruisseaux typiques de la régions souvent à sec. Leur lit nous sert de sentier pour rejoindre le chemin balisé. Pendant notre visite nous avons également l'occasion de croiser de nombreux grimpeurs attirés par les parois rocheuses abruptes. C'est là aussi que le grand duc (Bubo bubo) à pour habitude de prendre ses quartiers mais pas de traces ce jour là du bel oiseau de nuit. La cohabitation entre hommes et rapaces nocturnes est difficile et souvent les activités de loisir font fuir les animaux nichant sur le massif. C'est sur cette pensée que notre périple prend fin ... enfin presque, car c'est sans compter sur notre petit tour par la Camargue. Suite au prochain billet !

DSC06383

dimanche 6 janvier 2019

Grands chantiers de fin d'année !

Voilà près de 2 mois qu'il n'y a plus d'actualités sur le blog et pour cause, cette fin d'année a été des plus riches. Nouveau travail, vie associative, aventures en tout genre en pleine nature ... bref, je me suis éloignée des réseaux pour entrer pleinement dans la vie active. Cette fin d'année est l'occasion pour moi de vous présenter toutes ses actions en quelques lignes et quelques photos.
DSC04728

LES PIEDS DANS L'EAU

L'été indien est bel et bien fini. Octobre et début novembre semblent loin. Ils ont été dans la continuité de cet été chaud et sec qui a frappé une grande partie de la France et qui a marqué nombre d'esprits, ne serait-ce que sur les questions liées au manque d'eau. Mi-octobre, nous avons fait notre dernier plongeon dans le lac d'Aiguebelette, à l'occasion de la fête des plantes rares bordant la plage et présenté dans le précédent article. Ce jour là, nous ne sommes pas les seuls et pour cause, la température extérieure est plus proche des 30°C que des 20°C, un événement certes plaisant sur le moment mais inquiétant quand on songe à l'avenir de notre monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. Trêve de paroles noires (ou pas), l'heure est aux souvenirs, en particulier à ceux liés à notre baignades, aux oiseaux et aux champignons présents ce jour là.

DSC04804Parmi les espèces du lac, on observe le grèbe huppé (Podiceps cristatus), un des plus gros représentants de cette famille. Il s'agit ici d'un individu qui sort de la juvénilité du fait que sa tête est encore en partie rayée, une caractéristique absente chez les adultes matures mais présente chez les poussins. C'est un bon pêcheur qui n'hésite pas à s'approcher des berges ou des hommes pendant ses parties de pêche.

DSC04807        DSC04697

Cet oiseau aquatique comme beaucoup d'autres connaît une forte pression, d'une part liée à la destruction de son habitat avec l'augmentation de l'urbanisme, que cela soit pour le logement ou la création d'espaces de loisirs, et d'autre part, liée au comportement du public en milieu naturel vis à vis de la faune et de la flore. Ayant pour statut celui d'une espèce à "préoccupation mineure", sa population est de faible taille en France (6 000 à 10 000 couples). La chasse pour ses plumes, aujourd'hui interdite, en est une des raisons. Cependant le risque demeure. Lors de notre séjour, nous avons pu observer de nombreux comportements pouvant impacter le gracieux animal. Chiens non tenus en laisse qui tentent d'attraper les oiseaux peu farouches, parents leur lançant des cailloux pour les effaroucher et montrer leur vol à leurs enfants, jeunes adultes s'amusant à leur plonger dessus ... non vraiment en matière d'éducation à l'environnement, il y a encore beaucoup à faire.

DSC04719

Rapide constat pendant la baignade. L'image parle d'elle même. Le niveau des étendues d'eau est au plus bas et plus que jamais la question de l'aprovisionnement en eau surgit dans les campagnes. Certains veulent le durcissement des quotas, d'autres la création de digues, retenues et barrages. Dans ce méli-mélo il n'est jamais question de sauvegarde des milieux et pourtant, c'est eux qui continent l'or bleu et nous sauvent de la pénurie.

LES MAINS DANS LA TERRE

Novembre et décembre furent des mois riches voire intenses, entre la prise de poste à la LPO Rhône comme animatrice nature et les nombreux chantiers bénévoles, toujours à la Ligue de Protection des Oiseaux, je n'ai été que très peu présente sur le blog, les réseaux et d'une manière plus général, sur le net et Dieu sait que cela fait du bien ! Les vacances d'hiver sont l'occasion de se poser, de faire un point et d'alimenter quelque peu cette rubrique.

DSC05224

Parc Lacroix Laval de Saint Genis Laval début novembre. Il pleut quelques gouttes le matin et tant mieux, l'objectif de ce samedi est de restaurer une mare forestière en vidant celle-ci des branches et feuillages accumulés dans son fond et de ratiboiser les jeunes feuillus qui la cerne. Cependant ça ne serait tout, un peu loin une autre tâche nous attend : creuser une mare de toute pièce, autant vous dire que la petite 20 aine de motivés que nous étions n'a pas chaumée !

DSC05234

Creuser l'épaisse couche d'argile demande pas mal d'huile de coude. Les seaux pour vider l'eau qui remonte par capillarité ne sont pas de trop, pas plus que les pelles et les pioches qui sans relâchent entaillent le sol jusqu'à plus d'un mètre de profondeur. Reste alors à installer le fond de la mare, ce qui lui permettra de rester étanche. Une bâche et un géotextile ont de ce fait pris place sous le regard attentif des chargés de missions à l'origine du projet.

DSC05223

Bref, voilà le premier chantier de novembre achevé. Se fût l'occasion de rencontrer de nombreux jeunes de nos âges plus motivés les uns que les autres, de créer des liens et surtout, d'imisser les débuts du groupe jeunes LPO Rhône et, qui depuis a vu le jour (fin décembre de cette année 2018) et dont vous aurez toute l'info en fin d'article.

DSC05417

Mi-novembre c'est rebelote ! Cette fois-ci nous sommes dans un domaine viticole dont la culture des vignes répond au label "Terra Vitis", celui de Roche Catin et dont le viticulteur, amoureux de la nature, prend le plus grand soin de la faune, allant jusqu'à baliser les nids d'alouettes dans les vignes.

DSC05411

Pelles, râteaux et bêches ne sont pas de trop pour creuser la mare temporaire et pour planter la 50aines d'arbustes qui formeront la haie. Celle-ci, attenante aux vignes, ne tardera pas à accueillir d'ici deux-trois ans une faune variée, composée essentiellement de petits passereaux mais aussi d'insectes et de micromammifères essentiels pour mener une lutte saine et pratique contre les ravageurs qui peuvent toucher le vignoble. C'est aussi un milieu idéal pour accueillir certains rapaces nocturnes comme la chouette chevêchette ou de plus gros mammifères comme les lièvres, les hérissons et parfois même les renards. Composée d'essences locales comme l'aubépine, le noisetier, le prunellier ou le tilleul, cette haie est un des nombreux outils à la disposition des exploitants pour apporter un peu de biodiversité sur leurs terres.

DSC05385

L'événement se déroule à l'occasion de la semaine du Beaujolais nouveau, pour la peine la LPO Rhône tient un stand. En véritable planquée, je me trouve à animer et à présenter les différentes actions de l'association, les oiseaux du domaine, en quoi celui-ci est un refuge pour la faune. C'est aussi le bon plan pour goûter les cognacs, les vins, les champagnes et les miels produits localement. De quoi rester au chaud et tenir un brin de causette.

DSC05713

Dernier chantier de l'année, celui-ci fin novembre. Opérations classiques : restauration d'une mare et plantation d'une haie champêtre diversifiée favorable aux auxiliaires chez une maraîchère en installation et très sensible à la protection de l'environnement et à la préservation des espèces.

DSC05590

Première étape, récupérer les arbustes. Une partie de ceux-ci seront plantés par les étudiants de la MFR. Les autres, par les bénévoles du jour. Cornouillers sanguins, prunelliers sauvages, aubépines monogynes ou encore érables champêtres, c'est tout autant d'essences locales qui serviront d'abris et de nourriture à la faune, en particulier aux oiseaux. Ces arbustes serviront aussi de coupe vent pour protéger les cultures maraîchères et les arbres fruitiers. L'abondance de champignons sur la parcelle est bon signe, ceux-ci permettront la mise en place de la mycorhization, ce qui permettra aux arbres de s'épanouir.

DSC05675           DSC05704

L'arbuste est sorti de son lot, ses branches sont inspectées, ses racines nues enduites d'un pralin, mélange d'eau, de bouse de vache et d'argile. Cette opération à pour objectif de permettre une reprise rapide du végétal, d'empêcher le déssèchement des racines exposées à l'air libre, de favoriser la cicatrisation des blessures causées par la plantation et d'accélerer le développement des radicelles, petites racines puisant l'eau et les nutriments.

DSC05562

Deuxième étape, restaurer la mare. Actuellement asséchée, elle a fini par se combler peu à peu dans son fond. Les nombreux peupliers n'y sont pas pour rien. Branches, troncs et feuilles mortes terminent dans l'eau, formant une bonne épaisseur de matière organique. L'absence d'eau est une aubaine, elle permet de passer l'étape du vidage pour attaquer celle du curage. L'opération effectuée a permis de rendre sa jeunesse à la boutasse.

DSC05440          DSC05581

L'avant-après est flagrant, et le résultat est à la hauteur des espérances. La pluie et la source toute proche se chargeront de la remplir. Les mares temporaires comme celles-ci sont extrêmement précieuses aux amphibiens, les larves n'ayant besoin d'eau que pendant une courte période contrairement à certains de leurs prédateurs qui ne peuvent pas se maintenir dans ce type de milieux, ce qui accroît aux tétards leur chance de survie.

DSC05598

La plantation s'est complétée par celle de myrtilliers horticoles, les blue berry ou myrtillers américains (Vaccinium corymbosum) qui composent les jus et cocktails à la mode dont je suis amatrice. Tout comme les fleurs en clochettes blanches que donne cet arbrisseau cousin des bruyères et des callunes, les fruits bleus possèdes une chair blanchâtre qui les différencie, entre autre, des myrtilles que l'on rencontre dans les sous-bois européens. Résistant à des températures très basses, jusqu'à -30°C, ses fruits atteignent leur pleine maturité à l'approche de l'automne, quand ses feuilles commencent à rougir avant de prendre une teinte de feu à l'approche de l'hiver que le myrtiller passera complètement nu. La culture de cette espèce est ancienne et remonterait aux indiens d'Amérique, mais ça culture à grande échelle ne daterait que de 1908.

DSC05488           DSC05494

Les pratiques de l'exploitation en devenir sont orientées dans le but de préserver au mieux l'environement. De ce fait de nombreuses espèces sauvages s'y développent, en particulier de champignons qui profitent des troncs des peupliers morts laissés à la périphérie de la parcelle. L'oreille de Judas (Auricularia auricula-judae), cousine des champignons noirs chinois et tout aussi comestible se plaît ainsi à coloniser les branches tombées au sol.

DSC05506

Nombreuses sont les espèces à avoir fait des peupliers leur demeure. On peut compter par exemple la très méridionale pholiote destructrice (Hemipholiota populnea) observer sur le site, bien trop amère pour être consommée, mais aussi la pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus), délicieuse et parfois exposée sur les étales des marchés. De nombreuses recherches sont menées sur les capacités dépolluante de cette pleurote.

DSC05548

Surprise en retournant le sol, des dizaines de larves de hannetons de la Saint Jean (Amphimallon solstitialis) émergent. Gourmandes et friandes de jeunes racines, elles ne font pas toujours bon ménage avec le jardinier.

DSC05538

Il ne faut pas les confondre avec les larves de cétoine, des auxiliaires au jardin. Pour faire la distinction : chez les hannetons on a une grosse tête, chez les cétoine une tête minuscule et un gros abdomen. Alors que l'adulte hanneton (imago) ne vit que de juin à août le temps de mener à bien ses amours, sa forme larvaire se développe pendant deux ans dans le sol. C'est un insecte typique de milieux ouverts tels que les prairies, les parcs et les jardins, toujours à proximité de haies et d'arbres pour se poser et ainsi se reproduire. Cette espèce est en pleine expansion, à contrario du hanneton commun (Melolontha Melolontha) qui tend à ne plus être ... commun. Les pratiques agricoles intensives avec l'apparition de monocultures pourraient expliquer l'augmentation de ce petit scarabée.

LA TÊTE DANS LES ETOILES

logo lpo

Le titre est bien trouvé pour parler de mon nouveau travail. Depuis novembre, j'exerce comme animatrice nature au sein de la LPO Rhône, une consécration pour moi. Expliquer un écosystème, sensibiliser à la protection de l'environnement, faire observer des oiseaux d'eau ou des rapaces à des enfants et des familles, faire des pêches de découverte en mare mais aussi coordonner, défendre des projets pédagogiques, répondre à des commandes ou animer des stands de présentations et des conférences ne sont que quelques unes de mes activités au sein de la LPO Rhône qui depuis le 1er janvier 2018 fait partie de la LPO Régionale AURA : Auverge - Rhône -Alpes. Je me plonge depuis corps et âme dans l'étude et la compréhension des oiseaux.
Fort heureusement je suis bien équipée, en particulier du côté de l'éthnologie avec leformidable ouvrage "Le génie des oiseaux" de Jennifer Ackerman aux éditions Marabout - Siences & Nature, bien que l'auteur face des comparaisons un peu simplistes entre le comportement animal et humaine.

DSC05121

Mi-novembre, je suis en observation avec une collègue elle aussi novellement arrivée. Au programme de la journée : sortie avec une classe de scolaires sur l'ENS local (espace naturel sensible). Pas de rapaces en vue, mais des pics, des mésanges, des corneilles, des pinsons, des rouges gorges, des palombes et des merles. Un inventaire qui semblerait à première vu pour certains décevant mais qui en réalité est riche en tout point. C'est une découverte pour bon nombre des enfants qui ont pris lors de cette sortie plaisir à découvrir autrement le patrimoine de leur commune mais qui ont pu aussi apprendre à observer leur environnement et à s'en émerveiller.

bird-2803709_960_720

Les grands chantiers ne s'arrêtent pas là ! Début décembre avec deux comparses, nous avons lancé le groupe jeunes LPO Rhône, sous l'aval et le regard bienveillant de la LPO Rhône. Ce groupe à vocation à réunir les jeunes du territoire, curieux et passionnés de naturalisme quelque soit leur niveau et leur parcours. Autant dire que de beaux projets ne devraient pas tarder à voir le jour et pour les quels je vous tiendrai informé. D'ailleurs, pour les curieux, je vous invite à nous rejoindre sur notre groupe facebook en cliquant ICI ou à nous contacter par mail à l'adresse suivante :  groupejeune.lporhone@gmail.com 

Autre grande nouvelle, mon entrée au Conseil d'Administration du Mycorium Sauvage de France, association mycologique organisatrice du Mycoforum en 2017 et en 2018 à Saint André de Vivarais, forum dédié au champignon et dont vous avez pu retrouver la présentation en cliquant . Sorties mycologiques, découvertes des plantes et des fleurs sauvages, créations d'expositions et d'évenements dédiées aux champignons à la nature ... autant dire que là aussi, ça dépote et dont bien évidement, vous aurez des nouvelles via les réseaux.

9d1687fe53247d0da876e4bff2e3ce64

La tête dans les étoiles mais aussi pleins les yeux. Le blog bien qu'au repos a dépassé pendant les vacances de noël le million pour ce qui concerne les visites. Un exploit pour un site personnel né en 2012 et qui se voulait être une simple plate-forme de partage plutôt discrète. Que de chemin parcouru depuis, de rencontres et de grands événements. Cette barre symbolique est aussi l'occasion de faire un peu de ménage : correction des articles aussi bien sur la véracité des informations que sur l'orthographe, suppression de ceux devenus obsolètes, bref, c'est une mise à neuf de certains contenus qui m'attend. Dans tous les cas c'est un immense merci que j'adresse à tous vous lecteurs, réguliers ou de passage, qui avezt contribué à toute cette aventure en vous attardant sur la Renarde des Alpes. Je vous souhaite de belles réussites pour cette année 2019 et dont j'ai hâte de tirer profit pour vous partager nos aventures dans les Calanques, en Camargue, en Alsace, en Allemagne et à la frontière Suisse.

samedi 17 novembre 2018

Journée des Plantes à Aiguebelette

DSC04560

Plantes et Jardins de Savoie

Il y a peu, nous avons pu assister aux "Journées des Plantes du Lac d'Aiguebelette" en Savoie pour marquer la belle saison qu'est l'automne. C'est pour moi l'occasion de quitter la sphère des plantes sauvages pour vous présenter quelques unes de mes horticoles préférées et qui, je l'espère, peupleront un jour mon jardin rêvé. Arbres, fleurs, lianes, fougères, mousses et même champignons font partie de ce paysage mental que nous tendons peu à peu à coucher sur le papier pour en faire un jour une réalité. En attendant, nous courrons les parcs, les jardins, les foires et les expositions pour trouver l'inspiration. C'est ainsi que nous avons pu faire la découverte il y a quelques années de cela du tilleul d'Henry (Tilia henryana), un cultivar qui se distingue par ses petites feuilles en forme de coeur et à la limbe hérissée. C'est ce que je préfère chez lui, il détone par son aspect rude mais une grande poésie se dégage de l'ensemble, en particulier du vert du feuillage qui contraste avec les nervures plus claires et qui donne l'impression de voir tout un réseau de veine, pour un rendu organique. Organique, c'est un des mots que j'ai à la bouche quand je dois décrire les plantes horticoles que j'aime. La ressemblance de certaines avec le monde animal ou des organes me fascine et m'attire.

Cependant, ce n'est pas le seul des critères qui animent nos choix. La liste de ceux-ci est longue. Plantes non invasives (surtout), aux écorces d'exception, adaptées à la nature du sol, aux floraisons hivernales ou prolongées, délicieusement parfumées, dépolluantes, fruitières et fourragères ou encore rares, il y a de quoi se constituer un sacré catalogue. Parmi nos préférences, les érables (Acer) et les cornouillier (Cornus) sont les rois, avec pour ma part une grande préférence pour le cornouiller du Japon (Cornus kousa) aux fruits roses.

DSC04619

C'est la première fois que je rencontre l'échevérie de l'Etna (Echeveria cv. 'Etna'). C'est un hybride issu d'Echeveria 'Mauna Loa' (aux motifs rouges le long de la limbe) et d'Echeveria 'Barbillion' (aux caroncules prononcés), deux cultivars qui comme le genre du même nom, sont originaires du Mexique et de l'ouest d'Amérique du Sud.

DSC04618

Créée aux Etats-Unis, son nom d'Etna fait référence à ses couleurs qui pour ses créateurs évoquent une coulée de lave. Résistante à la sécheresse, elle se plaît dans les sols drainés exposés à mi-ombre, ce qui laisse entendre que sous nos l'atitudes, elle ne peut être cultivée qu'en intérieur ou en serre car la belle ne supporte pas la moindre gelée. Côté floraison, rien de très extraordinaire. Cette echéverie apparatient à la famille des crassulacées comme les orpins et les joubarbes, ses fleurs orangées en sont caractéristiques et se dressent au sommet d'une hampe florale rouge. Le feuillage persistant fait la particularité et la beauté de ce cultivar qui me plaît tellement.

DSC04622               DSC04625

D'une manière plus générale, j'adore les crassulacées que l'on range aisément dans la catégorie des plantes grasses. Leur adaptation aux zones sèches, la grande résistance de certaines au froid et au piétinement mais aussi, leur apparence de cactée ou de cailloux ne va pas sans susciter la curiosité. J'aime particulièrement les joubarbes car elles m'évoquent les jardins de grand-mère et de montagne mais aussi, pour les légendes qui s'y raccrochent. Associées à Zeus puis Jupiter et enfin le bon Dieu, on les plaçait parfois sur les toits des maisons pour empêcher le foudre de les frapper. Au Moyen Âge, on les employait comme aphrodisiaque mais aussi cobtre la dureté d'oreille, ce qui tendrait à faire mentir l'adage selon lequel certaines pratiques pourraient rendre sourd ...

DSC04601

Au premier abords, je n'ai jamais été fan des conifères, et puis j'ai découvert les merveilles du sapin blanc (Abies alba) des forêts de Chartreuse, puis le pin parasol du Japon (Sciadopitys verticillata) dont je suis littéralement tombée folle amoureuse en le découvrant au fin fond de l'arboretum de Huelgoat il y a un peu plus d'un an. Aujourd'hui mon dévolu se porte sur le sapin de Corée nain panaché blanc (Abies koreana "Ice Breaker"). Ne dépassant que rarement 1 mètre, son aspect de buisson dense et tortueux me fait complétement craquer.

DSC04602               DSC04605

Je ne pouvais pas non plus m'arréter sur ces deux cultivars nains de ginkgo (Ginkgo biloba) aux feuillages incroyables ! Le Chris Dwarf ne dépasserai pas les 60 centimètres en 10 ans et le Sehoshaphat n'aurait une croissance guère plus remarquable mais détonerait par des feuilles de petite taille et d'un joli vert glauque.

DSC04651

C'est également à la fête aux sorbiers (Sorbus),  des arbustes de grande taille connus pour leurs fruits et leurs feuillages colorés quand s'en vient l'automne. Là encore mon coeur chavir, et bien que je dois avouer rêver de planter un jour le sorbier des oiseleurs (Sorbus domestica) et son cousin, le cormier (Sorbus aucuparia), ils ne sont pas les seuls. Dans la liste, on trouve ce superbe spécimen.

DSC04654

Le sorbier à feuilles de fougère (Sorbus scalaris) est une espèce asiatique qui se développe dans les montagnes de Chine jusqu'à 3000 mètres d'altitude, en particulier dans les forêts mixtes, c'est à dire qui se composent de feuillus et de conifères. Néanmoins il est rare de trouver l'espéce sous nos l'attitude, sa culture s'avérant complexe. Il s'agît le plus clair du temps d'hybrides issus d'un parent européen. Il est apprécié comme arbre d'hornement pour son feuillage qui devient intégralement pourpre à l'automne mais aussi, ses imposantes ombelles de fleurs blanches mélifères qui, au printemps, embaument l'air.

DSC04617

J'adore les hortensias (Hydrangea). Pendant longtemps, je les ai rangé dans les plantes à mémé avec les bégonias et les pensées (qui s'y trouvent toujours), mais notre premier road-trip en Bretagne, les nombreux jardins visités puis l'incroyable jardin de mon professeur de mathématique m'ont finalement fait changer d'avis.

DSC04611

Originaires d'Amérique du Nord et d'Asie, en particulier de Chine et de Japon où ils sont aujourd'hui encore très populaires, les hortensias ont conquis la Gaule. Si le classique Hydrangea macrophylla est en tête des ventes, il commence à être peu à peu talloner par de petits nouveaux.

DSC04612

Pour nous, c'est l'hortensia paniculé (Hydrangea paniculata) qui remporte tous les suffrages. J'ai eu l'occasion de présenter brièvement cette espèce (qui n'est pas illustré en photo ici) dans un des derniers articles du blog. D'originie asiatique et à la floraison blanche, il supporte très bien les sols de nature acide et neutre, s'acclimatant sans mal sous nos l'atitudes. Son intérêt esthétique réside à mon sens dans la forme et les couleurs de ses feuilles. D'abords vertes et ternes tout en évoquant celles du chêne, elles se parent d'un magnifique rouge-orangé quand l'automne s'annonce tandis que les fleurs stériles deviennent rouilles.

 

DSC04673

Sur l'allée des associations, mon regard s'arrête sur superbe tente en voilage blanc peuplée de jolies fleurs. Une initiation aux plantes sauvages y est proposée en stand, autant vous dire que je saute littéralement dessus. Pesto d'ortie et de plantain, conserve d'ail des ours, fibres de laine teintés avec des plantes sauvages, coloriage nature, miel et huiles essentielles, bénévoles accueillants et sympathiques, il y a tout ce qu'il faut pour faire mon bonheur !

Belle et grosse journée en perspective, avec de nombreuses découvertes ! Mon porte-monnaie se félicite du fait que nous n'ayons pas encore de jardin, sinon la visite se serait soldée par une banqueroute assurée ! Mais nous ne perdons pas bredouilles, dans nos têtes les idées et les envies foisonnent, nos mains se mettent vite au travail et déjà émerge des brouillons papiers notre futur jardin. D'ici la réalisation, il faudra se montrer bien patient.

DSC04643     DSC04644     DSC04657     DSC04664

DSC04556


dimanche 11 novembre 2018

Défendons notre île et sa forêt !

DSC04320

L'île de la Table Ronde, un coin de paradis en danger.

C'est un article un peu moins léger qu'à l'habituée que je vous propose ce soir. Il y a quelques semaines de cela, j'ai pu participer avec 200 autres personnes à la marche pour l'Île de la Table Ronde au Sud de Lyon. Si vous êtes un habitué du blog, ce nom vous est peut être famillier et pour cause, c'est là que j'ai pu faire une grande partie des mes chantiers-écoles dans le cadre de mes études.

DSC04250

Par où commencer ? Peut être par le fait qu'il s'agit de l'une des plus grandes ripisylves de France (et la plus grande du Sud du pays) et que celle-ci est sur le point de disparaître. S'il n'y avait que cela.  Longtemps utilisée comme décharge et comme ball-trap, ses sols sont aujourd'hui fortement pollués. Pourquoi s'émouvoir ? Tout simplement parce que l'écosystème qui s'y trouve y est remarquable et pas un seul titre. Les arbres comme les saules dépolluent lentement mais surement les dérivés d'hydrocarbures présents un peu partout. Les peupliers captent les métaux lourds et les stockent, empêchant que ceux-ci ne finissent dans l'eau ou dans la chaîne alimentaire.

DSC04314

La mobilisation citoyenne ne s'articule pas uniquement autour de ces enjeux. L'île est devenue au fil des années, sur les espaces ouverts au public, un site majeur pour les familles. Animations nature, observations de la faune, randonnées, baignades et ballades en vélo sont les quotidiens de centaines de métropolitains.  Quant aux habitants de Vernaisons, ils sont aussi les premiers concernés. Il y a 20 ans de cela, ils été invités a payer de leur poche, à travers les impôts locaux, la réhabilitation partielle du site qui se compte en millions d'euros. Aujourd'hui ils vont être mis à nouveau à contribution pour financer sa destruction. Un gâchis énorme en vue.

DSC04339

Pourquoi donc détruire ce patrimoine me direz-vous ? Pour y installer une pépinière en hors sol pardi, et pas des moindre car il s'agit de le deuxième plus grande de France. Installée à l'origine sur l'île de la Chèvre plus au Sud sur le Rhône, elle a été contrainte de déménager face aux risques chimiques liés aux nombreuses industries locales. Parmi les sites proposés, de nombreuses terres cultivées, des friches et enfin, notre île de la Table Ronde. Pourquoi la choisir ?

DSC04334

Tout simplement pour des questions pratiques : il n'y a ici qu'un seul propriétaire, ce qui se résume en un gain de temps et de démarches administratives. Quelle brillante idée. Au diable la santé des employés, la faune et la flore, ce n'est pas comme si sur site se trouvait une espèce de champignon endémique, une orchidée protégée, le castor, la loutre de temps à autre, le martin pêcheur, une des plus grandes populations de fougère langue de serpent du département mais aussi, l'un des plus grands sites de nidification du milan noir en France, un rapace protégé. Quel manque de considération pour le patrimoine naturel rhodanien et le bien-être de la population.

DSC04341

Pour compléter le tableau, un lobbyiste a été engagé pour mettre à mal les démarches visant à proposer d'autres alternatives, agissant littéralement comme la chenille gâte bois (Cossus cossus) que vous pouvez voir si contre sur la photo, qui a été observée au pendant la manifestation sur l'île et, qui se caractérise par sa voracité et sa capacité à mettre à mal tout ce qui peut porter des fruits. Face à l'immobilisme des autorités et les tentatives de sape, les citoyens engagés tiennent bon et tentent de faire primer leurs revendications qui sont plus que légitimes dans un pays démocratique : faire une étude sur les autres sites candidats et rendre publique l'étude d'impact sur les espaces naturels, des choses d'ordinaires obligatoires mais qui semblent ici ne pas tenir compte de la loi.

DSC04267

Je suis en colère, en colère de voir que la démocratie même à petite échelle ne marche pas partout, de voir les prairies à orchidées (18 espèces tout de même) sur le point de disparaître, de voir pour la dernière fois les tapis d'ail des ours, de voir un poumon vert pour la métropole disparaître à l'heure où on comprend enfin que ceux-ci sont essentiels au bien être humain et à la paix sociale. Quel scandale que celui de refuser d'autres alternatives. Cette nature là c'est un bien commun, elle apaise, elle dépollue et assainie, elle fait gagner des milliers chaque année à la collectivité avec les services écosystémiques qui s'y rattachent. J'ai passé des heures à pratiquer des protocoles, à recenser les fleurs, à observer les oiseaux, à compter les ophrys de mai, à faucher l'herbe haute et à couper les ligneux qui referment le milieu, à contempler les coulées des blaireaux et à sentir l'ail de printemps qui embaume l'air. Je ne pouvais pas ne pas m'engager. Ce n'est pas un acte militant, c'est un acte de bon sens. Un seul credo : "ni écolos, ni bobos mais juste citoyens". Des citoyens déterminés qui plus est. Nos mornes existences manque de nature, ne nous privons pas du peu qu'il en reste aux abords de nos grandes villes. Nos voix ne seront peut être pas entendues mais nos actes les porterons loin.

DSC04317     DSC04337     DSC04343     DSC04344

samedi 3 novembre 2018

Sortie en montagne 24.

DSC03683

Au sommet du Pilat

Dans le précédent article, nous nous étions aventurés à son pied en explorant le Pet du Loup. Cette fois-ci c'est au sommet que nous nous attaquons. Le Pilat appartient au Massif Central et se caractérise par la nature acide de son sol et de sa roche mère. De ce fait, la flore que je vous présente dans ce billet et qui en est caractéristique fait son apparition pour la première fois sur le blog.  Cela change quelque peu des espèces que j'ai l'habitude de mettre en lumière dans les "Sorties Montagne", et tiens au fait que cet été nous avons beaucoup visité le massif de la Chartreuse qui lui est de nature calcaire, ce qui favorise les végétaux adaptés aux substrats neutres ou légèrement basiques. Toute fois, on trouve dans l'humus des sapinières cartusiennes et à leurs abords des plantes communes aux deux massifs. Pour en revenir à notre montagne, il faut savoir qu'elle détonne par les climats dominants qui s'y trouvent et qui là aussi, permettent de rencontrer des espèces peu communes dans mes explorations alpines. Si les hauteurs sont animées par un climat montagnard balayé par les vents, la face Ouest est à tendance continentale et celle située à l'Est, à influence méditerranéenne. Autant le dire tout de suite, niveau milieux et habitats, ça détonne. L'agriculture s'est appuyée sur cette spécificité pour se développer. Pastoralisme sur les sommets, sylviculture sur les froides pentes de l'Ouest, viticulture, arboriculture et cultures maraîchères à l'Est, là où le soleil tape le plus fort et où les températures sont les plus douces.

DSC03774

Pas évident le genre qu'est celui des ronces (Rubus). En botanique on se plaît souvent à dire qu'il y a une espèce de ronce par forêt et je pense de même. Certes on peut aisément différencier la ronce bleue (Rubus caesius) de la ronce à poils glanduleux (Rubus glandulosus) mais de là à pouvoir à mon petit niveau décrire toute la gamme des ronciers, il y a un gouffre. Cependant une chose reste immuable : le plaisir que procure la récolte et la dégustation des fruits qui tâchent tant et colorent les doigts de pourpre.

DSC03775

Les humains ne sont pas les seuls à aimer ces petites baies sucrées. Merles noirs, muscardins, renards roux ou encore grives musiciennes, c'est un grand nombre d'espèces qui se nourrissent de la ronce. Ces feuilles en particulier font le bonheur  des phasmes et des chenilles comme celles du bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi) que j'ai pu présenter il y a quelques jours et qui portent le nom très évocateur d'anneau du Diable. La ronce est très présente dans l'imaginaire collectif, on al retrouve même dans les Disney. Par exemple dans la Belle au bois dormant, elle forme des entraves impénétrables autour du château de la terrible sorcière. Cependant, on ne saurait oublier son rôle bénéfique. Couvrant de son ombre les jeunes plantules des arbres, c'est elle bien souvent qui permet à la forêt de prendre naissance.

DSC03615

Qu'elles sont belles les dernières campanules (Campanula) de l'année. Elles se distinguent des autres plantes par leurs fleurs bleues à cinq pétales à demi-soudés. Leur nom scientifique Campanula vient du même mot médiéval qui désigne une petite cloche, du fait de leur forme de clochette. Cela explique pourquoi elles sont rattachées à de nombreuses légendes, surtout en Italie, où il est question de clochers et de sonneurs de verpes.

DSC03631

Connaissez-vous l'airelle rouge (Vaccinium vitis-idaea subsp. vitis-idaea), l'un des plus célèbres pisse-mémé qu'il soit avec le pissenlit ? J'ai fait l'erreur de la confondre au premier abords avec le raisin d'ours (Arctostaphylos uva-ursi) que l'on nomme bousserole et qui tout aussi diurétique.

DSC03693

La distinction se fait entre autre, à partir des feuilles dont les bords sont couverts de petits poils. L'airelle rouge s'étant sur une grande aire géographique, on l'a rencontre aussi bien dans des zones arctiques que tempérées et est présente en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. En France elle se plaît dans les collines et massifs acides mais reste rare dans certaines régions comme les Pyrénnées, les Voges et la Normandie (ce ne sont pas les seules). De manière assez générale, elle se plaît sur les sols pauvres, strictement acides et de mi-ombre. De ce fait les tourbières et les flancs des montagnes schisteuses lui conviennent très bien. 

DSC03704

Bien que très tentante, la récolte de l'airelle rouge ne se fait pas de manière libre et fort heureusement. Certains départements et régions ont mis en place un calendrier et une réglementation visant à préserver les populations de cet arbrisseau qui se fait de plus en plus rare dans les étages collinéens. Un ramassage abusif, l'utilisation d'outils et de techniques inadaptées et le piétinement des plans figurent parmi les causes de sa diminution.

DSC03706     DSC03621     DSC03634     DSC03709

Côté cuisine, les airelles sont consommées crues en salade et en jus mais aussi infusées. Cuites elles entrent dans la composition de confitures, de sauces pour le gibier et de compotés. Elles peuvent également être distillées pour donner une très bonne eau de vie. Dans l'usage médicinal populaire, le fruit est utilisé pour régler les problèmes de vessie mais aussi utérins. On emploie également à ces fins la teinture mère que l'on tire des feuilles ou de la plante entière, ce qui ne va pas sans impacter les peuplements. C'est également une espèce associée aux maux typiques de ce que l'on appel la vieillerie, du fait de son utilisation pour les problèmes intestinaux et digestifs, les faiblesses osseuses et les défaillances des tissus sanguins comme ceux entourant le coeur.

DSC03670

DSC03672

DSC03703

DSC03792

DSC03796

Voici un bref aperçu du sommet des Crêtes dominé par la callune commune (Calluna vulgaris). Elle fait bien souvent le bonheur des apiculteurs qui en tirent un délicieux miel. Ici elle compose une partie des pâturages et il arrive régulièrement aux moutons d'en grignoter les jeunes sommités ce qui a pour effet de rajeunir les pieds. À l'instar de certains champignons comme le bolet bai (Imleria badia), elle a la capacité de concentrer certains métaux lourds mais aussi des éléments radioactifs. Pour la petite histoire et l'aspect légendaire, on peut partir du côté de la Bretagne, connue pour ses paysages qui se composent de landes à callune et où, il était de tradition de raconter que la plante jouait un rôle protecteur en chassant les fantômes et les mauvais esprits.

DSC03654

Une simple sauterelle ? Pas si sûr ! L'identification des orthoptères n'est pas aussi aisée qu'on pourrait le croire. Avec 17 genres et bine plus d'espèces, c'est à la bonne votre pour donner un nom à celle-ci. Cependant on trouve de très bons outils comme cette clé de détermination pour y parvenir.

DSC03647

Après une petite recherche, il semblerait qu'il s'agisse ici de la dectique verrucivore (Decticus verrucivorus verrucivorus) appelée aussi sauterelle à sabre et qui se trouve, dans le cas présent, dans sa forme verte. Le sobriquet de "verrucivore" viendrait d'une ancienne pratique utilisant cette sauterelle pour se débarrasser des verrues en les faisant mordre par l'insecte puis en les couvrant du suc que celui-ci produit. C'est une espèce appréciant les mosaïques d'habitats, en particulier l'alternance de végétation dense et les zones nues comme les sentiers, les pierriers et les aires d'herbes rases que favorise le pastoralisme même si cette espèce supporte très mal cette pratique. L'individu peu farouche présent sur la photographie est posté sur un myrtiller (Vaccinium myrtillus), une espèces qui accompagne souvent l'airelle rouge et la callune, du fait que ces plantes aient des besoins similaires et appartiennent à la même famille, celle des éricacées.

DSC03650               DSC03661

Actuellement présente un peu partout en Europe, la dectique verrucivore est en forte régression. En Grande Bretagne elle est même en voie d'extinction et fait l'objet de mesures de protection importantes depuis les années 1990. La disparition de son habitat est l'une des premières causes de l'effondrement de sa population, bien que l'espèce soit ubiquiste (très "adaptable") en se nourrissant aussi bien d'insectes, de larves ou de végétaux. 

DSC03720

Un couvert de myrtillers, de lichens, et callunes et d'herbes hautes, cela ne va pas sans rappeler les grandes étendues de la Scandinavie avec laquelle notre pays partage bien plus d'espèces végétales qu'on ne le croit, du fait de conditions climatiques similaire entre cette région du monde et une partie de nos montagnes. Néanmoins on ne trouvera au Pilat ni ours, ni boeufs musqués et encore moins de rennes.

DSC03801

Parmi les gros mammifères qui peuplent les lieux et qui se nourrissent de la végétation locale, on peut citer le chevreuil qui est plutôt forestier mais surtout, les vaches et les moutons qui chaque année montent en estive pour assurer le maintient du milieu. Sans cette intervention les paysages du Pilat seraient bien différents et pour une partie, beaucoup plus forestiers. C'est dans cet environnement que l'on peut aisément apercevoir le renard roux (Vulupes vulupes) tout occupé à se nourrir des fruits de saison. Il reviendra aux premières neiges muloter les rongeurs imprudents réfugiés sous l'épaisse couche de neige.

DSC03781               DSC03779

Les vents soufflent terriblement fort. Les poacées en sont les premières victimes et finissent par céder face à leur force en se couchant par endroit. Le paysage prend alors des aires de parc américain et on s'attendrait presque à voir débouler un troupeau de bisons (Bison bison) au galop ou d'antilopes américaines (Antilocapra americana).

DSC03733

Le sommet cumule à 1431 mètres d'altitude et est le point le plus élevé du Crêt de la Perdrix. De là il est possible d'observe la plaine rhodanienne, de voir Vienne, Givor, Saint Etienne, un bout de Lyon et paraît-il, le Mont Ventoux, mais c'est avant tout la vue sur le Rhône qui nous saisie. 

DSC03767

Une autre des caractéristiques du Mont Pilat réside dans l'abondance de chirats. Typiques du versant nord, ils sont peu nombreux. Ils sont apparus à la toute dernière glaciation et sont le fruit de l'éclatement des roches granitiques sous l'effet du gel. Ils forment un habitat rare, composé de mousses et de lichens, où les reptiles viennent prendre leur bain de soleil. C'est un endroit rêvé pour les herpétologues à la recherche de lézards et de serpents. Emblématiques du territoire, ils figurent  sur le logo du parc régional naturel. D'autres formations géologiques présentent également des pierriers de cette nature, notamment en Ardèche, dans le Puy de Dôme et semble-t-il, au Granier en Savoie (ils sont à dissocier des récents éboulements).

DSC03789

Je vous en parlais en début d'article, voici la chenille du bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi). N'est-elle pas magnifique ? Polyphage, elle se nourrit de feuilles de ronces mais aussi de celles des bruyères et de la callune entre autre. Autant dire que dans la lande elle est tel un coq en pâte. Elle est aussi l'hôte de nombreux parasites, en particulier des larves de certaines guêpes solitaires qui se développent à l'intérieur de la malheureuse.

DSC03740              DSC03623

La randonnée se termine au chaud à la Jasserie, lieu historique où il fait bon déguster une tarte à la myrtille et un thé. Il faudra désormais attendre le retour des beaux jours, la fonte de la neige qui commence à s'installer et les vacances pour identifier la multitude d'espèces qui composent la végétation du Pilat comme l'alisier blanc, le sorbier des oiseleurs, les genêts, le pin des montagnes, le hêtre, les chênes pubescents et bien sûr les orchidées.

DSC03639     DSC03794     DSC03812     DSC03817

lundi 29 octobre 2018

Sortie en forêt 79.

DSC03449

Au pied du Pilat :

Nous voici sur la commune Les Haies, plus exactement au Pet du Loup, un espace naturel que vous retrouverez dans plusieurs de mes articles retraçant mon parcours d'étudiante en BTS GPN. C'est ici qu'avec mes camardes de classe, j'ai pu en partie me former aux questions propres à la gestion des milieux, en particulier en créant des placettes de nidification pour les busards, en dirigeant un chantier, en abattant des bouleaux menaçants de refermer le milieu, en rajeunissant des bosquets de callune ou encore, en déterminant les parcelles cadastrales à l'aide de GPS. Depuis novembre 2017, certaines zones ont beaucoup changées et sont devenues de véritables forêts de fougères aigles, signe que le milieu se ferme à nouveau. D'ordinaire, ce phénomène naturel ne pose pas problème car il s'inscrit dans l'évolution que connaît la lande à callune, cependant cette dernière étant devenue rare ici, il est nécessaire d'intervenir pour la maintenir.

DSC03377

L'endroit est idéal pour observer la mante religieuse (Mantis religiosa). Cette merveilleuse créature aurait pu avoir sur le blog un article à elle seule. Mal aimée et souvent mal nommée, elle ne mérite pas le sobriquet de cheval du Diavle qu'on lui donne et qui est pour le moins imagé. 

DSC03388

Il existe plusieurs espèces de mantes en France. Celle-ci est la plus commune et contrairement à ce que l'on peut penser, elle n'est pas nécessairement verte mais peut présenter toute une gamme de bruns et de gris lui permettant de se fondre dans la végétation. Elle peut ainsi à loisir se cacher des prédateurs mais également attendre le passage d'une proie qu'elle capture avec ses pattes avant, que l'on nomme ravisseuses et qui sont équipés de dentures. Contrairement à ce que l'on peut lire, celles-ci ne peuvent pas entailler la peau humaine, d'ailleurs la mante ne les utilise pas de cette manière pour se défendre. Elle a cependant à la capacité de les déplier en un éclair de temps et de le refermer tout aussi vite. L'insecte ainsi emprisonné n'a plus les moyens de prendre la fuite et fini dévoré. À la base de chaque ravisseuse on trouve un motif singulier ressemblant à un oeil. En situation de danger la mante écarte grand ses pattes avant puis les agitent, donnant l'impression d'être un animal bien plus gros et bien plus menaçant que ce qu'elle laisse supposer. Si cette technique fait parfois ses preuve, cela n'empêche pas les oiseaux d'en faire leur quatre-heure.

DSC03426

On appel souvent sans scrupule une femme criminelle, une intrigante ou collectionneuse d'hommes "mante religieuse" du fait que les femelles mantes se plaisant dans un cas sur trois à dévorer le mâle. Il ne faut voir dans cet acte que ce qu'il est pour la belle : un moyen d'assurer le bon développement des oeufs en ayant accès à une source de protéine de premier choix. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, pour le mâle malchanceux, tout n'est pas perdu. Pendant que sa douce lui dévore la tête, son appareil génital continu son travail et fini même par cloisonner l'orifice de la femelle, empêchant ainsi tout autre de mâle de prendre part à la fécondation.

DSC03416

La mante religieuse fascine. Dans la Grèce antique, elle est associée de par sa position de chasse aux prêtresses en prière. Son nom scientifique de "Mantis" est inspiré du grec Μάντις qui signifie prophétesse. Le terme "religieuse" double cette association, du fait de sa ressemblance avec un croyant en prière, d'où son surnom de Prie Dieu. Dans de nombreuses cultures asiatiques, elle est synonyme de fécondité et d'abondance, certains peuplent allant jusqu'à orner leurs tenus traditionnelles de représentations de mantes.

DSC03427               DSC03513

Les femelles se distinguent des mâles par leur taille, 8 à 9 centimètres là où leurs amants sont plus proches des 4 à 5 centimètres. Chez les femelles l'abdomen est plus long, plus large et se termine par deux pointes formées de cerques (en somme deux pointes striées d'anneaux). Si les deux sexes peuvent voler sur de longues distances, les dames sont souvent clouées au sol quand elles deviennent gravides. Il faut savoir que faute de trouver un partenaire à proximité, la mante est capable de s'autoféconder, on parle alors de parthénogenèse. Les petites mantes qui sortent des oeufs contenus dans l'oothèque seront alors tous des mâles.

DSC03385     DSC03374     DSC03381     DSC03413

Pour l'observer, il faut baisser les yeux. Les endroits où j'ai pu en observer en abondance sont les vignes du Beaujolais, les buissons denses mais aussi la végétation à ras le sol des Calanques marseillaises, les pâtures couvertes de broussailles du Libournais, les prairies de fauche de l'Ainan et les clairières à callune du Pet du Loup. En règle générale, l'habitat de prédilection de la mante religieuse se compose d'une zone ouverte, toujours en dessous de 800 mètres d'altitude, aux herbes hautes qui lui permettent de chasser à loisir les insectes et les araignées. Des cas relativement bien documentés de mantes prédatant de jeunes lézards et de jeunes serpents laisse penser qu'elle est le seul insecte Européen capable de se nourrir de vertébrés.

DSC03490

Nous sommes dans un lande sèche à callune, c'est à dire un habitat qui se caractérise entre autre par l'abondance de callune (Calluna vulgaris) que l'on distingue des bruyères par l'insertion de ses feuilles et ses fleurs dont les pétales ne sont pas complètement soudés. Elle se développe sur des sols acides et drainés avec une faune spécifique.

DSC03486

Lapins de garenne, perdrix, poules faisanes, vipères aspics, engoules vent, coronelle lisse, tariers pâtres, demoiselles en chasse et lézards en tout genre, se sont tout autant d'espèces qui se plaisent dans ce milieu. Les champignons ne sont pas en reste, en particulier ceux associés aux callunes et et qui permettent aux plantes de puiser la moindre ressource du sol. Pour maintenir ces landes au couvert arbustif, il est recommandé de limiter voire de supprimer les ligneux et les plantes au fort ombrage permettant l'émergeance de plantules d'arbres. Le pâturage avec des moutons ou des chèvres est une des solutions techniques employée pour empêcher le phénomène de fermeture.

DSC03500

Le genêt à balai (Cytisus scoparius) fait aussi parti des espèces typiques de ce type de lande acide. Son nom vient de son usage ancestrale comme balai une fois les jeunes rameaux réunis en bouquet puis séchés. On l'utilisait plus particulièrement sur les sols de terre battue. Il s'oppose à un autre végétal, le bouleau verruqueux (Betula pendula) dont on disait que les sorcières ne pouvaient chevaucher les branches réunies en balai, le considérant alors comme un arbre associé à la magie blanche, là où le genêt noire était associé à la magie noir et faisait figure de monture pour se rendre au sabbat. Voici un exemple de deux espèces pionnières, ayant une dynamique similaire et une aire commune mais aux considérations complètement contraires.

DSC03410

Autre espèce pionnière, le peuplier tremble (Populus tremula). Il est le seul de sa famille à se plaire en milieu forestier. Là où les autres peupliers prennent plaisir à s'intaller dans les milieux humides et sur les rives, il s'épanouit plutôt dans les sols frais mais drainés.

DSC03409

Son nom de tremble vient de son feuillage qui au moindre vent de met à frétiller avec force ce qui ne va pas sans laisser s'échapper une délicate mélodie dans le sous bois. C'est un arbre bien connu du fait qu'il est employé à des fins économiques pour réaliser de la pâte à papier mais aussi des allumettes, de la menuiserie du fait de sa capacité à prendre des teintes argentées en vieillissant et des emballages comme les cagettes si précieuses pour allumer la cheminer l'hiver. Son écorce a été longtemps employée pour ses propriétés permettant de lutter contre la douleur. Aujourd'hui on préfère l'emploi des feuilles et des bourgeons, plus particulièrement pour soigner les infections respiratoires comme la bronchite. Chez les grecs anciens, ce peuplier est l'incarnation de la nymphe Leucé qui prit la forme du végétal pour échapper aux avances d'Hadès. Il incarnait dans la culture hellénique une passerelle symbolique entre le monde des morts et celui des vivants.

DSC03404               DSC03408

Cela fait longtemps que les digitales pourpres (Digitalis purpurea) ne sont plus en fleurs. La plante est extrêmement toxique du fait qu'elle contient de la digitaline. Cette molécule n'est cependant pas sans utilité, car celle-ci permet de réguler le rythme cardiaque. Administrée il y a encore peu à partir d'extraits naturels, elle a été depuis synthétiser ce qui à l'avantage de permettre des dosages plus justes et une meilleure prise en charge des patients. Cette méthode préserve également les populations de digitales en Europe des cueillettes commerciales.

DSC03528

La belle ondontite jaune (Odontites luteus) est au rendez-vous. Nommée aussi euphraise jaune, son nom d'ondontite ne va pas sans rappeler tout ce qui touche aux dents, d'ailleurs en arabe son nom signifie "molaire jaune" ce qui laisse supposer mais sans aucune certitude d'un usage ancien de la plante pour soigner les troubles de la dentaires.

DSC03529

En France on la rencontre dans tout le Sud (exception faite au Pays Basque) et dans l'intégralité de l'Est du Pays, le plus souvent dans les milieux secs et arides, parfois en lisière de forêt ce qui correspond plutôt bien au Pet du Loup. C'est une plante hémiparasite, c'est à dire que bien chlorophyllienne (qui fabrique donc sa nourriture), elle va également puiser des ressources dans ces proches voisines, en particulier les minéraux essentiels à son développement. En sommes, c'est une forme de vampirisme végétal. Il n'est pas rare de la voir fleurir jusqu'en septembre et bien qu'elle préfère les zones géographiques au climat plutôt clément, on peut la croiser jusqu'à 1800 mètres d'altitude.

DSC03364

Ce lézard des murailles (Podarcis muralis) prend un bain de soleil avant de retourner à sa cachette. L'hiver approchant, il se mettra alors en hivernation et n'émergera de temps à autre de son sommeil que si l'ensolleillement est suffisant. Les grands froids ne permettant pas aux papillons, mouches, sauterelles et autres araignées dont il se nourrit d'être abondants, il doit se mettre à la diète faute de proies. Néanmoins ce régime alimentaire ne l'empêche pas de vivre 5 à 8 ans, les plus vieux spécimens pouvant atteindre 20 centimètres.

DSC03484

Que de chemin parcouru depuis les chantiers de novembre 2017 au Pet du Loup. Une année bien fournie, avec l'obtention du diplôme, un poste dans la fonction public comme vacataire sur les questions d'agriculture et d'aides européennes, la PAC. Cependant, cela ne serait être le seul bouleversement, et pour tout dire il est de taille, j'aurai l'occasion de revenir dessus dans les prochains articles du blog et pourquoi pas, d'y consacrer un billet entier. En attendant ,l'heure est aux sorties d'automne, avec l'approches du suivi loutre et les grandes expositions mycolgoiques locales. Les soirées s'annoncent bien remplies mais passionnantes, d'autant plus que le secteur rhodanien n'est pas sans atouts. Cela promets quelques reportages faunistique en perspective et pourquoi, une très prochaine sortie entre visiteurs du blog. À suivre !

DSC03362     DSC03370     DSC03498     DSC03531

mercredi 24 octobre 2018

Faune et flore du beaujolais.

 

DSC03122

C'est me voilà à me coltiner mon premier rhume de l'année. C'est l'occasion de se replonger dans les photographies des derniers jours de l'été. La lumière a été magnifique en particulier pendant les quelques jours où j'ai séjourné dans le Beaujolais vert. Terre de vins, la région s'est relevée être bien plus riche en faune et flore que je ne pouvais le penser et cela, bien que les forêts avoisinantes n'aient rien à voir avec celles de ma belle Chartreuse. Je n'étais pas équipée pour le récolte à laquelle je me suis adonnée tôt le matin, étant dans le coin pour une toute autre raison, il a donc fallu passer par le système D pour ammasser mes premières provisions automnales de graines et de fruits sauvages.

DSC03055

Le quartier est calme à cette heure, le soleil se lève tout juste. Les murs des habitations sont jaunes et dorés, en raison de la pierre utilisée et qui a valu la réputation du massif rhodanien des Mont d'Or.  Celui-ci se compose de roches jaunes, grises et ocres faites de calcaire fossilifère daté du jurassien moyen (174 à 163 millions d'années).

DSC03077

Pas de grande faune à l'horizon, seulement quelques oiseaux des champs dissimulés dans les herbes. Les fleurs s'accrochent mais leur maigre corolle ploie déjà sous les rayons du soleil à peine sortis et déjà mordants. Les terres arables mises au repos sont un terrain de jeu parfait pour ceux qui veulent s'exercer aux plantes rudérales, c'est à dire qui poussent dans un milieu impacté par l'homme : bord de route, champs, trottoirs, chemin de fer etc.

DSC03249

Parmi les rudérales, on peut compter sur les papavéracées dont les pavots. Le plus connu d'entre eux est sans aucun doute le coquelicot (Papaver roheas), appelé pavot rouge. Il fait l'object d'une grande campagne à l'heure actuelle : "Nous voulons des coquelicots" issu du manifeste de Fabrice Nicolino et de François Veillerette et pour cause, la fleur rouge est emblématique de la disparition de la biodiversité à cause de l'emploi à outrance des intrants et des pesticides.

DSC03246

Se priver du coquelicot et de ses confrères, c'est se priver de nombreuses autres espèces mais aussi d'un patrimoine culturel riche. Saviez-vous que le nom scientifique du coquelicot "Papaver" viendrait semble-t-il du mot issu directement de la culture viking ? Les pétales des pavots dont le coquelicot, étaient écrasés pour donner une bouillie distribuée aux enfants pour les aider à dormir. Cette préparation dans le dialecte de ce peuple du nord était nommée "papa". En France le nom vernaculaire commun "coquelicot" vient de "cocorico" en raison de la ressemblance entre la fleur et la crête du coq, d'ailleur on l'appel encore de manière traditionnelle "pavot coq".

DSC03169

Après quelques minutes d'affût, une joyeuse bande de faisans de Colchide (Phasianus colchicus) tendent là tête hors des graminées. Pas farouches pour un sous, c'est tout juste s'ils ne s'approchent pas de moi pour vérifier si je n'ai pas de quoi les nourrir. Insatisfaits, ils retournent picorer les graines restées au sol entre les sillons avant de prendre leur envol, apeurés par l'approche d'un gros chat de gouttière.

DSC03191

Dans les vignes bien d'autres espèces évolues. Grives, lièvres, lapins de garenne, perdrix et perdreaux trouvent refuges au pied des serments de raisin et se régalent des herbes folles qui sur les parcelles les moints traités trouvent quelques rares espaces pour s'exprimer à loisir. Je ne m'étenderai pas plus sur les faisans lâchés pour les besoins de la chasse. Je ne suis pas pro, je ne suis pas anti, je me pose juste énormément de questions non seulement sur l'impact environnemental de cette pratique, mais aussi sur les aspects moraux tant liés au tir de ce type de gibier qu'aux conditions de son élevage.

DSC03160     DSC03205     DSC03219     DSC03282

Comme je vous le disais un peu plus haut, c'est le moment de se lancer dans la récolte ! Noix, mûres  sauvages, prunes et raisins rejoignent la table à travers de fabuleux desserts faits de coulis, de salades sucrées, de vins, de sirops mais aussi de gâteaux et de tartes qui sont à la couleur de la saison. C'est le meilleur moment pour faire le plein en vitamines, préparer les bocaux pour ne manquer de rien en hiver et oublier pour de bon les régimes.

DSC03147

Autre fruit de saison, les prunelles issues du prunelier (Prunus spinosa) qui est aussi appelé épine noire. Espèce pionnière, il est courant de la trouver dans les champs en friche, dans les haies et dans les brouissailles.

DSC03141

Les fruits frais sont très âpres et de ce fait inconsommables crus. Ils sont récoltés traditionnellement blettes pour être consommés tel quel. Pour la cuisine, on peut se passer des premières gelées, en particulier si l'on souhaite confectionner des liqueurs, des confitures ou des confits sucrés-salés au vin rouge. Attention à l'abus de prunelles, celles-ci sont aussi connues comme étant légèrement laxatives, tout comme la décoction de l'écorce du tronc. Des jeunes rameaux on tire aussi le célèbre vin d'épine à boire en apéritif ou en dessert. L'intérêt de cette arbuste ne réside pas uniquement dans son utilisation. Il est l'hôte des chenilles d'une quinzaine d'espèces de papillon, sert de gîte, d'abris et d'arbre nourricier à un grand nombre d'oiseaux et de micrommamifères. Ecologiquement parlant il est d'un intérêt capital pour restaurer les milieux agricoles où l'action de l'homme a pu se montrer destructrice.

DSC03107

Dans la même famille que le prunelier, celles des rosacées, on trouve l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) appelée épine blanche. Les fruits sont des cenelles, de nature farineuse on les utilise en infusion pour les problèmes cardiaux, pour le stress ou encore pour l'hypertension.

DSC03105

Portant des fleurs blanches, l'aubépine est associé à la virginité, à la Vierge Marie et au monde des fées. Il n'était pas rare de déposer des offrandes sur ses branches et à ses pieds pour s'attirer les bonnes grâces du petit peuple. On allait jusqu'à offrir des nattes et des tresses de cheveux. Ces dernières ont peu à peu été remplacées par des brioches en forme d'épis et tressées, gourmandises dont on retrouve encore là forme dans nos boulangeries. C'est aussi l'arbre de toutes les greffes qui peut servir de support à de nombreuses espèces comme le poirier, le néflier, le cognassier, le pommier, le prunier,  ou encore le cerisier.

DSC03253

Le liseron des champs (Convolvulus arvensis) est une plante mal aimée et pourtant fascinante. Le pied de cette photo vit en bord de route, résistant à la chaleur provoquée par la réverbation, aux émanations des pots d'échappement et du goudron, aux pneux des voitures et des tracteurs. Autant de ténacité, ça se salue, d'autant plus que la belle est l'hôte de la chenille d'un magnifique papillon de nuit, le sphinx du liseron (Agrius convolvuli).

DSC03261

Nous étions il y a peu avec les plantes de fées, nous voilà avec les plantes à sorcières ! Le datura stramoine (Datura stramonium) n'a pas toujours bonne presse. Considéré comme plante invasive, toxique et mortelle, il est souvent recommandé de l'arracher à grand renfort d'huiel de coude.

DSC03259

Pourtant il est un indicateur précieux pour connaître l'état du sol. Celui-ci se plaît dans les milieux perturbés, inondés, en friche voire pollués mais se contente tout aussi bien de sols sains, c'est donc une de ces pionnières capables d'établir les premiers couverts verts essentiels à la biodiversité. Cependant la belle n'est pas de chez nous, et même si son origine fait encore débat, elle serait native du Mexique et aurait prit l'essort qu'on lui connaît aux alentours du 17e avec les échanges Europe-Amérique. Il n'en fallait pas plus à certains pour la considérer comme invasive, sans tenir compte du fait qu'elle est la conséquence et non la cause des perturbations rencontrées. Nommée "plante parasite" dans les revue spécialisées, la peur des autorités sanitaires réside dans le fait que les graines de sarrasin et de datura sont de même diamètre empêchant la séparation mécanique, le seuil de risque étant statué à une échelle d'une graine de datura pour 10 000 de sarrasin. Cependant l'obligation de maîtriser l'adventisse a été appliquée à la quasi-totalité des autres cultures, avec comme solution principale l'arrache manuel et l'emploie de pesticides dans les tous premiers stades de la plante. Du toxique pour limiter du toxique, brillante idée des pouvoirs publiques. Cependant il ne faut pas amoindrir les risques pour le bétail consommant du maïs d'ensillage et le manque à gagner pour les exploitants.

DSC03300

Pour rester dans les mal-aimés, voici un superbe reptile fort utile aux cultures et aux jardiniers. La couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) est le serpent indigène le plus long de France avec une taille record pour les femelles de 2 mètres. Inoffensive pour l'homme, elle ne se ferra menaçante que si elle agressée et acculée contre un mur. 

DSC03289

Pas de panique, la belle ici n'a été importunée que quelques instant le temps d'une ou deux photos. C'est une remarquable chasseresse qui se plaît aussi bien dans les milieux aquatiques qu'arrides et il n'est pas rare de la croiser dans les ronciers. Gourmande, elle se nourrit de lézards, de rongeurs, d'autres serpents et de grenouilles. Comme tous les reptiles français, elle est protégée ce qui n'empêchent pas aux individus de cette espèce de finir sous les coups d'une pelle ou d'un balai. C'est peut être le cas de celle-ci dont la mâchoire est légèrement déformée.

DSC03164     DSC03273     DSC03237     DSC03278

Partout le constat est le même, ce n'est plus le temps de la récolte des herbes vertes et fraîches mais de leurs graines. Parfois utilisées pour les soins ou la cuisine, elles seront avant tout récoltées pour la mise en semis du futur jardin à travers une grainothèque mais aussi comme matériel pour ma malle pédagogique.

DSC03220

Quand on voit une chenille poilue, qui plus est noir et marron, on a tendance à crier au danger et à piétiner la malheureuse en argumentant qu'il s'agit d'une chenille processionnaire. Il n'en est rien ici, cette gracieuse et velue créature est la chenille du bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi).

DSC03226

Pas de panique, la manipuler ne provoque pas de réaction urticante, tout au plus un très léger gratouilli chez les plus sensibles. Pour la trouver il faut chercher dans les feuilles des ronciers mais aussi sur celles de la luzerne, du trèfle, des rosiers, des fraisiers ou encore des bruyères car la dame n'est pas difficile et s'acclimate d'un peu près tout ce que la nature lui offre à portée de mandibule. Bel exemple à suivre. Quand elle est repue et après avoir passée l'hiver à l'abris, elle tisse un cocon au niveau du collet des plantes qui furent ses hôtes. En émerge alors en juin un papillon de nuit robuste aux teintes beiges, grises et rosées, le fameux bombyx de la ronce. Dans certaines régions la chenille porte aussi le nom d'anneau du Diable du fait de sa capacité à se mettre en boule quand elle se sent menacée. Un truc poilu, mou, informe et sombre, forcement ça ne pouvait qu'incarner une figure bestiale dans l'imaginaire collectif et maudite ...

Voilà, en pas moins de deux heures, c'est tout un bestiaire qui s'est ouvert à moi. Des arbres protecteurs, des fleurs colorés, des oiseaux peu timides mais surtout, des animaux et des plantes encore mal-aimés aujourd'hui mais au combien importants pour le bon fonctionnement de nos écosystèmes. Leurs noms ne vont pas sans nous évoquer ce mal-amour qui aujourd'hui ne peut plus se justifier. Mauvaises herbes, plantes de sorcière et animaux du Diable, il serait peut être tant de porter sur eux le regard bienveillant qu'ils méritent.

DSC03199

vendredi 19 octobre 2018

Le forum mycélium : retour en images.

DSC04416

Encore un week-end fort en émotions pour la 2e édition du forum mycélium à St André en Vivarais en Ardéche verte. Des grands noms sont au rendez-vous et pour l'occasion, ils animent la plupart des ateliers, des conférences, des sorties, des tables rondes et surtout, le tout avec beaucoup de bienveillance. Bien sûre le thème central reste le champignon mais pas seulement ! Agriculture, biomatériaux, recyclage et valorisation, sciences humaines, production, détermination et cuisine ... la fonge entre en ligne de mire de nombreuses disciplines qui n'ont pas manqué d'attirer l'attention du public pour notre plus grande plaisir, l'événement ayant eu pour la peine un joli succès. La poésie était de la partie pour raconter la fascinante relation entre les champignons et le vivant tout comme leurs formes, leurs couleurs et leurs parfums à travers des échanges animés et drôles mais aussi, par l'intermédiaire de toute une série de jeux de découverte. Pour découvrir les intervenants et les thématiques, je vous invite à vous rendre sur l'article de présentation de ces derniers ICI.

DSC04371

Ayant Hervé Cochini pour guide, nous voyageons d'arbres en arbres pour découvrir l'incroyable vie des lichens, ces êtres fascinants pour qui 1 + 1 = 1 comme aimait le dire Pelt. Bioindicateurs de la qualité de l'air, ils sont aussi des éléments précieux pour connaître un milieu.

DSC04373

Pionniers, il est courant de les voir affronter des conditions rudes. Fort heureusement, le lichen est le fruit d'un champignon et d'un algue verte parfois remplacée par une cyano-algue. L'un fourni l'azotes et les antibiotique, l'autre les sucres permettant au couple de s'acclimater un peu près partout. Je vous l'avoue, pour la peine je vous fait la version courte. Tout aussi courte que l'anecdote qui veut que le lichen ici en photo, un Xanthoria sp., soit employé en teinturier dans la confection des kilts. À cet énoncé voilà ma curiosité piquée et il n'en fallait pas plus pour que je me rus sur "Guide des teintures naturelles Champignons et lichens" de Marie Marquet et Caroline Paliard, ce qui amène en perspective pour cet l'hiver de futurs articles-ateliers sur l'expérimentation et l'identitifcationet autour de la thématique de la teinture naturelle sur le blog.

DSC04397

Hervé Coves est notre second guide et on peut le dire, avec lui champignons et poésie riment. Soulever le délicat jupon que forme le chapeau du carpophore ou partir à la découvert des dentelles que forment les lamelles est une véritable aventure. Aérodynamie, vols spatiaux, naissance de la vie à travers les comètes ou encore contact avec la nature à travers les relations du mycélium et des herbes ainsi que les échanges qui se produisent sous nos pieds; ce sont quelques unes des découvertes auxquelles ont été conviés les petits et les plus grands.

DSC04398              DSC04418

Dans les profondeurs, les fourmis cultivent les mérules (Merulius), des champignons dont certaines espèces sont connues pour détruire le bois qui composent les habitations trop humides, d'où leur surnom de "champignons des maisons". Ici ils sont source de nourriture. En décomposant les végétaux, ils produisent des sucres assimilables dont les insectes se délectent. Les plus téméraires ont de ce fait pu goutter la terre de fourmilière. Les enfants ne restent pas insensible à la démonstration et s'empressent de joindre le pas, laissant grimper les fourmis sur leurs mains. Les voir en pleine immersion nature, s'amuser au contact du vivant est une grande joie.

DSC04433

L'an dernier, la neige avait fortement impactée la récolte. Cette année l'événement a été avancé d'un mois et c'est désormais la sécheresse qui nous joue des tours. Cependant ont trouve quelques spécimens ici et là à mettre dans le panier des identifications pour les soumettre à Pierre Roux imminant mycologue à l'humour comme je l'aime et présent pendant ces deux jours de festivité et d'échange.

DSC04421

Dans les mains de Pierre Coves, un clitocybe orangé (Hygrophoropsis aurantiaca) que l'on nomme fausse chanterelle et qui n'a de clitocybe que le nom (désomrais il fait parti des boletales). Il n'est pas rare qu'il soit confondu avec la véritable girolle de par son aspect, cependant il s'en démarque par sa couleur, la présence de lamelles et une chair colorée. C'est un comestible très moyen. La sortie se poursuit avec la rencontre d'une vesse de loup perlée (Lycoperdon perlatum), d'un coprin (Coprinus sp.), d'un beau cheval blanc, des cris d'un couple de rapaces mais surtout, des bruits de la nature et de l'eau.

DSC04440               DSC04441

Retour au premier hall de présentation. Héléna Amalric s'y tient avec ses incroyables champignons : pleurotes en pleine fructification, champignons luminescents, amadouviers et polypores des pins pour la réalisation de cuir végétal, échantillons de contre-plaqué à base de mycélium et isolant de même nature ... les champignons sont à la pointe de l'innovation. Et vous savez quoi ? Héléna a été également ma maître de stage, c'est donc a elle que je dois mes deux articles sur le blog ICI et mais aussi, la réussite des mes oraux de BTS.

DSC04465Les intervenants sont nombreux, et hélas je n'ai pas pu assister à une grande partie des conférences, présentations, ateliers, tables rondes et démonstrations. Je me suis promise l'an prochain d'être présente sur l'intégralité de l'événement. Parmi les acteurs de ces rencontres, deux monstres sacrés du monde nature et de la mycologie : Pierre Roux et Marc André Selosse, auteurs de ces deux ouvrages (entre autre) que je vous recommande chaudement. Outre leur immense savoir et leur pédagogie, j'ai été très touchée par la grande bienveillance qu'ils m'ont manifestés lors de mon passage devant le public et pour lesquels je les remercie.

DSC04445Parmi les outils mis à la disposition du public, on retrouve les mallettes d'Hervé Cochini. De grands format et tout en bois, elles contiennent un nombre incalculable de lichens de formes et couleurs diverses, identifiés avec soin et disposés sur le substrat où ils ont l'habtutde de se développer.

DSC04444

Si un bon nombre d'entre eux sont Aardéchois, une partie est issue de Chartreuse mais aussi de Guadeloupe car il faut le savoir, les lichens sont partout. On en rencontre même sur les glaces arctiques, là aucun autre organisme capable de photosynthèse ne se développe. Les lichens sont des êtres symbiotiques fascinants, certains sont même phosphorescents ! Résistants pratiquement à tous, certaines espèces sont cependant très sensibles à la pollution de l'air. La classification des lichens se fait par genre, par famille mais aussi par milieu. Ainsi on peut utiliser la clé suivante pour les classifier mais elle n'est pas la seule.

DSC04476Baptême du feu ! Me voilà pour ma toute première conférence devant un public de connaisseurs, autant vous dire que je ne fais pas la fière cependant j'ai pris un énorme plaisir pendant cette présentation à faire découvrr ma passion. La thématique ? L'amanite tue-mouche dans la culture européenne. Pour se faire je me suis appuyée sur le travail que j'ai réalisé il y a 2-3 ans sur le sujet et dont vous trouverez dans les limbes du blog les traces mais aussi, sur la version mise à jour et bien plus complète dans la revue du Mycorium Sauvage à travers le Mycomag.

DSC04467               DSC04470

Pourquoi se pencher sur l'amanite tue-mouche et surtout, culturellement parlant ? Parce que le beau champignon est représenté un peu partout dans nos sociétés ! Peinte à la bombe sur les murs  des villes, diffusée à la télé dans Oui-Oui et les Stroumfs, dessinée dans les bandes dessinés avec Tintin, Astérix ou Spirou, mise en lumière dans les jeux vidéos avec Mario, Skyrim et Minecarft, affichée sur les tee-shirts des stars comme Miley Cirus ou Katy Perry, on ne peut pas louper l'amanite tue-mouche. Tout l'intérêt réside alors dans le pourquoi de sa présence dans notre quotidien ? C'est ce que j'ai pris plaisir à montrer en reprenant son historique en voyageant de l'Asie à l'Europe en passant par les cultes chamaniques et hindouiste, les terres celtes et anglo-saxons jusqu'à arriver à notre ère. Pour les curieux la vidéo sera bientôt accessible contre une petite cotisation à notre association le Mycorium Sauvage. En prime, le très beau panier d'amanites devant lequel je me suis exprimée.

DSC04492Les champignons c'est beau, c'est utile et c'est à aimer pour ce que c'est. Certes. C'est aussi très bon ! Jacques Marcon, chef réputé tenant avec son père Régis Marcon le restaurant du même nom ainsi que le bistrot la Coulemelle, est venu nous faire démonstration de son talent et nous régaler la pense  de ses préparation à base de champignon.

DSC04496

Tricholomes colombettes, gambas, chanterelles grises à l'huile de noisette, fricassées aux girolles, bolets pied rouge grillés, sparassis crépu au beurre et son émulsion de crème (une découverte pour mes parents pour mon plus grand bonheur). Ce dernier se nomme aussi morille des bois, morille des pins ou morille blanche bien qu'il n'en soit pas une. Délicieux, il est recherché par les amateurs de bonne cuisine. Les mycologues le connaissent pour leur part sous le nom de Sparassis crispa .Cependant mal serait avisé celui qui sans bien le connaître s'aventurait à le récolter. Les confusions peuvent être nombreuses, en particulier avec d'autres calvaires de couleur beige. Les risques sont de l'autre de l'indigestion, de la gastrite et des diarrhées tenaces. Vous voilà prévenus.

Pardon à tous ceux et toutes celles que je ne cite pas dans cet article, leur intervention est à la hauteur de l'événement : génialissime. Dans cet article précédent, ICI, vous pouvez retrouver tous les intervenants. Une grosse pensée pour les bénévoles issus en grande partie de l'Association de Gestion de l'Ecole de St André en Vivarais qui a su donner vie à ce forum. Et un grand bravo pour Jérôme et Hervé, les fondateurs et porteurs de ce beau projet. N'oublions pas non plus Nathaël a qui l'on doit les magnifiques visuels de cette édition ainsi que la capture image et son mais aussi, Joseph, photographe émérite du petit monde et qui comme l'an dernier nous a fait profiter de ses beaux clichés et de sa technicité. Merci aussi à tous ceux qui ont fait le déplacement, j'ai pu mettre des visages et des voix sur des profils IRL d'amoureux de la nature avec qui j'échange depuis longtemps et là aussi, je suis ravie. On vous attends avec plaisir à la 3e édition de ce forum qui s'annonce encore plus riches. À très vite et attendant, n'hésitez pas à découvrir le groupe facebook du mycorium sauvage, son site internet mais également ceux des intervenants et participants du Forum Mycelium, et pourquoi pas, à adhéré comem membre.

DSC04466