dimanche 6 décembre 2020

Cygnes d'ici et d'ailleurs.

DSC07721Quand on parle de cygne, on pense tout de suite à un animal au plumage blanc immaculé, au cou gracile et au chant discret si ce n'est absent. En réalité, il n'en est rien. En France on trouve cinq espèces de cygnes : trois sauvages et deux exogènes. Pour le moment nous n'avons pu observer que trois des cinq mais cela ne serait tarder.

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En effet au compteur, il nous manque le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii)  qui ne se trouve que très rarement en Auvergne Rhône Alpes et le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus), une espèce originaire d'Amérique du Sud et présente parfois dans les jardins.Il nous en manque deux autres qui eu, sont bien trop loin pour nous. Figure à la liste le cygne trompette (Cygnus buccinator) vivant du coté de l'Amérique du Nord, et le cygne siffleur (Cygnus columbia columbia)  présent pour sa part au Nord du Canada. Tous deux possèdent un bec noir.

DSC07830Le cygne tuberculé

Voici un beau cygne tuberculé (Cygnus olor). C'est le plus commun et le plus connu de tous. Appelé aussi cygne muet en raison de son cri étouffé voir absent, on le croise dans une grande partie de la France, de préférence dans la moitié nord. Il s'observe dans les milieux humides, plus particulièrement sur les lacs, les rivières et les fleuves. L'historicité de sa présence dans le pays fait débat. Il a été pendant longtemps considéré comme exclusivement d'origine asiatique. On pensait alors qu'il avait été importé en Europe au court des siècles par les migrations humaines successives. Les dernières recherches paléontologiques et historiques tendraient à monter que c'est une espèce indigène présente depuis plusieurs milliers d'années, manque même de peu de disparaître au Moyen Âge car très chassé. Il doit son salut aux douves des châteaux qui lui servant alors de refuge, la noble volaille devenant alors un animal d'ornement.

Voici une carte de sa répartition tirée de l'INPN (Inventaire National du Patrimoine National), un site extrêmement utile pour se renseigner sur les espèces, leur nom et leur statut de protection. Chaque point vert est une donnée de cygne enregistrée. On peut également voir la même chose sur le site faune-france.org pour peut que l'on y rentre quelques données. On peut voir à quel point les massifs montagneux ne sont pas sa tasse de thé.

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Les cygnes tuberculés sont des oiseaux étant parvenus à s'adapter à une grande variabilité de milieux et qui n'a pas peur de fréquenter l'homme ce qui ne leur réussit pas toujours. Dans le lit du Rhône, on les trouvent parfois noyés, retenus par les filets, les déchets et les lignes de pêche qui jonchent le fond de l'eau. On les voit aussi mourir de malnutrition, le pain donné sans penser à mal étant toxique pour eux. On a pu ainsi retrouver l'hiver dernier 70 cygnes morts à la surface d'un lac, empoisonné par du pain détrempé où une bactérie toxique à pu s'installer. On observe aussi de forte carence, le pain et autres gâteaux n'étant pas du tout une nourriture auquel leur organisme est adapté. Torsion de l'estomac, plumes inaptes au vol ou panse gonflée, ce ne sont là que quelqu'unes des conséquences. Certains deviennent même incapable de se nourrir par eux mêmes.

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On l'oublie aussi souvent, mais il s'agit là de l'oiseau sauvage le plus gros de France métropolitaine, avec pour les plus beaux spécimens 13 kilos au compteur. En quelques chiffres, le cygne tuberculé c'est 1,60 mètre du bec à la queue, soit ma taille, 2 mètres à 2 mètres 40 les ailes ouvertes et 20 ans de vie. Bref, un animal aux dimensions imposantes et uqe, je trouve, on ne valorise pas assez aux vues de ses exceptionnelles capacités. On peut pour finir revenir sur son tubercule noir au dessus de son bec orange. Celui du mâle est plus gros que celui de la femelle, mais bien aisé est celui qui arrivera au premier coup d'oeil à en faire le distinguo.

DSC05660 (2)Le cygne chanteur

On peut le dire, le cygne chanteur (Cygnus cygnus) n'est pas le plus courant des cygnes européens, loin de là. Comme son nom l'indique, c'est un oiseau au chant élégant et puissant, là où le cygne tuberculé se fait muet. Sa répartition est Eurasienne, et on le trouve avant tout au nord, en grande partie en Russie où les lacs de taïga et les tourbières qu'il affectionne sont nombreux et nombreuses.  On pourrait aisément le confondre avec le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii), mais le jaune du bec chez ce derneir ne va pas jusqu'aux narines du bec. Bien qu'il se ressemblent, le cygne de bewick est plus proche du cygne siffleur (Cygnus columbianus columbianus) dont i lest une sous-espèce que du cygne chanteur.

Toujours sur l'INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), la carte laisse cette fois-ci voir une répartition bien différente pour l'espèce. Si quelques couples nichent ça et là, la plupart des reproductions se font dans le nord de l'Europe. Petit focus sur l'unique point en Savoie. Le cygne chanteur de ces photo, c'est celui qui correspond à ce pixel vert. Présent depuis septembre 2019 dans le secteur, il semble se plaire en compagnie de cygnes tuberculés, au point de ne pas les quitter et d'être encore présent au 5 mars de cette année.

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Plus grêle que ces camarades, il peut néanmoins peser jusqu'à 11 kilos, avoir une envergure de 2 mètres à 2 mètres 40 et une taille d'un mètre 65. Il reste de ce fait un oiseau aux belles dimensions. Son chant et son cri ne vont pas sans rappeler ceux des oies mais en plus aigus, ce qui justifie un peu plus le surnom d'oie blanche donné aux cygnes. Le port e sa tête très anguleux est aussi un moyen aisé de le différencier des autres espèces.

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Quelques individus nichent dans la Dombe. Le nid se compose de gros végétaux, de roseaux et d'herbes aquatiques. Entre avril et juin, jusqu'à 8 oeufs peuvent être pondus. La couvaison est longue, jsuqu'à 6 semaines. Les poussins sont élevés par leurs parents pendant plusieurs mois. Pendant cette période, les jeunes ont besoin d'une grande étendue d'eau car même après leurs premiers vols, leur poids ne leur permet pas de parcourir de grandes distances. Il leur faut alors muscler leurs ailes pour pouvoir s'émanciper. Grégaire, on en observe de belles colonies un peu partout comme en Scandivanie mais aussi au Japon où il passe aussi l'hiver.

DSC07794Le cygne noir

Comparé aux deux précédents, le cygne noir (Cygnus atratus) détone. Plumes noirs, bec rouge-orangé barré de blanc, pattes courtes et sous plumage blanc, on est loin de la blanche oie. Seul le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus) peut s'en rapprocher. Plus petit, il mesure en moyenne un mètre 40 pour un mètre 60 à 2 mètres d'envergure pour un poids de 3,7 kilos à 8,7 kilos et 20 ans de vie. Il y a trois ans, une redécouverte agite la communauté scientifique. Des ossements exhumés en 1864 laisse entendre l'existence passé d'une nouvelle espèce de cygne disparue depuis. Cette découverte est faite par le naturaliste Henry Ogg Forbes et l'animal est nommé Cygnus sumnerensis. Le temps passe, et cette classification est discutée pour être finalement réfutée et les os sont attribués à Cygnus atratus. Coup de théâtre, des tests ADN relèves en 2017 qu'il s'agit bien d'une espèce à part entière, séparée il y a un à deux millions d'années du cygne noir. Celui-ci plus gros, aurait disparu aux alentours des années 1500 avec l'arrivée des premiers Maoris.

Introduit en Europe comme oiseau d'ornement dans les jardins et les parcs, certains ont pu s'échapper. Ainsi on peut en trouver un peu partout en France. Dans le Rhône, on peut en observer deux couples, l'un à Miribel Jonage, l'autre du côté de Confluence. Cocasse quand on sait que c'est une espèce originaire d'Australie. Notre climat plutôt rude pour une espèce habitué à la chaleur ne semble pas poser problème.

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Autre fantaisie, les plumes de celui-ci semblent froissées, ressemblant à de jolies froux-froux. Son cri discret rappel le couinement des jouets pour chien, d'un clairon mal mené mais aussi d'un passereau au chant aigu. En période de reproduction les mâles deviennent agressifs et constitue un vaste territoire où il invite une compagne à nicher. Cependant on observe sans mal des couples faire leur nids à proximité sans que cela n'entraîne d'hostilité de part et d'autre. Comme les autres cygnes, il se nourrit de végétaux aquatiques et d'herbes de rivages, leur bec plat et strié étant spécialisé dans l'arrache et la découpe des brins les plus tendres.

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Mis à mal à l'arrivée des colons car très chassé, il trouva le salut dans les zones humides peut accessibles de l'Australie. Inapte au vol pendant la mue, il en devient une cible facile. Son introduction en Nouvelle-Zélande et sa protection au 20e lui on permit de connaître un développe rapide, au point qu'aujourd'hui des mesures sont prises pour limiter les grandes populations qui peuvent causes des dégâts aux cultures. En effet, les rares zones humides et les marais ayant souvent été transformés en champs et pâturages, les cygnes noirs sont souvent amenés à parcourir ces territoires, faute d'habitat naturel adapté à ses besoins.

Voici une courte présentation pour les trois espèces qui nous ont été donné de voir ces deux dernières années. Nous espérons bien sûr, croiser le cygne de Bewick, mais pas au point de forcer la rencontre, le moment viendra quand celui-ci le voudra bien se montrer. Cela nous laissera le temps de nous préparer, l'animal étant particulièrement farouche. Il serait dommage d'écourter une observation si attendue. La suite au prochain épisode.

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dimanche 25 octobre 2020

La cigogne blanche (Ciconia ciconia).

DSCN0460Voilà la belle que nous avons pu rencontrer lors d'une virée dans la Dombe courant février. Si la plupart des cigognes blanches n'y sont que de passage à travers leur migration, quelques unes ont pris l'habitude de s'y arrêter pour nicher, voire à se sédentariser suite à des actions menés par le parc des oiseaux sur Villar les Dombes. D'ailleurs c'est à proximité et dans celui-ci que la plupart des nids peuvent s'observer. Cependant on ne serait les voir qu'ici, le Grand Est, la Camargue au sud et la Petite Camargue au nord-est étant des spots propices à l'observation. Figurant parmi les plus grands oiseaux de France avec une taille d'un mètre, une envergure d'un mètre 55 à un mètre 65 et un poids de 3 à 3,5 kilos, on la distingue des 6 autres espèces de cygognes grâce à son plumage blanc et noir, ses pattes rouges et son bec orange, là où celui de la cigogne orientale (Ciconia boyciana) et celui de la cigogne maguari (Ciconia maguari) sont gris voire noirs. Pouvant vivre plus de 30 ans, elle est fidèle à ses airs d'estivages et d'hivernage.

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La reproduction s'entame directement au retour de migration pour les oiseaux ayant atteint la maturtié sexue. Le mâle est le premier à arriver sur le nid, les couples étant fidèles à vie. lle, c'est à dire 4 ans. Cependant il n'est pas rare de voir de jeunes femelles venir prendre la place de l'officielle, ce qui peut entraîner de violentes bagarres suivies par un oeil attentif du côté du mâle. Les échauffourées terminer, la parade nuptiale peut débuter à travers un jeu de claquements de becs, cette cigogne n'aytant pas de syrinx, l'organe permettant aux oiseaux de chanter et de communiquer. Vient alors la construction/solidationdu nid. Celui-ci peut dépasser les deux tonnes et dans de très rares cas, peut entraîner l'éffondrement de l'arbre ou du toit sur lequel il se trouve.

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C'est là que verrons le jour 2 à 4 poussins après une couvaison des oeufs pendant près d'un mois. Il en faudra deux de plus pour voir les poussins devenir autonomes et quitter le nid. Ils pourront alors profiter de la Dombe et des nombreuses proies composant leur régime alimentaire. Grenouilles, larves, petits poissons, reptiles et rongeurs, les cigognes ne sont pas regardantes. Leur long bec forgé tel un poignard et leurs longues pattes laissent voir sans mal qu'il s'agit d'animaux adaptés aux milieux humides et plus particulièrement aux zones de marais dans lesquels il leur est possible de se déplacer sans n'avoir à se mouiller les plumes. On retrouve la même chose chez les hérons et autres aigrettes avec qui ce caractère est partagé.

DSCN0471Si les cigognes aiment la Dombe pour ses richesses, elles ne sont pas les seules. Bien des osieaux migrateurs y transitent et même, y passent l'hiver. Les grues cendrées s'y arrêtent pour manger, les fuligules et les nettes rousses y séjournes entre novembre et février et les cygnes chanteurs viennent même y nicher, chose relativement rare en France.

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Les cigognes figurent en Europe parmi les oiseaux ayant connus l'un des reculent les plus importants au 20e. Elle a même manqué de disparaître de France, faute d'habitats, les zones humides ayant été détonnées et asséchées à tour de bras. Les campagnes de réintroduction du côté du Grand Est et l'application de mesures de protections plus importantes ont conduit à un retour en force de leur population bien que leurs effectifs restent fragiles. La chasse dans certains pays, la pollution atmosphérique, de l'eau et lumineuse, la destruction des nids et leur braconnage dans certains secteurs de pêches restent des menaces importantes pour l'espèce.

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Un autre danger pour les cigognes blanches et les autres oiseaux de la Dombe, c'est le dérangement. Ce jour là nous en avons été directement témoins. Une voile à moteur passe de le ciel en hauteur. Soudain, le pilote prend l'idée de passer à ras des arbres. C'est la panique, des centaines et des centaines d'oiseaux d'élèvent dans le ciel. Les oies hurlent à plein poumons, des nuées de canards s'élèvent dans le airs, les cigognes quittent le nid ... bref, tout autant d'oiseaux qui peuvent à tout moment et à force de dérangement, abandonner le lieu pour ne jamais y revenir. Le loisir mal pratiqué est ici une menace à par entière pour la faune mais aussi la flore.

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Dans les grands arbres où nichent les cigognes, les corbeaux freux (Corvus frugilegus) s'installent également. Vivant de manière collégiale et en bonne harmonie avec leurs voisines, ce sont des animaux qui font preuves de grande intelligence. Bruyant à l'arrivée de la saison des amours, ils se font beaucoup plus discrets à l'arriver des petits, la fastidieuse tâche du nourrissage leur demandant tout leur temps et toute leur énergie.

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Voilà un bref aperçu de la cigogne blanche, oiseau très présent dans la culture européenne. Apportant les bébés par la cheminée ou sur le rebord de la fenêtre, signe de bon augure quand elle se pose sur une maison ou même selon certaines légendes, compagne du Christ à sa crucifixion en volant autour du supplicié, elle peuple notre imaginaire. Certaines villes alsaciennes en ont même fait leur emblème, signe de la longue histoire qui lie cet oiseau à l'homme, ce qui ne vas pas sans rappeler leur relation, parfois tumultueuse, au fil des siècles.

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mardi 28 juillet 2020

La faucon kobez (Falco vespertinus).

DSC02074 (3)Enfin ! Enfin je peux vous parler du faucon Kobez (Falco vespertinus). Voilà un an que j'attends pour vous parler de ce petit faucon. La faucon kobez n'est que migrateur en France. Il traverse notre pays pour partir nicher en Allemagne et dans les pays de l'Est. Nous étions déjà tombé nez à nez du côté de Istre avec deux mâles, mais les oiseaux étant très éloignés et nous mal équipés, nous n'étions vraiment pas sûr de notre observation. La chose est réparée avec cette petite femelle que nous avons pu observer longtemps dans l'Ain.

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Femelle car le plumage n'est pas entièrement ardoise, caractéristique propre au mâle en période nuptiale comme c'est le cas ici. Affairée à chercher des criquets et des mouches dans un champ de maïs labouré, elle ne semble pas dérangée par notre présence. Nous sommes sur un petit chemin, non loin d'un étang qui a attiré notre attention en raison des nombreux oiseaux s'y trouvant.

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Si nous l'avons seule, il faut savoir qu'il est courant de les observer en groupe traverser le ciel ou rejoindre leur dortoir, souvent de manière bruyante. C'est d'ailleurs un des rares faucons grégaires, les couples se réunissant en petits groupes pour nicher. On les rencontre le plus souvent dans des mosaïques d'habitats, c'est à dire un mélange de milieux, de préférence pour cette espace de champs, de bosquets, de forets, de prairies et de grands espaces humides, tout ce que l'on retrouve ici même si l'espèce ne s'y reproduit pas.

DSC02082Il se reconnaît également à son vol et plus particulièrement à ses ailes particulièrement longues et bien pratiques pour un migrateur, ce qui permet de le distinguer de son cousin le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). À la manière du faucon hobereau (Falco subbuteo), un autre migrateur qui lui niche en France et à qui il ressemble aussi un peu, il  se nourrie essentiellement de gros insectes qu'il saisie en vol ou chasse au sol comme ici.

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Replaçons l'oiseau dans son milieu. On s'apperçoit vite qu'il est minuscule ! 32 cm de haut, 65 à 77 cm d'envergure pour 155 à 197 grammes, ce n'est certainement pas un moineau mais aussi loin d'être un poids lourd. De ce fait il peut vite se faire prédater par d'autres rapaces plus grand que lui. Il ne fait pas non plus le poids face aux corvidés mais profite tout de même de leurs nids à la période de reproduction, le kobez nichant tardivement quand les corneilles ont fini de mener à bien leur couvé et ne présentant pas un obstacle dans l'occupation des nids, un trait de caractère qu'il partage notamment avec le hibou moyen duc (Asio otus).

Le faucon Kobez n'est pas seul dans ce champ de la Dombe. Trois cigognes banches (Ciconia ciconia) et deux milans noirs (Milvus migrans) s'y promènent, à la recherche de restent de rongeurs dans un champ labouré. C'est eux qui ont attiré notre oeil vers un étang puis vers le rapace. Autant vous dire que notre satisfaction fût grande de pouvoir l'observer chasser pendant 20 min, découvrant ainsi les comportement de cette espèce nouvelle pour nous. Plus nous avançons dans la découverte des oiseaux, et plus nous nous passionnons dans l'observation de leur mode de vie. Un nouveau pas dans notre pratique du naturalisme.

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samedi 23 mai 2020

Quand la nature revient, la cas du flamant rose.

DSC09245Confinement oblige, on se plonge dans les souvenirs. J'ai sur mon ordinateurs une multitudes de photos de flamants roses (Phoenicopterus roseus) qui datent de notre passage à Pont de Gau cet hiver, et que je n'ai jamais eu l'occasion de publier. Je pensais profiter du confinement et du temps qu'il me donne pour rédiger une nouvelle fiche espèce sur cet élégant oiseau. Seulement voilà, un matin où je consultait l'actualité, je suis tombée sur cet article (ICI) et intitulé "En Camargue, un baby boom de flamants roses" suivit de "2500 flamants ont été comptés, soit près de 1000 de plus qu'en temps normal". L'occasion est que trop belle pour pousser la réflexion de notre impact sur la faune. Une véritable remise en question sur nos séjours en Camargue et à vrai dire, de temps à autre, ça ne fait pas de mal de remettre en question sa pratique de la nature.

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Les flamants roses du parc de Pont de Gau sont des animaux sauvages attirés par les nourrissages réguliers du parc, ils y trouvent ainsi la nourriture mais aussi un refuge vis-à-vis des prédateurs et une zone toujours en eau. L'arrêt d'exploitation de certains marais salants et l'asséchement d'une grande partie des milieux humides ne leur offrant plus de conditions de vie suffisantes. Dans le lot, on peut également voir des animaux bagués. Cela permet de connaître le parcour de l'oiseau, sa durée de vie et si c'est un habitué des lieux. Si la plupart des programmes de bagages sont portés en France par le C.R.B.P.O, pour le flamant rose le projet est porté par Tour de Valat, l'institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

DSC09215Le vol du flamant est facilement reconnaissable. Rapide et énergique, le coup bien tendu et toujours en groupe pour se déplacer, sa silhouette noire et rose fend le ciel. Migrateur, on le trouve partout en Afrique, en Asie et en Europe. Néanmoins, il ne se montre qu'occasionnel voir rarement dans les pays de l'Europe du Nord, en Inde, en Chine et en Afrique Centrale. En France, on retrouve environs 25% de la population nicheuse européenne avec par endroits des rassemble de 20 000 individus. Un statut qui nécessite un suivis régulier et rapproché pour permettre aux oiseaux de s'occuper de leur couvée sereinement. On se souvient notamment su scandale en 2018 avec l'abandon de 500 oeufs suite au tournage de Nicolas Vanier. Celui-ci est dû à l'effarouchement par un avion de tournage de toute une colonie sur les salins d'Aigues-Mortes.

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À Pont de Gau, les oiseaux ne sont pas connus pour s'y reproduire. En moyenne à cette saison, 1500 individus s'y observent mais cette année ils étaient pas moins de 2500, un record. S'il est trop tôt pour tirer des conclusions, le confinement n'y est peut être pas pour rien. D'ordinaire de nombreux visiteurs déambulent dans le parc pour observer les oiseaux et leur tirer le portrait à travers les 60 ha mis à disposition. Nous en faisons complètement partie et les photos que vous voyez ici ont été prise là-bas. En ce moment, les pontons sont déserts là où 15 000 personnes se pressent d'ordinaire. L'article d'écoplanète (ICI) dont je tire une grande partie de mes informations explique même que le rare ibis facinelle (Plegadis falcinellus), pour la première fois y a fait son apparition.

DSC09236La période de reproduction débute, mais on peut depuis le début de l'hiver observer des comportements nuptiaux. Têtes agitées, courses synchronisées, ailes ouvertes brutalement et cris bruyants figurent parmi l'attiraille de séduction. La qualité de l'alimentation détermine la belle couleur des plumes, un outil essentiel aux mâles pour plaire.

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Il se pourrait, peut être, que certains prennent l'idée de pondre ici. Pour se faire, mâles et femelles confectionne une cuvette de terre où un seul oeuf sera déposé. Le maintient du niveau d'eau des marrais est alors important, pour éviter que le nid soit inondé mais aussi pour que les étangs les protégeant des prédateurs ne soient pas à sec, permettant à ces derniers de se saisir des oeufs et des poussins. D'ailleurs, l'utilisation de pompes sur le site et la stabilité des eaux pourraient également expliquer cette forte affluence de flamants à cette saison. Il est vrai qu'un gros oiseau rose, un peu maladroit sur la terre et ayant besoin de temps à décoller fait également une proie toute trouvée pour les renards, les chiens errants et les rats surmulots. Pont de Gau fait alors office d'un refuge, les zones humides propices à la reproduction diminuant d'années en années avec l'urbanisation et le dérèglement climatique.

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Pour l'heure, de nombreux poussins ont été bagués sur les grands sites de reproduction. Ce sont pas moins 600 petits qui ont été équipés de bagues entre le 6 août et le 18 avril. Celles-ci permettront de les suivre tout au long de leur vie. Poids, âge, engergure ou encore dynamisme, toutes les informations sont rentrées sur un carnet de suivi qui sera par la suite numérisé. D'ailleurs cette année, ce sont les 30 ans du programme flamant qui sont fêtés et ce sont des centaines de bénévoles, de bagueurs, de scientifiques et d'observateurs qui ont permit de mener à bien ses actions en France mais aussi en Espagne, au Maroc ou encore en Tunisie. Plus d'infos ICI sur le bagage.

DSC09279Pour l'exemple, l'an dernier ils étaient pas moins de 150 téméraires pour aller mettre les pieds dans l'eau bien plus. Le bagage ne peut se faire qu'à un certain âge chez les poussins, pour faire en sorte que les parents ne quittent pas le site. Ils sont conduits en douceurs dans des enclos permettant de les saisir sans les mettre en danger.

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Les données pour l'heure permettent d'affirmer que sur les 500 000 flamants roses estimées de par le monde, 10 % passe au moins une partie de l'année en France et 4% reste à l'année. Si ces chiffres laissent penser que la population se porte bien, il ne faut pas oublier qu'il y a 50 ans de ça, leur population était menacée. Cela pourrait de nouveau être le cas avec la disparition de par le monde des marais salants. Cela nous fait revenir à Pont de Gau. Le calme retrouvé pourrait conduire à de premières nidifications mais, la sortie de confinement pourrait mettre en échec l'élevage des poussins si le public serait à nouveau amené à parcourir le site, les flamants percevant les humains sans mal comme des prédateurs et à raison. En 2017, 6 flamants sont retrouvés morts dans une réserve Corse, le corps criblé de plombs par des braconniers (ICI), signe qu'il est plus que jamais nécessaire de sensibiliser les populations sur l'importance du maintient de ces oiseaux et de leur écosystème.

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Tout cela nous pousse à nous interroger sur la manière dont nous consommons la nature, car ici il est bien question de consommation. Même si nous avons pris l'habitude de ne plus fréquenter les parcs zoologiques, nous continuons de temps à autre à nous rendre sur des sites ouverts et en particulier les réserves où il est possible de s'approcher de la faune au plus près, sans toujours nous poser la question de l'impact que nous pouvons avoir sur celle-ci même si nous essayons de l'approcher au mieux. J'avoue avoir beaucoup culpabilisé à la lecture de ces articles, et il serait possible qu'à la sortie du confinement, nous changions notre pratique de naturaliste. Ce changement se ferra peut être sentir dans les articles à venir sur le blog. À suivre ...

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samedi 15 février 2020

Le castor dans le Rhône.

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Cela fait près d'un an que j'attends de pouvoir vous partager ces photos. À la mi-février 2019, mon bien-aimé a pu faire cette incroyable observation. Un castor européen (Castor fiber) en vadrouille, en pleine journée, à proximité de l'Île de la Table Ronde. L'occasion est trop belle pour ne pas vous parler de cette animal emblématique de la région. D'ordinaire nocturne, il se montre de plus en plus le jour. Rien d'étonnant à cela. Diurne à l'origine, c'est par les préssions de chasse qu'il a opté pour un mode de vie nocturne, pression l'ayant mené à bord de l'extinction en France. Désormais protégé et sans prédateurs pour le moment, il reprend peu à peu son rythme de vie, poussant les spécialistes de l'espèce à réévaluer leurs connaissances. Dans la région lyonnaisse, le castor est bien connu, une île portant même son nom, celle de Beurre, nom donné à l'animal dans le parlé lyonnais. C'est aussi là que furent réalisées les premières photos de castor européen sous l'eau.

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C'est par des campagnes de réintroduction que le castor a pu investir le Rhône. À l'heure actuelle, il s'y porte très bien est connaît une bonne dynamique de population. La reproduction est bonne même si plus incertaine ces dernières années, et les jeunes investissent sans mal de nouveaux territoires, remontant les affluents du Rhône ou étant introduit dans d'autres territoires européens où l'espèce est absente ou en déclin.

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Au moindre signe de danger, il plonge sous l'eau en tapant de la queue pour signifier la menace présente. Rien de cela ici, juste une plongée pour passer sur le pont d'où il est observer. C'est un bel individu, sûrement un adulte. À cet âge certains spécimens peuvent atteindre 35 kilos bien que le poids moyen soit autour de 21 kilos. Pour la taille, notre ami castor peut mesurer jusqu'à 1,35 mètres pour 30 centimètres de queue. Mammifère semi-aquatique, au Moyen-Âge il était rangé dans la famille des poissons, ce qui permettait d'en consommer la chair pendant le carême, période où les viandes sont d'ordinaire proscrites pendant 40 jours.

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Parfois confondu avec le ragondin (Myocastor coypus), que l'on surnomme Myocastor, on peut aisément les différencier sur quelques critères simples. Là où le ragondin laisse apparaître un dos bombé, une queue fine et longue ainsi que de très longues moustaches blanches à la surface de l'eau, le castor présente uniquement sa tête hors de l'eau et sa queue plus courte et longue. Son museau ne présente pas de moustache marquée.

Il y a encore milles choses à découvrir sur le castor dans le Rhône. L'association FNE 69 organise de nombreuses sorties sur cette thématique pour le public et l'Iloz à Miribel-Jonage réalise régulièrement des affûts l'été pour l'observer. Pour la période hiverbale, il reste la lecture avec le très bel ouvrage "Le castor en région Lyonnaise" de Bruno Fouillat, de Fabien Bruggmann, de Raphaël Barlot et de Vincent Dams.

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samedi 21 décembre 2019

Des salamandres dans le Rhône.

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Incroyable animal n'est-ce pas ? La salamandre noire et jaune (Salamandra salamandra) ne va pas s'en fasciner les grands comme les petits. D'ailleurs, elle a même inspiré une magnifique revue du même nom que je vous encourage à consulter ICI. Elle comporte de nombreux noms comme celui de salamandre terrestre, rappelant que l'animal bien qu'appartenant à la famille des amphibiens n'est inféodé aux milieux humides que pour sa reproduction et que la plonger dans une mare profonde peut même la conduire à la noyade.

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Cela ne serait le seul patronyme qu'on pourrait lui donner, la belle se nommant aussi salamandre de feu, en évocation à la vieille rumeur qui voudrait qu'elle résiste au feu. Certes l'animal peut produire un suc pendant quelques secondes s'il se trouve dans un brasier, mais cela ne serait le protéger de flammes et il finirait inexorablement par brûler vif. Néanmoins, cette idée reçue tenace a longtemps perduré et de grands noms ont pris pour emblème la salamandre tachetée pour sa résistance au feu supposée.

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Nous sommes début octobre, les salamandres n'ont qu'une seule idée en tête : se reproduire. L'accouplement à lieu hors de l'eau, dans les sous-bois humides en particulier quand il pleut et que la température est douce. C'est la femelle qui mène la danse en montant sur le mâle. Celui-ci l'encercle de ses pattes arrières et colle son cloaque au sien. Elle vient alors absorber le spermatophore, un sac de sperme, de son partenaire. Ce soir là à Oullins, ce ne sont pas moins de 584 individus que nous croisons. Certains font le pari de rejoindre les aires d'accouplement par la route. Ils n'ont pas le choix. La fragmentation des habitats séparant les sites boisés des uns des autres par de dangereux obstacles que sont les axes routiers, ne pouvant compter que sur la vigilance des conducteurs.

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S'en suit une longue gestation. Pendant 8 à 9 mois la femelle porte en son sein jusqu'à 70 larves auxquelles elle donnera naissance en s'immergeant sur une berge où elle s'assure de pouvoir remonter sans se noyer. Les petits évoluent pendant 3 à 6 mois en fonction de la température de l'air ambiant. En montagne on peut observer des individus mettant parfois deux ans à prendre forme. Pour vivre dans les eaux fraîches, peu profondes et pauvres en nutriments, elles utilisent des branchies qui leur permettent de filtrer l'oxygène. Sortie de l'eau, elles perdent leurs branchies et deviennent entièrement terrestre. Il leur faudra encore attendre 2 à 4 ans pour pouvoir se reproduire à leur tour. Fait surprenant, une femelle est capable de conserver tout au long de sa vie le sperme d'un mâle si l'accouplement et la mise au monde des larves se sont bien déroulés.

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Aux premières gelées, les salamandres partent en hibernation. Elles s'enfouissent alors dans la végétation, dans la terre ou dans des galeries de mammifères abandonnées. On peut aussi à l'occasion les voir dans les cavernes ou dans les caves. Si les conditions le permettent, on peut pendant l'hiver observer des individus sortir si la température avoisine les 10°C et plus ce qui reste rare. Fidèles à leur site d'hivernage, elles y reviennent années après années, ce qui assure d'en voir régulièrement quand on sait qu'un individu peut vivre 10 à 15 ans même si la littérature scientifique relève des cas d'animaux ayant dépassés en milieu naturel les 30 ans.

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Côté alimentation, bien que epu agiles et lentes voire même très lentes, ce sont de véritables chasseresses. Carnivores, elles prédatent les invertébrés qui aiment les milieux humides. Cloportes, araignées, limaces et autres vers de terre sont au menu, ainsi que des animaux plus massifs si l'occasion se présente et qui sont capturés à l'aide de leurs dents pointues là où les organismes plus petits sont attrapés avec la langue en affût. Adultes, elles ne connaîssent pas de prédateurs en raison de leur toxicité que rappelle sa couleur d'avertissement. Leur venin provient de ses glandes parotoïdes, bien visible à l'arrière de la tête et qui se manifestent par des petits points noirs. On retrouve également des glandes à venin sur le dos et plus sporadiquement sous la peau épaisse et brillante. Les alcaloïdes secrètés sont non seulement toxiques pour les animaux qui tente de croquer une salamandre, mais aussi pour les champignons et bactéries qui peuvent s'attaquer à sa peau fragile.

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D'ailleur, ce sont des animaux protégés, en pleine régression et qu'il ne faut jamais manipuler, hormis s'ils sont en situation de danger. Dans ce cas on prendra le soin de les porter le moins possible et de toujours les prendre avec des mains humides, dénuées de plaîts et bien propres, la peau humaine pouvant communiquer des malades mortelles pour les amphibiens. On exclura bien sûr les aquariums dans lesquels on installera des larves de salamandres, cette habitude étant plus que préjudiciable aux animaux. Si on a la chance d'habiter non loin d'un espace forestier, on s'attachera plutôt ppour les favoriser à leur faire dans le jardin un petit coin de paradis en créant une mare aux pentes douces, en favorisant des haies aux essences locales et en laissant ici et là des tas de matières organiques (feuilles, branches ...) qu'on laissera se faire peupler par la faune au rythme des saisons.

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Des les bois, les salamandes ne sont pas les seules à partir en vadrouille, le crapaud commun (Bufo bufo) est de sortie. Nocturne comme sa cousine, il n'est pas là pour les amours mais pour se nourrir. Bien qu'appartenant tous deux à la classe des amphibiens, ils ne sont pas de la même famille. Ils ont cependant pour point commun leurs glandes à venin.

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La salamandre se trouve chez les Salamandridae et dans le genre des Salamndra. Le crapaud commun pour sa part se range chez les Bufonidae et dans le genre Bufo. Pour en revenir à ce dernier, c'est un animal de belle taille avec des femelles qui peuvent dépasser 11 centimètres, en faisant le plus gros crapaud d'Europe. Là où sa cousine jaune et noire est associé aux rois et à l'alchimie, la culture populaire fait de lui le compagnon des sorcières. Cuisiné, utilisé entier ou en morceaux dans des filtres, il serait un ingrédient indispensable pour ensorceler les imprudents et les malchanceux. Il était même parfois désigné comme animal de compagnie pour les diaboliques. Si aujourd'hui c'est un animal protégé, on continue de l'employer dans l'imaginaire et lors des fêtes en particulier pour Halloween.

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Lors de cette soirée, nous tombons sur une découverte macabre. Dans le bois, de nombreux fils barbelés de prison (oui oui !) sont balancés à la volée à même le sol, résultat du choix politique d'une copropriété aux idées aberrantes. À quelques pas de ceux-ci, la dépouille d'un hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus). Nous en trouverons une plus loin en contrebas du boisement. Il n'est pas possible d'établir un lien entre l'animal mort trouvé et le barbelé mais il est légitime de se poser des questions, d'autant plus que le dit fil barbelé a été balancé sans ménagement dans une mare forestière peuplée de larves de salamandres et de tritons. De quoi enrager, car au-delà du danger pour la faune et de la pollution du site, c'est aussi l'intégrité des personnes qui est en jeu.

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Ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les amphibiens pour revenir à eux. Faisons un bon dans le temps dans l'espace et le temsp pour nous rendre sur l'Île de la Table Ronde à la fin du printemps. Dans certaines des mares, d'étranges phénomènes se produisent. Des grenouilles de couleur jaunes voire blanches font leur apparition, au même titre que des pontes blanches de grenouilles de type vertes (Pelophylax kl. esculentus). On pourrait croire qu'il s'agit d'un tour de jeu de la nature, de la génétique ou du climat, le gel pouvant donner cet aspect à une ponte. Il semblerait qu'il n'en soit rien est que le responsable soit un champignon microscopique, Batrachochytrium dendrobatidis appelé parfois Bd.

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Ce champignon est la terreurs des amphibiens. De par le monde, on estime 50 à 90 le nombre d'espèces disparues à cause de ce dernier. Conduisant à l'apparition de nécroses et de la mort en moins de deux semaines par crise cardiaque des animaux, ses forment les plus virulentes se sont répandues à travers le monde par le commercialisation à échelle mondiale d'un test de grossesse utilisant des oeufs de grenouilles touché par une forme particulièrement virulente de Batrachochytrium dendrobatidis, celui-ci étant naturellement présent dans une grande partie du monde. Cela ne fait que 10 ans qu'il est présent en France mais cause déjà bien des dégâts. Une souche proche, Batrachochytrium salamandrivorans, à conduit au Pays Bas à la disparition de plus de 90% des populations de salamandres, faisant craindre le pire pour nos populations si celui-ci arrive sur notre territoire.

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Une autre espèce, rare et protégée partage le site bien qu'elle ne soit pas aquatique. La fougère langue de serpent (Ophioglossum vulgatum) est une plante superbe et portant plus que bien son nom avec sa longue fronde.

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Des centaines de pieds couvrent la petite clairière dans laquelle se trouve la mare. Il s'agit d'une des plus grandes populations du Rhône. Sur la fronde fertile enroulée dans la fronde stérile ressemblant à une feuille, des sporanges c'est à dire des sacs de spores permettent à la fougère de se reproduire. C'est de la rencontre entre deux spores dans un milieu humide qui donne naissance à un nouvel individu. Pour espérer la trouver, il faut chercher les sols à tendance calcaire, immergés par intermittence ou du moins humides une partie de l'année, de préférence du côté des prairies, des fossés et des bords de forêts tempérés. Sa réputation de plante magique lui a valu au Moyen Âge et à la Renaissance d'être utilisée comme ingrédient vulnéraire dans les baumes pour soigner les plaies.

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C'est sur ces images de la faune et de la flore de l'Île de la Table Ronde que se termine ce portrait d'espèce. Les salamandres jaunes et noires sont des animaux fascinants, et il y a bien encore à apprendre sur eux, ne serait-ce que leur cycle de vie avec leurs mues, chose que j'ignorais, leur système de reproduction qui en fonction des airs où elle se trouve peut différer ou encore à travers leur paterne de tâches, propre à chaque individu et permettant de les identifier sans à avoir à faire un marquage impactant sur les animaux (section d'un doigt par exemple).

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dimanche 11 novembre 2018

Défendons notre île et sa forêt !

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L'île de la Table Ronde, un coin de paradis en danger.

C'est un article un peu moins léger qu'à l'habituée que je vous propose ce soir. Il y a quelques semaines de cela, j'ai pu participer avec 200 autres personnes à la marche pour l'Île de la Table Ronde au Sud de Lyon. Si vous êtes un habitué du blog, ce nom vous est peut être famillier et pour cause, c'est là que j'ai pu faire une grande partie des mes chantiers-écoles dans le cadre de mes études.

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Par où commencer ? Peut être par le fait qu'il s'agit de l'une des plus grandes ripisylves de France (et la plus grande du Sud du pays) et que celle-ci est sur le point de disparaître. S'il n'y avait que cela.  Longtemps utilisée comme décharge et comme ball-trap, ses sols sont aujourd'hui fortement pollués. Pourquoi s'émouvoir ? Tout simplement parce que l'écosystème qui s'y trouve y est remarquable et pas un seul titre. Les arbres comme les saules dépolluent lentement mais surement les dérivés d'hydrocarbures présents un peu partout. Les peupliers captent les métaux lourds et les stockent, empêchant que ceux-ci ne finissent dans l'eau ou dans la chaîne alimentaire.

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La mobilisation citoyenne ne s'articule pas uniquement autour de ces enjeux. L'île est devenue au fil des années, sur les espaces ouverts au public, un site majeur pour les familles. Animations nature, observations de la faune, randonnées, baignades et ballades en vélo sont les quotidiens de centaines de métropolitains.  Quant aux habitants de Vernaisons, ils sont aussi les premiers concernés. Il y a 20 ans de cela, ils été invités a payer de leur poche, à travers les impôts locaux, la réhabilitation partielle du site qui se compte en millions d'euros. Aujourd'hui ils vont être mis à nouveau à contribution pour financer sa destruction. Un gâchis énorme en vue.

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Pourquoi donc détruire ce patrimoine me direz-vous ? Pour y installer une pépinière en hors sol pardi, et pas des moindre car il s'agit de le deuxième plus grande de France. Installée à l'origine sur l'île de la Chèvre plus au Sud sur le Rhône, elle a été contrainte de déménager face aux risques chimiques liés aux nombreuses industries locales. Parmi les sites proposés, de nombreuses terres cultivées, des friches et enfin, notre île de la Table Ronde. Pourquoi la choisir ?

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Tout simplement pour des questions pratiques : il n'y a ici qu'un seul propriétaire, ce qui se résume en un gain de temps et de démarches administratives. Quelle brillante idée. Au diable la santé des employés, la faune et la flore, ce n'est pas comme si sur site se trouvait une espèce de champignon endémique, une orchidée protégée, le castor, la loutre de temps à autre, le martin pêcheur, une des plus grandes populations de fougère langue de serpent du département mais aussi, l'un des plus grands sites de nidification du milan noir en France, un rapace protégé. Quel manque de considération pour le patrimoine naturel rhodanien et le bien-être de la population.

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Pour compléter le tableau, un lobbyiste a été engagé pour mettre à mal les démarches visant à proposer d'autres alternatives, agissant littéralement comme la chenille gâte bois (Cossus cossus) que vous pouvez voir si contre sur la photo, qui a été observée au pendant la manifestation sur l'île et, qui se caractérise par sa voracité et sa capacité à mettre à mal tout ce qui peut porter des fruits. Face à l'immobilisme des autorités et les tentatives de sape, les citoyens engagés tiennent bon et tentent de faire primer leurs revendications qui sont plus que légitimes dans un pays démocratique : faire une étude sur les autres sites candidats et rendre publique l'étude d'impact sur les espaces naturels, des choses d'ordinaires obligatoires mais qui semblent ici ne pas tenir compte de la loi.

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Je suis en colère, en colère de voir que la démocratie même à petite échelle ne marche pas partout, de voir les prairies à orchidées (18 espèces tout de même) sur le point de disparaître, de voir pour la dernière fois les tapis d'ail des ours, de voir un poumon vert pour la métropole disparaître à l'heure où on comprend enfin que ceux-ci sont essentiels au bien être humain et à la paix sociale. Quel scandale que celui de refuser d'autres alternatives. Cette nature là c'est un bien commun, elle apaise, elle dépollue et assainie, elle fait gagner des milliers chaque année à la collectivité avec les services écosystémiques qui s'y rattachent. J'ai passé des heures à pratiquer des protocoles, à recenser les fleurs, à observer les oiseaux, à compter les ophrys de mai, à faucher l'herbe haute et à couper les ligneux qui referment le milieu, à contempler les coulées des blaireaux et à sentir l'ail de printemps qui embaume l'air. Je ne pouvais pas ne pas m'engager. Ce n'est pas un acte militant, c'est un acte de bon sens. Un seul credo : "ni écolos, ni bobos mais juste citoyens". Des citoyens déterminés qui plus est. Nos mornes existences manque de nature, ne nous privons pas du peu qu'il en reste aux abords de nos grandes villes. Nos voix ne seront peut être pas entendues mais nos actes les porterons loin.

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mercredi 23 mai 2018

Le pastel des teinturiers.

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Ce printemps, le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) colore de jaune les bords de route secs et calcaires. Pourtant, c'est une toute autre teinte que l'on tire de cette plante et qui lui a valu son nom. Utilisé depuis l'âge du fer (même si son usage c'est généralise à l'antiquité), on tire de ses feuilles une teinture bleue après les avoir séchées puis broyées. Couleur des rois et de la noblesse, c'est au moyen âge que la culture du pastel s'intensiffie pour répondre à la demande toujours plus importante, que cela soit chez les teinturiers ou les tapissiers. Aujourd'hui il est encore cultivé mais à des fins fourragères. C'est également une plante médicinale riche en composés qui en médecine populaire était employée pour apaiser les oedèmes et cicatriser les plaies.

lundi 30 avril 2018

Récoltes sauvages du début d'année.

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Le temps des récoltes a débuté, le panier se remplit enfin de champignons et de fleurs. Cette année, je renoue avec mon âme de sorcière. Les week-ends et les vacances se ponctuent de sorties sur le terrain, à la recherche des plantes comestibles et des médicinales à mettre en pots. Cependant, ce n'est pas une pratique aisée, elle demande non seulement de connaître ce que l'on récolte plutôt bien voire très bien, mais aussi de maîtriser la réglementation pour préserver les ressources. À ce sujet, je vous conseille de jeter un coup d'oeil sur les arrêtés locaux disponibles sur Tela Botanica, l'INPN et Flore Alpes en n'hésitant pas à croiser les sources pour plus de justesse.

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Alors, que trouve-t-on dans mon panier ? De délicieux morillons à demi-libres (Mitrophora semilibera) parmi les fleurs. Bien que moins parfumés que les morilles (Morchella sp.) avec les quelles il partage les mêmes milieux (de substrat calcaire), ils restent délicieux, surtout quand ils s'accompagnent de crème fraîche. Et puis ils y a les fleurs, les fougères, les racines fraîches. Les fleurs jaunes au calice vert clair sont celles de la primevère offcinale (Primula officinalis) nommée dans les campagnes coucou. Elle tient ce surnom du fait qu'elle fleurit en même temps que l'arrivée de l'oiseau du même nom. J'ai pour habitude de la récolter depuis l'enfance, en reprenant les gestes de ma mère et de ma grand-mère, et bien que ces cueillettes étaient plus un amusement qu'autre chose, j'ai gardé cette habitude. Je les utilise en infusion pour l'endormissement, pour me calmer ou pour les maux de gorges, de par les propriétés adoucissantes et apaisantes. Cependant je reste prudente, les primevères étant des plantes fortement allergisante. En cuisine je les intègres fraîches aux omelettes, un régale ! Petit détail, il est nécessaire de retirer le calisse de la fleur, un travail long et minutieux.

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Et les fleurs roses ? Ce sont celles du lamier maculé (Lamium maculatum). Récoltées le plus souvent pour décorer les plats, celles-ci n'ayant pas de réelles propriétés, j'aime les utiliser pour colorer les infusions en un rose profond, surtout quand il s'agît de faire des tisanes de plantes qui, dans mes drôles de potions, donnent des couleurs parfois peu appétissantes. Il est souvent confondu avec le lamier pourpre (Lamium purpureum). Et pourquoi avoir récoltée la capillaire des murs (Asplenium trichomanes) ? Tout simplement pour animer les stands que je tiendrai d'ici peu avec ma compagnie médiévale, la Corne percée, où je joue le rôle de l'herboriste ! Cette petite fougère avec bine d'autres étaient utilisées au Moyen-Âge pour lutter contre la chute des cheveux. Pour se faire on l'appliquait mélangée à de la crotte de chat. Peu ragoûtant, n'est-ce pas ?

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Après une ballade forestière, nous revenons avec bien d'autres trésors. En violet, des violettes odorantes (Viola odorata), dont je conserve les fleurs en partie pour leurs propriétés laxatives et émollientes. Une fois séchées, il n'en reste presque rien. J'aime les mettre en bouteille dans mes rhums arrangés. Elles se mêlent ici aux inflorescences jaunes de tussilage (Tussilago farfara) appelé aussi pas-d'âne en raison de la forme de ses feuilles. On les utilisent en médecine populaire pour soigner les infections et problèmes pulmonaires, mais avec parcimonie car la plante est hépatotoxique. Celles-ci finiront en flacons et seront présentées dans les grandes manifestations médiévales.

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On trouve aussi dans mon panier des bourgeons de hêtre commun (Fagus sylvatica). Leur usage est assez récent, surtout à travers la gemmothérapie (le soin par les bourgeons), et plus particulièrement dans les soins "anti-âge". Je trouve intéressant de pouvoir présenter au public des espèces qui ont un usage ancestrale ou tout récent et ainsi, de montrer que les relations hommes-plantes sont en continuelles évolution.

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C'est le temps de récolter l'ail des ours (Allium ursinum). Attention aux confusions ! Chaque année on compte quelques graves incidents leur des récoltes, dûs en particulier à la confusion entre les feuilles de cet ail avec celles des jeunes feuilles d'arum ou de muguet, sourtout quand elles sont ramassées à grandes brassées. Les feuilles finiront cuisinées comme du pesto ou séchées. Les boutons floraux sont sautés à l'huile d'olive et cuits dans une omelette, mais certains les préfèrent au vinaigre, comme les câpres. La cuisson retire le fort goût qui peuvent en faire fuir plus d'un. C'est une excellente plante comestible, assez recherchée.

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Pour en revenir aux morillons, on les trouve en compagnie de plantes fascinantes. La feuille bien verte est celle d'un pied de moscatelline (Adoxa moschatellina), une plante très discrète à la floraison verte et dont la fleur sent le musque. La petite fleur jaune en arrière fond et aux pétales décolorés est celle d'une ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna). Toxique, on peut néanmoins consommer ses feuilles en salade en petite quantité, pour leur richesse en vitamine C. Les marins l'utilisait pour lutter contre le scorbut qui était courant en mer, en raison de leur alimentation peu diversifiée et très pauvre en vitamines par l'absence de fruits frais.

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Morilles et autres morillons poussent parfois dans le parc de la maison, dans un grand tapis d'égopode podagraire (Aegopodium podagraria). Souvent chassé du jardin car envahissant, on oubli trop facilement que c'est un légume ancien importé par les romains en Gaule puis oublié. C'est une plante qui se définit par le chiffre 3: une tige à trois face, trois feuilles composées de trois folioles ... on ne peut pas la louper. On peut la manger crue mais la panachée reste de la consommer cuite à la vapeur, en soupe ou en gratin. Noméme l'herbe aux goutteux, elle soignerait la goutte par son action sur l'acide urique.

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Le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) commence sa floraison. La racine très toxique a été pendant des siècles utilisée comme abortif. Cependant, ses parties aérienne bien qu'ayant un goût particulier, on pu être consommées comme légume, les fleurs et fruits comme condiments aromatiques.

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Dans les taillis de genêt à balais (Cytisus scoparius), où nous suivons les sentiers tracés par les sangliers à la recherche du chemin forestier, nous tombons sur la maison forte du lac de Saint Sixte. Réputée comme hantée, il n'en est rien. Chef-lieu des rassemblements de résistants pendant la seconde guerre mondiale, elle fût incendiée par l'occupation pour mettre fin à ces réunnions. Depuis elle est laissée bons soins des éléments et de la forêt.

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Historiquement elle se composait d'une bâtisse équipée d'un immense escalier à double entrée désormais couvert de lierre, d'une chapelle, d'un corps de grange et d'une écurie. On y accède en suivant le chemin forestier menant au lac en contre-bas mais le site étant une propriété privée, il est bien plus sage de ne faire qu'y passer sans s'y aventurer, les risques de chutes de pierres et de gravats étant bien réel.

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Le printemps, c'est aussi la saison de la tonte des moutons. Une brebis non tondue, c'est une brebis qui souffre. Au bout de 3 ans, l'épaisseur de laine devient trop imposante, l'animal ne parvient plus à se sécher seul. Les pluies et les rosées peuvent conduire à des hypothermies. Les parasites, en particulier les tiques et les acariens, viennent se loger entre la toison et la peau, pouvant provoquer de graves dermites. Il peut aussi rester bloqué dans les taillis. Bref, tout ce petit monde passe à la tondeuse, non sans être dubitatif de l'entreprise. Cependant, en les voyant gambader dans le pré, on se doute bien que c'est une libération. Issus des mouflons, nos moutons modernes ont été conçus, au fil des sélections, pour produire de la laine. Cependant, ils ne sont pas adaptés pour la porter toute leur vie, à la différence de certaines races à viande très anciennes. Une intervention humaine est donc nécessaire pour que les animaux restent en bonne santé.

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Ho ! Mais qui voilà qui frappe au carreau ? Ce gros-bec casse-noyaux mâle (Coccothraustes coccothraustes) a prit l'habitude de se rendre à la fenêtre où se trouve la mangeoire, bien que celle-ci soit vide depuis un moment. Il a aussi prit l'habitude de d'attaquer violemment la fenêtre, non pas pour quémander de la nourriture, mais pour affronter son reflet, celui-ci y voyant un rival. Ses coups de becs ne sont pas tendres.

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Le temps des récoltes continu. En pleine, les consoudes commencent à sortir et les pulmonaires fanes, mais dès que l'on prend un peu d'altitude, le printemps débute à peine et si on se rend sur les sommets, on peut encore marcher dans les dernières neiges. Il est donc aisé d'échelloner ses récoltes, pour peu que l'on est la bougeotte que l'on connaisse un poil le territoire que l'on parcours. Les marais des Terres Froides donnent encore des fleurs de coucous et les plaines du Ventoux se libères de leurs dernières hellébores fétides, tandis que les Calanques offrent les premières aphyllanthes de Montpellier. Le choix est vaste.

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vendredi 22 avril 2016

La saison aux morilles 2016.

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C'est une jolie saison pour nous. Je ne suis allée que peu aux morilles mais toujours avec beaucoup de plaisir. Certaines de nos sorties ont fait chou-blanc mais ne manquent pas d'interêt et bientôt, je les partagerai avec vous. Dans cet article, je vais vous donner les deux-trois trucs et astuces que j'ai pour trouver des morilles en forêt en lisière. Vous pouvez aussi trouver sur le blog un article bien plus ancien sur le même thème juste ICI.

 

L'orchis mâle (Orchis mascula).

Cette orchidée tient son nom de la forme de ses deux tubercules qui ressemblent à des testicules. Son début de floraison est souvent indicateur chez nous de la sortie des premières morilles blondes (Morchella rotunda). Orchidées et morilles partagent souvent le même milieu ce qui fait de la plante une bonne bio-indicatrice. En effet, la belle aime les zones de plaine lumière ou de mi-ombre humide et ayant un sol relativement calcaire.

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La pézize veinée (Disciotis venosa).

Ce champignon appartient à la famille des morilles et pousse souvent dans les mêmes endroits qu'elles. Son odeur de javel rebute bien des amateurs mais celle-ci disparaît à la cuisson. Personnellement c'est un champignon que j'aime beaucoup et qui, je trouve, se cuisine bien en risotto ou avec les pièces de boucher.

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Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa).

Nommé aussi mousseron, ce champignon printanier pousse souvent quand la saison des morilles s'apprête à s'achever. Il partage les mêmes biotopes que les morilles et se trouve surtout dans les vergers pommiers, les pelouses et les abords des haies. Excellent, il se cuisine comme des champignons de Paris. Néanmoin on peut le confondre avec d'autres espèces toxiques comme l'inocybe patrouillard (Inocybe erubescens).

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La listère à feuilles ovales (Neottia ovata).

Cette discrète orchidée est sur le point de fleurir. Elle aussi se rencontre fréquemment dans nos coins à morilles car elle possède les mêmes besoins en lumière et apprécie les zones de calcaire. C'est surtout en mai que la floraison bat son plein. Comme toutes les orchidées, elle vit en symbiose avec un champignon microscopique.

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Les morilles de zones humides.

 Nous ramassons 3 espèces de morilles différentes. Ici il s'agît de morilles blondes (Morchella esculenta) et de morilles communes (Morchella vulgaris). Elles poussent de préférence sous les feuillus et sont en symbiose le plus souvent avec les frênes (Fraxinus), les pommiers (Malus) et parfois, les tilleuls (Tilia). Il y a toujours une source d'eau apparente ou souterraine à proximité. Les bords de ruisseau et les lisières humides sont parfaites.

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Le biotope.

 Voilà un aperçu du biotope dans le quel je ramasse certaines de nos morilles. Il s'agît d'une belle pente moussue et humide bordée de frênes et ayant une bonne exposition au soleil. Ici les espèces d'herbacées prédominantes sont les primevères acaules (Primula vulgaris) et l'égopode podagraire (Aegopodium podagraria).

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Le raisin du Renard (Paris quadrifolia).

Nommée aussi parisette à quatre feuilles, c'est une des plantes que j'adore. Elle produit une unique fleur très stylisée avec des pétales verts presque absents et des étamines surdéveloppées et couvertes de pollen. Très toxique, elle était employée pour empoisonner les animaux dits nuisibles comme le loup et le renard. 

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Une saison sur la fin.

 Les morilles blondes sont sorties, c'est signe de la fin de la saison. Néanmoins nous n'avons pas encore vu de morillons (Mitrophora) ni de verpes (Verpa), mais les orchis sont tous bien ouverts et les frênes finissent de débourrer, il y a fort à parier qu'il nous reste peu de temps avant de devoir ranger nos paniers.

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Les morilles coniques (Morchella conica).

Ce sont les plus rares et les plus recherchées des morilles. Elles poussent sous les sapins blancs (Abies alba) âgés de plus de 20 ans. C'est cette espèce que l'on rencontre désormais sous serre dans quelques départements français. Développée par la des scientifiques chinois, la culture de la morille conique reste assez restreinte mais est pleine de promesses, en particulier pour les restaurateurs et les fins gourmets.

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Quelques espèces d'arbres et arbustes indicateurs.

La présence d'arbustes fruitiers, en particulier de pommiers (Malus) et de cerisiers et pruniers (Prunus) sauvages est un plus. Le glucose relâché par ces arbres et leur reste de fruits tombés au sol est apprécié des morilles. C'est sous un merisier sauvage que j'ia pu faire mes plus belles récoltes. Malheureusement l'arbre n'est plus. La floraison des prunelliers et des aubépines est aussi un indicateur de fin de pousse chez nous.

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Le mot de la fin.

 J'adore cette période de l'année. Il ne fait pas trop chaud, les orchidées commencent à sortir et les oiseaux sont nombreux. C'est le début de la saison des champignons qui d'ici quelques semaines connaîtra une petite mise en veille avant de repartir avec l'arrivée des cèpes, des girolles, des rosés des prés ou encore des trompettes de la mort. D'ici là, il sera de saison de courir après les chevreuils et de partir herboriser en montagne.

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