samedi 16 novembre 2019

Sortie dans les marais 15 : le lac du Bourget.

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Le temps est bien gris pour cette rapdie excursion. Pour quelques jours en Isère, nous décidons de partir du côté du lac du Bourget en Savoie pour tenter notre chance et observer des espèces remarquables qui sont plus que discrètes voire absentes dans le Rhône. Les grands cormorans et les laridés (mouettes et goélands) sont bien présents, mais nous espérons avant tout approcher de graciles échassiers et des petits passereaux des milieux humides, des oiseaux que nous ne voyons que trop peu souvent. Pour se faire nous sommes équipés de notre longue vue et d'une bonne paire de jumelles pour assurer le plus de tranquillité possible aux animaux. Déçus par le comportement de certains des observateurs et photographes de l'affût du château Thomas, nous nous tournons vers une des bases de loisirs aux grands herbiers. Outre le calme du secteur, nous y ferrons nos plus belles observations de la semaine et possibles sur le site.

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Bel oiseau n'est-ce pas. Il s'agit d'une toute jeune bergeronette grise (Motacilla alba) qui attend sagement ses parents sur une branche pour être nourrie. Posée dans une bourdaine (Frangula alnus), ce ne sont pas les fruits de l'arbuste qui suscite son intérêt mais les insectes qui composent la majeur partie de son régime alimentaire.

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Après de longues minutes à attendre, la jeune bergeronette est récompensée par l'arrivée providentielle d'un de ses deux géniteurs. Bec bien ouvert et gorge bien visible pour montrer à celui-ci que la faim se fait sentir, et en une bouchée les arthropodes durement récoltés sont avalés. Chez certaines espèces, les parents peuvent être amenés à réaliser 200 à 500 allers-retours dans une journée pour nourrir leur progéniture. Heureusement pour cette famille de bergeronettes grises, il semble que l'indépendance des oiseaux est sur le point d'arriver.

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Voici un autre oiseau que nous adorons et que nous avons pu surprendre à nourrir un de ses petits posé dans la phragmitraie, le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis). Le bleu éclatant de ses plumes est un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent aucuns pigments de cette couleur, celle-ci venant de la structure même des plumes qui reflètent la lumière bleue. Depuis peu, un jeune mâle à élu domicile sur un tronçon de l'Yzeron situé au pied de chez nous, pour notre plus grand bonheur. Le bec entièrement noir indique qu'il s'agît d'un mâle.

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Pour en revenir aux échassiers, en voici deux de belle taille qui figurent parmi les plus grands oiseaux de France si on en s'en tient à leur port. À gauche, un jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui adulte atteindra avec un peu de chance 98 centimètres et à droite, la grande aigrette (Adrea alba) reconnaissable à son plumage blanc et à son long bec jeune. Appartenant à la famille des hérons, elle peut atteindre 104 centimètres. Pour voir aussi grand si ce n'est plus, il faut se tourner vers les grues cendrées (Grus grus) avec 114 centimètre, les cigognes noires (Ciconia nigra) avec 100 centimètres, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) avec 102 centimètres et enfin, les flamants roses (Phoenicopterus roseus) avec 127 centimètres. De vrais géants des milieux lacustres.

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Il était là ou plutôt, ils étaient là. Trois bongios nains (Ixobrychus minutus), ultime rareté du lac du Bourget bien que ça ne soit pas la seule. Nous ne boudons pas notre plaisir, les oiseaux jouant leur cinéma pendant de longues minutes. Petite taille, corps beige, ailes noires laissant entrevoir de grandes tâches blanches quand elles sont ouvertes, le doute n'est plus permis. Après avoir vu un des plus grands hérons d'Europe avec l'aigrette blanche, en voici le plus petit. Très rare en France où on compte une centaine de couples sur tout le pays, il est en nette régression. La photo n'est pas des plus belles mais nous ne voulions pas déranger outre mesure les oiseaux.

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La journée ne serait se finir ainsi. Non loin de là, nous croisons un fuligule milouin (Aythya ferina) à la tête et à l'oeil rouges caractéristiques. Tranquillement posé sur un tronc immergé, il se trouve à quelques mètres d'un drôle d'enclos. Entièrement couvert de fillets, il abrite une importante population de tortues, des cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Espèce disparue à l'échelle locale, elle fait l'objet d'un programme de réintroduction.

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Pour bien terminer la journée, nous tombons en regagnant notre voiture sur une jolie population d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Ces champignons de la famille des champignons noirs asiatiques sont comestibles. Le plus souvent je les sèche pour les utiliser par la suite dans les soupes, les rouleaux de printemps ou les sauces, ceux-ci pouvant gélifier un peu les préparations leur donnant ainsi plus de consistance.

Fin de partie, il faudra désormais attendre un peu pour revenir sur le lac. Lh'iver et ses osieaux hivernants semble un moment propice et même plein de promesses pour revenir en observation, en particulier au petit matin quand les promeneurs sont rares à venir affronter le froid et la bise qui peuvent faire rage ici. 

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dimanche 3 novembre 2019

Sortie dans les marais 14.

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Nous revoilà partis, cette fois-ci pour découvrir les milieux humides aux limites de l'Ain et de la Svoie, deux régions présentant une grande variété de milieux et d'habitats. La matinée se déroule au Marais de Lavour, connu pour ses populations de crapauds, des sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata) entre autre. Bien que nous soyons chanceux en observant dès notre arrivée une famille d'écureuils roux (Sciurus vulgaris) fort bruyante et un martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), le reste du parcours restera bien silencieux, les conditions météorologiques n'étant pas les plus propices pour faire de l'ornithologie. Néanmoins le circuit reste très agréable.

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Hélas, trois fois hélas, la balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) est bien présente. Originaire d'Asie, elle s'est installée dans les zones humides, elle met à mal les milieux, modifiant leur nature et conduisant à la disparition de certaines espèces indigènes aussi bien végétales qu'animales. Cependant arracher des centaines de milieux de pieds dans les vasières, en plus d'être coûteux, n'est pas toujours possible laissant un goût amer face à l'empleur du désastre. Alors pour les abeilles, les orchidées, les plantes carnivores ou encore les oiseaux des roselières, mieux vaut ne pas l'implanter et la favoriser, bien que sa floraison soit superbe.

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Levons la tête au ciel. Pas moins de 43 cigognes blanches (Ciconia ciconia) tournoient dans le ciel. En pleine migration, elles se sont arrêtées pour la nuit dans un champs humide tout proche. Au petit matin, elles profitent de la chaleur et des thermiques pour s'élever dans les airs avant de reprendre leur voyage. Je peux vous assurer que le moment était incroyable et qu'il nous a permis d'inaugurer notre longue vue pour sa première sortie.

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Sur la plus haute branche d'un arbre mort, un pic épeiche (Dendrocopos major) mâle vient se poser pour lancer ses cris. En période de reproduction, il utilise aussi le tambourinage pour communiquer avec ses pairs, le plus souvent sur les troncs creux. Si on se fît à la fiche espèce sur oiseaux.net, un mâle n'ayant pas eu la chance de se reproduire dans la saison peut tambouriner jusqu'à 600 fois dans une journée, soit 3000 à 12000 coups dans la journée, autant dire que son bec est vite aiguisé. Pour amortir le choc et préserver ses neurones, l'oiseau possède une très longue langue qui a pour particularité d'entourer son cerveau, agissant comme un airbag.

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Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) émerge à la surface d'un des canaux. L'hybridation entre les différentes espèces de grenouilles locales avec la grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae) ou encore la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) mais aussi avec les grenouilles exogènes comme la grenouille sauteuse (Lithobates clamitans). La couleur des sacs vocaux, le chant, la taille et la ligne dorsale figurent parmi les critères d'identification les plus employés, mais l'identification ADN reste l'outil le plus sûr pour déterminer les hybridations entre espèces. Parmi celles-ci on trouve la grenouille verte (Pelophylax kl. esculentus) appelée aussi grenouille comestible et qui résulte du croisement de la grenouille de Lessona et de la grenouille rieuse. En France, on la rencontre dans la partie nord du pays.

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Départ pour la retenue CNR non loin de là. Après 30 minutes de route, nous prenons notre première claque. Un rarissime cygne chanteur (Cygnus cygnus se promène tranquillement au milieu de 80 cygnes tuberculés (Cygnus olor). Plus petit et ayant un bec jaune, on le reconnaît également à son chant. Il s'agirait un oiseau soit de passage, soit ayant suivi un groupe de tuberculés depuis l'Ain. S'il se reproduit le plus souvent du côté de la Russie dans les grandes étendues de la toundra, on peut trouver quelques couples nicheurs en Grande-Bretagne ou même dans la Dombe. On peut aussi le confondre avec le cygne de Bewick (Cygnus columbianusqui est plus petit et dont le bec est possède moins de jaune.

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Les zones humides que nous parcourrons sont bordées de bourdaine (Frangula alnus), petit arbuste que j'adore. Outre le fait que les chevreuils sont régulièrement observés entraint de se défoncer avec ses fruits (véridique), on en tire également une grande gamme de colorants.

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De ses baies mures, on tire du vert, de son écorce sèche et de son bois des teintes étendues du rouge au brun, de son écorce fraîche des teintes vermeille à framboise. De quoi inspirer le DIY. L'espèce fût également utilisée comme ingrédient principale dans la fabrication de poudre à feu (poudre noire) à destination des carrières d'extraction de pierres. On ne serait cependant croquer ses fruits ou même goûter toute autre partie de la plante, celle-ci étant toxique bien qu'elle pu être utilisée par le passé comme laxatif. Séchée, elle s'avère moins virulente mais reste un végétal dont l'usage ne doit pas être fait en auto-médication.

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Le ragondin (Myocastor coypus) est un gros mammifère venu d'Amérique et qui, en France, s'est échappé des élevages de fourrure. On le trouve désormais partout dans nos milieux humides. Classé invasif, des études tendraient à montrer que son impact est à évaluer au cas par cas et que ses dégâts sur les cultures et sur les berges ne seraient pas si élevés qu'on pouvait le penser. Reste à voir dans quelle mesure il impacte la faune.

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Bonheur. Un tout jeune martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) se tient sur un roseau commun (Phragmites australis). Ses parents se relaient pour venir le nourrir. Nous nous délectons du spectacle. Le bleu de leurs plumes est éclatant. Il s'agit d'un bleu structurel, c'est à dire que la couleur n'est pas dû à un pigment, mais à la structure même de la plume qui renvoie uniquement le bleu de la lumière, rendant encore plus fascinant l'oiseau.

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Les canards ne sont pas en reste. À gauche, une mère nette rousse (Netta rufina) avec ses petits. C'est de mai à juin la femelle pond et couve ses oeufs. Il faudra alors attendre un mois de plus pour voir la sortie des canetons. À droite, une nouvelle venue chez nous, la tadorne casarca (Tadorna ferruginea). Ce gros canard ne se rencontre que très rarement en France mais commence à devenir commun dans certains secteurs (Savoie - Alsace).

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Un gang de hérons cendrés (Ardea cinerea) ratissent le fond vaseux à la recherche de petits invertébrés. Les longues pattes de ces échassiers leurs permettent de se mouvoir aisément sur le sol instable. Au premier plan, un immature, reconnaissable à son bec clair et son masque gris et non noir comme celui des deux adultes en arrière plan dont le bec est bien jaune. Chez les mâles, les plumes noires à l'arrière de la tête sont plus longues.

La sortie se termine avec deux reptiles bine sympathiques. À droite un lézard des murailles (Podarcis muralis), qui se chauffe tranquillement sur une pierre. À gauche, la mue d'un grand serpent, une couleuvre à voir la taille. Si mes collègues experts parviennent à identifier l'espèce aisément avec ses restes de peau, je suis loin de faire si bien. C'est avec cette trouvaille que se termine cette sortie entre l'Ain et la Savoie, sous un beau couché de soleil.

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dimanche 15 septembre 2019

Sortie en marais 14 : le lac du Ronzey.

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Visite du lac du Ronzey dans lequel l'Yzeron, cours d'eau qui termine sa course dans le Rhône et qui passe juste sous notre fenêtre. S'étendant sur plus de 3 hectares, il n'est pas très ancien, sa création remonte à 1982. Il est avant tout un lac de plaisance pour les habitants du coin mais aussi les citadins quittant la tristesse de la ville. Néanmoins, il est rapidement devenu un refuge pour la faune. Les hauts conifères d'ornements qui le bordent sont même un abri pour les chouettes dont certaines ont laissé ça et là quelques plumes et pelotes de réjection.

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Dans l'herbe verte tendre, là où bien des familles et des amoureux viennent pique-niquer, poussent mille et unes merveilles. Les fleurs du sureau noir (Sambucus nigra) nous apportèrent pour les jours à venir une délicieuse limonade. Une partie des inflorescences séchées rejoindront les tisanes de l'hiver. Retournés en août sur place, nous avons pu des baies faire une délicieuse gelée consommée en tartines ou dilluée dans de l'eau chaude.

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Ce jour là ce ne sont pas les fruits sucrés du sureau qui font notre joie, mais des marasmes des Oréades (Marasmius  oreades) appelés par endroits mousserons bien qu'ils n'en soient pas. La confusion est aisée avec d'autres champignons des prés toxiques voire mortels, mais leur pied élastique, leur odeur et leur chapeau mamelonné ne trompent pas. Pour la petite histoire, les Oréades sont des nymphes de la mythologie grecques associées aux grottes et montagnes, peut être est-ce dans ce dernier élément que le lien entre le champignons et ces divinités peut être fait. Autre belle surprise, deux agarics des jachères (Agaricus arvensis) appelés aussi boules-de-neiges en raison de leur forme complètent notre panier et notre omelette du soir bien qu'un peu véreux.

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Le rubanier d'eau (Sparganium erectum) est une plante semi-aquatique dont les feuillages immergés forment de grands herbiers dans lesquels les poissons, les insectes et les amphibiens viennent pondre et s'habriter. Dans les milieux lacustres et humides faits d'eau douce, le rubanier joue un rôle important en permettant la stabilisation de sédiments, leur dépôt, l'oxygénation de l'eau ou encore, la dépollution de certains éléments chimiques d'origine anthropique. Les inflorescences se nomment capitules. Les capitules mâles sont plus petits et verts, ceux femelles sont de larges pompons, blancs et jaunes à leur extrémité. Les deux sexes se trouve sur un même plant.

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Petit crapelet deviendra grand. Ici il pourrait s'agir d'un bébé crapaud commun (Bufo bufo). Ayant perdu ses attributs de têtard, il quitte l'étang et les mares attenantes à celui-ci pour regagner la forêt. Il y restera pas moins de 3 ans avant de retourner à l'eau pour se reproduire. Celui-ci a été sortie de la route par nos soins. Les amphibiens sont des animaux protégés et très fragiles, ils ne doivent être manipulés qu'en cas de danger et toujours avec es mains humides pour ne pas abîmer leur peau et éviter que celle-ci soit plus sensible à la transmission de germes. Pour nous humains, la manipulation ne présente aucun danger, il faut juste ne pas prendre l'idée de se frotter les yeux ou de se lécher les doigts après l'intervention.

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Petite observation de la cinquantaine de canards colverts (Anas platyrhynchos) qui peuplent le lieu et qui laissent une multitude de plumes sur les berges pour mon plus grand bonheur. Retour à Oullins, là aussi nous avons nos canards colverts, juste sous nos fenêtres, mais aussi les klaxonnes, les pots d'échappement, le goudron et les crises de nerfs. En sommes, c'est un coin à connaître et à investir passé 19h pour plus de tranquillité.

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vendredi 30 août 2019

Du marais au plateau : quelques reptiles de l'Isère.

 

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L'étang de Lemps

Il fait bon, c'est le début de l'été et la nature est en fête. Chaussures de randonnée aux pieds, nous partons en direction de l'Isère, à la limite de l'Ain pour nous offrir une matinée reptiles. Les écailleux sont plutôt du genre à aimer le soleil et cette saison est celle de leurs amours, tout autant de conditions pour espérer en croiser quelques uns.  L'an dernier j'avais pu visiter l'étang avec mes camarades de BTS lors du rallye ornitho de la LPO 38. Cette année c'est en amoureux que nous nous y rendons, ayant à coeur de faire découvrir à Thomas la joie de voir les tortues sauvages. L'étang de Lemps appartient à un ensemble constitué d'une pièce d'eau, du marais de Gâ et du bois de Burnoud. Ces entités constituent une ZNIEFF, c'est à dire une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique. Le site n'est pas pour autant protégé ou classé, il s'agit avant tout d'une zone d'inventaire relevant des caractéristiques particulière d'un lieu sur le plan de la biodiversité (que cela soit par ses espaces ou ses espèces). Ainsi, on peut y trouver des rainettes vertes, du chat forestier, des lièvres d'Europes, des busards Saint-Martin, des hérons pourprés ou des orchidées, mais c'est bine autre chose qui ce jour là attira notre attention. Ce fût le cas notamment avec cet arbuste qui semble au premier abords anodin, l'épine-vinette (Berberis vulgaris) mais au combien fascinant. Hôte du champignon pathogène du blé, la rouille noire (Puccinia graminis), il fût systématiquement éliminé des campagnes. Heureusement on le trouve aisément sur les coteaux calcaires, dans les zones de friches ou dans le nord du pays. On peut de ce fait profiter de ses grappes de fleurs jaunes qui aurait donné le nom de Berberis à la plante de par leur forme de coquille.

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À peine arrivés nous tombons nez-à-nez avec une magnifique cistude d'Europe (Emys orbicularis), une petite tortue indigène très craintive, inféodée aux milieux aquatiques. Il s'agit ici d'une femelle, la pupille de l'oeil étant jaune. Chez les mâles elle se présente rouge.

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Sur l'étang, un radeau servant de reposoir aux canards et aux tortues. Un grand observatoire permet de les admirer en toute quiétude. Appelée également tortue boueuse, la cistude aime chasser dans les eaux palustres des étangs, des marais et des rivières envasées où la végétation est importante. C'est dans celle-ci qu'elle trouvera les poissons, les insectes et les algues dont elle se nourrie. Quand l'hiver arrive, elle s'enfonce dans la vase pour n'en ressortir que le printemps venu, s'assurant ainsi une hibernation tranquille. Quasi menacée, elle est en grande régression en particulier dans le le sud de la France. En Suisse, elle avait pratiquement disparu mais depuis 10 ans, un programme de réintroduction vise à son retour dans le pays.

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La grenouille verte (Pelophylax sp.) est une appellation qui désigne les grenouilles de cette colorie présentes en Europe. Cela comporte trois espèces distinctes : la grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae), la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus) et la grenouille de Pèrez (Pelophylax perezi). Tout ce joyeux monde se reproduit, entraînant l'apparition d'hybrides fertiles, autant vous dire qu'il y a du challenge dans les identifications.

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Sous la haie, au milieu des véroniques de Perse (Veronica persica), un magnifique lézard à deux raies mâle (Lacerta bilineata). Nommé pendant fort longtemps lézard vert, la génétique et l'observation minutieuse à conduit à la distinction de deux espèces : à l'Ouest de l'Europe celui à deux raies, à l'Est le lézard vert (Lacerta viridis).

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Monsieur, chez qui la gorge est d'un bleu particulièrement vif, mord la queue de madame, signe que l'accouplement est sur le point de se produire. Cependant, un concourant arrivant à toute vitesse, la joute amoureuse prend fin pour devenir une véritable combat entre les deux rivaux se soldant par une course poursuite effrénée. Le vainqueur aura non seulement le droit de se reproduire mais aussi, de jouir du territoire. Deux à trois mois plus tard, sortirons du sable 20 à 40 bébés lézards d'1 gramme. En fonction de la température du sol et de la profondeur d'enfouissement, les oeufs donneront des mâles ou des femelles, la chaleur jouant sur le sexage de l'individu à naître.

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L'adulte atteint facilement 30 centimètres, 40 plus rarement. Les 2/3 de son corps sont composés de sa queue. Celle-ci lui sert de balancier dans ses courses, de réserve de graisse, d'apparat de séduction et en cas de danger, de leurre. Rapide, il se saisi sans mal de ses proies. Sauterelles, mouches, araignées, vers et parfois même petits mammifère, c'est un bon chasseur qui se déplace cependant bruyamment, ce qui ne va sans attirer l'attention.

DSC01997Les juvéniles, particulièrement vulnérables, on une croissance rapide ce qui leur permet dès la première année de se protéger d'un nombre important de prédateurs. Chats, rapaces (buses et circaètes), serpents (en particulier les couleuvres) ... les dangers sont nombreux.

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Pour survivre au mieux, les petits lézards verts abordent une robe différente de celle de leurs parents, marquée par deux bandes blanches qui a valu à cette espèce son nom. Dans les feuilles de lierre et des ronciers, ce juvénile semble à l'abri de toute menace et peut à loisir saisir les jeunes grillons des bois émergeant de la litière forestière. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra se rerpduire dès l'âge de deux ans, vivre au grand maximum une quinzaine d'années et tirer à profit de ses incroyables capacités, comme celle de grimper aux arbres à l'aide de ses doigts légèrement ventousés comme ceux des geckos.

Cette visite de l'étang se termine par un peu de botanique. Les asperges des bois étant montées en fleurs, il n'est plus question d'en faire la collecte pour réaliser une délicieuse omelette, pas plus que les feuilles d'ail des ours devenues trop rêches et amères. Les pousses de tarrier ne sont pas elels aussi au menu. Bref, il faudra alors se contenter des fleurs de saison et de quelques feuilles de mélisse officinale pour l'infusion du soir.

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Le Grémil pourpre bleu (Lithospermum purpurocaeruleum) est une superbe fleur dont les graines blanches, dures et nacrées sont similaires à des perles. C'est elles qui ont donné à la plante le nom grec de Lithospernum, qui signifie littéralement semence de pierre. On le retrouve également sous une autre appellation : Buglossoides purpurocaerulea. 

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Sauvage, on le trouve de plus en plus dans les jardineries comme couvre-sol, celui-ci se plaisant à l'ombre des arbres, des lisières de forêts et des broussailles. De la famille des Boraginacées comme la bourrache et la consoude, ses fleurs naissent violines avant de terminer bleues, indiquant par cette couleur aux pollinisateurs que la plante ne dispose plus de nectar, la reproduction s'étant effectuée. Un échange de bon procédé en somme. C'est là que notre excursion du matin s'achève, mais ce n'est que pour prendre plus de hauteur sur le plateau qui surplombe une autre zone humide à quelques kilomètre de là seulement, terrain de chasse favoris des hirondelles et des rapaces.

 

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Le plateau de Larina

Nous avions pu l'an dernier le découvrir à travers une randonnée sympathique mais aussi en apprécier toute la faune. Pour 2019, pas de vipère aspic (Vipera aspis) en vue mais bien d'autres choses, à l'instar des hérons cendrés (Ardea cinerea) qui nidifient au pied du belvédère ou le vol de nos toutes premières hirondelles des rochers (Ptyonoprogne rupestris) qui ont élu domicile sur les falaises du plateau. La chance nous sourit, il fait toujours aussi beau et il y a peu de monde, deux conditions essentielles pour croiser des animaux aux heures où nous nous aventurons dans Larina, entre les vestiges d'un autre âge, les blocs de pierre couverts de fossiles et les bosquets de peupliers trembles. L'endroit est connu pour ses lièvres, ses papillons mais aussi ses orchidées qui se plaisent sur ce sol pauvre est calcaire, présentant à la fois des milieux de pelouses humides et de pelouse sèches, le rêve pour les orchidphiles.

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En parlant d'orchidées, en voici une qui ne paye pas de mine, l'orchis de l'homme-pendu (Orchis anthropophora). Son nom vient de ses fleurs au sépal beige-rosé qui évoquerait des petits hommes pendus au casque que forme les tépales, fruits de la fusion des pétales et des sépales de la plante. C'est une orchidée qui s'hybride facilement avec d'autre, donnant des rejetons stériles mais magnifiques comme l'Orchis x.spuria.

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La pulsatille rouge (Pulsatilla rubra) est une très belle fleur relativement rare qui apprécie les landes sèches, en particulier là où évolue les genêts. Typique du Massif Centrale, on ne la trouve qu'en de rares occasions ailleurs. Elle bénéficie d'une protection intégrale sur l'ex-région Rhône-Alpes. De floraison assez précoce, le plus souvent en avril, elle ne dévoile que pendant peu de temps ses pétales rouge bordeaux qui la rendent singulière.

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Les oiseaux balayent le ciel : hirondelles, martinets, milans ... tous profitent des thermiques pour prendre de l'assension et foncer sur leur proies : des insectes pour les deux premiers, des charognes pour le dernier. Au loin deux paons chantent, rendant l'instant irréel. Nous avons beau guetter sur les crêtes et les failles rocheuses, aucun rapace ne viendra à notre rencontre. Il faudra attendre notre prochaine sortie pour forcer la  chance.

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Ce jeune lézard des murailles (Podarcis muralis) est en pleine mue, portant son ancienne peau comme un chandail. Européen, il a été introduit en Amérique du Nord. Les vieux murs, les éboulis, les rochers et les souches constituent son principal habitat. Urbain on le retrouve sans peine en ville et au coeur des villages, là où la plupart de ses cousins désertent le goudron et le béton. Carnivore, il becte sans mal les papillons et leurs chenilles, les araignées, les criquets et grillons, les verres de terre et les mouches, ce qui en fait de lui un précieux auxiliaire du jardinier et qui, croquant même dans les pucerons, ne demande pas grand chose pour s'installer au jardin.Un tas de bois, quelques vieilles pierre, un bout de mur bien exposé au soleil, un tas de sable pour la ponte ... et le tour est joué. Il n'est pas rare de le voir couvert de tiques, mais ce sont les chats domestiques et les oiseaux de proies qui présentes le plus grand danger pour ce petit lézard qui n'excède que très rarement les 20 centimètres. Chez moi, dans le Dauphiné, les anciens le nomme la larmuze / la larmuse, surnom que je ne lui connaissais pas. Polymorphe, il peut parfois être confondu avec d'autres lézards plus rares et plus discrets comme le lézard des souches (Lacerta agilis) ou les jeunes lézards verts (Lacerta viridis). Protégé partout en France, on est tout de même parfois tenté enfant de le courser pour le voir abandonner sa queue. Grave erreur, car non seulement cela porte atteinte à l'animal en l'effarouchant, mais cela conduit aussi l'animal à se séparer d'une précieuse réserve de graisse et d'un atout majeur de séducation utilisé dans la recherche d'un partenaire, réduisant ainsi ses chances de se reproduire.

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Des papillons ? Pas tous. L'ascalaphe soufré (Libelloides coccajus) à droite appartient à l'ordre des névroptères, constitué de familles d'insectes les pour la plus part étranges et surprenants comme les mantispes. Ici on a un véritable croisement entre une libellule et un papillon, ce qui donne un redoutable prédateur aux ailes colorées.

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Le flambé (Iphiclides podalirius) est un véritable papillon. On le reconnaît à ses grandes ailles zébrées et à ses ocelles orangées.Sur celui-ci elles sont abondantes, sans doute ont elles finis dans le ventre d'un oiseau gourmand. Il vole de mars à septembre, et trois générations peuvent émerger en une seule année. La femelle pont ses oeufs sur les arbustes de la famille des rosacés, en particulier les prunelliers, cerisiers et autres aubépines. On y observe alors de jeunes chenilles noirs devenir peu à peu vertes au fil de leur croissance, se fondant dans le feuillage qu'elles dévorent.

Escapade terminée, retour sur Lyon, la routine de la ville mais aussi, le bonheur de faire le travail que nous aimons. C'est toujours un plaisir de découvrir de nouvelles espèces, de ce dire qu'elles sont à portée de main et que la patience et un brin de chance suffisent à les approcher d'un peu plus près. Depuis Larina et l'étang de Lemps, nous nous sommes équipés en matériel, et sans être de véritables naturalistes, nous avons la prétention de nous en approcher peu à peu chaque jours afin d'en devenir de véritables.

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jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

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L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

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Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

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Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

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Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

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Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

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Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

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Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

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Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

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Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

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Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

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Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

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Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

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Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

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Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

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Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

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jeudi 23 août 2018

Sortie dans les marais 13.

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LE GRAND LEMPS

 

L'été est prolixe, nous avons eu la chance de faire le tour de quelques un des ENS locaux et pour commencer, celui du Grand Lemps. Pour rappel un ENS est un site remarquable pour son écosystème, pour les espèces qu'il abrite, pour le rôle essentiel qu'il joue dans la vie culturelle et économique pour les habitants du coin et pour sa valeur pédagogique. C'est un espace naturel sensible géré soit par le CEN Avenir (conservatoire des espaces naturels) sous la direction du département, soit par une association naturaliste. En Isère nous avons la chance d'avoir non seulement le plus grand nombre d'ENS, mais aussi de gestionnaires de ces espaces, de journées découvertes consacrées à ceux-ci et à leurs préservation. Ils touchent pour beaucoup des milieux humides car peu nombreux en France métropolitiane, mais aussi des forêts, des pelouses sèches ou des alpages.

Au Grand Lemps, c'est une tourbière et son étang qui sont désignés comme ENS. Comme pour la plupart de ces sites, seule une partie très restreinte du marais est accessible pour permettre de concilier à la fois l'intérêt du public, la tranquillité des animaux et l'intégritée des plantes et du milieu, souvent sensibles aux questions de piétinement. Une multitude d'habitats se succèdent et marque l'évolution naturelle du site. Un chemin balisé et des structures de bois à l'épreuve du temps ont été mis en place pour faire découvrir le coeur de la tourbière, d'ordinaire peu accessible en raison de l'eau, des terres mouvantes et des moustiques.

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Voilà une des merveilles que l'on peut trouver dans les mares parmi les joncs. L'utriculaire australe (Utricularia australis) est une plante carnivore qui a la particularité de se développer entièrement dans l'eau et de n'ermeger qu'à la période de floraison. Ses feuilles aquatiques sont de deux nature : les photosynthétiques permettant l'élaboration de la photosynthèse et celles à pièges.

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En forme d'outres, ces dernières ne dépassent pas le millimètre et sont couvertes de poils. Ceux-ci permettent l'ouverture et la fermeture du clapé de la feuille. Lorsqu'ils sont agités par une micro-proie, l'outre s'ouvre et aspire la malheureuse qui termine emprisonnée puis digéré sans autre forme de procès. C'est de cette particularité que les plantes de ce genre tir leur nom, inspiré du latin "utriculus" qui signifie "petite outre". L'utriculaire australe se reconnaît à la lèvre inférieur de sa fleur veinée de rouge qui est légèrement plus grande que les autres pièces florales, cependant il est aisé de la confondre avec l'urticulaire commune (Utricularia vulgaris). De ce fait l'identification se fait bien souvent à la loupe binoculaire, en particulier quand les fleurs sont absentes.

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Sans être placée sur les listes rouges nationales, c'est une espèce peu présente à la répartition disparate. Protégée par arrêté dans de nombreuses régions, en particulier dans le nord du pays, elle est un des indicateurs floristiques retenus lors de l'élaborations des ZNIEFF, les zones naturelles d'intérêts écologiques, faunistiques et floristiques qui se matérialisent par la réalisation d'inventaires.

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On trouve une autre carnivore tout aussi belle bien qu'originaire d'Amérique du Nord. La sarracénie pourpre (Sarracenia purpurea) aime les sols pauvres. Pour combler le manque de certains nutriments absents des sols tourbeux, elle se nourrie d'invertèbrés qu'elle piège à l'aide de ses feuilles en outres aux parois glissantes.

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Cependant, les pièges de la sarracénie pourpre ne sont pas uniquement des tombeaux à ciel ouverts pour les bestioles imprudentes. Plus de 180 espèces vivantes tels des insectes, des algues, des crustacés et des bactéries y vivraient, formant ainsi un micro écosystème à part. La digestion des organismes piègés se ferrait semble-t-il par leur intermédiaire et non pas uniquement par les enzymes que la plante sécrète. Protégée dans son aire d'origine, son introduction par des passionnées de plantes carnivores dans la tourbière du Grand Lemps avant le mise en protection de celui-ci pose problème, l'espèce ayant tendance à coloniser l'espace au détriment des sphaignes.

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La bourdaine (Frangula alnus) est un arbrisseau qui pousse dans une grande pluralités de milieux, de préférence humides. Ses baies noires sont toxiques et purgatives, on tire d'elle une teinture naturelle qui colore les linges en vert tendre. Des jeunes rameaux frais on tire du pourpre et du violine, des écorces séchées un très beau jaune.

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L'installation des passerelles a demandé non seulement un gros investissement mais également de gros moyens humains. Posées sur la tourbe, leur fondation s'enfonce profondément dans le sol meuble, rendant peu aisé les travaux. Sur plus d'une dizaine de mètres par endroits, le marais n'offre pas une surface suffisamment stable. Un puit mit en place dans le parcours permet de mesure la profondeur à l'aide d'un long bâton. Il rend également visible les strates de la tourbe qui se compose de tourne blonde (vieille de moins 3000 ans), de tourbe brune (aux alentours de 5000 ans) et de tourne noire (12 000 ans et plus).

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Le bas-marais alcalin est un habitat de référence dans les suivis des milieux humides. Il représente 55% des zones humides de l'Isère. Il se caractérise par une mise en eau constante, pauvre en nutriments et très souvent calcaire. Les carex acidophiles y sont courants, de même que les sphaignes (famille des mousses). Ils sont le premier maillon dans la constitution de la tourbe. Peu communs, ces grands systèmes palustres sont surtout présents dans l'Est de la France, protégés par la topographie des montagnes.

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La cladiaie fait partie des milieux typiques du bas-marais. Ce sont de grands peuplements de marisques (Cladium mariscus) dont les tiges peuvent frôler les 3 mètres. Pauvre en espèces végétale, elle regorge d'animaux en particuliers d'oiseaux et d'insectes qui trouvent gîte parmi ses feuilles coupantes et ses tiges persistent à l'hiver bien que brunies par l'action du froid et du gel.

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La cladiaie se compose parfois de marisques poussants sur la matière végétale se trouvant à la surface de l'eau ou en suspension entre deux strates aquatiques. Vértibles radeaux flottants, ces îlots sont trompeurs pour le promeneur qui pense pouvoir y poser le pied et termine dans le fond du marais. L'accumulation de ces formations fait prémice au comblement du marais par la matière organique, laissant place au haut-marais qui se caractérise par une mise en eau périodique, des pelouses humides et la possibilité d'y mener des pratiques agricoles tel que la pâture, la fauche ou la mise en céréales sur les terres devenues arables.

Le marais nous donne des ailes. Nous n'avons pas vu les droseras, d'autres plantes carnivores encore bien différentes de celels qu'offre le mairais et que nous avons pu voir. Petit mais riche en découverte, le sentier à l'avantage de préserver une grandre partie du site du bruit et des regards des visiteurs, assurant un semblant de tranquillité aux animaux qui le peuple tel les hérons cendrés et les faucons hobereaux. Il nous reste bien d'autre ENS à découvrir, le prochain se situe dans les marais de l'Ainan, sur la commune de Chirens où pousse la rare et discrète Liparis de Loesel, une orchidée qui ne paye pas de mine mais dont la sauvegarde est capitale.

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dimanche 11 mars 2018

Sortie dans les marais 12 (autours des grands lacs).

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Ce n'est pas en réalité une sortie que nous vous présentons ici mais sept. Février a été un mois rude, oscillant entre des périodes de révisions intenses, d'un temps gris ponctué d'éclaircies et de gros épisodes neigeux mais aussi, de quelques sorties ornithologiques. Les plans d'eau sont désertés par les promeneurs, ils sont donc propices à l'observation de l'avifaune locale en toute quiétude. Les oiseaux, contraints par les conditions météo, se réunissent sur les étendus d'eau. Depuis la berge, il est aisé de les repérer. En cette période hivernale, il est possible de rencontrer des espèces rares ou du moins, peu communes.

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Le ciel est gris mais cela n'empêche pas le lac de Paladru d'être couvert d'oiseaux d'eau. Ce grand lac isérois est réputé pour ses petits ports de plaisance où l'on peut y pratiquer la voile mais surtout, pour la mystérieuse église qui y serait engloutie par les flots et dont on pourrait entendre les cloches aux alentours de minuit.

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Une troupe de fuligules morillons (Aythya fuligula) stationne aux abords de la rive. Elles sont plusieurs à se partager les 3,9km² du lac. Les mâles sont reconnaissables à leur plumage noir et blancs. Les femelles et les juvéniles possèdent quant à eux des plumes brune. Cette espèce se reconnaît à sa huppe à l'arrière de la tête, en particulier chez messieurs où elle est très développée en période de reproduction. Les fuligules morillons peuvent être confondus avec les fuligules milouinans (Aythya marila), les fuligules leurs hybrides, le fuligule milouin x fuligule morillon et le fuligule milouinan x fuligule morillon.

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Ces canards plongeurs petits et trapus possèdent comme la plupart des oiseaux de ce genre, celui des Aythya, un oeil de couleur or et une pupille noire. On reconnaît les mâles chantants aux gazouillements et aux sifflements mélodieux qu'ils émettent. Les femelles grognes des sons aiguës et brefs. Elles s'occupent seules de leur couvée.

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La foulque macroule (Fulica atra) est un oiseaux bien connu des promeneurs et même des citadins de par son ubiquité. Présente dans une grande diversité de milieux, elle est chapardeuse et n'hésite pas à retirer la nourriture du bec de ses voisins. Son régime omnivore lui permet de trouver de quoi se nourrir aisément. C'est un oiseau peu farouche qui peut s'approcher par curiosité des badauds. Elle est parfois confondue avec la gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) qui s'en distingue par un bec et un front rouge, tandis que la foulque macroule les présente comme blancs. Ses pattes sont aussi plus massives.

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À la naissance, les adultes se répartissent les petits. La femelle reste au nid avec la moitié de la portée, tandis que le mâle par construire sa propre demeure avec le reste des jeunes. Passé 4 semaines, les poussins sont capables de se nourrir seuls. À partir de 8 semaines, ils sont peuvent voler et commencent à quitter leurs parents.

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On croise aussi quelques échappés comme cette bernache nonnette (Branta leucopsis) qui tient compagnie à une bande de canards de ferme qui ont élu domicile sur le lac. Cette espèce ne fréquente que le nord du pays et, à l'état sauvage, se montre très farouche, tout le contrainte de cet individu curieux et sûrement, un peu gourmand.

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Plus sauvage, le sud du lac est aménagé sur plusieurs centaines de mettre. Contournant la zone humide composée d'une phragmitaie, d'une ripisylve et de champs humides, le sentier permet de découvrir la faune et la flore locales mais aussi les pratiques agricoles qui y sont associées. Bancs, oeuvres d'art, panneaux et pontons sont tout autant de moyens pour permettre la sensibilisation du public aux enjeux environnementaux.

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C'est l'occasion d'avoir un autre regard sur ce lieu que je fréquente depuis ma petite enfance et qui pourtant, ne m'est pas aussi familier que j'aurai pu le penser. Accompagnée de mon bien aimé et pour l'occasion, photographe, j'ai pu percer quelques uns des secrets de ce site sans pour entendre les cloches de l'église engloutie retentir.

DSC08875Autre département, autre lac. Nous voilà en Savoie, au lac d'Aiguebelette qui a été le lieu de tout mes étés et de mes premiers émois de lycéenne, il y a un peu plus de 10 ans de ça. Il est connu pour être l'un des plus profonds de France mais aussi, l'un des plus chauds. Il est d'ailleur celui d'Europe qui se réchauffe le plus rapidement. Avec ses 5,45km² et ses 71 m-tres de fond, il offre de nombreuses plages pour les baigneurs mais aussi, des aires de tranquillité pour la faune, rendues incessibles par l'installation de barrières et de piquets. Il est le 7e plus grand lac de France mais est la première réserve naturelle régionnale d'eau douce du pays. C'est aussi un espace interdit à toute circulation de bateau motorisé et cela, depuis plus de 50 ans, ce qui garantie en partie la qualité de son eau et la tranquillité nécessaire aux animaux.

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Une réserve naturelle régionale est une aire de protection de la faune, de la flore, des services écosystémiques et des milieux crée et gérée par la région qui peut déléguer son pouvoir de gestion à une structure de son choix, bien souvent une association environnementale, un CEN, un CBN ou une association locale. Cet outil est à la fois un outils de protection mais aussi, de valorisation du territoire que cela soit pour le tourisme, le bien être de la population, ou le maintient d'éléments naturels garantissant la pérennité des services : filtration de l'eau, limitation des crues et inondations, accès à une source d'eau en cas de sécheresse... la liste est longue.

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Comme sur terre, le milieu aquatique est préservé des intrusion humaines. En quelques chiffres, les réserves naturelles régionales couvrent 39 581 ha et sont au nombre de 172. Leur statut perdure pendant 10 ans et peut être renouveler autant de fois que cela est jugé nécessaire. Une aire peut perdre ce statut pour des raisons économiques mais également, parce qu'i lest jugée qu'elle ne craint plus de disparaître ou d'être dégradée.

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Posés au milieu de l'eau, une troupe de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) fait face aux premières gouttes de pluie naissantes et qui ne tarderont pas à devenir de gros flocons. Mal-aimés, ces oiseaux sont essentiels au bon fonctionnement de nos lacs, bords de mer et rivières. De récentes études en Allemagne ont révélé que les poissons qu'ils consommaient n'étaient pas ceux pêchés par les hommes, faisant tomber l'argument de la concurence pour les ressources. Reste le problème des élevages piscicoles et des dégâts qui y sont occasionnés par les cormorans. Néanmoins, les abattages massifs ce sont révélés contre-productifs dans cette situation et n'ont réussi qu'à affaiblir cette population. Protégé, le grand cormoran pourrait être de nouveau soumit aux tirs.

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Changement de paysage ! Voilà le Rhône. Le temps d'une journée, Thomas a pu échappé à l'insupportable grisaille de Lyon pour découvrir la Savoie et la Haute-Savoie sous la neige. D'ordinaire, c'est un fleuve sage, bétonné de part en part et entouré de hauts immeubles dont nous perçevons les pointes depuis notre fenêtre. Ici il prend un aspect bien plus sauvage, en particulier quand il a son blanc manteau et que son eau se fait turquoise. Bien que ce tronçon soit situé en montagne, on trouve une grande variété d'oiseaux sur ses rives et les hautes falaises qui le dominent.

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Les choucas des tours (Coloeus monedula) l'ont bien compris, le temps n'est pas à la sortie. Accrochés aux parois rocheuses, ils attendent patiemment que la météo s'appaise. C'est le plus petit des corvidés que l'on trouve en France métropolitaine. On le rencontre aussi bien en milieu naturel que dans les édifices des villes, en particulier dans les clochers ou les allées boisées. C'est un animal sociable qui est fidèle à vie à son partenaire.

DSC08921Tout en suivant le fleuve, on fini par arriver à l'un des plus beaux lacs de France, celui du Bourget. Avec plus de 44,5km², c'est le deuxième plus grand lac issu d'un glacier présent en France. Vieux de 19 000 ans, il est un havre de paix pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux pendant la période de migration. En rencontre dans ses eaux beaucoup de poissons dont certains en sont endémiques. Cette biodiversité riche a conduit les autorités françaises et européennes à classer le lac comme site Ramsar il y a 15 ans, c'est à dire la signature d'uen convention visant à préserver les zones humides remarquables, à y limiter l'action humaine, à conserver les ressources, à former et sensibiliser à leur sujet et à réaliser un travail scientifique sur celles-ci, en particulier à travers l'échange international. L'objectif étant de préserver les populations d'oiseau d'eau qui sont depuis 50 ans gravement menacées.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est un oiseau aux moeurs fascinantes. Il s'agit ici d'un adulte n'ayant pas encore son plumage nuptiale, ses joues n'étant pas rouge-orangées. On le différencie d'un juvénile à l'absence de rayures noires sur son cou et sa tête. Les adultes effectuent des danses et d'offrent des algues pour se séduire. Les couples se forment pendant l'hiver et la nidification intervient entre mars et début juin dans la végétation.

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Les oiseaux ne sont pas timides. Sur les berges enneigés, ils ne sont pas inquiets de voir passer les promeneurs qui sont parfois équipés de skis. Les alouettes (Alaudidae) sont nombreuses à y chercher leur nourriture. À la bonne votre pour déterminer leur nom ! Rien ne ressemble plus à une alouette qu'une autre alouette et avec les trois espèces présentes sur le territoire à cette période de l'année, la marge d'erreur est grande.

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La neige s'est emparée d'Annecy. La ville est superbe, les rues sont désertes et le bruit feutré de la neige donnent une atmosphère toute particulière à cette ballade. Le lac du même est un peu plus petit que le Bourget et un peu moins vieux (entre 17 et 15 000 ans) et bien que possédant une biodiversité remarquable, écologiquement parlant, c'est assez délicat. En effet, pas moins de 45 à 60 % des populations d'oiseaux y ont disparu depuis la fin des années 1990 selon les associations ce qui ne laisse présager rien de bon pour les années à venir.

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Le harle bièvre (Mergus merganser) figure parmi les oiseaux les plus impactés sur le lac d'Annecy, avec une baisse de son effectif de de 65 %. C'est un gros canard au bec crochu pouvant faire plus d'1,5 kg. Le dimorphisme sexuel est marqué : le mâle à une tête vert sombre, celle de la femelle est entièrement rousse. On le rencontre surtout dans le nord Est de la France et n'est nicheur dans le pays qu'au niveau des Alpes dans les roselières.

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Il a fait très fois et les eaux sont glacées. On voit ça et la des bloques de glaces flotter, tels des icebergs. Les embarcations attendent gentiment les beaux jours. Une multitude de bases nautiques ceinturent le lac, faisant de celui-ci un des plus grands sites dédiés aux sports aquatiques d'Europe.

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Dix-sept espèces de poissons peuvent y être pêchées. En raison des pollutions, certaines ne peuvent l'être qu'au titre de la pêche sportive tel que l'omble chevalier (Salvelinus alpinus). Rechercher des pêcheurs, il prend une teinte orangée sous le ventre en période de reproduction. Comme la plupart des salmonidés auxquels il appartient, sa mâchoire s'alonge et son corps s'aippaissit pendant le frayage.

La disposition des quais permet d'approcher la faune. Cependant les animaux ont souvent une préférence marquée pour les eaux calmes, dans les zones d'amarage des bateaux où leur sommeil n'est pas perturbé.

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Une bande de fuligules s'est formée sur une aire de nage. Elle se compose de fuligules morillons (Aythya fuligula) au plumage noir et blanc, avec une petite huppe sur la tête, et de fuligules milouins  (Aythya ferina) aux ailes grises, au croupion noir et à la tête rouge. La population de ces deux espèces diminue drastiquement sur le lac d'Annecy, en raison de la hausse de la température, de l'activité humaine et de la raréfaction de leur milieu.

DSC09108La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) tient son nom de son cri aigü. Chez les adultes aptes à se reproduire, la tête est entièrement noire, mais uniquement en période des amours. On peut en voir de grands peuplements que cela soit dans les estuaires, les bords de mer, le long des fleuves ou les lacs.

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Dans la zone humide aménagée, on peut apercevoir de nombreux oiseaux. Bordant la ripsylve, une digue de bois sert de reposoir aux grands cormorans. L'été, dans les phragmites (Phragmites australis), on rencontre parfois un petit oiseau insectivore du même nom : le phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola).

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Le merle noire (Turdus merula) est un oiseau commun de nos jardins. Ce mâle que l'on reconnaît à son plumage noir et à son bec jaune, semble bien gros. Face au froid il gonfle son plumage pour mieux isoler son corps, ce qui le fait paraître plus gros qu'il n'est. À cette période de l'année il se régale de baies hivernales comme le lierre.

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Il est temps de revenir au bercail, nous voilà donc dans le Rhône, à l'Île de la Table Ronde. J'avais en tête d'aller voir l'évolution de l'ail des ours (Allium ursinum), et le cas échéant, dans récolter quelques brins. Hélas, il n'est encore que trop peu développée et j'ai du me rabattre sur celui qui pousse dans les coteaux de Seyssuel et qui commence à présenter quelques boutons floraux. Face à l'observatoire, un couple de cygnes tuberculés (Cygnus olor) entame sa parade nuptiale. C'est une danse langoureuse où leurs cous forment de temps à autre un coeur.

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Parmi la végétation se cachent de petits oiseaux. Sans longue vue, difficile de les identifier. Pouillot véloce (Phykkoscopus collybita), bouscarde de Cetti (Cettia cetti) ou locustelle luscinoïdes (Locustella luscinioides) revenue trop tôt de migration, voilà trois candidats qui pourraient correspondre à l'oiseau de cette photo. Mais avant d'identifier la bête, la voyez-vous dans le décor, parmi les tiges brunies et défraîchies ?

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D'une traite nous filons à l'Île du Beurre et de la Chèvre. Arrivée sur place nous tombons nez à nez avec deux martins pêcheurs d'Europe (Alcedo atthis) en plein duel. Rapide, ils n'ont pu être imprimés sur la lentille de l'appareil photo. Si l'île du Beurre est un espace protégé du Rhône où il n'est ni possible de s'aventurer, ni possible de récolter de plantes sauvages, il n'en est pas de même pour l'île de la Chèvre. Cultivée en grande partie, de nombreuses adventices poussent sur ses abords. Il faut alors bien prendre garde à ne pas les prélever dans des secteurs traités. Dans le panier, une grosse poignée de rosettes d'onagre bisanuelle (Oenothera biennis). Leur racine piquante peut être cuisinée comme un légume ancien : en vapeur, bouillie ou en gratin. Petite déception cependant, bien que ce ne soit que les spécimens soient très jeunes et n'aient jamais connu de floraison, ils se sont avérés trop épicés pour être consommés tels quels et ont demandé d'être préparés tel un accompagnement plus classique : pommes de terre, carottes, persil et oignons.

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Si l'île du Beurre est si connue, c'est en partie la via Rhôna, la piste cyclable qui suit le Rhône de sa source jusqu'à ce qu'il se jette dans la mer. Cependant il ne faut pas en oublier la série de palissades et d'affûts qui attire un public familiale. Parmi les attratction, une héronière à la quelle on peut accèder par un observatoire vitrée et qui en est séparé par une lône, un bras mort du Rhône. Pas moins d'une soixantaine de couples de hérons cendrés (Ardea cinerea) nifdifient ici. Ces oiseaux ont pour habitude de se réunnir pour pondre et pour élever leurs petits.

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L'avantage de la vie est groupe, c'est qu'il y a toujours un adulte dans le coin pour donner l'alarme.

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Un couple de cygnes tuberculés a élu domicile dans la lône. Grands cormorans et canards colverts s'y croisent aussi. Et puis il y a le castor d'Europe (Castor fiber). Deux familles y ont élu domicile au Sud de l'île. Nocturnes, les membres qui la composent ne s'observent que rarement, dans leur vadrouille au clair de lune. Avec l'arrivé des beaux jours ils s'aventurent de nouveau dans la ripisylve pour mettre à terre les arbres dont il se nourrit.

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Fin du périple, nous voilà au barrage de Vienne. Construit en aval de la ville pour que le niveau du Rhône soit similaire à celui de la ville de Vienne, il est un endroit prisé pour observer la faune. Que cela soit sur le fleuve ou son contre-canal, les amateurs de naturalisme peuvent se régaler en observant des castors, des ragondins, des colverts, des filigules en tout genre, des pies, des grands cormorans, des mouettes rieuses, des goélands leucophés, des hérons cendrés, des martins pêcheurs ou encore, des hérons bihoreaux. Et puis il y a la découverte, avec l'observation que nous faisons pour la première fois de canards chipeaux (Anas strepera). Communs mais timides, les mâles de cette espèce présentent un plumage cendré. Les cannes sont proches des cannes de colvert et il est difficile de les distinguer de ces dernières. De plus leur écologie est très similaire. Néanmoins, il est partiellement migrateur et niche plus rarement en France.

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dimanche 18 juin 2017

Sortie dans les marais 11.

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 Toujours en Isère et toujours à la fin avril, nous nous sommes offert un petit tour le long des berges de l'étang de Saint Sixte. Creusé par les Chartreux, il est l'objet, comme la plupart des lacs et étangs du coin, de légendes et d'hisoitres. Ainsi s'y trouverait dans le fond un passage qui mènerait jusqu'au lac d'Aiguebelette mais aussi des véhicules de la seconde guerre mondiale. Devant être bientôt vidé, il révélera peut être ses secrets.

 

La fête à la grenouille.

 L'eau de Saint Sixte est remplit de têtards de grenouilles vertes (Pelophylax sp.). Celles-ci partagent avec le crapaud commun (Bufo bufo) une spécificité : leurs oeufs sont couverts d'une toxine qui les protègent des appétits des poissons. Cela explique pourquoi ce sont les seuls espèces de batraciens, bien souvent, à cohabiter avec les poissons rouges et les carpes dans les bassins, les autres pontes se faisant tout simplement croquer.

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La perche soleil (Lepomis gibbosus).

 Ce poisson américain aux couleurs chatoyantes a été introduit dans de nombreuses régions du monde. Chez nous, il met en péril les écosystèmes de certaines zones humides de par son appétit et son adaptabilité. Dans son milieu d'origine c'est un grand migrateur qui remonte les cours d'eau douce pour se reproduire.

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Les rubaniers (Sparganium sp.).

Ce sont des plantes aquatiques résistantes qui supportent des températures frôlant les -20°C. Elles se caractérisent par leurs rhizomes cylindriques et leurs fleurs particulières évoquant de drôles de pompons. Elles sont souvent utilisées dans les bassins de phytoépuration et dans la création de filtre pour piscines naturelles.

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Les tourbières et leur drainage. 

Longtemps les tourbières et les marécages ont été considérés comme des zones impropres à la vie humaine. Difficiles à cultiver, maléfiques et abritant de nombreuses maladies via les moustiques, ils ont été par endroit systématiquement asséchés par la création de drains. Aujourd'hui ils représentent moins 1% de la surface du territoire. Pourtant, ils ont bien des avantages comme celui de limiter les inondations et les sécheresses.

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De vie à trépas.

Surprise ! Dans la tourbe du bas-marais se trouve le squelette d'un jeune mouton. Celui-ci a pu être prédaté ou, plus probablement, est mort naturellement avant d'avoir été déposé ici pour le plus grand plaisir des charognards. Encore aujourd'hui les zones humides sont utilisées, hélas, comme d'écharge et dépotoir.

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Le mot de la fin.

Week-end tranquille au bord de l'eau avant d'attaquer les examens, Dieu que ça fait du bien ! Depuis le soleil est parti et il pleut à grosses gouttes, ce qui n'est pas un mal quand on voit la grise mine que tire ici la végétation. Néanmoins les nappes restent basses, 67% d'entre-elles seraient en dessous de leur seuil critique.

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mercredi 1 février 2017

Sortie dans les marais 10 (migration dans les Dombes).

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L'été est sur le point de s'en aller, les cigognes elles aussi. Nous sommes dans les Dombes dans l'Ain. Il s'agit d'un vaste ensemble de zones humides composé de marais, d'étangs et de lacs de pisciculture. C'est un des endroits où il est possible de voir le plus d'oiseaux en France et cela, même pendant l'hiver.

 

La cygogne blanche (Ciconia ciconia).

C'est l'un des plus grands échassiers d'Europe. La cigogne blanche se rencontre dans la quasi totalité de l'Eurasie et de l'Asie (on trouve une sous-espèce Européenne et une sous espèce asiatique). C'est une espèce migratrice mais il n'est pas rare de voir des dizaines d'individus rester l'hiver dans les Dombes. 

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Le pays des Dombes.

 Cet espace naturel se caractérise par ses lacs creusés de la main de l'Homme pour approvisionner une partie du royaume de France en poissons et en particulier en carpes, symboles de la royauté. C'est un espace unique où on trouve plus de 150 espèces d'oiseaux nicheurs qui y trouvent toute la nourriture dont ils ont besoin.

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L'aigrette garzette (Egretta garzetta).

Ce bel oiseau blanc s'est établie sur tous les continents du monde là où se trouve des zones humides d'eaux peu profondes. C'est là que l'aigrette chasse à l'affût les batraciens, les insectes et les petits poissons dont elle se nourrie. Parfois, elle ouvre ses ailes pour faire de l'ombre sur l'eau. Les poissons viennent s'y rafraîchir et c'est là qu'elle les saisie avec son bien effilé comme un dague, ce qui est typique des échassiers. 

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Un havre pour les libellules (Odonates).

On rencontre énormément de libellules dans les Dombes. Parmi elles ont trouve un bon nombre d'espèces protégées. Actuellement elles sont très étudiées car elles sont de formidables bio-indicateurs qui permettent de connaître la santé des milieux humides, leur évolution et le type d'actions à mener sur ceux-ci.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus).

Il s'agît ici d'un juvénile que l'on reconnaît facilement à son plumage zébré. Les adultes présentent une tête blanche ornée d'une collerette de plumes rousses et noires. C'est un oiseau bruyant qui pendant la période des amours émet des sons proches d'une clarinette. Il fait son nid tel un radeau en s'aidant de la végétation dense des étangs et des marais de faible profondeur. C'est un excellent plongeur qui peut atteindre 20 m de profondeur.

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Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus).

C'est espèce a été introduite sous le Moyen Âge dans les forêts françaises et en particulier dans celles des rois pour répondre à la grande passion des nobles de cette époque là (avec celle des perruques poudrées), à savoir la chasse. Aujourd'hui on en rencontre beaucoup, souvent issus de lâchers après avoir été élevés en captivité. Cela explique le bec tordu de cette femelle (courant en volière) peu farouche se promenant sur la route.  

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

 C'est avec plaisir que nous retrouvons ce grand échassier que nous avons pu croiser lors de notre périple en Bretagne. Lui aussi est un oiseau des marais mais couvre également les champs humides, les bords de mer, les lacs et les rivières. Son régime alimentaire est proche de celui de la cygogne bien qu'il n'appartient pas à la même famille et qu'il soit sédentaire au point de garder toujours le même site de nidification : la héronnière.

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La marsillée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia).

Voici une superbe fougère d'eau qu'il n'est pas courant de croiser. On pourrait penser au premier abords qu'il s'agît d'un trèfle ou d'une oxalis mais ses rhizomes ne trompent pas. Protégée en France, on peut la rencontrer dans les mares et les fosses où l'eau se fait stagnante. Dans certains pays, en particulier en Asie, elle est consommée. En Europe de l'Est et Centrale on l'utilise comme plante magique permettant de voir le monde invisible.

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Le ragondin (Myocastor coypus).

Dans les Marais Poitevin, on en fait de la terrine et des pâté. Ce grand rongeur est originaire d'Amérique du Nord. Échappé des élevages de fourrure, il sème le trouble dans les milieux aquatiques au point d'en rompre par endroit la fragile dynamique. Mais s'il est piégé, c'est avant tout pour les dégâts qu'il cause aux cultures.

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Le mot de la fin.

 Voilà une fin d'après midi comme je les aime, où l'on reste dans le soleil couchant à observer les oiseaux et voir les cigogne se réunir pour passer la nuit. Actuellement les Dombes sont encore glacées, et bien que l'on y trouve un bon nombre d'oiseaux, il faudra attendre le redoux du printemps voir le début de l'été pour voir arriver par nuées les grandes espèces migratrices et avec un peu de chance, quelques grues cendrées (Grus grus).

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vendredi 26 août 2016

Sortie dans les marais 9.

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Une fois de plus, nous voilà partis en visite à l'Herretang. C'est le meilleur moment de l'année pour aller observer les libellules. Sur le site plus d'une trentaine d'espèces peuvent être observer. On fait le plus souvent la différentiation entre deux types de libellules (nommées odonates), les Zygoptera et les Epiproctophora.

 

Les demoiselles (Zygoptera).

On les reconnaît à leur corps grêle et à leurs ailes fines et délicates qui sont souvent repliées au repos. Les femelles pondent leurs oeufs dans les milieux humides, généralement sur ou dans la tige des végétaux aquatiques mais aussi dans les marres ou dans les poches d'eauqui se forment dans les troncs d'arbres ou entre deux branches. Les larves qui sont aquatiques portent le joli nom de naïades, en référence aux nymphes.

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La caloptérix méditerranéen (Calopteryx haemorrhoidalis).

Cette libellule est plutôt rare chez nous car elle est inféodée aux milieux méditerranéens. On la rencontre sur les bords de rivières et dans les milieux humides. Ici il s'agît d'un mâle que l'on reconnaît à ses ailes sombres de manière uniforme. Le caloptérix méditerraen porte aussi le nom de caloptérix hémorrhoïdal en raison de sa couleur rouge et sombre évocatrice.  Actuellement elle semble menacée par l'assèchement de son milieu.

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 Le caloptéryx vierge (Calopteryx virgo).

C'est une des libellules les plus communes de France. Le mâle est de couleur bleue et verte avec des teintes métalliques et possède des ailes opaques. La femelle pour sa part est teintée de brun et de vert avec des ailles bien plus translucides. Ce caloptéryx apprécie les zones d'eaux vives où elle peut chasser d'autres insectes.

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La libellule déprimée (Libellula depressa).

Cette libellule tient son nom de sa pose au repos. En effet ses ailes ouvertes et tombantes peuvent lui donner un aspect "fatigué". La femelle présente une teinte jaune alors que le mâle est bleu clair. Cette espèce territoriale aime les eaux lentes et peu profondes mais bien ensoleillées. Les étangs et marres ont sa préférence.

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Les plantes des milieux humides.

Quelques espèces sont typiques des milieux humides et des tourbières (où souvent le sol est pauvre). Elles composent parfois les prairies dites humides ou semi-humides qui sont de véritables réservoirs à biodiversité. Il y aurait en tout et pour tout en France pas loin de 800 espèces composant cet ensemble floristique. 

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La faune.

On trouve beaucoup d'animaux typiques des zones humides mais aussi des animaux qui possèdent une grande aptitude à s'adapter à différents milieux. Les prédateurs et en particulier les insectivores y trouvent une grande quantité de nourriture. On y rencontre aussi quelques espèces chassables comme les oiseaux d'eau.

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Le mot de la fin.

Voici un rapide article sur l'Herretang que j'ai eu l'occasion de beaucoup détailler sur le blog depuis 2 ou 3 ans. C'est l'occasion pour moi de vous parler un peu des libellules qui sont nombreuses là bas mais pas des plus simples à photographier. Pour les découvrir je vous invite à emprunter le parcours qui compose cette tourbière.

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