samedi 7 juillet 2018

Sortie en montagne 19.

Chamechaude


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Une montagne, deux saisons, c'est le concept des articles à venir sur le blog. Ces dernières semaines, nous avons eu l'occasion de beaucoup randonner et de faire plusieurs sommets, certains à leur sortie des neiges, d'autres pendant la période de pleine floraison et parfois, les deux. Pour ce premier tour d'horizon des montagnes de Chartreuse, nous nous attarderons sur Chamechaude, toit de l'Isère et du massif culminant à plus de 2082 mètres d'altitudes et véritable terrain de jeu des Grenoblois en mal d'assenssion.

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Forêts mixtes et de conifères, verts alpages, pierriers ... les milieux sont diversifiés, la faune et la flore aussi.

 

Au printemps

Tout est émergeant à cette période mais les éléments restent féroces. Les névés et les dernières neiges sont encore bien présentes et nous barrent l'accés au sommet. Les sentiers subissent la fonte et nombreux sont ceux qui se retrouvent les pieds mouillés à les escalader. Les nuages montant de la vallée limitent notre visibilité. Prudence est le maître mot pour cette première grande randonnée de l'année.

 

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Le sureau rouge (Sambucus racemosa) est un arbuste typique des étages montagnards. Ces baies peuvent se consommer en gelée ou en confiture à condition de les mélanges pour moitié avec d'autres fruits rouges, au risque de voir le mélange devenir quelques peu indigeste. Il se différencie des autres sureaux de par ses fruits de couleur rouge et ses fleurs qui tirent vers le crème et qui ne forment pas d'ombelles bien régulières.

 

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Boueux les sentiers ? Ce n'est pas un hasard. Argileux, le sol reste accroché à nos semelles. Cela tient aux feuillets d'argile qui le composent et qui ont la faculté de se gorger d'eau. Quand ceux-ci arrivent au maximum de leur capacité, ils forment alors une couche compacte qui empêche l'eau de s'infiltrer, formant les ruisseaux printaniers que l'on peut couramment observer dans les alpages et qui arrivent avec force dans la vallée sous forme de torrents tumultueux qui provoquent parfois en période de forte pluies de grands dégâts.

 

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Les premières fleurs de myritiller sauvage (Vaccinium myrtillus) sortent. Dans le Pilat, cela fait plusieurs semaines qu'elles s'épanouissent et nombreux sont ceux à préparer leurs râteaux pour récolter les baies à la fin de l'été. Caractéristique des substrats acides, cette espèce se rencontre souvent en lisière des forêts de conifères, et même en sous-bois quand la lumière arrive à filtrer à travers les branchages. Ses fruits entrent dans un dessert typique des Alpes : la tarte à la myrtille mais il semblerait que les hommes ne soient pas les seuls à convoiter ce petit fruit bleu à l'instar l'escargot de bourgogne (Helix pomatia).

 

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Les scilles printanières (Scilla bifolia) se plaisent sur les pelouses qui bordent les chemins menant au sommet, les talus herbeux où elles forment des tapis bleues composés de milliers d'individus, les sous-bois et même les éboulis. Leur nom scientifique "biofolia" désigne le fait qu'elles ne possèdent que deux feuilles.

 

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Les chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) sont des corvidés curieux et très intelligents qui s'approchent souvent des promeneurs pour leur quémander un bout de leur pique-nique. Bien mal leur en prend, la nourriture humaine bien qu'appétante et facile d'accés n'est pas du tout adapté à leur organisme. Même si cela est tentant, il ne faut jamais les nourrir au risque de réduire de façon drastique leur espèrance de vie.

 

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À l'étage collinéen, les fleurs de printemps ont de puis bien longtemps fini leur cycle de floraison, cependant dès que l'on prend un peu d'altitude, on a la chance de pouvoir les voir de nouveau et de prolonger la saison. De gauche à droite : la primevère élevée (Primula eliator), le pétasite blanc (Petasites albus), le crocus printanier (Crocus vernus) et ce qui semble être une valérinae des montagnes (Valeriana montana).

 

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J'adore la primevère oreille d'ours (Primula auricula). Rustique, elle affectionne les paroies rocheuses. Typique des Alpes, sa diffusion en Angleterre a lancé la grande et populaire mode outre-manche des primevères colorées et de haut port que l'on rencontre désormais en jardinerie et qui ont pour origine cette espèce.

 

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La hêtraie-sapinière est le peuplement typique des étages inférieurs aux alpages. Elle se caractérise par un sol à tendance acide en raison de la présence des conifères, bien que la roche mère soit de nature calcaire. De nombreuses espèces floristiques lui sont inféodées mais aussi, tout un cortège fongique. Il n'y est pas rare d'y découvrir des girolles (Cantharellus cibarius) parmi les feuilles et les aiguilles.

 

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La gentiane de printemps (Gentiana verna) est une des premières plantes à fleurs de montagne à apparaître après la fonte des neiges. Elle tolèrent les sols faiblement acides et reste plutôt abondante sur les sols calcaires. C'est par les fourmis que ses graines sont dispersées, en raison de l'enveloppe riche en protéine qui l'entourent et que ces insectes récoltent pour nourrir leur colonie.

 

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Voilà que la neige nous bloque le passage. Certains bloggueurs on pu atteindre le sommet quelques jours avant le début de notre randonnée et l'ont partagé sur leurs blog. Nous pensions pouvoir faire comme eux mais hélas cette fois-ci il faudra se raviser. Nous terminons au "Champignon", un dôme de roche aux allures oniriques. Un peu plus d'une heure de marche nous sépare alors de la cime.

 

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Sur le retour nous nous dirigeons vers le Granier, un de nos objectifs de l'été. En route nous croisons un très beau pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) qui le temps de l'été quitte l'Afrique pour s'installer sous nos l'atitudes. Il fait partie des oiseaux possédant des dents subterminales dans leur bec, pour cette espèce deux très exactement. Elles lui permettent de tuer sa proie rapidement et sans prendre le risque de recevoir un mauvais coup.

 

Aux prémices de l'été

Les sentiers sont beaucoup plus fréquentés. Les épisodes pluvieux nous ont empêché de mener l'assenssion comme nous l'espérions et à plusieurs reprises, il a fallut reporter cette sortie. Mais voilà que le soleil se présente, le temps est au beau fixe. Nous terminerons cependant notre épopée sous une pluie battante, chose à la quelle nous commençons à être habitués et qui a l'avantage de nous laisser souvent seuls sur les chemins, augmentant ainsi nos chance de voir la faune sauvage vaquer à ses occupations.

 

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Le départ du sentier a bien changé, les pétasties hybrides (Petasites hybridus) ont laissé place aux renoncules à feuilles de platane (Ranunculus platanifolius) qui se différencient des renoncules à feuilles d'aconites (Ranunculus aconitifolius) de par la limbe des feuilles qui est découpée jusqu'au rachis, c'est à dire la base des folioles qui forment la feuille. C'est une espèce typique des flancs des montagnes alpines.

 

DSC04870L'aspérule odorante (Galium odoratum) forme de jolis  bosquets à l'entrée de la forêt. Séchée, elle peut être utilisée pour fabriquer des tisanes au goût de foin et de vanille, si on prend soin de la conserver à l'abris de l'humidité. Elle entre aussi dans la confection du vin de mai si précieux aux alsaciens.

 

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Le carmérisier des Alpes (Lonicera alpigena) est un chèvrefeuille aux fleurs généralement rosées aux étamines rouges et au stigmate long qui aime l'altitude. On le rencontre entre 500 et 2500 mètres en particulier en Europe de l'Est mais aussi en Chine et au Japon. En France on le trouve dans les massifs présents dans la moitié sud du pays. Comme chez presque la totalité des espèces de cette famille, ses baies colorées sont toxiques.

 

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La forêt se densifie à mesure que nous progresssons. Cultivée comme la hêtraie-jardineraie, la sapinière tend peu à peu à mesure de l'atitude et du degré d'inclinaison des pans de la montagne, à se mêler aux épicéas et aux hêtres. Le couvert végétal est composé de fougères, profitant de la litière acide pour se développer.

 

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Le sous-bois n'est pas le lieu le plus évident pour voir de la grande faune. L'obscurtié qui y règne, la densité de troncs, les couleurs et le tapis d'aiguilles qui couvrent les bruits de pas ne permettent pas toujours, même pour les plus aguerris, de sentir la présence des sangliers et autres goupils qui peuplent les lieux.

 

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Enfin, nous voilà proches de l'alpage ! Quelques merveilles se présentent à nous, comme avec cette chenille de petite tortue (Aglais urticae) amatrice des feuilles d'orties et qui a atterrie sur une pétasite hybride (Petasites hybridus), cette soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), ce polygala (Polygala sp.) ou encore cette anémone des Alpes (Pulsatilla alpina) aux fleurs blanches et aux feuilles découpées.

 

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La gentiane à feuilles étroites (Gentiana angustifolia) est une gentiane à grosse fleur bleue qui arrive avec les prémices de l'été. Elle s'établie à partir de 500 mètres d'altitude dans les éboulis et les pelouses rases calcaires et parfois, dans l'intestices des falaises. Plus l'altitude se fait élevée, plus elle laisse place à ses cousines : la gentiane des Alpes (Gentiana alpina) et la gentiane acaule (Gentiana acaulis).

 

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Le bois-joli (Daphne mezereum) est un petit daphné arbustif aux fleurs roses et parfumées. L'entièreté de la plante est toxique et sa résine est un puissamment vésicante, ce qui insiste à ne pas ramasser les rameaux de cette plante qui est protégées dans de nombreux massifs en raison de sa raréfaction.

 

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Le raisin des ours (Arctostaphylos uva-ursi) est de la familles des myrtilles et des bruyères : les éricacées. Cet arbuste résiste au climat rude par sa forme de buisson et son port légèrement rampant. Les premières traces écrites de son usage médicinal remontent au 13e siècle. Ses feuilles sont utilisées traditionnellement dans presque tout l'hémisphère nord comme herbe à fumer. Les fruits entrent dans la composition de confitures.

 

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En montagne le temps change très rapidement. Les sentiers se plongent dans le brouillard ce qui invite à la prudence. Chaque année, elle se fait le tombeau d'intrépides qui, trop souvent, oublient que les étroits chemins ne sont pas des parcours de course. Dégât sur la flore, dérangement de la faune, blessures et drames, il est peut être temps de penser la montagne autrement et de ramener un peu de sacralité dans la manière de l'aborder.

 

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À une heure de marche du sommet, nous tombons sur une multitude de plantes à fleurs, certaines nous sont que peu connues. De gauche à droite : le rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) encore en boutons, une giroflée (Erysimum sp.), ce qui semble être un alysson et ma préférée de toutes, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), bien nommée rose de vipère, griffe de lion ou encore herbe aux fous.

 

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La mésange noire (Periparus ater) est la plus petite des mésanges du territoire français. Insectivore, elle se tourne vers les pignes des conifères à l'hiver venu pour se nourrir. Bien que de petit gabarit, elle pond 8 à 10 oeufs dans un nid composé de mousse et qui parfois a du mal à contenir tout les oisillons.

 

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Nous voilà à la Folatière, que l'on nomme également le Champignon. Cet élément géologique un brin particulier est un point de repère dans ce dédale végétal et peut s'observer depuis le sommet du Charmant Som qui lui fait face. C'est de là que partent les sentiers pour parcourir les flancs de Chamechaude. 

 

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L'orchis  sureau (Dactylorhiza  sambucina) est une orchidée qui peut présenter des fleurs jaune ou violette. Cette espèce est commune à l'étage sub-alpin et débute sa floraison dès le mois de mai, et peut l'étendre à la période de juin selon les altitudes. Si elle se caractérise par sa très forte présence dans le Massif Central, elle est aussi commune dans une moindre mesure dans les Alpes et les autres massifs français.

 

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Les chamois (Rupicapra rupicapra) sont de sortie et entament leur mue annuelle. Au début de l'été, il n'y a pas encore grande foule même si les marcheurs commencent à être nombreux et hélas, oublient trop à mon goût une des règles de base en montagne : discrétion et respect vis-à-vis de la faune. Pour le moment ces capridés sauvages partagent l'alpage avec les marmottes qui sont affairées à reconstituer la litières de leur terrier. 

 

Au sommet de l'Isère

Nous atteignons notre but. Gravir le sommet est beaucoup moins dur que je le pensais. Les pâturages cèdent la place un piérier calcaire blanc où des espèces à fleurs rares nous émerveillent. Le paysage est spectaculaire mais bien vite caché par les nuages, ce qui donne une atmosphère mystique au lieu. Une ascension à la fin de l'été est de ce fait programmée pour nous permettre de prendre le temps d'observer l'Isère depuis son sommet.

 

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Les fleurs du silène acaule (Silene acaulis) pointent le bout de leur nez. Constitués en coussins denses et ras, leur forme leur permet de limiter la déperdition de chaleur, d'être soumis aux vents forts, d'être trop broutés et de faire face aux basses températures. C'est un formidable exemple de l'incroyable ingionisité de la nature et de l'adaptabilité dont le vivant fait preuve pour résister aux éléments.

 

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Autre merveille, la dryade à huit pétales (Dryas octopetala). C'est une plante dite arctico-alpine, c'est à dire une espèce dont la science n'a pas encore réussie à déterminer si l'origine est alpienne ou arctique. L'importance de ce travail résulte entre autre, dans le fait qu'il permet de comprendre l'évolution du vivant et surtout, comment les espèces migrent en fonction des variations de climats, ce qui pourrait permettre de prévoir les réactions et comportements de notre biosphère face à la grande crise climatique qui anime notre planète.

 

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En voilà du paysage. Au loin Grenoble se dresse, à la confluence des massifs de Belledone, de la Chartreuse et du Vercors ce qui légitime son nom de ville porte des Alpes. Les monts de Chartreuses sont calcaires et présentent d'incroyables falaises qui donnent l'impression de sortir d'un coup d'un seul des entrailles de la Terre. 

 

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Enfin, le sommet. La croix culmine à 20082 mètres d'altitude, loin des 1326 mètres de col de porte d'où nous sommes partis. Au bord de l'arrête, plongée dans la brume sur la crête rocheuses, je ne suis pas des plus rassurée mais je ne suis pas seule. Le charme du lieu nous invite à l'exploration, avec prudence, de la flore des falaises qui détonne par rapport à tout ce que nous avions pu voir jusqu'à présent. Bien sûre, les dryades à huit pétales sont toujours bien présentes, au point de verdir de leurs feuilles les bords du sentier.

 

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Surprise, un vulcain (Vanessa atalanta) prend la pause au bord du vide. C'est une espèce migratrice hormis dans le sud de l'Europe où les populations passent l'année sur place. À l'instar de la chenille de petite tortue (Aglais urticae), ses larves se nourrissent comme chez de nombreux papillons des feuilles d'orties.

 

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Chasse aux fossiles ! Le gel, la pluie et le temps érodent la roche, fendent les blocs les plus massifs et font apparaître les vestiges de temps immémoriaux. Huîtres et coquilles en tout genre abondent dans les éboulis qui couvrent une bonne partie du sommet et il suffit de se baisser pour en ramasser. Récemment, un fossile d'une nouvelle espèce de reptile marin a été découvert, signe que la région n'a pas fini de livrer tous ses secrets.

 

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Voici quelques espèces typiques du sommet : l'accenteur alpin (Prunella collaris), un oiseau de petite taille qui a conquit tous les massifs de l'Eurasie, une renoncule m'étant inconnue (Ranunculus), la célèbre linaire des Alpes (Linaria alpina subsp. alpina) que je n'avais pas vu depuis très longtemps et la renoncule de Séguier (Ranunculus seguieri) qui ne pousse pas en dessous de 1800 mètres d'altitude.

 

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Ayant le vertige, la petite grimpette à l'aide du câble pour atteindre le sommet fût une épreuve pour moi, mais rien d'insurmontable ou même de dangereux pour ceux qui sont plus à l'aise. Peu à peu je ne crains plus d'emprunter ce type d'itinéraire et sans pour autant en être guérie, je m'aventure de plus en plus haut sur les sentiers de montagne, parfois à fleur de roche pour la plus grande joie de mon palpitant.

Chamechaude présente de merveilleux itinéraires pour les amoureux de faune, de flore et de beaux paysages. Très fréquentée l'éte, notre prochaine montée ne s'effectura pas avant la fin de l'été, quand les marmottes s'apprêtent à s'endormir profondément dans leur terrier et les chamois à redescendre sur des altitudes leur étant plus favorables pour trouver leur nourriture au coeur de l'hiver.

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lundi 7 mai 2018

Sortie en montagne 18.

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Le massif du Ventoux est une terre de sorcières. Il s'en dégage une atmosphère étrange, presque mystique, où les amoureux des pierres et des plantes se retrouvent pour marcher sur les rochers blancs des crêtes. Lavande vraie et lavandin ont valu aux territoire du sud de la montagne leur réputation de terres de parfums avec la multiplication des distilleries. Il faudra encore attendre pour voir les champs se couvrir de violet.

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Nous sommes pour l'occasion dans le village de Sault, réunis tous ensembles dans la maison familiale. Les lieux sont encore calmes en cette période. C'est parfait pour s'adonner à la vadrouille entre les rues étroites. Certains passages présentent de hauts murs remarquables, sur lesquels on retrouve l'empreinte en négatif de fossiles d'amonites, la roche mère locale étant composée de calcaire urgonien hautement fossilifère, chose commune à la plupart des pends du massif du Ventoux, en particulier au sud de celui-ci où de nombreux amateurs s'adonnent à la chasse aux vestiges du passé, quand le sud du pays était encore une mer tropicale.

Et puis il y a les champs alentours, les bordures de routes, les chemins qui s'enfoncent dans la forêt et qui donnent l'occasions de faire des belles découvertes avec la flore locale et atypique de ce petit bout de Provence.

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Dans le jardin, pousse la gagée des champs (Gagea villosa). Adepte des sols sablonneux et pierreux, on la trouve dans une grande partie de la France même si elle semble préférer le sud-est. Cosmopolite, on la rencontre aussi en Europe centrale, en Afrique septentrionale et en Asie, en particulier à l'ouest.

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Le muscari à grappes (Muscari neglectum) est une espèce commune en France qui se satisfait d'une grande variabilité de milieux, pour un peu qu'il ait à disposition un sol plutôt pauvre, peu soumis à l'humidité et qui est de nature basique. Il est courant dans les vignobles, sur les talus ensoleillés et dans les champs, en particulier ceux de fauches soumis de temps à autre au pâturage, en particulier à celui des bovins.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum) est un orchidée précoce, typique du sud de la France mais qui tend à remonter le long de la vallée du Rhône avec les importants changements de températures que nous connaissons actuellement. C'est une plante robuste, qui présente une rosette composée de feuilles vertes, luisantes et épaisses d'où émerge un bouton florale rose. 

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C'est dans les milieux secs calcaires, en particulier de garrigue, qu'on la rencontre mais elle se plaît aussi sur les pelouses sèches et les talus ensoleillés. 

Dans le cortège des espèces propres à ce milieu ont retrouve une faune variée, composée en partie de reptiles mal-aimés mais au combien précieux pour l'équilibre écologique mais aussi, une fonge surprenante où il n'est pas rare de voir apparaître sous les pins à l'automne le lactaire sanguin (Lactarius sanguifluus).

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Toujours dans le jardin, on rencontre aussi la pézize du cèdre (Geopora sumneriana). On ne la remarque pas facilement au premier abords, celle-ci n'émergeant du sol qu'à maturité en formant une petite cavité. Inféodée aux sols calcaires, elle se rencontre aussi sous les ifs. Piètre comestible, elle est toxique voire mortelle si consommée cru comme la plupart des champignons de son ordre, celui des Pezizales dans le quel on trouve les morilles.

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L'herbe s'est couverte de petites fleurs blanches, elles forment un beau tapis devant l'entrée, encadrant nos pas. La période de floraison est courte, bientôt les chaleurs de la fin du printemps viendront mettre fin à cette orgie de pétales colorés dans la pelouse et dans les champs de fauche tardive qui se coloreront de doré.

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En attendant, les pruneliers sauvages (Prunus spinosa) et les érables champêtre (Acer campestre) continus de fleurir. Chez ces deux espèces aux floraisons bien différentes, les feuilles arrivent plus tardivement. Chez les érables, la pollinisation se fait bien souvent par les insectes comme on peut le voir sur la photographie mais certains, dont le très invasif Acer negundo, se servent du vent et de leur pollen léger pour assurer la fécondation.

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Et puis il y a la plus belle de toutes, celle que j'adore et qui pousse dans le couvert forestier, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), une plante aux milles noms dont ceux de patte de griffon, de griffe de lion, d'herbe aux fous ou de rose de serpents (mon préféré). Des noms qui font frémir le badaud et danser la sorcière. Elle était utilisée par les grecs pour soigner la folie et en occident plus généralement, et jusqu'il y a peu, comme purgatif de dernier recours, la plante étant hautement toxique. Sa floraison précoce, son aspect singulier et sa grande taille ne la font pas passer inaperçue dans les sous-bois, quand tout tarde alors à verdir.

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En voilà une autre de plante de magicien. L'hépatite trilobée (Anemone hepatica) tient son nom de la théorie des signatures, concept issu du Bas Moyen Âge et qui réside dans l'idée que les plantes, animaux et minéraux soignent les organes humains auxquels ils ressemblent. De ce fait, les feuilles de cette anémone ressemblant au foie, on en a fait usage pour soigner cet organe, la nommant au passage "hepatica" : qui a rapport au foie.

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La mise en jambe en forêt terminée, nous voilà partis à l'assaut du Mont Ventoux. Quelle épopée, je suis bien rouillée, et l'ascenssion ne s'est pas fait sans difficulté. Cependant, nous voilà arrivés au sommet. La flore est encore timide et pour cause, quelques reliquats de neige habilles le mont. Ils sont, depuis une semaine ou deux, partis avec le soleil rayonnant que nous avons eu.

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Peu avant notre montée, nous avons pu observer les troupeaux de brebis pâturer les champs de lavandes, en contre-bas dans la vallée. Il semblerait de peu à peu les pratiques agricoles locales évolues vers une retour aux traditions plus respectueux de l'environnement.

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Surprise au détour d'un virage, au milieu de la route, un couple de becs-croisés des sapins (Loxia curvirostra). L'arrivée d'un cycliste dissipera les amoureux dans les arbres, monsieur laissant sa femelle seule pour la prise photo. Grise et verte, elle se différencie du mâle qui est paré sur son plumage d'un rouge chatoyant.

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Autre merveille dans cette montagne, le pin à crochets (Pinus uncinata). Il tient son nom des écailles de ses pommes qui présentent pointe recourbée en leur centre. D'ordinaire haut de 20 à 30 mètres, les vents puissants qui balaient les crêtes du Ventoux transforme ce conifère en arbuste buissonnant au port parfois étalé.

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L' ibéris des Rochers (Iberis saxalatis) commence à fleurir. Sa morphologie compacte, avec des feuilles étroites et grasses, lui permettent de résister au froid polaire qui règne ici. Protégé dans certains territoires, il ne se rencontre presque que dans les massifs du sud du pays.

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Habitué à pousser à même la roche, il possède un enracinement profond et solide qui lui permet, même en cas d'éboulis, de rester fixé. Sa faible taille (rarement plus de 10 cm), lui permet de faire face aux éléments, tel au vent et au manteau neigeux. Sa floraison blanche s'étale d'avril à fin juin et peut sur les plateaux alpins d'altitude, à plus de 2500 mètres, se terminer vers la mi-août. 

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Le verdier d'Europe (Chloris chloris) arpente aussi les coteaux du Ventoux, en particulier ceux composés de forêts mixtes. Le mâle aborde des couleurs criardes, oscillant entre le jaune et le vert olive. Ce granivore se rencontre parfois dans les champs après les moissons pour becter les graines tombées au sol.

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Le temps en montagne est plus que changeant. Une marche de quelques heures sous le ciel bleu se transforme rapidement en traversée des nuages en une poignée de minutes. Une fraîcheur bienvenue après avoir rougit sous les coups du soleil mordant et la réverbération des roches blanches qui composent le sommet.

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Malgré la neige, le terrain reste idéal pour herboriser. Genévrier couché, pousses de pavot artique (Papaver radicatum) ou épicéa nain, c'est tout autant de plantes atypiques et qui changent des paysages de Chartreuse et de la vallée du Rhône. Pas de prélévement sur place, les espèces et le milieu sont strictement protégés. 

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Retour en plaine, avec pour l'occasion une virée dans la ville de Carpentras. C'est jour de marché, les étales sont pleines avec bien souvent, des produits régionaux. Fleurs, asperges, morilles ou oignons, il y en a pour tous les goûts. Le porte monnaie se fait cependant plus sage.

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On ne peut ignorer les fraises de Carpentras. Labellisés, les fruits de cette appellation regroupe trois espèces cultivées, la plus connue étant la gariguette. De grande qualité, les fraises sont employées pour la consommation courante et pour la confiserie de haut standing. D'avril à mai, les champs approvisionne une grande partie du marché français, si on se penche un temps soit peu sur des produitsde bonne qualité. 

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Les rues se parent de couleurs. Dans les paniers, des produits qui nous sont parfois très familiers. Morilles coniques, verveine séchée, asperges sauvages ou encore fraise des bois, tout autant de plantes et de champignons que nous récoltons dans la nature ou le jardin dès que les beaux jours arrivent. 

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L'asperge sauvages (Asparagus acutifolius) se récolte très tôt, dès fin février ou début mars dans les Calanques mais devient trop drues à partir de mai pour être consommée. Très prisée, sa récolte est réglementée. Aimant les milieux secs, rocheux et ensoleillés, elle se reconnaît à ses feuilles épineuses et sa tige ligneuse.

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Changement de décor, nous voilà dans le Colorado provençal. Ces anciennes carrières d'ocres sont ouvertes au public et sont sillonnées de nombreux sentiers. Outre la faune remarquable avec ses oiseaux colorés, on tombe sur une flore atypique qui à l'avantage de nous dépayser le temps d'un après-midi de randonnée.

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Le narcisse d'Asso (Narcissus assoanus) est une petite fleur jaune aux feuilles fines qui se parsème en de grands tapis. Il aime les collines calcaires au climat méditerranéen mais se croise aussi en moyen montagne.

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Sa corolle jaune portée par sa tige grêle attire les insectes, ce qui permet à sa fleur d'être pollinisée, on parle alors de reproduction entomogame. Appelé aussi petite jonquille, sa cueillette est réglementée dans de nombreux départements. Dans d'autres, il est soumis à protection. Il partage souvent les zones rocailleuses avec quelques orchidées comme l'ophrys brun ou l'orchis de Provence mais aussi, avec le muscari en grappes (Muscari neglectum).

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La consoude tubéreuse (Symphytum tuberosum) peut présenter des fleurs jaunes ou roses. Dans le Colorado, on le trouve au pied des carrières, là où les drains servant à charrier et nettoyer l'argile se répande désormais en ruisseaux. Très mellifère, on peut parfois observer des fourmis se nourrir du nectar des fleurs.

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L'amélanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis), appelé amalenquièr ou amalenca en provençal, est un arbuste de la garrigue qui produit des fruits bleutés/violacés comestibles et très appréciés, aussi bien des oiseaux que des enfants. Il compose de manière traditionnelle le jardin des simples des maisons curiales du sud. De petite taille, maximum 3 mètres, il est peu exigeant pour peu qu'il ait du soleil ainsi qu'un sol calcaire et chaud. C'est en sirop, en confiture ou même en alcool que l'on consomme le plus couramment les baies de cet arbuste.

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Le circuit s'engoufre dans les taillis de bruyères et de fougères aigles (Pteridium aquilinum). Dans une ouverture sous les pins sylvestres (Pinus sylvestris),  se dressent de nombreux cairns. Ceux-ci sont présents un peu partout dans le monde, que cela soit sur les sites aux reliefs montagneux ou dans les bas-marais, les déserts et les plaines. Employés pour montrer un passage à emprunter, ils ont aussi pour fonction d'indiquer des lieux de sépultures, marqués par des événements historiques, mystiques ou tout simplement pour laisser une trace de soi et de sa traversée. Tradition vivace, leur usage n'a pas évolué depuis le néolithique.

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L'extraction de l'ocre a prit fin en 1992. Les sables dont on la tire tiennent leurs teintes, oscillant du blancs, le jaune, le vert et le rouge, de composés en partie d'éléments ferrugineux et de micas, issus de sables marins du temps où la région était submergée par l'océan, en particulier pendant la période géologique de l'aptien.

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Sur le retour, une bellr surprise nous attend sur un talus à l'entrée du village. Une cinquantaine de tulipes sylvestres (Tulipa sylvestris subsp. sylvestris) poussent à quelques mètres de la route. Cette espèce aux pétales d'un joli jaune vif est bio-indicatrice des milieux non traités, gage de bonnes pratiques agricoles.

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Voilà une semaine bien remplie. Dans la cuisine, ça n'arrête pas, et dans le jardin on fait peau neuve. La haie redevient propice à l'accueil de la faune en gardant un aspect paysager, les ronces ont été réduites à un petit lopin afin de rendre accessible les arbres du verger et les nombreux tas de bois vont faire office de refuge aux alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), de petits crapauds qui ponctuent de leurs chants les nuits de la maison.

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jeudi 12 avril 2018

Sortie en montagne 17.

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En avril, on se fait les mollets. Nous voilà partis dans la Loire pour les sommets du mont Pilat, donnant une vue superbe sur la vallée viennoise. Nous débutons par les trois Crêtes, là où l'herbe se fait rase et où le spartier à tiges de jonc (Spartium junceum) est roi, au milieu des tapis de raisins d'ours (Arctostaphylos uva-ursi).

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Les arbres subissent de très fortes pressions. Gel, vent, neige et soleil de plomb, il leur faut tenir bon. Les pins sylvestres (Pinus sylvestris) sont les champions dans cet exercice. Ils sont les tous derniers à tenir bon face aux conditions avant que le milieu ne s'ouvre et se couvre d'arbrisseaux et de plantes rases.

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Pour reprendre le slogan de Terre Vivante : à plusieurs, c'est meilleur. Nous voilà donc quatre à arpenter les sentiers. La neige est tombée quelques jours avant notre passage et ne semble pas vouloir partir. Cela ne dérange pas les lapins de garenne (Oryctolagus cuniculus) qui ont laissé de nombreuses crottes entre les rochers de granite, à proximité des plaques de lichens et les herbes jaunies qu'ils viennent grignoter.

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Deux sommets. À gauche, on trouve la base militaire de la Crête de l'Oeillon, photographié ici depuis le col de l'Oeillon. À droite, l'émetteur du Pilat, perché à 1361 mètres et qui couvre une grande partie de la Loire, du Rhône et une plus moindre de l'Isère. Il est à ce titre, l'un des plus puissant émetteurs télévisuel, radio et téléphonie du pays, du haut de sa tour de 80 mètres qui s'observe même depuis les vignobles de Côte-Rotie !

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Nous sommes freinés dans notre entreprise. Le manteau neigeux est épais et surtout inattendu. Nous ne sommes pas équipés pour nous y aventurer. Reste alors à profiter du paysage en regardant les vallées alentours, que nous surplombons à presque 1400 mètres d'altitude. Le vent battant nous fait bien vite quitter notre observatoire.

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Voici notre récompense en rentrant à la maison, après une bonne randonnée, un délicieux liégeois à la Jasserie (établissement à la forte renommée locale qui tir son nom de son architecture typique du haut Pilat), et une super soirée chez nos amis, autour d'un verre de vin. Le Pilat est plein de ressources, nous avons pu l'expérimenter à travers la récolte des girolles et des cèpes, la pratique de la transhumance aou encore, la rando. Prochaine étape, partir à la récolte des baies sauvages, toujours dans le respect de la réglementation du parc régional. Myrtilles, fraises des bois ou framboises, les confitures seront nombreuses cet automne, pour peu que les cueillettes soient bonnes. Reste alors à s'initier à la fabrication de la sapinette. Déjà le planning se replit, avec un calendrier strict en fonction des saisons pour ne pas louper le coche !

samedi 28 octobre 2017

Sortie en montagne 16.

DSC01979Évasion dans la Loire et plus particulièrement dans le massif du Pilat, pour une ascension forestière vers les sommets. Loin du brouhaha de la ville, la fraîcheur des arbres et l'envie de se faire une bonne fricassée de champignons nous ont poussé à nous perdre en auto parmi les forêts sombres de conifères. Le dépaysement est complet, loin des arrêtes rocheuses de la Méditerranée et des verts sommets de la Chartreuse que nous aimons tant. Les étroits chemins caillouteux nous mènent vers de sombres fourrés.

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Les genêts ne sont plus en fleurs depuis un moment mais forment de jolis bosquets verdoyant le long du chemin.

Après nous être engagés sur les chemins forestiers dans notre petite auto, nous voilà partis vers l'ascension du sommet, sans savoir vraiment où nous nous trouvions. Sans pour autant nous perdre, nous aimons prendre plaisir à partir à l'aventure en laissant libre court à notre imagination et à nos pieds quand nous sommes en forêt.

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Surprise, pendant notre marche nous tombons sur une très belle poussée de girolles (Cantharellus cibarius). Entre les pierres du chemin, elles se frayent un chemin jusqu'à notre panier, laissant ainsi voir la force dont les champignons peuvent faire preuve, certaines poussant ou ayant déplacées d'imposants blocs de roches.

DSC01998Après une bonne toilette pour les débarasser de leur terre, elles finiront en omelette avec quelques oignons.

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En montagne, c'est encore la saison des petits fruits. Baies d'églantier (Rosa sp.), de busserole (Arctostaphylos uva-ursi) et de framboisiers sauvages (Rubus ideas) régalent nos yeux et parfois nos estomacs. Quelques fleurs comme celle de la grande berce (Heracleum sphondylium) viennent compléter le tableau.

DSC02004Le lieu est très riche en naturalité, c'est à dire qu'il possède un caractère sauvage de par les éléments qui le compose. Fourrés denses de ronces, éboulements de pierres, terriers, bois mort et troncs sur pied (que l'on nomme chandelles) font partis du décor. C'est un lieu privilégié pour écouter et voir la faune mais aussi, pour se sentir immergé dans cet espace remarquable. Si le mal de la civilisation prend le promeneur, il lui est possible de voir au loin les grandes villes et usines de la Loire. Ici les pics se sont donnés à coeur joie.

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Quelques bolets ligériens (de la la Loire).

Arrivés sur le sommet, nous pouvons voir que la forêt laisse place à une végétation beaucoup plus rase qui fait le bonheur des moutons et des callunes. Le vent souffle sans discontinuer et le ciel est gris-bleuté ce qui est bienvenu car bien que l'air soit frais, nous suons à grosses gouttes après avoir affronté des montés escarpées.

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Quelques arbres se maintiennent sur le col. Vieux, petits et parfois tortueux, leur condition reflètent la force des éléments qui parcours ce milieu et face aux quels les plantes doivent faire face. Cela donne des groupement et des biotopes très particuliers que l'on ne peut rencontrer qu'après avoir usé de ses mollets.

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dimanche 12 février 2017

Sortie en montagne 15.

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 Au début de l'hiver nous avons eu la chance de partir tout un après midi visiter un bout du Jura en passant par la Savoie. Ce jour là le froid était plutôt mordant et une large mer de nuage couvrait une partie des collines alentours. Et pourtant, la journée fût radieuse. Les forêts de conifères contrastaient étonnement bien avec les quelques boulots blancs perdu dans le boisement. Depuis, une épaisse couche de neige a recouvert les arbres.

 

Boisement et végétation des couloirs de coupe.

Les coupes en montagne laissent parfois de vilaines traces dans la forêt. Le sol à nu s'érrode facilement et il n'est pas rare d'y observer des glissements de terrain importants. Depuis quelques années, les zones défrichées sont replantées avec de jeunes arbres ou ensemencées avec  des graminées (Poacées) qui ont la capacité de retenir la terre. Certaines espèces peuvent retenir entre 0,5 et 1,5 m³ avec leur système racinaire.

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Les molènes (Verbascum).

Il existe une multitude d'espèces de molènes qui ont tous la capacité de se développer très vite. On les appel souvent bouillon blanc, ce qui est un tort car seul Verbascum thapsus peut prétendre à ce titre. Les molènes formes des fleurs colorées sur de grandes hampes florales. Ils peuvent produire plusieurs milliers de graines.

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L'héllébore fétide (Helleborus foetidus).

Elle porte également le nom de mords-cheval car on l'utilisait autrefois sur les animaux qui, ayant trop consommés d'herbe à la sortie de l'hiver, se retrouvaient avec des poches de gaz dans l'estomac ce qui peut leur être mortel. On attachait alors un bout de la plante à une ficelle puis on la faisait ingurgiter à la bête. Cette entreprise avait pour but de le faire vomir et ainsi libérer les gaz. Puis on tirait la corde pour éviter l'intoxication.

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Le chevreuil (Capreolus capreolus).

Bonne surprise ! En week-end dans la maison familiale, nous avons pu voir depuis mon ancienne chambre de petite fille quatre chevreuils brouter tranquillement dans la brume. Nous avons toujours beaucoup de chance de voir au cour de l'hiver et de l'été plusieurs de ces cervidés s'aventurer dans le jardin. 

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

Toujours dans le jardin de famille, nous avons pu aussi observer ce pic épeiche affairé à chercher des larves dans les fruitiers vieillissants de l'ancien verger et dans les piquets fatigués de la clôture du voisin. La présence d'un carré rouge à la base du crâne indique qu'il s'agît du mal, la femelle ayant une calotte toute noire.

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La Cascade du Grenand.

En passant par la Savoie nous faisons un petit détour par la Cascade du Grenand, sur la commune de La Bridoire. Ce torrent fait un lacé de 6 kilomètres de long avant de se jeter dans le Guier. C'est un cour d'eau que j'ai eu la chance, il y a quelques années, de découvrir à travers le canyonisme et ses nombreuses chutes d'eau.

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Le plafond nuageux.

 En général en montagne on définit comme plafond un couche épaisse de nuage qui couvre entièrement le ciel et qui donne l'impression d'être extrêmement basse. Une fois que l'on s'éléve un peu, en montant par les petites routes du Jura par exemple, on peut l'observer de par le dessus et voir jusqu'où elle s'étend.

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Le mot de la fin.

 La neige n'est pas encore là mais l'atmosphère est hivernale. Le brouillard et le froid matinal, additionnés à quelques gelées, donnent un charme tout particulier aux montagnes et aux grands pins pectinés qui dégivrent dès qu'un rayon de soleil fait son apparition. Nous ne reviendrons pas de si tôt dans le Jura, les examens approchants, néanmoins nous aurons l'occasion de passer encore quelques jours du côté de la Chartreuse.

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mercredi 17 août 2016

Sortie en montagne 14.

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 Petite virée en montagne au Cirque de Saint Même. Nous sommes partis à la recherche de la source du Guiers Vif, une rivière rapide d'eau fraîche qui sépare en partie la Savoie et l'Isère. Nous avons eu la chance de nous y rendre l'an dernier un peu plus tard dans la saison (juste ici). Nous avons pu y découvrir de nouvelles espèces végétales en fleurs et quelques oiseaux colorés grâce au temps pluvieux et à le bruine qui nous entourait.

 

L'érine des Alpes (Erinus alpinus).

Elle porte aussi le joli nom de mandoline des Alpes. On ne l'a rencontre que dans les zones montagneuses de l'ouest et du centre de l'Europe, ce qui en fait une plane endémique. Elle forme de gros buissons gazonnants sur les sols et les roches calcaires. Ressemblant à une primevère, elle appartient cependant aux plantaginacées.

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La grasette des Alpes (Pinguicula alpina).

 C'est une plante carnivore des tourbières alpines (présente aussi dans les zones humides de montagne), dont les feuilles sont couvertes de "glue" et de sucs digestifs sur lesquelles les insectes viennent se piéger puis sont peu à peu digérés. Elle produit une grande fleur blanche unique. Assez rare, elle n'est pas protégée en France.

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La véronique à feuilles d'ortie (Veronica urticifolia).

On la trouve souvent sur les sols calcaires et ombragés, à tendance humide. Plante de montagne, elle pousse entre 1000 et 2000 mètres d'altittude et sa floraison s'étale de juin à août. Ses feuilles ressemblent quelques peu à celles de l'ortie d'où son nom mais n'en on pas les propriétés urticantes. Elle produit des fleurs hermaphrodites.

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

Cette orchidée sauvage fleurit très tôt dans l'été et souvent, à la fin du printemps quand les conditions lui permettent. On la reconnaît au labelle de la fleur qui est très trilobé chez cette espèce bien que la facilité qu'ont les orchidées à se croiser ne simplifie que rarement les identifications. Comme la plupart des orchidées et des plantes citées dans cet article, elle aime les sols calcaires. C'est une espèce dite eurosiberienne.

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À la recherche des orchidées de chartreuse.

Nous sommes partis avec un très bon couple d'amis (dont vous pouvez voir les superbes clichés ICI) à la recherche des orchidées de Chartreuse. Nous avons pu voir quelques beaux spécimens comme cette céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra) à droite ou cet orcis à deux feuilles (Platanthera biofolia). À savoir, il existe plus du'une soixantaine d'orchidées dans le parc de Chartreuse sans compter les nombreux hybrides.

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La pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia).

C'est une plante rare qui possède un fonctionnement proche de celui des orchidées, à savoir des mycorhizes (association symbiotique entre une plante et des champignons). C'est une plante médicinale qui est très utilisée en Chine malgré sa rareté et pour cause, elle possède des propriétésanti-biotiques importantes contre certains bacilles qui sont dangereux pour l'Homme. Elle est aussi utilisée pour bien d'autres troubles de l'organisme. 

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Les cascades du cirque de Saint Même.

 J'ai déjà eu l'an dernier l'occasion de vous parler un peu des cascades qui traversent le cirque de Saint Même et qui forment le Guiers vif, court d'eau impétueux qui sépare la Savoie et l'Isère et que les contrebandiers avaient plaisirs à traverser pour semer leurs poursuivants. De la grotte on peut en voir jaillir la source dont l'eau n'est qu'à quelques degrés celsius. Elle a parcouru plusieurs kilomètres sous terre avant de voir à nouveau le ciel.

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Le sentier des cascades.

Les quatre cascades majeurs du cirque se sont formées dans des roches urgiennes, c'est à dire une pierre sédimentaire du crétacé. Elles sont très présentes dans le parc et sont réputées pour leur solidité. On les employait dans la construction de maisons. C'est dans ces mêmes roches qu'il y a peu un fossile exceptionnel d'une nouvelle espèce de reptile marin de grande taille a été découvert dans le coeur de la Chartreuse.

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Le mot de la fin.

C'est un plaisir de retourner chaque année dans ce lieu somme toute assez impressionnant observer les oiseaux et découvrir de nouvelles espèces de plantes endémiques, rares et/ou typiques des Alpes et des forêts calcaires de nos montagnes. Pas de soleil en vu mais un épais brouillard proche de nos têtes que l'on nomme en montagne "plafond" et qui je trouve, porte plutôt bien son nom. Pour le prochaine article nous repartirons pour l'Herretang.

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lundi 15 février 2016

Sortie en montagne 13.

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N'est-il pas beau, ce sommet enneigé du mont Ventoux ? Été comme hiver il est d'une blancheur immaculée. Quand les rayons du soleil se feront abondants et chauds, la neige laissera rapidement place à de la caillasse tout aussi blanche. On y trouve une flore rare et de nombreuses espèces uniques en France.

 

Le Cynips de la galle ronde du chêne (Andricus kollari).

Ce cynips est un tout petit insecte de la famille des Cynipidae. Il est un lointains cousin des guêpes, des fourmis et des abeilles. Les femelles pondent leurs oeufs sur les rameaux du chêne pédonculé (Quercus robur). L'arbre va produire pour se protéger des tissus qui vont entourer le corps étranger et vont former une "noix de galle". Les larves vont s'en nourrir jusqu'à s'en extirper en perforant la paroi. Ces galles ne sont pas dangereuses pour l'arbre.

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La campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides).

 Cette grande campanule est très présente dans toute la partie Est de la France. On la rencontre dans les friches, les champs, les jardins, les forêts, les bords de route etc. Elle a été pendant un temps utilisée comme légume dans les potagers car ses tubercules et ses jeunes feuilles cuites à l'eau sont comestibles sans pour autant être très bons. C'est désormais dans les jardins qu'elle est cultivée pour sa beauté et ses dimensions.

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Le pavot cornu (Glaucium flavum).

 Ses feuilles sont très reconnaissables mais c'est surtout grâce aux longues cosses de ses fruits que l'on peut avec certitude le reconnaître. Ici sur la commune de Sault elle pousse un peu près à la hauteur maximale qu'on lui connaît : 800m. Elle est très présente dans le midi et le long des côtes françaises. Sa floraison se fait normalement entre février et juillet mais cette année elle est en avance comme pour de nombreuses plantes.

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La famille des trèfles (Trifolium).

 Les trèfles appartiennent aux fabacées. Ils vivent en symbiose avec des bactéries qui fixent l'azote au niveau de leurs racines. On rencontre de nombreuses espèces de trèfles comme le trèfle des prés (Trifolium pratense) présent sur les deux premières photographies ou le trèfle blanc/rampant (Trifolium repens) visible en dessous. Ils sont cultivés pour redynamiser les sols et comme fourrages pour de nombreuses espèces animales.

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La scabieuse à trois étamines (Scabiosa triandra).

 En voilà une autre à la floraison détraquée. D'ordinaire cette scabieuse fleurie de juillet à octobre. Celle-ci début décembre était encore bien ouverte. On la rencontre surtout dans le Sud-Est de la France dans les zones très ensoleillées et plutôt exposées à des températures chaudes, même sur un court laps de temps.

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Le silène enflé (Silene vulgaris).

 Il porte ce nom en raison des calices des fleurs bombés et nervurés. Les enfants les utilisent comme claques doigts en fermant l'extrémité ouverte d'une main et en écrassant de l'autre le ballon ainsi formé. Les jeunes pousses sont parfois récoltées pour être cuisinées crues ou cuites à l'eau pour leur goût de petit pois.

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La centaurée jacée (Centaurea jacea).

 Elle porte aussi le drôle nom de "tête de moineau". On la rencontre un peu partout en France dans les champs, les près et dans les milieux plus ou moins frais. Elle s'étant du Sud de l'Europe au Nord de la Sibérie. Elle est récoltée pour les structures pharmaceutiques pour les propriétés médicinales qu'on lui prête.

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Le Gaillet gratteron (Galium aparine).

 Pour le reconnaître il faut se fier à ses tiges carrées, aux petits fleurs blanches à quatre pétales, aux graines qui s'accrochent aux poils et aux feuilles se terminant par un léger crochet. On l'utilisait enfant comme "balle adhésive" en formant avec les tiges une boule qui s'accroche aux vêtements et aux cheveux. Les pousses sont parfois consommées en salade ou en soupe et parfois, comme traitement pour la peau en médecine populaire.

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L'absinthe (Artemisia absinthium).

 Nommée aussi armoise ou herbe sainte, elle est intimement liée à l'histoire des hommes. C'est une plante médicinale utilisée autrefois pour les maux d'estomac, les règles, les fatigues etc. Elle est surtout connue pour son utilisation dans la célèbre absinthe, alcool du même nom qui en France était très apprécié à l'époque des romantiques. Dans l'emploie médicamenteux comme dans l'alcool, elle s'avère toxique et dangereuse. Certains auteurs comme Charles Baudelaire s'en enivrait et la nommait "la fée verte", lui prêtant les traits d'une muse.

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Les églantiers sauvages (Rosa sp).

 On confond trop souvent l'églantier (Rosa canina) avec les autres espèces de rosiers qui pousse de manière naturelle en France. Bien qu'il soit très courant, il se différencie des autres espèces par la forme de ses feuilles, la couleur des pétales ou la taile des fruits. Néanmoins la distinction est rarement simple à faire.

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Le pin à crochet (Pinus uncinata).

 Très abondant au mont Ventoux, il résiste très bien au froid, à la neige mais aussi aux vents violents et aux fortes chaleurs. Pour certains botanistes il est une espèce à part entière mais pour d'autre il s'agît d'une sous-espèce du pin de montagne (Pinus mugo), ce qui entraîne parfois de vifs débats. On l'emploi pour reboiser les zones déforestées ou pour les industries gourmandes en bois, en particulier dans la construction de charpentes.

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L'étude des lichens : la lichénologie.

 Les lichens sont l'heureux mariage entre un champignon et une micro algue (pour simplifier les choses). La naissance d'un individu viable et fécond se nomme une lichénisation. La lichénologie se penche sur les phénomènes liés à l'apparition des lichens, des espèces découvertes et à découvrir, à leur symbiose, de la manière dont elles s'adaptent à travers le monde et à l'identification des champignons et algues les composants.

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Pelouses sèches de la vallée du Ventoux.

 C'est un milieu bien particulier où l'on rencontre des espèces rares. On parle de pelouse sèche quand on fait face à une zone composée d'herbes rases composées de graminées et de petites herbacées. Ce type de végétation se rencontre de manière ponctuelle au Ventoux en raison des forts vents dépassants parfois les 250km/h, du sol qui est très drainant, pauvre en substrat et en éléments, des pluies faibles et aux fortes variations de chaleurs.

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Les fruits de montagnes.

En montange on rencontre de nombreusesbaies qui peuvent aussi bien nourrir les oiseaux que les hommes. Les fruits d'aubépine (Crataegus sp.) étaient employés dans la confection de farine. Les pines de pin à crochet (Pinus uncinata) peuvent se consommer comme des pignons et les baies du genivrier commun (Juniperus communis) fait le plaisir des amateurs de choucroute. Par contre les frutis du lierre (Hedera helix) nous son toxiques.

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Le village de Sault.

 C'est une commune du Vaucluse qui culmine à 765 m d'altitude. Elle est entouré du haut de son piton rocheux de champs de lavande et de pâtures à moutons qui composent une partie de la vallée du Ventoux. Le climat y est rude : l'été y est sec et chaud, il n'est pas rare de voir des abondantes chutes de neiges l'hiver et le vent qui y souffle décorne un boeuf sans mal. Malgré cela, Sault reste un très beau village où il fait bon s'y promener.

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Cycle d'une plante annuelle.

 Comme leur nom l'indique, il s'agît de plantes qui ne vivent pas plus d'une année. Parmi celles-ci on trouve par exemple le basilic, la bourrache, la marjolaine, le datura ou encore le pourprier. De leur germination à leur mort, pas plus d'un an ne s'est écoulé. Pour favoriser la survie de l'espèce, elles ont une floraison rapide, prolongée et importante pour augmenter leur reproductivité et une production de graines souvent très abondante.

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L'oothèque de la mante religieuse (Mantis religiosa).

 C'est dans l'oothèque que la femelle de la mante religieuse dépose sa ponte, soit entre 200 et 300 oeufs. Elle la produit grâce à ses valves génitales qui donnent une soie résistante durcissant à l'air libre. C'est par la bande blanche que les petites mantes sortent à l'arrivée des beaux jours, c'est à dire vers le mois de mai.

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Le sous-bois des chêneraies.

 Le Ventoux est une terre de vins mais surtout de truffes noires (Tuber melanosporum). De ce fait on croise de nombreuses chênaies plus ou moins anciennes dont certaines abritent le précieux champignon. Sur le sol de celles-ci on trouve une variété de plantes importantes et atypiques car le chêne est un arbre qui laisse filtrer facilement la lumière. Ainsi des plantes peu commnes d'ordinaire dans les bois s'y épanouissent plutôt bien.

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Le mot de la fin.

 Un très bon séjour en perspective où la gastronomie a été à la fête. En effet, au Ventoux il y a de quoi boire et manger bien et bon .... mais les mollets ne sont pas restés inactifs pour autant ! Il a fallu d'autant plus affronter de terribles rafales de vent pour admirer le paysage. Heureusement qu'au centre du village se trouve une boutique de nougat pour motiver et redonner un peu de courage aux marcheurs au nez rougit par ce vilain temps.

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samedi 14 novembre 2015

Sortie en montagne 12.

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Week-end en montagne en Savoie, quelque part entre Albertville et Bourg St Maurice, plus précisément sur la commune de Bellentre. Nous avons eu la chance de profiter d'un temps féerique fait de brume et de nuages dans un petit chalet de montagne, pas loin du téléphérique de la Vanoise (qui à l'heure actuelle est le plus grand téléphérique avec ses 1824m de long). À plus de 1500 mètres d'altitude, nous avons une belle vue sur la vallée.

 

Le sureau rouge (Sambucus racemosa).

Nommé aussi sureau des montagnes, on peut utiliser ses baies mélangées à moitié avec des fruits rouges pour confectionner des confitures ou des gelées. Il faut prendre le soin de passer les préparations au chinois pour enlever les graines car celles-ci ont toxiques. Les grappes baies de rouges attirent de nombreux oiseaux.

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Le pin des Alpes (Pinus cembra).

On le connaît plus sous le nom de pin cembro. Typique des étages montagnards, on le croise entre 1600 et 2800m d'altitude. Très résistant au froid et aux hivers rigoureux, c'est en Savoie que l'on trouve la plus grande forêt de cet arbre. Il a pendant longtemps été utilisé en montagne pour confectionner des objets de la vie quotidienne et dans l'alientation grâce à ses pignons riches en calories, chose non négligeable dans ce milieu.

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Danger dans le brouillard.

Sortir en montagne dans le brouillard est toujours dangereux, même l'été, car le terrain est escarpé, les ravins sont nombreux et les moyens pour trouver quelqu'un de perdu pas toujours efficaces face à l'imencité des forêts. Mieux vos partir avec un bon équipement, des vêtements colorés et surtout un téléphone chargé.

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Grande Cuscute (Cuscuta europaea).

C'est la toute première fois que je rencontre cette plante. Sa classification fait débat, selon les dernières publications elle appartiendrait à la même famille que les liserons : les Convovulacées. Parasite, elle se nourrie d'autres plantes comme la luzerne, la betterave, les pois ou l'ortie dioïque comme sur cette photo. 

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Le chénopoe blanc (Chenopodium album).

Cet épinard sauvage est moins connu que son cousin, le chénopode bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus), pourtant il est tout aussi bon et pousse de partout, en particulier dans les friches. Dans l'antiquité elle était très appréciée pour les hommes et les bêtes. Ses graines peuvent rester en dormance plus de 100 ans !

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L'épeire carrée (Araneus quadratus).

Cette petite araignée se reconnaît aux quatre points présents bien marqués sur son abdomen. Polymorphe, elle peut présenter une grande diversité de motifs et de couleurs. C'est une véritable tueuse qui peut attraper jusqu'à 500 insectes en une journée, débarrassant les maisons des moustiques, des taons et des mouches.

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Le Renard Futé.

Il n'en fallait pas plus pour faire chavirer mon coeur de Renarde. Le Renard Futé est un bel itinéraire de randonnée proposé par la station de ski sur la quelle nous nous trouvons et nommée Mont Chavin - Les Coches. Pendant les 2 H de promenade 7 panneaux explicatifs viennent apporter quelques explications sur la faune et la flore.

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La grenouille rousse (Rana temporaria).

D'ordinaire il ne faut pas manipuler les batraciens avec les mains, surtout quand elles ne sont pas humides, le contact produit sur leur peau est semblable à du papier de verre, mais celle-ci s'est invitée d'elle même. Les grenouilles rousses sont les batraciens s'invitant le plus haut dans nos montagnes. Dans les Alpes on peut la rencontre jusqu'à 2800 mètres d'altitude. Mâles et femelles ne partagent pas les mêmes milieux pour hiberner.

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Plantes royales et médicinales.

Voici deux plantes médicinales de montagne. À gauche une euphraise de Rostkov (Euphrasia officinalis subsp. pratensis) anciennement utilisée pour soigner la vue d'où son nom de casse-lunette. À droite une ortie royale (Galeopsis tetrahit) qui n'est pas une ortie. Elle serait utilisée pour les problèmes et les infections respiratoires et pour la reminéralisation. Elle est invasive en dehors de l'Europe, en particulier en Amérique du Nord.

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Forêt fantôme.

Ces photos de résineux dans la brume m'évoquent une forêt fantôme. L'apparition de spectres et de lieux mystérieux à toujours fasciné l'esprit collectif, que ce soit dans nos films d'horreurs, dans les romans des romantiques au 18e siècle, dans les légendes arthuriennes ou dans les récits de la nobilitas romaine.

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La montagne l'été.

L'été la montagne a un tout autre visage. La patinoire est fermée, la réserve d'eau pour les canons à neige ressemble à une mare aux canards et les télésièges font pâle figure, balancés au grès du vent au dessus du vide. Néanmoins on trouve des touristes venus comme nous profiter de la nature et des sommets.

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Les graminées changent de nom.

Désormais on ne parle plus de Graminae mais de Poaceae pour parler de cette famille qui contient de nombreuses espèces qui ne sont pas toujours facile à identifier. Parmi les 12 000 espèces classées dans familles, on trouve nos céréales dont les ancêtres nourrissaient au Crétacé certains dinosaures.

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Le chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum).

Ce panicault est extrémement rare, il ne se renconte que dans un sol riche en humus, très calcaire et frais. Depuis 1982 il est interdit dans son milieu naturel de la cueillir, de l'arracher, de le vendre et de le déplacer. La culture et la vente se font par des professionnels qui doivent fournir un certificat de production.

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La célébre edelweiss (Leontopodium nivale subsp. alpinum).

C'est LA plante des Alpes. Très protégée, des scientifiques ont depuis peu trouvé comment la cultiver. On peut désormais s'offrir un godet pour son jardin ou une bonne bouteille de cette belle fleur adaptée aux grands froids. Elle est utilisée aussi en cosmétique mais surtout comme symbole du savoir faire alpin.

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Un savoir faire qui se diversifie.

Fini la peinture sur bidon de lait et la vente de chapeau de paille, l'artisanat de montagne se diversifie. La mode des plantes et des soins naturels est en plein boum, le bio aussi. Les sols montagnards sont parfaits pour ce type de culture car encore assez vierges des pesticides, du délavement et de la culture intensive.

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Foire agricole à Bourg Saint Maurice.

C'est l'occasion de voir du bestiaux ! Tarines décorées, chèvres colorées, canards indiens, cochons gras ... il y a une grande variété d'animaux présentés. On peut caresser des lapins en semi-liberté et assister à des démonstrations de traites et de tontes. Un bon moyen de se rapproche du monde agricole. 

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Les valeurs sûres.

Le miel et la charcuterie, voilà deux produits typiques des campagnes et de la montagne et qui, sur le marcher, sont sûrs de trouver leur public, bien loin des psychoses sanitaires et alimentaires qui alimentent régulièrement les magasines et les émissions télévisuelles au risque de voir nos assiettes se vider.

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Une poule qui a du chien.

C'est le nouvel animal de compagnie à la mode. Qu'elle soit naine ou de soie, la poule et en particulier de race ancienne est à nouveau à la mode. Elle a même prit place dans les appartements, dans les jardins partagés de ville et dans les jardins des passionnées où elle est désormais collectionnée et non plus cuisinée.

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Traditionalisme.

Souvent vu comme désuètes ou démodées, les vieilles traditions tiennent encore bon, que ce soit dans la rue, dans les chorales ou dans l'assiette. Un bon exemple de tradition vivace, celle des crozets, petites pâtes savoyardes de forme carré au sarrasin qui sont cuites à l'eau puis mélangées à du beaufort.

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En parlant du Beaufort.

C'est le fromage local. Il existerait depuis plus de 2000 ans et est cité dans les textes romains. Pendant longtemps il est l'une des principales marchandises échangées dans les vallées. Sa production a été possible par la liberté qu'ont toujours possédé les paysans des Alpes vis-à-vis des pâturages alpins.

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Le mot de la fin.

Je pensais finir cet article avec une note joyeuse, puis les événements du vendredi 13 sont passés par là. Pas trop le coeur à m'étendre là dessus, j'ai mal à ma France, le morale dans les baskets et dans l'idée que nous sommes à un moment charnière de notre histoire, pour autant je garde foi dans le vivre ensemble.

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jeudi 29 octobre 2015

Sortie en montagne 11.

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 Suite de notre sortie dans les Alpes, plus précisément en Chartreuse. Après avoir tenté la monté du Granier (ICI) nous voilà partis dans la même journée pour le sommet du Pinet nommé aussi Le Truc. La monté est moins ardue et le paysage tout aussi magnifique. On a vite fait de se sentir tout petit face aux montagnes. En prime je voulais partager avec vous la vue du Mont Blanc que nous avons eu (magnifique sommet bien que brumeux).

 

L'identification compliquée des polygales (Polygala).

L'identification des polygalas c'est comme celles des ombellifères ou des russules, un vrai casse-tête. Les espèces et sous-espèces sont nombreuses et les éléments de distinctions infimes à tel points que parfois il faut un microscope. Ici il y a de fortes chances qu'il s'agisse du polygala commun (Polygala vulgaris).

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Belles fougères.

 Les conditions rudes ne font pas fuir les fougères. "En haut Asplenium viride et Polystichum lonchitis, en bas Athyrium filix femina et pour la dernière peut être...Oreopteris limbosperma" y trouvent leur bonheur. Leur résistance au froid vient de leur système racinaire qui peut s'encrer profondément dans le sol ou la rocher et des "écailles" qui protègent les frondes (jeunes pousses) et leurs souches. Merci Eric pour les identifications !

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Une inconnue au bataillon.

Voilà une plante que j'ai beaucoup aimé, pas mal photographié mais impossible de trouver son nom. Son port est très atypique et malgré ses feuilles je me suis résignée à devoir attendre pour connaître son nom. Si cette plante vous évoque une espèce, même vaguement, n'hésitez pas à me le laisser dans les commentaires.

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La potentille luisante (Potentilla nitida).

 Le plus souvent cette plante de montagne présente des fleurs rosées avec des étamines rouges ce qui m'a bien causé des peines pour l'identifier. Rase pour résister au vent, elle pousse dans les éboulis calcaires des montagnes de Alpes. En France on ne la rencontre que dans les départements de l'Isère et de la Savoie.

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 Une autre dimension.

 Malgré quelques pentes un peu costaudes, le sommet du Pinet est très facile d'accés. La balade est boisée et par endroit, nous permet de marcher à l'ombre de grandes falaises de calcaire blanc ou de bloc laissés là par les glaciers d'antan. La paysage est très différent de celui l'Alpette et du Granier je trouve.

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Salade des montagnes.

 La laitue des Alpes (Ciberbita alpina) est une grande plante à fleurs bleue. Elle peut facilement atteindre deux mètres dix. Elle ne se cantonne pas seulement aux Alpes, on peut la trouver sur la plupart des massifs français, du moment que le sol est humide, peu acide, humifère et argileux. Une exigeante en somme.

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Plaidoyer pour les arbres morts.

J'en parle souvent, mais il me semble que cela est important. Les arbres morts disparaissent rapidement dans les forêts fréquentées car ils représentent un risque pour les promeneurs et l'exloitation du bois. Pourtant ils sont essentiels à la vie. Leur abatage diminue l'habitat de nombreuses espèces animales qui disparaissent. 

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Équilibristes.

 Les arbres de montagnes sont de véritables équilibristes. Il arrive que certains d'entre eux naissent et se développent dans de minuscules crevasses ou rebords de falaises dans les quels de l'humus s'est formé. Par la suite ils vont développer des racines assez puissantes pour percer la pierre et trouver de l'eau et des nutriments.

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 L'épipactis pourpre noirâtre (Epipactis atrorubens).

 Voici une série de quelques orchidées encore en fleurs au moment de cette sortie (fin juillet). Cette épipactis est une vivace qui peut atteindre 50 centimètres. Ses fleurs dégagent une délicieuse odeur de vanille. Les populations de cette espèce fragile sont en diminution à cause de la perte de son habitat naturel.

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L'orchis tacheté (Dactylorhiza maculata).

 Alors elle, s'est un vrai casse tête pour l'identification. D'une part elle ressemble à bien d'autres orchidées du même genre (nommé aussi Dactylorhiza) mais en plus elle comporte pas moins d'une dizaine de sous-espèces parfois bien éloignées de l'espèce type et pour couronner le tout, elle adore s'hybrider avec ses cousines.

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L'orchis moucheron (Gymnadenia conopsea).

 Voici l'une des plus odorantes de nos orchidées indigènes (originaire de notre pays). Très nectarifère, elle dégage un doux parfum ce qui n'est pas toujours le cas pour les autres espèces qui parfois sentent ou ressemblent à des insectes femelles pour attirer les mâles en mal d'amour qui ainsi les pollinisent (ex : ophrys apyfera). 

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L'orchis globuleux (Traunsteinera globosa).

 C'est une orchidée typiquement montagnarde qui aime les pâtures calcaires. On peut la rencontrer dans une grandes partie du Sud de l'Europe. Elle est protégée dans la région Auvergne et dans celle de l'Alsace. Comme toutes les orchidées indigènes, sa vente et sa cueillette sont réglementées par l'annexe B du commerce.

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Listère à feuilles ovale (Neottia ovata).

Pour finir cette présentation d'orchidées en tout genre, voici la listère à feuilles ovales nommée aussi grande listère. Elle a une répartition assez large pur ne pas dire très large. On la rencontre un peu partout en Europe, en Asie de l'Ouest et du Nord et en Amérique du Nord. Elle se plaît  un peu de partout et dans tous les sols.

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Le pin à crochets (Pinus mugo subsp. uncinata).

 On croit souvent à tord que les pins ne poussent que dans les landes et le Sud de la France. Pourtant il y en a un bien de chez nous. Appelé aussi pin de Briançon, ce résineux aime les forêts de montagnes. Il est vulnérable et donc protégé sur tout le territoire mais interdit à l'export en Nouvelle-Calédonie car invasif là-bas.  

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L'aster des Alpes (Aster alpinum).

Nommée également Reine marguerite des Alpes (ça c'est la classe !) figure parmi les plantes pouvant en France pousser le plus haut, soit presque 3000 mètres d'altitude. Uniquement protégée en Franche-Comté, ses populations déclinent peu à peu. Heureusement pour elle, elle s'éponouie dans les parcs naturels où la cueillette des plantes et fleurs est interdite sauf dérogation pour certaines plantes et certaines personnes bien précises.

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Le vératre blanc (Veratrum album).

Comme vous pouvez le voir, il n'est pas toujours blanc ce qui peut compliquer sa détermination. On le confond parfois quand il n'est pas en fleurs avec la gentiane jaune (cueillette pour les liqueurs) ce qui peut s'avèrer mortel. En effet le vératre est très toxique en raison de la paralysie intestinale et respiratoire qu'il peut provoquer.

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Plongée dans les cavernes.

Quand on parle de caverne on ne peut s'empêcher de penser à la Préhistoire. Mais il ne faut pas oublier qu'elles ont été jusqu'à peu utilisées par le hommes, en particulier les bergers qui gardaient les moutons sous la pluie et l'orage. Dans certaines régions des Alpes on peut retrouver sur les parois la trace de leur passage via des petits dessins qu'ils réalisaient avec du charbon ou leur couteau pour tromper l'ennui. 

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 Panorama version XXL.

On approche du sommet, enfin ! Quelques prises de vu histoire de vous donner envie à vous aussi de faire cette chouette randonnée. La vue est superbe. Sur la première photo en haut à gauche, on peut voir en arrière plan le Mont Blanc, puis le Bassin Chambérien, puis l'Alpette avec le petit bout du Granier que nous avons exploré.

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Hélas, trois fois hélas.

 Nous arrivons un peu trop tard pour voir les dernières fleurs des rhododendrons ferrugineux (Rhododendron ferrugineum). Ils poussent de préférence dans les sols pierreux, aussi bien à l'ombre qu'en plein soleil. Il n'est pas friand du calcaire ce qui explique qu'en montagne il pousse dans des zones bien délimitées.

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Millepertuis sp.

 On vente souvent les mérite du millepertuis, on oublie souvent de rappeler que c'est une seule espèce de millepertuis, le M. perforatum qui peut être employé en usage médical. On oublie souvent aussi de dire qu'il annule les effets de la pilule où des autres traitements contre la dépression ... prudence donc dans son emploie.

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Symbiose.

 On définie la symbiose entre différentes espèces (illustrée ici par des insectes de la famille des colèoptéres sur des apiacées) comme étant une interaction de réciprocité entre elles où chaque parti/espèce tire profit de manière bénéfique de l'autresans que cela ne nuise à leur partenaire (ou alors très peu).

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Reine du sommet

Au sommet du Pinet nous rencontrons l'achillée musquée (Achillea moschata) dont nous manquons la pleine floraison de peu. Cette plante ne pousse pas en dessous de 1800 mètres d'alitute (voir rarement en dessous de 2000m). Rare et très protégée, on ne la rencontre que dans les départements de la Savoie et Haute Savoie.

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Duo gagant.

 En voilà deux qui s'accorde sur la couleur et sur la toxicité, bien que je dois reconnaître que la première, à gauche, nommée aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia) est bien plus dangereuse que celle de droite, l'euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias) qui pour autant n'est pas dénuée de dangerosité.

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L'arnica (Arnica montana).

 L'arnica des montagnes est bien connue pour l'usage qui en est fait en baume (en homéopatie ça reste encore à voir). Ses vertus ont manqué de la faire disparaître. Protégée à grande échelle, elle est menacée de disparition dans plusieurs pays européens. La cueillette est soumise à une réglementation très stricte.

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Le sommet du Pinet.

 Nous voilà au sommet du mont, à plus de 1867 mètres d'altitude. Il est possible de voir une grande partie des massifs des prés Alpes ce qui est à couper le souffle. La randonnée est franchement facile pour arriver jusqu'au plateau crevassé que forme le sommet. Celui-ci délimite le département de l'Isère et de la Savoie.

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Flore et faune des falaises.

 Les nombreuses falaises calcaires sont un lieu d'observation magnifique pour voir certaines espèces animales et végétales peu communes et propres à ce milieu. La plus emblématique de toutes est le tichodrome échelette (Tichodroma muraria) appelé aussi oiseau papillon en raison de son vol et de son beau plumage.

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Danger de montagne.

 Ces belles falaises sont aussi l'ocassion  de rappeler que cette année encore, des randonneurs sont morts ou ont été blessés par des chutes de pierres provoquées par des promeneurs indélicats marchant en dehors des sentiers ou s'amusant à jeter des cailloux. Les règles en montagne ne sont pas là pour restreindre les plaisirs mais pour garantir la sécurité de tous. Ce sont des règles de base simples à respecter :
ne pas taper dans les pierres, marcher sur le sentier, respecter les consignes de panneaux.

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360 degrès.

 Rien à ajouter, les images par d'elles mêmes pour montrer la beauté mais aussi toute la variété de paysages et de milieux que l'on peut rencontrer en montagne ce qui exlique la grande diversité d'espèces présentes sur ces territoires encore préservés de l'urbanisme (quoi qu'avec les pistes de ski ça reste à voir).

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Redescente.

 Il ne nous faudra pas plus d'une 1 heure pour redescendre (sur internet il est plutôt indiqué 2 heures et demi) et pour cause, après plusieurs heures de marche nos estomacs crient famine. Nous bouclerons notre expédition en 9 heures, en comptant les nombreux arrêts photos, les ampoules et les moments détentes dans l'herbe.

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Le machaon (Papilio machaon).

 Ce grand papillon est l'un des rares sur notre territoire à pouvoir hiberner sous forme d'imago, c'est à dire sous la forme adulte et non sous celle de chrysalide. On peut le rencontrer sur tout l'hémisphère Nord. Il se raréfie et devient de plus en plus difficile à observer. On ne sait pas très bien encore ce qui conduit à sa disparition.

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Pelle mêle.

 Voilà deux plantes que l'on pourrait penser proche au premier abord mais il en est rien. Celle qui est à gauche, l'anémone pulsatille (Pulsatilla montana), appartient à la famille des renoncules alors que celle qui est à droite, la centaurée des montagnes (Centaurea montana) appartient à la famille des astéracées.

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Camaïeu de rose.

 Pour finir il me restait quelques plantes à fleur etc. que j'avais très envie de vous présenter mais pour ne pas allonger l'aticle je vais juste les nommer. De gauche à droite et de haut en bas : rosier des Alpes (Rosa pendulina), épilobe en épi (Chamerion angustifolium)Adénostyle à feuilles d'alliaire (Adenostyles alliariae) et agaric des jachère (Agaricus arvensis) qui est un très beau champignon et comestible de surcroît.

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 Toujours de gauche à droite, la pensée à deux fleurs (Viola biflora) qui aime les substrats humides (nous l'avons photographiés à l'entrée del'une des "cavernes") et la valériane des rochers (Valeriana saxalitis) qui aime les pelouses calcaires, les rochers, les éboulis etc. Elle contient des alcaloïdes utilisés en médecine.

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Le mot de la fin.

 Bon, pas grand chose à rajouter pour conclure l'article, hormis que nous avons été conquis par cette randonnée facile. Enfin facile, pour les asmathiques comme moi la première partie jusqu'à l'Alpette peut être ardue mais une fois arrivé au plateau c'est un vrai bonheur. J'ai eu le plaisir de m'y rendre au juillet de cette année, en octobre de l'an dernier, peut être tenterons nous une sortie en avril ou mai 2017 pour profiter de la sortie des orchidées.

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mardi 13 octobre 2015

Sortie en montagne 10.

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 Voici la première partie d'une très longue ballade en montagne. Nous voilà partis pour explorer le Mont Granier, un géant de calcaire qui culmine à plus de 1933 mètres d'alttitude. C'est aussi la plus grande falaise de calcaire d'Europe mais nous y reviendront plus bas. En attendant petite visite de ce mont dont malheureusement nous n'avons pas pu atteindre le sommet. L'an prochain nous aurons à nouveau l'occasion d'en venir à bout.

 

Des conditions de vie difficiles.

 L'étage alpin est rude pour les plantes et les animaux qui s'ytrouvent. Les fortes neiges, les violentes gelées, les froids intenses et les rayons du soleil brûlants sont des plus hostiles. De ce fait les espèces animales et végétales sont souvent plus petites et plus rustiques que les espèces que l'on trouve plus bas en plaine.

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 L'oeillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius subsp. hyssopifolius).

 On le rencontre dans les montagnes jusqu'à 2000 mètres. Il porte le nom de Montpellier comme beaucoup d'autres plantes en raison de l'école botanique de Montpellier qui était au 18ème siècle un centre incontournable pour les naturalistes et botanistes. C'est là que furent identifiées de nombreuses espèces végétales.

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 On le reconnaît facillement à ses pétales très découpés (on dit qu'ils sont laciniés) qui sont au nombre de cinq. Les fleurs solitaires varies blanc au rose. Il est parfois courant dans les forêts d'altitude mais c'est surtout dans les prés secs et montagnards qu'il s'épanouit. On le croise aussi bien dans les Alpes que dans les Pyrénées.

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  Dans certains régions et département il fait l'objet d'importantes réglementations. Ainsi, il est interdit de le cueillir (ou de manière partiel) et de le dégrader en Isère, dans le Jura, dans le Limousin, dans le Lot et dans les Hautes Alpes. On le rencontre dans une vingtaine de départements français dont la Savoie.

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La plante aux milles vertus.

L'achillée millefeuille (Achillea millefolium) est une plante médicinale qui a été très longtemps utilisée pour soigner divers maux en particulier ceux liés au sens. On la beaucoup employée pendant la guerre 14-18 pour soigner les blessées et les femmes en faisait usage pendant les menstrues. Elle porte le nom de saigne-nez ou sourcils de Vénus en partie pour ces utilisations. Même néandertal en faisait usage dans sa pharmacopée si c'est pour dire.

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À couper le souffle !

 Les sentiers sont tortueux voire parfois à bord de falaise ce qui n'est pas facile pour la trouillarde que je suis. Malgré les très beaux paysages, la vue sur le Mont Blanc, les villes en contre bas comme Chapareillan et sur les pâturages de l'Alpette, le vertige que j'ai pour la toute premier fois (faut bien un début à tout) me tort l'estomac.

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 Il faut user des bras et des jambes pour escalader les blocs de calcaires qui permettent d'avoir une vue incomparable sur les alentours mais aussi pour atteindre certains points de la randonnée. Sac à dos, bonnes chaussures (pas comme moi), shorts et bouteilles d'eau sont indispensable pour ce mini périple de 9 heures.

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 J'ai pas pu résister à vous mettre une photo du passage le plus compliqué (si on peut appeler ça compliqué ...) du Granier. Elle ne paye pas de mine mais derrière on trouve plus de 100 mètres de vide, ce qui ne va pas pour me rassurer. Du coup l'exploration du Mont a prit fin ici mais ce n'est que partie remise !

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Les vaches alpines.

 Nous ne sommes pas en Inde mais sur le plateau qui se trouve au pied du Granier et qui le sépare du mont Pinet (appelé aussi le Truc ... en Savoie ils ont de l'imagination hé hé). L'herbe grasse sert de nourritures aux nombreuses vaches dont le lait sert à la fabrication de fromages de prestige comme le St Marcelin.

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L'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides).

 C'ets une grande vivace qui aime les zones fraîches, un peu humides et bien ombragées. Vénéneuse elle présente parfois un danger pour les animaux qui en consomme sèche dans le fourrage. Le latex qui s'en échappe est irritant en particulier pour les muqueuses et les yeux.EN voie interne il cause de nombreux dégâts.

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L'ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon).

 C'est un ail sauvage devenu cultivé qui n'est pas très courant à l'état sauvage. On le reconnaît souvent à ses fleurs qui forment une ombelle sphérique et dense. D'oridinaire elle est plus féodée aux prés rocailleux du Sud de l'Europe même si on le trouve sur l'ensemble du territoire hormis dans le Nord et le Pays Basque.

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Un crapaud dans le thé.

 La crapaudine des Alpes est aussi appelée thé des Alpes (Sideritis hyssopifolia). C'est une plante à l'usage ancestrale très prisée dans la région. Peu abondante et même protégée, sa cueillette est très réglementée. Cet arbrisseau est mélifère ce qu iexplique les nombreuses espèces d'insectes visitant ses fleurs pâles.

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Les incroyable déguisements des syrphes.

Cette famille regroupe un grand nombre d'insectes que nous avons souvent l'habitude d'appeler "fausses guêpes". Ce sont des insectes pacifiques et butnineurs dont les larves dévorent les pucerons. Celui de gauche est un Syrphus ribesii femelle et celui de droite est la volucelle transparente (Volucella pellucens).

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La turquoise de Sarcille (Adscita statice).

 C'est une cousine des Zygènes (dont je vous présenterai un de ces quatre quelques exemplaires des Calanques). Sa chenille adore le rumex et cause parfois des dégâts sur les plans d'oseille (qui est un rumex). Néanmoins dur d'être sûr de l'espèce, un examen complet des parties géntiales permettrait d'être sûr.

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 La gentiane jaune (Gentiane lutea).

 Avec quelques autres végétaux elle figure parmi les emblèmes des montagnes françaises. C'est une plante à la durée de vie prolongée (plus de 70 ans) qui met pas moins d'une dizaine d'anéne pour fleurir. Sa racine sert à l'élaboration de divers alcools, on la ramasse avec une fourche nommée Diable. Sa récolte est très réglementées.

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Le lis martagon (Lilium martagon).

 On continue encore avec les emblèmes avec le lis martagon. Devenu presque abondant dans sur certaines montagnes, il a bien faillit disparaître avec le pâturage intensif et la cueillette déraisonnée de certains. Son lien avec la vierge martyr Sainte Catherine (on le nomme parfois lis de Catherine) y serait pour quelque chose.

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 Une véronique pas comme les autres.

 La véronique en épis (Véronica spicata) est une véronique atypique par sa floraison abondante, ses poils, la petite taille de ses fleurs et sa forme d'épi. Elle est parfois confondue avec la véronique d'Allioni (Veronica allionii) dont elle se différencie par ses feuilles et son port. Elle aime les terrains calcaires ensoleillés.

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Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia).

 Lycanthropes sensibles s'abstenir car voici une tueuse de loups ! Tout comme la parisette à quatre feuilles, elle aurait était utilisée en raison de sa forte toxicité pour empoisonner les loups et les renards. Dans les comtes et légendes on attribue à cette plante le pouvoir de mettre à mort les loups-garous et autres créatures.

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 Les plantes acrobates.

 Arbres, fleurs ... nombreuses sont les plantes à jouer les acrobates à fleur de roche. Souvent elles se contente de peut de substrat. Les plus petites se contentent d'une simple corniche dans la paroi, les plus grandes et imposantes ont de puissantes racines qui perforent la roche pour aller chercher les nutriments et l'eau.

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Foisonnement de vie.

 Il y a bien des espèces à voir, ne serait-ce que les digitales à grandes fleurs (Digitalis grandiflora) qui se dressent ça et là dans le paysage. Il y a beaucoup d'animaux, il est facile d'entendre le chant des marmottes, beaucoup moins de les voir. Les chocards tournent en larges nuées et les têtards barbotent.

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 Scabieuses et autres caprifoliacées.

 Les scabieuses (Lomelosia) sont difficiles à identifier, rien que dans le secteur on compte 4 à 6 espèces très semblables. On les reconnaît à leur inflorescence hémisphérique, à leurs fleurs plus développées sur les extrémités et leur couleur. Nombreuses sont les espèces d'insectes à convoiter leur nectar et leur pollen.

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Le col de l'Alpette.

 C'est un alpage magnifique et verdoyant à toute saison hormis quand il se couvre de neige. Il devient alors un désert blanc et silencieux. Son nom a été repris par de nombreux établissements montagnards pour le gîte et/ou le couvert. Il y est parfois possible de voir des animaux en particulier des chamois au printemps.

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L'étage alpin.

 Nous quittons l'étage subalpin et l'atge alpin à la végétation peu dense pour redescendre à l'étage alpin. La forêt y reprend ses droits et des arbres hauts et touffus font leur apparition. C'est là qu'en journée les animaux et en particulier les oiseaux et la macro faune s'abritent. C'est aussi dans ce milieu que l'on trouve on groseillier sauvage, le groseillier des rochers (Ribes patraeum) que l'on trouve dans les bois rocheux et frais des montagnes.

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Une histoire de falaises.

 Ce sont les immenses falaises de calcaires qui caractérise le Granier et le rendent si impressionnant. C'est un véritable gruyère parcouru par presque 70 km de galeries et de cavernes souterraines. Celles-ci l'ont fragilisées au point qu'au 13ème siècle tout une partie de la montagne s'éffondre. On compte alors plus de 2000 mort et 5 communes sont entièrement ensevelies. Reste alors une falaise de 900 mètres de hauteur.

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Vue sur le Mont Blanc.

 Ce qui fait peut être la renommée du lieu, c'est la vue incroyable que l'on peut avoir sur le Mont Blanc les jours de beau temps. Sur la photo en bas à droite on le voit se dessine à côté des deux imposants blocs de roches qui se dressent dans l'Alpette. Souvent comme ce jour là un voile de nuages le couvre légèrement.

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Le mot de la fin.

 Voilà le premier volet de cette randonnée en Chartreuse. Elle figure parmi mes préférées car les paysages sont incroyables, le frisson garantit et les espèces végétales rares et colorées poussent souvent en bord de chemin. Reste désormais à vous présenter le Pinet avec sa vue sur les vallées et ses orchidées tardives.

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