mercredi 11 août 2021

Carnet de bord : nature et confinement saison 2.

Revoilà le confinement pour l'automne. Nous n'en sommes pas vraiment étonné. La situation est cependant toute différente pour moi. Je me trouve déormais au coeur d'une vilel dont le centre ville a des airs de village. Je suis à moins d'un kilomètre du Rhône, des champs et un j'ai un belvèdère à 30 mètres de chez moi qui surplombe un bois privé et donne sur le Mont blanc quand il fait beau. Chauqe jour, j'ai pu prendre comme au printemps une photo de chez moi ou des alentours pour documenter cette période si particulère.

Et pour comparer avec la première édition c'est par là (CLIC).

 

DSCN6320Jour 1 : Perdu dans la brume.

La brume se lève en contre-bas sur le Rhône, cachant les montagnes, les forêts du fleuve et une grande partie de la raffinerie dont seule la cheminée est visible. Je susi au fond de mon lit. J'ai l'impression que mon quotidien ne change pas, hormis les quelques rares sorties qui commençait à me faire sortir le bout de mon nez. J'aime toujours autant la nature, même plus que jamais, mais il me faut encore du temps pour me reconcillier avec le dehors et avec les gens. 6h00, un thé, un regard à la fenêtre avec ce paysage post apocalyptique et je me plonge dans mon monde virtuel.

 

DSCN6353 (2)Jour 2 : Soirée chat noir.

C'est Halloween, pas de bonbons en vue mais une soirée ordinateur en compagnie de notre chat noir, Elder, un félin au caractère bien trempé qui partage notre appartement depuis un peu plus d'un mois. Cela fait des mois, si ce n'est des années, que nous hésitons à prendre un chat. Nous souhaitions un animal avec peu de chance à l'adoption (vieux et/ou noir, et/ou hanidcapé etc.) et qui n'est pas besoin du dehors pour ne pas porter préjudice à la faune. Alors Elder.

 

DSCN6370Jour 3 : La fête aux morts.

Aujourd'hui c'est la Toussaint, pour la dernière fois avant quelques temps l'église qui fait face à notre chez nous raisonne des chants des croyants. Cela n'est pas du goût de la gendarmerie qui attend à la sortie de la messe. Nous ne nous attardons pas pour en voir les suites car nous avons bein d'autres projets : tester le périmètre d'un kilomètre et l'heure de sortie et ... remarquer que nous pouvions atteindre le Rhône ! Mais nous ne pouvons y rester plus de 20 minutes. Pas de panique, à 30 mètre de là, on belvédère nous offre une belle vue le sommet des arbres d'un parc.

 

4Jour 4 : Vue sur église.

La longue vue est postée à la fenêtre, non pas pour épier les voisins, mais pour suivre la migration dont celles des grues cendrées (Grus grus) qui commencent à passer par là. Nous nous prenons à rêver de la venue du discret tichodrome échelette (Tichodroma muraria), l'oiseau papillon, sur les murs de vieilles pierres qui nous font face. Cependant nous nous finirons par nous faire une raison, cet oiseau si rare et que nous cherchons nous ne le verrons pas de si tôt, surtout quand on sait qu'un individu adulte a été percuté il y a peu dans le département hélas.

 

5Jour 5 : Le rougequeue noir.

Une femelle de rougequeue noire (Phoenicurus ochruros) se promène sur le toi de l'église qui nous fait face. L'espèce est d'ordinaire migratrice mais tend à se sédentariser. Hélas, les individus qui font ce choix peines à trouver de quoi se nourrir pendant l'hiver car strictement insectivores. Au printemps, ils ont bien mal à faire face à leurs congènérent revenant d'Afrique, qui bien de fatigués par le long trajet qu'ils viennent de faire, se portent tout de même bien mieux et peuvent s'en mal conquérir les sites de reproduction. Ce phénomène s'applique également à d'autres espèces.

 

6Jour 6 : Traînailler à la maison.

Journée tranquille à la maison avec une sortie express hors de l'appartement, cela me laisse le temps d'admirer la belle fresque de notre tout petit immeuble. Nous avons la chance de vivre dans le village de naissance de l'Abbé Pierre et de ce fait, d'avoir ici et là des hommage à ce personnage illustre. C'est le cas avec cette peinture murale qui le met en avant dans un environnement idélique de campagne et de village rural. C'est peut être oublier un peu vite les usines en contre-bas et l'urbanisme galopant qui ne colle pas vraiment à cette image de carte postale.

 

7Jour 7 : Un aperçu de sous-bois.

J'enfile mes chaussures de randonnée et mes jumelles pour partir explorer le quartier. Objectif : 1 heure, 1 kilomètre. Dans un parc privé une belle colonie d'armillaires couleur de miel (Armillaria mellea) s'épanouisse au pied de l'arbre qu'ils parasitent. Autrefois concidérée comme comestible, l'espèce ne peut plus aujourd'hui porter cet épitète. Trop d'accidents avec des spécimens vieux ou abîmés, trop d'intollérances et d'allergies, trop de risques sur la durée ... la science nous aide à voir les dangers que certains champignons peuvent présenter.

 

8Jour 8 : Un plaisir retrouvé.

Hop, il fait beau, j'ai une heure pour aller jusqu’au champ qui se trouvent à 1 kilomètre de là et en revenir. Bingo, voilà mes poches pleines de mousserons, de délicieux champignons appelés aussi marasme des Oréades (Marasmius oreades). Hélas, trois fois hélas, le sac papier prévu à cet effet est passé par la case machie-à-laver. Pas grave, me voilà à la maison, une poêle à la main, une boîte d'oeuf dans l'autre. On se régale et je prends plaisir à me dire que si en 2020 j'ai loupé la saison des champignons, j'ai pu en profiter un petit peu à diverses occasions comme celle-ci.

 

9Jour 9 : Des oiseaux à la fenêtre.

Les passereaux se rapprochent doucement de la fenêtre qui donne sur les pins du parking de l'église. Quel plaisir de pouvoir observer depuis chez soi la mésange charbonnière (Parus major), j'avoue que cela me mets du au coeur. Roitelets, rougegorges, bergeronettes ... je suis aux aguets, appareil photo en main derrière la vitre pour les prendres dans leurs instants de vie. Je meanque encore de rapidité et il me faudra je pense quelques jours d'entrainement supplémentaires. L'inastallation d'une mangeoire devrai m'être d'une grande aide.

 

10Jour 10 : Elections américaines.

Ce n'est ni Trump ni Biden qui nous rend visite, mais la punaise américaine du pin (Leptoglossus occidentalis). Depuis quelques jours les insectes essayent de rentrer chez nous. C'est le cas de cette punaise tout droit venue des USA via la commerce internationnal et qui, collée à la fenêtre, prend la chaleur. Cette espèce exotique se nourrissant des cônes de conifères et de leurs graines en lsuçant la sève et les autres éléments qui s'y trouvent grace à son rostre. Innofensive, elle dégage une odeur de résineux. Son impact écologique n'est pas encore connu.

Et puis .... et puis cette fois-ci je ne suis pas allée plus loin que le jour 10. Je suis même restée assez longtemps sans écrire. Peut être suis-je lassée de vivre ce deuxième confinement, peut être est-ce mes nouveaux projets ou les tracas de la vraie vie qui m'ont fait quitter le clavier. Dans tous les cas j'ai retrouvé l'envie  de partager mon quotifien, notament depuis que je peux à nouveau sortir de ce 1 kilomètre si contraignant. Depuis nous avons connu le couvre-feu à 18 heures, puis à 20 heures, le chat est mort, je suis toujours en arrêt, et nous sommes sur le point de connaître un 3e confinement mais de nombreux et beaux projets se profilent, de quoi relativiser !

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De la fenêtre, c'est la nature ordinaire qui se présente à nous. Les tourterelles turques (Streptopelia decaocto) aiment se poser sur les antennes des voisins. Les corneilles noires (Corvus corone) et le choucas des tours (Coloeus monedula) aussi qui passent de temps à autres. Quand le Rhône est embrumé, ils passent le matin et le soir au dessus de l'apaprtement pour quitter ou rejoindre leur dortoir. Nous avons pu en un seul passage en compter plus de 3000 oiseaux au dessus de notre tête en une heure ! Ce spectacle était incroyable.

DSCN6395Nous avons découvert que nous pouvions en une heure et un kilomètre, en passant par l'Île Tabard, atteindre les rives du Rhône en pressant un peu le pas. Il ne s'agit pas vraiment d'une île mais d'anciens casiers de rétention des sédiements.

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Avec le temps, le fleuve et son débit ont fini par les combler et le niveau de l'eau a baissé. Le vieux Rhône n'est plus utilisé pour la navigation, et cela au profit du canal creusé de l'autre côté de l'Île de la Table Ronde. Il s'est depuis un peu ensauvagé mais l'augmentation de la fréquentation, le débit faible l'été en raison des températures et du barage en amont ainsi que la qualité des eaux ne premettent pas à la faune et à la flore de s'installer de façon pérenne. Néanmoins, il est toujours possible de voir quelques oiseaux migrateurs rares passer par là pour passer la nuit.

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Surprise, sur un vieux peuplier noir (Populus nigra) qui a cédé face aux éléments, un jeune amadouvier (Fomes fomentarius) prend doucement ses aises. Champignon allume feu, il est bien connu des survivalistes car il permet aussi de garder une braise en vie plusieurs heures et de la transporter aisément. C'est à partir de cette espèce qu'il est possible de développer du cuire végétal pour faire des sacs ou des semelles, mais aussi des serviettes hygièniques réutilisables. Jusqu'à peu, il était aussi utilisé comme pensement contre les saignements.

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Ma mycologie est rouillée. Voilà un inconnu que je n'ai pas reconnu, et pour qui je dois avouer ne pas en avoir pris assez le temps. Odeur de farine, chapeau rouille, base bulbeuse, absence de cortine, tâches ocres sur le pied et les lamelles ... je continue de chercher qui est ce bel inconnu poussant au pied des arbres.

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Le renouée du Japon (Reynoutria japonica) a prit possession d'une partie des rives. Contrairement à ce que certains auteurs amateurs peuvent écrire, elle ne pousse pas spécifiquement sur les secteurs pollués mais aussi dans les milieux humides et/ou perturbés par la force de l'eau. Sous ses feuilles et sont ombre, rien ne pousse et peut d'animaux trouvent de quoi s'abriter et encore moins de se nourrir. Classée espèce exotique envahissante, elle pose problème vis-à-vis de la biodiversité mais aussi du bon état des rives et des sols.

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En remontant pour rejoindre notre appartement dans le centre-ville, nous tombons sur un joli peuplement de cyclamens de Naples (Cyclamen hederifolium). Ils sont aussi appellés cyclamens à feuilles de lierre en raison de la forme de leurs feuilles. Très adaptable, l'espèce se rencontre un peu partout en France dans une grande variabilité de milieux, aussi bien forestiers que rocailleux ou montagnards.

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Toujours sur le bas-côté, d'une bordure ensauvagée qui commence à se boiser, nous trouvons aussi un pied de laurier des bois (Daphne laureola). En raison de sa petite taille ains ique de sa floraison précoce et verte, il passe souvent innaperçu. Il est aussi parfois confondu avec les hellébores et les euphorbes, de familles botaniques éloignées mais ayant également des fleurs vertes et comportant des espèces forestières.

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Même les murs sont colonisés par la végétation. La glycine (Wisteria) et la ruine de Rome (Cymbalaria muralis) aux jolies fleurs violettes ont pris place sur une façade décrépie. À elles seules, elles composent de micro-écosystèmes qui comportent à leur échelle leurs prédateurs, leurs herbivores et leurs parasites.

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Quelques jours plus tard, je prends la direction du vieux lavoir qui se trouve ne contrebas du village. Pour se faire, j'emprunte un chemin un peu secret, qui serpente entre les murs de grandes et vieilles propriétés qui jadis étaient des fermes alimentant la ville de Lyon. Si les cultures ne sont plus, il reste encore bien du végétal à explorer ici, l où les sapins, les pins et les pariétaires prennent place parmi les pierres et les vestiges du temps.

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Au pied des divers érables (Acer sp.), une grande troupe d'armillaires couleur de miel (Armillaria mellea) s'épanouie. Parasite, le champignon est connu aussi sous le nom de pourriture blanche des arbres. Comestible, il est recommandé de ne consommer que les très jeunes exemplaires bien cuits voire de préférence blanchies. Il ne convient pas à tous les estomacs et les personnes ayant des soucis rénaux sont invités à l'éviter.

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Nous voilà au bassin. Au milieu de l'hiver nous espérons y voir quelques tritons. Pour l'heure, seule une grenouille verte (Pelophylax sp.) a élu domicile dans la vase. En arrière plan, le château de la série de Louis la Brocante. C'est là que toutes les scènes en extérieur ont été filmées. Désormais, il n'est plus qu'un lieu de vie pour de nombreuses familles au pied du quel pousse de la grande chélidoine (Chelidonium majus).

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 Et puis, et puis je n'ai pas continué à écrire - et cela pendant longtemps. Je ne m'en cache pas, j'ai vécu ces derniers mois des évènements et une période relativement difficile, mais ça va beaucoup mieux. J'ai quitté mon emploi à la LPO, je bosse tout l'été au bords de l'eau et j'attaque un CDI en septembre. Mon aventure au sein du Collectif Mycorhizes est passionnante et j'ai énormément de projets à vous présenter ! Bref tout s'annonce au beau fixe, je manque juste de temps pour me remettre à l'écriture - on se retrouve très vite !

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vendredi 2 octobre 2020

Sortie en campagne 17 : identifier les criquets.

DSCN5444Les pelouses sont complétement grillées. Il y aurai de quoi s'inquiéter mais ce n'est pas complétement anormale pour la saison, hormis que cela arrive bien plus tôt que d'ordinaire. Ce jour là, c'est dans les herbes dorées que nous posons nos sacs. L'objectif de la journée : identifier les criquets de la campagne dans laquelle nous nous trouvons, celle d'Irigny. Boîte loupe et guide de détermination en main, nous nous lançons à la chasse aux orthoptères. Il faut à la fois être vivace pour saisir les insectes mais aussi délicats pour ne pas briser leurs pattes fragiles et ne pas froisser leurs fines ailes. Par chance, le soleil n'est pas trop fort et nous arrivons à trouver un peu de frais. Le travail entâmé, nous nous aperçeverons que nous ne serons pas trop de trois pour nous lancer dans les identifications. Pour nous aider, nous utilisons le "Cahier d'dentification des orthoptères de France, Belgique, Luxembourg et Suisse" de Yoan et Eric Sardet (pau en 2015). Pour les espèces, elles peuvent être toutes retrouvées ICI.

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Les Orthoptères :

Les orthoptères (Orthoptera) sont un ordre qui regroupe le sous-ordre des Caelifères (Caelifera) qui comporte les criquets, et le sous-ordre des Ensifères (Ensifera) à laquelle se rattachent les grillons et les sauterelles. Dans le monde on compte 22 000 espèces et sous-espèces d'ortohptères dont 220 sont présentes en France. Pour notre identification nous nous sommes concentrées sur les criquets et les sauterelles.

DSCN5443Reconnaître les criquets :

Ils se reconnaissent à leurs antennes courtes, souvent épaisses et multiarticulées, c'est à dire composées de plusieurs ségements. Ils vont se montrer aussi bien solitaires que grégaires, chacun de ces deux comportements pouvant transformer morphologiquement l'insecte (forme, couleur, taille des ailes etc.). Les mâles chantent pour défendre un territoire et attirer les femelles. Ces dernières peuvent à leur tour répondre de manière sonore pour indiquer aux mâles qu'elles acceptent l'accouplement. Question régime alimentaire, toutes les espèces de criquets sont phytophages, c'est à dire se nourrissant de végétaux.

DSCN5422Reconnaître les sauterelles :

Elles se reconnaissent à leurs antennes fines et aussi longues ou plus longues que leur corps. De moeurs solitaires, seuls les mâles chantent pour appeler les femelles à la saison de reproduction. Pour cela, ils utilisent leurs élytres (ailes rigides protégeant les ailes de vol) l'une contre l'autre, là où les criquets pour stritueller (verbe tiré du chant des orthoptères, la stridulation) vont plutôt utiliser leurs fémurs de leurs pattes arrières en les frottant sur leurs élytres pour produire un son. Les sauterelles sont omnivores, avec un penchant plus marqué pour les protéines animales. Certains criquets peuvent devenir leur proie.

DSCN5452Reconnaître les mantes religieuses :

Les mantes religieuses ne font pas parties de l'ordre des orthoptères mais de celui des Mantoptères (Mantodea) et de la famille des Mantidées (Mantidae). Elles se reconnaissent à leurs pattes avant pliées. Applées ravisseuses, elles leur permettent d'attraper leurs proies qu'elles saisient le plus souvent quand celles-ci sont en plein vol. Patientes, elles chassent en affût, dans la végétation. Selon le milieu où elles vivent elles peuvent être vertes, brunes, orangées et parfois même légérement violacées. Cette espèce fait partie des 8 présentes sur le territoire français et des 2500 que l'on trouve dans le monde.

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Première étape : la capture.

Hop nous voilà partis à attrapper les criquets. Les herbes hautes, les lisières, les bords de ruisseaux ou les fondsassèchés des rivières sont autant d'endroits où il est possible de les trouver. Nous nous concentrons ce jour là sur une parcelle n friche qui n'est plus en culture depuis 2017 et qui est attenante à la forêt du fort. Elle figure d'ecotone, une zone riche en biodiversité car à la confluence de deux milieux naturels différents.

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Le Criquet blafard (Euchorthippus elegantulus) :

C'est le premier sur lequel nous mettons la main. L'espèce se caractérise par sa couleur beige même s'il exite une grande variabilité entre individus, certains tirants sur le brun ou le vert. Nous tombons essentiellement sur des femelles que nou reconnaissons à la loupe. Pour avoir tous les critères de reconnaissance de l'espèce c'est par ICI. De taille moyenne, entre 14 et 26 mm, on le trouve de mai à novembre dans les milieux herbeux, de préférences chauds et bien exposé, jusqu'aux limites de l'étage montagnard (1500 m d'altitude).

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Le Caloptène italien (Calliptamus italicus) :

C'est l'une des espèces les plus communes en France. Ce criquet brun et massif possède de jolies ailes rouges protégées par des élytres mouchetées de noir. Les mâles mesures 15 à 23 mm tandis que les femelles, bien plus grandes, sont comprises entre 23 et 34 mm. S'adaptant à une grande variété d'haitats, il aime particulièrement la chaleur. Il n'est pas simple à attrapper mais le grand nombre d'individu permet de faire quelques jolies prises. Là aussi, nous ne trouvons que des femelles, reconnaissables à l'absence du pallium saillant, un organe présent chez les mâles à l'arrière de l'abdomen. Elles sont aussi démunies de cerques en forme de pince.

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Sa colorie lui permet aisément de se dissimuler dans la végétation. En cas de danger il déploie ses ailes colorées et d'un bond peut s'envoler à l'autre bout de la parcelle. La couleur vive couplée au saut vif eut entraîner chez certains prédateurs un état de surprise pendant un quart de seconde, laissant alors le temps au criquet de s'échapper. Hélas cela ne marche pas à tous les coups, en particulier quand il s'agit des pettis rapaces à l'affût.

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Les prédateurs des criquets :

Ce jour là nous en croiserons quelques uns. Mantes, rapaces, passereaux, lézards, échassiers, araignées ... la liste est longue comme mon bras. Néanmoins en cette fin de saison ils sont moins nombreux, certains ne s'attaquant qu'aux larves tandis que d'autres sont déjà partis en migration. Reste alors les gros insectes et les vertébrés qui sont décidés à passer l'hiver ici. En voici trois que j'aime tout particulièrement.

DSCN5426 (2)Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) :

Deux juvéniles sont posés sur le câble éléctrique qui nous surplombe. Souhaitons leur bonne chance car nombreux sont les jeunes rapaces à ne pas passer la première année. Même si l'espèce favorise les petites rongeurs comme les campagnoles et les mulots, elle ne dédaigne pas se rabattre sur d'autres proies comme des oiseaux, des lézards ou de gros insectes dont font partis les orthopthères. La capture se fait le plus souvent au sol parmi les herbes. Les criquets sont directement capturés au bec. L'entièreté de l'insecte est consommé à l'exception des aileset des parties dures.

DSCN5475Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus) :

Ce superbe faisan de Colchide est issu d'un lâché d'élevage. Les belles couleurs de son plumage sont un critère de selection dans le cadre des chasses. Personnelement je suis assez opposée à cette pratique. Si les adultes sont plutôt granivores, ils ne dédaignent pas se nourrir de temps à autre de gros invertébrés. Les jeunes vont essentiellement se nourrir d'insectes dont de jeunes criquets qui sont alors peu habilles au vol et saut. Ces proies faciles apportent toutes les protéines dont ont besoin les faisandeaux, les petits du faisan. Sur la zone agricole nous avons pu en suivre.

DSCN5436La mante religieuse (Mantis religoiosa) :

C'est une redoutable prédatrice qui est capable d'attrapper des insectes aussi gros qu'elle. Pour se faire elle les saisie avec ces pattes avant, les ravisseuses qu'elle tient replié le reste du temps comme si elle priait, d'où son nom de religieuse. On l'appelle aussi parfois tigre des herbes pour faire référence à son ppétit et à sa capacité à se fondre dans le décors pour attraper ses proies à l'affût. Ce jour là nous ne trouvons que des femelles à l'abdomen gonflé d'oeufs. Elles les pondront très prochainement dans une oothèque. Il s'agit une coque organique que fabriques également les blattes.

Les mantes sont des animaux très fragiles et particulièrement bien adaptés à leur environnement ce qui les rend parfois un peu dur à trouver, surtout quand elles sont immobiles. Il est préférable de ne les manipuler qu'avec une grande délicatesse pour ne pas abimer leur abdomen ou froisser leurs ailes délicates.

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C'est toujours pour moi un émerveillement de tomber sur des mantes, que ce soit il y a deux ans au pet du loup, à la fin de l'été avec les mantes cachées dans les cagettes de légumes du marcher ou rentrant par la fenêtre ou en promenade. Cela me rappel à mes souvenirs de vendange, les ballade dans les Callanques ou encore, de wwoofing où les empuses avaient été une véritable découverte pour moi et m'avait provoqué une vive émotion.

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Avec les pluies et les gelées, les femelles et les mâles ayant survécus aux amours ne tarderont pas à mourir. En effet la mante est connue pour vivre un peu moins d'une année et les mâles, pour servir de nourriture à leurs belles pendant ou après les ébats amoureux. Dans les faits, 1/3 à 2/3 des reproducteurs arrivent à survivre en s'échappant ou en choisissant de s'accoupler à une femelle ayant déjà le ventre bien plein. Ouf !

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L'automne est vraiment là ! Kiwis, courges, potimarrons, raisins, mures et pommes, les cultures sont remplies de fruits et de légumes de fin de saison. Attirants plus la convoitise des humains que des animaux, ils sont protégés par de hauts grillages pour éviter toute forme de pillages. Arriver le matin devant un rang entièrement vidé pendant la nuit reste quelque chose de profondément démoralisant et d'injuste quand on pense au travail investi.

Désormais je me troune vers une autre identification, celle des champignons ! D'ailleurs je serai dans l'équipe organisatrice du grand forum Mycodrium destiné à la nature, aux champignons, à la gastronomie et à l'agro-écologie. Vous pourrez en retrouver toutes les conférences et sorties sur youtube sur la chaîne Ver de Terre Production le 9 octobre (ICI), le 10 octobre (ICI) et le 11 octobre (ICI) - bon visionnage !!!

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dimanche 26 avril 2020

Sortie en campagne 13.

DSCN0028Plateau agricole d'Irigny dans le sud rhodanien. L'hiver est sur sa fin. Déjà des pointes vertes ici et là se dessinent dans les grands alignements de peupliers, et si la terre labourée reste nue, il n'en est pas même sur les abords des chemins colorés par les herbes jaunes et brunes. Le ciel est magnifique mais annonce aussi l'arrivée de la pluie, d'ailleurs nous n'y manquons pas et prenons sur la fin de notre excursion une averse glacée. Ce n'est pas grave, nous avons pu voir ce que nous voulions et nous émerveiller devant les oiseaux tels que le bruant zizi (Emberiza cirlus), l'un des premiers à chanter de la saison, mais aussi de belles plantes sauvages qui fleuriront d'ici quelques semaines. Ce pendant, on trouve ici bien d'autres espèces. Cerisiers, pommiers, poiriers, tomates, courges, pommes de terre et salades, le plateau est une terre maraîchère dont les étendues se coloreront au printemps des fleurs des fruitiers qui composent les nombreux vergers des la commune reconnaissables à leurs filets paragrêles.

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Lutter contre la grêle est une nécessitée pour les exploitants. En averse, la récolte de l'année peut être détruite. L'an dernier, les poires et les abricots ont été peu abondants, la faute à ce caprice climatique. Pour en revenir aux filets, ils ne sont étendus qu'une partie de l'année. La récolte finie, ils sont sagement repliés sur les tuteurs avant d'être dépliés l'année suivante. Entre temps les arbres sont taillés pour donner les plus beaux fruits.

DSCN00177 bergeronettes grises (Motacilla alba) parcourent un champ où quelques herbes commencent à s'intaller. Graines oubliées, petits vers et mouches cherchant le soleil, leur menu est varié. Ce sont de beaux oiseaux, sautillants aux plumes de la queue toujours agîtées. Inféodés aux milieux humides, on les rencontre également dans les cultures. Pour la nidification, elle se fait dans une anfractuosité rocheuse. 2 à 3 couvées peuvent s'y tenir.

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Dans une haie, les orites à longue queue (Aegithalos caudatus) sont à la recherche de nourriture. Longtemps appelées mésanges à longue queue, elles portent aujourd'hui celui d'ortie, la génétique ayant tranchée. Tête blanche, sourcil et ailes noires, flancs roses et petit bec gris, elles sont aisées à déterminer. C'est une des rares orites / mésanges à nicher non pas dans une cavité mais dans dans un buisson ou dans le lierre.

DSCN0322Dans le ciel, passe une buse variable (Buteo buteo), comme l'atteste la silhouette massive, les rémiges bien écartées, le V blanc sur la poitrine et le bec jaune. C'est une espèce qui a besoin d'espaces forestiers pour nicher et qui va tirer profit des champs et des prés pour chasser les rongeurs et à l'occasion, les reptiles et petits oiseaux de passage. Commune mais farouche, elle est difficile à approcher, même quand elle est dans les airs.

DSCN0511Une fumeterre pousse au pied des serres. Faute de photos détaillées, je ne suis pas en mesure de l'identifier. Peut être s'agit-il de la fumeterre officinal (Fumaria officinalis), aux pédoncules dressés et sépales petits et étroits.

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Cela ne se remarque pas, mais cette espèce appartient à la famille des Papaveraceae, au même titre que les coquelicots et les pavots. Appelée officinale, cette fumeterre était employée pour ses propriétés stimulantes, en raison de la fumarine contenue dans la plante qui à diverses doses peut se montrer toxique voire curarisante, c'est à dire qu'à l'instar du curare il détend les muscles dont le muscle cardiaque, prudence donc dans sa maniuplation.

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Voilà un oiseau que j'adore, le corbeau freux (Corvus frugilegus). Grande silhouette noir et bec gris fort, c'est une espèce ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variabilité de milieux et de régimes alimentaires. De mauvaise réputation et associé à la mort du fait de sa fréquentation opportuniste par le passé des charniers et des décharges, il n'en reste pas un animal essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

DSCN0331Les corbeaux ne sont pas seuls. Un troupe de choucas des tours (Coloeus monedula) s'est jointe à eux. Ces petits corvidés ce nourrissent dans les milieux ouverts comme les champs et les prairies. Ils nichent et passent la nuit de préférence sur des points élevés au-dessus du sol comme les falaises, les constructions humaines et les grands arbres du moment qu'ils possèdent des cavités permettant d'installer un nid et une couvée.

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Passage par la ferme. Les bergers allemands Mambo et James sont attentifs. Oreilles dressées mais regards doux, ce sont de paisibles gardiens fidèles à leur territoire. C'est une race apparue du côté de l'Allemagne comme le laisse entendre son nom, même si elle est officiellement enregistrée sous celui de Deutscher Schäferhund. La mode de l'hypertype conduit de plus en plus ces chiens à avoir des problèmes de santé importants.

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Les salades d'hiver entament tranquillement leur croissance. Laitues et feuilles de chênes sont les stars des étales sur les marchés. Protégées du froid qui pourraient les faire cloquer, il est nécessaire de les arroser de temps à autre pour leur permettre de prendre de belles dimensions. Le sol argileux devient alors extrêmement collant, tâchant de rouge nos chaussures de randonnées plus habituées aux rives du Rhône et aux sommets.

DSCN0011Il ne s'aurait y avoir uniquement des plantes cultivées sur les parcelles. La cardère sauvage (Dipsacus fullonum) y trouve toute sa place. On la nomme cabaret des oiseaux en raison de ses graines qui attirent de nombreux petits passereaux comme le chardonneret mais aussi, qui viennent boire l'eau que ses feuilles (appelée bain de Vénus), retiennent même au coeur de l'été. Cette eau était utilisée par les romaines comme soin de la peau.

Il n'y a pas plus à dire, la pluie se met à tomber et nous avons un grand duc à visiter. Nous en profitons tout de même pour jeter un regard en direction des Alpes qui se dessinent, et qui semblent à la fois si proches et si lointaines. Les beaux jours on peut même y apercevoir le Mont Blanc dans son habit de neige. Bientôt les pommiers et les cerisiers seront en fleurs, et le paysage sera alors bien différent.

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