samedi 21 mars 2020

La LPO au rythme de l'Hiver.

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Quoi de neuf à la LPO Rhône ? Beaucoup de choses ! L'hiver a été bien remplit, en particulier le mois de janvier.

Les comptages LPO à Miribel Jonage

Tout commence en début d'année avec le comptage des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) au dortoir. Nous participons à celui de Miribel Jonage. Pas moins de 500 individus y passent la nuit. Les effectifs sont stables. J'ai toujours pris plaisir à les voir au fil des mois pêcher les poissons chats. Une étude réalisée dans le secteur et sur appuie des rejections des cormorans montre que leur régime alimentaire se compose de 85 à 95% de ses poissons, de quoi changer le regard de ceux qui les accusent un peu trop vite de prédater les ombres et les gardons. Espérons que les tirs administratifs autorisant le prélèvement de 100 individus dans le Rhône ne conduisent pas à l'effondrement de cette population encore fragile.

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Les arbres des forêts alluviales des petites îles et presque-îles sont des lieux de vigiélature parfaits, du moins, du moment où les bateaux ne passent pas à toute vitesse à ras de berges, poussant les oiseaux à s'envoler. Je vous laisse imaginer la complexité du comptage. Nous sommes ce soir là 7-8, équipés de jumelles et de longues vues à tenter de dénombrer les oiseaux se posant sur les branches pour passer la nuit.

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Mi-janvier, changement de mission mais on garde le même cadre. Nous sommes toujours à Miribel Jonage mais cette fois pour participer au Wetland, le comptage international des oiseaux d'eau. Plusieurs équipes se partagent les différentes zones humides du Rhône pour compter sur la même matinée les oiseaux inféodés à ces milieux. Douceur hivernale obligeant, très peu d'oiseaux sont comptabilisés comme les années précédentes.

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Le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) aime les lisières, les friches, les zones boisées ou plus ouvertes des milieux ruraux. Celui-ci a triste mine, sans doute prédaté par un oiseau de proies ou un chat. Tout bossu et voltant, je ne donne pas cher de sa peau. C'est le lot de la plupart des petits passereaux, ne vivant que rarement plus de deux ans en milieu naturel en raison des nombreux dangers auxquels ils doivent faire face.

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Territoriale et solitaire, c'est un des rares oiseaux où les deux sexes partagent le chant comme moyen de communication et de délimitation de territoire. Chez la plupart des autres espèces, seuls les mâles portent la voix pour la saison des amours pour séduire les femelles, combattre les rivaux et définir l'espace de vie, bref, c'est ce que l'on retrouve chez les mammifères avec les marqueurs olfactifs ou les barrières de bois des pavillons ruraux.

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Comme depuis 3 ans, il y a peu d'oiseaux d'eau hivernants, la faute aux hivers particulièrement doux qui ne poussent pas les canards du grand nord de l'Europe à rejoindre nos latitudes. Piège fatal, quand les vagues de froids arrivent brutalement ils sont souvent pris au dépourvu. Les populations se scindent alors en deux, une partie reste et affronte un froid mortel, l'autre part en migration au risque de ne pouvoir se nourrir sur sa route. Un pari qui se solde souvent par la mort d'un des deux groupes. Ici, ce sont deux mâles et une femelle de nettes rousses (Netta rufina) qui ont pris refuge à Miribel et qui sont des habitués du lieu.

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Changement de paysage, nous voilà au grand large, une vaste étendue d'eau semi-artificielle pour aller identifier les laridés qui vont au dortoir, entendons par là les goélands et les mouettes qui se mettent au lit, mais avant, passage obligé par les phragmites pour voir notre premier rémiz penduline (Remiz pendulinus) pour notre plus grand bonheur. Sur la digue, une multitude de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) prennent le soleil.

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Deux solitaires nagent à notre rencontre, une oie domestique (Anser anser domesticus) et un cygne turbeculé (Cygnus olor). Habitués au pain, ils voient dans les humains de quoi avoir un repas sans le moindre effort. Bien mal leur en prend, le pain est dangereux pour les oiseaux et peut déformer leurs ailes, abîmer les plumes rendant l'oiseau inapte au vol, créer des inclusions intestinales et même se montrer mortel. Autant leur donner de l'herbe.

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Dans la même phragmiteraie que les rémiz, de mignonnes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) donnent de la voix. Ces oiseaux ont longtemps été rangés jusqu'à peu dans la grande famille des mésanges - désormais ils sont rattachés aux orites, nom que j'adore. Les orties communiquent par petits cris pour s'assurer de savoir où se trouve chaque individu, s'il y a du danger à proximité et s'il y a de quoi à manger à tout hasard dans le coin. Minuscules, ces boules de plumes noires, roses et blanches sont photogéniques, en particulier dans elles explorent les bourgeons des branches de saules qui plient sur leur poids et les conduisent à avoir la tête en bas pour se nourrir. Elles peuvent former des groupes de 4 à 20 individus pour arpenter les cimes des arbres, les haies et les fourrés denses à la recherche de graines, de baies et d'insectes.

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Nouvel observation, celle de quatre goélands cendrés (Larus canus). Petits, ils sont un peu plus gros que les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) qui les accompagnent. Le plumage en partie brun indique qu'il s'agit de juvéniles, les adultes étant complètement blancs et gris. Se raréfiant, les individus que l'on trouve à proximité du Rhône sont pour la plupart migrateurs et proviennent des pays du nord comme les pays scandinaves.

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Le soleil se couche, nous finissons par un comptage des laridés - c'est à dire des divers goélands et mouettes - qui vont sagement se poser sur la grande digue pour passer la nuit. Nous sommes une vingtaines équipés de jumelles et de longues vues pour compter les 1000 à 1200 oiseaux qui se trouvent là. Un sacré monde mais rien d'important quand on sait que cela représente la totalités des oiseaux présent sur presque le territoire.

 

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Actions LPO chez les exploitants

Ballade sur Irigny, nous en profitons pour aller voir la mare creusée à la fin de l'automne 2019 au milieu des vergers de pommiers et de poiriers, chez deux jeunes exploitants très sympas et dynamiques. Nous étions alors 20 à 25 pour tendre les bâches et adoucir les berges à coups de pelles et de pioches sous un début de pluie battante. D'ailleurs, vous pouvez en retrouver le récit détaillé en cliquant ICI. De retour sur place 4 mois plus tard, elle est toujours là. Le géotextile commence à brunir et se fondera parfaitement dans le paysage d'ici quelques semaines. Le fond devient vaseux, permettant ainsi aux premières plantes de s'installer et de permettre aux animaux d'arriver à leur tour. Déjà les Gerris, petites punaises d'eau carnivores souvent confondues avec des araignées, ont fait leur entrée et chasse les malheureux insectes tombés à l'eau.

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Changement de décor, nous voilà à proximité de Craponne, chez un maraîcher et horticulteur pour réaliser divers nichoirs pour favoriser la biodiversité de son exploitation. Chouette chevêche, huppe fasciée, mésanges bleues et charbonnières, moineaux domestiques ... ce sont là quelques unes des espèces que nous avons tenté de contenter, avec une sacrée équipe de bénévoles, en leur offrant un logis digne de ce nom. 

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Parents comme enfants mettent la main à la pâte. Il faut déjà comprendre les schémas, qui ne sont pas toujours simples à maîtriser, s'assurer que toutes les pièces sont là et que le bon nombre de vis figure sur la bâche. Au final tous les nichoirs seront fabriqués dans la matinée puis posés l'après-midi avec des perchoirs à rapaces pour mener des actions sur les rongeurs pouvant causer des dégâts importants sur les cultures.

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Nouveau passage près d'une mare, celle du Parc Lacroix Laval, la toute première que nous avons réalisé et que je documente ICI. Quelques jours plus tard je débutais à la LPO AuRA Rhône. Creusée dans la parc, à proximité de la forêt, des chemins de promenades et des enclos des chevaux de des daims, cette mare à pour objectif d'acceuillir les amphibiens du parc qui sont nombreux mais trouve pas nécessairement de quoi se reproduire.

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Pour notre plus grande bonheur, dans celle-ci se trouvent déjà des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris), des grenouilles agiles (Rana dalmatina), des limnées (Lymneas sp.) ou encore des larves de libellules. Tout un écosystème devenu fonctionnel et qui abrite de nombreux animaux. Cela ne va pas sans faire plaisir quand on pense à la difficulté que cela a été de la creuser mais aussi auc bons moments de rigolade que cela a été.

 

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À la recherche du hibou grand duc

La nuit commence à tomber. Nous sommes mi-février et pas moins de 70 dans la petite salle des fêtes de Tupin et Semon, sur les hauteurs d'une des rives du Rhône. La mission de la soirée ? Partir à la recherche du hibou grand duc (Bubo bubo), le plus grand hibou du monde avec 1,80 m d'envergure. Repartis en équipes, nous avons chacun notre vallon à surveiller. Il faut alors tendre l'oreille pour entendre le "Hou" grave du mâle et les "Hou hou" plus aiguës de la femelle en faisant abstraction de l'autoroute en contrebas, des aboiements des chiens du voisinage et des cris des autres animaux sauvages présents, sans parler non plus du vent qui déforme les sons qui nous parviennent. Nous prospectons ce soir là les vallons rhodaniens des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère et de l'Ardèche. Autant vous dire que nous sommes motivés, à attendre un peu plus d'une heure immobile dans le froid et la tombée du jour à guetter un signe de présence.

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Notre vallon est entouré de vignes de grand renom. C'est d'ailleurs une des principales menaces pour notre grand duc. L'hectare dépassant parfois le million d'euros, les vals boisés et pourtant protégés ne font pas passe aux appétits de certains. Les pelles mécaniques arrachent sans ménagement les arbres, les rochers sont minés et la faune chassée. Autant dire qu'il faut apporter une vigilance toute particulière dans ces secteurs.

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Nos espérances sont grandes. Le vallon que nous surveillons n'a pas revu de grands ducs depuis 2016, année à la quelle le mâle du couple qui s'y reproduisait, a fini électrocuté sur une ligne à haute-tension. Nous nous attendions pas de ce fait à entendre chanter notre premier duc et pourtant, ce soir là, il a pour la première fois depuis longtemps donné de la voix. ll s'agit d'un mâle que nous n'avons toujours pas réussi à voir.

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Levons les yeux au ciel, un immense vol de choucas des tours  (Coloeus monedulanous survole. Les oiseaux rejoignent leur dortoir qu'ils quitterons au petit matin pour chercher de quoi ce nourrir. Le printemps étant là, on ne trouve désormais que de petits groupes voire, des couples isolés qui nichent dans les cavités des arbres et des bâtiments. Il faudra attendre l'automne pour que voir se former à nouveau ces grands rassemblements.

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Départ pour le second vallon que nous suivons. Monsieur et madame grands ducs sont tous les deux là, donnent de la voix et nous avons même la chance de voir pour la première fois le mâle ! La photo est de piètre qualité mais qu'importe, le majestueux rapace est là. À l'heure actuelle la femelle est en train de couver et nous retournerons voir le charmant couple d'ici quelques semaines pour écouter les cris des poussins sortis de l'oeuf.

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Falaises, vignes, forêts et pelouses sèches, les coteaux et vallons rhodaniens présentent une grande diversité de milieux naturels qui malheureusement sont mis à l'épreuve avec l'intensification de la pratique agricole. C'est regrettable, d'autant quand on voit que de nombreux producteurs et exploitants adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement et économiquement viables. Nous avons même pu profiter de l'intervention d'un exploitant locale nous présentant le fonctionnement de sa vigne et de toutes les mesures qu'il met en place pour favoriser la faune et la flore. Une belel initiative que, je l'espère, sera suivie par d'autres.

 

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Prospection hivernale des chauves-souris dans les Monts d'Or

Qu'il fait froid ce matin de février. Un vent terrible et glacé souffle et nous contraint à trouver refuge derrière les arbres des rives de la Saône qui bordent le parking où nous nous trouverons. Nous sommes 35 lèves-tôt réunis pour partir en chasse. Pas de fusils, pas de filets et pas de pièges dans nos sacs masi des lampes torches. Nous partons chercher les chauves-souris hivernantes qui ont trouvé refuges dans les Monts d'Or. Nos investigations ne sont pas menés au hasard mais dansa certains des tunnels des vieilles mines de pierres dorées où peut de personnes s'aventurent, laissant aux animaux tout le repos qu'il leur est permis. La veille, nous avons même bénéficié d'une conférence tenue par un membre passionné et connaisseur des chiroptères, l'autre nom donné aux chauves-souris.

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Nous voilà à l'entrée du tunnel qui mesure tout au plus une vingtaine de mètres. Confectionné avec les débris de pierres dorées, il a été construit comme bien d'autres, pour soutenir les amas de déchets de la carrières. Court, nous mettons tout de même près d'une heure à le parcourir, la recherche étant minutieuse. En effet, chaque cavité doit être inspectée avec attention à lampe torche pour voir d'un peu plus près ce qui s'y cache.

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Cependant on ne serait stationner trop longtemps et éclairer plus d'un bref instant les animaux, la lumière, la chaleur, la vapeur dégagée par la respiration ou encore les ultrasons provoqués par les vestes pouvant mettre à mal les dormeuses. Alors pourquoi les chercher ? Simplement pour établir leur nombre et évaluer l'état de leur population, de nombreuses espèces de chiroptères étant en danger. Dans la galerie d'autres bestioles ont trouvé leur place comme ces araignées se tenant aux aguets, prêtes à partir en chasse à la moindre fibration détectée.

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Vous la voyez, bien cachée au fond de sa cavité ? Une magnifique chauves-souris endormie et de mémoire, que l'on peut nommer oreillard et à rapprocher du type oreillard gris (Plecotus austriacus) car chez les chiroptères, les identifications ne sont pas toujours simples, en particulier pour les novices que nous sommes. Forme du nez, oreilles, forme des arcades, manière dont les ailes sont repliées .... les critères sont nombreux.

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D'autres hivernants se trouve là. La découpure ou noctuelle des cavernes (Scolipterys libatrix) est un jolie papillon, de 4 à 5 centimètres, et qui passe l'hiver dans les caves, les grottes et tout autre souterrain lui permettant de se mettre à l'abri du gel. Hors période hivernale, elle est surtout inféodés aux milieux humides mais se rencontre aussi dans les parcs et jardins. Donnant deux générations en une saison de reproduction, de mars à décembre, c'est la seconde vague de papillons que l'on retrouve dans les tunnels à cette saison.

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Voilà trois courageux affairés dans les galeries. On ne le dirait pas comme ça, mais bien que la température frôle les 5 à 6 degrés C°, il fait bien meilleur qu'à l'exterieur. Les tunnels sont vieux, pour certains ils ont plus de cents ans, pour d'autres à peine 50 ans. On y trouve de nombreux vestiges, comme dans celui-ci où les feuilles de drôles de revues des années 60 sont parsemées sur le sol, sans parler des bidons de produits aujourd'hui interdits, d'anciennes cartouches de chasses et même des carcasses de vielles motocyclettes.

 

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Sortie LPO sur les lacs d'Anse

Petite sortie organisée par les bénévoles de la LPO Rhône et de la LPO Ain pour découvrir les oiseaux d'Anse, et en particulier ceux présents dans les lacs formés par les carrières d'extraction de graviers qui sont bien implantées sur la commune. Sans surprise et comme pour le Wetland, il y a peu d'oiseaux aquatiques à observer. Pas de panique il y a bien d'autres choses à voir, en particulier des plantes, des fleurs, des nids d'écureuils ou encore, des petits passereaux aimant les forêts naissantes et les zones de friches. Nous avons tout de même eu la chance de voir passer dans nos objectifs le pic épeichette (Dendrocopos minor) mâle, un oiseau à la calotte rouge que nous ne voyons pas tous les jours, pour le plus grand bonheur du public. Bref, une sortie comme je les aime qui donne l'occasion de faire tout aussi bien de l'ornithologie que de la botanique.

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Voilà deux belles rosettes que l'on ne serait être tentés de consommer. Pouvez vous les nommer ? À gauche il s'agit de l'onagre (Oenothera sp.), dont l'espèce ne pourra être connue qu'à la floraison. Les feuilles sont réputées pour être comestibles et entrer dans la composition de salades ou de soupes. La racines ont un goût poivré et peuvent être cuisinées comme des pomme de terre. Pour avoir essayé, je trouve cela vraiment pas bon. À droite, il s'agît d'une rosette de cardère sauvage (Dipsacus fullonum) reconnaissable aux aspérités des feuilles basales.

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En voici des cardères sauvages, ils s'agient des sommités fleuries de l'été dernier. À l'automne, les nombreux chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) du coin viennent s'y nourrir. Leur bec est particulièrement long pour un granivore, il leur sert à attraper les graines logées dans leurs capitules pour s'en nourrir. Nous avons pu ce jour là en voir quelques uns se battre avec acharnement, signe que la période de reproduction débute.

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Mais qui est passé par là ? Le castor d'Europe (Castor fiber) bien évidement ! Il a grignoté pendant la majeur partie de l'hiver l'écorce et les jeunes branches des saules qu'il récupère sans mal après avoir fait tomber à l'aide de ses dents pouvant ronger le bois pendant des heures. Au printemps venu il laisse de côté cette nourriture pour préférer les feuillages et herbes tendre qui commencent à pousser à profusion.

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C'est la saison pour le rougegorge familier (Erithacus rubecula). On peut l'entendre chanter à tue-tête pour défendre son territoire et attrier une compagne. Attention, mâle comme femelle chantent, ne permettant pas toujours de savoir si on se trouve face à un comportement territorial ou reproducteur, d'autant plus que la plupart des rougegorges migrateurs ne sont pas encore tous partis. Un vrai casse tête pour une si petit oiseau.

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Les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) sont en fleurs. À gauche il s'agit de chatons mâles, qui ne sont pas encore matures sur ce plan pour éviter que l'arbre ne s'autoféconde car les chatons femelles, à droite, sont ouverts et en attente du pollen qui sera porté vers eux par le vent. C'est une espèce qui apprécie les milieux humides et qui a besoin d'avoir les pieds dans l'eau pour pouvoir se développer, ce qui le rend sensible à la sècheresse.

 

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Assister au réveil du faucon pélerin.

Levé à 5 heure et demi, aie, je n'en avais plus l'habitude depuis cet été, mais cela en vaut la peine. Nous avons un rendez-vous à ne pas manquer ce matin. Nous rejoignons Pascal, bénévole pour la mission pèlerin à 7 heure, le thermos de thé à la main. Nous sommes une petite quinzaine à assister au réveil du faucon pèlerin (Falco peregrinus). En vol battu, c'est à dire en agitant les ailles, il peut atteindre 100 km/h et en piquer entre 180 et 250 Km/h avec des pointes à 376 Km/h et une vitesse maximale théorique comprise entre 380 et 400 Km/h. Incroyable ! Après avoir vu le plus grand hibou du monde nous nous offrons l'oiseau le plus rapide, de quoi nous rappeler que nous n'avons rien à envier aux autres pays et que, sans être forcément très colorés (quoi que), les oiseaux de France métropolitaine sont tout autant fascinants et méritent que l'on s'attardent sur eux.

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Monsieur et madame s'éveillent et donnent de la voix, juste quelques cris histoire de se dire bonjour avant de partir en chasse. Ils mettront peu de temps à revenir, les serres chargées de leur déjeuner pour le mâle en premier temps, puis la femelle une demie heure plus tard. Sur le pilier, un amas rouge se forme et des plumes nous arrivent au visage, protées pour le vent. Le matin est le meilleur moment pour les observer. La journée ils se montrent relativement absents, affairés à se nourrir et ne revenant que rarement sur la tour.

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Parmi les proies au menu, on trouve surtout des oiseaux, qu'il saisie en vol ou en piqué. Il en tient d'ailleurs une particularité propre à tous les rapaces prédateurs d'autres oiseaux : un très long doigt à chaque patte pour bien les saisir. Ici ce sont surtout les pigeons bisets,et les pigeons ramiers qui figurent au menu, avec aussi des choucas des tours, des corneilles noires, des moineaux, des pinsons et bien d'autres petits passereaux.

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Il n'y a pas de hasard s'il le couple à élu domicile ici, tout comme le couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) qui vit au sommet de la tour. Madame se cache dans une alcôve (vous la voyez ?), c'est là où depuis plusieurs années, elle pont entre 4 et 5 oeufs crèmes tachetés de rouge brique, à l'abri de la plupart des regards. Elle couvra sa ponte pendant 30 jours, et sera relayée entre 1/3 et 1/4 du temps par son mâle.

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Un dernier coup d'oeil vers le ciel et nous partons en direction d'un champ à la terre fraîchement retournée. C'est là qu'une trentaine d'œdicnèmes criards (Burhinus oedicnemus) a prit la décision de rester pour l'hiver et de ne pas partir en migration. Avec notre longue vue nous parcourons cette étendue nue sans les voir et pourtant ils sont là. As dans le camouflage, ces oiseaux aux grands yeux dorés sont très suivis dans le Rhône par la LPO.

 

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Des nids et des vélos pour aider les hirondelles des fenêtres.

Voilà l'un de mes plus gros projets de l'année dans le cadre de mon travail. L'objectif est de favoriser les populations d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). sur la commune de Saint Priest. Pour se faire, le 7 mars nous partons avec les enfants du centre de loisir du fort de la ville, leurs encadrants, l'association "La maison du vélo" ainsi qu'avec Nathalie et Marie-Claire bénévoles LPO Aura Rhône, nous nous embarquons dans un périple à vélo pour une grande chasse au trésor. L'objectif ? Trouver les meilleurs sites dans le quartier de Manissieux pour poser des nids d'hirondelles confectionnés par nos soins pendant les jours suivants pour permettre l'installation d'une nouvelle colonie. L'équipe de France 3 Lyon est là aussi pour nous filmer à travers notre périple. Le reportage passera le soir même, en même temps que la conférence aurpès du grand public (plsu de 50 personnes) pour présenter les hirondelles et martinets présents sur la commune et comment les favoriser. C'est pour moi l'occasion de faire ma première télé. Il n'y a pas photo, passer devant la caméra ce n'est vraiment pas fait pour moi.

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Première étape, confectionner les moules sur lesquels seront appliqués le mélange de béton-bois. D'ordinaire ils sont confectionner en plâtre, mais devant transporter plus de 20 de ces moules, j'ai opté pour des moules en pâte à sel. Ceux ci sont appliqués sur des planches qui les supporterons, protégés d'un filme plastique alimentaire et huilés. Pendant ce temps une autre équipe mélange le béton à prise rapide avec des copeaux de bois.

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C'est alors le moment de passer au tartinage. Équipés de gants, les enfants ont pu dans pendant une après-midi naissance à six nids d'hirondelles en binôme. Le soir, ce sont les habitants de la ville qui ont pris le relais et qui à leur tour ont pu confectionner le mélange avant de l'appliquer sur une dizaines de moules. Il faut désormais attendre une petite semaine pour démouler pour avoir le résultat et si besoin, faire quelques ajustements.

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La séance se termine par une session de jeux autour des oiseaux du Rhône et des migrateurs. Au choix un jeu de l'oie sur le parcours des hirondelles de l'Europe à l'Afrique du sud, des livrets de jeux divers et un jeu géographique de mon invention sur le parcours de six migrateurs et dont je ne suis pas peu fière. Il a pour but de faire aimer la géographie aux enfants de manière ludique tout en découvrant les oiseaux.

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Ce projet qui me tient particulièrement à coeur, je n'en connais pas l'avenir. Une sortie était programmée pour le 7 mai pour voir les hirondelles et les martinets et les nids devaient être posés dans quelques jours, à voir si le confinement s'étendra jusqu'à là. J'écris ces lignes au soir du dimanche 15 mars, dans une ambiance toute particulière. Vendredi, la LPO AuRA suivie par la LPO France a prit pour décision d'annuler toute manifestation avec du public, que l'action soit salariée ou bénévole. Je ne pourrai de ce fait vous parler de notre cycle débuté en février par le groupe jeunes LPO Rhône sur les dinosaures et qui a débuté mi-février par une conférence sur les plumes et les dinosaures et qui devait se poursuivre hier par une visite du musée Confluence qui n'a pu avoir lieu.

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Jeudi il a été annoncé que les écoles seront fermées dès demain, la rumeur annonce un durcissement du confinement, avec un couvre-feu et des déplacements limités dès mardi et la plupart commerces ont clos leur porte samedi à minuit. Drôle de situation, où on s'exaspère du comportement de ceux qui ne comprennent pas l'urgence de la situation et où l'on a peur pour ses proches. Sans pour autant céder à la panique, j'ai le sentiment que ce ne sera que lundi matin, en arrivant au travail et en traversant les rues, que je prendrai  véritablement conscience de la situation. Il y a de fortes chances que je passe le prochain mois en télétravail. Pour le mois à venir, je n'avais pas moins de 38 animations et autres programmées - sans parler de celles de mes collègues, et sans remettre en question les règles de sécurité dictées par les autorités, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour l'aveneir dont je n'arrive pas à me faire une idée de ce qu'il pourra être fait. Cet article sera publié une à deux semaines après son écriture, peut être que les choses seront plus claires mais j'avoue que même sans céder à la peur, pour l'une des toutes premières fois de ma vie je ne suis pas sereine au point d'en perdre mon optimisme. 

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samedi 7 mars 2020

Brève histoire de Miribel-Jonage l'Hiver.

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Petite escapade à Miribel Jonage, dans les grands lacs au nord de Lyon. Ceux-ci sont issus de l'esclavation de graviers dans l'ancien lit du Rhône. Si la plupart des sites ne sont plus exploités, la carrière est encore ne fonction. Les trous formés sont alors mis en eaux, servant de refuge pour les oiseaux, de lieu de loisir pour les citadins (natation, vélo, pêche etc.) et de lieu d'expension pendant les grandes crues, limitant les risques d'inondation. En cette période de l'année, les niveaux d'eau sont encore faibles, ce qui permet aux canards de surface et plongeurs d'accéder sans mal à leur nourriture. Cela explique la présence de nombreux hivernants qui, arrivant tout droit du grand nord, viennent passer l'hiver chez nous. Nous nous pointons sur place un peu tôt dans la saison, et malgré les nombreux oiseaux, les grandes stars des eaux calmes n'ont pas encore fait leur arrivée.

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Belle surprise, dans des billes de bois tendre tombées par le castor, des pholiotes destructrices (Hemipholiota populnea). C'est une espèce infoédée aux peuliers, qu'ils soient bléssés ou morts et tombés au sol.

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Robustes, les champignons sont massifs (parfois plus de 25 centimètres), avec un chapeau orangé voire ocre, parsemé d'écailles tout comme son pied. S'ils sont attirants, il faut garder à l'esprit qu'ils sont non comestibles. Pour en rester au stipe, est fort, de couleur claire et en forme de massue. Sa chair est amère, blanche et élastique, en somme rien de quoi se mettre sous la dent. Plutôt rares, on rencontre cette espèce surtout dans les régions méditerranéennes. C'est la seconde fois que nous avons la chance de croiser cette pholiote dans le département du Rhône. Elle est souvent crainte pour les dégâts qu'elle peut faire sur la production de bois de cagette et pour la confection d'alumettes.

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Comme toujours, les foulques macroules (Fulica atra) se donnent en spectacle. Des centaines d'individus se réunissent en groupes denses et turbulents à la recherche de nourriture et de compagnie. C'est bien souvent dans ces rassemblements que des espèces de canards hivernants plus rares se cachent. 

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Posé sur une bûche flotante, un héron cendré (Ardea cinerea) attend. Il fait dos à l'île sur la quelle se trouve la héronnière. Au printemps, les couples rejoignent leur nid pour l'agrémenter de de branches fraîche. C'est là que pond la femelle, avec une dizaine e ses voisines car il n'est pas rare de voir des nids côtes à côtes. Il est même courant de croiser plusieurs espèces de hérons dans une seule et même héronnière.

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L'armilaire couleur de miel (Armillaria mellea) à longtemps été considère comme bon comestible. Aujourd'hui les mycologues et les mycophages sont plus prudent. Indigeste, on recommande de manger seulement les jeunes exemplaires, exemptent de la moisissure blanche commune à l'espèce est toxique. Outre son statut de comestible plus ou moins contesté, il est connu pour être un redoutable ravageur d'arbres, jouant là un rôle important dans la régénération des boisements mais causant bien du soucis aux arboriculteurs et aux propriétaires de vergers.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est le plus grand et le commun des grèbes que l'on peut rencontrer en France. En période nuptiale, il se dote d'une colerette de plumes rousses surmontée d'une double huppe noire, lui donnant un port royal renforcé par son long cou. Le juvénile se reconnaît à son plumage zébré. Bon plongeur, il peut atteindre des profondeurs de 20 mètres pour se nourrir de larves, de crustacés et de petits poissons.

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La sortie s'arrête là. La pluie, le froid, les tirs de chasse un peu trop proches à la tombée de nuit et les chiens qui lèvent les oiseaux dans les zones protégées finissent par nous faire demi-tour. Nos profiterons du site pour les grands comptages des cormorans, des laridés et de la journée du Wetland's pour profité au mieux de ce site bien apprécié des lyonnais mais à la faune et à la flore méconnue hormis des naturalistes passionnés.

Janvier

Nous avons la chance de faire quelques belles observations, mais l'hiver étant particulièrement doux, peu d'oiseaux nordiques sont venus nous rendre visite. Pas de panique, nous nous rabattons sur la flore et la fonge. Nous sommes aussi plus serein dans nos ballades, les week-ends étant plus calmes et beaucoup moins voire plus soumis aux tirs qui en novembre et en décembre, nous ont par moment plus qu'effrayés dans nos balades.

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Le polypore marginé (Fomitopsis pinicola), a prit possession des arbres en fin de vie. Certains sont même si vieux qu'ils en ont perdu leurs couleurs. De nombreux insectes en prennent alors possession, y passent l'hiver sous forme de larves à se repaître en attendant de devenir imago et de pouvoir, dès le printemps, convoler en noce pour perpétuer l'espèce sur un autre champignon gâté par le temps et délavé par le poids de son âge.

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Bien heureux que nous sommes, le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) est au rendez-vous. Ce petit canard plongeur du nord de l'Europevient nous rendre visite chaque année à Miribel-Jonage avant de retourner nicher dans les cavités des pics noirs des forêts des pays nordiques, toujours à proximité de rivières ou de lacs forestiers où il peut se nourrir de petits poissons, d'insectes, de larves et de crustacés.

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Qu'il faut être patient pour saisir un bref instant le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en vol. Ici nous avons à faire à une femelle, la partie inférieur de son bec étant orangée. Posée sur son perchoir avec son plumage gonflé plus que jamais, elle semble attendre la bonne occasion pour saisir les petits poissons imprudents qui viennent trop près de la surface collecter les rares insectes qui ont pu tomber imprudemment dans l'eau.

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Sur la fin de notre périple, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) mâle nous observe du haut de sa branche. Le plus souvent les mâles et les femelles de cette espèces vivent séparer les uns des autres, rejoignant de grands groupes composés uniquement d'indivus du même sexe. C'est de là qu'il tire son nom scientifique de coelebs signifiant "célibataire". Quand vient la saison des amours arrive, les couples se forment et quittent leur troupe.

C'est sur un vol de hérons cendrés (Ardea cinerea) en direction de la héronnière qui commence à être peuplé que ce termine notre tranquille tour des lacs de Miribel. Les lonicera apportent un peu de gaieté par le vert de leur feuillage mais il faudra attendre encore quelques semaines pour les voir fleurir et offrir leur parfum si particulier et qui embaume les bosquets dans lesquels les mésanges et les fauvettes viennent nicher.

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samedi 14 décembre 2019

Sortie dans les marais 16.

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C'est le week-end ! Le soleil brille dans le ciel et l'air ambiant est doux malgré que nous soyoons en automne. Il faut en profiter. Nous voilà donc partis en direction Miribel Jonage, un ensemble de grands lacs formés par l'extraction des graviers issus de l'ancien lit du Rhône. D'ailleurs, la carrière est toujours en fonction et chaque fillon exploité à vocation à finir en étendue d'eau. Si une partie du plus grand étang est dédié à l'homme et à ses activités ludiques à travers une grande base nautique équipée entre autre d'un golf et de pontons à bateau, le reste de l'espace est relativement calme et seuls les promeneurs et les pêcheurs s'y aventurent. Cela en fait donc un avre de pais pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux hivernants qui y trouvent refuges. Enfin, c'est un corridor écologique qui permet aux animaux revenants du sud de prendre repos dans leur périple avant de continuer leur traversée qui, entre autre, relie le fleuve Rhône aux zones humides de la Dombe.

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Entrés dans la lisère, nous tombons sur deux espèces que j'aime beaucoup. À gauche il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) aux beaux fruits rouges et à la floraison mellifère. Pour rester dans les odeurs, à droite il s'agit du calament nepeta (Clinopodium nepeta), plante très parfumée aux fleurs violines utilisée en Corse comme herbe aromatique dans la cuisine, chose que l'on ne retrouve pas sur le continent.

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Une jolie liane aux baies rouges s'enroule sans faire de mal au branches des buissons qui bordent le chemin. Il s'agit du tamier commun (Dioscorea communis) qui à cette période de l'années des feuilles jaunes en forme de coeur.

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Surnommé sinistrement herbe aux femmes battues, il était employé pour dissimuler les hématomes et autres bleus. Entièrement toxique, les jeunes pousses peuvent être toute fois consommées après avoir été récoltées au printemps puis passées dans au moins deux eaux de cuisson distinctes. Elles sont alors accommodées comme des asperges.On les connaît alors sous le nom de respountchous et sont assez prisées dans le sud de la France. On ne serait réserver le même traitement aux fruits ou au tubercules qui, dangereux par ingestions, peuvent également provoquer des dermites s'ils sont trop manipulés à main nue voire même des ampoules là où ils ont été en contact avec la peau.

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Sur un vieux champignon de bois, un bout de mue de serpent. Il s'agit des écaille ventrales, reconnaissables à leur grande taille et que l'on appel parfois gastrosteges. Composées de kératine à l'instar de nos ongles, elles protègent le corps du reptile, retiennent l'humidité et l'aident même à se mouvoir. La mue intervient à différents âges de l'animal. Celui-ci doit le plus souvent gêner pour pouvoir sortir de son ancienne peau avec aisance.

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En parlant de champignon, le voici. Il s'agit peut être d'un polypore hérissé (Inonotus hispidus) dont la carpophore délavé par la pluie lui confère un aspect blanc.  Poussant sur le tronc tombé à terre d'un peuplier noir (Populus nigra), il est connu pour s'installer souvent sur les vieux fruitiers, en particulier les pommiers (Malus sp.). Quand il est encore frais, il présente un chapeau roux et brun velouté, presque poilu.

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Sur le lac, plus de 500 foulques macroules (Fulica atra) se ressemblent en grand bancs. Nous sommes pliés de rire à les observer. Outre le vacarne, les osieaux se divisent en petits groupes tournants sur eux mêmes avant de se réunir, semblant au loin à des radeaux à la dérive. En période de reproduction il en est tout autre chose, les mâles devenant très territoriaux et ne laissant approcher que certaines femelles dans l'espoir de les courtiser.

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Pafois confondue avec le poule d'eau (Gallinula chloropus), on la différencie par son bec blanc et la tâche de la même couleur qui orne son front, ainsi que sa grande dimension et ses pattes aux larges doigts gris. Omnivore, on l'observe souvent à se nourrir de végétaux  attrapés dans le fond vaseux. Elle peut également se nourrir des petits invertébrés qu'elle glane dans les algues ou sur les rives des plans d'eau calmes qu'elle aime investir.

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Fendant le ciel, trois cigognes blanches (Ciconia ciconia) nous survolent. Elles viennent de la Dombe, où certaines d'entre-elles s'y sont établies pour l'année. Les prés semi-immergés, les marais, les champs retournés et les étangs aux berges en pente douce sont des lieux idéaux pour qu'elles puissent mener leurs chasses sans peine. Poissons, grenouilles, scarabées, mouches, petites rongeurs ... le choix est plus que large.

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Le calme plat est troublé par l'agitation d'une famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor). Les petits, encore incapables de voler, déploient leurs ailes et encouragés par leurs parents, les battent de toutes leurs force, les plumes blanches détonnant avec le duvet gris qui recouvre ces gros poussins devenus adolescents. Il leur faudra , pour les parent, attendre en tout et pour tout 4 à 5 mois pour voir les cygnons s'élever dans les airs.

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Depuis le belvédère de l'étang des pêcheurs, deux géants nous attendent. À gauche, isolé et vêtu de cendre, le héron cendré (Ardea cinerea) qui semble jeune à la vue de son bec clair et des plumes plutôt claires de sa calotte.

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En dessous, trois grandes aigrettes (Adrea alba) donnent le change. Si on connaît le gracile volatile avant tout par sa blancheur, on oublie trop souvent que la belle prend des teintes marquées à la période des amours. Les tibias rougissent et le beau bec jaune devient plus verdâtre voire gris. Cependant cela ne se retrouve que chez une seule sous-espèce, Adrea alba alba qui est la plus commune des quatre grandes aigrettes que l'on retrouve sur le globe. Bonne chasseuse, son régime alimentaire est plus varié et comporte aussi bien des petits poissons que des grenouilles, des reptiles, des larves ou des insectes massifs, celle-ci n'hésitant pas à chercher dans les champs inondés les campagnols poussés par les galeries immergées à remonter à la surface.

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Pas moins de 13 tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) barbottent dans les eaux claires de Miribel Jonage. Avec leurs tempes rouges, on ne peut les confondre avec aucune autre espèce indigène. Bien que très belles, ces américaines arrivées chez nous depuis une quarantaine d'années mettent à mal la faune en prenant le pas sur les tortues locales que ce soit pour les sites de pontes ou pour les ressources alimentaires.

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Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) partage le même milieu. C'est l'un des rares amphibiens à passer la majeur partie de son temps dans les mares. À l'arrivée de l'hiver, elle s'enfouie dans la vase pour hiverner, ne respirant alors que par sa peau. Sa cousine canadienne la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est encore plus incroyable, ayant la capacité de geler intégralement avant de revenir à la vie quand arrive le printemps.

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Deux espèces de lézards se tirent la vedette. À gauche, le lézard de murailles (Podarcis muralis) qui sur un vieux mur réchauffe sa carcasse avant de partir à la chasse aux araignées et aux sauterelles. Non loin de là, dans un pique-nique abandonné sans aucune honte ce qui est hallucinant, un lézard vert à deux raies (Lacerta bilineata) fait festin d'une grappe de raisin bien qu'il aime tout autant croquer des insectes.

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Défilé de gobes mouches noirs (Ficedula hypoleuca). C'est bien simple, ils sont de partout à en ce retour de migration. Passant par la France pour regagner ses appartements d'hiver en Afrique occidentale après avoir niché dans le Nord de l'Europe, parfois même en France bien que cela soit relativement rare. Sa reproduction est très rapide, la femelle couvant 13 à 15 jours et le couplant menant à terme la portée en 12 à 17 jours.

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C'est dans une cavité (souvent de pic), que les oeufs bleus au nombre de 5 à 8 sont pondus. Fin juin voire début juillet, les nids sont désertés et les petits apprennent à faire leurs armes. C'est alors le moment de redescendre sous des latitudes plus clémentes. C'est ainsi qu'au début de l'automne les gobes mouches noirs abandonnent leurs belles couleurs pour adopter un plumage gris plus discret qui leur permet de passer inaperçu.

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Le Silène (Brintesia circe) est un papillon brun de belle taille qui à la particularité de partager son nom à la fois avec des plantes herbacées de la famille des Caryophyllaceae, un singe indonésien au pelage noir (Macaca silenus) et un satyre, demi-dieu personnifiant l'Ivresse. Percepteur du dieu Dionysos, on le fait souvent naître des amours d'Hermés mais aussi de Pan et d'une nymphe, de Pan et de Gaïa ou de Gaïa et d'Ourannos.

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Les oiseaux ont peut être déserté les nichoirs, mais les berges restent pleines de vie. Les castors d'Europe (Castor fiber) sont à l'oeuvre. Plutôt nocturnes, on peut parfois les observer en journée. Si l'été ils se nourrissent de jeunes pousses, ils se tournent assez volontiers le reste du temps vers les écorces, les jeunes branches et les feuillages qu'ils atteignent en faisant tomber à la force de leurs dans les troncs d'arbres au bois tendre.

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Voilà un des grands mal aimés du moment, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Accusé de voler le poisson des pêcheurs, ses populations sont tombées au plus bas. Protégé, il a pu remonter doucement la pente bien qu'aujourd'hui il fasse l'objet à nouveau de tirs important, bien que nombreuses études tendent à prouver que l'oiseau ne pêche pas les mêmes espèces que celles prisées par les pêcheurs de loisirs et les pêcheurs professionnels. Reste le problème des piscicultures, ou bien des moyens autres que le tir peuvent être mis en place. Sur la dizaines de cormorans en pêche observés ce jour là, tous se nourrissaient de poissons chat américain (Ameiurus melas), une espèce invasive qui diminue l'effectif des autres espèces de poissons. La solution au problème est là, sous nos yeux, et nous ne trouvons rien de mieux que de lui tirer dessus.

C'est sur ce constat triste mais aussi, l'observation plus joyeuse d'un bongios nain (Ixobrychus minutus) et d'une mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), deux espèces peu communes, que nous achevons notre ballade d'une journée. Marcher au rythme des oiseaux, dans des aires de nature calmes et encore ensauvagées est un bonheur, malgré les tirs rapprochés ça et là qui nous ont pas endroits fait prendre la fuite.

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