vendredi 16 octobre 2020

Sortie en campagne 16 : l'Isère à la belle saison.

DSCN3675Nous voilà en Isère, à la maison familliale. Nous n'y avons passés quelques weekends entre la fin du printemps et le début de l'été. L'occasion pour nous d'explorer de nombreux milieux, que ce soit en couple, entre amis ou en famille. Nous avons pu suivre l'évolution de certaines nichées d'oiseaux repérées pendant le confinement par mes proches, ou apprendre à voir avec des yeux nouveaux des espaces qui nous étaient connus et, pour lesquels nous ne prétions pas l'attention qu'ils méritaient. En résulte quatre weekends entre la mi mai et la fin juin à parcourir le département, toujrous de préférence à la limite de la Savoie et jamais très loin de la Chartreuse, mon éternel berceau.

Chapitre 1 : la Montagne.

Première sortie post-confinement ou notre exploration loupée du Charmant Som.

Le déconfinement a débuté il y a deux semaines. Encore inquiets que la tournure des événements peu prendre, nous partons voir ma famille non sans prendre de précaution. Insipiré par cette liberté de mouvement retrouvée, nous proposons d'aller faire un tour au sommet du Charmant Som. Quelle erreur car ce jour là nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée et nous avons très vite déchantés une fois arrivée sur place.

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Des gens, des gens partout. Pas un mètre carré n'est libre. Je ne juge pas le choix de venir ici, ayant fait le même j'en serai bien mal avisée, mais plutôt l'absence de tenue et de respect pour ce milieu naturel fragile. Les chiens pourtant interdits sur le site sont laissés libres, les narcisses du poètes protégés ici finissent avec les narcisses jaunes en immenses bouquets qui, redescendus dans la pleine, ne tiendront pas plus d'une journée en vase. Certains vont jusqu'à dérraciner des gentianes printanières par tapis entiers. Devant le massacre je prends la nausée. Nous prenons tout de même le temps de profiter du paysage snas pour autant aller au sommet.

DSCN3716Belle surprise. Au pied d'une cavité, un tapis de soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) pousse. Fragiles, les fleurs apparaissent de mai à août après la fonte des neiges dans les pelouses. On en trouve de belles populations également dans le Massif Central et dans les Pyrénées. Néanmoins et comme son nom l'indique, c'est dans les Alpes que l'espèce est la plus présente. Pour l'heure elle n'est protégée qu'en Auvergne.

DSCN3729Pauvres orchidées, nombre d'entre-elles ont aussi fini en bouquet. Il s'agit ici de l'orchis sureau (Dactylorhiza sambucina) en raison de son parfum sucré et suave proche de celui de l'arbuste du même nom.

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Chez cette espèce, deux types existent : les plants aux fleurs roses et aux bractées rouges et les plants aux fleurs jaunes et aux bractées vertes. Une diversité qui peut parfois surprendre les botanistes en herbe. Haute de 10 à 30 centimètres, elle attire facilement le regard. Très présente dans le Massif Central, elle est présente ponctuellement dans les Alpes. Pour ma part je la trouve relativement souvent en Chartreuse dans les pâtures humides.

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Une autre orchidée est présente, l'orchis mâle (Orchis mascula). Son nom rappelle que de nombreues orchidées terrestres ont des tubercules semblables à des testicules. D'ailleurs le terme orchis signifit testicule en grec ancien. On prête ainsi aux parties souterraines des orchidées des pouvoirs aphrodisiaques (théorie des signatures). Ils sont alors consommés sous forme de poudre, le plus souvent dans le salep, une boisson chaude faite à base de farine de tubercules d'orchis. Si par endroit les fleurs sont abondantes, dans d'autres elles se font rares en raison de leur récolte intensive. Cette pratique est connue depuis l'antiquité.

DSCN3707Dans la pâture se trouvent des chénopodes bon-Henri (Blitum bonus-henricus), appelés aussi épinards sauvages. Nourriture paéolitique, je les aime aussi bien en tarte, en soupe ou que cuits à la vapeur. Poussant sur les sols azotés, là où les animaux aiment stationner, il vaut mieux éviter de le consommer cru quand ils sont cueillis en nature pour limiter la transmission de parasites à l'Homme, l'eau vinaigrée n'ayant aucune efficacité pour s'en débarasser. On peut également les préparer en purée ou en salade pour ce qui est des jeunes pousses.

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Abritées du soleil, quelques névés résistent tant bien que mal au soleil. Il s'agit d'une accumulation de neige dû au relief, même en situation de fortes chaleurs, et toujours sous le seuil des neiges éternelles. Les névés sont précieuses. Leur fonte très lente alimente en eau les plantes et pelouses alentours, permettant à des espèces peu communes dans ce type de milieu de se développer. Le sol de la Chartreuse étant calcaire, c'est à dire composé d'une roche poreuse, l'eau ne s'y accumule que très rarement. La flore que l'on rencontre ici est de ce fait une flore adaptée pour résister à la sécheresse. C'est de là que le massif tient son nom de désert vert.

DSCN3737Entre les pierres, pousse des touffes de poygale (Polygala sp). Avec plus de 1750 espèces, il est bien difficile de l'identifier. La plupart du temps, il faut se pencher sur la forme des feuilles et la composition des fleurs. On ne ferra cependant pas l'erreur de se fier à leur couleur, celle-ci pouvant varier du bleu au rose dans une même espèce.

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Il faut à la fois regarer la rosette basale, et les feuilles sur les tiges. Ici il pourrait peut être s'agir du polygale des Alpes (Polygala alpestris) comme tout autant d'autres. Je n'ai hélas pas trouvé d'inventaire botanique complet de la zone pour m'aider, bien qu'elle soit calssée Natura 2000, un statut européen qui vise la préservation du milieu. Néanmoins on trouve quelques informations qui ne manquent pas d'interêt, notament sur la présence du lynx boéréal (Lynx lynx) dans le secteur, l'animal pouvant avoir un très grand territoire.

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Des pensées ... des pensées à perte de vue sous formes de tapis dans la pelouse rase. Il s'agit ici de la pensée des Alpes (Viola calcarata), typique des prairies alpines et poussant après la fonte des neiges. Violines, blanches ou jaunes, on les reconnaît à leur long éperon et les pétales massif au coeur coloré. C'est une des nombreuses espèces endémiques des Alpes occidentales, chose que j'avais toujours ignorée jusqu'à présent.

DSCN3721Sur un ébouli rocheux pousse une énorme touffe de globulaire à tiges nues (Globularia nudicaulis). L'espèce est peu commune en dehors du Vercors mais reste inféodée aux Alpes. Le massif de la Chartreuse d'un point de vue géologique en reste très proche. De belle taille, elle peut atteinde 25 cm. Les tiges vertes, parfois tirant sur le rouge, portent une grosse infloressence en forme de pompons composés d'une multitude de petites fleurs bleues.

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Une proche cousine pousse non loin de là, la globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia). Nous l'avons découverte pour la première fois ave émotion sur un tallus, dans le village de mes parents. cependant c'est en montagne qu'elle est reine. Pas très grande, sa floraison intervient entre mai et juillet. Résistante, elle pousse aussi bien à 200 qu'à 2200 mètres d'altitudes. C'est surtout dans le centre et le sud de l'Europe qu'on l'a trouve.

DSCN3761Un autre incontournable des sommets, le trolle d'Europe (Trollius europaeus) appelé aussi trolle des montagnes. Espèce de grande taille de la famille des renconculacée, le trolle tire son nom du vieille alemand et signifie "globe". C'est le plus souvent dans les espaces ouverts et humides qu'il pousse. Il est fécondé par de gros insectes comme les bourdons et par une mouche dont les larves se nourrissent des graines.

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Au loin, le paysage s'étant face à nos yeux la Grande Sûre, Chamechaude, la Pointe des fées et bien d'autres. On se sent au coeur de la Chartreuse. L'hiver, le point de vue est tout aussi beau, mais la montée est bien plus hardue. En effet jusqu'à fin mars voire avril, la route est submergée par la neige. Il faut alors enfourcher les raquettes et muscler un peu les cuisses pour gravir les pentes qui soudainement semblent plus abruptes.

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En voilà les premières gentianes qui arrivent. Au premier abords je pensais qu'il s'agissait de la gentiane printanière (Gentiana verna). Erreur ! Il s'agit de de la rare et endémique gentiane du Dauphiné (Gentiana verna subsp. delphinensis), reconnaissable à ses longues feuilles fines. Elle est parfois considérée comme une sous-espèce de la gentiane printanière. On ne la trouve que dans le Dauphiné, ce qui en fait une espèce endémique.

DSCN3744Avec l'abondance de promeneurs, les animaux se font plus que rares. Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) ne sortent pas de leur terrier. C'est le début de la période pour elles qui peuvent broutter avec plaisir les jeunes pousses qui ne sont pas encore brûlées par le soleil.

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Quelques chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) se promènent ça et là, cherchant les restes de pique-nique. Chips, pain et viennoiseries font leur bonheur. Hélas, trois fois hélas, ce sont pour eux de violents poisins. Plumes abîmées inaptent au vol et ne resistant plus aux intémpéris, estomacs abîmés, malformations osseuses des ailes ... les conséquences sont nombreuses.

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Un sommet, 4 tableaux. La diversité de la montagne est incroyable, en fonction du substrat et des expositions, le paysage diffère complétement. C'est à chaque fois gage de découverte, mais cette fois-ci, il faudra se contenter ds grands classiques. Peut être reviendrons-nous l'an prochain en mai-juin pour assister à la floraison des orpins roses appelé rhodiales (Rhodiola rosea) et des rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum).

DSCN3598Retour au pied de la montagne, à l'étage collinéaire. La végétation est bien plus avancée mais reste encore luxoriante. Le tamier commun (Dioscorea communis) commence à fleurir. Les jeunes pousses ne sont plus de ce fait bonnes à consommer car trop riches en saponines.

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Le peuplier tremble (Populus tremula) agite ses feuilles au grés du vent. Il figure parmis mes arbres favoris, tant son feuillage me fascine. Fait amusant, c'est le seul peuplier forestier. De ce fait il est moins gourmand en eau. C'est aussi une espèce dioïque, c'est à dire que les fleurs mâles (chatons gris-rouges) et les fleurs femelles (chatons verts) ne se trouvent pas sur les mêmes individus. C'est par le vent que le pollen se fait, on parle d'espèce anémogame. Le tremble se reproduit aussi par rejets.

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Dans les branches, des orties à longue queue (Aegithalos caudatus) piaillent. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, cela fait longtemps qu'elles ont été séparées de la famille des mésanges par la phylogénie. Présente en Europe, on en compte pas moins 17 sous-espèces. Dans le nord, elles se caractérisent par une tête intégralement blanche. En France, elle est marquée de rose et de noir comme le reste du corps.

DSCN3691 (2)Levons les yeux au ciel. Un jeune circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus) traverse le ciel. Son plumage indique qu'il est dans sa première année. Tout juste revenu d'Afrique, il semble avoir établie son territoire ici. C'est avec le hibou grand duc (Bubo bubo) le plus grand rapace du secteur avec 1,95 mètres d'envergure. À l'échelle de l'Isère, c'est le vautour fauve (Gyps fulvus) qui remporte le duel avec une envergure de 2,80 mètres.

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Les jeunes rouge queue noirs (Phoenicurus ochruros) prennent leur envol sous le regard attentit de leur père. Ce petit insectivore ameles cavités comme celles des murs en pisé de la maison familliale, ils trouvent là de quoi faire leur nid. Les mâles se reconnaîssent à leur tête, ventre et dos noirs alors que les jeuens et les femelles seront grisatre. Chez les deux sexes la queue rousse est bien présente d'où son surnom de queue rousse.

DSCN3613 (2)DSCN3596     DSCN3627     DSCN3661     DSCN3706

Les chevreuills (Capreolus capreolus) profitent de la diversité des prairies et des champs de fauche pour se remplir l'estomac. Les faons sont nés. Les plus jeunes restent cachés dans les herbes hautes à attendre leur mère. Les plus vieux commencent à goûter les brins tendres. Nous aurons un peu plus tard dans la saison d'en observer plusieurs qui, bien enhardis, suivre leur mère à grands bonds. Seuls leurs oreilles dépassent de l'herbe.

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Comme toujours, les chats rôdent. Que ce soit ceux de la maison ou du voisinnage, ils se sont appropriés les lieux. Les dégâts ont été limités du mieux possible avec une grande opération de stérilisation des femelles du quartier et de certains mâles qui, pour la plupart, sont sauvages. Si cela n'empêchera pas la capture des oiseaux et autres petits animaux, la castration à le mérite de limiter la multiplication des chats ensauvagés et abandonnés

DSCN3687 (2)Dans la réserve d'eau du voisin, une libellule déprimée (Libellula depressa) dépose ses oeufs à la surface de l'eau. Il faudra attendre trois semaine avant que les larves n'en sortent et une année de plus pour qu'elles deviennent à leur tour des adultes Carnassière, l'espèce se nourrie d'uen grande diversité d'insectes et de petits invertébrés Ici on reconnaît la femelle à son comportement mais aussi sa couleur jaune, le mâle bleu pastel.

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Les champs de céréales commencent à prendre leur belel couleur dorée. Nous guettons de longs instants. Avec un peu de chance, un couple de busard niche peut être dasn le champs. Nous ne vooyns rien mais ne dessépérons pas. Il y a 2-3 ans de ça nous avions pu observer deux mâles de busards Saint Martin (Circus cyaneus) nous survoler au même endroit. Un moment totalement magique que je rêve de revivre.

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Dans les pâtures à vaches, ça grouille tout autant de vie. Une araignée crabe (Thomisidae sp.) postée sur une scabieuse et attent sagement le passage d'une proie tel qu'un papillon. Une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) rôde non loin, et pourrait rapidement faire de son repas la petite araignée. Malheureusement pour elle, elle finira finalement comme proie d'une pie bavarde (Pica pica) postée dans les arbres.

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Sortie noctunre. Nous n'entendrons ce soir là que les chouettes chevêches (Athene noctua) et le battement d'ailes des chauves-souris (Chiroptera). Dans la grange, ce ne sont pas les rapaces nocturnes qui veillent mais les rouge queue noirs. Dans l'herbe, les grandes loches (Arion rufus) s'aventurent en direction du potager à la recherche de plants de salades bien tendre au grand damne de la jardinière qui bien souvent, découvre le massacre au matin, quand il ne reste plus quelques feuilles couvertes de bave et brûlés par le soleil.

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Les  nids se vident déjà, le sureau noir et les géraniums sauvages sont en fleurs et dans les noisetiers, les premiers fruits murissent. Il faudra encore attendre août voire septembre pour s'en régaler. La vie semble foisonner et avec le confinement, nous avons raté bien des observations. Tant mieux pour les animaux qui ont eu un peu de repis même si dans de nobreux départements la casse est restée autorisée malgré le confinement.

Chapitre 2 : les Marais

Redécouvrir les zones humides : la magie de la tourbière de l'Herretang.

Cette tourbière et moi, c'est une vieille histoire d'amour. Je commence à la connaître par coeur et pourtant, chaque sortie est une découverte. Je n'ai pas encore tenté l'exploration de nuit. Peut être un jour. Cela annonce de nombreuses surprise commece soir d'été 2019 où, entre amis, nous avions vu surgir une chevrette et son petit. Tous deux avaient joyeusement pâturés sous nos yeux et ceux d'une buse avant de disapraître dans les buissons.

DSCN4010La tourbière de l'Herretang est une ENS, c'est un Espace Naturel Sensible. Géré par le département, c'est un espace dédié à la protection des espèces et de leur milieu de vie, mais aussi aménagé pour permettre au public de découvrir la richesse de la biodiversité qu'il abrite.

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Située entre Saint Joseph de Rivière et Saint Laurent du Pont, cette tourbière est issue d'un des nombreux glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. La fonte de celui-ci a entraîné la création d'un lac qui au fil des siècles s'est comblé avec le dépôt l'an mais continue de la végétation. En résulte un marais silloné par une rivière, l'Herretang, et de lacs. Ils sont le fruits de l'extraction passée de la tourbe par les habitants locaux, une pratique abandonnée depuis plus de 100 ans.

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Arrêt à l'observatoire. Un grèbe castaneux (Tachybaptus ruficollis) est en vadrouille. Très petit, il en tire son nom, castagneux désigniant le fruit du châtaignier. S'il est reconnaissable à sa couleure brune-rougie, à son bec sombre aux comissures blanches et à sa petite taille, c'est surtout par son cri qu'il matérialise sa présence. Nichant sur la tourbière, les plus chanceux pouvent observer les poussins cachés dans les plantes aquatiques.

DSCN4045Ce mâle merle noir (Turdus merula) à son bec jaune remplit de vers de terre. Voilà de quoi nourrir sa nichée qui peut contenir 3 à 6 petits. eux-ci sont élevés dans un nid fait de brindilles, d'herbes sèches, de mousses et de feuilles qui sont tapissées de boue. La cuvette ainsi construite peut acceullir la ponte. Consitutée d'oeufs vert-bleus mouchetés de noir, elle éclora pour donner des poussins qui quitteront au bout de 12 jours seulement.

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Dans l'eau, de jolies fleurs s'élancent. À gauche, un tapis de nénuphar blanc (Nymphara alba) aux fleurs aux 20 étalescharnus couvre l'étang de ses feuilles maintenues par une limbe orbiculaire. Il est accompagné de fleurs jaunes, celle du nénuphar jaune (Nuphar lutea) dont seules les feuilles flotantes sont visibles, ses feuilles translucides étant immergées. On en compte que 5 pétales charnus sur les fleurs tenues par un solide pédoncule.

DSCN4008En lisière, une discrète orchidée pointe le bout de son nez. Il s'agit de la listère à feuilles ovales (Neottia ovata), une espèce commune mais qu'il faut chercher pour la trouver.

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Entièrement verte, des racines à la pointe des fleurs, elle mesure jusqu'à 60 centimètres de haut. La tige est en son milieu habillé par deux grandes feuilles ovales aux nervures parallèles, signe qu'on est face à une monocotylédone, la grande clade de plantes qui regroupe les orchidées mais aussi d'autres familles comme les aspergacées dont font parties les asperges.  Cette espèce fleurit de mai à juillet et se trouve un peu partout dans les bois clairs, les pelouses humides et les broussailles. Son aire de répartition est immense puisqu'elle couvre l'Eurasie et l'Amérique du Nord tout en y étant indigène.

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Les mâles de libellules déprimées (Libellula depressa) défendent avec ferveur leur territoire. On les reconnaît à leur abdomen bleu, les femlles comme montré plus haut étant jaunes. L'espèce tient son nom de son habitude au repos de tenir ses ailes un peu pendantes, comme si l'insecte était (par antropomorphisme) déprimé. Commune on la rencontre à la fin du printemps et pendant l'été à proximité des zones humides.

DSCN4065Arrivés à la phragmitraie, c'est un véritable concert. Du coeur du marais, des chants s'élèvent un peu partout. SOudain, une locustelle luscinoïde (Locustella luscinioides) chante perchée sur une phragmite australe (Phragmites australis), un pratique typique des mâles. C'est notre toute première observation. Ce petit oiseau est présent plutôt à l'ouest de la France et reste très localisé dans le reste du territoire. Migrateur, on l'observe de mai à aout dans les zones humides composés de joncs et de saules où elle trouve les invertébrés dont elle se nourrie.

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Nous espérions trouver le lézard des souches (Lacerta agilis), mais nous ne verrons ce jour là que le lézard des murailles (Podarcis muralis), ce qui ne va pas sans nous déplaire. Certains d'entre eux sont énormes, laissant penser qu'ils ont fait un très bon repas ou plutôt, qu'il s'agit de femelles gestantes. Ces dernières sont à la recherche d'un sol meuble pour y pondre leurs oeufs. Il faudra 4 à 11 semaines pour voir les lézardeaux émerger.

DSCN4021La floraison des iris des marais (Iris pseudacorus) bat son plein. Avec une grande taille dépassant parfois plus d'un mètre et de longs rhizomes, la plante est équipée pour faire face aux forts courants quand elle pousse sur les rives des torrents et rivières. Néanmoins c'est dans les marécages et les bords de lacs que cet iris sauvage est le plus courant. Les fleurs jaunes s'observent d'avril à juillet. Bien que belles, elles ne dégagent aucunes odeurs. Présent en Europe, en Afrique du Nort et au Proche Orient, il s'est depuis naturalisé en Nouvelle Zélande, en Amérique du Sud et du Nord. Les feuilles étant toxiques, même sèches, cela peut entrainer des soucis pour le bétail nourrie avec du foin produit dans les zones humides. Supportant bien la pollution, l'iris des marais est utilisé dans la création de filtres de phyto-épuration pour ses capacités captatrices, en particulier pour tout ce qui touche à l'eutrophisation.

DSCN4040Dans les airs, des dizaines de caloptéryx vierges (Calopteryx virgo) s'élèvent. Les mâles présentent des ailes et corps bleus, tandis que les femelles sont d'un cuivré métalisé avec toujours des ailes colorées mais restant translucides. Aimant les cours d'eau rapides et bien ombragés, ces caloptéryx semblent apprécier l'Herretang, la rivière fortement arborée qui longe la troubière et qui l'alimente en partie en eau.

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Les mâles défendent leur territoire en se posant sur un végétal en hauteur. Dès qu'un concurrent passe par là, même d'une autre espèce, c'est une course-poursuite qui s'entâme. Les mâles les mieux placés sont assurés de trouver une ou plusieurs partenaires. Très commun, le caloptéryx vierges se trouve partout en France excepté en montagne mais aussi dans le reste de l'Europe (surtout dans le sud occidental) et au Proche Orient.

DSCN4099Les femelles peuvent pondre jusqu'à 300 oeufs sur la végétation à la surface de l'eau. Elles peuvent alors se faire happer par les poissons. Il faut attendre 2 semaines pour les voir éclore. Les larves qui en sortent vivent alors une à deux années dans l'eau, entre les racines et les tiges, à chasser les petites animaux grace à leur mandibule qui peut se détendre en moins d'une seconde. Petits insectes, crustacés d'eau douce et même jeunes tétards, rien n'échappe à leur instinct de chasseresse et leur grand appétit. Quand l'hiver arrive, elles s'enfoncent dans la boue et la vase, tandis que les adultes meurent aux premiers froids. À la fin du printemps, les larves arrivées à maturité sortent de l'eau en grimpant sur une grande tige. Elles sortent alors que leur exuvie pour devenir une libellule et déployer leurs ailes. Elles restent de longues heures au soleil pour sécher leurs ailes et les déployer. Elles sont alors particulièrement fragiles à ce moment là. Bien souvent, leurs couleurs sont peu marquées dans les premiers jours, ce qui permet aisément de savoir si on se trouve avec un adulte ou non. Ici c'est un caloptéryx tout juste envolé.

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Un autre prédateur guette : la grenouille verte (Pelophylax sp). Il ne s'agit pas d'une espèce à part entière mais d'une clade regroupant plusieurs espèces très proches les unes des autres et qui s'hybrident sans mal. Un vrai casse-tête quand il faut les identifier pour mener l'inventaire des amphibiens d'un secteur. Sacs vocaux, forme des paupières, taille, motifs et couleurs du corps ... les critères sont nombreux et pas toujours des plus fiables.

DSCN4077Dans les lacs formés à la suite de l'extraction de la troube, des poissons ont été introduits, soit par l'Homme, soit par les crues de la rivière toute proche. Ici il pourrait s'agire d'une chevesne (Squalius cephalus) ou d'une espèce proche aux nageoires rouges comme le hotu (Chondrostoma nasus). Ils font le bonheur des hérons et des quelques grands cormorans qui sont de passage dans le secteur mais qui n'y restent jamais très longtemps.

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Mon bien-aimé n'est pas sortie d'affaire, avec toutes ces observations, il faut prendre un sacré moment pour tout rentrer dans l'application faune-isère appelée aussi Naturalist. Ce site de sciences participatives permet à tout à chacun d'entrer ses données pour permettre aux chargés d'études et associatiosn naturalistes de mieux connaître les espèces présente. Petit bémol, il n'est pas forcément simple ou adapté pour les novices.

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Comme l'an dernier, nous remettons la main sur une jolie population de mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa). Ces champignons à l'odeur de farine et de couleur crème sont assez prisés. Poussant au printemps, ont les trouvent souvent dans les champs et les prés, de préférence là où l'herbe est haute, à proximité des ronciers ou de la lisière. Comestible, certains l'aiment blanchi à l'eau là où d'autres le consomment grillé.

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Les rosacées comme les églantiers ou les ronces sont en fleurs. Je me demande à quoi doit ressembler le paysage de fin d'été / début d'automne dela tourbière avec tous les fruits charnus qu'offrent ces buissons. Les osieaux, en particulier les migrateurs comme les fauvettes doivent s'en donner à coeur joie. Les loirets, les muscardins et les écureuils ne doivent pas être en reste non plus. Le spectacle doit être sublime à voir.

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Nous quittons la tourbière et la rivière de Herretag sous le regard d'une buse variable (Buteo buteo). Bien que commun, j'ai toujours grand plaisir à voir voler se rapace dont l'envergure frôle les 1 mètres 30, ce qui en fait un oiseau de belle taille. S'adaptant à une large diversité de milieux, elle peut aussi bien chasser des rongeurs que de petits oiseaux ou même des grenouilles. En cas de disette, elle se tourne vers les insectes et les vers de terre.

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Nous faisons un rapide saut à l'étang de Saint Sixte. Pétrie de légendes, le lieu abrite un lac et un marais alcalin, chose assez peu commune dans le secteur. En nous garant quand le hammeau nous avons le loisir d'observer les nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). Une gorsse population niche ici sur les maisons et le clocher de l'église. Le soir, on peut les observer pêcher à la surface de l'eau les insectes émergeants de leur mue.

DSCN4136Saint Sixte, lieu de légendes mais aussi des nombreuses parties de pêches que nous venions faire ici en famille dans mon enfance. Parmis les histoires véridique ou non, il est dit que se sont les pères chartreux qui l'ont creusé, qu'il est réli au lac d'Aiguebelette par une rivière souterraine, que des véhicules de la 2GM y reposent, que par un hiver très froid un cheval de trait et sa charge y auraient sombré ou encore, qu'à minuit pile on y entend un chien noir hurler à la mort. De quoi faire frissonner les pseudo chasseurs de fantômes en mal de sensation qui s'aventurent parfois dans la maison forte qui se trouve à proximité dans la forêt.

DSCN4130Sur le tronc d'un vieille arbre tombé à l'eau, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est à l'affût. En 28 ans, c'est la première fois que j'en croise un ici et j'en suis complètement ravie, d'autant qu'il a de quoi se remplir la pense avec toutes les espèces invasives qui ont été introduites ici. Poisson chat, écrevisses américaines, perche soleil et même silure, il y en a pour tous les goûts.

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Certains verrons d'un mauvais oeil l'arrive de se concurent de pêche, mais les chiffres sont clairs, 81 à 96% du poisson consommé par le grand cormoran ne l'est pas par l'Homme. Il n'y a de ce fait pas de quoi partir en guerre contre l'emplumé. La question devient plus complexe cependant quand il s'agit d'étangs surempoissonés, notamment pour la pêche sportive ou dans les pisciculture où la diversité des espèces n'a rien à voir avec ce que devrait être un peuplement piscicole. Dans ce cadre là, plutôt que d'incriminer l'oiseau, le plus simple est de mettre en place des installation pour limiter les dégâts, les tirs ne faisant que laisser la place libre à de nouveaux individus sans jamais régler le problème durablement.

DSCN4151Encore un changement de décor ! Nous voilà dans le marais de Saint Geoire en Valdaine, dont une partie fait partie de l'ENS des marais de Chirens. La zone est même classée en Natura 2000 comme le charmant Som. Nous n'avons jamais vraiment pris le temps de le visiter à cette période de l'année et nous prenons plaisirs à déambuler sur les sentiers longeant l'Ainan. Ce cours d'eau donnant son nom à la commune serpent en fond de vallée. Canalisé sous Napoléon 1er pour assainir la zone, il est alimenté par un canal creusé pour permettre aux terres de ne plus être constement immergées, laissant ainsi la possibilité aux habitants de cultiver les céréales. Parmi le cortège végétal, on trouve l'épiaire des bois (Stachys sylvatica). Parfois confondue avec les orties, elle n'en a ni les caractères urticants, ni le goût. Comestible, les jeunes somitées encore non fleuries peuvent être consommées crues ou en salades. Celles-ci ont un léger goût de cèpe ou du moins de champignons séché. Personnelement je la trouve délicieuse en soupe ou croquée sur le pousse en sortie. Les feuilles peuvent être consommées comme des légumes une fois blanchies à l'eau. Pour la récolter, il faudra s'y prendre avant juin, date de début de floraison de l'espèce. Il faudra également explorer les lisisères, les bords de chemins des bois frais et humides, les bosquets et les fossés ombragés, de préfèrence là où le sol est basique voire neutre.

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Toujours en lisière, voilà qu'un imposant sureau noir (Sambucus nigra) nous donne à sentir ses fleurs. Espèce pionnière, l'arbuste pousse là où le sol est mis à nu. Il se fait parfois rattraper au fil des années par d'autres essences dont des arbres de bois tendre qui finnissent par le couvrir de leur ombre et le faire périr. Les fleurs en beignets sont très appréciées. Les frutis plaisent aussi bien aux oiseaux qu'aux hommes. C'est sous forme de sirops et de confitures que les baies sont le plus souvent consommées. Il est aussi un très bon support pour l'oreille de judas (Auricularia auricula-judae), un champignon cousin des champignons noirs chinois.

DSCN4166Tiens, voilà un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui porte plutôt bien son nom. Minuscule, il pèce entre 8 et 16 grammes, soit en comparaison l'équivalence d'une à deux cuillères à soupe de farine. Celui-ci, le bec plein de mousse, est tout occupé à confectionner son nid. Avec un si petit oiseau à l'envergure de 15 à 17 centimètres, on peut peiner à imagine la taille des 5 à 7 oeufs rougeâtres qui y seront pondus.

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La couvaison dure deux semaines, et il faudra à peine plus de temps pour que les oisillons prennent leur envol pour quitter le nid rond caché au pied d'un arbre ou d'une souche dans la végétation. Le mâle en construits plusieurs au début du printemps et la femelle choisie celui qui lui plaît le mieux pou rinstaller sa famille.

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Juste au-dessus, le plus petit oiseau d'Europe est en observation. Il s'agit du roitelet triple bandeau (Regulus ignicapilla), qui avec ses 5 à 7 grammes est plus léger qu'une pièce de deux euros. Son chant est extrêmement dur à perçevoir, en particulier quand on a plsu de 25 ans, âge auquel une partie du spectre sonore est de moins en moins audible. Reste alors à chercher du regard dans les branches cette miniscule boule de plumes.

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Pour le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), il est l'heure de franchir le pas de l'autonomie. Ce tout jeune individu est encore nourrie sur une branche par ses parents mais devra apprendre très vite à se débrouiller seul. Il n'a pas encore la gorge rouge-orangé caractéristique de son espèce mais un plumage brun discret qui lui permet d'échapper au regard de ses prédateurs pour peu qu'il sache se faire discret.

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Je n'ai pas pu la voir en fleur cette année hélas et il ne me reste que son vert feuillage pour me consoller. L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est l'une de mes plantes préférées. Sa réputation de fleur de serpent ou d'herbe au fous vient de sa toxicité et de l'usage que les grecs antiques en faisait pour soigner la folie. Bien souvent le remède était pour le patient pire que le mal est pouvait mener à la mort ou à des crises de colique.

DSCN4206Des aspergettes !!! Je ne savais que sur la commune je pouvais en rencontrer. Moi qui aime tant ça, je m'apperçois que dans mon village d'enfance elle est présente. La plante est le plus souvent connue sous le nom d'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) mais surtout d'asperge des bois, bien qu'elle n'en soit pas une.

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Excellente comestible, à la manière d'un légume vert, il faut se montrer raisonnable sur sa récolte. En effet l'espèce est protégée dans de nombreux départements et régions ou/et soumise à réglementation. Aussi bonen qu'elle soit, la cueillette n'en vaut la peine que si la plante est abondante et non menacée. Il serait triste de s'en priver dans le futur à la manière dont cela est le cas pour d'autres espèces comme le sabot de Vénus.

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Les champs commencent à dorer. Alimentés par l'Ainan, ils seront récoltés très bientôt. Blé dur, avoine, orge et seigle, parfois un peu de maïs, on observe une belle diversité et j'ai toujours plaisir à voir que le lobby du maïs n'a pas encore transformé le paysage. La biodiversité, c'est aussi la multitude des cultures et des semences, même si on  tendance à observer ici qu'i lest rare de croiser plus de 2 ou 3 types de cultivars par espèce cultivée.

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Les champs font figure d'observatoire à rapaces. Les thermiques (vents chauds) qui s'y forment les aident à s'élever dans les airs sans peine pour au choix, observer les alentours pour chasser ou alors pour atteindre un point plus rapidement, particulièrement en période de migration. Ce jours là nous croiserons de nombreuses buses variables (Buteo buteo) et quelques jeunes milans noirs (Milvus migrans).

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Nous quittons le marais de Saint Geoire en longeant le mur qui sépare le cimetière du chemin. Au sommet d'un tombeau familliale, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) chante. Il se différentie de la femelle par ses couleurs flamboyantes et les notes qu'il laisse échapper de son bec. Très répandu, on le rencontre essentiellement dans les zones plus ou moins boisées où il trouve des larves, des insectes, des graines et des bourgeons pour se nourir.

DSCN4223Nous sommes sur le départ. Néanmoins nous prenons le temps d'un après-midi pour découvrir une autre facette du Natura 2000 de l'Ainan, en partant cette fois du côté de Chirens à travers l'ENS du marais du même nom. Le site ne paye pas de mine et pourtant, il est un trésor fabuleux. Il y a 12 000 ans de cela, la lieu était un immense lac devenu aujourd'hui une tourbière. Bien plus tards, des celtes aux nom d'Alobroges sont venus s'intaller sur les collines alentours. On peut encore trouver les traces d'habitats collectifs si on s'aventure dans les bois. Pour en revenir au site, il est fort précieux pour des espèces rares et protégées dont la liparis de Loesel (Liparis loeselii), une orchidée discrète. Un projet routier à longtemps menacé le marais, et après maintent manifestations et recherches de solutions, aucune route ne prendra place ici mais un grand pont qui désengorgera le coeur du village des voitures.

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Côté végétaux, deux grands classiques pointent le bout de leur nez : le phragmite austral (Phragmites australis) appelé aussi le roseau commun et le sureau noir (Sambucus nigra). L'un comme l'autre sont précieux aux oiseaux. Ceux-ci y nichent, y trouvent de quoi se nourrir et s'en servent comme perchoir pour attirer les femelles et défendre leurs territoires par le chant. Le cas échéant et s'il le faut, cela peut se faire à coups de bec et de griffes.

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Nous arrivons au complexe des mares, où un observatoire nous permet d'admirer les animaux sans les gêner. Au milieu des plantes aquatiques, des dizaines de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris). Ceux-ci se reconaissent à leur ventre orange vif. Pour différencier mâle et femelle, il faut recarder le profil de la queue. Chez monsieur, elle se termine de manière effilée là où chez madame elle prend fin de manière abrupte.

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C'est le retour de la grenouille verte (Pelophylax sp). La mare en est remplie. C'est un vrai concert. L'enjeu pour les mâles chanteurs ? Séduire une femelle afin de féconder les oeufs. Chez les grenouilles, la reproduction est externe. Le mâle aggripe solidement la femelle par les aisselles et féconde la guirlande d'ovocytes (ovules) de la femelle. Ces derniers deviennent alors des oeufs qui donneront des têtards 7 à 16 jours plus tard.

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Un petit lézard des murailles (Podarcis muralis) bronze tranquillement. Les mâles à la saison des amours prennent un joli ventre orange, comme pourrait l'être celui d'un triton alpestre. Néanmoins les deux animaux ne sont pas affiliés et les similitudes s'arrêtent là. Là où le triton appartient à la famille des amphibiens et vit en milieu aquatique, le lézard appartient à celle des reptiles et aime les zones ensolleillées et vit sur la terre ferme.

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C'est le grand bal des libellules. Ne vivant pas plus d'une année, souvent même quelques mois si entre temps elles ne se font pas becter, leur objectif est simple : se reproduire au plus vite. À la manière des oiseaux, les mâles défendent un territoire de reproduction, parfois même un territoire de chasse.  Féroces prédatrices à la même manière que les larves, se sont de véritables tigres des airs qui s'attaquent à de gros insectes.

Chapitre 3 : Le lac.

Pour prendre un peu de fraîcheur en pleine été : passage par le lac d'Aiguebelette.

DSCN4316Nous voilà côté Savoie, à Aiguebelette, lac mythique et parmi les plus chauds d'Europe, ce qui lui vaut à la belle saison de voir ses berges noircir de monde. L'été n'est pas encore là mais il serait presque possible de se baigner tant le soleil tape fort, d'ailleurs certains s'y essayent. Nous sommes tout début juin. C'est la fin du printemps, un temps que nous n'avons pas véritablement connue cette année. Le lac est celui de mon enfance, là où adolescente je passais tous les étés avec les copines à bronzer, à faire du pédalo et à pique-niquer. Aujourd'hui nous y sommes entre amis pour en découvrir la faune et la flore. Le restau-buvette est fermé et sa terrasse devient un observatoire du quel nous pouvons poser notre longue-vue avant de nous aventurer sur la plage. Des grèbes, quelques cygnes et goléands, l'avifaune n'est pas au rendez-vous mais rien de grave, car il y a bien d'autres choses à voir ici.

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Les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) ont profité de l'absence de touristes et de promeneurs locaux pour nicher dans la toiture de la terrasse. Une dizaine de nids constitués de boue et de brindilles. Construie en forme de vasque, il sera employé pendant plusieurs années et rafistolé à chaque retour de migration. 4 à 5 oeufs roses tâchetés y seront pondus. Les oisillons qui en sortirons seront autonomes au bout d'une vingtaine de jours.

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Cette espèce se différencie facillement des autres hirondelles de par ses cris de contacts mais surtout par sa gorge rouge, son collier, son dos et sa tête noir ainsi que son ventre blanc crème. En France, on ne peut las confondre qu'avec une autre espèce, assez rare et localisée dans le sud, l'hirondelle rousseline (Cecropis daurica) qui ne possède pas de collier noir ni de gorge rouge mais une nuque rousse et le croupion crème.

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Présente presque partout dans le monde, l'hirondelle rustique en se trouve en France qu'entre mi-mars pour les plus précoces et fin sptembre pour les plus tardives. Cette sur cette période qu'elle entame sa reproduction avant de rejoindre l'Afrique sub-tropicale, certaines pouvant aller jusqu'en Afrique du Sud. En Inde, en Egypte, en Chine ou sur l'Equateur, certaines populations sont grégaires et ne migrent plus comme leurs consoeurs.

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Un peu d'histoire sur le lac. Il s'agit ici du 7e plus grand lac naturel de France, fruit de dépôts de sédiments à l'ère de dinosaures, quand la région n'était alors qu'une vaste mer aux températures tropicales. Vient alors l'ère tertiaire, avec l'élévation des montagnes qui formes la valée puis l'ère quaternaire avec l'appartion de grands glaciers qui par leur travail creuses la cuvette du lac qui se remplir avec l'eau de leur fonte. Aujourd'hui, c'est avant le Tier, un petit cours d'eau, qui est son alimentation principale et lui permet de se maintenir en eau, bien que le niveau baisse à vu d'oeil d'année en année, entraînant à chaque fois le recul lent mais certains des roselières.

DSCN4325Il faut savoir que de manière naturelle, la plus part des lacs sans intervnetion humaine voient leur niveau d'eau fluctuer au fils des saisons. Pour limiter les crues et autres innondations, celui-ci est maintenu stable pour éviter toute mauvaise surprise mais aussi pour tirer au mieux profit de cette ressource. Ce qui inquiète ici, c'est que peu à peu ce niveau d'eau descend sans jamais revenir à son point initial. Cela pose soucis à la végétation qui en dépend et qui fini par dépérir dans les zone où l'eau ne vient plus, réduissant ainsi les habitats naturels dont ceux de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) du lac. Nous avons changé de rivage pour les observer. Il est aisé de voir qu'ee moins d'une décinie, le lac à perdu 60 centimètres. C'est un vrai problème écologique mais aussi historique, cette baisse métant comme pourle lac de Paladru, les vestiges humaines en bois et préservés du temps jusqu'à lors par les eaux. En se retrouvant à l'air libre, leur dération reprend et c'est ainsi que l'on perd un pan de notre histoire.

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Nous sommes tout au nord du lac, à une dizaine de kilomètres de Chmabéy. Poutant, ici c'est la pleine natue si on exclu le passage non loin de l'autoroute et le grand parking acceuillant les cyclistes (le tour du lac est en grande partie longé d'une piste cyclabe) et des kayakistes. Cachés sous les arbres, nous pouvons admirer d'assez prêt le vol d'un milan noir (Milvus migrans) et d'un héron cendré (Ardea cinerea) cherchant un peu de tranquilité.

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Enfin, nous arrivons dans une crique calme et discrête, le lieu parfait pour faire de l'affût à une exception prêt : les mosutiques. Nous nous en sortons avec de nombreuses piqûres et notre aùie avec une main gonflée, de quoi être découragés de passer un moment au bord de l'eau. Quelques animaux profites des bancs vaseus maiis il faut se rendre à l'évidence : c'est l'hiver que le secteur à le plus d'intêret si on souhaite faire de belles observations. Cependant nous somems tirés pendant un instant de nos pensées par le passage et les cris d'un magnifique martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) femelle bine trop dynamique pour se laisser prendre en photo.

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Non loin de là, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) en plumage nuptial est occupé à plonger. Carnassier, cet oiseau se nourrie surtout de petits poissons, d'insectes et de larves qu'il attrape soit dans l'eau, soit en fouillant la vase et la végétation auqatique dont les racines d'arbres. Quand le période de reproduction s'achève, il perd sa belle colerette de plumes noires et rousses pour retrouver des tempes blanches et une calotte noire.

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Avant de quitter le lac, nous nous arrêtons à l'estuaire du Tier qui se trouve sur le sentier du retour. Parmi la végétation et les arbres tombés suites aux neiges de l'hiver, une famille de canards colverts (Anas platyrhynchos) se repose sur un tronc immergé. C'est là que la camouflage des cannetons prend tout son sens. Nous avons bien du mal à les voir, malgré leurs cris et leur agitation. On peut alors imaginer la peine qu'un prédateur venu du ciel peut avoir pour les repérer, même pour l'oeil aiguisé d'un rapace.

DSCN4334Changement de décor ! Nous revoilà dans la plaine de la valdaine. Le weekend nous semble si court, il y a tant à faire et à voir ! Nous partons entre amies explorer la forêt toute proche. Nous avons pour obsjectif de tremper les pied dans l'Aigueblanche. Long de 5,4 kilomètres, il relie les communes de Saint Geoire en Valdiane et de Merlas. Pour un peu d'éthymologie, le terme Aigueblanche définiti un ruisseau riche en clacaire et transformant en tuffe les plantes et sédiements entrant en son contact. De se fait la gorge où serpente l'Aigueblanche donne m'impression quand on s'y promène d'arpenter une caverne à ciel ouvert, carverne à laquelle s'ajoute de nombreuses cascades. Enfant, j'ai pu beaucoup arpenter la rivière, jusqu'à l'inondation de 2002 rende beauoup moins accessibles ses rives. Cependant chez nous nous ne parlons pas d'aller à l'Aigueblanche mais au Ga'blanc ou encore au Ga(r)blanc. Il y a peu de traces de cette allocution, celle-ci pourrait venir du celte allobroge "bois" ou "bois sacré". Ainsi quand on va au Ga'blanc, on va au bois blanc ou au bois sacré blanc. De quoi faire naître dans notre immaginaire bien des légendes. Bien d'autres hammeaux et lieux-dits tirent leur nom des anciennes langues celtiques parlés jadis ici.

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Une chevrette (Capreolus capreolus), la femelle du chevreuil, broutte tranquillement. Au premier coup d'oeil elle semble seule et pourtant ... deux adorables faons sautent de part en part autour d'elle. Ils sont vivaces mais bien petits, leurs oreilles dépassent à peine des herbes hautes et nous peinons à les voir malgré leurs nombreuses tâches blanches qui tranchent avec le vert ambiant. D'ordinaire, une chevrette met au monde un petit, et la gémellité sans être rare reste peu commune à l'espèce bien qu'elle soit fréquente dans le secteur.

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Quand elle est sur le point de mettre bas ou accompagnée de son ou de ses petit(s), la chevrette va adopter un comportement solitaire voire farouche. L'hiver par contre, elle peut se regrouper avec d'autres chevreuils pour former de petits hardes d'une dizaines d'individus. Dans le Grand Est, où la population est relativement importante vis-à-vis du territoire, les individus peuvent se ressembler en des troupes de 20 à 35 animaux.

DSCN4350 (3)Au détour du chemin des forestiers, un éclair bleu et vert file devant nous pour se réfugier dans les herbes du tallus. Il s'agit du lézard à deux raies (Lacerta bilineata), anciennement appelé lézard vert, espèce dont il a été discocié depuis. Je suis plus ravie que d'ornidaire d'en rencontrer un car cela fait depuis mes 13 ans que je n'en ai pas vu ici, autant dire une bonne quinzaine d'années. Si au premier abord il semble commun, il faut savoir qu'on ne le trouve que dans quelques pays d'Europe occidentale comme le nord de l'Espagne, le sud de la Suisse ou encore l'intégralité de l'Italie et de la Sardaigne. En France il est absent dans une partie du Nord Est. Facile à reconnaître, il se démarque par sa grande taille, ses écailles vertes mouchetées de noir et sa gorge bleue pour le mâle. Les juvéniles ont deux bandes brunes ou blanchâtres sur le dos ce qui vaut à l'espèce son nom de lézards à deux raies. On le nom également lézard vert occidental ou lézard à deux bandes.

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Nous quittons la prairie pour rentrer dans le bois. Dès notre arrivée nous avons une belle suprise. Devant nous se trouve la loge d'une famille de pics épeiches (Dendrocopos major). Celle-ci est occupée. C'est le cri des petits à l'arrivée des parents avec de la nourriture qui a attiré notre attention. C'est la toute première fois que j'ai l'occasion d'observer ce spectacle pour cette espèce, ayant par le passé déjà observée de tous jeunes oislilons de pics noirs (Dryocopus martius) et de pics verts (Picus viridis) êtres nourrient au nid.

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Un rosier pousse dans une trouée ensolleillée. L'identification des rosiers sauvage est toujours très difficile et j'ai eu bien du mal pour celui-ci. Mon choix n'est pas arrêté, mon coeur balance entre le rosier des champs (Rosa arvensis) qui croît en milieu forestier un peu partout en France, et avec le rosier à styles agglutinés (Rosa stylosa) qui aime les sols argilo-calcaires ensoleillés. Cependant, ce dernier est absent en Isère. Voilà le choix fait.

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Nous arrivons au torrent et retrouvons le vieux sentier emporté par l'innondation de 2002. Il semble avoir été réabilité. Nous décidons de l'emprunter pou voir jusqu'où il mène. Nous voilà donc à longer les cascades, les ruisseaux et les pentes abruptes. Par endroits, le chemin laisse place à d'épais buissons de ronces sur lesquels nous nous aggripons les manches. Tout ce qui croise notre regard à des traits de vanités. Une boîte cranienne de chevreuil fait face à la belle et vénéneuse ancolie commune (Aquilegia vulgaris), une image digne d'un tableau.

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L'épisode forêt se termine déjà. En arrivant à la lisière nous tombons sur une espèce qui m'est totalement inconnue. Après avoir longuement cherché, je suis tombée sur l'astragale réglisse (Astragalus glycyphyllos) et je suis rassurée par le fait qu'elle soit indiquée comme présente dans le secteur selon la base de donnée de l'INPN. Cette plante à fleurs peut faire jusqu'à un mètre de haut et se développe sur les sols riches et plutôt secs.

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Avant de nous aventurer en direction de l'Aigueblanche à nouveau, nous observons une buse variable (Buteo buteo) qui nous survole. Cette espèce s'adapte à une grande variabilité de milieux. En effet elle figure parmi les rares prédateurs à pouvoir s'accomoder aussi bien des plaines céréalières cultivées en intensive que des bocages traditionnels où les pâtures sont séparées les unes des autres par des haies. Celle-ci semble avoir perdu une rémige sur l'aile gauche. Avec un peu de chance nous tomberons dessus.

DSCN4371Nous voilà dans les gorges étroites de tuffe du torrent. Le lieu m'a toujours faciné et semble faire office de lieu de rituel plus ou moins glauques. Enfant avec l'un de mes frères, nous avions trouvé un porc égorgé sur le filet d'eau. Autant dire que nous avons détalé sans demander notre reste.

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Quelques années plus tard, c'est une poule blanche sans tête qui prennait place au même endroit, avec à quelques lieux d'elle quatre crânes de renards posés à la même roche. Depuis, et heureusement, je n'ai pas eu à nouveau de telles mésaventures. L'endroit reste splendide pour se baigner, observer le cingle plongeur (Cinclus cinclus) qui niche ici ou juste se rafraîchir en admirant le filet d'eau.

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Nous en sommes à plus de 3 heures de marche et de nombreux kilomètres. Il est temps de faire une pause à la maison familliale. Sur le retour, en longeant la route goudronnée, nous prenons le temps de regarder le flore des tallus. Deux espèces s'illustrent superbement. À gauche, l'orchis de Fusch (Dactylorhiza fuchsii) qui se différencie des autres orchidées du genre Dactylorhiza par son labelle très étroit. À droite, la digitale jaune (Digitalis lutea). Elle pousse, à la différence de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), sur les sols calcaires, souvent à à l'étage collinéaire. Très toxique, elle était utilisée autrefois pour soigner les problèmes cardiaques.

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C'est la fin de journée. Nous montons au lac de Saint Sixte. Les hirondelles sont en forme et piaillent dans tous les sens. Les promeneurs sont nombreux. Quelques baigneurs se chamaillent et tentent la plongé bien que le lieu soit interdit à la nage. Les pêcheurs les regardent d'un mauvais oeil. Les vagues et les cris ont fuir les poissons dans le fond et entre les herbiers. Ils ne sont alors plus réceptifs aux appâts et hammeçons lancés dans l'eau.

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Nous fillons comme la dernière fois à la tourbière de l'étang. Les iris des marais (Iris pseudacorus) sont en pleine floraison, fleurissant de jaune les berges des canaux. Emergeant à la surface, les hampes et les feuilles des trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) montrent que l'espèce n'est pas encore prête à fleurir. Protégée, elle n'a rien à voir avec la famille des trèfles, les Fabacées, mais avec celle des Ményanthacées.

DSCN4388Nous prenons un peu de hauteur. Depuis la colline qui surplombe Saint Sixte, nous avons une vue superbe sur le vol des rapaces, sur les montagnes et sur une grande partie de la commune de Saint Geoire en Valdaine. De-là, il est possible d'observer l'un des 7 châteaux du village dont la moitié sont en réalité des maisons fortes. Certaines ont joué un rôle important pendant la révolution en protégéant les bien de l'Eglise et de la royauté, d'autres dans l'éducation des filles de la grande noblesse fançaise. Un héritage qui peut se visiter à travers le sentier des 7 châteaux. Ce sentier passe l'église du village. Classée, elle fût hérigée entre le XIVe et le XVe siècle sur l'emplace des ruines d'une église du XIIe siècle, date à laquelle fût églamenet hérigée l'église de Saint Sixte dont les fondations prennent leurs bases sur un ancien temple romain dédié au dieu Bacchus. Plus tard, les pères chartreux prendront possession du lieu en créant les étangs de pêche de Saint Sixte et celui des Charteux situé à quelques lieux plus loins.

DSCN4395Nous voilà le dimanche matin, nous n'avons plus que quelques heures avant de retourner à Lyon. Nous sommes très motivés à mettre à profit le temps qu'il nous reste avant de partir. Avant d'enfiler les chaussures de randonnée, nous prennons le temps de regarder le bassin du jardin. Un superbe nénuphar ornemental (Nymphaea sp.) est en pleine floraison. Sous ses larges feuilles, deux jeunes perches soleil (Lepomis gibbosus) se mettent à l'abris de la chaleur.

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Nous voilà de retour au marais de Saint Geoire en Valdaine. Dés l'arrivée nous sommes aceuillis en grande pompe. Une énorme couleuvre vipérine (Natrix maura) sort de l'eau et part s'abriter entre les racines d'un aulne glutineux (Alnus glutinosa). Quand il s'agit de serpents, c'est toujours la panique pour bien des personnes et pour l'animal, l'issue est hélas fatale. Pourtant les couleuvres sont complétement innoffensives et les vipères, rares et timides, n'ont pas fait de victimes depuis 20 ans en France métropolitaine (hormis chez les spécialistes qui les manipulent). Pour en revenir à notre vipérine, elle tient son nom de ses nombreuses ressemblances avec les vipéres, notament au niveau de la tête triangulaire et de la queue épaisse.

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La vipérine se nourrie essentiellement de poissons et parfois d'amphibien. Ce mulot (Apodemus sp.) de ce fait n'a pas été victime du serpent qui se dore la pillule non loin de là. Il est plus probable que la cause de sa mort soit l'innondation de sa galerie par l'Ainan et/ou par la pluie des jours précédents. Ici on peut reconnaître le mulot à sa longue queue et à ses oreilles rondes. Pour l'espèce, il faudra regarder du côté des dents, chose difficile ici.

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Nous voilà à nouveau devant les grenouilles vertes (Pelophylax sp.). En rive de marais, elles se dissimulent dans la végétation et sautent à l'eau à la moindre alerte. Comme le montre les images, les grenouilles vertes ne sont pas toutes ... vertes. Ici les individus portent une ligne verte sur le dos et les tympans bien marqués, laissant penser que nous sommes en présence de la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus).

DSCN4420Mon frangin et mon bien-aimé sont à l'affût. Nous sommes devant un champ fauché. Des tariers pâtres (Saxicola rubicola) sont à la recherche d'insectes en famille autour des bottes de paille. Des bergeronettes grises (Motacilla alba) suivent la même démarche.

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Pour ma part je suis peu attentive. La lisière est un formidable terrain de jeux pour moi. Mon pauvre Thomas en fait les frais. Le gaillet gratteron (Galium aparine) est une plante collante par sa multitdes de poils aggripants. Clea permet à la plante de se faire transporter avec ses graines sur de longues distances par les animaux qui s'y frottent. Manque de pot pour ce gaillet, c'est sur un humain qu'elle est tombée. Cela aurait pu être pire, car comestible, elle aurait pu finir dans une assiette.

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Les insectes sont nombreux. Papillons, scarabées, guêpes, coccinelles, libellules et fourmis, c'est tout un peuple qui grouille sous nos pieds. C'est un monde qui me fascine mais auquel je suis encore que trop peu formée. Néanmoins, mon drôle d'été me premettra de mettre à profit mon temps pour m'exercer aux papillons et aux criquets même si cela reste très léger. Peut être que les semaines à venir seront mises à profit à cela.

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Dans les marais, les fruits des groseillers à grappes (Ribes rubrum) commencent à murir. L'espèce est inféodée aux zones humides et ombragées. On le rencontre partout en France hormis dans le Sud du pays et certaines départements des Pyrénées. Comestibles, on fait de délicieuses confitures des baies. Traditionnellement, elles sont associées au gibier de retour de chasse dans des sauces chasseur ou dans dans les farces.

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Ces fruits font aussi le plaisir des oiseaux. Cependant, ces deux-ci ne sont pas intérréssés par les groseilles à cette période de l'année. Il s'agit à gauche du roitelet triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe. À droite, il s'agit d'une femelle pinson des arbres (Fringilla coelebs) reconnaissable au croupion vert-olive. Pour l'heure, ils se concentrent sur les invertébrés pour nourir leur nichée.

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Le feuillage est bien vert. Bientôt il flétira sous le coup de la sécheresse. Pour la 3e année consécutive, la canicule s'installe en Isère, un record dans l'histoire et qui ne va pas sans changer durablement le paysage. C'est sur ce constat que nous retournons en région lyonnaise, là où tout a déjà grillé et où les pelouses jaunes n'abritent plus beaucoup d'animaux à observer. Heureusement les vergers font forme d'un réservoir en biodiversité riche.

Chapitre 4 : La campagne.

Pas de vacances en vue, juste le plaisir d'une sortie en famille.

DSCN5015Nous sommes le 1er juillet. Nous voilà une de fois de plus en Isère pour un grand rassemblement familliale. Nous enfillons nos chaussures de randonnées pour partir explorer les alentours. Sur une haie toute proche, un rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) prend la pose. Il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à son front blanc qui lui donne son nom. Celui-ci s'adonne à la récolte de fourmis et de petits insectes dans la pelouse pour nourrir les oisillons de son nid qui se trouve un peu plus loin, caché entre deux poutres d'un toit, dans le renfocement du mur. La femelle est plus discrète, avec un plumage brun qui peut entraîner une confusion avec la femelle du rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros). Forestière, l'espèce est le plus souvent discrète voire farouche. Présent parfois dans les jardins, c'est toujours à proximité d'un milieu boisé qu'il s'installe. C'est là qu'il trouve les chenilles et les araignées dont il se nourrit. Migrateur, on le voit partir aux alentours d'août à septembre, souvent par petits groupes.

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Très présent en Eurasie, le rouge-queue à front blanc se rencontre aussi dans une grande partie de l'Afrique, en particulier l'hiver où de nombreux individus venant d'Europe et du Moyen Orient. Ils trouvent là de nombreux insectes pour se nourrir, alors qu'en France ils se font absents à cette période de l'année. Cependant avec les douceurs hivernales, ils sont de plus en plus nombreux à rester et à stroper leur migration.

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Voilà la plus belle rencontre de l'Isère pour cette année avec la couleuvre vipérine (Natrix maura) et l'affût aux renards roux (Vulpes vulpes), qui bien que je n'ai pu le filmer ou photo, reste le plus beau moment de l'année. Il s'agit d'un couple de pies-grièches écorcheurs (Lanius collurio), une espèce fascinante, pas des plus communes et même en forte régression. Brune est grise, la femelle ne porte pas la calotte bleue-gris du mâle et son masque n'est pas noir mais brun. Le bec de l'oiseau est crochu et croisé, lui permettant ainsi d'attraper ses proies.

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Son nom de pie-grièche écorcheur vient de son trait de caractère à accrocher sur les épines des arbustes et sur les fils barbelés les jeunes lézards, les petits campagnols, les sauterelles et les gros insectes dont il se nourrie. Bon constructeurs, le mâle et la femelle réalisent le nid en 4 à 6 jours. Les cris de ce couple laisse penser qu'un nid est en construction ici. Nous n'avons pas pu l'affûter cette année, peut être l'an prochain.

DSCN5022Dans le voisinage, quelques hirondelles rustiques (Hirundo rustica) nichent sous les toitures d'une vieille grange. Deux nids de boue, de paille et de salive sont solidement accrochés au plafond. Enfant, il y en avait un peu partout dans le hameau dont la maison familliale. La fermeture des bâtiments, la rarefaction des insectes, l'emploi d'insecticides puissants et l'homogénéisation des cultures ont conduit en 2 ans à la disparition de la plupart des nids. En 30 ans et en fonction des régions, 30 à 50 % des hirondelles rustiques de France ont disparu. Fort de ce triste constat, il est néanmoins possible d'agir. Les nids et les hirondelles peuvent être ressencés facilement sur l'application pour téléphone Naturalist ou sur le site Faune-France pour ce qui est de l'ordinateur. Un tour de quartier à pied, une balade dans les champs à vélo sont tout autant d'occasion de faire un rapide inventaire des hirondelles d'un secteur.

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Nous partons sur la plaine agricole. Une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) a pris d'assaut les abords. Joyeux lurons, ils font un raffût pas possible dans les buissons, mais sont capables de faire le silence complet au passage d'un prédateur ou d'un troupeau d'humains comme le notre. Ici, il s'agit d'une femelle, le mâle étant doté d'une gorge-noire et d'une calotte d'un brun foncé et non d'un plumage grisâtre comme ici.

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Nous sommes restés presque 30 minutes devant ce buisson, en espérant y retrouver le couple de pie-grièche écorcheur vu il y a quelques semaines, mais surtout, pour nous assurer qu'il ne s'agit pas de moineaux friquets (Passer montanus). Cela fait 2 ans que nous les cherchons sans les trouver. Autre fois commune, l'espèce est devenue rare en France même sa population reconnaît un peu de regain dans d'autres pays. La disparition des campagnes traditionnelles est l'un des facteurs principaux à la raréfaction de cet oiseau.

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Un autre passereau pointe le bout de son bec. Il s'agit du chardonneret élégant (Carduelis carduelis), un oiseau coloré de jaune, de rouge, de roux, de blanc et de noir. Commun dans les milieux boisés ouverts, il n'hésite pas à à se promener dans les pelouses et les champs fauchés pour trouver les graines dont il se nourrit. Exclusivement granivore, il ne chasse des insectes uniquement au printemps, pour nourrrir ses oisillons qui ont pour se développer, besoin d'un fort apport en protéine et de manière rapide.

DSCN5072Changement de décor, nous sommes à nouveau au marais de Saint Geoire en Valdaine. Décidément, nous ne quittons pas ce petit coin de fraîcheur. Nous sommes au carpodrome qui longe la zone humide et qui accueille chaque weekend les pêcheurs dans de grandes compétitions.

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Sur les scrophulaires (Scrophularia sp.), de nombreuses chenilles de  la cucullie des scrofulaires (Shargacucullia scrophulariae) font bonne riplaille. Visibles entre juin et septembre, elles se nourrissent exclusivement de scrophulaires et parfois de molènes (Verbascum). On la reconnaît à sont corps bleu  et à ses taches rondes jaunes et noires. Le papillon adulte ne peut être distingué de la cucullie du bouillon blanc (Shargacucullia verbasci) que par l'examen des parties génitales.

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Un petit cri nous fait tourner la tête. Il s'agit d'une jeune fauvette des jardins (Sylvia borin) qui vient de quitter le nid et qui attend patiemment que ses parents viennent lui apporter de quoi se nourrir. Il lui faudra vite apprendre à se débrouiller toute seule car cette courte période de transition ne dure pas plus de 2 à 3 jours. L'épreuve sera encore plus grande pour elle quand la fin de l'été arrivera et avec elle, la première migration.

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Un héron cendré (Ardea cinerea) nous survole. Haut de 1 mètre et pouvant atteindre pour les plus grands une envergure de 1,95 mètres, il concurrence dans ces dimensions le hibou grand-duc (Bubo bubo). Néanmoins il est bien plus frêle et peut finir comme repas dans le nid du rapace nocturne. À cette période de l'année les premières nichées prennent leur envol. Les jeunes se reconnaissent à leur calotte grise et leur bec terne.

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Un beau mâle de libellule déprimée (Libellula depressa) est posé sur un roseau. Il vient tout juste de sortie de son enveloppe extérieur dans laquelle il a vécu sous forme de larve, sous l'eau pendant une à deux années. Cette peau vide et sèche se nomme l'exuvie et se trouve dès fin avril jusqu'à septembre selon les espèces, sur la végétation. Leur étude permet de déterminer les espèces de libellule (Odonates) présents dans un secteur.

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Nous partons cette fois pour de bon. Une buse variable (Buteo buteo) nous accompagne. Nous avons passé de belles soirée, croisé le regard des chevreuils et des renards, mis les pieds dans l'eau des ruisseaux et chercher les rares champignons de la fin du printemps. Ce bol d'air frais nous a fait du bien et nous a tiré de cette période un peu difficile que nous avons tous vécu. Un bain de nature, il n'y a rien de plus précieux pour le moral.

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samedi 21 septembre 2019

Sortie en montagne 25 : les Écrins.

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L'été est là, c'est le moment des grandes explorations en montagne. Nous voilà partis pour 3 jours dans les Écrins, 3 jours sur les lieux que j'ai connu il y a 9 ans de cela et que j'avais à coeur de faire découvrir à mon bien-aimé, pour y graver là des souvenirs indélébiles. Nous n'avons pas été déçus, le voyage fût fabuleux et nous avons pu découvrir une multitude d'espèces. Arrivés peu avant la tombée de nuit, quatre chamois (Rupicapra rupicapra) nous accueillent de leur silhouette, un moment magique et unique qui se renouvellera le soir suivant. 

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Visite du village peu avant manger. L'église de Villar d'Arêne, commune où nous logeons est sur le point de s'effondrer en raison de malfaçons. De larges fissures lézardes les murs, mettant à nu les fossiles des pavés de calcaire qui la composent. L'entrée toujours ouverte, sert de reposoir à une hirondelle rustique (Hirundo rustica) pour la nuit.

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Une autre hirondelle peuple le hameau, l'hirondelle des rochers, une espèce des falaises au plumage terne qui se plaît aussi sur les habitations qui offrent de nombreuses failles et recoins et où, les oiseaux peuvent y installer leur nid fait de boue, d'herbes et de salive. À la différence des hirondelles rustiques, elle n'a pas besoin de s'engouffrer plus en profondeur dans les greniers et dans les granges. Insectivore elle aussi, elle chasse les moucherons, les moustiques et les petits insectes volants très présents dans le coin en raison des nombreuses étables qui se trouvent autour du village et des champs de pâtures où bon nombres arthropodes se développent.

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Nous arrivons au sommet du col du Lautaret, à 2085 mètres d'altitude. Nous sommes accueillis au point culminant par une bergeronnette grise (Motacilla alba) en chasse dans la prairie fleurie. Très souvent liée à l'eau, elle semble tirer profit ici des nombreux ruisseaux montagnards. Énergique, on la reconnaît comme toutes les bergeronnettes aux soubresauts incessants de sa queue quand elle est posée au sol et à son vol onduleux.

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Une belle surprise nous attendait aux abords du jardin alpin, la polémoine bleue (Polemonium carerulum). Inconnue dans les Hautes-Alpes, celle-ci s'est échappée des collections botaniques. Protégée nationalement, elle est extrêmement rare mais doit être désherbée localement.

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Il arrive ça et là que certains plants soient entièrement blancs, un peu comme chez la bourrache. D'ordinaire, la plante se rencontre dans les prairies et fonds de vallées humides jusqu'à 2000 mètres d'altitude dans les régions de l'Alsace, du Massif Jurassien ou encore du Cantal et de la Haute-Garonne. Elle est parfois appelée valériane grecque en raison de ses feuilles un peu similaire, elle n'est pas native de Grèce et elle n'appartient pas à la famille des Valérinanacées mais à celle des des Polemiacées au même titre que les phlox, beaucoup plus connus. On compte 27 espèces de polémoines dont, d'après mes recherches, une seule espèce serait présente en France, la fameuse polémoine bleue que voici.

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Moment d'émotion, un vautour fauve (Gys fulvus) nous survole. Nous en verrons pas loin d'une quarantaine pendant notre séjour. Ce matin là, nous sommes chanceux, les rapaces ayant plutôt l'habitude de s'élever dans les airs depuis le plateau voisin. Par trois, puis par dix et au final, par trente, ils ont tranquillement pris les courants d'air chaud pour partir à la recherche de leur nourriture. Nécrophage, leur rôle est essentiel.

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En débarrassant les montagnes des carcasses d'animaux morts, ils jouent aux éboueurs, empêchant l'apparition de zoonoses (épidémies du bétail) et la pollution organique des points d'eau potables. Cependant ces animaux protégés sont encore accusés de nombreux actes et maux dont ils ne peuvent être à l'oeuvre. Les préjugés ont la vie dure, on peut lire ça est là qu'ils capturent des animaux encore vivants, chose dont ils sont incapables du fait de leur pattes et serres trop peu puissantes. On peut aussi entendre qu'ils effrayent volontairement le bétail pour le précipiter dans le vide ou qu'ils peuvent en vol venir prélever des lambeaux de chair sur les promeneurs ... ces idées infondées et fausses ont conduit à l'éradication de ces animaux de nos montagnes, et de même pour les trois autres vautours français. Revenant peu à peu mais encore menacés, la sensibilisation semble être désormais la meilleure arme pour que ces oiseaux majestueux puissent continuer à faire partie de notre patrimoine. Les mentalités changent, et des placettes de nourrissage voies le jour sous l'impulsions des agriculteurs et des naturalistes. Remplaçant les équarrisseurs, elles permettent aux oiseaux de se nourrir, aux exploitants de gérer les pertes à moindre coûts et aux villes de maintenir la sécurité sanitaire.

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Si le jardin alpin du col du Lautaret est si connu, c'est d'une part pour son emplacement et la longévité (120 ans!), mais d'autre part, pour les espèces rares et exceptionnelles qu'il acceuille. Ci-dessus, je vous propose de découvrir de gauche à droite 4 fleurs hors normes qui font bien souvent le bonheur des visiteurs. 1 : Le mulinum épineux (Mulinum spinosum) est une espèce d'Amérique du Sud, épineuse mais prisée pour le bétail en raison du goût particulier qu'il donne à la viande, surtout chez les lapins. On la nomme localement neneo 2 : Le pavot bleu de l'Himalaya (Meconopsis betonicifolia), une espèce très rare et qu'ont ne peut voir que dans 10 à 15 jardins en Europes. Son succès tient à sa couleur si particulière. 3 : L'iris de Sibérie (Iris sibirica) est une espèce résistant à des températures artiques. 4 : La primevère à fleurs d'un seul côté (Primula secundiflora) porte peut être le nom vernaculaire le plus long parmi toutes les espèces présentées.

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Pour finir cette visite, voici deux petits passereaux communs aussi bien en plaine qu'en montagne, granivores et qui tirent profit des nombreux arbres à graines et conifères plantés il y a des dizaines d'années de cela. À gauche, un chardonneret élégant (Carduelis carduelis) posé sur un pin à crochet (Pinus uncinata) observant les visiteurs. À droite, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) dans la même position et tout aussi curieux.

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Nous quittons les sentiers battus pour en rejoindre d'autres, ceux de la montagne pour une randonnée calme mais riche, à la découverte du lac du Pontet et de l'Aiguillon. La boucle fait un peu plus de 3,8 kilomètres et le dénivelé approche les 500 mètre, rien de très compliqué en somme, mais comme toujours, quand on a l'appareil photo en main et les jumelles autour du coup, les minutes peuvent vite devenir des heures.

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La grande astrance (Astrantia major) figure parmi les plus belles fleurs de nos montagnes. Fine, délicate, gracile ... bien des adjectifs peuvent lui être attribués. On la reconnaît à ses fleurs blanches et violines, perchées sur des tiges hautes de 30 à 90 centimètres. D'ordinaire présente dans les zones ombragées voire en limite de bois, elle pousse ici en prairie bien exposée, mais très humide. Leur floraison prolongée égaie les jardins anciens.

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La gentiane champêtre (Gentianella campestris) présente des pétales violacés, parfois roses ou blancs, au nombre de 4 ce qui la différencie d'autres espèces très proches ayant 5 pétales. Elle présente un port érigé mais reste petite.

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Bien que subalpine voire alpine, on peut la rencontrer de juin à septembre dans d'autres milieux, notamment en Bretagne où elle est protégée. En général, c'est entre 1000 mètres et 2700 mètres d'altitude ce qui en fait en France une des championnes de nos massifs. Elle aime les sols acides et neutres, ce qui en fait un indicateur précieux. Néanmoins la littérature scientifique l'indique comme bio-indicatrice des milieux calcicoles. Bisannuelle le plus souvent, elle fût utilisée par le passé pour aromatiser la bière et les liqueurs, surtout dans les pays de l'Est, et pu être utilisée comme légume en cas de famine. Cependant son goût très amer ne permet pas d'en faire un aliment du quotidien.

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Dans l'herbe, des belles des champs. Parmi elles, des orchidées, et d'autres qui leur ressemble sans en être. Toujours de gauche à droite. 1 : L'orchis vanille (Gymnadenia nigra subsp. rhellicani), à l'odeur si douce et puissante. 2 : Une fleur plus discrète, la renouée vivipare (Bistorta vivipara) que je redécouvre cette année. 3 : une seconde orchidée, l'orchis globulaire (Traunsteinera globosa). 4 : L'épiaire hérissée (Betonica hirsuta), dont les fleurs en pompons roses me charme toujours. Plante de montagne, on l'identifie à ses feuilles velues.

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Retour de l'hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris), qui survole une prairie fleurie à la chasse d'insectes au-dessus de nos têtes. Sa reconnaissance est aisée, son dos gris brun, son ventre et le dessous de ses ailes blanches, sa queue noire ornée de deux tâches blanches permettent de ne pas se tromper.

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Nous avions pu en voir quelques brins dans le jardin alpin, nous avons cet après-midi la chance de pouvoir en croiser de sauvage. Le génépi jaune (Artemisia glacialis) n'a pas besoin de plus de présentation, sa réputation est déjà faite. Appelé parfois génépi blanc en opposition au génépi noir (Artemisia genipi), il est à l'origine de la délicieuse liqueur du même nom. Sa récolte est très réglementée et certaines espèces sont protégées.

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Une drôle de grenouille dalmatien fait son apparition. La grenouille rousse (Rana temporaria) se confond aisément avec la grenouille agile (Rana dalmatina) mais présente de légères variations et vit en plus haute altitude même si toutes deux partagent certaines zones sur l'hexagone. Celle-ci aborde un paterne un peu inhabituel. En milieu montagnard, le développement des amphibiens est beaucoup plus lent. Les oeufs sont mis en eau aux toutes premières fontes des neiges. Les têtards qui en émergent mettront tout le printemps et tout l'été à devenir grenouillettes ou crapelets, là où en plaine ils mettent d'ordinaire 72 jours grand maximum. Pour en revenir à note grenouille, elle se rencontre surtout dans le nord de la France mais aussi dans nos massifs. Dans les Alpes, elle peut être observer à plus de 2800 mètres d'altitudes, un sacré record pour un animal poïkilotherme, c'est à dire dont la température interne dépend du milieu dans lequel il se trouve.

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Arrivés au sommet, à 2086 mètres d'altitudes. En contre-bas, minuscule, Villar d'Arêne et au loin, dans le creux du vallon, la Grave-La Meije. En face, immenses et écrasants, la Meije et le Bec-de-l'Homme. Le paysage laisse sans voix. Les neiges éternelles ne seront bientôt plus, tout comme les glaciers. Entre ma première arrivée ici à 18 ans et maintenant, il y a 9 ans, ils ont fondu de moitié et je crains qu'à notre prochain séjour ils ne soient plus.

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Autre moment magique, avec le passage de ce grand corbeau (Corvus corax) poursuivit par deux corneilles noires (Corvus corone) inquiètes de le voir s'approcher de leur territoire d'un peu trop près. Immense, avec pas loin d'1,20 mètre d'envergure. Je dois avouer qu'il s'agit là d'un des oiseaux que j'aime le plus et qui, il y a quelques jours de cela, nous a fait la surprise de traverser à deux le jardin familial, nous laissant ébahis. Craint, c'est pourtant un animal inoffensif, peu commun et protégé dont la réputation ne reflète pas le génie de l'oiseau.

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L'edelweiss (Leontopodium nivale subsp. alpinum) est l'étoile de nos montagnes. Rare voire très rare, c'est une des espèces emblématiques des Alpes. Relique de l'époque glacière, elle surprend par ses pétales blancs velus. Ceux-ci sont une défense contre la rudesse du climat et en particulier du soleil qui est si mordant en haute altitude.

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Ceux-ci protège la plante de l'évapotranspiration, mais aussi des UV, du gel et de la gourmandise de certains phytophages. Pour la trouver, il faut scruter les pelouses, les rocailles et les pâturages qu'ils soient calcaires ou schisteux. Néanmoins, il faut se montrer patient. Protégée, c'est une plante qui attire la convoitise mais aussi, qui ne pousse pas sur tous les massifs alpins, d'autant qu'il ne faut pas craindre d'utiliser ses mollets, la fleur poussant entre 1200 et 3000 mètres d'altitude. Aujourd'hui, on en trouve des cultures ça et là dans des exploitations spécialisées. Les brins fleuris sont récoltés pour être utilisés pour aromatiser les liqueurs et les infusions traditionnelles.

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Les machaons (Papilio machaon) sont à la fête, les floraisons battant leur plein là où en vallée, le soleil grille tout. Leurs chenilles sont uniques. De forte taille et reconnaissables à leur couleur verte et leurs tâches noires, elles se nourrissent d'apiacées, que cela soit des fenouils et des persils au jardin ou les grandes berces des fossés. Plusieurs générations, deux à trois, peuvent animer les champs fleuris de mars à septembre jusqu'à 2000 mètres.

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Deux petits oreilles dépassent des bosquets de gentianes jaunes (Gentiana lutea). Voilà une jolie chevrette, une femelle de chevreuil d'Europe (Capreolus capreolus). Ce petit cervidé est commun aime les milieux ouverts pour se nourrir mais favorise les milieux forestiers pour s'habriter. Son principal prédateur, outre le chasseur, est d'ordinaire le lynx boréal (Lynx Lynx), mais celui-ci est quasi-absent en France. Longtemps chassé, disparu puis réintroduit, la principale menace de ce gros félin est le braconnage, accusé souvent de prédater les chevreuils (que certains veulent s'accaparer), pourtant jugés comme trop nombreux, occasionnant des dégâts.

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Le tarier des prés (Saxicola rubetra) fût l'oiseau du week-end. C'est bien simple, à chaque visite, à chaque sortie, à chaque randonnée, il était là. Difficile de de ce fait de passer à côté. Autrefois commun en basse altitude, il s'observe désormais plutôt dans les milieux montagnards.

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C'est un oiseau bio-indicateur des prairies de bonne santé, où les plantes sont très diversifiées et l'entomofaune riche. C'est un oiseau migrateur qui niche en Europe et en Asie et qui retourne à l'hiver en Afrique pour profiter de l'abondance d'insectes. On connaît encore mal les déplacements et le mode de vie de ce petit passereau, et bien qu'il ne soit pas encore considéré menacé, bien des éléments sont alarmants. Baisse de l'effectif de 90% en Alsace, quasi-disparition des plaines françaises et fort échec des nichés (nids au sol), il est temps d'agir. La disparition des insectes, la fauche et le pâturage intensif, la transformation des plaines alluviales en culture arboricole et la disparition des jachères mettent à mal le tarier des prés.

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Les patous veillent au grain, les loups et les chiens n'ont qu'à bien se tenir. Ici les moutons passent la journée en alpage, dans des parcs électrifiés sous la surveillance de leur chien de garde, puis regagnent à l'arrivée du soir la bergerie, toujours accompagné de leur veilleur. Ce dernier rejoint le troupeau encore chiot pour s'identifier au mieux à brebis qui deviennent alors ses mères de substitution. Il restera alors en tout temps avec elles.

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Fin de ballade, retour à l'hotel-restaurant du Faranchin, qui en plus de donner une très belle vue, apporte un calme bienvenue et offre des plats délicieux. Quel étrange sentiment d'arpenter ces sentiers qui n'ont pas changés. Il n'en est pas de même pour la montagne. Rongée, fatiguée, elle perd à grande vitesse son manteau blanc.

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Levé tardif, il fait bon de passer une nuit, bercés par les bruits des animaux nocturnes. Passage rapide à La Grave - La Meije. Objectif : observer les fossiles de l'église locale, chercher les traces du tichodrome échelette (Tichodroma muraria), un oiseau incroyable que nosu rêvons de voir et qui l'hiver, vient régulièrement sur les murs de l'édifice.

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Certes, nous ne verrons pas le tichodrome, mais nous aurons la chance de tomber sur de très nombreux nids d'hirdonelles des rochers. Équipés d'un téléphone avec l'application NaturaList, pendant du site Faune-France, nous avons pu nous adonner à un de nos passe-temps préférés, cartographier et indiquer le nombre d'individus et de nids que nous croisions. Voilà de quoi nous mettre en jambe pour arpenter les hauts sommets même si la machinerie humaine nous a bien aidée ce jour-là, quitte à nous promettre d'entreprendre l'assencion à pied l'an prochain. Nous verrons si la promesse est tenue.

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Loué soit le téléphérique de La Meije ! L'assencion se fait en deux temps, une première descente à 2400 mètres puis une seconde à 3200 mètres, chaque tronçon étant sensiblement le même. Amateurs du vide, c'est votre instant, la vue étant imprenable sur les montagne. Dans les petites cabines colorées, il nous a été possible d'observer un faucon crécerelle, des rouges-queues noirs, des niverolles alpines et même des chamois.

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Arrêt à 2400 mètres. L'acceuil se fait par des bouquets d'asters des Alpes (Aster alpinus). Poussant sur des sols rocailleux, elles font figure d'emblême des montagnes au même titre que les edelweiss. Sa floraison estivale et sa rusticité lui ont valu sa culture et sa démocratisation dans les jardins de plaine et des grands parcs.

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Étonnant non ? Un lac ou plutôt un étang artificiel a été créer il y a quelques années, il permet de jouird'une pièce d'eau dont le reflet agît comme un miroir et reflète avec grâce le glacier d'en face. Dans l'eau, des truites d'élevage, un ajout que je trouve pour ma part un peu dommage car absolument pas nécessaire au lieu qui se suffit à lui même. Des agrès, des hamacs, un terrain de bois pour les VTT et du mobilier complètes l'ensemble.

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Elles étaient là, les grassettes communes (Pinguicula vulgaris), des plantes carnivores dont les feuilles sont des pièges mortels pour les petits insectes. Couvertes de poils gluants, odorants et sensibles, celles-ci se referment à la moindre goutte d'urée détectée sur les arthropodes maladroits et inattentifs. Ils apportent aux plantes tous les éléments nutritifs absents dans les sols où elles poussent, sols bien souvent pauvres en nutriments.

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Les espèces nouvelles sont encore nombreuses ce jour-là, aussi bien pour le végétal que pour les animaux. Nous croisons quelques niverolles alpines (Montifringilla nivalis), véritables moineaux des neiges qui sautillent de rocher en rocher. Quelques venturons montagnards (Carduelis citrinella) sont de la partie aussi, pour notre plus grand plaisir, ces oiseaux ne s'étant présenter à nous 4 ans auparavant dans le Vaucluse, au mont Ventoux.

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Arrivée à 3200 mètres, nous posons le pied sur l'un des plus belles montagnes des Alpes. Nous ne serons jamais, je pense, suffisamment prêts et équipés pour en gravir le sommet mais la vue nous suffit amplement. Le thermostat est bas, et s'il n'est pas à 0°C même s'il s'en rapproche.

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Pause de midi, au menu tartiflette, il faut bien honorer les traditions locales bien que ce plat soit relativement récent. Sa création daterait des années 1960, en faisant une spécialité montagnarde depuis peu. Depuis la terrasse, nous observons le Grand Pic, trophée de bien des alpinistes des quatre coins du globe. Il s'agit ici de l'une des ascensions les plus difficiles d'Europe, aucun des itinéraires existant n'étant simples. Nous ne nous lassons pas du paysage, et le bain de soleil est au programme. De là-haut, le Râteau, grand plateau d'alpage, s'étend de tout son long. Nous n'y verrons pas les vautours fauves qui font notre bonheur mais de nouveaux les grands corbeaux ainsi que quelques chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus), nos mascottes quand nous nous trouvons en Chartreuse. Ils tirent profit de la générosité des clients du restaurant d'altitude.

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Voici la reine du sommet, la linaire des Alpes (Linaria alpina) aux couleurs éclatantes appelée parfois muflier des Alpes bien qu'elle n'en soit pas un. Ne poussant que dans les grands massifs (à l'exception des Pyrénées, du Jura et en Bourgogne), ont la trouve ça et là en Europe central et du Sud. Elle ne se plaît que dans les milieux très pauvres, la caillasse et les pierriers, sous des climats arides voire hostiles. Elle ne craint ni la neige, ni le gel.

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C'est sur ces images et la visite de la grotte de glace que nous terminons notre week-end. Il n'y a pas à dire, les montagnes nous appellent et bien que nous ne soyons pas des alpinistes dans l'âme, nous ne pouvons nous empêcher de monter au plus près des sommets. Notre pallette s'est aggrandie, désormais les oiseaux ont une belle part dans nos découvertes à côté des fleurs. Vivement les prochaines sorties dans de nouveaux massifs.

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samedi 17 novembre 2018

Journée des Plantes à Aiguebelette

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Plantes et Jardins de Savoie

Il y a peu, nous avons pu assister aux "Journées des Plantes du Lac d'Aiguebelette" en Savoie pour marquer la belle saison qu'est l'automne. C'est pour moi l'occasion de quitter la sphère des plantes sauvages pour vous présenter quelques unes de mes horticoles préférées et qui, je l'espère, peupleront un jour mon jardin rêvé. Arbres, fleurs, lianes, fougères, mousses et même champignons font partie de ce paysage mental que nous tendons peu à peu à coucher sur le papier pour en faire un jour une réalité. En attendant, nous courrons les parcs, les jardins, les foires et les expositions pour trouver l'inspiration. C'est ainsi que nous avons pu faire la découverte il y a quelques années de cela du tilleul d'Henry (Tilia henryana), un cultivar qui se distingue par ses petites feuilles en forme de coeur et à la limbe hérissée. C'est ce que je préfère chez lui, il détone par son aspect rude mais une grande poésie se dégage de l'ensemble, en particulier du vert du feuillage qui contraste avec les nervures plus claires et qui donne l'impression de voir tout un réseau de veine, pour un rendu organique. Organique, c'est un des mots que j'ai à la bouche quand je dois décrire les plantes horticoles que j'aime. La ressemblance de certaines avec le monde animal ou des organes me fascine et m'attire.

Cependant, ce n'est pas le seul des critères qui animent nos choix. La liste de ceux-ci est longue. Plantes non invasives (surtout), aux écorces d'exception, adaptées à la nature du sol, aux floraisons hivernales ou prolongées, délicieusement parfumées, dépolluantes, fruitières et fourragères ou encore rares, il y a de quoi se constituer un sacré catalogue. Parmi nos préférences, les érables (Acer) et les cornouillier (Cornus) sont les rois, avec pour ma part une grande préférence pour le cornouiller du Japon (Cornus kousa) aux fruits roses.

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C'est la première fois que je rencontre l'échevérie de l'Etna (Echeveria cv. 'Etna'). C'est un hybride issu d'Echeveria 'Mauna Loa' (aux motifs rouges le long de la limbe) et d'Echeveria 'Barbillion' (aux caroncules prononcés), deux cultivars qui comme le genre du même nom, sont originaires du Mexique et de l'ouest d'Amérique du Sud.

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Créée aux Etats-Unis, son nom d'Etna fait référence à ses couleurs qui pour ses créateurs évoquent une coulée de lave. Résistante à la sécheresse, elle se plaît dans les sols drainés exposés à mi-ombre, ce qui laisse entendre que sous nos l'atitudes, elle ne peut être cultivée qu'en intérieur ou en serre car la belle ne supporte pas la moindre gelée. Côté floraison, rien de très extraordinaire. Cette echéverie apparatient à la famille des crassulacées comme les orpins et les joubarbes, ses fleurs orangées en sont caractéristiques et se dressent au sommet d'une hampe florale rouge. Le feuillage persistant fait la particularité et la beauté de ce cultivar qui me plaît tellement.

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D'une manière plus générale, j'adore les crassulacées que l'on range aisément dans la catégorie des plantes grasses. Leur adaptation aux zones sèches, la grande résistance de certaines au froid et au piétinement mais aussi, leur apparence de cactée ou de cailloux ne va pas sans susciter la curiosité. J'aime particulièrement les joubarbes car elles m'évoquent les jardins de grand-mère et de montagne mais aussi, pour les légendes qui s'y raccrochent. Associées à Zeus puis Jupiter et enfin le bon Dieu, on les plaçait parfois sur les toits des maisons pour empêcher le foudre de les frapper. Au Moyen Âge, on les employait comme aphrodisiaque mais aussi cobtre la dureté d'oreille, ce qui tendrait à faire mentir l'adage selon lequel certaines pratiques pourraient rendre sourd ...

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Au premier abords, je n'ai jamais été fan des conifères, et puis j'ai découvert les merveilles du sapin blanc (Abies alba) des forêts de Chartreuse, puis le pin parasol du Japon (Sciadopitys verticillata) dont je suis littéralement tombée folle amoureuse en le découvrant au fin fond de l'arboretum de Huelgoat il y a un peu plus d'un an. Aujourd'hui mon dévolu se porte sur le sapin de Corée nain panaché blanc (Abies koreana "Ice Breaker"). Ne dépassant que rarement 1 mètre, son aspect de buisson dense et tortueux me fait complétement craquer.

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Je ne pouvais pas non plus m'arréter sur ces deux cultivars nains de ginkgo (Ginkgo biloba) aux feuillages incroyables ! Le Chris Dwarf ne dépasserai pas les 60 centimètres en 10 ans et le Sehoshaphat n'aurait une croissance guère plus remarquable mais détonerait par des feuilles de petite taille et d'un joli vert glauque.

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C'est également à la fête aux sorbiers (Sorbus),  des arbustes de grande taille connus pour leurs fruits et leurs feuillages colorés quand s'en vient l'automne. Là encore mon coeur chavir, et bien que je dois avouer rêver de planter un jour le sorbier des oiseleurs (Sorbus domestica) et son cousin, le cormier (Sorbus aucuparia), ils ne sont pas les seuls. Dans la liste, on trouve ce superbe spécimen.

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Le sorbier à feuilles de fougère (Sorbus scalaris) est une espèce asiatique qui se développe dans les montagnes de Chine jusqu'à 3000 mètres d'altitude, en particulier dans les forêts mixtes, c'est à dire qui se composent de feuillus et de conifères. Néanmoins il est rare de trouver l'espéce sous nos l'attitude, sa culture s'avérant complexe. Il s'agît le plus clair du temps d'hybrides issus d'un parent européen. Il est apprécié comme arbre d'hornement pour son feuillage qui devient intégralement pourpre à l'automne mais aussi, ses imposantes ombelles de fleurs blanches mélifères qui, au printemps, embaument l'air.

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J'adore les hortensias (Hydrangea). Pendant longtemps, je les ai rangé dans les plantes à mémé avec les bégonias et les pensées (qui s'y trouvent toujours), mais notre premier road-trip en Bretagne, les nombreux jardins visités puis l'incroyable jardin de mon professeur de mathématique m'ont finalement fait changer d'avis.

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Originaires d'Amérique du Nord et d'Asie, en particulier de Chine et de Japon où ils sont aujourd'hui encore très populaires, les hortensias ont conquis la Gaule. Si le classique Hydrangea macrophylla est en tête des ventes, il commence à être peu à peu talloner par de petits nouveaux.

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Pour nous, c'est l'hortensia paniculé (Hydrangea paniculata) qui remporte tous les suffrages. J'ai eu l'occasion de présenter brièvement cette espèce (qui n'est pas illustré en photo ici) dans un des derniers articles du blog. D'originie asiatique et à la floraison blanche, il supporte très bien les sols de nature acide et neutre, s'acclimatant sans mal sous nos l'atitudes. Son intérêt esthétique réside à mon sens dans la forme et les couleurs de ses feuilles. D'abords vertes et ternes tout en évoquant celles du chêne, elles se parent d'un magnifique rouge-orangé quand l'automne s'annonce tandis que les fleurs stériles deviennent rouilles.

 

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Sur l'allée des associations, mon regard s'arrête sur superbe tente en voilage blanc peuplée de jolies fleurs. Une initiation aux plantes sauvages y est proposée en stand, autant vous dire que je saute littéralement dessus. Pesto d'ortie et de plantain, conserve d'ail des ours, fibres de laine teintés avec des plantes sauvages, coloriage nature, miel et huiles essentielles, bénévoles accueillants et sympathiques, il y a tout ce qu'il faut pour faire mon bonheur !

Belle et grosse journée en perspective, avec de nombreuses découvertes ! Mon porte-monnaie se félicite du fait que nous n'ayons pas encore de jardin, sinon la visite se serait soldée par une banqueroute assurée ! Mais nous ne perdons pas bredouilles, dans nos têtes les idées et les envies foisonnent, nos mains se mettent vite au travail et déjà émerge des brouillons papiers notre futur jardin. D'ici la réalisation, il faudra se montrer bien patient.

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jeudi 2 août 2018

Le Jardin Alpin du Lautaret

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Juin, la neige couvre encore les sommets des montagnes. Nous sommes au col du Lautaret, qui culmine à 2000 mètres d'altitudes. Ce jour là, je viens de passer mes dernières épreuves écrites. Pour m'aléger l'esprit, mon bien-aimé à décider de me mener à la porte des Écrins, un coin que je connais bien pour l'avoir arpenté pendant 3 années.

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Né en 1899, il se compose alors de rocailles présentant plus de 500 plantes alpines. Hélas pour lui, la région s'ouvre au reste du territoire et le tracé de la nationale actuelle vient prendre place sur celui-ci dès 1913 et entre en travaux dès 1918. En 1919 le jardin réouvre, après avoir été déplacé à 300 mètres de la route plus haut sur l'alpage. Animé par l'université Joseph-Fournier de Grenoble en partenariat avec le CNRS, c'est un laboratoire à ciel ouvert pour comprendre les grands phénomènes liés, entre autre, au climat comme la migration des espèces mais aussi, pour sensibiliser le public lors de visites guidées. Ce jour là il pleut à grosses gouttes et nous sommes les seuls à arpenter les sentiers du jardin, une aubaine pour profiter d'une visite guidée personnalisée.

 

DSC04552Passage par les bassins, je découvre avec étonnement voire surprise que contrairement à ce que pouvait me dire certaines de mes flores et ce que je pouvais écrire sur le blog (mea culpa), la populage des marais (Caltha palustris) n'est pas la seule à composer le genre Caltha. On peut ainsi trouver la populage à tige creuse (Clatha fistulosa), une espèces présente en Chine, en Sibérie et au Japon. On trouve même une sous-espèce irlandaise.

 

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À l'entrée du circuit botanique, un énorme mélèze d'Europe (Larix decidua) accueille les visiteurs. Ces pompons roses sont les chatons femelles de l'arbre, c'est là que le cône se forme, une fois la pollinisation effectuée. Semblables à des fleurs, ils attirent les abeilles. Les chatons mâles sont jaunes car couverts de pollens.

 

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Le cynoglosse du Mont Maiella (Cynoglossum magellense) est une espèce italienne (absente au nord) qui se reconnait à son aspect tomentueux et qui pousse d'ordinaire à l'étage alpin à partir de 1800 mètres d'altitude.

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Il tire son nom scientifique de la ressemblance supposée des feuilles des plantes de ce genre avec la langue d'un chien, Cynoglossum voulant dire "langue-de-chien". De la famille de la bourrache, il présente des fleurs très similaires mais teintées de pourpre et violine. En France on compte pas moins de 6 espèces de cynoglosses dont deux disposant de statuts de protection régionaux et départementaux.

 

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En juin, il y a encore peu à voir et pour cause, la neige est partie depuis seulement quelques jours, les températures sont basses et pour de nombreuses espèces, la floraison intervient beaucoup plus tard dans leurs contrées d'origine. Cependant, le jardin n'est pas désert et de très belles espèces sont à observer, en particulier dans les tableaux dédiées aux tourbières de montagnes, aux rocailles du Caucase et de l'Europe de l'Est.

 

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En voilà un que je connais bien ! Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est un arbuste qui se reconnaît particulièrement bien à l'automne en raison de ses baies orange. En sol acide, il est relativement abondant, en particulier dans les étendues herbeuses et en lisières de par sa nature d'arbuste pionnier. Il aime les forêts d'épicéa.

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Contrairement à ce que l'on peut croire, les fruits ne sont pas uniquement consommables par les oiseaux. Séparés de leur noyau qui contient une molècule proche du cyanure, ils sont cuisinés en gelées ou en confitures pour accompagner les viandes, en particulier le gibier. Néanmoins, ils étaient plus couramment récoltés dans les campagnes pour en tirer une eau-de-vie très appréciée, surtout dans les Voges. Aimés des volatiles qui y trouvent le gîte en automne, on plantait ces sorbiers dans les secteurs propices au tir aux petites oiseux, en particulier des grives.

 

DSC04418L'androsace de Vital (Androsace vitaliana) porte aussi le nom d'androsace à fleurs de primevères. On la rencontre entre 1700 et 3000 mètres d'altitude, sur les empierrements et les pierriers où elle forme des cousins denses qui lui permettent de limiter la déperdission en eau et en chaleur du fait du climat alpin plus que rude.

 

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L'aulne vert (Alnus viridis) est un arbuste au port buissonnant qui dans le parc des Ecrins, forme des bosquets propices à la faune. C'est dans les alpages qu'on les remarque le mieux. Les oiseaux mais aussi les chamois y trouvent refuge au plus chaud de l'été.

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Commun à l'ensemble de l'hémisphère Nord, les chatons mâles présents ici en photos sont, au Canada, employés une fois séché puis réduits en poudre sous le nom de poivre des dunes et utilisés comme du poivre dit classique pour leur goût proche paraît-il de celui de la citronnelle mais avec une amertume marquée. C'est aussi un très bon fixateur d'azote sur les sols qui en sont pauvres ou dépourvus.

 

DSC04447La nurseries est la lieu où les plantes issues des quatre coins du monde arrivent. Après une période de quarantaine, elles sont acclimatées et remises en état avant de prendre place dans les massifs. C'est aussi une zone d'étude scientifioques où les suivis sont nombreux et une pépinières pour multiplier les plants qui prendrons à leur trou place dans le jardin ou qui partirons à leur tour dans un autre parc alpin comme il en existe en Europe.

 

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Pour certaines espèces, comme ce bec-de-grue de Grèce (Erodium guicciardi) que l'on retrouve dans le pays éponyme mais aussi en Albanie et en Macédoine, il n'est pas simple de trouver des informations, pour peu que l'on ne sache pas lire l'alphabet grec ou que l'on ne parle pas allemands, les deux seules sources disponibles étant dans ces langues là.

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Avec l'ancien nom de "Erodium absinthoides subsp. guicciardii", les plus chanceux trouverons leur bonheur sur Greekflora et apprendront que la floraison de cette espèce s'étend de mai à juillet ou que c'est une espèce rare prise en compte à l'échelle européenne dans les espace Natura 2000.

 

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La pluie redouble d'intensitée, nous devons prendre la fuite jusuqu'à la voiture. Nous passerons le reste de l'après-midi à arpenter en voyageur échoués le nord du Vercors. Plaisir au retour, nous tombons sur quelques anémones des Alpes (Pulsatilla alpina) dont les fleurs blanches parsèment les pelouses. Typique des massifs montagneux, elle se rencontre dès 1000 mètres d'altitude. Dans certaines régions, elle est soumise à une protection stricte. Nous terminons la course dans notre appartement, programmant notre prochaine sortie montagne.

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samedi 7 juillet 2018

Sortie en montagne 19.

Chamechaude


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Une montagne, deux saisons, c'est le concept des articles à venir sur le blog. Ces dernières semaines, nous avons eu l'occasion de beaucoup randonner et de faire plusieurs sommets, certains à leur sortie des neiges, d'autres pendant la période de pleine floraison et parfois, les deux. Pour ce premier tour d'horizon des montagnes de Chartreuse, nous nous attarderons sur Chamechaude, toit de l'Isère et du massif culminant à plus de 2082 mètres d'altitudes et véritable terrain de jeu des Grenoblois en mal d'assenssion.

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Forêts mixtes et de conifères, verts alpages, pierriers ... les milieux sont diversifiés, la faune et la flore aussi.

 

Au printemps

Tout est émergeant à cette période mais les éléments restent féroces. Les névés et les dernières neiges sont encore bien présentes et nous barrent l'accés au sommet. Les sentiers subissent la fonte et nombreux sont ceux qui se retrouvent les pieds mouillés à les escalader. Les nuages montant de la vallée limitent notre visibilité. Prudence est le maître mot pour cette première grande randonnée de l'année.

 

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Le sureau rouge (Sambucus racemosa) est un arbuste typique des étages montagnards. Ces baies peuvent se consommer en gelée ou en confiture à condition de les mélanges pour moitié avec d'autres fruits rouges, au risque de voir le mélange devenir quelques peu indigeste. Il se différencie des autres sureaux de par ses fruits de couleur rouge et ses fleurs qui tirent vers le crème et qui ne forment pas d'ombelles bien régulières.

 

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Boueux les sentiers ? Ce n'est pas un hasard. Argileux, le sol reste accroché à nos semelles. Cela tient aux feuillets d'argile qui le composent et qui ont la faculté de se gorger d'eau. Quand ceux-ci arrivent au maximum de leur capacité, ils forment alors une couche compacte qui empêche l'eau de s'infiltrer, formant les ruisseaux printaniers que l'on peut couramment observer dans les alpages et qui arrivent avec force dans la vallée sous forme de torrents tumultueux qui provoquent parfois en période de forte pluies de grands dégâts.

 

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Les premières fleurs de myritiller sauvage (Vaccinium myrtillus) sortent. Dans le Pilat, cela fait plusieurs semaines qu'elles s'épanouissent et nombreux sont ceux à préparer leurs râteaux pour récolter les baies à la fin de l'été. Caractéristique des substrats acides, cette espèce se rencontre souvent en lisière des forêts de conifères, et même en sous-bois quand la lumière arrive à filtrer à travers les branchages. Ses fruits entrent dans un dessert typique des Alpes : la tarte à la myrtille mais il semblerait que les hommes ne soient pas les seuls à convoiter ce petit fruit bleu à l'instar l'escargot de bourgogne (Helix pomatia).

 

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Les scilles printanières (Scilla bifolia) se plaisent sur les pelouses qui bordent les chemins menant au sommet, les talus herbeux où elles forment des tapis bleues composés de milliers d'individus, les sous-bois et même les éboulis. Leur nom scientifique "biofolia" désigne le fait qu'elles ne possèdent que deux feuilles.

 

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Les chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) sont des corvidés curieux et très intelligents qui s'approchent souvent des promeneurs pour leur quémander un bout de leur pique-nique. Bien mal leur en prend, la nourriture humaine bien qu'appétante et facile d'accés n'est pas du tout adapté à leur organisme. Même si cela est tentant, il ne faut jamais les nourrir au risque de réduire de façon drastique leur espèrance de vie.

 

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À l'étage collinéen, les fleurs de printemps ont de puis bien longtemps fini leur cycle de floraison, cependant dès que l'on prend un peu d'altitude, on a la chance de pouvoir les voir de nouveau et de prolonger la saison. De gauche à droite : la primevère élevée (Primula eliator), le pétasite blanc (Petasites albus), le crocus printanier (Crocus vernus) et ce qui semble être une valérinae des montagnes (Valeriana montana).

 

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J'adore la primevère oreille d'ours (Primula auricula). Rustique, elle affectionne les paroies rocheuses. Typique des Alpes, sa diffusion en Angleterre a lancé la grande et populaire mode outre-manche des primevères colorées et de haut port que l'on rencontre désormais en jardinerie et qui ont pour origine cette espèce.

 

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La hêtraie-sapinière est le peuplement typique des étages inférieurs aux alpages. Elle se caractérise par un sol à tendance acide en raison de la présence des conifères, bien que la roche mère soit de nature calcaire. De nombreuses espèces floristiques lui sont inféodées mais aussi, tout un cortège fongique. Il n'y est pas rare d'y découvrir des girolles (Cantharellus cibarius) parmi les feuilles et les aiguilles.

 

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La gentiane de printemps (Gentiana verna) est une des premières plantes à fleurs de montagne à apparaître après la fonte des neiges. Elle tolèrent les sols faiblement acides et reste plutôt abondante sur les sols calcaires. C'est par les fourmis que ses graines sont dispersées, en raison de l'enveloppe riche en protéine qui l'entourent et que ces insectes récoltent pour nourrir leur colonie.

 

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Voilà que la neige nous bloque le passage. Certains bloggueurs on pu atteindre le sommet quelques jours avant le début de notre randonnée et l'ont partagé sur leurs blog. Nous pensions pouvoir faire comme eux mais hélas cette fois-ci il faudra se raviser. Nous terminons au "Champignon", un dôme de roche aux allures oniriques. Un peu plus d'une heure de marche nous sépare alors de la cime.

 

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Sur le retour nous nous dirigeons vers le Granier, un de nos objectifs de l'été. En route nous croisons un très beau pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) qui le temps de l'été quitte l'Afrique pour s'installer sous nos l'atitudes. Il fait partie des oiseaux possédant des dents subterminales dans leur bec, pour cette espèce deux très exactement. Elles lui permettent de tuer sa proie rapidement et sans prendre le risque de recevoir un mauvais coup.

 

Aux prémices de l'été

Les sentiers sont beaucoup plus fréquentés. Les épisodes pluvieux nous ont empêché de mener l'assenssion comme nous l'espérions et à plusieurs reprises, il a fallut reporter cette sortie. Mais voilà que le soleil se présente, le temps est au beau fixe. Nous terminerons cependant notre épopée sous une pluie battante, chose à la quelle nous commençons à être habitués et qui a l'avantage de nous laisser souvent seuls sur les chemins, augmentant ainsi nos chance de voir la faune sauvage vaquer à ses occupations.

 

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Le départ du sentier a bien changé, les pétasties hybrides (Petasites hybridus) ont laissé place aux renoncules à feuilles de platane (Ranunculus platanifolius) qui se différencient des renoncules à feuilles d'aconites (Ranunculus aconitifolius) de par la limbe des feuilles qui est découpée jusqu'au rachis, c'est à dire la base des folioles qui forment la feuille. C'est une espèce typique des flancs des montagnes alpines.

 

DSC04870L'aspérule odorante (Galium odoratum) forme de jolis  bosquets à l'entrée de la forêt. Séchée, elle peut être utilisée pour fabriquer des tisanes au goût de foin et de vanille, si on prend soin de la conserver à l'abris de l'humidité. Elle entre aussi dans la confection du vin de mai si précieux aux alsaciens.

 

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Le carmérisier des Alpes (Lonicera alpigena) est un chèvrefeuille aux fleurs généralement rosées aux étamines rouges et au stigmate long qui aime l'altitude. On le rencontre entre 500 et 2500 mètres en particulier en Europe de l'Est mais aussi en Chine et au Japon. En France on le trouve dans les massifs présents dans la moitié sud du pays. Comme chez presque la totalité des espèces de cette famille, ses baies colorées sont toxiques.

 

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La forêt se densifie à mesure que nous progresssons. Cultivée comme la hêtraie-jardineraie, la sapinière tend peu à peu à mesure de l'atitude et du degré d'inclinaison des pans de la montagne, à se mêler aux épicéas et aux hêtres. Le couvert végétal est composé de fougères, profitant de la litière acide pour se développer.

 

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Le sous-bois n'est pas le lieu le plus évident pour voir de la grande faune. L'obscurtié qui y règne, la densité de troncs, les couleurs et le tapis d'aiguilles qui couvrent les bruits de pas ne permettent pas toujours, même pour les plus aguerris, de sentir la présence des sangliers et autres goupils qui peuplent les lieux.

 

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Enfin, nous voilà proches de l'alpage ! Quelques merveilles se présentent à nous, comme avec cette chenille de petite tortue (Aglais urticae) amatrice des feuilles d'orties et qui a atterrie sur une pétasite hybride (Petasites hybridus), cette soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), ce polygala (Polygala sp.) ou encore cette anémone des Alpes (Pulsatilla alpina) aux fleurs blanches et aux feuilles découpées.

 

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La gentiane à feuilles étroites (Gentiana angustifolia) est une gentiane à grosse fleur bleue qui arrive avec les prémices de l'été. Elle s'établie à partir de 500 mètres d'altitude dans les éboulis et les pelouses rases calcaires et parfois, dans l'intestices des falaises. Plus l'altitude se fait élevée, plus elle laisse place à ses cousines : la gentiane des Alpes (Gentiana alpina) et la gentiane acaule (Gentiana acaulis).

 

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Le bois-joli (Daphne mezereum) est un petit daphné arbustif aux fleurs roses et parfumées. L'entièreté de la plante est toxique et sa résine est un puissamment vésicante, ce qui insiste à ne pas ramasser les rameaux de cette plante qui est protégées dans de nombreux massifs en raison de sa raréfaction.

 

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Le raisin des ours (Arctostaphylos uva-ursi) est de la familles des myrtilles et des bruyères : les éricacées. Cet arbuste résiste au climat rude par sa forme de buisson et son port légèrement rampant. Les premières traces écrites de son usage médicinal remontent au 13e siècle. Ses feuilles sont utilisées traditionnellement dans presque tout l'hémisphère nord comme herbe à fumer. Les fruits entrent dans la composition de confitures.

 

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En montagne le temps change très rapidement. Les sentiers se plongent dans le brouillard ce qui invite à la prudence. Chaque année, elle se fait le tombeau d'intrépides qui, trop souvent, oublient que les étroits chemins ne sont pas des parcours de course. Dégât sur la flore, dérangement de la faune, blessures et drames, il est peut être temps de penser la montagne autrement et de ramener un peu de sacralité dans la manière de l'aborder.

 

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À une heure de marche du sommet, nous tombons sur une multitude de plantes à fleurs, certaines nous sont que peu connues. De gauche à droite : le rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) encore en boutons, une giroflée (Erysimum sp.), ce qui semble être un alysson et ma préférée de toutes, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), bien nommée rose de vipère, griffe de lion ou encore herbe aux fous.

 

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La mésange noire (Periparus ater) est la plus petite des mésanges du territoire français. Insectivore, elle se tourne vers les pignes des conifères à l'hiver venu pour se nourrir. Bien que de petit gabarit, elle pond 8 à 10 oeufs dans un nid composé de mousse et qui parfois a du mal à contenir tout les oisillons.

 

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Nous voilà à la Folatière, que l'on nomme également le Champignon. Cet élément géologique un brin particulier est un point de repère dans ce dédale végétal et peut s'observer depuis le sommet du Charmant Som qui lui fait face. C'est de là que partent les sentiers pour parcourir les flancs de Chamechaude. 

 

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L'orchis  sureau (Dactylorhiza  sambucina) est une orchidée qui peut présenter des fleurs jaune ou violette. Cette espèce est commune à l'étage sub-alpin et débute sa floraison dès le mois de mai, et peut l'étendre à la période de juin selon les altitudes. Si elle se caractérise par sa très forte présence dans le Massif Central, elle est aussi commune dans une moindre mesure dans les Alpes et les autres massifs français.

 

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Les chamois (Rupicapra rupicapra) sont de sortie et entament leur mue annuelle. Au début de l'été, il n'y a pas encore grande foule même si les marcheurs commencent à être nombreux et hélas, oublient trop à mon goût une des règles de base en montagne : discrétion et respect vis-à-vis de la faune. Pour le moment ces capridés sauvages partagent l'alpage avec les marmottes qui sont affairées à reconstituer la litières de leur terrier. 

 

Au sommet de l'Isère

Nous atteignons notre but. Gravir le sommet est beaucoup moins dur que je le pensais. Les pâturages cèdent la place un piérier calcaire blanc où des espèces à fleurs rares nous émerveillent. Le paysage est spectaculaire mais bien vite caché par les nuages, ce qui donne une atmosphère mystique au lieu. Une ascension à la fin de l'été est de ce fait programmée pour nous permettre de prendre le temps d'observer l'Isère depuis son sommet.

 

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Les fleurs du silène acaule (Silene acaulis) pointent le bout de leur nez. Constitués en coussins denses et ras, leur forme leur permet de limiter la déperdition de chaleur, d'être soumis aux vents forts, d'être trop broutés et de faire face aux basses températures. C'est un formidable exemple de l'incroyable ingionisité de la nature et de l'adaptabilité dont le vivant fait preuve pour résister aux éléments.

 

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Autre merveille, la dryade à huit pétales (Dryas octopetala). C'est une plante dite arctico-alpine, c'est à dire une espèce dont la science n'a pas encore réussie à déterminer si l'origine est alpienne ou arctique. L'importance de ce travail résulte entre autre, dans le fait qu'il permet de comprendre l'évolution du vivant et surtout, comment les espèces migrent en fonction des variations de climats, ce qui pourrait permettre de prévoir les réactions et comportements de notre biosphère face à la grande crise climatique qui anime notre planète.

 

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En voilà du paysage. Au loin Grenoble se dresse, à la confluence des massifs de Belledone, de la Chartreuse et du Vercors ce qui légitime son nom de ville porte des Alpes. Les monts de Chartreuses sont calcaires et présentent d'incroyables falaises qui donnent l'impression de sortir d'un coup d'un seul des entrailles de la Terre. 

 

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Enfin, le sommet. La croix culmine à 20082 mètres d'altitude, loin des 1326 mètres de col de porte d'où nous sommes partis. Au bord de l'arrête, plongée dans la brume sur la crête rocheuses, je ne suis pas des plus rassurée mais je ne suis pas seule. Le charme du lieu nous invite à l'exploration, avec prudence, de la flore des falaises qui détonne par rapport à tout ce que nous avions pu voir jusqu'à présent. Bien sûre, les dryades à huit pétales sont toujours bien présentes, au point de verdir de leurs feuilles les bords du sentier.

 

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Surprise, un vulcain (Vanessa atalanta) prend la pause au bord du vide. C'est une espèce migratrice hormis dans le sud de l'Europe où les populations passent l'année sur place. À l'instar de la chenille de petite tortue (Aglais urticae), ses larves se nourrissent comme chez de nombreux papillons des feuilles d'orties.

 

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Chasse aux fossiles ! Le gel, la pluie et le temps érodent la roche, fendent les blocs les plus massifs et font apparaître les vestiges de temps immémoriaux. Huîtres et coquilles en tout genre abondent dans les éboulis qui couvrent une bonne partie du sommet et il suffit de se baisser pour en ramasser. Récemment, un fossile d'une nouvelle espèce de reptile marin a été découvert, signe que la région n'a pas fini de livrer tous ses secrets.

 

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Voici quelques espèces typiques du sommet : l'accenteur alpin (Prunella collaris), un oiseau de petite taille qui a conquit tous les massifs de l'Eurasie, une renoncule m'étant inconnue (Ranunculus), la célèbre linaire des Alpes (Linaria alpina subsp. alpina) que je n'avais pas vu depuis très longtemps et la renoncule de Séguier (Ranunculus seguieri) qui ne pousse pas en dessous de 1800 mètres d'altitude.

 

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Ayant le vertige, la petite grimpette à l'aide du câble pour atteindre le sommet fût une épreuve pour moi, mais rien d'insurmontable ou même de dangereux pour ceux qui sont plus à l'aise. Peu à peu je ne crains plus d'emprunter ce type d'itinéraire et sans pour autant en être guérie, je m'aventure de plus en plus haut sur les sentiers de montagne, parfois à fleur de roche pour la plus grande joie de mon palpitant.

Chamechaude présente de merveilleux itinéraires pour les amoureux de faune, de flore et de beaux paysages. Très fréquentée l'éte, notre prochaine montée ne s'effectura pas avant la fin de l'été, quand les marmottes s'apprêtent à s'endormir profondément dans leur terrier et les chamois à redescendre sur des altitudes leur étant plus favorables pour trouver leur nourriture au coeur de l'hiver.

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mercredi 15 novembre 2017

Le Jardin Botanique de Nice

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DSC00003Nous continuons notre chemin le long de la côte en direction de Nice. Cet été a été fabuleux, entre mer et ciel, nous avons pu visiter de nombreux parcs et jardins. Parmi ceux-ci figure le jardin botanique de Nice. Niché sur les hauteurs, il est une ode aux plantes de climat méditerranéen. De petite dimension, il a le mérite de présenter une collection composée de plus de 3000 espèces végétales tout en offrant une vue superbe sur la baie des anges. Le jardin possède plusieurs missions : conserver les espèces, les faire découvrir au public, pratiquer des échanges et acclimater de nouvelles essences. Les cinq grandes régions du globe y sont représentées, auxquelles s'ajoutent un espace dédié aux collections classiques et un autre à l'ethnobotanique, une de mes passions. De l'Afrique à l'Australie en passant par l'Asie nous avons de quoi faire.

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Le site est également un refuge pour la faune. Bien souvent enclavée dans la ville, elle doit sa survie aux jardins de ville et des particuliers, formant parfois de véritables corridors.

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Les nombreux points d'eau sont salvateurs pour les libellules méditérranéennes. Elles y trouvent de quoi pondre mais aussi de chasser. Terribles prédatrices, elles se nourrissent d'insectes volants et se font un plaisir de chasser les abeilles, les mouches, les moustiques et les papillons. Bien que l'hiver soit doux dans le sud, les adultes meurent aux premiers froid (excepté chez une espèce), laissant place à la saison suivante à la nouvelle génération.

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Attention à la où l'on met ses doigts ! Les figuiers de Barbarie (Opuntia ficus-indica) et autres aloès épineux peuvent se relever être redoutables. Dans les milieux hostiles où poussent ces plantes, il faut être ultra adapté. Les ressources étant rares, elles se sont équipées pour résister aux assauts des grands herbivores.

DSC09981L'eucalyptus à odeur de citron (Eucalyptus maculata var. citriodora) se rencontre aussi sous les noms de Corymbia citriodora et d'eucalyptus citron (pas simple). C'est du feuillage que l'odeur citronnée très marquée se dégage.

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C'est des feuilles que l'on tire une huile essentielle aux nombreuses vertus, utilisée dans l'industrie pharmaceutique. On l'emploie entre autre pour ses propriétés antivirales, anti-inflammatoires, calmantes et fongicides. C'est une espèce que l'on rencontre de préférence en Australie, son lieu d'origine, mais depuis peu dans le sud de la France, en Chine, en Amérique du Sud ou encore,  au Maghreb. C'est un arbre qui vit particulièrement vieux, plus de 500 ans. Il séduit les jardiniers et les pépinéristes de par son tronc élancé qui porte des couronnes de branches harmonieuses à plus de 30 mètres au dessus du sol et, de par son écorce est remaquable par son aspect lisse et doux.

DSC00037Le pin colonnaire (Araucaria columnaris) est, comme son nom ne l'indique pas, un araucaria à l'instar du désespoir des singes (Araucaria araucana). Endémique de Nouvelle-Calédonie, son port colonnaire et sa grande taille (pas moins de 50 mètres), il est renommé pour sa particularité à pencher fortement en direction de l'équateur, en particulier quand il en est très éloigné. l'origine de ce phénomène n'est pour l'heure pas connue.

DSC00036Le pin faux-Weymouth (Pinus pseudostrobus) est un conifère d'Amérique centrale aux aiguilles fines et extremement longues (jusqu'à 25 centimètres de long) disposées le plus courament en groupe par 5.

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Les cônes femelles ne sont pas en reste avec des dimensions respectables, pouvant atteindre pas moins de 16 centimètres pour les plus grands. Chacun d'entre eux relâche 50 à 100 graines. Celles-ci tombent à maturité du sommet de l'arbre, soit 25 à 50 mètres pour les plus grands spécimens. Il se plaît sur les sols dépourvus de calcaire et dans les zones où les pluies sont abondantes. Peu résistant au froid, il faudra s'il on souhaite en posséder un chez soi, au mieux vivre dans le Sud, au pire s'équiper d'un bon voile d'hiverbnage épais, en veillant à  ce que l'arbre ne dépasse pas une trop grandes hauteur au niveau du houppier.

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Voici deux herbacées typiques des côtes méditerranéennes françaises. Elles se caractérisent par leur indifférence à la sécheresse, leur capacité à pousser dans des zones rocheuses voire presque désertiques et leur résistance.

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Des agaves d'Amérique (Agave americana) aux floraisons impressionnantes, des ipomées (Ipomea sp.) chatoyantes, une vue sur la mer et un cadre dépaysant, il n'en faut pas bien plus pour se croire ailleurs.

DSC09984 Koelreuteria integrifolia ne porte pas de nom commun à ma conaissance (on parle de nom vernaculaire). On le trouve parfois sous autre nom scientifique, celui de Koelreuteria bipinnata var integrifolia, c'est à dire comme un cultivar peu commun du savonnier de Chine (Koelreuteria bipinnata).

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Les savonniers sont des arbres résistants aux éléments, en particulier au soleil (mais peu résistant au vent) et qui peuvent croître en très haute altitude, plus de 1800 mètres pour certaines espèces. Ils sont connus pour leurs capsules, c'est à  dire un ensemble de membranes qui protègent le fruit et qui sont semblables à des lanternes chinoises.

DSC00002 Quelques délicates et discrètes cigales (peut être bien grises et nommées Cicada orni), accompagnent nos pas sur les sentiers du parc qui montent et descendent inlassablement, donnant un aperçu de la flore de pas moins de 75 pays. Nous partons donc, la tête pleine d'images et d'idées, en direction de la vallée du Rhône.

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mardi 18 avril 2017

Sortie en forêt 69.

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Peut être connaissez-vous l'ENS de Montagny ? J'ai eu la chance de le visiter il y a quelques semaines avec trois camarades de classe. Un ENS est espace naturel sensible dédié à la protection d'un milieu mais aussi à la sensibilisation et à la pédagogie. Sa visite s'est accompagnée de celle de la forêt de Chassagny qui ne manque pas d'interêt écologique et qui abrite des espèces remarquables dont des rapaces nocturnes et des amphibiens.

 

Le bois de Montagny.

 Il se compose de milieux humides et secs qui forment une grande mosaïque d'habitats, propice à diverses espèces rares comme l'oedicnème criard (Burhinus oedicnemus) et le cuivré des marais (Lycaena dispar) mais aussi pouvant acceuillir une flore remarquable comme l'orchis à fleurs lâches (Anacamptis laxiflora).

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Le hérisson d'Europe (Erinaceus europaeus).

Ce petit mammifère insectivore se rencontre dans les bois, les jardins et à proximité des haies ou comme ici, dans les prairies humides. Il peut dépasser les 2 kg et est couvert de pas moins de 6000 piquants qui assurent sa protection. Malheureusement celui-ci n'a pas su faire face aux prédateurs et il ne reste pas grand chose de lui.

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Les pelotes de réjections.

Contrairement à ce que l'on peut penser, les chouettes et les hiboux ne sont pas les seuls oiseaux à produire des pelotes de rejection. Ici il s'agît de pelotes de hiboux moyen-duc (Asio otus). Attention, manipuler ses pelotes nécessite d'avoir des gants et un masque. De plus, l'étude des pelotes de rejections est actuellement proscrite dans certains départements pour cause sanitaire en raison de la présence de la grippe aviaire.

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La souille à sangliers.

 Une souille est un point d'eau boueux où les sangliers viennent prendre leur bain pour se débarrasser des parasites et pour protéger leur peau. Ce sont des zones favorables pour faire de l'affût mais aussi pour relever les indices de présence comme les poils, les traces ou encore, les arbres contre les quels ils se sont frottés. 

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La végétation de sous-bois.

 Voici deux espèces emblématiques des floraisons de fin d'hiver. À gauche la belle hellébore fétide (Helleborus foetidus), qui se reconnaît à ses fleurs vertes bordées d'un liseré rouge. À droite une des trois corydales (Corydalis sp.) que l'on peut trouver dans le secteur : la corydale intermédiaire, la creuse et la solide.

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Le crapaud commun (Bufo bufo).

Ce crapaud a été victime du pied peu leste d'un cheval. C'est une espèce principalement forestière mais qui se rencontre aussi dans les plaines humides. Contrairement à la grenouille verte (Pelophylax sp.), il rejoint l'eau, comme la majorité des amphibiens, uniquement à la période de reproduction pour s'accoupler et pondre.

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).

 Cette petite plante grasse aux feuilles épaisses peut être consommée, plus particulièrement avant floraison. Cependant en raison de son lieu de vie, les lieux humides et les vieux murs, il faut être prudent dans la consommation de ses feuilles pour limiter les risques de parasitisme, en particulier d'échinococcose et de douve.

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Le pic vert (Picus viridis).

Nous sommes tombés sur une plumée d'un pic vert qui a pu être prédaté par un oiseau de proie ou un renard. On le reconnaît à son plumage vert, à la tâche rouge qui orne son crâne et à son cri ressemblant à un rire moqueur. On le trouve plus particulièrement dans les forêts jeunes ou présentant des clairières et des lisières peu denses.

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La salamandre tachetée (Salamandra salamandra).

Nous avons enfreint la loi pour déterminer cette larve de salamandre et entrer les données de faune-rhône. En effet, il est interdit de saisir les amphibiens sans autorisation. Si vous êtes amenés à le faire, il faut les manipuler le moins longtemps possible et avec les mains bien humides. Ici nous avons pu déterminer qu'il s'agissait d'une salamandre tachetée en raison des taches jaunes présentes à la base des pattes et les tâches de la peau.

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Le mot de la fin. 

 Les publications sont restreintes en ce moment sur le blog et pour cause. Les examens se sont succédé (et plutôt bien passés). Dans un même temps le blog est entrain de connaître une véritable refonte avec la correction des 660 articles, que se soit la véracité des informations ou l'orthographe et il y a vraiment de quoi faire. Ajoutons à cela mon nouveau passe temps très chronophage, le montage vidéo et le temps consacré aux sorties.

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lundi 6 mars 2017

Flosab : Plantes vivaces des montagnes du monde.

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Il y a bientôt un an de ça, nous avons eu la chance de visiter sous une fine pluie gelée, la pépinière Flosab spécialisée dans les fleurs alpines du monde entier. Autant vous dire que nous nous sommes éclatés à reconnaître une partie des espèces que nous rencontrons d'ordinaire sur les sommets où nous randonnons. 

 

La gentiane à feuilles étroites (Gentiana angustifolia).

Cette gentiane pousse en France dans les Pyrénées et dans les Alpes. Elle se plaît dans les pelouses sèches et rases, le plus souvent en montagne dans les alpages, jusqu'à 2500 mètres d'altitude. On la rencontre également en Italie ou encore en Suisse. En Savoie et plus généralement dans le Dauphiné elle est assez présente.

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Le cypripedium gisela (C. parviflorum x C. macranthos).

Cette orchidée est une hybridation entre un cypripedium chinois (Cypripedium macranthos) et un cypripedium nord américain (Cypripedium parviflorum) qui est assez proche de notre sabot de Vénus (Cypripedium calceolus). Il est apparu en 1992 après de nombreux essaies en pépinière. Elle pousse en extérieur dans les sols drainés et pauvres comme ces consoeurs sauvages. Elles sont également résistantes au froid.

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L'euphorbe capitulée (Euphorbia capitulata).

Cette espèce est originaire du centre de l'Europe, en particulier des régions montagneuses de Serbie, de Croatie, de l'Albanie et même de Grèce. Habituée aux montagnes, elle supporte des températures très basses dépassant parfois le - 20 degrés.  Comme toutes les euphorbes elle n'est pas dénuée de toxicité.

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L'edelweiss naine (Leontopodium pusillum).

Cette espèce se rencontre dans les montagnes chinoises et tibétaines à très haute altitude. Comme la plupart des edelweiss, les fleurs sont couvertes de poils épais. Ceux-ci sont un moyen de protéger les inflorescences du froid qui pourrait les détruire en les givrants. Elle se caractérise par sa petite taille (2 à 7 centimètres).

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La globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia).

Celle là on la rencontre en Isère dans nos montagnes et même dans nos collines. Elle porte également le nom délicat de veuve-céleste. Ce petit sous-arbrisseau d'une quinzaine de centimètres fleurit de mai à juillet. Cette espèce serait toxique mais les composants qui en sont responsables ne sont pas encore connus.

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Une explosion de couleurs.

On trouve actuellement pas moins de 178 espèces alpines dans la pépinières dont une bonne partie est disponible sur leur site internet. C'est un bon moyen pour recréer un petit bout d'Alpes ou d'Hymalaya dans son jardin. Multiplier et commercialiser des plantes rares est pour ces passionnés un moyen de les protéger.

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Le mot de la fin.

Si vous avez l'occasion de passer en Savoie à proximité de La Bridoire, je vous invite à faire une halte dans cette pépinière d'exception aux nombreux prix tel le prix SNHF, le prix VILMORIN ou encore le prix COURSON. Vous pouvez retrouver Flosab le 25 et le 26 mars 2017 à Saint-Priest si le coeur vous en dit.

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dimanche 29 janvier 2017

Trois jours en Chartreuse.

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Belle surprise ! Notre voyage de classe pour notre intégration au BTS GPN de Vienne à lieu en Chartreuse. Me voilà donc de retour dans mon fief. Au programme trois sites remarquables que j'ai eu l'occasion de présenter à plusieurs reprises sur la Renarde des Alpes : le Cirque de Saint Même, le Charman Som et l'Herretang.

 

Le cirque de Saint Même.

 

Ses cascades et ses torrents.

C'est là que le Guier vif prend sa source. Ce torrent de montagne voit sa source sortir des profondeurs de la terre, après que celle-ci ait creusé à travers le massif calcaire un ensemble de cavernes et de grottes. Le cour d'eau marque la frontière historique entre ce qui était autrefois le duché de Savoie, alors indépendant, et celui du Dauphiné, propriété du Royaume de France. La Savoie fût annexée définitivement en 1860.

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La flore alpine.

Elle se caractérise par les différentes stratégies qu'elle emploie pour faire face aux conditions extrêmes aux quelles elle doit faire face tel le gel, des températures élevées, une absence d'eau ou au contraire, une trop grande abondance de pluie. Cela explique en partie la floraison tardive dans les alpages. 

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La primevère oreille d'ours (Primula auricula).

C'est une espèce rustique de montagne qui se reconnaît facilement à ses grandes feuilles lisses et épaisses aux bords dentés. Elle aime les sols riches en humus, frais, très bien drainés et à tendance calcaire. C'est au 16e siècle que la plante est acclimatée pour les jardins des plaines en particulier en Angleterre.

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Le camping de l'Ourson.

Nous voilà à Entremont le Vieux, non pas pour voir les orchidées que j'aime tant mais pour passer trois nuits dans ce charmant camping qui se trouve juste à côté de la coopérative laitière où l'on peut acheter les meilleurs fromages de Chartreuse. C'est là aussi que l'on peut visiter le musée de l'ours, dédié aux nombreux ossements fossilisés d'ours des cavernes (Ursus spelaeus), trouvés dans les cavernes de Chartreuses.

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Le Charman Som.

 

Le chamois (Rupicapra rupicapra).

C'est un habille grimpeur que l'on rencontre dans tous les massifs montagneux et forestiers de l'Est du pays mais également dans le Massif Central. Il ne faut pas le confondre avec l'isard (Rupicapra pyrenaica), son proche cousin qui vit dans des milieux similaires mais uniquement dans les Pyrénées. Le chamois de Chartreuse (le chamois de Chartreuse (Rupicapra rupicapra cartusiana) est sous-espèce qui n'est plus reconnue.

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Ainsi, son habitat ce compose de falaises, de pelouses et de forêts alpines ainsi que de zones herbeuses où les poacées et les lichens-mousses sont abondants. À l'origine le chamois n'est pas une espèce de montagne, on le trouvait alors un peu partout en plaine. C'est principalement la chasse et le perte de son habitat qui l'ont poussé peu à peu à prendre de l'alitutde et à trouver refuge dans les zones peu peuplées.

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Le mouflon de Corse (Ovis aries musimon).

 À l'origine c'est une espèce endémique de l'île du même nom ainsi que de la Sardaigne. Elle a été introduite en Chartreuse il y a une quarantaine d'années pour les besoins de la chasse. La population actuelle compte environs 80 animaux. Le mouflon corse est connue pour sa grande adaptation, souvent au détriment des espèces indigènes et endémiques des îles et massifs où il est implanté comme par exemple à Hawaï.

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La carline acaule (Carlina acaulis).

 On distingue chez cette espèce deux sous-espèce, l'une qui aime les pelouses basophiles (sols calcaires secs et souvent superficiels) médioeuropéennes (au climat du centre de l'Europe), Carlina acaulis subs.p acaulis et, l'autre qui apprécie les pelouses basophiles subalpines et alpines (à plus de 1 700 mètres d'altitude), Carlina acaulis subsp. caulescens. Il se pourrait que sur ces photos il s'agisse de celle-ci.

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La carline a été longtemps été utilisée par les alpins comme un indicateur de temps. Dès que l'air se fait humide ou que les premières gouttes de pluie se mettent à tomber, la fleur se referme presque instantanément pour protéger ses étamines et son précieux pollen. Notre guide Sébastien a pu nous en faire la démonstration avec une bouteille d'eau. Aujourd'hui elle n'est plus ramassée dans les alpages car elle est complétement protégée.

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L'euphraise de Rostkov (Euphrasia officinalis subsp. pratensis).

 Elle a pendant longtemps eu la réputation de soigner les infections. Elle passait également pour une plante magique, associée à la magie blanche. Il était de coutume de l'infuser puis d'en imbiber un linge. Placer ce dernier sur les yeux permettait disait-on d'être claire voyant et sur les oreilles, de pratiquer la claire audience.

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EN COUR D'IDENTIFICATION.

 

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Les osieaux de Chartreuse.

Pendant notre séjour nous avons pu voir de nombreuses espèces d'oiseaux, en particulier un très bel aigle royale (Aquila chrysaetos) quand nous approchions du sommet. Parmi les espèces courantes on peut citer la buse variable (Buteo buteo) à gauche et lev chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus).

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La marmotte des Alpes (Marmota marmota).

 Ce gros rongeurs de nos montagnes a pendant un temps disparu des Pyrénées. Depuis il y a été réintroduit avec succès. La marmotte est un animal herbivore appréciant les jeunes pousses et les graines. Néanmoins il lui arrive de se nourrie d'invertébrés. C'est l'une des proies favorite de l'aigle royale, en raison de son poid et de sa teneur en graisse. Il faut savoir qu'avant d'entrer en hibernation une marmotte pèse en général 5 kg.

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Topo sur la journée.

De cette sortie au Charman Som, vous pouvez retrouver ce petit topo guide. En redescendant sur le Col de Porte, on peut avoir une vue dégagée sur le Granier. Encore prit par les effets de l'é"rosion, celui-ci connait à nouveau de grands éboulement. Ce n'est pas cette année que nous irons découvrir sa cime.

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La tourbière de l'Herretang.

 Je commence à bien la connaître et vous la voyez souvent passer dans la rubrique "marais" ainsi que dans celle "sorties communes" du blog. Néanmoins c'est toujours un plaisir de la parcourir et de profiter des paysages qu'elle offre. De plus, la sortie prend tout de suite une autre tournure quand on est accompagné de professeurs et d'un guide passionnés d'odonates et de micro faune. De belles découvertes en perspective.

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Les tipules (Tipula).

De la famille des moustiques, il n'en a pas les désagréments. Bien souvent ils se nourrissent de débris végétaux, certains sont même de terribles prédateurs ou alors, de paisibles pollinisateurs. On distingues les sexes à la forme de l'abdomen : plutôt carré chez les mâles, plutôt allongé voire pointu pour les femelles.

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Les amphibiens en animation.

Toutes les espèces d'amphibiens sont protégées en France et il est théoriquement interdit de les déranger ou de les manipuler. Cependant, dans le cadre de certaines pratiques et avec autorisation, il est possible de les capturer pour les observer avant de les relâcher. Il faut toujours les manipuler avec précaution. 

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Le polypore soufré (Laetiporus sulphureus).

Ce champignon parasite des arbres blessés est comestible quand il est jeune et il est recherché en Amérique du nord où il est nommé poulet des bois. Néanmoins certains le tolére mal et il pourrait présenter une faible toxicité quand il pousse sur le tronc des résineux. En vieillissant il devient rapidement coriace.  

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Les fleurs de fin d'été.

 En voilà deux qui annoncent la fin des beaux jours ou, comme cette année là, le début de l'été indien. La balsamine de l'Hymalaya (Impatiens glandulifera) et le colchique d'Automne (Colchicum autumnale) sont deux e spèces colorées que l'on peut rencontre dans les près, les champs et les talus humides.

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Le mot de la fin.

 Voilà un joli début de sortie pour découvrir ces camarades de classe. Depuis, nous formons
un groupe soudé et je pense que l'entente qui y est excellente est assez rare pour y être soulignée.
Bref, j'ai trouvé la formation qu'il me fallait.

vendredi 23 décembre 2016

Destination Bretagne : le parc botanique de Brest.

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 Grosse étape au jardin du Conservatoire botanique de Brest qui est immense. C'est le tout premier conservatoire créé dans le but de mener des missiosn de préservations de la flore. Actuellement les efforts sont centrés sur les espèces menacées en particulier à l'étranger : Madagascar, Madère ou encore les îles Canaries.

 

Les grandes serres.

Chaque serre est un tableau et abrite sa propre flore. Milieux humides, désertiques, tropicaux ... il y en a pour tous les goûts. Je dois avouer avoir une petit préférence pour la serre aux plantes carnivores et celle dédiée à la flore de Madagascare qui est extrêmement belle et que je trouve propose une collection qui sort des clous.

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Agapetes x "Ludgvan Cross"

Ce bel hybride pouvant atteindre un mètre est issu d'Agapetes serpens et A. rugosa, deux espèces asiatiques particulièrement belles mais surtout, résistantes aux conditions climatiques extrêmes, en particulier aux températures faibles. La première vient de l'Hymalaya, la seconde du Népal. Sa floraison s'étale de mai à août.

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Quelques plantes carnivores.

Je ne peux m'empêcher de vous présenter quelques unes de ces mystérieuses plantes. On les trouvent un peut partout dans le monde. Elles ont une alimentation carnée pour combler le manque d'azote de leur milieu. 

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 Ainsi, dans l'abondante collection, on peut rencontrer Sarracenia rubra ssp. alabamensis, une sous-espèce de Sarracenia rubra que l'on trouve fréquemment en Amérique du Nord, en particulier dans certains états américains comme la Floride ou la Géorgie. Sa floraison comme celle de la plupart des Sarracenia est très particulière. Les fleurs présentent des pétales et des sépales modifiés qui leur donne une apparence discrète et unique.

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La collection accueille  également en son sein la droséra intermédiaire (Drosera intermedia). On la rencontre en France à l'excepté dans le Sud-Est et le pourtour méditerranéen, dans les marais et les tourbières. Elle se ratifie du fait de la disparaissions de son milieu qui ne représente que 0,1% du territoire français et qui bien souvent, est asséché. Si vous porter attention aux deux photographies la présentant, vous pouvez admirer l'un de ces proies.

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 Encore une américaine ! La dionée attrape mouche (Dionaea muscipula) a transformée certaines de ses feuilles pour en faire de véritables prisons où les insectes piégés sont dissous lentement. C'est une championne de la longévité, cette dernière peut vivre plus de 20 ans dans son habitat d'origine, à savoir les tourbières à sphaignes. La disparition de ce milieu explique la diminution de cette population qui est considérée comme vulnérable. 

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L'impatiens à deux épreons (Impatiens bicaudata).

Cette plante originaire de Madagascar appartient à la grande famille des impatiens. En France on rencontre de nombreuses impatiens, toutes sont invasives et crées de gros dégâts dans notre environnement à l'exception de l'impatiente ne-me-touchez-pas (Impatiens noli-tangere) qu'il faut bien se garder d'arracher.

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Le belvédère et ses fougères.

 Le belvédère est entouré d'immenses fougères tropicales et abrite même un pin Wollemi (Wollemia nobilis). Tout ce petit monde fait figure de reliques du passé. Ils figurent parmi les premiers organismes végétales à avoir coloniser la terre et, au carbonifère, à avoir servit d'abris pour les insectes géants qui peuplaient alors le monde.

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L'Ochagavia carnea (Ochagavia carnea).

 Cette plante est originaire du Chilli, où elle y est même endémique, et possède une floraison exceptionnelle (il s'agît ici du bouton floral). On la rencontre dans les zones désertiques aux températures élevées l'été mais au climat tempéré en hiver. Elle peut de se fait résister à de faibles températures (entre -7°C et -10°C).

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La lavande à feuilles de fougères (Lavandula pinnata).

On la nomme également lavande de Madère ou lavande pennée. Elle provient des îles Canaries et celle de Madère dont elle est endémique. C'est une espèce particulièrement rare dans son milieu naturel qui a besoin de beaucoup de soleil. On en tire une huile essentielle précieuse pour lutter contre les insectes et les maux de tête. 

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La marsillée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia).

Voici une superbe fougère d'eau qu'il n'est pas courant de croiser. On pourrait penser au premier abords qu'il s'agît d'un trèfle ou d'une oxalis mais ses rhizomes ne trompent pas. Protégée en France, on peut la rencontrer dans les mares et les fosses où l'eau se fait stagnante. Dans certains pays, en particulier en Asie, elle est consommée. En Europe de l'Est et Centrale on l'utilise comme plante magique permettant de voir le monde invisible.

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Le tison de Satan (Kniphofia rooperi).

Cette fleur flamboyante est originaire d'Afrique du Sud. Elle peut atteindre sans mal un mètre de haut et même les dépasser. Elle se plaît dans les sols secs, ne craint pas les fortes chaleurs et montre une certaine résistance aux embruns et aux températures basses. L'épi floral est composé d'une multitude des fleurs orangées et jaunes mesurant 4 centimètres de long et qui sont ponnilisées dans leur habitat naturel par des papillons de grande taille.

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Quelques raretées du territoire français.

Le conservatoire permet d'observer de petits bijoux comme l'andromède à feuilles de podium (Andromeda polifolia) et le panicaut vivipare (Eryngium viviparum) que l'on ne peut observer que dans quelques stations françaises. Ces deux espèces rares et protégées entrent actuellement dans des plans de réintroduction. 

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Le parc du conservatoire.

 Jusqu'au 13 novembre 2016 il y était possible d'observer de nombreuses oeuvres représentant des crabes et composants l'exposition "Abris côtiers". Il s'agit du travail de l'artiste Jérôme Durand, artiste issu de l'école des Beaux-Arts de Brest et très actif en Bretagne mais aussi à travers différents pays du monde comme le Japon ou le Cameroun. Personnellement j'aime beaucoup son travail qui est très poétique.

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Le parc s'étale sur 30 hectares en divers tableaux dans un vallon ombragé traversé par un ruisseau formant par endroits des lacs puis se transformant peu à peu en torrent. Chine, Nouvelle-Zélande, Portugal ... là aussi il y en a pour tous les goûts. En quelques heures de marche, il est ainsi possible de découvrir les grands ensembles de végétation issus des quatre coins du monde. Un belvédère permet d'avoir une jolie vue sur l'ensemble. 

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Les oiseaux du parc.

Le parc abrite de nombreuses espèces d'oiseaux. On les rencontre un peu partout sur le territoire et on les considère souvent comme appartenant à la "nature ordinaire". Parmi celles-ci on rencontre les bergeronnettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) et le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) qui se plaît dans les gunneras.

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On rencontre également des grimpereaux des arbres (Certhia brachydactyla). Ce petit oiseau se reconnaît à son chant qui lui permet d'être différencié des autres grimpereaux. Son bec arqué lui permet de débusquer les petits insectes qui se cachent dans la mousse et les crevasses de l'écorce des vieux arbres.

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On trouve les classiques canards colverts (Anas platyrhynchos) qui se plaisent dans la végétation abondante des diverses mares. On trouve également de nombreuses tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) qui supportent les températures fraîches que l'on rencontre parfois sur la côte bretonne en hiver et au printemps.

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On observe également des laridés, à savoir des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) et toute la série des goélands présents dans la région (Larus sp.) qui sont attirés par les pique-niqueurs. On peut aussi voir de grands échassiers tel le héron cendré (Ardea cinerea) ou l'aigrette garzette (Egretta garzetta). 

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La rhubarbe géante (Gunnera manicata).

Malgré son surnom de rhubarbe, cette gunnère géante n'est pas comestible. Elle nous vient dAmérique du Sud et en particulier des pays côtiers tel que le Brésil et la Colombie. Elle peut atteindre des tailles titanesques, jusqu'à 5 mètres de haut et 3 mètres d'envergures pour les feuilles voire 5 mètres pour certaines, un vrai record ! 

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L'azurite (Echinops ritro).

On le rencontre surtout dans les friches et les terrains ayant des substrats pauvres du pourtour méditerranéen. Il supporte très bien les embruns marins et les très basses températures mais ne tolère pas les sols humide et salins ainsi que le manque de soleil. Ses feuilles présentent ça et là des épines effilées et discrètes.

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Le chou marin (Crambe maritima).

C'est une plante parfaite pour s'essayer aux jeux de mots en tout genre ... C'est aussi une plante protégée qui a subit les désagréments des cueillettes incontrôlées mais aussi de l'urbanisation galopante des côtes. C'est une très bon légume oublié qui peut être cultivé chez soi mais qui ne supporte pas la conservation sur la durée.

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La démesure du parc.

Tout est démesuré dans ce parc, aussi bien la forêt de bambous, celle de fougères équatoriales, le chemin pour admirer les différents tableaux ou la liste des espèces qu'il est possible d'admirer. Traverser la palmeraie ou passer par dessus les cascades s'est s'assurer d'être dépaysé. C'est aussi un poste de choix pour les chasseurs de pokémons qui sont nombreux et se donnent rendez-vous chaque week-end pour partir en chasse.

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Le mot de la fin.

 J'ai adoré ce parc, en particulier la forêt de fougères tropicales. On se croirait dans le val sans fin. Enfin bref, super expérience et pour le coup je n'ai pas regretté que nous ayons atterri ici après que notre sortie en kanoé ait été annulée à cause du mauvais temps. Si vous souhaitez décuvrir le parc, je vous invite à consulter leur page.

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