vendredi 28 septembre 2018

Sortie en forêt 78.

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Nous voilà de retour au col des mille martyrs, en hommage aux dix milles martyrs romains chrétiens n'ayant pas voulu abjurer leur religion. Le fond de l'air est frais, cependant le sol est sec, ce qui ne permet pas à la fonge d'être aussi développée que nous l'espérions. 

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La forêt est timide, le chant des oiseaux discret, mais la ballade n'en est pas moins belle. Paysages sublimes, lumière tamisée filtrant à travers les branches des conifères, montagnes dans les nuages et myriade de baies sauvages le long des chemins nous attendent. La fin de l'été a déjà un doux parfum d'automne. C'est le moment de jouer à la sorcière, de courir dans les bois, de ramasser les pommes au jardin, les courges dans le potager avec les dernières framboises gorgées de soleil, d'attraper les grappes de raisin à pleine main et de dire adieu définitivement aux vacances. C'est le temps des vendanges, des fruits, des champignons, des feuilles mortes, celui de vivre au rythme des jours qui raccourcissent.

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J'adore marcher dans la pénombre des bois. L'atmosphère y est toute particulière. L'humidité ambiante invite à la prudence, celle-ci étant propice à la sortie des amphibiens forestiers. Crapauds, grenouilles et salamandres font partis de ces animaux se faufilant parmi les feuilles mortes et que l'on peut croiser pendant les pluies d'été, pendant la recherche des cèpes ou juste après une averse éclaire, de celles qui surprennent le promeneur.

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Cependant nous ne sommes pas bredouillent. Les lépiotes élevées (Macrolepiota procera) sont de la partie. De forte stature, seul le chapeau est à prélevé. L'avantage de cette espèce, outre le fait qu'elle remplit rapidement le panier et qu'elle soit esthétique, est sa comestibilité.

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Si on prend soin de bien la cuire comme l'usage le recommande, ce champignon nommé également Coulemelle s'avère délicieux. Frit, grillé au barbecue, sauté à la crème ou en soupe, il peut se manger à toutes les sauces. On prendra cependant garde à son lieu de récolte, du fait qu'il soit un très bon bio-accumulateur. De ce fait, il est employé dans les analyses de sols pour déterminer leur teneur en agents chimiques polluants. Pour la trouver rien de plus simple, il suffit de s'aventurer dans les prairies, les bois clairs et les lisières riches en matière organique à décomposée. Attention cependant, des espèces semblables de lépiotes s'avères mortelles, autant bien connaître ses critères de détermination avant la récolte.

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Surprise, quelques girolles améthystes (Cantharellus amethysteus) nous attendent sagement dans la mousse, au milieu d'une forêt mixte composée de sapins blancs (Abies alba) et de hêtres communs (Fagus sylvatica) et dont les feuilles s'entassent déjà au sol. La sécheresse semble être passée par là, les specimens sont petits, craquelés et peu nombreux. Il faudra se monter patient avant la prochaine sortie pour mettre la main dessus.

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Dans une éclaircie, un petit buisson de callune commune (Calluna vulgaris) apparaît. l'espèce indique la présence d'un sol acide. Elle est l'hôte de nombreuses espèces d'insectes, en particulier de leur larve comme on le voit parfois avec la chenille du très beau petit paon de nuit (Saturnia pavonia).

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Ici elle indique la présence d'une tourbière, qui plus est ombrogène. Cependant elle a bien du mal à faire face à l'avancée de la fougère aigle (Pteridium aquilinum) qui peuple le lieu qui, en espèce pionnière, tend à le refermer, suivis bien souvent par les boulots blancs, hôte principal d'un champignon que j'affectionne tout particulièrement, l'amanite tue-mouche (Amanita muscaria). Pour en revenir à la callune, c'est une plante aux mille vertus, étant une très bonne mellifère, servant autrefois dans l'éllaboration des bières mais aussi, comme plante magique associée à la protection (notamment contre les fantômes).

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La récolte avance. Les mûres sont de saison. Nous les adorons. En salade, en sirop, en infusion, en confiture ... il y tellement de façon de les mettre en valeurs que nous nous privons d'en récolter une poignée dès que nous croisons un bosquet de ronces. Riches en vitamines, elles sont idéales pour affronter le froid.

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Instant de liberté face à la Grande Sûre dont la cime est plongée dans les nuages. Nous sommes dans une prairie à vaches surplombant Saint Laurent du Pont et sa vallée. L'herbe verte cache des merveilles dont un rond de sorcières de rosés des prés (Agaricus campestris). Hélas pour nous, nous arrivons un peu trop tard.

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Dans une partie pentue du bois, composé essentiellement de sapins blancs et où la lumière pénètre sans difficulté, nous faisons une jolie découverte. Il semblerait qu'il s'agisse d'une mâchoire de renard roux (Vulpes vulpes). Il faut se le dire, le renard à mauvaise presse. On le tire désormais de nuit dans certains départements. Dans la plupart, on le déterre, on l'enfume, on l'empoisonne, on le piège.

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C'est vrai que le goupil aime chaparder les poulets et les canards, et les dégâts ne sont pas sans conséquences dans les grands élevages de pleine. Est-ce pourtant autant la peine de le traquer partout ? Dans certaines vallées agricoles, on comprend désormais son rôle. Dans celle de la Valdaine, il est interdit de le chassé, afin de limiter les populations de campagnols qui dévastent les cultures. Plus de renards, moins de campagnols, la logique est simple mais encore dure à faire entendre, alors que dire de son impacte bénéfique sur la maladie de Lyme, lui qui réduit les populations de rongeurs qui font parties du cycle de ce mal ? Oh bien sûr, on peut parler de l'échinococcose que l'on nomme à tort maladie du renard et qu'il véhicule via ses déjections (et non son urine comme on l'entend souvent) mais cela ne concerne que 10 à 15 personnes par an et les vecteurs principaux en son le chien et le chat, autant dire que si l'argument était vraiment d'importance, nos compagnons auraient du soucis à ce faire. Quand à la rage, cela fait belle lurette qu'elle n'est plus présente sur le territoire français. Alors, si on laissait le renard roux un peu tranquille, histoire que les écosystèmes fonctionnent par eux mêmes et soient encore plus bénéfiques qu'ils ne le sont à l'agriculture ?

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Sur une souche, dans un boisement dense, nous tombons sur une multitude de carpophores (parties aériennes d'un champignon) de polypores soufrés (Laetiporus sulphureus). Pas plus simple à reconnaître que celui-ci : un chapeau marginé de blanc, des pores jaunes et absence du pied. Il n'y a pas à dire, en forêt il n'y en a pas deux comme lui.

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Aux Etats-Unis et au Canada, ce champignon est très recherché et est communément nommé "poulet des bois" en raison de sa chaire et de son goût proche de la volaille. Cependant, il faut bien l'appréter, la cuisson pouvant le rendre sec et filandreux. Pour ma part je le transforme en nuggets après un rapide blanchissement ou, je le découpe en fines lanière que je fais en fricassée dans de l'huile d'olive, de l'oignon, de l'ail et surtout, avec beaucoup de fromage de pays. Attention toute fois, les champignons nord-américains bien que très semblablent aux notres sont différents, aussi bien sur le plan de la biologie que de la comestibilité, d'autant plus que cette espèce ne convient pas aux estomacs sensibles. Les individus poussant sur des conifères (cette espèce appréciant également les feuillus), seraient plus indigestes. Mieux vaut lors d'une première dégustation le goûter en petite quantité.

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Dîner du soir. Au programme oeufs poêlés, chapeaux de lépiotes élevées revenus à l'huile d'olive, fricassée de polypores soufrés et gnocchi et infusion au mûres forestières. De quoi se régaler avec la récolte de notre promenade, il nous aura fallu un peu moins de 2 heures en forêt pour trouver de quoi confectionner notre repas.

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Sur le chemin, nous croisons pas moins de treize chevreuils (Capreolus capreolus). Chevrettes avec leurs faons de l'année, jeunes mâles en pleine forme ou petits groupes broutant dans les prairies enherbées, c'est notre jour de chance et pour cause, c'est le meilleur moment de la journée pour les observer. En effet, la lumière tombante, la fraîcheur amenée par la petite pluie du matin et le faible flux des voitures et promeneurs incitent les animaux à sortir du bois pour s'alimenter. Faute de prédateurs, leur population s'est accrue rapidement dans le secteur, présentant quelques problèmes pour le peuplement, en particulier sur les question de consanguinité et de maladies selon certains. Bien que chassée, en l'état des choses seule une prédation naturelle semble envisageable pour enrayer la dégradation génétique de l'espèce à l'échelle locale.

La nuit commence à tomber, il est temps de retourner chez soi pour s'atteler à la préparation du repas, et plus globalement, de la fin de l'été. Changement de contrat, même poste, je m'épanouie dans ma nouvelle filière : l'agriculture. Cependant, il me tarde de retourner à mes premiers amours : l'éducation à l'environnement. Qui sait ? d'ici quelques temps, peut être me croiserez vous au détour d'un bosquet, avec tout un groupe en quête de nature à découvrir. En attendant, il me reste à enfiler mes chaussures de randonnée et à vous dire à bientôt.

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dimanche 12 février 2017

Sortie en montagne 15.

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 Au début de l'hiver nous avons eu la chance de partir tout un après midi visiter un bout du Jura en passant par la Savoie. Ce jour là le froid était plutôt mordant et une large mer de nuage couvrait une partie des collines alentours. Et pourtant, la journée fût radieuse. Les forêts de conifères contrastaient étonnement bien avec les quelques boulots blancs perdu dans le boisement. Depuis, une épaisse couche de neige a recouvert les arbres.

 

Boisement et végétation des couloirs de coupe.

Les coupes en montagne laissent parfois de vilaines traces dans la forêt. Le sol à nu s'érrode facilement et il n'est pas rare d'y observer des glissements de terrain importants. Depuis quelques années, les zones défrichées sont replantées avec de jeunes arbres ou ensemencées avec  des graminées (Poacées) qui ont la capacité de retenir la terre. Certaines espèces peuvent retenir entre 0,5 et 1,5 m³ avec leur système racinaire.

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Les molènes (Verbascum).

Il existe une multitude d'espèces de molènes qui ont tous la capacité de se développer très vite. On les appel souvent bouillon blanc, ce qui est un tort car seul Verbascum thapsus peut prétendre à ce titre. Les molènes formes des fleurs colorées sur de grandes hampes florales. Ils peuvent produire plusieurs milliers de graines.

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L'héllébore fétide (Helleborus foetidus).

Elle porte également le nom de mords-cheval car on l'utilisait autrefois sur les animaux qui, ayant trop consommés d'herbe à la sortie de l'hiver, se retrouvaient avec des poches de gaz dans l'estomac ce qui peut leur être mortel. On attachait alors un bout de la plante à une ficelle puis on la faisait ingurgiter à la bête. Cette entreprise avait pour but de le faire vomir et ainsi libérer les gaz. Puis on tirait la corde pour éviter l'intoxication.

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Le chevreuil (Capreolus capreolus).

Bonne surprise ! En week-end dans la maison familiale, nous avons pu voir depuis mon ancienne chambre de petite fille quatre chevreuils brouter tranquillement dans la brume. Nous avons toujours beaucoup de chance de voir au cour de l'hiver et de l'été plusieurs de ces cervidés s'aventurer dans le jardin. 

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

Toujours dans le jardin de famille, nous avons pu aussi observer ce pic épeiche affairé à chercher des larves dans les fruitiers vieillissants de l'ancien verger et dans les piquets fatigués de la clôture du voisin. La présence d'un carré rouge à la base du crâne indique qu'il s'agît du mal, la femelle ayant une calotte toute noire.

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La Cascade du Grenand.

En passant par la Savoie nous faisons un petit détour par la Cascade du Grenand, sur la commune de La Bridoire. Ce torrent fait un lacé de 6 kilomètres de long avant de se jeter dans le Guier. C'est un cour d'eau que j'ai eu la chance, il y a quelques années, de découvrir à travers le canyonisme et ses nombreuses chutes d'eau.

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Le plafond nuageux.

 En général en montagne on définit comme plafond un couche épaisse de nuage qui couvre entièrement le ciel et qui donne l'impression d'être extrêmement basse. Une fois que l'on s'éléve un peu, en montant par les petites routes du Jura par exemple, on peut l'observer de par le dessus et voir jusqu'où elle s'étend.

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Le mot de la fin.

 La neige n'est pas encore là mais l'atmosphère est hivernale. Le brouillard et le froid matinal, additionnés à quelques gelées, donnent un charme tout particulier aux montagnes et aux grands pins pectinés qui dégivrent dès qu'un rayon de soleil fait son apparition. Nous ne reviendrons pas de si tôt dans le Jura, les examens approchants, néanmoins nous aurons l'occasion de passer encore quelques jours du côté de la Chartreuse.

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jeudi 17 mars 2016

Les voyages arctiques.

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Actuellement à la Maison des Parcs de la Montagne de Chambéry, on peut assister à une super exposition sur les voyages arctiques. De nombreuses activités sont proposées aux enfants et un film interactif est diffusé toute les heures. Le top ? c'est gratuit et accessible sur une large plage horaire, même le dimanche.

 

Les précurseurs et les grands explorateurs.

La conquête de l'Antarctique et de l'Artique a été jalonnée de grandes explorations polaires. Pour le pôle Nord, le premier homme à l'atteindre est Robert Peary malgré quelques incertitudes sur son exploit. Pour le pôle Sud, le premier explorateur est Ernest Shackleton et le premier à l'atteindre est Robert Falcon Scott. 

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Les animaux du grand froid.

On rencontre peu d'animaux de grande taille dans cette région du monde. La quasi totalité d'entre eux sont des mammifères carnivores et se nourrissent de poissons et/où d'autres mammifères. Parmi ceux-ci ont peu citer l'ours blanc (Ursus maritimus), l'orque (Orcinus orca), le narval (Monodon monoceros), le morse (Odobenus rosmarus), l'éléphant de mer du Sud (Mirounga leonina) et le léopard des mers (Hydrurga leptonyx).

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Les créatures du fond des mers froides.

Elles peuvent sembler effrayantes mais en réalité elles ne mesurent pas plus que quelques millimètres voire quelques centimètres. Elles sont la base du cycle de la vie dans ces régions aux conditions rudes. La plus connue de ces espèces est le krill, de petites crevettes qui vivent en grands bancs et dont certains poissons et baleines se nourrissent. Les poissons sont dévorés par de plus gros poissons et ainsi de suite.

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Les activités proposées.

Tout comme pour l'exposition permanente, l'exposition temporaire sur les explorations polaires se veut didactique. Il est ainsi possible de conduire la barre d'un navire scientifique, de jouer au détective, de découvrir la chambre d'un explorateur faite pour s'abriter de la neige, de faire un jeu de l'oie géant et de ramener chez soit une version réduite de son grand manchot (Aptenodytes forsteri) dont on aura pu écouter au par-avant les cris d'amours.

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Le mot de la fin.

Bref, j'espère que vous aurez l'occasion d'aller profiter de cette très belle installation mais aussi du reste de la galerie qui vaut le détour et pour cause; il y a bien des choses à faire comme répondre à un quizz dans une cabine de téléphérique, partir à la découverte de la flore et de la faune, analyser la neige ou provoquer des tempêtes et des chutes d'eaux diluviennes sur les vallées de la Chartreuse et des Pays de Savoie. . 

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samedi 14 novembre 2015

Sortie en montagne 12.

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Week-end en montagne en Savoie, quelque part entre Albertville et Bourg St Maurice, plus précisément sur la commune de Bellentre. Nous avons eu la chance de profiter d'un temps féerique fait de brume et de nuages dans un petit chalet de montagne, pas loin du téléphérique de la Vanoise (qui à l'heure actuelle est le plus grand téléphérique avec ses 1824m de long). À plus de 1500 mètres d'altitude, nous avons une belle vue sur la vallée.

 

Le sureau rouge (Sambucus racemosa).

Nommé aussi sureau des montagnes, on peut utiliser ses baies mélangées à moitié avec des fruits rouges pour confectionner des confitures ou des gelées. Il faut prendre le soin de passer les préparations au chinois pour enlever les graines car celles-ci ont toxiques. Les grappes baies de rouges attirent de nombreux oiseaux.

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Le pin des Alpes (Pinus cembra).

On le connaît plus sous le nom de pin cembro. Typique des étages montagnards, on le croise entre 1600 et 2800m d'altitude. Très résistant au froid et aux hivers rigoureux, c'est en Savoie que l'on trouve la plus grande forêt de cet arbre. Il a pendant longtemps été utilisé en montagne pour confectionner des objets de la vie quotidienne et dans l'alientation grâce à ses pignons riches en calories, chose non négligeable dans ce milieu.

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Danger dans le brouillard.

Sortir en montagne dans le brouillard est toujours dangereux, même l'été, car le terrain est escarpé, les ravins sont nombreux et les moyens pour trouver quelqu'un de perdu pas toujours efficaces face à l'imencité des forêts. Mieux vos partir avec un bon équipement, des vêtements colorés et surtout un téléphone chargé.

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Grande Cuscute (Cuscuta europaea).

C'est la toute première fois que je rencontre cette plante. Sa classification fait débat, selon les dernières publications elle appartiendrait à la même famille que les liserons : les Convovulacées. Parasite, elle se nourrie d'autres plantes comme la luzerne, la betterave, les pois ou l'ortie dioïque comme sur cette photo. 

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Le chénopoe blanc (Chenopodium album).

Cet épinard sauvage est moins connu que son cousin, le chénopode bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus), pourtant il est tout aussi bon et pousse de partout, en particulier dans les friches. Dans l'antiquité elle était très appréciée pour les hommes et les bêtes. Ses graines peuvent rester en dormance plus de 100 ans !

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L'épeire carrée (Araneus quadratus).

Cette petite araignée se reconnaît aux quatre points présents bien marqués sur son abdomen. Polymorphe, elle peut présenter une grande diversité de motifs et de couleurs. C'est une véritable tueuse qui peut attraper jusqu'à 500 insectes en une journée, débarrassant les maisons des moustiques, des taons et des mouches.

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Le Renard Futé.

Il n'en fallait pas plus pour faire chavirer mon coeur de Renarde. Le Renard Futé est un bel itinéraire de randonnée proposé par la station de ski sur la quelle nous nous trouvons et nommée Mont Chavin - Les Coches. Pendant les 2 H de promenade 7 panneaux explicatifs viennent apporter quelques explications sur la faune et la flore.

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La grenouille rousse (Rana temporaria).

D'ordinaire il ne faut pas manipuler les batraciens avec les mains, surtout quand elles ne sont pas humides, le contact produit sur leur peau est semblable à du papier de verre, mais celle-ci s'est invitée d'elle même. Les grenouilles rousses sont les batraciens s'invitant le plus haut dans nos montagnes. Dans les Alpes on peut la rencontre jusqu'à 2800 mètres d'altitude. Mâles et femelles ne partagent pas les mêmes milieux pour hiberner.

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Plantes royales et médicinales.

Voici deux plantes médicinales de montagne. À gauche une euphraise de Rostkov (Euphrasia officinalis subsp. pratensis) anciennement utilisée pour soigner la vue d'où son nom de casse-lunette. À droite une ortie royale (Galeopsis tetrahit) qui n'est pas une ortie. Elle serait utilisée pour les problèmes et les infections respiratoires et pour la reminéralisation. Elle est invasive en dehors de l'Europe, en particulier en Amérique du Nord.

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Forêt fantôme.

Ces photos de résineux dans la brume m'évoquent une forêt fantôme. L'apparition de spectres et de lieux mystérieux à toujours fasciné l'esprit collectif, que ce soit dans nos films d'horreurs, dans les romans des romantiques au 18e siècle, dans les légendes arthuriennes ou dans les récits de la nobilitas romaine.

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La montagne l'été.

L'été la montagne a un tout autre visage. La patinoire est fermée, la réserve d'eau pour les canons à neige ressemble à une mare aux canards et les télésièges font pâle figure, balancés au grès du vent au dessus du vide. Néanmoins on trouve des touristes venus comme nous profiter de la nature et des sommets.

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Les graminées changent de nom.

Désormais on ne parle plus de Graminae mais de Poaceae pour parler de cette famille qui contient de nombreuses espèces qui ne sont pas toujours facile à identifier. Parmi les 12 000 espèces classées dans familles, on trouve nos céréales dont les ancêtres nourrissaient au Crétacé certains dinosaures.

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Le chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum).

Ce panicault est extrémement rare, il ne se renconte que dans un sol riche en humus, très calcaire et frais. Depuis 1982 il est interdit dans son milieu naturel de la cueillir, de l'arracher, de le vendre et de le déplacer. La culture et la vente se font par des professionnels qui doivent fournir un certificat de production.

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La célébre edelweiss (Leontopodium nivale subsp. alpinum).

C'est LA plante des Alpes. Très protégée, des scientifiques ont depuis peu trouvé comment la cultiver. On peut désormais s'offrir un godet pour son jardin ou une bonne bouteille de cette belle fleur adaptée aux grands froids. Elle est utilisée aussi en cosmétique mais surtout comme symbole du savoir faire alpin.

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Un savoir faire qui se diversifie.

Fini la peinture sur bidon de lait et la vente de chapeau de paille, l'artisanat de montagne se diversifie. La mode des plantes et des soins naturels est en plein boum, le bio aussi. Les sols montagnards sont parfaits pour ce type de culture car encore assez vierges des pesticides, du délavement et de la culture intensive.

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Foire agricole à Bourg Saint Maurice.

C'est l'occasion de voir du bestiaux ! Tarines décorées, chèvres colorées, canards indiens, cochons gras ... il y a une grande variété d'animaux présentés. On peut caresser des lapins en semi-liberté et assister à des démonstrations de traites et de tontes. Un bon moyen de se rapproche du monde agricole. 

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Les valeurs sûres.

Le miel et la charcuterie, voilà deux produits typiques des campagnes et de la montagne et qui, sur le marcher, sont sûrs de trouver leur public, bien loin des psychoses sanitaires et alimentaires qui alimentent régulièrement les magasines et les émissions télévisuelles au risque de voir nos assiettes se vider.

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Une poule qui a du chien.

C'est le nouvel animal de compagnie à la mode. Qu'elle soit naine ou de soie, la poule et en particulier de race ancienne est à nouveau à la mode. Elle a même prit place dans les appartements, dans les jardins partagés de ville et dans les jardins des passionnées où elle est désormais collectionnée et non plus cuisinée.

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Traditionalisme.

Souvent vu comme désuètes ou démodées, les vieilles traditions tiennent encore bon, que ce soit dans la rue, dans les chorales ou dans l'assiette. Un bon exemple de tradition vivace, celle des crozets, petites pâtes savoyardes de forme carré au sarrasin qui sont cuites à l'eau puis mélangées à du beaufort.

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En parlant du Beaufort.

C'est le fromage local. Il existerait depuis plus de 2000 ans et est cité dans les textes romains. Pendant longtemps il est l'une des principales marchandises échangées dans les vallées. Sa production a été possible par la liberté qu'ont toujours possédé les paysans des Alpes vis-à-vis des pâturages alpins.

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Le mot de la fin.

Je pensais finir cet article avec une note joyeuse, puis les événements du vendredi 13 sont passés par là. Pas trop le coeur à m'étendre là dessus, j'ai mal à ma France, le morale dans les baskets et dans l'idée que nous sommes à un moment charnière de notre histoire, pour autant je garde foi dans le vivre ensemble.

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jeudi 29 octobre 2015

Sortie en montagne 11.

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 Suite de notre sortie dans les Alpes, plus précisément en Chartreuse. Après avoir tenté la monté du Granier (ICI) nous voilà partis dans la même journée pour le sommet du Pinet nommé aussi Le Truc. La monté est moins ardue et le paysage tout aussi magnifique. On a vite fait de se sentir tout petit face aux montagnes. En prime je voulais partager avec vous la vue du Mont Blanc que nous avons eu (magnifique sommet bien que brumeux).

 

L'identification compliquée des polygales (Polygala).

L'identification des polygalas c'est comme celles des ombellifères ou des russules, un vrai casse-tête. Les espèces et sous-espèces sont nombreuses et les éléments de distinctions infimes à tel points que parfois il faut un microscope. Ici il y a de fortes chances qu'il s'agisse du polygala commun (Polygala vulgaris).

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Belles fougères.

 Les conditions rudes ne font pas fuir les fougères. "En haut Asplenium viride et Polystichum lonchitis, en bas Athyrium filix femina et pour la dernière peut être...Oreopteris limbosperma" y trouvent leur bonheur. Leur résistance au froid vient de leur système racinaire qui peut s'encrer profondément dans le sol ou la rocher et des "écailles" qui protègent les frondes (jeunes pousses) et leurs souches. Merci Eric pour les identifications !

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Une inconnue au bataillon.

Voilà une plante que j'ai beaucoup aimé, pas mal photographié mais impossible de trouver son nom. Son port est très atypique et malgré ses feuilles je me suis résignée à devoir attendre pour connaître son nom. Si cette plante vous évoque une espèce, même vaguement, n'hésitez pas à me le laisser dans les commentaires.

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La potentille luisante (Potentilla nitida).

 Le plus souvent cette plante de montagne présente des fleurs rosées avec des étamines rouges ce qui m'a bien causé des peines pour l'identifier. Rase pour résister au vent, elle pousse dans les éboulis calcaires des montagnes de Alpes. En France on ne la rencontre que dans les départements de l'Isère et de la Savoie.

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 Une autre dimension.

 Malgré quelques pentes un peu costaudes, le sommet du Pinet est très facile d'accés. La balade est boisée et par endroit, nous permet de marcher à l'ombre de grandes falaises de calcaire blanc ou de bloc laissés là par les glaciers d'antan. La paysage est très différent de celui l'Alpette et du Granier je trouve.

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Salade des montagnes.

 La laitue des Alpes (Ciberbita alpina) est une grande plante à fleurs bleue. Elle peut facilement atteindre deux mètres dix. Elle ne se cantonne pas seulement aux Alpes, on peut la trouver sur la plupart des massifs français, du moment que le sol est humide, peu acide, humifère et argileux. Une exigeante en somme.

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Plaidoyer pour les arbres morts.

J'en parle souvent, mais il me semble que cela est important. Les arbres morts disparaissent rapidement dans les forêts fréquentées car ils représentent un risque pour les promeneurs et l'exloitation du bois. Pourtant ils sont essentiels à la vie. Leur abatage diminue l'habitat de nombreuses espèces animales qui disparaissent. 

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Équilibristes.

 Les arbres de montagnes sont de véritables équilibristes. Il arrive que certains d'entre eux naissent et se développent dans de minuscules crevasses ou rebords de falaises dans les quels de l'humus s'est formé. Par la suite ils vont développer des racines assez puissantes pour percer la pierre et trouver de l'eau et des nutriments.

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 L'épipactis pourpre noirâtre (Epipactis atrorubens).

 Voici une série de quelques orchidées encore en fleurs au moment de cette sortie (fin juillet). Cette épipactis est une vivace qui peut atteindre 50 centimètres. Ses fleurs dégagent une délicieuse odeur de vanille. Les populations de cette espèce fragile sont en diminution à cause de la perte de son habitat naturel.

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L'orchis tacheté (Dactylorhiza maculata).

 Alors elle, s'est un vrai casse tête pour l'identification. D'une part elle ressemble à bien d'autres orchidées du même genre (nommé aussi Dactylorhiza) mais en plus elle comporte pas moins d'une dizaine de sous-espèces parfois bien éloignées de l'espèce type et pour couronner le tout, elle adore s'hybrider avec ses cousines.

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L'orchis moucheron (Gymnadenia conopsea).

 Voici l'une des plus odorantes de nos orchidées indigènes (originaire de notre pays). Très nectarifère, elle dégage un doux parfum ce qui n'est pas toujours le cas pour les autres espèces qui parfois sentent ou ressemblent à des insectes femelles pour attirer les mâles en mal d'amour qui ainsi les pollinisent (ex : ophrys apyfera). 

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L'orchis globuleux (Traunsteinera globosa).

 C'est une orchidée typiquement montagnarde qui aime les pâtures calcaires. On peut la rencontrer dans une grandes partie du Sud de l'Europe. Elle est protégée dans la région Auvergne et dans celle de l'Alsace. Comme toutes les orchidées indigènes, sa vente et sa cueillette sont réglementées par l'annexe B du commerce.

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Listère à feuilles ovale (Neottia ovata).

Pour finir cette présentation d'orchidées en tout genre, voici la listère à feuilles ovales nommée aussi grande listère. Elle a une répartition assez large pur ne pas dire très large. On la rencontre un peu partout en Europe, en Asie de l'Ouest et du Nord et en Amérique du Nord. Elle se plaît  un peu de partout et dans tous les sols.

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Le pin à crochets (Pinus mugo subsp. uncinata).

 On croit souvent à tord que les pins ne poussent que dans les landes et le Sud de la France. Pourtant il y en a un bien de chez nous. Appelé aussi pin de Briançon, ce résineux aime les forêts de montagnes. Il est vulnérable et donc protégé sur tout le territoire mais interdit à l'export en Nouvelle-Calédonie car invasif là-bas.  

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L'aster des Alpes (Aster alpinum).

Nommée également Reine marguerite des Alpes (ça c'est la classe !) figure parmi les plantes pouvant en France pousser le plus haut, soit presque 3000 mètres d'altitude. Uniquement protégée en Franche-Comté, ses populations déclinent peu à peu. Heureusement pour elle, elle s'éponouie dans les parcs naturels où la cueillette des plantes et fleurs est interdite sauf dérogation pour certaines plantes et certaines personnes bien précises.

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Le vératre blanc (Veratrum album).

Comme vous pouvez le voir, il n'est pas toujours blanc ce qui peut compliquer sa détermination. On le confond parfois quand il n'est pas en fleurs avec la gentiane jaune (cueillette pour les liqueurs) ce qui peut s'avèrer mortel. En effet le vératre est très toxique en raison de la paralysie intestinale et respiratoire qu'il peut provoquer.

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Plongée dans les cavernes.

Quand on parle de caverne on ne peut s'empêcher de penser à la Préhistoire. Mais il ne faut pas oublier qu'elles ont été jusqu'à peu utilisées par le hommes, en particulier les bergers qui gardaient les moutons sous la pluie et l'orage. Dans certaines régions des Alpes on peut retrouver sur les parois la trace de leur passage via des petits dessins qu'ils réalisaient avec du charbon ou leur couteau pour tromper l'ennui. 

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 Panorama version XXL.

On approche du sommet, enfin ! Quelques prises de vu histoire de vous donner envie à vous aussi de faire cette chouette randonnée. La vue est superbe. Sur la première photo en haut à gauche, on peut voir en arrière plan le Mont Blanc, puis le Bassin Chambérien, puis l'Alpette avec le petit bout du Granier que nous avons exploré.

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Hélas, trois fois hélas.

 Nous arrivons un peu trop tard pour voir les dernières fleurs des rhododendrons ferrugineux (Rhododendron ferrugineum). Ils poussent de préférence dans les sols pierreux, aussi bien à l'ombre qu'en plein soleil. Il n'est pas friand du calcaire ce qui explique qu'en montagne il pousse dans des zones bien délimitées.

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Millepertuis sp.

 On vente souvent les mérite du millepertuis, on oublie souvent de rappeler que c'est une seule espèce de millepertuis, le M. perforatum qui peut être employé en usage médical. On oublie souvent aussi de dire qu'il annule les effets de la pilule où des autres traitements contre la dépression ... prudence donc dans son emploie.

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Symbiose.

 On définie la symbiose entre différentes espèces (illustrée ici par des insectes de la famille des colèoptéres sur des apiacées) comme étant une interaction de réciprocité entre elles où chaque parti/espèce tire profit de manière bénéfique de l'autresans que cela ne nuise à leur partenaire (ou alors très peu).

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Reine du sommet

Au sommet du Pinet nous rencontrons l'achillée musquée (Achillea moschata) dont nous manquons la pleine floraison de peu. Cette plante ne pousse pas en dessous de 1800 mètres d'alitute (voir rarement en dessous de 2000m). Rare et très protégée, on ne la rencontre que dans les départements de la Savoie et Haute Savoie.

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Duo gagant.

 En voilà deux qui s'accorde sur la couleur et sur la toxicité, bien que je dois reconnaître que la première, à gauche, nommée aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia) est bien plus dangereuse que celle de droite, l'euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias) qui pour autant n'est pas dénuée de dangerosité.

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L'arnica (Arnica montana).

 L'arnica des montagnes est bien connue pour l'usage qui en est fait en baume (en homéopatie ça reste encore à voir). Ses vertus ont manqué de la faire disparaître. Protégée à grande échelle, elle est menacée de disparition dans plusieurs pays européens. La cueillette est soumise à une réglementation très stricte.

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Le sommet du Pinet.

 Nous voilà au sommet du mont, à plus de 1867 mètres d'altitude. Il est possible de voir une grande partie des massifs des prés Alpes ce qui est à couper le souffle. La randonnée est franchement facile pour arriver jusqu'au plateau crevassé que forme le sommet. Celui-ci délimite le département de l'Isère et de la Savoie.

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Flore et faune des falaises.

 Les nombreuses falaises calcaires sont un lieu d'observation magnifique pour voir certaines espèces animales et végétales peu communes et propres à ce milieu. La plus emblématique de toutes est le tichodrome échelette (Tichodroma muraria) appelé aussi oiseau papillon en raison de son vol et de son beau plumage.

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Danger de montagne.

 Ces belles falaises sont aussi l'ocassion  de rappeler que cette année encore, des randonneurs sont morts ou ont été blessés par des chutes de pierres provoquées par des promeneurs indélicats marchant en dehors des sentiers ou s'amusant à jeter des cailloux. Les règles en montagne ne sont pas là pour restreindre les plaisirs mais pour garantir la sécurité de tous. Ce sont des règles de base simples à respecter :
ne pas taper dans les pierres, marcher sur le sentier, respecter les consignes de panneaux.

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360 degrès.

 Rien à ajouter, les images par d'elles mêmes pour montrer la beauté mais aussi toute la variété de paysages et de milieux que l'on peut rencontrer en montagne ce qui exlique la grande diversité d'espèces présentes sur ces territoires encore préservés de l'urbanisme (quoi qu'avec les pistes de ski ça reste à voir).

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Redescente.

 Il ne nous faudra pas plus d'une 1 heure pour redescendre (sur internet il est plutôt indiqué 2 heures et demi) et pour cause, après plusieurs heures de marche nos estomacs crient famine. Nous bouclerons notre expédition en 9 heures, en comptant les nombreux arrêts photos, les ampoules et les moments détentes dans l'herbe.

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Le machaon (Papilio machaon).

 Ce grand papillon est l'un des rares sur notre territoire à pouvoir hiberner sous forme d'imago, c'est à dire sous la forme adulte et non sous celle de chrysalide. On peut le rencontrer sur tout l'hémisphère Nord. Il se raréfie et devient de plus en plus difficile à observer. On ne sait pas très bien encore ce qui conduit à sa disparition.

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Pelle mêle.

 Voilà deux plantes que l'on pourrait penser proche au premier abord mais il en est rien. Celle qui est à gauche, l'anémone pulsatille (Pulsatilla montana), appartient à la famille des renoncules alors que celle qui est à droite, la centaurée des montagnes (Centaurea montana) appartient à la famille des astéracées.

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Camaïeu de rose.

 Pour finir il me restait quelques plantes à fleur etc. que j'avais très envie de vous présenter mais pour ne pas allonger l'aticle je vais juste les nommer. De gauche à droite et de haut en bas : rosier des Alpes (Rosa pendulina), épilobe en épi (Chamerion angustifolium)Adénostyle à feuilles d'alliaire (Adenostyles alliariae) et agaric des jachère (Agaricus arvensis) qui est un très beau champignon et comestible de surcroît.

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 Toujours de gauche à droite, la pensée à deux fleurs (Viola biflora) qui aime les substrats humides (nous l'avons photographiés à l'entrée del'une des "cavernes") et la valériane des rochers (Valeriana saxalitis) qui aime les pelouses calcaires, les rochers, les éboulis etc. Elle contient des alcaloïdes utilisés en médecine.

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Le mot de la fin.

 Bon, pas grand chose à rajouter pour conclure l'article, hormis que nous avons été conquis par cette randonnée facile. Enfin facile, pour les asmathiques comme moi la première partie jusqu'à l'Alpette peut être ardue mais une fois arrivé au plateau c'est un vrai bonheur. J'ai eu le plaisir de m'y rendre au juillet de cette année, en octobre de l'an dernier, peut être tenterons nous une sortie en avril ou mai 2017 pour profiter de la sortie des orchidées.

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mardi 13 octobre 2015

Sortie en montagne 10.

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 Voici la première partie d'une très longue ballade en montagne. Nous voilà partis pour explorer le Mont Granier, un géant de calcaire qui culmine à plus de 1933 mètres d'alttitude. C'est aussi la plus grande falaise de calcaire d'Europe mais nous y reviendront plus bas. En attendant petite visite de ce mont dont malheureusement nous n'avons pas pu atteindre le sommet. L'an prochain nous aurons à nouveau l'occasion d'en venir à bout.

 

Des conditions de vie difficiles.

 L'étage alpin est rude pour les plantes et les animaux qui s'ytrouvent. Les fortes neiges, les violentes gelées, les froids intenses et les rayons du soleil brûlants sont des plus hostiles. De ce fait les espèces animales et végétales sont souvent plus petites et plus rustiques que les espèces que l'on trouve plus bas en plaine.

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 L'oeillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius subsp. hyssopifolius).

 On le rencontre dans les montagnes jusqu'à 2000 mètres. Il porte le nom de Montpellier comme beaucoup d'autres plantes en raison de l'école botanique de Montpellier qui était au 18ème siècle un centre incontournable pour les naturalistes et botanistes. C'est là que furent identifiées de nombreuses espèces végétales.

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 On le reconnaît facillement à ses pétales très découpés (on dit qu'ils sont laciniés) qui sont au nombre de cinq. Les fleurs solitaires varies blanc au rose. Il est parfois courant dans les forêts d'altitude mais c'est surtout dans les prés secs et montagnards qu'il s'épanouit. On le croise aussi bien dans les Alpes que dans les Pyrénées.

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  Dans certains régions et département il fait l'objet d'importantes réglementations. Ainsi, il est interdit de le cueillir (ou de manière partiel) et de le dégrader en Isère, dans le Jura, dans le Limousin, dans le Lot et dans les Hautes Alpes. On le rencontre dans une vingtaine de départements français dont la Savoie.

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La plante aux milles vertus.

L'achillée millefeuille (Achillea millefolium) est une plante médicinale qui a été très longtemps utilisée pour soigner divers maux en particulier ceux liés au sens. On la beaucoup employée pendant la guerre 14-18 pour soigner les blessées et les femmes en faisait usage pendant les menstrues. Elle porte le nom de saigne-nez ou sourcils de Vénus en partie pour ces utilisations. Même néandertal en faisait usage dans sa pharmacopée si c'est pour dire.

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À couper le souffle !

 Les sentiers sont tortueux voire parfois à bord de falaise ce qui n'est pas facile pour la trouillarde que je suis. Malgré les très beaux paysages, la vue sur le Mont Blanc, les villes en contre bas comme Chapareillan et sur les pâturages de l'Alpette, le vertige que j'ai pour la toute premier fois (faut bien un début à tout) me tort l'estomac.

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 Il faut user des bras et des jambes pour escalader les blocs de calcaires qui permettent d'avoir une vue incomparable sur les alentours mais aussi pour atteindre certains points de la randonnée. Sac à dos, bonnes chaussures (pas comme moi), shorts et bouteilles d'eau sont indispensable pour ce mini périple de 9 heures.

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 J'ai pas pu résister à vous mettre une photo du passage le plus compliqué (si on peut appeler ça compliqué ...) du Granier. Elle ne paye pas de mine mais derrière on trouve plus de 100 mètres de vide, ce qui ne va pas pour me rassurer. Du coup l'exploration du Mont a prit fin ici mais ce n'est que partie remise !

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Les vaches alpines.

 Nous ne sommes pas en Inde mais sur le plateau qui se trouve au pied du Granier et qui le sépare du mont Pinet (appelé aussi le Truc ... en Savoie ils ont de l'imagination hé hé). L'herbe grasse sert de nourritures aux nombreuses vaches dont le lait sert à la fabrication de fromages de prestige comme le St Marcelin.

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L'euphorbe des bois (Euphorbia amygdaloides).

 C'ets une grande vivace qui aime les zones fraîches, un peu humides et bien ombragées. Vénéneuse elle présente parfois un danger pour les animaux qui en consomme sèche dans le fourrage. Le latex qui s'en échappe est irritant en particulier pour les muqueuses et les yeux.EN voie interne il cause de nombreux dégâts.

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L'ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon).

 C'est un ail sauvage devenu cultivé qui n'est pas très courant à l'état sauvage. On le reconnaît souvent à ses fleurs qui forment une ombelle sphérique et dense. D'oridinaire elle est plus féodée aux prés rocailleux du Sud de l'Europe même si on le trouve sur l'ensemble du territoire hormis dans le Nord et le Pays Basque.

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Un crapaud dans le thé.

 La crapaudine des Alpes est aussi appelée thé des Alpes (Sideritis hyssopifolia). C'est une plante à l'usage ancestrale très prisée dans la région. Peu abondante et même protégée, sa cueillette est très réglementée. Cet arbrisseau est mélifère ce qu iexplique les nombreuses espèces d'insectes visitant ses fleurs pâles.

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Les incroyable déguisements des syrphes.

Cette famille regroupe un grand nombre d'insectes que nous avons souvent l'habitude d'appeler "fausses guêpes". Ce sont des insectes pacifiques et butnineurs dont les larves dévorent les pucerons. Celui de gauche est un Syrphus ribesii femelle et celui de droite est la volucelle transparente (Volucella pellucens).

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La turquoise de Sarcille (Adscita statice).

 C'est une cousine des Zygènes (dont je vous présenterai un de ces quatre quelques exemplaires des Calanques). Sa chenille adore le rumex et cause parfois des dégâts sur les plans d'oseille (qui est un rumex). Néanmoins dur d'être sûr de l'espèce, un examen complet des parties géntiales permettrait d'être sûr.

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 La gentiane jaune (Gentiane lutea).

 Avec quelques autres végétaux elle figure parmi les emblèmes des montagnes françaises. C'est une plante à la durée de vie prolongée (plus de 70 ans) qui met pas moins d'une dizaine d'anéne pour fleurir. Sa racine sert à l'élaboration de divers alcools, on la ramasse avec une fourche nommée Diable. Sa récolte est très réglementées.

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Le lis martagon (Lilium martagon).

 On continue encore avec les emblèmes avec le lis martagon. Devenu presque abondant dans sur certaines montagnes, il a bien faillit disparaître avec le pâturage intensif et la cueillette déraisonnée de certains. Son lien avec la vierge martyr Sainte Catherine (on le nomme parfois lis de Catherine) y serait pour quelque chose.

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 Une véronique pas comme les autres.

 La véronique en épis (Véronica spicata) est une véronique atypique par sa floraison abondante, ses poils, la petite taille de ses fleurs et sa forme d'épi. Elle est parfois confondue avec la véronique d'Allioni (Veronica allionii) dont elle se différencie par ses feuilles et son port. Elle aime les terrains calcaires ensoleillés.

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Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia).

 Lycanthropes sensibles s'abstenir car voici une tueuse de loups ! Tout comme la parisette à quatre feuilles, elle aurait était utilisée en raison de sa forte toxicité pour empoisonner les loups et les renards. Dans les comtes et légendes on attribue à cette plante le pouvoir de mettre à mort les loups-garous et autres créatures.

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 Les plantes acrobates.

 Arbres, fleurs ... nombreuses sont les plantes à jouer les acrobates à fleur de roche. Souvent elles se contente de peut de substrat. Les plus petites se contentent d'une simple corniche dans la paroi, les plus grandes et imposantes ont de puissantes racines qui perforent la roche pour aller chercher les nutriments et l'eau.

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Foisonnement de vie.

 Il y a bien des espèces à voir, ne serait-ce que les digitales à grandes fleurs (Digitalis grandiflora) qui se dressent ça et là dans le paysage. Il y a beaucoup d'animaux, il est facile d'entendre le chant des marmottes, beaucoup moins de les voir. Les chocards tournent en larges nuées et les têtards barbotent.

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 Scabieuses et autres caprifoliacées.

 Les scabieuses (Lomelosia) sont difficiles à identifier, rien que dans le secteur on compte 4 à 6 espèces très semblables. On les reconnaît à leur inflorescence hémisphérique, à leurs fleurs plus développées sur les extrémités et leur couleur. Nombreuses sont les espèces d'insectes à convoiter leur nectar et leur pollen.

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Le col de l'Alpette.

 C'est un alpage magnifique et verdoyant à toute saison hormis quand il se couvre de neige. Il devient alors un désert blanc et silencieux. Son nom a été repris par de nombreux établissements montagnards pour le gîte et/ou le couvert. Il y est parfois possible de voir des animaux en particulier des chamois au printemps.

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L'étage alpin.

 Nous quittons l'étage subalpin et l'atge alpin à la végétation peu dense pour redescendre à l'étage alpin. La forêt y reprend ses droits et des arbres hauts et touffus font leur apparition. C'est là qu'en journée les animaux et en particulier les oiseaux et la macro faune s'abritent. C'est aussi dans ce milieu que l'on trouve on groseillier sauvage, le groseillier des rochers (Ribes patraeum) que l'on trouve dans les bois rocheux et frais des montagnes.

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Une histoire de falaises.

 Ce sont les immenses falaises de calcaires qui caractérise le Granier et le rendent si impressionnant. C'est un véritable gruyère parcouru par presque 70 km de galeries et de cavernes souterraines. Celles-ci l'ont fragilisées au point qu'au 13ème siècle tout une partie de la montagne s'éffondre. On compte alors plus de 2000 mort et 5 communes sont entièrement ensevelies. Reste alors une falaise de 900 mètres de hauteur.

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Vue sur le Mont Blanc.

 Ce qui fait peut être la renommée du lieu, c'est la vue incroyable que l'on peut avoir sur le Mont Blanc les jours de beau temps. Sur la photo en bas à droite on le voit se dessine à côté des deux imposants blocs de roches qui se dressent dans l'Alpette. Souvent comme ce jour là un voile de nuages le couvre légèrement.

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Le mot de la fin.

 Voilà le premier volet de cette randonnée en Chartreuse. Elle figure parmi mes préférées car les paysages sont incroyables, le frisson garantit et les espèces végétales rares et colorées poussent souvent en bord de chemin. Reste désormais à vous présenter le Pinet avec sa vue sur les vallées et ses orchidées tardives.

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lundi 28 septembre 2015

Sortie en montagne 9.

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 Virée au Cirque de St Même. Cette année nous nous sommes prit d'affection pour la Savoie et nous y avons réalisés de nombreuses randonnées. Voici l'une d'elle ... enfin presque ... en effet le Cirque est à la fois en Savoie et en Isère. En son coeur se trouve la source du Guiers Vif qui départage les deux départements.

Une hêtraie enchantée.

Pour parvenir à la source, il faut grimper. Une des spécificité du cite est que rapidement, on passe d'un étage montagnard à l'autre et que l'on peut voir la flore changer, en particulier les arbres. En effet les nombreux hêtres (Fagus sylvatica) cèdent vite la place aux conifères qui s'accomodent mieux du relief escarpé.

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La saxifrage des ruisseaux (Saxifraga aizoides).

C'est une plante assez rare qui fleurit de de juin à septembre entre 600 et 3100 mètres d'altitude. Elle pousse en touffe dans les zones pierreuses et les éboulis, toujours à proximité de l'eau : sources, courts d'eau ou suintements à fleur de roche. Elle a de très nombreux noms comme celui de saxifrage faux aizon.  

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Les fruits des conifères.

 Tiens en parlant de conifères, savez-vous faire la différence entre tous leurs fruits ? Les cônes du sapin blanc (Abies alba) par exemple pointent vers le ciel alors que ceux de l'épicéa commun (Picea abies) pendent vers le bas. Pour s'en souvenir on dira que "ceux du sapin pinent (montent), ceux de l'épicéa pissent (descendent)".

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À défaut de faire le tour du monde, n'en faisons que la moitié.

La raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum) aime les milieux montagnards riches en silice. On la trouve dans les prés comme dans les moraines entre 1300 et 3000 mètres d'altitude.  Sa racine comme celle de la plupart des raiponces serait comestible et aurait un goût mêlant les saveurs de la châtaigne et du panais.

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 La grande astrance (Astrantia major).

 C'est une espèce qui dans certaines régions est protégée. Elle est typique des montagnes et aime se trouver dans les forêt de hêtres et de sapins humides et fraîches. Très rustique elle peut résister à des températures descendant au dessous de - 25°C. De grande taille elle fait parfois plus d'un mètre de haut.

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Les vampires des bois.

 Enfin presque, il s'agît plutôt de mélampyres, des plantes à fleurs semi-parasites qui se nourrissent en partie d'autres plantes dans un premier temps puis de leurs congènéres, d'où leur nom sympahtique. Au Cirque de St Même on peut rencontrer le mélampyre des forêts (Melampyrum sylvaticum) qui est à gauche de la photo  (tout de jaune vêtu) et le mélapyre des bois (Melampyrum nemorosum) qui lui est sur la photo de droite (en jaune et violet).

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Le maître des haies.

Il est plus fréquent de croiser le troène commun (Ligustrum vulgare) dans les villes et les parcs qu'en pleine nature. Pourtant c'est une plante indigène de notre territoire qui s'est retrouvé dans nos jardins pour sa rusticité. Voilà plusieurs siècle que l'Homme cultive cet arbrisseau qu'il nomme parfois bois puant ou frésillon.

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 L'étrange monotrope sucepin (Monotropa hypopitys).

Voilà une bien étrange plante. Le monotrope sucepin est cousin des bruyères et tire sa nourriture des échanges qu'il entretient avec des champignons dans le sol. Comme il ne fait pas de photosynthèse il n'a pas besoin de chlorophylle et est donc de couleur blanche et non verte. Il peut vivre dans les zones de faible lumière.

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 Le bal des orchidées.

 Voici petite série d'orchidées encore en fleurs au moment de la sortie (juillet). Ce n'est pas courant pour certaines de ces espèces mais cela arrive quand elles sont dans des milieux protégés de la chaleur comme c'est le cas. Ici il s'agît de l'orchis moucheron (Gymnadenia conopsea) qui peut dépasser 80 centimètres.

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 L'helléborine rouge (Epipactis atrorubens).

 Cette orchidée est commune sur les sols et éboulis calcaires et ses fleurs sentent bon la vanille. C'est la plus identifiable des épipactis en raison de sa couleur rouge-pourpre. Elle est protégée dans de nombreuses régions. De toute manière quand on est face à une orchidée, le plus sage est de ne pas la ramasser.

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Un nid sans oeufs ni oisillons.

La néottie nid d'oiseau (Neottia nidus-avis) est une orchidée qui fonctionne comme le sucepin (mychorization) ce qui fait qu'elle a besoin de très peu de ressources. Elle a la particularité d'avoir un réseau racinaire très dense et qui s'enroule sur lui même, formant ainsi une sorte de nid avec un creux douillet en son centre. 

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L'orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii).

 Cette orchidée fait partie de la famille des dactylorhizas qui sont assez difficiles à différencier les unes des autres (c'est même parfois un gros casse-tête même pour les plus agairis). Pour la différencier de de la Dactylorhiza maculata il faut regarder le biotope (plus forestier pour fuchsii) et le label (moins découpé chez maculata).

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Y a pas à dire, ça gère la fougère !

Les fougères comptent parmi les plus vieux végétaux de notre monde. Leur "famille" se nomme Flicophyta. Elles n'ont pas de fleurs et produisent pour se reproduire des spores ou se divisent. Certains au Moyen Âge partaient à la recherche de fleurs de fougère, en posséder une rendrait son propriétaire invisible.    

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Le lis martagon (Lilium martagon).

 Ce très beau lis atteint un mètre de haut. Il est dans de nombreux endroits le symbole de la culture montagnarde, en particulier dans les Alpes. Protégé il est possible néanmoins de le récolter sous certaines conditions spécifiques aux territoires sur le quel il se trouve. Il aime les endroits frais, ombragés et humides.

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 La vulnéraire des Chartreux (Hypericum nummularium)

 Son vrai nom est millepertuis à sous. Chez nous c'estune plante de grande importance, on en tire une liqueur typique d'ici, la Vulnéraire. Elle est endémique des Alpes et des Pyrénées, entre 500 et 2600 mètres d'altitude, souvent dans des endroits pas simple d'accés. Protégée, sa récolte est aussi très réglementée.

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La dryade à huit pétales (Dryas octopetala).

 J'aime le surnom de chênette qu'on lui prête parfois, cela vient de son  nom de dryade. Les dryades dans la mythologie grecs sont des nymphes mortelles associées en particulier aux chênes et plus généralement aux arbres et à la forêt. Timides, certaines protégeaient les pommes d'or du jardin des Hespérides. 

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 Les sentiers de montagne.

 Les sentiers de montagne ne sont pas à confondre avec ceux des campagnes ou des forêts de basse et de moyenne attitude. Ils sont serpentueux, raides et escarpés, parfois instables et/où à fleur de falaise (j'en parlerai dans un prochain épisode) ... bref ils sont redoutables. Il faut un bon équipement pour les aborder.

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Des plantes carnivores dans les Alpes.

 La grassette des Alpes (Pinguicula alpina L.) est une petit plante carnivore à fleurs blanches. On la trouve dans les montagnes eurasiennes en haute altitude, jusqu'à 2600 mètres. Ses feuilles sont couvertes de poils gluants. Quand les insectes s'y posent, ils s'engluent et les feuilles se referment sur eux puis les digèrent.

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Une terrible vénéneuse.

 L'ancolie commune (Aquilegia vulgaris) est considérée comme la plante la plus toxique d'Europe. Cela n'a pas empêché qu'elle soit très appréciée dans les jardins et dans les filtres d'amours, ce qui fut fatal à certains amants et maîtresses. Plante magique, les femmes mâchouillaient ses graines pour se rendre plus attirantes. 

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La délicieuse mauve musquée (Malva moschata, L.).

Ses feuilles sont caractéristiques de l'espèce. On la rencontre partout en France et elle n'est pas difficile dans le choix de son emplacement. Souvent cultivée, elle s'échappe facilement des jardins pour retourner dans la nature. Les fleurs de mauves sont encore utilisées pour traiter et soigner les problèmes de gorge.

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Plantes à découvrir.

 Il reste bien des plantes à découvrir au Cirque de Saint Même comme la parisette à quatre feuilles (Paris quadrifolia) à droite et qui est aussi nommée raisin du renard. L'endroit à l'avantage de regorger de vie et de trésors botaniques jusqu'à tard dans la saison avant que la neige et le gel ne s'invitent pour quelques mois.

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 La magie de l'eau.

 Le Cirque de Saint Même est assez fabuleux pour les nombreuses cascades et cours d'eau entourés par des falaises de calacaire de plus de 500 mètres de haut. Issus d'un source, ils deviendront le Guiers Vif et plus généralement le Guiers. On compte quatre cascades principales, ici celle nommée la Pisse du Guiers.

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La Cascade des Sources.

 Bon ce n'est pas elle en photo ici (Grande cascade) mais on presque la deviner. Elle sort d'une grotte creusée par l'eaud ans la roche, grotte dont on peut s'approcher de très prés d'ailleurs. L'endroit est assez sympathique car sur les rochers les moins érodées se sont installés de nombreux végétaux formant des îles.

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 La Grande Cascade.

 Elle porte bien son nom même si elle n'est pas la plus grande. Elle est très impressionnante surtout quand on regarde la taille du personnage de la photo en bas à droite. Il est possible de mettre les pieds dans l'eau glacée et d'aller sous la chute. Là aussi se trouve une riche végétation à la quelle on ne s'attendrait pas.

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 En parlant de mettre les pieds dans l'eau ...

Voici un aperçu de notre équipement pendant que nous nous glacions joyeusement les oreilles dans l'eau à la recherche de petites bêtes. Depuis j'ai écouté la voix de la raison (celle de mon bien-aimé) et je me suis achetée des chaussures de randonnées, surtout après les quelques frayeurs que j'ai pu avoir au Mont Granier.

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Petits monstres.

 Les voilà les bêtes. Elles ne sont pas méchantes et font le bonheur du cingle plongeur  (Cinclus cinclus) qui sont faciles à observer. Cet oiseau unique en son genre plonge sous l'eau pour trouver sa nourriture. Son plumage l'isole du froid, de l'eau et lui donne une réserve d'air pendant qu'il se trouve dans les torrents pour respirer.

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 Démonstration de témérité.

 Les pieds dans l'eau ... j'avoue nous n'y sommes pas restés longtemps, moi en particulier (maximum une dizaine de minutes). Il faut savoir que cette eau sort du ventre de la terre et est restée très longtemps loin du soleil et de ses rayons chauds. De ce fait elle dépasse rarement les 5° degrés ce qui fait peu pour se baigner.

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 La Cascade Isolée.

 Pour le coup j'aurais pu me passer de titre. Cette cascade a formé au court des années et même des siècles si ce n'estd'un ou deux millénaire une cuvette où ça et là se trouvent d'imposants blocs de roches qui ont survécu à la furie des eaux. Il est possible d'admirer le spectacle depuis leur sommet après une rapide escalade. 

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Courageux ?

 Les photos ne le montrent pas vraiment mais l'endroit est très beau car entouré de forêt et de roches qui sont à nues. Un énorme hêtre surmonte le tout et couvre de ses feuillages la petite étendue d'eau limpide et peu profonde visitée par les oiseaux. Reste la question du froid, qui osera s'y plonger ? Le Chat s'y est risqué les pattes.

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 Le mot de la fin.

 Voici un aperçu de la "collections de randonnées de l'été". Il y a fort à parier que nous seront bientôt de retour au Cirque, et si ce n'est pas cet automne ça sera alors au printemps. Néanmoins je me vois mal résister à l'envie d'aller voir les feuilles dorées tomber et être emportées par les eaux turbulentes du Guiers Vifs.

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mardi 5 mai 2015

Rencontre.

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 Rencontre en Savoie entre passionnés et amoureux de la Nature au petit Nice, charmant camping que je recommande chaudement. Installé sur la commune de Saint-Martin-la-Chambre (voilà un nom qui ne s'invente pas), il offre un panorama exceptionnel sur les montagnes enneigées et un cadre de vie reposant et bucolique.

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 Nous voilà une petite dizaine réunis tous ensemble pour partager, élaborer et définir notre projet. Une belle balade ponctue le week-end. Parfaite pour mieux se connaître, elle a été riche en découverte. Pour ma part elle a aussi ravivé les souvenirs que je peux avoir de la montagne et surtout de la haute montagne.

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 La primevère élevée ou primevère des bois (Primula elatior) aime les bois calcaires. Les jeunes feuilles et les fleurs se dégustent en salade. Douces, elles sont en tisane adoucissantes et calmantes en particulier dans les cas de toux grasse. La plante entière (feuilles, tiges, racines etc.) est diurétique.

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 Adorable hellébore fétide (Helleborus foetidus). Plante toxique, elle fût utilisée autrefois pour soigner la folie et les intoxications du bétail. Elle porte les noms poétiques de pattes de griffon, rose de serpent, griffe de lion ou de mord au Diable. Plante de sorcellerie, elle entrait dans la composition d'elexirs et de poisons. 

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Voici une pousse de grande gentiane ou gentiane jaune (Gentiana lutea). Plante de montagne très robuste, elle peut vivre plus de 70 ans et ne fleurit qu'aubout de 10 à 12 ans. Très utilisée pour réaliser des eaux de vie et des liqueurs comme la Chartreuse, sa récolte est réglementée car la plante ce fait rare. 

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1 : Plante encore non identifiée.
2 : Orchidée, peut être orchis mâle (Orchis mascula).
3 et 4 La renouée bistorte (Bistorta officinalis) est une plante qui a longtemps été utilisée comme légume en temps de disette. Le bulbe est comestible cuit ou cru mais très amer sauf si cuisiné et préparé dans plusieurs eaux et les jeunes poussent sont comestibles en salade. Son usage en médecine populaire est ancien.

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 Le  crocus printanier (Crocus vernus subsp. albiflorus) est une plante à fleurs de montagne qui apparaît à la fonte des neiges sur les prairies alpines. On en trouve une grande variété dans les jardins qui sont issue de l'horticulture et sont parfois bien différents des espèces dites sauvages. Ilne faut pas le confondre avec le safran.

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Le leptopore brulé (Bjerkandera adusta) est un champignon parasite qui s'installe le plus souvent sur les feuillus, parfois sur les conifères mais toujours sur les arbres vivants. Il est très commun et se rencontre aussi bien sous sa forme traditionnelle ou morte et pourrissant comme c'est le cas ici.Ildevient plus dur à déterminer.

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Le polypore d'Hiver (Polyporus brumalis), est un petit champignon qui se développe de manière isolée sur les branches mortes des feuillus. On le rencontre en général en Automne et parfois en Hiver si le gel ne fait son oeuvre. Comme nous somme en haute montagne, il est possible de le rencontrer plus tardivement.

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 Les cours d'eau de montagne sont connus pour leur débit irrégulier et la force incroyable dont ils peuvent faire preuve. Cela vient du fait qu'ils sont engrandepartie alimentée par la fonte des neiges qui en fonction du temps peuvent être importantes et imprévisibles. La faune et la flore qui y vivent sont définies comme torrenticole.

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 Mais qu'est ce donc ? Un vieux chew gum ? Un ver gras et dodu ?Rien de ça, il s'agît ici d'un fuligo rose (Fuligo septica var. rosea) naissant. Ce n'est en réalité ni un animal, ni un champignon et encore moins un végétal ... ce qui laisse sa classification en suspend. On le trouve le plus souvent sur le vieilles souches. Il est rare.

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 Plaisir d'enfance, la neige ! Arrivés au lac du Loup nous pouvons mettre les mains dans celle-ci et en faire quelques boules. Dieu comme c'est agréable et le paysage en vaut le détour ! Des cimes blanches à perte de vue s'offrent à nous et la pelouse est tapie de crocus, on ne peut pas réver mieux pour une première rencontre.

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L'hydne cure oreille (Auriscalpium vulgare) est une petit champignon assez commun en montagne en automne et au printemps qui pousse sur les cônes des pins. Il appartient à la même famille que le pied de mouton. Sa petite taille, sa couleur, son lieu de pousse et le fait qu'il puisse se couvrir d'algues et de mousses le rendent discret.  

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 Le Crapaud commun (Bufalo bufalo) est en pleine saison des amours dans ce lac de montagne. L'alltitude et les températures ont retardé la période de reproduction. C'est le plus grand crapaud de France, 12 cm pour la femelle et 18 cm pour le mâle. Ils peuvent vivre plus de 35anshormis s'ils servent de repas à un prédateur.

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 Voià un lycoperdum non identifié. Cette famille de champignons se reconnaît aisément. Ils forment des sacs remplis de spores qui à maturité éclatent pour libérer la précieuse semence. Les enfants et les plus grands se plaisent à les écraser en forêt. Acte ludique, certaines espèces possèdent des spores toxiques. Prudence.

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 Voilà un court article qui en quelques clichets résume ce beau weekend.
A refaire de toute urgence.

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mercredi 11 mars 2015

Embauchez-moi !

Ce soir on joue la carte du mélodrame à fond !

Voilà un cri du coeur ! Oui embauchez-moi ! ... Ce titre n'a pas grand chose à voir avec le blog je dois l'avouer mais voilà depuis plusieurs mois j'alterne les petits boulots, les expériences, le bénévolat et surtout la galère. Alors ce soir, je vide ce que j'ai sur le coeur.

Je ne suis pas à plaindre, j'ai une voiture (qui aime beaucoup mon garagiste), un toit, une chambre, un amoureux intentionné, une famille formidable, des frangins vraiment sympa, une maman et un papa dévoués pour subvenir à ma pitance. Malgré cela, je me laisse de plus en plus aller à la déprime (je n'ai même plus envie de sortir en Nature).

Dur de garder le moral quand on a l'impression que personne ne veut de vous. J'envois moult CV et lettres de motivations, je les corrige, je les reformule pour être sûre que le soucis ne viens pas de là. Je me bats avec Pôpole (Pôle Emploi dans le jargon familiale) pour avoir, si ce n'est quelques sous, une formation, je prends rendez-vous à la maison de l'emploi, au relais emploi, au service emploi... J'écoute l'émission "Emploi" de Radio ISA, je parcours les sites internet (Pôle emploi, Beeing emploi, Beemploi, Le Bon Coin), tiens en parlant du Bon Coin j'y ai même passé mon annonce (qui paraîtra d'ici peu et qui est un peu folklorique je dois le reconnaître), je suis sur Viadeo. Presque toutes les semaines je fais les agences d'intérim de mon département (Isère) et même de celui d'à côté (Savoie)... non rien, rien de lui là haut !

Mais bordel (à prononcer avec l'accent SVP) qu'ont les autres que je n'ai pas ? (Une bonne orthographe peut être). La motivation, la rage d'y arriver, l'envie, la détermination, la passion ... j'ai tout ça (je suis même prête àpartir à l'autre bout du pays ou du monde) mais il semblerait que ça ne soit pas suffisant. Zut, me voilà à me morfondre, je me suis connue meilleure. Non pas que je sois impatiente (enfin si un peu tout de même) mais j'ai l'impression de mettre trompée, que les études ce n'était peut être pas une bonne idée et que le meilleur aurait été de travailler tout de suite ou du moins d'essayer ... et pourtant ... pendant 3 ans je me suis éclatée, hébergée à Grenoble chez une de mes tantes (envers qui je ne serai jamais assez reconnaissante), j'ai pu comprendre les mécanismes de la société, casser mes préjugés (bon y encore du boulot) et appréhender le monde grâce à la sociologie et à l'anthropologie.

Alors non, au final je ne regrette pas ou alors bien peu mais cela reste dur.

Alors toi, oui toi là, toi qui cherche un élément motivé, ponctuel et qui en veut, sache que je suis là ! Prends donc quelques minutes à admirer mon superbe CV dans CE LIEN (n'ayont pas peur des mots !) ou ICI et à te dire : cette nana, c'est l'employée qu'il me faut !

PS: n'hésiter pas à me contacter au besoin via le blog !

lundi 9 juin 2014

Les Orchidées de printemps en Chartreuse.

le Granier
(Vu du Granier depuis le haut du col, les pieds dans la gadoue de la zone humide).

Nous voilà dans les Entremonts à la recherche des belles orchidées de Chartreuse. Rappelons que le massif enregistre 66 des 165 taxons connus en France. Merci encore à Sébastien qui au court d'une journée riche en découvertes a eu la gentilesse de me supporter et surtout, de me montrer de très beaux spots à orchidées. Et encore merci à lui pour les conseils, les explications et les identifications !

Ascalaphe blanc (4) Ascalaphe blanc

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On commence en douceur avec ce drôle d'insecte de la famille des libellules, l'ascalaphe soufré (Libelloides coccajus). On le rencontre dans les pelouses calcaires méditarréennes et montagnardes, jusqu'en Turquie (parfois à plus de 2000 mètres d'altitude). On peut le voir voler entre mai et juillet à la belle saison.

chenille

Avec la fin du printemps les chenilles font leur apparition. Fraîchement sortie de l'oeuf, elles ont généralement bon appétit et font leur entrée dans les potagers pour le plus grand malheur des jardiniers. Celle-ci a prit le parti d'imiter un fiente pour ne pas se faire becqueter par ses potentiels prédateurs.

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Belle rencontre avec c'est orchis guerrier (Orchis militaris) albinos. L'albinisme de ce type chez les orchidées est dû à une absence partielle ou complète des chloroplastes qui contiennent les cellules chlorophylliennes et des vacuoles qui contiennent les pigments qui colorent les pétales. Ici il semblerait que ce ne soit que les vacuoles qui soit  absente, la tige et les feuilles ayant gardé leur belle teinte verte.

raiponse globuleuse

La raiponce globuleuse (Phyteuma orbiculare) appartient à la famille des campanules. Elle apprécie les sols calcaires, les zones herbeuses et pousse entre 0 et 2600 mètres d'altitude. Cette vaste amplitude fait que l'on peut la rencontrer dans une large partie de l'Europe et même de l'Asie.

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Céphalanthère à longues feuilles Céphalanthère à longues feuilles (2)

La céphalanthère à longue feuilles ou à feuilles étroites (Cephalanthera longifolia) est une orchidée courante dans le Sud du massif de Charteuse. Elle peut atteindre 60 cm de haut et partage les mêmes milieux que le sabot de Vénus, c'est à dire qu'elle a une attirance toute particulière pour les zones de mi-ombre au sol calcaire, en bordure des chênaies ou des hêtraies.

Céphalanthère de damas

Proche cousine, la céphalanthère de Damas (Cephalanthera damasonium) se distingue de sa consoeur par ses larges feuilles, ses grosses fleurs peu ouvertes, plus abondantes et de couleur crème. Elle est classée à l'échelle européenne LC: préoccupation mineur.

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L'orchis à deux feuilles ou platanthère à deux feuilles (Platanthea biofolia) se confond facilement avec l'orchis verdâtre mais la blancheur de ses fleurs ne trompe pas. Elle aime les zones humides ou/et de demi-ombre, riches en humus et de nature basique. Présente dans toute la France elle se rencontre jusqu'à 2200 mètres d'altittude.

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Les céphalanthères rouges (Cephalanthera rubra) ne tarderont pas à fleurir. Pour le moment elles abordent de beaux boutons floraux. Ces jolies orchidées sont peu fréquentes et se rencontre les forêts claires et broussailleuses jusqu'à 1800 mètres d'altitude. Elle a le statu LC: préoccupation mineur.

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Deux jolis classiques qu'il est difficiles de confondre:

En haut: l'orchis moucheron ou orchis moustique (Gymnadenia conopsea) qui peut contenir jusqu'à 80 fleurs sur un même épi. Plante de plaine lumième, elle fleurit de mai à août bien qu'ici la fleuraison ne fait que débuter. Espèce classée LC.

En bas: l'orchis de l'homme pendu (Orchis anthropophora) nommée ainsi en raison de la ressemblance des fleurs avec un homme pendu par la peau du coup. Certains specimens offrent des dégrédés allant du pourpre au jaune pâle stupéfiants. Espèce classée LC.

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 Le muguet de mai (Convallaria majalis) est une fleur printanière. Réputé pour fleurir à l'arrivée du 1er mai, on en rencontre encore quelques brins fleuris dans les Entremonts. Associé au bonheur, ce n'est que tardivement, sous les ordres de Pétain, qu'il devient l'emblême de la fête du travail, remplaçant la fleur d'églantier associée à la gauche. Rappel, cette plante est très toxique.

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 Voilà une belle parmi les belle. L'orchis brûlée (Neotinea ustulata subsp. ustulata) a été longtemps considérée comme appartenant au genre orchis, aujourd'hui on la classe dans le genre Neotinea. Elle dépasse rarement les 20 centimètres et fleurit d'avril à août jusqu'à 2400 mètres d'altitude. Indifférente bien souvent à son milieu si ce n'est qu'elle ait besoin d'un ensoleillement important, on la rencontre presque exclusivement en montagne.

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On la nomme aussi Cap nègre, orchis mignon ou mouchette. Elle bénéficie en France du statu LC et est protégée en Picardie, dans le Centre, en Lorraine et en Belgique où elle se fait rare. 

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 Autres stations, autres orchidées, toujours en Savoie.
En haut: La listère à feuilles ovales (Neottia ovata) est une plante discrète malgré ses 60 cm. Cela est dû à ses petites fleurs vertes. Elle se différencie ainsi de la listère cordata aux fleurs bordées de pourpres. Elle figure sur la liste des espèces classées en LC.
En bas: L'orchis sureau (Dactylorhiza sambucina) est une orchidée de montagne. Habituée du massif centrale, on l'a rencontre plus épisodiquement dans les Alpes. Souvent jaune, on peut aussi observer des spécimens pourpres et plus rarement crèmes. Elle fleurit d'avril à juin.

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La globulaire à feuilles en coeur ou Veuve-céleste (globularia cordifolia) appartient à l'ordre des Globulariacées (et, n'est donc pas une orchidée). Cette plante montagnarde se rencontre dans les massifs calcaires du Sud de l'Europe (Alpes, Caucase, Jura et Pyrénées). Elle est protégée en Midi-Pyrénées.

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 On passe aux choses sérieuses avec l'ordre des ophrys qui sont, ma foi, pas des plus simples pour réaliser des identifications claires (je vous rassure, il y a pire... voir plus bas). En cas d'erreurs, mea culpa et vous êtes les bienvenus pour me les indiquer.

 Ophrys bourdon ou ophrys frelon (Ophrys fuciflora) est une orchidée qui dépasse rarement les 40 centimètres. On la rencontre dans les zones calcaires et ensoleillées, sur les pelouses rases ou dans les herbes hautes (qui les dissimulent complètement). Classée LC, on peut la voir un peu partout en Europe jusqu'à 1300 mètres d'altitude.

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Pétales et sépales blanches pour ce plan d'ophrys bourdon aux nombreuses fleurs et ce n'est pas le seul de la station. On peut parler de veridissmeici partiel ou d'hypochromie, le reste de la fleur étant colorée. Pour certains, il pourrait s'agir d'une sous-espèce, pour d'autre d'une simple décoloration.

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L'ophrys mouche (Ophrys insectifera) fleurit d'avril à juillet. Présente dans les pelouses de pleine lumière ou dans les sous-bois ombrés, elle aime les sols calcaires. On la rencontre dans toute l'Europe. En France, elle est absente dans deux régions: la Bretagne et la Corse. Elle possède le statu LC et est complètement protégée en Auvergne et dans le Nord-Pas-de-Calais.

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Proche cousine de l'ophrys bourdon, voici l'ophrys abeille (Ophrys apifera). En bouton sur le cliché, il a été attesté depuis qu'il s'agît bien de cette belle orchidée. Elle pousse dans les pelouses rases ou les hautes herbes des sols calcaires ensoleillés. Elle tient son nom de sa faculté à reproduire l'odeur des abeilles solitaires femelles pour attirer les mâles qui après un simulacre de copulation avec la fleur, transporteront son pollen. Si les butineurs se font absents, la fleur peut s'auto-féconder, ce qui crée des populations atypiques parfois classées comme sous-espèces. Elle est classée LC.

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 Alors plus dur pour ce coup. Qui est qui?
A votre gauche: L'ophrys petite araignée (Ophrys litigiosa). On la reconnaît à sa petite taille, au liseret vert peu étroit qui entour son label et à la form ealongée et régulière des sépales. 
A votre droite: L'ophrys verdissant (Ophrys virescens) possède un liseret plus large et un labelle beaucoup plus sombre. 
Ce genre comporte un nombre incroyable d'orchidées semblables les unes aux autres. Pour avoir un berf aperçu c'est par ICI.

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Gentiane à feuilles étroites (Gentiana angustifolia). On la confond souvent avec la gentiane alpine (Gentiana alpina) et la gentiane acaule (Gentiana acaulis). Elle aime les pâturages rocailleux et calcaires. On la trouve tout particulièrement dans les Alpes mais aussi dans le Jura et les Pyrénées.

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V'là ma préférée de toutes, celle avec qui j'ai commencé à me passionner pour les orchidées sauvages. Il s'agit de l'orchis pourpre (Orchis purpurea), nommée dans l'ouest de la France Pentecôte. Elle s'étend du nord de l'europe jusqu'au nord de l'Afrique en passant par la Turquie. Robuste, elle peut atteindre 80 cm de haut. Elle tient son nom de ses fleurs pourpres au label blanc tacheté. Elle aime les pelouses et les bois calcaires. Elle a le statu LC et est protégée en Franche-Compté.

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Drôle d'orchis pourpre que voilà ! On peut parler ici d'hyperchromie. Celle-ci se caractèrise par une forte accentuation de la couleur des fleurs, à l'invers hypochromie qui, rappelons le, est une absence partielle ou presque complète de couleur. 

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Voilà une autre orchidée que j'affectionne tout particulièrement. L'orchis guerrier appelé aussi guerrier militaire (Orchis militaris) pousse d'avril à juin et peut atteindre 40 centimètres de haut. Adepte des sols calcaires, on la rencontre dans les prairies, les pelouses et les talus calcaires, parfois en mi-ombre, le plus souvent en pleine lumière. Présente jusqu'à 2000 mètres d'altitude, ellesur presque tout le territoire Français. Elle est classée LC et est protégée en Belgique où elle est très rare. 

Ici les specimens photographiés à l'exception de les deux premières photos (en haut) ne sont pas représentatifs de la plante. En effet les fleurs attestent de par leur ouverture démesurée d'un lusus. Un lusus est une anomalie morphologique dû à une déficience génétique ou à une attaque (maladie, insectes etc...). L'identification de l'orchidée devient alors délicate, en particulier quand les fleurs sont en parties déformées.

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Quand l'orchis guerrier rencontre l'orchis pourpre, on obtient cette belle hybride au doux nom d'ochis hybride (Orchis x hybrida). On la rencontre plus ou moins fréquement jusqu'à 1700 mètres d'altitude d'avril à juin. Quand on parle d'hybride chez les orchidées, on place un "x" entre les deux parents dont est issu le spécimen ici: orchis militaris x orchis purpurea.

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Autre orchidée remarquable, orchis singe (Orchis simia) qui tient son nom de sa drôle de fleur en forme de petit singe. Cousine de l'orchis guerrier, elle fleurit de mi-avril à mi-juin sur les terrains calcaires secs, dans les zones atlantiques et méditerranéennes. Elle est classée LC et comme sa consoeur, est protégée en Belgique car rare.

Orchis x beyrichii

Nouvelle hybride à vous présenter: Orchis x beyrichii, fruit de l'orchis singe et de l'orchis militaire (O.simia x O.militaris). Peu courante voir rare, cette belle hybridation s'observe d'avril à juin jusqu'à 1600 mètres d'altitude.

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L'orchis tacheté (Dactylorhiza maculata) est l'une des orchidées les plus difficiles à idenditifer en raison des 12 sous-espèces qui la composent. L'orchis tacheté à proprement parlé se nomme Dactylorhiza maculata subsp. maculata. Roses ou blancs, les épis floraux peuvent atteindre 20 à 40 centimètres de haut. On la rencontre dans toute l'Eurasie. 

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Alors, dactylorhiza maculata subsp.maculata décolorées, avec veridissmeici partiel, attientes d'hypochromie ou d'albinisme?
Affaire à suivre, en tout cas il n'est pas rare de rencontre ce type de spécimens et pour cause, les orchis tachetés peuplent abondamment nos coins de montagnes.

orchis de mai

Plus dur ici, avec l'orchis de mai ou dactylorhize de mai (Dactylorhiza majalis). Haute de 20 à 40centimètres sur sa tige creuse, elle fleurit d'avril à juillet. Elle aime les zones de pleines lumière, humides voir marécageuses. On la trouve dans toute l'Europe, même en Scandinavie. On compte sept sous-espèces toutes aussi dur les unes que les autres à identifier. Elle est classée NT, c'est à dire casiment menacée. Cela est dû à la destruction de son environnement. Elle est protéée en Bretagne, dans le Centre et en Haute-Normandie.

orchis incarnat (3) orchis incarnat (4)

orchis incarnat orchis incarnat (2)

Encore plus complexe, l'identification de l'orchis incarnat (Dactylorhiza incarnata subsp. incarnata). Elle réquente les zones humides de pleine lumière jusqu'à 2000 mètre d'altitude et fleurit de mai à juin. On compte 5 à 6 sous-espèces qui nécessitent parfois une observation au microscope poussée pour pouvoir les nommer. Elle est classée VU: espèce vulnérable.

Bref, le genre dactylorhyza et comme le genre ophrys: pas simple de s'y retrouver !

chenille sur orchis singe

Les orchidées ont de nombreux ennemies: sangliers, oiseaux, chenilles, limaces, chevreuils et rongeurs... contrairement à certaines croyances, les orchidées ne contiennent pas de poisons et ne sont pas efficaces contre les nuisibles.

orchis mâle (2) orchis mâle

orchis mâle (4) orchis mâle (5)

Plus classique,en voilà une que je rencontre en bas de chez moi et que je vous présente de temps à autre. L'orchis mâle (Orchis masculata) porte ce drôle de nom à cause de ses deux bulbes. Il était conseillé au moyen âge de consommer le plus petit pour calmer l'ardeur sexuelle, le plus gros pour la réveiller. Aujourd'hui encore on consomme les bulbes d'orchidées à cette fin à travers une boisson sucrée: le Salep.

troll d'Europe troll d'Europe (2)

troll d'Europe (3)

Le trolle d'Europe ou trolle des montagnes (Trollius europaeus) n'est pas une créature repoussante de nos contrée, ni une orchidée mais une belle plante aux fleurs jaunes qui ne peuvent être fécondées que par les gros bourdons capables de perforer les pétales pour atteindre le nectar et donc, le précieux pollen. C'est une plante rare et vénéneuse qu'il ne veut mieux pas cueillir.

viorne viorne (2)

 Les viornes (viburnum) sont des arbrisseaux récitants souvent plantés dans les jardins pour l'ornement. En forêt, on croise souvent le viorne lantane (Viburnum lantana). Il aime les sols alcains des bords de forêt. Les baies sont légèrement toxiques.

Limodore à feuilles avortées Limodore à feuilles avortées (2)

Limodore à feuilles avortées (3)

Drôle d'orchidée que la limodore à feuilles avortées (Limodorum abortivum). Comme son nom l'indique, cette orchidée pouvant atteindre 80 centimètres de haut ne possède pas de feuilles et à l'instar de la néottie-nid-d'oiseau, elle tire ses nutriments de la symbiose qu'elle entretient avec un peit champignon. Elle fleurit entre avril et juillet ce qui explique pourquoi sur ces clichés elle est encore en bouton. Elle est classée LC.

Renoncule à feuilles d'Aconit Renoncule à feuilles d'Aconit (2)

La renoncule à feuilles d'aconit (Ranunculus aconitifolius) appartient à la famille des boutons d'or. C'est une plante de montagne qui poussent comme la populage des marais dont elle est proche dans les zones humides en formant de larges touffes. On la rencontre dans les montagnes du sud et du centre de l'Europe.

église SPE isère

 Retour par Saint Pierre d'Entremont ou plutôt par les Saint Pierre d'Entremont. Les deux villages qui aux premiers abords semblent n'en être qu'un sont séparés par le Guiers. L'un se trouve en Isère, l'autre en Savoie qui pendant fort longtemps fût un pays indépendant ce qui explique pourquoi ce genre de particularité à l'échelle nationnale concerne au 3/4 ces deux départements.

sabot de Vénus (6) sabot de vénus

sabot de Vénus (5) sabot de Vénus (3)

Certes, j'ai déjà parlé dans un article précédant de la magnifique orchidée rencontrée pendant cette sortie qu'est le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus L.) ICI. Mais je ne peux m'empêcher de remettre quelques clichés. Extrait:
"Le sabot de Vénus ou sabot-de-Vénus d'Europe (Cypripedium calceolus L.) est aussi nommé sabot de la Vierge, Cypripède, Nervine, pantouffle de Notre-Dame ou soulier de Notre-Dame. C'est une orchidée qui apprécie les sols alcalins et que l'on rencontre en Suise, en Italie, parfois en Espagne, en Grèce, en Amérique du Nord, plus fréquemment en Sibérie et dans quelques pays d'Asie. En France on la trouve tout particulièrement dans les Alpes et demanière épisodique dans les Pyrénées, dans le Jura, en Moselle et sur le Massif Central entre 300 et 1200 mètres d'altitude dans les zones de mi-ombre en particulier dans les hêtraies et les hêtraies-sapinières." C'est une espèce menacée et rare.

ophrys petite araignée (6) ophrys petite araignée (3) ophrys veridissan ophrys petite ariagnée

Ouf, il m'aura fallu plus de 2 semaines pour pondre cet article mais le voilà enfin. Encore merci à Sébastien pour ces belles découvertes et ce petit aperçut en photo que je vous livre ce soir.

Mes sources: 
Mycohétérotrophie.
Variation chez les orchidées.
Singularité des orchidées.
Identifier.
Reconnaître les hybrides.
Et puis l'éternel WIkipédia,
pas toujours très au point sur
certaines classifications.

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