lundi 7 mai 2018

Sortie en montagne 18.

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Le massif du Ventoux est une terre de sorcières. Il s'en dégage une atmosphère étrange, presque mystique, où les amoureux des pierres et des plantes se retrouvent pour marcher sur les rochers blancs des crêtes. Lavande vraie et lavandin ont valu aux territoire du sud de la montagne leur réputation de terres de parfums avec la multiplication des distilleries. Il faudra encore attendre pour voir les champs se couvrir de violet.

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Nous sommes pour l'occasion dans le village de Sault, réunis tous ensembles dans la maison familiale. Les lieux sont encore calmes en cette période. C'est parfait pour s'adonner à la vadrouille entre les rues étroites. Certains passages présentent de hauts murs remarquables, sur lesquels on retrouve l'empreinte en négatif de fossiles d'amonites, la roche mère locale étant composée de calcaire urgonien hautement fossilifère, chose commune à la plupart des pends du massif du Ventoux, en particulier au sud de celui-ci où de nombreux amateurs s'adonnent à la chasse aux vestiges du passé, quand le sud du pays était encore une mer tropicale.

Et puis il y a les champs alentours, les bordures de routes, les chemins qui s'enfoncent dans la forêt et qui donnent l'occasions de faire des belles découvertes avec la flore locale et atypique de ce petit bout de Provence.

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Dans le jardin, pousse la gagée des champs (Gagea villosa). Adepte des sols sablonneux et pierreux, on la trouve dans une grande partie de la France même si elle semble préférer le sud-est. Cosmopolite, on la rencontre aussi en Europe centrale, en Afrique septentrionale et en Asie, en particulier à l'ouest.

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Le muscari à grappes (Muscari neglectum) est une espèce commune en France qui se satisfait d'une grande variabilité de milieux, pour un peu qu'il ait à disposition un sol plutôt pauvre, peu soumis à l'humidité et qui est de nature basique. Il est courant dans les vignobles, sur les talus ensoleillés et dans les champs, en particulier ceux de fauches soumis de temps à autre au pâturage, en particulier à celui des bovins.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum) est un orchidée précoce, typique du sud de la France mais qui tend à remonter le long de la vallée du Rhône avec les importants changements de températures que nous connaissons actuellement. C'est une plante robuste, qui présente une rosette composée de feuilles vertes, luisantes et épaisses d'où émerge un bouton florale rose. 

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C'est dans les milieux secs calcaires, en particulier de garrigue, qu'on la rencontre mais elle se plaît aussi sur les pelouses sèches et les talus ensoleillés. 

Dans le cortège des espèces propres à ce milieu ont retrouve une faune variée, composée en partie de reptiles mal-aimés mais au combien précieux pour l'équilibre écologique mais aussi, une fonge surprenante où il n'est pas rare de voir apparaître sous les pins à l'automne le lactaire sanguin (Lactarius sanguifluus).

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Toujours dans le jardin, on rencontre aussi la pézize du cèdre (Geopora sumneriana). On ne la remarque pas facilement au premier abords, celle-ci n'émergeant du sol qu'à maturité en formant une petite cavité. Inféodée aux sols calcaires, elle se rencontre aussi sous les ifs. Piètre comestible, elle est toxique voire mortelle si consommée cru comme la plupart des champignons de son ordre, celui des Pezizales dans le quel on trouve les morilles.

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L'herbe s'est couverte de petites fleurs blanches, elles forment un beau tapis devant l'entrée, encadrant nos pas. La période de floraison est courte, bientôt les chaleurs de la fin du printemps viendront mettre fin à cette orgie de pétales colorés dans la pelouse et dans les champs de fauche tardive qui se coloreront de doré.

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En attendant, les pruneliers sauvages (Prunus spinosa) et les érables champêtre (Acer campestre) continus de fleurir. Chez ces deux espèces aux floraisons bien différentes, les feuilles arrivent plus tardivement. Chez les érables, la pollinisation se fait bien souvent par les insectes comme on peut le voir sur la photographie mais certains, dont le très invasif Acer negundo, se servent du vent et de leur pollen léger pour assurer la fécondation.

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Et puis il y a la plus belle de toutes, celle que j'adore et qui pousse dans le couvert forestier, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus), une plante aux milles noms dont ceux de patte de griffon, de griffe de lion, d'herbe aux fous ou de rose de serpents (mon préféré). Des noms qui font frémir le badaud et danser la sorcière. Elle était utilisée par les grecs pour soigner la folie et en occident plus généralement, et jusqu'il y a peu, comme purgatif de dernier recours, la plante étant hautement toxique. Sa floraison précoce, son aspect singulier et sa grande taille ne la font pas passer inaperçue dans les sous-bois, quand tout tarde alors à verdir.

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En voilà une autre de plante de magicien. L'hépatite trilobée (Anemone hepatica) tient son nom de la théorie des signatures, concept issu du Bas Moyen Âge et qui réside dans l'idée que les plantes, animaux et minéraux soignent les organes humains auxquels ils ressemblent. De ce fait, les feuilles de cette anémone ressemblant au foie, on en a fait usage pour soigner cet organe, la nommant au passage "hepatica" : qui a rapport au foie.

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La mise en jambe en forêt terminée, nous voilà partis à l'assaut du Mont Ventoux. Quelle épopée, je suis bien rouillée, et l'ascenssion ne s'est pas fait sans difficulté. Cependant, nous voilà arrivés au sommet. La flore est encore timide et pour cause, quelques reliquats de neige habilles le mont. Ils sont, depuis une semaine ou deux, partis avec le soleil rayonnant que nous avons eu.

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Peu avant notre montée, nous avons pu observer les troupeaux de brebis pâturer les champs de lavandes, en contre-bas dans la vallée. Il semblerait de peu à peu les pratiques agricoles locales évolues vers une retour aux traditions plus respectueux de l'environnement.

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Surprise au détour d'un virage, au milieu de la route, un couple de becs-croisés des sapins (Loxia curvirostra). L'arrivée d'un cycliste dissipera les amoureux dans les arbres, monsieur laissant sa femelle seule pour la prise photo. Grise et verte, elle se différencie du mâle qui est paré sur son plumage d'un rouge chatoyant.

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Autre merveille dans cette montagne, le pin à crochets (Pinus uncinata). Il tient son nom des écailles de ses pommes qui présentent pointe recourbée en leur centre. D'ordinaire haut de 20 à 30 mètres, les vents puissants qui balaient les crêtes du Ventoux transforme ce conifère en arbuste buissonnant au port parfois étalé.

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L' ibéris des Rochers (Iberis saxalatis) commence à fleurir. Sa morphologie compacte, avec des feuilles étroites et grasses, lui permettent de résister au froid polaire qui règne ici. Protégé dans certains territoires, il ne se rencontre presque que dans les massifs du sud du pays.

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Habitué à pousser à même la roche, il possède un enracinement profond et solide qui lui permet, même en cas d'éboulis, de rester fixé. Sa faible taille (rarement plus de 10 cm), lui permet de faire face aux éléments, tel au vent et au manteau neigeux. Sa floraison blanche s'étale d'avril à fin juin et peut sur les plateaux alpins d'altitude, à plus de 2500 mètres, se terminer vers la mi-août. 

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Le verdier d'Europe (Chloris chloris) arpente aussi les coteaux du Ventoux, en particulier ceux composés de forêts mixtes. Le mâle aborde des couleurs criardes, oscillant entre le jaune et le vert olive. Ce granivore se rencontre parfois dans les champs après les moissons pour becter les graines tombées au sol.

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Le temps en montagne est plus que changeant. Une marche de quelques heures sous le ciel bleu se transforme rapidement en traversée des nuages en une poignée de minutes. Une fraîcheur bienvenue après avoir rougit sous les coups du soleil mordant et la réverbération des roches blanches qui composent le sommet.

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Malgré la neige, le terrain reste idéal pour herboriser. Genévrier couché, pousses de pavot artique (Papaver radicatum) ou épicéa nain, c'est tout autant de plantes atypiques et qui changent des paysages de Chartreuse et de la vallée du Rhône. Pas de prélévement sur place, les espèces et le milieu sont strictement protégés. 

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Retour en plaine, avec pour l'occasion une virée dans la ville de Carpentras. C'est jour de marché, les étales sont pleines avec bien souvent, des produits régionaux. Fleurs, asperges, morilles ou oignons, il y en a pour tous les goûts. Le porte monnaie se fait cependant plus sage.

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On ne peut ignorer les fraises de Carpentras. Labellisés, les fruits de cette appellation regroupe trois espèces cultivées, la plus connue étant la gariguette. De grande qualité, les fraises sont employées pour la consommation courante et pour la confiserie de haut standing. D'avril à mai, les champs approvisionne une grande partie du marché français, si on se penche un temps soit peu sur des produitsde bonne qualité. 

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Les rues se parent de couleurs. Dans les paniers, des produits qui nous sont parfois très familiers. Morilles coniques, verveine séchée, asperges sauvages ou encore fraise des bois, tout autant de plantes et de champignons que nous récoltons dans la nature ou le jardin dès que les beaux jours arrivent. 

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L'asperge sauvages (Asparagus acutifolius) se récolte très tôt, dès fin février ou début mars dans les Calanques mais devient trop drues à partir de mai pour être consommée. Très prisée, sa récolte est réglementée. Aimant les milieux secs, rocheux et ensoleillés, elle se reconnaît à ses feuilles épineuses et sa tige ligneuse.

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Changement de décor, nous voilà dans le Colorado provençal. Ces anciennes carrières d'ocres sont ouvertes au public et sont sillonnées de nombreux sentiers. Outre la faune remarquable avec ses oiseaux colorés, on tombe sur une flore atypique qui à l'avantage de nous dépayser le temps d'un après-midi de randonnée.

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Le narcisse d'Asso (Narcissus assoanus) est une petite fleur jaune aux feuilles fines qui se parsème en de grands tapis. Il aime les collines calcaires au climat méditerranéen mais se croise aussi en moyen montagne.

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Sa corolle jaune portée par sa tige grêle attire les insectes, ce qui permet à sa fleur d'être pollinisée, on parle alors de reproduction entomogame. Appelé aussi petite jonquille, sa cueillette est réglementée dans de nombreux départements. Dans d'autres, il est soumis à protection. Il partage souvent les zones rocailleuses avec quelques orchidées comme l'ophrys brun ou l'orchis de Provence mais aussi, avec le muscari en grappes (Muscari neglectum).

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La consoude tubéreuse (Symphytum tuberosum) peut présenter des fleurs jaunes ou roses. Dans le Colorado, on le trouve au pied des carrières, là où les drains servant à charrier et nettoyer l'argile se répande désormais en ruisseaux. Très mellifère, on peut parfois observer des fourmis se nourrir du nectar des fleurs.

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L'amélanchier à feuilles ovales (Amelanchier ovalis), appelé amalenquièr ou amalenca en provençal, est un arbuste de la garrigue qui produit des fruits bleutés/violacés comestibles et très appréciés, aussi bien des oiseaux que des enfants. Il compose de manière traditionnelle le jardin des simples des maisons curiales du sud. De petite taille, maximum 3 mètres, il est peu exigeant pour peu qu'il ait du soleil ainsi qu'un sol calcaire et chaud. C'est en sirop, en confiture ou même en alcool que l'on consomme le plus couramment les baies de cet arbuste.

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Le circuit s'engoufre dans les taillis de bruyères et de fougères aigles (Pteridium aquilinum). Dans une ouverture sous les pins sylvestres (Pinus sylvestris),  se dressent de nombreux cairns. Ceux-ci sont présents un peu partout dans le monde, que cela soit sur les sites aux reliefs montagneux ou dans les bas-marais, les déserts et les plaines. Employés pour montrer un passage à emprunter, ils ont aussi pour fonction d'indiquer des lieux de sépultures, marqués par des événements historiques, mystiques ou tout simplement pour laisser une trace de soi et de sa traversée. Tradition vivace, leur usage n'a pas évolué depuis le néolithique.

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L'extraction de l'ocre a prit fin en 1992. Les sables dont on la tire tiennent leurs teintes, oscillant du blancs, le jaune, le vert et le rouge, de composés en partie d'éléments ferrugineux et de micas, issus de sables marins du temps où la région était submergée par l'océan, en particulier pendant la période géologique de l'aptien.

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Sur le retour, une bellr surprise nous attend sur un talus à l'entrée du village. Une cinquantaine de tulipes sylvestres (Tulipa sylvestris subsp. sylvestris) poussent à quelques mètres de la route. Cette espèce aux pétales d'un joli jaune vif est bio-indicatrice des milieux non traités, gage de bonnes pratiques agricoles.

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Voilà une semaine bien remplie. Dans la cuisine, ça n'arrête pas, et dans le jardin on fait peau neuve. La haie redevient propice à l'accueil de la faune en gardant un aspect paysager, les ronces ont été réduites à un petit lopin afin de rendre accessible les arbres du verger et les nombreux tas de bois vont faire office de refuge aux alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), de petits crapauds qui ponctuent de leurs chants les nuits de la maison.

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dimanche 31 décembre 2017

Fin d'automne au pied du Ventoux.

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DSC02620Voilà une fin d'automne qui se fait fraîche. La brume monte de la vallée du Ventoux, les cimes en sont toutes humides et nous, nous tremblons dans nos manteaux, la goutte au nez. Parmi les grandes cèdres de l'Atlas et les volutes des clématites des haies (Clematis vitalba), les oiseaux se font discrets. D'ordinaire bavards après la pluie, l'atmosphère portant alors loin leurs chants, ils se sont tus. L'ambiance dans la forêt en devient pour lourde et plus mystérieuse, le silence n'étant troublé que par nos pas maladroits sur la mousse gorgée d'eau et la résistance de nos semelles au contact de la terre lourde et collante des sentiers forestiers. Nous ne feront qu'un rapide détour par le bois, le champ de course et les champs de lavande. Le temps est à la fête, aux retravailles en famille et au partage. Repas gargantuesques et gâteaux sucrés sont à l'honneur.

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Plus de champignons, pas même la queue d'un bolet baie (Imleria badia), qui à la fin de l'année ont fait notre bonheur dans l'assiette. Peu voire non ramassé, ce dernier est délicieux. Débarrassé de son pied puis émincé, il est revenu dans un peu de beurre puis de crème avec une fricassée de persil et d'oignon. Un véritable régale.

DSC02679En arrivant aux pieds du village de Sault, nous assistons à un drôle de spectacle. Des dizaines et des dizaines d'escargots sont réunis au pied d'un des murs de l'entrée. Sans doutes sont-ils venus se délecter de la chaux et des débris de calcaire, riches en minéraux essentiels à la constitution de leur coquille. Parmi ceux-ci ont rencontre l'escargot de Person (Zonites algirus), une grande espèce méditerranéenne qui se nourrit de déjections et d'animaux morts, d'où sa présence régulière sur les bords de routes et le long des trottoirs des villes.

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L'escargot turc (Helix lucorum) est une espèce originaire des Balkans et de Turquie. De très grande taille, sa progression sur le territoire français est importante. On le rencontre dans les cédraies, le long des murets, dans les haies champêtres et parfois sur les berges peu inondées. On peut le consommer comme l'escargot de Bourgogne dont il est un proche cousin. Il est friand des feuilles de mûrier blanc et supporte l'élevage intensif.

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Le village est calme, pas un chat ne le traverse. Fort animé l'été, il devient plus paisible aux premiers froids. Les petits restaurants du coin ferment, reste alors quelques boutiques traditionnelles pour se fournir en épiceries, en journaux et pour profiter des douceurs de la fabrique locale de nougat. On n'y trouve alors plus un brin de lavande.

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Tout est prêt pour passer à table, les gâteaux attendent dans la remise, les salades et les tranches fumantes de gigots se dressent dans les assiettes. Je vous souhaite à tous une très bonne fin d'année, on se retrouve en 2018 avec un peu plus de régularité et avec de nouvelles surprises et de gros projets que j'ai hâte de vous dévoiler.

dimanche 15 mai 2016

Sortie en campagne 5.

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Petit week-end en campagne au pied du Mont Ventoux. On voit encore au loin des nappes de neige mais dans les vignes et les champs de lavandes, c'est la pluie qui règne son plein. Entre deux éclaircies, nous avons pu sortir le bout de notre nez et affronter le froid pour photographier les nombreux oiseaux présents.

 

Le geai des chênes (Garrulus glandarius).

 Le geai des chênes est un oiseau bruyant qui s'identifie facilement au régime de ses ailes composé de plumes bleues azures et noires. Il est capable de produire une multitude de sons et de cris d'alertes, il peut même imiter le chant de la buse variable (Buteo buteo). On le trouve dans les forêt de feuillus et mixtes où il peut trouver facilement des fruits et des baies sauvages. Il s'aventure aussi dans les vergers et les jardins des particuliers.

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La gagée des champs (Gagea villosa).

Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, la rare gagée jaune (Gagea lutea). On peut la rencontrer jusqu'à la fin avril. On la détermine par la forte pilosité que l'on trouve sur la plante et sa taille (10 à 20 centimètres). C'est dans les collines et les montagnes (jusqu'à 1800 mètres) qu'on l'a rencontre le plus. Elle fait l'objet d'une protection sur l'ensemble du territoire français. La ramasser ou la détruire peut s'accompagner d'une très forte amende.

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Le milieu forestier.

Il est à l'image du climat local : rude. Les arbres et arbustes les plus communs composants la forêt "presque" naturelle sont les cèdres, les chênes, les cornouillers mâles, les prunelliers, les rosiers sauvages et les pins. Les chênes sont des arbres formant une ombre peu dense ce qui permet à plusieurs espèces herbacées de pousser au sol. Cela permet d'admirer des fleurs qui demandent des conditions particulières pour pousser.

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Le cornouiller mâle (Cornus mas).

C'est un arbuste peu rependu en France qui a la particularité de donner des fleurs avant ses feuilles. Petites, elles forment cependant sur l'arbre nu un nuage jaune imposant. Bien que petit, il est résistant et pousse sur les sols calcaires. On l'employait pour ses vertus mellifères, ses fruits riches en vitamines et en sucre, son feuillage qui attire le gibier de chasse-à-coure et ses racines qui ont l'avantage de fixer le sol durablement.

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La mésange à longue queue (Aegithalos caudatus).

Cette toute petite mésange porte bien son nom. Sa longue queue colorée de noir/gris/blanc/rose et son corps rond la rendent facilement identifiable. On peut la voir un peu partout en Eurasie, du moins dans les zones éloignées du Grand Nord. Elle s'observe toujours en bande dans les arbres et les taillis où elle cherche sa nourriture.

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L'anémone trilobée (Anemone hepatica). 

 Elle tient son nom de ses feuilles trilobées rougies qui ont la forme et la couleur d'un foie. Dans la théorie des signatures, on pensait qu'elle soignait l'organe susnommé en raison de leur ressemblance. C'est dans les broussailles et les sous-bois herbeux et calcaires qu'on peut la trouve, jusqu'à 2200 mètres d'altitudes.

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La bergeronette grise (Motacilla alba).

Ce petit oiseau noir et blanc est commun en campagne. Vif, il ne tient pas en place et est toujours à la recherche d'insectes et de vers. On peut l'observer dans les champs dont le sol a été retourné, dans ceux où du fumier a été épandu ou dans ceux qui sont légèrement humides et qui attirent de nombreux invertébrés.

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La passerage drave (Lepidium draba).

On la nomme parfois brocolis sauvage ou pain blanc. C'est un légume sauvage oublié originaire des régions orientales et méditerranéennes. On en consomme les graines comme un condiment piquant, les feuilles en salade et les jeunes pousses/inflorescences crues ou cuites à la vapeur. Les anciens pensaient à tord que cette plante pouvait soigner la rage. De ce fait on l'employait surtout dans les soins vétérinaires populaires.

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La pensée des champs (Viola arvensis).

 La floraison de cette pensée est assez étendue, d'avril à octobre en fonction des régions. Elle aime les sols bien drainés, souvent arides, pierreux et peu hospitaliers. Elle ne craint pas le froid, ni le vent, ni de subir un ensoleillement prolongé. De ce fait on la trouve dans toute l'Europe sur des terres en friches et difficiles.

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Le bruant proyer (Emberiza calandra).

C'est un oiseau petit mais qui a du coffre. Son plumage tacheté et terne lui permet de se dissimuler dans fourrés sans difficultés. On le rencontre dans les plaines et les plateaux où l'agriculture est développée. On le voit souvent sur des postes élevés sur les arbres et les haies d'où il peut chanter et observer les autres oiseaux.

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La sylviculture en milieu semi-montagnard.

La culture des résineux en France est importante. Ces arbres rentre dans une multitude d'usages : bois de chauffe, bois de charpente, planches ... la liste est longue. En France on compte 3 à 4 essences très utilisées : le sapin, l'épicéa, le pin sylvestre et le pin douglas, le plus populaire de tous, venu des États-Unis. 

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La galle en champignon (Andricus dentimitratus).

Cette galle est due à un petit insecte (Andricus dentimitratus) de la famille des Cynipidae comme c'est le cas de la galle de l'églantier (bédégar). La femelle pond ses oeufs dans les glands qui vont produire du tissus plus que nécessaire et souvent, de manière anarchique ce qui donne cette forme de champignon. Les larves vont s'en nourrir puis à maturité, sortir de leur cage dorée en perforant la paroi du gland vidé de sa substance.

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Le prunellier (Prunus spinosa).

Il porte de nombreux noms comme celui d'épine noire, de buisson noire ou de prunellier commun. C'est le prunier sauvage. C'est une espèce pionnière qui s'installe souvent en lisière de bois ou dans les champs laissés à l'abandon. Ses fruits sont instragints, amers et font une délicieuse eau de vie. Petit mais dense et épineux, le prunellier est utilisé pour fabriquer des haies naturelles impénétrables qui font le bonheur des mésanges.

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La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa).

 Cette chenille venue d'ailleurs pose bien des soucis à la faune, à la flore et aux productions humaines. Ses poils urticants peuvent provoquer des lésions pulmonaires et des oedèmes chez les chiens qui ont la mauvaise idée d'en croquer. Cette espèce affaiblit aussi gravement les arbres sur les quels elle vit et se nourrie.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

C'est un des muscaris sauvages les plus communs en France. C'est surtout dans le sud qu'on le rencontre. On le rencontre dans les pelouses sèches, les champs d'herbes rases et les vignes. Il a été introduit depuis peu dans d'autres régions du monde où il semble avoir un caractère envahissant si ce n'est pas invasif.

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Le passé géologique de la région.

On l'oublie parfois mais le sud de la France est riche en fossiles. Au delà de ceux des ammonites et nautiles plutôt communs, on trouve parfois de véritables trésors et le mont Ventoux ni fait pas exception. Fémurs de dinosaures du Jurassique, dents de requins, crânes de crocodiles, oeufs ... la liste est longue.

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L'orchis géant (Himantoglossum robertianum).

Cet orchis a été renommé une multitude de fois depuis son identification. C'est l'une des plus grandes et des plus massives orchidées de France mais aussi, l'une des premières à fleurir. On la rencontre sur le pourtour méditerranéen sur les sols calcaires. Ces dernières années l'orchis géant remonte vers le nord de la France par la vallée du Rhône. Ses graines se disséminent par l'action du vent, on le dit à dissémination anémochore.

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Le chardonneret élégant (Carduelis carduelis).

C'est un petit passereau que l'on peut rencontrer dans presque tous les pays de l'Eurasie. Le mâle se différencie de la femelle par sa tâche rouge qui englobe toute la face est passe derrière les yeux. À la fin de l'été on peut le voir perché sur les sommités fanées chardons et en particulier les cardères pour en manger les graines.

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Le mot de la fin.

Super ballade, super week-end. Nous avons pu voir une grande variété d'oiseaux et même les pister, surprendre un jeune brocard et toucher la neige. Bref, un vrai plaisir. Depuis le paysage locale a du bien changer avec l'arrivée du beau temps mais la pluie et le vent restent très présent, peut être est-ce pour ces deux raisons que le vin du mont Ventoux est si bon et la lavande si parfumée. À venir, une petite sortie dans les marais isérois.

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lundi 15 février 2016

Sortie en montagne 13.

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N'est-il pas beau, ce sommet enneigé du mont Ventoux ? Été comme hiver il est d'une blancheur immaculée. Quand les rayons du soleil se feront abondants et chauds, la neige laissera rapidement place à de la caillasse tout aussi blanche. On y trouve une flore rare et de nombreuses espèces uniques en France.

 

Le Cynips de la galle ronde du chêne (Andricus kollari).

Ce cynips est un tout petit insecte de la famille des Cynipidae. Il est un lointains cousin des guêpes, des fourmis et des abeilles. Les femelles pondent leurs oeufs sur les rameaux du chêne pédonculé (Quercus robur). L'arbre va produire pour se protéger des tissus qui vont entourer le corps étranger et vont former une "noix de galle". Les larves vont s'en nourrir jusqu'à s'en extirper en perforant la paroi. Ces galles ne sont pas dangereuses pour l'arbre.

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La campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides).

 Cette grande campanule est très présente dans toute la partie Est de la France. On la rencontre dans les friches, les champs, les jardins, les forêts, les bords de route etc. Elle a été pendant un temps utilisée comme légume dans les potagers car ses tubercules et ses jeunes feuilles cuites à l'eau sont comestibles sans pour autant être très bons. C'est désormais dans les jardins qu'elle est cultivée pour sa beauté et ses dimensions.

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Le pavot cornu (Glaucium flavum).

 Ses feuilles sont très reconnaissables mais c'est surtout grâce aux longues cosses de ses fruits que l'on peut avec certitude le reconnaître. Ici sur la commune de Sault elle pousse un peu près à la hauteur maximale qu'on lui connaît : 800m. Elle est très présente dans le midi et le long des côtes françaises. Sa floraison se fait normalement entre février et juillet mais cette année elle est en avance comme pour de nombreuses plantes.

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La famille des trèfles (Trifolium).

 Les trèfles appartiennent aux fabacées. Ils vivent en symbiose avec des bactéries qui fixent l'azote au niveau de leurs racines. On rencontre de nombreuses espèces de trèfles comme le trèfle des prés (Trifolium pratense) présent sur les deux premières photographies ou le trèfle blanc/rampant (Trifolium repens) visible en dessous. Ils sont cultivés pour redynamiser les sols et comme fourrages pour de nombreuses espèces animales.

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La scabieuse à trois étamines (Scabiosa triandra).

 En voilà une autre à la floraison détraquée. D'ordinaire cette scabieuse fleurie de juillet à octobre. Celle-ci début décembre était encore bien ouverte. On la rencontre surtout dans le Sud-Est de la France dans les zones très ensoleillées et plutôt exposées à des températures chaudes, même sur un court laps de temps.

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Le silène enflé (Silene vulgaris).

 Il porte ce nom en raison des calices des fleurs bombés et nervurés. Les enfants les utilisent comme claques doigts en fermant l'extrémité ouverte d'une main et en écrassant de l'autre le ballon ainsi formé. Les jeunes pousses sont parfois récoltées pour être cuisinées crues ou cuites à l'eau pour leur goût de petit pois.

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La centaurée jacée (Centaurea jacea).

 Elle porte aussi le drôle nom de "tête de moineau". On la rencontre un peu partout en France dans les champs, les près et dans les milieux plus ou moins frais. Elle s'étant du Sud de l'Europe au Nord de la Sibérie. Elle est récoltée pour les structures pharmaceutiques pour les propriétés médicinales qu'on lui prête.

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Le Gaillet gratteron (Galium aparine).

 Pour le reconnaître il faut se fier à ses tiges carrées, aux petits fleurs blanches à quatre pétales, aux graines qui s'accrochent aux poils et aux feuilles se terminant par un léger crochet. On l'utilisait enfant comme "balle adhésive" en formant avec les tiges une boule qui s'accroche aux vêtements et aux cheveux. Les pousses sont parfois consommées en salade ou en soupe et parfois, comme traitement pour la peau en médecine populaire.

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L'absinthe (Artemisia absinthium).

 Nommée aussi armoise ou herbe sainte, elle est intimement liée à l'histoire des hommes. C'est une plante médicinale utilisée autrefois pour les maux d'estomac, les règles, les fatigues etc. Elle est surtout connue pour son utilisation dans la célèbre absinthe, alcool du même nom qui en France était très apprécié à l'époque des romantiques. Dans l'emploie médicamenteux comme dans l'alcool, elle s'avère toxique et dangereuse. Certains auteurs comme Charles Baudelaire s'en enivrait et la nommait "la fée verte", lui prêtant les traits d'une muse.

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Les églantiers sauvages (Rosa sp).

 On confond trop souvent l'églantier (Rosa canina) avec les autres espèces de rosiers qui pousse de manière naturelle en France. Bien qu'il soit très courant, il se différencie des autres espèces par la forme de ses feuilles, la couleur des pétales ou la taile des fruits. Néanmoins la distinction est rarement simple à faire.

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Le pin à crochet (Pinus uncinata).

 Très abondant au mont Ventoux, il résiste très bien au froid, à la neige mais aussi aux vents violents et aux fortes chaleurs. Pour certains botanistes il est une espèce à part entière mais pour d'autre il s'agît d'une sous-espèce du pin de montagne (Pinus mugo), ce qui entraîne parfois de vifs débats. On l'emploi pour reboiser les zones déforestées ou pour les industries gourmandes en bois, en particulier dans la construction de charpentes.

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L'étude des lichens : la lichénologie.

 Les lichens sont l'heureux mariage entre un champignon et une micro algue (pour simplifier les choses). La naissance d'un individu viable et fécond se nomme une lichénisation. La lichénologie se penche sur les phénomènes liés à l'apparition des lichens, des espèces découvertes et à découvrir, à leur symbiose, de la manière dont elles s'adaptent à travers le monde et à l'identification des champignons et algues les composants.

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Pelouses sèches de la vallée du Ventoux.

 C'est un milieu bien particulier où l'on rencontre des espèces rares. On parle de pelouse sèche quand on fait face à une zone composée d'herbes rases composées de graminées et de petites herbacées. Ce type de végétation se rencontre de manière ponctuelle au Ventoux en raison des forts vents dépassants parfois les 250km/h, du sol qui est très drainant, pauvre en substrat et en éléments, des pluies faibles et aux fortes variations de chaleurs.

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Les fruits de montagnes.

En montange on rencontre de nombreusesbaies qui peuvent aussi bien nourrir les oiseaux que les hommes. Les fruits d'aubépine (Crataegus sp.) étaient employés dans la confection de farine. Les pines de pin à crochet (Pinus uncinata) peuvent se consommer comme des pignons et les baies du genivrier commun (Juniperus communis) fait le plaisir des amateurs de choucroute. Par contre les frutis du lierre (Hedera helix) nous son toxiques.

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Le village de Sault.

 C'est une commune du Vaucluse qui culmine à 765 m d'altitude. Elle est entouré du haut de son piton rocheux de champs de lavande et de pâtures à moutons qui composent une partie de la vallée du Ventoux. Le climat y est rude : l'été y est sec et chaud, il n'est pas rare de voir des abondantes chutes de neiges l'hiver et le vent qui y souffle décorne un boeuf sans mal. Malgré cela, Sault reste un très beau village où il fait bon s'y promener.

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Cycle d'une plante annuelle.

 Comme leur nom l'indique, il s'agît de plantes qui ne vivent pas plus d'une année. Parmi celles-ci on trouve par exemple le basilic, la bourrache, la marjolaine, le datura ou encore le pourprier. De leur germination à leur mort, pas plus d'un an ne s'est écoulé. Pour favoriser la survie de l'espèce, elles ont une floraison rapide, prolongée et importante pour augmenter leur reproductivité et une production de graines souvent très abondante.

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L'oothèque de la mante religieuse (Mantis religiosa).

 C'est dans l'oothèque que la femelle de la mante religieuse dépose sa ponte, soit entre 200 et 300 oeufs. Elle la produit grâce à ses valves génitales qui donnent une soie résistante durcissant à l'air libre. C'est par la bande blanche que les petites mantes sortent à l'arrivée des beaux jours, c'est à dire vers le mois de mai.

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Le sous-bois des chêneraies.

 Le Ventoux est une terre de vins mais surtout de truffes noires (Tuber melanosporum). De ce fait on croise de nombreuses chênaies plus ou moins anciennes dont certaines abritent le précieux champignon. Sur le sol de celles-ci on trouve une variété de plantes importantes et atypiques car le chêne est un arbre qui laisse filtrer facilement la lumière. Ainsi des plantes peu commnes d'ordinaire dans les bois s'y épanouissent plutôt bien.

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Le mot de la fin.

 Un très bon séjour en perspective où la gastronomie a été à la fête. En effet, au Ventoux il y a de quoi boire et manger bien et bon .... mais les mollets ne sont pas restés inactifs pour autant ! Il a fallu d'autant plus affronter de terribles rafales de vent pour admirer le paysage. Heureusement qu'au centre du village se trouve une boutique de nougat pour motiver et redonner un peu de courage aux marcheurs au nez rougit par ce vilain temps.

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