vendredi 4 septembre 2020

Sortie dans les marais 22 : une journée au bord de l'eau.

DSCN5271Nous sommes mi-juillet. La chaleur commence à se faire ressentir. Pas de maillots de bain pour nous cette année. Nous décidons plutôt de partir en vadrouille, et cela à plusieurs reprises en début de soirée, quand le soleil brille encore, pour observer les animaux à la fraîche. Nous longeons les rives du vieux Rhône, du barage de Pierre Bénite à celui de Vienne, explorant les ripisylves, les canaux et les lônes, nom local donnés aux bras morts du Rhône. Partons depuis le nord. La retenue d'eau est équipée d'une petite turbine pour convertir l'énergie du fleuvre en éléectricité. À ses pieds deux îles temporaires se sont formées. Composées de bancs de sables, de troncs d'arbres morts et de déchets traînés là par les crues, elles sont prises d'assaut par les osieaux. On pourrait s'en étonner quand on contemple le paysage. À notre gauche, l'autoroute A7 et son lot de pot d'échappements. En face de nous, la raffinerie de Feyzin et ses torches qui flambent 24 heures sur 24. Derrière nous, la station d'épuration est ses relants. Tout à première vue laisserait penser que l'endroit n'est pas favorable à la biodiversité.

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Et pourtant, notre patience est bien vite récompensée. À peines installés en hauteur sur l'une des rives, nous avons l'occasion de voir dès le premier soir deux castors d'Europe (Castor fiber) grignotter de jeunes et tendres pousses de peupliers. Décidément, les rencontres avec cet animal discret sont toujours aussi émouvantes. Le lendemain, c'est compère ragondin (Myocastor coypus) qui viendra faire son tour. Outre des gros mammifères, nous avons aussi la chance de à travers la longue vue quelques petits gravelots (Charadrius dubius), l'un de nos oiseaux préférés qui nous envoûte avec ses grands yeux dorés. Avec un peu de chance, les individus observés ont pu nicher là. À la nuit tombée, nous nous déléctons de leurs petits cris.

DSCN5276Jusqu'à une vingtaine de hérons cendrés (Ardea cinerea) sont aux aguets. Sur les îles mais aussi les contreforts du barrage, ils attendent le passage des poissons. Depuis peu les jeunes de la colonie située à l'île du beurre (plus de 80 nids) ont pris leur envol. Ils prennent doucement possession des lieux. Les juvéniles se reconnaissent à leur calotte grise et non noir comme chez les adultes. Il n'est pas rare de les voir se disputer les places de pêche. Au-dessus de leurs têtes, les choucas des tours (Corvus monedula) les observent avec curiosité depuis les cavités des renforts bétonés où ils nichent.

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Bien d'autres espèces sont présentes. Les canards colverts (Anas platyrhynchos) semblent aimer les berges de galets où ils cherchent leur nourriture. Une femelle y mène ses cannetons à travers les herbes hautes. Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) sont de retour et prennent le temps de sécher leur ailes et de digérer sur une carscasse de voiture. Au milieu de tout ça, un chevalier guignette (Actitis hypoleucos) cherche des invertébrés entre le pieres envasées. Ses longues pattes et ses grands doigts lui permettent de ne pas s'enliser.

DSCN5306Les milans noirs (Milvus migrans) inspectent une dernière fois sur les berges si un ou deux poissons morts ne traînent pas là. Chargonard, il se nourrit essentiellement de dépouilles de poiscailles. Un peu plus bas, une cinquantaine de couples nichent. C'est ainsi le deuxième plus grand site de nidification du Rhône. Celui-ci a été favorisé par les décharges qui fleurissaient le long du Rhône et qui depuis sont, bien heureusement, fermées.

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Dernier coup de longue vue avant de partir, la nuit avançant à grands pas. Sur un gros rocher, un jeune goéland leucophé (Larus canus) attend sagement le ravitaillement de ses parents. Si quelques couples nicheurs sont connus sur le toit stade de Gerland, il semblerait que ce ne soit pas le cas sur ce site. Protecturs, les adultes passent en rase-motte au-dessus des hérons qui auraient le malheur de s'approcher un peu trop de leur petit.

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Voilà la nuit. La raffinerie et le barrage s'éclairent de milles lumières et compère castor vient s'intaller casser la croûte. Quelques cris d'oiseaux se font encore entendre. Ici, c'est notre petit coin de paradis. Qu'importe le décor, le bruit, les odeurs et les déchets à droite sans parle de la portion de route défoncée. Nous nous trouvons seules face à un coin de nature méconnu et riche, qui nous promet de belles découvertes pour l'hiver à venir.

DSCN5215Changement de paysage, nous voici aux Selettes appelée île Tabard bien qu'elle n'en soit plus une, non loin du Vieux Port. L'île de la Table Ronde nous fait face. C'est ici que l'on peut observer les vestiges des anciens casiers Girardon. Ces grands aménagements au 18eme siècle se présentent sous forme de retenues de pierres pour piéger les sédiments afin de rendre le lit du fleuve navigable. Avec la création du canal du Rhône, ils n'ont plus de raison d'être. Défavorables pour la plupart vis-à-vis de la biodiversité, certains ont été conservés car recréant des milieux similaires aux lônes. C'est la aussi que les petits échassiers viennent chasser.

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Un pigeon ramier (Columba palumbus) attire notre attention par son roucoulement, mais nos regards restent tournés de l'autre côté du rivage. Nous avons repréré un nid de milan noir. Un poussin appel ses parents qui viennent à tour de rôle le nourrir. Depuis les milans noirs comme royaux sont repartis en Afrique. Migrateurs, ils ne restent en France que le temps de la reproduction. Désormais il faudra attendre 2021 pour les voir.

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Petit passage par la campagne. Un groupe de hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis) passent en direction du parc de la Tête d'Or où ils nichent. S'il était encore exceptionnel d'en observer il y a 4 ou 5 ans, aujourd'hui c'est chose commune. Ce petit héron blanc à la huppe jaune en période de reproduction se rencontre d'ordinaire dans le sud de la France mais tend à remonter de plus en plus au nord pour arriver en région lyonnaise.

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Continuons quelques kilomètres plus loin. Nous sommes à quelques pas du barrage Vienne, le long d'un des canaux qui borde le Rhône et qui limite les innondations. J'avais pu y venir, il y a un peu plus de 2 ans, dans le cadre de mon BTS pour observer les oiseaux hivernants et les castors. Ce soir là nous ne les verrons pas mais aurons la chance d'admirer une poule d'eau (Gallinula chloropus) nicher dans les eaux calmes, abritée par les aulnes glutineux (Alnus glutinosa). Le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) est aussi de la partie.

DSCN5249Et comme il y a 2 ans, le bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) est présent. Cette fois-ci la rencontre est beaucoup moins éphèmére et nous avons même l'occasion de le photographier. Cet élégant petit héron n'est pas courant et est le plus souvent actif la nuit où il pêche avec patienceles poissons, les grenouilles et divers invertébrés aquatiques. En période de reproduction quelques longues plumes blanches ornent sa tête.

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Il est l'heure pour les choucas des tours (Corvus monedula) et les corneilles noires (Corvus corone) de retourner au dortoir, du moins pour les couples ayant vu leurs petits prendre leur indépendance. Cependant, ceux-ci les suivent jusqu'aux forêts de l'île de la Table Ronde. Tous les soirs, des centaines de corvidés s'y retrouvent dans un joyeux brouhaha pour passer là nuit, loin des prédateur et du regard des humains. Un moment toujours magique, en particulier quand on la chance de se trouver sur place à la tombée de la nuit.

DSCN5262Prit sur le vif, un héron s'enfonce dnas la pénombre en direction cette fois-ci de l'île du Beurre, ancien nom donner dans le lyonnais au castor. Nous le suivons du regard pendant quelques secondes avant avant de le voir s'enfoncer dans la pénombre. Il n'y a pas dire, avec ses nombreuses îles et forêts humides (ripisylves), le Rhône reste un fleuve riche en découvertes pour nous, et en abris pour la faune sauvage.

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Il est suivit part un autre héron. Il s'agit de l'aigrette garzette (Egretta garzetta), reconnaissable à son plumage blanc, à sa pettie taille, à son bec et ses pattes noires ainsi qu'à ses doigts jaunes donnant l'impression qu'elle est chaussée. Mais dans l'obscurité naissance il n'est pas aisé de toujours en percevoir les couleurs. Présente aux quatre coins du globe, elle est capable de se nourrir d'une grande diversité d'organisme aquatiques.

DSCN5255En voilà un qui ne nous a pas quitté du printemps à l'été. Le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) est à l'origine un oiseau présent sur les éboulis et les falaises. L'urbanisation semble lui avoir plus, les bâtiments et édifices bétonnés s'approchant dans parois où il niche. Il peut de se fait s'observer facilement en plaine et dans les villes. Insectivore, il quitte la France à l'automne, faute de nourriture disponible. Néanmoins, certains trouvant les températures clémentes, tous ne migrent pas. Ceux faisant ce choix trouvent avec peine de quoi se nourrir et bien souvent, meurent ou ne peuvent assurer la saison de reproduction.

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Voilà, le ciel est devenu sombre et ne nous laisse pas le loisir de contempler le plumage des oiseaux. Manque de chance,  c'est à ce moment là que tout un groupe de guêpiers d'Europe (Merops apiaster) décide de s'inviter. Ces oiseaux très colorés et bruyants sont de grands amateurs de guêpes comme leur nom le laisse entendre mais aussi, d'abeilles et de frelons. Ils ne rechignent pas non plus à se nourrir de libellules ou de gros papillons.

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Fin de la virée au bord de l'eau, retour aux champs puis au village. Je ne m'attendais pas à de si belles observations, avec en toile de fond le Pilat baigand dnas le soleil. Il y aura d'ici là d'autres virées mais la plus grande partie de l'été se passera dans notre appartement. Pour tuer le temps je dessine beaucoup et je partage un bout de mon quotidien sur Instagram. Vous pouvez m'y retrouver sous le pseudo @la_renarde_des_alpes.

J'ai aussi repris le montage, et d'ailleurs la vidéo a dû paraître avant le publication de cet article. Je m'essaye aussi un peu à la cuisine, notament depuis que j'ai découvert Emmanuelle Jary, ses reportages incroyalbes et sa gouaille sans pareil. Elle m'a ainsi accompagnée dans mes insomnies et j'en suis plutôt ravie. J'ai hate que l'automne et même l'hiver arrivent pou vous amener avec moi dans de nouvelles aventures.

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lundi 27 novembre 2017

La nature en ville.

DSC02558La nature en ville, c'est un terme nouveau, né pour décrire quelque chose qui a toujours été là, près de nous, mais que nous n'avons pas toujours su voir. Le vivant sauvage, la plante non maîtrisée, l'oiseau qui s'intalle sous la fenêtre et l'animal dit nuisible font partis de cette nature en ville. Elle prend place dans le pied de lierre qui s'infiltre dans les jardins et court sur les murettes à recherche de lumière. C'est là, dans les interstices des pierres, que viennent prendre refuge les lézards de murailles et les chauves souris comme les pipistrelles, coupant court à à nos villes aseptisées.

DSC02567C'est aussi en ville que l'on remarque le plus la présence de belles étrangères, les espèces dites invasives ou EEE (espèces exogènes envahissantes). Les plantes à fleurs invasives égayent nos bords de routes, poussent souvent là où aucunes autres ne peuvent pousser en raison de la pollution et sont parfois des réserves de nourriture pour les animaux. Cependant, dans un même temps, leurs fortes capacités d'adaptation entraînent la disparition de notre faune et de notre flore et d'important dégâts pour notre santé, notre environnement et notre économie.

DSC02572Dans la formation de gestionnaire environnemental (via le BTS GPN), la nature en ville est une question de plus en plus présente. Comment favoriser la nature dans la ville ? Comment la faire connaître ? Comment concilier celle-ci avec notre mode de vie et nos infrastructures ? Comment la préserver ? Quelle gestion et quelles mesures pour les EEE ? C'est là que se trouve une partie des grands enjeux auxquels les gestionnaires sont amenés à trouver des solutions, d'autant plus que la demande de naturalité dans nos ville se fait de plus en plus grande.

lundi 2 septembre 2013

La cathédrale Saint Maurice de Vienne (Isère).

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Anciennement chef-lieu du Diocèse de Vienne, englobé depuis 1790 dans celui de Grenoble à la révolution, cette cathédrale fait partie depuis 1840 de la liste des monuments historiques rattachés au patrimoine. Elle daterait du XIe siècle bien que le site sur le quel elle est bâtie est occupé depuis le néolithique. Son achèvement à lieu en 1529.

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D'inspiration roman au début de sa construction (commandée par l'archévêque Léger), les travaux et apports successifs s'appuyent sur une influence gothique ce qui explique son intérieur atypique. Terminée, c'est le pape innocent IV qui s'applique à la consacrer. Les vitraux qu'elle aborde sont relativement récent, la plupart ayant été détruits pendant les guerres de religions au XVIe siècle, enpartie par les huguenots.

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Les voussures de la grande porte extérieure ont été réalisées en le XIVe et XVIe siècle dans un style gothique. Les sculptures des niches qui représentaient des Saints, la vierges, des anges mélomanes, des griffons ou encore des prophètes ont été détruites, une fois de plus par les guerres de religions.

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A l'intérieur il est possible d'admirer de nombreuses oeuvres d'art comme des tapisseries flamandes du XVIe, le reliquaire de Saint Maurice d'Agaune mort en 287, le mausolée des archevêques de Vienne, l'orque immense ou encore le maître-autel.

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Ainsi, c'est ici que l'ordre des templiers, devenu trop puissant et trop fortuné, fût dissolue par le concile du pape Célment V. Malgré les tortures et les persécutions appliquées aux croisés, ceux-ci ne révélèrent jamais où se trouvait caché leur incroyable trésor constitué par les croisades en Terre-Sainte.

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Autres oeuvres bien visibles, d'énormes statues des rois mage, de belles mosaïques au sol, des arches vertigineuses, de nombreux autels couverts de bougie et de fleurs, des bénitiers aux proportions impressionnantes.

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Bref, jolie visite d'un lieu chargé d'histoire et de mythes où l'ombre des templiers plane.

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