dimanche 15 mars 2020

Le sud au rythme de l'hiver.

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Nous sommes pour les fêtes dans le sud de la France. Si le temps est aux retrouvailles en famille, il est aussi au grandes découvertes. Logés à Marseille, nous sommes à quelques lieux de sites remarquables et nous sommes rapidement au coeur des zones humides si riches en oiseaux et végétaux qui pour certains, sont sur le point de fleurir. Nous commençons à être familiers des lieux mais nous avons encore beaucoup à apprendre, pour l'heure nous sommes très novices, en particulier pour ce qui touchent aux oiseaux des milieux palustres qui sont si peu communs dans nos montagnes et aux grands migrateurs qui trouvent refuge dans les étangs salés. Nous avons a plusieurs reprises, eu la chance d'observer le coucher du soleil sur la Méditerranée et de voir de grands vols traverser le ciel rougit par les derniers rayons. Seul regret, nous n'avons pas pu explorer les salants du Lion de l'aéroport de Marignane, mais nous y reviendront bientôt.

Fos sur Mer et ses marais salants.

À la limite de l'étang de Berre, les marais salants de Fos sur Mer font office de réservoir de biodiversité. Le site à l'arrêt depuis les années 70 a été réaménagé pour permettre aux promeneurs de cheminer tout autour du lac et des salants sans impacter la tranquillité des oiseaux qui s'y épanouissent.

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Nous avons eu grand plaisir à retrouver un oiseau que nous avons beaucoup entendu chanter cet été dans les hauts herbages des Hautes Alpes et que nous appelons affectueusement "l'oiseau wesh-wesh" en raison de son chant. Il s'agit du tarier pâtre (Saxicola rubicola), chez qui le mâle aborde une tête noire, un collier de plume blanches et un ventre rose-orangé. Si on peut le rencontrer toute l'année en France, il se fait plus discret l'hiver, préfèrent rejoindre le sud de la France et en particulier les milieux côtiers. Pour s'épanouire, trois éléments lui sont absolument nécessaire : des taillis et broussailles pour se cacher et nicher, des points en hauteur pour chasser et des branches élevées pour parader et surtout, surveiller son territoire. Ce dernier trait de caractère s'observe particulièrement à cette période de l'année. Cela nous change de les voir posés dans les buissons épineux, là où en juillet nous les avons vu perchés sur les sommités fleuries des grandes gentianes.

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Voici notre petite star,  le pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Infatigable, il saute de tige en tige à la recherche de graines. Très commun et migrateur partiel, on le rencontre essentiellement l'hiver sur le bassin méditerranéen dans les friches, les jardins, les parcs et les campagnes où l'agriculture n'est pas intensive.

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S'il consomme habituellement des insectes, en cette saison il se fait volontiers granivore et use de son bec fin pour déloger les derniers grains de la saison. Peut farouche, il se laisse facilement approcher hormis en période de nidification où il préfère se dissimuler dans les arbres même s'il on peut trouver son nid au sol. Six à sept oeufs y seront pondus puis couvés pendant la femelle pendant deux semaines. Les petits sont élevés par le couple.

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S'il est facile à identifier à cette période, en raison du fait qu'il est le seul représentant des pouillots présents en France l'hiver, cela n'est pas le cas pour les autres saisons. Le reste du temps, il vaut mieux se fier au chants, d'autres espèces très similaires pouvant être confondus avec ce dernier, en particulier le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) aux couleurs vives, aux rémiges plus longues et au sourcil bien plus marqué. 

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Dans le grand étang, les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont abondantes. En plulmage internuptiale à cette période de l'année, on les reconnaît à point noir à l'arrière de la têt et aux bordures blanches des ailes. On reconnaît les jeunes individus aux plumes marrons qui sont caractéristiques des premières et deuxièmes années. Au milieu de se remu-ménage, trois drôles d'oiseaux au bec orange vif attirent nos regards.

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Trois goélands railleurs (Chroicocephalus genei) pêches à proximité de la digue sans être iniquités par les passants. C'est notre toute première observation de l'espèce et nous en sommes très fières. Ils ne sont pas très nombreux en Europe, on dénombre un peu plus de 2000 couples nicheurs sur tout le continent. En période hivernale, il se rapproche des estuaires et des côtes maritimes où il trouve de quoi se nourrir.

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Ce qui a attiré notre oeil, c'est le comportement des deux espèces. Là où les mouettes rieuses plongent en piqué ou, à l'instar des canards colverts, en levant le croupions et toujours avec les ailes proches voire plaquées au corps pour attraper les poissons et les petits invertébrés, les goélands railleurs se jettent dans l'eau depuis une très faible hauteur les ailes bien écartées. C'est un trait que j'aime particulièrement dans le naturalisme : observer le comportement des animaux pour identifier les espèces en un tour de main.

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Côté paysages, nous sommes moins enthousiasmes. Nous avons bien conscience que pour vivre et pour communiquer, nous sommes dépendant de toutes les infrastructures qui nous entoures, mais voir les marais salants enclavés entre la voie rapide, les raffineries, les usines de ciment et les entreprises de pétrochimies et de sidérurgies qui fument noires sans oublier les lignes à haute-tensions, nous serre quelque peu le coeur.

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Il y a aussi ceux que l'on ne se lasse pas de voir, comme le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) dont le plumage bleu et étincelant donne l'impression de voir un vif éclair quand l'oiseau est en vol.  Sur un parking abandonné, où les herbes ont fini par soulever le béton et le goudron, il tire profit des flaques profondes qui se sont formées suite aux pluies hivernales pour pêcher des petits invertébrés faute de poissons.

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Beaucoup d'autres osieaux s'observent, en particulier des échassiers. Que ce soit de jeunes flamants roses (Phoenicopterus roseus) comme ici ou des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) comme celle en dessous.

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Ce petit héron blanc au bec et aux pattes noirs mais aux doigts jaunes n'est pas difficile. On le rencontre tout aussi bien en bord de mer que dans les grandes zones humides d'eau douce mais essentiellement dans le sud de la France. Cosmopolite, on la trouve presque partout même si c'est sa cousine l'aigrette neigeuse (Egretta thula) qui domine du côté des Amériques et se fait très absente en Europe du Nord et dans une grande partie de la Russie. Sociable, on peut l'observer pécher des petits poissons et invertébrés en compagnie d'autres oiseaux, de même en période de nidification où il peut cohabiter avec d'autres hérons mais aussi les grands cormorans (Phalacrocorax carbo).

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Rien ne serait troubler la tranquillité du lieu, si ce n'est les bruits de la voie rapide et les nuages noires qui s'échappent des usines. Au milieu de cela, les cris d'appels des roitelets huppés (Regulus regulus) qui par dizaines épluches les pins qui surplombent l'un des canaux. Bien qu'étincelants avec leurs plumes colorées, ils ne seraient rivaliser avec les fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) qui ont fait chavirer nos coeurs.

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Voici une nouvelle espèce à ajouter à notre cahier du naturaliste. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est un oiseau magnifique à l'oeil rouge. Ici ils sont pas moins de 74 à se nourri tranquillement au bords de la digue. En période internuptiale comme ici, il présente un plumage noir et blanc, mais en période de reproduction, il aborde des flancs roux, des touffes de plumes jaunes à l'arrière des yeux et une calotte noire bombée sur la tête.

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S'il se nourrie de crustacés, de petits invertébrés en surface comme en moyenne profondeurs et de poissons une grande partie de l'année, il devient strictement piscivore à l'hiver, période où une grande partie de l'aquafaune est en sommeil. La période hivernale est aussi celle qui voit les couples se former. La ponte n'interviendra qu'entre mars et juillet, les mâles couvant comme les femelles, choses rares chez les oiseaux aquatiques.

Forcalquier et ses chamois.

Le temps d'une journée, nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer dans les terres. La végétation est aussi sèche que les murs qui ont fait la réputation de la ville de Forcalquier et de ses alentours. Les feuilles sont dans le brûloir, et sans pour autant envoyer des messages, inondent de leur fumée les jardins voisins.

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C'est un temps automnale qui s'offre à nous, et qui nous pousse à partir en aventure. Nous voilà sur les hauteurs d'une vieille abbaye, qui offre une vue incroyable sur les vallons des rivières qui serpentent à nos pieds. C'est là que nous croisons bon nombre d'aigrettes garzettes (Egretta garzettaet de hérons cendrés (Ardea cinerea) que nous percevons avec notre longue vue, parfois à plus de 3 kilomètres de notre promontoire.

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Surprise, émergeant de la forêt toute proche, une troupe de chamois (Rupicapra rupicapra) s'aventure dans une petite clairière avant de partir goûter au vert feuillage de la culture d'oliviers. Nous ne pensions pas faire un telle observation.

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Ce sont huit individus, des femelles accompagnées de leurs jeunes, qui se présentent là. Leur gabarit est similaire à celui du chevreuil, quoi qu'un peu plus petit avec 20 à 40 kilos et 70 à 80 centimètres au garrot. C'est un animal qui se reconnaît aisément avec ses petits cornes recourbées, son marque blanc et noir sur la face et son pelage brun qui ne vont pas sans évoquer son appartenant à la famille des chèvres, les caprinés comme les bouquetins.

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Tout semble au repos, que ce soit les allées calmes du monastère; l'alcôve de l'église, les pinsons des arbres (Fringilla coelebs) sagement installés dans leur dortoir, les bûches de bois fumantes ou la croix veillant sur les pèlerins. nous reviendrons peut être au printemps découvrir la faune et surtout les orchidées dont les rosettes constellent les pelouses sèches et les sous-bois clairs composés de chênes, de garances et de genévriers.

Dernière halte, Arles et la Camargue.

Le séjour prend fin, nous montons dans notre auto direction la Camargue, l'étang de Vaccarès et la ville de Arles, plus grande commune de France avec pas moins de 75983 km². Citée celte puis romaine, son nom signifie littéralement ville des étangs et des marais et il faut avouer qu'elle le porte plutôt bien.

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Ville aux paysages diversifiées, elle comporte des zones montagneuses avec les Alpilles arlésiennes au caractère rocailleux et où des espèces plutôt thermophiles et adaptées à l'aridité, trouvent leur bonheur. On y rencontre notamment un rapace remarquable, le hibou grand duc d'Europe (Bubo bubo). On trouve aussi la plaine de Crau, l'une des très rares steppes que l'on peut rencontrer en Europe de l'Ouest et qui abrite des espèces endémiques ou rares. Enfin, la Camargue couvre une grande partie de la superficie d'Arles. Cette zone humide agricole est précieuse pour les oiseaux d'eau migrateurs qui trouvent là un refuge pour se nourrir et se reproduire.

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Parmi ces oiseaux nicheurs, on peut citer une espèce star, celle du flamant rose (Phoenicopterus roseus). À Pont de Gau, ils passent une grande partie de l'année et s'observent particulièrement bien l'hiver avant que la migration et la nidification leurs fassent prendre leurs appartements d'été. C'est entre autre l'espèce de flamant la plus commune et abondante au monde. On la trouve aussi bien en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

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Sociaux, ces animaux aiment se retrouver en grands groupes comportant parfois plusieurs milliers d'individus. À l'arrivée de la période de reproduction, les couples se forment après des parades nuptiales bruyantes. Mâle et femelle construisent alors une coupe de boue surélevé sur un îlot vaseux où sera pondu un seul oeuf. Celui-ci est couvé pendant environs quatre semaines avant de voir émerger un poussin quittera le nid au bout de 10 jours.

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Il rejoint alors un crèche, un groupe de poussins dense surveillé par les adultes. Les parents y retrouvent leur petit régulièrement pour le nourrir avec une excrétion riche en protéines qu'ils glissent de le bec du juvénile. Celui-ci mettra 10 à 11 semaines pour s'émanciper.

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Si dans les années 60 on pouvait trouver des millions de flamants roses par le monde, dont une colonie d'un million d'individus, depuis la population mondiale a été évaluée à un peu plus de 600 000 dans les années 2000 avec 165 000 individus en Méditerranée et 100 000 couples nicheurs dans le monde. S'il n'est classé que LC, c'est à dire préoccupation mineur, on ne peut nier que les effectifs sont en net déclin, la faute à la disparition des zones humides qui abrite ses sites de reproduction avec l'urbanisation, l'augmentation du tourisme dans ces mêmes milieux qui conduit un important dérangement des oiseaux et aux épisodes climatiques déréglés qui sont très néfastes pour l'espèce et en particulier pour leur ressource naturel.

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Une aigrette garzette (Egretta garzetta) chasse paisiblement dans un cour d'eau. Cet échassier rencontré en début de séjour trouve ici des crabes, des petits poissons et des larves pour répondre à son régime alimentaire diversifié. Il tire aussi profit de la héronnière toute proche où il peut nicher sans peine, une héronnière étant un site de nidification rassemblant souvent plusieurs espèces de hérons à la période de reproduction.

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En parlant de héronnière, voici le champion toute catégorie pour en confectionner, le héron cendré (Ardea cinerea). Les couples commencent à regagner leur nid pour préparer la saison de reproduction à venir. Chacun d'eux peut élever 3 à 5 poussins qui mettrons environs deux mois à devenir autonomes et à perdre leur duvet blanc au profit du plumage gris caractéristique de l'espèce. En attendant, il faudra faire d'inlassables aller-retours pour les nourrir. Les proies se composent le plus souvent d'insectes, de poissons et d'amphibiens.

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Les oiseaux ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d'un mammifère mal-aimé, le ragondin (Myocastor coypus). Tranquille rongeur pouvant dépasser les kilos, il aime les zones marécageuses où il trouve des végétaux tels des herbes, des racines et de jeunes feuilles à grignoter. 

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Originaire des Amériques, il s'est très bien acclimaté à nos contrées où il suit un cycle de vie similaire à ce que l'on peut observer dans le nouveau monde. Ayant pour prédateur les alligators, il rencontre peu d'animaux pouvant lui porter atteinte hormis les chiens domestiques. Classé comme espèce exogène envahissante (EEE) pouvant porter atteinte à l'environnement, à l'écolnomie et à la santé humaine, il est couramment piégé et chassé. Confidentielle dans certains départements, beaucoup plus commune d'en d'autre, sa consommation n'est pas anecdotique et les produits à base de ragondin prennent le plus souvent le nom de civet, ragoût ou pâté de myocastor, en particulier du côté de la Charente Maritime.

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Cependant les effets néfastes de l'animal portent à question. Son impact sur les berges ne serait pas si étendus et impactants qu'ils sembleraient l'être, tout comme la concurrence qu'il exercerait en vers d'autres espèces locales ou les dégâts sur les cultures, en particulier de maïs. Néanmoins, il faudra encore attendre de nouvelles études spécifiques aux dynamiques de sa population pour établir qu'elle sera la meilleure gestion à adapter.

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La Camargue, c'est aussi le nom que l'on donne à une très vieille race bovine originaire d'ici et bien connue de par ses taureaux à la robe noire et aux cornes en forme de lyre. Élevés de manière semi-sauvage (on parle d'élevage extensif), ils font partis du paysage local et représentent la majorité des animaux de ferme avec les vaches et les chevaux camarguais dans les manades, de vastes fermes situées sur des terres marécageuses

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Changement de décor, nous sommes toujours à Arles mais cette fois-ci pour admirer la pleine alluviale, les oiseaux rupestres et l'incroyable architecture de l'Abbaye de Montmajour. Fondée en 948 et ayant connues de nombreux bouleversement, mille ans plus tard elle est toujours là. C'est entre la moitié du 14e siécle et du 15e siècle que s'annonce son déclin, précipité par les troupes de mercenaires qui parcourent alors la Provence.

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Parmi les habitants du lieu, on peut compter les choucas des tours (Coloeus monedula). Ces jolis corvidés se reconnaissent à leur plumage noir, à leur nuque grise et à leur chant mélodieux. Cavernicoles, ils apprécient les bâtiments, ruines, falaises et pics rocheux présentant des cavités dans lesquelles ils peuvent sans mâle réaliser leur nid. Fidèles, mâles comme femelles participe à la confection du nid et à l'élevage des petits.

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Socialbles, ils vivent en colonnie et se mêlent sans peines aux autres espèces de corvidés, notamment le corbeau freux (Corvus frugilegus) en journée pour se nourrir et la nuit avec les corneilles noires (Corvus corone) dans les dortoires collectifs en dehors de la période de reproduction. Ils sont souvent confondus avec le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) au nom similaire mais affectionnant les zones plus montagneuses.

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Le soleil commence à se coucher, nous filons vers l'étang de Vaccrès. Au milieu de l'étendue d'eau, sur des mas de pêches, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent la nuit. Ces oiseaux graciles partirons d'ici quelques temps du côté de la Camargue mais aussi de l'Asie et de la Dombe. Nichant sur les rebords rocheux, on observe régulièrement des nidifications dans les arbres comme aux abords de la Crau.

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Tout est calme. Derrière les grands cormorans perchés sur les mâts de pêche, une troupe de 12 harles huppés (Mergus serrator) passe tranquillement, troublée de temps à autre par le vol des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) qui passent tout près des têtes emplumées. Le ciel se fond à la tombée du jour dans l'étendu d'eau, ne laissant pas voir où les éléments s'arrêtent. Nous restons de longues minutes, immobiles, à scruter l'horizon.

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Le jour tombe, dans les cieux pas moins de 3000 à 4000 grues cendrées (Grus grus) s'envolent vers leur dortoir. Le spectacle est magique, encore plus somptueux que ce que nous avions pu voir en 2018. Déjà les ces oiseaux majestueux à la calotte rouge remontent vers le nord pour nicher, en particulier du côté du nord de l'Eurasie. C'est là que se termine notre périple, dans les rayons du soleil se couchant sur un bout de Camargue.

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samedi 11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

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Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

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À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

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Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

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Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

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Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

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À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

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Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

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Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

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Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

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Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

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Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

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Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

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La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

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Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

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Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

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Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

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On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

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Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

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Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

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samedi 16 novembre 2019

Sortie dans les marais 15 : le lac du Bourget.

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Le temps est bien gris pour cette rapdie excursion. Pour quelques jours en Isère, nous décidons de partir du côté du lac du Bourget en Savoie pour tenter notre chance et observer des espèces remarquables qui sont plus que discrètes voire absentes dans le Rhône. Les grands cormorans et les laridés (mouettes et goélands) sont bien présents, mais nous espérons avant tout approcher de graciles échassiers et des petits passereaux des milieux humides, des oiseaux que nous ne voyons que trop peu souvent. Pour se faire nous sommes équipés de notre longue vue et d'une bonne paire de jumelles pour assurer le plus de tranquillité possible aux animaux. Déçus par le comportement de certains des observateurs et photographes de l'affût du château Thomas, nous nous tournons vers une des bases de loisirs aux grands herbiers. Outre le calme du secteur, nous y ferrons nos plus belles observations de la semaine et possibles sur le site.

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Bel oiseau n'est-ce pas. Il s'agit d'une toute jeune bergeronette grise (Motacilla alba) qui attend sagement ses parents sur une branche pour être nourrie. Posée dans une bourdaine (Frangula alnus), ce ne sont pas les fruits de l'arbuste qui suscite son intérêt mais les insectes qui composent la majeur partie de son régime alimentaire.

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Après de longues minutes à attendre, la jeune bergeronette est récompensée par l'arrivée providentielle d'un de ses deux géniteurs. Bec bien ouvert et gorge bien visible pour montrer à celui-ci que la faim se fait sentir, et en une bouchée les arthropodes durement récoltés sont avalés. Chez certaines espèces, les parents peuvent être amenés à réaliser 200 à 500 allers-retours dans une journée pour nourrir leur progéniture. Heureusement pour cette famille de bergeronettes grises, il semble que l'indépendance des oiseaux est sur le point d'arriver.

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Voici un autre oiseau que nous adorons et que nous avons pu surprendre à nourrir un de ses petits posé dans la phragmitraie, le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis). Le bleu éclatant de ses plumes est un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent aucuns pigments de cette couleur, celle-ci venant de la structure même des plumes qui reflètent la lumière bleue. Depuis peu, un jeune mâle à élu domicile sur un tronçon de l'Yzeron situé au pied de chez nous, pour notre plus grand bonheur. Le bec entièrement noir indique qu'il s'agît d'un mâle.

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Pour en revenir aux échassiers, en voici deux de belle taille qui figurent parmi les plus grands oiseaux de France si on en s'en tient à leur port. À gauche, un jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui adulte atteindra avec un peu de chance 98 centimètres et à droite, la grande aigrette (Adrea alba) reconnaissable à son plumage blanc et à son long bec jeune. Appartenant à la famille des hérons, elle peut atteindre 104 centimètres. Pour voir aussi grand si ce n'est plus, il faut se tourner vers les grues cendrées (Grus grus) avec 114 centimètre, les cigognes noires (Ciconia nigra) avec 100 centimètres, les cigognes blanches (Ciconia ciconia) avec 102 centimètres et enfin, les flamants roses (Phoenicopterus roseus) avec 127 centimètres. De vrais géants des milieux lacustres.

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Il était là ou plutôt, ils étaient là. Trois bongios nains (Ixobrychus minutus), ultime rareté du lac du Bourget bien que ça ne soit pas la seule. Nous ne boudons pas notre plaisir, les oiseaux jouant leur cinéma pendant de longues minutes. Petite taille, corps beige, ailes noires laissant entrevoir de grandes tâches blanches quand elles sont ouvertes, le doute n'est plus permis. Après avoir vu un des plus grands hérons d'Europe avec l'aigrette blanche, en voici le plus petit. Très rare en France où on compte une centaine de couples sur tout le pays, il est en nette régression. La photo n'est pas des plus belles mais nous ne voulions pas déranger outre mesure les oiseaux.

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La journée ne serait se finir ainsi. Non loin de là, nous croisons un fuligule milouin (Aythya ferina) à la tête et à l'oeil rouges caractéristiques. Tranquillement posé sur un tronc immergé, il se trouve à quelques mètres d'un drôle d'enclos. Entièrement couvert de fillets, il abrite une importante population de tortues, des cistudes d'Europe (Emys orbicularis). Espèce disparue à l'échelle locale, elle fait l'objet d'un programme de réintroduction.

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Pour bien terminer la journée, nous tombons en regagnant notre voiture sur une jolie population d'oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Ces champignons de la famille des champignons noirs asiatiques sont comestibles. Le plus souvent je les sèche pour les utiliser par la suite dans les soupes, les rouleaux de printemps ou les sauces, ceux-ci pouvant gélifier un peu les préparations leur donnant ainsi plus de consistance.

Fin de partie, il faudra désormais attendre un peu pour revenir sur le lac. Lh'iver et ses osieaux hivernants semble un moment propice et même plein de promesses pour revenir en observation, en particulier au petit matin quand les promeneurs sont rares à venir affronter le froid et la bise qui peuvent faire rage ici. 

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mercredi 2 octobre 2019

À la découverte du Loiret.

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Escapade en amoureux, encore. Direction le Loiret, pour découvrir les arbres à travers l'arboretum des Barres mais aussi la faune locale en explorant les milieux humides locaux. Si la route n'est pas si longue, 3 à 4 heures tout au plus, elle est difficile. De grands champs de monoculture à perte de vue, des lignes électriques et des terres nues composent une grande partie du paysage que nous avons pu croiser, rompu que trop rarement par des bosquets éparses d'arbres solitaires. Un vol de hérons garde-boeufs (Bubulcus ibis), quelques chevreuils (Capreolus capreolus) et le passage de buses variables (Buteo buteo) maintiennent notre attention. Arrivés dans un hôtel formidable qui ne paye pas de mine, nous profitons de la vue pour voir le ballet des oiseaux. Le lever est joyeux, nous nous précipitons à l'arboretum des Barres que nous quittons bien vite, l'ayant vu en long et en large les années précédentes, mais rassurés qu'il ne soit pas complètement fermé au public. Cependant le manque de financements publics se fait ressentir, le robinet à subventions ayant été cruellement tourné, et ce parc magnifique, plus grand arboretum d'Europe, dépérit rapidement mettant dangereusement en péril ce patrimoine.

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Pour une fois, il n'est pas question de plantes ou d'animaux mais d'architecture. Nous avons été séduis par ces murs de terre sèches, ces petits églises et ces hameaux tordus.

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Les briques et le bois remplacent les pierres, car gardons en tête que chaque terroir à son bâti, mais ici il est tout particulier. On y trouve notamment des longères, longues et étroites maisons de plein-pied de petits paysans et artisants ruraux, réalisées avec les matériaux disponibles d'où la diversité de formes et de couleurs de ces habitats typiques devenus rares suite à la mécanisation des campagnes et l'évolution des pratiques agricoles. Le plus souvent, elle se divise en plusieurs modules : l'habitation composée d'une chambre et d'une pièce commune, la grange et l'étable qui collée à la pièce de vie. Cette dernière apporte une chaleur bienvenue grâce au bétail quand le froid arrive et ici, il peut s'avérer mordant très tôt dans la saison. 

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L'été est là, les jeunes oiseaux prennent leur envol. Les rougequeues noirs (Phoenicurus ochruros) sont en vadrouille, sous l'oeil attentif de leurs parents. Migrateurs, ils ne tarderont pas à partir en direction de l'Afrique.

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Peu farouches, la meilleure technique pour les aborder est de ne pas leur apporter d'attention. Souvent victimes des chats errants, une des principales cause de la disparition de la faune, les juvéniles peuvent être recherchés par leur mère pendant plusieurs jours, donnant un autre regard sur les oiseaux, souvent perçus comme peu affectés par la perte d'un petit. Anthropophile, il niche dans les cavités des maisons, que cela soit dans un mur ou sous une gouttière. À l'origine, cette espèce était montagnarde et couvait essentiellement dans les cavités des falaises et les éboulis. Bien que facilement observable, on le repère facilement à ses cris brefs et aigus, se terminant par une note évoquant le déchirement d'une feuille de papier. Les mâles chantent mais les deux sexes réalises des vocalises.

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Nous sommes à Orléand, à la tombée du jour sur les bords de la Loire. Nous croisons notre premier serpent de l'année et nous reconnaissons à l'oreille un râle d'eau (Rallus aquaticus), signe que nos entrainements à la reconnaissance des chants d'oiseaux payent enfin. Au milieu de la rivière, des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) et des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent avant de rejoindre peu à peu leur dortoire.

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Les sternes sont là, il s'agit ici de la sterne Pierregarrin (Sterna hirundo), mais ce ne sont pas celles-ci que nous cherchons à voir. Nous sommes là pour observer aux jumelles en aval du fleuve, une réserve composée de bancs de sables et de gravières où niche la rare sterne naine (Sterna albifrons) au bec jaune qui la différencie, outre sa petite taille, des autres sternes aux becs oranges et noirs. Ce soir là nous ne la croiserons pas.

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Certes communs, les canards colverts (Anas platyrhynchos) font partis du paysage, aussi bien campagnard qu'urbain, au point d'être parfois mis de côté et pourtant, ils sont fascinants. Outre la fabuleuse tête verte qu'abordent les mâles à la période de reproduction, ce sont aussi parmi les seuls oiseaux à posséder un pénis avec les cygnes, chose assez rare. Élevés, on trouve de plus en plus d'hybrides échappés dans la nature.

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Cachée dans un champ de blé fraîchement fauché, une faisane de Colchide (Phasianus colchicus). Je ne donne pas cher de sa peau. Introduit très tôt au Moyen Âge, c'est un oiseau originaire d'Asie qui ne se maintient pas en France, pays dont il n'est pas originaire hormis dans trois ou quatre régions du pays. Depuis peu, un autre faisan est introduit, le faisan doré (Chrysolophus pictus), pas bien gros mais très coloré et prisé comme trophé.

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Moment fabuleux. Dans le porche d'une église devant laquelle nous nous arrêtons pour prendre notre petit-déjeuner, pas moins de 17 nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum)accueillent une trentaine de petits. Le départ pour l'Afrique ne serait tarder mais pour l'heure, les parents assurent le gîte et le couvert. Sa courte queue et son plumage noir et blanc permettent de la différencier sans mal des autres hirondelles.

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Arrivée à proximité de la réserve, les oiseaux sont là mais pas que. Pour lutter contre les nombreuses plantes invasives, un troupeau de chèvres arpente les berges. Ici c'est la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) qui pose problème au même titre que la jussie rampante (Ludwigia peploides). Originaire d'Amérique du Sud, c'est sa floraison jaune qui a vallu son introduction en Europe dans les jardins et qui a conduit à sa dispersion dans nos milieux naturels. Outre son action allélopahtique (actions biochimiques dans le sol qui fait dépérir les autres espèces végétales), elle est également un frein aux actions humaines en fragilisant les berges, les retenues protégeant des inondations et en bouchant les voies de navigation. En expérimentation ici, ces chèvres du Rouvre, très rustiques, portent l'espoir de restaurer les rives abîmées par cette végétation exotique.

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Un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promène juste en-dessous de nous. Ce bel oiseau au ventre blanc et au dos vert-doré peut paraître noir de loin, au même titre que le plumage des étourneaux. Une longue plume noire orne sa tête, ce qui lui donne une allure toute particulière. Nous le croisons de temps à autre dans le Rhône, le plus souvent de nuit et à travers ses cris si particulier, rappelant une mélodie trafiquée numériquement.

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Enfin, le joyau est là, nous n'y attendions pas. Un balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), fait son apparition. Cette grande envergure, ce masque blanc, ce plumage brun, on ne peut se tromper. L'émotion est très vive, et sur le moment j'en ai les larmes aux yeux. Piscivore, il s'est adonné à plusieurs reprises sous nos yeux à sa pêche, restant toujours bredouille mais en nous donnant une place privilégiée dans ce spectacle.

Il est temps de partir, à contre-coeur, par la longue et morne autoroute des vacances. Malgré une pause au Cheval Blanc, l'heure se rappelle fatalement à nous, les bouchons et les pots d'échappement aussi. Nous n'avons pas fini de découvrir cette région pleine de promesse si ce n'est botaniquement, du moins ornothologiquement.

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jeudi 9 mai 2019

La petite Camargue, un autre visage de l'Alsace.

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En passant par la petite Camargue :

 

Quand on évoque l'Alsace, on pense immédiatement à la choucroute, à l'accent et au Baeckeoffe pour resté encré dans le cliché. On oublie souvent trop vite la faune et à la flore incroyable de cette région et en particulier, ses oiseaux.

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Le lieu est calme, les oiseaux nombreux. Sur une des étendues d'eau, à la tombée de la nuit, nous observons quelques dizaines d'oies cendrées sauvages (Anser anser), nos premières de l'année. Elles trouvent ici dans la réserve de Port Saint Louis, à la limite de la Suisse, un refuge bien mérité. Malmenées par les hommes et leurs loisirs douteux, elles peuvent vaquer en toute quiétude à leurs occupation sous le regard des familles, des promeneurs et des amoureux de nature. Le pacte est conclu, nous reviendrons le lendemain pour découvrir les merveilles de ce site semble-t-il, unique.

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Les voilà, les belles oies sauvages, celles qui font couler l'encre et déchaîner les passions. Certains voudraient les tirer pendant leur retour de migration, là où les oiseaux sont fragiles et faciles d'atteinte, sans tenir compte des dégâts que cela pourrait occasionner aux autres espèces. Cette année encore il aura fallu batailler contre des envies et des décisions à visées électoralistes, fort éloignées des attentes de la population sur la question de l'environnement. De nouveau les tirs ont été interdits pour février mais qu'en sera-t-il pour 2020 ?

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Deux canards chipeaux (Mareca strepera) prennent un peu de repos à l'écart du brouhaha ambiant qui se dégage des étangs. Ternes au premiers abords, ils sont avérés plein de surprise en nous dévoilant un très joli miroir blanc quand ceux-ci se sont affères à leur toilette. Si les effectifs des migrateurs de passage en France augmentent, bouleversement climatique oblige, ceux des nicheurs locaux semblent d'éffondrer à vitesse grand V.

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Reliquats d'un nid tombé du creux d'un arbre. Sa forme ronde pourrait presque faire croire qu'il s'agit de celui de mésanges à longue queue. L'édifice est d'ordinaire rond, souvent couvert de lichens ce qui le rend imperceptible. Le temps à fait son oeuvre, et le nid n'est plus.

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En parlant de mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), la voici. Son plumage noir, blanc et rose et ses longues rémiges qui composent les plumes de la queue ne laissent que peu de doute. Bien que nommée mésange, elle n'en est plus une ou du moins, la classification la range désormais dans une autre branche, lui préférant le nom d'orite à longue queue. C'est un petit passereau aux moeurs grégaires, se déplaçant souvent en bande pour chercher sa nourriture. On peut l'observer aussi bien en milieu boisé que dans les parcs et jardins pour peu qu'il y ait suffisament d'arbres et de nourriture.

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Parmi les premiers oiseaux que nous observons, nous pouvons compter les ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiaca). Tout comme leur nom l'indique, ces oiseaux sont originaires de contrées situées beaucoup plus au sud. Naturalisés dans le nord de la France, nous avons pu les voir barbotant dans l'eau ou posés sur les hautes branches des arbres morts qui composent une partie du marais. C'est la seule espèce d'Alopochen non éteinte.

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Le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) nous fais également honneur de sa présence et de sont chant. Discret, on le différencie de son cousin des forêts (Certhia familiaris) par ses mélodies. Explorant inlassablement les troncs à la recherche d'insectes et de larves, cette petite boule de plumes ne se laisse pas approcher facilement.

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Une autre très belle rencontre a marqué notre périple, celle d'un puis de plusieurs couples de bièvres harles (Mergus merganser). C'est un des rares canards à consommer du poisson, le plus souvent des individus de 5 à 10 centimètres. Il complète souvent son régime alimentaire d'invertèbrés. Cette particularité explique les crans de son bec et le bout légèrement croche de celui-ci. La distinction entre les deux sexes est aisée, le mâle ayant la tête d'un vert métallique alors que la femelle abordera livrée rousse. Il faut 90 à 100 jours aux adultes pour mener à bien la couvaison des oeufs et l'élevage des petits pour en faire des adultes capables de se débrouiller seuls.

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Deux espèces communes se régalent des pommiers d'ornements longeant le site. À gauche on trouve la magnifique grive litorne (Turdus pilaris) et à droite, son cousin le merle noir (Turdus merula) car les deux espèces appartiennent à la même famille, celle des Turdidés. Alors que chez cette grive les sexes sont indissociables au premier coup d'oeil, chez le merle il en est tout autre chose, le mâle ayant un plumage noir et un bec jaune, la femelle des plumes roussâtres et un bec grisâtre, chose observée également chez les jeunes mâles.

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Parmi les hérons cendrés, les buses variables, les geais des chênes, les mésanges bleues et les grands cormorans, il y a un toujours un oiseau qui détonne et attire mon oeil. La grande aigrette (Ardea alba) figure parmi ceux-ci et est l'un des plus beaux et majestueux animaux que je connaisse. Cet échassier gracile figure parmi les grands volatiles de France avec une taille d'un mètre pour 170 centimètres d'envergure. Tout chez elle respire l'élégance : son plumage immaculé, son bec flamboyant vert et jaune et ses longues pattes délicates. 

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Voilà un article pour conclure les actions de l'hiver. Vous l'aurez sans doute remarquez, ici c'est le calme plat. Ma vie professionnelle et associative est plus intense que jamais et je coure après le temps pour boucler tous mes projets. Les mails non lus s'accumulent, tout comme les kilomètres, les nouvelles amitiés et les envies d'articles qui ne peuvent voir le jour. Patience, la mi-juin devrait apporter un peu de répit pour rédiger à loisir.

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samedi 17 mars 2018

La Camargue en hiver.

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Début décembre, nous avons pu visiter à plusieurs reprises la Camargue. Mon ordinateur ayant rendu l'âme entre temps, je n'ai pu récupérer que quelques photos de cette très belle expérience. Entre marais salins, bords de mer et phragmitaies denses, nous avons pu observer des oiseaux que nous n'avons pas l'habitude d'approcher. Nous avons même pu photographier, de loin, un rassemblement de tadornes de Belon (Tadorna tadorna), le plus gros canard de France parfois appelé affectueusement appelé "oie renard". Autant dire que je les adore.

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Pendant trois jours nous avons circulé sur les petites routes camarguaises, avec comme point de chute la nuit venue, la ville de Marseille. Autant vous dire que nous avons galoper. Cela nous a permit de retourner sur la route des vacances de mon enfance, là où avec mes parents et des frangins nous venions, après avoir quitté l'Isère le temps de quelques jours, nous initier aux joies de la mer. Cette année c'est un peu différent, nous sommes en hiver, il vente mais le spectacle n'en est pas moins fantastique. 

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Les hérons cendrés (Ardea cinerea) se plaisent bien dans les milieux humides qu'ils soient d'eau douce ou d'eau salée. Les premiers couples se forment déjà et entament la construction de leurs nids. Peu farouche, il faut toute fois se montrer discret pour ne pas perturber les oiseaux et mettre à mal leurs premiers amours.

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Dans un des nombreux étangs, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent sagement la fin de l'ondée. Leur tête dénuée de blanc indique que la période de reproduction n'est pas encore entamée. Ces oiseaux ont la particularité de ne pas avoir de plumage étanche, afin d'avoir une meilleure pénétration dans l'eau quand il plonge pour attraper les poissons. Cela explique pourquoi on les voit faire sécher leurs ailes en les étendant.

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Et puis il y a les stars, ceux que nombreux d'entre nous rêvent de voir. Les flamants roses (Phoenicopterus roseus) sont parmi les plus grands et gros oiseaux européens (mais aussi de leur famille). C'est à leur alimentation faite de minuscules crustacés roses qu'ils doivent leur couleur, d'où la forme étrange de leur bec, qui agît tel un filtre. Les jeunes individus présentent un plumage grisâtre, ce qui indique qu'ils sont encore au stade de juvéniles. 

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À notre arrivé, les flamants étaient en pleine parade nuptiale. Des centaines d'individus entrains de danser et surtout, de chants. Un flamant seul, c'est très bruyant, alors je vous laisse imaginer la cacophonie ce jour là. Le cri est fort et nasillard, proche de ceux des anatidés. Ces sont des animaux sociaux qui communiquer énormément entre eux. Ils possèdent de ce fait une gamme de vocalises très développée pour ne jamais se perdre de vue.

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Dans les nombreux bras d'eau stagnante, on peut voir de temps à autre un ragondin (Myocastor coypus). Mal aimé, cet animal d'origine nord-américaine est arrivé en Europe à travers les fermes à fourrure. S'étant échappé, il a colonisé tout le territoire français. C'est un gros rongeur qui fait parler de lui par son action sur les berges qu'il fragilise et les cultures dans les quelles il va grignoter. De ce fait, il est chassé pratiquement toute l'année.

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Voilà une photo qui devrait en ravir plus d'un. Trois espèces sur un cliché : le héron cendré (Ardea cinerea), l'aigrette garzette (Egretta garzetta) sur la quel je reviens plus bas et la sarcelle d'hiver (Anas creccas), un petit canard amoureux des eaux saumâtres et qui ne se rencontre dans le sud de la France qu'en période hivernale. Le mâle se distingue à sa tête rouge barrée de vert et à son croupion jaune. La femelle ressemble à celle du colvert.

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Il y a deux grands autres échassiers que l'on croise en janvier en Camargue : la cigogne blanche (Ciconia ciconia) dont on peu en ce moment encore voir les vols de migration au-dessus de mon centre de formation sur Vienne, et les grues cendrées (Grus grus). Ma frustration est grandes de ne pouvoir partager avec vous toutes mes photos de leurs vols de centaines d'individus, leur séances de recherche de nourriture au sol et surtout, leur chant mélodieux. Petite consolation, elles aussi remontent au nord et passe par la vallée du Rhône.

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 L'aigrette garzette (Egretta garzetta) est une échassier délicat dont les plumes étant recherchées autrefois pour orner les chapeaux. Elle partage des milieux similaires à ceux des hérons cendrés et les mêmes proies qu'elle saisit avec son bec en forme d'épée. Celui-ci devient jaune et/ou verdâtre en période de reprodiuction.

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Fin du séjour, il est temps de remonter doucement au pied des Alpes. Nous avons la chance d'être à moins d'une heure des Dombes, c'est donc un petit bout de Camargue que nous emportons avec nous et que nous espérons retrouver là-bas, comme en septembre dernier où nous avons pu y observer un grand nombre de cigognes blanches et où nous traînons parfois nos souliers avec la LPO depuis cet automne.

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mercredi 1 février 2017

Sortie dans les marais 10 (migration dans les Dombes).

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L'été est sur le point de s'en aller, les cigognes elles aussi. Nous sommes dans les Dombes dans l'Ain. Il s'agit d'un vaste ensemble de zones humides composé de marais, d'étangs et de lacs de pisciculture. C'est un des endroits où il est possible de voir le plus d'oiseaux en France et cela, même pendant l'hiver.

 

La cygogne blanche (Ciconia ciconia).

C'est l'un des plus grands échassiers d'Europe. La cigogne blanche se rencontre dans la quasi totalité de l'Eurasie et de l'Asie (on trouve une sous-espèce Européenne et une sous espèce asiatique). C'est une espèce migratrice mais il n'est pas rare de voir des dizaines d'individus rester l'hiver dans les Dombes. 

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Le pays des Dombes.

 Cet espace naturel se caractérise par ses lacs creusés de la main de l'Homme pour approvisionner une partie du royaume de France en poissons et en particulier en carpes, symboles de la royauté. C'est un espace unique où on trouve plus de 150 espèces d'oiseaux nicheurs qui y trouvent toute la nourriture dont ils ont besoin.

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L'aigrette garzette (Egretta garzetta).

Ce bel oiseau blanc s'est établie sur tous les continents du monde là où se trouve des zones humides d'eaux peu profondes. C'est là que l'aigrette chasse à l'affût les batraciens, les insectes et les petits poissons dont elle se nourrie. Parfois, elle ouvre ses ailes pour faire de l'ombre sur l'eau. Les poissons viennent s'y rafraîchir et c'est là qu'elle les saisie avec son bien effilé comme un dague, ce qui est typique des échassiers. 

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Un havre pour les libellules (Odonates).

On rencontre énormément de libellules dans les Dombes. Parmi elles ont trouve un bon nombre d'espèces protégées. Actuellement elles sont très étudiées car elles sont de formidables bio-indicateurs qui permettent de connaître la santé des milieux humides, leur évolution et le type d'actions à mener sur ceux-ci.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus).

Il s'agît ici d'un juvénile que l'on reconnaît facilement à son plumage zébré. Les adultes présentent une tête blanche ornée d'une collerette de plumes rousses et noires. C'est un oiseau bruyant qui pendant la période des amours émet des sons proches d'une clarinette. Il fait son nid tel un radeau en s'aidant de la végétation dense des étangs et des marais de faible profondeur. C'est un excellent plongeur qui peut atteindre 20 m de profondeur.

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Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus).

C'est espèce a été introduite sous le Moyen Âge dans les forêts françaises et en particulier dans celles des rois pour répondre à la grande passion des nobles de cette époque là (avec celle des perruques poudrées), à savoir la chasse. Aujourd'hui on en rencontre beaucoup, souvent issus de lâchers après avoir été élevés en captivité. Cela explique le bec tordu de cette femelle (courant en volière) peu farouche se promenant sur la route.  

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

 C'est avec plaisir que nous retrouvons ce grand échassier que nous avons pu croiser lors de notre périple en Bretagne. Lui aussi est un oiseau des marais mais couvre également les champs humides, les bords de mer, les lacs et les rivières. Son régime alimentaire est proche de celui de la cygogne bien qu'il n'appartient pas à la même famille et qu'il soit sédentaire au point de garder toujours le même site de nidification : la héronnière.

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La marsillée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia).

Voici une superbe fougère d'eau qu'il n'est pas courant de croiser. On pourrait penser au premier abords qu'il s'agît d'un trèfle ou d'une oxalis mais ses rhizomes ne trompent pas. Protégée en France, on peut la rencontrer dans les mares et les fosses où l'eau se fait stagnante. Dans certains pays, en particulier en Asie, elle est consommée. En Europe de l'Est et Centrale on l'utilise comme plante magique permettant de voir le monde invisible.

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Le ragondin (Myocastor coypus).

Dans les Marais Poitevin, on en fait de la terrine et des pâté. Ce grand rongeur est originaire d'Amérique du Nord. Échappé des élevages de fourrure, il sème le trouble dans les milieux aquatiques au point d'en rompre par endroit la fragile dynamique. Mais s'il est piégé, c'est avant tout pour les dégâts qu'il cause aux cultures.

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Le mot de la fin.

 Voilà une fin d'après midi comme je les aime, où l'on reste dans le soleil couchant à observer les oiseaux et voir les cigogne se réunir pour passer la nuit. Actuellement les Dombes sont encore glacées, et bien que l'on y trouve un bon nombre d'oiseaux, il faudra attendre le redoux du printemps voir le début de l'été pour voir arriver par nuées les grandes espèces migratrices et avec un peu de chance, quelques grues cendrées (Grus grus).

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dimanche 11 septembre 2016

Destination Bretagne : Les marais Poitevin.

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 Après 8 à 9 heures de routes, nous voilà dans les marais Poitevins avec nos amis Fiona et Hugo avec qui nous partageons le voyage. Il fait beau, il fait chaud ... c'est idéal pour faire un tour en barque. Nous nous sommes régalés, nous avons vu peu de plantes mais une multitude d'oiseaux sauvage pour notre plus grand plaisir.

 

Le vulcain (Vanessa atalanta).

Ce vulcain est entrain de se nourrir du nectar d'une cardère sauvage (Dipsacus fullonum). C'est un papillon migrateur qui prend pour hôte (oeufs et chenilles) l'ortie dioïque (Urtica dioica) et qui se nourrit de fleurs riches en nectar même s'il n'est pas rare de le voir se poser sur les fruits pourris pour en aspirer le jus sucré.

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Sous les arbres.

De nombreux arbres ont leurs feuilles et leurs branches qui effleurent l'eau. Garde aux navigateurs et navigatrices du dimanche qui à la barre de leur navire ne parviennent pas toujours à garder le cap (ça fait mal !). C'est dans ces branches losrqu'elles sont grosses et qu'elles trempent littéralement dans l'eau que l'on peut observer des nids de poule d'eau (Gallinula chloropus) ou de foulque macroule (Fulica atra). 

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Les oiseaux aquatiques.

Les marais regorgent de poissons, d'insectes et de batraciens. Ils font le festin des échassiers qui sont nombreux dans le marais. On rencontre ainsi des hérons cendrés (Ardea cinerea), des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) et des hérons gardes-boeufs (Bubulcus ibis) qui sont attirés par les mouches et taons qui accompagnent les vaches des marais que je vous présenterai un peu plus bas. Ces trois espèces vivent côtes à côtes.

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Les marais Poitevin.

Les marais Poitevin sont composés de plusieurs types de milieux. Nous nous trouvons dans la Venise verte qui se compose de fossés et de canaux semblables à un labyrinthe. À l'opposé on trouve les marais mouillés qui se composent de pâturages riches et inondés de manière périodique et les marais desséchés, protégés par les digues et qui sont peu alimentés en eaux vives. Ils sont utilisés comme terres d'élevage et céréalières.

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Le canard colvert (Anas platyrhynchos).

On le trouve un peu partout en France et presque dans tous les pays du monde, aussi bien en Argentine, en Australie, en Afrique du Sud qu'en Chine, en Côte d'Ivoire ou en Alaska. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il possède un bon vol et beaucoup de puissance ce qui lui permet de s'envoler rapidement et avec force.

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Les libellules (Odonates).

Pas moins de 73 espèces de libellules peuvent être observées dans les marais Poitevin. Cela va des frêles demoiselles comme ces caloptéryx éclatants (Calopteryx splendens) aux grosses Gomphidae colorées comme cette onychogomphe à crochets (Onychogomphus uncatu) profitant de notre barque pour un peu de repos.

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Des vaches naufragées.

Le réseau de canaux forment des îles vertes sur les quelles Ô surprise ! on trouve des troupeaux de bovidés. Nous avons pu observer au moins 4 races distinctes : les vaches Highlandes, les charolaises, les salers et les vaches maraîchines, une espèce endémique des marais qui se reconnaît à sa robe et ses grandes cornes. Tout ce petit monde transite d'île en île par .. barque ! Même si pour les grands troupeaux cela se fait par bateau.

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L'embarcadère de Magné.

Magné est une commune des Deux-Sèvre qui se trouve entre les marais mouillés et la fameuse Venise verte. C'est d'elle et de ses quais que la plupart des touristes partent en barque visiter les canaux et cela depuis 1979. La ville ne manque pas de charme mais c'est pour son aspect naturel que les foules se déplacent.

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La poule d'eau (Gallinula chloropus).

Son nom complet est "gallinule poule d'eau". Les poussins sont très semblables aux adultes (grande photo) mais les jeunes indépendants sont très ternes et plutôt discrets (photo ci-dessous). C'est un oiseau omnivore qui mange un peu près tout ce qu'il trouve : herbe, plantes aquatiques, oeufs, petits poissons, mollusques, vers ...

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Le campement.

J'aurai du peut être commencer l'article par là. Voici notre campement de la nuit. Nous avons fait halte à la limite de la Corrèze, sur le plateau des mille vaches. La nuit a été parfaite, ponctuée par les hululements des chouettes et les aboiements des chevreuils. Au petit matin nous avons même vu un très beau brocard détaller.

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La huppe fasciée (Upupa epops).

C'est un oiseau très élégant qui a cette période de l'année s'assemble avec d'autres congénères pour former de petits groupes afin d'entamer leur migration pour l'Afrique. C'est une alliée du jardinier car elle se nourrie de limaces mais aussi de larves d'insectes ravageurs comme celles de la courtilière et du hanneton.

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Le mot de la fin.

Premier jour du périple, première découverte et beaucoup de plaisir à la clé. Nous nous sommes éclatés dans les marais, il y a beaucoup à voir et la ballade peu s'étaller sur toute la journée. Il y a beaucoup d'endroits où s'arrêter pour faire de l'affût ou être plutôt tranquille pour observer les oiseaux mais aussi les poissons. Pour le prochaine épisode nous partons en direction de Belle Île en Mer en vélo puis pour Carnac à la découverte des dolmens.

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