lundi 9 novembre 2020

Sortie en montagne 31 : Explorer le Pilat.

DSCN5359BALLADE SOLO

Cette fois-ci je ne suis pas de la partie. En arrêt pour pas mal de temps, c'est mon bien-aimé qui a prit la route pour se dégourdir les jambes et prendre un grand bol d'air frais. Le voilà donc sur la route, direction la Loire et plus particulièrement le sommet du Pilat.

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Camus écrivait "L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur". On ne peut que lui donner raison quand on regarde le paysage. Les poacées, appelées anciennement graminées, longe les routes et les chemins, bruyssant au passage des randonneurs. En fermant les yeux je m'imagine passer les doigts dans les herbes folles jaunies de fin de saison.

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Parmi les plantes à fleurs que l'on retrouve sur le massif du pilat, on peut nommer la callune (Calluna vulgaris) qui, bien souvent, est confondue avec la bruyère. Pour la distinguer on regardera attentivement ses fleurs pour remarquer que les pétales ne sont pas soudés, et ses feuilles sont divisées, chose absente chez les bruyères. La callune est une espèce hôte de nobreux papillons et une ressource alimentaire pour les animaux sauvages l'hiver.

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Typique des sols acides, de nature ensolleilée et bien draînée, elle est souvent consommée par les moutons dans les pâturages. Sur le Pilat, les troupeaux ll'incorpore à leur alimentation automnale avec la fougère aigle (par parsimonie pour cette dernière). Au printemps ce sont els jeunes pousses d'herbes fraîches qui sont particulièrement appréciées par les brebis, pendant l'été les feuillages et l'hiver, c'est le foin qui domine.

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C'est dans les parterres de bruyères que les orthoptères s'adonnent à leurs chants et leurs amours. Cela ne va pas sans faire écho à notre sortie détermination publiée il y a quelques temsp sur le blog. Ici nous avons  un criquet, facilement identifiable à ses antennes courte et à son abdomen fin. Cependant il sera peu aisé de l'identifier, une manipulation en main et/ou des photos précises étant essentielles pour bien le nommer.

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Les sauterelles de leur côté sont le plus souvent massives (mais pas toujours) avec des antennes bien plus longues que le corps ou de taille équivalante. Ici il pourrait, peut être, s'agire de la dectique verrucivore (Decticus verrucivorus). Son nom de verucivore vient de l'utilisation passée et supposée de l'insecte pour détruire les verrues en utilisant ss mandibules. Les mâles aiment se mettre au soleil pour chanter, ce que l'on observe ici.

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Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) se plaît tout particulièrement sur le Pilat, dont les sols acides sont tout à fait adaptés à l'espèce. Ses baies orangées sont très appétantes pour les oiseaux, tant est si bien qu'elles ont en mené bon nombre à leur perte. Les oiseleurs, chasseurs de petits oiseaux pour la compagnie, les utilisaient pour attirer les chardonnerets et autres grives dans leurs filets pour les consommer ou les revendre.

DSCN5387Le sommet approche. Les promeneurs y sont nombreux, au point de contraindre certains à faire un détour, mesures Covid obligent. L'air est doux, le soleil haut et les nuages abondants. Cependant il n'est pas trop compliqué de distinguer les sommets des Alpes ainsi que la plaine de Saint Etienne et Lyon au loin. Sur cette dernière question il n'y a pas de mystères, nous préférons mille fois mieux la vue des cimes que celle de la métropole. Depuis notre déménagement et hormis pour le travail, nous n'avons mis les pieds en ville qu'à de rares occasions, nous confortant dans notre choix de nous éloigner peu à peu du tissu urbain. Si les usines et les grands axes routiers s'offrent à nos yeux depuis nos fenêtre, nous pouvons profiter désormais quand le temps le permet, d'une jolie vue sur le Mont Blanc, nous apportant un peu de poésie. Pour autant, nous ne pouvons rivaliser avec le panorama de somemt du Pilat.

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Pointe de la Crête de la Pérdrix, villages, sommet du Mont Blanc, nuages s'étirants à perte de vue ... ce sont là quelques unes des images qu'il est possible de garder en mémoire. Comble su spectacle, il est courant d'observer des faucons crécerelles (Falco tinnunculus) et leur progéniture chasser au-dessus des pâtures où il est tout aussi facile de voir les brebis accompagnées de patous brouter les herbes tendres.

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Dans les pierres et les éboulis, un oiseau est roi. C'est le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros),agile petit passereau présent aussi bien en montagne qu'en ville. La femelle est plutôt grise là où le mâle présente un plumage noir marqué, mais tout deux partagent une queue et un croupion roux qui vaut à l'espèce son nom. Insectivore, il chasse ses proies le plus souvent au sol, parmi les pierres ou sur les murs des bâtiments où il niche.

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Il est là ... et il n'est plus là. C'est un oiseau migrateur qui de plus en plus, prend l'habitude de rester ici l'hiver. S'il est vrai que les températures sont douces, ce n'est pas pour autant que les insectes sont abondants, loin et là. Les individus faisant ce choix se retrouvent à l'arrivé du printemps bien faibles si ce n'est morts, et sont incapables pour les survivants de faire face à ceux revenant d'Afrique qui sont bien plus fringuants malgré les kilomètres.

DSCN5397 Les chirats sont une autre des spécificités du Pilat. Il s'agit du nom local donné aux éboulis et aux coulées de rochers. Ces pierriers abirtent une faune et une flore remarquables bien que peu d'espèces soient présentes, en particulier quand il s'agit des lichens. Cette formation géologique qui ne se retrouve que que sur les pends ouest du massif central et de l'autre côté de l'Atlantique, dans les Appalaches.

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Relatives jeunes aux vues des temps géologiques, les chirats sont le fruit des dernières glaciations ayant eu lieu il y a 100 000 à 10 000 ans de cela. Ils se sont formés sous l'action du froid, faisant literrelament éclater la roche enblocs de plus petite taille nommés des gneiss.

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Le Pilat recèle d'une grande variabilités d'autres habitats. Parmi ceux-ci on peut compter sur les forêts de hêtres, les landes à callunes, de landes à joncs nains, les lisisères à fougères aigles ou encore de prairies rases qui sont des milieux rares/patrimoniaux pour la plupart. Cette diversité est précieuse car elle permet d'observer des espèces en régression telles que les serpents ou certains rapaces qui tirent profits de ces milieux pout chasser..

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Voilà un bien drôle de taxi. Il s'agit d'un des 3 bousiers européens, appelé scarabé demi-ponctué (Scarabaeus semipunctatus) aux reflets bleutés. Sous son ventre, une multitude d'acariens sont logés. Peut être trouvent-t-ils là de quoi se nourrir et/ou de quoi se déplacer, à la manière des remoras qui se collent aux requins et aux grands cétacés pour parcourir de grandes distances et parfois, profiter du reste de leur repas.

Et voilo, le soleil se couche déjà - nous ne nous doutions pas à l'époque qu'il ne serait bientôt plus possible de faire des sorties pour un mois, peut être plus. L'épisode Covid-2 s'annonce, nous nous parrons en explorons notre kilomètre réglementaire et en laissant la longue vue à la fenêtre. De là, et sans pour autant voir le Rhône, nous avons la chance d'apperçevoir les oiseaux des milieux auquatiques passer au-dessus de la raffinerie.

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dimanche 25 octobre 2020

La cigogne blanche (Ciconia ciconia).

DSCN0460Voilà la belle que nous avons pu rencontrer lors d'une virée dans la Dombe courant février. Si la plupart des cigognes blanches n'y sont que de passage à travers leur migration, quelques unes ont pris l'habitude de s'y arrêter pour nicher, voire à se sédentariser suite à des actions menés par le parc des oiseaux sur Villar les Dombes. D'ailleurs c'est à proximité et dans celui-ci que la plupart des nids peuvent s'observer. Cependant on ne serait les voir qu'ici, le Grand Est, la Camargue au sud et la Petite Camargue au nord-est étant des spots propices à l'observation. Figurant parmi les plus grands oiseaux de France avec une taille d'un mètre, une envergure d'un mètre 55 à un mètre 65 et un poids de 3 à 3,5 kilos, on la distingue des 6 autres espèces de cygognes grâce à son plumage blanc et noir, ses pattes rouges et son bec orange, là où celui de la cigogne orientale (Ciconia boyciana) et celui de la cigogne maguari (Ciconia maguari) sont gris voire noirs. Pouvant vivre plus de 30 ans, elle est fidèle à ses airs d'estivages et d'hivernage.

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La reproduction s'entame directement au retour de migration pour les oiseaux ayant atteint la maturtié sexue. Le mâle est le premier à arriver sur le nid, les couples étant fidèles à vie. lle, c'est à dire 4 ans. Cependant il n'est pas rare de voir de jeunes femelles venir prendre la place de l'officielle, ce qui peut entraîner de violentes bagarres suivies par un oeil attentif du côté du mâle. Les échauffourées terminer, la parade nuptiale peut débuter à travers un jeu de claquements de becs, cette cigogne n'aytant pas de syrinx, l'organe permettant aux oiseaux de chanter et de communiquer. Vient alors la construction/solidationdu nid. Celui-ci peut dépasser les deux tonnes et dans de très rares cas, peut entraîner l'éffondrement de l'arbre ou du toit sur lequel il se trouve.

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C'est là que verrons le jour 2 à 4 poussins après une couvaison des oeufs pendant près d'un mois. Il en faudra deux de plus pour voir les poussins devenir autonomes et quitter le nid. Ils pourront alors profiter de la Dombe et des nombreuses proies composant leur régime alimentaire. Grenouilles, larves, petits poissons, reptiles et rongeurs, les cigognes ne sont pas regardantes. Leur long bec forgé tel un poignard et leurs longues pattes laissent voir sans mal qu'il s'agit d'animaux adaptés aux milieux humides et plus particulièrement aux zones de marais dans lesquels il leur est possible de se déplacer sans n'avoir à se mouiller les plumes. On retrouve la même chose chez les hérons et autres aigrettes avec qui ce caractère est partagé.

DSCN0471Si les cigognes aiment la Dombe pour ses richesses, elles ne sont pas les seules. Bien des osieaux migrateurs y transitent et même, y passent l'hiver. Les grues cendrées s'y arrêtent pour manger, les fuligules et les nettes rousses y séjournes entre novembre et février et les cygnes chanteurs viennent même y nicher, chose relativement rare en France.

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Les cigognes figurent en Europe parmi les oiseaux ayant connus l'un des reculent les plus importants au 20e. Elle a même manqué de disparaître de France, faute d'habitats, les zones humides ayant été détonnées et asséchées à tour de bras. Les campagnes de réintroduction du côté du Grand Est et l'application de mesures de protections plus importantes ont conduit à un retour en force de leur population bien que leurs effectifs restent fragiles. La chasse dans certains pays, la pollution atmosphérique, de l'eau et lumineuse, la destruction des nids et leur braconnage dans certains secteurs de pêches restent des menaces importantes pour l'espèce.

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Un autre danger pour les cigognes blanches et les autres oiseaux de la Dombe, c'est le dérangement. Ce jour là nous en avons été directement témoins. Une voile à moteur passe de le ciel en hauteur. Soudain, le pilote prend l'idée de passer à ras des arbres. C'est la panique, des centaines et des centaines d'oiseaux d'élèvent dans le ciel. Les oies hurlent à plein poumons, des nuées de canards s'élèvent dans le airs, les cigognes quittent le nid ... bref, tout autant d'oiseaux qui peuvent à tout moment et à force de dérangement, abandonner le lieu pour ne jamais y revenir. Le loisir mal pratiqué est ici une menace à par entière pour la faune mais aussi la flore.

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Dans les grands arbres où nichent les cigognes, les corbeaux freux (Corvus frugilegus) s'installent également. Vivant de manière collégiale et en bonne harmonie avec leurs voisines, ce sont des animaux qui font preuves de grande intelligence. Bruyant à l'arrivée de la saison des amours, ils se font beaucoup plus discrets à l'arriver des petits, la fastidieuse tâche du nourrissage leur demandant tout leur temps et toute leur énergie.

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Voilà un bref aperçu de la cigogne blanche, oiseau très présent dans la culture européenne. Apportant les bébés par la cheminée ou sur le rebord de la fenêtre, signe de bon augure quand elle se pose sur une maison ou même selon certaines légendes, compagne du Christ à sa crucifixion en volant autour du supplicié, elle peuple notre imaginaire. Certaines villes alsaciennes en ont même fait leur emblème, signe de la longue histoire qui lie cet oiseau à l'homme, ce qui ne vas pas sans rappeler leur relation, parfois tumultueuse, au fil des siècles.

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vendredi 16 octobre 2020

Sortie en campagne 16 : l'Isère à la belle saison.

DSCN3675Nous voilà en Isère, à la maison familliale. Nous n'y avons passés quelques weekends entre la fin du printemps et le début de l'été. L'occasion pour nous d'explorer de nombreux milieux, que ce soit en couple, entre amis ou en famille. Nous avons pu suivre l'évolution de certaines nichées d'oiseaux repérées pendant le confinement par mes proches, ou apprendre à voir avec des yeux nouveaux des espaces qui nous étaient connus et, pour lesquels nous ne prétions pas l'attention qu'ils méritaient. En résulte quatre weekends entre la mi mai et la fin juin à parcourir le département, toujrous de préférence à la limite de la Savoie et jamais très loin de la Chartreuse, mon éternel berceau.

Chapitre 1 : la Montagne.

Première sortie post-confinement ou notre exploration loupée du Charmant Som.

Le déconfinement a débuté il y a deux semaines. Encore inquiets que la tournure des événements peu prendre, nous partons voir ma famille non sans prendre de précaution. Insipiré par cette liberté de mouvement retrouvée, nous proposons d'aller faire un tour au sommet du Charmant Som. Quelle erreur car ce jour là nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée et nous avons très vite déchantés une fois arrivée sur place.

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Des gens, des gens partout. Pas un mètre carré n'est libre. Je ne juge pas le choix de venir ici, ayant fait le même j'en serai bien mal avisée, mais plutôt l'absence de tenue et de respect pour ce milieu naturel fragile. Les chiens pourtant interdits sur le site sont laissés libres, les narcisses du poètes protégés ici finissent avec les narcisses jaunes en immenses bouquets qui, redescendus dans la pleine, ne tiendront pas plus d'une journée en vase. Certains vont jusqu'à dérraciner des gentianes printanières par tapis entiers. Devant le massacre je prends la nausée. Nous prenons tout de même le temps de profiter du paysage snas pour autant aller au sommet.

DSCN3716Belle surprise. Au pied d'une cavité, un tapis de soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) pousse. Fragiles, les fleurs apparaissent de mai à août après la fonte des neiges dans les pelouses. On en trouve de belles populations également dans le Massif Central et dans les Pyrénées. Néanmoins et comme son nom l'indique, c'est dans les Alpes que l'espèce est la plus présente. Pour l'heure elle n'est protégée qu'en Auvergne.

DSCN3729Pauvres orchidées, nombre d'entre-elles ont aussi fini en bouquet. Il s'agit ici de l'orchis sureau (Dactylorhiza sambucina) en raison de son parfum sucré et suave proche de celui de l'arbuste du même nom.

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Chez cette espèce, deux types existent : les plants aux fleurs roses et aux bractées rouges et les plants aux fleurs jaunes et aux bractées vertes. Une diversité qui peut parfois surprendre les botanistes en herbe. Haute de 10 à 30 centimètres, elle attire facilement le regard. Très présente dans le Massif Central, elle est présente ponctuellement dans les Alpes. Pour ma part je la trouve relativement souvent en Chartreuse dans les pâtures humides.

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Une autre orchidée est présente, l'orchis mâle (Orchis mascula). Son nom rappelle que de nombreues orchidées terrestres ont des tubercules semblables à des testicules. D'ailleurs le terme orchis signifit testicule en grec ancien. On prête ainsi aux parties souterraines des orchidées des pouvoirs aphrodisiaques (théorie des signatures). Ils sont alors consommés sous forme de poudre, le plus souvent dans le salep, une boisson chaude faite à base de farine de tubercules d'orchis. Si par endroit les fleurs sont abondantes, dans d'autres elles se font rares en raison de leur récolte intensive. Cette pratique est connue depuis l'antiquité.

DSCN3707Dans la pâture se trouvent des chénopodes bon-Henri (Blitum bonus-henricus), appelés aussi épinards sauvages. Nourriture paéolitique, je les aime aussi bien en tarte, en soupe ou que cuits à la vapeur. Poussant sur les sols azotés, là où les animaux aiment stationner, il vaut mieux éviter de le consommer cru quand ils sont cueillis en nature pour limiter la transmission de parasites à l'Homme, l'eau vinaigrée n'ayant aucune efficacité pour s'en débarasser. On peut également les préparer en purée ou en salade pour ce qui est des jeunes pousses.

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Abritées du soleil, quelques névés résistent tant bien que mal au soleil. Il s'agit d'une accumulation de neige dû au relief, même en situation de fortes chaleurs, et toujours sous le seuil des neiges éternelles. Les névés sont précieuses. Leur fonte très lente alimente en eau les plantes et pelouses alentours, permettant à des espèces peu communes dans ce type de milieu de se développer. Le sol de la Chartreuse étant calcaire, c'est à dire composé d'une roche poreuse, l'eau ne s'y accumule que très rarement. La flore que l'on rencontre ici est de ce fait une flore adaptée pour résister à la sécheresse. C'est de là que le massif tient son nom de désert vert.

DSCN3737Entre les pierres, pousse des touffes de poygale (Polygala sp). Avec plus de 1750 espèces, il est bien difficile de l'identifier. La plupart du temps, il faut se pencher sur la forme des feuilles et la composition des fleurs. On ne ferra cependant pas l'erreur de se fier à leur couleur, celle-ci pouvant varier du bleu au rose dans une même espèce.

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Il faut à la fois regarer la rosette basale, et les feuilles sur les tiges. Ici il pourrait peut être s'agir du polygale des Alpes (Polygala alpestris) comme tout autant d'autres. Je n'ai hélas pas trouvé d'inventaire botanique complet de la zone pour m'aider, bien qu'elle soit calssée Natura 2000, un statut européen qui vise la préservation du milieu. Néanmoins on trouve quelques informations qui ne manquent pas d'interêt, notament sur la présence du lynx boéréal (Lynx lynx) dans le secteur, l'animal pouvant avoir un très grand territoire.

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Des pensées ... des pensées à perte de vue sous formes de tapis dans la pelouse rase. Il s'agit ici de la pensée des Alpes (Viola calcarata), typique des prairies alpines et poussant après la fonte des neiges. Violines, blanches ou jaunes, on les reconnaît à leur long éperon et les pétales massif au coeur coloré. C'est une des nombreuses espèces endémiques des Alpes occidentales, chose que j'avais toujours ignorée jusqu'à présent.

DSCN3721Sur un ébouli rocheux pousse une énorme touffe de globulaire à tiges nues (Globularia nudicaulis). L'espèce est peu commune en dehors du Vercors mais reste inféodée aux Alpes. Le massif de la Chartreuse d'un point de vue géologique en reste très proche. De belle taille, elle peut atteinde 25 cm. Les tiges vertes, parfois tirant sur le rouge, portent une grosse infloressence en forme de pompons composés d'une multitude de petites fleurs bleues.

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Une proche cousine pousse non loin de là, la globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia). Nous l'avons découverte pour la première fois ave émotion sur un tallus, dans le village de mes parents. cependant c'est en montagne qu'elle est reine. Pas très grande, sa floraison intervient entre mai et juillet. Résistante, elle pousse aussi bien à 200 qu'à 2200 mètres d'altitudes. C'est surtout dans le centre et le sud de l'Europe qu'on l'a trouve.

DSCN3761Un autre incontournable des sommets, le trolle d'Europe (Trollius europaeus) appelé aussi trolle des montagnes. Espèce de grande taille de la famille des renconculacée, le trolle tire son nom du vieille alemand et signifie "globe". C'est le plus souvent dans les espaces ouverts et humides qu'il pousse. Il est fécondé par de gros insectes comme les bourdons et par une mouche dont les larves se nourrissent des graines.

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Au loin, le paysage s'étant face à nos yeux la Grande Sûre, Chamechaude, la Pointe des fées et bien d'autres. On se sent au coeur de la Chartreuse. L'hiver, le point de vue est tout aussi beau, mais la montée est bien plus hardue. En effet jusqu'à fin mars voire avril, la route est submergée par la neige. Il faut alors enfourcher les raquettes et muscler un peu les cuisses pour gravir les pentes qui soudainement semblent plus abruptes.

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En voilà les premières gentianes qui arrivent. Au premier abords je pensais qu'il s'agissait de la gentiane printanière (Gentiana verna). Erreur ! Il s'agit de de la rare et endémique gentiane du Dauphiné (Gentiana verna subsp. delphinensis), reconnaissable à ses longues feuilles fines. Elle est parfois considérée comme une sous-espèce de la gentiane printanière. On ne la trouve que dans le Dauphiné, ce qui en fait une espèce endémique.

DSCN3744Avec l'abondance de promeneurs, les animaux se font plus que rares. Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) ne sortent pas de leur terrier. C'est le début de la période pour elles qui peuvent broutter avec plaisir les jeunes pousses qui ne sont pas encore brûlées par le soleil.

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Quelques chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) se promènent ça et là, cherchant les restes de pique-nique. Chips, pain et viennoiseries font leur bonheur. Hélas, trois fois hélas, ce sont pour eux de violents poisins. Plumes abîmées inaptent au vol et ne resistant plus aux intémpéris, estomacs abîmés, malformations osseuses des ailes ... les conséquences sont nombreuses.

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Un sommet, 4 tableaux. La diversité de la montagne est incroyable, en fonction du substrat et des expositions, le paysage diffère complétement. C'est à chaque fois gage de découverte, mais cette fois-ci, il faudra se contenter ds grands classiques. Peut être reviendrons-nous l'an prochain en mai-juin pour assister à la floraison des orpins roses appelé rhodiales (Rhodiola rosea) et des rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum).

DSCN3598Retour au pied de la montagne, à l'étage collinéaire. La végétation est bien plus avancée mais reste encore luxoriante. Le tamier commun (Dioscorea communis) commence à fleurir. Les jeunes pousses ne sont plus de ce fait bonnes à consommer car trop riches en saponines.

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Le peuplier tremble (Populus tremula) agite ses feuilles au grés du vent. Il figure parmis mes arbres favoris, tant son feuillage me fascine. Fait amusant, c'est le seul peuplier forestier. De ce fait il est moins gourmand en eau. C'est aussi une espèce dioïque, c'est à dire que les fleurs mâles (chatons gris-rouges) et les fleurs femelles (chatons verts) ne se trouvent pas sur les mêmes individus. C'est par le vent que le pollen se fait, on parle d'espèce anémogame. Le tremble se reproduit aussi par rejets.

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Dans les branches, des orties à longue queue (Aegithalos caudatus) piaillent. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, cela fait longtemps qu'elles ont été séparées de la famille des mésanges par la phylogénie. Présente en Europe, on en compte pas moins 17 sous-espèces. Dans le nord, elles se caractérisent par une tête intégralement blanche. En France, elle est marquée de rose et de noir comme le reste du corps.

DSCN3691 (2)Levons les yeux au ciel. Un jeune circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus) traverse le ciel. Son plumage indique qu'il est dans sa première année. Tout juste revenu d'Afrique, il semble avoir établie son territoire ici. C'est avec le hibou grand duc (Bubo bubo) le plus grand rapace du secteur avec 1,95 mètres d'envergure. À l'échelle de l'Isère, c'est le vautour fauve (Gyps fulvus) qui remporte le duel avec une envergure de 2,80 mètres.

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Les jeunes rouge queue noirs (Phoenicurus ochruros) prennent leur envol sous le regard attentit de leur père. Ce petit insectivore ameles cavités comme celles des murs en pisé de la maison familliale, ils trouvent là de quoi faire leur nid. Les mâles se reconnaîssent à leur tête, ventre et dos noirs alors que les jeuens et les femelles seront grisatre. Chez les deux sexes la queue rousse est bien présente d'où son surnom de queue rousse.

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Les chevreuills (Capreolus capreolus) profitent de la diversité des prairies et des champs de fauche pour se remplir l'estomac. Les faons sont nés. Les plus jeunes restent cachés dans les herbes hautes à attendre leur mère. Les plus vieux commencent à goûter les brins tendres. Nous aurons un peu plus tard dans la saison d'en observer plusieurs qui, bien enhardis, suivre leur mère à grands bonds. Seuls leurs oreilles dépassent de l'herbe.

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Comme toujours, les chats rôdent. Que ce soit ceux de la maison ou du voisinnage, ils se sont appropriés les lieux. Les dégâts ont été limités du mieux possible avec une grande opération de stérilisation des femelles du quartier et de certains mâles qui, pour la plupart, sont sauvages. Si cela n'empêchera pas la capture des oiseaux et autres petits animaux, la castration à le mérite de limiter la multiplication des chats ensauvagés et abandonnés

DSCN3687 (2)Dans la réserve d'eau du voisin, une libellule déprimée (Libellula depressa) dépose ses oeufs à la surface de l'eau. Il faudra attendre trois semaine avant que les larves n'en sortent et une année de plus pour qu'elles deviennent à leur tour des adultes Carnassière, l'espèce se nourrie d'uen grande diversité d'insectes et de petits invertébrés Ici on reconnaît la femelle à son comportement mais aussi sa couleur jaune, le mâle bleu pastel.

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Les champs de céréales commencent à prendre leur belel couleur dorée. Nous guettons de longs instants. Avec un peu de chance, un couple de busard niche peut être dasn le champs. Nous ne vooyns rien mais ne dessépérons pas. Il y a 2-3 ans de ça nous avions pu observer deux mâles de busards Saint Martin (Circus cyaneus) nous survoler au même endroit. Un moment totalement magique que je rêve de revivre.

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Dans les pâtures à vaches, ça grouille tout autant de vie. Une araignée crabe (Thomisidae sp.) postée sur une scabieuse et attent sagement le passage d'une proie tel qu'un papillon. Une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) rôde non loin, et pourrait rapidement faire de son repas la petite araignée. Malheureusement pour elle, elle finira finalement comme proie d'une pie bavarde (Pica pica) postée dans les arbres.

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Sortie noctunre. Nous n'entendrons ce soir là que les chouettes chevêches (Athene noctua) et le battement d'ailes des chauves-souris (Chiroptera). Dans la grange, ce ne sont pas les rapaces nocturnes qui veillent mais les rouge queue noirs. Dans l'herbe, les grandes loches (Arion rufus) s'aventurent en direction du potager à la recherche de plants de salades bien tendre au grand damne de la jardinière qui bien souvent, découvre le massacre au matin, quand il ne reste plus quelques feuilles couvertes de bave et brûlés par le soleil.

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Les  nids se vident déjà, le sureau noir et les géraniums sauvages sont en fleurs et dans les noisetiers, les premiers fruits murissent. Il faudra encore attendre août voire septembre pour s'en régaler. La vie semble foisonner et avec le confinement, nous avons raté bien des observations. Tant mieux pour les animaux qui ont eu un peu de repis même si dans de nobreux départements la casse est restée autorisée malgré le confinement.

Chapitre 2 : les Marais

Redécouvrir les zones humides : la magie de la tourbière de l'Herretang.

Cette tourbière et moi, c'est une vieille histoire d'amour. Je commence à la connaître par coeur et pourtant, chaque sortie est une découverte. Je n'ai pas encore tenté l'exploration de nuit. Peut être un jour. Cela annonce de nombreuses surprise commece soir d'été 2019 où, entre amis, nous avions vu surgir une chevrette et son petit. Tous deux avaient joyeusement pâturés sous nos yeux et ceux d'une buse avant de disapraître dans les buissons.

DSCN4010La tourbière de l'Herretang est une ENS, c'est un Espace Naturel Sensible. Géré par le département, c'est un espace dédié à la protection des espèces et de leur milieu de vie, mais aussi aménagé pour permettre au public de découvrir la richesse de la biodiversité qu'il abrite.

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Située entre Saint Joseph de Rivière et Saint Laurent du Pont, cette tourbière est issue d'un des nombreux glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. La fonte de celui-ci a entraîné la création d'un lac qui au fil des siècles s'est comblé avec le dépôt l'an mais continue de la végétation. En résulte un marais silloné par une rivière, l'Herretang, et de lacs. Ils sont le fruits de l'extraction passée de la tourbe par les habitants locaux, une pratique abandonnée depuis plus de 100 ans.

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Arrêt à l'observatoire. Un grèbe castaneux (Tachybaptus ruficollis) est en vadrouille. Très petit, il en tire son nom, castagneux désigniant le fruit du châtaignier. S'il est reconnaissable à sa couleure brune-rougie, à son bec sombre aux comissures blanches et à sa petite taille, c'est surtout par son cri qu'il matérialise sa présence. Nichant sur la tourbière, les plus chanceux pouvent observer les poussins cachés dans les plantes aquatiques.

DSCN4045Ce mâle merle noir (Turdus merula) à son bec jaune remplit de vers de terre. Voilà de quoi nourrir sa nichée qui peut contenir 3 à 6 petits. eux-ci sont élevés dans un nid fait de brindilles, d'herbes sèches, de mousses et de feuilles qui sont tapissées de boue. La cuvette ainsi construite peut acceullir la ponte. Consitutée d'oeufs vert-bleus mouchetés de noir, elle éclora pour donner des poussins qui quitteront au bout de 12 jours seulement.

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Dans l'eau, de jolies fleurs s'élancent. À gauche, un tapis de nénuphar blanc (Nymphara alba) aux fleurs aux 20 étalescharnus couvre l'étang de ses feuilles maintenues par une limbe orbiculaire. Il est accompagné de fleurs jaunes, celle du nénuphar jaune (Nuphar lutea) dont seules les feuilles flotantes sont visibles, ses feuilles translucides étant immergées. On en compte que 5 pétales charnus sur les fleurs tenues par un solide pédoncule.

DSCN4008En lisière, une discrète orchidée pointe le bout de son nez. Il s'agit de la listère à feuilles ovales (Neottia ovata), une espèce commune mais qu'il faut chercher pour la trouver.

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Entièrement verte, des racines à la pointe des fleurs, elle mesure jusqu'à 60 centimètres de haut. La tige est en son milieu habillé par deux grandes feuilles ovales aux nervures parallèles, signe qu'on est face à une monocotylédone, la grande clade de plantes qui regroupe les orchidées mais aussi d'autres familles comme les aspergacées dont font parties les asperges.  Cette espèce fleurit de mai à juillet et se trouve un peu partout dans les bois clairs, les pelouses humides et les broussailles. Son aire de répartition est immense puisqu'elle couvre l'Eurasie et l'Amérique du Nord tout en y étant indigène.

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Les mâles de libellules déprimées (Libellula depressa) défendent avec ferveur leur territoire. On les reconnaît à leur abdomen bleu, les femlles comme montré plus haut étant jaunes. L'espèce tient son nom de son habitude au repos de tenir ses ailes un peu pendantes, comme si l'insecte était (par antropomorphisme) déprimé. Commune on la rencontre à la fin du printemps et pendant l'été à proximité des zones humides.

DSCN4065Arrivés à la phragmitraie, c'est un véritable concert. Du coeur du marais, des chants s'élèvent un peu partout. SOudain, une locustelle luscinoïde (Locustella luscinioides) chante perchée sur une phragmite australe (Phragmites australis), un pratique typique des mâles. C'est notre toute première observation. Ce petit oiseau est présent plutôt à l'ouest de la France et reste très localisé dans le reste du territoire. Migrateur, on l'observe de mai à aout dans les zones humides composés de joncs et de saules où elle trouve les invertébrés dont elle se nourrie.

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Nous espérions trouver le lézard des souches (Lacerta agilis), mais nous ne verrons ce jour là que le lézard des murailles (Podarcis muralis), ce qui ne va pas sans nous déplaire. Certains d'entre eux sont énormes, laissant penser qu'ils ont fait un très bon repas ou plutôt, qu'il s'agit de femelles gestantes. Ces dernières sont à la recherche d'un sol meuble pour y pondre leurs oeufs. Il faudra 4 à 11 semaines pour voir les lézardeaux émerger.

DSCN4021La floraison des iris des marais (Iris pseudacorus) bat son plein. Avec une grande taille dépassant parfois plus d'un mètre et de longs rhizomes, la plante est équipée pour faire face aux forts courants quand elle pousse sur les rives des torrents et rivières. Néanmoins c'est dans les marécages et les bords de lacs que cet iris sauvage est le plus courant. Les fleurs jaunes s'observent d'avril à juillet. Bien que belles, elles ne dégagent aucunes odeurs. Présent en Europe, en Afrique du Nort et au Proche Orient, il s'est depuis naturalisé en Nouvelle Zélande, en Amérique du Sud et du Nord. Les feuilles étant toxiques, même sèches, cela peut entrainer des soucis pour le bétail nourrie avec du foin produit dans les zones humides. Supportant bien la pollution, l'iris des marais est utilisé dans la création de filtres de phyto-épuration pour ses capacités captatrices, en particulier pour tout ce qui touche à l'eutrophisation.

DSCN4040Dans les airs, des dizaines de caloptéryx vierges (Calopteryx virgo) s'élèvent. Les mâles présentent des ailes et corps bleus, tandis que les femelles sont d'un cuivré métalisé avec toujours des ailes colorées mais restant translucides. Aimant les cours d'eau rapides et bien ombragés, ces caloptéryx semblent apprécier l'Herretang, la rivière fortement arborée qui longe la troubière et qui l'alimente en partie en eau.

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Les mâles défendent leur territoire en se posant sur un végétal en hauteur. Dès qu'un concurrent passe par là, même d'une autre espèce, c'est une course-poursuite qui s'entâme. Les mâles les mieux placés sont assurés de trouver une ou plusieurs partenaires. Très commun, le caloptéryx vierges se trouve partout en France excepté en montagne mais aussi dans le reste de l'Europe (surtout dans le sud occidental) et au Proche Orient.

DSCN4099Les femelles peuvent pondre jusqu'à 300 oeufs sur la végétation à la surface de l'eau. Elles peuvent alors se faire happer par les poissons. Il faut attendre 2 semaines pour les voir éclore. Les larves qui en sortent vivent alors une à deux années dans l'eau, entre les racines et les tiges, à chasser les petites animaux grace à leur mandibule qui peut se détendre en moins d'une seconde. Petits insectes, crustacés d'eau douce et même jeunes tétards, rien n'échappe à leur instinct de chasseresse et leur grand appétit. Quand l'hiver arrive, elles s'enfoncent dans la boue et la vase, tandis que les adultes meurent aux premiers froids. À la fin du printemps, les larves arrivées à maturité sortent de l'eau en grimpant sur une grande tige. Elles sortent alors que leur exuvie pour devenir une libellule et déployer leurs ailes. Elles restent de longues heures au soleil pour sécher leurs ailes et les déployer. Elles sont alors particulièrement fragiles à ce moment là. Bien souvent, leurs couleurs sont peu marquées dans les premiers jours, ce qui permet aisément de savoir si on se trouve avec un adulte ou non. Ici c'est un caloptéryx tout juste envolé.

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Un autre prédateur guette : la grenouille verte (Pelophylax sp). Il ne s'agit pas d'une espèce à part entière mais d'une clade regroupant plusieurs espèces très proches les unes des autres et qui s'hybrident sans mal. Un vrai casse-tête quand il faut les identifier pour mener l'inventaire des amphibiens d'un secteur. Sacs vocaux, forme des paupières, taille, motifs et couleurs du corps ... les critères sont nombreux et pas toujours des plus fiables.

DSCN4077Dans les lacs formés à la suite de l'extraction de la troube, des poissons ont été introduits, soit par l'Homme, soit par les crues de la rivière toute proche. Ici il pourrait s'agire d'une chevesne (Squalius cephalus) ou d'une espèce proche aux nageoires rouges comme le hotu (Chondrostoma nasus). Ils font le bonheur des hérons et des quelques grands cormorans qui sont de passage dans le secteur mais qui n'y restent jamais très longtemps.

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Mon bien-aimé n'est pas sortie d'affaire, avec toutes ces observations, il faut prendre un sacré moment pour tout rentrer dans l'application faune-isère appelée aussi Naturalist. Ce site de sciences participatives permet à tout à chacun d'entrer ses données pour permettre aux chargés d'études et associatiosn naturalistes de mieux connaître les espèces présente. Petit bémol, il n'est pas forcément simple ou adapté pour les novices.

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Comme l'an dernier, nous remettons la main sur une jolie population de mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa). Ces champignons à l'odeur de farine et de couleur crème sont assez prisés. Poussant au printemps, ont les trouvent souvent dans les champs et les prés, de préférence là où l'herbe est haute, à proximité des ronciers ou de la lisière. Comestible, certains l'aiment blanchi à l'eau là où d'autres le consomment grillé.

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Les rosacées comme les églantiers ou les ronces sont en fleurs. Je me demande à quoi doit ressembler le paysage de fin d'été / début d'automne dela tourbière avec tous les fruits charnus qu'offrent ces buissons. Les osieaux, en particulier les migrateurs comme les fauvettes doivent s'en donner à coeur joie. Les loirets, les muscardins et les écureuils ne doivent pas être en reste non plus. Le spectacle doit être sublime à voir.

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Nous quittons la tourbière et la rivière de Herretag sous le regard d'une buse variable (Buteo buteo). Bien que commun, j'ai toujours grand plaisir à voir voler se rapace dont l'envergure frôle les 1 mètres 30, ce qui en fait un oiseau de belle taille. S'adaptant à une large diversité de milieux, elle peut aussi bien chasser des rongeurs que de petits oiseaux ou même des grenouilles. En cas de disette, elle se tourne vers les insectes et les vers de terre.

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Nous faisons un rapide saut à l'étang de Saint Sixte. Pétrie de légendes, le lieu abrite un lac et un marais alcalin, chose assez peu commune dans le secteur. En nous garant quand le hammeau nous avons le loisir d'observer les nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). Une gorsse population niche ici sur les maisons et le clocher de l'église. Le soir, on peut les observer pêcher à la surface de l'eau les insectes émergeants de leur mue.

DSCN4136Saint Sixte, lieu de légendes mais aussi des nombreuses parties de pêches que nous venions faire ici en famille dans mon enfance. Parmis les histoires véridique ou non, il est dit que se sont les pères chartreux qui l'ont creusé, qu'il est réli au lac d'Aiguebelette par une rivière souterraine, que des véhicules de la 2GM y reposent, que par un hiver très froid un cheval de trait et sa charge y auraient sombré ou encore, qu'à minuit pile on y entend un chien noir hurler à la mort. De quoi faire frissonner les pseudo chasseurs de fantômes en mal de sensation qui s'aventurent parfois dans la maison forte qui se trouve à proximité dans la forêt.

DSCN4130Sur le tronc d'un vieille arbre tombé à l'eau, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est à l'affût. En 28 ans, c'est la première fois que j'en croise un ici et j'en suis complètement ravie, d'autant qu'il a de quoi se remplir la pense avec toutes les espèces invasives qui ont été introduites ici. Poisson chat, écrevisses américaines, perche soleil et même silure, il y en a pour tous les goûts.

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Certains verrons d'un mauvais oeil l'arrive de se concurent de pêche, mais les chiffres sont clairs, 81 à 96% du poisson consommé par le grand cormoran ne l'est pas par l'Homme. Il n'y a de ce fait pas de quoi partir en guerre contre l'emplumé. La question devient plus complexe cependant quand il s'agit d'étangs surempoissonés, notamment pour la pêche sportive ou dans les pisciculture où la diversité des espèces n'a rien à voir avec ce que devrait être un peuplement piscicole. Dans ce cadre là, plutôt que d'incriminer l'oiseau, le plus simple est de mettre en place des installation pour limiter les dégâts, les tirs ne faisant que laisser la place libre à de nouveaux individus sans jamais régler le problème durablement.

DSCN4151Encore un changement de décor ! Nous voilà dans le marais de Saint Geoire en Valdaine, dont une partie fait partie de l'ENS des marais de Chirens. La zone est même classée en Natura 2000 comme le charmant Som. Nous n'avons jamais vraiment pris le temps de le visiter à cette période de l'année et nous prenons plaisirs à déambuler sur les sentiers longeant l'Ainan. Ce cours d'eau donnant son nom à la commune serpent en fond de vallée. Canalisé sous Napoléon 1er pour assainir la zone, il est alimenté par un canal creusé pour permettre aux terres de ne plus être constement immergées, laissant ainsi la possibilité aux habitants de cultiver les céréales. Parmi le cortège végétal, on trouve l'épiaire des bois (Stachys sylvatica). Parfois confondue avec les orties, elle n'en a ni les caractères urticants, ni le goût. Comestible, les jeunes somitées encore non fleuries peuvent être consommées crues ou en salades. Celles-ci ont un léger goût de cèpe ou du moins de champignons séché. Personnelement je la trouve délicieuse en soupe ou croquée sur le pousse en sortie. Les feuilles peuvent être consommées comme des légumes une fois blanchies à l'eau. Pour la récolter, il faudra s'y prendre avant juin, date de début de floraison de l'espèce. Il faudra également explorer les lisisères, les bords de chemins des bois frais et humides, les bosquets et les fossés ombragés, de préfèrence là où le sol est basique voire neutre.

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Toujours en lisière, voilà qu'un imposant sureau noir (Sambucus nigra) nous donne à sentir ses fleurs. Espèce pionnière, l'arbuste pousse là où le sol est mis à nu. Il se fait parfois rattraper au fil des années par d'autres essences dont des arbres de bois tendre qui finnissent par le couvrir de leur ombre et le faire périr. Les fleurs en beignets sont très appréciées. Les frutis plaisent aussi bien aux oiseaux qu'aux hommes. C'est sous forme de sirops et de confitures que les baies sont le plus souvent consommées. Il est aussi un très bon support pour l'oreille de judas (Auricularia auricula-judae), un champignon cousin des champignons noirs chinois.

DSCN4166Tiens, voilà un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui porte plutôt bien son nom. Minuscule, il pèce entre 8 et 16 grammes, soit en comparaison l'équivalence d'une à deux cuillères à soupe de farine. Celui-ci, le bec plein de mousse, est tout occupé à confectionner son nid. Avec un si petit oiseau à l'envergure de 15 à 17 centimètres, on peut peiner à imagine la taille des 5 à 7 oeufs rougeâtres qui y seront pondus.

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La couvaison dure deux semaines, et il faudra à peine plus de temps pour que les oisillons prennent leur envol pour quitter le nid rond caché au pied d'un arbre ou d'une souche dans la végétation. Le mâle en construits plusieurs au début du printemps et la femelle choisie celui qui lui plaît le mieux pou rinstaller sa famille.

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Juste au-dessus, le plus petit oiseau d'Europe est en observation. Il s'agit du roitelet triple bandeau (Regulus ignicapilla), qui avec ses 5 à 7 grammes est plus léger qu'une pièce de deux euros. Son chant est extrêmement dur à perçevoir, en particulier quand on a plsu de 25 ans, âge auquel une partie du spectre sonore est de moins en moins audible. Reste alors à chercher du regard dans les branches cette miniscule boule de plumes.

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Pour le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), il est l'heure de franchir le pas de l'autonomie. Ce tout jeune individu est encore nourrie sur une branche par ses parents mais devra apprendre très vite à se débrouiller seul. Il n'a pas encore la gorge rouge-orangé caractéristique de son espèce mais un plumage brun discret qui lui permet d'échapper au regard de ses prédateurs pour peu qu'il sache se faire discret.

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Je n'ai pas pu la voir en fleur cette année hélas et il ne me reste que son vert feuillage pour me consoller. L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est l'une de mes plantes préférées. Sa réputation de fleur de serpent ou d'herbe au fous vient de sa toxicité et de l'usage que les grecs antiques en faisait pour soigner la folie. Bien souvent le remède était pour le patient pire que le mal est pouvait mener à la mort ou à des crises de colique.

DSCN4206Des aspergettes !!! Je ne savais que sur la commune je pouvais en rencontrer. Moi qui aime tant ça, je m'apperçois que dans mon village d'enfance elle est présente. La plante est le plus souvent connue sous le nom d'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) mais surtout d'asperge des bois, bien qu'elle n'en soit pas une.

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Excellente comestible, à la manière d'un légume vert, il faut se montrer raisonnable sur sa récolte. En effet l'espèce est protégée dans de nombreux départements et régions ou/et soumise à réglementation. Aussi bonen qu'elle soit, la cueillette n'en vaut la peine que si la plante est abondante et non menacée. Il serait triste de s'en priver dans le futur à la manière dont cela est le cas pour d'autres espèces comme le sabot de Vénus.

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Les champs commencent à dorer. Alimentés par l'Ainan, ils seront récoltés très bientôt. Blé dur, avoine, orge et seigle, parfois un peu de maïs, on observe une belle diversité et j'ai toujours plaisir à voir que le lobby du maïs n'a pas encore transformé le paysage. La biodiversité, c'est aussi la multitude des cultures et des semences, même si on  tendance à observer ici qu'i lest rare de croiser plus de 2 ou 3 types de cultivars par espèce cultivée.

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Les champs font figure d'observatoire à rapaces. Les thermiques (vents chauds) qui s'y forment les aident à s'élever dans les airs sans peine pour au choix, observer les alentours pour chasser ou alors pour atteindre un point plus rapidement, particulièrement en période de migration. Ce jours là nous croiserons de nombreuses buses variables (Buteo buteo) et quelques jeunes milans noirs (Milvus migrans).

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Nous quittons le marais de Saint Geoire en longeant le mur qui sépare le cimetière du chemin. Au sommet d'un tombeau familliale, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) chante. Il se différentie de la femelle par ses couleurs flamboyantes et les notes qu'il laisse échapper de son bec. Très répandu, on le rencontre essentiellement dans les zones plus ou moins boisées où il trouve des larves, des insectes, des graines et des bourgeons pour se nourir.

DSCN4223Nous sommes sur le départ. Néanmoins nous prenons le temps d'un après-midi pour découvrir une autre facette du Natura 2000 de l'Ainan, en partant cette fois du côté de Chirens à travers l'ENS du marais du même nom. Le site ne paye pas de mine et pourtant, il est un trésor fabuleux. Il y a 12 000 ans de cela, la lieu était un immense lac devenu aujourd'hui une tourbière. Bien plus tards, des celtes aux nom d'Alobroges sont venus s'intaller sur les collines alentours. On peut encore trouver les traces d'habitats collectifs si on s'aventure dans les bois. Pour en revenir au site, il est fort précieux pour des espèces rares et protégées dont la liparis de Loesel (Liparis loeselii), une orchidée discrète. Un projet routier à longtemps menacé le marais, et après maintent manifestations et recherches de solutions, aucune route ne prendra place ici mais un grand pont qui désengorgera le coeur du village des voitures.

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Côté végétaux, deux grands classiques pointent le bout de leur nez : le phragmite austral (Phragmites australis) appelé aussi le roseau commun et le sureau noir (Sambucus nigra). L'un comme l'autre sont précieux aux oiseaux. Ceux-ci y nichent, y trouvent de quoi se nourrir et s'en servent comme perchoir pour attirer les femelles et défendre leurs territoires par le chant. Le cas échéant et s'il le faut, cela peut se faire à coups de bec et de griffes.

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Nous arrivons au complexe des mares, où un observatoire nous permet d'admirer les animaux sans les gêner. Au milieu des plantes aquatiques, des dizaines de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris). Ceux-ci se reconaissent à leur ventre orange vif. Pour différencier mâle et femelle, il faut recarder le profil de la queue. Chez monsieur, elle se termine de manière effilée là où chez madame elle prend fin de manière abrupte.

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C'est le retour de la grenouille verte (Pelophylax sp). La mare en est remplie. C'est un vrai concert. L'enjeu pour les mâles chanteurs ? Séduire une femelle afin de féconder les oeufs. Chez les grenouilles, la reproduction est externe. Le mâle aggripe solidement la femelle par les aisselles et féconde la guirlande d'ovocytes (ovules) de la femelle. Ces derniers deviennent alors des oeufs qui donneront des têtards 7 à 16 jours plus tard.

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Un petit lézard des murailles (Podarcis muralis) bronze tranquillement. Les mâles à la saison des amours prennent un joli ventre orange, comme pourrait l'être celui d'un triton alpestre. Néanmoins les deux animaux ne sont pas affiliés et les similitudes s'arrêtent là. Là où le triton appartient à la famille des amphibiens et vit en milieu aquatique, le lézard appartient à celle des reptiles et aime les zones ensolleillées et vit sur la terre ferme.

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C'est le grand bal des libellules. Ne vivant pas plus d'une année, souvent même quelques mois si entre temps elles ne se font pas becter, leur objectif est simple : se reproduire au plus vite. À la manière des oiseaux, les mâles défendent un territoire de reproduction, parfois même un territoire de chasse.  Féroces prédatrices à la même manière que les larves, se sont de véritables tigres des airs qui s'attaquent à de gros insectes.

Chapitre 3 : Le lac.

Pour prendre un peu de fraîcheur en pleine été : passage par le lac d'Aiguebelette.

DSCN4316Nous voilà côté Savoie, à Aiguebelette, lac mythique et parmi les plus chauds d'Europe, ce qui lui vaut à la belle saison de voir ses berges noircir de monde. L'été n'est pas encore là mais il serait presque possible de se baigner tant le soleil tape fort, d'ailleurs certains s'y essayent. Nous sommes tout début juin. C'est la fin du printemps, un temps que nous n'avons pas véritablement connue cette année. Le lac est celui de mon enfance, là où adolescente je passais tous les étés avec les copines à bronzer, à faire du pédalo et à pique-niquer. Aujourd'hui nous y sommes entre amis pour en découvrir la faune et la flore. Le restau-buvette est fermé et sa terrasse devient un observatoire du quel nous pouvons poser notre longue-vue avant de nous aventurer sur la plage. Des grèbes, quelques cygnes et goléands, l'avifaune n'est pas au rendez-vous mais rien de grave, car il y a bien d'autres choses à voir ici.

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Les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) ont profité de l'absence de touristes et de promeneurs locaux pour nicher dans la toiture de la terrasse. Une dizaine de nids constitués de boue et de brindilles. Construie en forme de vasque, il sera employé pendant plusieurs années et rafistolé à chaque retour de migration. 4 à 5 oeufs roses tâchetés y seront pondus. Les oisillons qui en sortirons seront autonomes au bout d'une vingtaine de jours.

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Cette espèce se différencie facillement des autres hirondelles de par ses cris de contacts mais surtout par sa gorge rouge, son collier, son dos et sa tête noir ainsi que son ventre blanc crème. En France, on ne peut las confondre qu'avec une autre espèce, assez rare et localisée dans le sud, l'hirondelle rousseline (Cecropis daurica) qui ne possède pas de collier noir ni de gorge rouge mais une nuque rousse et le croupion crème.

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Présente presque partout dans le monde, l'hirondelle rustique en se trouve en France qu'entre mi-mars pour les plus précoces et fin sptembre pour les plus tardives. Cette sur cette période qu'elle entame sa reproduction avant de rejoindre l'Afrique sub-tropicale, certaines pouvant aller jusqu'en Afrique du Sud. En Inde, en Egypte, en Chine ou sur l'Equateur, certaines populations sont grégaires et ne migrent plus comme leurs consoeurs.

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Un peu d'histoire sur le lac. Il s'agit ici du 7e plus grand lac naturel de France, fruit de dépôts de sédiments à l'ère de dinosaures, quand la région n'était alors qu'une vaste mer aux températures tropicales. Vient alors l'ère tertiaire, avec l'élévation des montagnes qui formes la valée puis l'ère quaternaire avec l'appartion de grands glaciers qui par leur travail creuses la cuvette du lac qui se remplir avec l'eau de leur fonte. Aujourd'hui, c'est avant le Tier, un petit cours d'eau, qui est son alimentation principale et lui permet de se maintenir en eau, bien que le niveau baisse à vu d'oeil d'année en année, entraînant à chaque fois le recul lent mais certains des roselières.

DSCN4325Il faut savoir que de manière naturelle, la plus part des lacs sans intervnetion humaine voient leur niveau d'eau fluctuer au fils des saisons. Pour limiter les crues et autres innondations, celui-ci est maintenu stable pour éviter toute mauvaise surprise mais aussi pour tirer au mieux profit de cette ressource. Ce qui inquiète ici, c'est que peu à peu ce niveau d'eau descend sans jamais revenir à son point initial. Cela pose soucis à la végétation qui en dépend et qui fini par dépérir dans les zone où l'eau ne vient plus, réduissant ainsi les habitats naturels dont ceux de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) du lac. Nous avons changé de rivage pour les observer. Il est aisé de voir qu'ee moins d'une décinie, le lac à perdu 60 centimètres. C'est un vrai problème écologique mais aussi historique, cette baisse métant comme pourle lac de Paladru, les vestiges humaines en bois et préservés du temps jusqu'à lors par les eaux. En se retrouvant à l'air libre, leur dération reprend et c'est ainsi que l'on perd un pan de notre histoire.

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Nous sommes tout au nord du lac, à une dizaine de kilomètres de Chmabéy. Poutant, ici c'est la pleine natue si on exclu le passage non loin de l'autoroute et le grand parking acceuillant les cyclistes (le tour du lac est en grande partie longé d'une piste cyclabe) et des kayakistes. Cachés sous les arbres, nous pouvons admirer d'assez prêt le vol d'un milan noir (Milvus migrans) et d'un héron cendré (Ardea cinerea) cherchant un peu de tranquilité.

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Enfin, nous arrivons dans une crique calme et discrête, le lieu parfait pour faire de l'affût à une exception prêt : les mosutiques. Nous nous en sortons avec de nombreuses piqûres et notre aùie avec une main gonflée, de quoi être découragés de passer un moment au bord de l'eau. Quelques animaux profites des bancs vaseus maiis il faut se rendre à l'évidence : c'est l'hiver que le secteur à le plus d'intêret si on souhaite faire de belles observations. Cependant nous somems tirés pendant un instant de nos pensées par le passage et les cris d'un magnifique martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) femelle bine trop dynamique pour se laisser prendre en photo.

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Non loin de là, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) en plumage nuptial est occupé à plonger. Carnassier, cet oiseau se nourrie surtout de petits poissons, d'insectes et de larves qu'il attrape soit dans l'eau, soit en fouillant la vase et la végétation auqatique dont les racines d'arbres. Quand le période de reproduction s'achève, il perd sa belle colerette de plumes noires et rousses pour retrouver des tempes blanches et une calotte noire.

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Avant de quitter le lac, nous nous arrêtons à l'estuaire du Tier qui se trouve sur le sentier du retour. Parmi la végétation et les arbres tombés suites aux neiges de l'hiver, une famille de canards colverts (Anas platyrhynchos) se repose sur un tronc immergé. C'est là que la camouflage des cannetons prend tout son sens. Nous avons bien du mal à les voir, malgré leurs cris et leur agitation. On peut alors imaginer la peine qu'un prédateur venu du ciel peut avoir pour les repérer, même pour l'oeil aiguisé d'un rapace.

DSCN4334Changement de décor ! Nous revoilà dans la plaine de la valdaine. Le weekend nous semble si court, il y a tant à faire et à voir ! Nous partons entre amies explorer la forêt toute proche. Nous avons pour obsjectif de tremper les pied dans l'Aigueblanche. Long de 5,4 kilomètres, il relie les communes de Saint Geoire en Valdiane et de Merlas. Pour un peu d'éthymologie, le terme Aigueblanche définiti un ruisseau riche en clacaire et transformant en tuffe les plantes et sédiements entrant en son contact. De se fait la gorge où serpente l'Aigueblanche donne m'impression quand on s'y promène d'arpenter une caverne à ciel ouvert, carverne à laquelle s'ajoute de nombreuses cascades. Enfant, j'ai pu beaucoup arpenter la rivière, jusqu'à l'inondation de 2002 rende beauoup moins accessibles ses rives. Cependant chez nous nous ne parlons pas d'aller à l'Aigueblanche mais au Ga'blanc ou encore au Ga(r)blanc. Il y a peu de traces de cette allocution, celle-ci pourrait venir du celte allobroge "bois" ou "bois sacré". Ainsi quand on va au Ga'blanc, on va au bois blanc ou au bois sacré blanc. De quoi faire naître dans notre immaginaire bien des légendes. Bien d'autres hammeaux et lieux-dits tirent leur nom des anciennes langues celtiques parlés jadis ici.

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Une chevrette (Capreolus capreolus), la femelle du chevreuil, broutte tranquillement. Au premier coup d'oeil elle semble seule et pourtant ... deux adorables faons sautent de part en part autour d'elle. Ils sont vivaces mais bien petits, leurs oreilles dépassent à peine des herbes hautes et nous peinons à les voir malgré leurs nombreuses tâches blanches qui tranchent avec le vert ambiant. D'ordinaire, une chevrette met au monde un petit, et la gémellité sans être rare reste peu commune à l'espèce bien qu'elle soit fréquente dans le secteur.

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Quand elle est sur le point de mettre bas ou accompagnée de son ou de ses petit(s), la chevrette va adopter un comportement solitaire voire farouche. L'hiver par contre, elle peut se regrouper avec d'autres chevreuils pour former de petits hardes d'une dizaines d'individus. Dans le Grand Est, où la population est relativement importante vis-à-vis du territoire, les individus peuvent se ressembler en des troupes de 20 à 35 animaux.

DSCN4350 (3)Au détour du chemin des forestiers, un éclair bleu et vert file devant nous pour se réfugier dans les herbes du tallus. Il s'agit du lézard à deux raies (Lacerta bilineata), anciennement appelé lézard vert, espèce dont il a été discocié depuis. Je suis plus ravie que d'ornidaire d'en rencontrer un car cela fait depuis mes 13 ans que je n'en ai pas vu ici, autant dire une bonne quinzaine d'années. Si au premier abord il semble commun, il faut savoir qu'on ne le trouve que dans quelques pays d'Europe occidentale comme le nord de l'Espagne, le sud de la Suisse ou encore l'intégralité de l'Italie et de la Sardaigne. En France il est absent dans une partie du Nord Est. Facile à reconnaître, il se démarque par sa grande taille, ses écailles vertes mouchetées de noir et sa gorge bleue pour le mâle. Les juvéniles ont deux bandes brunes ou blanchâtres sur le dos ce qui vaut à l'espèce son nom de lézards à deux raies. On le nom également lézard vert occidental ou lézard à deux bandes.

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Nous quittons la prairie pour rentrer dans le bois. Dès notre arrivée nous avons une belle suprise. Devant nous se trouve la loge d'une famille de pics épeiches (Dendrocopos major). Celle-ci est occupée. C'est le cri des petits à l'arrivée des parents avec de la nourriture qui a attiré notre attention. C'est la toute première fois que j'ai l'occasion d'observer ce spectacle pour cette espèce, ayant par le passé déjà observée de tous jeunes oislilons de pics noirs (Dryocopus martius) et de pics verts (Picus viridis) êtres nourrient au nid.

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Un rosier pousse dans une trouée ensolleillée. L'identification des rosiers sauvage est toujours très difficile et j'ai eu bien du mal pour celui-ci. Mon choix n'est pas arrêté, mon coeur balance entre le rosier des champs (Rosa arvensis) qui croît en milieu forestier un peu partout en France, et avec le rosier à styles agglutinés (Rosa stylosa) qui aime les sols argilo-calcaires ensoleillés. Cependant, ce dernier est absent en Isère. Voilà le choix fait.

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Nous arrivons au torrent et retrouvons le vieux sentier emporté par l'innondation de 2002. Il semble avoir été réabilité. Nous décidons de l'emprunter pou voir jusqu'où il mène. Nous voilà donc à longer les cascades, les ruisseaux et les pentes abruptes. Par endroits, le chemin laisse place à d'épais buissons de ronces sur lesquels nous nous aggripons les manches. Tout ce qui croise notre regard à des traits de vanités. Une boîte cranienne de chevreuil fait face à la belle et vénéneuse ancolie commune (Aquilegia vulgaris), une image digne d'un tableau.

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L'épisode forêt se termine déjà. En arrivant à la lisière nous tombons sur une espèce qui m'est totalement inconnue. Après avoir longuement cherché, je suis tombée sur l'astragale réglisse (Astragalus glycyphyllos) et je suis rassurée par le fait qu'elle soit indiquée comme présente dans le secteur selon la base de donnée de l'INPN. Cette plante à fleurs peut faire jusqu'à un mètre de haut et se développe sur les sols riches et plutôt secs.

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Avant de nous aventurer en direction de l'Aigueblanche à nouveau, nous observons une buse variable (Buteo buteo) qui nous survole. Cette espèce s'adapte à une grande variabilité de milieux. En effet elle figure parmi les rares prédateurs à pouvoir s'accomoder aussi bien des plaines céréalières cultivées en intensive que des bocages traditionnels où les pâtures sont séparées les unes des autres par des haies. Celle-ci semble avoir perdu une rémige sur l'aile gauche. Avec un peu de chance nous tomberons dessus.

DSCN4371Nous voilà dans les gorges étroites de tuffe du torrent. Le lieu m'a toujours faciné et semble faire office de lieu de rituel plus ou moins glauques. Enfant avec l'un de mes frères, nous avions trouvé un porc égorgé sur le filet d'eau. Autant dire que nous avons détalé sans demander notre reste.

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Quelques années plus tard, c'est une poule blanche sans tête qui prennait place au même endroit, avec à quelques lieux d'elle quatre crânes de renards posés à la même roche. Depuis, et heureusement, je n'ai pas eu à nouveau de telles mésaventures. L'endroit reste splendide pour se baigner, observer le cingle plongeur (Cinclus cinclus) qui niche ici ou juste se rafraîchir en admirant le filet d'eau.

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Nous en sommes à plus de 3 heures de marche et de nombreux kilomètres. Il est temps de faire une pause à la maison familliale. Sur le retour, en longeant la route goudronnée, nous prenons le temps de regarder le flore des tallus. Deux espèces s'illustrent superbement. À gauche, l'orchis de Fusch (Dactylorhiza fuchsii) qui se différencie des autres orchidées du genre Dactylorhiza par son labelle très étroit. À droite, la digitale jaune (Digitalis lutea). Elle pousse, à la différence de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), sur les sols calcaires, souvent à à l'étage collinéaire. Très toxique, elle était utilisée autrefois pour soigner les problèmes cardiaques.

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C'est la fin de journée. Nous montons au lac de Saint Sixte. Les hirondelles sont en forme et piaillent dans tous les sens. Les promeneurs sont nombreux. Quelques baigneurs se chamaillent et tentent la plongé bien que le lieu soit interdit à la nage. Les pêcheurs les regardent d'un mauvais oeil. Les vagues et les cris ont fuir les poissons dans le fond et entre les herbiers. Ils ne sont alors plus réceptifs aux appâts et hammeçons lancés dans l'eau.

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Nous fillons comme la dernière fois à la tourbière de l'étang. Les iris des marais (Iris pseudacorus) sont en pleine floraison, fleurissant de jaune les berges des canaux. Emergeant à la surface, les hampes et les feuilles des trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) montrent que l'espèce n'est pas encore prête à fleurir. Protégée, elle n'a rien à voir avec la famille des trèfles, les Fabacées, mais avec celle des Ményanthacées.

DSCN4388Nous prenons un peu de hauteur. Depuis la colline qui surplombe Saint Sixte, nous avons une vue superbe sur le vol des rapaces, sur les montagnes et sur une grande partie de la commune de Saint Geoire en Valdaine. De-là, il est possible d'observer l'un des 7 châteaux du village dont la moitié sont en réalité des maisons fortes. Certaines ont joué un rôle important pendant la révolution en protégéant les bien de l'Eglise et de la royauté, d'autres dans l'éducation des filles de la grande noblesse fançaise. Un héritage qui peut se visiter à travers le sentier des 7 châteaux. Ce sentier passe l'église du village. Classée, elle fût hérigée entre le XIVe et le XVe siècle sur l'emplace des ruines d'une église du XIIe siècle, date à laquelle fût églamenet hérigée l'église de Saint Sixte dont les fondations prennent leurs bases sur un ancien temple romain dédié au dieu Bacchus. Plus tard, les pères chartreux prendront possession du lieu en créant les étangs de pêche de Saint Sixte et celui des Charteux situé à quelques lieux plus loins.

DSCN4395Nous voilà le dimanche matin, nous n'avons plus que quelques heures avant de retourner à Lyon. Nous sommes très motivés à mettre à profit le temps qu'il nous reste avant de partir. Avant d'enfiler les chaussures de randonnée, nous prennons le temps de regarder le bassin du jardin. Un superbe nénuphar ornemental (Nymphaea sp.) est en pleine floraison. Sous ses larges feuilles, deux jeunes perches soleil (Lepomis gibbosus) se mettent à l'abris de la chaleur.

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Nous voilà de retour au marais de Saint Geoire en Valdaine. Dés l'arrivée nous sommes aceuillis en grande pompe. Une énorme couleuvre vipérine (Natrix maura) sort de l'eau et part s'abriter entre les racines d'un aulne glutineux (Alnus glutinosa). Quand il s'agit de serpents, c'est toujours la panique pour bien des personnes et pour l'animal, l'issue est hélas fatale. Pourtant les couleuvres sont complétement innoffensives et les vipères, rares et timides, n'ont pas fait de victimes depuis 20 ans en France métropolitaine (hormis chez les spécialistes qui les manipulent). Pour en revenir à notre vipérine, elle tient son nom de ses nombreuses ressemblances avec les vipéres, notament au niveau de la tête triangulaire et de la queue épaisse.

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La vipérine se nourrie essentiellement de poissons et parfois d'amphibien. Ce mulot (Apodemus sp.) de ce fait n'a pas été victime du serpent qui se dore la pillule non loin de là. Il est plus probable que la cause de sa mort soit l'innondation de sa galerie par l'Ainan et/ou par la pluie des jours précédents. Ici on peut reconnaître le mulot à sa longue queue et à ses oreilles rondes. Pour l'espèce, il faudra regarder du côté des dents, chose difficile ici.

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Nous voilà à nouveau devant les grenouilles vertes (Pelophylax sp.). En rive de marais, elles se dissimulent dans la végétation et sautent à l'eau à la moindre alerte. Comme le montre les images, les grenouilles vertes ne sont pas toutes ... vertes. Ici les individus portent une ligne verte sur le dos et les tympans bien marqués, laissant penser que nous sommes en présence de la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus).

DSCN4420Mon frangin et mon bien-aimé sont à l'affût. Nous sommes devant un champ fauché. Des tariers pâtres (Saxicola rubicola) sont à la recherche d'insectes en famille autour des bottes de paille. Des bergeronettes grises (Motacilla alba) suivent la même démarche.

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Pour ma part je suis peu attentive. La lisière est un formidable terrain de jeux pour moi. Mon pauvre Thomas en fait les frais. Le gaillet gratteron (Galium aparine) est une plante collante par sa multitdes de poils aggripants. Clea permet à la plante de se faire transporter avec ses graines sur de longues distances par les animaux qui s'y frottent. Manque de pot pour ce gaillet, c'est sur un humain qu'elle est tombée. Cela aurait pu être pire, car comestible, elle aurait pu finir dans une assiette.

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Les insectes sont nombreux. Papillons, scarabées, guêpes, coccinelles, libellules et fourmis, c'est tout un peuple qui grouille sous nos pieds. C'est un monde qui me fascine mais auquel je suis encore que trop peu formée. Néanmoins, mon drôle d'été me premettra de mettre à profit mon temps pour m'exercer aux papillons et aux criquets même si cela reste très léger. Peut être que les semaines à venir seront mises à profit à cela.

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Dans les marais, les fruits des groseillers à grappes (Ribes rubrum) commencent à murir. L'espèce est inféodée aux zones humides et ombragées. On le rencontre partout en France hormis dans le Sud du pays et certaines départements des Pyrénées. Comestibles, on fait de délicieuses confitures des baies. Traditionnellement, elles sont associées au gibier de retour de chasse dans des sauces chasseur ou dans dans les farces.

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Ces fruits font aussi le plaisir des oiseaux. Cependant, ces deux-ci ne sont pas intérréssés par les groseilles à cette période de l'année. Il s'agit à gauche du roitelet triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe. À droite, il s'agit d'une femelle pinson des arbres (Fringilla coelebs) reconnaissable au croupion vert-olive. Pour l'heure, ils se concentrent sur les invertébrés pour nourir leur nichée.

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Le feuillage est bien vert. Bientôt il flétira sous le coup de la sécheresse. Pour la 3e année consécutive, la canicule s'installe en Isère, un record dans l'histoire et qui ne va pas sans changer durablement le paysage. C'est sur ce constat que nous retournons en région lyonnaise, là où tout a déjà grillé et où les pelouses jaunes n'abritent plus beaucoup d'animaux à observer. Heureusement les vergers font forme d'un réservoir en biodiversité riche.

Chapitre 4 : La campagne.

Pas de vacances en vue, juste le plaisir d'une sortie en famille.

DSCN5015Nous sommes le 1er juillet. Nous voilà une de fois de plus en Isère pour un grand rassemblement familliale. Nous enfillons nos chaussures de randonnées pour partir explorer les alentours. Sur une haie toute proche, un rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) prend la pose. Il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à son front blanc qui lui donne son nom. Celui-ci s'adonne à la récolte de fourmis et de petits insectes dans la pelouse pour nourrir les oisillons de son nid qui se trouve un peu plus loin, caché entre deux poutres d'un toit, dans le renfocement du mur. La femelle est plus discrète, avec un plumage brun qui peut entraîner une confusion avec la femelle du rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros). Forestière, l'espèce est le plus souvent discrète voire farouche. Présent parfois dans les jardins, c'est toujours à proximité d'un milieu boisé qu'il s'installe. C'est là qu'il trouve les chenilles et les araignées dont il se nourrit. Migrateur, on le voit partir aux alentours d'août à septembre, souvent par petits groupes.

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Très présent en Eurasie, le rouge-queue à front blanc se rencontre aussi dans une grande partie de l'Afrique, en particulier l'hiver où de nombreux individus venant d'Europe et du Moyen Orient. Ils trouvent là de nombreux insectes pour se nourrir, alors qu'en France ils se font absents à cette période de l'année. Cependant avec les douceurs hivernales, ils sont de plus en plus nombreux à rester et à stroper leur migration.

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Voilà la plus belle rencontre de l'Isère pour cette année avec la couleuvre vipérine (Natrix maura) et l'affût aux renards roux (Vulpes vulpes), qui bien que je n'ai pu le filmer ou photo, reste le plus beau moment de l'année. Il s'agit d'un couple de pies-grièches écorcheurs (Lanius collurio), une espèce fascinante, pas des plus communes et même en forte régression. Brune est grise, la femelle ne porte pas la calotte bleue-gris du mâle et son masque n'est pas noir mais brun. Le bec de l'oiseau est crochu et croisé, lui permettant ainsi d'attraper ses proies.

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Son nom de pie-grièche écorcheur vient de son trait de caractère à accrocher sur les épines des arbustes et sur les fils barbelés les jeunes lézards, les petits campagnols, les sauterelles et les gros insectes dont il se nourrie. Bon constructeurs, le mâle et la femelle réalisent le nid en 4 à 6 jours. Les cris de ce couple laisse penser qu'un nid est en construction ici. Nous n'avons pas pu l'affûter cette année, peut être l'an prochain.

DSCN5022Dans le voisinage, quelques hirondelles rustiques (Hirundo rustica) nichent sous les toitures d'une vieille grange. Deux nids de boue, de paille et de salive sont solidement accrochés au plafond. Enfant, il y en avait un peu partout dans le hameau dont la maison familliale. La fermeture des bâtiments, la rarefaction des insectes, l'emploi d'insecticides puissants et l'homogénéisation des cultures ont conduit en 2 ans à la disparition de la plupart des nids. En 30 ans et en fonction des régions, 30 à 50 % des hirondelles rustiques de France ont disparu. Fort de ce triste constat, il est néanmoins possible d'agir. Les nids et les hirondelles peuvent être ressencés facilement sur l'application pour téléphone Naturalist ou sur le site Faune-France pour ce qui est de l'ordinateur. Un tour de quartier à pied, une balade dans les champs à vélo sont tout autant d'occasion de faire un rapide inventaire des hirondelles d'un secteur.

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Nous partons sur la plaine agricole. Une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) a pris d'assaut les abords. Joyeux lurons, ils font un raffût pas possible dans les buissons, mais sont capables de faire le silence complet au passage d'un prédateur ou d'un troupeau d'humains comme le notre. Ici, il s'agit d'une femelle, le mâle étant doté d'une gorge-noire et d'une calotte d'un brun foncé et non d'un plumage grisâtre comme ici.

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Nous sommes restés presque 30 minutes devant ce buisson, en espérant y retrouver le couple de pie-grièche écorcheur vu il y a quelques semaines, mais surtout, pour nous assurer qu'il ne s'agit pas de moineaux friquets (Passer montanus). Cela fait 2 ans que nous les cherchons sans les trouver. Autre fois commune, l'espèce est devenue rare en France même sa population reconnaît un peu de regain dans d'autres pays. La disparition des campagnes traditionnelles est l'un des facteurs principaux à la raréfaction de cet oiseau.

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Un autre passereau pointe le bout de son bec. Il s'agit du chardonneret élégant (Carduelis carduelis), un oiseau coloré de jaune, de rouge, de roux, de blanc et de noir. Commun dans les milieux boisés ouverts, il n'hésite pas à à se promener dans les pelouses et les champs fauchés pour trouver les graines dont il se nourrit. Exclusivement granivore, il ne chasse des insectes uniquement au printemps, pour nourrrir ses oisillons qui ont pour se développer, besoin d'un fort apport en protéine et de manière rapide.

DSCN5072Changement de décor, nous sommes à nouveau au marais de Saint Geoire en Valdaine. Décidément, nous ne quittons pas ce petit coin de fraîcheur. Nous sommes au carpodrome qui longe la zone humide et qui accueille chaque weekend les pêcheurs dans de grandes compétitions.

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Sur les scrophulaires (Scrophularia sp.), de nombreuses chenilles de  la cucullie des scrofulaires (Shargacucullia scrophulariae) font bonne riplaille. Visibles entre juin et septembre, elles se nourrissent exclusivement de scrophulaires et parfois de molènes (Verbascum). On la reconnaît à sont corps bleu  et à ses taches rondes jaunes et noires. Le papillon adulte ne peut être distingué de la cucullie du bouillon blanc (Shargacucullia verbasci) que par l'examen des parties génitales.

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Un petit cri nous fait tourner la tête. Il s'agit d'une jeune fauvette des jardins (Sylvia borin) qui vient de quitter le nid et qui attend patiemment que ses parents viennent lui apporter de quoi se nourrir. Il lui faudra vite apprendre à se débrouiller toute seule car cette courte période de transition ne dure pas plus de 2 à 3 jours. L'épreuve sera encore plus grande pour elle quand la fin de l'été arrivera et avec elle, la première migration.

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Un héron cendré (Ardea cinerea) nous survole. Haut de 1 mètre et pouvant atteindre pour les plus grands une envergure de 1,95 mètres, il concurrence dans ces dimensions le hibou grand-duc (Bubo bubo). Néanmoins il est bien plus frêle et peut finir comme repas dans le nid du rapace nocturne. À cette période de l'année les premières nichées prennent leur envol. Les jeunes se reconnaissent à leur calotte grise et leur bec terne.

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Un beau mâle de libellule déprimée (Libellula depressa) est posé sur un roseau. Il vient tout juste de sortie de son enveloppe extérieur dans laquelle il a vécu sous forme de larve, sous l'eau pendant une à deux années. Cette peau vide et sèche se nomme l'exuvie et se trouve dès fin avril jusqu'à septembre selon les espèces, sur la végétation. Leur étude permet de déterminer les espèces de libellule (Odonates) présents dans un secteur.

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Nous partons cette fois pour de bon. Une buse variable (Buteo buteo) nous accompagne. Nous avons passé de belles soirée, croisé le regard des chevreuils et des renards, mis les pieds dans l'eau des ruisseaux et chercher les rares champignons de la fin du printemps. Ce bol d'air frais nous a fait du bien et nous a tiré de cette période un peu difficile que nous avons tous vécu. Un bain de nature, il n'y a rien de plus précieux pour le moral.

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vendredi 2 octobre 2020

Sortie en campagne 17 : identifier les criquets.

DSCN5444Les pelouses sont complétement grillées. Il y aurai de quoi s'inquiéter mais ce n'est pas complétement anormale pour la saison, hormis que cela arrive bien plus tôt que d'ordinaire. Ce jour là, c'est dans les herbes dorées que nous posons nos sacs. L'objectif de la journée : identifier les criquets de la campagne dans laquelle nous nous trouvons, celle d'Irigny. Boîte loupe et guide de détermination en main, nous nous lançons à la chasse aux orthoptères. Il faut à la fois être vivace pour saisir les insectes mais aussi délicats pour ne pas briser leurs pattes fragiles et ne pas froisser leurs fines ailes. Par chance, le soleil n'est pas trop fort et nous arrivons à trouver un peu de frais. Le travail entâmé, nous nous aperçeverons que nous ne serons pas trop de trois pour nous lancer dans les identifications. Pour nous aider, nous utilisons le "Cahier d'dentification des orthoptères de France, Belgique, Luxembourg et Suisse" de Yoan et Eric Sardet (pau en 2015). Pour les espèces, elles peuvent être toutes retrouvées ICI.

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Les Orthoptères :

Les orthoptères (Orthoptera) sont un ordre qui regroupe le sous-ordre des Caelifères (Caelifera) qui comporte les criquets, et le sous-ordre des Ensifères (Ensifera) à laquelle se rattachent les grillons et les sauterelles. Dans le monde on compte 22 000 espèces et sous-espèces d'ortohptères dont 220 sont présentes en France. Pour notre identification nous nous sommes concentrées sur les criquets et les sauterelles.

DSCN5443Reconnaître les criquets :

Ils se reconnaissent à leurs antennes courtes, souvent épaisses et multiarticulées, c'est à dire composées de plusieurs ségements. Ils vont se montrer aussi bien solitaires que grégaires, chacun de ces deux comportements pouvant transformer morphologiquement l'insecte (forme, couleur, taille des ailes etc.). Les mâles chantent pour défendre un territoire et attirer les femelles. Ces dernières peuvent à leur tour répondre de manière sonore pour indiquer aux mâles qu'elles acceptent l'accouplement. Question régime alimentaire, toutes les espèces de criquets sont phytophages, c'est à dire se nourrissant de végétaux.

DSCN5422Reconnaître les sauterelles :

Elles se reconnaissent à leurs antennes fines et aussi longues ou plus longues que leur corps. De moeurs solitaires, seuls les mâles chantent pour appeler les femelles à la saison de reproduction. Pour cela, ils utilisent leurs élytres (ailes rigides protégeant les ailes de vol) l'une contre l'autre, là où les criquets pour stritueller (verbe tiré du chant des orthoptères, la stridulation) vont plutôt utiliser leurs fémurs de leurs pattes arrières en les frottant sur leurs élytres pour produire un son. Les sauterelles sont omnivores, avec un penchant plus marqué pour les protéines animales. Certains criquets peuvent devenir leur proie.

DSCN5452Reconnaître les mantes religieuses :

Les mantes religieuses ne font pas parties de l'ordre des orthoptères mais de celui des Mantoptères (Mantodea) et de la famille des Mantidées (Mantidae). Elles se reconnaissent à leurs pattes avant pliées. Applées ravisseuses, elles leur permettent d'attraper leurs proies qu'elles saisient le plus souvent quand celles-ci sont en plein vol. Patientes, elles chassent en affût, dans la végétation. Selon le milieu où elles vivent elles peuvent être vertes, brunes, orangées et parfois même légérement violacées. Cette espèce fait partie des 8 présentes sur le territoire français et des 2500 que l'on trouve dans le monde.

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Première étape : la capture.

Hop nous voilà partis à attrapper les criquets. Les herbes hautes, les lisières, les bords de ruisseaux ou les fondsassèchés des rivières sont autant d'endroits où il est possible de les trouver. Nous nous concentrons ce jour là sur une parcelle n friche qui n'est plus en culture depuis 2017 et qui est attenante à la forêt du fort. Elle figure d'ecotone, une zone riche en biodiversité car à la confluence de deux milieux naturels différents.

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Le Criquet blafard (Euchorthippus elegantulus) :

C'est le premier sur lequel nous mettons la main. L'espèce se caractérise par sa couleur beige même s'il exite une grande variabilité entre individus, certains tirants sur le brun ou le vert. Nous tombons essentiellement sur des femelles que nou reconnaissons à la loupe. Pour avoir tous les critères de reconnaissance de l'espèce c'est par ICI. De taille moyenne, entre 14 et 26 mm, on le trouve de mai à novembre dans les milieux herbeux, de préférences chauds et bien exposé, jusqu'aux limites de l'étage montagnard (1500 m d'altitude).

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Le Caloptène italien (Calliptamus italicus) :

C'est l'une des espèces les plus communes en France. Ce criquet brun et massif possède de jolies ailes rouges protégées par des élytres mouchetées de noir. Les mâles mesures 15 à 23 mm tandis que les femelles, bien plus grandes, sont comprises entre 23 et 34 mm. S'adaptant à une grande variété d'haitats, il aime particulièrement la chaleur. Il n'est pas simple à attrapper mais le grand nombre d'individu permet de faire quelques jolies prises. Là aussi, nous ne trouvons que des femelles, reconnaissables à l'absence du pallium saillant, un organe présent chez les mâles à l'arrière de l'abdomen. Elles sont aussi démunies de cerques en forme de pince.

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Sa colorie lui permet aisément de se dissimuler dans la végétation. En cas de danger il déploie ses ailes colorées et d'un bond peut s'envoler à l'autre bout de la parcelle. La couleur vive couplée au saut vif eut entraîner chez certains prédateurs un état de surprise pendant un quart de seconde, laissant alors le temps au criquet de s'échapper. Hélas cela ne marche pas à tous les coups, en particulier quand il s'agit des pettis rapaces à l'affût.

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Les prédateurs des criquets :

Ce jour là nous en croiserons quelques uns. Mantes, rapaces, passereaux, lézards, échassiers, araignées ... la liste est longue comme mon bras. Néanmoins en cette fin de saison ils sont moins nombreux, certains ne s'attaquant qu'aux larves tandis que d'autres sont déjà partis en migration. Reste alors les gros insectes et les vertébrés qui sont décidés à passer l'hiver ici. En voici trois que j'aime tout particulièrement.

DSCN5426 (2)Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) :

Deux juvéniles sont posés sur le câble éléctrique qui nous surplombe. Souhaitons leur bonne chance car nombreux sont les jeunes rapaces à ne pas passer la première année. Même si l'espèce favorise les petites rongeurs comme les campagnoles et les mulots, elle ne dédaigne pas se rabattre sur d'autres proies comme des oiseaux, des lézards ou de gros insectes dont font partis les orthopthères. La capture se fait le plus souvent au sol parmi les herbes. Les criquets sont directement capturés au bec. L'entièreté de l'insecte est consommé à l'exception des aileset des parties dures.

DSCN5475Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus) :

Ce superbe faisan de Colchide est issu d'un lâché d'élevage. Les belles couleurs de son plumage sont un critère de selection dans le cadre des chasses. Personnelement je suis assez opposée à cette pratique. Si les adultes sont plutôt granivores, ils ne dédaignent pas se nourrir de temps à autre de gros invertébrés. Les jeunes vont essentiellement se nourrir d'insectes dont de jeunes criquets qui sont alors peu habilles au vol et saut. Ces proies faciles apportent toutes les protéines dont ont besoin les faisandeaux, les petits du faisan. Sur la zone agricole nous avons pu en suivre.

DSCN5436La mante religieuse (Mantis religoiosa) :

C'est une redoutable prédatrice qui est capable d'attrapper des insectes aussi gros qu'elle. Pour se faire elle les saisie avec ces pattes avant, les ravisseuses qu'elle tient replié le reste du temps comme si elle priait, d'où son nom de religieuse. On l'appelle aussi parfois tigre des herbes pour faire référence à son ppétit et à sa capacité à se fondre dans le décors pour attraper ses proies à l'affût. Ce jour là nous ne trouvons que des femelles à l'abdomen gonflé d'oeufs. Elles les pondront très prochainement dans une oothèque. Il s'agit une coque organique que fabriques également les blattes.

Les mantes sont des animaux très fragiles et particulièrement bien adaptés à leur environnement ce qui les rend parfois un peu dur à trouver, surtout quand elles sont immobiles. Il est préférable de ne les manipuler qu'avec une grande délicatesse pour ne pas abimer leur abdomen ou froisser leurs ailes délicates.

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C'est toujours pour moi un émerveillement de tomber sur des mantes, que ce soit il y a deux ans au pet du loup, à la fin de l'été avec les mantes cachées dans les cagettes de légumes du marcher ou rentrant par la fenêtre ou en promenade. Cela me rappel à mes souvenirs de vendange, les ballade dans les Callanques ou encore, de wwoofing où les empuses avaient été une véritable découverte pour moi et m'avait provoqué une vive émotion.

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Avec les pluies et les gelées, les femelles et les mâles ayant survécus aux amours ne tarderont pas à mourir. En effet la mante est connue pour vivre un peu moins d'une année et les mâles, pour servir de nourriture à leurs belles pendant ou après les ébats amoureux. Dans les faits, 1/3 à 2/3 des reproducteurs arrivent à survivre en s'échappant ou en choisissant de s'accoupler à une femelle ayant déjà le ventre bien plein. Ouf !

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L'automne est vraiment là ! Kiwis, courges, potimarrons, raisins, mures et pommes, les cultures sont remplies de fruits et de légumes de fin de saison. Attirants plus la convoitise des humains que des animaux, ils sont protégés par de hauts grillages pour éviter toute forme de pillages. Arriver le matin devant un rang entièrement vidé pendant la nuit reste quelque chose de profondément démoralisant et d'injuste quand on pense au travail investi.

Désormais je me troune vers une autre identification, celle des champignons ! D'ailleurs je serai dans l'équipe organisatrice du grand forum Mycodrium destiné à la nature, aux champignons, à la gastronomie et à l'agro-écologie. Vous pourrez en retrouver toutes les conférences et sorties sur youtube sur la chaîne Ver de Terre Production le 9 octobre (ICI), le 10 octobre (ICI) et le 11 octobre (ICI) - bon visionnage !!!

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samedi 29 août 2020

Agriculture et biodiversité.

DSC03963Il y a un an de cela, nous étions dans les champs pour nous exercer au naturalisme. Bien souvent, quand on parle d'agriculture, on s'imagine des grands champs dénudés de vie. C'est une réalité, une partie du pays est cultivé en intensif, laissant peu de place aux animaux et aux plantes sauvages. Hélas, cette tendance est à la hausse.

Parlant un peu technique :

Cela ne va pas sans me rappeler mon passage en DDT aux aides agricoles européennes (PAC). On utilise le terme de SAU (Surface Agricole Utilisées/Utiles) pour parler de la nature des cultures d'un territoire. En France, les principales cultures sont les cultures céréalières et d'oléprotéagineux, puis la viticulture, suivie de l'élevage de bovins à lait. En 2020, ces trois branches représentaient à elles seules 150 400 000 moyennes et grandes exploitations. En tout et pour tout, 52 % du pays est utilisé à des fins agricoles (certains départements l'étant à plus de 82%, en particulier autours de la capitale).

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Nous sommes à l'affût au pied d'un champ de blé couvert de bleuets sauvages (Centaurea cyanus). Avec un peu de chance, nous réussirons à trouver une aire de nidification de busards. Deux espèces de cette famille ont pris l'habitude de nicher dans les céréales, le busard cendré (Circus pygargus) et le busard Saint Martin (Circus cyaneus). Hélas, l'arrivée à terme des nichées se fait après la récolte. Pour limiter les dégâts, la LPO, ses salariés et ses bénévoles repèrent les nids aux jumelles et à la longue vue pour les protéger via divers dispositifs (grillages, zones de non fauche etc.), afin de permettre aux jeunes oiseaux de prendre leur envol.

DSC03946Ces cultures sont en agriculture raisonnées. Il n'y a pas photo, entre les épis, il y a une diversité incroyable de fleurs. Les bluets (Centaurea cyanus) appelés bleuets sauvages sont emblématique du retour de la nature dans les champs. Quasi disparus comme les coquelicots communs (Papaver rhoeas), ils reviennent peu à peu suite à des mesures de protection misent en place au niveau national.

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Dans notre observation, nous trouvons bien d'autres espèces comme la coronille bigarrée (Securigera varia). Cette espèce eurasienne aux fleurs roses et blanches s'invite parfois en jardinerie. Présente aussi dans les prés de fauche, elle résiste bien à la chaleur et fait le plaisir des abeilles. C'est de juillet à août que l'on peut voir sa belle floraison qui s'invite parfois sur les tallus. De la famille des Fabacées, elle a la capacité comme la luzerne de fixer l'azote de l'air dans le sol, permettant ainsi de limiter l'appauvrissement de sols. Importée en Amérique du Nord, elle s'y montre invasive en concurençant les plantes indigènes des prairies (c'est à dire natives des Etats Unis et du Canada).

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Continuons notre exploration de la biodiversité des champs. L'ail des vignes (Allium vineale) commence à fleurir. Parfumé, il présente des clochettes roses et violines naissantes. Les bulbiles se dressent au sommet de la tige, à 30-80 centimètres au-dessus du sol. Présent presque partout en France, on peut tout aussi bien le trouver sur les sols sablonneux et laissés à l'abandon. On consommera de préférence les jeunes feuilles et tiges crues.

DSC03922Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) pointe le bout noir de ses oreilles. Les champs ont été fauchés, lui laissant peu de place pour se cacher. D'ordinaire il préfère sortir en début de matinée ou en soirée afin de profiter de la fraîcheur mais aussi, pour éviter les prédateurs. Néanmoins peu d'animaux osent se frotter à un lièvre adulte, celui-ci faisant preuve d'une force étonnante pour son cabarit, même chez les jeunes adultes.

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D'autres animaux tout aussi discrets sont aussi là. C'est le cas des grandes sauterelles vertes (Tettigonia viridissima) qui bien que vivaces n'ont pas, pour certaines d'entre elles, réussi à éviter les prédateurs. Faucon hobereau, chevêche d'Athena, faucon crécerelle, buse variable ou encore pie grièche écorcheur, les dangers sont nombreux. Omnivore, elles peuvent se montrer elles aussi bonnes prédatrices auprès des insectes plus petits.

DSC03985Retour sur la botanique avec un peu d'identification végétale. Nous voilà face à un parterre de trèfles des champs (Trifolium arvense), reconnaissable à sa tête composée de calices blancs et rouges lui donnant un aspect plumeux ce qui lui vaut le drôle de surnom de pied-de-lièvre.

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Il aime se développe dans les pelouses caillouteuses et au pied des éboullis, sur les sols secs et sablonneux ce qui est le cas ici. En effet nous ne sommes plus dans les champs de céréales mais dans des pelouses paturées. Notre mission : inventorier les espèces végétales présentes pour identifier les milieux et proposer des mesures de gestion adaptées à ceux-ci en accords avec les pratiques des agriculteurs. Présent dans toute l'Europe, aussi bien en montagne qu'en plaine, il joue un rôle similaire à celui de la coronille bigarée en fixant l'azote dans le sol. C'est aussi une excellente plante fourragère malgrès sa petite taille.

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Ce trèfle c'est aussi naturalisé en Amérique du Nord sans pour autant poser soucis, du moins pour le moment. Pour la floraison, on peut sans mal voir les fleurs entre mai à septembre. Défleuri, on le reconnaît à ses feuilles pétiolées au niveau du collet et sessiles au sommet de la tige. Elles sont divisées en foliolles alongées dont les bords sont ciliés et faiblement dentés. Malgrés ces éléments, il reste sans fleur difficile à identifier.

DSC03951Voilà un beau pied de millepertuis perfolié (Hypericum perforatum). Bien souvent son identification est érronée, la présence de pertuis (souvent confondus avec des trous) sur les feuilles ne permettant pas à eux seuls d'identifier l'espèce. C'est une plante médicinale dont l'usage doit être fait avec beaucoup de précotion. L'usage interne ne doit être prescrit que par un professionel de la santé, le millepertuis pouvant provoquer des effets secondaires et/ou altérer l'effet de certains traitements pour la dépression ou le bon fonctionnement de contraceptifs (comme la pillule). En usgae externe, on prendra bien soin de ne jamais exposer sa peau après avoir passé sur celle-ci une lotion de fleurs de millepertuis, au risque de voir apparaître des brûlures.

DSC03976Non loin de là pousse une grimpante que j'adore dessiner, la bryone dioïque (Bryonia dioica). C'est une des seules représentantes sauvages des curcubitacées en Europe, ce qui en fait la cousine des melons et des courges bien qu'elle ne produise que des baies toxiques rouges-orangées.

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Appelée aussi navet du Diable ou couleuvrée en raison de sa racine à forme humaine, elle fût utilisée dans le passée comme purgatif bien que toxique. Riche en amidon, elle fût en période de famine consommée après avoir été longuement bouillie, entrainant des drames dans de nombreuses familles. Malgré son surnom, elle était associée à la magie blanche et avait pour réputation d'aider à tenir l'alcool. Cependant elle se relève bien innéficace contre l'ivresse au grand dam de certains. Dioïque, les fleurs mâles et les fleurs femelles ne se trouvent pas sur les mêmes pieds, chose peut courante dans le monde végétal. Ici il s'agit d'un pied mâle, les étamines pleines de pollen étant visibles. Les fleurs femelles ont trois pistils verts.

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Qui dit fleurs, dit papillons. Avec l'abondante diversitée d'espèces végétales dans les pâtures gérées de manière raisonnée, ils trouvent à loisir de quoi se nourrir. À gauche il s'agit d'un demi-deuil (Melanargia galathea), reconnaissable à son damier noir et blanc sur les ailes. Présent un peu partout, il apprécie tout particulièement les fleurs de centaurées. À droite, un tabac d'Espagne (Argynnis paphia) posé sur le doigt de mon bien-aimé. Ce papillon s'identifie par sa grande taille, ses ailes brunes et le reflet vert du revert de celles-ci. Il aime les clairières et les lisières de forêt où il butine les cirses, les ronciers et les chanvrines eupatoires (Eupatorium cannabinum).

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Les cultures, c'est là aussi où je travaille comme éducatrice à l'environnement. Que se soit sur le plateau des Grandes Terres ou dans le Beaujolais, c'est toujours le même émerveillement. Les buses volent haut dans le ciel, poussées par les thermiques, les crécerelles sont en chasse à n'importe quelle heure de la journée et les milans poussent leurs cris si reconnaissables. Pour les plus patients, c'est à la tombée de la nuit les chevreuils et les renards montrent le bout de leur museau. C'est cette diversité que j'aime faire découvrir à travers mon métier.

DSC03971Ces milieux me permettent par exemple d'expliquer la différence entre sauterelles et criquets au public, et pourquoi ces animaux appartiennet à la famille des Orthoptères. Chez les criquets, on retiendra que les antennes sont plus courtes que le corps et que le régime alimentaire est végétarien.

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Du côté des sauterelles, on notera la présence de fines antennes plus longues que le corps. Le régime alimentaire est omnivore, généralement très tourné vers la consommation d'autres invertébrés. La famille des Orthoptères comprend 220 espèces en France, un nombre limité qui permet de se mettre en douceur à l'entomologie (étude des insectes). La détermination peut passer par l'observation, la capture, parfois la disection mais aussi par l'écoute des chants, de la même manière que ce que l'on peut faire avec les oiseaux. Celle-ci se fait à l'oreille mais aussi à travers une batterie d'outils tels que des micros et des logiciels d'analyses, certains chants (appelés stridulations) n'étant pas perceptibles pour l'Homme.

DSC03990Une guêpe attiré par notre en-cas sucré ? Du tout mais un syrphe, une mouche innofensive de la famille des Syrphidae qui prend les mêmes couleurs que les guêpes et les frelons pour duper leurs prédateurs. Néanmoins, bien nombreux sont les osieaux à ne pas se laisser piéger. Les martinets noirs (Apus apus) sont, par exemple, capables de distinguer à 180 km/h s'il s'agit d'un syrphe ou d'un insecte équipé d'un dard venimeux.

Nos aventures agricoles s'arrêtent là pour aujourd'hui. Installés depuis peu dans le sud lyonnais, nous avons tout le loisir de découvrir la grande diversité des animaux et des plantes sauvages qui s'épanouissent dans les cultures. D'ailleurs, sur la sortie 14 de la rubrique Sorties en Campagne publiée il y quelques jours, vous pouvez retrouver nos premières sorties dans les vergers et notre rencontre avec les jeunes pics verts à l'envol.

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samedi 22 août 2020

Interlude : le Vallon de l'Yzeron.

DSCN4483La saison d'animation a été bien étrange. Elle n'a ni véritablement commencé, ni véritablement fini. Hormis quelques animations avec le grand public après le confinement, mon travail a été avant tout un travail de bureau. Pendant ce temps, le vallon de l'Yzeron est resté bien vide, la myriade d'écoliers habitués à l'arpenter à travers les animations nature du territoire étant restés confinés chez eux. L'herbe a poussé, les oiseaux ont pu faire leur nid sans mal. Rien mieux pour faire avec mes collègues, la commune et la communauté de commune l'état des lieux, les écoles étant fermées. Un sentier d'inteprétation permet de découvrir cet Espace Naturel Sensible (ENS). Entre clairière, forêt et rivière, la biodiversité riche et variée permet de s'initier en douceur à l'observation animale. Pour les aventuries, il est possible de demander aux mairies de se territoire un sac de jeux interragissant avec les éléments du vallon pour encore mieux découvrir le site. De quoi occuper toute la famille pour la fin de l'été.

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Le sentier commence par une invitation au voyage. Pierres et sentiers se parent de mots doux. Nous sommes là pour vérifier si le temps et les intenpéries ne les ont pas trop abîmé, et si oui, lesquels manquent pour pouvoir revenir dans l'été les tracer au pochoir et au pinceau. Il serait dommage que les promeneurs cherchant le trésor de la rivière ne trouvent pas les indices permettant de les mener à leur but.

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Des indélicats ont brisé bon nombre de galets et on même tordu le rail qui permet d'écrire des phrases avec. D'autre ont vu leurs mots s'effacer par frottement ou noircis par les flammes des feux dont ils ont délimité le foyer. Notre travail sur place : inventorier les galets abîmés à partir d'une liste, vérifier que la phrase indice est toujours présente et estimer le temps nécessaire pour réécrir toutes les indications manquantes.

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Au bout du périple, une mare aménagée attend les visiteurs. Les brarrières de bois seront sous peu retirées. Installées pour laisser le temps à la flore de s'installer en la protégeant du piétinement, elles semblent avoir remplis leur mission. Grenouilles, libellules et limnées (des escargots aquatiques) semblent y avoir élu domicile bien que le niveau d'eau soit inquiétement bas, comme bien dans d'autres zones humides du secteur.

DSCN4489Pour preuve du foisonnement de vie du secteur, un héron cendré (Ardea cinerea) passe au dessus de nos têtes. Nous nous arrêtons un instant pour le contempler. Peut être que la mare fait partie de son territoire de chasse, à moins qu'il ne soit question pour lui de traquer les écrevisses américaines et les petits poissons qui trouvent refuges dans les nappes bras morts et frais de la rivière Yzeron. Pour s'en assurer, il faudra revenir en affût.

Les animaux sauvages sont nombreux à vivre ici : salamandres tâcheté (Salamandra salamandra), bondrée apivore (Pernis apivorus) ou pic épeiche (Dendrocopos major), il n'est pas difficile de faire de belles observation et le sentier est là pour nous le rappeler. L'automne sera pour nous l'occasion d'y retourner pour ramasser quelques champignons qui dans se type de boisement s'annoncent être abondant, une belle siason en vue.

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vendredi 14 août 2020

Sortie en campagne 14 : un nouvel air.

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À gauche, la vue de notre fenêtre avant, à droite, la vue de notre fenêtre maintenant, et bien qu'elle reste très urbaine, elle nous ravie par le passage des nombreux milans noirs (Milvus migrans) qui se font de plus en plus rares dans le ciel, la migration de l'espèce ayant débuté à la mi-juillet. Bientôt les cigognes blanches (Ciconia ciconia) puis les grues cendrées (Grus grus) prendront le même chemin. Leur vol nocturne sera plus discret.

DSCN4724Nous aimons les zones humides, mais nous avons avant tout exploré les champs et les vergers, des milieux regorgeant d'une faune à laquelle je suis peu familière et pour cause. Dans le cadre de mes loisirs, je suis toujours au bord de l'eau ou dans les forêts et dans celui de mon métier, c'est exactement la même chose. Autant dire que pour moi les soirées passées en bordure des cultures céréalières à guetter les chouettes et les lièvres ont été un véritable régale. Il n'en ai pas de même pour mon bien-aimé qui a fait de l'arboriculture son travail et qui connaît bien ces milieux sur lesquels il travail. Pourtant, reste toujours aussi émerveillé par le moindre moineau ou merle qui se présente à lui parmi les branches des pommiers et des pêchers. En cette période de chaleur, où bien d'autres choses de la vie se sont ajoutées, je n'ai pas toujours loisir à explorer ce nouveau chez moi. Qu'importe, j'ai pu longuement en profiter en juin et d'ici quelques semaines je compte bien retourner me promener aux prés.

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Voilà un oiseau dont je n'ai jamais fait la présentation sur le blog. La fauvette grisette (Sylvia communis) est un oiseau typique des champs et vergers. Je prends plaisir à la découvrir. Tête grise, ailes rousses et ventre blanc, on ne peut se tromper. Sans chant peut par moment ressembler à celui de se cousine la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais il est beaucoup plus monotone. Les mâles chantent souvent au sommet des buissons.

DSCN4673Un classique des prairies à graminées, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte si bien son nom. Exclusivement granivore, il ne peut se nourrir que de graines, à l'exception des oisillons qui pour se développer rapidement ont besoins d'invertébrés, un source de nourriture riche en protéines. Braconnés pour être mis en cage comme animaux de compagnie, ils sont piégés à la glu comme à Poissy (78) l'an denier ou par appelé en juin de cette année an Occitanie. Pour rappel en 10 ans l'espèce à diminue de 25 à 40 % selon les départements.

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En voilà une que l'on ne présente plus et qui, pourtant pas simple à saisir. La buse variable (Buteo buteo) est un oiseau ubisquiste (multi-tâches) qui s'adapte à un grand nombre de milieux. Dans les verges, elle va surtout prédater les petits mammifères comme les mulots et les campagnols. Plus rarement, elle peut prélever quelques passereaux de la dimension d'une mésange ou d'un moineau, en particulier des juvéniles prenant leur envol.

DSCN4738Depuis les champs, nous avons vu sur Fourvière et sa basilique. Presque chaque jour, j'emprunte le long tunnel qui passe juste en dessous du monument et d'un sacré paquet de quartiers. Gaz d'échappement, bouchons et klaxonnes, c'est souvent un vrai périple pour rejoindre mon bureau et les lieux d'animations qui se trouvent au-delà de la colline.

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Cela fait du bien de s'éloigner de Lyon et sa banlieue. Nous respirons un autre air. Nous en restons néanmoins proches, et les jours où la circulation est calme il ne nous faut à peine plus de 25 minutes pour atteindre le centre ville, mais cela reste rare et pour le moment, nous n'avons pu que peu expériementer les aller-retours ville-campagne.

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DSCN4730Le soleil se couche sur les Mont du Lyonnais. De l'autre côté de cultures, depuis notre fenêtre, nous avons vue sur le sommet du Pilat qui se plonge dans l'obscurité. 15 minutes de marche et nous pouvons tremper les pieds dans le Vieux Rhône. Le rêve pour nous qui aimons l'eau et la montagne. Il se pourrait d'ailleurs que d'ici quelques temps une expédition "pêche à l'écrevisse rouge" se monte sur une des rives du fleuve. À voir.

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Surprise ! Voici un insecte que je n'avais vu qu'une fois dans ma vie, il y a de cela 3 ans. Il s'agit du rhinocéros européen (Oryctes nasicornis), un magnifique scarabée et l'un des plus gros du genre. Le mâle se reconnaît à la corne qui orne sa tête et dont l'espèce tire son nom. Rare, nous avons eu la bonne chance lors d'une balade nocturne en juin d'en voir voler au-dessus de nos têtes et même un venir se poser à nos pieds. Sa larve est semblable à celle du hanneton. Se nourrissant de bois mort, elle reste sous cette forme pendant 2 à 4 ans.

DSCN4622La mare réalisée à l'automne 2019 est à sec. C'est une écologie normale pour ce type de milieux qui le plus souvent se veut temporaire. Néanmoins la sécheresse de cette année n'a fait qu'accroître le phénomène, ne permettant ainsi plus aux animaux aquatiques (escargots, araignées, grenouilles, éphémères, insectes etc.) de se développer normalement. À la date du 7 août, 72 départements sont en restriction sécheresse. La Creuse et la Haute Vienne sont en crise intégrale, c'est à dire que le prélèvement d'eau ne peut se faire pour des aspects prioritaires : santé, sanitaire, consommation et sécurité civile. Même les exploitants ne sont plus considérés comme prioritaires. Dans le Rhône, l'alerte est dite renforcée localisée. En somme, réduction sous conditions des usages des ressources en eau par les exploitants et interdiction d'usage de l'eau à certains horaires. Au moment où j'écris ces lignes, un reclassement en crise localisée est envisagé.

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Dans les pommiers les jeunes grives font leurs premiers vols. À cette période de l'année on peut rencontrer deux espèces, la grive draine (Turdus viscivorus) et la grive musicienne (Turdus philomelos). Très similaires, on les distingue par leur paterne de tâches sur le ventre qui sont plus grandes et variées chez la grive draine. Néanmoins le chant reste le meilleur moyen de savoir à laquelel des deux on a à faire.

DSCN4695En voilà un que l'on entend plus souvent qu'on ne le voit. Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est connu pour son chant poétique, fort et inimitable. Succession de strophes rapides et de complaintes tristes, je l'ai véritablement découvert l'été 2019 lors des prospections nocturnes à la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus) et des chouettes et des hiboux de la campagne des Monts du Lyonnais et des Grandes Terres.

DSCN4554Dans les fourrés où se cachent les animaux, les plantes grimpantes prennent leurs aises pour atteindre la lumière. Parmi celles-ci la vesce de Cravovie (Vicia cracca), dont lesj eunes gousses peuvent se manger comme des manges-tout cuits à l'eau ou en cuisson vapeur.

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Jointe à celle-ci, la bryone dioïque (Bryonia dioica), qui dans nos campagnes à la même réputation que la mandragore (Mandragora officinarum) que l'on trouve dans le sud et qui n'est pas qu'une plante appartenant au bestiaire fantastique d'Harry Potter. La bryone est une plante toxique dont la racine ressemble à un corps, formant une grosse tête et quatre membres. De nombreuses légendes l'associant aux sorcières et aux maléfices en ont fait une plante populaire dans la mythologique fantastique lui valant le surnom de navet du Diable ou rave de serpent. À l'automne les lianes grimpantes perdent leurs feuilles et offrent de très belles rouges qui ornent les bosquets et font le plaisir des oiseaux.

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Dans les vergers, c'est de la folie. Les pics verts (Picus viridis) sont de sortie avec leurs nichées. Deux, peut être même trois couples ont élu domicile ici. C'est un vrai régale de faire de rapides affûts pour les observer ou juste de les voir décoller d'entre les rangées de fruitiers. Le pic vert se nourrie essentiellement au sol dans l'herbe, où avec sa longue langue gluante il va capturer les fourmis dissimulées dans leurs galeries.

DSCN4806Sortie nocturne. C'est le moment pour les carabes (Carabidae) de sortir. Il est bien difficile de les identifier et parmi la cinquantaine d'espèces présentes en France, très peuvent l'être sans dissection. Reconnaissables à leurs reflets métalliques et à leurs mandibules puissantes, se sont des prédateurs partant en chasse dès que le soleil disparaît. Bioindicateurs, les carabes permettent de connaître la bonne santé d'un milieu ou d'une culture.

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J'adore les lièvres bruns (Lepus europaeus). Dès qu'ils se sentent observés, ils se plaquent au sol puis déguerpissent à toute allure. Hauts sur pattes, avec de longues oreilles aux bouts noires et de grands yeux, ils ont tout ce qu'il faut pour attirer la sympathie. Ces quelques éléments permettent de le dissocier des lapins de garennes (Oryctolagus cuniculus), plus petits et moins communs dans parcelles arboricoles.

DSCN4714Notre lièvre est aussi appelé lièvre d'Europe bien qu'il soit présent à l'ouest de l'Asie. En montagne on trouve son cousin le lièvre variable (Lepus timidus) aux oreilles plus petites et au pelage marron l'été et blanc l'hiver, ce qui lui permet ainsi de ce dissimuler des prédateurs. Pour en revenir au lièvre brun, c'est avant tout au printemps qu'on le croise le plus souvent, quand les mâles s'affrontent pour une belle. On nomme cela le bouquinage.

DSCN4795Si l'été il affectionne les herbes, il se tourne peut à peu à l'arrivée de la fin de l'automne vers les graminées, les bourgeons et les écorces ce qui peut créer des dégâts dans les vergers, notamment en stoppant l'arrivée de sève dans les rameaux quand le collet (base de l'arbre) est rongé.

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Bien que de  taille modérée (4 kg pour un adulte), il peut vivre une dizaine d'année. Donnant naissance en moyenne à 13 petits au bout de 3 à 4 mois et produisant 5 portées par an (sur une période de 6 mois), la hase, la femelle du lièvre, est une super reproductrice. Néanmoins le taux de mortalité reste élevé pour les jeunes, les épidémies étant leur principale cause de mortalité, suivie les oiseaux de proies, les canidés et certains félidés comme le lynx en faisant aisément leur repas. Néanmoins dans le sud du Rhône les prédateurs sont quasi-absent, expliquant son fort développement accru part l'uniformisation des paysages agricoles qui lui sont favorables, chose rare. Dans la plupart des territoires il est en régression ou en stabilisation d'effectif après une forte chute dans les années 90. Les maladies importées, la disparition de certains types d'habitats comme les prairies humides, la chasse non réglementée et les collisions en sont les principaux facteurs.

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Dans les rangs de petits fruits (framboises, myrtilles etc.) une faisane de Colchide (Phasianus colchicus) est venue couvée. Bonne pioche pour elle, la voila l'heureuse mère d'une dizaine de poussins. Il est rare de voir les faisans parvenir à se reproduire, néanmoins la nom fauche en raison du confinement et la quasi-éradication des renards roux (Vulpes vulpes) pourrait expliquer la reproduction de cet oiseau normalement absent en Europe.

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En effet, le faisan de Colchide est originaire d'Asie et ne se rencontre pas en France. Néanmoins, il y est introduit depuis des siècles pour la chasse de loisir. Son impact n'est pas négligeable su la faune locale, en particulier sur les reptiles. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de chasse, en particulier quand elle implique de tirer tout les carnivores d'un territoire pour être sûr qu'ils ne tirent pas profit eux aussi des lâchers de gibier.

DSCN4641Non loin des cerisiers, dans la forêt qui entoure le fort, une famille de geais des chênes (Garrulus glandarius) glane les fruits au sol. L'oiseau porte bien son nom, ayant fait des glands l'essentiel de son alimentation. Cependant il possède un régime alimentaire plus diversifié avec au menu des fruits et des baies, des insectes, des noix et des noisettes et même de petits animaux comme des oisillons même si cela reste relativement rare.

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Voilà notre petit chouchou de l'été, le tarier pâtre (Saxicola rubicola). Le mâle se reconnaît facilement à sa tête noire, à son poitraille rose pâle et à son collier blanc. Petit, il se dissimule dans les bosquets mais se plaît à se poser au sommet des arbustes et des ronciers pour faire entendre sa voix. Outre le fait d'attirer les femelles, celle-ci lui sert avant tout à défendre son territoire face aux autres mâles envieux de ses possessions.

DSCN4627Se mettre sur un perchoir fait également partie de sa technique de chasse. C'est une espèce qui se nourrie d'arthropodes variés, en particulier d'insectes, de papillons et d'araignées qu'il saisie après les avoir guetté. Les petites sont nourris de papillons, de larves et de chenilles que leurs parents écrasent dans leurs becs avant de leur donner ou en les frappant contre une pierre pour enlever les poils et les parties dures difficile à leur digestion.

DSCN4659Pour protéger les fruits de la grêle et des intempéries violents, des filets sont installés en dessus des abricotiers, cerisiers, pommiers, pêchers et poiriers, qui ce ne sont là que quelqu'uns des fruitiers présents autour de nous.

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C'est là que mon bien-aimé passe une majeure partie de son temps. Éclaircir les fruits, défeuiller, tondre, traiter, récolte et conditionner, les tâches ne manquent pas. Avec la transformation du commerce, ces plantations vieilles pour certaines de 50 ans, ont dû être modifiées pour répondre aux attentes de la distribution. Voilà les pommiers arrachés pour que des plans plus productifs soient installés. Adieu les carrés de poiriers aux variétés rustiques, places aux Williams. Bref, la diversité n'est pas que celle des espèces sauvages, c'est celle aussi des vergers. Hélas notre système économique ne permet pas de la maintenir au mieux, faute de rentabilité.

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J'adore les cultures de petits fruits. Celles-ci sont grillagées et pour cause, il est fréquent que des promeneurs irrespectueux viennent y faire leur marché. C'est l'occasion d'y observer de nombreuses espèces, comme le bruant zizi (Emberiza cirlus), un joli oiseau jaune qui aime venir y chanter. Les lièvres, les faisans et les chats domestiques ensauvagés y trouvent également refuge parmi les grandes herbes et les bosquets ombragés.

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Les jeunes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) ont pris leur envole et on rejoint avec leur parent leur groupe. Plus d'une trentaine d'individus s'aventures et piaillent dans les jardins des pavillons se trouvant à quelques pas des cultures. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, elles ont été exclues de ce groupe taxonomique à la suite des études génétiques. Néanmoins ce nom est maintenu dans le langage courant.

DSCN4776En voilà une que je n'ai jamais vu ou du moins très peu en Isère. Il s'agit de la perdrix rouge (Alectoris rufa), sûrement le fruit d'un lâcher. Je trouve cet oiseau adorable bien qu'un peu ridicule quand il se déplace et qu'il ne se sent pas menacé. En régression voire disparue sur certaines aires de son territoire, les croisements génétiques lors d'introductions d'individus pour le tir ont également contribué à l'apauvrissement de l'espèce.

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Un autre grand classique des zones agricoles, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ce petit rapace est connu pour son vol en Saint Esprit qui lui permet depuis les airs de repérer les rongeurs et les passereaux dont il aime se nourrir. Pour autant, il ne dédaigne pas les gros insectes qu'il attrape en vol. Pour la nidification, on le trouvera de préférence dans les cavités de bâtiments et parfois dans les troncs creux.

DSCN4736Les jeunes, malhabiles, terminent souvent leur vol dans le sommet des arbres depuis lesquels ils appellent leurs parents. Nous revivons les scènes que nous avons pu vivre depuis notre appartement à Oullins. Là confusion est possible avec le faucon hobereau (Falco subbuteo) qui niche ici aussi et au vol similaire mais préférant consommer de gros insectes même s'il peut attraper occasionnellement des oiseaux ou des chauves-souris.

DSCN4784Les derniers milans noirs (Milvus migrans) prennent la direction de l'Afrique. C'est un long périple qui les attend, et il ne seront de retour qu'au printemps prochain. On le reconnaît facilement à sa queue fourchue. Silhouette sombre, on s'apperçoit en s'approchant d'un peu plus près qu'il est bien plus colorée avec une tête grisée - sans pour autant égaler avec le milan royal (Milvus milvus) qui est un peu plus grand. Dans le Rhône nous avons la chance d'avoir le deuxième plus grand site de France pour la reproduction du milan noir avec environs 55 couples nicheurs. De quoi assurer un bal constant au-dessus de nos têtes, les oiseaux cherchant continuellement leur nourriture. Charognard, il se nourrie essentiellement de poissons mort qu'il trouve le long des berges et de petits rongeurs qu'il trouve dans les restes de fauche. Dans certains cas, il peut même s'exercer à la chasse, bien souvent sur des animaux affaiblis (oiseaux, chauves-souris, rongeurs), ce que ne fait jamais son cousin le milan royal.

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L'été est bien installé. Les orages de chaleur nous donnent de jolis arc en ciel, les blés dorés sont prêts pour la fauche et les couchés de soleil colorent le ciel d'ôcre. Cela ne va pas sans la raréfaction des animaux. La plupart passent la journée au frais sans se montrer et certains comme les martinets noirs (Apus apus) ont entamé leur migration. J'ai désormais hâte à ce que l'automne arrive, avec son lot de feuilles mortes et de champignons.

Voilà un court récit sur notre nouvel environnement, et si pour l'heure je ne peux pas pleinement l'explorer, je ne doute pas que d'ici quelques temps je pourrai découvrir toute la magie et les nombreux secrets. Pour l'heure la nuit commence à tomber, et il est grand temps de rentrer par les rues désertes du village.

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samedi 23 mai 2020

Quand la nature revient, la cas du flamant rose.

DSC09245Confinement oblige, on se plonge dans les souvenirs. J'ai sur mon ordinateurs une multitudes de photos de flamants roses (Phoenicopterus roseus) qui datent de notre passage à Pont de Gau cet hiver, et que je n'ai jamais eu l'occasion de publier. Je pensais profiter du confinement et du temps qu'il me donne pour rédiger une nouvelle fiche espèce sur cet élégant oiseau. Seulement voilà, un matin où je consultait l'actualité, je suis tombée sur cet article (ICI) et intitulé "En Camargue, un baby boom de flamants roses" suivit de "2500 flamants ont été comptés, soit près de 1000 de plus qu'en temps normal". L'occasion est que trop belle pour pousser la réflexion de notre impact sur la faune. Une véritable remise en question sur nos séjours en Camargue et à vrai dire, de temps à autre, ça ne fait pas de mal de remettre en question sa pratique de la nature.

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Les flamants roses du parc de Pont de Gau sont des animaux sauvages attirés par les nourrissages réguliers du parc, ils y trouvent ainsi la nourriture mais aussi un refuge vis-à-vis des prédateurs et une zone toujours en eau. L'arrêt d'exploitation de certains marais salants et l'asséchement d'une grande partie des milieux humides ne leur offrant plus de conditions de vie suffisantes. Dans le lot, on peut également voir des animaux bagués. Cela permet de connaître le parcour de l'oiseau, sa durée de vie et si c'est un habitué des lieux. Si la plupart des programmes de bagages sont portés en France par le C.R.B.P.O, pour le flamant rose le projet est porté par Tour de Valat, l'institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

DSC09215Le vol du flamant est facilement reconnaissable. Rapide et énergique, le coup bien tendu et toujours en groupe pour se déplacer, sa silhouette noire et rose fend le ciel. Migrateur, on le trouve partout en Afrique, en Asie et en Europe. Néanmoins, il ne se montre qu'occasionnel voir rarement dans les pays de l'Europe du Nord, en Inde, en Chine et en Afrique Centrale. En France, on retrouve environs 25% de la population nicheuse européenne avec par endroits des rassemble de 20 000 individus. Un statut qui nécessite un suivis régulier et rapproché pour permettre aux oiseaux de s'occuper de leur couvée sereinement. On se souvient notamment su scandale en 2018 avec l'abandon de 500 oeufs suite au tournage de Nicolas Vanier. Celui-ci est dû à l'effarouchement par un avion de tournage de toute une colonie sur les salins d'Aigues-Mortes.

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À Pont de Gau, les oiseaux ne sont pas connus pour s'y reproduire. En moyenne à cette saison, 1500 individus s'y observent mais cette année ils étaient pas moins de 2500, un record. S'il est trop tôt pour tirer des conclusions, le confinement n'y est peut être pas pour rien. D'ordinaire de nombreux visiteurs déambulent dans le parc pour observer les oiseaux et leur tirer le portrait à travers les 60 ha mis à disposition. Nous en faisons complètement partie et les photos que vous voyez ici ont été prise là-bas. En ce moment, les pontons sont déserts là où 15 000 personnes se pressent d'ordinaire. L'article d'écoplanète (ICI) dont je tire une grande partie de mes informations explique même que le rare ibis facinelle (Plegadis falcinellus), pour la première fois y a fait son apparition.

DSC09236La période de reproduction débute, mais on peut depuis le début de l'hiver observer des comportements nuptiaux. Têtes agitées, courses synchronisées, ailes ouvertes brutalement et cris bruyants figurent parmi l'attiraille de séduction. La qualité de l'alimentation détermine la belle couleur des plumes, un outil essentiel aux mâles pour plaire.

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Il se pourrait, peut être, que certains prennent l'idée de pondre ici. Pour se faire, mâles et femelles confectionne une cuvette de terre où un seul oeuf sera déposé. Le maintient du niveau d'eau des marrais est alors important, pour éviter que le nid soit inondé mais aussi pour que les étangs les protégeant des prédateurs ne soient pas à sec, permettant à ces derniers de se saisir des oeufs et des poussins. D'ailleurs, l'utilisation de pompes sur le site et la stabilité des eaux pourraient également expliquer cette forte affluence de flamants à cette saison. Il est vrai qu'un gros oiseau rose, un peu maladroit sur la terre et ayant besoin de temps à décoller fait également une proie toute trouvée pour les renards, les chiens errants et les rats surmulots. Pont de Gau fait alors office d'un refuge, les zones humides propices à la reproduction diminuant d'années en années avec l'urbanisation et le dérèglement climatique.

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Pour l'heure, de nombreux poussins ont été bagués sur les grands sites de reproduction. Ce sont pas moins 600 petits qui ont été équipés de bagues entre le 6 août et le 18 avril. Celles-ci permettront de les suivre tout au long de leur vie. Poids, âge, engergure ou encore dynamisme, toutes les informations sont rentrées sur un carnet de suivi qui sera par la suite numérisé. D'ailleurs cette année, ce sont les 30 ans du programme flamant qui sont fêtés et ce sont des centaines de bénévoles, de bagueurs, de scientifiques et d'observateurs qui ont permit de mener à bien ses actions en France mais aussi en Espagne, au Maroc ou encore en Tunisie. Plus d'infos ICI sur le bagage.

DSC09279Pour l'exemple, l'an dernier ils étaient pas moins de 150 téméraires pour aller mettre les pieds dans l'eau bien plus. Le bagage ne peut se faire qu'à un certain âge chez les poussins, pour faire en sorte que les parents ne quittent pas le site. Ils sont conduits en douceurs dans des enclos permettant de les saisir sans les mettre en danger.

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Les données pour l'heure permettent d'affirmer que sur les 500 000 flamants roses estimées de par le monde, 10 % passe au moins une partie de l'année en France et 4% reste à l'année. Si ces chiffres laissent penser que la population se porte bien, il ne faut pas oublier qu'il y a 50 ans de ça, leur population était menacée. Cela pourrait de nouveau être le cas avec la disparition de par le monde des marais salants. Cela nous fait revenir à Pont de Gau. Le calme retrouvé pourrait conduire à de premières nidifications mais, la sortie de confinement pourrait mettre en échec l'élevage des poussins si le public serait à nouveau amené à parcourir le site, les flamants percevant les humains sans mal comme des prédateurs et à raison. En 2017, 6 flamants sont retrouvés morts dans une réserve Corse, le corps criblé de plombs par des braconniers (ICI), signe qu'il est plus que jamais nécessaire de sensibiliser les populations sur l'importance du maintient de ces oiseaux et de leur écosystème.

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Tout cela nous pousse à nous interroger sur la manière dont nous consommons la nature, car ici il est bien question de consommation. Même si nous avons pris l'habitude de ne plus fréquenter les parcs zoologiques, nous continuons de temps à autre à nous rendre sur des sites ouverts et en particulier les réserves où il est possible de s'approcher de la faune au plus près, sans toujours nous poser la question de l'impact que nous pouvons avoir sur celle-ci même si nous essayons de l'approcher au mieux. J'avoue avoir beaucoup culpabilisé à la lecture de ces articles, et il serait possible qu'à la sortie du confinement, nous changions notre pratique de naturaliste. Ce changement se ferra peut être sentir dans les articles à venir sur le blog. À suivre ...

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samedi 16 mai 2020

La faune urbaine : découverte.

DSCN1878Voici la vue depuis mes fenêtre pendant le confinement. Au moment je commence cet article, nous avons presque passé les 5 semaines et nous attaquons le 34e jour a rester chez soi pour la plupart d'entre nous. Si j'ai pendant longtemps regretté les sorties du weekend et surtout, de ne plus pouvoir exercer comme animatrice nature dans les écoles et sur les espaces naturels sensibles de la Métropole, j'ai aussi appris peu à peu à découvrir la faune et la flore de mon quartier, et je dois dire que j'ai beaucoup de chance. L'Yzeron passe sous nos fenêtre et un alignement d'arbres ensauvagé abrite de nombreux oiseaux que nous avons loisir à observer du matin au soir. Cet article est ainsi pour moi l'occasion de vous parler et de vous présenter tout ce que nous avons pu expérimenter et observer, en complément du billet que j'ai pu tenir au jour le jour en présentant une espèce ou un événement marquant par jour. Il complète également l'article à venir sur l'observation très particulière et rare d'une corneille pêcheuse depuis notre appartement. Bref, un condensé des centaines de photos que nous avons pu prendre pendant cette drôle de période qui ne nous permet pas encore voir de quoi demain sera fait, ce qui ne me laisse pas sans angoisse.

Toutes ces espèces ont été observées sur une surface de 84190 m² (8,4 ha) et sur un linéaire de 1,37 km, toujours en respectant les règles du confinement.

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Grand brouhaha au petit matin. Une troupe de 6 geais des chênes (Garrulus glandarius) se font la guerre des les robiniers faux acacia (Robinia pseudoacacia). Plumes dressés sur la tête, cris et même petits coups de becs, le temps n'est pas à la diplomatie. Le bleu de leurs ailes et leur gorge saumon se dessinent entre les feuilles naissantes. Il s'agit d'un bleu structurel, c'est à dire que les plumes ne contiennent pas de pigments de cette couleur, c'est leur structure qui renvoient cette couleur. On parle alors de bleu structurel.

DSCN1855Le geai des chênes porte bien de son nom car les glands composent une grande partie de son alimentation, en particulier l'automne. À l'arrivée de l'hiver, il fait des provisions qu'il enterre dans le sol. Intelligent, il mémorise chacune de ses cachettes mais aussi ce qu'elles contiennent. Il consomme alors prioritairement les denrées qui s'abîment vite. Néanmoins il ne parvient pas toujours à retenir où sont les 1500 loges et certaines ne sont jamais ouvertes. Les graines et en particulier les glands qui y sont dissimulés peuvent alors croître pour donner des arbres. Le geai contribue ainsi à la régénération des forêts. Si c'est un allier des forestiers, son attirance pour les fruits des vergers conduit chaque année à la mise en place de campagnes de tirs et à son classement en espèce chassable, à moins que ce soit l'idée tenace mais complètement fausse que la prédation qu'il peut avoir de temps à autre sur les oisillons conduisent à la diminution de certaines espèces de gibiers ...

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La saison des canetons est ouverte ! Les mères canards colverts (Anas platyrhynchos) sont venues sous nous fenêtres les premières semaines du confinement avant de se faire plus rares. Le record de 2019 des 21 canetons pour une canne n'a pas été encore battu mais nous avons tout de même vu une famille avec 19 petits. Plus généralement nous comptons des portées de 1, 3, 6, 8 ou 12 jeunes. C'est un véritable exploit de voir les femelles réussir à mener leurs progénitures à l'âge adulte, les prédateurs étant nombreux. Les rapaces, les renards mais surtout les chiens des promeneurs, les chats ensauvagés et même les silures figurent parmi les dangers et pour certains, ne devraient pas à mon sens exister si nous étions plus responsables avec nos animaux de compagnie.

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Et puis parfois il y a des ratés. Cette femelle accompagnée d'un mâle s'est montrée peut attentive en vers ses poussins, les abandonnant fréquemment et longtemps malgré les cris plaintifs de ceux-ci. Nous ne parviendrons pas à les sauver et chaque jour nous verrons leur nombre diminuer jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul. Ce comportement peu commun peu s'expliquer de nombreuses manières : des canetons avec des tares non visibles à nos yeux et conduisant la mère à l'abandon, un instinct protecteur peu ou pas développé, une nouvelle couvaison ou un cycle d'ovulation en route d'où la présence du mâle ... le mystère reste entier.

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Qu'ils sont adorables à barboter dans l'Yzeron au milieu du pollen qui flotte à la surface. Ils sont sortis de leur oeuf après 28 jours d'incubation par leur mère. À leur sortie, ils quittent directement le nid pour ne plus y revenir, on les dits alors nidifuges. C'est un trait de caractère propre aux oiseaux dont les poussins doivent être en capacité de se débrouiller dès leur naissance pour chercher leur nourriture. Les rapaces et la plupart des passereaux sont dit quant à eux nidicoles, c'est à dire que les oisillons restent au nid et on besoin d'être nourris par leurs parents. Les cantons seront élevés pendant 7 semaines avant de devenir indépendant et de se reproduire l'année suivante.

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En fin d'après-midi, les colverts ont pris l'habitude de se poser sur le muret qui se trouve juste en dessous de la fenêtre pour se reposer. D'ordinaire il y a encore de nombreuses voitures et de travailleurs qui passe par là mais en cette période la voie sans issue est vide et peu sont ceux à si promener. Nous pouvons alors les observer à loisir. Si l'espèce est commune et connue de tous, on ne prend pas toujours le temps de l'observer dans son comportement. Par exemple ici, en regardant le mâle de plus près, on peut voir qu'il n'a pas de plumes qui rebiquent au bout de la queue, signe qu'il n'est pas dans une phase de séduction ou de reproduction.

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Au bout de 3 à 4 semaines, les colverts se sont montrés de moins en moins timides, peut être en raison des nourrissages qui se sont multipliés. Pourtant on ne le répétera jamais assez, le pain et autres produits de boulangeries sont dangereux pour les canards et les cygnes, leur en donner c'est les condamner. Plumes abîmés rendant les oiseaux inaptes au vol, dénutrition, ailes retournées, perte d'impermabilité les rendant incapables de flotter, trosions de l'estomac, étouffemens, intoxications bactériennes ... ce ne sont là que quelques uns des problèmes engendrés par cette pratique. Et pour ceux qui répondront que l'on ne voit jamais des canards dans cet état, je leur répondrai qu'ils ont bien de la chance de n'être jamais tombés sur le cadavre d'un volatiles dans les fourrés, les animaux se cachant toujours aux yeux des prédateurs et de leurs congénères pour mourir.

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Voilà un autre animal qui profite du calme des rues. Les chats domestiques (Felis silvestris catus) et les chats arrêts, des chats de salon ensauvagés, on prit possession des lieux. J'ai beau adorer les chats, je ne peux m'empêcher de penser aux dommages qu'ils causes à la faune. Chaque année ce ne sont pas moins de 12 millions d'oiseaux qui sont prédatés par les nos félins. À mon sens, je ne vois pas vraiment de solution. La castration, la diminution des animaux de compagnies et la sensibilisation du grand public me semblent être les meilleurs outils pour concilier temps bien que mal chat domestique et biodiversité.

DSCN1634 (2)La photo est floue mais la silhouette ne trompe pas. Plumage noir, bec jaune et vol saccadé, nous sommes en présence du grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Rapide, il vole presque aussi vite que le colvert (67 km/h), ce qui en fait le deuxième oiseau le plus rapide de France au vol battu, le maître toutes catégories confondues restant le faucon pélerin suivit des martinets noirs et des martinets à ventre blanc. Pour en revenir au cormoran, il ne passe qu'occasionnelement au-dessus de nos têtes, préférant d'ordinaire suivre le fleuve. Si l'espèce n'est pas connue comme nicheuse dans la région Auvergne Rhône-Alpes, entre 1989 et 2019 quelques cas ont été signalés dans la Dombe dans l'Ain et il y a des suspissions de nidifications dans le Rhône du côté de Jonage et dans la Loire. Si la population se porte bine à l'heure actuelle, elle reste fragile. N'oublions pas que l'oiseau à manqué de disparaître de France. L'absence de blanc sous le ventre indique qu'il s'agit bien d'un adulte et non d'un immature. Vu la saison c'est étonnant d'en voir un ici, la saison de reproduction ayant déjà débuté un peu partout dans le pays.

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Celui-là, on ne peut pas le louper. L'étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un très bel oiseau qui si il semble sombre de loin, aborde un plumage coloré, ponctué de taches blanches et de reflets irisés. Un grand bec jaune ponctue l'ensemble, au risque de le confondre au mâle du merle noire (Turdus merula). Grégaire, nous voyons tout aussi bien de grands groupes que des couples et des individus isolés, ces derniers étant toujours rejoints par des congénères. L'exception est faite quand ilse  trouve sur une antenne ou une branche où il chante sa sérénade, une mélodie qui nous accompagne du matin au soir pour notre plus grand plaisir.

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C'est la grande saison de reproduction. Ce peuplier et plus particulièrement ses branches mortes donnent là de quoi préparer au mieux le nid de l'étourneau. Installé dans une cavité, le plus souvent de pic épeiche ou de pic vert, il peut tout autant être fait dans un tronc creusé par les âges que dans un vieux bâtiment aux mûrs défraîchis. En ville et en agglomération, on le trouve même à nicher dans les lampadaires.  4 à 6 oeufs bleus seront pondus puis couvés pendant 15 jours. Il faudra encore 21 jours pour voir les oisillons s'envoler et 5 à 10 jours pour qu'ils puissent devenir autonomes. Ils rejoignent alors des groupes de jeunes avec qui ils passeront l'automne et l'hiver.

DSCN2055Son régime alimentaire est varié. S'il est essentiellement insectivore, il peut aussi se tourner vers les raisins et les fruits, en particulier quand les insectes se font rares comme ces dernières années. Les dégâts qu'il peut occasionner (et qui ne sont pas anodins chez certains exploitants) le place bien souvent, trop souvent, sur la liste des espèces pouvant occasionner des dégâts et anciennement appelées nuisibles. Ce terme n'est plus reconnu depuis 2016 dans la législation française mais continue à être utilisé dans le langage courant. Grands amateurs de larves de tipules (Tipula), on peut les voir ici et là les débusquer dans les pelouses et les prairies. C'est un chance pour le jardinier qui aime sa pelouse et qui doit faire face au dépérissement de l'herbe, les larves en question s'attauquant parfois au colet et aux racines des poacées (graminées), conduisant à leur jaunissement puis à leur mort par dénutrition.

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En voilà une autre qu'en cette période on ne croise que peu souvent. La mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) déserte le Rhône à l'arrivée du printemps pour aller nicher dans la Loire où se trouve un des plus grands sites de nidification de France mais aussi sur les côtes bretonnes et du nord. Ici il s'agit d'un juvénile, sa tête n'étant pas entièrement noire et les plumes de ses ailes étant pour certaines teintées de brun. D'ordinaire grégaire, en voir une seule détonne. Elle ne tardera pas à nous quitter pour rejoindre ses congénères, peut être dans la Loire mais aussi du côté des Pays de l'Est, des adultes avec des bagues ayant été observées cet hiver le long du Rhône, des bagues indiquant qu'elles venaient d'Estonie, de l'Ukraine et de la Pologne.

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Il y a moins voire plus de fauches aux abords des immeubles et le long de l'Yzeron. C'est une explosion végétale qui se profile alors. Le lamier maculé (Lamium maculatum) est l'une des premières fleurs à avoir fait son apparition. On l'appel maculé car ses feuilles sont parfois tachetés de blanc même si dans la région on l'observe peu. Si elle préfère d'ordinaire les zones ombragées et fraîches, on la trouve aussi dans des milieux plus ouverts, du moment que la terre est suffisamment riche pour subvenir à ses besoins. J'aime en récolter les fleurs pour les faire sécher et les utiliser dans les infusions. Si elles n'ont ni goût, ni vertus, elles ont l'avantage de colorer l'eau en un rouge-violine profond, ce qui je trouve donne encore plus envie de les boire.

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Un autre lamier se trouve non loin de là. Il s'agit du lamier blanc (Lamium album). Appelé ortie blanche, il n'appartient pas à la famille des orties, les urticacées mais à celle des lamiacées, que l'on reconnaît le plus souvent à leur tige carrée. S'il a quelques propriétés médicinales comme celle d'être expectorante un grand nombre de celles qui lui sont attribuées sont en réalité absentes chez cette plante. En effet sa blancheur lui a valu dans la théorie des signatures d'être associé à la pureté, et on lui prêtait à tort la capacité d'accroître la production de lait chez le bétail, et en particulier la vache mais aussi chez la femme.

DSCN2897Un petit dernier pour la route, présent à moins d'un mètre des deux premiers. Il s'agit du lamier jaune (Lamium galeobdolon). Lui aussi est appelée fausse ortie. On lui préfère cependant le nom d'ortie jaune et comme pour les autres, il n'en partage que le nom.

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Sa reproduction passe intégralement par l'action des insectes. Sa pollinisation est entomogame, c'est à dire que ce sont les butineurs qui apportent le pollen de fleur en fleur et qui permettent la fécondation des ovules. De la naît des graines qui a maturité sont transportées par les fourmis, trouvant là une source de nourriture et qui bien involontairement finissent par les replanter. On parle alors de dissémination par myrmécochorie. Ce n'est pas le cas de la grande ortie (Urtica dioica) qui pousse au milieu de tous ces lamiers comme si elle aimait entretenir les confusions. La belle est anémophile, c'est à dire que son pollen est dispersé par le vent. Pour les graines on parle de dyszoochorie : la dissimilation des graines se fait lors du transport de ces dernières par des animaux qui souhaitent les manger et qui en laisse s'échapper.

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Le bal des rapaces commence. Au dessus de nos têtes mais aussi au loin dans la friches, ce sont pas moins de 8 espèces que nous avons entendu chanter et/ou voler. À notre tableau de chasse photo, il nous manque la buse variable (Buteo buteo) qui aie tourner dans les airs, le faucon pèlerin (Falco peregrinus) qui chasse dans le loin et la chouette hulotte (Strix aluco) que nous n'avons qu'entendue. Il m'en reste donc 4 à vous présenter. Figurent parmi celles-ci les milans. À gauche, il s'agit d'un milan royal (Milvus milvus), avec une envergure de 1,75 m à 1,95m d'envergure, ce qui en fait un grand oiseau. Les deux tâches blanches de ses ailes et sa queue fourchue ne laisse pas de doute. À droite il s'agit de son cousin le milan noir (Milvus migrans), plus petit mais plus ubiquiste. Tout deux reviennent d'Afrique même si quelques milans royaux passent l'hiver ici et dans le massif central.

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L'image est floue, et pour cause, elle est prise de nuit. Je n'aurai jamais cru voir sur Oullins, au milieu dans l'espace urbain, un faucon hobereau (Falco subbuteo). Ce n'est pas la première fois que nous le voyons, mais c'est notre première observation aussi longue et surtout, de l'oiseau dans un moment de vie. Celui-ci est afféré à mangeur ne grenouille, un autre surprise, l'espèce étant plutôt connue pour se nourrir de petits passereaux et d'insectes et plus particulièrement de libellules. C'est encore un migrateur qui pour sa part passe l'hiver en Afrique subtropicale et descend même jusqu'en Afrique du Sud. Il repartira de France à la mi-septembre, après avoir pondu 2 à 3 oeufs dans le nid abandonné d'un corvidé ou d'un rapace. La couvaison et l'élevage de la progéniture prennent 28 et 31 jours. Les jeunes restent un mois de plus en compagnie de leurs parents.

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De notre fenêtre, nous sommes des privilégiés. Au sommet de l'immeuble qui nous fait face, un couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) vient se reposer, particulièrement quand il pleut. Il nous a offert quelques fou rires aussi, notamment un soir à 20 heures où toute la barre se mettant à frapper des mains, l'oiseau posé sur le toit se mit à brailler comme pour se joindre à l'effort. Depuis quelques temps nous ne voyons plus que le mâle venir et pour cause, madame s'apprête à pondre. Celle-ci a arrêté la chasse et attend que monsieur viennent la nourrir. Chez certains rapaces, la couche de gras présent chez la femelle détermine le nombre d'oeuf. Plus le mâle est bon chasseur et peut assurer le nourrissage de la femelle, signe qu'il est fiable pour subvenir au besoin d'un grand nombre d'oisillons et que les rongeurs sont abondants, plus il y aura de jeunes au nid.

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Nous avons même pu à la toute fin du confinement, observer l'envolé de petits crécerelles. Nous n'en sommes pas sur mais nous pensons qu'il s'agit du couple nichant dans le parc que nous avons pu observer à deux ou trois reprises. Voilà un jeune mâle et une jeune femelles, sans doute frères et soeurs, accrochés tant bien que mal sur le grand immeuble qui fait office la plupart du temps de reposoir à leurs géniteurs, las de leur rôle font comprendre à leurs enfants qu'il est temps de prendre leur indépendance plus ou moins violemment.

DSCN1835 (3)C'est le dernier de la liste, l'épervier d'Europe (Accipiter nisus). Celui-ci tourne haut dans le ciel en compagnie de martinets à ventre blanc qui ne se gênent pas pour lui faire comprendre qu'il n'est pas le bien venu du fait de son statut de prédateur. Le torse légèrement roux indique qu'il  s'agit d'un mâle, la femelle étant entièrement blanche et grise. C'est une espèce discrète, spécialisée dans la chasse des petits oiseaux, un trait de caractère qui s'observe au doigt médian de ses pattes qui est beaucoup plus long pour attraper les passereaux en vol plus facilement. Il préfère chasser dans les milieux ouverts entourés de boisements mais on le trouve aussi en ville. La chasse y alors plus compliquée, les proies se réfugiant majoritairement dans les haies. Le taux de réussite est alors de 5% seulement. Néanmoins, l'affût aux mangeoires permet à l'épervier de faire un bien meilleur score.

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Voilà le martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), avec pour la photo de gauche une comparaison entre ce dernier et l'épervier. C'est un oiseau de belle envergure, pas moins de 55 à 60 centimètres. Pourtant c'est un poids plume avec 80 à 100 grammes et pour les plus gros, parfois 120 grammes. Ce martinet niche d'ordinaire sur les paroies rocheuses, de préférence en montagne. Pourtant il semble avoir trouvé son bonheur dans quelques villes de France dont la métropole lyonnaise où les grands immeubles leur offre une opportunité bienvenue pour nicher. Dans certains quartiers en Suisse, on peut rencontrer pas moins de 150 couples.

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C'est un migrateur qui revient d'Afrique tropicale aux alentours d'avril pour nicher en Europe. C'est un des oiseaux les plus rapides de France, pouvant aller à plus de 200 kilomètres heures quand il poursuit un congénère pour défendre son air de nidification ou le territoire de la colonie. Quand le soir tombe et qu'il n'est pas encore venu la période de reproduction, les martinets à ventre blanc montent en altitude et vont passer la nuit à dormir en volant. Un comportement épatant, d'autant plus quand on sait que les jeunes peuvent passer les trois premières années de leur vie sans se poser. Un record détenue par d'autres oiseaux comme les albatros.

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C'est un insectivore qui avec son large bec, saisi les insectes au vol. Il peut ainsi prélever des papillons et des mouches mais le plus souvent ce sont des moucherons, des moustiques et des drosophiles qui font les frais de cet habile chasseur. Au moment de nourrir les petits il rapporte au nid une boulette d'insectes tout englués qu'il met une vingtaine de minutes à fabriquer. Les oisillons seront alimentés avec ce régime pendant huit semaines avant de pouvoir prendre leur envol. Ils reviendront années après années dans le secteur sans pour autant s'installer au même endroit que leurs parents, les colonies vivant souvent côte à côte.

DSCN2985Un nouveau venu ! Le martinet noir (Apus apus) s'est joint à son cousin. Plus petit avec une envergure de 40 à 50 cm pour 45 gr, il arrive un peu plus tardivement. Tout aussi rapide, ses moeurs sont relativement similaires à l'exception qu'il se fait beaucoup moins alpin. Adapté à la construction humaine, on n'observe plu qu'en Corse des individus nicher dans leur habitat naturel : les falaises et les cavités des troncs d'arbres. On parle alors d'espèce anthropophile. Dès la fin juillet, il quitte la France pour retourner en Afrique, continent où il trouve suffisamment de nourriture, l'hiver n'étant pas la meilleure saison pour trouver des moucherons et d'autres petits insectes volants.

DSCN2980Toujours sur l'immeuble d'en face, qui est une source d'inspiration formidable, les martinets noirs s'affaîrent. 17 entrées d'aérations abandonnées font office de sie de nidification et déjà, quelques individus s'y engouffrent. On classe les oiseaux en trois catégories : les effleureurs qui passent à proximité pour voir s'il n'y a personne dans les cavités (entre 1 et 2 ans), les frappeurs qui entrent quitte à se faire déloger violemment (entre 2 et 3 ans) et les nicheurs, qui occupent le site (plus de 3 ans). Un couple de martinet met plus d'un an à préparer son nid. Pour cela il collecte des fils de toile d'araignée portés par les airs, des plumes et des brindilles légères. Ils sont aussi connus aussi pour leurs courses  poursuites, que l'on nomme chasses huantes. Souvent menées par les jeunes, elles permettent aux différentes colonies de délimiter leurs territoires. C'est là qu'ils peuvent atteindre 180 à 200 km/h. Depuis nous avons pu faire une autre observation très sympa, un couple s'étant installé sous nos fenêtres. Nous pourrons, avec un peu de chance, entendre les petits piailler depuis la toiture où ils sont installés.

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En voilà un qui se montre autant qu'il se fait entendre et qui chante matin et soir, accompagnant souvent notre levé. Très répandu, il présent dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'il y ait des arbres. Ainsi les parcs urbains boisés, les forêts, les haies et autres bosquets sont pour lui un lieu tout trouvé pour nicher et se nourrir. Peu discret, on le reconnaît au brouhaha qu'il fait quand il cherche sa nourriture dans les feuilles mortes et à son cri caractéristique à son envol quand i lest dérangé. Son plumage noir et son bec jaune chez les mâles sont un autre élément de distinction. Les femelles sont de leur côté moins voyantes avec une livrée qui tire sur le roux et un bec gris-noir. Les jeunes sont similaires à l'exception des mâles qui ont le bec jaune.

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On peut parfois le confondre avec l'étourneau sansonnet, mais celui-ci est plus petit (à droite). Le merle noir mâle (à gauche) laisse voir une stature plus importante et ici, une gorge gonflée, prête au chant. Pesant entre 80 et 100 gr, son gabarit est souvent retenu pour évaluer et classer les autres passereaux dans les guides ornithologiques grand public. Il n'est pas toujours apprécié dans les jardins du fait de son appétence pour les fruits. Cependant il se nourrit avant tout de petits invertébrés, en particuliers de vers de terre qu'il récolte dans les pelouses rases et de larves de lépidoptères comme celles de tipules qui posent parfois problème dans les gazons.

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Les apiacées ce n'est jamais simple. Ici on croirait avoir une seule espèce et pourtant il y en a bien deux. À gauche, on se retrouve avec un cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris), la tige toute verte, poilue et aux fleurs dont certains pétales sont plus longs que les autres. Rien  à voir avec le cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum) dont les pétales sont beaucoup plus uniformes et la tige teintée de pourpre ce qui lui vaut parfois d'être confondu à tort avec les ciguës. Si le premier est parfois consommé, le second est toxique et peut à l'ingestion provoquer des paralysies. Les deux aiment les lisières forestières, les haies et parfois la proximité de l'eau. Tout autant de raisons d'éviter de les confondre si on souhaite s'initier à la cuisine du cerfeuil des bois.

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Ils ne sont pas à l'abri des aléas du sol. S'il est courant de croiser des cerfeuils aux feuilles présentant des anomalies, en ville cette probabilité est plus élevé, le sol étant par endroits appauvri ou/et pollué. Ici il s'agit d'une dépigmentation, donnant au feuillage un motif sublime mais ne permettant pas à la plante la plupart du temps, de subvenir à ses besoin car manquant de chlorphyle pour synthétiser une partie de sa nourriture. Cela explique la fragilité de nombreux cultivars au feuillage dit panaché, souvent dû dans ce cas à une anomalie génétique.

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En voilà un que nous guettons chaque soir et qui est presque à chaque fois au rendez-vous. Il s'agit du héron cendré (Ardea cinerea), un bel oiseau d'un mètre de haut. La période de reproduction pour la plupart de ses congénères est bien entamée, et tandis que la plupart des hérons passent la nuit au nid, celui-ci vient pêcher à la tombée du jour et parfois se coucher dans l'alignement d'arbres qui nous fait face. Voilà seulement, il n'est plus le bienvenue depuis quelques jours, chassés par un couple de corneilles noires (Corvus corone) dont les petits sont nés depuis peu. Régulièrement, nous assistons à leurs course-poursuites presque tous les jours.

DSCN2155Hop, en deux coups de becs les poissons terminent dans le gosier du héron. Il profite de la faible hauteur d'eau pour se saisir des petites chevênes. Pour ce juvénile reconnaissable à son coup gris, c'est une aubaine, le lieu n'étant fréquenté qu'occasionnellement par un autre échassier et parfois par un vieux héron cendré au bec cassé qui traîne le plus souvent du côté du parc de Gerland. C'est d'ordinaire un oiseau farouche mais au fur et à mesure des jours et du confinement, celui-ci c'est montré de moins en moins timide, se laissant même approcher par les passants ou pointant le bout de son bec orangé dès 16 heures ou même 11 heures du matin quand il pleut et que les promeneurs se font rares comme ce 3 mai où il est accompagné dans sa pêche par un énorme silure glane (Silutus glanis) se tenant un peu plus loin et dont nous ne voyons que la nageoire dorsale dépasser de l'eau et quelques petits poissons sauter pour sauver leur vie à l'arrivée de ce monstre des rivières. À noter c'est le deuxième plus grand poisson d'eau douce d'Europe derrière le grand esturgeons (Huso huso) et figure dans le liste des 10 poissons d'eau douce les plus grand au monde avec l'estugeon blanc (Acipenser transmontanus) ou encore l'arapaïma (Arapaima gigas).

DSCN2170Pour en revenir au héron cendré, il lui faut 2 à 3 ans pour atteindre sa maturité sexuelle. Avec un peu de chance nous pourrons voir celui-ci pendnat un moment depuis chez nous. Nous ne sommes sans doute pas les seuls à assister à ce spectacle, l'oiseau étant présent de partout. Asie, Europe, Afrique, Amérique du Nord, Océanie et même Groélande, sans oublier un détour par le Brésil, on peut dire que c'est une espèce qui sait s'adapter à son environnement, celui-ci aimant tout autant les prairies humides, les plages, les mangroves, les marais ou les lagunes pour peu qu'il y ait du poisson, des amphibiens, des insectes ou des rongeurs.

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Ce n'est pas le seul échassier à apprécier le coin. Nous voyons de temps à autre une aigrette garzette (Egretta garzetta) venir l'hiver. Printemps oblige, cela faisait bien longtemps qu'il n'y en avait pas eu une sur les rives bétonées. Celle-ci s'est pointée au bout du 43 jours de confinement. Contrairement au héron, elle semble préférer les eaux plus vives, en particulier quand c'es suote à la tombée de la pluie. La voir affronter le courant a de quoi déclancher quelques rires chez nous. C'est une espèce qui appartient elle aussi à la famille des hérons mais de plus petit gabarit que le précédent, comme on peut le voir à côté des colverts, ne dépasse que rarement les 600 gr pour une envergure maximale d'environs un mètre et uen taille de 65 cm.

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Très attachée aux milieux humides, on la trouve sur les cotes et le long des fleuves, même si elle reste rare dans les terres et même absente dans certains départements. Ici, elle trouve de quoi ce nourrir. Elle possède un régime alimentaire varié, se nourrissant de crustacés, de petits poissons, de larves ou d'insectes. Pour les attraper, elle peut brasser le fond de l'eau vaseux pour faire remonter les invertébrés à la surface, ouvrir des ails pour attirer les poissons par cette ombre bienvenue ou encore, pêcher en affût et déployer brutalement son cou pour harponner de son bec en un éclair une proie malchanceuse ou s'approchant imprudemment trop près de la surface.

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DSCN2335Des poissons qui plaisent aux oiseaux pêcheurs, dans le petit bout de l'estuaire de l'Yzeron que nous observons, il y en a des centaines et des centianres. Nous avons enfin pu prendre le temps de les observer et de les identifier. Voici Bubulle, une superbe carpe koï (Cyprinus rubrofuscus) ou nommée aussi carpe d'ornement d'une 20aine de cm et qui, normalement, ne devrait pas se retrouver dans le Rhône. En effet il s'agit d'un poisson d'agrément qui trouve d'ordinaire sa place dans les bassins et les mares. On peut supposer qu'il a soit été relâché dans le Rhône volontairement, soit utilisé comme appât à la pêche en raison de sa couleur attirant les poissons carnassiers comme le brochet. Ces deux pratiques l'une comme l'autre sont interdites. Outre le fait de mettre un animal dans un milieu qui n'est pas le sien, il peut conduire à l'installation d'une espèce invasive/EEE (Espèce Envahissante Exotique) et/ou, à l'appauvrissement génétique d'une espèce souche. Pour l'heure Bubulle ne semble pas poser de problème et échapper aux prédateurs comme les silures et les hérons. C'est par l'ensemble de tâches noires que l'on distingue à sur sa queue que nous parvenons à le reconnaitre, celles-ci étant semblables à des empreintes digitales. À savoir, c'est l'une des plus anciennes espèces de poisson domestiqué connue à l'heure actuelle.

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Restons dans le domaine avec la carpe commun (Cyprinus carpio). Ce gros poisson herbivore pouvant atteindre dans la nature pas loin de 8 à 10 kg (30 à 35 kg pour les plus grosses) et 60 à 80 cm, se reconnaît à sa bouche aux lèvres claires qui lui servent à brouter le fond de l'eau. Ubiquiste, on la rencontre aussi bien dans les rivières, les étangs et les canaux du moment que le courant y est faible, voire là où les aux les eaux stagnantes. Elle aime tout particulièrement les zones envasées et partage souvent la compagnie des brèmes comme sur la seconde photo où les deux poissons sont côté à côte, le plus petit des deux étant la brème. Péchée depuis au moins le néolithique, la carpe bien que moins consommé à notre époque moderne reste un poisson de choix.

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Nous sommes vendredi 8 mai, et pendant 2 heures, nous avons pu voir un ballet incroyable. 21 carpes, mais sans doute bien plus, défilent devantn os yeux, se préparant au frais. Certaines font une trentaine de centimètres, d'autres pas loin d'un mètre. Les voir tourner et se poursuivre dans moins d'un mètre d'eau arrête la plus par des passants peu habitués à ce spectacle. Pour notre part nous ne l'avions pas vu depuis 2017, un an après notre arrivée. Parmi les poissons présents, il semble y avoir plusieurs sous-espèces : carpes miroirs, carpes cuire etc.

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La voilà la brème bordelière (Blicca bjoerkna), poisson au milieu de vie si typique qu'il sert même d'indicateur. Ainsi si vous êtes dans une dans la zone dite « zone à brème », cela indique que vous êtes à l'exutoire d'une rivière ou dans un fleuve et que vous pouvez croiser des carpes, des sandres, des brochets, des silures ou encore des gardons. Cette brème se reconnaît à son dos trapu, presque bossu et à ses nageoires teintes d'oragné à la base. Longue de 25 à 30 cm, elle est souvent une proie de choix bien que délaissée par les pêcheurs. Poisson filtreur quand il est jeune, cette espèce se nourrie aussi bien de vers, d'insectes et de débris de plantes au fond de l'eau avec sa bouche orientée vers le bas. On a découvert qu'elle était l'une des espèces pouvant consommer la moule zébrée (Dreissena polymorpha), une espèce asiatique invasive pouvant obstruer les sorties d'eau.

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On trouve aussi de beaucoup plus petits poissons. À gauche il s'agit d'un groupe d'ablettes (Alburnus alburnus), un espèce grande 8 à 18 cm, aux écailles argentées et souvent appréciée des carnassiers, ce qui leur vaut d'être courament utilisés comme leurre pour la pêche au gros. Bien que petites, les ablettes peuvent vivre 6 ans, si elles sont assez habiles pour éviter tous les danger de la rivière. À droite il s'agit de eux jeunes perches communes (Perca fluviatilis), reconnaissables à leurs zébrures. Adulte, elle atteint 20 cm et se nourrie alors d'alevins, de crustacés, d'insectes et de petits poissons tel que l'abelettes. Nous avons donc le loisir de voire les proies et les prédateurs se cotoyer dans les mêmes eaux, sans pour autant voir de perches adultes. Il semble y avoir là plusieurs sous-espèces : carpes miroires, carpes cuires etc. à la vue des flancs.

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Cependant, le poisson qui nous fascine le plus n'est pas de ceux que je vous ai présenté jusqu'à là. Il s'agit de la chevesne (Squalius cephalus), et dont les belles nageoires rouges attirent notre oeil. Si on l'a trouve le plus souvent dans les rivières à truites et à saumons, elle se montre peut difficile et se développe sans mal dans le Rhône et dans ses affluents. Omnivore, c'est ce qui lui permet de se plaire dans une grande variabilité de milieu pour peu qu'elle puisse former des bancs avec d'autres congénères. Si nous observons des individus dépassants rarement 20 cm, il faut savoir que les plus gros peuvent atteindre 80 cm pour 4 kg.

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Dans nos sociétés modernes, la chevesne n'est plus un poisson prisé en raison de ses nombreuses arrêtes, hormis en friture quand il s'agit de juvéniles. Autrefois, il était courant de le cuire au four ou en court bouillon. Néanmoins, elle reste très populaire dans les pays de l'Est où on la consomme bouillie, frite, farcie ou fumée. Présente en nombre dans toute l'Europe, elle représente une manne financière pour de nombreux ports de pêches des grands fleuves. Classé dans les poissons  chair blanche, il est riche en protéine et pauvre en calories.

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Voilà où se donne rendez-vous toute la poiscaille du coin. Si l'endroit ne paye pas de mine, on arrive en quelques pas à plus d'un mètre de fond, et croyez moi, j'en ai déjà fait les frais. La pente douce permet d'observer les poissons par ordre de grandeurs, les petits se tenant plus proche du pont, là où la hauteur d'eau est la moins importante et où, hélas pour eux, les hérons et les aigrettes les saisissent sans mal. Les gros sont un plus loin, afin de pouvoir se mouvoir sans s'échouer mais pas sans tomber nez à nez avec le hameçon des pêcheurs qui cherchent là, le plus souvent, de quoi faire un bon stock d'appâts ou un peu de pêche sportive avec les silures.

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Les photos le rendent mal, mais quand on parle de bancs dans le rivière Yzeron, on parle de centaines et de centaines de poissons qui, serrés les uns contre les autres, suivent le rythme lent de l'eau. Certains sont là pour frayer, d'autres pour échapper aux prédateurs ou au contraire, pour trouver de quoi se nourrir et d'autres encore viennent y chercher des eaux calmes ou riches en oxygène. Tout autant de raisons qui explique leur multiplicité.

DSCN2778Tout n'est pas si rose. De nombreux poissons flottes morts au fur et à mesure que la pluie se fait attendre. Pour autant il faut être prudent dans la conclusion et si la pollution reste une éventualité, il ne faut pas oublier qu'il peut y avoir bien d'autres raisons. Faible teneur en l'oxygène de l'eau, sédimentation de celle-ci, trop hautes ou trop faibles températures, bactéries, champignons, virus, promiscuités entre les animaux ... le choix est vaste et souvent multiple. Nous l'avons surtout observé sur des brêmes bordelière (Blicca bjoerkna) mais aussi sur les brèmes communes (Abramis brama) qui, aimant le fond, sont beaucoup plus grosses et beaucoup plus difficiles à photographier. Pour les chesvenes et les ablettes, ce sont les poissons que nous avons observé avec le plus de dégâts aux nageoires, surtout chez les petits individus. Peut être est-ce dû à une forte prédation dans le secteur, des chasses étant souvent observées depuis la fenêtre. Pour les dégradations corporelles, il s'agit bien souvent de champignons. Ils sont présent sur toutes les espèces confondues, et cette brème en fin l'amère expérience.

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Parmi les infections que nous pensons avoir identifié, on peut parler des saprolégnioses, des micro-organismes de l'ordre des Chromista, et qui conduisent à des tâches blanches cotonneuses voire filamenteuses qui virent parfois au gris et provoque des nécroses dermiques ulcéreuses. Il y a aussi le Rhabdovirus carpio, un virus qui produit la virémie printanier et qui s'identifie à des saignements cutanés, en particulier au niveau de la queue. Ces maladies s'installent bien souvent sur des plaies et/ou quand l'eau à un pH acide.

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Voilà une fleur typique du début du printemps. La stellaire holostée (Stellaria holostea) se reconnaît à ses pétales blancs semi bifides, c'est à dire divisés en deux jusqu'au milieu mais aussi à ses tiges renflées à leur extrémité, un peu comme le serait des os. D'ailleurs c'est de là qu'elle porte son nom d'holostée, qui signifie "fait d'os". Plutôt forestière, elle pousse sur les talus ombragés en lisière et dans les forêts, sur des sols riches en humus. Dans l'usage traditionnel, et selon la théorie des signatures, on pensait qu'elle pouvait soigner les fractures - ce qui n'en est rien. Les jeunes pousses peuvent être utilisées en salade mais pour ma part je préfère les laisser aux chenilles de papillons de nuit qui en font leur alimentation unique, à l'instar de la noctuelle héliaque (Panemeria tenebrata), un petit papillon brun et orangé avec une grande variabilité de motifs.

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Autre plante du moment, la petite pimprenelle (Sangisorba minor) dont les rosettes aux feuilles tendres s'étallent dans l'herbe. C'est le moment de les récolter pour les manger en salade, leur goût étant proche de celui de la pomme et du concombre. Riche en tanins en particulier au niveau des racines, elle fût par le passé utilisée comme anti-hémoragique. D'ordinaire elle pousse dans les pairies sèches et les sols pauvres. La voir au bord de l'eau dans une terre humifère est surprenant, sauf si on prend en compte le fait qu'à l'origine les rives de l'Yzeron étaient bétonnées et ont été entièrement restaurées, laissant ça et là des ourlets de sols sableux pauvres.

DSCN2046Un éclair jaune fend la surface l'eau et une course-poursuite s'engage devant nous. Il s'agit de deux mâles de bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) qui se disputent le territoire. L'an dernier nous avons pu observer un couple nourrir et apprendre à chasser à leur jeune fraîchement émancipé. Il y a fort à parier qu'il en sera de même cette année. Ventre et croupion jaunes, sourcils et gorge blancs, dos gris souris et ailes couleur ardoise, on a là un oiseau superbe. Cependant elle ne serait être la seule à aborder ce plumage et il est aisé de la confondre avec la bergeronette printanière (Motacilla flava) et le bergeronette citrine (Motacilla citreola). Néanmoins ces deux dernières sont beaucoup moins courantes dans notre secteur et comportent beaucoup plus de jaune sur le ventre et/ou la tête. La bergeronnette des ruisseaux comme son nom le laisse entendre, est inféodée aux milieux d'eau vive. Elle niche dans les anfractuosités de la roche et des vieux bâtiments. Chez nous, c'est sur le vieux pont de l'avenue que le couple que nous suivons niche. Nous n'avons pas encore trouvé où exactement.

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C'est une migratrice qui entame dès septembre sa migration. Fuyant les hivers rigoureux et le risque de voir les cours d'eau qu'elle aime geler, elle se réfugie en Afrique et dans le bassin méditerranéen où elle s'assure ainsi d'avoir toujours des eaux libres lui offrant de quoi se nourrir. De retour en avril, parfois même plutôt, elle prend possession de son nid assez rapidement. Celui-ci est fait de végétaux. C'est là qu'elle pondra quatre à six oeufs qui seront couvés pendant deux semaines. Il en faudra deux de plus pour que les jeunes deviennent autonome. Le couple peut alors relancer une couvé pour juin ou juillet si les ressources sont suffisamment abondantes.

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La bergeronnette des ruisseaux est un oiseau insectivore. Elle chasse dans le lit des rivières, entre les galets et en eau peu profonde les mouches, les larves de phryganes (Phryganea) cachées dans leur fourreau, les nymphes et les argules que l'on nomme plus fréquemment poux de rivières (Argulus), de petits crustacés de 2 à 30 mm qui se fixent aux poissons pour s'en nourrir, le plus souvent au niveau de la tête. Bien que frêle avec une taille de 18 cm pour 15 à 23 gr, elle reste une redoutable chasseresse qui saisie ses proies sans difficulté.

DSCN2570 (3)La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) est particulièrement énergique et hante à tue-tête, que ce soit en face de la fenêtre ou dans le bosquet d'à côté. Seul le mâle à la tête noire, la femelle abordant une jolie calotte rousse, ce qui permet de différencier aisément les deux sexes. Son chant mélodieux peut être confondu avec celui du merle, mais il est plus rapide et n'est pas flûté. D'ailleurs si vous voulez le découvrir, je vous invite à l'écouter sur le studio les trois becs. Elle peut même imiter d'autres espèces de passereaux comme le rossignol philomèle. On retrouve cette espèce dans les milieux ouverts, dans des boisements plutôt jeunes et les lisières de bois. Les ripisylves, les forêts de bord de rivière, figurent parmi les habitats qu'elle affectionne. Elle y trouve les insectes dont elle nourrie ses petits mais aussi les baies dont elle se gave à l'automne avant de partir en migration. Dérèglement climatique oblige, la douceur locale et l'abondance de nourriture incitent de plus en plus de fauvettes restent à l'année dans le Rhône. Les petits suivront le même chemin que leurs parents dès leur première année.

DSCN2556De celle-là, on s'en serait bien passé. Il s'agit de l'une des renouées invasives, au nombre de 3 : la renouée du Japon (Fallopia japonica), la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis) et la renouée de Bohème (Fallopia bohemica),  l'hybride des deux premières. Venues d'Asie et naturalisées en France au 19e, ce n'est seulement que depuis les années 50-60 qu'elles posent soucis. Certes elles ont des avantages, mais cela ne serait faire oublier qu'elles détruisent les berges, colonisent des milieux en conduisant la disparition d'un grand nombre d'espèces végétales et l'enthomofaune, elles concurrencent les autres plantes à fleurs en étant plus attractive pour les pollinisateurs et à terme transforment les paysages en déserts vert. Il faut aussi tordre le cou à l'idée courante selon laquelle elles pousseraient uniquement sur les sols pollués, ce qui est loin d'être le cas mais aussi, qu'elles sont dépolluantes. Certes elles captent une partie des métaux lourds du sol en se développant, mais dès que leurs parties aériennes fanent ou qu'elles même meurent, elles rendent cette pollution au sol, parfois même en surface là où les composants se trouvés profondément enfuient, ce qui contribue à rependre ceux-ci dans l'eau et dans la litière forestière. Il ne faut donc pas avoir peur de les traitr pour ce qu'elles sont, des invasives.

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Tournons la tête. À côté de nous, une mésange charbonnière (Parus major) est toute occupé à faire sa toilette. Sa large cravate noire se terminant entre ses pattes indique qu'il s'agit d'un mâle, la femelle ayant une plus petite cravate. C'est un passereau adapté à beaucoup de milieux du moment qu'il comporte des arbres. Les parcs, les forêts, les jardins, et les friches sont les lieux où on est presque toujours assuré de la voir ou de l'entendre. Vivant en couple à la période de reproduction, cette mésange devient plus grégaire à l'arrivée de l'automne et se déplace bien souvent en groupe que l'on peut observer aux mangeoires l'hiver. Insectes, bourgeons, fruits, graines et mêmes animaux morts, elle sait tirer profit de la moindre ressource de son territoire.

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Des cris se font entendre. De l'autre côté de la rivière, les jeunes mésanges charbonnières prennent leur indépendance. Les parents continuent de venir leur apporter de quoi se nourrir depuis 4 jours mais il leur faudra bien vite apprendre seuls. On reconnaît les juvéniles à leur jouent jaunes et non blanches, à leur plus petite taille à leur bec bordé de jaune, le jaune citron de leur ventre et de leurs ailes ainsi qu'à leur cravate peu marquée.

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DSCN2302 (2)Ô surprise ! Elle n'est pas seule ! Outre la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) et la mésange noire (Periparus ater) qui traînent dans le coin, voilà que la mésange huppée (Lophophanes cristatus) s'invite ! Nous sommes ravies de l'observer car sans qu'elle soit rare, ce n'est pas courant pour nous de l'observer. Plumes dressées au dessus de la tête, motifs blancs et noires sur la face et ventre chamois, on ne peut pas la loupée. Le plus souvent on l'observe dans les conifères, à décortiquer les graines. À l'arrivée du printemps elle se tourne vers les insectes pour nourrir ses petits. Son nid est fait dans un entrelacement de branches, dans une cavité ou encore dans les vestiges d'un grand nid de rapace ou de corvidé. Fait de mousses, il peut contenir 5 à 8 oeufs. Couvés pendant pendant 2 semaines , il faudra encore 22 jours avant de les voir s'envoler et trouver leur propre territoire. Territoriale, elle le défend sans ménagement son espace de vie et ne se montre jamais grégaire. La plantation de plus en plus fréquente de pins et de cèdres favorise son expansion à travers tout le pays, mais on la rencontre aussi dans les parcs et les jardins.

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Un orage bienvenue s'invite dans la soirée, après des semaines de sec. Le lit de la rivière se gonfle, l'aigrette revient, les feuilles des robiniers faux acacia desséchées reprennent vie et les canards s'en donnent à coeur joie en barbotant gaîment. Le Rhône, comme la moitié du pays, est à la mi-avril classé dans les territoires dont les niveaux de précipitations sont très bas. Ajoutons à cela des températures records, et nous voilà à la limite de la sécheresse. Heureusement toute fin avril, voilà que la pluie tombe, et avec ça les arcs en ciel. Cependant ne crions pas victoire trop tôt. Depuis début mai, la tendance est aux fortes chaleurs voire très fortes, et il faudra encore bien des précipitations pour retrouver un niveau viable pour les nappes.

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Voici la lune du 4 mai qui se lève dès 17h14. C'est une lune croissante descendante. 87 % de  son disque est illuminé et on peut déjà voir un grand nombre des cratères des mers lunaires. Elle illumine la végétation sur notre retour à l'appartement. Cependant ce n'est pas la lune que nous attendons. Celle du 7 mai attire ma convoitise. Son lever est tardif : 21h24. Éclairée à 99%, il s'agit de la pleine lune et même d'une super lune ! Ce terme désigne une lune pleine qui se trouve à la plus petite distance possible entre cet astre et la terre. En résulte la possibilité d'en faire de très belles observations et des marées un peu plus marqué qu'à l'ordinaire.

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Passons du côté des corvidés avec les pies bavardes (Pica pica). Elles figurent parmi les espèces que j'adore, et pas seulement parce que son nom scientifique est le même que le cri d'un célèbre pokémon. C'est un oiseau facilement reconnaissable à son plumage noir et blanc irisé, à sa longue queue et à son vol battu. Très intelligente, la pie s'installe dans un grand nombre de milieux du moment qu'ils aient un espace ouvert. Elle a tendance à prendre place de plus en plus dans les espaces urbains, car elle supporte mal de vivre en compagnie du geai des chênes (Garrulus glandarius) qui plus forestier, voit ses populations augmenter sans que l'on sache encore exactement pourquoi. Les nichées de pies connaissent une baisse importante de leur taux de survie (jusqu'à 24%) si des nichées de geais se trouvent à proximité, expliquant cet exode observé.

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Il n'en fallait pas plus à certains pour décréter que leur nombre était trop important. Classée anciennement nuisible et désormais dans la clade des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, on s'en donne à coeur joie pour la détruire. Tirs, piégeages, appelants et même corvicides, un mot poli pour dire poison, tout y passe. Son tort ? Être trop bruyantes pour les oreilles de certains, manger les graines destinées aux passereaux pour d'autres, becter des fruits et surtout, on l'accuse à tort de se nourrir d'oisillons voire du petit gibier. Dans les faits la pie se nourrie essentiellement d'insectes, ces derniers représentant dans la majorité des cas plus de 80 % de son alimentation. À ça s'ajoute des fruits, des charognes ainsi que quelques oeufs et/ou jeunes oiseaux dont les parents n'assurent pas la garde correctement. Elle joue de ce fait un rôle essentiel en permettant de maintenir la sélection naturelle des populations de passereaux qu'elle peut prédater. Ces faits ne sont pas nouveaux, et sont abondamment documentés par les études de terrain et la littérature scientifique. Hélas, les idées reçues ont la vie belles et de nombreuses mentalités ne sont pas prêtes de changer. Quand on lit sur les forums dédiés au tir et au piégeage des corvidés qu'il est regrettable de ne plus pouvoir tirer les moineaux ou les cigognes (et ce n'est pas anecdotique) parce que c'est "amusant", que l'on a encore beaucoup de chemin à faire.

DSCN2827J'adore les corneilles noires (Corvus corone). Celles-ci ont aussi mauvaise presse, si ce n'est plus que les pies bavardes. Depuis le début du confinement, nous pouvons observer un couple qui niche sur un platane qui nous fait face. L'an dernier, il avait mené à terme une couvée de trois jeunes que nous avons pu observer dans leur émancipation. Nous nous étions attachée à l'une d'elle, frêle et aux plumes décolorées comme tous les membres de sa famille. Pains, fast food et autres nourritures industrialisées sont un désastre pour les oiseaux, et nous nous en observons les conséquences directement sur ces animaux. Hélas, les parents entamant une nouvelle nichée, elle a été chassée du territoire malgré tous ses efforts pour rester en leur compagnie. Je ne m'attarderai pas beaucoup plus sur les corneilles. En effet, je prépare un petit article de derrière des fagot sur des observations folles que nous avons pu faire. Depuis le 3 avril, nous nous sommes aperçu qu'une puis deux corneilles avaient pris l'habitude de pêcher des poissons directement dans la rivière. Un fait rare et fascinant que nous essayons de documenter au mieux.

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Nous voilà à nous remettre à l'observation et à l'étude des arbres. À gauche, il s'agit de l'orme champêtre (Ulmus minor), une espèce qui se raréfie un peu partout en France, la faute à la graphiose. Cette maladie est véhiculée par des scolytes qui se nourrissent des écorces et par contact racinaire. Néanmoins, ce ne sont que les ormes de plus de 20 ans qui sont touchés. Celui-ci semble arrivé à la date fatidique. Il partage la même friche avec l'érable plane (Acer platanoides) à droite. Sa floraison est superbe et je ne prends que trop souvent le temps de l'observer. Elle a prit fin très vite pour être remplacé par des feuilles vertes mates.

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Quelle belle surprise ! Sur notre chemin de ballade nocturne et alors que la nuit tombe (d'où le flou, la luminosité de la photo étant trompeuse), un pic épeiche (Dendrocopos major) se pose juste devant nous dans un saule. On reconnaît ici qu'il s'agit d'une femelle, celle-ci ne présentant pas de calotte rouge à l'arrièe de la tête. Sautant de branche en branche, elle finit par partir dans le parc en poussant de nombreux cris. Selon les régions, la nidification s'établie entre mars et mai, et les premiers tambourinements sur les troncs pour ouvrir la saison des amours se font parfois entendre en décembre. Chez cette espèce, c'est surtout le mâle qui couve les 5 à 7 oeufs qui ont été pondue, la femelle le ravitaillant à heures régulières en insectes et graines.

DSCN2733 (2)Retour à l'appartement. Un bruit se fait entendre dans le ciel. Ce n'est pas un oiseau mais un Mavic 2 Enterprise Dual, un drone utilisé par les forces de l'ordre. Nous l'aurons vu tourner dans le secteur 5-6 fois, nous rappelant au passage que le quartier sans être chaud, n'est pas non plus des plus calmes. Inondation, vols, tentatives de cambriolage, voitures volées puis brûlées ou fracassées, agressions, immeubles en feu ... depuis notre fenêtre et surtout depuis notre arrivée il y a 4 ans nous en avons vu des vertes et des pas mures, mais cela serait dresser un portrait peu fidèle de notre coin de paradis. Certes la violence est présente, mais il faut dire aussi qu'Oullins n'est pas que cela. Commerces de proximité, poumon vert qu'est l'Yzeron, parcs et jardins, initiatives de solidarités entre habitants ... la liste est longue. À travers mon travail j'ai même pu organiser une sortie de découverte des oiseaux en ville, participer au collectif de compostage et je m'émerveille tous les jours des nombreux animaux et plantes que je peux croiser. Cela ne reste pas la campagne ni la montagne où nous rêvons de vivre, mais pour le moment le lieu nous siée bien.

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Un délicieux parfum vient se frotter à nos narines. Les robiniers faux-acacias (Robinia pseudoacacia), appelés à tort acacias dans le langage courant, sont en pleine floraison. Leur odeur lourde et sucrée attire de nombreux pollinisteurs à la recherche de nectar. C'est là un merveilleux moyen pour l'arbre de faire transporter son pollen vers un congénère et ainsi d'assurer sa descendance. Pollen qui, d'après des études toutes récentes, aurait la capacité de modifier les conditions météorologiques quand il est relâché dans l'atmosphères par beaucoup d'arbres en même temps, ce dernier se fractionnant et permettant aux gouttes de pluies de se former dans certaines conditions bien particulières. Fascinant. Entamée en mi-parcours de confinement, la floraison à hélas pris fin trois semaines plus tard. Fort heuresement, d'autres essences ont pris le relais.

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C'est le cas du sureau noir (Sambucus nigra), une essence que j'affectionne beaucoup. À l'heure où j'écris, quelques fleurs infuses dans un peu d'eau, de sucre et de citron au fond de mon frigo. Le mélange donnera à coup sûr une délicieuse limonade au goût floral. À l'automne il donne de délicieux fruits qui peuvent être consommées en sirop ou gelée. Cet étourneau ne s'y trompe pas mai il devra encore attendre un peu avant de s'en délecter. On peut le confondre avec les deux autres espèces de sureaux présentes ne France : le sureau rameux (Sambucus racemosa) aux fleurs en grappes et non en ombelles qui est plutôt inféodé aux montagne, et le sureau yèble (Sambucus ebulus) dépourvu de bois et entièrement toxique.

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Nous n'avons pas l'habitude de croiser devant l'immeuble cet oiseau pourtant si commun. Il s'agit de la tourterelle turque (Streptopelia decaocto). Petite et au plumage gris, on reconnaît ici qu'il s'agit d'un juvénile, les adultes abordant autour du cou un demi collier noir au niveau de la nuque. D'origine asiatique, elle a migré au XXe siècle pour prendre possession de l'Europe. En France, elle ne semble pas porter atteinte ni faire concurrence aux autres espèces animales et ne pas avoir d'incidence sur la flore. Granivore, on peut parfois l'observer au sol se nourrir des graines des herbacées et des arbres, mais elle peut aussi varier les plaisirs en picorant des insectes, des bourgeons ainsi que des fleurs. À cette période, la nidification de l'espèce est bien entamée.

DSCN1968 (2)Deuxième colombidé de la liste de ceux que nous avons pu observer. Il s'agit d'un pigeon colombin (Columba oenas), le plus petit pigeon de France et même d'Europe. On le reconnaît à son oeil noir, à son croupion blanc, à ses ailes grises et à son poitrail coloré. Attention à ne pas le confondre avec notre pigeon des villes dont certains ont des couleurs et des motifs très similaires. Il aime les grands parcs, les forêts mixtes non exploitées, les corps de ferme, les falaises, les pics rocheux et les vieux arbres dans lesquels il niche le plus souvent. Sur Oullins, plusieurs couples occupent les cavités des quelques platanes qui n'ont pas encore été abattus.

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Après le plus petit, voici le plus gros pigeon de France et d'Europe. Le pigeon ramier (Columba palumbus) est imposant, avec 500gr et plus pour les plus gros individus. La tâche blanche sur la nuque et une partie du cou chez les adultes permettent de le reconnaître du premier coup. La période de reproduction débute tôt, parfois en février ou en mars. Deux oeufs blancs assez gros sont pondus dans un nid plate-forme fait de branches dans les arbres. Comme pour d'autres oiseaux du même genre, il nourrit ses petits à base de lait de jabot, une substance laiteuse produite dans l'organe du même nom et qui est très riche en protéines et en lipides mais dépourvu de glucides. Les flamants et les manchots empereurs possèdent également cette faculté.

DSCN1648Voici le dernier de la liste, le pigeon biset (Columba livia). Il y a tant à dire sur sur lui. Moqué, dévalué, vu comme doué de peu d'intelligence et même sale, au première abord il est difficile de trouver un quelconque intérêt à l'animal. Et pourtant, son histoire est riche. Le pigeon biset des villes que nous connaissons est issu des grands élevages du Moyen Âge et de la Renaissance, voir même de ceux qui ont pris fin qu'au début du 20e siècle. À l'origine cette espèce est complètement sauvage, et vit sur les pourtour de la Méditerranée, en particulier en Espagne et reste rare en France. Certains fossiles vieux de 300 000 ans ont même été retrouvés en Palestine. Plus gris sur la tête, avec un paterne de couleur invariable, il préfère les falaises et les pitons rocheux. Farouche, il ne se laisse pas approcher. Tout l'inverse du pigeon urbain. Élevé pour sa chair, comme messager ou comme animal de compagnie, il a été pendant longtemps signe de richesse. Avoir autrefois un pigeonnier était signe de puissance, et plus celui-ci était gros, plus le nombre de pigeons était important et plus la fortune de son possesseur grande. Certains n'hésitez pas à faire construire des pigeonniers bien plus grands que nécessaire pour accueillir tous leurs oiseaux, se faisant passer pour plus riches qu'ils ne l'étaient. Cela se remarquait essentiellement au moment de marier les filles de la famille, où la dote perçue ne correspondait pas ce qu'elle aurait dû à la vu du dit pigeonnier. D'où l'expression "se faire pigeonner". Aujourd'hui la colombophilie est encore pratiquée, notamment à travers les concours de pigeons voyageurs que l'on peut reconnaître aux bagues en plastiques portées à leur patte. C'est le cas ici avec cette femelle qui le temps d'une journée a fait halte sur notre toiture. Michel, le pigeon que nous avons recueilli l'an dernier, y a bien tenté sa chance mais la belle, insensible aux sérénades, est repartie le lendemain.

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Les voilà nos deux rescapés, Jean-Claude à gauche et Michel à droite. Trouvés au sol l'an dernier après être tombés au sol, ils ont séjourné quelques temps chez nous avant de pouvoir prendre leur indépendance. Par chance, leur plumage à l'un comme à l'autreprésente des tâches et de singularités uniques qui nous permettent de les reconnaître parmi les autres pigeons. Ce sont là les vestiges de la sélection qui au fur et à mesure des siècles, a donné une grande variabilité de couleurs chez ces oiseaux, allant du blanc au noir, en passant par le blanc et toutes les variantes de gris et de beiges. Cependant, les oiseaux les plus claires semblent être ceux les plus prédatés et les pigeons domestiques ré-ensauvagés tendent à devenir de plus en plus gris même si des exceptions existent ça et là. Pour en revenir à nos protégés, si Jean Claude ne passe à notre fenêtre que très rarement, Michel s'y tient tous les jours et arrive parfois à grappiller quelques miettes.

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Michel est décidé à trouver l'amour. Le voilà qui se jette sur une pigeonne affairée à boire au bord de la rivière, au point de la faire tomber à l'eau. Bien que trempée, cela ne devrait pas être compliquée pour elle. Cependant nous l'observons s'ébattre et essayer désespérément de rejoindre la rive sans succès. Ne pouvant laisser l'animal se noyer sous nos fenêtres, me voilà plongée dans la rivière pour sauver la désespérée. Il lui en coûtera une nuit au sec et une sacrée chirurgie. En effet, ces pattes sont liées entre elles par un fil de pêche muni de plomb et certains de ces doigts nécrosés commençaient à se décrocher. Comme l'image, cela n'a rien de ragoûtant mais c'est une réalité, nos déchets tuent les pigeons mais aussi les cygnes, les cormorans, les aigrettes et bien d'autres oiseaux de la même manière. Même nos cheveux représente un risque en créant des nécroses autour des leurs doigts. Il aura fallu attendre plus d'une heure pour la libérer de ce fardeau, et même si elle en garde un lourd handicap, elle devrait sen sortir. Baptisée Micheline, elle ne convolera finalement pas en noce avec notre Michel.

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Il avait de quoi penser que notre ami Michel allait finir sur la béquille si n oubliait que les oiseaux possède un cloaque. Mais il semblerait qu'il ait trouvé l'amour à travers cette pigeonne nommée Georgette. Plus terne, elle est aussi estropiée aux pattes, ce qui pourrait laisser penser à un fétichisme du côté de notre ami emplumé dans le choix de ses conquêtes. Avec un peu de chance, ils mettrons rapidement une couvé de deux oeufs qu'ils pourront renouveler jusqu'à trois fois dans l'année. Il faudra attendre trois semaines pour les voir sortir de leurs oeufs, quatre pour quitter le nid et une de plus pour être pleinement indépendant, soit pas loin d'un mois et demi. Si on doit faire un rapide ratio entre le temps entre chaque ponte et leur nombre, Georgette et Michel seront parents à temps plein au moins six mois dans l'année ! Vous l'avez compris, je suis devenue une mère pigeon.

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En voilà un qui a dû suivre depuis sa branche et tout au long du confinement les feux de l'amour chez pigeons bisets. Il d'agit du pinson des arbres (Fringilla coelebs) et plus particulièrement d'une belle femelle à la vue de sa tête peu colorée. Nous le soupçonnant d'avoir niché en face de la fenêtre, tout comme le verdier d'Europe (Chloris chloris) et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) que nous parvenons à entendre chanter sans jamais pouvoir les photographier. Si nous l'avons vu tout l'hiver chercher des graines au sol, ce printemps il est plus discret, tout occupé qu'il est à chercher des insectes dans les arbres et arbustes pour nourrir ses petits.

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Je ne résiste pas à l'nevie de vous présenter encore quelques plantes du quartier. Lors de nos cinq sorties nocturnes, à la tombée de la nuit, nous sommes partis chasser avec notre appareil photo les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) et les alytes accoucheurs (Alytes obstetricans), deux amphibiens qui depuis quelques temps bercent nos nuit de leurs chants quand le voisinage ne décide pas de nous faire partager sa musique à 2 heures du matin, ce qui est rare. Cette échappée est donc pour nous un véritable bol d'air, et nous laisse le temps de nous pencher sur l'iris d'eau (Iris pseudacorus) aux fleurs jaune d'or et sur la morelle douce amère (Solanum dulcamara), une espèce que je suis ravie de voir en zone urbaine, signe de l'ensauvagement de la ville.

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Si nos sorties sont aussi nocturne, outre le fait pour nous trouver seuls, c'est également pour observer les chauves-souris (Chiroptera). Dés les premières jours passés dans l'appartement, nous avons pu en observer une se s'accrocher dans une branche de robinier faux acacia avant de repartir en chasse. Cependant, elles se sont vite fait la mal, et c'est du côté du parc que nous avons dû aller traîner nos pieds pour les voir. Nous aurions dû, courant avril, fabriquer notre propre batbox pour écouter, enregistrer et identifier les cris et ainsi, savoir la quelle des nombreuses espèces à élue domicile sur la commune. Il faudra être encore un peu patient pour se lancer dans la construction et pouvoir jouer aux détectives nature.

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Jeune présentant un plumage brun-gris au niveau des ailes et un bec caractéristique car très peu coloré.

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Les cygnes tuberculés (Cygnus olor) ont animé un  bon nombre de nos journées. Le record est de pas moins 16 oiseaux au plumage blanc. Là aussi nous avons pu faire une étude approfondie de ces majestueux volatiles. Ce sont les plus gros d'Europe avec pas moins d'une envergure de 2 à 2,40 mètres et 13 kilos pour les plus gros. Beaucoup d'entre ont encore des plumes brunes, signe qu'ils sont des pré--adultes et que la reproduction n'est pas pour eux. D'ailleurs, nous pensons que leur présence peut tenir à cela, car chassés par les adultes reproducteurs ayant besoin d'un plus grand territoire à cette période de l'année, ils ont pu trouver refuge ici.

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Petite chorégraphie à apprendre par coeur en post-confinement pour se remettre à l'exercice.

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Les premiers temps, l'espace fût occupé par un couple, peut être celui de l'an dernier. Jour après jour nous avons pu observer leur parade nuptial : cou dressé, cou à droite, bec dans l'eau, à nouveau cou dressé, cou à gauche et nouveau bec dans l'eau. C'est un régale. Cependant monsieur, reconnaissable à son tubercule un peu plus gros au dessus du son bec orange, n'est pas près à partager. Le voilà occupé à chasser tous ceux qui s'approche. Seulement voilà, ils sont bien tenaces et semblent avoir fini par abdiqués, à moins qu'ils ne soient trop occupés à lancer la couvaison. Dès que les jeunes seront robustes, il y a fort à parier que toute la petite famille viendra de nouveau nous rendre visite, pour le plus grand bonheur des promeneurs qui sont nombreux à venir les voir, et hélas, à les nourrir de pain. L'an dernier, 70 cygnes sont morts en Alsace après en avoir ingéré.

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Bec plat, pattes palmés et aisance dans l'eau, nul doute que le cygne turberculé est un oiseau aquatique. Herbivore, il peut filtrer la vase avec son bec, pâturer les algues en immergeant son cou jusqu'au torse, brouter les prairies et les prés humides et même si l'occasion se présente, attraper des mollusques et des insectes. D'ailleurs, les derniers jours du confinement, les cygnes ont été à la fête. Un agent d'entretien semble avoir jeté l'intégralité de sa tonte dans la rivière. Voilà donc le repas servi pour les oiseaux qui s'empressent de s'y repaître, laissant la trace de leur passage dans la marrée verte. Là aussi je ne m'étendrai pas plus, ayant eu le temps pendant ces 55 jours de beaucoup écrire. Un article dédié spécialement aux cygnes européens et bien plus encore ne serait tarder dans les semaines à venir. D'autres espèces ce sont aussi faites tirer le protrait.

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Une dernière pour la route, avec la mauve sylvestre (Malva sylvestris) qui s'épanouie au bord de l'eau. Sa floraison rose, ses pétales veinés et ses feuilles rappelant la palmure d'un canard lui donne, je trouve, un charme fou. Riche ne tanin, ses fleurs peuvent être bues en infusion contre les mots de gorge, mais je préfère le plus souvent les laisser à la nature, de nombreux insectes en tirant usages. Je préfère collecter ses feuilles pour en faire des salades, des soupes ou des beignets farcies. Autant dire que la cuisine sauvage, ce n'est pas toujours voire rarement diététique avec moi.

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Les voilà les insectes dont en partie les pollinisteurs qui tirent profits des fleurs. Abeilles, coccinelles, cétoines dorées et papillons, tous ont profité que les tondeuses et débroussailleuses dorment au local. Seulement, depuis 10 jours elles tournent à plein carburateur et bien des espèces ont été rasés à ras, emportant dans leur mise à boule à zéro les oeufs et les larves de l'année. Cependant, certaines mentalités ont été ravies pendant ces quelques jours d'enfermement de ce retrouver sur un espace de nature permettant de remplacer les parcs, et il a fort à parier que dans bien des endroits, on peut verra la tonte drastique devenir plus douce et moins fréquente, au bénéfice de la biodiversité et du bien être de chacun des habitants.

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Voilà notre échappatoire, l'Yzeron.  C'est là que nous avons pu observer 55 espèces d'oiseaux pour seulement 1 espèce de mammifère, 1 espèce de reptile (le lézard de murailles), 9 espèces de poissons et 2 espèces d'amphibiens, soit 68 espèces de vertébrés à travers 1223 observatiosn rentrées sur le site de la LPO, Faune-France. Pour en revenir à la rivière , celle-ci serpente à travers 10 communes sur 25 kilomètres avant de se jeter dans le Rhône. Réaménagé sur une partie de son linéaire urbain, les 7 millions d'euros investis n'étaient pas de trop pour ce projet pilote et suivit au niveau de l'ONU. Peu à peu les effets se font ressentir, les crus sont moins violentes et mieux canalisées, la faune et la flore reviennent et le public profite de ce nouvel espace de vie. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années pour que les écosystèmes installés deviennent pérennes.

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En voilà un autre que nous adorons, mal aimé comme la pie et la corneille. Il s'agit du rat surmulot (Ratus norvegcus), souvent confondu avec le rat noir (Rattus rattus), beaucoup plus rare car supplanté par le premier au court du 18e siècle. Le rat surmulot est aussi appelé rat brun en raison de la couleur de son pelage ou rat des égouts du fait de son incroyable capacité à s'installer un peu partout dans nos réseaux souterrains. Pouvant transmettre certaines maladies, en particulier via son urine et ses déjections, il est bien souvent piégé et cela, jusque dans la coure de notre immeuble. Cependant, son fort taux de reproduction et sa croissance rapide, ainsi que la nourriture toujours plus disponible en ville (poubelles, pain donné aux oiseaux, restes de Mac Do jetés sur la voie public etc.) lui permettent de maintenir sans mal sa population. Ainsi, on estime qu'il y a deux rats apr habitants dans Paris et qui galopent joyeusement sous leurs pieds. Une véritable société parallèle s'étend sous nos pieds, car les rats sont très intelligents et possèdent un  système d'organisation semblable au notre.

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Le confinement, ça aura été l'occasion pour moi d'amméliorer ma cuisine, et croyez le ou non, j'ai même réussie à perdre du poids (le vélo d'appartement n'y est pas pour rien). J'ai pu redécouvrir Gastronogeek et me perdre dans ses lives, prendre l'envie d'acheter des livres comme "le répertoire des saveurs" de Niki Segnit et m'apperçevoir que j'étais devenue allergique à la fraise. Pas de bol quand on sait que Thomas en ramène régulièrement des marchés et de l'exploitation où il travaille (ça et quelques kilos de pommes, de carottes et de patates). Heureusement, je trouve aussi mon réconfort dans les énormes salades qui accompagnent chacun de nos repas.

Aujourd'hui est le dernier jour du confinement. Demain une nouvelle forme de normalité s'installera et cela, pour un temps dont nous n'avons encore aucune idée. Il faudra réinventer pour nombreux d'entre nous nos métiers. Pour ma part, je poursuis le télétravail jusqu'à la fin mai, ce que je vis un peu comme le prolongement du confinement. Un dernier clape dans les mains, un regard vers l'Yzeron et l'envie d'évasion se fait plus fort que jamais. Au total 63 espèces ont été partagés sur le blog (qui a fêté ses 8 ans il y a un mois et demi) sur la centaine que nous avons vu (flore et faune confondues), de quoi nous rappeler que la ville grouille de vie. Et pour le coiffeur ? On attendra encore un peu ! Pour l'heure, je me consacre surtout à mes livres.

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lundi 11 mai 2020

Carnet de bord : nature et confinement.

Pendant quelques semaines, nous avons dû apprendre à changer nos habitudes. Nous ne sommes pas à plaindre, même si nous vivons dans un petit appartement en ville, il y a mille choses à faire et à voir. Voici le retour de ce que nous avons pu voir, vivre et expérimenter quotidiennement pendant ce confinement. Un journal de bords en sommes pour garder un souvenir de ce début de printemsp 2020.

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DSCN1621Jour 1 : Vivre sa maison.

On ne se laisse pas abattre, sans être plein, le frigo n'est pas vide. On s'installe pour la première journée aussi confortablement possible que nous le permet notre appartement de 29 m². Rouleaux de printemps maison, Twitch, Youtube, blog ... ce premier jour à des airs de vacance sans en être. Pour l'heure je suis dans l'attente des retours de ma direction. Chômage partiel, télétravail ... je suis dans le flou comme la plupart des entreprises et des associations devant faire face à une situation inédite. Je prends mon mal en patience et profiter de ma journée au lit.

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DSCN1624Jour 2 : Colère et incompréhension.

Grande nouvelle, je passe en télétravail. On pousse les meubles, on réorganise l'espace et on s'autorise 2 min à l'exterieur pour aller chercher les chaises de camping, histoire de pouvoir s'assoir ailleur que dans le canapé. Pas de jardin ni de balcon pour nous, mais deux fenêtres qui donne sur l'Yzeron, petite rivière au parcours urbain, un alignement d'abres ensauvagé et une magnifique barre d'immeuble. Pause de midi, je passe la tête dehors, deux gugus s'amusent à faire du bateau dans les 50 cm de fonds du cours d'eau. Idée brillante en cette période !

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DSCN1627Jour 3 : C'est le bordel.

Troisième jour de confinement, deuxième jour de télétravail et c'est déjà un poil le bazar. Il faut apprendre s'organiser pour vivre 24 h sur 24 h à deux dans un petit espace, même si ce n'est pas la première fois que nous nous retrouvons enfermé ensemble pour une longue période. Le linge sèche sagement dans un coin, le courrier s'entasse sur le canapé et nous retrouvons le plaisir de veiller tard, avec notamment la redécouverte de Stalker et de Zootycoon, deux jeux de notre enfance qui promettent de longues nuits sans sommeil. C'est l'occasion de jeter une oeil dans la bibliothèque.

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DSCN1636Jour 4 : Les corneilles noires.

Nous profitons d'une pause à 13 heures pour regarder dehors. Les oiseaux n'ont pas changé leurs pratiques, et nous prenons plaisir à voir que le couple de corneilles noires (Corvus corone) semble couver enfin. Nous allons de ce fait pouvoir suivre au fur et à mesure des jours l'évolution de la nidification. Elles ne sont pas les seules. À quelques mètres de là, un couple de merles noirs (Turdus merula) a choisi un arbre couvert de lierre pour s'installer et commencer à fonder leur famille. Malgré cela et pour la première fois, je suis complètement abattue par la situation.

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DSCN1648Jour 5 : Michel trouve l'amour !

Vous souvenez-vous de Michel et Jean Claude, les deux pigeons que nous avons élevé l'été dernier ? Si Jean Claude ne passe nous voir qu'une fois par semaine, Michel est là presque tous les jours à défendre son bout de rebord de fenêtre dont il a fait sa maison. Depuis peu il n'est plus seul et est accompagné d'une très belle pigeonne, au haut pedigree puisque celle-ci est baguée des bagues rouges et blanches des pigeons de concours ! Sacré Michel. Reste à savoir ce qui a convaincue cette dame pigeon de rester sur notre quartier d'Oullins plutôt que regagner son pigeonnier.

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DSCN1652Jour 6 : Retour à la base, l'orchidophilie.

Je me remets dans la botanique et surtout dans les orchidées. Quel plaisir trop longtemps oublié ! Sur le groupe facebook - Plantes sauvages "à découvrir" - que j'administre avec bien d'autres (pour ne citer que Nicolas, Natacha, Fabienne, Martin, Giles et Eric), on fait chauffer nos méninges pour répondre à toutes les demandes qui affluent pour identifier les plantes des jardins mais aussi les archives photos dans lesquels certains se sont replongés. Cela me change les idées et me fait oublier pour un temps la musique du voisin qui tourne en boucle depuis le premier jour ...

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DSCN1665Jour 7 : Un gâteau doublement maison.

Qu'il est bon ce gâteau, toujours en intérieur certes, mais auprès de ceux que j'aime, la visioconférence étant salvateur dans une situation comme celle-ci. Les presque 28 bougies souflées, il est temps de se mettre au lit. La journée a été bien remplit, le télétravail n'étant pas de tout repos. Entre les visioconférences, les dates à déplacer, les partenaires à contacter, les coûts à estimer et les nouvelles propositions à faire, il y a de quoi trouver du travail pour quelques jours. Les écoles et les centres d'acceuils pour mineurs sont fermés jusqu'au 4 mai. Pour l'animation nature, on oublie.

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DSCN1661Jour 8 : Ceux qui sont en famille.

Ils sont revenus ! Il y deux jours ces 10 petits canetons et leur mère étaient passés sous nos fenêtres sans donner de nouvelles depuis. Les voilà de nouveau en bas de chez nous à barboter joyeusement dans l'eau de l'Yzeron, au milieu des croûtons de pain, des pigeons et des rats surmulots. Tous les ans nous avons droit à ce spectacle qui nous réjouit. Il y a deux ans, nous avons même pu suivre les aventures d'une canne avec 21 petits et qui conduisit 19 d'entre eux à l'âge adulte, remplissant le canal de canards, avec une journée records avec 75 colverts dont 59 canetons.

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DSCN1702Jour 9 : Révélation !

Cela fait longtemps que nous nous demandons ce qu'est cet arbre qui, en face de chez nous, prend une jolie teinte sur ces branches quand les autres sont encore nus. À chaque fois nous avons raté le court moment où sont à profusions ces drôles de feuilles-fruits. Penchés sur la fenêtre, nous avons pu percer le secret de cet arbres, il s'agit d'un orme champêtre (Ulmus minor) ! Nous profitons de notre chance, la plupart des ormes mourant passé la vingtaine de la graphiose, une maladie dû au Ophiostoma ulmi, un pathogène ayant conduit à la raréfaction de l'espèce.

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DSCN1671Jour 10 : Se sentir unis.

Je me sens un peu seule dans notre imeuble. D'ordinaire nous croisond rarement des gens mais là, c'est désert. Ne se manifestent à nous que deux voisins avec la musique qui tourne à fond, ainsi que le chantier d'en face où les crachats s'accumulent dans la cours et où les gravats vont jusqu'à bloquer les portes de locataires furieux. Heureusement, 20 heures sonnent. Décrié par certains, ce moment c'est un bol d'air. On frappe des mains, on allume des bougies, on crie et le temps d'un instant on se sent un peu moins inutile, juste uni avec la barre HLM d'en face où tout le monde joue le jeu.

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DSCN1704Jour 11 : Quand les souris dansent.

Nous avons toujours eu l'habitude de voir passer des chats à nos fenêtres. Depuis quelques jours, ils sont plus nombreux et se montrent aussi bien en journée qu'à la tombée de la nuit. Si certains semblent sauvages, la plupart sont des chats d'appartements qui s'offrent de temps à autre une petite escapade. Si cela peut sembler amusant, il ne faut pas oublier que les chats domestiques en sont une des principales causes de disparition des oiseaux, pas moins de 12 millions pour la France métropolitaine. Ici, ils semblent plus attirés par la sortie des égouts où les rats sont nombreux

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DSCN1713Jour 12 : La nature s'éveille.

Un autre coup d'oeil par la fenêtre, un autre arbre. Le reconnaissez vous ? C'est l'erable mais pas n'importe le quel, l'érable plane (Acer platanoides). Je n'ai jamais vraiment pris le temps d'admirer sa floraison, maintenant je le regrette. Si en premier lieu on peut penser à un bouquet de feuille de loin, en prenant le temps de lever les yeux on s'apperçoit qu'il s'agit en réalité de fleurs vertes disposées en délicats bouquets tels des pompons au sommet des branches de l'année. L'érable plane peut tout aussi bien être monoïque ou dioïque, les fleurs des deux sexes étant semblables.

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DSCN1741Jour 13 : Michel, le retour à la maison.

Nous y avons cru mais hélas, Michel est de nouveau seul, sa pigeonne n'ayant pas montrer depuis le bout de son bec. La période est tendu pour les pigeons bisets des villes (Columba livia). Les passants les nourrissent moins et sur notre fenêtre, la bataille fait rage. Convoité de tous, ce poste d'observation est devenu LA place pour séduire de la donzelle et grappiller quelques miettes. En guerrier, Michel défend avec honneur son chez lui et, de cette lutte, aorde même une vilaine cicatrice au coin du bécot. Fort heureusement, la cicatrice semble disparaître peu à peu.

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DSCN1745Jour 14 : Les oubliés de l'Hiver.

La plupart des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) ont pris le large, en particulier dans la Loire où se trouve l'un des plus grands sites de reproduction de France et d'Europe. Depuis nous ne voyons plus les grands rassemblements qui se formaient devant chez nous. Pourtant, celle-ci semble avoir loupée le coche. C'est bien normal, il s'agit d'un jeune individu reconnaissable à sa tête dépourvue de noir en cette saison et à ses plumes brunes visible sur les ailes et la queue. Il lui faudra attendre l'an prochain pour s'envoler en direction d'autres contrées.

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DSCN1762Jour 15 : Il y a de l'amour dans l'air.

Outre la guerre qui fait rage sur notre rebord de fenêtre, le bout bétonné de la rivière Yzeron qui passe devant chez nous fait lui aussi l'objet de convoitise. Depuis quelques jours le jeune cygne qui aimait y séjourné ne se présente plus, chassé par un couple fort agressif qui doit aussi dissuader quatre autres cygnes tuberculés de s'y installer (Cygnus olor). Cependant, le temps n'est plus à l'affrontement mais à l'amour, les eux tourtereaux ayant engagés cet après-midi un bal amoureux. Peut être les verrons-nous comme chaque année, se promener avec leurs cygneaux.

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DSCN1794Jour 16 : Petit baigneur.

Un joli rat gambade sur la rive d'enface. Il profite de l'absence de promeneurs pour se jeter à l'eau pour un bon bain, toujours en prenant garde de ne par trop s'éloigner de la terre ferme, de gros poissons venant chasser dans la rivière. Les rats ont mauvaises presse. Vecteurs de maladies, vivants dans les égouts et se nourrissant de nos déchets, ils ont peu de choses pour eux au premier abord. Et pourtant, affectueux, intelligents, s'adaptant à bien des conditions et des situations, faisant preuve d'organisation, je trouve pour ma part qu'ils ont tout pour plaire. Je les adore.

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DSCN1852Jour 17 : C'est la guerre !

Ce matin dans les arbres, c'est la guerre. Les geais des chênes (Garrulus glandarius) braillent à plein poumons. Régulièrement nous en entendons plus que nous voyons 4 à 6 individus se faisant chamaille. La nidification approche et les couples deviennent territoriaux. Tout cela n'est pas vu d'un bon oeil par les deux corneilles noires (Corvus corone) qui nichent dans le grand platane qui surplombe. De ce côté là rien de nouveaux, la nidification ne semble pas évoluer. Nous sommes impatient de voir les oisillons réclamer leur premier repas à leurs parents.

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DSCN1886Jour 18 : Incroyable observation.

Restons avec les corneilles noires (Corvus corone). Nous avons assistés à une scène plus que rare. Au milieu de l'eau, à 40-50 cm de la rive, une corneille se jette dans l'Yzeron, s'immergeant le bas ventre. Elle en ressort de là avec un poisson dans les doigts et part le déguster sur une branche. Preuve de cette action unique, les écailles sur son bec. Si cela est un peu documenté sur la côte, on n'en retrouve pratiquement pas de traces dans les lacs et les rivières ce qui nous laisse baba. Un exemple ICI, relaté par Ornithomedia et la spécialiste du muséum de Paris Marie-Lan Taÿ Pamart.

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DSCN1845 (2)Jour 19 : Ils sont là !

Cela fait plusieurs jours que nous attendons fébrilement le retour des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Les voilà enfin ! C'est un oiseau que nous portons tout particulièrement dans notre coeur. Les premiers cris entendus nous ont fait bondir de joie. En y regardant de plus près, bien que la photo ne soit pas des plus nettes, ils n'étaient pas seuls ce jour là, un épervier d'Europe (Accipiter nisus) semant a zizanie dans le groupe de la quinzaine de martinets en lors en chasse. On peut alors aisément comparer la dimension des deux oiseaux.

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DSCN1964Jour 20 : Première sortie.

C'est notre toute première sortie autre que vivrière depuis le début du confinement. On en profite pour faire tourner la voiture, Thomas reprenant le travail le lendemain dans les vergers. C'est l'occasion pour moi de voir de plus près les centaines de poissons que nous observons depuis la fenêtre quand nous avons besoin de nous changer les idées. Parmi eu une carpe koï (Cyprinus carpio haematopterus). On peut supposé qu'elle a été relâchée là ou bien que, utilisée comme leurre vivant pour la pêche, elle ait réussi à s'échapper et à survivre pour atteindre cette taille.

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DSCN1807 (2)Jour 21 : Toujours l'attente.

L'attente des chauves-souris. Depuis le 1 avril, nous observons le ballet des chiroptères devant la fenêtre. Début avril nous en croisions une téméraire survolant l'Yzeron, allant jusqu'à se percher dans les arbres. Depuis, elle ne semble plus vouloir passer devant notre fenêtre. Difficile de savoir qui elle est, et si son comportement donne des indices, une photo de sa tête serait la bienvenue. Désormais, la belle et certaines de ses comparses, se sont mises à tourner au sommet de la barre HLM nous faisant face. Autant vous dire que l'on est mal parti pour les saisir sur le vif.

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DSCN2123Jour 22 : Une nouvelle venue.

La tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est venue se poser face à la fenêtre. C'est un oiseau courant et pourtant, c'est la première fois que nous la voyons devant chez nous. La proximité de la rivière et les fortes températures laissent penser que la belle est venue chercher ici de quoi se désalterrer. Elle ne présente pas le colier noir caractéristique de son espèce, un élèment qui nous permet de dire sans trop de mal qu'il s'agit d'un jeune individu. Les adultes pour l'heure entâment leur saison de reproduction avec les premières pontes se profilant à l'horizon.

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DSCN2077Jour 23 : Au petit matin.

De chez moi je n'ai pas pu voir la lune rose,  ce n'est pas bien grave, le ciel me suffit largement. Thomas part à 6 heures et demi du matin pour aller travailler dans les vergers. Je profite souvent de son lever pour faire le mien. Dehors, il n'y a pas âme qui vive. J'aime tendre l'oreille à la fenêtre pour écouter le rouge queue noir (Phoenicurus ochruros) chanter de sa voix déraillée. C'est le premier d'une longue série, la fauvette noire (Sylvia atricapilla) prenant rapidement sa suite. À partir de 10 heurs, il n'y a plus que les martinets pour donner de la voix.

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DSCN2170Jour 24 : Le héron cendré.

Depuis hier, le jeune héron cendré (Ardea cinerea) qui aime venir pêcher au pied du pont ne se montre plus timide et s'affiche dès 16 heures là où il attendait d'ordinaire 9-10 heures. Nous avons même pu le filmer en pleine chasse ! Ce soir il s'est posé dans l'alignement de peupliers qui fait face à la piscine. Cette énorme boulle de gui (Viscum album), semblable à un nid dans le contre-jour, fait office de plateforme. Dérangé par un couple de promeneurs, il repartira se trouver un dortoir plus confortable du côté au parc Chabrière, qui depuis trois semaines a fermé ses portes.

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DSCN1824Jour 25 : Sur mon arbre perché.

Le pinson des arbres (Fringilla coeleb) est un peu plus discret que d'ordinaire et pour cause, c'est le grand moment de la nidification. Les mâles défendent encore de la voix leur territoire mais on sent bien qu'ils gardent désormais leur énergie pour tout autre chose. En effet les femelles comme celle-ci, affairées les semaines précédentes à construire leur nid, ont commencé à pondre et à couver. Il revient alors au mâle de la nourrir. Les petits naîtrons d'ici deux semaines. Deux parents ne seront pas de trop pour subvenir à leurs besoins. Ils prendront leur envole au bout de 15 jours.

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DSCN2049Jour 26 : Au bord du ruisseau.

Les bergeronettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) sont des oiseaux superbes et reconnaissables à leur gorge, queue et croupion jaunes. Le mâle présente un ventre entièrement coloré en période nuptiale, ce qui permet de voir qu'il s'agit ici d'une femelle d'où les flancs blancs. Se nourrissant d'insectes et de larves aquatiques vivant entre les graviers et les galets, c'est une espèce inféodée à l'eau. La nidification intervient le plus souvent en avril, et le nid est construit dans un trou d'une rive, d'un mur ou d'un arbre au-dessus d'une rivière ou d'un ruisseau calme.

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DSCN2302 (2)Jour 27 : Une nouvelle espèce.

Nous savions que des mésanges huppées (Lophophanes cristatus) étaient présentent dans le coin, mais nous ne les avions jamais vus. Voilà chose faite. Il ne faut pas être devin pour comprendre que c'est la belle huppe de plumes noires et blanches qui surplombent leur tête qui leur a valu leur nom. Elles aiment les conifères dont elles consomment les graines quand la saison ne leur permet pas de trouver des insectes ou des araignées dans les branchages. Farouches, elles se montrent rarement à découvert, profitant du feuillage pour se mettre à l'abri des prédateur comme l'épervier.

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DSCN2055Jour 28 : La saison des nids.

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont concentrés. En effet chaque couple a investi une cavité dans laquelle il a installé son nid. La ponte commence à pointer le bout se son nid et il faut se presser d'aller chercher les dernières plumes et brindilles pour aménager cet espace de vie. C'est peut être ce que s'est dit ce bel adulte au plumage coloré et au bec bien remplit. Il a prit appuie sur la branche d'un érable plane (Acer platanoides) où les feuilles commence à bien se développer, chose absente si on regarde à la date du jour 12, soit deux semaines plutôt.

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DSCN2267Jour 29 : Toujours sur le qui-vive.

Voici un beau merle noir (Turdus merula), reconnaissable à son plumage noir et à son bec jaune. En ce moment, il chante à plein poumon et surtout, il prend beaucoup de temps à chasser les autres mâles de son territoire. La femelle elle, à trouver refuge dans un tronc couvert de lierre où elle couve ses oeufs à l'abris des regards. Installer en face de notre fenêtre, de l'autre côté de la rivière, nous pouvons à loisir suivre leurs aventures et entendre leurs cris. I lfaut compter deux à trois semaines pour la couvaison et deux semaines avant l'envol des petits.

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DSCN2288Jour 30 : Bavardons un peu.

Si elles se faisaient bruyantes, les pies bavardes (Pica pica) le sont beaucoup moins depuis quelques semaines. Tête et gorge noire, ventre blanc, longue queue et démarche sautillante, la pie dans l'imaginaire est une terrible voleuse. Hors, il n'en est rien, et les vols sont non seulement peu courant mais pas nécessairement plus nombreux que ceux que l'on trouve chez d'autres corvidés ou même chez certains rapaces comme le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) qui aime décorer son nid de morceaux de plastiques blancs. Comme on dit, à chacun ses goûts.

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DSCN1968 (2)Jour 31 : Encore un pigeon !

Oui, encore un pigeon mais pas n'importe lequel, le pigeon colombin (Columba oenas). Il fait parti des 4 colombidés que l'on peut observer depuis notre fenêtre et des 5 que l'on trouve en France Métropolitaine. Plus petit au point d'être le plus petit de sa famille en Europe, on le reconnaît à son oeil noir. Arboricole, il niche dans les cavités des grands arbres, en particulier les platanes. Il n'y a donc pas de hasard à ce que celui-ci se trouve une branche de cette espèce. Cela résout aussi le mystère du chant que nous entendions il y a quelques semaines de cela.

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DSCN2495Jour 32 : Un sauvetage.

L'image peut retourner l'estomac si on prend le temps de regarder les pattes de ce pauvre pigeon, cependant une image vaut parfois milles mots. Ce jour, nous sommes occupé à regarder par la fenêtre. Devant nous, une pigeonne en train de noyer. Pas le choix, je saute dans la rivière pour la récupérer et me retrouve avec l'eau au dessus du nombril. L'animal est mal au point mais sauf. La cause de la noyade ? Un fil de pêche avec des plombs qui relie ses deux pattes l'empêchant de marcher et ayant sectionné des doigts. Amis pécheurs, par pitié, ne laissez pas traîner vos déchets.

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DSCN2509Jour 33 : Liberté chérie !

Une bonne nuit de sommeil dans une cagette, deux séances pour retirer les doigts morts ainsi que les fils de pêche et les plombs pris dans les chairs, et voilà la pigeonne baptisée Micheline remise sur pattes. Le test de la marche validé, l'oiseau pouvant se déplacer chose dont il était incapable la veille au soir, voilà le moment de prendre l'envol et de prendre la direction de la liberté. Il est 7 heures, personne à l'horizon. Le jour fini de se lever et belle commence à s'agiter. C'est le moment de s'envoler. Avec les pigeons, on ne s'ennuie jamais. Une nouvelle passion ?

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DSCN2578 (2)Jour 34 : Un migrateur tardif.

Premiers arrivés de l'année, les milans royaux (Milvus milvus) sont désormais là. Nous en voyons de temps à autre passer dans le ciel depuis notre fenêtre. Avec une envergure de 175 à 195 centimètres, son corps roux, ses ailes brunes ornées de deux grandes tâches blanches et sa tête gris-bleuté, il ne passe pas inaperçu, même quand il est haut dans le ciel. Piètre chasseur, il consomme avant tout des poissons morts le long des berges des rivières, des fleuves et des étangs. Il peut cependant de temps à autre se tourner vers les petits rongeurs pris dans les pâles des faucheuses.

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DSCN2644 (2)Jour 35 : Une rencontre magique

Il est 21 heures, nous profitons de la tombée de la nuit et de quelques gouttes de pluie pour sortir. Dehors il n'y a personne, le bonheur. Malgré l'obscurité la faune est très active. Chauves-souris, canards, rats et petits passereaux d'en donnent à coeur joie. Soudain, une silhouette se détache de l'ombre pour se poser dans un un érable. Un crécerelle ? Un épervier ? Non, un faucon hobereau (Falco subbuteo) occupé à manger une grenouille. Nous n'en croyons pas nos yeux. Il s'agit sans doute d'un individu prenant une pause dans sa migration.

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DSCN2344 (2)Jour 36 : Le bal des rapaces.

L'image est floue, presque lointaine. Nous sommes à la tombée de la nuit. C'est encore un rapace migrateur qui passe à portée de notre fenêtre et comme chaque jours, nous prenons un peu plus conscience de la chance que nous avons de voir autant de rapaces alors que nous sommes en pleine ville. Ce sont en effet pas moins de 7 espèces qui se sont présentées à nous depuis le début du confinement. Ici il s'agit d'un milan noir (Milvus migrans), plus petit que son cousin le milan royal et moins abondant dans notre ciel. C'est un des derniers que nous verrons pendant cette période.

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DSCN2733 (2)Jour 37 : Sous haute surveillance.

Ce n'est pas un oiseau que nous voyons ce soir dans le ciel. Des hélices en guise d'ailes, une caméra pour les yeux, une carrosserie de métal pour plumage et un spot pour s'éclairer, un gros drone vol au dessus du square, peut être un Parrot Anafi. Personne en vue, le pilote semble ne pas être dans les parages. Engin privé piloté depuis un des immeubles du quartier ou équipement des forces de l'ordre pour surveiller qu'il n'y a as de trafics douteux, notre quartier étant un peu chaud, nous ne le serons pas. Peut être reviendra-t-il nous visiter dans quelques jours.

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DSCN2466 (2)Jour 38 : Un parfum si délicat.

Depuis des jours, une odeur de fleur délicat embaume l'air quand nous tendons le nez à la fenêtre. Les robiniers faux acacias (Robinia pseudoacacia) sont en fleur et leur parfum est délicieux. C'est en prenant le temps d'observer la floraison que nous avons remarqué pour la première fois que les pigeons ramiers inscrivaient volontiers à leur menu les bourgeons floraux du robinier mais qu'ils laissaient de côté les fleurs ouvertes. SI certains oiseaux tirent profit de l'arbre, nous voyons très peu voir aucun insecte butineur, une observation inquiétante à mon sens.

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DSCN2628Jour 39 : Le dernier de la famille.

Aujourd'hui je m'ennuie. Cependant, ce ne semble pas être le cas pour ces deux pigeons ramiers (Columba palumbus) qui sont pleins d'énergie. Si d'ordinaire on les croise volontiers dans les arbres, ils font exception en se posant sur la barre HLM qui nous fait face. Bien que massifs (il s'agit ici du plus gros pigeon d'Europe), ils ne font pas le poids face au couple de corneille nicheuse qui les chasseront sans ménagement. Désormais il ne nous manque plus que la très foretière tourterelle des bois (Streptopelia turtur) et nous aurons vu tous les colombidés de France depuis chez nous.

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DSCN1753 (2)Jour 40 : Petit mais bruyant !

Encore un rapace, l'un des plus communs si ce n'est le plus commun en ville : le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ici il s'agit dela femelle, sa tête n'étant pas bleu-gris comme celle du mal mais restant barrée de noire au niveau de l'oeil. Depuis plusieurs jours voir semaines; nous ne la voyons plus, celle-ci ayant sans doute commencé à préparer la ponte. Nous avons cependant pu l'observer à se faire nourrir un au sommet d'un cèdre dans le parc d'à côté par son mâle. Au fil de nos sorties de janvier à mi-mars puis de nos constations à le fenêtre, nous avons comptabiliser 3 couples.

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DSCN2227Jour 41 : Décourir l'Yzeron.

Nous avons une chance inouïe. Bien que nous vivons en ville, nous avons un petit bout de nature qui tout les matins, s'offre à nous quand nous ouvrons les volets. Ils s'agit de l'Yzeron, rivière rhodanienne qui se jette dans le Rhône à un peu plus de 600 mètres de là. Longue de 25 km et prenant sa source dans les Monts lyonnais, elle termine sa course à Oullins. Elle est connue pour ses crues. L'année de notre arrivée, nous avons vu l'eau si bien monter qu'une partie des voitures des voisins furent emportées sous nos fenêtres. Depuis des aménagements ont permis de les limiter.

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DSCN2980Jour 42 : Martinet noir.

Les martinets noirs (Apus apus) sont arrivés à leur tour depuis quelques jours.  Plus petit,  affectionne les mêmes milieux urbains que son cousin le martinet à ventre blanc, avec un préférence pour des loges moins hautes. Nous avons déjà pu en voir trois regagner les vieilles bouches d'aération de l'immeuble d'en face pour nicher. Un bonheur pour nous qui avons beaucoup d'affection pour l'espèce. Faisant partis du groupe Martinets et Hirondelles de la LPO du Rhône, nous avons pu arpenter les rues l'an dernier à la recherche des sites de nidification.

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DSCN3090Jour 43 : Elle est revenue !

Auourd'hui il pleut. Cela semble plaire à l'aigrette garzette (Egretta garzetta) que nous n'avions pas revu depuis le début du confinement. Si elle ressemble aux hérons garde boeufs (Bubulcus ibis) qui fendent parfois notre ciel, elle s'en distingue par son long bec noir, ses pattes noirs aux doigts jaunes et à la longue plume à l'arrière à sa tête et qui porte son nom : l'aigrette. C'est cette même plume qui a manqué de peu de conduire l'espèce à sa disparation. Les longues plumes d'aigrettes étaient utilisées autres fois pour orner les chapeaux. Un temps, heureusement, révolue.

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DSCN2570 (2)Jour 44 : Un autre réveil.

Voilà encore un autre volatille qui accompagne de son chant notre réveil. La fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) a un chant proche de celui du merle mais beaucoup moins flutté et plus rapide que ce dernier. Il s'agit ici d'un mâle reconnaissable à sa calotte noire, la femlle en ayant une rousse. Vu comme les plumes sont hérissées sur sa tête, il y a fort à parier qu'il y ait un rival dans le coin qui convoite son territoire et peut être même sa femelle. Si tout ce passe bien pour lui, il pourra repartir en migration à la fin de l'été, mais certains individus restent à l'année, notamment à Oullins.

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DSCN2019Jour 45 : Un peu de couleure.

Les rives de l'Yzeron se colorent. Le lamier blanc, et lamier jaune et surtout le lamier maculé (Lamium maculatum) sont de la partie. Ce dernier se reconnaît à ses grandes fleurs violettes au labelle ponctué de violet et à ses feuilles souvent, mais pas toujours, maculées de blancs d'où son nom. On voit facilement qu'il appartient à la famille des lamiacées comme la sauge, la menthe et la mélisse grâce à sa tige carré et à sa fleur en symétrie à miroir. Cependant il n'a aucune odeur et n'a pas de goût particulier. J'utilise les fleurs séchées pour colorer les infusions en rouge.

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DSCN3081Jour 46 : pluie, pluie, pluie.

Voilà un temps à ne pas mettre le nez dehors, ça tombe bien, puisqu'on ne le peut pas. La ville prend des airs d'automne. Il fait froid, il fait gris et les rues deviennent encore plus silencieuses. J'adore cette ambiance où je peux me plonger dans mes pensées. Aujourd'hui c'est le 1er mai, Thomas travaille une partie de la journée au marcher et moi, je suis en congé Autant vous dire que j'ai pu profiter sans le moindre remord de cette matinée passée sous la couette à glandouiller. 10 heures, c'est le moment de se mettre à la fenêtre, de voir les gouttes tombées sur la rivière.

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DSCN2840Jour 47 : Un met de choix.

Ce soir le héron cendré est encore là, et il a de quoi se faire plaisir. Corps fuselé, nageoires rouges et flancs argentés, pas de doute il s'agît de la chevesne (Squalius cephalus). Des centaines d'entre elles viennent se réfugier quand les eaux sont calmes dans l'embouchure de l'Yzeron. Si elles sont loin de toute faire les 80 cm et les 4kg que certaines peuvent atteindre, on en trouve tout de même de belle taille. Cependant, celles qui finissent dans le bec de monsieur héron sont avant tout de plus petites chevesnes, souvent blessées ou fatiguées qui se réfugient sous le pont.

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DSCN3166Jour 48 : Le parfum du printemps.

Les sureaux noirs ne sentent plus, leur fleuraison à prit fin après 3 semaines de plein spectacle. Le sureau noir (Sambucus nigra) a prit le relaie. Plus suave, son odeur ne vient pas des fleurs en elles-mêmes mais d'un champignon microscopique vivant en symbiose sur les ombelles blanches. Avec les fleurs, on fait une délicieuse limonade, des beignets et des infusions. Avec les fruits, on obtient des sorbets, des gelées et des sirops. Les merles, les fauvettes et les étourneaux sont aussi amateurs des baies sucrées qui leur apporte beaucoup de calories.

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DSCN3237 (2)Jour 49 : Rencontre avec Woody

Le jour commence  àtomber, nous sortons dégourdir nos pieds. Un élcair rouge et vif passe devant nous. Il s'agit d'une femelle pic épeiche (Dendrocopos major). Nous n'en croyons pas nos yeux, la voilà à quelques pas de nous, pas timide pour un sous, affairée à gravir les branches d'un sol. En quelques battements d'ailes, elle se trouve de l'autre côté du chemin, dans le parc. Accrochée au tronc d'un sophore, elle lance une série de cris aigues avant de partir dans le bois. Sans doute cherche-t-elle de quoi nourrir son mâle resté dans la loge à couver ses oeufs.

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DSCN3283Jour 50 : Le bal des couleurs.

Nous nous y reprenons à plusieurs fois pour nous assurer que l'eau de l'Yzeron c'est bien maculé de vert. Une pollution ? Du pollen ? Des algues ? rien de tout cela, juste un reste de tonte jeté dans la rivière. Espérons que le courant emporte vite l'herbe et que celle-ci n'entraine pas une asphyxie chez les poissons comme cela s'observe ailleurs. Néanmoins le spectacle à quelque chose de charmant et pour le temps d'une soirée, j'oublie mes allergies naissantes, une première pour moi. Déjà que je ne peux que peu sortir, me voilà doublement confinée pour plusieurs jours.

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DSCN2248Jour 51 : Le grand envole.

Depuis trois jours, les jeunes mésanges charbonnières (Parus major) s'émancipent du nid qui nous fait face de l'autre côté de l'eau. Après avoir été couvés pendant deux semaines, ils seront choyés pendant trois de plus. Elles resteront encore deux à cinq jours à proximité du gîte familial à être nourrie par leurs parents avant de prendre leur envol. Pendant cette période, leur alimentation se compose essentiellement de chenilles. Un aubaine pour les cultivateurs et les jardiniers qui à cette période de l'année doivent protéger leurs cultures.

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DSCN3267Jour 52 : Un regard vers le ciel.

C'est la super lune. Ce 7 mai, son lever est tardif : 21h24. C'est une pleine lune éclairée à 99% qui projette une superbe lumière à l'ntérieur de l'appartement. On peut en voir les cratères et les mers. Ce sont là des paysages emplis de poésie. Super lune car elle la plus proche de la terre. C'est la dernière de l'année, ce qui lui vaut d'être si médiatique. Certaines croyances voudrait qu'elle accélère la croissance des champignons, mais la science a permit de trancher. Après des années d'études de terrain et d'analyses chiffrées, il s'avère que la lune n'a aucune influence sur la pousse.

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DSCN3451Jour 53 : L'Yzeron, notre bouée.

L'Yzeron nous aura sauvé pendant cette période de confinement en nous offrant de nombreuses espèces à observer. Aujourd'hui nous sommes gâtés, plus d'une vingtaine d'énormes carpes communes (Cyprinus carpio) passe devant chez nous. Le frais s'annonce tôt cette année, en partie à cause des fortes chaleurs. Dans le lot, il semble y avoir quelques individus issus des sélections menées par l'homme, en particulier avec des carpes ayant des traits de carpes miroirs et de carpes cuirs. Bref, c'est un domaine que nous avons très envie d'explorer.

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DSCN3522Jour 54 : La fougue de la jeunesse.

Dernière sortie avant le déconfinement, nous sortons très tôt pour profiter du calme des lieux mais aussi du chant des oiseaux qui se fait de plus ne plus tôt. Nous ne sommes pas déçus. Dans tousles sens ça piaille et pas qu'un peu. Les premières portées de mésanges charbonnières (Parus major) prennent leur envol. Nous en croisons 3, peut être même 4 et c'est toujours le même spectacle : des petits intrépides qui découvre le monde sous l'oeil vigilant de leurs parents qui viennent les nourrir de temps à autre en réponse à leurs cris incessants.

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DSCN3477Jour 55 : Urgence coiffeur ?

Enfin, voilà le dernier jour et le dernier clappement de main sonne. Demain ne sera pas un retour à la normale. Je suis encore pour trois semaines en télétravail complet, peut être plus, et cette idée me déprime bien que je sois heureuse que mon emploi ait été maintenu. Je ne sais pas de quoi serait fait nos lendemains, une chose est sûr, c'est que j'attendrai encore un peu avant de couper ma tignasse, car j'ai retrouver un vif intérêt pour les couettes et les tresses, intérêt que je compte mettre à profit du mieux que je peux. Bref, voilà la dernière note de ce carnet de bord improvisé.

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Voilà, le récit de confinement s'arrête là, enfin, pour la plupart d'entre nous. Ce n'est pas un retour à la normale, et il faudra encore bien des mois avant de sortir de cette drôle de situation. Je n'aurai jamais cru vivre une chose comme celle-ci, et désormais je suis en partie convaincue que nous y reviendrons tôt ou tard, autant se préparer et se former encore plus à la vie en autonomie. Bref, une aventure s'arrête, une autre se lance.

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