jeudi 7 janvier 2021

Sortie dans les marais 23 : l'île du Beurre.

DSCN6109Ce matin le ciel est incroyable. Il est encore tôt et nous sommes débout et déterminés à sortir. Nous avons des envies de nature. Ni une, ni deux, nous voilà en route pour l'Île du Beurre. Le site est classé depuis 1987. Situé tout au sud du département, il se compose des rives du Rhône, d'une lône et d'une île. Il n'est pas possible de se rendre sur celle-ci. Néanmoins, on peut l'observer les depuis les berges à travers les nombreux observatoires donnant vue sur une héronnière et des mangeoires, entre autre. Le cheminement se fait par la Via-Rhôna, ce qui demande aux piétons et aux cyclistes de concilier leurs usages. La maison d'acceuil abrite les salariés de l'association mais aussi un aquarium avec des poissons d'eau douce locaux, une exposition permanente sur le castor, une boutique et un espace jeu. Pour l'heure je n'ai eu l'occasion de m'y trouver qu'à deux reprises pour participer à des suivis chevêches.

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À notre arrivée, nous tombons sur une fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla). Il s'agit d'un mâle car sa calotte est noire, alors que celle de la femelle est brune. Insectivore, cette fauvette deviient granivore à l'automne avant de migrer afin de faire le maximum de réserves. Cependant, elle semble être décidée à passer l'hiver en France comme c'est de plus en plus le cas pour les oiseaux de son espèce, signe d'un changement de comportement.

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Elle se régale d'un kaki, fruit du plaqueminier du Japon (Diospyros kaki). Appelé aussi pomme d'or, on en compte plus de 1000 variétés, développée en Chine, lieu de sa domestication, et au Japon où il fût importé au 8e siècle. Sur les étales des marchées et dans les jardins on trouve deux cultivars : le kaki rond à la chair fondante et le kaki pomme à la chair ferme. C'est ce deuxième que je préfère et pour leque le me suis prise de passion.

DSCN6167Nous sommes alors fin octobre. Pas encore confinés mais déjà en surcis pour les sorties, nous profitons à fond de celle-ci. La ripisylve est encore verte, de nombreux arbres sont restés en feuilles comme les cornouillers sanguins (Cornus sanguinea) et les noisetiers sauvages (Corylus avellana). Le lierre et les ronces finissent de compléter le tableau. C'est dans ces buissons denses de lianes et d'arbrisseaux que les passereaux migrateurs font leurs dernières provisions. On peut aussi y trouver quelques espèces sédentaires qui profitent des dernières baies pour faire leurs réserves de graisse. D'ici quelques semaines, ce seront les baies de lierre grimpant (Hedera helix) et d'églantines (Rosa canina) qui prendront le relai pour nourrir les oiseaux. Au printemps, la grande majorité d'entre-eux prendra un régime d'insectivore, en particulier pour nourrir les oisillons qui ont besoin de beaucoup de protéines pour grandir vite.

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Sur la rive à laquelle nous sommes opposées, une troupe de pouillots véloces (Phylloscopus collybita) est en vadrouille. S'il n'est pas toujours aisé de les différencier à l'oeil d'autres pouillots, comme le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), le chant de cette espèce mais aussi, le fait d'être la seule non migratrice de cette famille dans ce secteur sont quelques éléments aidant facilement à le reconnaître, surtout à cette saison.

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Arrivés au second observatoire, nous avons une de nos plus belles surprises de l'année. Une femelle Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) vient se poser à quelques mètres de la fenêtre pour rester plusieurs minutes sur une branche de saule. L'instant est magique, nous en prenons plein les yeux. On reconnaît le sexe à la couleur du bec : entièrement noir pour le mâle, noir dessus et jaune dessous pour la femelle.

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Piscivore, il se rencontre sur les rivières d'Europe, d'Asie, d'Océanie et d'Afrique du sud où se trouvent d'autres espèces de Martin assez similaires. Néanmoins, le Martin-pêcheur d'Europe est le seul à présenter un dos et un croupion bleu clair irisé, une gorge blanche et une jour orange à la fois. Le Martin-pêcheur huppé (Corythornis cristatus) présent dans les deux tiers sud de l'Afrique,le Martin-pêcheur vintsi (Corythornis vintsioides) présent à Madgascar, le Martin-pêcheur méninting (Alcedo meninting) ainsi que le Martin-pêcheur de Blyth (Alcedo hercules), tous deux présents en Asie du Sud, sont les quartre espèces avec lesquelles il peut être confondu.

DSCN6187Coup d'oeil depuis la digue. L'émetteur du Pilat est dans une lumière douce. Cumulant à 1361 mètres d'altitude, c'est le deuxième émetteur le plus puissant de France et c'est par lui que la télé et la radio arrivent de bien des foyers. C'est aussi un relai téléphonique pour 3 des 4 plus importants opérateurs français. En fonction depuis 1955, il est le point de départ de nombreuses randonnées à pied et en raquettes. Il est accessible par la montée au Crêt de l'Œillon, un circuit qui passe par l'un des sommets du Pilat du même nom, culminant à 1 364 mètres et situé juste à côté de l'émetteur. De là, il est possible de voir une bonne partie des Alpes mais aussi la Loire et au loin, le bassin lyonnais. Pour en revenir au Pilat, le massif est à cheval sur 4 départements : l'Isère, le Rhône, l'Ardèche, la Haute Loire et est accolé à la Loire. L'intérêt du massif réside dans sa grande diversité de milieux et de climats, ce qui permet sur un espace limité de rencontrer une grande diversité d'espèces, le pied pour les naturalistes en herbe que nous sommes.

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Les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) rejoignent leur dortoir. Dans le feuillage jaune or des peupliers, on devinne sans mal leur plumage noir. Le dernier comptage date du 16 décembre 2020 - pas moins de 208 oiseaux ont pu être dénombrés. En janvier 2020 ils étaient entre 230 et 250 et en janvier 2019 environs 240. Reste à voir si l'effectif restera constant ou s'effondra avec l'augmentation des tirs en 2019 et 2020, au risque de voir à nouveau les populations de ce bel animal mal aimé retombé très bas comme ce fût il y a encore peu le cas.

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Toujours depuis la digue, nous continuons notre exploration de la végétation à la longue vue et aux jumelles. Nous tombons sur quelques hérons cendrés (Adea cinerea). L'espèce est commune sur tous les continents, à l'exception de l'Amérique Centrale où il est absent, de l'Amérique du Sud où il ne se trouve qu'au Brésil et de l'Océanie où il est absent au sud (Australie et ses îles). Au Groneland et au Svalbard il se fait assez rare.

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C'est un des plus grand échassier de France avec une taille d'un mètre et une envergure de deux mètres maximum. L'espèce se porte plutôt bien depuis sa protection totale même s'il continue d'être braconnée de manière épisodique, car accusé à tort d'avoir un fort impact sur la piscifaune. La destruction des sites de reproduction, les héronnières, est la principale menace qui plane sur l'espèce. La raréfaction des milieux humides est également un facteur pouvant mener dans certains secteurs à sa raréfaction, faute de proies.

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Nous jettons un dernier coup d'oeil. La nuit tombant, il est temps de rentrer chez nous. Une bergeronette grise (Motacilla alba) sautille sur les paliers de pierre polis par le fleuve. Opportuniste, elle cherche des insectes, des larves et des petits crustacés pris dans les infractuosités de la roche. Très commune, elle a réussie à s'adapter aux infrastructures humaines pour en faire son terrain de chasse et de nidification.

Départ pour Irigny. Nous reviendrons, si la situation le permet, pendant l'hiver pour observer les verdiers, les pinsons du nord, les mésanges aux mangeoires et avec un peu de change, le bouvreuil pivoine que nous cherchons tant. La liste des oiseaux du secteur est impressionnante et comporte de nombreuses raretés, il nous tarde d'ajouter quelques nouvelles espèces à notre carnet pour l'année 2021 en sillonnant les berges.

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jeudi 17 décembre 2020

Sortie en campagne 17 : du fleuve au fort.

DSCN5584Septembre, au bord du Rhône. Nous nous accordons un peu de répis le long de l'eau. Je suis soumise aux heures de sortie encore, les ballades se font alors le plus souvent après 16 heures ou en début de soirée. Cela correspond tout à fait à l'été indien que nous rencontrons et qui se poursuivra jusqu'à novembre, mais pour l'heure nous ne le savons pas encore. Il y a beaucoup de monde. Motocross, pêcheurs et randonneurs s'en donnent à coeur joie sous fond de musique techno. Malgré tout, nous réussissons à nous trouver un petit coin de calme pour pique-niquer sur une des rives et sous les arbres au frais. La faune est relativement absente en raison du bruit et la plupart des fleurs sont passées ou désséchées avec les fortes températures. Nous avons tout de même la chance de voir quelques oiseaux comme un martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), et j'en suis plus que ravie. Cela me rappelle Oullins avec plaisir.

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En plein repas nous regardons au-dessus de la raffinerie qui nous fait face. Au loin, un vol de 50 cigognes blanches (Ciconia ciconia) entame sa migration arpès s'être levé doucement dans les airs. Elles ont du passer la matinée du côté de Corbas dans les grandes plaines de cultures et profitent des thermiques pour reprendre leur route. Équipés de jumelles, nous assistons à leur lent départ en direction de la Camargue puis de l'Afrique.

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À quelques lieux de nous, une mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) se rafraîchie. Il est rare d'en croiser dans le coin à cette période de l'année, la plupart étant encore du côté de la Loire et des zones cottières pour nicher. Les mouettes se réunissent sur les plans d'eau par centaines, parfois par milliers. Elles y confectionnent leurs nids à partir de joncs et les dissimulent dans la végétation. Dès la naissance les poussins le quitte pour suivre leurs parents à la nage. On parle alors de poussins nidifuges.

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Nous partons un peu plus loin, direction Gringy pour la base nature du SMIRIL. Arrivés sur place nous trouvons sur le tronc d'un arbre mort un superbe polypore soufré (Laetiporus sulphureus). C'est un champignon que j'apprécie beaucoup pour sa consistance tendre et ferme à la fois. Je le cuisine le plus souvent comme de la volaille braisée, dans une poêle avec un peu de matière grasse et pour finir, avec beaucoup de fromage.

DSCN5593La faune se montre ici un peu plus diversifiée. Les mésanges notamment dont nous croisons 3 espèces différentes. Ici c'est la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), une habituée des mangeoires l'hiver et qui peut se montrer aggressive face à d'autres oiseaux concurrents malgré sa petite taille. Septembre sonne la fin de la reproduction de l'espèce. Le plus souvent deux nichées sont menées à terme mais il n'est pas rare d'en voir une troisième chez les couples les plus productifs. Les oisillons mettent une vingtaine de jours à devenir indépendants et à quitter le nid. Il leur en faudra encore 2 à 3 de plus pour quitter également leurs parents qui profitent de ce labs de temps pour les former au monde extérieur. Hélas pour eux, une grande partie des jeunes ne survivent pas à leur première année, les prédateurs, les intempéries et les maladies ayant raison d'eux. Néanmoins les effectifs semblent stables.

DSCN5590Du sommet des bosquets, un drôle de liane verte a fait son apparition. Il s'agit du houblon grimpant (Humulus lupulus), une vivace bien connue pour parfumer la bière.Cependant, ce sont les cultivars, les versions cultivées qui est employée car plus parfumées. Il s'agit ici de l'espèce sauvage. Elle a longtemps souffert de la même réputation que le lierre, bien que cela soit faux pour l'une comme l'autre. Les romains pensaient que le houblon suçait la sève des arbres. Dans les faits il ne se sert des autres végétaux que comme tuteur.

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Si le houblon ne fait pas forcément le bonheur des oiseaux à l'arrivée de l'automne, deux autres arbustes remplissent sans mal cette fonction. À gauche, il s'agit du sureau yéble (Sambucus ebulus), un sureau arbustif aux baies sombres et toxiques pour l'Homme, mais fort nourrissantes pour les petits passereaux migrateurs comme les fauvettes.Des frutis on peut obtenir une jolie teinte violine. À droite, il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna), dont les cenelles rouges sont comestibles. Farineuses, on peut en tirer profit en confiture après les avoir cuites et passées au moulin. Anciennement, elles étaient séchées puis moulue pour confectionner une farine dite du "pauvre", de la même manière que les sorbes.

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Et puis il y a les reines de la mare. Sur le SMIRIL on en compte de nombreuses et toutes sont peuplées de grenouilles vertes (Pelophylax kl. vert). S'il est difficile de définir l'espèce en raison des nombreuses hybridations, on peut en déterminer le complexe à l'aide de quelques critères simples comme la présence de deux bandes marquées sur le dos, ou la couleur des sacs vocaux. Même là rien n'est sûr et seule la génétique peut trancher.

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Un frelon européen (Vespa crabro) s'est posé au milieu de la mare. Face à une grosse grenouille, je ne sais pas lequel des deux est vainqueur. La teinte rouge de son torax et sa taille permettent d'exclure le frelon asiatique (Vespa velutina), qui est parfois appelé frelon jaune bien qu'il soit majoritairement noir. Bientôt le froid et le manque de nourriture aura raison de sa colonie, et seules les jeunes femelles suvivront en se mettant en dormance dans la litière ou derrière une écorce. Le nid quand à lui sera détruit par les éléments, et les rares larves restantes, dépourvues de protecteurs, serviront de nourriture aux petits oiseaux.

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Changement de paysage, nous partons pour le fort Montcorin au nord de la commune. Ce fort millitaire sert de local à certaines associations sportives mais aussi, de vollière géante au gardien du fort. Si de nombreux oiseaux d'élevages assez surprenants peuvent y être observés comme des races rares d'oies, de canards ou de poules, on trouve tout autant de petits oiseaux sauvages. Parmi ceux-ci, on trouve les orites à longues queues (Aegithalos caudatus). Longtemps appelées mésanges, elles ont été sorties de cette famille et ont depuis pris le nom d'orites. Grégaires, le plus souvent on les entend avant de les voir.

DSCN5630Nous empruntons le petit sentier foréstier. J'adore me promener ici car il y a toujours des animaux à observer, en particulier les pics. Deux espèces sont particulièrement présentes, le pic épeiche (Dendrocopos major) et le pic vert

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(Picus viridis). Si le premier est plutôt forestier, le second s'aventure sans crainte dans les vergers où il cherche sa nourriture (fourmis, insectes) à même le sol. Au détour d'un virage nous tombons sur une loge. Creusée par le pic à l'aide de son bec et de patience, c'est là qu'il niche. Le diamètre d'un trou permet à coup sûr de savoir de quelle espèce il s'agit, le diamètre étant propre à chacune d'entre elles. Ici on peut suppose sans mal que c'est le pic vert qui demeure. Reste à attendre le printemps pour nous mettre en affût et peut être voir l'envol des jeunes.

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De petits piaillements se font entendre, suivis d'une multitude de boules de plumes vertes, jaunes, blanches et grises. Il s'agit de roitelets triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe avec son cousin le roitelet huppé (Regulus regulus). Pour les différencier, le premier possède une bande blanche au dessus de l'oeil. La femelle possède un bandeau jaune vif alors que celui du mâle tire sur l'orangé.

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Principalement insectivore, il doit en période hivernale manger l'équivalence de son poids chaque jour pour survivre, ce qui représente 5 à 6 grammes. Il peut alors incorporer un peu de nourriture végétale, principalement des graines qu'il glane en groupe, parfois avec d'autres passereaux, à basse et mi-hauteur dans la végétation. Il quitte rarement le sous-bois et affectionne les peuplements de conifères. Il se rencontre parfois dans les jardins.

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Le paon bleu et l'une des 3 espèces de paons. Sauvage comme domestique, elle est la moins menacée.

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On passe du tout petit au très gros. Au fort, une grande basse-cour anime les fossés. Parmi les canards, dindes, oies et poulets, plusieurs couples de paons bleus (Pavo cristatus) déambulent. Non plumés, ils partent parfoisdans les vergers se promener mais jamais très loin et très longtemps. Empruntant le chemin que les oiseaux prennent régulièrement, nous avons pu trouver quelques belles plumes car les animaux sont en pleine mue. Elles trônent fièrement dans le salon et font le bonheur du chat qui adore les mâchonner.

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Un autre oiseaux, cette fois-ci originaire de nos lattitudes, aborde de jolies plumes bleues. Il s'agit du geai des chênes (Garrulus glandarius), un corvidé connu pour ses couleurs vives et ses cris rauques. Opportuniste, il se nourrit essentiellement de glands d'où son nom, de fruits, de noyaux et occasionnelement d'éléments carnés : oisillons, charognes, insectes etc. Fin septembre, les geais tournent dans le verger à la recherche des pommes, des kakis et des poires tombés des arbres avant récolte et inaptes à la commercialisation.

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En retournant en direction du village, nous tombons sous une autre espèce de liane européenne, la clématite des haies (Clematis vitalba). Appelée herbe aux gueux, elle était utilisée dans le passé par certains mendiants pour créer des ulcères sur la peau et attirer la pitié. Elle est aussi connue dans le film "La gloire de mon père", même s'il semblerait qu'il s'agisse plutôt de sa cousine la clématite brûlante (Clematis flammula), plus suddiste.

DSCN5707Retour à la maison. J'ai craqué, me voilà avec une ribambelle des livres. Je peine encore à m'y mettre mais je commence à trouver le temps et l'envie de me mettre au lit avec un bon livre. J'ai envie d'explorer cet hiver le monde de l'alimentation par une entrée sociologique et anthropologique.

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En attendant, j'observe les oiseaux de ma fenêtre. Un soir un choucas des tours (Corvus monedula) est venu se poser sur le clocher qui fait face à notre appartement. Certains jours, à la tombée du soleil, nous en voyons plus d'une centaine partir en direction de Lyon pour gagner leur dortoir, que nous pensons avoir peut être trouvé. Des corneilles noires (Corvus corone) suivent le même chemin matin et soir. Les corvidés ont beaux être mal-aimés, je ne peux m'empêcher d'en faire mes animaux préférés.

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lundi 9 novembre 2020

Sortie en montagne 31 : Explorer le Pilat.

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Cette fois-ci je ne suis pas de la partie. En arrêt pour pas mal de temps, c'est mon bien-aimé qui a prit la route pour se dégourdir les jambes et prendre un grand bol d'air frais. Le voilà donc sur la route, direction la Loire et plus particulièrement le sommet du Pilat.

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Camus écrivait "L'automne est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur". On ne peut que lui donner raison quand on regarde le paysage. Les poacées, appelées anciennement graminées, longe les routes et les chemins, bruyssant au passage des randonneurs. En fermant les yeux je m'imagine passer les doigts dans les herbes folles jaunies de fin de saison.

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Parmi les plantes à fleurs que l'on retrouve sur le massif du pilat, on peut nommer la callune (Calluna vulgaris) qui, bien souvent, est confondue avec la bruyère. Pour la distinguer on regardera attentivement ses fleurs pour remarquer que les pétales ne sont pas soudés, et ses feuilles sont divisées, chose absente chez les bruyères. La callune est une espèce hôte de nobreux papillons et une ressource alimentaire pour les animaux sauvages l'hiver.

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Typique des sols acides, de nature ensolleilée et bien draînée, elle est souvent consommée par les moutons dans les pâturages. Sur le Pilat, les troupeaux ll'incorpore à leur alimentation automnale avec la fougère aigle (par parsimonie pour cette dernière). Au printemps ce sont els jeunes pousses d'herbes fraîches qui sont particulièrement appréciées par les brebis, pendant l'été les feuillages et l'hiver, c'est le foin qui domine.

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C'est dans les parterres de bruyères que les orthoptères s'adonnent à leurs chants et leurs amours. Cela ne va pas sans faire écho à notre sortie détermination publiée il y a quelques temsp sur le blog. Ici nous avons  un criquet, facilement identifiable à ses antennes courte et à son abdomen fin. Cependant il sera peu aisé de l'identifier, une manipulation en main et/ou des photos précises étant essentielles pour bien le nommer.

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Les sauterelles de leur côté sont le plus souvent massives (mais pas toujours) avec des antennes bien plus longues que le corps ou de taille équivalante. Ici il pourrait, peut être, s'agire de la dectique verrucivore (Decticus verrucivorus). Son nom de verucivore vient de l'utilisation passée et supposée de l'insecte pour détruire les verrues en utilisant ss mandibules. Les mâles aiment se mettre au soleil pour chanter, ce que l'on observe ici.

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Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) se plaît tout particulièrement sur le Pilat, dont les sols acides sont tout à fait adaptés à l'espèce. Ses baies orangées sont très appétantes pour les oiseaux, tant est si bien qu'elles ont en mené bon nombre à leur perte. Les oiseleurs, chasseurs de petits oiseaux pour la compagnie, les utilisaient pour attirer les chardonnerets et autres grives dans leurs filets pour les consommer ou les revendre.

DSCN5387Le sommet approche. Les promeneurs y sont nombreux, au point de contraindre certains à faire un détour, mesures Covid obligent. L'air est doux, le soleil haut et les nuages abondants. Cependant il n'est pas trop compliqué de distinguer les sommets des Alpes ainsi que la plaine de Saint Etienne et Lyon au loin. Sur cette dernière question il n'y a pas de mystères, nous préférons mille fois mieux la vue des cimes que celle de la métropole. Depuis notre déménagement et hormis pour le travail, nous n'avons mis les pieds en ville qu'à de rares occasions, nous confortant dans notre choix de nous éloigner peu à peu du tissu urbain. Si les usines et les grands axes routiers s'offrent à nos yeux depuis nos fenêtre, nous pouvons profiter désormais quand le temps le permet, d'une jolie vue sur le Mont Blanc, nous apportant un peu de poésie. Pour autant, nous ne pouvons rivaliser avec le panorama de somemt du Pilat.

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Pointe de la Crête de la Pérdrix, villages, sommet du Mont Blanc, nuages s'étirants à perte de vue ... ce sont là quelques unes des images qu'il est possible de garder en mémoire. Comble su spectacle, il est courant d'observer des faucons crécerelles (Falco tinnunculus) et leur progéniture chasser au-dessus des pâtures où il est tout aussi facile de voir les brebis accompagnées de patous brouter les herbes tendres.

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Dans les pierres et les éboulis, un oiseau est roi. C'est le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros),agile petit passereau présent aussi bien en montagne qu'en ville. La femelle est plutôt grise là où le mâle présente un plumage noir marqué, mais tout deux partagent une queue et un croupion roux qui vaut à l'espèce son nom. Insectivore, il chasse ses proies le plus souvent au sol, parmi les pierres ou sur les murs des bâtiments où il niche.

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Il est là ... et il n'est plus là. C'est un oiseau migrateur qui de plus en plus, prend l'habitude de rester ici l'hiver. S'il est vrai que les températures sont douces, ce n'est pas pour autant que les insectes sont abondants, loin et là. Les individus faisant ce choix se retrouvent à l'arrivé du printemps bien faibles si ce n'est morts, et sont incapables pour les survivants de faire face à ceux revenant d'Afrique qui sont bien plus fringuants malgré les kilomètres.

DSCN5397 Les chirats sont une autre des spécificités du Pilat. Il s'agit du nom local donné aux éboulis et aux coulées de rochers. Ces pierriers abirtent une faune et une flore remarquables bien que peu d'espèces soient présentes, en particulier quand il s'agit des lichens. Cette formation géologique qui ne se retrouve que que sur les pends ouest du massif central et de l'autre côté de l'Atlantique, dans les Appalaches.

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Relatives jeunes aux vues des temps géologiques, les chirats sont le fruit des dernières glaciations ayant eu lieu il y a 100 000 à 10 000 ans de cela. Ils se sont formés sous l'action du froid, faisant literrelament éclater la roche enblocs de plus petite taille nommés des gneiss.

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Le Pilat recèle d'une grande variabilités d'autres habitats. Parmi ceux-ci on peut compter sur les forêts de hêtres, les landes à callunes, de landes à joncs nains, les lisisères à fougères aigles ou encore de prairies rases qui sont des milieux rares/patrimoniaux pour la plupart. Cette diversité est précieuse car elle permet d'observer des espèces en régression telles que les serpents ou certains rapaces qui tirent profits de ces milieux pout chasser..

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Voilà un bien drôle de taxi. Il s'agit d'un des 3 bousiers européens, appelé scarabé demi-ponctué (Scarabaeus semipunctatus) aux reflets bleutés. Sous son ventre, une multitude d'acariens sont logés. Peut être trouvent-t-ils là de quoi se nourrir et/ou de quoi se déplacer, à la manière des remoras qui se collent aux requins et aux grands cétacés pour parcourir de grandes distances et parfois, profiter du reste de leur repas.

Et voilo, le soleil se couche déjà - nous ne nous doutions pas à l'époque qu'il ne serait bientôt plus possible de faire des sorties pour un mois, peut être plus. L'épisode Covid-2 s'annonce, nous nous parrons en explorons notre kilomètre réglementaire et en laissant la longue vue à la fenêtre. De là, et sans pour autant voir le Rhône, nous avons la chance d'apperçevoir les oiseaux des milieux auquatiques passer au-dessus de la raffinerie.

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dimanche 25 octobre 2020

La cigogne blanche (Ciconia ciconia).

DSCN0460Voilà la belle que nous avons pu rencontrer lors d'une virée dans la Dombe courant février. Si la plupart des cigognes blanches n'y sont que de passage à travers leur migration, quelques unes ont pris l'habitude de s'y arrêter pour nicher, voire à se sédentariser suite à des actions menés par le parc des oiseaux sur Villar les Dombes. D'ailleurs c'est à proximité et dans celui-ci que la plupart des nids peuvent s'observer. Cependant on ne serait les voir qu'ici, le Grand Est, la Camargue au sud et la Petite Camargue au nord-est étant des spots propices à l'observation. Figurant parmi les plus grands oiseaux de France avec une taille d'un mètre, une envergure d'un mètre 55 à un mètre 65 et un poids de 3 à 3,5 kilos, on la distingue des 6 autres espèces de cygognes grâce à son plumage blanc et noir, ses pattes rouges et son bec orange, là où celui de la cigogne orientale (Ciconia boyciana) et celui de la cigogne maguari (Ciconia maguari) sont gris voire noirs. Pouvant vivre plus de 30 ans, elle est fidèle à ses airs d'estivages et d'hivernage.

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La reproduction s'entame directement au retour de migration pour les oiseaux ayant atteint la maturtié sexue. Le mâle est le premier à arriver sur le nid, les couples étant fidèles à vie. lle, c'est à dire 4 ans. Cependant il n'est pas rare de voir de jeunes femelles venir prendre la place de l'officielle, ce qui peut entraîner de violentes bagarres suivies par un oeil attentif du côté du mâle. Les échauffourées terminer, la parade nuptiale peut débuter à travers un jeu de claquements de becs, cette cigogne n'aytant pas de syrinx, l'organe permettant aux oiseaux de chanter et de communiquer. Vient alors la construction/solidationdu nid. Celui-ci peut dépasser les deux tonnes et dans de très rares cas, peut entraîner l'éffondrement de l'arbre ou du toit sur lequel il se trouve.

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C'est là que verrons le jour 2 à 4 poussins après une couvaison des oeufs pendant près d'un mois. Il en faudra deux de plus pour voir les poussins devenir autonomes et quitter le nid. Ils pourront alors profiter de la Dombe et des nombreuses proies composant leur régime alimentaire. Grenouilles, larves, petits poissons, reptiles et rongeurs, les cigognes ne sont pas regardantes. Leur long bec forgé tel un poignard et leurs longues pattes laissent voir sans mal qu'il s'agit d'animaux adaptés aux milieux humides et plus particulièrement aux zones de marais dans lesquels il leur est possible de se déplacer sans n'avoir à se mouiller les plumes. On retrouve la même chose chez les hérons et autres aigrettes avec qui ce caractère est partagé.

DSCN0471Si les cigognes aiment la Dombe pour ses richesses, elles ne sont pas les seules. Bien des osieaux migrateurs y transitent et même, y passent l'hiver. Les grues cendrées s'y arrêtent pour manger, les fuligules et les nettes rousses y séjournes entre novembre et février et les cygnes chanteurs viennent même y nicher, chose relativement rare en France.

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Les cigognes figurent en Europe parmi les oiseaux ayant connus l'un des reculent les plus importants au 20e. Elle a même manqué de disparaître de France, faute d'habitats, les zones humides ayant été détonnées et asséchées à tour de bras. Les campagnes de réintroduction du côté du Grand Est et l'application de mesures de protections plus importantes ont conduit à un retour en force de leur population bien que leurs effectifs restent fragiles. La chasse dans certains pays, la pollution atmosphérique, de l'eau et lumineuse, la destruction des nids et leur braconnage dans certains secteurs de pêches restent des menaces importantes pour l'espèce.

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Un autre danger pour les cigognes blanches et les autres oiseaux de la Dombe, c'est le dérangement. Ce jour là nous en avons été directement témoins. Une voile à moteur passe de le ciel en hauteur. Soudain, le pilote prend l'idée de passer à ras des arbres. C'est la panique, des centaines et des centaines d'oiseaux d'élèvent dans le ciel. Les oies hurlent à plein poumons, des nuées de canards s'élèvent dans le airs, les cigognes quittent le nid ... bref, tout autant d'oiseaux qui peuvent à tout moment et à force de dérangement, abandonner le lieu pour ne jamais y revenir. Le loisir mal pratiqué est ici une menace à par entière pour la faune mais aussi la flore.

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Dans les grands arbres où nichent les cigognes, les corbeaux freux (Corvus frugilegus) s'installent également. Vivant de manière collégiale et en bonne harmonie avec leurs voisines, ce sont des animaux qui font preuves de grande intelligence. Bruyant à l'arrivée de la saison des amours, ils se font beaucoup plus discrets à l'arriver des petits, la fastidieuse tâche du nourrissage leur demandant tout leur temps et toute leur énergie.

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Voilà un bref aperçu de la cigogne blanche, oiseau très présent dans la culture européenne. Apportant les bébés par la cheminée ou sur le rebord de la fenêtre, signe de bon augure quand elle se pose sur une maison ou même selon certaines légendes, compagne du Christ à sa crucifixion en volant autour du supplicié, elle peuple notre imaginaire. Certaines villes alsaciennes en ont même fait leur emblème, signe de la longue histoire qui lie cet oiseau à l'homme, ce qui ne vas pas sans rappeler leur relation, parfois tumultueuse, au fil des siècles.

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vendredi 16 octobre 2020

Sortie en campagne 16 : l'Isère à la belle saison.

DSCN3675Nous voilà en Isère, à la maison familliale. Nous n'y avons passés quelques weekends entre la fin du printemps et le début de l'été. L'occasion pour nous d'explorer de nombreux milieux, que ce soit en couple, entre amis ou en famille. Nous avons pu suivre l'évolution de certaines nichées d'oiseaux repérées pendant le confinement par mes proches, ou apprendre à voir avec des yeux nouveaux des espaces qui nous étaient connus et, pour lesquels nous ne prétions pas l'attention qu'ils méritaient. En résulte quatre weekends entre la mi mai et la fin juin à parcourir le département, toujrous de préférence à la limite de la Savoie et jamais très loin de la Chartreuse, mon éternel berceau.

Chapitre 1 : la Montagne.

Première sortie post-confinement ou notre exploration loupée du Charmant Som.

Le déconfinement a débuté il y a deux semaines. Encore inquiets que la tournure des événements peu prendre, nous partons voir ma famille non sans prendre de précaution. Insipiré par cette liberté de mouvement retrouvée, nous proposons d'aller faire un tour au sommet du Charmant Som. Quelle erreur car ce jour là nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée et nous avons très vite déchantés une fois arrivée sur place.

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Des gens, des gens partout. Pas un mètre carré n'est libre. Je ne juge pas le choix de venir ici, ayant fait le même j'en serai bien mal avisée, mais plutôt l'absence de tenue et de respect pour ce milieu naturel fragile. Les chiens pourtant interdits sur le site sont laissés libres, les narcisses du poètes protégés ici finissent avec les narcisses jaunes en immenses bouquets qui, redescendus dans la pleine, ne tiendront pas plus d'une journée en vase. Certains vont jusqu'à dérraciner des gentianes printanières par tapis entiers. Devant le massacre je prends la nausée. Nous prenons tout de même le temps de profiter du paysage snas pour autant aller au sommet.

DSCN3716Belle surprise. Au pied d'une cavité, un tapis de soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) pousse. Fragiles, les fleurs apparaissent de mai à août après la fonte des neiges dans les pelouses. On en trouve de belles populations également dans le Massif Central et dans les Pyrénées. Néanmoins et comme son nom l'indique, c'est dans les Alpes que l'espèce est la plus présente. Pour l'heure elle n'est protégée qu'en Auvergne.

DSCN3729Pauvres orchidées, nombre d'entre-elles ont aussi fini en bouquet. Il s'agit ici de l'orchis sureau (Dactylorhiza sambucina) en raison de son parfum sucré et suave proche de celui de l'arbuste du même nom.

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Chez cette espèce, deux types existent : les plants aux fleurs roses et aux bractées rouges et les plants aux fleurs jaunes et aux bractées vertes. Une diversité qui peut parfois surprendre les botanistes en herbe. Haute de 10 à 30 centimètres, elle attire facilement le regard. Très présente dans le Massif Central, elle est présente ponctuellement dans les Alpes. Pour ma part je la trouve relativement souvent en Chartreuse dans les pâtures humides.

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Une autre orchidée est présente, l'orchis mâle (Orchis mascula). Son nom rappelle que de nombreues orchidées terrestres ont des tubercules semblables à des testicules. D'ailleurs le terme orchis signifit testicule en grec ancien. On prête ainsi aux parties souterraines des orchidées des pouvoirs aphrodisiaques (théorie des signatures). Ils sont alors consommés sous forme de poudre, le plus souvent dans le salep, une boisson chaude faite à base de farine de tubercules d'orchis. Si par endroit les fleurs sont abondantes, dans d'autres elles se font rares en raison de leur récolte intensive. Cette pratique est connue depuis l'antiquité.

DSCN3707Dans la pâture se trouvent des chénopodes bon-Henri (Blitum bonus-henricus), appelés aussi épinards sauvages. Nourriture paéolitique, je les aime aussi bien en tarte, en soupe ou que cuits à la vapeur. Poussant sur les sols azotés, là où les animaux aiment stationner, il vaut mieux éviter de le consommer cru quand ils sont cueillis en nature pour limiter la transmission de parasites à l'Homme, l'eau vinaigrée n'ayant aucune efficacité pour s'en débarasser. On peut également les préparer en purée ou en salade pour ce qui est des jeunes pousses.

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Abritées du soleil, quelques névés résistent tant bien que mal au soleil. Il s'agit d'une accumulation de neige dû au relief, même en situation de fortes chaleurs, et toujours sous le seuil des neiges éternelles. Les névés sont précieuses. Leur fonte très lente alimente en eau les plantes et pelouses alentours, permettant à des espèces peu communes dans ce type de milieu de se développer. Le sol de la Chartreuse étant calcaire, c'est à dire composé d'une roche poreuse, l'eau ne s'y accumule que très rarement. La flore que l'on rencontre ici est de ce fait une flore adaptée pour résister à la sécheresse. C'est de là que le massif tient son nom de désert vert.

DSCN3737Entre les pierres, pousse des touffes de poygale (Polygala sp). Avec plus de 1750 espèces, il est bien difficile de l'identifier. La plupart du temps, il faut se pencher sur la forme des feuilles et la composition des fleurs. On ne ferra cependant pas l'erreur de se fier à leur couleur, celle-ci pouvant varier du bleu au rose dans une même espèce.

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Il faut à la fois regarer la rosette basale, et les feuilles sur les tiges. Ici il pourrait peut être s'agir du polygale des Alpes (Polygala alpestris) comme tout autant d'autres. Je n'ai hélas pas trouvé d'inventaire botanique complet de la zone pour m'aider, bien qu'elle soit calssée Natura 2000, un statut européen qui vise la préservation du milieu. Néanmoins on trouve quelques informations qui ne manquent pas d'interêt, notament sur la présence du lynx boéréal (Lynx lynx) dans le secteur, l'animal pouvant avoir un très grand territoire.

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Des pensées ... des pensées à perte de vue sous formes de tapis dans la pelouse rase. Il s'agit ici de la pensée des Alpes (Viola calcarata), typique des prairies alpines et poussant après la fonte des neiges. Violines, blanches ou jaunes, on les reconnaît à leur long éperon et les pétales massif au coeur coloré. C'est une des nombreuses espèces endémiques des Alpes occidentales, chose que j'avais toujours ignorée jusqu'à présent.

DSCN3721Sur un ébouli rocheux pousse une énorme touffe de globulaire à tiges nues (Globularia nudicaulis). L'espèce est peu commune en dehors du Vercors mais reste inféodée aux Alpes. Le massif de la Chartreuse d'un point de vue géologique en reste très proche. De belle taille, elle peut atteinde 25 cm. Les tiges vertes, parfois tirant sur le rouge, portent une grosse infloressence en forme de pompons composés d'une multitude de petites fleurs bleues.

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Une proche cousine pousse non loin de là, la globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia). Nous l'avons découverte pour la première fois ave émotion sur un tallus, dans le village de mes parents. cependant c'est en montagne qu'elle est reine. Pas très grande, sa floraison intervient entre mai et juillet. Résistante, elle pousse aussi bien à 200 qu'à 2200 mètres d'altitudes. C'est surtout dans le centre et le sud de l'Europe qu'on l'a trouve.

DSCN3761Un autre incontournable des sommets, le trolle d'Europe (Trollius europaeus) appelé aussi trolle des montagnes. Espèce de grande taille de la famille des renconculacée, le trolle tire son nom du vieille alemand et signifie "globe". C'est le plus souvent dans les espaces ouverts et humides qu'il pousse. Il est fécondé par de gros insectes comme les bourdons et par une mouche dont les larves se nourrissent des graines.

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Au loin, le paysage s'étant face à nos yeux la Grande Sûre, Chamechaude, la Pointe des fées et bien d'autres. On se sent au coeur de la Chartreuse. L'hiver, le point de vue est tout aussi beau, mais la montée est bien plus hardue. En effet jusqu'à fin mars voire avril, la route est submergée par la neige. Il faut alors enfourcher les raquettes et muscler un peu les cuisses pour gravir les pentes qui soudainement semblent plus abruptes.

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En voilà les premières gentianes qui arrivent. Au premier abords je pensais qu'il s'agissait de la gentiane printanière (Gentiana verna). Erreur ! Il s'agit de de la rare et endémique gentiane du Dauphiné (Gentiana verna subsp. delphinensis), reconnaissable à ses longues feuilles fines. Elle est parfois considérée comme une sous-espèce de la gentiane printanière. On ne la trouve que dans le Dauphiné, ce qui en fait une espèce endémique.

DSCN3744Avec l'abondance de promeneurs, les animaux se font plus que rares. Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) ne sortent pas de leur terrier. C'est le début de la période pour elles qui peuvent broutter avec plaisir les jeunes pousses qui ne sont pas encore brûlées par le soleil.

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Quelques chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) se promènent ça et là, cherchant les restes de pique-nique. Chips, pain et viennoiseries font leur bonheur. Hélas, trois fois hélas, ce sont pour eux de violents poisins. Plumes abîmées inaptent au vol et ne resistant plus aux intémpéris, estomacs abîmés, malformations osseuses des ailes ... les conséquences sont nombreuses.

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Un sommet, 4 tableaux. La diversité de la montagne est incroyable, en fonction du substrat et des expositions, le paysage diffère complétement. C'est à chaque fois gage de découverte, mais cette fois-ci, il faudra se contenter ds grands classiques. Peut être reviendrons-nous l'an prochain en mai-juin pour assister à la floraison des orpins roses appelé rhodiales (Rhodiola rosea) et des rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum).

DSCN3598Retour au pied de la montagne, à l'étage collinéaire. La végétation est bien plus avancée mais reste encore luxoriante. Le tamier commun (Dioscorea communis) commence à fleurir. Les jeunes pousses ne sont plus de ce fait bonnes à consommer car trop riches en saponines.

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Le peuplier tremble (Populus tremula) agite ses feuilles au grés du vent. Il figure parmis mes arbres favoris, tant son feuillage me fascine. Fait amusant, c'est le seul peuplier forestier. De ce fait il est moins gourmand en eau. C'est aussi une espèce dioïque, c'est à dire que les fleurs mâles (chatons gris-rouges) et les fleurs femelles (chatons verts) ne se trouvent pas sur les mêmes individus. C'est par le vent que le pollen se fait, on parle d'espèce anémogame. Le tremble se reproduit aussi par rejets.

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Dans les branches, des orties à longue queue (Aegithalos caudatus) piaillent. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, cela fait longtemps qu'elles ont été séparées de la famille des mésanges par la phylogénie. Présente en Europe, on en compte pas moins 17 sous-espèces. Dans le nord, elles se caractérisent par une tête intégralement blanche. En France, elle est marquée de rose et de noir comme le reste du corps.

DSCN3691 (2)Levons les yeux au ciel. Un jeune circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus) traverse le ciel. Son plumage indique qu'il est dans sa première année. Tout juste revenu d'Afrique, il semble avoir établie son territoire ici. C'est avec le hibou grand duc (Bubo bubo) le plus grand rapace du secteur avec 1,95 mètres d'envergure. À l'échelle de l'Isère, c'est le vautour fauve (Gyps fulvus) qui remporte le duel avec une envergure de 2,80 mètres.

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Les jeunes rouge queue noirs (Phoenicurus ochruros) prennent leur envol sous le regard attentit de leur père. Ce petit insectivore ameles cavités comme celles des murs en pisé de la maison familliale, ils trouvent là de quoi faire leur nid. Les mâles se reconnaîssent à leur tête, ventre et dos noirs alors que les jeuens et les femelles seront grisatre. Chez les deux sexes la queue rousse est bien présente d'où son surnom de queue rousse.

DSCN3613 (2)DSCN3596     DSCN3627     DSCN3661     DSCN3706

Les chevreuills (Capreolus capreolus) profitent de la diversité des prairies et des champs de fauche pour se remplir l'estomac. Les faons sont nés. Les plus jeunes restent cachés dans les herbes hautes à attendre leur mère. Les plus vieux commencent à goûter les brins tendres. Nous aurons un peu plus tard dans la saison d'en observer plusieurs qui, bien enhardis, suivre leur mère à grands bonds. Seuls leurs oreilles dépassent de l'herbe.

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Comme toujours, les chats rôdent. Que ce soit ceux de la maison ou du voisinnage, ils se sont appropriés les lieux. Les dégâts ont été limités du mieux possible avec une grande opération de stérilisation des femelles du quartier et de certains mâles qui, pour la plupart, sont sauvages. Si cela n'empêchera pas la capture des oiseaux et autres petits animaux, la castration à le mérite de limiter la multiplication des chats ensauvagés et abandonnés

DSCN3687 (2)Dans la réserve d'eau du voisin, une libellule déprimée (Libellula depressa) dépose ses oeufs à la surface de l'eau. Il faudra attendre trois semaine avant que les larves n'en sortent et une année de plus pour qu'elles deviennent à leur tour des adultes Carnassière, l'espèce se nourrie d'uen grande diversité d'insectes et de petits invertébrés Ici on reconnaît la femelle à son comportement mais aussi sa couleur jaune, le mâle bleu pastel.

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Les champs de céréales commencent à prendre leur belel couleur dorée. Nous guettons de longs instants. Avec un peu de chance, un couple de busard niche peut être dasn le champs. Nous ne vooyns rien mais ne dessépérons pas. Il y a 2-3 ans de ça nous avions pu observer deux mâles de busards Saint Martin (Circus cyaneus) nous survoler au même endroit. Un moment totalement magique que je rêve de revivre.

DSCN3667 (2)DSCN3628     DSCN3668 (2)     DSCN3685     DSCN3700

Dans les pâtures à vaches, ça grouille tout autant de vie. Une araignée crabe (Thomisidae sp.) postée sur une scabieuse et attent sagement le passage d'une proie tel qu'un papillon. Une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) rôde non loin, et pourrait rapidement faire de son repas la petite araignée. Malheureusement pour elle, elle finira finalement comme proie d'une pie bavarde (Pica pica) postée dans les arbres.

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Sortie noctunre. Nous n'entendrons ce soir là que les chouettes chevêches (Athene noctua) et le battement d'ailes des chauves-souris (Chiroptera). Dans la grange, ce ne sont pas les rapaces nocturnes qui veillent mais les rouge queue noirs. Dans l'herbe, les grandes loches (Arion rufus) s'aventurent en direction du potager à la recherche de plants de salades bien tendre au grand damne de la jardinière qui bien souvent, découvre le massacre au matin, quand il ne reste plus quelques feuilles couvertes de bave et brûlés par le soleil.

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Les  nids se vident déjà, le sureau noir et les géraniums sauvages sont en fleurs et dans les noisetiers, les premiers fruits murissent. Il faudra encore attendre août voire septembre pour s'en régaler. La vie semble foisonner et avec le confinement, nous avons raté bien des observations. Tant mieux pour les animaux qui ont eu un peu de repis même si dans de nobreux départements la casse est restée autorisée malgré le confinement.

Chapitre 2 : les Marais

Redécouvrir les zones humides : la magie de la tourbière de l'Herretang.

Cette tourbière et moi, c'est une vieille histoire d'amour. Je commence à la connaître par coeur et pourtant, chaque sortie est une découverte. Je n'ai pas encore tenté l'exploration de nuit. Peut être un jour. Cela annonce de nombreuses surprise commece soir d'été 2019 où, entre amis, nous avions vu surgir une chevrette et son petit. Tous deux avaient joyeusement pâturés sous nos yeux et ceux d'une buse avant de disapraître dans les buissons.

DSCN4010La tourbière de l'Herretang est une ENS, c'est un Espace Naturel Sensible. Géré par le département, c'est un espace dédié à la protection des espèces et de leur milieu de vie, mais aussi aménagé pour permettre au public de découvrir la richesse de la biodiversité qu'il abrite.

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Située entre Saint Joseph de Rivière et Saint Laurent du Pont, cette tourbière est issue d'un des nombreux glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. La fonte de celui-ci a entraîné la création d'un lac qui au fil des siècles s'est comblé avec le dépôt l'an mais continue de la végétation. En résulte un marais silloné par une rivière, l'Herretang, et de lacs. Ils sont le fruits de l'extraction passée de la tourbe par les habitants locaux, une pratique abandonnée depuis plus de 100 ans.

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Arrêt à l'observatoire. Un grèbe castaneux (Tachybaptus ruficollis) est en vadrouille. Très petit, il en tire son nom, castagneux désigniant le fruit du châtaignier. S'il est reconnaissable à sa couleure brune-rougie, à son bec sombre aux comissures blanches et à sa petite taille, c'est surtout par son cri qu'il matérialise sa présence. Nichant sur la tourbière, les plus chanceux pouvent observer les poussins cachés dans les plantes aquatiques.

DSCN4045Ce mâle merle noir (Turdus merula) à son bec jaune remplit de vers de terre. Voilà de quoi nourrir sa nichée qui peut contenir 3 à 6 petits. eux-ci sont élevés dans un nid fait de brindilles, d'herbes sèches, de mousses et de feuilles qui sont tapissées de boue. La cuvette ainsi construite peut acceullir la ponte. Consitutée d'oeufs vert-bleus mouchetés de noir, elle éclora pour donner des poussins qui quitteront au bout de 12 jours seulement.

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Dans l'eau, de jolies fleurs s'élancent. À gauche, un tapis de nénuphar blanc (Nymphara alba) aux fleurs aux 20 étalescharnus couvre l'étang de ses feuilles maintenues par une limbe orbiculaire. Il est accompagné de fleurs jaunes, celle du nénuphar jaune (Nuphar lutea) dont seules les feuilles flotantes sont visibles, ses feuilles translucides étant immergées. On en compte que 5 pétales charnus sur les fleurs tenues par un solide pédoncule.

DSCN4008En lisière, une discrète orchidée pointe le bout de son nez. Il s'agit de la listère à feuilles ovales (Neottia ovata), une espèce commune mais qu'il faut chercher pour la trouver.

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Entièrement verte, des racines à la pointe des fleurs, elle mesure jusqu'à 60 centimètres de haut. La tige est en son milieu habillé par deux grandes feuilles ovales aux nervures parallèles, signe qu'on est face à une monocotylédone, la grande clade de plantes qui regroupe les orchidées mais aussi d'autres familles comme les aspergacées dont font parties les asperges.  Cette espèce fleurit de mai à juillet et se trouve un peu partout dans les bois clairs, les pelouses humides et les broussailles. Son aire de répartition est immense puisqu'elle couvre l'Eurasie et l'Amérique du Nord tout en y étant indigène.

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Les mâles de libellules déprimées (Libellula depressa) défendent avec ferveur leur territoire. On les reconnaît à leur abdomen bleu, les femlles comme montré plus haut étant jaunes. L'espèce tient son nom de son habitude au repos de tenir ses ailes un peu pendantes, comme si l'insecte était (par antropomorphisme) déprimé. Commune on la rencontre à la fin du printemps et pendant l'été à proximité des zones humides.

DSCN4065Arrivés à la phragmitraie, c'est un véritable concert. Du coeur du marais, des chants s'élèvent un peu partout. SOudain, une locustelle luscinoïde (Locustella luscinioides) chante perchée sur une phragmite australe (Phragmites australis), un pratique typique des mâles. C'est notre toute première observation. Ce petit oiseau est présent plutôt à l'ouest de la France et reste très localisé dans le reste du territoire. Migrateur, on l'observe de mai à aout dans les zones humides composés de joncs et de saules où elle trouve les invertébrés dont elle se nourrie.

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Nous espérions trouver le lézard des souches (Lacerta agilis), mais nous ne verrons ce jour là que le lézard des murailles (Podarcis muralis), ce qui ne va pas sans nous déplaire. Certains d'entre eux sont énormes, laissant penser qu'ils ont fait un très bon repas ou plutôt, qu'il s'agit de femelles gestantes. Ces dernières sont à la recherche d'un sol meuble pour y pondre leurs oeufs. Il faudra 4 à 11 semaines pour voir les lézardeaux émerger.

DSCN4021La floraison des iris des marais (Iris pseudacorus) bat son plein. Avec une grande taille dépassant parfois plus d'un mètre et de longs rhizomes, la plante est équipée pour faire face aux forts courants quand elle pousse sur les rives des torrents et rivières. Néanmoins c'est dans les marécages et les bords de lacs que cet iris sauvage est le plus courant. Les fleurs jaunes s'observent d'avril à juillet. Bien que belles, elles ne dégagent aucunes odeurs. Présent en Europe, en Afrique du Nort et au Proche Orient, il s'est depuis naturalisé en Nouvelle Zélande, en Amérique du Sud et du Nord. Les feuilles étant toxiques, même sèches, cela peut entrainer des soucis pour le bétail nourrie avec du foin produit dans les zones humides. Supportant bien la pollution, l'iris des marais est utilisé dans la création de filtres de phyto-épuration pour ses capacités captatrices, en particulier pour tout ce qui touche à l'eutrophisation.

DSCN4040Dans les airs, des dizaines de caloptéryx vierges (Calopteryx virgo) s'élèvent. Les mâles présentent des ailes et corps bleus, tandis que les femelles sont d'un cuivré métalisé avec toujours des ailes colorées mais restant translucides. Aimant les cours d'eau rapides et bien ombragés, ces caloptéryx semblent apprécier l'Herretang, la rivière fortement arborée qui longe la troubière et qui l'alimente en partie en eau.

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Les mâles défendent leur territoire en se posant sur un végétal en hauteur. Dès qu'un concurrent passe par là, même d'une autre espèce, c'est une course-poursuite qui s'entâme. Les mâles les mieux placés sont assurés de trouver une ou plusieurs partenaires. Très commun, le caloptéryx vierges se trouve partout en France excepté en montagne mais aussi dans le reste de l'Europe (surtout dans le sud occidental) et au Proche Orient.

DSCN4099Les femelles peuvent pondre jusqu'à 300 oeufs sur la végétation à la surface de l'eau. Elles peuvent alors se faire happer par les poissons. Il faut attendre 2 semaines pour les voir éclore. Les larves qui en sortent vivent alors une à deux années dans l'eau, entre les racines et les tiges, à chasser les petites animaux grace à leur mandibule qui peut se détendre en moins d'une seconde. Petits insectes, crustacés d'eau douce et même jeunes tétards, rien n'échappe à leur instinct de chasseresse et leur grand appétit. Quand l'hiver arrive, elles s'enfoncent dans la boue et la vase, tandis que les adultes meurent aux premiers froids. À la fin du printemps, les larves arrivées à maturité sortent de l'eau en grimpant sur une grande tige. Elles sortent alors que leur exuvie pour devenir une libellule et déployer leurs ailes. Elles restent de longues heures au soleil pour sécher leurs ailes et les déployer. Elles sont alors particulièrement fragiles à ce moment là. Bien souvent, leurs couleurs sont peu marquées dans les premiers jours, ce qui permet aisément de savoir si on se trouve avec un adulte ou non. Ici c'est un caloptéryx tout juste envolé.

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Un autre prédateur guette : la grenouille verte (Pelophylax sp). Il ne s'agit pas d'une espèce à part entière mais d'une clade regroupant plusieurs espèces très proches les unes des autres et qui s'hybrident sans mal. Un vrai casse-tête quand il faut les identifier pour mener l'inventaire des amphibiens d'un secteur. Sacs vocaux, forme des paupières, taille, motifs et couleurs du corps ... les critères sont nombreux et pas toujours des plus fiables.

DSCN4077Dans les lacs formés à la suite de l'extraction de la troube, des poissons ont été introduits, soit par l'Homme, soit par les crues de la rivière toute proche. Ici il pourrait s'agire d'une chevesne (Squalius cephalus) ou d'une espèce proche aux nageoires rouges comme le hotu (Chondrostoma nasus). Ils font le bonheur des hérons et des quelques grands cormorans qui sont de passage dans le secteur mais qui n'y restent jamais très longtemps.

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Mon bien-aimé n'est pas sortie d'affaire, avec toutes ces observations, il faut prendre un sacré moment pour tout rentrer dans l'application faune-isère appelée aussi Naturalist. Ce site de sciences participatives permet à tout à chacun d'entrer ses données pour permettre aux chargés d'études et associatiosn naturalistes de mieux connaître les espèces présente. Petit bémol, il n'est pas forcément simple ou adapté pour les novices.

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Comme l'an dernier, nous remettons la main sur une jolie population de mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa). Ces champignons à l'odeur de farine et de couleur crème sont assez prisés. Poussant au printemps, ont les trouvent souvent dans les champs et les prés, de préférence là où l'herbe est haute, à proximité des ronciers ou de la lisière. Comestible, certains l'aiment blanchi à l'eau là où d'autres le consomment grillé.

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Les rosacées comme les églantiers ou les ronces sont en fleurs. Je me demande à quoi doit ressembler le paysage de fin d'été / début d'automne dela tourbière avec tous les fruits charnus qu'offrent ces buissons. Les osieaux, en particulier les migrateurs comme les fauvettes doivent s'en donner à coeur joie. Les loirets, les muscardins et les écureuils ne doivent pas être en reste non plus. Le spectacle doit être sublime à voir.

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Nous quittons la tourbière et la rivière de Herretag sous le regard d'une buse variable (Buteo buteo). Bien que commun, j'ai toujours grand plaisir à voir voler se rapace dont l'envergure frôle les 1 mètres 30, ce qui en fait un oiseau de belle taille. S'adaptant à une large diversité de milieux, elle peut aussi bien chasser des rongeurs que de petits oiseaux ou même des grenouilles. En cas de disette, elle se tourne vers les insectes et les vers de terre.

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Nous faisons un rapide saut à l'étang de Saint Sixte. Pétrie de légendes, le lieu abrite un lac et un marais alcalin, chose assez peu commune dans le secteur. En nous garant quand le hammeau nous avons le loisir d'observer les nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). Une gorsse population niche ici sur les maisons et le clocher de l'église. Le soir, on peut les observer pêcher à la surface de l'eau les insectes émergeants de leur mue.

DSCN4136Saint Sixte, lieu de légendes mais aussi des nombreuses parties de pêches que nous venions faire ici en famille dans mon enfance. Parmis les histoires véridique ou non, il est dit que se sont les pères chartreux qui l'ont creusé, qu'il est réli au lac d'Aiguebelette par une rivière souterraine, que des véhicules de la 2GM y reposent, que par un hiver très froid un cheval de trait et sa charge y auraient sombré ou encore, qu'à minuit pile on y entend un chien noir hurler à la mort. De quoi faire frissonner les pseudo chasseurs de fantômes en mal de sensation qui s'aventurent parfois dans la maison forte qui se trouve à proximité dans la forêt.

DSCN4130Sur le tronc d'un vieille arbre tombé à l'eau, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est à l'affût. En 28 ans, c'est la première fois que j'en croise un ici et j'en suis complètement ravie, d'autant qu'il a de quoi se remplir la pense avec toutes les espèces invasives qui ont été introduites ici. Poisson chat, écrevisses américaines, perche soleil et même silure, il y en a pour tous les goûts.

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Certains verrons d'un mauvais oeil l'arrive de se concurent de pêche, mais les chiffres sont clairs, 81 à 96% du poisson consommé par le grand cormoran ne l'est pas par l'Homme. Il n'y a de ce fait pas de quoi partir en guerre contre l'emplumé. La question devient plus complexe cependant quand il s'agit d'étangs surempoissonés, notamment pour la pêche sportive ou dans les pisciculture où la diversité des espèces n'a rien à voir avec ce que devrait être un peuplement piscicole. Dans ce cadre là, plutôt que d'incriminer l'oiseau, le plus simple est de mettre en place des installation pour limiter les dégâts, les tirs ne faisant que laisser la place libre à de nouveaux individus sans jamais régler le problème durablement.

DSCN4151Encore un changement de décor ! Nous voilà dans le marais de Saint Geoire en Valdaine, dont une partie fait partie de l'ENS des marais de Chirens. La zone est même classée en Natura 2000 comme le charmant Som. Nous n'avons jamais vraiment pris le temps de le visiter à cette période de l'année et nous prenons plaisirs à déambuler sur les sentiers longeant l'Ainan. Ce cours d'eau donnant son nom à la commune serpent en fond de vallée. Canalisé sous Napoléon 1er pour assainir la zone, il est alimenté par un canal creusé pour permettre aux terres de ne plus être constement immergées, laissant ainsi la possibilité aux habitants de cultiver les céréales. Parmi le cortège végétal, on trouve l'épiaire des bois (Stachys sylvatica). Parfois confondue avec les orties, elle n'en a ni les caractères urticants, ni le goût. Comestible, les jeunes somitées encore non fleuries peuvent être consommées crues ou en salades. Celles-ci ont un léger goût de cèpe ou du moins de champignons séché. Personnelement je la trouve délicieuse en soupe ou croquée sur le pousse en sortie. Les feuilles peuvent être consommées comme des légumes une fois blanchies à l'eau. Pour la récolter, il faudra s'y prendre avant juin, date de début de floraison de l'espèce. Il faudra également explorer les lisisères, les bords de chemins des bois frais et humides, les bosquets et les fossés ombragés, de préfèrence là où le sol est basique voire neutre.

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Toujours en lisière, voilà qu'un imposant sureau noir (Sambucus nigra) nous donne à sentir ses fleurs. Espèce pionnière, l'arbuste pousse là où le sol est mis à nu. Il se fait parfois rattraper au fil des années par d'autres essences dont des arbres de bois tendre qui finnissent par le couvrir de leur ombre et le faire périr. Les fleurs en beignets sont très appréciées. Les frutis plaisent aussi bien aux oiseaux qu'aux hommes. C'est sous forme de sirops et de confitures que les baies sont le plus souvent consommées. Il est aussi un très bon support pour l'oreille de judas (Auricularia auricula-judae), un champignon cousin des champignons noirs chinois.

DSCN4166Tiens, voilà un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui porte plutôt bien son nom. Minuscule, il pèce entre 8 et 16 grammes, soit en comparaison l'équivalence d'une à deux cuillères à soupe de farine. Celui-ci, le bec plein de mousse, est tout occupé à confectionner son nid. Avec un si petit oiseau à l'envergure de 15 à 17 centimètres, on peut peiner à imagine la taille des 5 à 7 oeufs rougeâtres qui y seront pondus.

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La couvaison dure deux semaines, et il faudra à peine plus de temps pour que les oisillons prennent leur envol pour quitter le nid rond caché au pied d'un arbre ou d'une souche dans la végétation. Le mâle en construits plusieurs au début du printemps et la femelle choisie celui qui lui plaît le mieux pou rinstaller sa famille.

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Juste au-dessus, le plus petit oiseau d'Europe est en observation. Il s'agit du roitelet triple bandeau (Regulus ignicapilla), qui avec ses 5 à 7 grammes est plus léger qu'une pièce de deux euros. Son chant est extrêmement dur à perçevoir, en particulier quand on a plsu de 25 ans, âge auquel une partie du spectre sonore est de moins en moins audible. Reste alors à chercher du regard dans les branches cette miniscule boule de plumes.

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Pour le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), il est l'heure de franchir le pas de l'autonomie. Ce tout jeune individu est encore nourrie sur une branche par ses parents mais devra apprendre très vite à se débrouiller seul. Il n'a pas encore la gorge rouge-orangé caractéristique de son espèce mais un plumage brun discret qui lui permet d'échapper au regard de ses prédateurs pour peu qu'il sache se faire discret.

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Je n'ai pas pu la voir en fleur cette année hélas et il ne me reste que son vert feuillage pour me consoller. L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est l'une de mes plantes préférées. Sa réputation de fleur de serpent ou d'herbe au fous vient de sa toxicité et de l'usage que les grecs antiques en faisait pour soigner la folie. Bien souvent le remède était pour le patient pire que le mal est pouvait mener à la mort ou à des crises de colique.

DSCN4206Des aspergettes !!! Je ne savais que sur la commune je pouvais en rencontrer. Moi qui aime tant ça, je m'apperçois que dans mon village d'enfance elle est présente. La plante est le plus souvent connue sous le nom d'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) mais surtout d'asperge des bois, bien qu'elle n'en soit pas une.

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Excellente comestible, à la manière d'un légume vert, il faut se montrer raisonnable sur sa récolte. En effet l'espèce est protégée dans de nombreux départements et régions ou/et soumise à réglementation. Aussi bonen qu'elle soit, la cueillette n'en vaut la peine que si la plante est abondante et non menacée. Il serait triste de s'en priver dans le futur à la manière dont cela est le cas pour d'autres espèces comme le sabot de Vénus.

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Les champs commencent à dorer. Alimentés par l'Ainan, ils seront récoltés très bientôt. Blé dur, avoine, orge et seigle, parfois un peu de maïs, on observe une belle diversité et j'ai toujours plaisir à voir que le lobby du maïs n'a pas encore transformé le paysage. La biodiversité, c'est aussi la multitude des cultures et des semences, même si on  tendance à observer ici qu'i lest rare de croiser plus de 2 ou 3 types de cultivars par espèce cultivée.

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Les champs font figure d'observatoire à rapaces. Les thermiques (vents chauds) qui s'y forment les aident à s'élever dans les airs sans peine pour au choix, observer les alentours pour chasser ou alors pour atteindre un point plus rapidement, particulièrement en période de migration. Ce jours là nous croiserons de nombreuses buses variables (Buteo buteo) et quelques jeunes milans noirs (Milvus migrans).

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Nous quittons le marais de Saint Geoire en longeant le mur qui sépare le cimetière du chemin. Au sommet d'un tombeau familliale, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) chante. Il se différentie de la femelle par ses couleurs flamboyantes et les notes qu'il laisse échapper de son bec. Très répandu, on le rencontre essentiellement dans les zones plus ou moins boisées où il trouve des larves, des insectes, des graines et des bourgeons pour se nourir.

DSCN4223Nous sommes sur le départ. Néanmoins nous prenons le temps d'un après-midi pour découvrir une autre facette du Natura 2000 de l'Ainan, en partant cette fois du côté de Chirens à travers l'ENS du marais du même nom. Le site ne paye pas de mine et pourtant, il est un trésor fabuleux. Il y a 12 000 ans de cela, la lieu était un immense lac devenu aujourd'hui une tourbière. Bien plus tards, des celtes aux nom d'Alobroges sont venus s'intaller sur les collines alentours. On peut encore trouver les traces d'habitats collectifs si on s'aventure dans les bois. Pour en revenir au site, il est fort précieux pour des espèces rares et protégées dont la liparis de Loesel (Liparis loeselii), une orchidée discrète. Un projet routier à longtemps menacé le marais, et après maintent manifestations et recherches de solutions, aucune route ne prendra place ici mais un grand pont qui désengorgera le coeur du village des voitures.

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Côté végétaux, deux grands classiques pointent le bout de leur nez : le phragmite austral (Phragmites australis) appelé aussi le roseau commun et le sureau noir (Sambucus nigra). L'un comme l'autre sont précieux aux oiseaux. Ceux-ci y nichent, y trouvent de quoi se nourrir et s'en servent comme perchoir pour attirer les femelles et défendre leurs territoires par le chant. Le cas échéant et s'il le faut, cela peut se faire à coups de bec et de griffes.

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Nous arrivons au complexe des mares, où un observatoire nous permet d'admirer les animaux sans les gêner. Au milieu des plantes aquatiques, des dizaines de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris). Ceux-ci se reconaissent à leur ventre orange vif. Pour différencier mâle et femelle, il faut recarder le profil de la queue. Chez monsieur, elle se termine de manière effilée là où chez madame elle prend fin de manière abrupte.

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C'est le retour de la grenouille verte (Pelophylax sp). La mare en est remplie. C'est un vrai concert. L'enjeu pour les mâles chanteurs ? Séduire une femelle afin de féconder les oeufs. Chez les grenouilles, la reproduction est externe. Le mâle aggripe solidement la femelle par les aisselles et féconde la guirlande d'ovocytes (ovules) de la femelle. Ces derniers deviennent alors des oeufs qui donneront des têtards 7 à 16 jours plus tard.

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Un petit lézard des murailles (Podarcis muralis) bronze tranquillement. Les mâles à la saison des amours prennent un joli ventre orange, comme pourrait l'être celui d'un triton alpestre. Néanmoins les deux animaux ne sont pas affiliés et les similitudes s'arrêtent là. Là où le triton appartient à la famille des amphibiens et vit en milieu aquatique, le lézard appartient à celle des reptiles et aime les zones ensolleillées et vit sur la terre ferme.

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C'est le grand bal des libellules. Ne vivant pas plus d'une année, souvent même quelques mois si entre temps elles ne se font pas becter, leur objectif est simple : se reproduire au plus vite. À la manière des oiseaux, les mâles défendent un territoire de reproduction, parfois même un territoire de chasse.  Féroces prédatrices à la même manière que les larves, se sont de véritables tigres des airs qui s'attaquent à de gros insectes.

Chapitre 3 : Le lac.

Pour prendre un peu de fraîcheur en pleine été : passage par le lac d'Aiguebelette.

DSCN4316Nous voilà côté Savoie, à Aiguebelette, lac mythique et parmi les plus chauds d'Europe, ce qui lui vaut à la belle saison de voir ses berges noircir de monde. L'été n'est pas encore là mais il serait presque possible de se baigner tant le soleil tape fort, d'ailleurs certains s'y essayent. Nous sommes tout début juin. C'est la fin du printemps, un temps que nous n'avons pas véritablement connue cette année. Le lac est celui de mon enfance, là où adolescente je passais tous les étés avec les copines à bronzer, à faire du pédalo et à pique-niquer. Aujourd'hui nous y sommes entre amis pour en découvrir la faune et la flore. Le restau-buvette est fermé et sa terrasse devient un observatoire du quel nous pouvons poser notre longue-vue avant de nous aventurer sur la plage. Des grèbes, quelques cygnes et goléands, l'avifaune n'est pas au rendez-vous mais rien de grave, car il y a bien d'autres choses à voir ici.

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Les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) ont profité de l'absence de touristes et de promeneurs locaux pour nicher dans la toiture de la terrasse. Une dizaine de nids constitués de boue et de brindilles. Construie en forme de vasque, il sera employé pendant plusieurs années et rafistolé à chaque retour de migration. 4 à 5 oeufs roses tâchetés y seront pondus. Les oisillons qui en sortirons seront autonomes au bout d'une vingtaine de jours.

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Cette espèce se différencie facillement des autres hirondelles de par ses cris de contacts mais surtout par sa gorge rouge, son collier, son dos et sa tête noir ainsi que son ventre blanc crème. En France, on ne peut las confondre qu'avec une autre espèce, assez rare et localisée dans le sud, l'hirondelle rousseline (Cecropis daurica) qui ne possède pas de collier noir ni de gorge rouge mais une nuque rousse et le croupion crème.

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Présente presque partout dans le monde, l'hirondelle rustique en se trouve en France qu'entre mi-mars pour les plus précoces et fin sptembre pour les plus tardives. Cette sur cette période qu'elle entame sa reproduction avant de rejoindre l'Afrique sub-tropicale, certaines pouvant aller jusqu'en Afrique du Sud. En Inde, en Egypte, en Chine ou sur l'Equateur, certaines populations sont grégaires et ne migrent plus comme leurs consoeurs.

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Un peu d'histoire sur le lac. Il s'agit ici du 7e plus grand lac naturel de France, fruit de dépôts de sédiments à l'ère de dinosaures, quand la région n'était alors qu'une vaste mer aux températures tropicales. Vient alors l'ère tertiaire, avec l'élévation des montagnes qui formes la valée puis l'ère quaternaire avec l'appartion de grands glaciers qui par leur travail creuses la cuvette du lac qui se remplir avec l'eau de leur fonte. Aujourd'hui, c'est avant le Tier, un petit cours d'eau, qui est son alimentation principale et lui permet de se maintenir en eau, bien que le niveau baisse à vu d'oeil d'année en année, entraînant à chaque fois le recul lent mais certains des roselières.

DSCN4325Il faut savoir que de manière naturelle, la plus part des lacs sans intervnetion humaine voient leur niveau d'eau fluctuer au fils des saisons. Pour limiter les crues et autres innondations, celui-ci est maintenu stable pour éviter toute mauvaise surprise mais aussi pour tirer au mieux profit de cette ressource. Ce qui inquiète ici, c'est que peu à peu ce niveau d'eau descend sans jamais revenir à son point initial. Cela pose soucis à la végétation qui en dépend et qui fini par dépérir dans les zone où l'eau ne vient plus, réduissant ainsi les habitats naturels dont ceux de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) du lac. Nous avons changé de rivage pour les observer. Il est aisé de voir qu'ee moins d'une décinie, le lac à perdu 60 centimètres. C'est un vrai problème écologique mais aussi historique, cette baisse métant comme pourle lac de Paladru, les vestiges humaines en bois et préservés du temps jusqu'à lors par les eaux. En se retrouvant à l'air libre, leur dération reprend et c'est ainsi que l'on perd un pan de notre histoire.

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Nous sommes tout au nord du lac, à une dizaine de kilomètres de Chmabéy. Poutant, ici c'est la pleine natue si on exclu le passage non loin de l'autoroute et le grand parking acceuillant les cyclistes (le tour du lac est en grande partie longé d'une piste cyclabe) et des kayakistes. Cachés sous les arbres, nous pouvons admirer d'assez prêt le vol d'un milan noir (Milvus migrans) et d'un héron cendré (Ardea cinerea) cherchant un peu de tranquilité.

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Enfin, nous arrivons dans une crique calme et discrête, le lieu parfait pour faire de l'affût à une exception prêt : les mosutiques. Nous nous en sortons avec de nombreuses piqûres et notre aùie avec une main gonflée, de quoi être découragés de passer un moment au bord de l'eau. Quelques animaux profites des bancs vaseus maiis il faut se rendre à l'évidence : c'est l'hiver que le secteur à le plus d'intêret si on souhaite faire de belles observations. Cependant nous somems tirés pendant un instant de nos pensées par le passage et les cris d'un magnifique martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) femelle bine trop dynamique pour se laisser prendre en photo.

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Non loin de là, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) en plumage nuptial est occupé à plonger. Carnassier, cet oiseau se nourrie surtout de petits poissons, d'insectes et de larves qu'il attrape soit dans l'eau, soit en fouillant la vase et la végétation auqatique dont les racines d'arbres. Quand le période de reproduction s'achève, il perd sa belle colerette de plumes noires et rousses pour retrouver des tempes blanches et une calotte noire.

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Avant de quitter le lac, nous nous arrêtons à l'estuaire du Tier qui se trouve sur le sentier du retour. Parmi la végétation et les arbres tombés suites aux neiges de l'hiver, une famille de canards colverts (Anas platyrhynchos) se repose sur un tronc immergé. C'est là que la camouflage des cannetons prend tout son sens. Nous avons bien du mal à les voir, malgré leurs cris et leur agitation. On peut alors imaginer la peine qu'un prédateur venu du ciel peut avoir pour les repérer, même pour l'oeil aiguisé d'un rapace.

DSCN4334Changement de décor ! Nous revoilà dans la plaine de la valdaine. Le weekend nous semble si court, il y a tant à faire et à voir ! Nous partons entre amies explorer la forêt toute proche. Nous avons pour obsjectif de tremper les pied dans l'Aigueblanche. Long de 5,4 kilomètres, il relie les communes de Saint Geoire en Valdiane et de Merlas. Pour un peu d'éthymologie, le terme Aigueblanche définiti un ruisseau riche en clacaire et transformant en tuffe les plantes et sédiements entrant en son contact. De se fait la gorge où serpente l'Aigueblanche donne m'impression quand on s'y promène d'arpenter une caverne à ciel ouvert, carverne à laquelle s'ajoute de nombreuses cascades. Enfant, j'ai pu beaucoup arpenter la rivière, jusqu'à l'inondation de 2002 rende beauoup moins accessibles ses rives. Cependant chez nous nous ne parlons pas d'aller à l'Aigueblanche mais au Ga'blanc ou encore au Ga(r)blanc. Il y a peu de traces de cette allocution, celle-ci pourrait venir du celte allobroge "bois" ou "bois sacré". Ainsi quand on va au Ga'blanc, on va au bois blanc ou au bois sacré blanc. De quoi faire naître dans notre immaginaire bien des légendes. Bien d'autres hammeaux et lieux-dits tirent leur nom des anciennes langues celtiques parlés jadis ici.

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Une chevrette (Capreolus capreolus), la femelle du chevreuil, broutte tranquillement. Au premier coup d'oeil elle semble seule et pourtant ... deux adorables faons sautent de part en part autour d'elle. Ils sont vivaces mais bien petits, leurs oreilles dépassent à peine des herbes hautes et nous peinons à les voir malgré leurs nombreuses tâches blanches qui tranchent avec le vert ambiant. D'ordinaire, une chevrette met au monde un petit, et la gémellité sans être rare reste peu commune à l'espèce bien qu'elle soit fréquente dans le secteur.

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Quand elle est sur le point de mettre bas ou accompagnée de son ou de ses petit(s), la chevrette va adopter un comportement solitaire voire farouche. L'hiver par contre, elle peut se regrouper avec d'autres chevreuils pour former de petits hardes d'une dizaines d'individus. Dans le Grand Est, où la population est relativement importante vis-à-vis du territoire, les individus peuvent se ressembler en des troupes de 20 à 35 animaux.

DSCN4350 (3)Au détour du chemin des forestiers, un éclair bleu et vert file devant nous pour se réfugier dans les herbes du tallus. Il s'agit du lézard à deux raies (Lacerta bilineata), anciennement appelé lézard vert, espèce dont il a été discocié depuis. Je suis plus ravie que d'ornidaire d'en rencontrer un car cela fait depuis mes 13 ans que je n'en ai pas vu ici, autant dire une bonne quinzaine d'années. Si au premier abord il semble commun, il faut savoir qu'on ne le trouve que dans quelques pays d'Europe occidentale comme le nord de l'Espagne, le sud de la Suisse ou encore l'intégralité de l'Italie et de la Sardaigne. En France il est absent dans une partie du Nord Est. Facile à reconnaître, il se démarque par sa grande taille, ses écailles vertes mouchetées de noir et sa gorge bleue pour le mâle. Les juvéniles ont deux bandes brunes ou blanchâtres sur le dos ce qui vaut à l'espèce son nom de lézards à deux raies. On le nom également lézard vert occidental ou lézard à deux bandes.

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Nous quittons la prairie pour rentrer dans le bois. Dès notre arrivée nous avons une belle suprise. Devant nous se trouve la loge d'une famille de pics épeiches (Dendrocopos major). Celle-ci est occupée. C'est le cri des petits à l'arrivée des parents avec de la nourriture qui a attiré notre attention. C'est la toute première fois que j'ai l'occasion d'observer ce spectacle pour cette espèce, ayant par le passé déjà observée de tous jeunes oislilons de pics noirs (Dryocopus martius) et de pics verts (Picus viridis) êtres nourrient au nid.

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Un rosier pousse dans une trouée ensolleillée. L'identification des rosiers sauvage est toujours très difficile et j'ai eu bien du mal pour celui-ci. Mon choix n'est pas arrêté, mon coeur balance entre le rosier des champs (Rosa arvensis) qui croît en milieu forestier un peu partout en France, et avec le rosier à styles agglutinés (Rosa stylosa) qui aime les sols argilo-calcaires ensoleillés. Cependant, ce dernier est absent en Isère. Voilà le choix fait.

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Nous arrivons au torrent et retrouvons le vieux sentier emporté par l'innondation de 2002. Il semble avoir été réabilité. Nous décidons de l'emprunter pou voir jusqu'où il mène. Nous voilà donc à longer les cascades, les ruisseaux et les pentes abruptes. Par endroits, le chemin laisse place à d'épais buissons de ronces sur lesquels nous nous aggripons les manches. Tout ce qui croise notre regard à des traits de vanités. Une boîte cranienne de chevreuil fait face à la belle et vénéneuse ancolie commune (Aquilegia vulgaris), une image digne d'un tableau.

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L'épisode forêt se termine déjà. En arrivant à la lisière nous tombons sur une espèce qui m'est totalement inconnue. Après avoir longuement cherché, je suis tombée sur l'astragale réglisse (Astragalus glycyphyllos) et je suis rassurée par le fait qu'elle soit indiquée comme présente dans le secteur selon la base de donnée de l'INPN. Cette plante à fleurs peut faire jusqu'à un mètre de haut et se développe sur les sols riches et plutôt secs.

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Avant de nous aventurer en direction de l'Aigueblanche à nouveau, nous observons une buse variable (Buteo buteo) qui nous survole. Cette espèce s'adapte à une grande variabilité de milieux. En effet elle figure parmi les rares prédateurs à pouvoir s'accomoder aussi bien des plaines céréalières cultivées en intensive que des bocages traditionnels où les pâtures sont séparées les unes des autres par des haies. Celle-ci semble avoir perdu une rémige sur l'aile gauche. Avec un peu de chance nous tomberons dessus.

DSCN4371Nous voilà dans les gorges étroites de tuffe du torrent. Le lieu m'a toujours faciné et semble faire office de lieu de rituel plus ou moins glauques. Enfant avec l'un de mes frères, nous avions trouvé un porc égorgé sur le filet d'eau. Autant dire que nous avons détalé sans demander notre reste.

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Quelques années plus tard, c'est une poule blanche sans tête qui prennait place au même endroit, avec à quelques lieux d'elle quatre crânes de renards posés à la même roche. Depuis, et heureusement, je n'ai pas eu à nouveau de telles mésaventures. L'endroit reste splendide pour se baigner, observer le cingle plongeur (Cinclus cinclus) qui niche ici ou juste se rafraîchir en admirant le filet d'eau.

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Nous en sommes à plus de 3 heures de marche et de nombreux kilomètres. Il est temps de faire une pause à la maison familliale. Sur le retour, en longeant la route goudronnée, nous prenons le temps de regarder le flore des tallus. Deux espèces s'illustrent superbement. À gauche, l'orchis de Fusch (Dactylorhiza fuchsii) qui se différencie des autres orchidées du genre Dactylorhiza par son labelle très étroit. À droite, la digitale jaune (Digitalis lutea). Elle pousse, à la différence de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), sur les sols calcaires, souvent à à l'étage collinéaire. Très toxique, elle était utilisée autrefois pour soigner les problèmes cardiaques.

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C'est la fin de journée. Nous montons au lac de Saint Sixte. Les hirondelles sont en forme et piaillent dans tous les sens. Les promeneurs sont nombreux. Quelques baigneurs se chamaillent et tentent la plongé bien que le lieu soit interdit à la nage. Les pêcheurs les regardent d'un mauvais oeil. Les vagues et les cris ont fuir les poissons dans le fond et entre les herbiers. Ils ne sont alors plus réceptifs aux appâts et hammeçons lancés dans l'eau.

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Nous fillons comme la dernière fois à la tourbière de l'étang. Les iris des marais (Iris pseudacorus) sont en pleine floraison, fleurissant de jaune les berges des canaux. Emergeant à la surface, les hampes et les feuilles des trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) montrent que l'espèce n'est pas encore prête à fleurir. Protégée, elle n'a rien à voir avec la famille des trèfles, les Fabacées, mais avec celle des Ményanthacées.

DSCN4388Nous prenons un peu de hauteur. Depuis la colline qui surplombe Saint Sixte, nous avons une vue superbe sur le vol des rapaces, sur les montagnes et sur une grande partie de la commune de Saint Geoire en Valdaine. De-là, il est possible d'observer l'un des 7 châteaux du village dont la moitié sont en réalité des maisons fortes. Certaines ont joué un rôle important pendant la révolution en protégéant les bien de l'Eglise et de la royauté, d'autres dans l'éducation des filles de la grande noblesse fançaise. Un héritage qui peut se visiter à travers le sentier des 7 châteaux. Ce sentier passe l'église du village. Classée, elle fût hérigée entre le XIVe et le XVe siècle sur l'emplace des ruines d'une église du XIIe siècle, date à laquelle fût églamenet hérigée l'église de Saint Sixte dont les fondations prennent leurs bases sur un ancien temple romain dédié au dieu Bacchus. Plus tard, les pères chartreux prendront possession du lieu en créant les étangs de pêche de Saint Sixte et celui des Charteux situé à quelques lieux plus loins.

DSCN4395Nous voilà le dimanche matin, nous n'avons plus que quelques heures avant de retourner à Lyon. Nous sommes très motivés à mettre à profit le temps qu'il nous reste avant de partir. Avant d'enfiler les chaussures de randonnée, nous prennons le temps de regarder le bassin du jardin. Un superbe nénuphar ornemental (Nymphaea sp.) est en pleine floraison. Sous ses larges feuilles, deux jeunes perches soleil (Lepomis gibbosus) se mettent à l'abris de la chaleur.

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Nous voilà de retour au marais de Saint Geoire en Valdaine. Dés l'arrivée nous sommes aceuillis en grande pompe. Une énorme couleuvre vipérine (Natrix maura) sort de l'eau et part s'abriter entre les racines d'un aulne glutineux (Alnus glutinosa). Quand il s'agit de serpents, c'est toujours la panique pour bien des personnes et pour l'animal, l'issue est hélas fatale. Pourtant les couleuvres sont complétement innoffensives et les vipères, rares et timides, n'ont pas fait de victimes depuis 20 ans en France métropolitaine (hormis chez les spécialistes qui les manipulent). Pour en revenir à notre vipérine, elle tient son nom de ses nombreuses ressemblances avec les vipéres, notament au niveau de la tête triangulaire et de la queue épaisse.

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La vipérine se nourrie essentiellement de poissons et parfois d'amphibien. Ce mulot (Apodemus sp.) de ce fait n'a pas été victime du serpent qui se dore la pillule non loin de là. Il est plus probable que la cause de sa mort soit l'innondation de sa galerie par l'Ainan et/ou par la pluie des jours précédents. Ici on peut reconnaître le mulot à sa longue queue et à ses oreilles rondes. Pour l'espèce, il faudra regarder du côté des dents, chose difficile ici.

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Nous voilà à nouveau devant les grenouilles vertes (Pelophylax sp.). En rive de marais, elles se dissimulent dans la végétation et sautent à l'eau à la moindre alerte. Comme le montre les images, les grenouilles vertes ne sont pas toutes ... vertes. Ici les individus portent une ligne verte sur le dos et les tympans bien marqués, laissant penser que nous sommes en présence de la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus).

DSCN4420Mon frangin et mon bien-aimé sont à l'affût. Nous sommes devant un champ fauché. Des tariers pâtres (Saxicola rubicola) sont à la recherche d'insectes en famille autour des bottes de paille. Des bergeronettes grises (Motacilla alba) suivent la même démarche.

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Pour ma part je suis peu attentive. La lisière est un formidable terrain de jeux pour moi. Mon pauvre Thomas en fait les frais. Le gaillet gratteron (Galium aparine) est une plante collante par sa multitdes de poils aggripants. Clea permet à la plante de se faire transporter avec ses graines sur de longues distances par les animaux qui s'y frottent. Manque de pot pour ce gaillet, c'est sur un humain qu'elle est tombée. Cela aurait pu être pire, car comestible, elle aurait pu finir dans une assiette.

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Les insectes sont nombreux. Papillons, scarabées, guêpes, coccinelles, libellules et fourmis, c'est tout un peuple qui grouille sous nos pieds. C'est un monde qui me fascine mais auquel je suis encore que trop peu formée. Néanmoins, mon drôle d'été me premettra de mettre à profit mon temps pour m'exercer aux papillons et aux criquets même si cela reste très léger. Peut être que les semaines à venir seront mises à profit à cela.

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Dans les marais, les fruits des groseillers à grappes (Ribes rubrum) commencent à murir. L'espèce est inféodée aux zones humides et ombragées. On le rencontre partout en France hormis dans le Sud du pays et certaines départements des Pyrénées. Comestibles, on fait de délicieuses confitures des baies. Traditionnellement, elles sont associées au gibier de retour de chasse dans des sauces chasseur ou dans dans les farces.

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Ces fruits font aussi le plaisir des oiseaux. Cependant, ces deux-ci ne sont pas intérréssés par les groseilles à cette période de l'année. Il s'agit à gauche du roitelet triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe. À droite, il s'agit d'une femelle pinson des arbres (Fringilla coelebs) reconnaissable au croupion vert-olive. Pour l'heure, ils se concentrent sur les invertébrés pour nourir leur nichée.

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Le feuillage est bien vert. Bientôt il flétira sous le coup de la sécheresse. Pour la 3e année consécutive, la canicule s'installe en Isère, un record dans l'histoire et qui ne va pas sans changer durablement le paysage. C'est sur ce constat que nous retournons en région lyonnaise, là où tout a déjà grillé et où les pelouses jaunes n'abritent plus beaucoup d'animaux à observer. Heureusement les vergers font forme d'un réservoir en biodiversité riche.

Chapitre 4 : La campagne.

Pas de vacances en vue, juste le plaisir d'une sortie en famille.

DSCN5015Nous sommes le 1er juillet. Nous voilà une de fois de plus en Isère pour un grand rassemblement familliale. Nous enfillons nos chaussures de randonnées pour partir explorer les alentours. Sur une haie toute proche, un rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) prend la pose. Il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à son front blanc qui lui donne son nom. Celui-ci s'adonne à la récolte de fourmis et de petits insectes dans la pelouse pour nourrir les oisillons de son nid qui se trouve un peu plus loin, caché entre deux poutres d'un toit, dans le renfocement du mur. La femelle est plus discrète, avec un plumage brun qui peut entraîner une confusion avec la femelle du rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros). Forestière, l'espèce est le plus souvent discrète voire farouche. Présent parfois dans les jardins, c'est toujours à proximité d'un milieu boisé qu'il s'installe. C'est là qu'il trouve les chenilles et les araignées dont il se nourrit. Migrateur, on le voit partir aux alentours d'août à septembre, souvent par petits groupes.

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Très présent en Eurasie, le rouge-queue à front blanc se rencontre aussi dans une grande partie de l'Afrique, en particulier l'hiver où de nombreux individus venant d'Europe et du Moyen Orient. Ils trouvent là de nombreux insectes pour se nourrir, alors qu'en France ils se font absents à cette période de l'année. Cependant avec les douceurs hivernales, ils sont de plus en plus nombreux à rester et à stroper leur migration.

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Voilà la plus belle rencontre de l'Isère pour cette année avec la couleuvre vipérine (Natrix maura) et l'affût aux renards roux (Vulpes vulpes), qui bien que je n'ai pu le filmer ou photo, reste le plus beau moment de l'année. Il s'agit d'un couple de pies-grièches écorcheurs (Lanius collurio), une espèce fascinante, pas des plus communes et même en forte régression. Brune est grise, la femelle ne porte pas la calotte bleue-gris du mâle et son masque n'est pas noir mais brun. Le bec de l'oiseau est crochu et croisé, lui permettant ainsi d'attraper ses proies.

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Son nom de pie-grièche écorcheur vient de son trait de caractère à accrocher sur les épines des arbustes et sur les fils barbelés les jeunes lézards, les petits campagnols, les sauterelles et les gros insectes dont il se nourrie. Bon constructeurs, le mâle et la femelle réalisent le nid en 4 à 6 jours. Les cris de ce couple laisse penser qu'un nid est en construction ici. Nous n'avons pas pu l'affûter cette année, peut être l'an prochain.

DSCN5022Dans le voisinage, quelques hirondelles rustiques (Hirundo rustica) nichent sous les toitures d'une vieille grange. Deux nids de boue, de paille et de salive sont solidement accrochés au plafond. Enfant, il y en avait un peu partout dans le hameau dont la maison familliale. La fermeture des bâtiments, la rarefaction des insectes, l'emploi d'insecticides puissants et l'homogénéisation des cultures ont conduit en 2 ans à la disparition de la plupart des nids. En 30 ans et en fonction des régions, 30 à 50 % des hirondelles rustiques de France ont disparu. Fort de ce triste constat, il est néanmoins possible d'agir. Les nids et les hirondelles peuvent être ressencés facilement sur l'application pour téléphone Naturalist ou sur le site Faune-France pour ce qui est de l'ordinateur. Un tour de quartier à pied, une balade dans les champs à vélo sont tout autant d'occasion de faire un rapide inventaire des hirondelles d'un secteur.

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Nous partons sur la plaine agricole. Une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) a pris d'assaut les abords. Joyeux lurons, ils font un raffût pas possible dans les buissons, mais sont capables de faire le silence complet au passage d'un prédateur ou d'un troupeau d'humains comme le notre. Ici, il s'agit d'une femelle, le mâle étant doté d'une gorge-noire et d'une calotte d'un brun foncé et non d'un plumage grisâtre comme ici.

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Nous sommes restés presque 30 minutes devant ce buisson, en espérant y retrouver le couple de pie-grièche écorcheur vu il y a quelques semaines, mais surtout, pour nous assurer qu'il ne s'agit pas de moineaux friquets (Passer montanus). Cela fait 2 ans que nous les cherchons sans les trouver. Autre fois commune, l'espèce est devenue rare en France même sa population reconnaît un peu de regain dans d'autres pays. La disparition des campagnes traditionnelles est l'un des facteurs principaux à la raréfaction de cet oiseau.

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Un autre passereau pointe le bout de son bec. Il s'agit du chardonneret élégant (Carduelis carduelis), un oiseau coloré de jaune, de rouge, de roux, de blanc et de noir. Commun dans les milieux boisés ouverts, il n'hésite pas à à se promener dans les pelouses et les champs fauchés pour trouver les graines dont il se nourrit. Exclusivement granivore, il ne chasse des insectes uniquement au printemps, pour nourrrir ses oisillons qui ont pour se développer, besoin d'un fort apport en protéine et de manière rapide.

DSCN5072Changement de décor, nous sommes à nouveau au marais de Saint Geoire en Valdaine. Décidément, nous ne quittons pas ce petit coin de fraîcheur. Nous sommes au carpodrome qui longe la zone humide et qui accueille chaque weekend les pêcheurs dans de grandes compétitions.

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Sur les scrophulaires (Scrophularia sp.), de nombreuses chenilles de  la cucullie des scrofulaires (Shargacucullia scrophulariae) font bonne riplaille. Visibles entre juin et septembre, elles se nourrissent exclusivement de scrophulaires et parfois de molènes (Verbascum). On la reconnaît à sont corps bleu  et à ses taches rondes jaunes et noires. Le papillon adulte ne peut être distingué de la cucullie du bouillon blanc (Shargacucullia verbasci) que par l'examen des parties génitales.

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Un petit cri nous fait tourner la tête. Il s'agit d'une jeune fauvette des jardins (Sylvia borin) qui vient de quitter le nid et qui attend patiemment que ses parents viennent lui apporter de quoi se nourrir. Il lui faudra vite apprendre à se débrouiller toute seule car cette courte période de transition ne dure pas plus de 2 à 3 jours. L'épreuve sera encore plus grande pour elle quand la fin de l'été arrivera et avec elle, la première migration.

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Un héron cendré (Ardea cinerea) nous survole. Haut de 1 mètre et pouvant atteindre pour les plus grands une envergure de 1,95 mètres, il concurrence dans ces dimensions le hibou grand-duc (Bubo bubo). Néanmoins il est bien plus frêle et peut finir comme repas dans le nid du rapace nocturne. À cette période de l'année les premières nichées prennent leur envol. Les jeunes se reconnaissent à leur calotte grise et leur bec terne.

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Un beau mâle de libellule déprimée (Libellula depressa) est posé sur un roseau. Il vient tout juste de sortie de son enveloppe extérieur dans laquelle il a vécu sous forme de larve, sous l'eau pendant une à deux années. Cette peau vide et sèche se nomme l'exuvie et se trouve dès fin avril jusqu'à septembre selon les espèces, sur la végétation. Leur étude permet de déterminer les espèces de libellule (Odonates) présents dans un secteur.

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Nous partons cette fois pour de bon. Une buse variable (Buteo buteo) nous accompagne. Nous avons passé de belles soirée, croisé le regard des chevreuils et des renards, mis les pieds dans l'eau des ruisseaux et chercher les rares champignons de la fin du printemps. Ce bol d'air frais nous a fait du bien et nous a tiré de cette période un peu difficile que nous avons tous vécu. Un bain de nature, il n'y a rien de plus précieux pour le moral.

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vendredi 2 octobre 2020

Sortie en campagne 17 : identifier les criquets.

DSCN5444Les pelouses sont complétement grillées. Il y aurai de quoi s'inquiéter mais ce n'est pas complétement anormale pour la saison, hormis que cela arrive bien plus tôt que d'ordinaire. Ce jour là, c'est dans les herbes dorées que nous posons nos sacs. L'objectif de la journée : identifier les criquets de la campagne dans laquelle nous nous trouvons, celle d'Irigny. Boîte loupe et guide de détermination en main, nous nous lançons à la chasse aux orthoptères. Il faut à la fois être vivace pour saisir les insectes mais aussi délicats pour ne pas briser leurs pattes fragiles et ne pas froisser leurs fines ailes. Par chance, le soleil n'est pas trop fort et nous arrivons à trouver un peu de frais. Le travail entâmé, nous nous aperçeverons que nous ne serons pas trop de trois pour nous lancer dans les identifications. Pour nous aider, nous utilisons le "Cahier d'dentification des orthoptères de France, Belgique, Luxembourg et Suisse" de Yoan et Eric Sardet (pau en 2015). Pour les espèces, elles peuvent être toutes retrouvées ICI.

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Les Orthoptères :

Les orthoptères (Orthoptera) sont un ordre qui regroupe le sous-ordre des Caelifères (Caelifera) qui comporte les criquets, et le sous-ordre des Ensifères (Ensifera) à laquelle se rattachent les grillons et les sauterelles. Dans le monde on compte 22 000 espèces et sous-espèces d'ortohptères dont 220 sont présentes en France. Pour notre identification nous nous sommes concentrées sur les criquets et les sauterelles.

DSCN5443Reconnaître les criquets :

Ils se reconnaissent à leurs antennes courtes, souvent épaisses et multiarticulées, c'est à dire composées de plusieurs ségements. Ils vont se montrer aussi bien solitaires que grégaires, chacun de ces deux comportements pouvant transformer morphologiquement l'insecte (forme, couleur, taille des ailes etc.). Les mâles chantent pour défendre un territoire et attirer les femelles. Ces dernières peuvent à leur tour répondre de manière sonore pour indiquer aux mâles qu'elles acceptent l'accouplement. Question régime alimentaire, toutes les espèces de criquets sont phytophages, c'est à dire se nourrissant de végétaux.

DSCN5422Reconnaître les sauterelles :

Elles se reconnaissent à leurs antennes fines et aussi longues ou plus longues que leur corps. De moeurs solitaires, seuls les mâles chantent pour appeler les femelles à la saison de reproduction. Pour cela, ils utilisent leurs élytres (ailes rigides protégeant les ailes de vol) l'une contre l'autre, là où les criquets pour stritueller (verbe tiré du chant des orthoptères, la stridulation) vont plutôt utiliser leurs fémurs de leurs pattes arrières en les frottant sur leurs élytres pour produire un son. Les sauterelles sont omnivores, avec un penchant plus marqué pour les protéines animales. Certains criquets peuvent devenir leur proie.

DSCN5452Reconnaître les mantes religieuses :

Les mantes religieuses ne font pas parties de l'ordre des orthoptères mais de celui des Mantoptères (Mantodea) et de la famille des Mantidées (Mantidae). Elles se reconnaissent à leurs pattes avant pliées. Applées ravisseuses, elles leur permettent d'attraper leurs proies qu'elles saisient le plus souvent quand celles-ci sont en plein vol. Patientes, elles chassent en affût, dans la végétation. Selon le milieu où elles vivent elles peuvent être vertes, brunes, orangées et parfois même légérement violacées. Cette espèce fait partie des 8 présentes sur le territoire français et des 2500 que l'on trouve dans le monde.

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Première étape : la capture.

Hop nous voilà partis à attrapper les criquets. Les herbes hautes, les lisières, les bords de ruisseaux ou les fondsassèchés des rivières sont autant d'endroits où il est possible de les trouver. Nous nous concentrons ce jour là sur une parcelle n friche qui n'est plus en culture depuis 2017 et qui est attenante à la forêt du fort. Elle figure d'ecotone, une zone riche en biodiversité car à la confluence de deux milieux naturels différents.

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Le Criquet blafard (Euchorthippus elegantulus) :

C'est le premier sur lequel nous mettons la main. L'espèce se caractérise par sa couleur beige même s'il exite une grande variabilité entre individus, certains tirants sur le brun ou le vert. Nous tombons essentiellement sur des femelles que nou reconnaissons à la loupe. Pour avoir tous les critères de reconnaissance de l'espèce c'est par ICI. De taille moyenne, entre 14 et 26 mm, on le trouve de mai à novembre dans les milieux herbeux, de préférences chauds et bien exposé, jusqu'aux limites de l'étage montagnard (1500 m d'altitude).

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Le Caloptène italien (Calliptamus italicus) :

C'est l'une des espèces les plus communes en France. Ce criquet brun et massif possède de jolies ailes rouges protégées par des élytres mouchetées de noir. Les mâles mesures 15 à 23 mm tandis que les femelles, bien plus grandes, sont comprises entre 23 et 34 mm. S'adaptant à une grande variété d'haitats, il aime particulièrement la chaleur. Il n'est pas simple à attrapper mais le grand nombre d'individu permet de faire quelques jolies prises. Là aussi, nous ne trouvons que des femelles, reconnaissables à l'absence du pallium saillant, un organe présent chez les mâles à l'arrière de l'abdomen. Elles sont aussi démunies de cerques en forme de pince.

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Sa colorie lui permet aisément de se dissimuler dans la végétation. En cas de danger il déploie ses ailes colorées et d'un bond peut s'envoler à l'autre bout de la parcelle. La couleur vive couplée au saut vif eut entraîner chez certains prédateurs un état de surprise pendant un quart de seconde, laissant alors le temps au criquet de s'échapper. Hélas cela ne marche pas à tous les coups, en particulier quand il s'agit des pettis rapaces à l'affût.

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Les prédateurs des criquets :

Ce jour là nous en croiserons quelques uns. Mantes, rapaces, passereaux, lézards, échassiers, araignées ... la liste est longue comme mon bras. Néanmoins en cette fin de saison ils sont moins nombreux, certains ne s'attaquant qu'aux larves tandis que d'autres sont déjà partis en migration. Reste alors les gros insectes et les vertébrés qui sont décidés à passer l'hiver ici. En voici trois que j'aime tout particulièrement.

DSCN5426 (2)Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) :

Deux juvéniles sont posés sur le câble éléctrique qui nous surplombe. Souhaitons leur bonne chance car nombreux sont les jeunes rapaces à ne pas passer la première année. Même si l'espèce favorise les petites rongeurs comme les campagnoles et les mulots, elle ne dédaigne pas se rabattre sur d'autres proies comme des oiseaux, des lézards ou de gros insectes dont font partis les orthopthères. La capture se fait le plus souvent au sol parmi les herbes. Les criquets sont directement capturés au bec. L'entièreté de l'insecte est consommé à l'exception des aileset des parties dures.

DSCN5475Le faisan de Colchide (Phasianus colchicus) :

Ce superbe faisan de Colchide est issu d'un lâché d'élevage. Les belles couleurs de son plumage sont un critère de selection dans le cadre des chasses. Personnelement je suis assez opposée à cette pratique. Si les adultes sont plutôt granivores, ils ne dédaignent pas se nourrir de temps à autre de gros invertébrés. Les jeunes vont essentiellement se nourrir d'insectes dont de jeunes criquets qui sont alors peu habilles au vol et saut. Ces proies faciles apportent toutes les protéines dont ont besoin les faisandeaux, les petits du faisan. Sur la zone agricole nous avons pu en suivre.

DSCN5436La mante religieuse (Mantis religoiosa) :

C'est une redoutable prédatrice qui est capable d'attrapper des insectes aussi gros qu'elle. Pour se faire elle les saisie avec ces pattes avant, les ravisseuses qu'elle tient replié le reste du temps comme si elle priait, d'où son nom de religieuse. On l'appelle aussi parfois tigre des herbes pour faire référence à son ppétit et à sa capacité à se fondre dans le décors pour attraper ses proies à l'affût. Ce jour là nous ne trouvons que des femelles à l'abdomen gonflé d'oeufs. Elles les pondront très prochainement dans une oothèque. Il s'agit une coque organique que fabriques également les blattes.

Les mantes sont des animaux très fragiles et particulièrement bien adaptés à leur environnement ce qui les rend parfois un peu dur à trouver, surtout quand elles sont immobiles. Il est préférable de ne les manipuler qu'avec une grande délicatesse pour ne pas abimer leur abdomen ou froisser leurs ailes délicates.

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C'est toujours pour moi un émerveillement de tomber sur des mantes, que ce soit il y a deux ans au pet du loup, à la fin de l'été avec les mantes cachées dans les cagettes de légumes du marcher ou rentrant par la fenêtre ou en promenade. Cela me rappel à mes souvenirs de vendange, les ballade dans les Callanques ou encore, de wwoofing où les empuses avaient été une véritable découverte pour moi et m'avait provoqué une vive émotion.

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Avec les pluies et les gelées, les femelles et les mâles ayant survécus aux amours ne tarderont pas à mourir. En effet la mante est connue pour vivre un peu moins d'une année et les mâles, pour servir de nourriture à leurs belles pendant ou après les ébats amoureux. Dans les faits, 1/3 à 2/3 des reproducteurs arrivent à survivre en s'échappant ou en choisissant de s'accoupler à une femelle ayant déjà le ventre bien plein. Ouf !

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L'automne est vraiment là ! Kiwis, courges, potimarrons, raisins, mures et pommes, les cultures sont remplies de fruits et de légumes de fin de saison. Attirants plus la convoitise des humains que des animaux, ils sont protégés par de hauts grillages pour éviter toute forme de pillages. Arriver le matin devant un rang entièrement vidé pendant la nuit reste quelque chose de profondément démoralisant et d'injuste quand on pense au travail investi.

Désormais je me troune vers une autre identification, celle des champignons ! D'ailleurs je serai dans l'équipe organisatrice du grand forum Mycodrium destiné à la nature, aux champignons, à la gastronomie et à l'agro-écologie. Vous pourrez en retrouver toutes les conférences et sorties sur youtube sur la chaîne Ver de Terre Production le 9 octobre (ICI), le 10 octobre (ICI) et le 11 octobre (ICI) - bon visionnage !!!

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samedi 29 août 2020

Agriculture et biodiversité.

DSC03963Il y a un an de cela, nous étions dans les champs pour nous exercer au naturalisme. Bien souvent, quand on parle d'agriculture, on s'imagine des grands champs dénudés de vie. C'est une réalité, une partie du pays est cultivé en intensif, laissant peu de place aux animaux et aux plantes sauvages. Hélas, cette tendance est à la hausse.

Parlant un peu technique :

Cela ne va pas sans me rappeler mon passage en DDT aux aides agricoles européennes (PAC). On utilise le terme de SAU (Surface Agricole Utilisées/Utiles) pour parler de la nature des cultures d'un territoire. En France, les principales cultures sont les cultures céréalières et d'oléprotéagineux, puis la viticulture, suivie de l'élevage de bovins à lait. En 2020, ces trois branches représentaient à elles seules 150 400 000 moyennes et grandes exploitations. En tout et pour tout, 52 % du pays est utilisé à des fins agricoles (certains départements l'étant à plus de 82%, en particulier autours de la capitale).

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Nous sommes à l'affût au pied d'un champ de blé couvert de bleuets sauvages (Centaurea cyanus). Avec un peu de chance, nous réussirons à trouver une aire de nidification de busards. Deux espèces de cette famille ont pris l'habitude de nicher dans les céréales, le busard cendré (Circus pygargus) et le busard Saint Martin (Circus cyaneus). Hélas, l'arrivée à terme des nichées se fait après la récolte. Pour limiter les dégâts, la LPO, ses salariés et ses bénévoles repèrent les nids aux jumelles et à la longue vue pour les protéger via divers dispositifs (grillages, zones de non fauche etc.), afin de permettre aux jeunes oiseaux de prendre leur envol.

DSC03946Ces cultures sont en agriculture raisonnées. Il n'y a pas photo, entre les épis, il y a une diversité incroyable de fleurs. Les bluets (Centaurea cyanus) appelés bleuets sauvages sont emblématique du retour de la nature dans les champs. Quasi disparus comme les coquelicots communs (Papaver rhoeas), ils reviennent peu à peu suite à des mesures de protection misent en place au niveau national.

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Dans notre observation, nous trouvons bien d'autres espèces comme la coronille bigarrée (Securigera varia). Cette espèce eurasienne aux fleurs roses et blanches s'invite parfois en jardinerie. Présente aussi dans les prés de fauche, elle résiste bien à la chaleur et fait le plaisir des abeilles. C'est de juillet à août que l'on peut voir sa belle floraison qui s'invite parfois sur les tallus. De la famille des Fabacées, elle a la capacité comme la luzerne de fixer l'azote de l'air dans le sol, permettant ainsi de limiter l'appauvrissement de sols. Importée en Amérique du Nord, elle s'y montre invasive en concurençant les plantes indigènes des prairies (c'est à dire natives des Etats Unis et du Canada).

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Continuons notre exploration de la biodiversité des champs. L'ail des vignes (Allium vineale) commence à fleurir. Parfumé, il présente des clochettes roses et violines naissantes. Les bulbiles se dressent au sommet de la tige, à 30-80 centimètres au-dessus du sol. Présent presque partout en France, on peut tout aussi bien le trouver sur les sols sablonneux et laissés à l'abandon. On consommera de préférence les jeunes feuilles et tiges crues.

DSC03922Le lièvre d'Europe (Lepus europaeus) pointe le bout noir de ses oreilles. Les champs ont été fauchés, lui laissant peu de place pour se cacher. D'ordinaire il préfère sortir en début de matinée ou en soirée afin de profiter de la fraîcheur mais aussi, pour éviter les prédateurs. Néanmoins peu d'animaux osent se frotter à un lièvre adulte, celui-ci faisant preuve d'une force étonnante pour son cabarit, même chez les jeunes adultes.

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D'autres animaux tout aussi discrets sont aussi là. C'est le cas des grandes sauterelles vertes (Tettigonia viridissima) qui bien que vivaces n'ont pas, pour certaines d'entre elles, réussi à éviter les prédateurs. Faucon hobereau, chevêche d'Athena, faucon crécerelle, buse variable ou encore pie grièche écorcheur, les dangers sont nombreux. Omnivore, elles peuvent se montrer elles aussi bonnes prédatrices auprès des insectes plus petits.

DSC03985Retour sur la botanique avec un peu d'identification végétale. Nous voilà face à un parterre de trèfles des champs (Trifolium arvense), reconnaissable à sa tête composée de calices blancs et rouges lui donnant un aspect plumeux ce qui lui vaut le drôle de surnom de pied-de-lièvre.

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Il aime se développe dans les pelouses caillouteuses et au pied des éboullis, sur les sols secs et sablonneux ce qui est le cas ici. En effet nous ne sommes plus dans les champs de céréales mais dans des pelouses paturées. Notre mission : inventorier les espèces végétales présentes pour identifier les milieux et proposer des mesures de gestion adaptées à ceux-ci en accords avec les pratiques des agriculteurs. Présent dans toute l'Europe, aussi bien en montagne qu'en plaine, il joue un rôle similaire à celui de la coronille bigarée en fixant l'azote dans le sol. C'est aussi une excellente plante fourragère malgrès sa petite taille.

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Ce trèfle c'est aussi naturalisé en Amérique du Nord sans pour autant poser soucis, du moins pour le moment. Pour la floraison, on peut sans mal voir les fleurs entre mai à septembre. Défleuri, on le reconnaît à ses feuilles pétiolées au niveau du collet et sessiles au sommet de la tige. Elles sont divisées en foliolles alongées dont les bords sont ciliés et faiblement dentés. Malgrés ces éléments, il reste sans fleur difficile à identifier.

DSC03951Voilà un beau pied de millepertuis perfolié (Hypericum perforatum). Bien souvent son identification est érronée, la présence de pertuis (souvent confondus avec des trous) sur les feuilles ne permettant pas à eux seuls d'identifier l'espèce. C'est une plante médicinale dont l'usage doit être fait avec beaucoup de précotion. L'usage interne ne doit être prescrit que par un professionel de la santé, le millepertuis pouvant provoquer des effets secondaires et/ou altérer l'effet de certains traitements pour la dépression ou le bon fonctionnement de contraceptifs (comme la pillule). En usgae externe, on prendra bien soin de ne jamais exposer sa peau après avoir passé sur celle-ci une lotion de fleurs de millepertuis, au risque de voir apparaître des brûlures.

DSC03976Non loin de là pousse une grimpante que j'adore dessiner, la bryone dioïque (Bryonia dioica). C'est une des seules représentantes sauvages des curcubitacées en Europe, ce qui en fait la cousine des melons et des courges bien qu'elle ne produise que des baies toxiques rouges-orangées.

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Appelée aussi navet du Diable ou couleuvrée en raison de sa racine à forme humaine, elle fût utilisée dans le passée comme purgatif bien que toxique. Riche en amidon, elle fût en période de famine consommée après avoir été longuement bouillie, entrainant des drames dans de nombreuses familles. Malgré son surnom, elle était associée à la magie blanche et avait pour réputation d'aider à tenir l'alcool. Cependant elle se relève bien innéficace contre l'ivresse au grand dam de certains. Dioïque, les fleurs mâles et les fleurs femelles ne se trouvent pas sur les mêmes pieds, chose peut courante dans le monde végétal. Ici il s'agit d'un pied mâle, les étamines pleines de pollen étant visibles. Les fleurs femelles ont trois pistils verts.

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Qui dit fleurs, dit papillons. Avec l'abondante diversitée d'espèces végétales dans les pâtures gérées de manière raisonnée, ils trouvent à loisir de quoi se nourrir. À gauche il s'agit d'un demi-deuil (Melanargia galathea), reconnaissable à son damier noir et blanc sur les ailes. Présent un peu partout, il apprécie tout particulièement les fleurs de centaurées. À droite, un tabac d'Espagne (Argynnis paphia) posé sur le doigt de mon bien-aimé. Ce papillon s'identifie par sa grande taille, ses ailes brunes et le reflet vert du revert de celles-ci. Il aime les clairières et les lisières de forêt où il butine les cirses, les ronciers et les chanvrines eupatoires (Eupatorium cannabinum).

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Les cultures, c'est là aussi où je travaille comme éducatrice à l'environnement. Que se soit sur le plateau des Grandes Terres ou dans le Beaujolais, c'est toujours le même émerveillement. Les buses volent haut dans le ciel, poussées par les thermiques, les crécerelles sont en chasse à n'importe quelle heure de la journée et les milans poussent leurs cris si reconnaissables. Pour les plus patients, c'est à la tombée de la nuit les chevreuils et les renards montrent le bout de leur museau. C'est cette diversité que j'aime faire découvrir à travers mon métier.

DSC03971Ces milieux me permettent par exemple d'expliquer la différence entre sauterelles et criquets au public, et pourquoi ces animaux appartiennet à la famille des Orthoptères. Chez les criquets, on retiendra que les antennes sont plus courtes que le corps et que le régime alimentaire est végétarien.

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Du côté des sauterelles, on notera la présence de fines antennes plus longues que le corps. Le régime alimentaire est omnivore, généralement très tourné vers la consommation d'autres invertébrés. La famille des Orthoptères comprend 220 espèces en France, un nombre limité qui permet de se mettre en douceur à l'entomologie (étude des insectes). La détermination peut passer par l'observation, la capture, parfois la disection mais aussi par l'écoute des chants, de la même manière que ce que l'on peut faire avec les oiseaux. Celle-ci se fait à l'oreille mais aussi à travers une batterie d'outils tels que des micros et des logiciels d'analyses, certains chants (appelés stridulations) n'étant pas perceptibles pour l'Homme.

DSC03990Une guêpe attiré par notre en-cas sucré ? Du tout mais un syrphe, une mouche innofensive de la famille des Syrphidae qui prend les mêmes couleurs que les guêpes et les frelons pour duper leurs prédateurs. Néanmoins, bien nombreux sont les osieaux à ne pas se laisser piéger. Les martinets noirs (Apus apus) sont, par exemple, capables de distinguer à 180 km/h s'il s'agit d'un syrphe ou d'un insecte équipé d'un dard venimeux.

Nos aventures agricoles s'arrêtent là pour aujourd'hui. Installés depuis peu dans le sud lyonnais, nous avons tout le loisir de découvrir la grande diversité des animaux et des plantes sauvages qui s'épanouissent dans les cultures. D'ailleurs, sur la sortie 14 de la rubrique Sorties en Campagne publiée il y quelques jours, vous pouvez retrouver nos premières sorties dans les vergers et notre rencontre avec les jeunes pics verts à l'envol.

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samedi 22 août 2020

Interlude : le Vallon de l'Yzeron.

DSCN4483La saison d'animation a été bien étrange. Elle n'a ni véritablement commencé, ni véritablement fini. Hormis quelques animations avec le grand public après le confinement, mon travail a été avant tout un travail de bureau. Pendant ce temps, le vallon de l'Yzeron est resté bien vide, la myriade d'écoliers habitués à l'arpenter à travers les animations nature du territoire étant restés confinés chez eux. L'herbe a poussé, les oiseaux ont pu faire leur nid sans mal. Rien mieux pour faire avec mes collègues, la commune et la communauté de commune l'état des lieux, les écoles étant fermées. Un sentier d'inteprétation permet de découvrir cet Espace Naturel Sensible (ENS). Entre clairière, forêt et rivière, la biodiversité riche et variée permet de s'initier en douceur à l'observation animale. Pour les aventuries, il est possible de demander aux mairies de se territoire un sac de jeux interragissant avec les éléments du vallon pour encore mieux découvrir le site. De quoi occuper toute la famille pour la fin de l'été.

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Le sentier commence par une invitation au voyage. Pierres et sentiers se parent de mots doux. Nous sommes là pour vérifier si le temps et les intenpéries ne les ont pas trop abîmé, et si oui, lesquels manquent pour pouvoir revenir dans l'été les tracer au pochoir et au pinceau. Il serait dommage que les promeneurs cherchant le trésor de la rivière ne trouvent pas les indices permettant de les mener à leur but.

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Des indélicats ont brisé bon nombre de galets et on même tordu le rail qui permet d'écrire des phrases avec. D'autre ont vu leurs mots s'effacer par frottement ou noircis par les flammes des feux dont ils ont délimité le foyer. Notre travail sur place : inventorier les galets abîmés à partir d'une liste, vérifier que la phrase indice est toujours présente et estimer le temps nécessaire pour réécrir toutes les indications manquantes.

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Au bout du périple, une mare aménagée attend les visiteurs. Les brarrières de bois seront sous peu retirées. Installées pour laisser le temps à la flore de s'installer en la protégeant du piétinement, elles semblent avoir remplis leur mission. Grenouilles, libellules et limnées (des escargots aquatiques) semblent y avoir élu domicile bien que le niveau d'eau soit inquiétement bas, comme bien dans d'autres zones humides du secteur.

DSCN4489Pour preuve du foisonnement de vie du secteur, un héron cendré (Ardea cinerea) passe au dessus de nos têtes. Nous nous arrêtons un instant pour le contempler. Peut être que la mare fait partie de son territoire de chasse, à moins qu'il ne soit question pour lui de traquer les écrevisses américaines et les petits poissons qui trouvent refuges dans les nappes bras morts et frais de la rivière Yzeron. Pour s'en assurer, il faudra revenir en affût.

Les animaux sauvages sont nombreux à vivre ici : salamandres tâcheté (Salamandra salamandra), bondrée apivore (Pernis apivorus) ou pic épeiche (Dendrocopos major), il n'est pas difficile de faire de belles observation et le sentier est là pour nous le rappeler. L'automne sera pour nous l'occasion d'y retourner pour ramasser quelques champignons qui dans se type de boisement s'annoncent être abondant, une belle siason en vue.

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vendredi 14 août 2020

Sortie en campagne 14 : un nouvel air.

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À gauche, la vue de notre fenêtre avant, à droite, la vue de notre fenêtre maintenant, et bien qu'elle reste très urbaine, elle nous ravie par le passage des nombreux milans noirs (Milvus migrans) qui se font de plus en plus rares dans le ciel, la migration de l'espèce ayant débuté à la mi-juillet. Bientôt les cigognes blanches (Ciconia ciconia) puis les grues cendrées (Grus grus) prendront le même chemin. Leur vol nocturne sera plus discret.

DSCN4724Nous aimons les zones humides, mais nous avons avant tout exploré les champs et les vergers, des milieux regorgeant d'une faune à laquelle je suis peu familière et pour cause. Dans le cadre de mes loisirs, je suis toujours au bord de l'eau ou dans les forêts et dans celui de mon métier, c'est exactement la même chose. Autant dire que pour moi les soirées passées en bordure des cultures céréalières à guetter les chouettes et les lièvres ont été un véritable régale. Il n'en ai pas de même pour mon bien-aimé qui a fait de l'arboriculture son travail et qui connaît bien ces milieux sur lesquels il travail. Pourtant, reste toujours aussi émerveillé par le moindre moineau ou merle qui se présente à lui parmi les branches des pommiers et des pêchers. En cette période de chaleur, où bien d'autres choses de la vie se sont ajoutées, je n'ai pas toujours loisir à explorer ce nouveau chez moi. Qu'importe, j'ai pu longuement en profiter en juin et d'ici quelques semaines je compte bien retourner me promener aux prés.

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Voilà un oiseau dont je n'ai jamais fait la présentation sur le blog. La fauvette grisette (Sylvia communis) est un oiseau typique des champs et vergers. Je prends plaisir à la découvrir. Tête grise, ailes rousses et ventre blanc, on ne peut se tromper. Sans chant peut par moment ressembler à celui de se cousine la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais il est beaucoup plus monotone. Les mâles chantent souvent au sommet des buissons.

DSCN4673Un classique des prairies à graminées, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte si bien son nom. Exclusivement granivore, il ne peut se nourrir que de graines, à l'exception des oisillons qui pour se développer rapidement ont besoins d'invertébrés, un source de nourriture riche en protéines. Braconnés pour être mis en cage comme animaux de compagnie, ils sont piégés à la glu comme à Poissy (78) l'an denier ou par appelé en juin de cette année an Occitanie. Pour rappel en 10 ans l'espèce à diminue de 25 à 40 % selon les départements.

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En voilà une que l'on ne présente plus et qui, pourtant pas simple à saisir. La buse variable (Buteo buteo) est un oiseau ubisquiste (multi-tâches) qui s'adapte à un grand nombre de milieux. Dans les verges, elle va surtout prédater les petits mammifères comme les mulots et les campagnols. Plus rarement, elle peut prélever quelques passereaux de la dimension d'une mésange ou d'un moineau, en particulier des juvéniles prenant leur envol.

DSCN4738Depuis les champs, nous avons vu sur Fourvière et sa basilique. Presque chaque jour, j'emprunte le long tunnel qui passe juste en dessous du monument et d'un sacré paquet de quartiers. Gaz d'échappement, bouchons et klaxonnes, c'est souvent un vrai périple pour rejoindre mon bureau et les lieux d'animations qui se trouvent au-delà de la colline.

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Cela fait du bien de s'éloigner de Lyon et sa banlieue. Nous respirons un autre air. Nous en restons néanmoins proches, et les jours où la circulation est calme il ne nous faut à peine plus de 25 minutes pour atteindre le centre ville, mais cela reste rare et pour le moment, nous n'avons pu que peu expériementer les aller-retours ville-campagne.

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DSCN4730Le soleil se couche sur les Mont du Lyonnais. De l'autre côté de cultures, depuis notre fenêtre, nous avons vue sur le sommet du Pilat qui se plonge dans l'obscurité. 15 minutes de marche et nous pouvons tremper les pieds dans le Vieux Rhône. Le rêve pour nous qui aimons l'eau et la montagne. Il se pourrait d'ailleurs que d'ici quelques temps une expédition "pêche à l'écrevisse rouge" se monte sur une des rives du fleuve. À voir.

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Surprise ! Voici un insecte que je n'avais vu qu'une fois dans ma vie, il y a de cela 3 ans. Il s'agit du rhinocéros européen (Oryctes nasicornis), un magnifique scarabée et l'un des plus gros du genre. Le mâle se reconnaît à la corne qui orne sa tête et dont l'espèce tire son nom. Rare, nous avons eu la bonne chance lors d'une balade nocturne en juin d'en voir voler au-dessus de nos têtes et même un venir se poser à nos pieds. Sa larve est semblable à celle du hanneton. Se nourrissant de bois mort, elle reste sous cette forme pendant 2 à 4 ans.

DSCN4622La mare réalisée à l'automne 2019 est à sec. C'est une écologie normale pour ce type de milieux qui le plus souvent se veut temporaire. Néanmoins la sécheresse de cette année n'a fait qu'accroître le phénomène, ne permettant ainsi plus aux animaux aquatiques (escargots, araignées, grenouilles, éphémères, insectes etc.) de se développer normalement. À la date du 7 août, 72 départements sont en restriction sécheresse. La Creuse et la Haute Vienne sont en crise intégrale, c'est à dire que le prélèvement d'eau ne peut se faire pour des aspects prioritaires : santé, sanitaire, consommation et sécurité civile. Même les exploitants ne sont plus considérés comme prioritaires. Dans le Rhône, l'alerte est dite renforcée localisée. En somme, réduction sous conditions des usages des ressources en eau par les exploitants et interdiction d'usage de l'eau à certains horaires. Au moment où j'écris ces lignes, un reclassement en crise localisée est envisagé.

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Dans les pommiers les jeunes grives font leurs premiers vols. À cette période de l'année on peut rencontrer deux espèces, la grive draine (Turdus viscivorus) et la grive musicienne (Turdus philomelos). Très similaires, on les distingue par leur paterne de tâches sur le ventre qui sont plus grandes et variées chez la grive draine. Néanmoins le chant reste le meilleur moyen de savoir à laquelel des deux on a à faire.

DSCN4695En voilà un que l'on entend plus souvent qu'on ne le voit. Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est connu pour son chant poétique, fort et inimitable. Succession de strophes rapides et de complaintes tristes, je l'ai véritablement découvert l'été 2019 lors des prospections nocturnes à la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus) et des chouettes et des hiboux de la campagne des Monts du Lyonnais et des Grandes Terres.

DSCN4554Dans les fourrés où se cachent les animaux, les plantes grimpantes prennent leurs aises pour atteindre la lumière. Parmi celles-ci la vesce de Cravovie (Vicia cracca), dont lesj eunes gousses peuvent se manger comme des manges-tout cuits à l'eau ou en cuisson vapeur.

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Jointe à celle-ci, la bryone dioïque (Bryonia dioica), qui dans nos campagnes à la même réputation que la mandragore (Mandragora officinarum) que l'on trouve dans le sud et qui n'est pas qu'une plante appartenant au bestiaire fantastique d'Harry Potter. La bryone est une plante toxique dont la racine ressemble à un corps, formant une grosse tête et quatre membres. De nombreuses légendes l'associant aux sorcières et aux maléfices en ont fait une plante populaire dans la mythologique fantastique lui valant le surnom de navet du Diable ou rave de serpent. À l'automne les lianes grimpantes perdent leurs feuilles et offrent de très belles rouges qui ornent les bosquets et font le plaisir des oiseaux.

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Dans les vergers, c'est de la folie. Les pics verts (Picus viridis) sont de sortie avec leurs nichées. Deux, peut être même trois couples ont élu domicile ici. C'est un vrai régale de faire de rapides affûts pour les observer ou juste de les voir décoller d'entre les rangées de fruitiers. Le pic vert se nourrie essentiellement au sol dans l'herbe, où avec sa longue langue gluante il va capturer les fourmis dissimulées dans leurs galeries.

DSCN4806Sortie nocturne. C'est le moment pour les carabes (Carabidae) de sortir. Il est bien difficile de les identifier et parmi la cinquantaine d'espèces présentes en France, très peuvent l'être sans dissection. Reconnaissables à leurs reflets métalliques et à leurs mandibules puissantes, se sont des prédateurs partant en chasse dès que le soleil disparaît. Bioindicateurs, les carabes permettent de connaître la bonne santé d'un milieu ou d'une culture.

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J'adore les lièvres bruns (Lepus europaeus). Dès qu'ils se sentent observés, ils se plaquent au sol puis déguerpissent à toute allure. Hauts sur pattes, avec de longues oreilles aux bouts noires et de grands yeux, ils ont tout ce qu'il faut pour attirer la sympathie. Ces quelques éléments permettent de le dissocier des lapins de garennes (Oryctolagus cuniculus), plus petits et moins communs dans parcelles arboricoles.

DSCN4714Notre lièvre est aussi appelé lièvre d'Europe bien qu'il soit présent à l'ouest de l'Asie. En montagne on trouve son cousin le lièvre variable (Lepus timidus) aux oreilles plus petites et au pelage marron l'été et blanc l'hiver, ce qui lui permet ainsi de ce dissimuler des prédateurs. Pour en revenir au lièvre brun, c'est avant tout au printemps qu'on le croise le plus souvent, quand les mâles s'affrontent pour une belle. On nomme cela le bouquinage.

DSCN4795Si l'été il affectionne les herbes, il se tourne peut à peu à l'arrivée de la fin de l'automne vers les graminées, les bourgeons et les écorces ce qui peut créer des dégâts dans les vergers, notamment en stoppant l'arrivée de sève dans les rameaux quand le collet (base de l'arbre) est rongé.

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Bien que de  taille modérée (4 kg pour un adulte), il peut vivre une dizaine d'année. Donnant naissance en moyenne à 13 petits au bout de 3 à 4 mois et produisant 5 portées par an (sur une période de 6 mois), la hase, la femelle du lièvre, est une super reproductrice. Néanmoins le taux de mortalité reste élevé pour les jeunes, les épidémies étant leur principale cause de mortalité, suivie les oiseaux de proies, les canidés et certains félidés comme le lynx en faisant aisément leur repas. Néanmoins dans le sud du Rhône les prédateurs sont quasi-absent, expliquant son fort développement accru part l'uniformisation des paysages agricoles qui lui sont favorables, chose rare. Dans la plupart des territoires il est en régression ou en stabilisation d'effectif après une forte chute dans les années 90. Les maladies importées, la disparition de certains types d'habitats comme les prairies humides, la chasse non réglementée et les collisions en sont les principaux facteurs.

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Dans les rangs de petits fruits (framboises, myrtilles etc.) une faisane de Colchide (Phasianus colchicus) est venue couvée. Bonne pioche pour elle, la voila l'heureuse mère d'une dizaine de poussins. Il est rare de voir les faisans parvenir à se reproduire, néanmoins la nom fauche en raison du confinement et la quasi-éradication des renards roux (Vulpes vulpes) pourrait expliquer la reproduction de cet oiseau normalement absent en Europe.

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En effet, le faisan de Colchide est originaire d'Asie et ne se rencontre pas en France. Néanmoins, il y est introduit depuis des siècles pour la chasse de loisir. Son impact n'est pas négligeable su la faune locale, en particulier sur les reptiles. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de chasse, en particulier quand elle implique de tirer tout les carnivores d'un territoire pour être sûr qu'ils ne tirent pas profit eux aussi des lâchers de gibier.

DSCN4641Non loin des cerisiers, dans la forêt qui entoure le fort, une famille de geais des chênes (Garrulus glandarius) glane les fruits au sol. L'oiseau porte bien son nom, ayant fait des glands l'essentiel de son alimentation. Cependant il possède un régime alimentaire plus diversifié avec au menu des fruits et des baies, des insectes, des noix et des noisettes et même de petits animaux comme des oisillons même si cela reste relativement rare.

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Voilà notre petit chouchou de l'été, le tarier pâtre (Saxicola rubicola). Le mâle se reconnaît facilement à sa tête noire, à son poitraille rose pâle et à son collier blanc. Petit, il se dissimule dans les bosquets mais se plaît à se poser au sommet des arbustes et des ronciers pour faire entendre sa voix. Outre le fait d'attirer les femelles, celle-ci lui sert avant tout à défendre son territoire face aux autres mâles envieux de ses possessions.

DSCN4627Se mettre sur un perchoir fait également partie de sa technique de chasse. C'est une espèce qui se nourrie d'arthropodes variés, en particulier d'insectes, de papillons et d'araignées qu'il saisie après les avoir guetté. Les petites sont nourris de papillons, de larves et de chenilles que leurs parents écrasent dans leurs becs avant de leur donner ou en les frappant contre une pierre pour enlever les poils et les parties dures difficile à leur digestion.

DSCN4659Pour protéger les fruits de la grêle et des intempéries violents, des filets sont installés en dessus des abricotiers, cerisiers, pommiers, pêchers et poiriers, qui ce ne sont là que quelqu'uns des fruitiers présents autour de nous.

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C'est là que mon bien-aimé passe une majeure partie de son temps. Éclaircir les fruits, défeuiller, tondre, traiter, récolte et conditionner, les tâches ne manquent pas. Avec la transformation du commerce, ces plantations vieilles pour certaines de 50 ans, ont dû être modifiées pour répondre aux attentes de la distribution. Voilà les pommiers arrachés pour que des plans plus productifs soient installés. Adieu les carrés de poiriers aux variétés rustiques, places aux Williams. Bref, la diversité n'est pas que celle des espèces sauvages, c'est celle aussi des vergers. Hélas notre système économique ne permet pas de la maintenir au mieux, faute de rentabilité.

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J'adore les cultures de petits fruits. Celles-ci sont grillagées et pour cause, il est fréquent que des promeneurs irrespectueux viennent y faire leur marché. C'est l'occasion d'y observer de nombreuses espèces, comme le bruant zizi (Emberiza cirlus), un joli oiseau jaune qui aime venir y chanter. Les lièvres, les faisans et les chats domestiques ensauvagés y trouvent également refuge parmi les grandes herbes et les bosquets ombragés.

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Les jeunes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) ont pris leur envole et on rejoint avec leur parent leur groupe. Plus d'une trentaine d'individus s'aventures et piaillent dans les jardins des pavillons se trouvant à quelques pas des cultures. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, elles ont été exclues de ce groupe taxonomique à la suite des études génétiques. Néanmoins ce nom est maintenu dans le langage courant.

DSCN4776En voilà une que je n'ai jamais vu ou du moins très peu en Isère. Il s'agit de la perdrix rouge (Alectoris rufa), sûrement le fruit d'un lâcher. Je trouve cet oiseau adorable bien qu'un peu ridicule quand il se déplace et qu'il ne se sent pas menacé. En régression voire disparue sur certaines aires de son territoire, les croisements génétiques lors d'introductions d'individus pour le tir ont également contribué à l'apauvrissement de l'espèce.

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Un autre grand classique des zones agricoles, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ce petit rapace est connu pour son vol en Saint Esprit qui lui permet depuis les airs de repérer les rongeurs et les passereaux dont il aime se nourrir. Pour autant, il ne dédaigne pas les gros insectes qu'il attrape en vol. Pour la nidification, on le trouvera de préférence dans les cavités de bâtiments et parfois dans les troncs creux.

DSCN4736Les jeunes, malhabiles, terminent souvent leur vol dans le sommet des arbres depuis lesquels ils appellent leurs parents. Nous revivons les scènes que nous avons pu vivre depuis notre appartement à Oullins. Là confusion est possible avec le faucon hobereau (Falco subbuteo) qui niche ici aussi et au vol similaire mais préférant consommer de gros insectes même s'il peut attraper occasionnellement des oiseaux ou des chauves-souris.

DSCN4784Les derniers milans noirs (Milvus migrans) prennent la direction de l'Afrique. C'est un long périple qui les attend, et il ne seront de retour qu'au printemps prochain. On le reconnaît facilement à sa queue fourchue. Silhouette sombre, on s'apperçoit en s'approchant d'un peu plus près qu'il est bien plus colorée avec une tête grisée - sans pour autant égaler avec le milan royal (Milvus milvus) qui est un peu plus grand. Dans le Rhône nous avons la chance d'avoir le deuxième plus grand site de France pour la reproduction du milan noir avec environs 55 couples nicheurs. De quoi assurer un bal constant au-dessus de nos têtes, les oiseaux cherchant continuellement leur nourriture. Charognard, il se nourrie essentiellement de poissons mort qu'il trouve le long des berges et de petits rongeurs qu'il trouve dans les restes de fauche. Dans certains cas, il peut même s'exercer à la chasse, bien souvent sur des animaux affaiblis (oiseaux, chauves-souris, rongeurs), ce que ne fait jamais son cousin le milan royal.

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L'été est bien installé. Les orages de chaleur nous donnent de jolis arc en ciel, les blés dorés sont prêts pour la fauche et les couchés de soleil colorent le ciel d'ôcre. Cela ne va pas sans la raréfaction des animaux. La plupart passent la journée au frais sans se montrer et certains comme les martinets noirs (Apus apus) ont entamé leur migration. J'ai désormais hâte à ce que l'automne arrive, avec son lot de feuilles mortes et de champignons.

Voilà un court récit sur notre nouvel environnement, et si pour l'heure je ne peux pas pleinement l'explorer, je ne doute pas que d'ici quelques temps je pourrai découvrir toute la magie et les nombreux secrets. Pour l'heure la nuit commence à tomber, et il est grand temps de rentrer par les rues désertes du village.

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samedi 23 mai 2020

Quand la nature revient, la cas du flamant rose.

DSC09245Confinement oblige, on se plonge dans les souvenirs. J'ai sur mon ordinateurs une multitudes de photos de flamants roses (Phoenicopterus roseus) qui datent de notre passage à Pont de Gau cet hiver, et que je n'ai jamais eu l'occasion de publier. Je pensais profiter du confinement et du temps qu'il me donne pour rédiger une nouvelle fiche espèce sur cet élégant oiseau. Seulement voilà, un matin où je consultait l'actualité, je suis tombée sur cet article (ICI) et intitulé "En Camargue, un baby boom de flamants roses" suivit de "2500 flamants ont été comptés, soit près de 1000 de plus qu'en temps normal". L'occasion est que trop belle pour pousser la réflexion de notre impact sur la faune. Une véritable remise en question sur nos séjours en Camargue et à vrai dire, de temps à autre, ça ne fait pas de mal de remettre en question sa pratique de la nature.

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Les flamants roses du parc de Pont de Gau sont des animaux sauvages attirés par les nourrissages réguliers du parc, ils y trouvent ainsi la nourriture mais aussi un refuge vis-à-vis des prédateurs et une zone toujours en eau. L'arrêt d'exploitation de certains marais salants et l'asséchement d'une grande partie des milieux humides ne leur offrant plus de conditions de vie suffisantes. Dans le lot, on peut également voir des animaux bagués. Cela permet de connaître le parcour de l'oiseau, sa durée de vie et si c'est un habitué des lieux. Si la plupart des programmes de bagages sont portés en France par le C.R.B.P.O, pour le flamant rose le projet est porté par Tour de Valat, l'institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

DSC09215Le vol du flamant est facilement reconnaissable. Rapide et énergique, le coup bien tendu et toujours en groupe pour se déplacer, sa silhouette noire et rose fend le ciel. Migrateur, on le trouve partout en Afrique, en Asie et en Europe. Néanmoins, il ne se montre qu'occasionnel voir rarement dans les pays de l'Europe du Nord, en Inde, en Chine et en Afrique Centrale. En France, on retrouve environs 25% de la population nicheuse européenne avec par endroits des rassemble de 20 000 individus. Un statut qui nécessite un suivis régulier et rapproché pour permettre aux oiseaux de s'occuper de leur couvée sereinement. On se souvient notamment su scandale en 2018 avec l'abandon de 500 oeufs suite au tournage de Nicolas Vanier. Celui-ci est dû à l'effarouchement par un avion de tournage de toute une colonie sur les salins d'Aigues-Mortes.

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À Pont de Gau, les oiseaux ne sont pas connus pour s'y reproduire. En moyenne à cette saison, 1500 individus s'y observent mais cette année ils étaient pas moins de 2500, un record. S'il est trop tôt pour tirer des conclusions, le confinement n'y est peut être pas pour rien. D'ordinaire de nombreux visiteurs déambulent dans le parc pour observer les oiseaux et leur tirer le portrait à travers les 60 ha mis à disposition. Nous en faisons complètement partie et les photos que vous voyez ici ont été prise là-bas. En ce moment, les pontons sont déserts là où 15 000 personnes se pressent d'ordinaire. L'article d'écoplanète (ICI) dont je tire une grande partie de mes informations explique même que le rare ibis facinelle (Plegadis falcinellus), pour la première fois y a fait son apparition.

DSC09236La période de reproduction débute, mais on peut depuis le début de l'hiver observer des comportements nuptiaux. Têtes agitées, courses synchronisées, ailes ouvertes brutalement et cris bruyants figurent parmi l'attiraille de séduction. La qualité de l'alimentation détermine la belle couleur des plumes, un outil essentiel aux mâles pour plaire.

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Il se pourrait, peut être, que certains prennent l'idée de pondre ici. Pour se faire, mâles et femelles confectionne une cuvette de terre où un seul oeuf sera déposé. Le maintient du niveau d'eau des marrais est alors important, pour éviter que le nid soit inondé mais aussi pour que les étangs les protégeant des prédateurs ne soient pas à sec, permettant à ces derniers de se saisir des oeufs et des poussins. D'ailleurs, l'utilisation de pompes sur le site et la stabilité des eaux pourraient également expliquer cette forte affluence de flamants à cette saison. Il est vrai qu'un gros oiseau rose, un peu maladroit sur la terre et ayant besoin de temps à décoller fait également une proie toute trouvée pour les renards, les chiens errants et les rats surmulots. Pont de Gau fait alors office d'un refuge, les zones humides propices à la reproduction diminuant d'années en années avec l'urbanisation et le dérèglement climatique.

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Pour l'heure, de nombreux poussins ont été bagués sur les grands sites de reproduction. Ce sont pas moins 600 petits qui ont été équipés de bagues entre le 6 août et le 18 avril. Celles-ci permettront de les suivre tout au long de leur vie. Poids, âge, engergure ou encore dynamisme, toutes les informations sont rentrées sur un carnet de suivi qui sera par la suite numérisé. D'ailleurs cette année, ce sont les 30 ans du programme flamant qui sont fêtés et ce sont des centaines de bénévoles, de bagueurs, de scientifiques et d'observateurs qui ont permit de mener à bien ses actions en France mais aussi en Espagne, au Maroc ou encore en Tunisie. Plus d'infos ICI sur le bagage.

DSC09279Pour l'exemple, l'an dernier ils étaient pas moins de 150 téméraires pour aller mettre les pieds dans l'eau bien plus. Le bagage ne peut se faire qu'à un certain âge chez les poussins, pour faire en sorte que les parents ne quittent pas le site. Ils sont conduits en douceurs dans des enclos permettant de les saisir sans les mettre en danger.

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Les données pour l'heure permettent d'affirmer que sur les 500 000 flamants roses estimées de par le monde, 10 % passe au moins une partie de l'année en France et 4% reste à l'année. Si ces chiffres laissent penser que la population se porte bien, il ne faut pas oublier qu'il y a 50 ans de ça, leur population était menacée. Cela pourrait de nouveau être le cas avec la disparition de par le monde des marais salants. Cela nous fait revenir à Pont de Gau. Le calme retrouvé pourrait conduire à de premières nidifications mais, la sortie de confinement pourrait mettre en échec l'élevage des poussins si le public serait à nouveau amené à parcourir le site, les flamants percevant les humains sans mal comme des prédateurs et à raison. En 2017, 6 flamants sont retrouvés morts dans une réserve Corse, le corps criblé de plombs par des braconniers (ICI), signe qu'il est plus que jamais nécessaire de sensibiliser les populations sur l'importance du maintient de ces oiseaux et de leur écosystème.

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Tout cela nous pousse à nous interroger sur la manière dont nous consommons la nature, car ici il est bien question de consommation. Même si nous avons pris l'habitude de ne plus fréquenter les parcs zoologiques, nous continuons de temps à autre à nous rendre sur des sites ouverts et en particulier les réserves où il est possible de s'approcher de la faune au plus près, sans toujours nous poser la question de l'impact que nous pouvons avoir sur celle-ci même si nous essayons de l'approcher au mieux. J'avoue avoir beaucoup culpabilisé à la lecture de ces articles, et il serait possible qu'à la sortie du confinement, nous changions notre pratique de naturaliste. Ce changement se ferra peut être sentir dans les articles à venir sur le blog. À suivre ...

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