dimanche 19 janvier 2020

Sortie en forêt 80.

 

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La Nature en proximité de ville

Qui aurait cru, en allant se promener sur les hauts de Brignais, tomber sur un si joli coin. Pas moi en tout cas qui, errant dans la zone commerciale en attendant que mon auto soit retapée à neuf, fût pris de l'envie d'explorer la colline boisée qui se dressait au loin. Je ne regrette pas cette pointe de curiosité qui m'a traversé l'esprit. Me voilà l'un des bois du plateau des Hautes-Barolles. Oiseaux, champignons, arbustes et arbres, tout est passé au crible. Malgré quelques gouttes de pluies, la faune est au rendez-vous et se montre peu farouche. De quoi patienter au point d'en oublier de retourner en ville. Les pigeons ramiers (Columba  palumbus) y sont nombreux. Appelés palombes dans le sud, ce sont des oiseaux affiliés aux arbres à la différence de son cousin urbain le pigeon biset (Columba livia). On les reconnaît à leur grande taille et à leur poitrail rose.

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C'est un deuxième printemps. Les fleurs d'automne sortent leurs pétales pour profiter du moindre rayon du soleil. Les cyclamens à feuilles de lierre (Cyclamen hederifolium) est d'origine méditerranéenne et s'est naturalisé sur large partie de la France, contrairement à l'oxalis petite oseille (Oxalis acetosella). Celle-ci, ressemblant au trèfle sans en être, est indigène au département du Rhône et ne fleurira pour sa part qu'au début du printemps.

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Dans un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) d'une grande propriété clôturée, un grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) s'adonne à sa toilette. Pesant quelques grammes (8 à 12 gr), cet insectivore explore sans relâche les troncs aux nombreuses aspérités et les crevasses des écorces à l'aide de son long bec légèrement incurvé et ses grands doigts. Le meilleur moyen de le différencier du grimpereau des bois (Certhia familiaris) est son chant, très différent entre les deux espèces qui morphologiquement, se distinguent par une tâche claire sur l'aile légèrement plus grande chez le grimpereau des bois.

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Beaucoup d'autres passereaux tirent profit des arbres. Les moineaux domestiques (Passer domesticus) en font partis. Si dans l'imaginaire ils sont associés à la ville, on oublie trop souvent que se sont aussi des oiseaux des campagnes.

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Il aura fallu moins de 30 ans pour voir cette espèce s'effondrer. Moins 70% des moineaux ont disparu, que ce soit en ville ou en milieu rural. La disparition des insectes et des habitats est ciblée mais il semblerait que d'autres causes nous étant encore inconnues seraient aussi responsables de cette disparition programmée. À contrario, les moineaux domestiques introduits en Afrique et en Amérique du nord se portent mieux que jamais, au risque de causer des dégâts sur la faune locale, notamment dans la compétition qui animent les oiseaux pour avoir les meilleurs sites de nidification. Rien de très réjouissant pour nos compagnes qui deviennent de plus en plus silencieuses.

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Les petits passereaux savent toujours où trouver de la nourriture quand les insectes se font rares, pour peu qu'on laisse les haies. L'églantier sauvage (Rosa canina) donne des fruits sucrés, le fusain d'Europe (Euonymus europaeus) des graines dorées toxiques pour l'Homme, le pourpier maraîcher (Portulaca oleracea) des graines noires et des feuilles délicieuses en salade et les cotonéasters (Cotoneaster sp.), des fruits farineux.

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Restons à la lisière de la forêt. Un rouge-gorge famillier (Erithacus rubecula) s'égosille pendant qu'un petit groupe de pinsons des arbres (Fringilla coelebs) explore un vieux verger. Si on traduit son nom scientifique de "coelebs", on tombe sur le terme "célibataire". Celui-ci fait référence au fait que les mâles et les femelles font pendant l'hiver bande à part, formant chacun de leur côté des vols comportant parfois plus de 200 oiseaux.

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Cachés dans la prairie, environ 50 chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) cherchent de quoi se nourrir. Avec leurs couleurs chatoyantes et leurs petits cris, on ne peut pas les louper. Figurant sur la liste rouge des espèces menacées en France, il souffre de la disparition des pairies à chardon et du braconnage. Apprécié pour son plumage et son caractère docile, il est souvent braconné pour finir tristement comme animal domestique.

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Plusieurs espèces de lépiotes se croisent dans la forêt du plateau des Hautes-Barolles. Dans celle-ci, on trouve des comestibles et des toxiques voire mortelles. Les plus grandes portent même le nom de macrolépiotes en référence à leur dimensions. C'est bien souvent un casse-tête pouvoir toutes les nommer tant elles sont similaires. Stipe, anneau, chapeau, chinure du pied ... ce sont quelques uns des éléments à observer attentivement.

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La lépiote fuligineuse (Macrolepiota fuliginosa) agite souvent les passions. Cousine de la coulemelle, elle est appréciée pour sa chaire douce rougissant à la coupe. Elle se trouve le plus souvent dans les pâtures sur les sols bien drainés mais aussi dans les lisières de bois pour peu qu'elles légèrement humides. Ses dizaines et dizaines de noms patois indique que c'est un champignon ayant eu une place importante à table dans les campagnes.

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La lépiote déguenillée de Bohème (Chlorophyllum brunneum) nommée aussi lépiote des jardins se reconnaît à ses grandes écailles rougies qui parsèment son chapeau. Son large chapeau, son pied rougi et son odeur fruitée sont quelques éléments dans son identification.

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On la trouve tout au long de l'été et de l'automne, en particulier après les pluies abondantes, ce qui en fait un champignon que l'on retrouve régulièrement à la table pour peu que l'on sache le reconnaître. En effet, elle est parfois confondue avec des espèces plus petites aux écailles rougies et pouvant s'acérer toxiques voire mortelles. Comme pour toutes les lépiotes, le pied est à rejeter, celui-ci étant fibreux, rêche et indigeste. Chez cette espèce, il se montre trapu, une autre caractéristique dans l'identification de ce genre complexe. On la trouve dans un grand nombre de milieux : bois, parcs, clairières, jardins, les pieds de haies, les bords de route ou les fossés n'en sont que quelques uns.

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Les jeunes chapeaux en forme de boule peuvent être farcis puis cuits aua four. Plus vieux, ils peuvent être pannés pour finir dans un hamburger à la place d'un steak, dans une omelette aux herbes, dans un gratin de fromage, dans un poatge forestier ou encore, comme cordon bleu en remplaçant  la viande et en étant garnis de comté. 

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Il n'y a pas que des lépiotes comestibles dans le bois. La lépiote en bouclier jaunissante (Lepiota ochraceosulfurescens, un des rares cas où le nom latin semble plus simple que le nom commun), aime pousser à l'automne au pied des conifères. Ici, c'est dans un tapis de mousse surplombé de cèdres qu'elle s'épanouie.

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Poussant souvent en rond de sorcières, elle dégage une odeur de caoutchouc. Les individus jeunes et frais prennent une teinte jaune ce qui lui vaut son nom. Pendant longtemps, elle a été considérée comme une sous-espèce de la lépiote en bouclier (Lepiota clypeolaria) sous le nom de Lepiota clypeolaria var. minor. Bien que toute adorable qu'elle soit, elle reste toxique. En règle général, il est déconseillé de consommer les petites lépiotes pour éviter tout accident. Celle-ci mesurant moins de 10 centimètres, elle ne devrait pas tenter les mycophages avertis.

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C'est la première fois que je croise le crucibule lisse (Crucibulum laeve), un champignon appartenant à la famille des "nids d'oiseaux" et saprophyte, se plaisant aussi bien dans les forêts de conifères que de feuillus. Les "oeufs" contenu à l'intérieur de celui-ci sont éjectés aux premières gouttes de pluie. Ils contiennent des millions de spores qui seront ainsi dispersés dans la nature et pourront à leur tour fructifier entre août et octobre.

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Les vesses et les bovistes (Lycoperdaceae) sont des champignons en forme d'autres qui a maturité dégagent, sur la pression des éléments, des spores. Au sommet du carpophore apparaît une perforation qui les laissent s'échapper en grand nuage. On prendra garde à ne pas le respirer, celui-ci pouvant être néfaste pour les voies respiratoires. Drôlerie linguistique, le nom commun de vesse de loup signifie en patois "pet odorant de loup".

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Un clitocybe géotrope (Clitocybe geotropa) défraîchit par la pluie fait le bonheur des limaces. Ce grand et gros champignon au goût peu prononcé est apprécié dans les poêlées automnales. Abondants et poussant en rond de sorcière, il est toujours plaisant de le trouver jeune pour agrémenter un panier un peu vide, l'hiver s'approchant et les espèces fongiques étant de moins en moins nombreuses en forêt, la faute à l'arrivée du gel.

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Cette année, j'ai pu redécouvrir le clitocybe odorant (Clitocybe odora) en cuisine. Très parfumé, ce champignon bleu pastel à l'odeur et au goût d'anis détonne dans le sous-bois. En vieillissant il prend des teintes gris-verdâtre. C'est là que son caractère odorant est le plus exalté. Le pied fibreux est souvent rejeté. On peut lire qu'il est recommandé dans ajouté un ou deux dans une poêlé pour son goût, mais je dois avouer en mettre bien plus.

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On peut pousser m'expérience culinaire encore plus loin en le transformant en glace. Émincés finement, mélangés à un appareil d'oeufs battus, de sucres et de lait chaud puis filtrés au chinois, les champignons se retrouvent au congélateur. Pour les plus gourmands on peut ajouter une gousse de vanille pour donner une pointe d'exostisme à cette préparation pleine de surprise. Les plus téméraires expérimente cette crème glacée en entrée ou entre-met.

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Courte sortie du bois. Une dizaine de corbeau freux (Corvus frugilegus) accompagnés de choucas des tours (Coloeus monedula) inspectent un pré où quelques vaches pâtures. Rien ne leur échappe, aussi bien les mouches voltant autour des bouses fraîches comme les derniers criquets de l'année qui, dérangés par les pas lourds des bovins. Mal-aimés, j'adore croiser ces corvidés à la grande intelligence qui sont fascinants à observer.

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Arrêtons nous sur les arbres morts. Sur une vieille souche, une colonie d'armillaires couleur de miel (Armillaria mellea) s'épannouie. Longtemps consommé, cet armillaire est aujourd'hui présenté comme une espèce à risque.

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Il est plus prudent de consommer les jeunes individus se présentant sous forme de boutons, c'est à dire au chapeau à peine ouvert. Plus la colonie vieillie, et plus le risque qu'une bactérie toxique s'installe sur elle est grand. On peut l'observe facilement, celle-ci formant une poudre blanche sur les chapeaux. Outre ce fait, il s'avère indigeste chez certaines personnes, pouvant conduire à des problèmes gastro-intestinaux. C'est aussi un parasite qui s'attaque aux arbres, en particulier au niveau des racines et du collet du tronc. Noyers, vignes, fruitiers ... peut d'arbres lui échappent, on le rencontre même épisodiquement sur les conifères sous l'écorce des quels il forme des filaments noirs. Poussant à l'automne, c'est un des champignons le plus commun à cette saison.

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Beaucoup plus rare, voici l'hypholome à lames enfumées (Hypholoma capnoides). On le reconnaît à son chapeau jaune orangé, à son pied ocre, à son reste de cortine brun-violacé et à ses lames grisées quand il vieillit.

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On le trouve le plus souvent sur les racines, les branches et les souches des arbres morts, en particulier des conifères, se nourrissant du bois en décomposition. Il pousse presque toute l'année, du début du printemps à la fin de l'automne. Bien que sa chair soit douce mais peu consistante, il reste un très piètre comestible, dont le risque de confusion avec l'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est grand, ce dernier étant suspecté d'être toxique et d'entraîner des troubles gastro-intestinaux importants. Beaucoup plus abondant (jusqu'à 50% de la masse fongique des forêts), son goût amer et sa mauvaise odeur auront vite fait de passer l'envie de le croquer aux plus téméraires.

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Trop tard, trop haut, je n'aurai pas le plaisir de déguster ces langues de boeufs (Fistulina  hepatica), champignons à l'aspect et à la texture de la viande. Tranchés, ils laissent voir une chair rouge nervurée de blanc comme pourrait l'être celle d'un steak ou une entrecôte veinés de gras.

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Le chapeau rouge lie de vin possède une fine cuticule visqueuse que l'on retire pour le cuisiner. Les tubes sont crèmes avant de devenir plus sombres avec l'âge. On peut manger la langue de boeuf crue ou cuite, essentiellement quand elle est jeune. En shashimi, en ragoût, poêlée ou en tartare, elle offre une large palette de saveurs. Épaisse de 2 à 6 centimètres et d'une circonférence de 10 à 60 centimètres, un seul individu suffit souvent à remplir une poële. Nous reviendrons plusieurs fois pendant l'année 2020 visiter le chêne où pousse ce champignon, celui-ci étant fidèle à son arbre hôte et fructufiant souvent.

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Les coprins et les mycènes se développent parfois sur les vieilles souches. Il leur faudra 10 à 20 ans pour qu'ils finissent par assimiler celle-ci intégralement. Ils créent ainsi un milieu propice au développement des larves de coléoptères et autres insectes se nourrissant du bois mort. Lucanes, rhinocéros et autres bestioles rares ont un cycle de vie dépendant intégralement d'eux et de leur capacité à dégrader les liaisons carbonées du bois.

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On parle alors de lignivores, c'est à dire d'organismes décomposeurs capables de briser et consommer la grande molécule que forme la lignine, principal composant du bois. C'est dans celle-ci que se trouve la cellulose, un glucide rechercher par de nombreux lignivores pour se nourrir. On peut aussi parler d'espèces saproxyliques, c'est à dire qui possède un cycle de vie lié de près ou de loin à la décomposition du bois mort.

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Près des fossés humides, des fougères mâles (Dryopteris filix-mas) s'épanouissent. Elles portent le nom de mâles car il était d'usage de croire, avant l'arrivée de la classification et de la compréhension de la reproduction des ptéridophytes, que les fougères portaient des fleurs. On racontait que ces dernières apparaissaient les soirs de pleine lune et que de les posséder rendaient riches et invisible à souhait pendant une année.

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La géastre sessile (Geastrum fimbriatum) appartient à la famille des champignons étoiles, du fait que 5 à 8 lanières blanches entourent le sac brun contenant les spores. Elles sont les reliques de l'épaisse enveloppe protégeant le champignon quand il se trouve sous terre.

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Proche des vesses de loups et autres bovistes, sa reproduction reste la même : c'est par la perforation de la poche contenant les spores que l'espèce peut se disperser. On la rencontre de préférence à l'été et à l'automne, aussi bien dans les feuilles mortes et les aiguilles, dans les bois comme dans les parcs. Il semblerait qu'elle ait une nette préférence pour les forêts d'épicéas communs (Picea abies) où elle se rencontre toute l'année. Classée comme comestible sans intérêt à non comestible, la faible épaisseur de sa chair et l'imangabilité de ses spores invitent à la laisser dans la nature plutôt que dans l'assiette.

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En ressortant de la forêt, nous tombons sur quelques espèces typiques des lisières. Ici, il s'agit du fusain d'Europe (Euonymus europaeus), aux capsules roses et aux baies oranges dorées. Toxiques pour les humains, elles font le bonheur des oiseaux qui trouvent là une source de protéine importante pour passer l'hiver qui s'annonce rude.

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Autre arbuste de saison, le prunelier commun  (Prunus spinosa) aux prunelles âpres qui deviennent délicieuses aux premières gelées arrivées. En confiture, en confit ou en liqueurs, les usages sont multiples. On nomme aussi cet arbuste épine noire, en opposition à l'épine blanche que sont les aubépines (Crataegus), les deux ayant en commun d'avoir de longues épines. Résistant, le prunelier peut supporter des températures proches du -20°C, les neiges prolongées, les sécheresses et les épisodes de stress hydrique tout au long de l'année. Espèce pionnière de pleine lumière, il ne supporte pas la concurence avec d'autres espèces pouvant lui faire de l'ombre.

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La lisière est un milieu riche, on parle même d'écotone, c'est à dire de la rencontre entre deux écosystèmes. La faune et la flore s'y avèrent très riche. La haie est un milieu similaire de même importance, pour peu que l'on prenne soin de planter des espèces locales, diverses et offrant aussi bien des fleurs, des fruits et un feuillage dense pour que les espèces animales puissent y trouver leur compte, aussi bien pour se nourrir que pour nicher.

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Voici l'un des paniers récoltés dans le bois. Des champignons, des baies et des herbes sauvages, de quoi faire un repas sur le vif, des pots et conserves pour se faire plaisir jusqu'à la fin de l'hiver. Les champignons étant des polluo-capteurs et étant difficiles à assimiler, il est recommandé d'en manger, peu de fois pendant le mois et pour la plupart des espèces, bien cuits pour éviter tout risque d'intoxication ou de dégradation cellulaire.

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Fin de l'escapade, retour au garagge dans la zone industrielle. Sur le chemin, surprise, me voilà face à des pleurotes en forme d'huître (Pleurotus ostreatus). Cultivées un peu partout dans le monde, on les trouve dans pratiquement tous les commerces agro-alimentaires.

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C'est pendant l'automne et l'hiver qu'on peut récolter ces pleurotes en milieu naturel, de préférence sur les feuillus blessés ou tombés au sol. On les reconnaît à leur chapeau qui varie du gris souris au violacé et leur stipe d'exacé. Ici les champignons ont été trouvés dans le sol, poussant sans doute sur une branche ensevelie dans la terre. On les cuisine souvent en accompagnement ou mêlés à d'autres espèces. On les consommera jeunes, les vieux exemplaires devenant rapidement véreux, la chair élastique et le pied devenant coriace. Pour ma part je l'adore cuisiné en fines lamelles avec de la crème et des épices.

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Voici ce que je pense être un hygrophore blanc de neige (Hygrocybe virginea), rencontré sur un rond point. Ce petit champignon blanc de quelques centimètres est réputé comestible. Il peut se confondre avec d'autres espèces proches visuellement mais mortelles. Autant jouer la prudence et ne pas le mettre au menu. On le trouve essentielle met dans les pelouses, en particulier des parcs, les lisières aérées et parfois dans les bois clairsemés.

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Ce n'est pourtant pas la saison, mais les orchidées sont déjà sur le pied de guerre. L'orchis bouc (Himantoglossum hircinum) ne sera en fleurs que d'ici avril-mai, mais déjà leurs feuilles commencent à pointer le bout de leur nez sur les pelouses sèches. À la belle saison, elles déploieront une hampe florale pouvant avoisiner un mètre et dont inflorescences dégagent une douce odeur de chèvre. Pour la peine elles ne volent par leur nom.

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Pour clore cette belle sortie, je tombe et ajoute à mon panier quelques pholiotes du peuplier (Agrocybe aegerita). Le chapeau brun-roux, la marge blanche et le stipe clair à gros anneau ne laisse que peu de doutes dans leur identification.

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Excellents comestibles, elles dégagent un parfum puissant et varié, allant de la farine à la vinasse en passant par les fruits et le vieux bois. On la récolte tout au long de l'année, même s'il reste rare de la croiser l'hiver. Si c'est sur les souches et les pieds des vieux peupliers qu'elles sont les plus communes, elles s'attachent aussi à d'autres essences, en particulier les saules, les ormes ou encore les sureaux. Il est même possible de les cultiver sur bille de bois sous couvert de terreau ou de fumure avant de les exposer au soleil, afin de provoquer la fructification. Une expérience que j'espère bien expérimenter d'ici quelques années en compagnie d'autres espèces, en particulier les pleurotes, les truffes, les hydnes et les cèpes. De belles perspectives en somme pour qui sait être un peu patient.

Clape de fin, le prochain article sur la forêt ne se ferra pas de si tôt, les zones humides captant toute notre attention, mon coeur balançant régulièrement entre le mycologie et l'ornithologie. Cependant, il n'est pas à exclure que nos pieds nous traînent dans des endroits inattendus, et il se pourrait que je change rapidement d'avis. Une affaire à suivre pour ce début d'année 2020 pour laquelle j'ai de grands projets.

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vendredi 27 décembre 2019

L'Isère au fil des saisons.

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Voici un an de sorties en Isère pour l'année 2019. Un an à explorer le jardin familliale, les sous bois, les lacs alentours, les marais et les petites villes de campagnes.

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Un an que je suis heureuse et fière de vous présenter ici. Il n'a pas été facile de choisir les photos ni de sélectionner les meilleures des anecdotes que nous avons pu vivre pendant cette année chargée en émotions. Ne voulant pas un article à rallonge, je m'arrêterai là.

 

L'hiver, la neige et les oiseaux.

Aux portes de la Chartreuse, à plus de 500 mètres d'altitude, il fait parfois froid. En 2014 puis en 2017, nous avons parfois frôlé le -17°C, autant vous dire qu'il faut être bien équipé. Néanmoins la tendance est au redoux et les épisodes neigeux sont de plus en plus rares. Il est à crainte que d'ici moins d'une décennie, il n'y en ait plus.

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Les comtois, chevaux communs dans le coin, abordent un poil épais, celui-ci leur permet de faire face au froid. Ces animaux doux et dociles sont originaires des reliefs escarpés de Franche-Comptée et sont la race la plus commune à l'heure actuelle de cheveaux de traits. Leur origine remonte aux croisements de juments françaises avec des étalons germaniques. Solides, ils étaient utilisés par les chevaliers pendant les joutes.

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Les toits en contre-bas sont tout enneigés. Saint Geoire en Valdaine, village de mon enfance, se drape de blanc. Niché entre l'Isère et la Savoie, sa proximité entre Grenoble et Chambéry lui ouvre les portes des montagnes.

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Il tire son nom de la tradition chrétienne, le terme "Saint Geoire" faisant écho à Georges de Lydda, saint connue pour avoir selon la légende combattu un terrible dragon pour sauver une princesse Libannaise mais aussi, à l'évêque de Saint-Georges-de-Vienne qui mena les affaires religieuses sur le diocèse. Le terme "Valdaine" vient du français "val" désignant une vallée et du savoyard "nans" qui signifie "petit cours d'eau". En sommes la commune porte le nom poétique de "Vallée aux ruisseau de Saint Georges". Cette affiliation à un chasseur de dragons ne va pas sans faire écho au passé glorieux de la Valdaine, avec pas moins de 7 châteaux et maisons fortes qui émaillent le paysage. Parmi ceux-ci, l'ancien couvent qui accueilli pendant des siècles les filles des nobles familles et qui aujourd'hui fait office de mairie et le château de Longpras, une maison forte qui pendant la révolution française abritât les clés des portes de Versailles. Une légende veut même qu'un poulain noir diabolique hanteraient les lieux.

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Remontons sur les collines tant bien que mal, une vingtaine de centimètres de poudreuse étant tombée, nous faisons le chemin aller-retour entre la maison et la boulangerie à pied. Ce sont 2 kilomètres qui nous séparent des baguettes fumantes et de croissants frais du matin, autant vous dire que nous mettons pas longtemps.

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Cachée dans un arbre, une buse variable (Buteo buteo) veille sur une branche. Chassant les petits oiseaux, les lézards, parfois les insectes mais avant tout les micro-mammifères tels que les mulots, les campagnols et les souris, elle peut en cas de mauvais temps comme ce jour là, quand le vent souffle et la neige tombe, se rabattre sur les carcasses d'animaux morts, les vers voire des baies, même si cela reste plutôt rare.

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Avec l'hiver, les arbres se trouvent privés leurs feuilles. C'est alors un de meilleurs moments pour observer les oiseaux sédentaires et en particulier les granivores qui s'approchent des maisons.  À gauche, le verdier d'Europe (Chloris chloris) qui porte si bien son nom avec son plumage vert. À droite, un de mes oiseaux préférés, le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), qui quitte les pays du Grand Nord pour nous rejoindre.

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Crise du logement à la mangeoire. Moineaux domestiques, mésanges bleues, mésanges huppées, mésanges noires, mésanges boréales, verdiers d'Europe, chardonnerets élégants, pinsons du nord, pinsons des arbres, sitelles torchepots, accenteur mouchet ... il y a du monde au balcon ! Il est toujours important de rappeler que sur ce type de mangeoires à plateau, il faut nettoyer régulièrement l'aire de nourrissage, les oiseaux marchant sur les graines et pouvant avec leurs pattes et l'humidité, apporter des éléments pathogènes dangereux.

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Problème, les oiseaux ne sont pas seuls dans le jardin. Les chats sont tout aussi présents. Le dilemme est fort. Bien que castrés et nourris, ils font acte de prédation de temps à autre. C'est toujours dur de l'entendre mais les chats sont responsables d'un désastre écologique.

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Australie, îles lointaines, Amérique du Nord, Europe ... tous les continents sont touchés. Introduit par l'Home, on ne peut en vouloir à l'animal de posséder un instinct de prédateur affûté. Cependant on peut s'indigner du comportement de certains propriétaires. Félins non castrés, portées laissées à elles mêmes et donnant des individus farouches et errants ... c'est en partie la reproduction non contrôlée des chats qui explique leur forte expansion et les dégâts importants causés sur la faune, à savoir les petits rongeurs (ce qui ne semble pas émouvoir grand monde) mais aussi les reptiles et les passereaux dont les effectifs sont en chute libre. Le propos n'est pas d'érradiquer les chats, étant une grande amoureuse des petits félins moi-même, mais de changer notre regard et nos comportements liées aux animaux de compagnie.

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La météo annonce du redoux, vite, enfilons les bonnets et jetons nous dans la neige avant qu'elle ne disparaisse. La vieille luge n'est pas habituée à la poudreuse, d'ordinaire le manteau neigeux sur lequel nous glissons est gelé, les glissade se faisant le plus souvent le matin après que les flocons soient tombés toute la nuit. Ce n'est pas grave, nous nous tournons vers un équipement plus moderne pour dévaler les pentes.

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Voilà, le paysage reprend ses teintes grises et mornes. Nous partons pour Grenoble et plus précisément au Bois de la Bâtie nommé aussi Bois Français. Cet ENS (Espace Naturel Sensible) est réputé pour sa faune mais aussi pour la zone de loisir qui se trouve à proximité. Ancien bras mort de la rivière Isère, les étangs qui composent le site sont également connus pour leurs poissons qui attirent les pêcheurs et les oiseaux d'eaux.

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Nous ne croiserons que peu d'espèces. Quelques passereaux, deux cygnes tuberculés (Cygnus olor), un vol de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et de joyeuses foulques macroules (Fulica atra). Bruyantes, on les reconnaît à leur plumage noir et à la tâche blanche qui surplombe leur bec robsute de la même couleur. Elles aiment les eaux calmes, en particulier les lacs, les marais et les zones humides forestières.

La fin de l'hiver sonne déjà et nous ne percevons pas le passage au printemps, le mois de février ayant défrisé la chronique avec des températures similaires à une fin mars voire, un début avril. D'ailleurs, 2019 est à l'heure actuelle l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis que l'Homme est en capacité de faire des relevés.

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Le printemps, ses chants et ses fleurs.

Du vert de partout, c'est une explosion et cela fait bien plaisir. Fini l'hiver, bonjour le printemps. C'estl e temps des fleurs, des amours et de la reproduction pour un grand nombre d'animaux. Sortant en affût, nous avons espoir dans croiser quelques uns tout en ayant plaisir à récolter les premiers fruits de la saison.

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L'égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante souvent maudite car considérée comme une mauvaise herbe qui aime envahir les jardins. C'est aller bien vite et oublier le passé historique de la belle. Importée en Gaule par les romains pour sa culture rapide et facile, elle s'en retourna à la nature et fût peu à peu oubliée des hommes. Pourtant elle reste excellente en salade, soupe ou gratin avec son petit goût de céleri.

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Si j'aime le printemps c'est avant tout pour eux, les champignons ! Cette année nous avons ête peu chanceux du côté des morilles (Morchella) et nous nous sommes tournés vers leurs cousins moins réputés mais totu de même réputés, les morillons à semi-libres (Mitrophora semilibera), qui depuis peu sont classés dans la classe des morilles.

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On le reconnaît à son pied blanc, fragile et élancé, à sa chaire mince à la saveur douce et qui jaunie à la coupe, et à son petit chapeau brun et alvéolé qui ne dépasse que rarement les 5 centimètres. Il exalte une légère odeur de champignon qui devient plus forte au fur et à mesure qu'il vieilli. Son nom de semi-libre vient de l'insersion du pied qui se fait à la moitié du chapeau, laissant la partie inférieur libre. On le distingue ainsi des verpes (Verpa) dont le pied est soudé au sommet du chapeau et des morilles dont le leur est soudé à la base du chapeau. Excellent comestible, il faut bien le cuire pour le consommer, au moins 15 minutes  à plus de 70°C.

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Le récolte est belle, les sachets de tissus que nous avons apportés avec nous dans le cas d'éventuelles récoltes nous sont fort utiles. Depuis, j'ai pu me munir d'un très beau panier en châtaignier, essentiel pour bine préparer la cueillette de champignons de cet automne qui s'annonce formidable. En tout et pour tout ce sont environs 70 morillons que nous récoltons ce jour là dans les herbes hautes, sous les frênes du champ attenant à la maison.

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Les frênes communs (Fraxinus excelsior) et les noisetiers communs (Corylus avellana) figurent parmis les arbres avec lesquels les morilles et les morillons poussent en symbiose, toujours sur des sols calcaires. Poussant à proximité d'un ancien vergé, à la lisière de ce qui commence à devenir un petit bois, il est dans son élément de prédilection. On peut également le trouver dans les vallons boisées et aux abords des ruisseaux.

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En parlant de verpes, en voici. Il s'agit des verpes en forme de dé (Verpa conica), un champignon certes comestible mais de faible intérêt culinaire. Peu commun en plaine, un peu plus présent en moyenne altitude, il reste cependant assez rare. Il est alors plus sage de ne pas le récolter et de tirer profit d'autres espèces plus abondantes (mousserons, pézizes ...) entre avril et mai, période à laquelle les verpes poussent.

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Les jeunes grillons champêtres (Grillus campestris) émergent. Minuscules, leur croissance rapide leur permet l'été venu de figurer parmi les plus gros grillons d'Europe. Robustes, leur poids et leur morphologie leur interdit tout vol, faisant d'eux des insectes strictement terrestres.

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Pour faire face aux prédateurs, il creuse un trou profond. Au moindre signe de danger, il s'y faufile. Les mâles se postent à l'entrée de leur antre et chante dans l'espoir d'attirer une femelle. Territoriaux, on peut assister à des combats violents avec parfois, une issue dramatique pour l'un des deux combattants. Herbivore, ce grillon se nourrie principalement de poacées (graminées), qu'il consomme à l'aide de ses très puissantes mandibules. Cependant il peut agrémenter son régime alimentaire quand l'occasion s'en présente, de vers de terre et de restes d'autres insectes morts. Même s'il semble commun, la fragmentation et la dispartion de ses habitats et son incapacité à voler conduisent à la diminution de ses populations.

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Des fleurs, des feuilles, des herbes folles et aromatiques, des écorces, des champignons ... il ne reste plus qu'à conditionner nos cueillettes. Séchés pour la plupart, les éléments collectés seront tout au long de l'année utilisés dans la cuisine ou en infusion du soir pour apporter au coeur de l'été quand il fait chaud, les après-midi pluvieux d'automne ou les soirées froides de l'hiver des petites notes de printemps colorées et parfumées.

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Certes on retrouve les morillons, mais aussi les fleurs de primevères coucou (Primula veris) pour leur goût et leurs effets apaisants, celles du lamier maculé (Lamium maculatum) pour leurs propriétés colorantes et les feuilles du lierre terrestre (Glechoma hederacea) pour parfumer les bouillons, les fromages blancs et les infusions froides. Si depuis les bocaux se sont peu à peu vidés, il nous reste de quoi apporter de soleil jusqu'à mars.

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Thomas revient de son wwoofing en Savoie, et dans ses bagages, il nous ramène quelques surprises. Prennent désormais place dans le jardin de jeunes pousses d'arbustes à petits fruits, de quoi préparer d'ici quelques temps des jus et des glaces parfumées pour les futurs étés.

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Des cassissiers (Ribes nigrum) aux fruits noirs se mêlent à leurs cousins, les caseilles (Ribes x nidigrolaria), hybrides entre un cassissier et un groseillier à maquereaux (Ribes uva crispa) né en Allemagne au début des années 80. Résistant aux maladies et aux températures extrêmes (jusqu'à -20°C), il produit des fruits charnus et bleus, on un goût fruité et acidulés. Ils sont récoltés entre juin et juillet, de manière régulière, les baies ne mûrissant pas toutes en même temps. Sa floraison rouge foncée détonne au potager et attire de nombreux pollinisateurs. Cependant stériles, ce n'est que par bouturage qu'il est possible de le reproduire. Pour cela il suffit de couper de jeunes rameaux, de les mettre en vase puis, à l'apparition des radicelles, de les replanter. En sommes rien de très compliqué pour le cultiver.

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Dans les prés où l'herbe se fait tendre, les chevreuils (Capreolus capreolus) sont de sortie. Toujours proches de la forêt, ils déguerpissent à la moindre alerte. Cependant n'étant pas chassés à cette période de l'année, ils se montrent moins farouches. Grégaires, ils peuvent vivre en grand groupe comme on peut l'observer un peu partout en France, l'engrainage et l'absence de prédateurs naturels ayant favorisés sa forte démographie.

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C'est au printemps que les femelles mettent bas. Les faons, cachés dans les herbes hautes d'un champ ce qui leur est parfois fatal, où dans la végétation en lisière de forêt, attend sagement sa mère. Celle-ci se nourrie à heures régulières et rejoint son petit pour lui donner la tétées et le réchauffer. Ce n'est que tardivement qu'il la rejoindra bien qu'il soit capable de se déplacer peu de temps après sa naissance, s'assurant d'avoir une chance d'échapper aux prédateurs que sont le loup, le lynx, le renard ou encore les chiens errants.

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Les chevreuils ne sont pas les seuls dans les pâtures. Nombreux sont les troupeaux de vaches à patûrés. Si on trouve quelques laitières, se sont surtout les bêtes  dites mixtes que l'on croise le plus de par chez nous.

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Si on croise quelques animaux de la race Simmental Française originaire de Suisse, se sont surtout les Montbéliardes qui sont à l'honneur. Originaires de Franche-Comté, elle déscend de la race Pie rouge Simmental. L'hiver, les animaux restent longtemps en stabulation et se nourrissent des foins récoltés plutôt en été. À l'apparition des beaux jours, les vaches sont envoyés en estives dans les prés où elles broutterons l'herbe tendre. Dans notre région les troupeaux sont de petite taille, ce qui limite le surpâturage qui cause bien souvent l'affaissement des sols et des dégradations importantes sur les cours d'eau. Cette race est de plus en plus utilisée comme vache laitière.

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La Valdaine se situe à l'extrémité Nord Est des Terres Froides, territoire non pas nommé poru son climat mais pour la terre de potier que l'on en tire et qui à la particularité de donner des poteries de terre crue qui ne cèdent pas sous l'action du gel. Cependant, nous bénéficions ici de la météo typique du Massif de Chartreuse, un climat océanique montagnard ce qui implique de l'humidité et un manteau neigeux importnat même s'il à diminué de moitié en 50 ans, ce qui ne vas pas sans inquiéter les populations sur les questions liées à la disponibilité d'eau.

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Les talus sont tout aussi passionnants, les oiseaux s'installent dans les cavités des arbres alignés, et en bord de route, les orchidées commencent à fleurir. L'une des plus impressionnantes de toutes sont les orchis militaires (Orchis militaris) appelés aussi orchis guerriers. Robustes et portant un épi floral dense, ils aiment les sols calcaires frais, pauvres en matière organique et bien ensoleillés. On les croise jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

DSC02484Partons dans les marais et plus précisément sur la tourbière de l'Herretang, entre la commune de Saint Joseph de Rivière et celle de Saint Laurent du Pont, à la confluence de la fin de la langue rocheuse du Vercors et le début du Massif de Chartreuse. Ayant pour statue celui d'ENS (Esapce Naturel Sensible), il est possible de la visiter une grande partie de l'année grâce à un système de pontons de bois. Abritant des espèces rares et protégées, il faut bien prendre garde à ne pas s'éloigner des chemins ni à venir troubler la tranquillité des animaux.

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Les oiseaux  chantent et sont pour certains afférés à nourrir leur première portée. Une couple de mésange charbonnière (Parus major) peut prélever sans mal 250 à 300 chenilles par jour, faut-il encore trouver des chenilles. Le développement de celles-ci intervient de plus en plus tôt, fruit de l'augmentation des températures année après année. Le soucis est que le poussins de mésanges émergent quand les chenilles sont bien développées, et plus forcément de taille pour entrer dans le gosier des petits oiseaux. Cela serait l'une des explications de la forte mortalité observée sur les portées de mésanges charbonnières.

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Des champignons, toujours des champignons. À la sortie de la forêt, des mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa) nous attendent. Leur nom leur vient de la période à laquelle ont les rencontre le plus souvent, et il est de tradition de dire qu'ils poussent à partir de la Saint Georges, chose qui dans les faits ne s'observe pas toujours.

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Excellents, ils dégagent une légère odeur de farine. Charnus, il suffit de quelques pieds pour remplir rapidement un panier et une casserole. C'est dans les zones herbeuses comme les prairies et les vergers mais aussi les lisères, les bois clairs et les haies qu'on le trouve le plus souvent, à proximité le plus souvent des aubépines et des ormes. L'entolome livide (Entoloma sinuatum) lui ressemblant beaucoup, il est recommandé d'être méticuleux dans sa récolte et surtout dans son identification. Pour rappel, la plupart des intoxications surviennent après la consommation de champignons dont les cueilleurs étaient sûrs à 100% de l'identification. Prudence est mère de sûreté.

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Le marais abritent plusieurs espèces d'oiseaux inféodées aux milieux humides. Parmi celles-ci on compte notamment le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) que l'on peut voir à gauche. Mal aimé, il fût longuement chassé au point de disparaître de l'intérieur des terres. Il recommence néanmoins à réinvestir son territoire. À droite, un héron cendré  (Ardea cinerea), grand échassier qui a connu un sort moins funeste bien qu'il soit encore braconné car jugé trop gourmand. Pourtant, on sait aujourd'hui que l'impact de ces deux espèces pour la pêche est pratiquement nul, les oiseaux consommant essentiellement des poissons peu prisés par l'Homme.

Profitons de la fraîcheur, de la brume qui descend lentement des montagnes et des dernières rosées. Déjà l'air se réchauffe et bientôt suffoquant, il faudra alors partir se réfugier dans les sous-bois. C'est aussi le moment de prendre de la hauteur, sur les plateaux alpins et de lézarder le long des rivières sauvages. Pour l'heure, profitons encore des dernières fleurs, des herbes aromatiques du printemps et des derniers champignons de saison.

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L'été, la fraîcheur des forêts et des bords de ruisseaux.

Il fait chaud, l'herbe du jardin a entièrement jaunie, et même à l'ombre, nous suons à grosses gouttes. Il faut se rendre à l'évidence, la canicule fait rage. Les points d'eau sont pris d'assauts et même les marais d'ordinaire si calmes deviennent des sites attirants les promeneurs. Reste alors les alpages, et encore, ceux aux pentes rudes et dont les sentiers ombragés nous donnent un peu de répit face à la morsures brûlantes du soleil.

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Sortons la longue vue, pointée les sommets. Nous sommes dans un champ pentu, entouré des forêts de conifères et mixtes. Outre les vaches, nombreux sont les mammifères à profiter des touffes d'herbes encore bien vertes. Lièvres, lapins, chevreuils et autres sangliers peuvent se croiser à la tomber de la nuit. D'ailleurs pour les derniers, il est courant d'observer sur ce site le labour de leur groin, trace de leur recherche nocturne de vers et de bulbes.

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Première récolte de la saison. Dans les prés, quelques agarics champêtres (Agaricus campestris) nommés aussi rosés des prés. Il est bien difficile d'identifier cette famille qui comporte en France plus de 60 espèces. À ceux-ci s'ajoutent dans le panier un petit polypore soufré (Laetiporus sulphureus), apprécié au Canada, peu considéré chez nous. Il faut le consommer jeune et de préférence récolté sur des feuillus car allergisant sur résineux.

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Entre les yeux en direction du ciel et du sol, dur de trouver le bon équilibre. Lui regarde les oiseaux, moi les champignons, autant dire que nous formons une équipe de choc, ratissant le moindre petit bout de nature que nous pouvons saisir.

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Cet été, nous avons cumulé pas moins de 11 week-ends d'affilés en escapade à deux, à chercher du côté des montagnes, du sud, de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône des espèces nouvelles et des paysages grandioses. Nous n'avons pas été déçus, cependant retourner à la source, en Chartreuse, fût l'un des plus doux moments de l'été. Le grand calme des petits bois de moyenne montagne que nous avons pu parcourir nous fît le plus grand bien, loin de la ville, de ses klaxonnes, des pots d'échappements et du béton. Un petit havre de paix qu'il nous tarde à nouveau de rejoindre pour ses longs chemins bordés d'épicéas communs (Pinus abies).

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Au-dessus de nos têtes, deux espèces que nous connaissons bien et que nous n'avons rarement l'occasion de croiser ici. Plus d'une centaine de martinets noirs (Apus apus) tournoient, déjà sur le départ pour rejoindre l'Afirque où ils s'éjourneront tout l'hiver. Au milieu, un intrus de plus grande taille, un martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), qui est connu pour partir plus tardivement en hivernage et revenir également plus tôt.

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Nous sommes à deux pas du lac de Saint Sixte ,canton du village de Merlas connu pour son lac, les ruines de sa maison forte et ses légendes. Au bords de l'eau, des libellules prennent le frais e, compagnie des pêcheurs. Si je ne peux mettre de nom sur l'individu à gauche, je peux néanmoins le faire pour celui de droite. Il s'agit d'une libellule déprimée (Libellula depressa) nommée de la sorte en raison de ses ailes pendantes. L'abdomen bleu indique qu'il s'agit d'un mâle, les femelles présentant de colories jaunes et brunes.

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Sur la berge, dans les ruines de l'ancien abris à bateaux, une plante remarquable pousse. Il s'agit de la grande douve (Ranunculus lingua) connue parfois sous l'appelation de renoncule langue, une fleur de la famille des renoncules comme l'est le bouton d'or. C'est une espèce rare aux faibles effectifs, protégée intégralement en France.

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Si à l'échelle du monde et de l'Europe elle a pour statut celui de préoccupation mineur, il en est tout autre chose chez nous. En Alsace, en Aquitaine et en Bourgogne, elle est considérée comme en danger. En Basse-Normandie elle est classée comme vulnérable. En Auvergne et dans le Centre, elle est placée sur la liste des espèces en danger critique de disparition. Une fois de plus, on a un exemple d'une espèce au bord de la disparition sans avoir besoin de partir à l'autre bout du monde pour observer le phénomène. Au milieu du jaune, une autre espèce tire son épingle du jeu. Le chanvre d'eau (Bidens tripartita), qui n'en a rien et qui est aussi connu comme lycope d'Europe. Il s'agit d'une plante semi-aquatique aimant les cours d'eau, les prairies humides et les marais.

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Qu'il est changeant le temps de basse montagne. En un rien de temps la brume remplace le soleil et l'humidité prend le pas sur la chaleur qui irradiait jusqu'à peu les collines. Ne nous en plaignons pas, non seulement cela nous laisse prendre un peu de répit mais de plus, permet aux champignons de faire timidement leur apparition dans le sous-bois. Il faudra cependant attendre encore un peu avant de récolter les premiers cèpes.

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En retournant au jardin, nous avons le plaisir de croiser sur un câble une magnifique pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et à la vue de sa calotte grise, un mâle. Un peu plus bas dans un bosquet la femelle attend d'être nourrie par celui-ci. Migrateurs, le couple partira à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique. Il faudra attendre mai soit sept mois pour les voir revenir à nouveau nicher dans les bosquets et les haies des prairies grasses.

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Enfin, les champignons sortent. Ici il s'agit de deux espèces mignonnes comme tout, le cyathe hirsute (Cyathus striatus) à gauche qui se reconnaît entre autre à sa forme de coupelle et le marasme petite roue (Marasmius rotula) à droite, qui figurent parmi les best-sellers de la saison et qui porte bien son nom. Il se développe sur les branches mortes de feuillus tombées au sol. Il contribue activement à la formation de l'humus forestier.

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Les premières amanites rougissantes (Amanita rubescens) ont fait leur apparition. Appéles aussi amanite rougissante ou golmotes, c'est une des quelques amanites comestibles qui vaut la peine d'être récolter. Cepandant on prendra garde de bine la cuire, celle-ci contenant des hémolysines, molécules connues pour détruire les globules rouges.

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À la cassure, ses chairs deviennent rouges, ce qui permet de la différencier d'autres espèces comme la dangereuse amanite panthère (Amanita pantherina), plus brune et aux flammèches blanches plus larges et plus marquées. On ne serait sans bien connaître l'une et l'autre s'aventurer à récolter les golmottes. Très commune, aussi bien dans les forêts de feuillus que de conifères du moment que le sol est pauvre, c'est surtout dans les bois d'épicéas communs (Picea abies) qu'on en rencontre le plus grand nombre. Apparaissant dès juillet en Chartreuse, on peut l'observer au plus tard à la fin du mois d'octobre si l'été indien veut bien se prolonger.

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C'est aussi l'heure des premières girolles (Cantharellus cibarius) que nous récoltons avec émotion. Dégageant un léger parfum d'abricot, en particulier quand l'air est humide, leur couleur jaune tirant parfois sur le pâle ou l'orangé et la présence de plis et non de lamelles ne laisse que peu de doute lors de l'identification de cet excellent comestible. Cependant il faut là aussi être prudent, en évitant toute confusion avec la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) ou le très toxique clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) qui à la différence des girolles qui se développe sur le sol, pousse sur le bois mort et en particulier sur les souches.

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Restons avec les champignons, mais partons sur un tout autre milieu. Nous voici de retour dans les marais de l'Herretang. La plupart des espèces composant la fonge concerne de petits champignons éphèmères résistant aux soudaines varaitions de niveaux d'eau, et d'autres lignicoles restant bien au sec sur les troncs et les branches qu'ils colonisent. À droite, un magnifique polypore soufré (Laetiporus sulphureus) qui, bien que nous faisant très envie, n'a pas été récolté en raison du statut du site; un ENS (Espace Naturel Sensible).

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Tout comme au printemps, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) se trouve sur une des berges du grand lac. Celui a été formé à l'époque où il était encore de mise d'extraire la tourbe du marais, que cela soit pour se chauffer ou pour la commercialiser sous le nom de terre de bruyère. L'exploitation ayant été suspendue en raison des dégâts provoqués sur les milieux humides fragiles, les carrières ont été mises en eau et empoissonnées.

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Sur les observatoires mais aussi un peu partout sur la végétation, créant ainsi une véritable marée verte, pousse des lianes de houblon grimpant (Humulus lupulus). De la même famille que le chanvre, celle des cannabaceae, il est utilisé depuis des temps immémoriaux.

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Son nom scientifique de "lupulus" vient du latin, les romains pensant à tort que le houblon suçait la sève des arbres et arbustes sur lesquels il pousse. Hors cela n'en est rien, néanmoins il a gardé cette réputation fort longtemps lui donnant le surnom de "petit loups" qui se traduit par "lupulus". Il est drôle de voir qu'aujourd'hui c'est le lierre grimpant (Hedera helix) qui possède cette réputation sulfureuse. Pour en revenir au houblon, il est surtout connu comme plante aromatique pour apporter de l'amertume à la bière mais aussi pour ses propriétés sédatives, stomachiques et son pouvoir œstrogénique.

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La porte du grand observatoire n'est pas fermée, miracle ! Nous fonçons au sommet de cet ancien relai EDF reconverti en tour de guet. De là, nous avons une vue imprenable sur les étangs, sur la prairie et sur la phragmitraie. C'est là que deux petits museaux feront leur apparition. Une chevrette, femelle du chevreuil européen (Capreolus capreolus) suivit de son jeune faon né au début du printemps.

Les jours deviennent de plus en plus courts, la pluie s'invite et la fin septembre approche, nous voici aux portes de l'automne, la plus belle des saisons. Avant de fêter la fin de l'été, nous nous offrons quelques escapades sauvages du côté du Loiret, de la Camargue et des Alpes, histoire de profiter de la saison du mieux possible.

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L'automne, ses champignons et ses oiseaux.

Déjà l'automne sonne à la porte, signe que l'année est presque bouclée. Si le froid tarde à venir et ne se ferra présent qu'à la mi-novembre, on enfile déjà les pulls et les bonnets à grosses mailles de laine. Pour moi, il s'agit de la plus belle des saisons, les bois deviennent jaunes et rouges, les oiseaux du grand nord arrivent doucement chez nous et les rougegorges familiers (Erithacus rubecula) poussent de nouveau la chansonnette.

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Petit saut au lac de Paladru. Situé aux portes du voironnais, ce lac palustre est issu de la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. Riche en légendes, il fut occupé par les pères Chartreux où l'on trouve des vestiges relativement anciens de pontons de bois. C'est là que l'on peut trouver les foulques macroules (Fulica atra). Toutes occupées à barboter, elles troubles la calme du lieu par leurs cris brefs.

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Au-dessus de l'eau dans un robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia), deux tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sèchent leurs plumes. Elles ont dû la nuit précédente faire face à une pluie glaciale et violente. C'est une espèce que l'on pourrait pense comme originaire de nos contrées mais il n'en est rien. Originaire de Truquie, elle ne s'est implantée naturellement en France que depuis 1963 avec une première apparition dans les Voges en 1950. Depuis la belle se trouve sur les quatre coins du monde, surtout dans les villes et villages, sans que sa présence ne semble porter atteinte aux espèces locales.

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Une femelle canard colvert (Anas platyrhynchos) se montre peu farouche et s'approche relativement près de nous. On la différencie des autres femelles d'espèces de canards par sa grande taille et son bec orange et noir. Peu farouche, il est fort à parier que l'on se trouve sur un individu issu ou du moins ayant une origine liée aux canards colverts domestiques qui sont utilisés pour l'ornement, comme appelant de chasse et pour l'élevage.

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Quittons les berges, non sans avoir jeté un dernier coup d'oeil au ponton sur lequel un rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se promène. L'hiver, il est possible d'y observer des dizaines de cormorans et de goélands. Nous avons espoir pour cet hiver d'y rencontrer de nouvelles espèces et de voir les canards hivernants, en particulier les fuligules qui aiment se reposer au centre du lac. Équipés de notre nouveau matériel, il a fort à parier que nous allons être surpris par les oiseaux sur lesquels nous allons enfin pouvoir poser les yeux.

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Direction les bois, et bien sûr, toujours avec le panier à la main. La saison des champignons a été exceptionnelle pour certaines espèces cette année et nous en avons bien profité, que cela soit dans les bois isérois ou d'ailleurs. Même l'un des chats de la maison est venu pointer le bout de son nez pour voir où en était la récolte. Il n'y a pas à dire, même si on trouve des champignons toute l'année, c'est vraiment à l'automne qu'ils sont rois.

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Un lycoperdon brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) attire notre attention. Non comestible, cette vesse de loup un peut particulière appartient, commetoutes les espèces portant ce nom générique, à la famille des Lycoperdacées.

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Le terme vesse est féminin et vient du vieux français. Il désigne un pet silencieux et nauséabond, mot qui peut se décliner par le verbe vesser. La transposition au champignon se fait par la spécificité de celui-ci de dégager à maturité, ses spores sombres en se crevant par le milieu et en les laissant passer par gros nuages sombres par un tout petit trou. L'image est là, reste à savoir d'où vient le sobriquet de loup. Peut être par le mésamour éprouvé en vers cet animal, par le fait que cette vesse soit forestière ou tout simplement par jeu de mot. Dans tout les cas le lycoperdon brun d'ombre orne joliment les forêts et bien qu'il ne soit pas comestible, anime toujours une sortie automnale.

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Dans la mousse, aux pieds des arbres et sur les troncs les champignons poussent à foison. Le tricholome rutillant (Tricholomopsis rutilans) a perdu ses belles couleurs suite à la pluie et les mucidules visqueuses (Oudemansiella mucida) bien qu'étincelantes semblent défraîchies. Se développant sur les troncs de feuillus, en particulier de hêtres, on les reconnaît à leur chapeau blanc-translucide couvert d'un mucus gluant.

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2019 fût une année exceptionnelle pour les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis). Nous en avons trouvé de partout, même là où d'ordinaire nous ne croisons rien hormis quelques crottiers de blaireaux et de chevreuils. Champignon très prisé, c'est un excellent comestible qui se déguste aussi bien cru en carpaccio avec un peu d'huile d'olive que cuit, rissolé avec du persil et du beurre ou revenu dans un peu de crème fraîche. Sa mousse devenant gluante avec l'âge, elle s'accomode parfaitement en potage ou dans une sauce d'accompagnement.

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Pour l'occasion je suis seule avec mes parents. Les accompagner aux champignons et faire fructifier à ma manière cet héritage qu'ils ont pu me transmettre en approfondissant la discipline qu'est la mycologie est une véritable fierté pour moi. Le cèpe part exemple a été longtemps ignoré dans ma famille, voire boudé. Jugé comme gluant et trop fort, je ne l'apprécie que depuis récemment, grâce aux amis du Mycorium et du feu forum "le club des cèpes" avec qui j'avais pu partir il y a plusieurs années découvrir le Béarnais, que je rêve de visiter à nouveau.

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Symbiotique, le cèpe de Bordeaux aime s'accoquiner avec les chênetes, les chataîgniers, les hêtres et les sapins pectinés. Il n'est pas le seul à aimer ces milieux, bien souvent il est accompagner d'autres champignons dont la pousse survient suite à des épisodes de chaleurs et de pluies tel que le meunier (Clitopilus prunulus) qui, à la bonne odeur de farine et au chapeau blanc, et lui aussi un bon comestible même si moins récolté que les cèpes.

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Autre espèce appréciant les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux et ayant parfois des hôtes symbiotiques similaires, l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria). Si celle-ci est toxique voire délirogène pour les hommes et de nombreux animaux, quelques uns comme le renne n'hésitent pas à planter un coup de dents dans le chapeau et en particulier la cuticule rouge riche en éléments hallucinogènes.

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Lames, pied et chair d'un blanc immaculé, chapeau rouge sang qui selon les sous-espèces et la météo peut tirer sur l'oranger, pustules floconneux variants du crème au jaune, il semble au premier regard aisé d'identifier cette espèce. Pourtant, les confusions avec l'amanite des Césars (Amanita Caeserea), sa délicieuse et prisée cousine, sont peu rares. On retiendra que chez cette dernière les lamelles et le pied sont d'un orange doré et que le stipe prend sa base dans une volve blanche en forme de sac.

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Petits joyaux rouges qui annoncent la fin de l'automne, il faudra désormais attendre l'an prochain pour les rencontrer à nouveaux dans les forêts de Chartreuse. Il fait froid, humide mais les champignons ne désertent pas complétement les bois. Cependant nous nous réfugions dans le Rhône, où nous faisons notre bonheur avec les pholiotes du peuplier (Cyclocybe aegerita) qui abondent dans les peupleraies si typiques des rives du fleuve.

C'est un court résumé de cette année en Isère riche et inspirante. Nous avons eu la bougeotte et beaucoup visité d'autres départements, puis vinrent le boulot et parfois la flemme qui par moment, nous ont cantonné à notre petit appartement lyonnais. Cependant on ne saurait penser que le tour est fait, on est loin d'avoir encore tout vu de cette enclave dauphinoise, de ses forêts et de ses sites historiques teintés de mysticismes. À 2020, belle Isère.

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lundi 29 octobre 2018

Sortie en forêt 79.

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Au pied du Pilat :

Nous voici sur la commune Les Haies, plus exactement au Pet du Loup, un espace naturel que vous retrouverez dans plusieurs de mes articles retraçant mon parcours d'étudiante en BTS GPN. C'est ici qu'avec mes camardes de classe, j'ai pu en partie me former aux questions propres à la gestion des milieux, en particulier en créant des placettes de nidification pour les busards, en dirigeant un chantier, en abattant des bouleaux menaçants de refermer le milieu, en rajeunissant des bosquets de callune ou encore, en déterminant les parcelles cadastrales à l'aide de GPS. Depuis novembre 2017, certaines zones ont beaucoup changées et sont devenues de véritables forêts de fougères aigles, signe que le milieu se ferme à nouveau. D'ordinaire, ce phénomène naturel ne pose pas problème car il s'inscrit dans l'évolution que connaît la lande à callune, cependant cette dernière étant devenue rare ici, il est nécessaire d'intervenir pour la maintenir.

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L'endroit est idéal pour observer la mante religieuse (Mantis religiosa). Cette merveilleuse créature aurait pu avoir sur le blog un article à elle seule. Mal aimée et souvent mal nommée, elle ne mérite pas le sobriquet de cheval du Diavle qu'on lui donne et qui est pour le moins imagé. 

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Il existe plusieurs espèces de mantes en France. Celle-ci est la plus commune et contrairement à ce que l'on peut penser, elle n'est pas nécessairement verte mais peut présenter toute une gamme de bruns et de gris lui permettant de se fondre dans la végétation. Elle peut ainsi à loisir se cacher des prédateurs mais également attendre le passage d'une proie qu'elle capture avec ses pattes avant, que l'on nomme ravisseuses et qui sont équipés de dentures. Contrairement à ce que l'on peut lire, celles-ci ne peuvent pas entailler la peau humaine, d'ailleurs la mante ne les utilise pas de cette manière pour se défendre. Elle a cependant à la capacité de les déplier en un éclair de temps et de le refermer tout aussi vite. L'insecte ainsi emprisonné n'a plus les moyens de prendre la fuite et fini dévoré. À la base de chaque ravisseuse on trouve un motif singulier ressemblant à un oeil. En situation de danger la mante écarte grand ses pattes avant puis les agitent, donnant l'impression d'être un animal bien plus gros et bien plus menaçant que ce qu'elle laisse supposer. Si cette technique fait parfois ses preuve, cela n'empêche pas les oiseaux d'en faire leur quatre-heure.

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On appel souvent sans scrupule une femme criminelle, une intrigante ou collectionneuse d'hommes "mante religieuse" du fait que les femelles mantes se plaisant dans un cas sur trois à dévorer le mâle. Il ne faut voir dans cet acte que ce qu'il est pour la belle : un moyen d'assurer le bon développement des oeufs en ayant accès à une source de protéine de premier choix. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, pour le mâle malchanceux, tout n'est pas perdu. Pendant que sa douce lui dévore la tête, son appareil génital continu son travail et fini même par cloisonner l'orifice de la femelle, empêchant ainsi tout autre de mâle de prendre part à la fécondation.

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La mante religieuse fascine. Dans la Grèce antique, elle est associée de par sa position de chasse aux prêtresses en prière. Son nom scientifique de "Mantis" est inspiré du grec Μάντις qui signifie prophétesse. Le terme "religieuse" double cette association, du fait de sa ressemblance avec un croyant en prière, d'où son surnom de Prie Dieu. Dans de nombreuses cultures asiatiques, elle est synonyme de fécondité et d'abondance, certains peuplent allant jusqu'à orner leurs tenus traditionnelles de représentations de mantes.

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Les femelles se distinguent des mâles par leur taille, 8 à 9 centimètres là où leurs amants sont plus proches des 4 à 5 centimètres. Chez les femelles l'abdomen est plus long, plus large et se termine par deux pointes formées de cerques (en somme deux pointes striées d'anneaux). Si les deux sexes peuvent voler sur de longues distances, les dames sont souvent clouées au sol quand elles deviennent gravides. Il faut savoir que faute de trouver un partenaire à proximité, la mante est capable de s'autoféconder, on parle alors de parthénogenèse. Les petites mantes qui sortent des oeufs contenus dans l'oothèque seront alors tous des mâles.

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Pour l'observer, il faut baisser les yeux. Les endroits où j'ai pu en observer en abondance sont les vignes du Beaujolais, les buissons denses mais aussi la végétation à ras le sol des Calanques marseillaises, les pâtures couvertes de broussailles du Libournais, les prairies de fauche de l'Ainan et les clairières à callune du Pet du Loup. En règle générale, l'habitat de prédilection de la mante religieuse se compose d'une zone ouverte, toujours en dessous de 800 mètres d'altitude, aux herbes hautes qui lui permettent de chasser à loisir les insectes et les araignées. Des cas relativement bien documentés de mantes prédatant de jeunes lézards et de jeunes serpents laisse penser qu'elle est le seul insecte Européen capable de se nourrir de vertébrés.

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Nous sommes dans un lande sèche à callune, c'est à dire un habitat qui se caractérise entre autre par l'abondance de callune (Calluna vulgaris) que l'on distingue des bruyères par l'insertion de ses feuilles et ses fleurs dont les pétales ne sont pas complètement soudés. Elle se développe sur des sols acides et drainés avec une faune spécifique.

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Lapins de garenne, perdrix, poules faisanes, vipères aspics, engoules vent, coronelle lisse, tariers pâtres, demoiselles en chasse et lézards en tout genre, se sont tout autant d'espèces qui se plaisent dans ce milieu. Les champignons ne sont pas en reste, en particulier ceux associés aux callunes et et qui permettent aux plantes de puiser la moindre ressource du sol. Pour maintenir ces landes au couvert arbustif, il est recommandé de limiter voire de supprimer les ligneux et les plantes au fort ombrage permettant l'émergeance de plantules d'arbres. Le pâturage avec des moutons ou des chèvres est une des solutions techniques employée pour empêcher le phénomène de fermeture.

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Le genêt à balai (Cytisus scoparius) fait aussi parti des espèces typiques de ce type de lande acide. Son nom vient de son usage ancestrale comme balai une fois les jeunes rameaux réunis en bouquet puis séchés. On l'utilisait plus particulièrement sur les sols de terre battue. Il s'oppose à un autre végétal, le bouleau verruqueux (Betula pendula) dont on disait que les sorcières ne pouvaient chevaucher les branches réunies en balai, le considérant alors comme un arbre associé à la magie blanche, là où le genêt noire était associé à la magie noir et faisait figure de monture pour se rendre au sabbat. Voici un exemple de deux espèces pionnières, ayant une dynamique similaire et une aire commune mais aux considérations complètement contraires.

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Autre espèce pionnière, le peuplier tremble (Populus tremula). Il est le seul de sa famille à se plaire en milieu forestier. Là où les autres peupliers prennent plaisir à s'intaller dans les milieux humides et sur les rives, il s'épanouit plutôt dans les sols frais mais drainés.

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Son nom de tremble vient de son feuillage qui au moindre vent de met à frétiller avec force ce qui ne va pas sans laisser s'échapper une délicate mélodie dans le sous bois. C'est un arbre bien connu du fait qu'il est employé à des fins économiques pour réaliser de la pâte à papier mais aussi des allumettes, de la menuiserie du fait de sa capacité à prendre des teintes argentées en vieillissant et des emballages comme les cagettes si précieuses pour allumer la cheminer l'hiver. Son écorce a été longtemps employée pour ses propriétés permettant de lutter contre la douleur. Aujourd'hui on préfère l'emploi des feuilles et des bourgeons, plus particulièrement pour soigner les infections respiratoires comme la bronchite. Chez les grecs anciens, ce peuplier est l'incarnation de la nymphe Leucé qui prit la forme du végétal pour échapper aux avances d'Hadès. Il incarnait dans la culture hellénique une passerelle symbolique entre le monde des morts et celui des vivants.

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Cela fait longtemps que les digitales pourpres (Digitalis purpurea) ne sont plus en fleurs. La plante est extrêmement toxique du fait qu'elle contient de la digitaline. Cette molécule n'est cependant pas sans utilité, car celle-ci permet de réguler le rythme cardiaque. Administrée il y a encore peu à partir d'extraits naturels, elle a été depuis synthétiser ce qui à l'avantage de permettre des dosages plus justes et une meilleure prise en charge des patients. Cette méthode préserve également les populations de digitales en Europe des cueillettes commerciales.

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La belle ondontite jaune (Odontites luteus) est au rendez-vous. Nommée aussi euphraise jaune, son nom d'ondontite ne va pas sans rappeler tout ce qui touche aux dents, d'ailleurs en arabe son nom signifie "molaire jaune" ce qui laisse supposer mais sans aucune certitude d'un usage ancien de la plante pour soigner les troubles de la dentaires.

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En France on la rencontre dans tout le Sud (exception faite au Pays Basque) et dans l'intégralité de l'Est du Pays, le plus souvent dans les milieux secs et arides, parfois en lisière de forêt ce qui correspond plutôt bien au Pet du Loup. C'est une plante hémiparasite, c'est à dire que bien chlorophyllienne (qui fabrique donc sa nourriture), elle va également puiser des ressources dans ces proches voisines, en particulier les minéraux essentiels à son développement. En sommes, c'est une forme de vampirisme végétal. Il n'est pas rare de la voir fleurir jusqu'en septembre et bien qu'elle préfère les zones géographiques au climat plutôt clément, on peut la croiser jusqu'à 1800 mètres d'altitude.

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Ce lézard des murailles (Podarcis muralis) prend un bain de soleil avant de retourner à sa cachette. L'hiver approchant, il se mettra alors en hivernation et n'émergera de temps à autre de son sommeil que si l'ensolleillement est suffisant. Les grands froids ne permettant pas aux papillons, mouches, sauterelles et autres araignées dont il se nourrit d'être abondants, il doit se mettre à la diète faute de proies. Néanmoins ce régime alimentaire ne l'empêche pas de vivre 5 à 8 ans, les plus vieux spécimens pouvant atteindre 20 centimètres.

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Que de chemin parcouru depuis les chantiers de novembre 2017 au Pet du Loup. Une année bien fournie, avec l'obtention du diplôme, un poste dans la fonction public comme vacataire sur les questions d'agriculture et d'aides européennes, la PAC. Cependant, cela ne serait être le seul bouleversement, et pour tout dire il est de taille, j'aurai l'occasion de revenir dessus dans les prochains articles du blog et pourquoi pas, d'y consacrer un billet entier. En attendant ,l'heure est aux sorties d'automne, avec l'approches du suivi loutre et les grandes expositions mycolgoiques locales. Les soirées s'annoncent bien remplies mais passionnantes, d'autant plus que le secteur rhodanien n'est pas sans atouts. Cela promets quelques reportages faunistique en perspective et pourquoi, une très prochaine sortie entre visiteurs du blog. À suivre !

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mercredi 24 octobre 2018

Faune et flore du beaujolais.

 

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C'est me voilà à me coltiner mon premier rhume de l'année. C'est l'occasion de se replonger dans les photographies des derniers jours de l'été. La lumière a été magnifique en particulier pendant les quelques jours où j'ai séjourné dans le Beaujolais vert. Terre de vins, la région s'est relevée être bien plus riche en faune et flore que je ne pouvais le penser et cela, bien que les forêts avoisinantes n'aient rien à voir avec celles de ma belle Chartreuse. Je n'étais pas équipée pour le récolte à laquelle je me suis adonnée tôt le matin, étant dans le coin pour une toute autre raison, il a donc fallu passer par le système D pour ammasser mes premières provisions automnales de graines et de fruits sauvages.

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Le quartier est calme à cette heure, le soleil se lève tout juste. Les murs des habitations sont jaunes et dorés, en raison de la pierre utilisée et qui a valu la réputation du massif rhodanien des Mont d'Or.  Celui-ci se compose de roches jaunes, grises et ocres faites de calcaire fossilifère daté du jurassien moyen (174 à 163 millions d'années).

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Pas de grande faune à l'horizon, seulement quelques oiseaux des champs dissimulés dans les herbes. Les fleurs s'accrochent mais leur maigre corolle ploie déjà sous les rayons du soleil à peine sortis et déjà mordants. Les terres arables mises au repos sont un terrain de jeu parfait pour ceux qui veulent s'exercer aux plantes rudérales, c'est à dire qui poussent dans un milieu impacté par l'homme : bord de route, champs, trottoirs, chemin de fer etc.

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Parmi les rudérales, on peut compter sur les papavéracées dont les pavots. Le plus connu d'entre eux est sans aucun doute le coquelicot (Papaver roheas), appelé pavot rouge. Il fait l'object d'une grande campagne à l'heure actuelle : "Nous voulons des coquelicots" issu du manifeste de Fabrice Nicolino et de François Veillerette et pour cause, la fleur rouge est emblématique de la disparition de la biodiversité à cause de l'emploi à outrance des intrants et des pesticides.

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Se priver du coquelicot et de ses confrères, c'est se priver de nombreuses autres espèces mais aussi d'un patrimoine culturel riche. Saviez-vous que le nom scientifique du coquelicot "Papaver" viendrait semble-t-il du mot issu directement de la culture viking ? Les pétales des pavots dont le coquelicot, étaient écrasés pour donner une bouillie distribuée aux enfants pour les aider à dormir. Cette préparation dans le dialecte de ce peuple du nord était nommée "papa". En France le nom vernaculaire commun "coquelicot" vient de "cocorico" en raison de la ressemblance entre la fleur et la crête du coq, d'ailleur on l'appel encore de manière traditionnelle "pavot coq".

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Après quelques minutes d'affût, une joyeuse bande de faisans de Colchide (Phasianus colchicus) tendent là tête hors des graminées. Pas farouches pour un sous, c'est tout juste s'ils ne s'approchent pas de moi pour vérifier si je n'ai pas de quoi les nourrir. Insatisfaits, ils retournent picorer les graines restées au sol entre les sillons avant de prendre leur envol, apeurés par l'approche d'un gros chat de gouttière.

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Dans les vignes bien d'autres espèces évolues. Grives, lièvres, lapins de garenne, perdrix et perdreaux trouvent refuges au pied des serments de raisin et se régalent des herbes folles qui sur les parcelles les moints traités trouvent quelques rares espaces pour s'exprimer à loisir. Je ne m'étenderai pas plus sur les faisans lâchés pour les besoins de la chasse. Je ne suis pas pro, je ne suis pas anti, je me pose juste énormément de questions non seulement sur l'impact environnemental de cette pratique, mais aussi sur les aspects moraux tant liés au tir de ce type de gibier qu'aux conditions de son élevage.

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Comme je vous le disais un peu plus haut, c'est le moment de se lancer dans la récolte ! Noix, mûres  sauvages, prunes et raisins rejoignent la table à travers de fabuleux desserts faits de coulis, de salades sucrées, de vins, de sirops mais aussi de gâteaux et de tartes qui sont à la couleur de la saison. C'est le meilleur moment pour faire le plein en vitamines, préparer les bocaux pour ne manquer de rien en hiver et oublier pour de bon les régimes.

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Autre fruit de saison, les prunelles issues du prunelier (Prunus spinosa) qui est aussi appelé épine noire. Espèce pionnière, il est courant de la trouver dans les champs en friche, dans les haies et dans les brouissailles.

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Les fruits frais sont très âpres et de ce fait inconsommables crus. Ils sont récoltés traditionnellement blettes pour être consommés tel quel. Pour la cuisine, on peut se passer des premières gelées, en particulier si l'on souhaite confectionner des liqueurs, des confitures ou des confits sucrés-salés au vin rouge. Attention à l'abus de prunelles, celles-ci sont aussi connues comme étant légèrement laxatives, tout comme la décoction de l'écorce du tronc. Des jeunes rameaux on tire aussi le célèbre vin d'épine à boire en apéritif ou en dessert. L'intérêt de cette arbuste ne réside pas uniquement dans son utilisation. Il est l'hôte des chenilles d'une quinzaine d'espèces de papillon, sert de gîte, d'abris et d'arbre nourricier à un grand nombre d'oiseaux et de micrommamifères. Ecologiquement parlant il est d'un intérêt capital pour restaurer les milieux agricoles où l'action de l'homme a pu se montrer destructrice.

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Dans la même famille que le prunelier, celles des rosacées, on trouve l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) appelée épine blanche. Les fruits sont des cenelles, de nature farineuse on les utilise en infusion pour les problèmes cardiaux, pour le stress ou encore pour l'hypertension.

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Portant des fleurs blanches, l'aubépine est associé à la virginité, à la Vierge Marie et au monde des fées. Il n'était pas rare de déposer des offrandes sur ses branches et à ses pieds pour s'attirer les bonnes grâces du petit peuple. On allait jusqu'à offrir des nattes et des tresses de cheveux. Ces dernières ont peu à peu été remplacées par des brioches en forme d'épis et tressées, gourmandises dont on retrouve encore là forme dans nos boulangeries. C'est aussi l'arbre de toutes les greffes qui peut servir de support à de nombreuses espèces comme le poirier, le néflier, le cognassier, le pommier, le prunier,  ou encore le cerisier.

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Le liseron des champs (Convolvulus arvensis) est une plante mal aimée et pourtant fascinante. Le pied de cette photo vit en bord de route, résistant à la chaleur provoquée par la réverbation, aux émanations des pots d'échappement et du goudron, aux pneux des voitures et des tracteurs. Autant de ténacité, ça se salue, d'autant plus que la belle est l'hôte de la chenille d'un magnifique papillon de nuit, le sphinx du liseron (Agrius convolvuli).

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Nous étions il y a peu avec les plantes de fées, nous voilà avec les plantes à sorcières ! Le datura stramoine (Datura stramonium) n'a pas toujours bonne presse. Considéré comme plante invasive, toxique et mortelle, il est souvent recommandé de l'arracher à grand renfort d'huiel de coude.

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Pourtant il est un indicateur précieux pour connaître l'état du sol. Celui-ci se plaît dans les milieux perturbés, inondés, en friche voire pollués mais se contente tout aussi bien de sols sains, c'est donc une de ces pionnières capables d'établir les premiers couverts verts essentiels à la biodiversité. Cependant la belle n'est pas de chez nous, et même si son origine fait encore débat, elle serait native du Mexique et aurait prit l'essort qu'on lui connaît aux alentours du 17e avec les échanges Europe-Amérique. Il n'en fallait pas plus à certains pour la considérer comme invasive, sans tenir compte du fait qu'elle est la conséquence et non la cause des perturbations rencontrées. Nommée "plante parasite" dans les revue spécialisées, la peur des autorités sanitaires réside dans le fait que les graines de sarrasin et de datura sont de même diamètre empêchant la séparation mécanique, le seuil de risque étant statué à une échelle d'une graine de datura pour 10 000 de sarrasin. Cependant l'obligation de maîtriser l'adventisse a été appliquée à la quasi-totalité des autres cultures, avec comme solution principale l'arrache manuel et l'emploie de pesticides dans les tous premiers stades de la plante. Du toxique pour limiter du toxique, brillante idée des pouvoirs publiques. Cependant il ne faut pas amoindrir les risques pour le bétail consommant du maïs d'ensillage et le manque à gagner pour les exploitants.

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Pour rester dans les mal-aimés, voici un superbe reptile fort utile aux cultures et aux jardiniers. La couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) est le serpent indigène le plus long de France avec une taille record pour les femelles de 2 mètres. Inoffensive pour l'homme, elle ne se ferra menaçante que si elle agressée et acculée contre un mur. 

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Pas de panique, la belle ici n'a été importunée que quelques instant le temps d'une ou deux photos. C'est une remarquable chasseresse qui se plaît aussi bien dans les milieux aquatiques qu'arrides et il n'est pas rare de la croiser dans les ronciers. Gourmande, elle se nourrit de lézards, de rongeurs, d'autres serpents et de grenouilles. Comme tous les reptiles français, elle est protégée ce qui n'empêchent pas aux individus de cette espèce de finir sous les coups d'une pelle ou d'un balai. C'est peut être le cas de celle-ci dont la mâchoire est légèrement déformée.

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Partout le constat est le même, ce n'est plus le temps de la récolte des herbes vertes et fraîches mais de leurs graines. Parfois utilisées pour les soins ou la cuisine, elles seront avant tout récoltées pour la mise en semis du futur jardin à travers une grainothèque mais aussi comme matériel pour ma malle pédagogique.

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Quand on voit une chenille poilue, qui plus est noir et marron, on a tendance à crier au danger et à piétiner la malheureuse en argumentant qu'il s'agit d'une chenille processionnaire. Il n'en est rien ici, cette gracieuse et velue créature est la chenille du bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi).

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Pas de panique, la manipuler ne provoque pas de réaction urticante, tout au plus un très léger gratouilli chez les plus sensibles. Pour la trouver il faut chercher dans les feuilles des ronciers mais aussi sur celles de la luzerne, du trèfle, des rosiers, des fraisiers ou encore des bruyères car la dame n'est pas difficile et s'acclimate d'un peu près tout ce que la nature lui offre à portée de mandibule. Bel exemple à suivre. Quand elle est repue et après avoir passée l'hiver à l'abris, elle tisse un cocon au niveau du collet des plantes qui furent ses hôtes. En émerge alors en juin un papillon de nuit robuste aux teintes beiges, grises et rosées, le fameux bombyx de la ronce. Dans certaines régions la chenille porte aussi le nom d'anneau du Diable du fait de sa capacité à se mettre en boule quand elle se sent menacée. Un truc poilu, mou, informe et sombre, forcement ça ne pouvait qu'incarner une figure bestiale dans l'imaginaire collectif et maudite ...

Voilà, en pas moins de deux heures, c'est tout un bestiaire qui s'est ouvert à moi. Des arbres protecteurs, des fleurs colorés, des oiseaux peu timides mais surtout, des animaux et des plantes encore mal-aimés aujourd'hui mais au combien importants pour le bon fonctionnement de nos écosystèmes. Leurs noms ne vont pas sans nous évoquer ce mal-amour qui aujourd'hui ne peut plus se justifier. Mauvaises herbes, plantes de sorcière et animaux du Diable, il serait peut être tant de porter sur eux le regard bienveillant qu'ils méritent.

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mercredi 3 octobre 2018

Sortie en montagne 23.

DSC00208LE CHARMANT SOM
sous le soleil de fin d'été

 

La fin d'été est là, elle marque le sommet du Charmant Som. Bien installés à l'auberge, nous dégustons une délicieuse tarte aux myrtilles, tout en ayant les jumelles collées sur les yeux. Deux vautours fauves (Gyps fulvus) tournoyent dans les nuages au-dessus de nous, autant vous dire ma joie. Aussi vite aperçus, aussi vite disparus. Qu'à cela ne tienne, un grand vol de chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) gravite autour de la terrasse, dans l'optique de profiter des restes de repas des promeneurs attablés face au paysage sous de grands parasols. Cependant, ils ne seraient prendre la place aux nombreux coqs et poules qui évoluent librement entre nos pieds et qui, rapides comme l'éclair, se saisissent de la moindre miette tombée au sol. Ainsi va la vie là haut. C'est le moment de faire les provisions à la formagerie. Les fromages d'estives que l'on y trouve sont directement produits sur place et le lait vient du troupeau qui broutte les pentes du sommet. Celui-ci est issu de la traite qui se fait depuis la fermette dans la quelle se trouve l'auberge, autant dire que l'on ne peut pas faire plus direct. Chaque soir, c'est le même spectacle : les tarines entrent une à une dans la salle de traite, autant dire un vrai défilé qui attire les badauds car il faut se le dire, du monde il y en a. Le parking est prit d'assaut tout comme le bas côté de la route, si bien qu'il en devient difficile de croiser un autre véhicule. Même au pied de la montagne, les places se font rares pour accéder au circuit de 6 kilomètres qui permet d'atteindre les alpages. Prions pour la faune, la flore et les milieux que cet afflux diminue rapidement.

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Les millepertuis (Hypericum) sont connus pour leurs composés médicinaux. Cependant, seules quelques espèces sont utilisées dans la pharmacopée. Leur usage doit être très encadré, du fait de leur pouvoir inhibiteur sur certains traitements médicaux, en particulier dans tout ce qui touche à la contraception, à certains cancers et au VIH. Il peut également modifier les effets des médicaments employés pour soigner les troubles dépressifs. En interne, il est utilisé pour lutter contre les dépressions légères mais ne doit jamais être pris en automédication, de ce fait on préfère l'utiliser en externe en huile pour lutter efficacement contre les coups de soleil et les problèmes de peau grâce à l'hypéricine contenue dans le végétal. Cependant, les parties frictionnées avec la préparation ne doivent pas être exposées au soleil au risque de provoquer des brûlures sévères. Comme toujours, la médecine par les plantes est avant tout une affaire de médecins et de professionnels.

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Sur le sentier, nous tombons sur un cairn qui fait écho à la Pinéa en arrière plan, un sommet de Chartreuse culminant à 1771 mètres d'altitude et qui fait le bonheur des randonneurs. Composé des pierres du chemin, on peut voir sur certaines d'entre-elles de remarquables fossiles de coquillages et de passages de vers dans ce qui vu jadis le fond marin. Sous l'effet de la gélification, causée par le froid, le vent et de l'eau, les blocs se fissurent et finissent par se disloquer en milliers de morceaux qui font tout autant de souvenirs pour les promeneurs.

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La vue du sommet est superbe, en contre-bas de nous se dessine la Grande Chartreuse et son célèbre monastère. En famille pour l'occasion, nous sommes plus que bien équipés. Le ciel se fait désespérément vide, faute au caniard qui tape depuis des semaines sur la roche blanche et qui ne semble pas vouloir cesser.

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Vide le ciel ? Pas tant que cela. Les chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) tournoient inlassablement. Ces corvidés sont des opportunistes qui ont appris à vivre avec l'homme et é tirer profit de son mode de vie.

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Restes de pique-nique, déchets, sucreries abandonnées ... ce sont tout autant d'occasions pour ces oiseaux de se nourrir, au prix de leur santé. Leur régime alimentaire habituel se compose de petits insectes et de gastéropodes qu'ils capturent dans les pelouses alpines et parmi les rochers. Ils peuvent également se nourrir de carcasses de micro-mammifères (campagnols, souris et mulots) si l'occasion se présente à eux. Vivant en colonie, les couples se forment au printemps. La nidification se fait alors en solitaire pour les parents qui élèvent 3 à 6 poussins dans un nid massif fait de branchages et lové dans les crevasses des falaises et plus rarement, sous le toit des maisons alpines.

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La crapaudine (Sideris hyssopifolia) est aussi nommé thé des Alpes tout comme la dryade à huit pétales et l'épilobe à feuilles étroite ce qui ne va pas sans entraîner des confusion. C'est une plante protégée dont la récolte se limite à une poignée et uniquement pour l'usage personnel.

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C'est une espèce typique des pelouses calcaires et des éboulis de montagne, entre 1500 et 1800 mètres d'altitude pour ce qui concerne la Chartreuse. De ce fait on ne la rencontre que très sporadiquement dans le Massif Central, le gros des population étant dans les Pyrénées et surtout, dans les Alpes. Elle entre dans la composition de liqueurs et de délicieuses infusions dont nous nous régalons le soir devant le feu et qui pour l'occasion, a fait le bonheur de toute la famille, surtout après avoir bien marché sous le soleil brûlant. Son goût et son prafum dégagent des notes d'herbe séchée et de fleurs ces champs qu ise marient très bien avec une bonen cuillère le miel posée au fond du verre ou de la tasse pour les plus gourmands.

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Les alchémilles tiennent leur nom des alchimistes des lumières dont la plante symbolisait l'imagination débordante. Selon la légende, l'eau de la rosé perlant sur leurs feuilles auraient été utilisée pour chercher en vain la recette de la pierre philosophale. Ici il pourrait s'agir de l'alchémille des Alpes ( Alchemilla alpina).

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Voici deux espèces emblématiques de l'apage. À gauche l'euphraise casse lunette (Euphrasia rostkoviana) dont l'usage populaire voudrait qu'elle soigne les infections oculaires, les myopies et les troubles temporaires de la vision. À droite, la gentiane champêtre (Gentianella campestris) qui se différencie de la gentiane d'Allemagne (Gentianella germanica) par le nombre de ses pétales : 4 pour elle, 5 pour sa cousine germanique.

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L'aconite tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia) se reconnaît au casque jaune que forme sa fleur. Bien mal averti celui qui aurait l'idée d'en cueillir quelques brins pour l'infusion du soir ou d'en garnir un dessert, la plante est dangereuse et pas qu'un peu.

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Ce n'est pas pour rien qu'elle se nomme tue-loup. Elle était employée jadis pour empoisonner à l'aide d'appâts infusés de ses feuilles les animaux dits nuisibles. Loups mais aussi renards, chats, martres et furets ont été nombreux à en être victime et pour cause, la belle est l'une des plantes si ce n'est la plante la plus toxique d'Europe. Cependant, elle n'est pas la seule à tirer son nom de sa funeste réputation. On retrouve le même phénomène linguistique chez le raisin du renard (Paris quadrifolia) dont l'usage était similaire. La morelle noire (Solanum nigrum), comestible si bien mûre, porte quand à elle le surnom de raisin du loup.

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Les oeillets de Montpellier (Dianthus monspessulanus) parsèment les prairies rases et font écho aux dryades à huit pétales (Dryas octopetala) dont les akènes au duvet blanc s'apprêtent à prendre leur envol. Toutes deux ont pour commun de porter des noms glorieux. Les oeillets se nomment Dianthus, ce qui signifie plante de Zeus/des dieux et les dryades tirent directement leur nom des nymphes arbres nommées pareillement.

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La carline acaule (Carlina acaulis) est une espèce protégée. De la famille de ce qui est souvent nommé "chardons", elle en diffère par son genre, les Carlina. Il est encore de tradition dans accrocher séchées (fleurs et feuilles comprises) sur les portes des chalets comme indicateur météo. Au moindre signe d'humidité, les feuilles et le coeur se referment sur eux même. Le mécanisme est similaire chez les cônes des conifères avec leurs écailles.

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Les montagnes de Chartreuse sont constituées en grande partie de calcaire. Elles sont les traces d'une période vieille de plusieurs millions d'années. À l'époque, une mer quasi-tropicale couvre presque l'intégralité de l'hexagone.

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La région est alors une immense étendue d'eau salée où évolue une faune extrêmement variée. Des micro-organismes côtoient des reptiles marins aux allures de dauphins mais aussi, de nombreux arthropodes à la coquille faite de calcium. À la mort de ceux-ci, leur corps se dépose sur le fond marin. À force de superposition, de l'action des courant et du temps, la pression exercée finie par transformer en une couche de calcaire les carapaces et restes de ces créatures. Celle-ci est dite fossilifère  alors car on y retrouve systématiquement des reliques d'animaux datant du temps des dinosaures. Puis le climat change, la mer se retire et la terre bouge sous l'action des plaques tectoniques, donnant naissance aux monts que nous connaissons et plaçant le plancher océanique à plus de 1800 mètres d'altitude, laissant alors place nette aux glaciers et aux forêts que nous connaissons aujourd'hui.

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L'heure avance, il est déjà 17 heures, les tarines ont entamé leur voyage journalier vers l'étable pour la traite. Matin et soir elles se pressent pour la récolte de lait. Celui-ci est transformé directement sur place.

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Parmi les produits vendus en direct, des fromages d'estive, de la crèmes, des fromages blancs mais aussi du miel d'alpage et de la confiture de myrtille. Que des produits du terroir que nous nous sommes empressés d'emporter chez nous. Il n'y a pas à dire, c'est toujours meilleur quand ça vient de là où ça a été produit. Nous arrêterons là pour cette journée. La forte affluence, les cris des promeneurs, les fortes chaleurs et l'herbes jaunie sont tout autant de causes qui auront fait que les chamois et bouquetins auront été les grands absents de cette randonnée. Qu'importe, nous sommes en famille et là est l'essentiel. Partager un bon repas, l'effort de la monté, l'odeur du foin de montagne et l'extase que procure ces paysages suffit à notre bonheur. Nous reviendrons à l'automne, quand la nature se fait silencieuse et que les grandes migrations battent leur plein.

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mardi 31 octobre 2017

Repas d'automne.

DSC03863Comme chaque année, il me prend une envie irrépressible de fêter l'automne, la plus belle des saisons et quoi de mieux que d'y consacrer la soirée du 31 octobre? L'ambiance s'y prête bien et le temps frais laisse place à l'imagination pour concocter des plats qui tiennent au corps et à l'esprit.

Menu d'Automne :

Velouté de courge,
accompagné de ses navets, de ses pommes de terres, de ses carottes d'Hiver et de ses châtaignes.

Tartre de pommes de terre au thym,
avec ses champignons et sa compotée d'oignon rouge.

Rôti de boeuf et ses petits légumes,
composés de carottes, de pommes de terre, d'oignon rouge, d'ail rose, de navets, de champignons de Paris et forestiers et de marrons cuits à l'eau.

Tome artisanale et son miel de châtaignier,
issu tout droit des châtaigneraies bretonnes.

Tarte aux noix de Grenoble,
et son caramel à l'huile de noix pressées à froid.

Trois petites heures derrière les fourneaux et voilà que la fête peut commencer dasn l'assiette. L'odeur des châtaignes embaume tout l'apaprtement et se mêle à celle du sucre et des noix qui se couvrent de caramel.

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Les patates sont les stars ce soir, elles font écho par leur présence à table aux origines de la fête d'Haloween : l'Irlande. Aliment phare de l'île-pays, cette nation doit son salut mais aussi la grande vague d'immigration du 19e suite à la crise de la pomme de terre dû aux épidémies de mildiou qui frappa une grande partie de l'Europe.

DSC03862Repas gargantuesque, nous allons avoir de quoi manger pour quelques jours. Cela change notre quotidien d'étudiants où le temps se faire rare pour cuisiner et où bien souvent, les pâtes et le riz se font maître de notre assiette. Fort heureusement, nous pouvons profiter du marché tout proche pour mettre de la fantaisie de notre quotidien. Fromages et légumes d'automnes font désormais partis du paysage de notre cuisine.

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La tarte aux noix, de par chez moi, c'est une institution. Issue du pays dauphinois, non loin de Grenoble, j'ai toujours connu ce désert comme un entre-met traditionnel. Peu compliquée à réaliser, il faut cependant s'armer de patience pour monder les précieux cerneaux puis en transformer une partie en poudre grossière.

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Ici il ne s'agit pas de n'importe qu'elles noix mais de celles de Grenoble. Cette AOC protégée est composée de trois variétés qui se reconnaissent à leur grande dimension. Notre tarte ne déroge pas à la règle et est composée de noix grenobloises, issues du verger familiale sur des arbres qui pour certains approchent des 80 ans.

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Tome artisanale de Tréminis du Criscath, bière "La Belette" de Mens, rôti de boeuf des Mont d'Or, noix de Grenoble, clairette de Die ... ce soir on se fait plaisir (mais pas trop !). Reste quelques bougies à allumer pour une ambiance tamisée, à s'installer bien au chaud sous les plaides épais et à installer la table sur la vieille malle qui nous sert de desserte. Ce soir je me sens comme une véritable sorcière et j'attends avec impatience que de petits monstres téméraires viennent frapper à notre porte dans leur quête de sucreries.

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mercredi 8 février 2017

Sortie en forêt 67.

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Depuis le début des cours il me reste que peu de temps pour parcourir les forêts de Chartreuse.  Nous voilà donc pour un week-end dans les bois du col des Mille Martyrs parmi les hêtres et les sapins, à la recherche des dernières girolles de l'année. Il fait chaud pour la saison et l'été semble s'éterniser. Néanmoins les feuilles jaunissantes sont là pour nous rappeler que nous sommes bien en octobre et que le gel sera bientôt là.

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Dans les bois, les amanites tue-mouches (Amanita muscaria) sont à la fête. Quelques cèpes et pieds de moutons pointent ici et là le bout de leur nez mais la saison des champignons est sur la fin et déjà certaines cimes de la Chartreuse sont blanches. Ce n'est pas grave, nous profitons avec plaisirs de couleurs de l'automne.

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mardi 5 janvier 2016

Le jardin en Automne.

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L'hiver est là depuis quelques jours, il est l'heure de faire le bilan de ce qui s'est passé dans le jardin. La saison a été très chaude et pendant longtemps on a pu se croire en été, au point qu'on en vient à regretter l'absence de neige. Les animaux et les plantes s'en retrouve chamboulés et on a pu voir ici et là des fleurs s'épanouir.

 

Délice de figues.

On l'avait bien cru mort notre figuier (Ficus carica) après le terrible hiver de 2013. Le -17°C de cette année là avait semblé sonner son glas et pendant plus d'une année nous l'avons pensé perdu, mais après une taille sévère le voilà revenu des morts ! Je peux vous assurer que nos estomacs ont bien profité de ses fruits abondants.

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La noix de Grenoble.

C'est la variété la plus courante chez nous et la plus emblématique du territoire. Grosse et charnue, elle est recherchée pour les pâtisseries. J'en ai récolté et vendu un peu plus de 100 kilos cette année, ce qui permettra de replanter de nombreux arbres dans l'ancien verger au milieu de ceux qui se font un peu trop vieux.

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La grenouille rousse (Rana temporaria).

En récoltant mes noix je suis tombée sur cette petite grenouille rousse. Sa proximité avec le potager est très bénéfique car la belle se nourrie de limaces, d'escargots, d'insectes et de vers. Leur hibernation a déjà débuté. Les mâles s'envasent au fond de l'eau, les femelles quand à elles s'habritent sous une souche ou les feuilles.

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Le champignon noir chinois (Auricularia auricula-judae).

Appelé aussi oreille de Judas,c'est le célèbre champignon que l'on retrouve au côté du shiitake dans la cuisine asiatique.Très populaire en Asie il est pratiquement ignoré dans la gastronomie européenne. C'ets une chance pour moi car il est abondant et peu recherché, de ce fait je peux m'en faire de nombreux bocaux.

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La culture de maïs.

Autours de chez nous elle est peu importante, non pas en raison du manque d'eau (bien au contraire) mais des terrains qui sont plutôt escarpés. Le maïs est arrivé avec les premiers explorateurs du nouveau monde (avec les pommes de terre et les tomates). Il en existe une grande variété même si bien souvent nous ne les différencions pas les unes des autres. Pour citer quelques unes, il y a le jaune de Lorraine, le doré des Landes ou la milette. 

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Des plantes à becter.

On ne trouve plus beaucoup de plantes à croquer en automne, il faut alors se tourner vers les fruits et les tubercules. Néanmoins il reste quelques pousses bien tendre à se mettre sous la dents comme celles du gaillet gratteron (Galium aparine) et comme remède celles de la renouée persicaire (Persicaria maculosa).

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Les plats d'automne.

À cette période c'est le grand retour des plats en sauce, des mijotés, des gratins, des potées et autres petits plaisirs qui sur le poêle ou dans le four de la cuisine cuisent pendant de longues heures. Le navarin d'agneau ne fait pas exception à la règle et reste très apprécié les soirs de pluie où la famille est réunie.

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L'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea).

Comme tout les ans, des armillaires couleurs de miel poussent ici et là de manière spontanée au pied des souches et des vieux arbres qu'ils ont infecté. Si certains le mange jeune avec plaisir (armillette), ce n'est pas le cas de tous car ce champignon provoque régulièrement des troubles gastriques et intoxications alimentaires.

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La lépiote pudique (leucoagaricus leucothites).

J'ai encore beaucoup de mal à la reconnaître. Elle est classée parmi les bons comestible mais il est très facile de la confondre avec d'autres espèces semblables et dangereusement mortelles comme l'amanite phalloïde blanche (Amanita phalloides), l'amanite vireuse (Amanita virosa) ou encore l'amanite printanière (Amanita verna).

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La dormance.

C'est une période du cycle de vie où les animaux et les végétaux se mettent en repos. Cela est souvent dû à des conditions climatiques et environnementales peu bénéfiques de manière ponctuelle et aux quelles les organismes pour résister sans dépenser d'énergie répondent par le sommeil. Pour ce qui est de la dormance quotidienne et légendaire des chats ... c'est une toute autre histoire où la paresse et la flemmardise n'y seraient pas pour rien.

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Un arc-en-ciel à sa fenêtre.

Les feuilles perdent leur éclatante couleur verte dû à la chlorophylle. Les arbres s'en séparent pour mieux affronter le froid et ainsi minimiser leur dimension ce qui ne laissera que peu de place aux morsures du froid. Ce phénomène entraîne sur les feuilles de la vigne vierge à trois points (Parthenocissus tricuspidata).

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

Cela fait plusieurs années que nous avons la chance d'avoir dans le jardin des pic épeiches en couple ou seuls. Il n'est pas rare de les voir taper le bois mort, d'entendre leurs coups de bec caractéristiques ou de trouver quelques jolies plumes tombées au sol. Au printemps il y a toujours une ou deux nichés dans le verger.

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La lépiote élevée (Macrolepiota procera).

Appelée aussi coulemelle, c'est un excellent champignon qui pousse aussi bien dans les champs, les lisières de bois que les forêts claires. Elle est de très grande taille et quand elle pousse en rond de sorcière il est difficile de la louper, d'autant plus que c'est un excellent comestible qui se cuisine à toutes les sauces.

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Le géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum).

J'adore ce petit géranium sauvage car quand on frotte ses feuilles, un délicieuse odeur iodée se dégage et parfume les doigts. Il est presque présent partout en France (très peu en Aquitaine), jusqu'à parfois 2000 mètres d'latitude. Il aime les prés, les bords de routes, les sentiers ensoleillés, les bois et les terrains vagues.

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Les faucheurs (Les Opiliones).

Souvent confondus avec leurs cousines les araignées, ils s'en distinguent par l'absence de glandes à venin et par le fait qu'ils ne produisent ni soie, ni toile. Ils mangent un peu de tout. Certaines espèces sont purement carnivores, d'autres complètement végétariens, d'autres encore se nourrissent de nos déchets.

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La vie des insectes l'automne.

Eux aussi se mettent au ralenti. Les abeilles sortent de moins en moins et aux premiers grands froids chassent les mâles de la ruches pour économiser les ressources. Les chenilles s'apprentent à passer l'hiver dans leur chrysalide, les coccinelles en groupe sous les écorces et derrière les volets. Les criquets et certaines espèces de sauterelles quand à eux vivent leurs derniers jours mais la génération suivante ne tardera pas à bientôt sortir.

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La pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii).

J'ai bien eu du mal à reconnaître ce champignon car je le rencontre pour première fois en pleine nature et que sa forme cultivée est assez différente (beaucoup plus longiligne), mais ses lames et lamules ne trompent pas. C'est un excellent champignon au parfum fruité. Elle pousse sur les racines de panicauts dans les zones dégagées.

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Le mot de la fin.

J'ai adoré cet automne au jardin, il a été lumineux et plein de trouvailles. Les champignons ont été à la fête, saison oblige. Ils ont agrémenté les plats en sauce qui ont parfois tardés à venir, la faute à un temps chaud et sec que l'on a rarement vu à cette période et pour cause, le courant exotique El Nino semble déchaîné.

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mercredi 23 septembre 2015

C'est l'automne !

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Pour ceux qui commence à me connaître, vous savez que l'automne est ma saison et qu'elle a tendance à me rendre complètement gaga. Pour les autres, vous allez le découvrir et même peut être le subir. Pour la peine voici un petit et bref article sur deux-trois choses que l'on peut trouver et faire pendant la belle saison et que je suis heureuse de partager avec vous. C'estaussi un bon thème à aborder en attendant la prochaine sortie à venir où il sera question de cascades ,de montagne, de plantes rares et de Savoie.

Je suis ravie de fêter ce premier jour d'automneet pour la peineles photos
sont un avant-goût des futurs articles du blog. Vive l'automne !

 

On profite de l'été indien et on fait la fête !

Et pas de n'importes qu'elels fêtes. On se donne un peu de temps pour assister aux diverses représentations des fêtes médiévales qui sont assez nombreuses sur le territoire, histoire de renouer avec le passé, les traditions et la bonne bouffe. On rit, on chante, on déambule, bref on s'amuse !

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On court après l'or dans les bois.

L'amanite des Césars (Amanita caesarea) est l'un des champignons les plus recherchés par les fins gourmets bien qu'il ne soit pas très connu. Thermophile elle peut être abondante ou complètement absente pendant une année à cause des température. Il ne faut pas la confondre avec d'autres amanites.

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On va se dégourdir les jambes.

Il ne faut pas craindre le froid automnale, avec un bon équipement les balades en montagne sont un vrai plaisir. Néanmoins quelques précautions sont à prendre : surveiller le temps, consulter la météo, prendre son téléphone, une boussole et une carte, dire à des proches où on va, ne pas s'aventurer dans le brouillard. 

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On va voir les oiseaux migrateurs dans les Dombes.

Le parc ornithologique des Dombes se trouve dans une zone humide, les Dombes, au nord-est de Lyon dans l'Ain. C'est un territoire unique par le quel de nombreuses espèces d'oiseaux transitent pendant leur migration et parfois, s'arrêtent pour passer l'hiver. Les nombreux lacs et la nourriture qu'ils contiennent y sont pour beaucoup. 

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On se transforme en vampire !

Ou pas ... mais on apprend à aimer les chauves-souris, en particulier celles-ci, les renards volants des Philippines (Acerodon jubatus). Pour mettre fin aux idées reçues : non les chauves-souris ne s'accrochent pas dans les cheveux, en Europe elles n'attaquent pas l'Homme pour boire son sang et elles ne sont pas des rongeurs.

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On s'initie à la mycologie.

Et aux plaisirs de la table, à la condition de très bien connaître les espèces récoltées. Avec les champignons il n'y a pas de place pour l'un peu prêt et le doute si on ne veut pas risquer l'hospitalisation voire la mort, même avec certaines espèces couramment consommées. Les sorties avec des connaisseurs sont de rigueurs.

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On apprend à reconnaître nos oiseaux nocturnes.

C'est le bon moment pour écouter les hululements des hiboux et des chouettes. Protégés, les rapaces nocturnes comme le hiboux grand duc (Bubo bubo) et la chouette effraie (Tyto alba) ne sont pas passé loin de la disparition en France. Les superstitions et la méconnaissance ont eu raison de bien d'autres espèces.

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Le mot de la fin.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Mais ce n'est pas tout, les fleurs et les plantes herbacées ne sont pas au mieux de leur forme mais les arbres prennent de beaux feuillages, c'est le moment de découvrir les nombreuses essences qui composent nos forêts à l'aide des feuilles et fruits tombées au sol. Pour le reste, il faudra attendre l'arrivée des sorcières et desdiables le soir d'Halloween pour voir arriver la magie et se faire peur.

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mercredi 21 janvier 2015

Le jardin en Novembre.

PB130109Comme l'indique le titre, j'ai un peu de retard... mais je suis sur la bonne voie pour me mettre à jour, voilà déjà la fin de novembre qui pointe le bout de son nez. La saison a été vraiment belle, plus fraîche qu'octobre ce qui est bien normal, mais aussi bien plus chaude que les autres années. Certains arbres bourgeonnes, de nombreuses plantes sont vertes voire fleuries... la nature est folle ! C'est le bon moment pour récolter les herbes du jardin, avant que les premières gelées ne les abîmes pour de bon. Les pieds laissés nus seront paillés puis abriter du froid et des animaux gourmands comme les chevreuils pour donner l'an prochain d'aussi belles pousses, du moins je l'espère.

Il reste quelques champignons aux douces senteurs qui viennent nous rappeler le temps des cèpes, des girolles et des paniers pleins mais aussi des châtaignes.

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 Ho les belles plantes ! Le gel arrive, il faut vite récolter les aromatiques du jardin au risque de voir leurs feuilles être abîmées par le froid et ne plus être bonnes pour la confection d'infusion.
1 : La menthe verte (Mentha spicata L.) en tisane est tonique et bénéfique pour l'ensemble du système digestif. Elle donne bonne haleine, rafraîchie et est riche en antioxydants.
2 : La mélisse officinale (Melissa officinalis) est à utiliser avec beaucoup de parcimonie. En effet son goût très prononcé peut vite devenir désagréable. Dommage car elle est apaisante, digestive et même antivirale.
3 et 4 : La verveine citronnée (Aloysia citrodora) est aussi nommée verveine du Pérou ou verveine odorante. De saveur douce, elle est utilisée pour ses propriétés sédatives, antifongiques et antispomodiques.

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 Dans un bon panier en châtaignier destiné d'ordinaire aux champignons (que l'on ne trouvent plus en cette saison), les bouquets ont été disposés pour sécher. Ils seront utilisés tout au long de l'hiver.

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Le jardin est presque vide mais on trouve encore de quoi se mettre sous la dent. Choux (1) et oseilles (2) sont légion. Quant aux framboisiers (4), ils font office de refuge pour les chats et les oiseaux. Pour ce qui est de la belle et toxique euphrobe réveille matin (Euphorbia helioscopia (3)), elle a prit possession du reste du potager.

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 La lépiote brun-lilas (Lepiota brunneolilacea) est un champignon toxique voire mortel que l'on rencontre de la fin de l'été à la fin de l'automne, dans les pelouses et les lisières de forêt jusqu'ne moyenne montagne.

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 L'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) que l'on rencontre dans tout l'émisphère Nord et parfois dans les zones du Sud où il a été introduit involontairement par l'Homme. Il en existe 9 sous espèces. Comestible jeune, c'est à partir de lui que dans les années 90 a été synthétisé un nouvel antibiotique.

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 Le noisetier (Corylus) est parfois utilisé pour la confection de baguettes de sourciers, à l'aide d'une fine branche fourchue. Mais le plus souvent c'est dans la fabrication de vannerie qu'on l'emploi, en particulier pour les paniers.

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 1 et 2 : Les coprins chevelus (Coprinus comatus) sortent toujours au même emplacement années après années. Comestible crus ou cuits, il faut très rapidement les consommer au risque de les voir devenir indigestes.
3 et 4 : Voilà un bel inconnu quine va pas sans évoquer le Saint George, champignon prisé. Il est fort à parier qu'il appartient à la famille de ce dernier : les tricholomes.

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 La curiosité des chats est sans limite, que se soit pour découvrir une nouvelle cache pour dormir (Sic le dessus de la chaîne hifi), ou une nouvelle bêtise (faire s'effondre la bibliothèque de la chambre)...

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 Il ne faut pas oublier non plus que ce sont de formidables chasseurs qui régulent les populations de rongeurs dont l'appétit féroce font des ravages dans les gardes-manger et les greniers, en particulier quand ils sont bien remplis.

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 Les mésanges charbonnières (Parus major) sont des oiseaux territoriaux. Ayant un comportement grégaire, elles se réunissent pour se nourrir. Graines, insectes, de baies ou encore de fruits font partis de leur régime alimentaire. De la mésange, on ne dit pasqu'elle chante mais qu'elle zinzinule.

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 Les plantes sont à sécher, les chats "rangés" et presque sages. Le soleil tape fort sur les carreaux... il n'y a rien d'aussi bon je crois. Ces quelques jours de beau temps remplacent aisément dans les mémoires la grisaille et les grosses pluies qui cet été, ont fait tomber bien des sourires.

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