jeudi 8 janvier 2015

Sortie en forêt 50.

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 Les joies de la fin de l'automne. L'air se fait frais, la lumière est incroyable, les promeneurs se font rares et les jours deviennent beaucoup plus court, l'hiver arrive à grand pas. Les animaux prennent des forcesavant d'affronter le froid et la neige qui heureusement se font actuellement rares.

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 Il ne gèle pas encore mais les rosées sont importantes. Elles jouent un rôle important dans l'équilibre naturelle. Elle apparaît le matin, quand la nuit a été froide et que les rayons du soleil pointent le bout de leur nez; alors une fine pellicule d'eau se condense sur la végétation. La croyance populaire lui prête de nombreuses vertus.

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 Les lézards prennent encore un peu le soleil avant de se mettre en hibernation, ce qui ne tardera pas (souvent fin octobre). Ils ne réapparaîtrons qu'à la belle saison, c'est à dire en Avril quand le temps se fait meilleur. 

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On rencontre quelques belles fleurs, soit sur le déclin, soit en devenir. Hormis la dernière, qui est toxique, toutes sont connues pour leurs propriétés médicinales. Citons ainsi la primevère acaule (Primula vulgaris) 1, la vipèrine commune (Echium vulgare L.) 2, le géranium des prés (Geranium pratense) 3 ainsi que l'hellébore fétide (Helleborus foetidus) 4.

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Les châtaignes sont de saison. Appelées marrons quand elles sont proposées dans la rue, elles peuvent être bouillies, grillées ou même glacées. En farine elles servent à préparer l'emblêmatique gâteau de châtaigne.

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Il y a encore quelques champignons, parmi ceux-ci ont peut citer, au milieu de sympathique mais non comestibles hébélomes (?) le strophaire vert-de-gris (Stropharia aeruginosa). Assez courant il se trouve dans les pâturages, sous les feuillus et/ou sous les conifères.

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 Les feuilles de ce pommier sont presque toutes tombées et pourtant il semble vert. Son secret ? De nombreux pieds de guis (European mistletoe). Toxique à haute dose, il est connu depuis l'antiquité pour ses vertus purgatives et diurétiques. Il serait un formidable anti-cancéreux.

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 Autre plante que j'affectionne, le fusain d'Europe (Euonymus europaeus). Le charbon de ce bois a été longtemps utilisé pour réaliser de jolies esquisses. Hautement toxique, on employait ses baies et cosses en décoction pour teindre les cheveux en blond.

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 Une grosse russule, peut être vert-de-girs (Russula aeruginea) gît tristement au sol. Bien que toxique pour les humains, elle fait le bonheur des limaces, des larves de mouches et des sangliers.

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 La forêt est jeune et pour cause, d'important glissements de terrain survenus pendant les inondations de 2002 qui ont touchées la région ont emporté les plus gros arbres. Laissant place aux plus petits, ils sont précieux pour la biodiversités : mousses, champignons, insectes et rongeurs y trouvent refuge.

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 Les aulnes perdent leurs feuilles. Larges, elles changent la composition du sol ce qui convient à très peu de champignons comestibles. Exit donc les cèpes, chanterelles, girolles et trompettes, place aux pleurotes et aux pholiotes du peuplier.

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Au milieu des russules (2) et des non identifiés (4) on peut croiser le dangereux cortinaire couleur de roucou (Cortinarius orellanus) 1 et 3. Assez rare, il pousse dans tout type de milieu, d'août à décembre. Mortel, la mort peut survenir entre 24 heures et trois semaines et il est parfois difficile de l'identifier comme cause du décès.

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 Dans ce coin ici, la forêt se compose de noisetiers, de frênes, d'aulnes et de châtaigniers. Ee est bien peu semblable à celles dans les quelles se trouvent mes coins à champignons.

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 L'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est l'un des champignons le plus courant d'Europe. Il se nourrit sur le bois mort et produit de vastes colonies. Toxique, il partage ses toxines avec l'amanite phalloïde.

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 Les éboulis et glissements de terrain créent de larges ouvertures dans la forêt. On peut aisément observer et photographier la cime des arbres mais attention, un pas de trop et c'estla chute dans le cour d'eau glacé 50 mètres plus bas.

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 Larussule dorée (Russula aurata) est un excellente russule que l'on peut facilement confondre avec la russule hémétique qui cause de sévéres troubles de l'appareil digestif. Mieuxvaut la laisser aux expérts.

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 Il est bien triste mon panier qui, avec son lit de fougère, attend une récolte qui ne viendra pas. Nous ne sommes hélas pas en Corrèze où la poussé des cèpes est extraordinaire !

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 Il faut se consoler avec la beauté du torrent de montagne qui n'est accessible qu'apèrs une petit demie heure de marche. Les eaux froides et turbulentes ont, au fils des années, transformé cette forêt de feuillus à tendance mixte en une sorte de forêt luxuriante où fougères et autres mousses évoquent les tropiques.

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 Le grand tilleul dispense toujours sa large ombre qui n'est plus nécessaire. Bientôt, il sera aussi nu qu'un ver et le lichen coloré de son ecroce donnera un contraste saisissant avec la neige immaculée.

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La succise des prés (Succisa pratensis) est sur la fin de sa floraison. Il fait un superbe sujet de photographie. Appartenant à la famille de la campanule, on la nome aussi mors du Diable. On peut la croiser jusqu'à 2400 m d'altittude.

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 Elle est l'hôte de la chenilledu Damier de la succise, un très beau papillon qui temps à disparaître et qui fait l'objet de statu de protection (l'espèce est classée comme vulnérable). La destruction de son habitat serait en cause.

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 Ce milieu est idéal pour rencontrer des chevreuils ce qui arrive fort souvent. Des bois denses et ombragés pour évoluer en toute discrétion, des pâturages à l'herbe grasse, la présence de sources nombreuses, des taillis épais pour mettre bas et dormir... que demander de plus ? Voilà de quoi faire une belel sortie même si le fond de l'air devient de plus en plus frais.

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mercredi 12 novembre 2014

Le jardin en Octobre.

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Octobre a été doux et beau, et ce n'est pas pour rien qu'il est l'un de mes mois adoré. Malgré quelques grosses averses, c'est un véritable été indien au quel nous avons eu droit. Chaleur, lumière rasante de l'automne, animaux de sortie, feuillages rouges et dorés des arbres, il n'en fallait pas plus pour sortir l'appareil photo.

Le beau temps m'a aussi fait déserter le web pendant quelques temps. Me revoilà donc avec une flopée d'articles : montagne, forêt et jardin, il y en a pour tous les goûts. Et même pour les sudistes, quelques photos des champs de lavandes et des chênes truffiers devraient faire leur apparition.
L'été indien est fini, place au temps gris, au froid, aux feuilles mortes, aux derniers orages et à la pluie...

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 Petit passage par la cuisine. Les récoltes ont été bonne, pommes, poires, girolles, cèpes, columelles, noix, noisettes.... chez nous pas de disette. Un peu de beurre, un peu de crème, un peu de sucre et le tour est joué.

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 L'hortensia (Hydrangea macrophylla) est un arbuste à fleur originaire du Japon. C'est une plante ornementale rependue dans les jardins. En fonction du sol les fleurs sont roses (sol acide) ou bleues (sol basique). 

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Une jolie faisane d'élevage est venue se réfugier dans le jardin. On compte en tout et pour tout une trentaine de sous-espèces de ces oiseaux à travers le monde. C'est un gibier prisé, aussi bien pour sa chair que pour les jolies plumes qui ornent le mâle. On estime que Rhône Alpes est une des régions de France où l'on croise le moins ce bel animal ce qui explique les nombreux lâchés.

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 Les jours se font cours. 

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 Le fusain du Japon (Euonymus japonicus) est un bel arbrisseau aux feuilles marginées qui trouve aisément sa place parmi les massifs de fleurs. Sont feuillage persistant dure toute l'année.

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 Les jours sont donc courts mais aussi très gris. À charge de revanche il y a beaucoup à faire dans la maison et le temps passe plus vite qu'on aimerai. C'est aussi le moment parfait pour passer en revue notre troupe de charmants et bruyants poilus.

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 Les chats domestiques (Felis silvestris catus) se rencontrent sur tous les continents. Parfois devenus sauvages (chats harets), ilspeuventalors représenter un danger pour la faune sauvage : destruction d'spèces locales (oiseaux, rongeurs etc.), hybridation avec des espèces félines sauvage (le chat sauvage européen par exemple : Felis silvestris silvestris). Mais nos doux compagnons ne représentent un danger actuellement que pour les mulots et rats du jardins et aussi pour le canapé neuf. Don't panic.

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 D'après les dernières études menées, le chat domestique comme nous le connaissons (et qui regroupe une soixantaine d'espèces reconnues et définies), serait issue du chat africain. Vénéré par les égyptiens sous les traits de la déesse chat Bastet, i aura longtemps une mauvaise réputation en Europe. En Afrique il est souvent chassé des foyers car il lui arrive de ramener des serpents encore vivants ... chose à la quelle nous avons eu droit avec notre teigne Khéops l'été dernier.

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 On oubli trop souvent que le chat possède de véritables superspouvoirs, en dehors de son agilité, de sa patience ou encore de sa rapidité. Il peut goûter les odeurs avec son odorat grâce à l'organe de Jacobson et presque toujours retomber sur ces pattes grâce à l'organe vestibulaire. Un véritable ninja.

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  Aujourd'hui le chat domestique est en passe de détrôner le chien dans le coeur des Français. On compte plus de 10 000 000 dans les foyers français. Son indépendance, ses soins de moindre coût, sa sociabilité et sa petite taille en font un compagnon de choix.

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La pâquerette vivace (Bellis perennis) est une plante commune, en particulier dans notre pelouse. Cette vivace est utilisée en médecine populaire pour soigner l'hypertension, soulager les poitrines douloureuses ou les baisses d'énergie. On peut la voir fleurir presque toute l'année.

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 La vigne-vierge à trois pointes (Parthenocissus tricuspidata) pare la maison de jolies teintes rouges et or. Cette vigne vierge originaire de l'Asie (en particulier Chine, Japon et Corée) est la plus résistante de toutes et ne craint pas les températures qui descendent au dessous du zéros.

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 Des nuées d'étourneaux, suivit par les grands corbeaux se régalent des noix qui nous n'avons pas eux le temps de récolter. Leur plumage terne de loin, flamboyant de près leur permet de se dissimuler. Sur cette photos, on peut facilement les confondre avec les feuilles mortes des noyers.

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 Que le jardin est beaux ! Choux, poireaux, framboises tardives et même courgettes.
Les soupes et les tartes n'en sont que meilleures. 

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 La menthe (mentha) fait grise mine. C'est une plante connue un peu partout à travers le monde pour ces très nombreuses qualités, tant gustatives que médicinales. On la connait notemment pour ses propriétés stomachiques: elle ouvre l'appétit, soigne les maux d'estomacs et apaise les brûlures de celui-ci.

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 Beau noyer commun (Juglans regia L.) ! Arbre vénérable ! (oui je suis à fond) ... chez nous la noix de Grenoble, c'est notre fierté. Celle-ci permit à la région Dauphinoise de connaître un bel essor économique mais aussi de pallier à la disparition des arbres fruitiers au XVIIIe siècle à cause de nombreuses maladies dans la région.
Moi chauvine ? Jamais !

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 Une abeille ? une guêpe ? Rien de tout cela mais un imposteur (ou un nain posteur...j'ai mangé un clown ce soir ...) et il n'est pas le seul. Nombreux sont les insectes en particuliers les mouches à immiter les rayures des insectes à dards pour faire fuir les prédateurs potentiels et butiner en toute tranquillité. 

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 Autre délice, la noisette, furit du noisetier commun (Corylus avellana). Chez nous, nous en avons de toutes les formes et provoque la convoitise chez les oiseaux, les écureuils et ... les promeneurs (grrrr !). L'amande est riche en vitamines et en divers nutriments ce qui en fait un aliment de choix. La France est le 9e pays producteur au monde de noisettes avec loin devant la Turquie et l'Italie.

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 La maison est vieille et a connu bien des vies d'hommes comme le rappel ces plaques qui font le charme des portes de l'ancienne écurie. Elle est devenue le repaire de mes deux arsouilles de frangins.

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 Mycologie :science étudiant les champignons, des oomycètes et des myxomicètes. Mentionné sous l'antiquité, elle ne prend forme que véritablement au XVIe siècle avec Hermolaus Barbalos, grand humaniste, scientifique et homme de science italien.

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 La balsamine de Balfour ou petite impatiente de l'Himalaya (Impatiens balfourii) a conquit le jardin. Cette plante à la particularité de voir sa gousse exploser quand elle est à maturité pour laisser s'échapper ses graines. En milieu sauvage c'est une invasive.

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 En voilà un qui n'a pas trouvé la sonnette est qui vient directement frapper à la porte ! Quel effronté !
Peut-être a-t-il eu peur de finir en hors d'oeuvre de manière un peu prématuré.

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 Une petite pause s'impose !

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 L'automne et ses bouquets! Fusain d'Europe, fougères aigles, branches de noisetiers,
chat malicieux et roses de mon amoureux viennent égailler le salon. 

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 Place au land art. Les feuilles et les derniers fruits tombent, il fait frais mais la lumière du dehors est magnifique... tous les ingrédients sont là pour laisser parler l'imagination. Ludique et artistique, le land art est un moyen superbe d'initier les enfants à la nature par le jeu et qui plus est, il peut se pratiquer toute l'année, aussi bien en intérieur qu'en extérieur.

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  Quelques pommes tombées ? Voilà un cour de géométrie improvisé. Une fois la création finie,
les chevaux voisins auront le droit au plus beau des repas de fête.

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 Quelques battons et voilà une présentation originale des droites et des parallèles.

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Et pour finir, quelques vagues, courbes et autres cercles.
Voilà en somme le résumé d'octobre.

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mardi 28 octobre 2014

Les jardins de Bourgoin Jallieu.

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Bourgoin Jallieu est une ville tranquille connue pour être une terre de rugby. Mais elle aussi riche en espaces verts et regorge de coins fleuris.

A l'origine la ville était en réalité 2 villages distincts qui depuis ont été réunifié:

Bourgoin: tiendrait son nom du terme gaulois "Bergusia" qui signifie sommet ou "haut du mont". Dominé au IVe siècle par le royaume de Bourgogne auquel il est rattaché avec Jallieu et Ruy, ce n'est qu'en 1282 il est rattaché au Dauphiné. Les bourgs se font connaître pour leurs savoir faire dans l'utilisation du... chanvre! 

Jallieu: nommé Jaliacum au XIIe siècle, il viendrait du terme gallo-romain "Galliacu" qui serait un nom désignant celui d'un chef celte local et le territoire lui appartenant.

Devenus prospères, les deux bourgades vont connaître une succession de malheurs avec en 1450 le transfère du tribunal par le futur roi Louis XI puis par les razzias menées lors des guerres de religions au XVIe siècle et enfin par les grandes inondations des années 1637, 1653 et 1673 aux quelles s'ajoutent les épidémies de peste en 1628 et 1643. Y a pas à dire, la vie des berjelliens de l'époque n'est pas vraiment rose. Fort heureusement la ville tire vite profit de sa situation géographique pour retrouver de sa superbe.

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On compte en moyenne 30m² d'espace vert par habitant ce qui place Bourgoin Jallieu parmi les villes les plus vertes des France, en particulier si on ajoute à cela les aménagements écologiques de la ville mais nous y reviendrons.

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Le jardin de ville:

C'est un jardin à la française qui, je dois l'avouer et un petit peu abandonné sur ces hauteurs ce qui lui donne un charme tout particulier. Il y a encore peu il abritait des nombreux animaux (daims, cerfs...). Aujourd'hui on peut encore voir quelques chèvres à la face bien particulière derrière les grillages défoncés. Au sommet, un belvedère entouré de hauts chênes donne une vue imprenable sur l'ensemble de la ville. Un chemin en lacet permet de redescendre derrière la gare et de traverser des espaces joliment boisés.

Cet espace vert créé par Robert Belmont figure parmi les plus anciens de la ville. La conception géométrique donne vue sur les deux statues représentants Diane et Faune entourés de nymphes. En son centre, une fontaine tarie depuis de nombreuses années. Sauges, anémones, papyrus et bien d'autres plantes exotiques ou non s'y épanouissent. Autrefois, ce jardin était privé et appartenait à la propriété des Buisson-De-Launay, une ancienne famille seigneuriale dont est issu un des maires de la ville, François-Joseph Buisson, de 1836 à 1867 et qui fît prospérer la ville et sa famille avec l'essort économique du XIXe siècle.

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Que peut on voir et parfois ramasser en ce moment dans le parc? Beaucoup de choses: de belles amanites blanches (attention toxiques!), des merles et des rouges gorges, des iris sauvages en graines, des châtaignes à griller au four, des pommes de pin pour décorer l'arbre de noël, des glands qui font le bonheur des écureuils et pourquoi pas, apercevoir quelques malicieuses fées qui ont élues domicile dans les fourrés.

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La balade se poursuit dans le centre ville. De nombreux monuments anciens peuvent être visités et le musée "Histoire et techniques de l'impression sur étoffe" se ferra un plaisir de vous acceuillir, même si dit comme ça, il est vrai que ce n'est pas très vendeur (pourtant il vaut le détour).

 

Au croisement de deux petites ruelles, on peut tomber sur la fontaine de Genin (voir photos ci-dessous). Sur la plaque murale de celle-ci on peut lire: 

"Place du chateau subsiste cette fontaine en pierre de Volvic, roche volcanique friable, offerte à la ville en 1873 par Auguste Genin. Réplique exacte d'une fontaine à Riom, datant du XVIIème siècle, elle porte les armoiries de la ville "d'azur à trois croissants montant d'argent au chef d'or chargé d'un dauphin d'azur. Un verset de la Bible gravée en latin "De torrente in viva bibet" (il boira au torrent, en chemin) peut faire penser à une allusion au promoteur des fontaines publiques de l'époque, M. Thorand."

 

Il est également noté:
"Auguste Genin (1810-1889), né à Bourgoin, avocat pionnier de l'industrie, ferra aussi construire le chateau de Theyzieu et aménager celui du Petit Mont à Rozière.

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Les trois églises de Bourgoin: 

"Sur cette place agrandie au fil du temps, il eu trois églises. La première de style roman, bordée d'un cimetière, remonte au XIIème siècle. En 1793 elle devient le "Temple de la raison" et le siège des sans-culottes et ne sera rendue au culte qu'en 1796. En 1828, la construction d'une nouvelle église est décidée, sur une propriété de la famille Rosière. Achevée en 1832 mais mal conçue elle est abandonnée au profil de l'église actuelle.

L'église Saint Jean-Baptiste construite de 1866 à 1874 sur le modèle de celle de Voiron, en vogue à l'époque. Élevée à l'emplacement du vieux quartier Cachipan et pouvant acceuillir 3000 personnes sur une superficie de 1000m², elle consacrée le 14 novembre 1874."

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Les zones humides et les chemins de promenades:

La ville est entourée de nombreuses zones humides et souvent protégées. A titre d'exemple, le nouvel hôpital de ville est construit sur un marais! Pour mieux les découvrir, de nombreux chemins de promenade et de randonnée ont été aménagés avec bien souvent, quelques panneaux didactiques. Sur le site de la ville on peut lire: 

"Par leur richesse en habitats et en espèces, leur rôle d’infrastructure naturelle, leur place comme support d’activités et cadre de vie de qualité, les zones humides sont des espaces à forts enjeux écologique, économique et social."

Un rôle biologique

  • Elles participent au maintien ou à l’amélioration de la qualité des rivières.
  • Elles favorisent la protection des ressources en eau potable.
  • Elles favorisent la dégradation et l’absorption par les végétaux des nitrates.
Un rôle socio-économique

Dans la prévention des risques naturels (inondations), en stockant de grandes quantités d’eau elles diminuent l’intensité des crues et soutiennent les débits en période de sécheresse. Elles alimentent les nappes phréatiques en retenant l’eau et en permettant son infiltration. Elles constituent un patrimoine culturel et paysager (assurent les fonctions vitales pour beaucoup d’espèces végétales et animales, qui trouvent là, ressources alimentaires, lieux de vie pour la reproduction, abris, refuges, pour les oiseaux). Cependant, on observe une banalisation et une régression importante de ces milieux par la modification de leur fonctionnement et leur grignotage par les activités humaines. Dans le bassin de la Bourbre, les zones humides sont de grande importance. Le S.A.G.E. (http://www.gesteau.eaufrance.fr/sage/sage.phpa) , entre autre pour mission, de les identifier et de les protéger afin de stopper leur disparition et inverser cette tendance.

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(de gauche à droite: grande prêle, ragondin albinos, libelluleà lunette, renouée du japon)

Protection des mares

La commune de Bourgoin-Jallieu participe à la campagne sur la protection des mares en Isère.
C’est dans ce cadre que la mare de Montbernier, ainsi que de la mare de Charbonnières et l’étang du Loup  ont fait l’objet de mesures de sauvegarde et se retrouve désormais dans un environnement préservé.

La mare de Montbernier

Devenue « mare pédagogique », elle est ouverte aux écoles et entretenue en collaboration avec les associations locales (Anim’montbernier) et de protection de la nature (Société des sciences naturelles) ainsi que les habitants du quartier.

La mare  se situe sur le parcours d'un ruisseau qui longe le chemin de Montbernier et qui est alimenté par l'étang du Loup lorsque ce dernier déborde. Il s'agit d'un espace d'environ 200 à 300 m² où l'on trouve une végétation et un sol typique des zones humides.

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Quel est l'intéret biologique de la mare  ?

  • Zone humide, le développement des différentes espèces sera facile et rapide.
  • Les alentours regroupent diverses espèces d'intérêt patrimonial : pipistrelle commune, héron cendré, cigogne blanche, busard St Martin, hirondelle de fenêtre, rousserolle verderolle, grive litorne, couleuvres, vipères aspic, grenouille rousse...et en flore : fougère des marais, renoncule scélérate, listère à feuille ovale...
  • Abreuvoir pour les animaux sauvages (chevreuils, sangliers...)
  • Alentours relativement peu exploités jusqu'au chemin du Grasset qui pourraient permettre l'aménagement d'un corridor biologique entre les étangs du Loup et de Rosière.
  • Site de reproduction privilégié pour de nombreux amphibiens dont certains sont vulnérables ou en danger au niveau européen.
  • Les fonctions régulatrices et épuratrices de la future mare permettront de maîtriser le ruissellement pluvial.

 

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L'intéret hydraulique ...

  • Valorisation de cette zone humide qui tend à s'urbaniser et à s'assécher.
  • Apport d'eau propre par l'étang du Loup relativement fréquemment. Peut-être aussi par la nappe du coteau de Montbernier.
  • Eaux pluviales des habitants en amont
  • Volonté de prévention des crues dont l'agglomération berjallienne a déjà été victime à deux reprises.
  • Recueil des éventuels effluents routiers.

 

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L'intéret paysager ... 

  • Zone verte inexploitée entre habitations néo-rurales et terrains agricoles.
  • Cadre rural entre ombre et clarté
  • Zone semi-ouverte à végétation typique des milieux humides, elle constitue un patrimoine qui pourrait compenser la régression importante de ces milieux par les activités humaines.

 

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L'intéret pédagogique ...

  • Proximité avec l'école de Montbernier en particulier et accès relativement aisé aux autres écoles de la ville en général.
  • Zone située sur le passage des sentiers pédestres balisés, entre le bois de la Casse et l'étang de Rosière.
  • Une association de quartier dynamique, mobilisée pour la création et la protection de cette mare.

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 La renouée du Japon (1 et 2) et le houblon (3 et 4) décorent les bords des ruisseaux et des chemins pour le plus grand plaisir des promeneurs. Ce sont deux plantes comestibles et médicinales. 

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"Né à Jallieu en 1744, avocat, maire de BOURGOIN à 24 ans, député du Tiers Etat à Romans, il fonda à Lyon un journal patriotique "Le Courrier de Lyon", aux idées fort avancées. 
    Second officier municipal de Lyon, il eut à remplir ses fonctions pendant la redoutable période de 1790 à 1792. C'est là qu'il fit la connaissance de Roland de la Platière et devint son premier commis quand Roland fut nommé au Ministère de l'Intérieur.

   A la chute des Girondins, il fut emprisonné et passa treize mois en captivité. La Révolution du 9 thermidor l'arracha à l'échafaud et il devint secrétaire général du ministre de l'intérieur et plus tard juge à la cour d'appel de Grenoble. A sa mort, en 1807, il voulut être enterré dans sa propriété au-dessus de l'étang de Rosière, dans un bosquet solitaire, comme Rousseau l'avait fait à Ermenonville, dans son "île aux peupliers".

   De nos jours, on peut découvrir la tombe de Luc-Antoine de Champagneux, intacte, au milieu d'un coteau, dans les bois de l'étang de Rosière.    Né à Jallieu en 1744, avocat, maire de BOURGOIN à 24 ans, député du Tiers Etat à Romans, il fonda à Lyon un journal patriotique "Le Courrier de Lyon", aux idées fort avancées.  Second officier municipal de Lyon, il eut à remplir ses fonctions pendant la redoutable période de 1790 à 1792. C'est là qu'il fit la connaissance de Roland de la Platière et devint son premier commis quand Roland fut nommé au Ministère de l'Intérieur. 

 A la chute des Girondins, il fut emprisonné et passa treize mois en captivité. La Révolution du 9 thermidor l'arracha à l'échafaud et il devint secrétaire général du ministre de l'intérieur et plus tard juge à la cour d'appel de Grenoble. A sa mort, en 1807, il voulut être enterré dans sa propriété au-dessus de l'étang de Rosière, dans un bosquet solitaire, comme Rousseau l'avait fait à Ermenonville, dans son "île aux peupliers". 

De nos jours, on peut découvrir la tombe de Luc-Antoine de Champagneux, intacte, au milieu d'un coteau, dans les bois de l'étang de Rosière.

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Le lac de la Rosière

"Au départ de l'étang de Rosière, ce circuit franchit les collines dominant Ruy et Bourgoin-Jallieu. Il concilie nature et histoire par la zone humide du Loudon, ses sous-bois et ses châteaux. Il est idéal pour la balade en VTT.

Le cadre est très vert avec des alternances ombragées et non ombragées. Prévoir de bonnes chaussures car le dénivelé peut être important. Le parcours le plus long est de 13 km.

Quatre châteaux se succèdent le long du parcours : Thézieu, Petit Mont (ex. château de la Pollardière), Rosière et Champfort. Ces lieux sont chargés d'histoire avec des visiteurs illustres tel que Jean-Jacques Rousseau qui se promenait à Rosière pour élaborer son herbier. Son ami, M. Luc Donin de Rosière de Champagneux, maire de Bourgoin, député du Tiers-État a été le témoin de son mariage en 1768. Il repose aujourd'hui au cœur de son ancienne propriété (sa tombe se situe près du parcours). 

Le Château de Thézieu né en 1880 de l'imagination d'Auguste Genin, avocat et exploitant d'usines à gaz.Sur les tourelles sont gravés les noms de ses deux épouses et les gargouilles représentent des animaux ainsi que certaines personnes, que dit-on, il n'appréciait guère.  A l'écart du château se dresse la " Tour des Morts " ou " Tour des Maures " en souvenir d'une soixantaine de squelettes découverts pendant les travaux de terrassement.

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Tout comme Jean-Jacques Rousseau, vous traverserez avec plaisir la zone humide du Loudon qu'il faut absolument préserver.

N'hésitez pas à vous arrêter pour observer la faune et la flore qui sont, à Rosière, particulièrement riches (fleurs, arbres, écureuils, batraciens, insectes, ânes, oies, chevaux...).

Listère à feuilles ovales : Cette orchidée est entièrement verte. Elle pousse à mi-ombre sous les bois. En évitant de la ramasser, elle pourra fleurir pendant plus de 20 ans.
Grenouille Rousse : Au printemps, elle quitte la forêt pour pondre ses œufs dans les mares et les étangs.
Blaireau : Le blaireau est un mammifère nocturne qui se nourrit de vers de terre et vit en communauté. Il creuse des terriers bien cachés pour y élever ses petits."

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Le chèvrefeuille des haies, Lonicera xylosteum, est en fleur. Très utilisé dans la pharmacopé populaire, ses baies sont vomitives. On l'employait en médecine des signatures pour soigner les fractures en raison de sa ressemblance suposée avec des os.

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Voici la henille de la Pudibonde, un joli papillon de nuit timide qui s’effarouche quand on l'approche d'où son nom.  Il est aussi terne que la chenille est colorée et possède même du poil aux pattes. On le croise partout en France de mai à juin, jusqu'à 1000 mètres d’altitude. La chenille se nourrit de feuilles et n'est pas très difficile, on peut la  voir festoyer aussi bien sur un noisetier qu'un châtaignier, une ronce ou un chêne

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Voilà une courte présentation de ce petit séjour sur Bourgoin Jallieu pour le travail.
Il y a bien d'autres parcs à voir comme celui des Lilas ou celui de la médiathèque.
Bourgoin est une ville agréable qui regorge de beaux lieux et surtout, de magasins (amen!) où il fait bon vivre.

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Mes sources:

Wikipédia

Le site officiel de la Ville

Luc de Champagneux

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jeudi 23 octobre 2014

Champignons et poisons.

 Otto Marseus van Schriek (peinture)

Bientôt ce sera le grand soir Halloween et pour fêter cette soirée comme il se doit, voilà un article à vous glacer le sang sur les douces empoisonneuses que sont certaines amanites et leurs confrères champignons. Vous trouverez à la fin de l'article toutes mes sources et en survolant avec la souris les tableaux, les noms de leurs peintres respectifs. 

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Les champignons, c'est un petit peu ma passion, aussi bien dans l'assiette, dans les bois, dans le panier ou dans l'histoire. Et ce soir c'est sur ce dernier point que je vais vous parler d'eux, plus particulièrement de ceux qui ont une funeste réputation: les champignons empoisonneurs.

Si bon nombre de champignons sont indigestes voir toxiques crus ou cuits, ils ne sont que quelques uns à être mortels mais suffisamment pour provoques plusieurs décès en France et de par le monde chaque années. Et cela l'homme là bien comprit. Dès l'antiquité il entre dans le kit du petit chimiste ou de la parfaite empoisonneuse.

 Clément VII (1478-1534) Peintre inconnu.

 La reine des empoisonneuses, l'amanite phalloïde.

Appelée "Calisse de la Mort", c'est en générale à ce champignon que sont imputés la plupart des décès par intoxication aux champignons. Amanita phalloides se rencontre sous les feuillus, généralement sous les hêtres, les charmes, les noisetiers, les bouleaux ou les chênes un peu partout en Europe. Elle survient après la pluie, de la fin de l'été à celle de l'automne. A sa sortie du sol elle ressemble à un oeuf blanc puis prend sa couleur verte peu à peu. Son odeur sucrée et suave devient alors désagréable et écoeurante.

30 grammes d'amanite phalloïde sont suffisants pour tuer un être humain. Ce sont le foie et les reins qui sont touchés et de manière souvent irrémédiable. Sa chair excellente et la durée à partir de la quelle on sent les premiers effets (six à douze heures) la rendre redoutable. Rajoutons à cela les différentes couleurs et formes qu'elle peut prendre et qui peuvent facilement la rendre confusible avec d'autres espèces. 

 Les premiers symptômes se manifestent de manière brusque : douleurs abdominales, vomissements et coliques sont les signes avant coureurs. Le foie commence à se nécroses, le comportement change, les système nerveux et sanguin deviennent défaillants. Il faudra attendre entre six et quatorze jours pour que le décès survienne par arrêt cardiaque. Officiellement il n'existe pas de remède propre pour neutraliser les toxines incriminées dans les défaillances de l'organisme, seul un mélange de médicaments permet d'arrêter les phallotoxines.

L'amanite phaloïde à travers l'histoire.

Nombreux sont les crimes d'états ou passionnelles dont elle est responsable qui sont pour la plupart devenus célèbres.

- Parmi ceux-ci ont compte le plus connu de tous, celui de Claudus, marié alors à sa nièce, la terrible Agrippine présentée comme une femme assoiffée de pouvoir et incestueuse (mère de Néron). Bien que les avis des historiens divergent, il semblerait que son épouse, avec la complicité de l'empoisoneuse gauloise Locuste et du goûteur de l'empreur Halotus, qui l'ait empoisonnée en faisant placer dans son plat préféré, un ragoût d'amanites des Césars (leur nom n'est pas anodin), quelques amanites mortelles. Claudus après une rapide agonie s'éteint le matin du 13 octobre 54, empoisonné de rechef par son médecin Xénophon. "A la mort de Claude, Néron fut immédiatement proclamé empereur. Mais Britannicus gênait Néron qui le fit supprimer de la même façon que son père.."

- Aujourd'hui encore on ne sait pas très bien si le Pape Clément VII fût victime d'une intoxication alimentaire ou d'un crime. Grand gourmand, il allât jusqu'à interdire la cueillette de champignons autour du palais. C'est dans ce dernier qu'il s'éteint le 25 septembre 1534 après 5 mois de souffrance. La encore des amanites phalloïdes auraient été ajoutées à un plat de champignon et bien qu'elles ne causèrent pas la mort du Pape, elles en accentuèrent la maladie qui l'emporta. Ennemi des protestants et des Anglais, on ne connaîtra jamais le fin de mot de l'histoire sur ce décès.

Natalia Kirillovna Narychkina fût tsarine de 1671 à 1676. On la connaît pour avoir été la mère de Pierre le Grand et pour avoir ramméné le théâtre et la culture dans la capitale. On pense qu'elle aurait consommée en nombre des champignons saumurés avant de mourir et l'évocation de symptômes phalloïdiens attesterait de la piste criminelle, tout comme le contexte politique de l'époque.

Charles VI connu une fin douloureuse et tragique après une ingestion de champignons. Il mouru dix jours plutards en présentant lui aussi les symptômes phalloïdiens. Sa mort produira la Guerre de Succesion d'Autriche au sujet de la quelle Voltaire écrira en 1759 dans Mémoires "Ce plat de champignons changea la destinée de l’Europe". 

- Le drame de Saint Louis de Villenave d'Ornon : le 9 octobre 1884 survient une hécatombe terrible. Ce sont pas moins de quinze jeunes âgés de 10 à 18 ans qui sont empoisonnés dans ce petit orphelinat. Onze d'entre eux périront. C'est la cuisinière, la religieuse soeur brigitte qui par méconnaissance des champignons ajouta par mégarde une poignée d'amanites phalloïdes à une poêlée de bolets et des russules. Mais cette histoire ne défraye pas tant la chronique car pour l'époque, l'empoisonnement par confusion reste courant et on compte cette année là pas moins d'une centaines de décès pour les mêmes raison dans le sud-ouest de la France. Le drame aurait pu être évité si la religieuse n'aurait pas cédé à la croyance populaire :"pour savoir si un champignon était bon ou mauvais : [on] faisait bouillir les espèces dans de l’eau avec une pièce de monnaie en argent. Si elle restait intacte, le test s’avérait concluant, et c’est ce qui arriva".

- C'est en 1918, peut avant la fin de la Grande Guerre que fût arrêté Henri Girard. Cet assureur se rendit célèbre pour avoir empoisonner un certain nombre de ses amis avec des amanites phalloïdes pour empocher leurs primes d'assurances, avec l'aide de sa femem et de sa maîtresse. On peut en déduire que ses promenades en forêt de Rambouillet n'étaient pas si innocentes qu'il aimait le faire penser. Mais certains de ses proches survécurent et la police fût vite alertée. Comble de l'ironie, notre ami Henri semblait avoir raté son dernier coup après la lecture d'un livre de mycologie où par erreur il était indiqué que l'amanite citrine pouvait se montrer aussi dangereuse que sa proche parente la phalloïde. Tout assassin qu'il fût, il termina guillotiné, ses complices fûrent emprisonnées à vie.

L'amanite phalloïde peut être entièrement blanche ce qui explique le risque de confusion. Sa proche cousine l'amanite vireuse (amanita virosa) appelée ange de la mort (brrrrr !) est toute aussi dangereuse.

Jules Vignon (1815-1885) Néron et Locuste essayant un poison sur un esclave (Musée Georges de la Tour Vic/Seille 57)

 Un puissant hallucinogène, l'amanite tue-mouche.

L'amanite tue-mouche est mon champignon fétiche. Il est connu pour être un puissant hallucinogène (je vous en parle ici). On rencontre Amanita muscaria presque partout dans l'hémispère Nord, à l'automne aussi bien sous les les connifères que les feuillus mais son arbre hôte par excellence reste le bouleau. On la reconnaît facillement à son chapeau rouge, ses pustulles blancs tout comme ses lamelles, son pied, sa volve et son anneau. 

L'empoisonnement par amanite tue-mouche résulte le plus souvent d'un accident : soit elle est confondue avec l'excellente amanite des Césars, soit par son ingestion volontaire pour ses effets hallucinogènes. On estime qu'il faut consommer une quinzaine de chapeaux pour provoquer la mort et encore, avec les techniques modernes il est facile de soigner les malades. C'est la muscarine qui a longtemps été incriminée pour les maux imprévisibles provoqués par la consommation de champignon : nausées, douleurs abdominales, confusion, hallucinations, folie passagère, sudation, hypersalivation, distortion visuelle, bourdonnement, euphorie et parfois, coma. Aujourd'hui les recherches tendent à prouver que les molécules responsables de ces états seraient la muscimole et l'acide iboténique.

L'amanite tue-mouche à travers l'histoire.

Il semblerait donc que sa réputation de tueuse (de mouche) soit quelque peut surfaite. Néanmoins on ne peut lui enlever le fait qu'elle ait déjà causé certains décés (dont un exemple est cité plus bas). Je n'évoquerais pas tout les autres champignons que vous pouvez retrouver dans le lien posté plus haut et que je vous redonne ici.

- En 1893 le comte de Vecchi, dilômate italien dont les descendants s'illustrerons pendant la Grande Guerre décéde en visite à New York suite à la consommation d'un plat à base d'amanites tue-mouches. On raconte qu'il en découvrit une bonne demi-douzaine au court d'une promenade sur le nouveau continent et qu'heureux de sa trouvaille, il se les fît servir. La malheureux succomberat après avoir eu de terribles convultions. 

Nature morte de Renate Heidersdor (Canada)

 Le bolet pernicieux, un diable aux couleurs flamboyantes.

 Le bolet pernicieux, Boletus perniciosus N. en latin, n'existe pas en tant qu'espèce distincte mais regroupe plusieurs genres de bolets présentant une mousse rouge ou jaune et souvent un goût amer. Ce terme était utilisé par les naturalistes jusqu'au milieux du XIXe siècle. Joseph Roques le décrit en 1832 comme une "plante" vénéneuse courante en automne dans les forêts de conifères d'Europe et alentours à la ville de Paris.

Il cite également quelques exemple d'empoisonnements avec ce champignon et où, il a pu rencontrer ou voir les patients l'ayant consommé. Les effets sont divers et variés, parfois anodins, parfois mortels.On peut présumer ici que le bolet incriminé et en réalité le bolet Satan (Boletus satanas) et les espèces qui en sont proches visuellement.

Le bolet pernicieux à travers l'histoire.

- Au XVIIIe siècles deux jeunes médecins, Pouget et Pourcharmant, s'abandonne à des expériences sur ces chiens et des chats en leur administrant des extraits de ce champignon à travers leur nourriture. Si les chiens se montrent résistant, notamment l'un d'eux nommé Mithridate (en hommage au personnage principale de la tragédie du mêle nom de Racine) qui résistât même aux administrations d'amanite tue-mouche et d'amanite phalloïde, les chats s'y montre plus sensible en particulier les chatons qui décèdent en moins de 24 heures en présentant des tâches sur les intestins.

- Joseph Roques fait également référence au même siècle d'un jeune chirurgien, devenu son patient, qui par confusion avec un cèpe noble aurait consommé un bolet pernicieux. S'en suivit de fortes chaleurs, des brûlures de l'appareil digestif, des ballonnements, des spasmes et des douleurs abdominales. Après plusieurs lavements par l'utilisation d'eau sucrée, d'huile et de graines d'opium le jeune homme pu retrouver la santé.

- Enfin, le professeur Delle Chiaje traite du cas d'un noble chevalier dont il taira le nom et de son domestique, tous deux ayant mangé en salade de jeunes bolets pernicieux. Le maître malade s'assoupit durablement, son corps se couvrir de pustules, son estomac et ses intestins se gangrenèrent. Le domestique lui n'eu que quelques mots d'estomac.

 Carsten Höller Courtesy The Center of Contemporary Culture Garage

 Quelques champignons mortels.

Bien qu'ils soient peu nombreux, il reste important de connaître leurs noms, leurs effets et surtout leurs apparences qui peuvent être diverses et variées. En voici les principaux : 

Amanite phalloïde (Amanita phalloides)
Amanite printanière (Amanita verna)
Amanite proche (Amanita proxima)
Amanite vireuse (Amanita virosa)
Cortinaire couleur de roucou (Cortinarius orellanus)
Lépiote brûnatre (Lepiota helveola)
Gyromitre dit comestible (Gyromitra esculenta)
Paxile enroulé (Paxilus involutus)
Tricholome équestre (Tricholoma flavovirens)
Cortinaire très joli (Cortinarius speciosissimus)
Galère d'automne (Galerina autumnalis)
Galère marginée (Galerina marginata)
Lépiote brun-incarnat (Lepiota bruneoincarnata)
Lépiote de Josserand (Lepiota josserandii)
Lépiote brun lilacin (Lepiota bruneolilacina)
Pézise étoilée (Sarcosphaera coronaria)

 

 Sources :

Science et avenir : "Champignons : l'empoisonneuse avait un goût exquis"

"Guide de l'amateur de champignons ou précis de l'histoire des champignons..." par François-Simon Cordier.

Mycolocomines : "Les champignons dans l'histoire"

"Connaître, cueillir et cuisiner les champignons sauvages du Québéc" par Yves Lamoureux, Matthieu Sicard.

Futura Science : "Les poisons dans l'Histoire"

Wikipédia : "L'amanite phalloïde"

Mycologia 34: "La mort du Pape Clément VII - Accident ou crime?"

Wikipédia : "L'amanite tue-mouche"

"Histoire des champignonscomestibles et vénéneux" par Joseph Roques.

Histoire et généalogie : "UN empoisonnement à la colonie Saint-Louis de Vilenave d'Ornon"

Éducation à l'environement : champignons mortels.

 

"Grands Dieux ! combien d'homems un seul ventre met en mouvement ! Quoi ! Ces champignons, ce poison voluptueux, pensez-vous qu'ils ne travaillent pas secrétement àvotre ruine, quoi que leur magnilité nesoit pas sensible au premier monment?Sénéque.

samedi 18 octobre 2014

Sortie en forêt 48.

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Petit week-end en amoureux à la campagne. Le temps est gris mais qu'à cela ne tienne, l'envie de sortie est plus forte et ce n'est pas les trois-quatre gouttes tombantes, ni les grondements de la foudre qui nous ont découragé pour remplir notre panier ou admirer les quelques lieux emplis de mystères de la région.

Et puis cet article fête aussi le 100 000e visiteur... merci à vous de me suivre et d'êtres nombreux à passer par ici, à partager vos avis, vos expériences et de me laisser de temps à autre un petit mot. Le blog à 2 ans et demi, ça se fête aussi !
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 Quel bel accueil ! Quelques cèpes de Bordeaux (Boletus edulis) de première qualité nous attendaient sagement sous les fougères. C'est un excellent comestible recherché. Jeune on le nome bouchon, c'est sous cette forme qu'il est le meilleur. Il aime les sols acides (c'est pour cela que l'on en trouve peu chez nous) et a pour arbres hôtes le sapin pectiné, le chêne, l'épicéa, le hêtre et le châtaignier.

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 La grenouille agile (Rana dalmatina) est une espèce européenne qui peut atteindre 8 centimètres que l'on peut croiser jusqu'à 1000 mètres d'altitude dans les Alpes dans les forêts de feuillus. Elle se nourrit d'insectes et d'araigniées. Entre octobre et novembre elle débute son hibernation sous terre qui dure généralement 4 mois.

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 La chenille du pudibonde (Calliteara pudibunda) me suit décidément de partout! Généralement de couleur vert-vif, certains individus peuvent être rouges. Ils se peuvent se nourrir de la plus part des essences de feuillus (polyphagie) à la différence des adultes qui ne se nourrissent pas et qui peuvent facilement être "piégés à la lumière".

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 La charolaise est une vache (Bos taurus) qui appartient aux races à viande. Typiquement française, elle est l'une des plus élevées au monde pour sa viande, en Europe mais aussi en Afrique du Sud, au Canada, aux Etats Unis, en Inde ou encore au Brésil. Sa rusticité et sa docilité ainsi que sa viande goutue et pauvre en matière grasse contribues à sa popularité.

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 Dans un des bois du pays Velannois se trouve le Sacré Coeur, une statue haute de plusieurs mètres qui trône au sommet d'un étroit escalier en colimaçon.De là s'offre une vue imprenable sur le village de Saint Martin de Vaulserre. De manière régulière des offices et des piques niques mais aussi des rendez-vous entre motards y sont organisés.

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 Le trèfle des prés (Trifolium pratense L.) est l'une des espèces de trèfles les plus connus. C'est une plante fourragère abondamment cultivé présente à l'état sauvage partout en France. C'est aussi une plante médicinale aujourd'hui utilisée pour la ménopause. Autrefois, elle était employée pour soigner la toux, les diarrhées, les crises d'acnées répétitives, les yeux fatigués ou le manque de vitamines.

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 La trompette de la mort (Craterellus cornucopioides) est un excellent et discret comestible qu'il n'est pas toujours aisé de trouver en forêt. C'est un champignons aux nombreuses vertus. Il est faible en calories et riche en fibres, ce qui est parfait pour le transite intestinal à condition de bien le mâcher. Autre richesse, il contient de nombreux minéraux et vitamines.

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 La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est une des plantes que j'affectionne de par sa symbolique. Toxique, on l'utilisait comme chaume ou litière. On la brûlait pour faire venir la pluie et fuir les serpents. Les indiens d'Amérique utilisaient son rhizome cru pour lutter contre la bronchite, en poudre pour les vers intestinaux.

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Jolies rencontres qui ont permis de remplir avec plaisir le large panier en châtaignier... enfin presque.
La lépiote excoriée (Macrolepiota excorriata) est un excellent champignon dont on ne manque que le chapeau (1). Il ne faut pas la confondre avec les petites lépiotes (3) qui sont souvent toxiques voire mortelles. Il pourrait en 3 s'agir de l'agaric porphyre (agaricus porphyrizon) mais sans grande conviction contrairement de ce qui est pour le coprin chevelu (Coprinus comatus) qui est un bon comestible s'il est dégusté rapidement (4). Passé 4 ou 5 heures il devient noir et impropre à la consommation.

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 Le laccaire améthyste (Laccaria amethystina) est un petit champignon à la couleur surprenante. C'est un très bon comestible à la saveur délicate que l'on trouve à partir de la fin de l'été et parfois jusqu'au début de l'hiver. Il est abondant ce qui un avantage. Seul le chapeau se consomme, le pied étant trop fibreux en bouche.

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Hormis les cèpes et les trompettes, on trouve bien d'autres champignons dit nobles aux douces saveurs.
Les giroles (Cantharellus cibarius) sont facilement identifiables (1 et 2). Elles ont un goût légèrement fruité mais aussi de sous bois comme le pied de mouton (3) Hydnum repandum, et les chanterelles en tube (4) Craterellus tubaeformis, ce qui vaut à ces espèces d'être prisées sur les étales des marchés.

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 Le polypore du mûrier (Polyporus alveolaris) qui se dévelope sur le bois mort. Il n'est pas comestible (ou du moins jugé sans intérêt par certains) mais reste fort élégant. Il se reconnaît à son chapeau orangé, son pied excentré et ses larges pores crèmes.

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 J'adore les invertébrés, en particulier les araignés comme cette belle L'épeire diadème (Araneus diadematus) déjà rencontré l'ors de ma dernière sortie (4), tout comme le bousier d'Europe (Geotrupes stercorarius) seul représentant du genre en Europe (1). Le carabe chagriné (Procruste coriaceus L.) est un superbe scarabée friands de larves, de limaces et d'escargots qui en situation de danger lance un jet d'acide puant sur son assaillant... j'en ai fait les frais l'an dernier (2). 

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La chanterelle cendrée (Cantharellus cinereus) est un bon comestible extrêmement rare. Quelle joie d'en rencontrer ! Un ou deux exemplaires ont été collectés, les autres sont été laissés bien sagement à leur place. On la rencontre essentiellement dans les bois de hêtres en plaine et en montagne sur les sols calcaires.

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 Le lac de Saint Sixte est une petite étendue d'eau qui se trouve devant la chapelle du hameau. On peut apercevoir depuis celui-ci la vieille demeure incendiée pendant la seconde guerre mondiale et que nous appelons ici le château. Les dernières recherches scientifiques (via des colorants) ont démontré qu'il serait relié au lac de Charavine.

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 La campagne velannoise est rustique. De vieux arbres morts mais magnifiques ont été conservés, chose rare. Ils sont de formidables abris pour la bio-diversité. Scarabées, chouettes et hiboux, loirs, larves, écureuils ... tout ce petit monde a là de quoi se mettre au chaud pendant les longs mois d'hiver.

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 Les cèpes de Bordeaux sont des champignons thermophiles comme d'autres espèces qui sont annonciatrices de leur pouse. Ainsi l'amanite tue-mouche (Amanita muscaria), la plus belle de tous est une indicatrice sûre qui ne se rate pas(1 et 2). Il en est de même pour le bolet pruineux (3) Xerocomus pruinatus, et pour le bolet des charmes (4) Leccinum carpinum qui ne sont pas comestibles.

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 Un feu a été allumé et laissé à l'abandon dans une pinède sèche et surplombé de hauts pins tous aussi desséchés... on ne le dira jamais assez, la prudence même dans un lieu peu habitué aux ravages du feu est essentielle ! Un accident est vite arrivé et de tels comportements sont souvent réprimandés sévèrement (pas contant, pas content).

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 Hormis ce petit désagrément le weeek-end a été fabuleux, la récolte bonne, le paysage magnifique et le temps... mitigé. Bref, la chasse a débuté mais nous n'avons pas encore été inquiétés par les chasseurs ou leurs chiens. Les vacances approches et pour une dernière fois en 2014 les cabanes reprendrons vie.

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 Un grand merci à ma tante et à ma famille pour le petit gîte dans le quel nous avons séjourné, maison qui a ponctué mon enfance et qui me laisse comme toujours de beaux et doux souvenirs. Les Framboisiers restent à mon esprit un lieu d'exception.

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vendredi 17 octobre 2014

Cueillettes dans la jardin.

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Petit bilan dans le jardin. Le mois de septembre a été particulièrement chaud et sur sa fin nous a offert un début d'été indien pour le plus grand plaisir de tous. Baignades, balades, randos et excursions improvisées ont rythmé les week-ends. Ce temps a été bénéfique aux fruits et légumes, les framboises ont été nombreuses, sucrées et leur poids a parfois fait plier les branches des framboisiers.

Notre maison de famille est ancienne (plus de 200 ans). Elle est faite de pisé, une technique propre au Dauphiné. Elle est entourée d'un vieux verger. Mon aïeul était passionné de greffes et nous a laissé beaucoup d'arbres fruitiers atypiques. Si certains ne sont plus, il en reste assez pour remplir nos paniers. Au printemps cerises et griottes font notre bonheur mais en cette période, ce sont les noix, les noisettes, les mûres, les poires et les pommes qui trônent sur notre table. Tartes, gâteaux, confitures... la liste est longue !

Néanmoins le temps ne nous trompe pas, plus ou du moins peu de fleurs dans le jardin. Les feuilles jaunissent et quelques grosses pluies, parfois accompagnées de grêle, ont détrempées le sol. 

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 Quelques insectes se sont invités pendant les récoltes.
1 et 2: Le gomphe gentil (Gomphus pulchellus) est une grande libellule vert vif striée de noir. D'ordinaire on la rencontre à proximité des courts d'eau, des zones humides et des étangs mais celle-ci semblerait s'être perdue et même, l'avoir échappe et belle aux vues des restes de toile emmêlés dans ses pattes.
3 et 4: La lampyr ou ver luisant () est un insecte atypique. Le mâle ne brille pas et est muni d'ailles. La femelle quand à elle dégage avec son abdomen par procédé chimique une vive lumière pour attirer un partenaire. La larve est plus discrète (voir photos), elle est l'allier du jardinier en dévorant les escargots et les limaces qui ont le malheur de se trouver sur sa route.

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 La châtaigne est un des fruits emblématique de l'Isère qui a sauvé bien des dauphinois pendant les grands hivers. En farine, marinée, confite, séchée, grillée sur le feu ou cuite à l'eau, son usage est multiple. Comme le dit Pasquale Paoli en 1758, "Tant que nous aurons des châtaignes, nous aurons du pain".

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 Un pommier (Malus) c'est installé depuis quelques années dans le haut de la côte. C'est la première fois que nous avons l'occasion d'en récolter les pommes. Celles-ci sont acides et granuleuses en bouche mais parfaites en tartes ou en compotes, signe qu'il doit s'agire ici d'une espèce ancienne.

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 La grande limace rouge (Arion rufus) est une terrible gourmande. On la trouve surtout en forêt et dans les zones humides (comme c'est le cas dans notre vieux champs) et plus rarement dans les jardins car concurrencée par l'invasive limace espagnole (Arion vulgaris). Mangeuse de champignons, elle aime aussi pour notre plus grand désespoir les légumes du potager.

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 La noisette, fruit/amande du noisetier (Corylus avellana) et parfois appelée aveline. C'est l'un des aliments les plus riches en oméga-9 (bon contre le cholestérol), en vitamine E (lutte contre le vieillissement) qui contient également des fibres (on la prescrit dans ce cas contre le cancer du colon), en cuivre (soulage les rhumatismes et aide l'organisme à lutter contre les maladies infectieuses), en fer, en magnésium, en phosphore et en vitamine B. La France est le neuvième pays producteur de noisettes au monde.

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On compte 27 espèces de boutons-d'or en France. Ici il s'agit ici du renoncule rampante (Ranunculus repens). Toxique fraîche et délaissée par le bétail, elle s'est implantée un peu partout dans le monde où elle s'est montrée relativement invasive. On peut le voir fleurir de juin à octobre dans les champs et les prairies. 

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 On continue dans les récoltes automnales avec les poires (1 et 2), issues du poirier: Pyru et qui cette année ont échappé à l'appétit des vaches et à leur cou agile qui leur permet souvent d'attrapper les frutis sucrés des branches basses. La ronce des haies (3 et 4: Rubus fruticosus) donnent après la fécondation de ses fleurs des frutis sucrées prisés des oiseaux et des renards.

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 Le polypore à pied couleur de poix (Polyporus badius) n'est pas comestible. On le trouve de mai à juillet sur les arbres mort, souvent à proximité de l'eau. Ici on le rencontre tous les ans sur les vieux troncs des noyers morts et tombés au sol, à quelques pas du petit ruisseau qui se forme dans le champs quand les pluies se font fortes.

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 Dans le jardin, de nombreux champignons restent compliqués à identifier. Il faut garder à l'esprit que la récolte ne doit concerner que des champignons que l'on connaît bien et qui sont parfaitement identifiés. Il faut également les cueillir avant leur maturité pour que leur chair reste saine mais pas trop jeunes non plus car les plus petits spécimens peuvent être confondus avec d'autres espèces qui parfois peuvent être mortels..

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Il ne faut pas gratter ou creuser le sol autour du champignon ramassé pour préserver le mycélium et se donner la possibilité, dans les années à venir, de faire une belle récolte au même endroit. On évitera de soulever la mousse et les feuilles mortes avec trop de précipitation et sans délicatesse.  Autre précaution, celle d'éviter de mélanger dans le panier les espèces à chair ferme avec celles à chair délicate.

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 Dans le jardin 4 ou 5 caisses à vin agrémentes les plats-de-bandes où quelques rosiers fleurissent encore. Nougat, le matous de la maison profite des rayons du soleil. Les chats sont des animaux formidables qui dorment 14 à 18 heures par jours... de vrais lions. En bref, septembre fût un mois bien calme.

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jeudi 16 octobre 2014

Sortie en forêt 47.

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 Dernière sortie de l'été aux champignons mais pas de l'année ! Le fond de l'air se fait plus frais, le soleil est rasant, les rayons sont dorés, l'herbe est humide, les étourneaux et les grands corbeaux se rassemblent en grands regroupements sous les noyers et les châtaigniers. Les gelées ne sont pas encore là mais ne seront tarder et le panier doucement se remplit.

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 La journée débute bien avec la découverte de nombreuses chanterelles en tube (Cantharellus tubaeformis). Elles fructifient assez facilement et peuvent se ramasser jusqu'à fin décembre si le temps est doux (nous en avons même trouvé une poignée début janvier de cette année). C'est un excellent comestible recherché qui peut facilement se conserver en particulier séché.

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 La calocère visqueuse (Calocera viscosa) est un champignon fort agréable à la vue qui pousse sur le bois mort des conifères (en particulier des sapins) presque toute l'année, du moins ici. Certains auteurs la considèrent comme toxiques, d'autres comme un piètre comestible... mieux vaut donc s'abstenir. 

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 Les vesses sont nombreuses dans le bois et le seront encore plus en automne. Elles se reconnaissent aisément à la leur forme arrondie et au nuage de spores qu'elles dégagent quand elles sont percées ou écrasées à maturité. Une grande variété d'entres-elles peuplent les bois dont la vesse-de-loup perlée (Lycoperdon perlatum). Très commune dans les bois de conifères ou mixtes, on peut la consommer très jeune quand la chaire est blanche mais elle reste un comestible sans grand intérêt que certaines personnes digèrent mal.

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 Quand elles arrivent à maturité, les vesses se déchirent alors à leur sommet pour relâcher leurs spores. Cela se produit suite à la déshydratation du coeur du champignon, un phénomène encore mystérieux pour les chercheurs car celui-ci se produit à n'importe quel moment, quelque soit l'humidité extérieur. Cette activité peur rendre didactique n'importe quelle sortie en forêt.

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 Autre vesse et, pour moi, la plus belle de toutes, la vesse de loup hérissée ou hérisson (Lycoperdon echinatum). Cette espèce est beaucoup moins commune (pour ne pas dire assez rare) et se trouve surtout dans les forêt de hêtres, dans les fossés où les feuilles mortes se sont accumulées. 

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 Le bousier d'Europe, appelé aussi géotrupe stercoraire (Geotrupes stercorarius) est l'unique représentant du genre en Europe. Ils vivent et se nourrissent de déjections animales. Comme les bousiers africains, mâles et femelles pondent dans une boule de bouse qu'ils auront confectionnés. Leur larve y passera l'hiver et s'en nourrira.

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 L'angélique des bois ou angélique sylvestre (Angelica syvestris) peut mesurer plus de 2 mètres de haut. C'est une plante qui apprécie les zones humides, marécageuses, les bords de chemins et les zones de mi-ombres fraîches. Elle fleurit de juillet à septembre et donne de nombreux fruits. Ses propriétés médicinales sont les mêmes que l'angélique médicinale (Angelica archangelica) mais sont plus ténues (manque d'appétit, troubles digestifs, flatulences). On utilise en pharmacopée ses semences, ses racines et ses tiges qui sont également employées en confiserie et dans l'élaboration de liqueurs.

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 Reine des reines, la girolle (Cantharellus cibaruis). Je pensais à tort que sa dénomination de chanterelle était une erreur et résultait du parlé local mais il semblerait qu'elle porte bien le nom de chanterelle commune et que le terme girolle se reproche pus d'un certain patois. Mea culpa, mais voilà une raison de plus d'user des noms latins même s'ils ne sont pas toujours simple à retenir. Pour revenir à notre champignon, c'est un excellent comestible recherché à la saveur délicate.

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 Un autre très bon comestible, l'hydne pied de mouton (Hydnum repandum). Atypique avec ses aiguillon, on le trouve souvent en groupe, dessinant des cercles: les ronds de sorcières. Comme la girolle il dégage une légère odeur fruitée, à une chair ferme, n'est que très rarement attaqué par les vers et supporte bien le séchage.

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 La vergerette annuelle (Erigeron annuus) est une plante invasive originaire d'Amérique du Nord. On peut la voir fleurir d'août à septembre dans les étages collinnéns (jusqu'à 1100 mètres d'altitude), les terrains vagues, les jachères et les champs laissés à l'abandon, en particulier dans le nord de la France. 

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 N'est-il pas beau? L'hypholome à couler de brique (Hypholoma sublateritium) est un champignon qui peut former de grandes colonies sur les souches et les branches des arbres morts. Courant, on le rencontre presque toute l'année. Malgré son abondance il n'est pas comestible en raison de sa chair très amère.

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 Chez les champignons, la reproduction s'effectue grâce aux spores qui sont disséminés de diverses manières. Généralement c'est le vent ou la proximité avec d'autres congénères qui leur permettent de se rencontrer quand ils sont libérés (comme chez les vesses) mais parfois le procédé est plus complexe. Chez les gastéromycètes (voir le phallus impudicus plus bas), les spores se rencontre grâce à leur ingestion par les mouches ou les limaces car chez bon nombre de champignons les invertébrés jouent un rôle primordiale dans leur multiplication.

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 La chenille du pudibonde (Dasychira pudibunda) est une chenille adorable. Ses poils ne sont pas urticants et ses couleurs vivent indiques à ses prédateurs que si l'envie leur vient de la croquer, ils risquent une sévère indigestion. Elle tient son nom de le naturaliste Linné qui vit dans sa capacité à baisser la tête sous son thorax quand elle se sent en danger une réaction de gêne. On la croise en ce moment au sol au milieu des feuilles mortes car c'est là qu'elle tisse un superbe cocon jaune d'où elle sortira en mai-juin.

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 Le pied bleu (Lepista nuda) est un excellent champignon pour certains après une longue cuisson, médiocre pour d'autres en raison de son goût si particulier. Il se distingue des cortinaires qui lui ressemble de par leurs lames qui virent au brun. Il est abondant en automne car il semblerait que les premiers froids lui soit favorable.

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 Le tricholome à odeur de savon (Tricholoma saponaceum) porte plutôt bien son nom. Son odeur est assez dissuasive pour faire comprendre qu'il n'est pas comestible. Présent quelques fois en plaine, on le rencontre surtout en montagne dans les bois de conifères et parfois de chênes. Il peut être confondu avec l'excellent tricholome couleur de terre (Tricholoma terreum).

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 L'amanite tue-mouche est un grand classique. C'est une espèce thermophile (qui aime la chaleur) qui se rencontre facilement dans nos forêts mixtes, toujours à proximité de bouleaux. Toxique, elle est aussi hallucinogène et se retrouve dans de nombreuses cultures qui pratiquent le chamanisme.

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 L'épeire diadème (Araneus diadematus) est une belle araignée qui peut revêtir différentes couleurs et formes mais ici on la trouve dans la version la plu courante. On la reconnaît à la croix qui se dessine sur son abdomen. Peut agressive, on la trouve dans les jardins en zone holarctique, c'est à dire au dessus du tropique du Cancer.

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Champignons et Poisons

Selon le Guide Vert Solar "Les Champignons de France", on peut classer les champignons mortels de nos contrées dasn cet ordre : l'amanite phalloïde (Amanita phalloides), l'amanite printanière (Amanita verna), l'amanite vireuse (Amanita virosa), le cortinaire des montagnes (Cortinarius orellanus), la lépiote brune (Lepiota helveola), la galère marginée (Galera marginata), le gyromitre comestible (Gyromita esculenta) mais ils ne sont pas les seuls ! On ne le dira jamais assez, les champignons peuvent être mortels et causent chaque année des décés. La prudence est de mise.

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 Lactaires et russules appartiennent à la même famille, celle des Russulales.
1: La russule comestible (russula vesca) apparaît tout au long de l'année mais surtout à l'automne sous les sols acides, des plaines aux montagnes, aussi bien sous les feuillus que les conifères. elle peut être confondue avec de nombreux russules qui contrairement à elle ne sont pas comestible.
2: Le lactaire à lait jaune (Lactarius chrysorrheus) se reconnaît à son lait qui passe du blanc au jaune soufré en l'instant de quelques minutes. Très âcre et amer, il n'est pas comestible. Il est très courant, en particulier sous les chênes, les hêtres et les châtaigniers.
3: La russule émétique (Russula emetica) fait partie des espèces à rejeter en raison des problèmes gastriques qu'elle donne. Elle se trouve dans de nombreux milieux et aime les bouleaux, les chênes et les châtaignies.
4: Les petites russules violacées sont traitres, elles peuvent être bien des espèces. Pour n'en citer que quelques unes la confusion pourra se faire entre la russule olivacée (Russula olivacea), la russule comestible (russula vesca), la russule baie (Russula badia) ou encore la russule améthyste (Russula turci).

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 L'ordre des pics est vaste, on en compte plus de 216 espèces dans le monde. Ils composent l'une des plus anciennes familles d'oiseaux. Mon petit chouchou que l'on rencontre souvent dans notre jardin est le pic épeiche (Dendrocopos major). Il possède une longue langue gluante ornée de petites crochets qui lui permet d'attraper les insectes logés dans le bois mort.

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La famille des boletales comprend bon nombre de champignons à tubes et quelques uns à lames ou à plis.
1 et 2: Le cèpe de Bordeaux () est l'un des champignons les plus prisés de lagastronomie française. On en trouve sur chaque grande table. Si en montagne il affectionne les chênes et les hêtres, en montagne on les trouve plus facilement sous les épicéas.
3: Le bolet des bouviers (Suillus bovinus) est un piètre comestible que l'on trouve dans les pinèdes en été et en automne partout en France. Au moyen âge on le réservait aux pauvres. Les nobles avaient droit au tricholome équestre (Tricholoma auratum), reconnu aujourd'hui comme potentielement mortel.
4: Le bolet pruineux (Xerocomus pruinatus) est un comestible médiocre. Il est plutôt peu fréquent et apparaît sous les hêtres. Sa chair est rosée, il bleuit au touché et a un pied jaune vif. Il exalte une odeur de rouille faible qui le distingue du bolet à chair jaune (Xerocomus chrysenteron) avec le quel on peut le confondre.

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 Attention promeneurs ! La chasse a ré-ouvert et déjà quelques "accidents" pour ne pas dire drames sont à déplorer. Je suis très mitigée sur la chasse car si parfois elle utile et bien encrée dans nos traditions, je ne comprends pas l'interêt de lâcher du gibier pour le canarder. Néanmoins dans les cas de surpopulation animale avec risque de consanguinité pour les populations (comme par ici avec les chevreuils), il faut avouer que le chasseur est salutaire.

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Pour continuer dans la lancée, quelques belles plantes de chez nous:
1 et 2: La succise des prés ou mord Diable (Succisa pratensis) qui fleurit de juillet à septembre et qui peut atteindre un mètre de haut. Elle aime les prés et les bois humides dans les quels on la retrouve jusqu'à 2400 mètres d'altitude dans toute l'Europe Occidentale. Utilisée autrefois en médecine populaire, elle soignait en cataplasme les ulcères et le contusions.
3 et 4: Le sceau de Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum) est une plante qui appartient à la pharmacopée médiévale. Toxique, on l'utilisait dans la théorie des signatures pour soigner les articulations douloureuses, la racine évoquant leur physionomie. Son feuillage est resplendissant au milieu de l'automne.

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 Le genêt à balais (Cytisus scoparius) qui comme son nom l'indique, était séché pour confectionner des balais qui sur les sols de terre battue étaient très efficaces. Associé à la magie noire au Moyen Âge, on pensait que les sorcières les enfourchaient pour se rendre au Sabbat. Toxique, on l'utilisait comme abortif, diurétique et pour réguler les battements cardiaques et la circulation sanguine.

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 Pas facile de se retrouver parmi tout ce monde, surtout quand les champignons sont semblables.
1: La lépiote déguenillée (Macrolepiota rhacodes) est un excellent comestible à la chair rougissant à l'air libre. Elle est assez courante en été et en automne dans des milieux très divers: bois, clairières de résineux, jardins, terrains vagues, friches et vieux champs, les lieux pour la trouver ne manquent pas.
2: La lépiote excoriée (Macrolepiota excoriata) est elle aussi un bon comestible. Présente dans les clairières et les bordures de bois mais aussi les prairies, elle forme souvent de larges ronds de sorcière. Sous cette forme encore juvénile on la nomme baguette de tambour.
3: La lépiote féline (Lepiota felina) est une minuscule lépiote qui mesure entre 1 et 4 centimètres. Comme de nombreuses petites lépiotes (dont certaines sont mortelles), elle est très toxique. C'est pour cela qu'il est conseillé pour plus de sûreté de ne récolter que les lépiotes qui dépassent le 10-15 centimètres de haut.
4: Le tricholome rutilant (Tricholomopsis rutilans) est d'une toute autre famille. Non comestible, c'est un très beau champignon qui présente de nombreuses colories qui vont du violet sombre au doré .

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 Le laccaire améthyste (Laccaria amethystina) est un clitocybe qui est un excellent comestible dont seul le chapeau est comestible comme chez les lépiotes. Très courant on le trouve aussi bien dans les bois de résineux que de feuillus. Ici dans notre coin de forêt ils pullulent mais nous ne les ramassons pas. En effet il n'est pas dans les traditions de la famille de les consommer mais cela pourra peut être venir un jour.

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 Il existe de nombreuses espèces de champignons et tout autant de terme pour désigner les lames qui bien souvent aident à leur identification. On parlera par exemple d'arrondi pour une lamelle dont l'arrête forme une courbe vers le bas ou d'arrière pour une lamelle qui se trouve contre le pied.

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 Le clavaire cendrée (Clavaria cinerea) est un champignon comestible qui peut facilement être confondu avec de proches parents qui peuvent être laxatifs ou légérement toxiques. Les tâches noires qu'elles portent sont dûes à un parasite souvent commun sur cette espèce, l'helminthosphaeria clavariae.

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 A l'instar du célèbre moustique de Jurassic Parc prit dans la sève, ce moustique s'est englué sur les sécrétions d'un champignon (le quel, je ne sais pas). Les champignons comptent parmi les plus vieux organisme au monde, en Chine on en a même découvert dans des oeufs de dinosaures fossilisés ! Les Prototaxites ce sont éteints il y a 350 millions d'années et étaient les plus grands champignons comme l'atteste certains de leurs fossiles mesurant plus de 6 mètres ! Sans chapeaux, ils ressemblaient à quelques chose s'approchant de la calvaire en pilon.

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 Sur notre tricholome rutilant de tout à l'heure (que vous pouvez retrouver plus haut), se repose une guêpe solitaire, une femelle Diphyus quatidpunctorius. Elle pond dans les larves des insectes un oeuf d'où sortira une larve qui se nourrira lentement de son hôte jusqu'à ce que celui-ci meurt d'épuisement puis, qui l'utilisera comme cocon pour parfaire sa mue.

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 Les champignons de bois ne sont pas tous une plaie ! Bon nombre sont utiles à la forêt en décomposant les troncs d'arbres morts tombés au sol. De cette action est produite un humus riche qui permet aux plantes, aux arbres et aux champignons de s'installer dans le bois. Sans eux pas de vie, ni de belles cueillettes.

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 Les orobanches ont fannées, il faudra venir l'an prochain pour pouvoir à pleine floraison les identifier. Se sont des plantes sans chlorophylle qui parasitent d'autres végétaux. Mêmes sèches elles se relèvent être de redoutables abris, en particulier pour cette petite araignée bine difficile à distinguer tant sa robe se fond avec le décor.

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 Le phallus impudique (Phallus impudicus) tient son nom de sa forme particulière quand il est à pleine maturité. Sa croissance est rapide et il se décompose très vite en dégageant une forte odeur de viande avariée pour attirer les mouches. Celles-ci transporteront et dissémineront ses spores.

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 Les rayons de soleil se fond rare en Chartreuse, le feu ronfle dans la cheminée et désormais sur le poil où chauffent les châtaignes. On ramasse les dernières noisettes, on fait le plein de noix et doucement on commence à écumer du regard les champs alentours pour voir si un rosé ou deux ne pointe pas le bout de son nez.

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 Enfin, c'est ainsi que je dresse du mieux que je peux un petit aperçu du là où je vis. C'est un endroit encore sauvage et tranquille, proche de tout mais qui a su garder son côté nature même si les lotissements poussent ici et là, il faut bien le dire, comme des champignons.

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 Une petite dernière pour la route, le crise commun (Cirsium vulgare) qui est une plante bisannuelle. Il peut atteindre un mètre trente, fleurit jusqu'à septembre et présente plusieurs rangées d'épines sur sa tige. Présente de manière indigène dans l'hémisphère Nord, elle s'est naturalisé un peu partotu dans le monde.

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 Petite récolte mais récolte quand même, il n'en faut pas plus pour nourrir toute la famille. Chanterelles, lépiotes, girolles, cèpes, pieds de moutons.... tous ne sont pas là (n'oublions pas les trompettes et les lactaires délicieux). Partir aux champignons, même sans avoir l'assurance de réaliser de belles trouvailles reste un moyen sûr de se dégouridr les jambes tout en s'émerveillant de ce que peut faire et donner la Nature.

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vendredi 26 septembre 2014

Sortie en forêt 46.

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L'été est fini, pas la saison des champignons et bien qu'ils se fassent plus rares dans les sous-bois, cela reste un réel plaisir de se promener parmi les hauts sapins dans le brume matinale quand l'herbe est encore perlée de rosé et que le froid se fait mordant... un peu de bucolisme ne fait pas de mal.

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Un peu de pluie, trois rayons de soleil et voilà que les champignons prennent place dans la mousse entre les bruyères et les hautes fougères. En France on compte pas moins de 3000 espèces de champignons et quelques centaines de milliers à travers le monde si ce n'est plus.
(En bas à gauche un cortinaire blanc-violet: Cortinarius alboviolcaceus).

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L'amanite panthère (Amanita pantherina) pousse dans les forêts de feuillus à partir de la fin de l'été. Extrêmement toxique, elle provoque des troubles intestinaux, digestifs ainsi que respiratoires et a des propriétés hallucinogènes violentes pouvant donner des convulsions. Le plus sage est de ne pas l'ajouter au panier.

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Le bois regorge de douceurs. Quelques nouveaux coins nous offres de belles trouvailles.
1: La girolle (Cantharellus cibarius) est un champignon recherché riche en nutriments. De saveur douce avec une chair ferme il est très employé en cuisine, en particulier dans les repas gastronomiques.
2 et 3: La chanterelle en tube ou chanterelle grise (Craterellus tubaeformis) se conserve bien séchée ou congelée. Champignon typique de l'automne, il s'accomode très bien en soupe.
4: Le pied de mouton (Hydnum repandum) est atypique de part ses tubes proéminents. Les vieux spécimens sont amers, il est préférable de consommer les plus jeunes. Coupé, il teinte le bout des doigts en orange.

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Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) est le roi des cèpes. Excellent comestible, il s'accomode à toutes les sauces. Contrairement aux croyances locales, il faut au minimum 5 à 6 jours à un cèpe pour passer de l'état de bouchon à celui de bolet complet. Les orages après de fortes chaleurs favorisent leur sortie (compter 7 à 10 jours).

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 Deux champignons sont d'excellents indicateurs  de la pousse des cèpes, le clitopile petite prune (Clitopilis prunulus) appelé meunier et l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) présentée-ci dessous. Cette dernière est une champignon termophile qui pousse 4 à 5 jours avant les cèpes.C'est aussi mon champignon favori. 

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 La calvaire droite (Ramaria stricta) n'est pas comestible car sa chair est amère et poivrée. Il pousse de la fin de l'été jusqu'à la mi-automne sur des branches mortes, de vieilles souches ou du bois pourri.

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Nous ne sommes pas au printemps mais toutes ces belles fleurs pourraient nous faire penser le contraire.
1, 2 et 4: La plupart des grandes angéliques (Angelica archangelica) ont fané. Autrefois on la rencontrait dans tous les jardins monastiques pour ses vertus médicinales mais aussi dans la confection de pâtisseries, de confiseries ou de liqueurs digestives et apéritives.
3: Achillée millefeuille (Achillea millefolium L) est surnommée herbe aux dindons. D'après Pline l'Ancien, célèbre auteur romain, Achille le célèbre héros de la mythologie s'en servait pour soigner les plaies.

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 A sa naissance, le satyre puant ou phallus impudique (Phallus impudicus) ressemble à un oeuf. A cet état il est encore comestible: il faut le couper en deux et en extraire le coeur qui aurait un goût de noisette... je doute de la véracité ou du moins de l'intérêt de cette opération.

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 L'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est un superbe champignon qui néanmoins est toxique. C'est aussi celui que l'on rencontre le plus souvent dans les forêts d'Europe en particulier en Grande-Bretagne.

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 Le petrichor est cette odeur si particulière qui se dégage du sol après la pluie. Elle serait dû à un mélange entre les huiles que produisent certaines plantes et la géosmine, un composé microbien qui se trouve dans le sol. Le terme petrichor vient du latin petros: pierre et ichor: sang des dieux.

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 Il existe de nombreuses espèces d'armillaires. Voici les deux plus courantes de nos forêts.
1 et 2: Armillaria solidipes (il n'a pas de nom commun) est à tort confondu avec ses cousins. L'un des plus gros champignons du monde appartiendrait à cette espèce et se trouverait aux États Unis, il couvrirait une surface de 8,9 km² pour 600 tonnes et serait vieux de 2400 à 8000 ans !
3 et 4: L'armilaire couleur de miel (Armillaria mellea) tout comme son cousin se développe sur le bois pourris ou encore vivant des arbres. Considéré comme comestible très jeune, il entraîne cependant souvent des problèmes gastriques proches de ceux provoqués par certaines amanites.

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 Je suis toujours émerveillée par la famille des russules et bien que je ne puisse identifier ce drôle de spécimen, je n'ensuis pas moins fascinée par la diversité de couleurs qu'il propose. La plupart des russules sont comestibles mais mieux vaut ne consomemr que ceux que l'on connaît bien.

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 Voilà une bonne après midi avec de plus ou moins belles découvertes comme vous pouvez le voir, mais toujours face au massif de la Chartreuse que l'on nomme également le désert vert. Si cela fut vrai à une certaine époque, il n'en est rien aujourd'hui. En effet la région connapit une forte augmentation de sa population.

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mercredi 24 septembre 2014

Masque, papiers et plumes.

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Depuis toujours j'aime collecter les merveilles de la nature pour les entasser chez moi: plumes, insectes, champignons, feuilles et fleurs... tout ce petit monde prend vite de la place. Il est grand temps de leur trouver une utiliter... un masque festif ! "Le masque, destiné à dissimuler, représenter ou imiter un visage, assure de nombreuses fonctions, variables selon les lieux et l'époque. Simple objet de divertissement ou associé à un rite, œuvre d'art ou produit normalisé, il se retrouve sur tous les continents. Il est tantôt associé à des festivités, tantôt à une fonction." Source.

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Pour se faire il vous faut un peu de matériel:

- Un masque (acheté 2,50€ dans un boui-boui).
- De multiples papiers fins de toutes les couleurs.
- Des tatouages éphémères de style baroque.
- Des trésors récoltés pendants vos promenades: plumes, aiguilles de pin, insectes, feuilles séchées etc.
- Des ciseaux, de la colle liquide, un pinceau, de la colle forte, du vernis, un rouleau de scotche épais.

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Pour commencer, j'ai scotché sur la face intérieur du masque les plumes (de geai, de buse, de tourterelle, de faisan, de corbeau etc.) avec du scotche épais pour éviter que les calamus de celles-ci ne blessent le visage. Pour former un éventail, je les fixes dans l'ordre : de la plus grande à la plus petite en commençant par le haut en intercallant quelques grandes aiguilles de pin.

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Mais avant cela j'embéllie mon masque.J'ai collé de faux tatouages avec une éponge humide qui ressortirons à la fin del'ouvreage par transparence puis; je déchire de fins morceaux de papiers avec les doigts que je colle avec la colle liquide à l'aide d'un pinceau. On peut choisir un seul papier ou même le peindre. Une fois le tout sec, je colle mes feuilles, mes trouvailles (hannetons ou petits biches séchés). Voilà mon ouvrage terminé.

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mardi 23 septembre 2014

Aujourd'hui premier jour de l'Automne !

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Aujourd'hui c'est le premier jour de l'Automne, saison que je chéris plus qu'aucune autre. L'odeur de la terre mouillée, la brume, la rosée et le gel sur les dernières fleurs de l'été, les champignons et les noix, les feuilles dorées, l'arrivée des nuées de grands corbeaux... c'est un tableau infiniment merveilleux qui est offert part la nature. Je ne peux me passer de fêter ce jour bénni, toute agnostique que je sois.

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Alors comme tous les ans je m'offre un ou deux articles autour de ce thème. Vous pouvez tous les retrouver ci-dessous, pour cela cliquez sur un des titres et vous serez automatique diriger vers le poste qui y correspond. Et puis surtout, bel Automne, joyeux Halloween, bon Mabon !

Haloween - Couronne de feuilles - Ma petite amanite - Vendanges - Couronne de maïs

Table automnale - Fêter Mabon - Jeu de noix - La revue - Gratin de courge - Soupe de courge

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Il reste de nombreux articles à venir: sorties dans le jardin et en forêt, fêtes médiévales de Crémieu et de Saint Geoire en Valdaine, cuisine et ateliers créatifs, fête de la courge, cueillette et glandouillage... à suivre.

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