mardi 21 février 2017

Sortie en forêt 68.

DSC02498

Fin décembre, déjà. Nous voilà engagé dans la forêt du Col de Mille Martyrs, dans le parc naturel régional de la Chartreuse. Une épaisse brume remplace la neige qui, depuis plusieurs années maintenant, ne tombe que rarement pour Noël et s'invite plus volontier en janvier et en février. C'est l'occasion de s'exercer à la détermination des arbres à travers leurs parties végétatives et en particulier leurs bourgeons.

 

Le bouleau verruqueux (Betula pendula).

C'est un arbre qui peut atteindre de belles dimensions, pas moins d e 25 mètres ! C'est une espèce pionnière qui a besoin de soleil et qui ne craint pas les sols alcalins. On lui prête divers surnom comme celui de boulard. Il est recherché au printemps pour sa sève qui aurait des vertus régénératrices et purgatoires.

DSC02478 DSC02490

 

Derniers champignons de la saison.

Surprise, au détour d'un chemin de terre creusé par les engins forêtiers, nous tombons sur une poignées de pieds de moutons (Hydnum repandum) de nature plutôt grêles. Cela sera bien suffisant pour agrémenter la poêlée de la soirée. Dans la forêt, nous avons pu également observer quelques tramètes et polypores.  

DSC02489 DSC02502DSC02501

 

Chez les pics (Picus sp.).

 Dans cette forêt de Chartreuse on rencontre 3 grands pics : le pic vert (Picus veridis), le pic noir (Dryocopus martius) et le pic épeiche (Dendrocopos major). Leurs gîtes reconnaissables entre tous permet d'attester de leur présence. Ici, une chandelle de sapin (tronc mort dressé droit) semble avoir abrité une couvée.

DSC02503 DSC02504

 

Le peuplement forestier.

Le peuplement forestier est un terme qui désigne les espèces d'arbres qui composent une forêt. Il est utilisé en agrosylvestrerie pour déterminer la valeur économique d'un boisement. Il est aussi déterminé en génie écologique pour connaître la valeur environnementale d'un espace boisé et sa capacité d'acceuil d'espèces animales et végétales rares, menacées ou présentant un grand intérêt. Ici il s'agît d'une hêtraie-sapinière.

DSC02460 DSC02462DSC02468DSC02463 DSC02473

 

Le mot de la fin.

 Il est déjà l'heure de rentrer, le bout de nos doigts sont rougis par le froids et comme on dit par chez nous, la goutte nous pend au nez. Je suis un peu déçue de ne pas avoir vu la neige au col, néanmoins j'ai pu le découvrir dans son manteau de brouillard, chose à la quelle je n'avais pas assisté depuis très longtemps.

DSC02477 DSC02505


jeudi 29 décembre 2016

Destination Bretagne : la forêt de Huelgoat.

DSC04270 - Copie

Nous voilà à Huelgoat. Traversé par un ensemble de rivières, c'est un véritable chaos de roches et de blocs qui forme le sol de la forêt et qui, au fil des siècles, c'est couvert de mousses et de fougères. Nous avons y passer une nuit, bercés par le chant des chouettes hulottes (Strix aluco) et  les gargouillis des torrents.

 

Une forêt magique.

Il y a de nombreuses légendes sur Huelgoat. Certaines sont anciennes, d'autres plus "touristiques". Néanmoins on ne peut pas lui retirer le fait qu'une certaine ambiance mystique plane ici. On peut ainsi tomber sur la Roche Tremblante, un énorme bloc de 137 tonnes qui repose en équilibre sur une autre roche et qu'il est possible de faire tanguer en s'y appuyant. Il deviendrait, à la nuit tombée, un lieu de festivité prisé pour de nombreux korrigans.

DSC09249 DSC09338DSC09397 DSC04429

 

Le chaos de la Vierge.

Appelé aussi ménage de la Vierge, cet ensemble de blocs à les pieds qui trempent dans la rivière d'Argent qui traverse la forêt. C'est là que l'on peut trouver une fontaine magique et qui pour certains, est l'une de celles que l'on rencontre dans le Graal. Cette fontaine merveilleuse apporterait vie et jeunesse éternelle.

DSC09264 DSC09409DSC09406DSC09275 DSC09281

 

Les petites oiseaux.

Ces milieux ouverts sont parfaits pour l'avifaune des espaces boisés. Outres les nombreux geais des chênes (Garrulus glandarius) que nous avons pu observer de près, beaucoup de petits passereaux peuvent être approchés sans mal. Ainsi la grive musicienne (Turdus philomelos) et le rouge gorge (Erithacus rubecula) figurent parmi les oiseaux communs de la forêt. L'abondance d'insectes des rivières explique leur présence.

DSC04351 DSC04339DSC04285 - Copie

 

Le gouffre du Diable.

La gorge granitique du gouffre du Diable porte ce nom depuis les années 1930. Celui-ci lui a été donnée dans le but de promouvoir le tourisme local en jouant sur des images à la fois romanesques mais aussi religieuses. Ainsi est née la légende selon là quelle cette cavité, où passe la rivière d'Argent, serait l'entrée des Enfers.

DSC09293 DSC09308

 

L'hépatique à large thalle (Conocephalum conicum).

 Les hépatiques sont des cousines des mousses (Bryophytes). Cette espèce apprécie les zones humides et soumises aux embruns d'eau douce comme ceux que peut dégager un torrent. Sa répartition sur le territoire français est disparate. Elle est absente dans certaines régions en raison de la perte de son habitat et de la pollution à la quelle elle est sensible même si dans certaines conditions elle peut avoir une fonction dépolluante. 

DSC04442 DSC04440DSC04439

 

La vallée du Fao.

L'action de l'eau aux fils des siècles a mit peu à peu à nu les roches granitiques qui forment la strate géologique de la forêt. C'est dans cette dernière que de nombreuses mines ont été ouvertes pour extraire la cérusite. On peut prafois tomber sur ces exploitations qui sont désormais fermées. Cependant il faut bien prendre garde à ne pas s'y aventurer pour ne pas déranger les populations de chauves-souris qui y vivent et ne pas se mettre en danger.

DSC09378 DSC09331DSC09363

 

La rivière d'argent.

 Cette rivière longue de 18 kilomètres tient son nom des mines argentifères la bordant d'où son surnom de "ruisseau de la mine" (Stêr Arc'hant). Par endroits il est possible de voir de vieilles ruines la surplombant. On pourrait alors y voir des châteaux et des donjons ayants subis les affres du temps après le passage d'un dragon.

DSC09370DSC09374 DSC09386DSC04425

 

Un peu de mycologie.

Que ça m'a manqué et quel plaisir de trouver quelques champignons !  À gauche il s'agît du bolet à beau pied (Boletus calopus), qui bien que beau n'est pas bon en raison de sa forte amertume. À gauche il s'agît de petites girolles (Cantharellus cibarius) trouvées dans la mousse totu au bords de l'eau. Un véritable plaisir.

DSC09395 DSC09366 - CopieDSC04293DSC09373 DSC09391 - Copie

 

Le mot de la fin.

Super nuit dans un cadre plutôt magique. Se promener tôt le matin, au lever du soleil, dans la forêt permet d'en voir un tout autre visage. Les nombreux charmes (Carpinus betulus) qui la compose forment un véritable écrin au dessus des chemins de randonnée. Bref, le temps de nous promener un peu dans le village, d'acheter du miel à l'apicultueur du coin (ses miels sont vraiment top), et nous revoilà parti une fois de plus pour le bord de mer.

DSC09417 DSC09324DSC09404

mercredi 6 avril 2016

Sortie en forêt 63.

DSC02247

 Voilà une petite sortie en solitaire que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire. Entre les marais et les cascades de la forêt, j'ai pu voir un grand nombre d'animaux et en particulier d'oiseaux, ce qui a été un véritable plaisir. Revenir dans les bois de mon enfance me fait toujours quelque chose au coeur, comme s'il y avait un petit parfum de magie dans l'air. Il faudra attendre encore quelques jours pour bien prdofiter des fleurs du printemps.

 

L'anémone Sylvie (Anemone nemorosa).

Elle se rencontre dans les forêts ombragées, fraîches et humides. On la trouve dans de nombreux pays de l'hémisphère Nord, en ayant cependant une préférence pour les zones de climat continentale voire montagnard.  En France on peut la voir presque partout. Elle est considérée en Europe comme un bon bio indicateur de l'ancienneté d'une forêt ou du moins, du fait qu'elle soit naturelle ce qui me fait plaisir car mes bois en regorgent.

DSC02277 DSC02279

DSC02288

Cette anémone est utilisée dans la pharmacopée populaire bien qu'elle soit toxique.

DSC02289 DSC02411

 

L'aulne glutinneux (Alnus glutinosa). 

Il aime bien avoir les pieds dans l'eau ou à proximité. On le trouve sur les sols acides ce qui sur nos terres iséroises en majorité calcaires, est un bon indicateur de délavement et de zone marécageuse. On en trouve trois sous-espèces en Asie Mineur. Il est mit à mal par une maladie qui ravage une partie des aulnaies.

DSC02258

DSC02257 DSC02259

 

Le sanglier (Sus scrofa).

Il est l'ancêtre des porcs (Sus scrofa domesticus) que l'on trouve dans les cours de ferme. C'est un animal très intelligent qui vît seul ou dans des petits groupes. Il est capable d'adapter son mode de vie aux techniques de chasses pratiquées sur le territoire où il vit pour échapper aux chasseurs. Il a un rôle très important dans les milieux forestiers où il assainit les bois des cadavres et où il dissémine les spores des champignons.

DSC02262 DSC02268

 

La ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna).

Présente en Eurasie, elle vient d'être introduite en Amérique du Nord. Ses tubercules reconnaissables servent parfois aux enfants pour jouer à la dînette. Sa floraison arrive souvent en Isère à la mi-mars. Ses fleurs couvrent les sous-bois et les lisières humides de fleurs jaunes en de grands tapis. On l'utilisait pour soigner le scorbut et les hémorroïdes mais sa toxicité fait qu'il est conseillé de n'en consommer que quelques feuilles.

DSC02214 DSC02226

Elle peut s'avérer mortelle pour le bétail ce qui pose des problèmes aux élevages des États-Unis.

DSC02239

 

Le ganoderme aplani (ganoderma lipsiense).

 Ce champignon de bois peut dépasser les 50 centimètres de diamètre. On le trouve sur le bois mort mais parfois sur les troncs d'arbres sains et bien portants, en particulier de peupliers. Ce champignon comme la plupart des champignons de bois est très coriace. Impossible de le déguster pour ceux qui le voudraient.

DSC02232

 

Indice à morilles.

La présence de coquilles d'escargots en nombre est signe que le sol est très calcaire. En effet ces gastéropodes ont besoin du calcium présent dans la terre et les plantes pour développer leur coquille protectrice. Qui dit calcaire dit morilles, car il est bien connu que ces champignons prisés ne poussent que sur ce type de sol.

DSC02220 DSC02230

 

La Dorine à feuilles alternes (Chrysosplenium alternifolium).

 Cette jolie mais discrète plante devient bien visible au début du printemps. Elle forme des grappes et des tapis aux abords des ruisseaux d'eaux vives et fraîches. Ses fleurs et ses feuilles se déclinent dans un camaïeu de jaune et de vert qui attire l'oeil. La pollinisation est assurée par de petites mouches et des scarabées.

DSC02304 - Copie DSC02470

La Dorine à feuilles alternes est en très forte régression et est protégée dans certaines régions.

DSC02301 - Copie DSC02302

 

Le polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum).

C'est une fougère commune en France qui est protégée dans certains départements et dans certaines régions. Très belle, elle est parfois commercialisée dans les jardineries, pas toujours sous le bon nom. Elle se plaît dans nos ravines et gorges humides abritées du soleil. Rustique, elle résiste au basses températures.

DSC02327 DSC02330

 

Il est passé par là.

 Mais qui ça ? Le chat ! Nos chats de maison (Felis catus) ne se cantonnent pas à nos canapés et à nos jardins. Certains n'ont pas peur d'entrer en forêt pour chasser leurs proies. Ils se mêlent parfois avec le très rare chat sauvage (Felis silvestris) ce qui est problématique car l'espèce, déjà menacée, se voit appauvrie génétiquement. 

DSC02251

 

L'arum maculé (Arum maculatum).

 Cette plante a déployé ses grandes feuilles vertes et va débuter sa floraison. On pensait autrefois que c'était dans ses fleurs atypiques que les vipères prenaient naissance ou au contraire, que posséder quelques plants dans le jardin chassait les serpents. On la confond parfois avec l'ail des ours ce qui s'évère funeste. En effet la plante est très toxique et, est même mortelle. Malgré son goût brûlant, certains font la dangereuse confusion.

DSC02216 DSC02217

 

Les milieux humides.

 Comme vous l'avez peut être remarqué avec les derniers articles, je suis dans ma période "cascades". Le coin où je vis en regorge (plus d'une centaine) et j'ai eu l'idée d'en explorer et découvrir une bonne partie. Chaque chute d'eau à son propre écosystème et sa propre flore ce qui est fascinant et premet de faire des découvertes.

DSC02280 DSC02286

Les pervenches (Vinca) indiquent souvent les vestiges de constructions humaines.

DSC02334

Voilà une petite cascade qui dissimule en son sein une caverne humide et boueuse.

DSC02297 DSC02311

 

L'eau dans tous ses états.

 Surprise, on trouve encore de la neige ! Certains creux et infractiosités de la roche lui ont permis de ne pas subir l'action des rayons du soleil. Autre découverte dans la "grotte", l'eau suintant du plafond forme de petits stalactites et stalagmites qui prennent une jolie couleur rosée. Qui sait, peut être se rejoindront-elles un jour.

DSC02389 DSC02395

DSC02241

 

Les roches des cours d'eau.

 On trouve des galets (à droite) mais surtout, du tuffeau (à gauche). Chez nous on le nomme à tort "tuf" et est très présent dans notre quotidien en Isère. En effet une bonne partie des maisons et des bâtiments anciens du village (églises, châteaux, couvents ect.) sont en cette pierre issue du tuf, une roche calcaire.

DSC02352 DSC02353

 

Le lierre grimpant (Hedera helix).

 Il a triste réputation et pourtant, il est bien loin de la mériter. Il faut savoir que c'est une plante qui n'étouffe pas et ne tue pas les arbres mais, qui leur procure bien des soins et qui leur est d'une aide bénéfique face aux éléments. Le lierre est aussi très important pour les abeilles et les oiseaux a qui il apporte une nourriture essentielle.

DSC02415 DSC02412

Ce lierre à une bien drôle et triste mine (insectes ou maladie ?) ce qui le rend magnifique.

DSC02413

 

La tramète versicolore (Trametes versicolor).

C'est un champignon que j'adore. Il détonne par ses couleurs qui se déclinent comme le ferraient celles d'un arc-en-ciel délavé. Ce  lignicole n'est pas comestible mais est utilisé pour la recherche contre le cancer. Il contiendrait des molécules qui soigneraient le cancer de la prostate. Les premiers essais sont concluants.

 DSC02405 DSC02406

Certains spécimens peuvent présenter des couleurs bien plus vives, surtout en pleine lumière.

DSC02404

Dure comme du bois (si ce n'est pire), cette tramète est parfaitement inconsommable.

DSC02407 DSC02402

 

La vie d'un vieux châtaignier (Castanea).

Il y a beaucoup de vie dans un vieux châtaignier, que ce soit la multitude d'animaux qui y vivent comme les oiseaux (chouettes dans les troncs, pinsons des arbres et mésanges sur les branches) que les champignons qui s'y installent. Certains ne font pas de mal à l'arbre et vivent presque en symbiose avec lui mais pour d'autres c'est toute une histoire. Quand le gymnopile pénétrant (Gymnopilus penetrans) est là, c'est souvent trop tard.

DSC02426

Peut être s'agit-il ici des restes d'un vieux polypore soufré (Laetiporus sulphureus).

DSC02428 DSC02430

 

Le chevreuil (Capreolus capreolus).

Il se plaît un peu partout en Eurasie, du moment qu'il ait a disposition une forêt mixte de conifères et de caduques à proximité. Gourmand on le voit l'été dans les prairies manger l'herbe verte. L'hiver il se rabat sur les écorces et les lichens. Au printemps sur les jeunes pousses et à l'automne il peut même croquer des champignons.

DSC02507

 

Les saules (Salix).

C'est un peu ma grande hantise en botanique, surtout à cette saison où il faut l'avouer, ils se ressemblent tous. Entre le nombre d'étamines, leur couleur, la forme des bourgeons, leur taille ou encore le type de milieu dans le quel ils poussent on est vite perdu.  Heureusement les feuilles ne devraient pas tarder, ouf !

DSC02437 DSC02438

DSC02434

 

Le narcisse jaune (Narsicus pseudo-narsicus).

 Il abonde dans les jardins pourtant il vient de nos campagnes et de nos forêts. On l'appel parfois à tort jonquille. Ce narcisse a été victime de sa beauté et après des années de cueillettes, a disparu dans certaines régions. Désormais, il est protégé dans bien des endroits où il est autorisé de n'en ramasser qu'une poignée.

DSC02446 DSC02455

 

La formation d'un fossile. 

Un fossile se forme en général quand un être vivant meurt et tombe au fond d'une rivière (le schéma de base). L'eau va charrier des éléments comme des boues et du sable qui vont recouvrir l'animal / le végétal et le protéger des éléments extérieurs. Peu à peu les éléments minéraux vont le pénétrer et le transformer en pierre. 

DSC02475 DSC02474

Cette reine des prés (Filipendula ulmaria) aime vraiment avoir les pieds dans l'eau.

DSC02471

Qui sait, peut être qu'un jour l'une de ces feuilles deviendra un magnifique fossile.

DSC02493 DSC02499

 

Le blaireau européen (Meles meles).

 Manque plus que le renard et nous aurions eu dans cet article un aperçu de tous les gros mammifères qui vivent près de chez moi. Le blaireau ne peut pas rétracter ses griffes, c'est aux marques qu'elles laissent que l'on reconnaît ces traces. Mine de rien c'est un gros animal qui peut peser entre 10 et 13 kilos ce qui n'est pas rien.

DSC02480 DSC02511

 

Le réveil du bois.

 Enfin la forêt s'anime. Les euphorbes des bois (Euphorbia amygdaloides) relèvent la tête et les bourdons de terre (Bombus terrestris) s'empressent d'aller butiner les premières fleurs sorties. Il s'agît bien souvent de violettes (Viola) ou de pâquerettes vivaces (Bellis perennis) qui font le bonheur des polinisateurs affamés.

DSC02512 DSC02514

DSC02498

 

Dans les arbres ça s'agite.

 Les oiseaux sont en ébullition, c'est le meilleur moment pour les observer en toute discrétion. En effet ils arrivent en nombre et se posent à la cime des arbres qui n'ont pas encore repris leurs feuillages verts. Les branches nues sont parfaites pour les voir même s'il faut se tenir à distance pour ne pas les déranger, ni les appeurer.

 DSC02503 DSC02509

 

Le mot de la fin.

Il aurait été sympa de croiser quelques morilles ou deux-trois orchidées mais ça ne saurait tarder, il faut attendre de voir les feuilles sortir sur les branches des frênes. Déjà repartie en prospection, je peux vous annoncer que la récolte de champignons et de fleurs sauvages s'annonce bonne cette année. De nouvelles espèces d'oiseaux sont arrivées, en particulier du côté des hirondelles ce qui me met en joie. Le printemps s'annonce beau. 

DSC02463 DSC02464

samedi 14 novembre 2015

Sortie en montagne 12.

P8160369

Week-end en montagne en Savoie, quelque part entre Albertville et Bourg St Maurice, plus précisément sur la commune de Bellentre. Nous avons eu la chance de profiter d'un temps féerique fait de brume et de nuages dans un petit chalet de montagne, pas loin du téléphérique de la Vanoise (qui à l'heure actuelle est le plus grand téléphérique avec ses 1824m de long). À plus de 1500 mètres d'altitude, nous avons une belle vue sur la vallée.

 

Le sureau rouge (Sambucus racemosa).

Nommé aussi sureau des montagnes, on peut utiliser ses baies mélangées à moitié avec des fruits rouges pour confectionner des confitures ou des gelées. Il faut prendre le soin de passer les préparations au chinois pour enlever les graines car celles-ci ont toxiques. Les grappes baies de rouges attirent de nombreux oiseaux.

P8150007 P8150013

 

Le pin des Alpes (Pinus cembra).

On le connaît plus sous le nom de pin cembro. Typique des étages montagnards, on le croise entre 1600 et 2800m d'altitude. Très résistant au froid et aux hivers rigoureux, c'est en Savoie que l'on trouve la plus grande forêt de cet arbre. Il a pendant longtemps été utilisé en montagne pour confectionner des objets de la vie quotidienne et dans l'alientation grâce à ses pignons riches en calories, chose non négligeable dans ce milieu.

P8150047 P8150056

P8150053 P8150061

 

Danger dans le brouillard.

Sortir en montagne dans le brouillard est toujours dangereux, même l'été, car le terrain est escarpé, les ravins sont nombreux et les moyens pour trouver quelqu'un de perdu pas toujours efficaces face à l'imencité des forêts. Mieux vos partir avec un bon équipement, des vêtements colorés et surtout un téléphone chargé.

P8150027 P8150075

 

Grande Cuscute (Cuscuta europaea).

C'est la toute première fois que je rencontre cette plante. Sa classification fait débat, selon les dernières publications elle appartiendrait à la même famille que les liserons : les Convovulacées. Parasite, elle se nourrie d'autres plantes comme la luzerne, la betterave, les pois ou l'ortie dioïque comme sur cette photo. 

P8150009

 

Le chénopoe blanc (Chenopodium album).

Cet épinard sauvage est moins connu que son cousin, le chénopode bon-Henri (Chenopodium bonus-henricus), pourtant il est tout aussi bon et pousse de partout, en particulier dans les friches. Dans l'antiquité elle était très appréciée pour les hommes et les bêtes. Ses graines peuvent rester en dormance plus de 100 ans !

P8150003 P8150004

 

L'épeire carrée (Araneus quadratus).

Cette petite araignée se reconnaît aux quatre points présents bien marqués sur son abdomen. Polymorphe, elle peut présenter une grande diversité de motifs et de couleurs. C'est une véritable tueuse qui peut attraper jusqu'à 500 insectes en une journée, débarrassant les maisons des moustiques, des taons et des mouches.

P8150102 P8150107

P8150116 P8150118

 

Le Renard Futé.

Il n'en fallait pas plus pour faire chavirer mon coeur de Renarde. Le Renard Futé est un bel itinéraire de randonnée proposé par la station de ski sur la quelle nous nous trouvons et nommée Mont Chavin - Les Coches. Pendant les 2 H de promenade 7 panneaux explicatifs viennent apporter quelques explications sur la faune et la flore.

P8150037 P8150073

 

La grenouille rousse (Rana temporaria).

D'ordinaire il ne faut pas manipuler les batraciens avec les mains, surtout quand elles ne sont pas humides, le contact produit sur leur peau est semblable à du papier de verre, mais celle-ci s'est invitée d'elle même. Les grenouilles rousses sont les batraciens s'invitant le plus haut dans nos montagnes. Dans les Alpes on peut la rencontre jusqu'à 2800 mètres d'altitude. Mâles et femelles ne partagent pas les mêmes milieux pour hiberner.

P8150071

 

Plantes royales et médicinales.

Voici deux plantes médicinales de montagne. À gauche une euphraise de Rostkov (Euphrasia officinalis subsp. pratensis) anciennement utilisée pour soigner la vue d'où son nom de casse-lunette. À droite une ortie royale (Galeopsis tetrahit) qui n'est pas une ortie. Elle serait utilisée pour les problèmes et les infections respiratoires et pour la reminéralisation. Elle est invasive en dehors de l'Europe, en particulier en Amérique du Nord.

P8150020 P8150088

 

Forêt fantôme.

Ces photos de résineux dans la brume m'évoquent une forêt fantôme. L'apparition de spectres et de lieux mystérieux à toujours fasciné l'esprit collectif, que ce soit dans nos films d'horreurs, dans les romans des romantiques au 18e siècle, dans les légendes arthuriennes ou dans les récits de la nobilitas romaine.

P8150128 P8150131

P8150130

 

La montagne l'été.

L'été la montagne a un tout autre visage. La patinoire est fermée, la réserve d'eau pour les canons à neige ressemble à une mare aux canards et les télésièges font pâle figure, balancés au grès du vent au dessus du vide. Néanmoins on trouve des touristes venus comme nous profiter de la nature et des sommets.

P8150090 P8150095

 

Les graminées changent de nom.

Désormais on ne parle plus de Graminae mais de Poaceae pour parler de cette famille qui contient de nombreuses espèces qui ne sont pas toujours facile à identifier. Parmi les 12 000 espèces classées dans familles, on trouve nos céréales dont les ancêtres nourrissaient au Crétacé certains dinosaures.

P8150031

 

Le chardon bleu des Alpes (Eryngium alpinum).

Ce panicault est extrémement rare, il ne se renconte que dans un sol riche en humus, très calcaire et frais. Depuis 1982 il est interdit dans son milieu naturel de la cueillir, de l'arracher, de le vendre et de le déplacer. La culture et la vente se font par des professionnels qui doivent fournir un certificat de production.

P8160258 P8160259

 

La célébre edelweiss (Leontopodium nivale subsp. alpinum).

C'est LA plante des Alpes. Très protégée, des scientifiques ont depuis peu trouvé comment la cultiver. On peut désormais s'offrir un godet pour son jardin ou une bonne bouteille de cette belle fleur adaptée aux grands froids. Elle est utilisée aussi en cosmétique mais surtout comme symbole du savoir faire alpin.

P8160252 P8160254

P8160284 P8160289

 

Un savoir faire qui se diversifie.

Fini la peinture sur bidon de lait et la vente de chapeau de paille, l'artisanat de montagne se diversifie. La mode des plantes et des soins naturels est en plein boum, le bio aussi. Les sols montagnards sont parfaits pour ce type de culture car encore assez vierges des pesticides, du délavement et de la culture intensive.

P8160247 P8160249

 

Foire agricole à Bourg Saint Maurice.

C'est l'occasion de voir du bestiaux ! Tarines décorées, chèvres colorées, canards indiens, cochons gras ... il y a une grande variété d'animaux présentés. On peut caresser des lapins en semi-liberté et assister à des démonstrations de traites et de tontes. Un bon moyen de se rapproche du monde agricole. 

P8160211 P8160238

P8160219 P8160223

 

Les valeurs sûres.

Le miel et la charcuterie, voilà deux produits typiques des campagnes et de la montagne et qui, sur le marcher, sont sûrs de trouver leur public, bien loin des psychoses sanitaires et alimentaires qui alimentent régulièrement les magasines et les émissions télévisuelles au risque de voir nos assiettes se vider.

P8160295 P8160298

 

Une poule qui a du chien.

C'est le nouvel animal de compagnie à la mode. Qu'elle soit naine ou de soie, la poule et en particulier de race ancienne est à nouveau à la mode. Elle a même prit place dans les appartements, dans les jardins partagés de ville et dans les jardins des passionnées où elle est désormais collectionnée et non plus cuisinée.

P8160216

 

Traditionalisme.

Souvent vu comme désuètes ou démodées, les vieilles traditions tiennent encore bon, que ce soit dans la rue, dans les chorales ou dans l'assiette. Un bon exemple de tradition vivace, celle des crozets, petites pâtes savoyardes de forme carré au sarrasin qui sont cuites à l'eau puis mélangées à du beaufort.

P8150195 P8160271

 

En parlant du Beaufort.

C'est le fromage local. Il existerait depuis plus de 2000 ans et est cité dans les textes romains. Pendant longtemps il est l'une des principales marchandises échangées dans les vallées. Sa production a été possible par la liberté qu'ont toujours possédé les paysans des Alpes vis-à-vis des pâturages alpins.

P8160266 P8160267

P8160290 P8160292

 

Le mot de la fin.

Je pensais finir cet article avec une note joyeuse, puis les événements du vendredi 13 sont passés par là. Pas trop le coeur à m'étendre là dessus, j'ai mal à ma France, le morale dans les baskets et dans l'idée que nous sommes à un moment charnière de notre histoire, pour autant je garde foi dans le vivre ensemble.

P8150045 P8160371

P8160375

lundi 9 novembre 2015

Sortie en forêt 60.

P9250005

 Voici un article 100% champignons ! L'automne est leur saison, au jardin, en forêt, dans les prés ... ils sont de partout. Bons et moins bons se croisent parfois dans le panier. La prudence alors est de mise d'autant plus que la confusion entre différentes espèces, excellentes comme mortelles peut être fatale même aux connaisseurs.  

 

Le pied de mouton roussissant (Hydnum rufescens).

 Cet hydne est plus petit et moins robuste que l'hydne commun appelé le pied de mouton (Hydnum repandum). Frêle il préfère pousser surtout dans les sous-bois assez denses où les résineux abondent. Dans le panier il faut prendre soin de le disposer au sommet ou sur des fougères pour qu'il ne se brise en morceaux.

P9250096 P9250097

 

Princesses des bois.

 L'amanite-tue mouche (Amanita muscaria) est un champignon qui est solidement encrée dans l'imaginaire européen. De nombreuses civilisations, des mayas aux vikings en passant par les lapons et les ariens (peuple indien), ont utilisé ce champignon pour ses propriétés psychotropes dans des rituels religieux.

P9250111 P9250113

P9250138 P9250139

 

La clique des lépiotes.

Il existe de nombreuses espèces de lépiotes de la famille des lépiotacées que l'on classe dans trois ordres différents : lepiota, macrolepiota et chlorophyllum. Par mis la cinquantaine d'espèces connues en Europe, une petite dizaine d'espèces sont toxiques, quelques unes mortelles, cinq ou six sont excellentes.

P9250026 P9250107

 

La lépiote élevée (Macrolepiota procera).

Appelée aussi coulemelle, c'est un grand champignon qui à maturité développe un chapeau large qui peut être préparer en beignet ou frie. Quand le chapeau est fermé ont le nomme baguette de tambour et on peut le farcir et le passer au four. Il ne faut ramasser que les individus dépassant 15cm pour éviter les confusions.

P9250102

 

Amanite phalloïde (Amanita phalloides).

 C'est le champignon le plus dangereux d'Europe, 90 à 95% des cas d'empoisonnements et de décès sont dûs à cette amanite qui porte aussi le nom d'oronge verte à cause de sa saveur. Elle fût fatale à l'empreur Claude, servit dans un plat d'onronges par les soins d'Aggripine pour donner le pouvoir à son fils Néron.

P9250080 P9250083

 

Fête dans la cuisine !

Le cépe de Bordeaux (Boletus edulis) est l'un des quatre cèpes que l'on trouve en France. C'est le plus recherche de tous et sa réputation en gastronomie n'est plus à faire. L'amanite-tue mouche (Amanita muscaria) et le meunier (Clitopilus prunulus) sont les deux espèces qui indiquent sa présence potentiel dans un spot.

P9250103 P9250014

P9250145 P9250146

 

L'effet d'un trop plein d'humidité.

 Quand tous les facteurs pour la pousse sont réunis, on assiste parfois à des réactions spectaculaires chez les champignons. Sous l'effet de la croissance rapide, les tissus ne résistent pas la pression exercée par les cellules qui se multiplient à une folle vitesse et cèdent. On obtient de ce fait des chapeaux étoilés.

P9250039 P9250052

 

Naissance des cortinaires.

 Les cortinaires sont des champignons présentant un important voile. Ils appartiennent à la famille des cortinariacées. Il existe un très grand nombre d'espèce,s peu sont comestibles, beaucoup sont toxiques et certaines sont carrément mortelles comme le cortinaire couleur de roucou (Cortinarius orellanus).

P9250055

 

L'hypholome à lames enfumées (Hypholoma capnoides).

 Cet hypholome est peu commun, nous avons la chance de souvent le croiser dans nos coins préférés. Il pousse comme la plupart des espèces de ce genre sur le bois mort et en particulier celui les vieilles souches mais uniquement de conifères et en particulier des pins et des épicéas. On ne le rencontre qu'à l'automne. 

P9250054 P9250058

 

La fleur de Tan (Fuligo septica).

C'est un myxomycète, c'est à dire un organisme pluricellulaire proche des champignons mais n'appartenant pas au même règne. Il se déplace très lentement à la recherche des nutriments et des bactéries dont il se nourrit. On peut l'observer de manière courante dans les forêts quand le sol riche en humus devient humide. 

P9250074 P9250076

P9250077 P9250079

 

Faux hydne gélatineux (Pseudohydnum gelatinosum).

Nommé aussi tramélodon gélatineux, ce champignon aime les aiguilles de pin et la mousse. De petite taille il est gélatineux et blanc, parfois teinté de brun. Bien que théoriquement comestible mais il est de très mauvaise qualité (texture et goût). On le trouve sur du bois pourri. Malgré ses aiguillons il est de la famille des tremellacées.

P9250068 P9250073

 

La vesse-de-loup-perlée (Lycoperdon perlatum).

 Cette petite vesse fonctionne comme la plupart des champignons de cette famille. La chair blanche avec le temps devient de plus en plus molle, perd sa couleur pour devenir verdâtre et non comestible. L'enveloppe extérieur se perfore alors pour libérer les spores dans un nuage épais qui peut provoquer des crises d'asthme. 

P9250108

 

La chanterelle d'automne (Craterellus tubaeformis).

Voici un excellent champignon qui en cuisine permet d'apporter aux plats un goût fruité et boisé qu'il ne perd pas même séché. On peut le trouver  jusqu'à la fin de l'automne et parfois, dans les régions du sud de la France, jusqu'au début du mois de janvier si ce n'est plus. Il pousse abondamment dans les forêts mixtes.

P9250092 P9250148

 

Magie de la forêt.

 C'est la fin de la saison des champignon, c'est aussi le moment où la forêt est la plus belle. Les animaux préparent l'arrivée de l'hiver et recherche activement de quoi se faire des réservent de graisse. La végétation se fait moins dense, il est plus facile de voir des animaux et de les pister parmi les arbres et les fougères.

P9250010 P9250057

P9250123 P9250125

 

Le mot de la fin.

 La récolte n'est pas très abondante mais tout à fait suffisante à nos préparations et surtout à nos aspirations. Risotto de cèpes, cèpes poêlées, frites de lactaires délicieux, sautées de chanterelles à la crème et au persil, lépiotes élevées pannées, pieds de moutons grillés. C'est un vaste programme qui nous attend ! 

P9250144


jeudi 1 octobre 2015

Girolles monstrueuses.

Chasse aux monstres !

J'ai envie ce midi de partager avec vous ma découverte. Ce sont les plus grosses girolles améthystes que je n'ai jamais trouvé, la poêlée va être bonne, d'autant qu'elles n'étaient pas seules ... je suis R-A-V-I-E. En ce moment j'ai plutôt tendance à parcourir les bois qu'à poster mes photos en ligne et à faire de l'identification même si je passe mes nuits le nez plongé dans mes livres de botaniques et de mycologie. Avec l'arrivée des grands froids cela changera vite, je suis un poil frileuse. J'ai une multitude de montagnes, de champignons (cèpes, truffes, amanites des Césars, trompettes...), de fleurs, de rivières et d'animaux à partager avec vous.

PA010429 PA010430

PA010432 PA010433

lundi 27 avril 2015

Sortie en forêt 56.

P4090166

Sortie aux morilles dans les forêts de vieux sapins pectinés (arbres hôtes des morilles coniques) du Parc de Chartreuse. Avec moi Nathan du forum Tachenon et grâce à qui nous avons pu bien remplir notre panier ! Mille mercis à lui pour son courage face à mes bavardages incessants !  Belle récolte malgré le sol sec.

P4090184 P4090185

P4090205 P4090193

Voilà 22 beles morilles coniques (Morchella conica). De petites tailles (maximum une douzaine centimètres), elles figurent parmi les espèces les plus courues par les ramasseurs ! Cette ballade est l'occasion de faire un court reportage photo sur le milieu dans le quel nous ramassons les précieux champignons.

P4090175

Petit rappel avant toute chose, les morilles quequ'elles soient méritent une longue cuisson. De plus rares, es morilles coniques subissent le contre coût de leur succès. Même si cela peut sembler bête, laisser quelques individus, âgés de préférences, permet à l'espèce de repeupler les bois et de faire de futurs belles cueillettes.

P4090171 P4090181

P4090169 P4090170

Alors quel biotope ? Pour faire simple : un sol calcaire et humide, un bois en pente, de la mousses, quelques hêtres, des vieux sapins pectinés, du lierre grimpant... bref tout un éco-système. Et comme indice ? des crottes de chevreuils ou de blaireaux. Cela semble surprenant mais il semblerait que les morilles poussent dans les zones visités par les animaux, en particulier le bords de chemins que leurs passages forment dans la végétation.

P4090241

Un peu plus haut en montagne on peut croiser un autre bon comestible qui parfois mais plus rarement partage les mêmes emplacements que les morilles coniques. C'est l'hygrophore de Mars (Hygrophorus marzuolus), champignons goutteux qui aime les forêts mixtes au sol moussu, couvert de pierres et de préférence calcaire. 

1P4090177 2P4090202

3P4090179 4P4090194

Voilà quatre plantes qui se croisent très régulièrement dan es bois abritant Morchella conica.
1 : L'Euphorbe des bois ou Euphorbe à feuilles d'Amandier (Euphorbia amygdaloides). Toxique.
2 : La listère à feuilles ovales (Neottia ovata ancienement Listera ovata). Orchidée.
3 : La Violette blanche (Viola alba) différente de La Violette blanche (Viola alba) Viola odorata.
4 : Ma plante adorée, l'héllébore fétide (Helleborus foetidus L.). Toxique.

P4090188

Après une longue migration, les coucous gris (Cuculus canorus) sont de retour en Europe. Comment le savoir ? Aux cris atypiques qui résonnent dans la campagne mais aussi aux oeufs (ici merle noir : Turdus merula) tombés aux sols que ces oiseaux ont remplacés par les leurs. Après la ponte ils repartent en Afrique.

1P4090231 2P4090233

3P4090182 4P4090244

Après les plantes indicatrices, voici les champignons indicateurs hormis pour le n°4.
1 : Pézize écarlate (Sarcoscypha coccinea) à différencier de la pézize d'Autriche. Comestible.
2 : Pézize veinée ou oreille de cochon (Disciotis venosa). Comestible.
3 : Strobilurus esculentus présent dans les spots à morilles coniques (Merci François !).
4 : Daldinia concentrique (Daldinia concentrica) réputée pour attirer l'argent.

P4090226

En somme une belle sortie avec des températures honorables voire élevées pour la saison et un soleil toujours plus brillant. Heureusement la fin avril connaît de fortes pluies du moins chez nous ce qui pour les champignons et les plantes est salvateur. Les prochaines sorties s'annoncent plus fraîches, tant mieux !

P4090253 P4090235

lundi 30 mars 2015

Sortie en forêt 52.

P3110639

 Des morilles ? Toujours pas ! Mais l'occasion est trouvée pour aller faire un état des lieux. Voilà une semaine que je suis sortie, et depuis je pense ou du moins, je l'espère, la Nature est moins endormie. À noter que les pézizes sont sorties ce qui est très bon signe, si ce n'est la pluie et le gel qui viennent de refaire apparition.

P3110539 P3110541

P3110538 P3110540

 Les mousses (Bryophyta) sont classées en 8 sous familles. Résistantes ont les trouvent un peu partout mais plus particulièrement dans les endroits humides. La forte résistance à la désydratation de certaines espèces est étudiée pour la conception de matériaux dits "du futur". Elles servent de nourriture à certains papillons. 

P3110484

 La présence sur un sol de nombreuses coquilles d'escargots permet d'obtenir des informations sur l'environnement du lieu. La plupart du temps cela veut dire que le sol est calcaire (parfait pour les morilles), qu'il y a un oiseau de proie dans le coin et que si elles sont grignotées, qu'un rongeur vie à proximité.

P3110506 P3110507

P3110508 P3110509

 Voila des trametes rougissantes (Daedaleopsis confragosa) bien délavées, signe que la fructification du mycélium est sur la fin. D'ordinaire rouges sang, même quand on les brise en deux, les ont prit sous l'effet des nombreuses pluies et du ruisseau tout proche des teintes pastelles. Elles peuvent présenter des formes variées.

P3110525

 Le petite pervenche (Vinca minor L.) fût autrefois utilisée comme plante médicinale en raison de ses propriétés dépuratives et diurétiques.  Rampante, elle aime les lieux boisés ou les parcs et murets en zone de mi-ombre. En forêt, la rencontrer en grand nombre peut indiquer la présence de vestiges humains (bâtiments).

P3110607 P3110609

P3110606 P3110602

 Le nivéole de printemps (Leucojum vernum) est appelé à tord perce-neige. C'ets la première fois que je le rencontre vers chez moi, du moins en fleurs car l'an dernier j'avais pu en observer les grandes feuilles vertes. Il n'est pas rare de voir dans les jardins des espèces proches cultivées qui présentent des formes variées.

P3110628

P3110630 P3110632

L'hellebore fétide (Helleborus foetidus L.) est ma plante adorée. Nommée pied-de-griffon ou rose de serpent, cette belle toxique met 4 à 7 ans à fleurit et meurrent à la 2ème floraison. Méllifère, on la reconnaît à ses fleurs vertes aux pétales bordés d'un liseret pourpre. Quand la plante est fécondée les étamines tombent.

P3110650 P3110651

P3110652 P3110653

 Le voilà le véritable perce-neige (Galanthus nivalis). On le différencie facilement du nivéole avec ses pétales qui forme un rendu très particulier : 3 pétales soudés bordés de vert, 3 pétales libres longs, ovoïdes et d'un blanc immaculé. C'est une plante protégée en Isère et bien que cela soit tentant, il est interdit de le cueillir.

P3110581

 Le nom pissenlit ou dent-de-lion est attribué à plusieurs espèces. Il s'applique à la famille des Taraxacum, et plus particulièrement aux espèces dites "communes" et "officinales" (on compte plus de 1200 espèces et sous-espèces de "pissenlits"). Des boutons on fait des préparations vinaigrés et des feuilles des salades.

P3110516 P3110584

P3110592 P3110595

Les orchidées sont en rosettes ! Hormis les deux dernières où on peut suspecter être en présence d'orchis mâles (Orchis mascula), est bien je sèche. J'ai remarqué que dans mon coin la floraison des orchidées va de paire avec la sortie des morilles... je suis donc d'autant plus attentive à la sortie des fleurs.

P3110542

 Mon ami le blaireau (Meles meles) a perdu quelques poils lors de sa dernière promenade nocturne. C'est le plus gros mustélidés d'Europe. Sa population est stable et pourrait augmenter pour retrouver sa démographie originelle si sa chasse est interdite comme il l'est demandé par les diverses associations de protection de la nature.

P3110558 P3110564

P3110533 P3110565

 Le pic épeiche (Dendrocopos major) est un oiseau discret que l'on reconnaît au vol atypique mais surtout au son que produit son bec quand il percute le bois mort pour le trouer et attraper les vers qui y vivent. Une série de trous de pic dans un tronc est signe que l'arbre est mourant ou mort et qu'il est dévoré par la vermine.

P3110574

 Trop tard pour ramasser ces oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae) qui sont toutes rabougries. Mais la ballade reste belle et faute de trouver quelques morilles je me console avec ces primevères acaules (Primula vulgaris) qui figurent parmi les premières plantes à fleurir dans l'année et qui évoque le printemps.

P3110513 P3110514

jeudi 8 janvier 2015

Sortie en forêt 50.

PA290637

 Les joies de la fin de l'automne. L'air se fait frais, la lumière est incroyable, les promeneurs se font rares et les jours deviennent beaucoup plus court, l'hiver arrive à grand pas. Les animaux prennent des forcesavant d'affronter le froid et la neige qui heureusement se font actuellement rares.

PA270353 PA290477

PA290478 PA270359

 Il ne gèle pas encore mais les rosées sont importantes. Elles jouent un rôle important dans l'équilibre naturelle. Elle apparaît le matin, quand la nuit a été froide et que les rayons du soleil pointent le bout de leur nez; alors une fine pellicule d'eau se condense sur la végétation. La croyance populaire lui prête de nombreuses vertus.

PA290505

 Les lézards prennent encore un peu le soleil avant de se mettre en hibernation, ce qui ne tardera pas (souvent fin octobre). Ils ne réapparaîtrons qu'à la belle saison, c'est à dire en Avril quand le temps se fait meilleur. 

1PA2905012PA290511

4PA2905493PA290518

On rencontre quelques belles fleurs, soit sur le déclin, soit en devenir. Hormis la dernière, qui est toxique, toutes sont connues pour leurs propriétés médicinales. Citons ainsi la primevère acaule (Primula vulgaris) 1, la vipèrine commune (Echium vulgare L.) 2, le géranium des prés (Geranium pratense) 3 ainsi que l'hellébore fétide (Helleborus foetidus) 4.

PA290498

Les châtaignes sont de saison. Appelées marrons quand elles sont proposées dans la rue, elles peuvent être bouillies, grillées ou même glacées. En farine elles servent à préparer l'emblêmatique gâteau de châtaigne.

PA290485 PA290487

PA290490 PA290489

Il y a encore quelques champignons, parmi ceux-ci ont peut citer, au milieu de sympathique mais non comestibles hébélomes (?) le strophaire vert-de-gris (Stropharia aeruginosa). Assez courant il se trouve dans les pâturages, sous les feuillus et/ou sous les conifères.

PA290481

 Les feuilles de ce pommier sont presque toutes tombées et pourtant il semble vert. Son secret ? De nombreux pieds de guis (European mistletoe). Toxique à haute dose, il est connu depuis l'antiquité pour ses vertus purgatives et diurétiques. Il serait un formidable anti-cancéreux.

PA290541 PA290546

PA290542 PA290543

 Autre plante que j'affectionne, le fusain d'Europe (Euonymus europaeus). Le charbon de ce bois a été longtemps utilisé pour réaliser de jolies esquisses. Hautement toxique, on employait ses baies et cosses en décoction pour teindre les cheveux en blond.

PA290567

 Une grosse russule, peut être vert-de-girs (Russula aeruginea) gît tristement au sol. Bien que toxique pour les humains, elle fait le bonheur des limaces, des larves de mouches et des sangliers.

PA290553 PA290558

PA290564 PA290569

 La forêt est jeune et pour cause, d'important glissements de terrain survenus pendant les inondations de 2002 qui ont touchées la région ont emporté les plus gros arbres. Laissant place aux plus petits, ils sont précieux pour la biodiversités : mousses, champignons, insectes et rongeurs y trouvent refuge.

PA290578

 Les aulnes perdent leurs feuilles. Larges, elles changent la composition du sol ce qui convient à très peu de champignons comestibles. Exit donc les cèpes, chanterelles, girolles et trompettes, place aux pleurotes et aux pholiotes du peuplier.

1PA2905752PA290581

3PA2905904PA290594

Au milieu des russules (2) et des non identifiés (4) on peut croiser le dangereux cortinaire couleur de roucou (Cortinarius orellanus) 1 et 3. Assez rare, il pousse dans tout type de milieu, d'août à décembre. Mortel, la mort peut survenir entre 24 heures et trois semaines et il est parfois difficile de l'identifier comme cause du décès.

PA290574

 Dans ce coin ici, la forêt se compose de noisetiers, de frênes, d'aulnes et de châtaigniers. Ee est bien peu semblable à celles dans les quelles se trouvent mes coins à champignons.

PA290587 PA290588

PA290591 PA290593

 L'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est l'un des champignons le plus courant d'Europe. Il se nourrit sur le bois mort et produit de vastes colonies. Toxique, il partage ses toxines avec l'amanite phalloïde.

PA290598

 Les éboulis et glissements de terrain créent de larges ouvertures dans la forêt. On peut aisément observer et photographier la cime des arbres mais attention, un pas de trop et c'estla chute dans le cour d'eau glacé 50 mètres plus bas.

PA290602 PA290603

PA290605 PA290607

 Larussule dorée (Russula aurata) est un excellente russule que l'on peut facilement confondre avec la russule hémétique qui cause de sévéres troubles de l'appareil digestif. Mieuxvaut la laisser aux expérts.

PA290648

 Il est bien triste mon panier qui, avec son lit de fougère, attend une récolte qui ne viendra pas. Nous ne sommes hélas pas en Corrèze où la poussé des cèpes est extraordinaire !

PA290616 PA290611

PA290628 PA290634

 Il faut se consoler avec la beauté du torrent de montagne qui n'est accessible qu'apèrs une petit demie heure de marche. Les eaux froides et turbulentes ont, au fils des années, transformé cette forêt de feuillus à tendance mixte en une sorte de forêt luxuriante où fougères et autres mousses évoquent les tropiques.

PA290691

 Le grand tilleul dispense toujours sa large ombre qui n'est plus nécessaire. Bientôt, il sera aussi nu qu'un ver et le lichen coloré de son ecroce donnera un contraste saisissant avec la neige immaculée.

PA290671 PA290672

PA290675 PA290673

La succise des prés (Succisa pratensis) est sur la fin de sa floraison. Il fait un superbe sujet de photographie. Appartenant à la famille de la campanule, on la nome aussi mors du Diable. On peut la croiser jusqu'à 2400 m d'altittude.

PA290676

 Elle est l'hôte de la chenilledu Damier de la succise, un très beau papillon qui temps à disparaître et qui fait l'objet de statu de protection (l'espèce est classée comme vulnérable). La destruction de son habitat serait en cause.

PA290678 PA290679

PA290680 PA290685

 Ce milieu est idéal pour rencontrer des chevreuils ce qui arrive fort souvent. Des bois denses et ombragés pour évoluer en toute discrétion, des pâturages à l'herbe grasse, la présence de sources nombreuses, des taillis épais pour mettre bas et dormir... que demander de plus ? Voilà de quoi faire une belel sortie même si le fond de l'air devient de plus en plus frais.

PA290694

samedi 5 avril 2014

Sortie en forêt 43.

P3300171

Après une petite sortie aux champignons avec la SHNVC, me voilà prise d'une envie de sortie en forêt. Loin de moi l'idée de trouver de nouveau des hygrophores de mars bien que l'idée me caresse.

P3300134 P3300140

P3300139 AP3300154

Les oiseaux sont en pleins préparatifs ! Nidfications, parades nuptiales... ce ne sont pas les activités qui manquent. Là aussi il faut ouvrir l'oeilpour voir les indices de leur présence. Plus difficile est l'identification des plumes et des oeufs, hormis la photo A où il s'agit d'une pédrix, je n'ai pu nomer les autres. De plus, le liste des candidats est longue, pour la consulter, c'est ICI.

P3300097

Le mycenea strobilicola pousse se reconnaît à sa forte odeur de javel et à ses lamelles de couleur gris claire. Il pousse à partir du début du printemps sur les vieux cônes d'épicéas. 

P3300115 P3300116

P3300118 P3300117

Dans la mare c'est l'effervécence. La mare où l'été dernier j'avais surpris un grand nombre de tritons alpestres puis, début janvier, des entremêlas de grenouilles agiles et de crapauds communs sur le réveil  est désormais remplit de leur progéniture à venir.Cela fait le plus grand bonheur des canards, des poissons et des autres prédateurs naturels des oeufs et des têtards comme les larves de libellules. Malheur aux mères peut attentives qui ont pondu dans des flaques asséchées... leur descendance est condamnée par le soleil.

P3300104

Un mygale? Non rien de cela, il s'agit en réalité d'une fougère aigle ou grande fougère (Pteridium aquilinum) qui est sur le point de déployer ses crosses. Encore consommées aujourd'hui un peut partout dans le monde, les dernières études montrent que ces fameuses crosses cuites, crues ou séchées seraient toxiques (comme l'ensemble de la plante riche en dérivés du cyanure), cancérigènes et détruiraient la précieuse vitamine B12 contenue dans l'organisme. Mieux vaut s'abstenir. 

P3300126 P3300125

P3300131 P3300135

Doux éveil de la nature où les vestiges de l'automne et de l'hiver croisent l'arrivée des premiers arrivant du printemps. Le col monte jusqu'à 887 mètres d'altitude (limite entre l'étage colinéen et montagnard), ce qui veut dire que la végétation que l'on y rencontre est plus tardive quand plaine. Les jonquilles commencent tout juste, les hépatites trilobées déploies leurs beaux pétales violacés.

P3300091

Classique des forêts: les tramètes versicolores. Avant d'être un remède contre le cancer, elles servaient d'ornement dans les compositions florales et sur les chapeaux des nobles dames !

1P33001102P3300179

3P33001804P3300093

1: Les néotties nid d'oiseau sous des orchidées qui fleurissent en même temps que les premières girolles. Sans chlorophylle, d'où leur couleur brune, elles subviennent à leurs besoin par la symbiose qu'elles entretiennent comme toutes les orchidées avec un petit champignon.

2: La cardamine des bois, cardamine flexuosa, est une plante qui donne des petites fleurs blanches. Elle est emménagogue, cholagogue, digestive, antispasmodique, vermifuge. Ses feuilles peuvent se manger en légume tout comme ses fleurs dans les salades.

3 et 4: Les lichens sont un mélange complexe entre un champignon, une algue et/ou une bactérie. Ils ne sont donc pas un être vivant unique à part entière mais l'associaton de plusieurs organismes qui vivent en symbiose. L'hiver c'est la nourriture principale des cerfs, des chevreuils et des rennes.

P3300177

Cette fêne de frêne est entrain de donner naissance à nouvel arbuste. Après avoir puisé dans ses réserves, la jeune pousse doit se faire une place. Par chance un immense pin a chuté non loin de là, embarquant dans sa chute d'autre arbre, laissant une large dégagée dans la forêt lui donnant ainsi assez d'nesolleillement pour pouvoir s'épanouir.

P3300184 P3300185

P3300186 P3300189

En somme une jolie promenade où il y aurait encore beaucoup à vous montrer et à vous dire. Le panier est vide de champignons, rien de bien grave, la saison ne fait que commencer.

-0-