samedi 28 octobre 2017

Sortie en montagne 16.

DSC01979Évasion dans la Loire et plus particulièrement dans le massif du Pilat, pour une ascension forestière vers les sommets. Loin du brouhaha de la ville, la fraîcheur des arbres et l'envie de se faire une bonne fricassée de champignons nous ont poussé à nous perdre en auto parmi les forêts sombres de conifères. Le dépaysement est complet, loin des arrêtes rocheuses de la Méditerranée et des verts sommets de la Chartreuse que nous aimons tant. Les étroits chemins caillouteux nous mènent vers de sombres fourrés.

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Les genêts ne sont plus en fleurs depuis un moment mais forment de jolis bosquets verdoyant le long du chemin.

Après nous être engagés sur les chemins forestiers dans notre petite auto, nous voilà partis vers l'ascension du sommet, sans savoir vraiment où nous nous trouvions. Sans pour autant nous perdre, nous aimons prendre plaisir à partir à l'aventure en laissant libre court à notre imagination et à nos pieds quand nous sommes en forêt.

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Surprise, pendant notre marche nous tombons sur une très belle poussée de girolles (Cantharellus cibarius). Entre les pierres du chemin, elles se frayent un chemin jusqu'à notre panier, laissant ainsi voir la force dont les champignons peuvent faire preuve, certaines poussant ou ayant déplacées d'imposants blocs de roches.

DSC01998Après une bonne toilette pour les débarasser de leur terre, elles finiront en omelette avec quelques oignons.

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En montagne, c'est encore la saison des petits fruits. Baies d'églantier (Rosa sp.), de busserole (Arctostaphylos uva-ursi) et de framboisiers sauvages (Rubus ideas) régalent nos yeux et parfois nos estomacs. Quelques fleurs comme celle de la grande berce (Heracleum sphondylium) viennent compléter le tableau.

DSC02004Le lieu est très riche en naturalité, c'est à dire qu'il possède un caractère sauvage de par les éléments qui le compose. Fourrés denses de ronces, éboulements de pierres, terriers, bois mort et troncs sur pied (que l'on nomme chandelles) font partis du décor. C'est un lieu privilégié pour écouter et voir la faune mais aussi, pour se sentir immergé dans cet espace remarquable. Si le mal de la civilisation prend le promeneur, il lui est possible de voir au loin les grandes villes et usines de la Loire. Ici les pics se sont donnés à coeur joie.

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Quelques bolets ligériens (de la la Loire).

Arrivés sur le sommet, nous pouvons voir que la forêt laisse place à une végétation beaucoup plus rase qui fait le bonheur des moutons et des callunes. Le vent souffle sans discontinuer et le ciel est gris-bleuté ce qui est bienvenu car bien que l'air soit frais, nous suons à grosses gouttes après avoir affronté des montés escarpées.

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Quelques arbres se maintiennent sur le col. Vieux, petits et parfois tortueux, leur condition reflètent la force des éléments qui parcours ce milieu et face aux quels les plantes doivent faire face. Cela donne des groupement et des biotopes très particuliers que l'on ne peut rencontrer qu'après avoir usé de ses mollets.

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samedi 18 mars 2017

Découverte et prospection du Pet-du-Loup.

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Sortie scolaire au Pet-du-Loup, un des sommets les plus au nord du Pilat. L'objectif est de s'initier au travail de terrain. Il s'agît d'une lande à callune vieillissante qui se trouve peu à peu colonisée par des espèces pionnières tels les boulots. L'enjeu est de redonner à ce milieu un coup de jeune et de le maintenir ouvert pour favoriser sa biodiversité et le retour de certaines espèces, en particulier les couples de busards nicheurs.

 

La fermeture d'un milieu.

La fermeture du milieu n'est pas un mal en soit, elle fait partie d'une suite logique dans l'évolution d'un espace naturel. Elle devient cependant problématique quand le milieu est rare et/ou ne peut être maintenu par des pratiques ancestrales ou par des éléments naturels comme le pâturage d'ovins ou de grands troupeaux d'herbivores sauvages comme c'était le cas il y a quelques millénaires en France avec les aurochs.

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Les polypodes (Polypodium sp.).

Ces fougères étaient autrefois bien connues des écoliers qui en suçotaient les racines au goût léger de réglisse. En France on rencontre trois grandes espèces (et parfois leurs hybrides) : le polypode du chênes (Polypodium interjectum), le polypode commun (Polypodium vulgare) et le polypode austral (Polypodium cambricum).

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Les traces animales.

Les traces du passage des sangliers (Sus scrofa) sont nombreuses. Crottes, traces de pattes avec parfois celles des ergots et ossements, voilà de quoi aborder l'animal sous toutes ses coutures. Nous avons même pu observer le squelette d'un juvénile dont les restes semblent avoir été traînés par un renard roux (Vulpes vulpes).

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La nature du sol.

La nature du sol et plus particulièrement celle de la roche mère jouent sur les peuplements que l'on peut trouver. Ici le sol est à tendance acide, cela vient du fait que la roche mère est en grande partie composée de schiste qui se reconnaît à son aspect feuilleté et à ses teintes métalliques. Parfois on peut en trouver quelques blocs à la surface. Dans certaines régions on l'emploie pour construire des habitations traditionnelles.

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L'emploie du GPS et la cartographie.

Il n'est pas simple de se repérer dans une lande composée de plusieurs hectares, parfois couverts de forêt et composés de plusieurs parcelles cadastrales. Pour se faire des GPS ont été utilisés pour repérer les limites du site afin de planter des repères mais aussi pour délimiter les milieux afin de produire une cartographie d'habitats et ainsi, établir les mesures de génie écologique à mener pour le chantier à venir prévu sur le Pet-du-Loup. 

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La noix de galle d'Andricus kollari.

La cynips de la galle ronde du chêne (Andricus kollari) est un hémynoptère (comme les abeilles et les guêpes) qui apprécie les chênes. Celle-ci y pond ses oeufs sous l'écorce des jeunes rameaux. Cela a pour effet de modifier les tissus et de donner naissance à des sphères de tissus tendres dont les larves se nourrissent.

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Quelques espèces de ce milieu.

Dans les landes à callune on rencontre des espèces qui se plaisent dans ce milieu bien que pas nécessairement inféodées à celui-ci. Parmi celles-ci on trouve la digitale pourpre (Digitalis purpurea), une bisannuelle qui peut atteindre 2 mètres et présente des clochettes roses. Il arrive que ses feuilles soient confondues avec celles de la grande consoude (Symphytum officinale) ce qui parfois conduit à des accidents tragiques.

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Le mot de la fin.

Voilà une journée bien remplie et riche en émotions. Nous avons pu nous faire les mollets tout en nous initiant au terrain. Sur le retour nous avons même pu apprécier le vol d'une cigogne blanche (Ciconia ciconia) et la pose de ce faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Bientôt nous retournerons sur le Pet-du-Loup pour manier les débroussailleuses, les sécateurs et les tronçonneuses afin de maintenir les actions entreprises sur la lande.

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