samedi 8 août 2020

Grands changements : adieu Oullins.

DSCN3777Des canards et des pigeons à profusion dans le lit bétonné de l'Yzeron. Cette image, vous ne la verrez désormais plus sur le blog et pour cause, nous déménageons enfin ! Adieu le voisinage détraqué, les fuites du toit, les moisissures sur les murs, les incivilités, les pots d'échappements, la musique à point d'heures et les odeurs de friture. Nous partons à une dizaine de kilomètres de là, plus au sud du département. Nous avons enfin franchie le pas et bien que la présence de la rivière sous nos fenêtres nous manquera un peu, la proximité du Rhône, de ses rives et de sa ripisylve remplacera sans peine le souvenir de l'Yzeron et de sa riche biodiversité bien que nous nous trouvions en coeur de ville. Nous voilà dans une ville de plus faible importance, en coeur de village face à l'église, entre le fleuve et les vergers où Thomas aime travailler. De quoi trouver tout le repos dont j'ai besoin mais aussi s'initier à la découverte de nouvelles espèces. C'est un vaste programme qui nous attend.

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Les jeunes corneilles noires (Corvus corone) ont quitté le nid. S'exerçant au vol sur les plus hautes branches des platanes, elles attendent leurs parents leur apportant le précieux ravitaillement pour les sustenter. Pendant le confinement nous avons pu observer les adultes attraper des poissons pour nourrir leur progéniture. peut être que le même comportement se retrouvera chez cette nouvelle génération

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Les derniers jours de vie oullinoise, une aigrette garzette (Egretta garzetta) est venue chasser les petites poissons. La jolie coloration bleue et rose sur la peau à la base du bec et les pattes bien coloré indique qu'il s'agit d'un individu apte à la reproduction et ayant entame sa nidification. La différence entre les pattes et des tâches colorées laissent penser qu'il peut s'agir de deux adultes différents sans qu'ils ne soient nécessairement liés.

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Les jeunes faucons crécerelles (Falco tinnunculus) s'essayent eux aussi au vol. Un frère et une soeur, issus de la nichée couple qui a élu domicile dans le parc tout proche, ont trouvé refuge sur le sommet de la grande barre de logement qui nous fait face. Les nombreuses fientes attestent qu'il s'agit là d'un perchoir régulier, en atteste les nombreuses observations que nous avons pu faire ces 4 dernières années.

DSCN3550Surprise dans le ciel, un vol de 14 hirondelles de fenêtres (Delichon urbicum) affronte les gouttes qui commencent à tomber à gros flots. Déjà l'an dernier nous avions pu observer un pareil spectacle au dessus de la rivière. Nous étions partis à la recherche des nids sans pouvoir mettre la main dessus. Espèce anthropophile, cette hirondelle aime faire son nid fait de boue et de salive sous les toitures des maisons.

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Attirées par les nuées d'insectes, les hirondelles volent à toute allure. Les nids ne doivent pas être loin. En effet, les petits sont nourris toutes les 20 secondes en moyenne, ce qui induit que les adultes se nourrissant ne se trouvent guère loin de leur colonie. Il faudra attendre l'an prochain pour en avoir le coeur net. En attendant elles ont pris place sur le mur du nouvelle appartement à travers un grand poster estampillé, bien sûr, LPO.

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Il nous aura pas fallut plus de 12 jours pour décider de partir, trouver un nouvel appartement, le visiter et nous y installer. De notre fenêtre nous avons une superbe vue sur le Mont Blanc les jours de grand beau, de même pour les cheminées de la raffinerie qui se trouve aux pieds de la colline sur laquelle se trouve notre nouvelle commune d'adoption. Comme toujours, il n'est pas possible de tout avoir, du moins pas encore.

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Adieu aussi les nombreux poissons de la rivière Yzeron : le ballet des carpes venant en grand banc pour frayer, les vandoises, les perches, les brèmes et les silures qui font le bonheur des pêcheurs du dimanche qui viennent chercher là des leurres mais aussi faire de belles prises, et si parfois certains sont peu regardant sur les déchets en laissant abandonnant les fils de pêche, d'autres n'hésites pas à nettoyer les berges de la multitude de déchets.

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Et puis il y a leurs promeneurs et leurs chiens non tenus en laisses. Ces derniers mois nous avons pu découvrir une carcasse de canne dévorée, un cygne à l'aile cassée suite à de nombreuses morsures, des canetons mâchonnées ou morts car abandonnés par leur mère apeurées. De notre fenêtre, ces comportements nous ont rendu bien souvent fou de rage et bien que signalé, les pouvoirs publics ont peu de moyens pour intervenir.

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Cependant, nous voyons des choses bien plus joyeuses. Chaque année un ou deux couples de cygnes tuberculés (Cygnus olor) viennent avec leur progéniture cherchent quelques brins d'herbes et d'algues. Tout fraîchement éclos et vulnérables, ils utilisent le plus possible le dos de leur mère pour les longs trajets. Grandissant rapidement, bien vite les parents ne peuvent plus prendre qu'un ou deux rejetons entre leurs ailes.

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Voilà, rien de fou dans cet article, juste une des grosses infos du blog pour l'année 2020. Désormais les tariers pâtres (Saxicola rubicola) et les bruants zizi (Emberiza cirlus) nous accompagnent dans toutes nos ballades campagnardes. Les lièvres, les chevêches d'Athéna, les grands rhinocéros (un magnifique scarabée au nom évoquant ses cornes) et les pics verts font partis de notre paysage et j'ai hâte de vous montrer à quoi il ressemble.

Cela ne fait que quelques semaines que nous vivons là et pourtant, j'ai l'impression d'y être depuis des mois si ce n'est des années. La campagne et les verges y sont fabuleux et regorgent de vie, le salon de thé, les artisans locaux, la place et les vieilles pierres nous donnent la véritable impression d'être en coeur de village malgré les 8000 habitants. Nos fenêtres font face au couloir de migration et en 10 minutes à pied nous pouvons nous tremper dans le vieux Rhône. Il ne nous faut rien de plus pour être heureux dans ces instants.

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dimanche 5 avril 2020

Oullins au rythme de l'Hiver.

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Oullins l'hiver, c'est encore un autre visage de la ville. On cherche les oiseaux et on écoute les chants de la rivière Yzeron qui coule à nos pieds C'est aussi l'odeur des pots d'échappement qui chatouillent nos narines mais c'est surtout, le moment de profiter des rues un peu plus vides qu'à l'accoutumée en cette période froide. Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) poussent de la voix. Posés dans les grands platanes ou sur les gouttières, ils commencent à prospecter les cavités où ils pourront nicher dès l'arrivée du printemps. Ces oiseaux alors si sociaux deviennent solitaires, quoi que, pas tant que cela, les couples s'installant souvent près des uns des autres ce qui ne va pas sans engager parfois quelques violentes disputes de voisinage. La ponte intervient entre fin mars et début avril, où 4 à 6 oeufs bleus sont déposés dans le nid. Il faudra alors attendre 3 semaines pour voir toute la famille s'envoler de la cavité l'ayant accueillie. Les parents continuent à nourrir les jeunes après leur envol.

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Petit tour au bord de l'eau. Nous y croisons un rat surmulot (Rattus norvegicus), comme nous en voyons souvent depuis de notre fenêtre ou dans la cours de notre immeuble. En ville, il vit dans les endroits délaissés par les hommes où il se nourrit de déchets. Mail aimé en raison des maladies qu'il véhicule par son urine ou par ses puces, il n'en reste pas un animal fascinant faisant preuve d'une grande intelligence et de sensibilité.

DSC09817Levons la tête. Au-dessus de nous, entre les immeubles, passe l'un de nos oiseaux favoris. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un petit faucon qui a prit possession des villes. Ici nous suivons souvent un couple qui aime venir chasser ici et qui, parfois, se pose sur la barre HLM en face de chez nous, nous laissant tout le loisir de l'observer. Nous avons découvert l'an dernier à la fin de l'été qu'il nichait dans le clocher d'Oullins.

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Saut par le parc de Chabrière. Belle surprise nous y trouvons pour la première fois des pigeons colombins (Columba oenas), un magnifique pigeon de petit taille, au regard noir et à la silhouette élancée. Cavernicole, il niche dans les cavités des arbres, de ce fait les grands platanes sont un lieu tout trouvé, ceux-ci étant souvent creux en raison des champignons dévorant leur coeur. Ici trois individus nous observent depuis les branches.

DSC09823Véritable anachronisme, une grande berce (Heracleum sphondylium) est déjà en fleur alors que nous ne sommes qu'en février ! Pourtant il n'y a pas de doute à avoir : feuilles découpées, limbe verte et pileuse, odeur de mandarine sur les fruits naissants ... tout y est. On trouve même à côté de celle-ci la tige de l'année précédente toute défraîchie par le gel et par le soleil. C'est une plante à la multitude de noms. En fonction des régions elle est appelée pattes d'ours, herbe du Diable ou cornes de chèvre. Son nom latin d'Heracleum est tiré de celui du héron antique Héraclès, plus connu comme Hercule. Aromatique, les feuilles, les jeunes tiges, les sommités fleuries en bouton, les graines et les parties souterraines peuvent se consommer de diverses manières : en infusion, frites, en gratin, en crème brûlée, en gâteau, en soupe ou encore en salade.

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Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont de retours. Nous sommes alors au début de l'hiver, ils n'ont pas encore l'idée de se consacrer à la reproduction. Tout le joyeux groupe composé d'une quarantaine d'individus est parti dans les branches pour passer la nuit. Il ne faut la croire mais même en ville, le danger est là. Faucon pèlerin, épervier, faucon crécerelle, hibou moyen duc et même buses ... les prédateurs rôdes parmi les arbres.

DSC09826En face de la fenêtre, une famille de 5 corneilles noires (Corvus corone) s'anime. Nous avons pu voir les jeunes prendre leur premier envole, réclamer l'attention de leurs parents, chiper le pain aux canards et jouer dans les feuilles mortes. Toutes présentent des anomalies : une petite taille avec des plumes blanches et abîmées, signe que la faune en milieu urbain ne se porte pas toujours bien, en raison d'une alimentation défaillante.

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Retour à la fin de l'hiver. Dans les fruitiers qui commencent à fleurir, une joyeuse troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'exitent. En 30 ans, leur population a diminué de plus de 70%, et cela reste une découverte récente ! Un rappel fort pour ceux qui auraient tendance à laisser de côté nos oiseaux locaux qui sont pourtant fortement menacés pour se centrer exclusivement sur des espèces plus exotiques.

DSCN1362Les tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sont des oiseaux graciles originaires du Moyen Orient et présent en France seulement depuis une centaine d'année, d'où son nom de "turque" là où les anglophones ont la délicatesse de la nommer "Eurasian Collared Dove", soit tourterelle eurasienne à collier. Ce beau collier noir n'est présent que chez les adultes, un moyen simple de reconnaître les juvéniles.

DSCN1565L'oie de Guinée (Anser cygnoides) est une oie domestique. Celle-ci ensauvagée longe la Saône, car à vrai dire nous avons quitté Oullins pour remonter tranquillement le long de la rivière. Cette espèce se reconnaît à son tubercule noir massif, absent chez l'espèce sauvage ayant donné naissance à de nombreuses oies domestiques, l'oie cygnoïde (Anser cygnoides). Rare et menacée, on l'a rencontre en Chine, à Tawaïne, en Mongolie, en Russie, au Japon et en Corée. La chasse excessive et la disparition de ses habitats sont les deux facteurs principaux qui conduisent rapidement cette espèce à l'extinction alors qu'elle reste très mal connue. Pour revenir à l'oie de Guinée, c'est une espèce connue comme animal ornemental de part nos contrées mais élevée en Asie comme volaille en raison de sa robustesse, sa croissance rapide et sa capacité de se nourrir d'un peu près tout les types de déchets de cuisine.

DSCN1551Le chevalier guignette (Actitis hypoleucos) se promène parfois devant chez nous. Le voilà sur le bord de la Saône, sur un branche à guetter les petites bêtes dont il se nourrie. D'ordinaire il s'observe sur les rives, se promenant parmis les graviers et les pierres semi-immergés. On le distingue facilement des autres chevaliers grâce à ses pattes jaunes et à la tâche blanche qui par de son ventre et qui remonte au dessus de son aile.

Fin de la ballade, il faut rester chez nous pour au moins un mois, sans doute plus. Nous ne plaignons pas, nous sommes dans un tout petit appartement certes, mais avec deux grandes fenêtres qui s'ouvrent sur le monde et en particulier, sur l'Yzeron, nous avons de quoi nous occuper. Les merles, les corneilles et les mésanges nichent dans les arbres, les hérons passent au-dessus de notre tête et les pigeons commencent leur parade.

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samedi 21 mars 2020

La LPO au rythme de l'Hiver.

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Quoi de neuf à la LPO Rhône ? Beaucoup de choses ! L'hiver a été bien remplit, en particulier le mois de janvier.

Les comptages LPO à Miribel Jonage

Tout commence en début d'année avec le comptage des grands cormorans (Phalacrocorax carbo) au dortoir. Nous participons à celui de Miribel Jonage. Pas moins de 500 individus y passent la nuit. Les effectifs sont stables. J'ai toujours pris plaisir à les voir au fil des mois pêcher les poissons chats. Une étude réalisée dans le secteur et sur appuie des rejections des cormorans montre que leur régime alimentaire se compose de 85 à 95% de ses poissons, de quoi changer le regard de ceux qui les accusent un peu trop vite de prédater les ombres et les gardons. Espérons que les tirs administratifs autorisant le prélèvement de 100 individus dans le Rhône ne conduisent pas à l'effondrement de cette population encore fragile.

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Les arbres des forêts alluviales des petites îles et presque-îles sont des lieux de vigiélature parfaits, du moins, du moment où les bateaux ne passent pas à toute vitesse à ras de berges, poussant les oiseaux à s'envoler. Je vous laisse imaginer la complexité du comptage. Nous sommes ce soir là 7-8, équipés de jumelles et de longues vues à tenter de dénombrer les oiseaux se posant sur les branches pour passer la nuit.

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Mi-janvier, changement de mission mais on garde le même cadre. Nous sommes toujours à Miribel Jonage mais cette fois pour participer au Wetland, le comptage international des oiseaux d'eau. Plusieurs équipes se partagent les différentes zones humides du Rhône pour compter sur la même matinée les oiseaux inféodés à ces milieux. Douceur hivernale obligeant, très peu d'oiseaux sont comptabilisés comme les années précédentes.

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Le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) aime les lisières, les friches, les zones boisées ou plus ouvertes des milieux ruraux. Celui-ci a triste mine, sans doute prédaté par un oiseau de proies ou un chat. Tout bossu et voltant, je ne donne pas cher de sa peau. C'est le lot de la plupart des petits passereaux, ne vivant que rarement plus de deux ans en milieu naturel en raison des nombreux dangers auxquels ils doivent faire face.

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Territoriale et solitaire, c'est un des rares oiseaux où les deux sexes partagent le chant comme moyen de communication et de délimitation de territoire. Chez la plupart des autres espèces, seuls les mâles portent la voix pour la saison des amours pour séduire les femelles, combattre les rivaux et définir l'espace de vie, bref, c'est ce que l'on retrouve chez les mammifères avec les marqueurs olfactifs ou les barrières de bois des pavillons ruraux.

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Comme depuis 3 ans, il y a peu d'oiseaux d'eau hivernants, la faute aux hivers particulièrement doux qui ne poussent pas les canards du grand nord de l'Europe à rejoindre nos latitudes. Piège fatal, quand les vagues de froids arrivent brutalement ils sont souvent pris au dépourvu. Les populations se scindent alors en deux, une partie reste et affronte un froid mortel, l'autre part en migration au risque de ne pouvoir se nourrir sur sa route. Un pari qui se solde souvent par la mort d'un des deux groupes. Ici, ce sont deux mâles et une femelle de nettes rousses (Netta rufina) qui ont pris refuge à Miribel et qui sont des habitués du lieu.

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Changement de paysage, nous voilà au grand large, une vaste étendue d'eau semi-artificielle pour aller identifier les laridés qui vont au dortoir, entendons par là les goélands et les mouettes qui se mettent au lit, mais avant, passage obligé par les phragmites pour voir notre premier rémiz penduline (Remiz pendulinus) pour notre plus grand bonheur. Sur la digue, une multitude de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) prennent le soleil.

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Deux solitaires nagent à notre rencontre, une oie domestique (Anser anser domesticus) et un cygne turbeculé (Cygnus olor). Habitués au pain, ils voient dans les humains de quoi avoir un repas sans le moindre effort. Bien mal leur en prend, le pain est dangereux pour les oiseaux et peut déformer leurs ailes, abîmer les plumes rendant l'oiseau inapte au vol, créer des inclusions intestinales et même se montrer mortel. Autant leur donner de l'herbe.

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Dans la même phragmiteraie que les rémiz, de mignonnes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) donnent de la voix. Ces oiseaux ont longtemps été rangés jusqu'à peu dans la grande famille des mésanges - désormais ils sont rattachés aux orites, nom que j'adore. Les orties communiquent par petits cris pour s'assurer de savoir où se trouve chaque individu, s'il y a du danger à proximité et s'il y a de quoi à manger à tout hasard dans le coin. Minuscules, ces boules de plumes noires, roses et blanches sont photogéniques, en particulier dans elles explorent les bourgeons des branches de saules qui plient sur leur poids et les conduisent à avoir la tête en bas pour se nourrir. Elles peuvent former des groupes de 4 à 20 individus pour arpenter les cimes des arbres, les haies et les fourrés denses à la recherche de graines, de baies et d'insectes.

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Nouvel observation, celle de quatre goélands cendrés (Larus canus). Petits, ils sont un peu plus gros que les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) qui les accompagnent. Le plumage en partie brun indique qu'il s'agit de juvéniles, les adultes étant complètement blancs et gris. Se raréfiant, les individus que l'on trouve à proximité du Rhône sont pour la plupart migrateurs et proviennent des pays du nord comme les pays scandinaves.

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Le soleil se couche, nous finissons par un comptage des laridés - c'est à dire des divers goélands et mouettes - qui vont sagement se poser sur la grande digue pour passer la nuit. Nous sommes une vingtaines équipés de jumelles et de longues vues pour compter les 1000 à 1200 oiseaux qui se trouvent là. Un sacré monde mais rien d'important quand on sait que cela représente la totalités des oiseaux présent sur presque le territoire.

 

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Actions LPO chez les exploitants

Ballade sur Irigny, nous en profitons pour aller voir la mare creusée à la fin de l'automne 2019 au milieu des vergers de pommiers et de poiriers, chez deux jeunes exploitants très sympas et dynamiques. Nous étions alors 20 à 25 pour tendre les bâches et adoucir les berges à coups de pelles et de pioches sous un début de pluie battante. D'ailleurs, vous pouvez en retrouver le récit détaillé en cliquant ICI. De retour sur place 4 mois plus tard, elle est toujours là. Le géotextile commence à brunir et se fondera parfaitement dans le paysage d'ici quelques semaines. Le fond devient vaseux, permettant ainsi aux premières plantes de s'installer et de permettre aux animaux d'arriver à leur tour. Déjà les Gerris, petites punaises d'eau carnivores souvent confondues avec des araignées, ont fait leur entrée et chasse les malheureux insectes tombés à l'eau.

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Changement de décor, nous voilà à proximité de Craponne, chez un maraîcher et horticulteur pour réaliser divers nichoirs pour favoriser la biodiversité de son exploitation. Chouette chevêche, huppe fasciée, mésanges bleues et charbonnières, moineaux domestiques ... ce sont là quelques unes des espèces que nous avons tenté de contenter, avec une sacrée équipe de bénévoles, en leur offrant un logis digne de ce nom. 

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Parents comme enfants mettent la main à la pâte. Il faut déjà comprendre les schémas, qui ne sont pas toujours simples à maîtriser, s'assurer que toutes les pièces sont là et que le bon nombre de vis figure sur la bâche. Au final tous les nichoirs seront fabriqués dans la matinée puis posés l'après-midi avec des perchoirs à rapaces pour mener des actions sur les rongeurs pouvant causer des dégâts importants sur les cultures.

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Nouveau passage près d'une mare, celle du Parc Lacroix Laval, la toute première que nous avons réalisé et que je documente ICI. Quelques jours plus tard je débutais à la LPO AuRA Rhône. Creusée dans la parc, à proximité de la forêt, des chemins de promenades et des enclos des chevaux de des daims, cette mare à pour objectif d'acceuillir les amphibiens du parc qui sont nombreux mais trouve pas nécessairement de quoi se reproduire.

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Pour notre plus grande bonheur, dans celle-ci se trouvent déjà des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris), des grenouilles agiles (Rana dalmatina), des limnées (Lymneas sp.) ou encore des larves de libellules. Tout un écosystème devenu fonctionnel et qui abrite de nombreux animaux. Cela ne va pas sans faire plaisir quand on pense à la difficulté que cela a été de la creuser mais aussi auc bons moments de rigolade que cela a été.

 

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À la recherche du hibou grand duc

La nuit commence à tomber. Nous sommes mi-février et pas moins de 70 dans la petite salle des fêtes de Tupin et Semon, sur les hauteurs d'une des rives du Rhône. La mission de la soirée ? Partir à la recherche du hibou grand duc (Bubo bubo), le plus grand hibou du monde avec 1,80 m d'envergure. Repartis en équipes, nous avons chacun notre vallon à surveiller. Il faut alors tendre l'oreille pour entendre le "Hou" grave du mâle et les "Hou hou" plus aiguës de la femelle en faisant abstraction de l'autoroute en contrebas, des aboiements des chiens du voisinage et des cris des autres animaux sauvages présents, sans parler non plus du vent qui déforme les sons qui nous parviennent. Nous prospectons ce soir là les vallons rhodaniens des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère et de l'Ardèche. Autant vous dire que nous sommes motivés, à attendre un peu plus d'une heure immobile dans le froid et la tombée du jour à guetter un signe de présence.

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Notre vallon est entouré de vignes de grand renom. C'est d'ailleurs une des principales menaces pour notre grand duc. L'hectare dépassant parfois le million d'euros, les vals boisés et pourtant protégés ne font pas passe aux appétits de certains. Les pelles mécaniques arrachent sans ménagement les arbres, les rochers sont minés et la faune chassée. Autant dire qu'il faut apporter une vigilance toute particulière dans ces secteurs.

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Nos espérances sont grandes. Le vallon que nous surveillons n'a pas revu de grands ducs depuis 2016, année à la quelle le mâle du couple qui s'y reproduisait, a fini électrocuté sur une ligne à haute-tension. Nous nous attendions pas de ce fait à entendre chanter notre premier duc et pourtant, ce soir là, il a pour la première fois depuis longtemps donné de la voix. ll s'agit d'un mâle que nous n'avons toujours pas réussi à voir.

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Levons les yeux au ciel, un immense vol de choucas des tours  (Coloeus monedulanous survole. Les oiseaux rejoignent leur dortoir qu'ils quitterons au petit matin pour chercher de quoi ce nourrir. Le printemps étant là, on ne trouve désormais que de petits groupes voire, des couples isolés qui nichent dans les cavités des arbres et des bâtiments. Il faudra attendre l'automne pour que voir se former à nouveau ces grands rassemblements.

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Départ pour le second vallon que nous suivons. Monsieur et madame grands ducs sont tous les deux là, donnent de la voix et nous avons même la chance de voir pour la première fois le mâle ! La photo est de piètre qualité mais qu'importe, le majestueux rapace est là. À l'heure actuelle la femelle est en train de couver et nous retournerons voir le charmant couple d'ici quelques semaines pour écouter les cris des poussins sortis de l'oeuf.

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Falaises, vignes, forêts et pelouses sèches, les coteaux et vallons rhodaniens présentent une grande diversité de milieux naturels qui malheureusement sont mis à l'épreuve avec l'intensification de la pratique agricole. C'est regrettable, d'autant quand on voit que de nombreux producteurs et exploitants adoptent des pratiques respectueuses de l'environnement et économiquement viables. Nous avons même pu profiter de l'intervention d'un exploitant locale nous présentant le fonctionnement de sa vigne et de toutes les mesures qu'il met en place pour favoriser la faune et la flore. Une belel initiative que, je l'espère, sera suivie par d'autres.

 

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Prospection hivernale des chauves-souris dans les Monts d'Or

Qu'il fait froid ce matin de février. Un vent terrible et glacé souffle et nous contraint à trouver refuge derrière les arbres des rives de la Saône qui bordent le parking où nous nous trouverons. Nous sommes 35 lèves-tôt réunis pour partir en chasse. Pas de fusils, pas de filets et pas de pièges dans nos sacs masi des lampes torches. Nous partons chercher les chauves-souris hivernantes qui ont trouvé refuges dans les Monts d'Or. Nos investigations ne sont pas menés au hasard mais dansa certains des tunnels des vieilles mines de pierres dorées où peut de personnes s'aventurent, laissant aux animaux tout le repos qu'il leur est permis. La veille, nous avons même bénéficié d'une conférence tenue par un membre passionné et connaisseur des chiroptères, l'autre nom donné aux chauves-souris.

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Nous voilà à l'entrée du tunnel qui mesure tout au plus une vingtaine de mètres. Confectionné avec les débris de pierres dorées, il a été construit comme bien d'autres, pour soutenir les amas de déchets de la carrières. Court, nous mettons tout de même près d'une heure à le parcourir, la recherche étant minutieuse. En effet, chaque cavité doit être inspectée avec attention à lampe torche pour voir d'un peu plus près ce qui s'y cache.

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Cependant on ne serait stationner trop longtemps et éclairer plus d'un bref instant les animaux, la lumière, la chaleur, la vapeur dégagée par la respiration ou encore les ultrasons provoqués par les vestes pouvant mettre à mal les dormeuses. Alors pourquoi les chercher ? Simplement pour établir leur nombre et évaluer l'état de leur population, de nombreuses espèces de chiroptères étant en danger. Dans la galerie d'autres bestioles ont trouvé leur place comme ces araignées se tenant aux aguets, prêtes à partir en chasse à la moindre fibration détectée.

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Vous la voyez, bien cachée au fond de sa cavité ? Une magnifique chauves-souris endormie et de mémoire, que l'on peut nommer oreillard et à rapprocher du type oreillard gris (Plecotus austriacus) car chez les chiroptères, les identifications ne sont pas toujours simples, en particulier pour les novices que nous sommes. Forme du nez, oreilles, forme des arcades, manière dont les ailes sont repliées .... les critères sont nombreux.

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D'autres hivernants se trouve là. La découpure ou noctuelle des cavernes (Scolipterys libatrix) est un jolie papillon, de 4 à 5 centimètres, et qui passe l'hiver dans les caves, les grottes et tout autre souterrain lui permettant de se mettre à l'abri du gel. Hors période hivernale, elle est surtout inféodés aux milieux humides mais se rencontre aussi dans les parcs et jardins. Donnant deux générations en une saison de reproduction, de mars à décembre, c'est la seconde vague de papillons que l'on retrouve dans les tunnels à cette saison.

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Voilà trois courageux affairés dans les galeries. On ne le dirait pas comme ça, mais bien que la température frôle les 5 à 6 degrés C°, il fait bien meilleur qu'à l'exterieur. Les tunnels sont vieux, pour certains ils ont plus de cents ans, pour d'autres à peine 50 ans. On y trouve de nombreux vestiges, comme dans celui-ci où les feuilles de drôles de revues des années 60 sont parsemées sur le sol, sans parler des bidons de produits aujourd'hui interdits, d'anciennes cartouches de chasses et même des carcasses de vielles motocyclettes.

 

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Sortie LPO sur les lacs d'Anse

Petite sortie organisée par les bénévoles de la LPO Rhône et de la LPO Ain pour découvrir les oiseaux d'Anse, et en particulier ceux présents dans les lacs formés par les carrières d'extraction de graviers qui sont bien implantées sur la commune. Sans surprise et comme pour le Wetland, il y a peu d'oiseaux aquatiques à observer. Pas de panique il y a bien d'autres choses à voir, en particulier des plantes, des fleurs, des nids d'écureuils ou encore, des petits passereaux aimant les forêts naissantes et les zones de friches. Nous avons tout de même eu la chance de voir passer dans nos objectifs le pic épeichette (Dendrocopos minor) mâle, un oiseau à la calotte rouge que nous ne voyons pas tous les jours, pour le plus grand bonheur du public. Bref, une sortie comme je les aime qui donne l'occasion de faire tout aussi bien de l'ornithologie que de la botanique.

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Voilà deux belles rosettes que l'on ne serait être tentés de consommer. Pouvez vous les nommer ? À gauche il s'agit de l'onagre (Oenothera sp.), dont l'espèce ne pourra être connue qu'à la floraison. Les feuilles sont réputées pour être comestibles et entrer dans la composition de salades ou de soupes. La racines ont un goût poivré et peuvent être cuisinées comme des pomme de terre. Pour avoir essayé, je trouve cela vraiment pas bon. À droite, il s'agît d'une rosette de cardère sauvage (Dipsacus fullonum) reconnaissable aux aspérités des feuilles basales.

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En voici des cardères sauvages, ils s'agient des sommités fleuries de l'été dernier. À l'automne, les nombreux chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) du coin viennent s'y nourrir. Leur bec est particulièrement long pour un granivore, il leur sert à attraper les graines logées dans leurs capitules pour s'en nourrir. Nous avons pu ce jour là en voir quelques uns se battre avec acharnement, signe que la période de reproduction débute.

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Mais qui est passé par là ? Le castor d'Europe (Castor fiber) bien évidement ! Il a grignoté pendant la majeur partie de l'hiver l'écorce et les jeunes branches des saules qu'il récupère sans mal après avoir fait tomber à l'aide de ses dents pouvant ronger le bois pendant des heures. Au printemps venu il laisse de côté cette nourriture pour préférer les feuillages et herbes tendre qui commencent à pousser à profusion.

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C'est la saison pour le rougegorge familier (Erithacus rubecula). On peut l'entendre chanter à tue-tête pour défendre son territoire et attrier une compagne. Attention, mâle comme femelle chantent, ne permettant pas toujours de savoir si on se trouve face à un comportement territorial ou reproducteur, d'autant plus que la plupart des rougegorges migrateurs ne sont pas encore tous partis. Un vrai casse tête pour une si petit oiseau.

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Les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) sont en fleurs. À gauche il s'agit de chatons mâles, qui ne sont pas encore matures sur ce plan pour éviter que l'arbre ne s'autoféconde car les chatons femelles, à droite, sont ouverts et en attente du pollen qui sera porté vers eux par le vent. C'est une espèce qui apprécie les milieux humides et qui a besoin d'avoir les pieds dans l'eau pour pouvoir se développer, ce qui le rend sensible à la sècheresse.

 

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Assister au réveil du faucon pélerin.

Levé à 5 heure et demi, aie, je n'en avais plus l'habitude depuis cet été, mais cela en vaut la peine. Nous avons un rendez-vous à ne pas manquer ce matin. Nous rejoignons Pascal, bénévole pour la mission pèlerin à 7 heure, le thermos de thé à la main. Nous sommes une petite quinzaine à assister au réveil du faucon pèlerin (Falco peregrinus). En vol battu, c'est à dire en agitant les ailles, il peut atteindre 100 km/h et en piquer entre 180 et 250 Km/h avec des pointes à 376 Km/h et une vitesse maximale théorique comprise entre 380 et 400 Km/h. Incroyable ! Après avoir vu le plus grand hibou du monde nous nous offrons l'oiseau le plus rapide, de quoi nous rappeler que nous n'avons rien à envier aux autres pays et que, sans être forcément très colorés (quoi que), les oiseaux de France métropolitaine sont tout autant fascinants et méritent que l'on s'attardent sur eux.

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Monsieur et madame s'éveillent et donnent de la voix, juste quelques cris histoire de se dire bonjour avant de partir en chasse. Ils mettront peu de temps à revenir, les serres chargées de leur déjeuner pour le mâle en premier temps, puis la femelle une demie heure plus tard. Sur le pilier, un amas rouge se forme et des plumes nous arrivent au visage, protées pour le vent. Le matin est le meilleur moment pour les observer. La journée ils se montrent relativement absents, affairés à se nourrir et ne revenant que rarement sur la tour.

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Parmi les proies au menu, on trouve surtout des oiseaux, qu'il saisie en vol ou en piqué. Il en tient d'ailleurs une particularité propre à tous les rapaces prédateurs d'autres oiseaux : un très long doigt à chaque patte pour bien les saisir. Ici ce sont surtout les pigeons bisets,et les pigeons ramiers qui figurent au menu, avec aussi des choucas des tours, des corneilles noires, des moineaux, des pinsons et bien d'autres petits passereaux.

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Il n'y a pas de hasard s'il le couple à élu domicile ici, tout comme le couple de faucons crécerelles (Falco tinnunculus) qui vit au sommet de la tour. Madame se cache dans une alcôve (vous la voyez ?), c'est là où depuis plusieurs années, elle pont entre 4 et 5 oeufs crèmes tachetés de rouge brique, à l'abri de la plupart des regards. Elle couvra sa ponte pendant 30 jours, et sera relayée entre 1/3 et 1/4 du temps par son mâle.

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Un dernier coup d'oeil vers le ciel et nous partons en direction d'un champ à la terre fraîchement retournée. C'est là qu'une trentaine d'œdicnèmes criards (Burhinus oedicnemus) a prit la décision de rester pour l'hiver et de ne pas partir en migration. Avec notre longue vue nous parcourons cette étendue nue sans les voir et pourtant ils sont là. As dans le camouflage, ces oiseaux aux grands yeux dorés sont très suivis dans le Rhône par la LPO.

 

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Des nids et des vélos pour aider les hirondelles des fenêtres.

Voilà l'un de mes plus gros projets de l'année dans le cadre de mon travail. L'objectif est de favoriser les populations d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). sur la commune de Saint Priest. Pour se faire, le 7 mars nous partons avec les enfants du centre de loisir du fort de la ville, leurs encadrants, l'association "La maison du vélo" ainsi qu'avec Nathalie et Marie-Claire bénévoles LPO Aura Rhône, nous nous embarquons dans un périple à vélo pour une grande chasse au trésor. L'objectif ? Trouver les meilleurs sites dans le quartier de Manissieux pour poser des nids d'hirondelles confectionnés par nos soins pendant les jours suivants pour permettre l'installation d'une nouvelle colonie. L'équipe de France 3 Lyon est là aussi pour nous filmer à travers notre périple. Le reportage passera le soir même, en même temps que la conférence aurpès du grand public (plsu de 50 personnes) pour présenter les hirondelles et martinets présents sur la commune et comment les favoriser. C'est pour moi l'occasion de faire ma première télé. Il n'y a pas photo, passer devant la caméra ce n'est vraiment pas fait pour moi.

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Première étape, confectionner les moules sur lesquels seront appliqués le mélange de béton-bois. D'ordinaire ils sont confectionner en plâtre, mais devant transporter plus de 20 de ces moules, j'ai opté pour des moules en pâte à sel. Ceux ci sont appliqués sur des planches qui les supporterons, protégés d'un filme plastique alimentaire et huilés. Pendant ce temps une autre équipe mélange le béton à prise rapide avec des copeaux de bois.

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C'est alors le moment de passer au tartinage. Équipés de gants, les enfants ont pu dans pendant une après-midi naissance à six nids d'hirondelles en binôme. Le soir, ce sont les habitants de la ville qui ont pris le relais et qui à leur tour ont pu confectionner le mélange avant de l'appliquer sur une dizaines de moules. Il faut désormais attendre une petite semaine pour démouler pour avoir le résultat et si besoin, faire quelques ajustements.

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La séance se termine par une session de jeux autour des oiseaux du Rhône et des migrateurs. Au choix un jeu de l'oie sur le parcours des hirondelles de l'Europe à l'Afrique du sud, des livrets de jeux divers et un jeu géographique de mon invention sur le parcours de six migrateurs et dont je ne suis pas peu fière. Il a pour but de faire aimer la géographie aux enfants de manière ludique tout en découvrant les oiseaux.

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Ce projet qui me tient particulièrement à coeur, je n'en connais pas l'avenir. Une sortie était programmée pour le 7 mai pour voir les hirondelles et les martinets et les nids devaient être posés dans quelques jours, à voir si le confinement s'étendra jusqu'à là. J'écris ces lignes au soir du dimanche 15 mars, dans une ambiance toute particulière. Vendredi, la LPO AuRA suivie par la LPO France a prit pour décision d'annuler toute manifestation avec du public, que l'action soit salariée ou bénévole. Je ne pourrai de ce fait vous parler de notre cycle débuté en février par le groupe jeunes LPO Rhône sur les dinosaures et qui a débuté mi-février par une conférence sur les plumes et les dinosaures et qui devait se poursuivre hier par une visite du musée Confluence qui n'a pu avoir lieu.

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Jeudi il a été annoncé que les écoles seront fermées dès demain, la rumeur annonce un durcissement du confinement, avec un couvre-feu et des déplacements limités dès mardi et la plupart commerces ont clos leur porte samedi à minuit. Drôle de situation, où on s'exaspère du comportement de ceux qui ne comprennent pas l'urgence de la situation et où l'on a peur pour ses proches. Sans pour autant céder à la panique, j'ai le sentiment que ce ne sera que lundi matin, en arrivant au travail et en traversant les rues, que je prendrai  véritablement conscience de la situation. Il y a de fortes chances que je passe le prochain mois en télétravail. Pour le mois à venir, je n'avais pas moins de 38 animations et autres programmées - sans parler de celles de mes collègues, et sans remettre en question les règles de sécurité dictées par les autorités, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour l'aveneir dont je n'arrive pas à me faire une idée de ce qu'il pourra être fait. Cet article sera publié une à deux semaines après son écriture, peut être que les choses seront plus claires mais j'avoue que même sans céder à la peur, pour l'une des toutes premières fois de ma vie je ne suis pas sereine au point d'en perdre mon optimisme. 

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dimanche 5 janvier 2020

Sortie dans les marais 17 : la cigogne noire.

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Voilà un titre qui laisse peu de suspense. Je pense qu'il s'agit ici de notre plus belel observation de l'année. Nous sommes au coeur de l'automne, il fait gris et il pleut ça et là quelques gouttes. Tout autant de raisons pour partir en direction de la Dombe. Nous avons alors un objectif : observer des tadornes de Belon (Tadorna tadorna), un beau canard coloré au petit gabarit. Sur la route, une couleuvre à collier helvétique (Natrix helvetica), notre première de l'année. Nous nous arrêtons pour la dégager de la route, craignant qu'elle ne se fasse écraser. J'avoue l'avoir dégagé un peu brutalement avec le pied, n'étant vraiment pas en confiance au milieu de cette voie où les conducteurs sont nombreux à frôler les 100 km/h avec leurs bolides. Nous portons les yeux sur les champs alentours. Elles sont là, 21 cigognes blanches (Ciconia ciconia) sont tranquilles dans un prés d'herbes hautes. Elles sont bien connues dans la Dombe, une partie d'entre elles nichant même dans le parc des oiseaux. À l'origine migratrices, elles se sédentarisent de plus en plus sur le territoire.

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Et au milieu de tout cela, la cigogne noire (Ciconia nigra). Rarissime, discrète voire fantomatique, nous n'en revenons pas. Très farouche, nous sommes séparées  d'elle par deux champs, une petite phragmitaie et la route, de quoi mettre une bonne distance entre l'oiseau et nous, ce qui nous permet de bien l'observer avec notre longue vue sans l'incommoder, l'animal étant sensible au dérangement et pouvant abandonner un site si trop fréquenté.

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Plus petite que la cigogne blanche avec 95 à 100 centimètres, on peine à croire qu'elle ne fait que 3 kilos quand on voit qu'elle peut déployer une envergure d'1,55 mètres. Nous avons été fascinés par son plumage qui de loin noir, semble de près métallisé, avec de beaux reflets vert et violets. Son bec, d'ordinaire rouge vif comme le contour de son oeil, semblait sur cet individu très terne, ce qui indique qu'il s'agissait sans doute d'un jeune.

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Habituée aux milieux ofrestiers où elle niche en solitaire, elle reste inféodée aux milieux humides où elle se nourrie d'insectes et d'amphibiens. Ce n'est que pendant les migrations que l'on peut aisément l'observer. Ce n'est que peu voire pas courant de croiser une cigogne noire à cette période de l'année. Peut être faut-il y voir un animal perdu, blessé ou malade ou comme pour les cigognes blanches, un changement de comportement de l'espèce.

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Bien d'autres oiseaux passent dans le ciel tel des grands cormorans (Phalacrocoras carbo) dont les hommes poussés par leurs bêtise ont décidé de légaliser le tir de 11000 d'entre eux. Effet inattendu, la longue vue posée en bord de route à un effet plus que bénéfique. Les fous du volant, pris au dépourvu, y voit l'intervention de la Maréchaussée et appuie sans vergogne sur le frein, nous assurant plsu de sécurité et de tranquillité.

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Ce ne sont pas les seuls échassiers qui nous donne de la joie ce jour là. 49 grues cendrées (Grus grus) se promènent dans un champ immergé. C'est la première fois que nous les voyons ailleurs qu'en Camargue à l'exception d'un vol nocturne au dessus de Vienne et, la première fois que nous pouvons les prendre en photo posées. Elles sont accompagné de 4 autres grands échassiers : la grande aigrette (Ardea alba), le héron cendré (Ardea cinerea), de l'aigrette garzette (Egretta garzetta) et d'une cigogne blanche (Ciconia ciconia) solitaire.

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Derrière nous, un grand étang qui protégé, abrite une multitude d'oiseaux d'eau. La chasse battant son plein, pas moins d'un millier de colverts (Anas platyrhynchos) sont venus trouver refuge dans ce havre de paix. Ils sont accompagnés de sarcelles d'hiver (Anas crecca) ainsi que de canards siffleurs (Mareca penelope) et de canards pilets (Anas acuta) que nous observons avec plaisir pour la première fois.

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Dans les airs, des rapaces nous survolent. Ce ne sont ni des buses ni des crecerelles mais bien des busards des roseaux (Circus aeruginosus). Hormis cet été sur l'île de Ré, nous ne les avons jamais vu de si près et c'est la première fois que nous en apperçevons autant. Atteignant 110 à 130 centimètres d'envergure, il s'attaque aux petits animaux des roselières. Nous l'avons même observé en chasse sur des petits passereaux indéterminés.

Si vous voulez tout savoir, nous avons bien vu nos tardornes de Belon (Tadorna tadorna), accompagnés de canards souchets (Anas clypeata) au bec et aux couleurs si atypiques. Bref, un moment magique qui nous a émerveillé, avec une pointe d'amertume à l'idée qu'une grande partie de ces oiseaux soit tirés bien que vulnérables voire menacés pour certains. De quoi nous démoralisé en rentrant sur la métropole lyonnaise.

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dimanche 15 septembre 2019

Sortie en marais 14 : le lac du Ronzey.

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Visite du lac du Ronzey dans lequel l'Yzeron, cours d'eau qui termine sa course dans le Rhône et qui passe juste sous notre fenêtre. S'étendant sur plus de 3 hectares, il n'est pas très ancien, sa création remonte à 1982. Il est avant tout un lac de plaisance pour les habitants du coin mais aussi les citadins quittant la tristesse de la ville. Néanmoins, il est rapidement devenu un refuge pour la faune. Les hauts conifères d'ornements qui le bordent sont même un abri pour les chouettes dont certaines ont laissé ça et là quelques plumes et pelotes de réjection.

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Dans l'herbe verte tendre, là où bien des familles et des amoureux viennent pique-niquer, poussent mille et unes merveilles. Les fleurs du sureau noir (Sambucus nigra) nous apportèrent pour les jours à venir une délicieuse limonade. Une partie des inflorescences séchées rejoindront les tisanes de l'hiver. Retournés en août sur place, nous avons pu des baies faire une délicieuse gelée consommée en tartines ou dilluée dans de l'eau chaude.

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Ce jour là ce ne sont pas les fruits sucrés du sureau qui font notre joie, mais des marasmes des Oréades (Marasmius  oreades) appelés par endroits mousserons bien qu'ils n'en soient pas. La confusion est aisée avec d'autres champignons des prés toxiques voire mortels, mais leur pied élastique, leur odeur et leur chapeau mamelonné ne trompent pas. Pour la petite histoire, les Oréades sont des nymphes de la mythologie grecques associées aux grottes et montagnes, peut être est-ce dans ce dernier élément que le lien entre le champignons et ces divinités peut être fait. Autre belle surprise, deux agarics des jachères (Agaricus arvensis) appelés aussi boules-de-neiges en raison de leur forme complètent notre panier et notre omelette du soir bien qu'un peu véreux.

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Le rubanier d'eau (Sparganium erectum) est une plante semi-aquatique dont les feuillages immergés forment de grands herbiers dans lesquels les poissons, les insectes et les amphibiens viennent pondre et s'habriter. Dans les milieux lacustres et humides faits d'eau douce, le rubanier joue un rôle important en permettant la stabilisation de sédiments, leur dépôt, l'oxygénation de l'eau ou encore, la dépollution de certains éléments chimiques d'origine anthropique. Les inflorescences se nomment capitules. Les capitules mâles sont plus petits et verts, ceux femelles sont de larges pompons, blancs et jaunes à leur extrémité. Les deux sexes se trouve sur un même plant.

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Petit crapelet deviendra grand. Ici il pourrait s'agir d'un bébé crapaud commun (Bufo bufo). Ayant perdu ses attributs de têtard, il quitte l'étang et les mares attenantes à celui-ci pour regagner la forêt. Il y restera pas moins de 3 ans avant de retourner à l'eau pour se reproduire. Celui-ci a été sortie de la route par nos soins. Les amphibiens sont des animaux protégés et très fragiles, ils ne doivent être manipulés qu'en cas de danger et toujours avec es mains humides pour ne pas abîmer leur peau et éviter que celle-ci soit plus sensible à la transmission de germes. Pour nous humains, la manipulation ne présente aucun danger, il faut juste ne pas prendre l'idée de se frotter les yeux ou de se lécher les doigts après l'intervention.

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Petite observation de la cinquantaine de canards colverts (Anas platyrhynchos) qui peuplent le lieu et qui laissent une multitude de plumes sur les berges pour mon plus grand bonheur. Retour à Oullins, là aussi nous avons nos canards colverts, juste sous nos fenêtres, mais aussi les klaxonnes, les pots d'échappement, le goudron et les crises de nerfs. En sommes, c'est un coin à connaître et à investir passé 19h pour plus de tranquillité.

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lundi 5 août 2019

La Savoie à travers champs.

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Un mois au pied des montagnes

Ce n'est pas moi pour le coup qui suis partie, mais mon bien-aimé pour un mois de formation aux techniques de culture et de transformation des petits fruits en wwoofing. Face au Mont Blanc, nous avons pu le temps de deux week-ends découvrir la faune et la flore savoyardes, nous émerveiller des oiseaux et en particulier des rapaces, ramasser quelques belles sauvages et nous initier aux espèces des milieux humides. Bref, de belles découvertes et de nouvelles coches pour les amoureux de la nature que nous sommes.

À notre tableau de chasse le pic mar (Dendrocoptes medius), à la calotte rouge et aux cris nasillards. Pas bien gros (50 à 80 gr), il est que modérément montagnard et se plaît avant tout en plaine et les vieilles forêts de feuillus qui n'exédent pas 700 mètres d'altitude, où il peut nicher dans les troncs de bois tendre ou fragilisés par le temps.

DSC00019Ils sont revenus ! Après un long périple, les milans noirs (Milvus migrans) sont à nouveau en France. Ils ont quitté l'Afrique pour venir nicher chez nous. Ces oiseaux nécrophages se nourrissent la plupart du temps de poissons morts, ceux-ci représentant jusqu'à 70 % de leur régime alimentaire. Il n'est pas rare non plus de les voir suivre les moissonneuses dans les champs, cherchant les débris des micro-mammifères (souris, campagnoles etc.) pris dans les mécanimses de la machinerie. Lors de notre séjour nous avons pu voir deux individus prédater en pleine journée une chauve-souris, fait relativement rare pour être signalé bien que l'espèce soit partiellement prédatrice.

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C'est le temps des amours en ce mois de mars pour la sitelle torchepot (Sitta  europaea). Ça chante et ça s'accouple à tout va. Celle-ci s'évertue à chercher de quoi se contenter dans le creux d'une vieille branche morte d'un érable, la belle étant insectivore pendant le printemps et l'été. Son nom de torchepot est bien trouvé, car l'oiseau a pour particularité, entre autre, de confectionner à l'aide de boue et de salive de quoi rétrécir l'entrée des cavités dans lesquelles il s'installe quand ces dernières sont trop grandes pour lui et sa couvée. C'est aussi le seul volatile de nos contrés à descendre les arbres la tête la première grâce à ses pattes équipées de doigts longs et puissants.

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Outre des oiseaux, on croise aussi des castors d'Europe (Castor fiber). La proximité du Rhône n'y est pas pour rien. Ici il s'est installé dans un lac proche de l'exploitation et relié au fleuve par un petit court d'eau qui n'est que rarement à sec, permettant de nombreuses connections entre ces différents milieux humides.

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En campagne, il n'y a pas un jour sans surprise. S'il on est habitué à croiser des poules et des canards en liberté, on l'est beaucoup moins pour les cochons et pour cause, ceux-ci se sont échappés d'un élevage tout proche et batifolent gaîment dans un beau champ de bel qui, semble-t-il, sera peu productif cette année vu le labourage subi. Il faudra un après-midi complet pour que tout le monde retourne dans son chez soi.

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Pas de moineaux cisalpins ou friquets mais de bons vieux moineaux domestiques (Passer domesticus) dans la coure de la ferme. Nous en sommes pas pour autant déçus, l'espèce étant fascinante. Perçu comme commun, le moineau disparaît de nos villes et de nos campagnes à une vitesse hallucinante. Pour le moment, nulle réponse semble se dessiner sur ce déclin. La diminution drastique des insectes semblent être une piste plausible.

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Quelles sont belles ! Un couple de chevêches d'Athéna (Athene noctua Scopoli) s'est installé dans le gros creux d'un vieille arbre, juste en face de l'une des fenêtres de la maison. Quel bonheur de les observer mais aussi quelle surprise, d'autant plus quand on sait qu'une chouette hulotte (Strix aluco) occupe le grenier de la grange. L'ayant vue la toute première, nous pensions ne pas voir d'autre rapaces, ceux-ci ayant du mal à s'entendre en règle général.

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Force est de constater que nous nous trompions, Dans le trou, un adulte montre le haut de sa tête tandis que l'autre monte la garde. Au moindre passage d'un vélo ou d'une voiture en contrebas, tout le monde saute dans le nid. Je dois vous faire une confidence, la chevêche d'Athéna est l'un de mes oiseaux préférés, au point de figurer sur ma carte de visite. Ce n'est pas à cause de son nom et de sa symbolique, celle-ci étant la compagne et messagère de la déesse de la guerre et de la sagesse, Athéna, mais pour ses magnifiques yeux dorés et sa drôle d'allure.

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Pesticides, disparitions des vieux arbres et des haies, ce sont là quelques uns des éléments expliquant son déclin. Aujourd'hui la petite chouette connaît un peu de répit avec des populations stables qui semble-t-il, commencent à nouveau à décroître depuis 2-3 ans. Pourtant elle n'est pas sans charme, en plus d'être une bonne chasseresse. Son régime alimentaire se compose essentiellement d'insecte mais elle n'est pas contre le fait de becter une ou deux lézards et ne rechigne pas à planter mettre à son menu des mésanges ou des rainettes arboricoles.

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Départ pour le lac du Bourget, qui n'est pas très loin. C'est l'occasion de filer dans la réserve naturelle qui se trouve au sud de l'étendue. Là bas, une grande diversité d'oiseaux s'offre à nous. Les nettes rousses (Netta rufina), se plaisent à barboter en eau plus ou moins profonde profonde en bordure de roselière pour chercher leur nourriture. Elles peuvent plonger jusqu'à 4 mètres pendant une courte durée, ce qui les classent dans la famille des canards plongeurs. La femelle se différencie du mâle par ses couleurs ternes et discrètes qui la protège des prédateurs pendant la couvaison. Son partenaire pour sa part affiche une tête flamboyante.

La nidification se fait au sol, dans un nid parfois fait de boues et de végétaux, parfois volé à une autre espèce de canard, qu'il soit colvert ou un fuligule. Les oeufs mettent un peu moins d'un mois à éclore. Les petits nidifuges quittent directement le nid et mettrons 80 et 100 jours pour être complètement autonomes.

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C'est un oiseau migrateur dont le gros de la population européenne se retrouve en Espagne à l'arrivé des grands froids de l'hiver où 200 000 nettes rousses peuvent se réunnir d'un seul bloc. Cependant on peut en rencontrer un bon nombre sur les grandes étendues d'eau dont Miribel Jonage dans le Rhône. En France, des nidifications sont observées dans la Dombes et en Camargues ou des hivernages sont aussi observés.

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La grande aigrette (Ardea alba) est un magnifique oiseau. C'est le plus grand de nos hérons métropolitains et se reconnaît à son plumage blanc et son long bec jeune. Présente sur l'intégralité du globe hormis le Groéland, elle affectionne une grande variabilité de milieux comme les bords de mer, les rives de fleuves et les grands lacs où elle se nourrie de poissons, d'amphibiens, de crustacés et d'autres arthropodes aquatiques. 

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Dans les herbiers inondés, deux espèces de sarcelles se tiennent compagnie, permettant une comparaison fort intéressante entre elles, d'autant plus qu'il s'agit ici de canards aux comportements particuliers. Au centre, une sarcelle d'été mâle (Spatula querquedula) reconnaissable à son grand sourcil blanc. C'est un oiseau migrateur, le seul parmi les canards européens, qui revient d'Afrique Saharienne dès février pour nicher au mois de mai même s'il favorise que très peu les milieux humides d'Europe occidentale. De part et d'autre de celui-ci, deux mâles de sarcelles d'hiver (Anas crecca) à la tête verte et rousse. Il s'agit du plus petit anatidé d'eau douce de nos contrées dont la nidification intervient entre avril et juin. Sarcelles d'été et d'hiver partagent le même régime alimentaire, au menu on compte des algues et des petits organismes tels des insectes et de crustacés, toujours en eau peu profonde ce qui en fait des canards de surface.

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Retour sur l'exploitation agricole. Une mer de nuages nous assaille sur le chemin. C'est le bon moment pour se rendre au lac en contrebas, dans une ambiance tamisée de fin de journée pluvieuse. Outre le castor d'Europe comme résident à l'année, de nombreuses espèces végétales peuvent y demeurent.

DSC09833Les pulmonaires (Pulmonaria sp.) sont bien difficiles à identifier et parfois, il faut attendre les feuillages d'été pour les nommer correctement. Elles appartiennent à la famille des Boraginacées, celle des primevères et des consoudes.

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Le nom de pulmonaire est hérité de la théorie des signatures, voulant qu'une plante, une roche ou un animal soignent un organe ou une maladie leur étant similaire. Ici les tâches blanches des feuilles font écho à celles présentes dans les poumons dans les cas de peste ou de pneumonie. Il n'en fallait pas plus pour faire le lien entre maladies thoraciques et les pulmonaires, l'une d'elle portant même le nom de pulmonaire officinale (Pulmonaria officinalis). Dans les faits, bien qu'expétorante et adoucissante, elle n'a jamais pu guérir des maux portés par des maladies terribles comme celles cités plus haut. Une autre légende chrétienne veut que les tâches blanches du feuillage soient le fruit de gouttes de laits tombée du sein de la Vierge Marie l'allaitant son fils. De quoi allimenter le mythe.

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Comme de nombreuses plantes de cette famille, les fleurs ont la particularité de changer de couleurs après fécondation. D'abords rouge-rosé, les pétales tirent peu à peu vers le violine. C'est un moyen pour la pulmonaire d'indiquer qu'elle a était fécondée et qu'il n'est plus nécessaire de la visiter, celle-ci étant vide de nectar. En somme une co-évolution permettant aux deux partis de ne se rencontrer que quand cela leur est utile.

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L'ail des ours (Allium ursinum) est à la mode, et nombreux sont ceux à courir les bois pour en faire la cueillette. Nous nous n'y échappons pas. C'est une plante de sous-bois frais et des bords de ruisseaux, sur les sols de nature basique (souvent calcaire), humides et riches en nutriments, le plus souvent ombragés. Ce jour là la récolte est bonne, nous avons de quoi en faire des confis, des pestos, des vinaigres et des feuilles séchées.

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Prudence toute fois, de nombreuses plantes jeunes et arrivées à maturité peuvent se confondre aisément avec l'ail des ours. Jeunes plants d'arums, muguets ... on ne compte plus les cas d'empoisonnements plus ou moins graves, certains se terminant parfois mal. Autant être sûr de ce que l'on fait et de ce que l'on met dans son panier.

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D'autant plus que parmi les feuilles d'ail des ours, pousse des centaines de scilles à deux feuilles (Scilla bifolia) et que toutes deux partagent le même milieu. Frêle, l'étoile bleue comme on la nomme, appartient à la famille des asperges d'après les dernières études phylogénétiques. Pour autant on ne serait la mettre à sa table, celle-ci n'étant pas comestible.

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C'est une espèce qui n'est pas si courante en forêt, protégée dans plusieurs régions et département comme en Aquitaine, autant favoriser les prises photos plutôt que les bouquets, les fleurs ne vivant qu'un jour ou deux en vase. Cela serait aussi priver de nombreux insectes de son nectar mais aussi de sa délicieuse odeur de propolis et de miel, sans oublier les fourmis qui, avec d'autres insectes, en transporte les graines. Elle est également typique de certains milieux, en particulier des chênaies de chênes pédonculés et les chênaies-charmaies au sol de nature calcaire.

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Sur les premiers chatons de saule, un paon du jour (Aglzis io) prend le soleil. Ici c'est un adulte qui a passé l'hiver sur sa forme de papillon (imago) et qui prend ses forces avant de partir en parade pour permettre à la prochaine génération de voir le jour. Chez ces papillons, deux à trois générations peuvent voir le jour, une seule s'ils se trouvent en montagne, les conditions étant bien moins clémentes avec un ensoleillement plus court. Tout cela n'est pas favorable à la principale source de nourriture de sa chenille, les orties qui bien que résistantes, ne se développent pas ou peu sous le manteau neigeux et dans le froid.

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La bonne vieille ortie dioïque ou grande ortie (Urtica dioica), celle que l'on aime dans les soupes et les gratins, un peu moins dans les jardins et les bords de chemin bien qu'elle soit essentielle à la vie de bien d'animaux. Outres les très nombreuses espèces de chenilles dont elle est l'hôte, elle abrite aussi des coléoptères, des punaises ou encore des pucerons. Toute cette faune se nourrie de ses feuilles et tiges riches en protéines. C'est une plante à tout faire, on en tire de quoi faire des cordes, du tissus, de purin, de fertilisant et de s'en nourrir. Dans ce dernier cas on favorisera les jeunes pousses et les feuilles d'avant floraison, la plante étant riche en cystolithes quand elle est en fleurs, composants pouvant entraîner des problèmes urinaires. On prendra aussi garde en cas de traitement médical, certaines prises de médicaments étant incompatibles avec sa consommation.

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De jeunes tramètes (Trametes sp.) se développent sur les restes d'un arbre mort. Il pourrait s'agir de tramètes versicolores (Trametes versicolor), un champignon de la famille des polypores qui est est plus que commune et se trouve un peu partout dans les forêts comportant des feuillus.

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Pour le reconnaître, on prendra le soin de regarder sa marge noir et la variation de couleurs qu'il présente, dessinant dans le temps de jolies bandes colorées allant du marron au bleu-grisé en passant par le roux, le jaune et le vert. Cependant pour une identification sûr, l'observation de la sporée reste la meilleure chose à faire. Ce champignon appartient aussi à la famille des pourritures blanches, élément incontournable pour l'assimillation par la forêt de la matière organique morte si essentielle aux végétaux qui l'a compose. Des champignons, nous n'en verrons pas d'autres hélas, moi qui comptait tant en ajouter de nouveaux à mon tableau de chasse, avec un vague espoir de croiser ça et là quelques morilles printanières cachées dans l'ai ldes ours.

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Soudain, deux silhouettes sombres fendent le ciel avec pour fond les montagnes enneigées. Il s'agit de hérons cendrés (Ardea cinerea) se dirigeant vers la héronnière. Rassemblés là, une dizaine d'individus s'affairent à fabriquer ou réparer leur nid à l'aide de branchages collectés dans la ripisylve toute proche. La saison des amours est là, les couples parades et se forme et bientôt 3 à 5 oeufs bleu-vert viendront se nicher entre les brindilles.

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Un petit carnet, outil indispensable pour noter toutes nos observations. Depuis nous sommes passés à la versio numérique grâce à l'application Naturalist, version pour téléphone du site Faune-Rhône au combien précieux pour les naturalistes et les ornithologues passionnés.

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Nous quittons à regret les paysages de montagne pour retourner aux plaines du Rhône, non sans faire le plein de produits locaux : miel de forêt, confitures de casseilles, de cassis et de groseilles, vinaigre d'ail des ours, crème de cassis, vin de noix ... les ventres, les yeux et les esprits partent remplis. Un dernier regard vers le lac, la roselière et les bosquets de noisetiers abritant quelques troglodytes mignons, rouges gorges et mésanges charbonnières. Les semaines à venir s'annoncent fort chargées, et ces quelques jours d'escapade en Savoie sont une bouffée d'air frais dans le tumulte qu'est notre quotidien d'urbain.

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jeudi 9 mai 2019

La petite Camargue, un autre visage de l'Alsace.

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En passant par la petite Camargue :

 

Quand on évoque l'Alsace, on pense immédiatement à la choucroute, à l'accent et au Baeckeoffe pour resté encré dans le cliché. On oublie souvent trop vite la faune et à la flore incroyable de cette région et en particulier, ses oiseaux.

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Le lieu est calme, les oiseaux nombreux. Sur une des étendues d'eau, à la tombée de la nuit, nous observons quelques dizaines d'oies cendrées sauvages (Anser anser), nos premières de l'année. Elles trouvent ici dans la réserve de Port Saint Louis, à la limite de la Suisse, un refuge bien mérité. Malmenées par les hommes et leurs loisirs douteux, elles peuvent vaquer en toute quiétude à leurs occupation sous le regard des familles, des promeneurs et des amoureux de nature. Le pacte est conclu, nous reviendrons le lendemain pour découvrir les merveilles de ce site semble-t-il, unique.

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Les voilà, les belles oies sauvages, celles qui font couler l'encre et déchaîner les passions. Certains voudraient les tirer pendant leur retour de migration, là où les oiseaux sont fragiles et faciles d'atteinte, sans tenir compte des dégâts que cela pourrait occasionner aux autres espèces. Cette année encore il aura fallu batailler contre des envies et des décisions à visées électoralistes, fort éloignées des attentes de la population sur la question de l'environnement. De nouveau les tirs ont été interdits pour février mais qu'en sera-t-il pour 2020 ?

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Deux canards chipeaux (Mareca strepera) prennent un peu de repos à l'écart du brouhaha ambiant qui se dégage des étangs. Ternes au premiers abords, ils sont avérés plein de surprise en nous dévoilant un très joli miroir blanc quand ceux-ci se sont affères à leur toilette. Si les effectifs des migrateurs de passage en France augmentent, bouleversement climatique oblige, ceux des nicheurs locaux semblent d'éffondrer à vitesse grand V.

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Reliquats d'un nid tombé du creux d'un arbre. Sa forme ronde pourrait presque faire croire qu'il s'agit de celui de mésanges à longue queue. L'édifice est d'ordinaire rond, souvent couvert de lichens ce qui le rend imperceptible. Le temps à fait son oeuvre, et le nid n'est plus.

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En parlant de mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), la voici. Son plumage noir, blanc et rose et ses longues rémiges qui composent les plumes de la queue ne laissent que peu de doute. Bien que nommée mésange, elle n'en est plus une ou du moins, la classification la range désormais dans une autre branche, lui préférant le nom d'orite à longue queue. C'est un petit passereau aux moeurs grégaires, se déplaçant souvent en bande pour chercher sa nourriture. On peut l'observer aussi bien en milieu boisé que dans les parcs et jardins pour peu qu'il y ait suffisament d'arbres et de nourriture.

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Parmi les premiers oiseaux que nous observons, nous pouvons compter les ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiaca). Tout comme leur nom l'indique, ces oiseaux sont originaires de contrées situées beaucoup plus au sud. Naturalisés dans le nord de la France, nous avons pu les voir barbotant dans l'eau ou posés sur les hautes branches des arbres morts qui composent une partie du marais. C'est la seule espèce d'Alopochen non éteinte.

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Le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) nous fais également honneur de sa présence et de sont chant. Discret, on le différencie de son cousin des forêts (Certhia familiaris) par ses mélodies. Explorant inlassablement les troncs à la recherche d'insectes et de larves, cette petite boule de plumes ne se laisse pas approcher facilement.

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Une autre très belle rencontre a marqué notre périple, celle d'un puis de plusieurs couples de bièvres harles (Mergus merganser). C'est un des rares canards à consommer du poisson, le plus souvent des individus de 5 à 10 centimètres. Il complète souvent son régime alimentaire d'invertèbrés. Cette particularité explique les crans de son bec et le bout légèrement croche de celui-ci. La distinction entre les deux sexes est aisée, le mâle ayant la tête d'un vert métallique alors que la femelle abordera livrée rousse. Il faut 90 à 100 jours aux adultes pour mener à bien la couvaison des oeufs et l'élevage des petits pour en faire des adultes capables de se débrouiller seuls.

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Deux espèces communes se régalent des pommiers d'ornements longeant le site. À gauche on trouve la magnifique grive litorne (Turdus pilaris) et à droite, son cousin le merle noir (Turdus merula) car les deux espèces appartiennent à la même famille, celle des Turdidés. Alors que chez cette grive les sexes sont indissociables au premier coup d'oeil, chez le merle il en est tout autre chose, le mâle ayant un plumage noir et un bec jaune, la femelle des plumes roussâtres et un bec grisâtre, chose observée également chez les jeunes mâles.

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Parmi les hérons cendrés, les buses variables, les geais des chênes, les mésanges bleues et les grands cormorans, il y a un toujours un oiseau qui détonne et attire mon oeil. La grande aigrette (Ardea alba) figure parmi ceux-ci et est l'un des plus beaux et majestueux animaux que je connaisse. Cet échassier gracile figure parmi les grands volatiles de France avec une taille d'un mètre pour 170 centimètres d'envergure. Tout chez elle respire l'élégance : son plumage immaculé, son bec flamboyant vert et jaune et ses longues pattes délicates. 

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Voilà un article pour conclure les actions de l'hiver. Vous l'aurez sans doute remarquez, ici c'est le calme plat. Ma vie professionnelle et associative est plus intense que jamais et je coure après le temps pour boucler tous mes projets. Les mails non lus s'accumulent, tout comme les kilomètres, les nouvelles amitiés et les envies d'articles qui ne peuvent voir le jour. Patience, la mi-juin devrait apporter un peu de répit pour rédiger à loisir.

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jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

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L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

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Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

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Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

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Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

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Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

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Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

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Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

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Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

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Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

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Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

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Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

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Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

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Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

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Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

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Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

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lundi 30 novembre 2015

Le Parc des Oiseaux de Villars les Dombes.

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Pour cet article nous ne sommes pas partis en montagne ni en bords de mer mais dans les Dombes. Elles se situent dans l'Ain et sont composées de marécages et d'étangs. C'est une zone très riche en espèces animales et en particulier en oiseaux en raison du nombre important de ressources pour ceux ci (amphibiens, poissons, nichoirs etc.) ce qui pousse certains d'entre eux à stopper leur migration et à s'établir dans la région.

 

Le tantale ibis (Mycteria ibis).

 Ce grand oiseau africain se rencontre parfois mais très rarement en Espagne. C'est un solitaire qui comme de nombreux échassiers ne peut se passer des étangs et des rivières où les eaux sont de faibles profondeurs. Il y trouve sa nourriture (poissons, insectes et grenouilles) en grattant la vase avec ses pattes.

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 Le nicobar à camail (Caloenas nicobarica).

 Le nicobar à camail est un oiseau commun dans le Sud-est de l'Asie. Il vit au sol dans les forêts de type tropicales ainsi que les mangroves et se nourrit de tout ce qui lui tombe sur le bec : graines, fruits, insectes. De temps à autre ils'accorde une bonne sieste dans les branches des arbres en particulier en journée.

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L'échasse blanche (Himantopus himantopus).

 L'échasse blanche a une répartition mondiale. Cet échassier se rencontre avant tout dans les marais et les vasières, aussi bien en eau douce que dans l'eau salée. Pendant la période de nidification il se regroupe en petites colonies et défend avec force son nid, allant jusqu'à simuler une blessure pour faire fuir les prédateurs.

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 L'ombrette du Sénégal (Scopus umbretta).

 C'est un oiseau un peu atypique que les ornithologues ont du mal à classé car il tient à la fois du héron mais aussi de la cigogne. Le plumage de sa tête est très particulier donnant à celle-ci une forme de massue. Il se fond à merveille dans les branches des arbres où il passe les heures les plus chaudes de la journée.

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La serre africaine.

 Elle représente une forêt tropicale et une partie des étages qui la compose. Ni figure pas la canopée, une zone située entre 20 et 40 mètres de haut et où se trouve 70 à 80 % des espèces animales. C'est là que les fruits sont abondants mais aussi que le soleil est accessible aux plantes. Au niveau du sol il n'y a presque aucune lumière, les feuilles filtrent le moindre rayon et plonge les animaux ne pouvant atteindre les cimes dans la pénombre.

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 La spatule blanche (Platalea leucorodia).

 C'est un oiseau dont on peut avoir la chance en certaines occasion de croiser part chez nous. Il tient le nom de spatule en raison de son long bec qui se termine de manière évasée et plate. Il lui sert à filtrer les fonds sableux et vaseux dans les quels vivent ses proies : de petites organismes tels que des larves, des petits poissons et leurs alvins ainsi que des crustacés d'eau douce. En Europe les populations ont beaucoup de mal à augmenter.

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La sterne inca (Larosterna inca) et l'œdicnème bridé (Burhinus grallarius).

Voilà deux oiseaux fort différents et qui pourtant, partagent sans heurts le même territoire. La sterne inca est un oiseau marins facilement identifiable à ses moustaches blanches qui se nourrit de petits poissons tout comme l'œdicnène bridé qui apprécie également les insectes, les batraciens,les serpents et les coquillages.

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Chauve qui peut !

 Bon ok, je dois reconnaître que ce jeu de mot est tout pourrit (pourtant ça me fait toujours autant rire ...). La roussette de Lyle (Pteropus lylei) porte aussi le nom de renard volant du Vietnam. Cette grande chauve-souris pouvant atteindre 80cm d'envergure se nourrie exclusivement de fruits qu'elle trouve à la cime des arbres.

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La tardone casarca (Tadorna ferruginea).

 Ce canard se rencontre un peu partout dans l'hémisphère Nord mais reste rare en dehors de l'Asie. Il n'est pas très farouche en dehors de la période des amours et des nidification. Bien que non apparenté aux oies, il possède le même régime alimentaire que celles-ci et n'hésite pas de temps à autre à gober quelques insectes.

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Le pélican frisé (Pelecanus crispus).

Le pélican frisé est un oiseau dont les populations sont menacées et subissent une forte décroissance (il resterait moins de 1000 couples dans le monde). Pour pêcher, les individus se regroupent pour pousser les bancs de poissons vers les berges et les zones d'eaux peu profondes pour les attraper plus facilement.

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L'oiseau qui fait mouche.

 Le colibri falle-vert (Eulampis holosericeus) ne mesure pasplusd'une dizaine de centimètres pour maximum 8 gr. Son plumage vert brillant le cache très bien dans les forêts des Antilles. Son nid tout aussi léger se compose de lichen, de toile d'araignée et de fines brindilles. Il est construit en hauteur à l'abris des prédateurs.

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L'autruche africaine (Struthio camelus).

On ne présente plus cette espèce qui est aussi bien connue des petits que des grands. Elle appartient au genre Struthio qui autrefois comportait d'autres autruches comme l'autruche asiatique (Struthio asiaticus), l'autruche à cou rouge (Struthio bradydactylus) ou l'autruche de Chine (Struthio wimani). Toutes se sont éteintes à différentes période de l'histoire, parfois avant même l'apparition de la préhistoire mais aussi il y a peu au XXe siècle.

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La championne de vol en altitude.

 L'oie à tête barrée (Anser indicus) est une petite oie asiatique que l'on reconnaît aux deux bandes noires situées à l'arrière de sa tête. Lors de sa migration en direction de l'Inde, elle peut voler à plus de 8 km voire 10 km d'altitude ce qui en fait la recordman dans toutes les catégories. Une petite population vit en Suède.

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La serre des Loris.

 Le parc des oiseaux de Villars les Dombes s'est muni d'une volière où vivent une multitude de loriquets à tête bleue (Trichoglossus haematodus). Ces perroquets sont les seuls de leur famille à se nourrir de nectar. Pour 50 centimes on peut leur tendre un gobelet de nectar que les oiseaux semblent apprécier. J'en profite aussi pour vous montrer le minois de mon bien aimé tout trempé et pour cause, il pleuvait des cordes ce jour là.

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Le vautour fauve (Gyps fulvus).

On voit enfin ce beau rapace repeupler nos territoire bien que cela soit lent et encore une démarche fragile mais pas simple de l'admirer dans son milieu, pour le moment c'est surtout dans les parcs et chez les dresseurs qu'il est possible de le rencontrer car il se "plaît" bien en captivité et connaît un bon niveau de reproductivité.

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Calao à casque rouge (Aceros corrugatus).

 Je dois avouer que cet oiseau m'a beaucoup impressionné. Sa calotte rouge massive, ses cils donnant l'impression d'être couverts de mascara et le tour de ses yeux bleu turquoise lui donne quelque peu un air comique, mais la taille et la force de son bec musclé qui lui donne la possibilité de briser les noix les plus dures.

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Les calaos.

 Atypiques et de formes multiples mais toujours équipés d'un grand bec, ces oiseaux ont depuis des temps immémoriaux fascinés les hommes. En Afrique ils font parti des rites et des mythologies cosmogoniques (reproduction ritualisée des origines de l'humanité) avec pour symbole celui du guerrier et/ou du sage.

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Le flamant de Cuba (Phoenicopterus ruber).

 Il ne faut pas le confondre avec le flamant rose (Phoenicopterus roseus) qui ets une espèce différente qui n'est présent en Afrique, en Europe et en Asie. Le flamant de Cuba (invasif en Europe) lui ne vit que sur le continent Américain et dans les îles Caribéennes. Leur régime alimentaire est sensiblement le même.

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 Arboretum.

 Le parc comporte également un arboretum, c'est à dire une collection botanique centrée sur les arbres. Sous de nombreuses essences des panneaux indiquent leur nom, leur genre et leur espèce. C'est un moyen facile et agréable de découvrir les arbres de nos contrés mais aussi d'ailleurs et qui font le quotidien des oiseaux.

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La nurserie.

Pour un bon suivit des oiseaux, en particulier dans les programmes de protection, les oeufs sont incubés dans un couveuse en nurserie (visible du public). Les oisillons sont par la suite nourris à la main avant d'être introduits dans les volières ou de partir dans d'autres parcs pour permettre aux populations de se maintenir. 

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Cormoran varié (Phalacrocorax varius).

 Ce cormoran australien présente est joliment bigarré. Il se nourrit de grands poissons pêchés en pleine mer mais aussi dans les zones marécageuses comme les estuaires, certaines baies ou les mangroves. Grâce  à la vitesse avec la quelle il pénètre l'eau et à son bec terminé en crochet il saisit ses proies sans mal. 

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Nager comme un manchot.

 Si les manchots ne sont pas du tout des oiseaux fait pour le vol (au contraire des pingouins), ils sont d'excellent nageurs. Les manchots du Cap (Spheniscus demersus) sont de véritables virtuoses  dans ce domaine. Malheureusement c'est une espèce très en danger qui risque l'extinction si rien est fait.

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Un petit Eden.

 Les Dombes en dehors du parc sont un vaste territoire qui procurent à de nombreux oiseaux le gîte et le couvert mais aussi une halte bien méritée à de nombreux migrateurs qui parfois décident de passer l'hiver dans les marais et sur les petits étangs qui le compose. C'est aussi un endroit de choix pour pratiquer la pisciculture

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Le mot de la fin.

 Je ne sais pas si on peut dire que nous avons eu une idée lumineuse de visiter le parc sous une pluie battante, mais après plus de deux heures de voiture nous n'avons pas eu le cœur à faire demi-tour, d'autant plus que l'air frais a fait sortir tous les oiseaux qui d'ordinaire reste la journée au frais dans leurs abris. Résultat, gros rhum et fièvre carabinée pour moi mais je ne suis pas déçue, le parc est vraiment magnifique ! À refaire cet été d'urgence !

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mercredi 13 mars 2013

Le long de l'Isère.

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Ah! déjà le froid et la neige sont de retour dans nos douces pré-Alpes. Cependant nous avons bénéficié de deux très beaux jours de soleil pour sortir un peu à la découverte de la ville et de sa nature naissante.

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Les crocus de printemps sont sortis, violets ou blancs, ils poussent spontanément le long de la voie rapide, à quelques pas du bitume. Bonheur des fleurs et des premiers bouquets.

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Les arbres perdent leurs chatons, qui sont les fleurs qui libères le pollen et le tussilage fleurit. De cette jolie fleur, on utilise les feuilles comme substitue au tabac pour réduire l'addiction au tabagisme.

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Et puis il y a l'Isère, calme mais par moment bouillonnante aux eaux sombres qui de temps à autre charrient troncs et souches délogés de leurs sous-bois par les averses des hauteurs. 

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Les mousses aussi fructifient, du moins relâchent leurs spores car à la manière des fougères, celles-ci ne produisent pas de fleures mais des sporanges, de petites poches qui libèrent les gamètes des végétaux.

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L'eau est paisible, l'image des arbres s'y reflètent et n'est que de temps à autre troublée par la nage innocente des canards colverts.

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Et dans le ciel, les élégantes branches des noisetiers laissent s'envoler le pollen au grès du vent, formant de gros nuages jaunes.

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Voilà une jolie ballade où les herbes ne demande qu'à garnir la maison. Les boutons de jonquilles, ramenés de la campagne puis mis en eaux ont fleurit et donnent à voir de jolies fleurs jaunes.

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Et les crocus, contrairement à ce que je pouvais penser, tiennent bons et ont eux aussi rejoins la table du salon. Ils sont à l'abris du froid et des premiers flocons Grenoblois, qui je l'espère, ne tiendront pas.