dimanche 19 avril 2020

Retour au source : le jardin famillial.

DSCN1504L'Isère, la Valdaine et les coteaux de l'Ainan. C'est là que j'ai grandi et c'est là aussi que j'aime retourner de temps à autre pour me ressourcer. Situé non loin de la Savoie, le site se caractérise  par ses vallons verdoyants, ses forêts mixtes à tendance feuillus, son histoire méconnue et ses torrents.

DSCN1396        DSCN1408

Autant vous dire que je reprends des habitudes de sauvageonne quand j'y arrive, à parcourir les paysages à la recherche d'animaux, de fleurs et de champignons. C'est le moment de mettre ces quelques jours de mars par écrit et de redécouvrir le charme de la région. J'ai toujours l'impression qu'il est difficile de raconter une histoire quand il s'agit de nature à cette saison. Les couleurs sont à mon goût un peu ternes. Heureusement les oiseaux hivernaux et les premières feuilles préparant le printemps sont là pour relever la gamme.

DSCN1378              DSCN1379

Pas de morilles pour nous cette année mais leur cousine, la pézize veinée (Disciotis venosa). Si elle n'en possède ni l'aspect et ni l'odeur, elle s'en approche un peu par le goût. Appréciant des biotopes similaires, ce champignon pousse sur les sols calcaires, humifères, à tendance humide, en lisière de bois et en sous-bois quand ceux-ci se composent d'arbres hôtes que sont les noisetiers communs, les frênes élevés et les pommiers.

DSCN1286C'est aussi le moment de ramasser les pézizes coccinées (Sarcoscypha coccinea), à moins que ce ne soit celle d'Autriche (Sarcoscypha austriaca). Pour les différencier, il faut observer les petits poils situés sur son dos, ce que je n'ai bien sûr pas fait. Cependant la première est plus rare, pousse en plaine sur les sites peu fréquentés, là où la seconde aime se faire plus abondante, en particulier en altitude sans craindre les lieux de passage.

DSCN1375              DSCN1371

Voilà que les galants des neiges, autrement dit les perces-neiges (Galanthus nivalis) pointent le bout de leur nez. Plantés part les aïeuls, ils forment désormais un immense tapis immaculé à l'arrière d'un des champs attenant à la maison familiale. Il faut savoir que l'espèce, quand elle est sauvage, est à l'heure actuelle protégée uniquement en Isère. Cela tombe bien, nous nous y trouvons. Ce statut mériterait d'être étendue à d'autres départements.

DSCN1288Sur un talus pousse du tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Pas d'âne en raison de ses feuilles qui rappelleraient la forme d'un sabot laissé dans la boue. Néanmoins, il faudra attendre la fenaison pour les voir sortir, les fleurs étant les premières à apparaître. Celles-ci se transformeront en jolis pompons blancs dont le vent emportera au loin les graines, portées par leur aigrette blanches et duveteuse. Son nom scientifique de farfara désigne le peuplier qui partage des feuilles semblable à celui-ci. D'ailleurs, on peut sur la photo en voir quelques unes défraîchies au sol. Le tussilage aime les sols frais voire ruisselants, pauvres en matière organique et perturbés, ce qui en fait bien souvent une plante pionnière. S'il est commun et présent naturellement en Europe, son arrivée toute récente en Amérique ne permet pas toujours de bien le localiser. Importée par les colons pour ses propriétés médicinales, l'espèce s'avère invasive.

DSCN1290              DSCN1423

Je ne pouvais pas passer à côté ! L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est ma plante à fleurs préférée, ne serait-ce que pour les nombreux surnoms qu'on lui donne. Patte de griffon, patte d'ours, griffe de lion, herbe aux fous ou rose de serpent, elle a de quoi faire travailler l'imaginaire. On ne s'aventurera pas pour autant à la tester, la belle étant toxique. D'ailleurs les grecs anciens l'employaient en décoction pour soigner la folie. Un remède bien inefficace hormis si on estime que la mort est une solution à part entière pour mettre fin à la maladie.

DSCN1366Il y a tellement de fleurs du jardin à vous présenter, comme celles du cogniassier du Japon (Chaenomeles japonica). Importé en Europe pour sa belle floraison rose, on s'est peu à peu aperçu que non seulement, il contractait facilement le feu bactérien, mais aussi qu'il le transmettait sans mal. Interdit pour ces raisons en Suisse, en France on le trouve encore ici et là dans les jardineries à destination du grand public.

DSCN1278              DSCN1308

Autour de la mangeoire, c'est la pleine effervescence. À gauche, une petite mésange noire (Periparus ater), reconnaissable à sa taille, sa calotte noire, à ses deux taches blanches à l'arrière de la tête et à son absence de cravate noire. À droite, une mésange boréale (Poecile montanus), à moins qu'il ne s'agisse d'une mésange nonnette (Poecile palustris), contemple la scène depuis une branche de noyer commun (Juglans regia).

DSCN1450Un merle noir (Turdus merula) balourd vient se poser. C'est un beau mâle que l'on reconnaît à son plumage noir ainsi que son oeil cerclé de jaune et son bec orangé. Omnivore, il aime tout autant se nourrir des graines mises à disposition que des restes des vieux fruits du verger ou des escargots et autres invertébrés qui se sont mal dissimulés pour passer l'hiver. Territorial, il semble cependant en cette période plus tolérant.

DSC08861             DSC08864

Deux autres mésanges font aussi leur entrée, la mésange charbonière (Parus major) à gauche qui s'identifie à sa tête noire, ses joues blanches, son ventre jaune et sa cravate noire. On fait facilement la distinction avec la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la calotte bleue et à la cravate noire presque inexistante. L'une et l'autre ont pour habitude de vivre en bande en dehors de la période de reproduction.

DSC08893Éloignons-nous du jardin pour prendre les chemins de campagne. Les alentours sont calmes et nous ne voyons ni le cul blanc d'un chevreuil, ni le vol d'un rapace, tout juste quelques tambourinements et cris de pics en lisière. L'hiver est bien là même si la neige est absente.

DSC08891

J'ai toujours peine à croire que lorsque je marche ici, je ne me trouve pas sur le plateau calcaire de la Chartreuse bien qu'elle soit très proche, mais bien sur une langue rocheuse du Jura façonnée de part et d'autre par les glaciers. Qui l'aurait cru ? La topographie de la Valdaine est toute particulière. Située à l'extrêmité des terres froides, elle ne se trouve qu'à quelques pas de la Savoie. C'est là que certaines peuplades d'allobroges sont venues s'intaller, laissant de nombreux vestiges religieux mais aussi de vie courante comme des maisons fortes ou des mottes cadastrales. Certains patelins portent d'ailleurs encore des noms celtes.

DSCN1289     DSCN1453     DSCN1454     DSCN1457

Levons les yeux au ciel. Un milan royal (Milvus migrans) passe au dessus de nos tête dans le ciel strié de nuage. C'est le premier que nous voyons de l'année en Isère, nous sommes ravis. Oiseaux migrateurs, une petite partie d'entre eux reste l'hiver dans le Massif Central. La migration débute tout juste, et nous espérons en voir bien d'autres nous survoler, un peu comme ce que nous avons pu vivre l'an dernier en mars à Miribel Jonage.

DSCN1433              DSCN1438

Partons encore plus loin, dans les marais de la Valdaine qui depuis peu sont devenus une extension de la zone Nature 2000 du marais de Chirens où pousse la si rare liparis de Loesel (Liparis loeselii). C'est pourtant  une plante plus commune et tout aussi fascinante que je vous présente ici, le lamier maculé (Lamium maculatum). Si ses feuilles ne sont pas toujours maculées de blanc, ses grosses fleurs roses ne trompent pas.

DSCN1298Passage par l'étang de pêche accolé à l'Ainan, la rivière qui traverse notre petite vallée. Dans les canaux annexes, les grenouilles agiles (Rana dalmatina) sont venues pondre et des centaines d'oeufs flottes à demi-immergés. C'est un garde-mangé précieux pour les tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) qui trouvent là une précieuse ressource de nourriture, en particulier pour les femelles pour assurer leur propre ponte.

DSCN1305Saint Geoire en Valdaine, le village de mon enfance. Bastion catholique, il sera un des villages engagés dans la lutte contre l'influence huguenote. On compte même à la fin du 16e  une attaque  de 80 huguenots contre château de Longpra qui en réalité est une maison forte. La prise sera un échec et mise à mal avec l'aide du château de Virieu et de ses gens.

DSCN1293

Même pendant la révolution, le village reste fidèle à la religion, se tenant éloigné de la révolution. Le corps religieux présent est dit de clergé réfractaire, s'opposant au clergé jureur, celui qui embrassa le constitution civile du clergé qui remaniât profondément les instances religieuses françaises. Persécutés, exilés ou même assassinés, les prêtes tombent alors dans la clandestinité, pratiques la messe en secret et vivent caché au château de Longpra.

DSCN1410              DSCN1418

Retournons à nos sentiers boueux. Si les mammifères ne se présentent pas à nous, ils laissent des traces bien marquées de leur passage. Chevreuils, sangliers, écureuils et hérissons semblent avoir profité de la nuit pour partir en vadrouille. C'est un exercice passionnant que celui de trouver un animal avec les indices de présence qu'il peut laisser sur sa route. Et dire que jusqu'en 1992 la loutre d'Europe (Lutra lutra) était présente ici !

DSCN1374Encore un petit tour par la monde des champignons. Sur un vieux sureau noir (Sambucus nigra) pousse des oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Comestible, l'espèce tiens son nom de sa drôle de forme mais aussi du fait qu'elle pousse souvent sur les sureaux et les noyers, deux arbres réputés pour avoir été la potence à la quelle Judas se serait pendu suite à sa trahison en vers Jésus et ses disciples.

DSCN1373             DSCN1383

Des tâches jaunes illuminent la campagne. Le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), souvent appelé jonquille bien que ce nom soit dédié à une autre espèce (Narcissus jonquilla), aime se développer en grandes touffes en lisière, en forêt voire dans les champs au sol riche. La primevère acaule (Primula acaulis) est plus discrète et se plaît sur les talus, toujours un peu humides et de préférence ombragés.

DSCN1301À l'autre bout du champ, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) nous observe. Tête noir, collier blanc et poitrine rose, on a bien à faire à un mâle. L'hiver il déserte le secteur pour rejoindre le sud et l'ouest, comme nous avons pu le voir pendant notre virée du côté de la Camargue et des marais d'Istre. Les mâles ont pour habitude de toujours se mettre en hauteur et d'agiter les ailes et la queue pour se faire remarquer des femelles.

DSCN1322             DSCN1389

Retour au jardin. Moustique le chat se ballade dans les branches.J'ai beau aimer les chats et particulièrement celui-ci que nous avons recueilli alors qu'il n'était pas encore sevré et qu'une fin funeste l'attendait, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il participe à la disparition des oiseaux du jardin. Chaque année en France, les chats domestiques provoquent la disparition de 12 millions d'oiseaux, un chiffre dramatique et alarmant.

DSCN1482Des anémones des jardins fleurissent un peu partout à proximité des jardins des anciens, souvenir et témoignage que dans les jardineries, il y a des modes aussi.

DSCN1452

Le rosier que j'ai toujours connu et qui doit avoir pas loin de 29 ans change. Le greffon prend le dessus et aborde désormais à la fois des fleurs roses et d'autres rouges. Ce dernier n'a pas la  vivacité du rosier au fond du jardin, qui n'a jamais vraiment grandi. Planté par ma grand-mère à ses 7 ans, elle aborde aujourd'hui ses 93 printemps. Je vous laisse calculer l'âge du dit rosier. C'est ce que j'aime dans le jardin de mes parents, que ce soit les fleurs ou les fruitiers, ils sont le vestige d'un temps passé.

DSCN1429             DSCN1473

Toujours à la mangeoire, il y a entre un et trois pinsons du nord (Fringilla montifringilla) qui viennent chercherl le graillon. Un rapide tour sur faune.france.org nous indique que chez le chalet voisin, une trentaine d'entre eux ont pris position des arbres. Nous ne sommes pas déçu. C'est un vrai spectacle. Nous en profitons à fond.

DSCN1424

En effet, l'espèce est migratrice et regagnera bientôt le grand nord pour nicher. Aimant les hêtraies, ils trouvent refuge dans la forêt toute proche, une hêtraie-sapinière. Granivores, ils trouvent leur bonheur auprès des herbes folles et des champs de céréales dont à l'hiver ils trouvent ça et là des grains non prélevés par la machinerie agricole. Bien sûr, les faînes font en grande partie de son alimentation, jusqu'à 11 grammes par jour.

DSCN1495          DSCN1497

Marche au petit matin, quand l'obscurité se retire peu à peu. Le frais nous motive. Nous prenons la route pour partir à 2 kilomètres de là pour aller flâner le long du lac de Saint Sixte. Nous sommes accueillis par un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) chantant à plein poumon. Enfin, la période de reproduction commence pour de bon, les oiseaux content leur amour et défendent leur territoire avec beaucoup d'ardeurs.

DSCN1496La encore, il s'agit d'un lieu de légende. La petite église par exemple, elle fût construite sur un temple romain dédié à Dionysos et, qui peut être, se trouve lui même sur un site païen. Connu des gens du coin, un passage défilé permet d'accéder à une partie des fondations de l'édifice, marqués du 12e siècle. Si aujourd'hui elles n'ont rien de particulier à montrer, elles furent pendant longtemps le lieu où les saintes reliques furent entreposées.

DSCN1480             DSCN1515

En regagnant notre automobile, nous croisons deux symboles du printemps. La bergeronette grise (Motacilla alba) bien qu'elle ne soit qu'une migratrice partielle, s'agite particulièrement à l'approche des beaux jours. Elle sera bientôt rejointe par les hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui aiment visiblement le quartier à la vue du nombres de nids en torchis présents sous le toit des granges et des vieilles maisons.

DSCN1396     DSCN1499     DSCN1502     DSCN1529

De nouveau nous changeons de paysage, une dernière fois. Nous voilà à Velane, une autre part importante de mon enfance. Les forêts sont plus acides, faites de châtaigniers, de sapins et comme toujours, de hêtres. C'est l'endroit rêvé pour courir les champignons comme la girolle, la trompette ou le pied de mouton, mais aussi grimper aux arbres, récolter quelques morilles près des ruisseaux et construire des cabanes.

DSCN1527

Dans le ciel nous observons un sepctacle fauleux. Un pompe s'est formée. C'est le nom que l'on donne au vol circulaire des osieaux quand ils se placent dans les termiques pour s'élever dans les airs. Ici plusieurs espèces se mêlent, à savoir deux buses variables (Buteo buteo) et sept milans royaux (Milvus milvus). Nous pouvons à loisirs les regarder depuis le sommet de la tour du Sacré Coeur qui devient pour l'occasion un poste d'observation.

DSCN1479             DSCN1531

Comparons un peu les deux. À gauche, le milan royal avec sa queue en V, sa tête bleue gris, son corps brun et ses deux grandes tâches blanches sous les ailes. À droite la buse, aux ailes et à la queue ronde, au corps brun et au poitrail portant un grand V blanc. Cela ne suffit, la buse variable portant bien son nom. Certaines sont parfois entièrement blanches, d'autres portent du blanc sous les ailes. On s'attachera alors à observer la silhouette.

DSCN1330

L'heure du départ se fait sentir. À la tombée de la nuit nous faisons un rapide tour dans le jardin. Surprise, un bruant zizi (Emberiza cirlus) chante dans un bosquet de ronce. L'an dernier pendant l'été, nous avons pu observer un couple et leur petit faire leur vie dans le bosquet dans la clématite des haies (Clematis vitalba). Matin comme soir il chante du haut de son perchoir où il se dissimule au passage de la buse et du crécerelle.

Au revoir la campagne. Nous reviendrons aux beaux jours, quand nous pourrons de nouveaux sortir de nos logis. Peut être raterons nous le printemps, mais cela ne serait nous éloigner des prés si verts, des forêts de hêtres et de sapins mais aussi des lacs dans lesquelles nous plongerons avec plaisir cet été. En attendant, nous laissons notre regard se perdre dans le ciel bleu qui couvre notre petit appartement urbain.

DSCN1404             DSCN1406


samedi 7 mars 2020

Brève histoire de Miribel-Jonage l'Hiver.

DSC08064

Petite escapade à Miribel Jonage, dans les grands lacs au nord de Lyon. Ceux-ci sont issus de l'esclavation de graviers dans l'ancien lit du Rhône. Si la plupart des sites ne sont plus exploités, la carrière est encore ne fonction. Les trous formés sont alors mis en eaux, servant de refuge pour les oiseaux, de lieu de loisir pour les citadins (natation, vélo, pêche etc.) et de lieu d'expension pendant les grandes crues, limitant les risques d'inondation. En cette période de l'année, les niveaux d'eau sont encore faibles, ce qui permet aux canards de surface et plongeurs d'accéder sans mal à leur nourriture. Cela explique la présence de nombreux hivernants qui, arrivant tout droit du grand nord, viennent passer l'hiver chez nous. Nous nous pointons sur place un peu tôt dans la saison, et malgré les nombreux oiseaux, les grandes stars des eaux calmes n'ont pas encore fait leur arrivée.

Décembre

DSC08027

Belle surprise, dans des billes de bois tendre tombées par le castor, des pholiotes destructrices (Hemipholiota populnea). C'est une espèce infoédée aux peuliers, qu'ils soient bléssés ou morts et tombés au sol.

DSC08030

Robustes, les champignons sont massifs (parfois plus de 25 centimètres), avec un chapeau orangé voire ocre, parsemé d'écailles tout comme son pied. S'ils sont attirants, il faut garder à l'esprit qu'ils sont non comestibles. Pour en rester au stipe, est fort, de couleur claire et en forme de massue. Sa chair est amère, blanche et élastique, en somme rien de quoi se mettre sous la dent. Plutôt rares, on rencontre cette espèce surtout dans les régions méditerranéennes. C'est la seconde fois que nous avons la chance de croiser cette pholiote dans le département du Rhône. Elle est souvent crainte pour les dégâts qu'elle peut faire sur la production de bois de cagette et pour la confection d'alumettes.

DSC08055              DSC08067

Comme toujours, les foulques macroules (Fulica atra) se donnent en spectacle. Des centaines d'individus se réunissent en groupes denses et turbulents à la recherche de nourriture et de compagnie. C'est bien souvent dans ces rassemblements que des espèces de canards hivernants plus rares se cachent. 

DSC08054

Posé sur une bûche flotante, un héron cendré (Ardea cinerea) attend. Il fait dos à l'île sur la quelle se trouve la héronnière. Au printemps, les couples rejoignent leur nid pour l'agrémenter de de branches fraîche. C'est là que pond la femelle, avec une dizaine e ses voisines car il n'est pas rare de voir des nids côtes à côtes. Il est même courant de croiser plusieurs espèces de hérons dans une seule et même héronnière.

DSC08019              DSC08020

L'armilaire couleur de miel (Armillaria mellea) à longtemps été considère comme bon comestible. Aujourd'hui les mycologues et les mycophages sont plus prudent. Indigeste, on recommande de manger seulement les jeunes exemplaires, exemptent de la moisissure blanche commune à l'espèce est toxique. Outre son statut de comestible plus ou moins contesté, il est connu pour être un redoutable ravageur d'arbres, jouant là un rôle important dans la régénération des boisements mais causant bien du soucis aux arboriculteurs et aux propriétaires de vergers.

DSC08026

Le grèbe huppé (Podiceps cristatus) est le plus grand et le commun des grèbes que l'on peut rencontrer en France. En période nuptiale, il se dote d'une colerette de plumes rousses surmontée d'une double huppe noire, lui donnant un port royal renforcé par son long cou. Le juvénile se reconnaît à son plumage zébré. Bon plongeur, il peut atteindre des profondeurs de 20 mètres pour se nourrir de larves, de crustacés et de petits poissons.

DSC08037              DSC08083

La sortie s'arrête là. La pluie, le froid, les tirs de chasse un peu trop proches à la tombée de nuit et les chiens qui lèvent les oiseaux dans les zones protégées finissent par nous faire demi-tour. Nos profiterons du site pour les grands comptages des cormorans, des laridés et de la journée du Wetland's pour profité au mieux de ce site bien apprécié des lyonnais mais à la faune et à la flore méconnue hormis des naturalistes passionnés.

Janvier

Nous avons la chance de faire quelques belles observations, mais l'hiver étant particulièrement doux, peu d'oiseaux nordiques sont venus nous rendre visite. Pas de panique, nous nous rabattons sur la flore et la fonge. Nous sommes aussi plus serein dans nos ballades, les week-ends étant plus calmes et beaucoup moins voire plus soumis aux tirs qui en novembre et en décembre, nous ont par moment plus qu'effrayés dans nos balades.

DSC09675                DSC09676

Le polypore marginé (Fomitopsis pinicola), a prit possession des arbres en fin de vie. Certains sont même si vieux qu'ils en ont perdu leurs couleurs. De nombreux insectes en prennent alors possession, y passent l'hiver sous forme de larves à se repaître en attendant de devenir imago et de pouvoir, dès le printemps, convoler en noce pour perpétuer l'espèce sur un autre champignon gâté par le temps et délavé par le poids de son âge.

DSC09661

Bien heureux que nous sommes, le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula) est au rendez-vous. Ce petit canard plongeur du nord de l'Europevient nous rendre visite chaque année à Miribel-Jonage avant de retourner nicher dans les cavités des pics noirs des forêts des pays nordiques, toujours à proximité de rivières ou de lacs forestiers où il peut se nourrir de petits poissons, d'insectes, de larves et de crustacés.

DSC09682              DSC09692

Qu'il faut être patient pour saisir un bref instant le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) en vol. Ici nous avons à faire à une femelle, la partie inférieur de son bec étant orangée. Posée sur son perchoir avec son plumage gonflé plus que jamais, elle semble attendre la bonne occasion pour saisir les petits poissons imprudents qui viennent trop près de la surface collecter les rares insectes qui ont pu tomber imprudemment dans l'eau.

DSC09673

Sur la fin de notre périple, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) mâle nous observe du haut de sa branche. Le plus souvent les mâles et les femelles de cette espèces vivent séparer les uns des autres, rejoignant de grands groupes composés uniquement d'indivus du même sexe. C'est de là qu'il tire son nom scientifique de coelebs signifiant "célibataire". Quand vient la saison des amours arrive, les couples se forment et quittent leur troupe.

C'est sur un vol de hérons cendrés (Ardea cinerea) en direction de la héronnière qui commence à être peuplé que ce termine notre tranquille tour des lacs de Miribel. Les lonicera apportent un peu de gaieté par le vert de leur feuillage mais il faudra attendre encore quelques semaines pour les voir fleurir et offrir leur parfum si particulier et qui embaume les bosquets dans lesquels les mésanges et les fauvettes viennent nicher.

DSC09663              DSC09669

 

samedi 1 février 2020

Quelques nouvelles de ma vie à la LPO.

DSC06795Quoi de neuf depuis les dernières brève sur mon métier d'animatrice nature à la LPO ? Beaucoup de choses pour tout vous dire. Voilà plus d'un an que je suis en poste et je m'y plaît toujours autant. J'ai pu découvrir de nouvelles facettes du métier, me former auprès des collègues de toute la France mais aussi de partenaires variés. Ce ne fût pas toujours facile, ce n'est pas toujours encore, mais le challenge est là, et cela est plus que motivant, d'autant plus qu'il est question de transmettre des valeurs auxquelles je tiens férocement. J'ai désormais je temps de lire des écris plus profond sur la pédagogie, le développement de l'enfant et les attentes d'un public. Le choix des lectures n'est pas toujours simple, mais petit à petit j'arrive à me faire une idée sur ce que je crois être la voie que j'aimerai suivre ou du moins, expérimenter.

Se former et apprendre : journée au SMIRIL.

Nous aussi nous avons pu faire notre rentrée dès septembre. Les animateurs des associations partenaires du SMIRIL, le Syndicat Mixte du Rhône, des Îles et des Lônes, ont pu le temps d'une journée découvrir ou redécouvrir le site où chaque année, des centaines d'animations nature autour du fleuve se déroule. Quelques nouveautés vont nous permettre de profiter au maximum du lieu.

DSC06786

Un point sur les crues n'est pas de trop, le Rhône n'étant pas toujours aussi tranquile qu'il peut le laisser croire. Des bonhommes de crue sont là pour nous le rappeler, tout comme le sable qui reconvre certains sentiers qui pendant l'hiver voire le printemps, peuvent se retrouver submergés.

DSC06798

Une grande mare a été construite, j'ai même pu la tester à la fin du printemps avec plusieurs classes. Toute récente qu'elle est, elle déborde déjà de vie. Grenouilles, crapauds, salamandres et canards colverts mais aussi nymphes de libellules et larves de diptyques ont pris place. J'ai hâte de voir les espèces nouvelles qui pourraient d'ici peu y prendre place. Cependant, l'observation et la pèche de petites bêtes ne se fait pas simplement. En effet les crapauds communs (Bufo bufo) aiment y pondre dans la maigre végétation s'y développant. Il faut prendre alors garde en manipulant les épuisantes pour ne pas détruire les fragiles chapelets d'oeufs accrochés aux algues ou dissimulés dans la vase.

DSC06764              DSC06785

S'il est possible de rencontrer des espèces autochtones comme le milan noir (Milvus migrans) qui est nicheur sur l'Île de la Table ronde, on peut tomber aussi sur des EEE, c'est à dire des espèces exogènes envahissantes. Parmi celles-ci, on trouve les renouées asiatiques, les Fallopia sp. dont la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis). Originaire d'Asie, elle s'est naturalisée en Europe où l'absence de prédateurs lui a permit de se développer vite voire très vite, et au dépend des plantes et insectes indigènes. Cette problématique est étudiée et traitée entre autre, par les agents du SMIRIL dans le cadre de la gestion des espaces naturels du Rhône.

DSC06766     DSC06792     DSC06794     DSC06802

Outre les oiseaux et les batraciens, on trouve énormément des plantes. Outre les étrangères, venues d'Asie ou des Amériques comme la renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis) citée plus haut et le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia), on observe également des espèces locales, appréciées en tisanes, en confitures ou dans la bière comme c'est le cas pour les mures (Rubus sp.) et le houblon grimpant (Humulus lupulus).

DSC06805              DSC06806

Pour finir cette journée conviviale, un bon repas entre animateurs permet de resserer les liens. Plats maisons, produits locaux, et surtout fromages et bons vins ... je retrouve pour un temps le petit côté Dauphinois qui, avec les montagnes aux sommets enneigés, me manque parfois dans ma vie plus que citadine.

DSC06961

Les éco-citoyens d'aujourd'hui.

Mon travail est très varié. Hormis la partie bureau où je me consacre à remplir des dossiers, à construire des emplois du temps, à répondre aux mails ou encore, et à facturer, je suis la plus par du temps sur le terrain. J'ai pu par exemple animé le temps d'un arpès-midi un atelier mangeoires et nichoirs avec le jardin partagé des Coccinelels dans Lyon 3e.

DSC06957

Autant vous le dire tout de suite, j'étais entourée d'une sacrée équipe habituée à l'exercice. Nous avons pu à l'aide de saindoux et de margarine sans huile de palme réaliser des boules de graisses pour les oiseaux. Pour cela rien de plus simple, il suffit de couvrir de graisse une pomme de pin bien ouverte et de la rouler dans un mélange de graines pour oiseaux, idéalement de graines de tournesols ou d'un mélange tournesol et lin. Cette activité se réalise aussi bien avec les petits que les grands, dans les écoles, les EHPAD, avec les conseils de quartier ... pour peu qu'il ait des mains de libres, l'envie de bricoler et de partager. Un moyen simple d'aider les oiseaux et de sensibiliser à leurs besoins de manière ludique.

DSC06953              DSC06954

DSC06962     DSC06956     DSC06958     DSC06959

Autre action, celle de nettoyer et réparer les vieux nichoirs pur accueillir les oiseaux dès février mais aussi, d'en construire de nouveaux. Les nichoirs sont apportés en kit. Ceux-ci sont réalisés par les bénévoles de la LPO du Rhône aux cours de sessions automnales et hivernales. Sans eux, pas d'animations. Nichoirs à mésanges charbonnières, à mésanges bleues, à rougequeue noir et gîtes à chauves-souris figurent parmi la construction des 12 aménagements destinés à la faune du jardin partagé. Une belle initiative pour la biodiversité.

DSC07193

Changeons de ville et partons pour Bron, où avec le conseil de quartier nous réalisons un inventaire des oiseaux de Bron Terraillon ainsi qu'un livret pour les observer. Plus de 20 espèces ont été observées et parfois photographiées par les membres du collectif. Certains se sont montrés pro-actifs et ont même réalisés des nichoirs pour aménager leur ville et sont allés dans une des écoles de Bron pour animer autour des oiseaux. Une véritable fierté pour moi de voir des éco-citoyens s'investir autant et avec passion pour la nature et pour leur ville.

DSC07200

La jeunesse en action pour valoriser et protéger la faune nocturne.

Pas de panique, ces jeuens gens ne sont pas enfermés mais en repérage naturaliste. Ils font partis des 8 participants à encadrer la sortie s'étant déroulée à Saint Priest pour le Jour de la Nuit, manifestation visant à sensibiliser le public à la faune nocturne et aux dangers de la pollution lumineuse. Cette action est menée par le groupe jeune LPO Rhône.

DSC07203

Petit tour du fort de Bron, où nous avons pu cet été poser deux gîtes à chauves-souris et réaliser une sortie nocturne. Pour l'occasion nous prenons le temps de repérer les bosquets où des espèces communes et plus discrètes susciteront l'intérêt des 25 habitants du quartier qui se joignent à nous. Mésanges à longue queue, merles noires et geais des chênes sont attendus pour animer le début de soirée, avant que la nuit s'installe pour de bon et nous plongent dans l'obsercurité complète.

DSC07199              DSC07206

Sur le site, de nombreux lapins de Garenne (Oryctolagus cuniculus) filent entre nos pieds, que ce soit à la tombée du jour ou dans la nuit noire, ne nous laissant voir dans la lumière de nos lampes torches que leur croupion blanc. Il n'en est pas de même pour celui-ci. Atteint de myxomatose, maladie introduite pour réduire leur population et qui les amené au bord de la disparition, il a peut de chances de s'en sortir, la maladie étant mortelle.

DSC07195

Les insectes et les arbres sont de la partie, les champignons aussi. Maillons essentiels dans le cycle de la matière et dans sa transformation, sans eux il n'y aurait ni forêt, ni agriculture. Parmi les espèces présentes et les feuilles, on trouve l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea).

DSC07194

Cette espèce considérée longtemps comme comestible porte aujourd'hui à débat. En cause, la toxicité des levures blanches qui se développe sur le champignon et que l'on peut observer ici. De ce fait on recommande pour ceux qui veulent tenter l'expérience de ne prélever les jeunes spécimens, encore en boutons c'est à dire fermés et à peine sortis de terre. On rencontre cet armillaire se développant souvent en grandes colonies, sur les arbres et les racines des arbres aussi bien mourants que vivants, les condamnant à moyen terme à une mort certaine. Si cela cause bien des soucis dans les vergers, cette action est essentielle pour permettre le rajeunissement de la forêt, laissant la place aux jeunes arbustes.

Animer au fil des saisons : sortie champignons.

Chaque saison à ses spécialités. L'hiver on peut à loisir observer les oiseaux d'eau et venus du nord, au printemps se pencher sur la reproduction des amphibiens, l'été chercher les reptiles et l'auomne, courir les champignons. De nouveaux dans le cadre du groupe jeunes LPO Rhône, nous avons pu partir en forêt avec un peu plus de 25 participants nous initier à la mycologie et même pour certains, à la degustation sauvage.

DSC07340     DSC07339     DSC07344     DSC07346

La diversité fongique est énorme, nous avons l'occasion d'identifier plus d'une trentaines d'espèces dont le strophaire vert de gris (Stropharia aeruginosa), l'amanite vaginée (Amanita vaginata) ou encore, le scléroderme commun (Scleroderma citrinum) parasité par la bolet parasite (Boletus parasiticus) qui porte plus que bien son nom. On le reconnaît à sa couleur fauve et à ses gros tubes devenant ocres puis pourpres.

DSC07351

Belle surprise, sur le départ un jeune cueilleur, sans doute habitué du coin, nous a laissé un jeune cèpe de Bordeaux (Boletus edulis). L'attention est plus que délicate. Nous avons alors la chance de le déguster sur place en capriccio. Les fines lamelles permettent d'exalter toutes les saveurs boisées de ce champignon si recherché et que je ne pensais pas trouver dans le Rhône. Néanmoins 2019 fût une année à cèpes, rien d'étonnant donc.

DSC07329

Quand on parle de bolets et de cèpes, il est souvent d'usage de trouver à proximité des amanites tue-mouches (Amanita muscaria). Je ne fais pas de mystères là-dessus, à chaque fois que j'en parle c'est pour rappeler qu'il s'agit de mon champignon favoris, ne serait-ce que pour son visuel.

DSC07326

Plus toxique que mortelle, elle croît dans les forêts suite aux fortes pluies et aux piques de chaleurs, faisant d'elle un champignon typique de la fin de l'été et du début de l'automne. Si on l'a trouve surtout dans les bois de feuillus, on peut également la rencontrer sans peine dans les boisements mixtes et de conifères. Se développant en symbiose avec les arbres, on la trouve surtout associée aux boulots, aux chênes, aux hêtres, aux épicéas, aux pins, aux sapins et aux cèdres. Avec la mondialisation et l'importation d'arbres sur pied, on la trouve même dans l'hémisphère sud. Commune en Amérique du Nord, on y rencontre même une sous-espèce jaune et une autre virant au blanc. Du côté de la Suède et en Finlande, c'est une sous-espèce rouge sang que l'on trouve dans les grandes forêts au climat rude.

DSC07336

Portée comme un bouquet, cette poignée de laccaires laqués (Laccaria laccata) terminera au fond du panier. Poussant dans les forêts à tendance humide, en particulier dans la mousse au pied des arbres, c'est une espèce exemplaire dans la pratique de la mychorization. Bon comestible, il est est parfois jugé comme médiocre en raison de sa faible exaltation. Captant les composés radioactifs, sa consommation doit rester occasionnelle.

Faire vivre un site : découverte des rapaces.

Le 11 novembre, c'est la fête du fort à Villefranche avec Fort en Nature. L'occasion pour la LPO de présenter les espèces et les enjeux locaux. J'y suis sous ma casquette d'animatrice nature salariée, accompagnée de 7 bénévoles motivés et passionnés et à qui je dis merci. Sans eux pas de stands, pas de manifestation et surtout, pas de sensibilisation. Pour 2019, la thématique se centre sur les rapaces nocturnes et la forêt.

DSC07651              DSC07660

Nichoirs, plumes d'oiseaux communs, atelier d'identifications des micromammifères dans les pelotes de hiboux moyens duc (Asio atus) du parc de Parilly et sorties aux jumelles, l'après-midi et le stand sont bien chargés, malgré le froid et quelques gouttes de pluie. Plus de 600 visiteurs ont pu déambuler ce jour là parmi les tables des diverses associations rhodaniennes oeuvrant pour la nature et pour la biodiversité.

DSC07891

LPO AuRA : se réunir.

Au premier janvier 2019, toutes les LPO d'Auvergne Rhône Alpes ont fusionné pour ne donner plus qu'une seule et unique association nommée LPO AuRA, ce qui donne le nom à rallonge de Ligue de Protection des Oiseaux d'Auvergne Rhône Alpes. Autant vous dire que pour rester simple, je continuerai d'employer le nom de LPO Rhône ou LPO dt Rhône, le dt signifiant "délégation territoriale". Afin de marquer la fusion, les 110 salariés de la toute jeune LPO AuRA se sont réunis pendant 2 jours pour se rencontrer et apprendre à travailler ensembles. Ils ont été rejoins pour certains le 3e jour par des bénévoles de chaque délégation pour proposer des projets communs. Il ne reste plus qu'à voir ce que donneront ces rencontres.

DSC07962              DSC07969

Pour l'occasion nous sommes dans la Loire et hébergés chez les Maristes. Leur propriété est adossée à une imposante barre rocheuse assurant aux passionnés des oiseaux que nous sommes d'en voir. Une forêt de feuillus, une rivière, un vergé et quelques flocons de neiges complètent le paysage. Les plus chanceux ont même pu y observer il y a un peu moins de deux ans de cela un hibou grand duc (Bubo bubo) en pleine parade.

DSC08002

Entre les rochers où l'eau vient déposer son écume, un petit passereau blanc et brun plonge avec ardeur. Il s'agit du cincle plongeur (Cinclus cinclus), le seul de son genre car capable de marcher sous l'eau à contre-courant, à la recherche de sa nourriture en utilisant son plumage comme un scaphandre, celui-ci emprisonnant les bulles d'air. C'est sans mal qu'il se saissit des larves mollusques et autres petits poissons dont il se nourrit.

DSC07986              DSC07997

Un jeune mâle faucon crécrelle (Falco tinnunculus) a prit ses aises au-dessus de le domaine. Nous avons pu le voir se poser sur le bâti et sur les arbres morts nous surplombant. Il a pour particularité de présenter un plumage très pâle, en particulier sous les ailes ce qui nous donne l'impression d'être survolés par une ombre fantôme.

DSC07662     DSC07906     DSC07941     DSC07960

Premières neiges, nous n'en reverrons pas dans les semaines et mois qui suivrons. Départ le matin en solitaire en en bonne compagnie pour chercher les animaux forestiers. Un chevreuils, quelques pics, une flopée de tarins des aulnes et de bruyantes mésanges nous font bon accueil sous la lune qui s'annonce presque pleine.

Oeuvrer pour la biodiversité : chantiers mares.

L'automne est toujours synonyme de mare, période de l'année idéale pour les récurer et surtout, pour les construire. Une fois n'est pas coutume, nous avons pu participer à la réalisation d'une mare, chez deux jeunes exploitants très dynamiques producteurs de fruits et en particulier de pommes. Sensibles aux menaces pesant sur la biodiversité, leurs parcelles sont entourées de haies diversifiées champêtres et équipées de nichoirs variés.

DSC08246

Première étape, creuser la mare. Nous sommes 20 armés de pèles et de pioches à marteler le sol boueux sous la pluie. Par chance, le trou a été précreusé par une pelteuse, reste à adoucir les berges pour que les animaux puissent sans mal sortir de l'eau et ne pas prendre le risque de se noyer en allant boire ou pondre. Au vue du nombre que nous étions et de mon envie de photos, je dois avouer n'avoir pas beaucoup mis la mains à la pâte.

DSC08257

Étape suivante, poser le revêtement géotextile. Celui-ci protégera pour les 30 prochaines années la bâche impérméable des racines et des pierres pouvant la perforer et faire que la mare ne soit plus. En effet, les mares sont des zones humides se remplissant sous l'action de la pluie.

DSC08289

Reste à leur à disposer la bâche, en prenant soin qu'elle soit étendue au mieux et sans causer de plis. En plastique ou en caoutchouc, elle est utilisée quand le sol n'est pas suffisamment argileux pour empêche que l'eau ne s'inlfiltre. Profonde, cette pièce d'eau devrait avec un peu de chance abriter deux voire peut être trois espèces différentes de tritons. Il faudra attendre quelques mois pour voir les premiers végétaux pionniers s'installer et les  grenouilles rousses et les grenouilles vertes y disposer leurs oeufs. Peut être y trouverons nous même cet été quelques crapauds communs s'y abritant de la chaleur estivale.

DSC08331              DSC08342

Pour finir, on dépose à nouveau un géotextile pour protéger le fond mais aussi pour permettre l'intégration de la mare dans le paysage. De couleur blanche, il prend rapidement la teinte de la terre et de la vase. On peut parfois accélérer les choses en recouvrant de terre le textile pour qu'il se teinte de maron. Reste alors à couvrir généreusement les bords de terre pour qu'ils ne puissent pas glisser et faire que les couches se percent.

DSC08368

Sur le retour, nous tombons sur deux ragondins (Myocastor coypus) peu farouches. Paisibles herbivores, ils broutent au bords de la route les herbes vertes. Classés parmi les espèces exotiques pouvant entraîner des dégâts, les EEE, il semblerait qu'ils ne soient en réalité que peu impactant pour la faune et la flore et pour l'activité humaine. Accusés de fragiliser les berges, il faudrait regarder du côté de l'abbatage des arbres de bord de rives.

DSC08353              DSC08375

Nous terminons pas un rapide tour dans les grands vergers d'Irigny. Les chanpignons sont nombreux, à pousser sur le bois mort et sur les arbres au boix tendre. Nous récoltons sous l'oeil d'un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) une énorme brassée de pholiotes des peupliers (Cyclocybe aegerita) qui termineront le soir venu, en poëlée automnale avec les légumes récoltés sur l'exploitation : butternut et patates douces.

Se former et apprendre : séminaire EEDD LPO France.

J'ai eu la chance de pouvoir partir 5 jours du côté de Vaujours en Seine Saint Denis (93) pour me former à l'Education à l'Environnement et au Développement Durable avec 35 autres éducateurs LPO venus des 4 coins de la France. 5 jours très riches et passionnants sur la thématique des trames vertes et bleues et surtout, sur les publics adolescents. Un programme riche qui me donne l'envie de développer de nouveaux outils et approches.

DSC08386              DSC08392

Parmi les outils présentés, la grainothèque de la LPO IDF, organisatrice du séminaire. Destinées aux collèges et lycées, elle s'inscrit dans un programme d'animations dessiné autour du jardin, des herbes folles et des aménagements simples à réaliser pour favoriser la biodiversité. Une grande diversité de graines permet aux publics de prendre conscience de la richesse des végétaux poussant spontanément dans les villes.

DSC08382

J'ai été très surprise d'observer de nombreuses perruches à collier (Psittacula krameri). J'ai même appris que du côté du nord de la France, un arbre abritait plus de 2800 individus qui y passaient la nuit avant de retourner en journée sur leur territoire, parfois même du côté de la Belgique.

DSC08385

Classées elles aussi en EEE, espèces exogènes envahissantes, l'impact de ces oiseaux d'origine asiatique est encore mal connu. Une étude de la LPO des Hauts de France va débuter sur ce sujet. Le problème se pose plus particulièrement pour les animaux cavernicoles, ayant besoin de trous pour nicher. Les perruches en colliers occupant le même habitant, elles font concurrence à la faune locale, allant parfois jusqu'à déloger les passereaux et les mammifères se trouvant dans les loges de pics abandonnées. Côté nourriture, elles se nourrissent d'une grande diversité de végétaux, dont les fruits des cyprés que la plupart des animaux ne consomment pas, faute d'avoir un bec crochu et puissant comme celui de ces perruches.

DSC08452

Parmi ces animaux impactés, l'écureuil roux (Sciurus vulgaris). Solitaire en hiver, on peut le voir en cette période chercher sa nourriture et arpenter le sol forestier, visitant ses caches où il a pu pendant l'automne stocker des fruits. Cependant, dès que les températures sont basses, il se réfugie dans le sommeil, à l'abris dans son nid qui se compose d'une boule de feuilles mortes accrochée dans les branches ou au fond d'un trou de pic.

DSC08434              DSC08459

Nous sommes au parc de la Poudrerie de Sevran, où dans le pavillon nous avons loisir à découvrir tout un tas de nouvelles choses qui nous serons précieuses pour nos futures animations. Ce parc urbain de 137 hectares fût, jusqu'en 1973, un site de production de poudre et d'explosifs à des fins militaire (pendant près de 200 ans). Autant dire qu'aujourd'hui il a bien changé d'aspect et ne représente plus de danger pour les habitations proches.

DSC08468

Dernier jour de séminaire. Avant de nous quitter, direction les grands ensembles humides au sud de l'ïle de France. Dans le ciels, des centaines de vanneaux huppés (Vanellus vanellus) forment des vols harmonieux. Petits limicoles, on les reconnaît à leurs ailes arrondies, à leur plumage noir et blanc, à leur huppe fine qui se dresse bien droit et surtout,  leurs cris dignes de R2D2. Dans le Rhône, il est rare d'en croiser plus d'une vingtaine réunis ensemble, autant vous dire que j'étais complètement émerveillée de ce spectacle.

DSC08485              DSC08490

Ce fût l'occasion de faire de très belles observations, avec un couple de garrots à oeil d'or (Bucephala clangula), une famille d'oies cendrées sauvages (Anser anser) et même mon tout premier grèbe esclavon (Podiceps auritus). Voilà de quoi tordre le coup à l'idée qui voudrait qu'en Île de France, il n'y ait que peu de faune à observer. C'est sur cette sur ce bon moment que nous nous quittons pour retourner sous la pluie dans le Rhône.

Voici donc quelques brèves de septembre à décembre de ma vie de salariée et de bénévole à la LPO dt Rhône. Tout n'y figure pas bien sûr, entre les sorties grands publics, les animations avec les collèges et les écoles primaires, les réunions, les journées de bureaux et les soirées mensuelles ou thématiques avec le groupe jeunes, mais cela donne un aperçu que je trouve assez fidèle à qu'ont pu être ces 5 mois passionnants et bien remplis.

DSC08461              DSC08474

dimanche 19 janvier 2020

Sortie en forêt 80.

 

DSC07669

La Nature en proximité de ville

Qui aurait cru, en allant se promener sur les hauts de Brignais, tomber sur un si joli coin. Pas moi en tout cas qui, errant dans la zone commerciale en attendant que mon auto soit retapée à neuf, fût pris de l'envie d'explorer la colline boisée qui se dressait au loin. Je ne regrette pas cette pointe de curiosité qui m'a traversé l'esprit. Me voilà l'un des bois du plateau des Hautes-Barolles. Oiseaux, champignons, arbustes et arbres, tout est passé au crible. Malgré quelques gouttes de pluies, la faune est au rendez-vous et se montre peu farouche. De quoi patienter au point d'en oublier de retourner en ville. Les pigeons ramiers (Columba  palumbus) y sont nombreux. Appelés palombes dans le sud, ce sont des oiseaux affiliés aux arbres à la différence de son cousin urbain le pigeon biset (Columba livia). On les reconnaît à leur grande taille et à leur poitrail rose.

DSC07672              DSC07857

C'est un deuxième printemps. Les fleurs d'automne sortent leurs pétales pour profiter du moindre rayon du soleil. Les cyclamens à feuilles de lierre (Cyclamen hederifolium) est d'origine méditerranéenne et s'est naturalisé sur large partie de la France, contrairement à l'oxalis petite oseille (Oxalis acetosella). Celle-ci, ressemblant au trèfle sans en être, est indigène au département du Rhône et ne fleurira pour sa part qu'au début du printemps.

DSC07675

Dans un robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) d'une grande propriété clôturée, un grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) s'adonne à sa toilette. Pesant quelques grammes (8 à 12 gr), cet insectivore explore sans relâche les troncs aux nombreuses aspérités et les crevasses des écorces à l'aide de son long bec légèrement incurvé et ses grands doigts. Le meilleur moyen de le différencier du grimpereau des bois (Certhia familiaris) est son chant, très différent entre les deux espèces qui morphologiquement, se distinguent par une tâche claire sur l'aile légèrement plus grande chez le grimpereau des bois.

DSC07671

Beaucoup d'autres passereaux tirent profit des arbres. Les moineaux domestiques (Passer domesticus) en font partis. Si dans l'imaginaire ils sont associés à la ville, on oublie trop souvent que se sont aussi des oiseaux des campagnes.

DSC07693

Il aura fallu moins de 30 ans pour voir cette espèce s'effondrer. Moins 70% des moineaux ont disparu, que ce soit en ville ou en milieu rural. La disparition des insectes et des habitats est ciblée mais il semblerait que d'autres causes nous étant encore inconnues seraient aussi responsables de cette disparition programmée. À contrario, les moineaux domestiques introduits en Afrique et en Amérique du nord se portent mieux que jamais, au risque de causer des dégâts sur la faune locale, notamment dans la compétition qui animent les oiseaux pour avoir les meilleurs sites de nidification. Rien de très réjouissant pour nos compagnes qui deviennent de plus en plus silencieuses.

DSC07697     DSC07718     DSC07720     DSC07776

Les petits passereaux savent toujours où trouver de la nourriture quand les insectes se font rares, pour peu qu'on laisse les haies. L'églantier sauvage (Rosa canina) donne des fruits sucrés, le fusain d'Europe (Euonymus europaeus) des graines dorées toxiques pour l'Homme, le pourpier maraîcher (Portulaca oleracea) des graines noires et des feuilles délicieuses en salade et les cotonéasters (Cotoneaster sp.), des fruits farineux.

DSC07689              DSC07854

Restons à la lisière de la forêt. Un rouge-gorge famillier (Erithacus rubecula) s'égosille pendant qu'un petit groupe de pinsons des arbres (Fringilla coelebs) explore un vieux verger. Si on traduit son nom scientifique de "coelebs", on tombe sur le terme "célibataire". Celui-ci fait référence au fait que les mâles et les femelles font pendant l'hiver bande à part, formant chacun de leur côté des vols comportant parfois plus de 200 oiseaux.

DSC07708

Cachés dans la prairie, environ 50 chardonnerets élégants (Carduelis carduelis) cherchent de quoi se nourrir. Avec leurs couleurs chatoyantes et leurs petits cris, on ne peut pas les louper. Figurant sur la liste rouge des espèces menacées en France, il souffre de la disparition des pairies à chardon et du braconnage. Apprécié pour son plumage et son caractère docile, il est souvent braconné pour finir tristement comme animal domestique.

DSC07752     DSC07838     DSC07773     DSC07875

Plusieurs espèces de lépiotes se croisent dans la forêt du plateau des Hautes-Barolles. Dans celle-ci, on trouve des comestibles et des toxiques voire mortelles. Les plus grandes portent même le nom de macrolépiotes en référence à leur dimensions. C'est bien souvent un casse-tête pouvoir toutes les nommer tant elles sont similaires. Stipe, anneau, chapeau, chinure du pied ... ce sont quelques uns des éléments à observer attentivement.

DSC07726              DSC07832

La lépiote fuligineuse (Macrolepiota fuliginosa) agite souvent les passions. Cousine de la coulemelle, elle est appréciée pour sa chaire douce rougissant à la coupe. Elle se trouve le plus souvent dans les pâtures sur les sols bien drainés mais aussi dans les lisières de bois pour peu qu'elles légèrement humides. Ses dizaines et dizaines de noms patois indique que c'est un champignon ayant eu une place importante à table dans les campagnes.

DSC07797

La lépiote déguenillée de Bohème (Chlorophyllum brunneum) nommée aussi lépiote des jardins se reconnaît à ses grandes écailles rougies qui parsèment son chapeau. Son large chapeau, son pied rougi et son odeur fruitée sont quelques éléments dans son identification.

DSC07884

On la trouve tout au long de l'été et de l'automne, en particulier après les pluies abondantes, ce qui en fait un champignon que l'on retrouve régulièrement à la table pour peu que l'on sache le reconnaître. En effet, elle est parfois confondue avec des espèces plus petites aux écailles rougies et pouvant s'acérer toxiques voire mortelles. Comme pour toutes les lépiotes, le pied est à rejeter, celui-ci étant fibreux, rêche et indigeste. Chez cette espèce, il se montre trapu, une autre caractéristique dans l'identification de ce genre complexe. On la trouve dans un grand nombre de milieux : bois, parcs, clairières, jardins, les pieds de haies, les bords de route ou les fossés n'en sont que quelques uns.

DSC07880

Les jeunes chapeaux en forme de boule peuvent être farcis puis cuits aua four. Plus vieux, ils peuvent être pannés pour finir dans un hamburger à la place d'un steak, dans une omelette aux herbes, dans un gratin de fromage, dans un poatge forestier ou encore, comme cordon bleu en remplaçant  la viande et en étant garnis de comté. 

DSC07787

Il n'y a pas que des lépiotes comestibles dans le bois. La lépiote en bouclier jaunissante (Lepiota ochraceosulfurescens, un des rares cas où le nom latin semble plus simple que le nom commun), aime pousser à l'automne au pied des conifères. Ici, c'est dans un tapis de mousse surplombé de cèdres qu'elle s'épanouie.

DSC07789

Poussant souvent en rond de sorcières, elle dégage une odeur de caoutchouc. Les individus jeunes et frais prennent une teinte jaune ce qui lui vaut son nom. Pendant longtemps, elle a été considérée comme une sous-espèce de la lépiote en bouclier (Lepiota clypeolaria) sous le nom de Lepiota clypeolaria var. minor. Bien que toute adorable qu'elle soit, elle reste toxique. En règle général, il est déconseillé de consommer les petites lépiotes pour éviter tout accident. Celle-ci mesurant moins de 10 centimètres, elle ne devrait pas tenter les mycophages avertis.

DSC07778     DSC07779     DSC07781     DSC07775

C'est la première fois que je croise le crucibule lisse (Crucibulum laeve), un champignon appartenant à la famille des "nids d'oiseaux" et saprophyte, se plaisant aussi bien dans les forêts de conifères que de feuillus. Les "oeufs" contenu à l'intérieur de celui-ci sont éjectés aux premières gouttes de pluie. Ils contiennent des millions de spores qui seront ainsi dispersés dans la nature et pourront à leur tour fructifier entre août et octobre.

DSC07821              DSC07829

Les vesses et les bovistes (Lycoperdaceae) sont des champignons en forme d'autres qui a maturité dégagent, sur la pression des éléments, des spores. Au sommet du carpophore apparaît une perforation qui les laissent s'échapper en grand nuage. On prendra garde à ne pas le respirer, celui-ci pouvant être néfaste pour les voies respiratoires. Drôlerie linguistique, le nom commun de vesse de loup signifie en patois "pet odorant de loup".

DSC07728

Un clitocybe géotrope (Clitocybe geotropa) défraîchit par la pluie fait le bonheur des limaces. Ce grand et gros champignon au goût peu prononcé est apprécié dans les poêlées automnales. Abondants et poussant en rond de sorcière, il est toujours plaisant de le trouver jeune pour agrémenter un panier un peu vide, l'hiver s'approchant et les espèces fongiques étant de moins en moins nombreuses en forêt, la faute à l'arrivée du gel.

DSC07766     DSC07767     DSC07768     DSC07765

Cette année, j'ai pu redécouvrir le clitocybe odorant (Clitocybe odora) en cuisine. Très parfumé, ce champignon bleu pastel à l'odeur et au goût d'anis détonne dans le sous-bois. En vieillissant il prend des teintes gris-verdâtre. C'est là que son caractère odorant est le plus exalté. Le pied fibreux est souvent rejeté. On peut lire qu'il est recommandé dans ajouté un ou deux dans une poêlé pour son goût, mais je dois avouer en mettre bien plus.

DSC07774              DSC07793

On peut pousser m'expérience culinaire encore plus loin en le transformant en glace. Émincés finement, mélangés à un appareil d'oeufs battus, de sucres et de lait chaud puis filtrés au chinois, les champignons se retrouvent au congélateur. Pour les plus gourmands on peut ajouter une gousse de vanille pour donner une pointe d'exostisme à cette préparation pleine de surprise. Les plus téméraires expérimente cette crème glacée en entrée ou entre-met.

DSC07853

Courte sortie du bois. Une dizaine de corbeau freux (Corvus frugilegus) accompagnés de choucas des tours (Coloeus monedula) inspectent un pré où quelques vaches pâtures. Rien ne leur échappe, aussi bien les mouches voltant autour des bouses fraîches comme les derniers criquets de l'année qui, dérangés par les pas lourds des bovins. Mal-aimés, j'adore croiser ces corvidés à la grande intelligence qui sont fascinants à observer.

DSC07869

Arrêtons nous sur les arbres morts. Sur une vieille souche, une colonie d'armillaires couleur de miel (Armillaria mellea) s'épannouie. Longtemps consommé, cet armillaire est aujourd'hui présenté comme une espèce à risque.

DSC07867

Il est plus prudent de consommer les jeunes individus se présentant sous forme de boutons, c'est à dire au chapeau à peine ouvert. Plus la colonie vieillie, et plus le risque qu'une bactérie toxique s'installe sur elle est grand. On peut l'observe facilement, celle-ci formant une poudre blanche sur les chapeaux. Outre ce fait, il s'avère indigeste chez certaines personnes, pouvant conduire à des problèmes gastro-intestinaux. C'est aussi un parasite qui s'attaque aux arbres, en particulier au niveau des racines et du collet du tronc. Noyers, vignes, fruitiers ... peut d'arbres lui échappent, on le rencontre même épisodiquement sur les conifères sous l'écorce des quels il forme des filaments noirs. Poussant à l'automne, c'est un des champignons le plus commun à cette saison.

DSC07863

Beaucoup plus rare, voici l'hypholome à lames enfumées (Hypholoma capnoides). On le reconnaît à son chapeau jaune orangé, à son pied ocre, à son reste de cortine brun-violacé et à ses lames grisées quand il vieillit.

DSC07865

On le trouve le plus souvent sur les racines, les branches et les souches des arbres morts, en particulier des conifères, se nourrissant du bois en décomposition. Il pousse presque toute l'année, du début du printemps à la fin de l'automne. Bien que sa chair soit douce mais peu consistante, il reste un très piètre comestible, dont le risque de confusion avec l'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare) est grand, ce dernier étant suspecté d'être toxique et d'entraîner des troubles gastro-intestinaux importants. Beaucoup plus abondant (jusqu'à 50% de la masse fongique des forêts), son goût amer et sa mauvaise odeur auront vite fait de passer l'envie de le croquer aux plus téméraires.

DSC07886

Trop tard, trop haut, je n'aurai pas le plaisir de déguster ces langues de boeufs (Fistulina  hepatica), champignons à l'aspect et à la texture de la viande. Tranchés, ils laissent voir une chair rouge nervurée de blanc comme pourrait l'être celle d'un steak ou une entrecôte veinés de gras.

DSC08092

Le chapeau rouge lie de vin possède une fine cuticule visqueuse que l'on retire pour le cuisiner. Les tubes sont crèmes avant de devenir plus sombres avec l'âge. On peut manger la langue de boeuf crue ou cuite, essentiellement quand elle est jeune. En shashimi, en ragoût, poêlée ou en tartare, elle offre une large palette de saveurs. Épaisse de 2 à 6 centimètres et d'une circonférence de 10 à 60 centimètres, un seul individu suffit souvent à remplir une poële. Nous reviendrons plusieurs fois pendant l'année 2020 visiter le chêne où pousse ce champignon, celui-ci étant fidèle à son arbre hôte et fructufiant souvent.

DSC08118     DSC08119     DSC08122     DSC08124

Les coprins et les mycènes se développent parfois sur les vieilles souches. Il leur faudra 10 à 20 ans pour qu'ils finissent par assimiler celle-ci intégralement. Ils créent ainsi un milieu propice au développement des larves de coléoptères et autres insectes se nourrissant du bois mort. Lucanes, rhinocéros et autres bestioles rares ont un cycle de vie dépendant intégralement d'eux et de leur capacité à dégrader les liaisons carbonées du bois.

DSC08143

On parle alors de lignivores, c'est à dire d'organismes décomposeurs capables de briser et consommer la grande molécule que forme la lignine, principal composant du bois. C'est dans celle-ci que se trouve la cellulose, un glucide rechercher par de nombreux lignivores pour se nourrir. On peut aussi parler d'espèces saproxyliques, c'est à dire qui possède un cycle de vie lié de près ou de loin à la décomposition du bois mort.

DSC07870              DSC07871

Près des fossés humides, des fougères mâles (Dryopteris filix-mas) s'épanouissent. Elles portent le nom de mâles car il était d'usage de croire, avant l'arrivée de la classification et de la compréhension de la reproduction des ptéridophytes, que les fougères portaient des fleurs. On racontait que ces dernières apparaissaient les soirs de pleine lune et que de les posséder rendaient riches et invisible à souhait pendant une année.

DSC08138

La géastre sessile (Geastrum fimbriatum) appartient à la famille des champignons étoiles, du fait que 5 à 8 lanières blanches entourent le sac brun contenant les spores. Elles sont les reliques de l'épaisse enveloppe protégeant le champignon quand il se trouve sous terre.

DSC08140

Proche des vesses de loups et autres bovistes, sa reproduction reste la même : c'est par la perforation de la poche contenant les spores que l'espèce peut se disperser. On la rencontre de préférence à l'été et à l'automne, aussi bien dans les feuilles mortes et les aiguilles, dans les bois comme dans les parcs. Il semblerait qu'elle ait une nette préférence pour les forêts d'épicéas communs (Picea abies) où elle se rencontre toute l'année. Classée comme comestible sans intérêt à non comestible, la faible épaisseur de sa chair et l'imangabilité de ses spores invitent à la laisser dans la nature plutôt que dans l'assiette.

DSC08097

En ressortant de la forêt, nous tombons sur quelques espèces typiques des lisières. Ici, il s'agit du fusain d'Europe (Euonymus europaeus), aux capsules roses et aux baies oranges dorées. Toxiques pour les humains, elles font le bonheur des oiseaux qui trouvent là une source de protéine importante pour passer l'hiver qui s'annonce rude.

DSC08129

Autre arbuste de saison, le prunelier commun  (Prunus spinosa) aux prunelles âpres qui deviennent délicieuses aux premières gelées arrivées. En confiture, en confit ou en liqueurs, les usages sont multiples. On nomme aussi cet arbuste épine noire, en opposition à l'épine blanche que sont les aubépines (Crataegus), les deux ayant en commun d'avoir de longues épines. Résistant, le prunelier peut supporter des températures proches du -20°C, les neiges prolongées, les sécheresses et les épisodes de stress hydrique tout au long de l'année. Espèce pionnière de pleine lumière, il ne supporte pas la concurence avec d'autres espèces pouvant lui faire de l'ombre.

DSC07803     DSC07810     DSC07835     DSC08101

La lisière est un milieu riche, on parle même d'écotone, c'est à dire de la rencontre entre deux écosystèmes. La faune et la flore s'y avèrent très riche. La haie est un milieu similaire de même importance, pour peu que l'on prenne soin de planter des espèces locales, diverses et offrant aussi bien des fleurs, des fruits et un feuillage dense pour que les espèces animales puissent y trouver leur compte, aussi bien pour se nourrir que pour nicher.

DSC08148              DSC08149

Voici l'un des paniers récoltés dans le bois. Des champignons, des baies et des herbes sauvages, de quoi faire un repas sur le vif, des pots et conserves pour se faire plaisir jusqu'à la fin de l'hiver. Les champignons étant des polluo-capteurs et étant difficiles à assimiler, il est recommandé d'en manger, peu de fois pendant le mois et pour la plupart des espèces, bien cuits pour éviter tout risque d'intoxication ou de dégradation cellulaire.

DSC08162

Fin de l'escapade, retour au garagge dans la zone industrielle. Sur le chemin, surprise, me voilà face à des pleurotes en forme d'huître (Pleurotus ostreatus). Cultivées un peu partout dans le monde, on les trouve dans pratiquement tous les commerces agro-alimentaires.

DSC08160

C'est pendant l'automne et l'hiver qu'on peut récolter ces pleurotes en milieu naturel, de préférence sur les feuillus blessés ou tombés au sol. On les reconnaît à leur chapeau qui varie du gris souris au violacé et leur stipe d'exacé. Ici les champignons ont été trouvés dans le sol, poussant sans doute sur une branche ensevelie dans la terre. On les cuisine souvent en accompagnement ou mêlés à d'autres espèces. On les consommera jeunes, les vieux exemplaires devenant rapidement véreux, la chair élastique et le pied devenant coriace. Pour ma part je l'adore cuisiné en fines lamelles avec de la crème et des épices.

DSC08185     DSC08183     DSC08190     DSC08192

Voici ce que je pense être un hygrophore blanc de neige (Hygrocybe virginea), rencontré sur un rond point. Ce petit champignon blanc de quelques centimètres est réputé comestible. Il peut se confondre avec d'autres espèces proches visuellement mais mortelles. Autant jouer la prudence et ne pas le mettre au menu. On le trouve essentielle met dans les pelouses, en particulier des parcs, les lisières aérées et parfois dans les bois clairsemés.

DSC08196              DSC08200

Ce n'est pourtant pas la saison, mais les orchidées sont déjà sur le pied de guerre. L'orchis bouc (Himantoglossum hircinum) ne sera en fleurs que d'ici avril-mai, mais déjà leurs feuilles commencent à pointer le bout de leur nez sur les pelouses sèches. À la belle saison, elles déploieront une hampe florale pouvant avoisiner un mètre et dont inflorescences dégagent une douce odeur de chèvre. Pour la peine elles ne volent par leur nom.

DSC08207

Pour clore cette belle sortie, je tombe et ajoute à mon panier quelques pholiotes du peuplier (Agrocybe aegerita). Le chapeau brun-roux, la marge blanche et le stipe clair à gros anneau ne laisse que peu de doutes dans leur identification.

DSC08204

Excellents comestibles, elles dégagent un parfum puissant et varié, allant de la farine à la vinasse en passant par les fruits et le vieux bois. On la récolte tout au long de l'année, même s'il reste rare de la croiser l'hiver. Si c'est sur les souches et les pieds des vieux peupliers qu'elles sont les plus communes, elles s'attachent aussi à d'autres essences, en particulier les saules, les ormes ou encore les sureaux. Il est même possible de les cultiver sur bille de bois sous couvert de terreau ou de fumure avant de les exposer au soleil, afin de provoquer la fructification. Une expérience que j'espère bien expérimenter d'ici quelques années en compagnie d'autres espèces, en particulier les pleurotes, les truffes, les hydnes et les cèpes. De belles perspectives en somme pour qui sait être un peu patient.

Clape de fin, le prochain article sur la forêt ne se ferra pas de si tôt, les zones humides captant toute notre attention, mon coeur balançant régulièrement entre le mycologie et l'ornithologie. Cependant, il n'est pas à exclure que nos pieds nous traînent dans des endroits inattendus, et il se pourrait que je change rapidement d'avis. Une affaire à suivre pour ce début d'année 2020 pour laquelle j'ai de grands projets.

DSC07723             DSC07730

samedi 11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

DSC07490

Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

DSC07527

À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

DSC07520

Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

DSC07512              DSC07515

Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

DSC07504

Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

DSC07507

À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

DSC07547

Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

DSC07479

Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

DSC07552

Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

DSC07529     DSC07533     DSC07536     DSC07538

Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

DSC07601

Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

DSC07556               DSC07565

Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

DSC07578

La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

DSC07581

Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

DSC07632

Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

DSC07606

Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

DSC07610

On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

DSC07625              DSC07612

Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

DSC07619

Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

DSC07605              DSC07636


vendredi 27 décembre 2019

L'Isère au fil des saisons.

DSC09213

Voici un an de sorties en Isère pour l'année 2019. Un an à explorer le jardin familliale, les sous bois, les lacs alentours, les marais et les petites villes de campagnes.

DSC07947     DSC09136

Un an que je suis heureuse et fière de vous présenter ici. Il n'a pas été facile de choisir les photos ni de sélectionner les meilleures des anecdotes que nous avons pu vivre pendant cette année chargée en émotions. Ne voulant pas un article à rallonge, je m'arrêterai là.

 

L'hiver, la neige et les oiseaux.

Aux portes de la Chartreuse, à plus de 500 mètres d'altitude, il fait parfois froid. En 2014 puis en 2017, nous avons parfois frôlé le -17°C, autant vous dire qu'il faut être bien équipé. Néanmoins la tendance est au redoux et les épisodes neigeux sont de plus en plus rares. Il est à crainte que d'ici moins d'une décennie, il n'y en ait plus.

DSC08158              DSC08150

Les comtois, chevaux communs dans le coin, abordent un poil épais, celui-ci leur permet de faire face au froid. Ces animaux doux et dociles sont originaires des reliefs escarpés de Franche-Comptée et sont la race la plus commune à l'heure actuelle de cheveaux de traits. Leur origine remonte aux croisements de juments françaises avec des étalons germaniques. Solides, ils étaient utilisés par les chevaliers pendant les joutes.

DSC08251

Les toits en contre-bas sont tout enneigés. Saint Geoire en Valdaine, village de mon enfance, se drape de blanc. Niché entre l'Isère et la Savoie, sa proximité entre Grenoble et Chambéry lui ouvre les portes des montagnes.

DSC08199

Il tire son nom de la tradition chrétienne, le terme "Saint Geoire" faisant écho à Georges de Lydda, saint connue pour avoir selon la légende combattu un terrible dragon pour sauver une princesse Libannaise mais aussi, à l'évêque de Saint-Georges-de-Vienne qui mena les affaires religieuses sur le diocèse. Le terme "Valdaine" vient du français "val" désignant une vallée et du savoyard "nans" qui signifie "petit cours d'eau". En sommes la commune porte le nom poétique de "Vallée aux ruisseau de Saint Georges". Cette affiliation à un chasseur de dragons ne va pas sans faire écho au passé glorieux de la Valdaine, avec pas moins de 7 châteaux et maisons fortes qui émaillent le paysage. Parmi ceux-ci, l'ancien couvent qui accueilli pendant des siècles les filles des nobles familles et qui aujourd'hui fait office de mairie et le château de Longpras, une maison forte qui pendant la révolution française abritât les clés des portes de Versailles. Une légende veut même qu'un poulain noir diabolique hanteraient les lieux.

DSC08124              DSC08162

Remontons sur les collines tant bien que mal, une vingtaine de centimètres de poudreuse étant tombée, nous faisons le chemin aller-retour entre la maison et la boulangerie à pied. Ce sont 2 kilomètres qui nous séparent des baguettes fumantes et de croissants frais du matin, autant vous dire que nous mettons pas longtemps.

DSC08285

Cachée dans un arbre, une buse variable (Buteo buteo) veille sur une branche. Chassant les petits oiseaux, les lézards, parfois les insectes mais avant tout les micro-mammifères tels que les mulots, les campagnols et les souris, elle peut en cas de mauvais temps comme ce jour là, quand le vent souffle et la neige tombe, se rabattre sur les carcasses d'animaux morts, les vers voire des baies, même si cela reste plutôt rare.

DSC08025              DSC07993

Avec l'hiver, les arbres se trouvent privés leurs feuilles. C'est alors un de meilleurs moments pour observer les oiseaux sédentaires et en particulier les granivores qui s'approchent des maisons.  À gauche, le verdier d'Europe (Chloris chloris) qui porte si bien son nom avec son plumage vert. À droite, un de mes oiseaux préférés, le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), qui quitte les pays du Grand Nord pour nous rejoindre.

DSC08109

Crise du logement à la mangeoire. Moineaux domestiques, mésanges bleues, mésanges huppées, mésanges noires, mésanges boréales, verdiers d'Europe, chardonnerets élégants, pinsons du nord, pinsons des arbres, sitelles torchepots, accenteur mouchet ... il y a du monde au balcon ! Il est toujours important de rappeler que sur ce type de mangeoires à plateau, il faut nettoyer régulièrement l'aire de nourrissage, les oiseaux marchant sur les graines et pouvant avec leurs pattes et l'humidité, apporter des éléments pathogènes dangereux.

DSC07933

Problème, les oiseaux ne sont pas seuls dans le jardin. Les chats sont tout aussi présents. Le dilemme est fort. Bien que castrés et nourris, ils font acte de prédation de temps à autre. C'est toujours dur de l'entendre mais les chats sont responsables d'un désastre écologique.

DSC08231

Australie, îles lointaines, Amérique du Nord, Europe ... tous les continents sont touchés. Introduit par l'Home, on ne peut en vouloir à l'animal de posséder un instinct de prédateur affûté. Cependant on peut s'indigner du comportement de certains propriétaires. Félins non castrés, portées laissées à elles mêmes et donnant des individus farouches et errants ... c'est en partie la reproduction non contrôlée des chats qui explique leur forte expansion et les dégâts importants causés sur la faune, à savoir les petits rongeurs (ce qui ne semble pas émouvoir grand monde) mais aussi les reptiles et les passereaux dont les effectifs sont en chute libre. Le propos n'est pas d'érradiquer les chats, étant une grande amoureuse des petits félins moi-même, mais de changer notre regard et nos comportements liées aux animaux de compagnie.

DSC08168     DSC08281     DSC08289     DSC08307

La météo annonce du redoux, vite, enfilons les bonnets et jetons nous dans la neige avant qu'elle ne disparaisse. La vieille luge n'est pas habituée à la poudreuse, d'ordinaire le manteau neigeux sur lequel nous glissons est gelé, les glissade se faisant le plus souvent le matin après que les flocons soient tombés toute la nuit. Ce n'est pas grave, nous nous tournons vers un équipement plus moderne pour dévaler les pentes.

DSC09095              DSC09134

Voilà, le paysage reprend ses teintes grises et mornes. Nous partons pour Grenoble et plus précisément au Bois de la Bâtie nommé aussi Bois Français. Cet ENS (Espace Naturel Sensible) est réputé pour sa faune mais aussi pour la zone de loisir qui se trouve à proximité. Ancien bras mort de la rivière Isère, les étangs qui composent le site sont également connus pour leurs poissons qui attirent les pêcheurs et les oiseaux d'eaux.

DSC07935

Nous ne croiserons que peu d'espèces. Quelques passereaux, deux cygnes tuberculés (Cygnus olor), un vol de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et de joyeuses foulques macroules (Fulica atra). Bruyantes, on les reconnaît à leur plumage noir et à la tâche blanche qui surplombe leur bec robsute de la même couleur. Elles aiment les eaux calmes, en particulier les lacs, les marais et les zones humides forestières.

La fin de l'hiver sonne déjà et nous ne percevons pas le passage au printemps, le mois de février ayant défrisé la chronique avec des températures similaires à une fin mars voire, un début avril. D'ailleurs, 2019 est à l'heure actuelle l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis que l'Homme est en capacité de faire des relevés.

DSC09113     DSC09114     DSC09159     DSC09163

 

Le printemps, ses chants et ses fleurs.

Du vert de partout, c'est une explosion et cela fait bien plaisir. Fini l'hiver, bonjour le printemps. C'estl e temps des fleurs, des amours et de la reproduction pour un grand nombre d'animaux. Sortant en affût, nous avons espoir dans croiser quelques uns tout en ayant plaisir à récolter les premiers fruits de la saison.

DSC00863              DSC00864

L'égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante souvent maudite car considérée comme une mauvaise herbe qui aime envahir les jardins. C'est aller bien vite et oublier le passé historique de la belle. Importée en Gaule par les romains pour sa culture rapide et facile, elle s'en retourna à la nature et fût peu à peu oubliée des hommes. Pourtant elle reste excellente en salade, soupe ou gratin avec son petit goût de céleri.

DSC00876

Si j'aime le printemps c'est avant tout pour eux, les champignons ! Cette année nous avons ête peu chanceux du côté des morilles (Morchella) et nous nous sommes tournés vers leurs cousins moins réputés mais totu de même réputés, les morillons à semi-libres (Mitrophora semilibera), qui depuis peu sont classés dans la classe des morilles.

DSC00896

On le reconnaît à son pied blanc, fragile et élancé, à sa chaire mince à la saveur douce et qui jaunie à la coupe, et à son petit chapeau brun et alvéolé qui ne dépasse que rarement les 5 centimètres. Il exalte une légère odeur de champignon qui devient plus forte au fur et à mesure qu'il vieilli. Son nom de semi-libre vient de l'insersion du pied qui se fait à la moitié du chapeau, laissant la partie inférieur libre. On le distingue ainsi des verpes (Verpa) dont le pied est soudé au sommet du chapeau et des morilles dont le leur est soudé à la base du chapeau. Excellent comestible, il faut bien le cuire pour le consommer, au moins 15 minutes  à plus de 70°C.

DSC00900

Le récolte est belle, les sachets de tissus que nous avons apportés avec nous dans le cas d'éventuelles récoltes nous sont fort utiles. Depuis, j'ai pu me munir d'un très beau panier en châtaignier, essentiel pour bine préparer la cueillette de champignons de cet automne qui s'annonce formidable. En tout et pour tout ce sont environs 70 morillons que nous récoltons ce jour là dans les herbes hautes, sous les frênes du champ attenant à la maison.

DSC00888     DSC00886     DSC00895     DSC00897

Les frênes communs (Fraxinus excelsior) et les noisetiers communs (Corylus avellana) figurent parmis les arbres avec lesquels les morilles et les morillons poussent en symbiose, toujours sur des sols calcaires. Poussant à proximité d'un ancien vergé, à la lisière de ce qui commence à devenir un petit bois, il est dans son élément de prédilection. On peut également le trouver dans les vallons boisées et aux abords des ruisseaux.

DSC00891              DSC00893

En parlant de verpes, en voici. Il s'agit des verpes en forme de dé (Verpa conica), un champignon certes comestible mais de faible intérêt culinaire. Peu commun en plaine, un peu plus présent en moyenne altitude, il reste cependant assez rare. Il est alors plus sage de ne pas le récolter et de tirer profit d'autres espèces plus abondantes (mousserons, pézizes ...) entre avril et mai, période à laquelle les verpes poussent.

DSC00867

Les jeunes grillons champêtres (Grillus campestris) émergent. Minuscules, leur croissance rapide leur permet l'été venu de figurer parmi les plus gros grillons d'Europe. Robustes, leur poids et leur morphologie leur interdit tout vol, faisant d'eux des insectes strictement terrestres.

DSC00882

Pour faire face aux prédateurs, il creuse un trou profond. Au moindre signe de danger, il s'y faufile. Les mâles se postent à l'entrée de leur antre et chante dans l'espoir d'attirer une femelle. Territoriaux, on peut assister à des combats violents avec parfois, une issue dramatique pour l'un des deux combattants. Herbivore, ce grillon se nourrie principalement de poacées (graminées), qu'il consomme à l'aide de ses très puissantes mandibules. Cependant il peut agrémenter son régime alimentaire quand l'occasion s'en présente, de vers de terre et de restes d'autres insectes morts. Même s'il semble commun, la fragmentation et la dispartion de ses habitats et son incapacité à voler conduisent à la diminution de ses populations.

DSC00907

Des fleurs, des feuilles, des herbes folles et aromatiques, des écorces, des champignons ... il ne reste plus qu'à conditionner nos cueillettes. Séchés pour la plupart, les éléments collectés seront tout au long de l'année utilisés dans la cuisine ou en infusion du soir pour apporter au coeur de l'été quand il fait chaud, les après-midi pluvieux d'automne ou les soirées froides de l'hiver des petites notes de printemps colorées et parfumées.

DSC00908     DSC00911     DSC00951     DSC00959

Certes on retrouve les morillons, mais aussi les fleurs de primevères coucou (Primula veris) pour leur goût et leurs effets apaisants, celles du lamier maculé (Lamium maculatum) pour leurs propriétés colorantes et les feuilles du lierre terrestre (Glechoma hederacea) pour parfumer les bouillons, les fromages blancs et les infusions froides. Si depuis les bocaux se sont peu à peu vidés, il nous reste de quoi apporter de soleil jusqu'à mars.

DSC00913

Thomas revient de son wwoofing en Savoie, et dans ses bagages, il nous ramène quelques surprises. Prennent désormais place dans le jardin de jeunes pousses d'arbustes à petits fruits, de quoi préparer d'ici quelques temps des jus et des glaces parfumées pour les futurs étés.

DSC00912

Des cassissiers (Ribes nigrum) aux fruits noirs se mêlent à leurs cousins, les caseilles (Ribes x nidigrolaria), hybrides entre un cassissier et un groseillier à maquereaux (Ribes uva crispa) né en Allemagne au début des années 80. Résistant aux maladies et aux températures extrêmes (jusqu'à -20°C), il produit des fruits charnus et bleus, on un goût fruité et acidulés. Ils sont récoltés entre juin et juillet, de manière régulière, les baies ne mûrissant pas toutes en même temps. Sa floraison rouge foncée détonne au potager et attire de nombreux pollinisateurs. Cependant stériles, ce n'est que par bouturage qu'il est possible de le reproduire. Pour cela il suffit de couper de jeunes rameaux, de les mettre en vase puis, à l'apparition des radicelles, de les replanter. En sommes rien de très compliqué pour le cultiver.

DSC02447              DSC02411

Dans les prés où l'herbe se fait tendre, les chevreuils (Capreolus capreolus) sont de sortie. Toujours proches de la forêt, ils déguerpissent à la moindre alerte. Cependant n'étant pas chassés à cette période de l'année, ils se montrent moins farouches. Grégaires, ils peuvent vivre en grand groupe comme on peut l'observer un peu partout en France, l'engrainage et l'absence de prédateurs naturels ayant favorisés sa forte démographie.

DSC02445

C'est au printemps que les femelles mettent bas. Les faons, cachés dans les herbes hautes d'un champ ce qui leur est parfois fatal, où dans la végétation en lisière de forêt, attend sagement sa mère. Celle-ci se nourrie à heures régulières et rejoint son petit pour lui donner la tétées et le réchauffer. Ce n'est que tardivement qu'il la rejoindra bien qu'il soit capable de se déplacer peu de temps après sa naissance, s'assurant d'avoir une chance d'échapper aux prédateurs que sont le loup, le lynx, le renard ou encore les chiens errants.

DSC00950

Les chevreuils ne sont pas les seuls dans les pâtures. Nombreux sont les troupeaux de vaches à patûrés. Si on trouve quelques laitières, se sont surtout les bêtes  dites mixtes que l'on croise le plus de par chez nous.

DSC00940

Si on croise quelques animaux de la race Simmental Française originaire de Suisse, se sont surtout les Montbéliardes qui sont à l'honneur. Originaires de Franche-Comté, elle déscend de la race Pie rouge Simmental. L'hiver, les animaux restent longtemps en stabulation et se nourrissent des foins récoltés plutôt en été. À l'apparition des beaux jours, les vaches sont envoyés en estives dans les prés où elles broutterons l'herbe tendre. Dans notre région les troupeaux sont de petite taille, ce qui limite le surpâturage qui cause bien souvent l'affaissement des sols et des dégradations importantes sur les cours d'eau. Cette race est de plus en plus utilisée comme vache laitière.

DSC02451              DSC02453

La Valdaine se situe à l'extrémité Nord Est des Terres Froides, territoire non pas nommé poru son climat mais pour la terre de potier que l'on en tire et qui à la particularité de donner des poteries de terre crue qui ne cèdent pas sous l'action du gel. Cependant, nous bénéficions ici de la météo typique du Massif de Chartreuse, un climat océanique montagnard ce qui implique de l'humidité et un manteau neigeux importnat même s'il à diminué de moitié en 50 ans, ce qui ne vas pas sans inquiéter les populations sur les questions liées à la disponibilité d'eau.

DSC02430     DSC00955     DSC02462     DSC02440

Les talus sont tout aussi passionnants, les oiseaux s'installent dans les cavités des arbres alignés, et en bord de route, les orchidées commencent à fleurir. L'une des plus impressionnantes de toutes sont les orchis militaires (Orchis militaris) appelés aussi orchis guerriers. Robustes et portant un épi floral dense, ils aiment les sols calcaires frais, pauvres en matière organique et bien ensoleillés. On les croise jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

DSC02484Partons dans les marais et plus précisément sur la tourbière de l'Herretang, entre la commune de Saint Joseph de Rivière et celle de Saint Laurent du Pont, à la confluence de la fin de la langue rocheuse du Vercors et le début du Massif de Chartreuse. Ayant pour statue celui d'ENS (Esapce Naturel Sensible), il est possible de la visiter une grande partie de l'année grâce à un système de pontons de bois. Abritant des espèces rares et protégées, il faut bien prendre garde à ne pas s'éloigner des chemins ni à venir troubler la tranquillité des animaux.

DSC02476              DSC02552

Les oiseaux  chantent et sont pour certains afférés à nourrir leur première portée. Une couple de mésange charbonnière (Parus major) peut prélever sans mal 250 à 300 chenilles par jour, faut-il encore trouver des chenilles. Le développement de celles-ci intervient de plus en plus tôt, fruit de l'augmentation des températures année après année. Le soucis est que le poussins de mésanges émergent quand les chenilles sont bien développées, et plus forcément de taille pour entrer dans le gosier des petits oiseaux. Cela serait l'une des explications de la forte mortalité observée sur les portées de mésanges charbonnières.

DSC02558

Des champignons, toujours des champignons. À la sortie de la forêt, des mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa) nous attendent. Leur nom leur vient de la période à laquelle ont les rencontre le plus souvent, et il est de tradition de dire qu'ils poussent à partir de la Saint Georges, chose qui dans les faits ne s'observe pas toujours.

DSC02560

Excellents, ils dégagent une légère odeur de farine. Charnus, il suffit de quelques pieds pour remplir rapidement un panier et une casserole. C'est dans les zones herbeuses comme les prairies et les vergers mais aussi les lisères, les bois clairs et les haies qu'on le trouve le plus souvent, à proximité le plus souvent des aubépines et des ormes. L'entolome livide (Entoloma sinuatum) lui ressemblant beaucoup, il est recommandé d'être méticuleux dans sa récolte et surtout dans son identification. Pour rappel, la plupart des intoxications surviennent après la consommation de champignons dont les cueilleurs étaient sûrs à 100% de l'identification. Prudence est mère de sûreté.

DSC02525              DSC02473

Le marais abritent plusieurs espèces d'oiseaux inféodées aux milieux humides. Parmi celles-ci on compte notamment le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) que l'on peut voir à gauche. Mal aimé, il fût longuement chassé au point de disparaître de l'intérieur des terres. Il recommence néanmoins à réinvestir son territoire. À droite, un héron cendré  (Ardea cinerea), grand échassier qui a connu un sort moins funeste bien qu'il soit encore braconné car jugé trop gourmand. Pourtant, on sait aujourd'hui que l'impact de ces deux espèces pour la pêche est pratiquement nul, les oiseaux consommant essentiellement des poissons peu prisés par l'Homme.

Profitons de la fraîcheur, de la brume qui descend lentement des montagnes et des dernières rosées. Déjà l'air se réchauffe et bientôt suffoquant, il faudra alors partir se réfugier dans les sous-bois. C'est aussi le moment de prendre de la hauteur, sur les plateaux alpins et de lézarder le long des rivières sauvages. Pour l'heure, profitons encore des dernières fleurs, des herbes aromatiques du printemps et des derniers champignons de saison.

DSC00858     DSC02468     DSC02522     DSC02474

 

L'été, la fraîcheur des forêts et des bords de ruisseaux.

Il fait chaud, l'herbe du jardin a entièrement jaunie, et même à l'ombre, nous suons à grosses gouttes. Il faut se rendre à l'évidence, la canicule fait rage. Les points d'eau sont pris d'assauts et même les marais d'ordinaire si calmes deviennent des sites attirants les promeneurs. Reste alors les alpages, et encore, ceux aux pentes rudes et dont les sentiers ombragés nous donnent un peu de répit face à la morsures brûlantes du soleil.

DSC05732              DSC05748

Sortons la longue vue, pointée les sommets. Nous sommes dans un champ pentu, entouré des forêts de conifères et mixtes. Outre les vaches, nombreux sont les mammifères à profiter des touffes d'herbes encore bien vertes. Lièvres, lapins, chevreuils et autres sangliers peuvent se croiser à la tomber de la nuit. D'ailleurs pour les derniers, il est courant d'observer sur ce site le labour de leur groin, trace de leur recherche nocturne de vers et de bulbes.

DSC05737     DSC05743     DSC05744     DSC05751

Première récolte de la saison. Dans les prés, quelques agarics champêtres (Agaricus campestris) nommés aussi rosés des prés. Il est bien difficile d'identifier cette famille qui comporte en France plus de 60 espèces. À ceux-ci s'ajoutent dans le panier un petit polypore soufré (Laetiporus sulphureus), apprécié au Canada, peu considéré chez nous. Il faut le consommer jeune et de préférence récolté sur des feuillus car allergisant sur résineux.

DSC05746

Entre les yeux en direction du ciel et du sol, dur de trouver le bon équilibre. Lui regarde les oiseaux, moi les champignons, autant dire que nous formons une équipe de choc, ratissant le moindre petit bout de nature que nous pouvons saisir.

DSC05741

Cet été, nous avons cumulé pas moins de 11 week-ends d'affilés en escapade à deux, à chercher du côté des montagnes, du sud, de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône des espèces nouvelles et des paysages grandioses. Nous n'avons pas été déçus, cependant retourner à la source, en Chartreuse, fût l'un des plus doux moments de l'été. Le grand calme des petits bois de moyenne montagne que nous avons pu parcourir nous fît le plus grand bien, loin de la ville, de ses klaxonnes, des pots d'échappements et du béton. Un petit havre de paix qu'il nous tarde à nouveau de rejoindre pour ses longs chemins bordés d'épicéas communs (Pinus abies).

DSC05754

Au-dessus de nos têtes, deux espèces que nous connaissons bien et que nous n'avons rarement l'occasion de croiser ici. Plus d'une centaine de martinets noirs (Apus apus) tournoient, déjà sur le départ pour rejoindre l'Afirque où ils s'éjourneront tout l'hiver. Au milieu, un intrus de plus grande taille, un martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), qui est connu pour partir plus tardivement en hivernage et revenir également plus tôt.

DSC05779              DSC05770

Nous sommes à deux pas du lac de Saint Sixte ,canton du village de Merlas connu pour son lac, les ruines de sa maison forte et ses légendes. Au bords de l'eau, des libellules prennent le frais e, compagnie des pêcheurs. Si je ne peux mettre de nom sur l'individu à gauche, je peux néanmoins le faire pour celui de droite. Il s'agit d'une libellule déprimée (Libellula depressa) nommée de la sorte en raison de ses ailes pendantes. L'abdomen bleu indique qu'il s'agit d'un mâle, les femelles présentant de colories jaunes et brunes.

DSC05764

Sur la berge, dans les ruines de l'ancien abris à bateaux, une plante remarquable pousse. Il s'agit de la grande douve (Ranunculus lingua) connue parfois sous l'appelation de renoncule langue, une fleur de la famille des renoncules comme l'est le bouton d'or. C'est une espèce rare aux faibles effectifs, protégée intégralement en France.

DSC05762

Si à l'échelle du monde et de l'Europe elle a pour statut celui de préoccupation mineur, il en est tout autre chose chez nous. En Alsace, en Aquitaine et en Bourgogne, elle est considérée comme en danger. En Basse-Normandie elle est classée comme vulnérable. En Auvergne et dans le Centre, elle est placée sur la liste des espèces en danger critique de disparition. Une fois de plus, on a un exemple d'une espèce au bord de la disparition sans avoir besoin de partir à l'autre bout du monde pour observer le phénomène. Au milieu du jaune, une autre espèce tire son épingle du jeu. Le chanvre d'eau (Bidens tripartita), qui n'en a rien et qui est aussi connu comme lycope d'Europe. Il s'agit d'une plante semi-aquatique aimant les cours d'eau, les prairies humides et les marais.

DSC05771              DSC06145

Qu'il est changeant le temps de basse montagne. En un rien de temps la brume remplace le soleil et l'humidité prend le pas sur la chaleur qui irradiait jusqu'à peu les collines. Ne nous en plaignons pas, non seulement cela nous laisse prendre un peu de répit mais de plus, permet aux champignons de faire timidement leur apparition dans le sous-bois. Il faudra cependant attendre encore un peu avant de récolter les premiers cèpes.

DSC05772

En retournant au jardin, nous avons le plaisir de croiser sur un câble une magnifique pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et à la vue de sa calotte grise, un mâle. Un peu plus bas dans un bosquet la femelle attend d'être nourrie par celui-ci. Migrateurs, le couple partira à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique. Il faudra attendre mai soit sept mois pour les voir revenir à nouveau nicher dans les bosquets et les haies des prairies grasses.

DSC06150              DSC06154

Enfin, les champignons sortent. Ici il s'agit de deux espèces mignonnes comme tout, le cyathe hirsute (Cyathus striatus) à gauche qui se reconnaît entre autre à sa forme de coupelle et le marasme petite roue (Marasmius rotula) à droite, qui figurent parmi les best-sellers de la saison et qui porte bien son nom. Il se développe sur les branches mortes de feuillus tombées au sol. Il contribue activement à la formation de l'humus forestier.

DSC06164

Les premières amanites rougissantes (Amanita rubescens) ont fait leur apparition. Appéles aussi amanite rougissante ou golmotes, c'est une des quelques amanites comestibles qui vaut la peine d'être récolter. Cepandant on prendra garde de bine la cuire, celle-ci contenant des hémolysines, molécules connues pour détruire les globules rouges.

DSC06165

À la cassure, ses chairs deviennent rouges, ce qui permet de la différencier d'autres espèces comme la dangereuse amanite panthère (Amanita pantherina), plus brune et aux flammèches blanches plus larges et plus marquées. On ne serait sans bien connaître l'une et l'autre s'aventurer à récolter les golmottes. Très commune, aussi bien dans les forêts de feuillus que de conifères du moment que le sol est pauvre, c'est surtout dans les bois d'épicéas communs (Picea abies) qu'on en rencontre le plus grand nombre. Apparaissant dès juillet en Chartreuse, on peut l'observer au plus tard à la fin du mois d'octobre si l'été indien veut bien se prolonger.

DSC06169

C'est aussi l'heure des premières girolles (Cantharellus cibarius) que nous récoltons avec émotion. Dégageant un léger parfum d'abricot, en particulier quand l'air est humide, leur couleur jaune tirant parfois sur le pâle ou l'orangé et la présence de plis et non de lamelles ne laisse que peu de doute lors de l'identification de cet excellent comestible. Cependant il faut là aussi être prudent, en évitant toute confusion avec la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) ou le très toxique clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) qui à la différence des girolles qui se développe sur le sol, pousse sur le bois mort et en particulier sur les souches.

DSC06635              DSC06678

Restons avec les champignons, mais partons sur un tout autre milieu. Nous voici de retour dans les marais de l'Herretang. La plupart des espèces composant la fonge concerne de petits champignons éphèmères résistant aux soudaines varaitions de niveaux d'eau, et d'autres lignicoles restant bien au sec sur les troncs et les branches qu'ils colonisent. À droite, un magnifique polypore soufré (Laetiporus sulphureus) qui, bien que nous faisant très envie, n'a pas été récolté en raison du statut du site; un ENS (Espace Naturel Sensible).

DSC06647              DSC06644

Tout comme au printemps, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) se trouve sur une des berges du grand lac. Celui a été formé à l'époque où il était encore de mise d'extraire la tourbe du marais, que cela soit pour se chauffer ou pour la commercialiser sous le nom de terre de bruyère. L'exploitation ayant été suspendue en raison des dégâts provoqués sur les milieux humides fragiles, les carrières ont été mises en eau et empoissonnées.

DSC06639

Sur les observatoires mais aussi un peu partout sur la végétation, créant ainsi une véritable marée verte, pousse des lianes de houblon grimpant (Humulus lupulus). De la même famille que le chanvre, celle des cannabaceae, il est utilisé depuis des temps immémoriaux.

DSC06640

Son nom scientifique de "lupulus" vient du latin, les romains pensant à tort que le houblon suçait la sève des arbres et arbustes sur lesquels il pousse. Hors cela n'en est rien, néanmoins il a gardé cette réputation fort longtemps lui donnant le surnom de "petit loups" qui se traduit par "lupulus". Il est drôle de voir qu'aujourd'hui c'est le lierre grimpant (Hedera helix) qui possède cette réputation sulfureuse. Pour en revenir au houblon, il est surtout connu comme plante aromatique pour apporter de l'amertume à la bière mais aussi pour ses propriétés sédatives, stomachiques et son pouvoir œstrogénique.

DSC06657

La porte du grand observatoire n'est pas fermée, miracle ! Nous fonçons au sommet de cet ancien relai EDF reconverti en tour de guet. De là, nous avons une vue imprenable sur les étangs, sur la prairie et sur la phragmitraie. C'est là que deux petits museaux feront leur apparition. Une chevrette, femelle du chevreuil européen (Capreolus capreolus) suivit de son jeune faon né au début du printemps.

Les jours deviennent de plus en plus courts, la pluie s'invite et la fin septembre approche, nous voici aux portes de l'automne, la plus belle des saisons. Avant de fêter la fin de l'été, nous nous offrons quelques escapades sauvages du côté du Loiret, de la Camargue et des Alpes, histoire de profiter de la saison du mieux possible.

DSC06630     DSC06632     DSC06637     DSC06642

 

L'automne, ses champignons et ses oiseaux.

Déjà l'automne sonne à la porte, signe que l'année est presque bouclée. Si le froid tarde à venir et ne se ferra présent qu'à la mi-novembre, on enfile déjà les pulls et les bonnets à grosses mailles de laine. Pour moi, il s'agit de la plus belle des saisons, les bois deviennent jaunes et rouges, les oiseaux du grand nord arrivent doucement chez nous et les rougegorges familiers (Erithacus rubecula) poussent de nouveau la chansonnette.

DSC07223              DSC07233

Petit saut au lac de Paladru. Situé aux portes du voironnais, ce lac palustre est issu de la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. Riche en légendes, il fut occupé par les pères Chartreux où l'on trouve des vestiges relativement anciens de pontons de bois. C'est là que l'on peut trouver les foulques macroules (Fulica atra). Toutes occupées à barboter, elles troubles la calme du lieu par leurs cris brefs.

DSC07216

Au-dessus de l'eau dans un robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia), deux tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sèchent leurs plumes. Elles ont dû la nuit précédente faire face à une pluie glaciale et violente. C'est une espèce que l'on pourrait pense comme originaire de nos contrées mais il n'en est rien. Originaire de Truquie, elle ne s'est implantée naturellement en France que depuis 1963 avec une première apparition dans les Voges en 1950. Depuis la belle se trouve sur les quatre coins du monde, surtout dans les villes et villages, sans que sa présence ne semble porter atteinte aux espèces locales.

DSC07222              DSC07227

DSC07228              DSC07229

Une femelle canard colvert (Anas platyrhynchos) se montre peu farouche et s'approche relativement près de nous. On la différencie des autres femelles d'espèces de canards par sa grande taille et son bec orange et noir. Peu farouche, il est fort à parier que l'on se trouve sur un individu issu ou du moins ayant une origine liée aux canards colverts domestiques qui sont utilisés pour l'ornement, comme appelant de chasse et pour l'élevage.

DSC07243

Quittons les berges, non sans avoir jeté un dernier coup d'oeil au ponton sur lequel un rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se promène. L'hiver, il est possible d'y observer des dizaines de cormorans et de goélands. Nous avons espoir pour cet hiver d'y rencontrer de nouvelles espèces et de voir les canards hivernants, en particulier les fuligules qui aiment se reposer au centre du lac. Équipés de notre nouveau matériel, il a fort à parier que nous allons être surpris par les oiseaux sur lesquels nous allons enfin pouvoir poser les yeux.

DSC07294     DSC07207     DSC07321     DSC07325

Direction les bois, et bien sûr, toujours avec le panier à la main. La saison des champignons a été exceptionnelle pour certaines espèces cette année et nous en avons bien profité, que cela soit dans les bois isérois ou d'ailleurs. Même l'un des chats de la maison est venu pointer le bout de son nez pour voir où en était la récolte. Il n'y a pas à dire, même si on trouve des champignons toute l'année, c'est vraiment à l'automne qu'ils sont rois.

DSC07269

Un lycoperdon brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) attire notre attention. Non comestible, cette vesse de loup un peut particulière appartient, commetoutes les espèces portant ce nom générique, à la famille des Lycoperdacées.

DSC07270

Le terme vesse est féminin et vient du vieux français. Il désigne un pet silencieux et nauséabond, mot qui peut se décliner par le verbe vesser. La transposition au champignon se fait par la spécificité de celui-ci de dégager à maturité, ses spores sombres en se crevant par le milieu et en les laissant passer par gros nuages sombres par un tout petit trou. L'image est là, reste à savoir d'où vient le sobriquet de loup. Peut être par le mésamour éprouvé en vers cet animal, par le fait que cette vesse soit forestière ou tout simplement par jeu de mot. Dans tout les cas le lycoperdon brun d'ombre orne joliment les forêts et bien qu'il ne soit pas comestible, anime toujours une sortie automnale.

DSC07263              DSC07319

Dans la mousse, aux pieds des arbres et sur les troncs les champignons poussent à foison. Le tricholome rutillant (Tricholomopsis rutilans) a perdu ses belles couleurs suite à la pluie et les mucidules visqueuses (Oudemansiella mucida) bien qu'étincelantes semblent défraîchies. Se développant sur les troncs de feuillus, en particulier de hêtres, on les reconnaît à leur chapeau blanc-translucide couvert d'un mucus gluant.

DSC07260

2019 fût une année exceptionnelle pour les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis). Nous en avons trouvé de partout, même là où d'ordinaire nous ne croisons rien hormis quelques crottiers de blaireaux et de chevreuils. Champignon très prisé, c'est un excellent comestible qui se déguste aussi bien cru en carpaccio avec un peu d'huile d'olive que cuit, rissolé avec du persil et du beurre ou revenu dans un peu de crème fraîche. Sa mousse devenant gluante avec l'âge, elle s'accomode parfaitement en potage ou dans une sauce d'accompagnement.

DSC07286              DSC07287

Pour l'occasion je suis seule avec mes parents. Les accompagner aux champignons et faire fructifier à ma manière cet héritage qu'ils ont pu me transmettre en approfondissant la discipline qu'est la mycologie est une véritable fierté pour moi. Le cèpe part exemple a été longtemps ignoré dans ma famille, voire boudé. Jugé comme gluant et trop fort, je ne l'apprécie que depuis récemment, grâce aux amis du Mycorium et du feu forum "le club des cèpes" avec qui j'avais pu partir il y a plusieurs années découvrir le Béarnais, que je rêve de visiter à nouveau.

DSC07259     DSC07285     DSC07303     DSC07305

Symbiotique, le cèpe de Bordeaux aime s'accoquiner avec les chênetes, les chataîgniers, les hêtres et les sapins pectinés. Il n'est pas le seul à aimer ces milieux, bien souvent il est accompagner d'autres champignons dont la pousse survient suite à des épisodes de chaleurs et de pluies tel que le meunier (Clitopilus prunulus) qui, à la bonne odeur de farine et au chapeau blanc, et lui aussi un bon comestible même si moins récolté que les cèpes.

DSC07306

Autre espèce appréciant les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux et ayant parfois des hôtes symbiotiques similaires, l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria). Si celle-ci est toxique voire délirogène pour les hommes et de nombreux animaux, quelques uns comme le renne n'hésitent pas à planter un coup de dents dans le chapeau et en particulier la cuticule rouge riche en éléments hallucinogènes.

DSC07309

Lames, pied et chair d'un blanc immaculé, chapeau rouge sang qui selon les sous-espèces et la météo peut tirer sur l'oranger, pustules floconneux variants du crème au jaune, il semble au premier regard aisé d'identifier cette espèce. Pourtant, les confusions avec l'amanite des Césars (Amanita Caeserea), sa délicieuse et prisée cousine, sont peu rares. On retiendra que chez cette dernière les lamelles et le pied sont d'un orange doré et que le stipe prend sa base dans une volve blanche en forme de sac.

DSC07256     DSC07292     DSC07298     DSC07302

Petits joyaux rouges qui annoncent la fin de l'automne, il faudra désormais attendre l'an prochain pour les rencontrer à nouveaux dans les forêts de Chartreuse. Il fait froid, humide mais les champignons ne désertent pas complétement les bois. Cependant nous nous réfugions dans le Rhône, où nous faisons notre bonheur avec les pholiotes du peuplier (Cyclocybe aegerita) qui abondent dans les peupleraies si typiques des rives du fleuve.

C'est un court résumé de cette année en Isère riche et inspirante. Nous avons eu la bougeotte et beaucoup visité d'autres départements, puis vinrent le boulot et parfois la flemme qui par moment, nous ont cantonné à notre petit appartement lyonnais. Cependant on ne saurait penser que le tour est fait, on est loin d'avoir encore tout vu de cette enclave dauphinoise, de ses forêts et de ses sites historiques teintés de mysticismes. À 2020, belle Isère.

DSC07267               DSC07280

samedi 14 décembre 2019

Sortie dans les marais 16.

DSC06809

C'est le week-end ! Le soleil brille dans le ciel et l'air ambiant est doux malgré que nous soyoons en automne. Il faut en profiter. Nous voilà donc partis en direction Miribel Jonage, un ensemble de grands lacs formés par l'extraction des graviers issus de l'ancien lit du Rhône. D'ailleurs, la carrière est toujours en fonction et chaque fillon exploité à vocation à finir en étendue d'eau. Si une partie du plus grand étang est dédié à l'homme et à ses activités ludiques à travers une grande base nautique équipée entre autre d'un golf et de pontons à bateau, le reste de l'espace est relativement calme et seuls les promeneurs et les pêcheurs s'y aventurent. Cela en fait donc un avre de pais pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux hivernants qui y trouvent refuges. Enfin, c'est un corridor écologique qui permet aux animaux revenants du sud de prendre repos dans leur périple avant de continuer leur traversée qui, entre autre, relie le fleuve Rhône aux zones humides de la Dombe.

DSC06839              DSC06814

Entrés dans la lisère, nous tombons sur deux espèces que j'aime beaucoup. À gauche il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) aux beaux fruits rouges et à la floraison mellifère. Pour rester dans les odeurs, à droite il s'agit du calament nepeta (Clinopodium nepeta), plante très parfumée aux fleurs violines utilisée en Corse comme herbe aromatique dans la cuisine, chose que l'on ne retrouve pas sur le continent.

DSC06812

Une jolie liane aux baies rouges s'enroule sans faire de mal au branches des buissons qui bordent le chemin. Il s'agit du tamier commun (Dioscorea communis) qui à cette période de l'années des feuilles jaunes en forme de coeur.

DSC06807

Surnommé sinistrement herbe aux femmes battues, il était employé pour dissimuler les hématomes et autres bleus. Entièrement toxique, les jeunes pousses peuvent être toute fois consommées après avoir été récoltées au printemps puis passées dans au moins deux eaux de cuisson distinctes. Elles sont alors accommodées comme des asperges.On les connaît alors sous le nom de respountchous et sont assez prisées dans le sud de la France. On ne serait réserver le même traitement aux fruits ou au tubercules qui, dangereux par ingestions, peuvent également provoquer des dermites s'ils sont trop manipulés à main nue voire même des ampoules là où ils ont été en contact avec la peau.

DSC06818

Sur un vieux champignon de bois, un bout de mue de serpent. Il s'agit des écaille ventrales, reconnaissables à leur grande taille et que l'on appel parfois gastrosteges. Composées de kératine à l'instar de nos ongles, elles protègent le corps du reptile, retiennent l'humidité et l'aident même à se mouvoir. La mue intervient à différents âges de l'animal. Celui-ci doit le plus souvent gêner pour pouvoir sortir de son ancienne peau avec aisance.

DSC06816              DSC06823

En parlant de champignon, le voici. Il s'agit peut être d'un polypore hérissé (Inonotus hispidus) dont la carpophore délavé par la pluie lui confère un aspect blanc.  Poussant sur le tronc tombé à terre d'un peuplier noir (Populus nigra), il est connu pour s'installer souvent sur les vieux fruitiers, en particulier les pommiers (Malus sp.). Quand il est encore frais, il présente un chapeau roux et brun velouté, presque poilu.

DSC06840

Sur le lac, plus de 500 foulques macroules (Fulica atra) se ressemblent en grand bancs. Nous sommes pliés de rire à les observer. Outre le vacarne, les osieaux se divisent en petits groupes tournants sur eux mêmes avant de se réunir, semblant au loin à des radeaux à la dérive. En période de reproduction il en est tout autre chose, les mâles devenant très territoriaux et ne laissant approcher que certaines femelles dans l'espoir de les courtiser.

DSC06849              DSC06857

Pafois confondue avec le poule d'eau (Gallinula chloropus), on la différencie par son bec blanc et la tâche de la même couleur qui orne son front, ainsi que sa grande dimension et ses pattes aux larges doigts gris. Omnivore, on l'observe souvent à se nourrir de végétaux  attrapés dans le fond vaseux. Elle peut également se nourrir des petits invertébrés qu'elle glane dans les algues ou sur les rives des plans d'eau calmes qu'elle aime investir.

DSC06893

Fendant le ciel, trois cigognes blanches (Ciconia ciconia) nous survolent. Elles viennent de la Dombe, où certaines d'entre-elles s'y sont établies pour l'année. Les prés semi-immergés, les marais, les champs retournés et les étangs aux berges en pente douce sont des lieux idéaux pour qu'elles puissent mener leurs chasses sans peine. Poissons, grenouilles, scarabées, mouches, petites rongeurs ... le choix est plus que large.

DSC06875              DSC06872

Le calme plat est troublé par l'agitation d'une famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor). Les petits, encore incapables de voler, déploient leurs ailes et encouragés par leurs parents, les battent de toutes leurs force, les plumes blanches détonnant avec le duvet gris qui recouvre ces gros poussins devenus adolescents. Il leur faudra , pour les parent, attendre en tout et pour tout 4 à 5 mois pour voir les cygnons s'élever dans les airs.

DSC06906

Depuis le belvédère de l'étang des pêcheurs, deux géants nous attendent. À gauche, isolé et vêtu de cendre, le héron cendré (Ardea cinerea) qui semble jeune à la vue de son bec clair et des plumes plutôt claires de sa calotte.

DSC06924

En dessous, trois grandes aigrettes (Adrea alba) donnent le change. Si on connaît le gracile volatile avant tout par sa blancheur, on oublie trop souvent que la belle prend des teintes marquées à la période des amours. Les tibias rougissent et le beau bec jaune devient plus verdâtre voire gris. Cependant cela ne se retrouve que chez une seule sous-espèce, Adrea alba alba qui est la plus commune des quatre grandes aigrettes que l'on retrouve sur le globe. Bonne chasseuse, son régime alimentaire est plus varié et comporte aussi bien des petits poissons que des grenouilles, des reptiles, des larves ou des insectes massifs, celle-ci n'hésitant pas à chercher dans les champs inondés les campagnols poussés par les galeries immergées à remonter à la surface.

DSC06919              DSC06915

Pas moins de 13 tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) barbottent dans les eaux claires de Miribel Jonage. Avec leurs tempes rouges, on ne peut les confondre avec aucune autre espèce indigène. Bien que très belles, ces américaines arrivées chez nous depuis une quarantaine d'années mettent à mal la faune en prenant le pas sur les tortues locales que ce soit pour les sites de pontes ou pour les ressources alimentaires.

DSC06931

Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) partage le même milieu. C'est l'un des rares amphibiens à passer la majeur partie de son temps dans les mares. À l'arrivée de l'hiver, elle s'enfouie dans la vase pour hiverner, ne respirant alors que par sa peau. Sa cousine canadienne la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est encore plus incroyable, ayant la capacité de geler intégralement avant de revenir à la vie quand arrive le printemps.

DSC06927                DSC06948

Deux espèces de lézards se tirent la vedette. À gauche, le lézard de murailles (Podarcis muralis) qui sur un vieux mur réchauffe sa carcasse avant de partir à la chasse aux araignées et aux sauterelles. Non loin de là, dans un pique-nique abandonné sans aucune honte ce qui est hallucinant, un lézard vert à deux raies (Lacerta bilineata) fait festin d'une grappe de raisin bien qu'il aime tout autant croquer des insectes.

DSC06891

Défilé de gobes mouches noirs (Ficedula hypoleuca). C'est bien simple, ils sont de partout à en ce retour de migration. Passant par la France pour regagner ses appartements d'hiver en Afrique occidentale après avoir niché dans le Nord de l'Europe, parfois même en France bien que cela soit relativement rare. Sa reproduction est très rapide, la femelle couvant 13 à 15 jours et le couplant menant à terme la portée en 12 à 17 jours.

DSC06938              DSC06935

C'est dans une cavité (souvent de pic), que les oeufs bleus au nombre de 5 à 8 sont pondus. Fin juin voire début juillet, les nids sont désertés et les petits apprennent à faire leurs armes. C'est alors le moment de redescendre sous des latitudes plus clémentes. C'est ainsi qu'au début de l'automne les gobes mouches noirs abandonnent leurs belles couleurs pour adopter un plumage gris plus discret qui leur permet de passer inaperçu.

DSC06909

Le Silène (Brintesia circe) est un papillon brun de belle taille qui à la particularité de partager son nom à la fois avec des plantes herbacées de la famille des Caryophyllaceae, un singe indonésien au pelage noir (Macaca silenus) et un satyre, demi-dieu personnifiant l'Ivresse. Percepteur du dieu Dionysos, on le fait souvent naître des amours d'Hermés mais aussi de Pan et d'une nymphe, de Pan et de Gaïa ou de Gaïa et d'Ourannos.

DSC06932              DSC06941

Les oiseaux ont peut être déserté les nichoirs, mais les berges restent pleines de vie. Les castors d'Europe (Castor fiber) sont à l'oeuvre. Plutôt nocturnes, on peut parfois les observer en journée. Si l'été ils se nourrissent de jeunes pousses, ils se tournent assez volontiers le reste du temps vers les écorces, les jeunes branches et les feuillages qu'ils atteignent en faisant tomber à la force de leurs dans les troncs d'arbres au bois tendre.

DSC06921

Voilà un des grands mal aimés du moment, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Accusé de voler le poisson des pêcheurs, ses populations sont tombées au plus bas. Protégé, il a pu remonter doucement la pente bien qu'aujourd'hui il fasse l'objet à nouveau de tirs important, bien que nombreuses études tendent à prouver que l'oiseau ne pêche pas les mêmes espèces que celles prisées par les pêcheurs de loisirs et les pêcheurs professionnels. Reste le problème des piscicultures, ou bien des moyens autres que le tir peuvent être mis en place. Sur la dizaines de cormorans en pêche observés ce jour là, tous se nourrissaient de poissons chat américain (Ameiurus melas), une espèce invasive qui diminue l'effectif des autres espèces de poissons. La solution au problème est là, sous nos yeux, et nous ne trouvons rien de mieux que de lui tirer dessus.

C'est sur ce constat triste mais aussi, l'observation plus joyeuse d'un bongios nain (Ixobrychus minutus) et d'une mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), deux espèces peu communes, que nous achevons notre ballade d'une journée. Marcher au rythme des oiseaux, dans des aires de nature calmes et encore ensauvagées est un bonheur, malgré les tirs rapprochés ça et là qui nous ont pas endroits fait prendre la fuite.

DSC06818              DSC06875

dimanche 15 septembre 2019

Sortie en marais 14 : le lac du Ronzey.

DSC03354

Visite du lac du Ronzey dans lequel l'Yzeron, cours d'eau qui termine sa course dans le Rhône et qui passe juste sous notre fenêtre. S'étendant sur plus de 3 hectares, il n'est pas très ancien, sa création remonte à 1982. Il est avant tout un lac de plaisance pour les habitants du coin mais aussi les citadins quittant la tristesse de la ville. Néanmoins, il est rapidement devenu un refuge pour la faune. Les hauts conifères d'ornements qui le bordent sont même un abri pour les chouettes dont certaines ont laissé ça et là quelques plumes et pelotes de réjection.

DSC03350     DSC03356     DSC03358     DSC03378

Dans l'herbe verte tendre, là où bien des familles et des amoureux viennent pique-niquer, poussent mille et unes merveilles. Les fleurs du sureau noir (Sambucus nigra) nous apportèrent pour les jours à venir une délicieuse limonade. Une partie des inflorescences séchées rejoindront les tisanes de l'hiver. Retournés en août sur place, nous avons pu des baies faire une délicieuse gelée consommée en tartines ou dilluée dans de l'eau chaude.

DSC03330

Ce jour là ce ne sont pas les fruits sucrés du sureau qui font notre joie, mais des marasmes des Oréades (Marasmius  oreades) appelés par endroits mousserons bien qu'ils n'en soient pas. La confusion est aisée avec d'autres champignons des prés toxiques voire mortels, mais leur pied élastique, leur odeur et leur chapeau mamelonné ne trompent pas. Pour la petite histoire, les Oréades sont des nymphes de la mythologie grecques associées aux grottes et montagnes, peut être est-ce dans ce dernier élément que le lien entre le champignons et ces divinités peut être fait. Autre belle surprise, deux agarics des jachères (Agaricus arvensis) appelés aussi boules-de-neiges en raison de leur forme complètent notre panier et notre omelette du soir bien qu'un peu véreux.

DSC03334             DSC03335

Le rubanier d'eau (Sparganium erectum) est une plante semi-aquatique dont les feuillages immergés forment de grands herbiers dans lesquels les poissons, les insectes et les amphibiens viennent pondre et s'habriter. Dans les milieux lacustres et humides faits d'eau douce, le rubanier joue un rôle important en permettant la stabilisation de sédiments, leur dépôt, l'oxygénation de l'eau ou encore, la dépollution de certains éléments chimiques d'origine anthropique. Les inflorescences se nomment capitules. Les capitules mâles sont plus petits et verts, ceux femelles sont de larges pompons, blancs et jaunes à leur extrémité. Les deux sexes se trouve sur un même plant.

DSC03339

Petit crapelet deviendra grand. Ici il pourrait s'agir d'un bébé crapaud commun (Bufo bufo). Ayant perdu ses attributs de têtard, il quitte l'étang et les mares attenantes à celui-ci pour regagner la forêt. Il y restera pas moins de 3 ans avant de retourner à l'eau pour se reproduire. Celui-ci a été sortie de la route par nos soins. Les amphibiens sont des animaux protégés et très fragiles, ils ne doivent être manipulés qu'en cas de danger et toujours avec es mains humides pour ne pas abîmer leur peau et éviter que celle-ci soit plus sensible à la transmission de germes. Pour nous humains, la manipulation ne présente aucun danger, il faut juste ne pas prendre l'idée de se frotter les yeux ou de se lécher les doigts après l'intervention.

DSC03307     DSC03343     DSC03314     DSC03370

Petite observation de la cinquantaine de canards colverts (Anas platyrhynchos) qui peuplent le lieu et qui laissent une multitude de plumes sur les berges pour mon plus grand bonheur. Retour à Oullins, là aussi nous avons nos canards colverts, juste sous nos fenêtres, mais aussi les klaxonnes, les pots d'échappement, le goudron et les crises de nerfs. En sommes, c'est un coin à connaître et à investir passé 19h pour plus de tranquillité.

DSC03326              DSC03324

lundi 5 août 2019

La Savoie à travers champs.

DSC00093

Un mois au pied des montagnes

Ce n'est pas moi pour le coup qui suis partie, mais mon bien-aimé pour un mois de formation aux techniques de culture et de transformation des petits fruits en wwoofing. Face au Mont Blanc, nous avons pu le temps de deux week-ends découvrir la faune et la flore savoyardes, nous émerveiller des oiseaux et en particulier des rapaces, ramasser quelques belles sauvages et nous initier aux espèces des milieux humides. Bref, de belles découvertes et de nouvelles coches pour les amoureux de la nature que nous sommes.

À notre tableau de chasse le pic mar (Dendrocoptes medius), à la calotte rouge et aux cris nasillards. Pas bien gros (50 à 80 gr), il est que modérément montagnard et se plaît avant tout en plaine et les vieilles forêts de feuillus qui n'exédent pas 700 mètres d'altitude, où il peut nicher dans les troncs de bois tendre ou fragilisés par le temps.

DSC00019Ils sont revenus ! Après un long périple, les milans noirs (Milvus migrans) sont à nouveau en France. Ils ont quitté l'Afrique pour venir nicher chez nous. Ces oiseaux nécrophages se nourrissent la plupart du temps de poissons morts, ceux-ci représentant jusqu'à 70 % de leur régime alimentaire. Il n'est pas rare non plus de les voir suivre les moissonneuses dans les champs, cherchant les débris des micro-mammifères (souris, campagnoles etc.) pris dans les mécanimses de la machinerie. Lors de notre séjour nous avons pu voir deux individus prédater en pleine journée une chauve-souris, fait relativement rare pour être signalé bien que l'espèce soit partiellement prédatrice.

DSC00075

C'est le temps des amours en ce mois de mars pour la sitelle torchepot (Sitta  europaea). Ça chante et ça s'accouple à tout va. Celle-ci s'évertue à chercher de quoi se contenter dans le creux d'une vieille branche morte d'un érable, la belle étant insectivore pendant le printemps et l'été. Son nom de torchepot est bien trouvé, car l'oiseau a pour particularité, entre autre, de confectionner à l'aide de boue et de salive de quoi rétrécir l'entrée des cavités dans lesquelles il s'installe quand ces dernières sont trop grandes pour lui et sa couvée. C'est aussi le seul volatile de nos contrés à descendre les arbres la tête la première grâce à ses pattes équipées de doigts longs et puissants.

DSC00005

Outre des oiseaux, on croise aussi des castors d'Europe (Castor fiber). La proximité du Rhône n'y est pas pour rien. Ici il s'est installé dans un lac proche de l'exploitation et relié au fleuve par un petit court d'eau qui n'est que rarement à sec, permettant de nombreuses connections entre ces différents milieux humides.

DSC00089          DSC00106

En campagne, il n'y a pas un jour sans surprise. S'il on est habitué à croiser des poules et des canards en liberté, on l'est beaucoup moins pour les cochons et pour cause, ceux-ci se sont échappés d'un élevage tout proche et batifolent gaîment dans un beau champ de bel qui, semble-t-il, sera peu productif cette année vu le labourage subi. Il faudra un après-midi complet pour que tout le monde retourne dans son chez soi.

DSC09817

Pas de moineaux cisalpins ou friquets mais de bons vieux moineaux domestiques (Passer domesticus) dans la coure de la ferme. Nous en sommes pas pour autant déçus, l'espèce étant fascinante. Perçu comme commun, le moineau disparaît de nos villes et de nos campagnes à une vitesse hallucinante. Pour le moment, nulle réponse semble se dessiner sur ce déclin. La diminution drastique des insectes semblent être une piste plausible.

DSC00158

Quelles sont belles ! Un couple de chevêches d'Athéna (Athene noctua Scopoli) s'est installé dans le gros creux d'un vieille arbre, juste en face de l'une des fenêtres de la maison. Quel bonheur de les observer mais aussi quelle surprise, d'autant plus quand on sait qu'une chouette hulotte (Strix aluco) occupe le grenier de la grange. L'ayant vue la toute première, nous pensions ne pas voir d'autre rapaces, ceux-ci ayant du mal à s'entendre en règle général.

DSC00146

Force est de constater que nous nous trompions, Dans le trou, un adulte montre le haut de sa tête tandis que l'autre monte la garde. Au moindre passage d'un vélo ou d'une voiture en contrebas, tout le monde saute dans le nid. Je dois vous faire une confidence, la chevêche d'Athéna est l'un de mes oiseaux préférés, au point de figurer sur ma carte de visite. Ce n'est pas à cause de son nom et de sa symbolique, celle-ci étant la compagne et messagère de la déesse de la guerre et de la sagesse, Athéna, mais pour ses magnifiques yeux dorés et sa drôle d'allure.

DSC00146

Pesticides, disparitions des vieux arbres et des haies, ce sont là quelques uns des éléments expliquant son déclin. Aujourd'hui la petite chouette connaît un peu de répit avec des populations stables qui semble-t-il, commencent à nouveau à décroître depuis 2-3 ans. Pourtant elle n'est pas sans charme, en plus d'être une bonne chasseresse. Son régime alimentaire se compose essentiellement d'insecte mais elle n'est pas contre le fait de becter une ou deux lézards et ne rechigne pas à planter mettre à son menu des mésanges ou des rainettes arboricoles.

DSC00232

Départ pour le lac du Bourget, qui n'est pas très loin. C'est l'occasion de filer dans la réserve naturelle qui se trouve au sud de l'étendue. Là bas, une grande diversité d'oiseaux s'offre à nous. Les nettes rousses (Netta rufina), se plaisent à barboter en eau plus ou moins profonde profonde en bordure de roselière pour chercher leur nourriture. Elles peuvent plonger jusqu'à 4 mètres pendant une courte durée, ce qui les classent dans la famille des canards plongeurs. La femelle se différencie du mâle par ses couleurs ternes et discrètes qui la protège des prédateurs pendant la couvaison. Son partenaire pour sa part affiche une tête flamboyante.

La nidification se fait au sol, dans un nid parfois fait de boues et de végétaux, parfois volé à une autre espèce de canard, qu'il soit colvert ou un fuligule. Les oeufs mettent un peu moins d'un mois à éclore. Les petits nidifuges quittent directement le nid et mettrons 80 et 100 jours pour être complètement autonomes.

DSC00332

C'est un oiseau migrateur dont le gros de la population européenne se retrouve en Espagne à l'arrivé des grands froids de l'hiver où 200 000 nettes rousses peuvent se réunnir d'un seul bloc. Cependant on peut en rencontrer un bon nombre sur les grandes étendues d'eau dont Miribel Jonage dans le Rhône. En France, des nidifications sont observées dans la Dombes et en Camargues ou des hivernages sont aussi observés.

DSC00360           DSC00257

La grande aigrette (Ardea alba) est un magnifique oiseau. C'est le plus grand de nos hérons métropolitains et se reconnaît à son plumage blanc et son long bec jeune. Présente sur l'intégralité du globe hormis le Groéland, elle affectionne une grande variabilité de milieux comme les bords de mer, les rives de fleuves et les grands lacs où elle se nourrie de poissons, d'amphibiens, de crustacés et d'autres arthropodes aquatiques. 

DSC00382

Dans les herbiers inondés, deux espèces de sarcelles se tiennent compagnie, permettant une comparaison fort intéressante entre elles, d'autant plus qu'il s'agit ici de canards aux comportements particuliers. Au centre, une sarcelle d'été mâle (Spatula querquedula) reconnaissable à son grand sourcil blanc. C'est un oiseau migrateur, le seul parmi les canards européens, qui revient d'Afrique Saharienne dès février pour nicher au mois de mai même s'il favorise que très peu les milieux humides d'Europe occidentale. De part et d'autre de celui-ci, deux mâles de sarcelles d'hiver (Anas crecca) à la tête verte et rousse. Il s'agit du plus petit anatidé d'eau douce de nos contrées dont la nidification intervient entre avril et juin. Sarcelles d'été et d'hiver partagent le même régime alimentaire, au menu on compte des algues et des petits organismes tels des insectes et de crustacés, toujours en eau peu profonde ce qui en fait des canards de surface.

DSC00134

Retour sur l'exploitation agricole. Une mer de nuages nous assaille sur le chemin. C'est le bon moment pour se rendre au lac en contrebas, dans une ambiance tamisée de fin de journée pluvieuse. Outre le castor d'Europe comme résident à l'année, de nombreuses espèces végétales peuvent y demeurent.

DSC09833Les pulmonaires (Pulmonaria sp.) sont bien difficiles à identifier et parfois, il faut attendre les feuillages d'été pour les nommer correctement. Elles appartiennent à la famille des Boraginacées, celle des primevères et des consoudes.

DSC09838

Le nom de pulmonaire est hérité de la théorie des signatures, voulant qu'une plante, une roche ou un animal soignent un organe ou une maladie leur étant similaire. Ici les tâches blanches des feuilles font écho à celles présentes dans les poumons dans les cas de peste ou de pneumonie. Il n'en fallait pas plus pour faire le lien entre maladies thoraciques et les pulmonaires, l'une d'elle portant même le nom de pulmonaire officinale (Pulmonaria officinalis). Dans les faits, bien qu'expétorante et adoucissante, elle n'a jamais pu guérir des maux portés par des maladies terribles comme celles cités plus haut. Une autre légende chrétienne veut que les tâches blanches du feuillage soient le fruit de gouttes de laits tombée du sein de la Vierge Marie l'allaitant son fils. De quoi allimenter le mythe.

DSC09837

Comme de nombreuses plantes de cette famille, les fleurs ont la particularité de changer de couleurs après fécondation. D'abords rouge-rosé, les pétales tirent peu à peu vers le violine. C'est un moyen pour la pulmonaire d'indiquer qu'elle a était fécondée et qu'il n'est plus nécessaire de la visiter, celle-ci étant vide de nectar. En somme une co-évolution permettant aux deux partis de ne se rencontrer que quand cela leur est utile.

DSC09931           DSC09933

L'ail des ours (Allium ursinum) est à la mode, et nombreux sont ceux à courir les bois pour en faire la cueillette. Nous nous n'y échappons pas. C'est une plante de sous-bois frais et des bords de ruisseaux, sur les sols de nature basique (souvent calcaire), humides et riches en nutriments, le plus souvent ombragés. Ce jour là la récolte est bonne, nous avons de quoi en faire des confis, des pestos, des vinaigres et des feuilles séchées.

DSC09941

Prudence toute fois, de nombreuses plantes jeunes et arrivées à maturité peuvent se confondre aisément avec l'ail des ours. Jeunes plants d'arums, muguets ... on ne compte plus les cas d'empoisonnements plus ou moins graves, certains se terminant parfois mal. Autant être sûr de ce que l'on fait et de ce que l'on met dans son panier.

DSC09959

D'autant plus que parmi les feuilles d'ail des ours, pousse des centaines de scilles à deux feuilles (Scilla bifolia) et que toutes deux partagent le même milieu. Frêle, l'étoile bleue comme on la nomme, appartient à la famille des asperges d'après les dernières études phylogénétiques. Pour autant on ne serait la mettre à sa table, celle-ci n'étant pas comestible.

DSC09948

C'est une espèce qui n'est pas si courante en forêt, protégée dans plusieurs régions et département comme en Aquitaine, autant favoriser les prises photos plutôt que les bouquets, les fleurs ne vivant qu'un jour ou deux en vase. Cela serait aussi priver de nombreux insectes de son nectar mais aussi de sa délicieuse odeur de propolis et de miel, sans oublier les fourmis qui, avec d'autres insectes, en transporte les graines. Elle est également typique de certains milieux, en particulier des chênaies de chênes pédonculés et les chênaies-charmaies au sol de nature calcaire.

DSC09915

Sur les premiers chatons de saule, un paon du jour (Aglzis io) prend le soleil. Ici c'est un adulte qui a passé l'hiver sur sa forme de papillon (imago) et qui prend ses forces avant de partir en parade pour permettre à la prochaine génération de voir le jour. Chez ces papillons, deux à trois générations peuvent voir le jour, une seule s'ils se trouvent en montagne, les conditions étant bien moins clémentes avec un ensoleillement plus court. Tout cela n'est pas favorable à la principale source de nourriture de sa chenille, les orties qui bien que résistantes, ne se développent pas ou peu sous le manteau neigeux et dans le froid.

DSC00050

La bonne vieille ortie dioïque ou grande ortie (Urtica dioica), celle que l'on aime dans les soupes et les gratins, un peu moins dans les jardins et les bords de chemin bien qu'elle soit essentielle à la vie de bien d'animaux. Outres les très nombreuses espèces de chenilles dont elle est l'hôte, elle abrite aussi des coléoptères, des punaises ou encore des pucerons. Toute cette faune se nourrie de ses feuilles et tiges riches en protéines. C'est une plante à tout faire, on en tire de quoi faire des cordes, du tissus, de purin, de fertilisant et de s'en nourrir. Dans ce dernier cas on favorisera les jeunes pousses et les feuilles d'avant floraison, la plante étant riche en cystolithes quand elle est en fleurs, composants pouvant entraîner des problèmes urinaires. On prendra aussi garde en cas de traitement médical, certaines prises de médicaments étant incompatibles avec sa consommation.

DSC09954

De jeunes tramètes (Trametes sp.) se développent sur les restes d'un arbre mort. Il pourrait s'agir de tramètes versicolores (Trametes versicolor), un champignon de la famille des polypores qui est est plus que commune et se trouve un peu partout dans les forêts comportant des feuillus.

DSC09953

Pour le reconnaître, on prendra le soin de regarder sa marge noir et la variation de couleurs qu'il présente, dessinant dans le temps de jolies bandes colorées allant du marron au bleu-grisé en passant par le roux, le jaune et le vert. Cependant pour une identification sûr, l'observation de la sporée reste la meilleure chose à faire. Ce champignon appartient aussi à la famille des pourritures blanches, élément incontournable pour l'assimillation par la forêt de la matière organique morte si essentielle aux végétaux qui l'a compose. Des champignons, nous n'en verrons pas d'autres hélas, moi qui comptait tant en ajouter de nouveaux à mon tableau de chasse, avec un vague espoir de croiser ça et là quelques morilles printanières cachées dans l'ai ldes ours.

DSC09982

Soudain, deux silhouettes sombres fendent le ciel avec pour fond les montagnes enneigées. Il s'agit de hérons cendrés (Ardea cinerea) se dirigeant vers la héronnière. Rassemblés là, une dizaine d'individus s'affairent à fabriquer ou réparer leur nid à l'aide de branchages collectés dans la ripisylve toute proche. La saison des amours est là, les couples parades et se forme et bientôt 3 à 5 oeufs bleu-vert viendront se nicher entre les brindilles.

DSC09894

Un petit carnet, outil indispensable pour noter toutes nos observations. Depuis nous sommes passés à la versio numérique grâce à l'application Naturalist, version pour téléphone du site Faune-Rhône au combien précieux pour les naturalistes et les ornithologues passionnés.

DSC09870 - Copie

Nous quittons à regret les paysages de montagne pour retourner aux plaines du Rhône, non sans faire le plein de produits locaux : miel de forêt, confitures de casseilles, de cassis et de groseilles, vinaigre d'ail des ours, crème de cassis, vin de noix ... les ventres, les yeux et les esprits partent remplis. Un dernier regard vers le lac, la roselière et les bosquets de noisetiers abritant quelques troglodytes mignons, rouges gorges et mésanges charbonnières. Les semaines à venir s'annoncent fort chargées, et ces quelques jours d'escapade en Savoie sont une bouffée d'air frais dans le tumulte qu'est notre quotidien d'urbain.

DSC09973           DSC09979

dimanche 23 juin 2019

Mes 8 premiers mois à la LPO dt Rhône.

DSC07077

Catastrophe ! Voilà plus d'un mois que je n'ai plus publié ici et j'ai littérallement 6 mois de retard dans mes articles, autant vous dire que ça va chauffer dur sur le clavier ! Pas de panique, voici un retour en image sur mes 8 premiers mois à la LPO délégation territoriale du Rhône comme bénévole, membre du groupe jeunes LPO Rhône et comme animatrice nature salariée histoire de vous partager quelques brides de mon quotidien. La saison d'animation bat son plein et prendra fin d'ici une semaine ou deux, de quoi souffler pendant la rédaction des bilans et des premiers dossiers pour clôturer la saison 2018-2019. C'est un exercice dans lequel je me plaîs, même si le terrain reste ma passion première. Le printemps comme l'hiver m'ont donné énormément de choses à voir et à expliquer aux groupes que j'accompagne, et j'espère de tout coeur que ceux-ci en garderons une trace et qui sait, un peu plus histoire de faire naître quelques passions.

DSC07147

Comptages Wetland's : suivre une population

Tout comme l'an dernier, nous nous sommes joints en janvier au Wetland's, un inventaire international des oiseaux d'eau visant à suivre année après année leur population et à en établir la santé. Sans surprise les effectifs chutent dramatiquement. Cependant il faut tenir compte pour 2019 des températures très douces qui ont poussé certaines espèces à rester dans le nord de l'Europe.

DSC07089

Compatages des laridées et des grands cormorans.

Pour cette nouvelle édition, nous sommes présents dans le cadre du groupe jeunes LPO Rhône que nous avons lancé avec un compère. L'objectif est de fédérer les jeunes du territoire autour de nombreuses sorties et actions à thèmes. Pendant la journée nous avons pu bénéficier du regard et de l'expérience de nombreux bénévoles, découvrir de nouveaux oiseaux mais aussi, apprendre à compter des centaines de volatiles et croyez moi, l'exercice n'est pas simple. Pour se faire nous voilà partis à Miribel Jonage, une zone humide de grands lacs situés au nord de Lyon et formés par la carrière en activité qui y extrait des sédiments. C'est un endroit rêvé pour les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) quoi que, la plumée laissée par celle-ci indique clairement qu'un épervier d'Europe  (Accipiter nisus) a mit fin aux festivités.

DSC07103          DSC07124

La liste des canards et des oiseaux affiliés à l'eau est longue, on compte les classiques de l'hiver comme le fuligule milouin (Aythya ferina) à la belle tête rouge, le héron cendré (Ardea cinerea) et le fuligule morillon (Aythya fuligula) que j'adore mais aussi, quelques raretés que nous avons pu apprécier comme le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula), la tadorne de Bellon (Tadorna tadorna) et le harle bièvre (Mergus merganser). Pour plus d'informations et la liste des espèces observées ça se passe par ICI.

DSC07148          DSC07149

Le journée s'achève par le comptage au dortoir des laridés (mouettes et goélands) à Grand Large, avec en prime l'observation des traces et indices du castor d'Europe (Castor fiber), celui-ci ayant élu domicile à Miribel depuis quelques années. Bilan ? une super expérience et le sentiment que d'année en année je commence doucement à mieux voir et entendre les animaux qui m'entourent même s'il me reste beaucoup à apprendre.

DSC07156

Suivi des Grands Ducs d'Europe

Toujours en janvier, nous voilà sur les pas du grand duc d'Europe (Bubo bubo), le plus grand des hiboux de France avec une envergure de 1,88 mètres maximum. Quasi-disparu, il revient peu à peu et on compte dans les vallons qui se forment le long du Rhône quelques rares couples.

DSC07168

Soirée de pleine lune pour apercevoir le hibou si attendu.

La période des amours battent leur plein, c'est le moment de partir à l'écoute de son chant. Pour l'occasion nous sommes pas loin de 70, réunis en plusieurs équipes et pour cause, le Rhône, l'Ardèche, l'Isère, l'Ain et la Drôme sont prospectés. Malchanceux que nous sommes, nous sommes parmi les seuls à ni voir, ni entendre le grand duc. Le vent, les aboiements de chiens et le bruit des camions au loin nous ont souvent piégé sans que le "hou" si attendu ne se fasse entendre. Pour autant la soirée n'est pas morose. Pendant la tombée de la nuit nous sommes gratifiés du passage des bécassines de bois (Gallinago nemoricola), du remue-ménage des sangliers (Sus scrofa) ou encore, du cri de la chouette hulotte (Strix aluco). De quoi passer un bon moment pour contempler l'obscurité.

DSC07154

La saison s'annonce triste pour nos oiseaux. L'an dernier la plupart des couples n'ont pas réussi à mener à terme leur nichée, faute de proies mais aussi de milieux où s'installer, les vignes grignotant le peu de zone forestière restant sur les coteaux malgré les interdictions de défrichement. L'hectar approchant le million d'euro et les vins locaux se vendant bien, notre grand duc ne fait, hélas, pas le poids face aux logiques économiques du territoire.

DSC07417

Inventaire des oiseaux des jardins

Fin janvier, c'est l'inventaire des oiseaux des jardins. Manque de bol, nous n'avons qu'un rebord de fenêtre pour nous exercer, du coup direction le parc de la Tête d'Or pour inventorier les divers piafs qui s'y trouvent.

DSC07429

Gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus) peu farouche.

La poule d'eau (Gallinula chloropus) n'appartient pas aux poules et autres coqs contrairement à ce qu'indique son nom. On la différencie du foulque macroule (Fulica atra) de par son bec rouge à la pointe jaune et de par ses pattes jaunes aux longs doigts dépourvus de palmures. C'est un oiseau des zones humides qui se croise même en ville et qui niche dans les plantes aquatiques, formant un nid composé de végétaux déliquescents. Le mâle et la femelle restent fidèles jusqu'à la mort d'un des deux partenaires. En milieu urbain et péri-urbain, elle se laisse facilement approcher, ce qui est rarement le cas en campagne.

DSC07292          DSC07400

Sur le lac, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) attendent leur repas. Cela ne va pas sans entraîner quelques conflits. Les poissons sont abondants, les passants distribuant du pain aussi. Pour rappel, le pain est un poison pour les oiseaux, ceux-ci ne le digère pas et entraîne des malformations des ailes, des plumes et des organes et peu même mener à la mort de l'animal.

DSC07337

Le pigeon colombin (Columba oenas) est un pigeon relativement rare dans le Rhône que l'on peut parfois observer en ville. Il se reconnaît à son oeil noir, ses teintes bleutées et sa taille car il est le plus petit de tous les pigeons d'Europe. Il aime nicher dans les cavités, qu'il s'agisse de celles des arbres ou des falaises. On le rencontre le plus souvent dans les bois non exploités, parfois les grands parcs, les carrières et les façades rocheuses. Hors période de reproduction, il peut se mêler à d'autres espèces, comme le pigeon ramier ou les choucas des tours comme nous avions pu l'observer en mai 2018 au plateau  de Larina.

2019 ne fait que débuter mais de nombreuses espèces sont sur le point de débuter leur reproduction. Exploration de cavités, changement de plumages, premiers chants, arrivée de certains migrateurs, offrande aux femelles ... il n'y a que les vagues de froids, l'absence de feuilles et le gel du matin qui nous font nous sentir en hiver.

DSC07410

Les arbres de l'île du Souvenir sont pris d'assaut par le givre. Immobiles, les pattes et le bout du bec gelés, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) cèdent un à un la place aux hérons. Ici ils sont rois et pour cause, plusieurs couples nichent au même endroit. L'ensemble est alors appelé héronière et peut parfois comporter plusieurs espèces de ces échassiers. Ici on en rencontre une seule, l'éternel héron cendré (Ardea cinerea), magnifique oiseau parfois accusé à tort de vider les rivières et les étangs de leurs poissons.

DSC07313

Belle surprise, sur l'eau un mâle de nette rousse (Netta rufina), un canard aux allures de punk. La femelle, plus discrète, aborde un plumage grisé ainsi qu'un sourcil blanc au dessus de l'oeil. D'ordinaire, la nette se montre timide et s'envole au moindre bruit suspect. On peut de ce fait s'étonner de voir un individu tel que celui-ci se laisser approcher sans manifester le moindre signe d'alarme, allant même jusqu'à courser d'autres canards autour de lui pour s'approprier l'espace. Herbivore, il lui arrive d'ajouter à son menu d'algues et de plantes aquatiques des petits insectes, quelques mollusques voire, des têtards.

Le soleil se couche, direction la Maison de l'Economie Circulaire pour une petite conférence sur les logiciels libres, la programation et les réseaux partagés. Le rendez-vous ayant lieu à l'entré du parc des Chartreux, c'est de nouveau l'occasion de suivre les oiseaux de la métropole pour cette journée de science participative.

DSC07468

Il est venu au rendez-vous. Le faucon crecerelle  (Falco tinnunculus), si recherché dans Lyon et ses alentours, nous a gratifié de son passage et s'est même posé non loin de nous, sur un balcon où il domine la Saône et la ville. Si vous êtes tentés de le suivre dans sa nidification urbaine, je vous invite à rejoindre Faune-Rhône.

DSC09958

Engagement, on est plus chaud que le climat !

En février, on se mobilise. Le groupe jeunes LPO Rhône accompagné des étudiants d'ATIB Lyon est sur le terrain et surtout, sous la pluie. Qu'importe, nous sommes motivés, dynamiques et l'instant est convivial. L'objectif de la journée ? Encercler le quartier en créant une immense chaîne humaine. C'est un pari réussi et pas moins de 5000 manifestants ont pu se tendre la main le temps d'un après-midi. Entre slogans et pancartes, nous avons même pu nous octroyer un peu de répit pour observer les hérons et les cormorans nous passant au-dessus de la tête pour rallier la Saône et le Rhône. Ajoutons à cela un rapide discours et un concert aux paroles engagés pile-poil quand le soleil pointe le bout de son nez sur la place Bellecour pour que le tableau soit complet. Bref, une très belle expérience.

DSC09982

Parmi les participants, des jeunes et des moins jeunes, de véritables hippy, des biens rangés, des bobos, des cathos ... bref tous ceux que l'on se plaît à placer dans une case pour ne plus les en sortir. Ici, les clichés ont la vit dur et quand on voit la multitude de personnalités présentes ce samedi après-midi, on est en droit de se dire ou du moins, d'espérer que les questions sur le climat et la biodiversité animent toutes les strates de la société.

DSC00005          DSC09999

Contrairement au climat et aux mentalités, certaines choses ne bougent pas, le bâti local et centenaire étant là pour nous le rappeler. Sur cette place d'où nous admirons la cathédrale de Fourvière, bien des luttes et des guerres ont été menées, le Cheval de Bronze représentant Louis XIV n'y échappant pas. Détruite suite à la révolution, cette statue qui surplombe les manifestants sera reproduite en 1825. Preuve que nous sommes capables de détruire comme de reconstruire ce qui nous entour. Ce jour là, nous nous y tenons non pas pour réclamer des têtes mais un avenir pour notre planète.

DSC09379

Prospection du groupe jeunes LPO Rhône : champignons et chouettes.

Voici une des toutes premières sorties du groupe jeunes. En ce mois de mars, nous voilà partis au Nord Ouest de Lyon à la recherche des champignons de printemps pour l'après-midi. J'avais promis des morilles, nous rentrons avec quatre espèces non comestibles, la sécheresse sévissant terriblement : jusqu'à - 30 % de pluies et de réserves en eaux dans certaines localités du Rhône. En somme, pas de quoi inciter la fonge à sortir le bout de son chapeau. Nous nous contenterons pour la peine de ces jolis schizophylles communs (Schizophyllum commune) qui semblent avoir séchés avant d'avoir pu terminer leur développement. Leurs spores roses leur donnent une couleur assez sympathique et relativement amusante à observer au microscope quand on s'essaye à la mycologie. Néanmoins on prendra garde à ne pas pencher au-dessus, ceux-ci pouvant entraîner des pathologies au niveau du nez et des yeux. Ce schizophylle est fascinant. Présent sur tous les continents, il se développe sur le bois mort dont il se nourrie. Les insectes en particulier les fourmis sont attirés par les carpophores (partie visible). On peut en tirer de nombreux composants, qui entrent dans la fabrication de l'éthanol mais aussi d'antibiotiques.

Faute de champignons, nous nous rabattons sur la végétation des alentours. Les hellébores fétides (Helleborus foetidus) sont les premières à sortir. On les reconnaît au bandeau rouge sang qui borde leurs fleurs ainsi que leurs feuilles vert clair et vert foncé très découpées et qui leur a valu leur surnom de patte d'ours.

DSC09351          DSC09360

Arrêt sur les bryophites, c'est à dire les mousses, qui se développent sur les pierres dorées qui composent les murets pour retenir les carrés de terre sur lesquels sont cultivées les vignes. C'est un des milieux de prédilection des lézards des murailles (Podarcis muralis) qui sortent tout juste de léthargie. Les couleuvres aiment également si loger pour profiter de la douce chaleur qu'elles diffusent mais aussi des nombreuses proies qui s'y réfugient.

DSC09375          DSC09377

Pinson des arbres (Fringilla coelebs) prédaté, sans doute par un rapace, la base des plumes étant intacte, signe le plus souvent que c'est un bec et non des dents qui a déplumé l'animal. C'est un des nombreux indices de présence que l'on peut utiliser en tant que naturaliste pour déterminer si on se trouve sur un territoire de chasse d'un animal en particulier. En tout cas cette plumée nous aura bien donnée du fil à retordre pour l'identification.

DSC09388

Changement d'ambiance, le soir il n'est plus question de champignons et de fleurs mais de chouettes et pas de n'importe laquelle ! La chouette effraie (Tyto alba) est la star de la journée et pour cause, nous voilà embarqués par le référant LPO de ce bel oiseau de nuit blanc pour une séance de repasse. La repasse consiste à passer à des points précis le chant d'un mâle pour susciter la réaction des individus présents et ainsi établir la présence ou non de l'espèce. Pour notre effraie, la repasse se fait à la tombée de la nuit, sur une dizaine de points distants de 2 km et plus.

DSC09389

Nous sommes quatre équipes, armés de nos enceintes et de nos portables. Pour notre part, nous sommes parmi les plus chanceux. Notre gourpe, sur la dizaine de points attribués, parvient à contacter deux effraies fort éloignées, une chouette hulotte (Strix aluco), six ou sept couples de chevêche d'Athéna (Athene noctua Scopoli), un ragondin (Myocastor coypus) et un lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus). Pas mal pour deux heures de parcours.

DSC09516

Le groupe jeunes à Miribel Jonage

Découverte de la faune et la flore des grands lacs. Nous sommes une petite dizaine partant à l'exploration de ce territoire que je commence à bien connaître. Nous sommes alors début mars. Guides en poche, jumelles autour du cou et filets à libellules en main, nous voilà équipés pour nous essayer au naturalisme. Le temps est gris et par moment, des gouttes de pluie viennent s'écraser sur nos visages. Qu'à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous faire rebrousser chemin. Au programme : traces du castor d'Europe (Castor fiber), vol de cigogne blanche (Ciconia ciconia) et oiseaux rares mais aussi vipérines communes (Echium vulgare), hellobores fétides (Helloborus foetidus) et aulnes glutineux (Alnus glutinosa) pour ajouter un peu de végétal au paysage.

DSC09524          DSC09525

Pêche à l'épuisette dans les herbiers. La loupe binoculaire est de mise pour observer chacun des critères permettant l'identification de cette larve de demoiselle, créature s'affiliant aux libellules. Pour nous venir en aide, certains membres du Sympetrum, association de l'Ain orientée sur ces insectes, nous prêtent main forte car leur identification n'est pas toujours aisée, le plus simple étant de pouvoir manipuler leur exuvie (enveloppe externe).

DSC09582

La crainte lors des prélèvements : déranger les espèces s'habritants dans la phragmitaie, un habitat composé de phragmites australes (Phragmites australis), des roseaux aux grands plumeaux qui parlent à tout à chacun lorsqu'il s'agit de se promener dans un milieu humide.

DSC09533

Ce ne serait être tout, outre le fait de faire fuir les bestioles qui nous pouvons percevoir, partir à la pêche aux larves peut abîmer le fond de vase où une multitude d'arthropodes vivent et se nourrissent. De ce fait, un inventaire doit être mené avec précision et dans le cas où celui-ci est nécessaire, soit dans un cadre de formation, soit dans un cadre de recherche d'informations et de connaissance d'un site.

DSC09565

Première tortue de l'année observée, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) entourée de deux goélands leucophés (Larus michahellis). C'est une espèce exogène envahissante, une EEE ou encore espèce "invasive", c'est à dire provenant d'une autre contrée et pouvant présenter une menace pour la santé humaine, l'économie et la biodiversité. Ici la menace réside avant tout dans le fait que cette tortue occupe les milieux de vie de nos tortues indigènes, les privant de site de ponte, d'hivernage ou de nourrissage.

DSC09611          DSC09614

Arrivée au lac des pêcheurs, c'est une véritable récompense ! Un nombre incroyable d'espèces nous y attendent et parmi les plus remarquables, on peut citer la trentaine de chevaliers. Cette assemblée se compose de chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), de chevaliers gambettes (Tringa totanus) et de chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos). Au milieu de tout cela, deux petits gravelots (Charadrius dubius) et un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promènent discrètement à la recherche de nourriture dans la vase et parmi les galets.

DSC09587          DSC09603

Parmi les reptiles, les lézards montrent le bout de leur museau pour profiter des premiers rayons du soleil. Le petit brun à gauche, c'est le classique lézard des murailles (Podarcis muralis), grand chasseur d'insectes et d'araignées. Le gros vert à droite, c'est un lézard à deux raies (Lacerta bilineata), autrefois nommé lézard vert mais dont la génétique a mit en lumière le fait que le lézard vert et celui à deux raies sont deux espèces distinctes.

DSC09487     DSC09513     DSC09519     DSC09574

Bilan de la journée : un sacré inventaire à la clé, des pistes pour identifier certaines espèces mais également pour poser les yeux où il faut et tendre les oreilles quand il faut. Un bon moment de convivialité aussi, autour d'un repas partagé ou derrière une longue vue entre jeunes d'un même territoire.

DSC00662

Une mare pour les sonneurs à ventre jaune.

Avril, pour la peine on se découvre plus que d'un fil. Ce jour là, encore de le pluie, mais juste 3 gouttes qui viennent nous rafraîchir et pour cause, l'effort n'est pas vain. Au programme ? Création de deux mares pour les sonneurs à ventre jaunes (Bombina variegata), des petits crapauds rares et protégés qui portent bien leur nom. Pelles, pioches et brouettes en main, nous voilà lancés dans le chantier.

DSC00544

Première étape : creuser la pelouse, retirer les mottes de terre, vérifier s'il n'y a pas une racine ou deux qui traînent histoire de ne pas percer la bâche de maintien. Pour ma part, je suis avec les petits loups présents à découvrir les bestioles qui grouillent dans le sol. Vers de terre, insectes et autres limaces font le bonheur des enfants qui n'hésitent pas à mettre les doigts dans la terre et à attraper tout ce qui bouge. C'est l'occasion de faire de la sensibilisation au vivant, à la manipulation des petites bêtes, à leurs besoins et aux différentes manières de les observer.

DSC00584

Les mares sont creusées, c'est le moment de poser la première couche de géotextile afin de protéger les couches qui retiendront l'eau et permettront aux amphibiens de se développer. À savoir, une mare n'est pas toujours en eau et peut se retrouver longuement à sec. Cela est salvateur pour les espèces comme les grenouilles dont les têtards finissent par sortir de l'eau ce qui n'est pas le cas pour certains de leurs prédateurs qui n'y survivent pas, rendant ainsi le lieu plus sûr pour les grenouillettes et leurs consoeurs.

DSC00648          DSC00717

Vient ensuite la bâche puis de nouveau le géotextile. Reste alors à couvrir le tout de terre pour que l'ensemble s'intègre au paysage, quitte à frotter le textile avec des mottes de terre. Des branches et des blocs de pierres viennent couvrir le fond, là où les crapauds pourront se dissimuler aux yeux de leurs prédateurs comme le héron cendré (Ardea cinerea). Dernière étape, attendre la tombée de la pluie pour que celle-ci vienne remplir les mares. 

DSC00707

Fin de chantier et belle surprise, outre le fait de nous faire survoler par un couple d'éperviers d'Europe (Accipiter nisus), nous tombons nez à nez dans les flaques nous entourant avec des tritons palmés (Lissotriton helveticus) mais aussi une grenouille agile (Rana dalmatina) et des pontes de la même espèce.

DSC00540

Depuis les mares creusées se sont remplies par l'intervention rapide des pluies. Les inventaires à venir nous indiquerons peut être si les sonneurs à ventre jaune se seront installés même si cela semble un peu tôt. Il faudra désormais attendre les mois d'octobre et de novembre pour creuser à nouveau, l'été n'étant pas vraiment propice  à la création de mares et de points d'eau destinés à la faune et à la flore.

DSC01044

Prospection de printemps.

Mi-avril deux prospections nocturnes animent le territoire. Nous voilà partis dans la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus), et des sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata). Le travail n'est pas des moindre.

DSC01005

L'objectif : chercher si ces espèces sont présentes et si oui, comment mener à bien les missions liées à leur protection sur ce territoire d'élevage car la cohabitation n'est pas toujours aisée entre nature et monde agricole, ne serait-ce que par les enjeux liés à l'eau. Ces deux espèces sont celles d'animaux aux comportements majoritairement nocturnes. Ils s'observent plutôt aux abords des mares à cette saison où la reproduction bat son plein. Nous avons de la chance, le fond de l'air est doux et outre nos lampes frontales, la lune nous offre une superbe lumière pour percevoir ce qui se trame à la surface de l'eau et dans l'herbe.

DSC01035          DSC01031

Dans les prairies humides, les courtilières (Gryllotalpa gryllotalpa) chantent à tue-tête. Ces gros insectes nous ont causé bien du tort par leur chant similaire à ceux de certains amphibiens nous faisant croire à la présence des crapauds calamites (Epidalea calamita), une espèce, hélas, disparue dans le coin.

DSC01113

Peu de tritons seront vus ces soirs là, principalement des palmés, quelques alpestres et pour un groupe de chanceux, deux tritons marbrés. Nous remarquons que ce sont avant tout les grenouilles vertes qui peuplent la zone. Les mares sont drastiquement basses, à un point effrayant. Leur état laisse présager qu'il n'y aura sans doute pas ou peu de têtards et de larves parvenant à se maintenir et à atteindre l'âge adulte.

DSC01017          DSC01101

C'est un triste constat qui poncute les sorties d'avril.

Et la vie au boulot ?

Et bien pour les mois de mars, avril et mai, c'est intense ! J'ai pu découvrir pas moins d'une quarantaine de classes et structures, que cela soit le temps d'une matinée ou sur plusieurs séances. Un vrai plaisir mais beaucoup de travail et d'heures qui m'ont rendu fantomatique sur les réseaux. D'ailleurs, la vie dans les locaux est géniale et l'ambiance incroyable, d'autant plus qu'elle est parfois ponctuée de drôles de surprises.

DSC01021

Début mai, voici que l'on nous apporte un grand carton. Des élagueurs embauchés par l'ONF ont mené une grande campagne d'abattage malgré l'interdiction de taille pendant la période de nidification. Résultat ? Une couvée de mésanges charbonnières (Parus major) se retrouve orpheline et en péril. Pas une minute à perdre pour sauver les oiseaux, direction ma voiture puis le centre relais de l'Hirondelle pour tenter de les sauver.

DSC03064

Un rallye pour les naturalistes de tous bords.

Début juin, c'est le grand événement de l'année pour nous, nous organisons notre premier rallye naturaliste, avec le soutien bien heureux des éditions Biotope et La Salamandre, autant vous dire que nous avions la pression.

DSC03128

Oxalis petite oseille (Oxalis acetosella).

C'est en petit collectif que nous nous élançons sur les routes du nord ouest du Rhône. Nos objectifs ? Recenser le plus d'espèces possible en une matinée afin de dresser un tableau du vivant à l'échelle locale, les communes que nous traversons étant des mailles blanches, c'est à dire des territoires pour lesquels il n'y a pas ou très peu des données. Pour le coup le pari est réussi, car sans avoir vu de grandes raretés, nous avons pu tout de même observer de très nombreuses espèces dont certaines peu communes et contribuer à une meilleure connaissance le faune du département. Cerise sur le gâteau, certains naturalistes se sont pris au jeu et se sont rendus sur place les jours suivant pour mener eux aussi des inventaires.

DSC03057Sur un câble, un mâle de pie grièche écorcheur (Lanius collurio) prend un peu de repos. Cette espèce est connue pour son habitude à épingler ses proies sur les arbres épineux et sur les fils barbelés, d'où son nom évocateur d'écorcheur. Lors de vos ballades, voir un criquet, un petit lézard ou une libellule sera sans doute l'oeuvre de cet oiseau migrateur, et dont le mâle se distingue par son joli masque noir et sa calotte grise.

DSC03038

Un de nos premiers arrêts se trouve être dans un petit village qui ne paye pas de mine. Nous y découvrons une colonie d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui jusqu'à présent n'apparaissait pas sur les inventaires, autant vous dire notre joie. Au compteur 21 nids pour environs 75 hirondelles, une véritable satisfaction.

DSC03033

Les nids sont confectionnés à partir de salive et de boue. Chaque couple le défend avec ferveur des concurrents. C'est là que les petits seront élevés et nourris, à raison d'un passage des parents toutes les 90 secondes en moyenne pour leur apporter les insectes et autres bestioles capturées dans les airs. Les hirondelles sont des espèces grégaires qui vivent en colonie. Ces dernières années elles connaissent un très fort déclin du fait de la diminution des insectes (-75% en 20 ans), mais aussi des modifications de l'habitat. Les maisons aux larges toitures sous lesquelles elles s'intallent laissent peu à peu place à des bâtis sans aspérités où elles ne peuvent nicher.

DSC03105        DSC03117

Dans les champs, au dessus des pâtures, en lisière de forêt ... tout autant d'endroits où nous avons la chance d'aperçevoir des busards Saint Martin (Circus cyaneus), rapaces emblématiques du Rhône, extrêmement menacés. La sécheresse ayant fait littéralement disparaître les populations de campagnols dont il se nourrit, et les suivis bénévoles lui permettant de se maintenir étant de plus en plus maigre, il y a fort à parier que nous ne le verrons bientôt plus par chez nous, faute de nourriture et de milieux où mener à bien sa reproduction.

DSC03177     DSC03168     DSC03171     DSC03173

Nous sommes sur des terres aux sols acides, ce qui me laisse le plaisir de croiser des plantes que je vois peu souvent au sud du département et que j'apprécie particulièrement et pour cause, elles ont la réputation d'être des plantes à sorcière. À gauche en violet on retrouve la digitale pourpre (Digitalis purpurea) appelée parfois gants de fée et à droite en jaune, le genêt à balais (Cytisus scoparius). Toutes deux contiennent des composés hautement toxiques d'où leur mauvaise réputation et leur association à la magie noire.

DSC03184          DSC03202

Chasse aux petites bêtes. Le filet est un outil indispensable pour travailler sur les papillons, libellules et autres arthropodes volants. Cependant il faut le manier avec la plus grande des précautions pour ne pas briser leurs fragiles ailes. Parmi ceux identifiés, on peut citer le petit capricorne (Cerambyx scopolii), un insecte dont les larves sont xylophages et les adultes, amateurs de pollens. D'ailleur on le croise souvent sur les sureaux en fleurs.

DSC03303

Et pour la suite ?

L'aventure n'est pas finie. Fin juin se tiendra l'assemblée de la LPO France. C'est l'occasion pour les différents groupes jeunes de s'y retrouver pour se rencontrer, pour échanger et pour travailler à la mise en place d'une charte et d'un cadre communs. Cela sera aussi pour nous le moment de présenter nos attentes, nos actions, nos travaux et nos réussites de l'année à l'ensemble des adhérants et réprésentants de l'association.

DSC00694

Mi-juillet sonnera le premier bilan pour notre groupe jeune LPO Rhône après les 7 premiers mois de mise en route. Cela sera aussi l'occasion de remettre les nombreux prix concours de notre rallye naturaliste. Bref, un planning encore chargé auquel s'ajoute les très nombreuses sorties de l'été. Avis aux lyonnais, si l'envie vous dit, vous pourrez me retrouver dans les parcs urbains de la métropole en juillet et août pour découvrir la faune locale. Pour tout savoir, rendez-vous ICI. En attendant je vous souhaite un bel été et je vous dis à bientôt. Pour ma part, nous ne chômons pas à la maison, ayant été pendant quelques dizianes de jours les parents de substitutions de deux jeunes pigeons de villes, des pigeons bisets (Columba livia) que vous pouvez retrouver ci-dessous et qui depuis, ont pri leur envol.

DSC03211          DSC03214