dimanche 15 septembre 2019

Sortie en marais 14 : le lac du Ronzey.

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Visite du lac du Ronzey dans lequel l'Yzeron, cours d'eau qui termine sa course dans le Rhône et qui passe juste sous notre fenêtre. S'étendant sur plus de 3 hectares, il n'est pas très ancien, sa création remonte à 1982. Il est avant tout un lac de plaisance pour les habitants du coin mais aussi les citadins quittant la tristesse de la ville. Néanmoins, il est rapidement devenu un refuge pour la faune. Les hauts conifères d'ornements qui le bordent sont même un abri pour les chouettes dont certaines ont laissé ça et là quelques plumes et pelotes de réjection.

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Dans l'herbe verte tendre, là où bien des familles et des amoureux viennent pique-niquer, poussent mille et unes merveilles. Les fleurs du sureau noir (Sambucus nigra) nous apportèrent pour les jours à venir une délicieuse limonade. Une partie des inflorescences séchées rejoindront les tisanes de l'hiver. Retournés en août sur place, nous avons pu des baies faire une délicieuse gelée consommée en tartines ou dilluée dans de l'eau chaude.

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Ce jour là ce ne sont pas les fruits sucrés du sureau qui font notre joie, mais des marasmes des Oréades (Marasmius  oreades) appelés par endroits mousserons bien qu'ils n'en soient pas. La confusion est aisée avec d'autres champignons des prés toxiques voire mortels, mais leur pied élastique, leur odeur et leur chapeau mamelonné ne trompent pas. Pour la petite histoire, les Oréades sont des nymphes de la mythologie grecques associées aux grottes et montagnes, peut être est-ce dans ce dernier élément que le lien entre le champignons et ces divinités peut être fait. Autre belle surprise, deux agarics des jachères (Agaricus arvensis) appelés aussi boules-de-neiges en raison de leur forme complètent notre panier et notre omelette du soir bien qu'un peu véreux.

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Le rubanier d'eau (Sparganium erectum) est une plante semi-aquatique dont les feuillages immergés forment de grands herbiers dans lesquels les poissons, les insectes et les amphibiens viennent pondre et s'habriter. Dans les milieux lacustres et humides faits d'eau douce, le rubanier joue un rôle important en permettant la stabilisation de sédiments, leur dépôt, l'oxygénation de l'eau ou encore, la dépollution de certains éléments chimiques d'origine anthropique. Les inflorescences se nomment capitules. Les capitules mâles sont plus petits et verts, ceux femelles sont de larges pompons, blancs et jaunes à leur extrémité. Les deux sexes se trouve sur un même plant.

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Petit crapelet deviendra grand. Ici il pourrait s'agir d'un bébé crapaud commun (Bufo bufo). Ayant perdu ses attributs de têtard, il quitte l'étang et les mares attenantes à celui-ci pour regagner la forêt. Il y restera pas moins de 3 ans avant de retourner à l'eau pour se reproduire. Celui-ci a été sortie de la route par nos soins. Les amphibiens sont des animaux protégés et très fragiles, ils ne doivent être manipulés qu'en cas de danger et toujours avec es mains humides pour ne pas abîmer leur peau et éviter que celle-ci soit plus sensible à la transmission de germes. Pour nous humains, la manipulation ne présente aucun danger, il faut juste ne pas prendre l'idée de se frotter les yeux ou de se lécher les doigts après l'intervention.

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Petite observation de la cinquantaine de canards colverts (Anas platyrhynchos) qui peuplent le lieu et qui laissent une multitude de plumes sur les berges pour mon plus grand bonheur. Retour à Oullins, là aussi nous avons nos canards colverts, juste sous nos fenêtres, mais aussi les klaxonnes, les pots d'échappement, le goudron et les crises de nerfs. En sommes, c'est un coin à connaître et à investir passé 19h pour plus de tranquillité.

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lundi 5 août 2019

La Savoie à travers champs.

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Un mois au pied des montagnes

Ce n'est pas moi pour le coup qui suis partie, mais mon bien-aimé pour un mois de formation aux techniques de culture et de transformation des petits fruits en wwoofing. Face au Mont Blanc, nous avons pu le temps de deux week-ends découvrir la faune et la flore savoyardes, nous émerveiller des oiseaux et en particulier des rapaces, ramasser quelques belles sauvages et nous initier aux espèces des milieux humides. Bref, de belles découvertes et de nouvelles coches pour les amoureux de la nature que nous sommes.

À notre tableau de chasse le pic mar (Dendrocoptes medius), à la calotte rouge et aux cris nasillards. Pas bien gros (50 à 80 gr), il est que modérément montagnard et se plaît avant tout en plaine et les vieilles forêts de feuillus qui n'exédent pas 700 mètres d'altitude, où il peut nicher dans les troncs de bois tendre ou fragilisés par le temps.

DSC00019Ils sont revenus ! Après un long périple, les milans noirs (Milvus migrans) sont à nouveau en France. Ils ont quitté l'Afrique pour venir nicher chez nous. Ces oiseaux nécrophages se nourrissent la plupart du temps de poissons morts, ceux-ci représentant jusqu'à 70 % de leur régime alimentaire. Il n'est pas rare non plus de les voir suivre les moissonneuses dans les champs, cherchant les débris des micro-mammifères (souris, campagnoles etc.) pris dans les mécanimses de la machinerie. Lors de notre séjour nous avons pu voir deux individus prédater en pleine journée une chauve-souris, fait relativement rare pour être signalé bien que l'espèce soit partiellement prédatrice.

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C'est le temps des amours en ce mois de mars pour la sitelle torchepot (Sitta  europaea). Ça chante et ça s'accouple à tout va. Celle-ci s'évertue à chercher de quoi se contenter dans le creux d'une vieille branche morte d'un érable, la belle étant insectivore pendant le printemps et l'été. Son nom de torchepot est bien trouvé, car l'oiseau a pour particularité, entre autre, de confectionner à l'aide de boue et de salive de quoi rétrécir l'entrée des cavités dans lesquelles il s'installe quand ces dernières sont trop grandes pour lui et sa couvée. C'est aussi le seul volatile de nos contrés à descendre les arbres la tête la première grâce à ses pattes équipées de doigts longs et puissants.

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Outre des oiseaux, on croise aussi des castors d'Europe (Castor fiber). La proximité du Rhône n'y est pas pour rien. Ici il s'est installé dans un lac proche de l'exploitation et relié au fleuve par un petit court d'eau qui n'est que rarement à sec, permettant de nombreuses connections entre ces différents milieux humides.

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En campagne, il n'y a pas un jour sans surprise. S'il on est habitué à croiser des poules et des canards en liberté, on l'est beaucoup moins pour les cochons et pour cause, ceux-ci se sont échappés d'un élevage tout proche et batifolent gaîment dans un beau champ de bel qui, semble-t-il, sera peu productif cette année vu le labourage subi. Il faudra un après-midi complet pour que tout le monde retourne dans son chez soi.

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Pas de moineaux cisalpins ou friquets mais de bons vieux moineaux domestiques (Passer domesticus) dans la coure de la ferme. Nous en sommes pas pour autant déçus, l'espèce étant fascinante. Perçu comme commun, le moineau disparaît de nos villes et de nos campagnes à une vitesse hallucinante. Pour le moment, nulle réponse semble se dessiner sur ce déclin. La diminution drastique des insectes semblent être une piste plausible.

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Quelles sont belles ! Un couple de chevêches d'Athéna (Athene noctua Scopoli) s'est installé dans le gros creux d'un vieille arbre, juste en face de l'une des fenêtres de la maison. Quel bonheur de les observer mais aussi quelle surprise, d'autant plus quand on sait qu'une chouette hulotte (Strix aluco) occupe le grenier de la grange. L'ayant vue la toute première, nous pensions ne pas voir d'autre rapaces, ceux-ci ayant du mal à s'entendre en règle général.

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Force est de constater que nous nous trompions, Dans le trou, un adulte montre le haut de sa tête tandis que l'autre monte la garde. Au moindre passage d'un vélo ou d'une voiture en contrebas, tout le monde saute dans le nid. Je dois vous faire une confidence, la chevêche d'Athéna est l'un de mes oiseaux préférés, au point de figurer sur ma carte de visite. Ce n'est pas à cause de son nom et de sa symbolique, celle-ci étant la compagne et messagère de la déesse de la guerre et de la sagesse, Athéna, mais pour ses magnifiques yeux dorés et sa drôle d'allure.

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Pesticides, disparitions des vieux arbres et des haies, ce sont là quelques uns des éléments expliquant son déclin. Aujourd'hui la petite chouette connaît un peu de répit avec des populations stables qui semble-t-il, commencent à nouveau à décroître depuis 2-3 ans. Pourtant elle n'est pas sans charme, en plus d'être une bonne chasseresse. Son régime alimentaire se compose essentiellement d'insecte mais elle n'est pas contre le fait de becter une ou deux lézards et ne rechigne pas à planter mettre à son menu des mésanges ou des rainettes arboricoles.

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Départ pour le lac du Bourget, qui n'est pas très loin. C'est l'occasion de filer dans la réserve naturelle qui se trouve au sud de l'étendue. Là bas, une grande diversité d'oiseaux s'offre à nous. Les nettes rousses (Netta rufina), se plaisent à barboter en eau plus ou moins profonde profonde en bordure de roselière pour chercher leur nourriture. Elles peuvent plonger jusqu'à 4 mètres pendant une courte durée, ce qui les classent dans la famille des canards plongeurs. La femelle se différencie du mâle par ses couleurs ternes et discrètes qui la protège des prédateurs pendant la couvaison. Son partenaire pour sa part affiche une tête flamboyante.

La nidification se fait au sol, dans un nid parfois fait de boues et de végétaux, parfois volé à une autre espèce de canard, qu'il soit colvert ou un fuligule. Les oeufs mettent un peu moins d'un mois à éclore. Les petits nidifuges quittent directement le nid et mettrons 80 et 100 jours pour être complètement autonomes.

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C'est un oiseau migrateur dont le gros de la population européenne se retrouve en Espagne à l'arrivé des grands froids de l'hiver où 200 000 nettes rousses peuvent se réunnir d'un seul bloc. Cependant on peut en rencontrer un bon nombre sur les grandes étendues d'eau dont Miribel Jonage dans le Rhône. En France, des nidifications sont observées dans la Dombes et en Camargues ou des hivernages sont aussi observés.

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La grande aigrette (Ardea alba) est un magnifique oiseau. C'est le plus grand de nos hérons métropolitains et se reconnaît à son plumage blanc et son long bec jeune. Présente sur l'intégralité du globe hormis le Groéland, elle affectionne une grande variabilité de milieux comme les bords de mer, les rives de fleuves et les grands lacs où elle se nourrie de poissons, d'amphibiens, de crustacés et d'autres arthropodes aquatiques. 

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Dans les herbiers inondés, deux espèces de sarcelles se tiennent compagnie, permettant une comparaison fort intéressante entre elles, d'autant plus qu'il s'agit ici de canards aux comportements particuliers. Au centre, une sarcelle d'été mâle (Spatula querquedula) reconnaissable à son grand sourcil blanc. C'est un oiseau migrateur, le seul parmi les canards européens, qui revient d'Afrique Saharienne dès février pour nicher au mois de mai même s'il favorise que très peu les milieux humides d'Europe occidentale. De part et d'autre de celui-ci, deux mâles de sarcelles d'hiver (Anas crecca) à la tête verte et rousse. Il s'agit du plus petit anatidé d'eau douce de nos contrées dont la nidification intervient entre avril et juin. Sarcelles d'été et d'hiver partagent le même régime alimentaire, au menu on compte des algues et des petits organismes tels des insectes et de crustacés, toujours en eau peu profonde ce qui en fait des canards de surface.

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Retour sur l'exploitation agricole. Une mer de nuages nous assaille sur le chemin. C'est le bon moment pour se rendre au lac en contrebas, dans une ambiance tamisée de fin de journée pluvieuse. Outre le castor d'Europe comme résident à l'année, de nombreuses espèces végétales peuvent y demeurent.

DSC09833Les pulmonaires (Pulmonaria sp.) sont bien difficiles à identifier et parfois, il faut attendre les feuillages d'été pour les nommer correctement. Elles appartiennent à la famille des Boraginacées, celle des primevères et des consoudes.

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Le nom de pulmonaire est hérité de la théorie des signatures, voulant qu'une plante, une roche ou un animal soignent un organe ou une maladie leur étant similaire. Ici les tâches blanches des feuilles font écho à celles présentes dans les poumons dans les cas de peste ou de pneumonie. Il n'en fallait pas plus pour faire le lien entre maladies thoraciques et les pulmonaires, l'une d'elle portant même le nom de pulmonaire officinale (Pulmonaria officinalis). Dans les faits, bien qu'expétorante et adoucissante, elle n'a jamais pu guérir des maux portés par des maladies terribles comme celles cités plus haut. Une autre légende chrétienne veut que les tâches blanches du feuillage soient le fruit de gouttes de laits tombée du sein de la Vierge Marie l'allaitant son fils. De quoi allimenter le mythe.

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Comme de nombreuses plantes de cette famille, les fleurs ont la particularité de changer de couleurs après fécondation. D'abords rouge-rosé, les pétales tirent peu à peu vers le violine. C'est un moyen pour la pulmonaire d'indiquer qu'elle a était fécondée et qu'il n'est plus nécessaire de la visiter, celle-ci étant vide de nectar. En somme une co-évolution permettant aux deux partis de ne se rencontrer que quand cela leur est utile.

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L'ail des ours (Allium ursinum) est à la mode, et nombreux sont ceux à courir les bois pour en faire la cueillette. Nous nous n'y échappons pas. C'est une plante de sous-bois frais et des bords de ruisseaux, sur les sols de nature basique (souvent calcaire), humides et riches en nutriments, le plus souvent ombragés. Ce jour là la récolte est bonne, nous avons de quoi en faire des confis, des pestos, des vinaigres et des feuilles séchées.

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Prudence toute fois, de nombreuses plantes jeunes et arrivées à maturité peuvent se confondre aisément avec l'ail des ours. Jeunes plants d'arums, muguets ... on ne compte plus les cas d'empoisonnements plus ou moins graves, certains se terminant parfois mal. Autant être sûr de ce que l'on fait et de ce que l'on met dans son panier.

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D'autant plus que parmi les feuilles d'ail des ours, pousse des centaines de scilles à deux feuilles (Scilla bifolia) et que toutes deux partagent le même milieu. Frêle, l'étoile bleue comme on la nomme, appartient à la famille des asperges d'après les dernières études phylogénétiques. Pour autant on ne serait la mettre à sa table, celle-ci n'étant pas comestible.

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C'est une espèce qui n'est pas si courante en forêt, protégée dans plusieurs régions et département comme en Aquitaine, autant favoriser les prises photos plutôt que les bouquets, les fleurs ne vivant qu'un jour ou deux en vase. Cela serait aussi priver de nombreux insectes de son nectar mais aussi de sa délicieuse odeur de propolis et de miel, sans oublier les fourmis qui, avec d'autres insectes, en transporte les graines. Elle est également typique de certains milieux, en particulier des chênaies de chênes pédonculés et les chênaies-charmaies au sol de nature calcaire.

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Sur les premiers chatons de saule, un paon du jour (Aglzis io) prend le soleil. Ici c'est un adulte qui a passé l'hiver sur sa forme de papillon (imago) et qui prend ses forces avant de partir en parade pour permettre à la prochaine génération de voir le jour. Chez ces papillons, deux à trois générations peuvent voir le jour, une seule s'ils se trouvent en montagne, les conditions étant bien moins clémentes avec un ensoleillement plus court. Tout cela n'est pas favorable à la principale source de nourriture de sa chenille, les orties qui bien que résistantes, ne se développent pas ou peu sous le manteau neigeux et dans le froid.

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La bonne vieille ortie dioïque ou grande ortie (Urtica dioica), celle que l'on aime dans les soupes et les gratins, un peu moins dans les jardins et les bords de chemin bien qu'elle soit essentielle à la vie de bien d'animaux. Outres les très nombreuses espèces de chenilles dont elle est l'hôte, elle abrite aussi des coléoptères, des punaises ou encore des pucerons. Toute cette faune se nourrie de ses feuilles et tiges riches en protéines. C'est une plante à tout faire, on en tire de quoi faire des cordes, du tissus, de purin, de fertilisant et de s'en nourrir. Dans ce dernier cas on favorisera les jeunes pousses et les feuilles d'avant floraison, la plante étant riche en cystolithes quand elle est en fleurs, composants pouvant entraîner des problèmes urinaires. On prendra aussi garde en cas de traitement médical, certaines prises de médicaments étant incompatibles avec sa consommation.

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De jeunes tramètes (Trametes sp.) se développent sur les restes d'un arbre mort. Il pourrait s'agir de tramètes versicolores (Trametes versicolor), un champignon de la famille des polypores qui est est plus que commune et se trouve un peu partout dans les forêts comportant des feuillus.

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Pour le reconnaître, on prendra le soin de regarder sa marge noir et la variation de couleurs qu'il présente, dessinant dans le temps de jolies bandes colorées allant du marron au bleu-grisé en passant par le roux, le jaune et le vert. Cependant pour une identification sûr, l'observation de la sporée reste la meilleure chose à faire. Ce champignon appartient aussi à la famille des pourritures blanches, élément incontournable pour l'assimillation par la forêt de la matière organique morte si essentielle aux végétaux qui l'a compose. Des champignons, nous n'en verrons pas d'autres hélas, moi qui comptait tant en ajouter de nouveaux à mon tableau de chasse, avec un vague espoir de croiser ça et là quelques morilles printanières cachées dans l'ai ldes ours.

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Soudain, deux silhouettes sombres fendent le ciel avec pour fond les montagnes enneigées. Il s'agit de hérons cendrés (Ardea cinerea) se dirigeant vers la héronnière. Rassemblés là, une dizaine d'individus s'affairent à fabriquer ou réparer leur nid à l'aide de branchages collectés dans la ripisylve toute proche. La saison des amours est là, les couples parades et se forme et bientôt 3 à 5 oeufs bleu-vert viendront se nicher entre les brindilles.

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Un petit carnet, outil indispensable pour noter toutes nos observations. Depuis nous sommes passés à la versio numérique grâce à l'application Naturalist, version pour téléphone du site Faune-Rhône au combien précieux pour les naturalistes et les ornithologues passionnés.

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Nous quittons à regret les paysages de montagne pour retourner aux plaines du Rhône, non sans faire le plein de produits locaux : miel de forêt, confitures de casseilles, de cassis et de groseilles, vinaigre d'ail des ours, crème de cassis, vin de noix ... les ventres, les yeux et les esprits partent remplis. Un dernier regard vers le lac, la roselière et les bosquets de noisetiers abritant quelques troglodytes mignons, rouges gorges et mésanges charbonnières. Les semaines à venir s'annoncent fort chargées, et ces quelques jours d'escapade en Savoie sont une bouffée d'air frais dans le tumulte qu'est notre quotidien d'urbain.

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dimanche 23 juin 2019

Mes 8 premiers mois à la LPO dt Rhône.

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Catastrophe ! Voilà plus d'un mois que je n'ai plus publié ici et j'ai littérallement 6 mois de retard dans mes articles, autant vous dire que ça va chauffer dur sur le clavier ! Pas de panique, voici un retour en image sur mes 8 premiers mois à la LPO délégation territoriale du Rhône comme bénévole, membre du groupe jeunes LPO Rhône et comme animatrice nature salariée histoire de vous partager quelques brides de mon quotidien. La saison d'animation bat son plein et prendra fin d'ici une semaine ou deux, de quoi souffler pendant la rédaction des bilans et des premiers dossiers pour clôturer la saison 2018-2019. C'est un exercice dans lequel je me plaîs, même si le terrain reste ma passion première. Le printemps comme l'hiver m'ont donné énormément de choses à voir et à expliquer aux groupes que j'accompagne, et j'espère de tout coeur que ceux-ci en garderons une trace et qui sait, un peu plus histoire de faire naître quelques passions.

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Comptages Wetland's : suivre une population

Tout comme l'an dernier, nous nous sommes joints en janvier au Wetland's, un inventaire international des oiseaux d'eau visant à suivre année après année leur population et à en établir la santé. Sans surprise les effectifs chutent dramatiquement. Cependant il faut tenir compte pour 2019 des températures très douces qui ont poussé certaines espèces à rester dans le nord de l'Europe.

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Compatages des laridées et des grands cormorans.

Pour cette nouvelle édition, nous sommes présents dans le cadre du groupe jeunes LPO Rhône que nous avons lancé avec un compère. L'objectif est de fédérer les jeunes du territoire autour de nombreuses sorties et actions à thèmes. Pendant la journée nous avons pu bénéficier du regard et de l'expérience de nombreux bénévoles, découvrir de nouveaux oiseaux mais aussi, apprendre à compter des centaines de volatiles et croyez moi, l'exercice n'est pas simple. Pour se faire nous voilà partis à Miribel Jonage, une zone humide de grands lacs situés au nord de Lyon et formés par la carrière en activité qui y extrait des sédiments. C'est un endroit rêvé pour les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) quoi que, la plumée laissée par celle-ci indique clairement qu'un épervier d'Europe  (Accipiter nisus) a mit fin aux festivités.

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La liste des canards et des oiseaux affiliés à l'eau est longue, on compte les classiques de l'hiver comme le fuligule milouin (Aythya ferina) à la belle tête rouge, le héron cendré (Ardea cinerea) et le fuligule morillon (Aythya fuligula) que j'adore mais aussi, quelques raretés que nous avons pu apprécier comme le garrot à oeil d'or (Bucephala clangula), la tadorne de Bellon (Tadorna tadorna) et le harle bièvre (Mergus merganser). Pour plus d'informations et la liste des espèces observées ça se passe par ICI.

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Le journée s'achève par le comptage au dortoir des laridés (mouettes et goélands) à Grand Large, avec en prime l'observation des traces et indices du castor d'Europe (Castor fiber), celui-ci ayant élu domicile à Miribel depuis quelques années. Bilan ? une super expérience et le sentiment que d'année en année je commence doucement à mieux voir et entendre les animaux qui m'entourent même s'il me reste beaucoup à apprendre.

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Suivi des Grands Ducs d'Europe

Toujours en janvier, nous voilà sur les pas du grand duc d'Europe (Bubo bubo), le plus grand des hiboux de France avec une envergure de 1,88 mètres maximum. Quasi-disparu, il revient peu à peu et on compte dans les vallons qui se forment le long du Rhône quelques rares couples.

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Soirée de pleine lune pour apercevoir le hibou si attendu.

La période des amours battent leur plein, c'est le moment de partir à l'écoute de son chant. Pour l'occasion nous sommes pas loin de 70, réunis en plusieurs équipes et pour cause, le Rhône, l'Ardèche, l'Isère, l'Ain et la Drôme sont prospectés. Malchanceux que nous sommes, nous sommes parmi les seuls à ni voir, ni entendre le grand duc. Le vent, les aboiements de chiens et le bruit des camions au loin nous ont souvent piégé sans que le "hou" si attendu ne se fasse entendre. Pour autant la soirée n'est pas morose. Pendant la tombée de la nuit nous sommes gratifiés du passage des bécassines de bois (Gallinago nemoricola), du remue-ménage des sangliers (Sus scrofa) ou encore, du cri de la chouette hulotte (Strix aluco). De quoi passer un bon moment pour contempler l'obscurité.

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La saison s'annonce triste pour nos oiseaux. L'an dernier la plupart des couples n'ont pas réussi à mener à terme leur nichée, faute de proies mais aussi de milieux où s'installer, les vignes grignotant le peu de zone forestière restant sur les coteaux malgré les interdictions de défrichement. L'hectar approchant le million d'euro et les vins locaux se vendant bien, notre grand duc ne fait, hélas, pas le poids face aux logiques économiques du territoire.

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Inventaire des oiseaux des jardins

Fin janvier, c'est l'inventaire des oiseaux des jardins. Manque de bol, nous n'avons qu'un rebord de fenêtre pour nous exercer, du coup direction le parc de la Tête d'Or pour inventorier les divers piafs qui s'y trouvent.

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Gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus) peu farouche.

La poule d'eau (Gallinula chloropus) n'appartient pas aux poules et autres coqs contrairement à ce qu'indique son nom. On la différencie du foulque macroule (Fulica atra) de par son bec rouge à la pointe jaune et de par ses pattes jaunes aux longs doigts dépourvus de palmures. C'est un oiseau des zones humides qui se croise même en ville et qui niche dans les plantes aquatiques, formant un nid composé de végétaux déliquescents. Le mâle et la femelle restent fidèles jusqu'à la mort d'un des deux partenaires. En milieu urbain et péri-urbain, elle se laisse facilement approcher, ce qui est rarement le cas en campagne.

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Sur le lac, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) attendent leur repas. Cela ne va pas sans entraîner quelques conflits. Les poissons sont abondants, les passants distribuant du pain aussi. Pour rappel, le pain est un poison pour les oiseaux, ceux-ci ne le digère pas et entraîne des malformations des ailes, des plumes et des organes et peu même mener à la mort de l'animal.

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Le pigeon colombin (Columba oenas) est un pigeon relativement rare dans le Rhône que l'on peut parfois observer en ville. Il se reconnaît à son oeil noir, ses teintes bleutées et sa taille car il est le plus petit de tous les pigeons d'Europe. Il aime nicher dans les cavités, qu'il s'agisse de celles des arbres ou des falaises. On le rencontre le plus souvent dans les bois non exploités, parfois les grands parcs, les carrières et les façades rocheuses. Hors période de reproduction, il peut se mêler à d'autres espèces, comme le pigeon ramier ou les choucas des tours comme nous avions pu l'observer en mai 2018 au plateau  de Larina.

2019 ne fait que débuter mais de nombreuses espèces sont sur le point de débuter leur reproduction. Exploration de cavités, changement de plumages, premiers chants, arrivée de certains migrateurs, offrande aux femelles ... il n'y a que les vagues de froids, l'absence de feuilles et le gel du matin qui nous font nous sentir en hiver.

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Les arbres de l'île du Souvenir sont pris d'assaut par le givre. Immobiles, les pattes et le bout du bec gelés, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) cèdent un à un la place aux hérons. Ici ils sont rois et pour cause, plusieurs couples nichent au même endroit. L'ensemble est alors appelé héronière et peut parfois comporter plusieurs espèces de ces échassiers. Ici on en rencontre une seule, l'éternel héron cendré (Ardea cinerea), magnifique oiseau parfois accusé à tort de vider les rivières et les étangs de leurs poissons.

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Belle surprise, sur l'eau un mâle de nette rousse (Netta rufina), un canard aux allures de punk. La femelle, plus discrète, aborde un plumage grisé ainsi qu'un sourcil blanc au dessus de l'oeil. D'ordinaire, la nette se montre timide et s'envole au moindre bruit suspect. On peut de ce fait s'étonner de voir un individu tel que celui-ci se laisser approcher sans manifester le moindre signe d'alarme, allant même jusqu'à courser d'autres canards autour de lui pour s'approprier l'espace. Herbivore, il lui arrive d'ajouter à son menu d'algues et de plantes aquatiques des petits insectes, quelques mollusques voire, des têtards.

Le soleil se couche, direction la Maison de l'Economie Circulaire pour une petite conférence sur les logiciels libres, la programation et les réseaux partagés. Le rendez-vous ayant lieu à l'entré du parc des Chartreux, c'est de nouveau l'occasion de suivre les oiseaux de la métropole pour cette journée de science participative.

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Il est venu au rendez-vous. Le faucon crecerelle  (Falco tinnunculus), si recherché dans Lyon et ses alentours, nous a gratifié de son passage et s'est même posé non loin de nous, sur un balcon où il domine la Saône et la ville. Si vous êtes tentés de le suivre dans sa nidification urbaine, je vous invite à rejoindre Faune-Rhône.

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Engagement, on est plus chaud que le climat !

En février, on se mobilise. Le groupe jeunes LPO Rhône accompagné des étudiants d'ATIB Lyon est sur le terrain et surtout, sous la pluie. Qu'importe, nous sommes motivés, dynamiques et l'instant est convivial. L'objectif de la journée ? Encercler le quartier en créant une immense chaîne humaine. C'est un pari réussi et pas moins de 5000 manifestants ont pu se tendre la main le temps d'un après-midi. Entre slogans et pancartes, nous avons même pu nous octroyer un peu de répit pour observer les hérons et les cormorans nous passant au-dessus de la tête pour rallier la Saône et le Rhône. Ajoutons à cela un rapide discours et un concert aux paroles engagés pile-poil quand le soleil pointe le bout de son nez sur la place Bellecour pour que le tableau soit complet. Bref, une très belle expérience.

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Parmi les participants, des jeunes et des moins jeunes, de véritables hippy, des biens rangés, des bobos, des cathos ... bref tous ceux que l'on se plaît à placer dans une case pour ne plus les en sortir. Ici, les clichés ont la vit dur et quand on voit la multitude de personnalités présentes ce samedi après-midi, on est en droit de se dire ou du moins, d'espérer que les questions sur le climat et la biodiversité animent toutes les strates de la société.

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Contrairement au climat et aux mentalités, certaines choses ne bougent pas, le bâti local et centenaire étant là pour nous le rappeler. Sur cette place d'où nous admirons la cathédrale de Fourvière, bien des luttes et des guerres ont été menées, le Cheval de Bronze représentant Louis XIV n'y échappant pas. Détruite suite à la révolution, cette statue qui surplombe les manifestants sera reproduite en 1825. Preuve que nous sommes capables de détruire comme de reconstruire ce qui nous entour. Ce jour là, nous nous y tenons non pas pour réclamer des têtes mais un avenir pour notre planète.

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Prospection du groupe jeunes LPO Rhône : champignons et chouettes.

Voici une des toutes premières sorties du groupe jeunes. En ce mois de mars, nous voilà partis au Nord Ouest de Lyon à la recherche des champignons de printemps pour l'après-midi. J'avais promis des morilles, nous rentrons avec quatre espèces non comestibles, la sécheresse sévissant terriblement : jusqu'à - 30 % de pluies et de réserves en eaux dans certaines localités du Rhône. En somme, pas de quoi inciter la fonge à sortir le bout de son chapeau. Nous nous contenterons pour la peine de ces jolis schizophylles communs (Schizophyllum commune) qui semblent avoir séchés avant d'avoir pu terminer leur développement. Leurs spores roses leur donnent une couleur assez sympathique et relativement amusante à observer au microscope quand on s'essaye à la mycologie. Néanmoins on prendra garde à ne pas pencher au-dessus, ceux-ci pouvant entraîner des pathologies au niveau du nez et des yeux. Ce schizophylle est fascinant. Présent sur tous les continents, il se développe sur le bois mort dont il se nourrie. Les insectes en particulier les fourmis sont attirés par les carpophores (partie visible). On peut en tirer de nombreux composants, qui entrent dans la fabrication de l'éthanol mais aussi d'antibiotiques.

Faute de champignons, nous nous rabattons sur la végétation des alentours. Les hellébores fétides (Helleborus foetidus) sont les premières à sortir. On les reconnaît au bandeau rouge sang qui borde leurs fleurs ainsi que leurs feuilles vert clair et vert foncé très découpées et qui leur a valu leur surnom de patte d'ours.

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Arrêt sur les bryophites, c'est à dire les mousses, qui se développent sur les pierres dorées qui composent les murets pour retenir les carrés de terre sur lesquels sont cultivées les vignes. C'est un des milieux de prédilection des lézards des murailles (Podarcis muralis) qui sortent tout juste de léthargie. Les couleuvres aiment également si loger pour profiter de la douce chaleur qu'elles diffusent mais aussi des nombreuses proies qui s'y réfugient.

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Pinson des arbres (Fringilla coelebs) prédaté, sans doute par un rapace, la base des plumes étant intacte, signe le plus souvent que c'est un bec et non des dents qui a déplumé l'animal. C'est un des nombreux indices de présence que l'on peut utiliser en tant que naturaliste pour déterminer si on se trouve sur un territoire de chasse d'un animal en particulier. En tout cas cette plumée nous aura bien donnée du fil à retordre pour l'identification.

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Changement d'ambiance, le soir il n'est plus question de champignons et de fleurs mais de chouettes et pas de n'importe laquelle ! La chouette effraie (Tyto alba) est la star de la journée et pour cause, nous voilà embarqués par le référant LPO de ce bel oiseau de nuit blanc pour une séance de repasse. La repasse consiste à passer à des points précis le chant d'un mâle pour susciter la réaction des individus présents et ainsi établir la présence ou non de l'espèce. Pour notre effraie, la repasse se fait à la tombée de la nuit, sur une dizaine de points distants de 2 km et plus.

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Nous sommes quatre équipes, armés de nos enceintes et de nos portables. Pour notre part, nous sommes parmi les plus chanceux. Notre gourpe, sur la dizaine de points attribués, parvient à contacter deux effraies fort éloignées, une chouette hulotte (Strix aluco), six ou sept couples de chevêche d'Athéna (Athene noctua Scopoli), un ragondin (Myocastor coypus) et un lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus). Pas mal pour deux heures de parcours.

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Le groupe jeunes à Miribel Jonage

Découverte de la faune et la flore des grands lacs. Nous sommes une petite dizaine partant à l'exploration de ce territoire que je commence à bien connaître. Nous sommes alors début mars. Guides en poche, jumelles autour du cou et filets à libellules en main, nous voilà équipés pour nous essayer au naturalisme. Le temps est gris et par moment, des gouttes de pluie viennent s'écraser sur nos visages. Qu'à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous faire rebrousser chemin. Au programme : traces du castor d'Europe (Castor fiber), vol de cigogne blanche (Ciconia ciconia) et oiseaux rares mais aussi vipérines communes (Echium vulgare), hellobores fétides (Helloborus foetidus) et aulnes glutineux (Alnus glutinosa) pour ajouter un peu de végétal au paysage.

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Pêche à l'épuisette dans les herbiers. La loupe binoculaire est de mise pour observer chacun des critères permettant l'identification de cette larve de demoiselle, créature s'affiliant aux libellules. Pour nous venir en aide, certains membres du Sympetrum, association de l'Ain orientée sur ces insectes, nous prêtent main forte car leur identification n'est pas toujours aisée, le plus simple étant de pouvoir manipuler leur exuvie (enveloppe externe).

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La crainte lors des prélèvements : déranger les espèces s'habritants dans la phragmitaie, un habitat composé de phragmites australes (Phragmites australis), des roseaux aux grands plumeaux qui parlent à tout à chacun lorsqu'il s'agit de se promener dans un milieu humide.

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Ce ne serait être tout, outre le fait de faire fuir les bestioles qui nous pouvons percevoir, partir à la pêche aux larves peut abîmer le fond de vase où une multitude d'arthropodes vivent et se nourrissent. De ce fait, un inventaire doit être mené avec précision et dans le cas où celui-ci est nécessaire, soit dans un cadre de formation, soit dans un cadre de recherche d'informations et de connaissance d'un site.

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Première tortue de l'année observée, une tortue de Floride (Trachemys scripta elegans) entourée de deux goélands leucophés (Larus michahellis). C'est une espèce exogène envahissante, une EEE ou encore espèce "invasive", c'est à dire provenant d'une autre contrée et pouvant présenter une menace pour la santé humaine, l'économie et la biodiversité. Ici la menace réside avant tout dans le fait que cette tortue occupe les milieux de vie de nos tortues indigènes, les privant de site de ponte, d'hivernage ou de nourrissage.

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Arrivée au lac des pêcheurs, c'est une véritable récompense ! Un nombre incroyable d'espèces nous y attendent et parmi les plus remarquables, on peut citer la trentaine de chevaliers. Cette assemblée se compose de chevaliers cul-blanc (Tringa ochropus), de chevaliers gambettes (Tringa totanus) et de chevaliers guignettes (Actitis hypoleucos). Au milieu de tout cela, deux petits gravelots (Charadrius dubius) et un vanneau huppé (Vanellus vanellus) se promènent discrètement à la recherche de nourriture dans la vase et parmi les galets.

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Parmi les reptiles, les lézards montrent le bout de leur museau pour profiter des premiers rayons du soleil. Le petit brun à gauche, c'est le classique lézard des murailles (Podarcis muralis), grand chasseur d'insectes et d'araignées. Le gros vert à droite, c'est un lézard à deux raies (Lacerta bilineata), autrefois nommé lézard vert mais dont la génétique a mit en lumière le fait que le lézard vert et celui à deux raies sont deux espèces distinctes.

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Bilan de la journée : un sacré inventaire à la clé, des pistes pour identifier certaines espèces mais également pour poser les yeux où il faut et tendre les oreilles quand il faut. Un bon moment de convivialité aussi, autour d'un repas partagé ou derrière une longue vue entre jeunes d'un même territoire.

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Une mare pour les sonneurs à ventre jaune.

Avril, pour la peine on se découvre plus que d'un fil. Ce jour là, encore de le pluie, mais juste 3 gouttes qui viennent nous rafraîchir et pour cause, l'effort n'est pas vain. Au programme ? Création de deux mares pour les sonneurs à ventre jaunes (Bombina variegata), des petits crapauds rares et protégés qui portent bien leur nom. Pelles, pioches et brouettes en main, nous voilà lancés dans le chantier.

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Première étape : creuser la pelouse, retirer les mottes de terre, vérifier s'il n'y a pas une racine ou deux qui traînent histoire de ne pas percer la bâche de maintien. Pour ma part, je suis avec les petits loups présents à découvrir les bestioles qui grouillent dans le sol. Vers de terre, insectes et autres limaces font le bonheur des enfants qui n'hésitent pas à mettre les doigts dans la terre et à attraper tout ce qui bouge. C'est l'occasion de faire de la sensibilisation au vivant, à la manipulation des petites bêtes, à leurs besoins et aux différentes manières de les observer.

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Les mares sont creusées, c'est le moment de poser la première couche de géotextile afin de protéger les couches qui retiendront l'eau et permettront aux amphibiens de se développer. À savoir, une mare n'est pas toujours en eau et peut se retrouver longuement à sec. Cela est salvateur pour les espèces comme les grenouilles dont les têtards finissent par sortir de l'eau ce qui n'est pas le cas pour certains de leurs prédateurs qui n'y survivent pas, rendant ainsi le lieu plus sûr pour les grenouillettes et leurs consoeurs.

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Vient ensuite la bâche puis de nouveau le géotextile. Reste alors à couvrir le tout de terre pour que l'ensemble s'intègre au paysage, quitte à frotter le textile avec des mottes de terre. Des branches et des blocs de pierres viennent couvrir le fond, là où les crapauds pourront se dissimuler aux yeux de leurs prédateurs comme le héron cendré (Ardea cinerea). Dernière étape, attendre la tombée de la pluie pour que celle-ci vienne remplir les mares. 

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Fin de chantier et belle surprise, outre le fait de nous faire survoler par un couple d'éperviers d'Europe (Accipiter nisus), nous tombons nez à nez dans les flaques nous entourant avec des tritons palmés (Lissotriton helveticus) mais aussi une grenouille agile (Rana dalmatina) et des pontes de la même espèce.

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Depuis les mares creusées se sont remplies par l'intervention rapide des pluies. Les inventaires à venir nous indiquerons peut être si les sonneurs à ventre jaune se seront installés même si cela semble un peu tôt. Il faudra désormais attendre les mois d'octobre et de novembre pour creuser à nouveau, l'été n'étant pas vraiment propice  à la création de mares et de points d'eau destinés à la faune et à la flore.

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Prospection de printemps.

Mi-avril deux prospections nocturnes animent le territoire. Nous voilà partis dans la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus), et des sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata). Le travail n'est pas des moindre.

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L'objectif : chercher si ces espèces sont présentes et si oui, comment mener à bien les missions liées à leur protection sur ce territoire d'élevage car la cohabitation n'est pas toujours aisée entre nature et monde agricole, ne serait-ce que par les enjeux liés à l'eau. Ces deux espèces sont celles d'animaux aux comportements majoritairement nocturnes. Ils s'observent plutôt aux abords des mares à cette saison où la reproduction bat son plein. Nous avons de la chance, le fond de l'air est doux et outre nos lampes frontales, la lune nous offre une superbe lumière pour percevoir ce qui se trame à la surface de l'eau et dans l'herbe.

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Dans les prairies humides, les courtilières (Gryllotalpa gryllotalpa) chantent à tue-tête. Ces gros insectes nous ont causé bien du tort par leur chant similaire à ceux de certains amphibiens nous faisant croire à la présence des crapauds calamites (Epidalea calamita), une espèce, hélas, disparue dans le coin.

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Peu de tritons seront vus ces soirs là, principalement des palmés, quelques alpestres et pour un groupe de chanceux, deux tritons marbrés. Nous remarquons que ce sont avant tout les grenouilles vertes qui peuplent la zone. Les mares sont drastiquement basses, à un point effrayant. Leur état laisse présager qu'il n'y aura sans doute pas ou peu de têtards et de larves parvenant à se maintenir et à atteindre l'âge adulte.

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C'est un triste constat qui poncute les sorties d'avril.

Et la vie au boulot ?

Et bien pour les mois de mars, avril et mai, c'est intense ! J'ai pu découvrir pas moins d'une quarantaine de classes et structures, que cela soit le temps d'une matinée ou sur plusieurs séances. Un vrai plaisir mais beaucoup de travail et d'heures qui m'ont rendu fantomatique sur les réseaux. D'ailleurs, la vie dans les locaux est géniale et l'ambiance incroyable, d'autant plus qu'elle est parfois ponctuée de drôles de surprises.

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Début mai, voici que l'on nous apporte un grand carton. Des élagueurs embauchés par l'ONF ont mené une grande campagne d'abattage malgré l'interdiction de taille pendant la période de nidification. Résultat ? Une couvée de mésanges charbonnières (Parus major) se retrouve orpheline et en péril. Pas une minute à perdre pour sauver les oiseaux, direction ma voiture puis le centre relais de l'Hirondelle pour tenter de les sauver.

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Un rallye pour les naturalistes de tous bords.

Début juin, c'est le grand événement de l'année pour nous, nous organisons notre premier rallye naturaliste, avec le soutien bien heureux des éditions Biotope et La Salamandre, autant vous dire que nous avions la pression.

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Oxalis petite oseille (Oxalis acetosella).

C'est en petit collectif que nous nous élançons sur les routes du nord ouest du Rhône. Nos objectifs ? Recenser le plus d'espèces possible en une matinée afin de dresser un tableau du vivant à l'échelle locale, les communes que nous traversons étant des mailles blanches, c'est à dire des territoires pour lesquels il n'y a pas ou très peu des données. Pour le coup le pari est réussi, car sans avoir vu de grandes raretés, nous avons pu tout de même observer de très nombreuses espèces dont certaines peu communes et contribuer à une meilleure connaissance le faune du département. Cerise sur le gâteau, certains naturalistes se sont pris au jeu et se sont rendus sur place les jours suivant pour mener eux aussi des inventaires.

DSC03057Sur un câble, un mâle de pie grièche écorcheur (Lanius collurio) prend un peu de repos. Cette espèce est connue pour son habitude à épingler ses proies sur les arbres épineux et sur les fils barbelés, d'où son nom évocateur d'écorcheur. Lors de vos ballades, voir un criquet, un petit lézard ou une libellule sera sans doute l'oeuvre de cet oiseau migrateur, et dont le mâle se distingue par son joli masque noir et sa calotte grise.

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Un de nos premiers arrêts se trouve être dans un petit village qui ne paye pas de mine. Nous y découvrons une colonie d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui jusqu'à présent n'apparaissait pas sur les inventaires, autant vous dire notre joie. Au compteur 21 nids pour environs 75 hirondelles, une véritable satisfaction.

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Les nids sont confectionnés à partir de salive et de boue. Chaque couple le défend avec ferveur des concurrents. C'est là que les petits seront élevés et nourris, à raison d'un passage des parents toutes les 90 secondes en moyenne pour leur apporter les insectes et autres bestioles capturées dans les airs. Les hirondelles sont des espèces grégaires qui vivent en colonie. Ces dernières années elles connaissent un très fort déclin du fait de la diminution des insectes (-75% en 20 ans), mais aussi des modifications de l'habitat. Les maisons aux larges toitures sous lesquelles elles s'intallent laissent peu à peu place à des bâtis sans aspérités où elles ne peuvent nicher.

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Dans les champs, au dessus des pâtures, en lisière de forêt ... tout autant d'endroits où nous avons la chance d'aperçevoir des busards Saint Martin (Circus cyaneus), rapaces emblématiques du Rhône, extrêmement menacés. La sécheresse ayant fait littéralement disparaître les populations de campagnols dont il se nourrit, et les suivis bénévoles lui permettant de se maintenir étant de plus en plus maigre, il y a fort à parier que nous ne le verrons bientôt plus par chez nous, faute de nourriture et de milieux où mener à bien sa reproduction.

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Nous sommes sur des terres aux sols acides, ce qui me laisse le plaisir de croiser des plantes que je vois peu souvent au sud du département et que j'apprécie particulièrement et pour cause, elles ont la réputation d'être des plantes à sorcière. À gauche en violet on retrouve la digitale pourpre (Digitalis purpurea) appelée parfois gants de fée et à droite en jaune, le genêt à balais (Cytisus scoparius). Toutes deux contiennent des composés hautement toxiques d'où leur mauvaise réputation et leur association à la magie noire.

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Chasse aux petites bêtes. Le filet est un outil indispensable pour travailler sur les papillons, libellules et autres arthropodes volants. Cependant il faut le manier avec la plus grande des précautions pour ne pas briser leurs fragiles ailes. Parmi ceux identifiés, on peut citer le petit capricorne (Cerambyx scopolii), un insecte dont les larves sont xylophages et les adultes, amateurs de pollens. D'ailleur on le croise souvent sur les sureaux en fleurs.

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Et pour la suite ?

L'aventure n'est pas finie. Fin juin se tiendra l'assemblée de la LPO France. C'est l'occasion pour les différents groupes jeunes de s'y retrouver pour se rencontrer, pour échanger et pour travailler à la mise en place d'une charte et d'un cadre communs. Cela sera aussi pour nous le moment de présenter nos attentes, nos actions, nos travaux et nos réussites de l'année à l'ensemble des adhérants et réprésentants de l'association.

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Mi-juillet sonnera le premier bilan pour notre groupe jeune LPO Rhône après les 7 premiers mois de mise en route. Cela sera aussi l'occasion de remettre les nombreux prix concours de notre rallye naturaliste. Bref, un planning encore chargé auquel s'ajoute les très nombreuses sorties de l'été. Avis aux lyonnais, si l'envie vous dit, vous pourrez me retrouver dans les parcs urbains de la métropole en juillet et août pour découvrir la faune locale. Pour tout savoir, rendez-vous ICI. En attendant je vous souhaite un bel été et je vous dis à bientôt. Pour ma part, nous ne chômons pas à la maison, ayant été pendant quelques dizianes de jours les parents de substitutions de deux jeunes pigeons de villes, des pigeons bisets (Columba livia) que vous pouvez retrouver ci-dessous et qui depuis, ont pri leur envol.

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lundi 8 avril 2019

Entre noire forêt et forêt noire.

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Entre Alsace et Allemagne

Le temps est glacial et pour cause, nous nous trouvons au nord du pays, quelques part entre la frontière allemande et française. C'est l'occasion de découvrir cette région que je foule pour la première fois et que je ne connais qu'à travers mon écran et les nombreux livres que comporte notre bibliothèque. Peut être aurai-je bientôt l'occasion de vous parler d'eux. En attendant, retour sur l'Alsace et ses charmes.

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À Münster, nous nous arrêtons sur le marché, histoire de prendre quelques pots de miel de sapin. Dans des troncs d'arbres fraîchement débités, se consument des braises qui ont le mérite de réconforter nos doigts givrés. De temps à autre, des branches de sapin bien vertes sont ajoutées au foyer. Un douce odeur de forêt et un nuage de fumée s'élèvent alors du feu. La forêt, parlons en justement. Nous avons pu prendre plaisir à découvrir de grands boisements péri-urbains où la faune où les corneilles noires, les écureuils et l'épervier se croisent dans la brume.

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Petite excursion en Allemagne, aux portes de la Forêt Noire. Tout est givré. Ce massif montagneux, nommé Schwarzwald en allemand, connu plusieurs noms comme celui d'Abnoba mons à l'antiquité (Abnoba étant une divinité celte protectrice de la faune). Peu élevé, le plus haut sommet culmine à 1415 mètres d'alittude. Il est néanmoins plus froid que nos petits massifs du fait de sa latitude, ce qui permet d'observer une flore toute nouvelle pour moi, enfin, pour les rares tiges et feuilles qui ne sont pas prises par le gel.

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Rien n'a été épargné, pas même le houx d'Europe (Ilex Aquifolium) ou le sapin pectiné (Abies alba) aux aiguilles pétrifiées. Pouvant pousser sur les sols acides jusqu'à 1500 mètres, le houx se plaît bien ici au milieu des roches granitiques, d'autant plus que l'on retrouve tout le cortège habituel : myrtilles, sapins et épicéas, airelles, germandrées scroïdoines et j'en passe. D'ailleurs, nos Voges ne sont pas différentes et ne se distinguent de la Forêt Noire que de part le fossé qui les séparent. Celui-ci s'est formé il y a 65 millions d'années. Bordé de forêts alluviales, il est devenu aujourd'hui le lit du Rhin et une aire capitale pour l'agriculture.

Cependant, le massif ne peut être réduit à son domaine forestier. On y trouve des tourbières d'altitude comportant une grande diversité d'espèces, pour certaines rares, ce qui a valu au site de prendre le statut de réserve de biosphère, lui permettant de faire face par des mesures de protection à l'urbanisation galopante.

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Nous quittons le brouillard et les routes enneigées pour redescendre en plaine et observer nos premières cigognes blanches (Ciconia ciconia) de l'année. Si la plupart d'entre elles migrent vers l'Afrique, il n'est pas rare d'en croiser quelqu'unes restées en Europe pour passer l'hiver. Bien souvent il s'agit d'oiseaux trop faibles pour voyager, ou bien acclimatés à la région, soit par l'abondance de nourriture ou par les soins qui leur sont prodigués.

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Passage par Colmar, appelée localement et affectueusement la "Petite Venise Alsacienne" en raison de ses canaux navigables à barque entourés de maisons à colombage. Mentionnée dès le 9e siècle, les demeures anciennes, les hauts remparts et les monuments imposants qui composent la ville attestent de son ancienneté, sans parler des vestiges antiques régulièrement mis à jour et qui font le bonheur des archéologues.

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Les bois de Mulhouse se font avares en plantes remarquables ou remarquées. L'hiver est passé par là, il faut s'y faire.Champignons rougis et feuilles de ronces naissantes sont tout autant de flashs colorés qui attirent notre regard au rythme de nos pas dans le sous bois, cassant pour quelques instants la morne grisaille qui règne ici et qui pendant ce séjour, ne nous quittat pas une seule fois, hormis à notre départ pour d'autres contrées.

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Avant de regagner notre petit appartement, nous faisons un crochet par le vert Jura, montagne que nous connaissons peu mais que nous rêvons de parcourir et, pourquoi pas, d'atteindre le sommet. L'occasion était trop belle pour ne pas poser un ou deux pieds dans les grandes forêts de conifères qui en sont caractéristiques et qui abritent de nombreux animaux comme le lynx, le tétras ou la gélinotte des bois, des animaux rares.

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Un panneau interpella notre regard, au fond d'un cirque, se cache une immense cascade entourée de tufières. Cela ne va pas me rappeler les paysages de ma verte Chartreuse.

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Peut être est-ce pour cela que nous sommes tant attirés par ce massif. Sur le chemin, nous sommes interpellés par les vestiges de vieux moulins à grain et à papier, profitant de la force de l'eau pour moudre le blé et la fibre de bois. Aujourd'hui il n'en reste que quelques pierres, de vagues souvenirs et des dessins au fusain sur une toile. Il me tarde de quitter ce grand froid pour vous parler des fleurs de printemps, des oiseaux nichant au nid, des actions du groupe jeunes LPO Rhône, de mon travail, des suivis d'amphibiens et de rapaces nocturnes mais avant cela, un détour par la Petite Camargue nous attends, à la frontière Suisse, vers les vertes étendues de Port Saint Louis. Il faudra néanmoins attendre le prochain article pour découvrir cette zone humide d'exception, qui fait le bonheur des limicoles, des oies, des harles bièvres et des canards sauvages.

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dimanche 6 janvier 2019

Grands chantiers de fin d'année !

Voilà près de 2 mois qu'il n'y a plus d'actualités sur le blog et pour cause, cette fin d'année a été des plus riches. Nouveau travail, vie associative, aventures en tout genre en pleine nature ... bref, je me suis éloignée des réseaux pour entrer pleinement dans la vie active. Cette fin d'année est l'occasion pour moi de vous présenter toutes ses actions en quelques lignes et quelques photos.
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LES PIEDS DANS L'EAU

L'été indien est bel et bien fini. Octobre et début novembre semblent loin. Ils ont été dans la continuité de cet été chaud et sec qui a frappé une grande partie de la France et qui a marqué nombre d'esprits, ne serait-ce que sur les questions liées au manque d'eau. Mi-octobre, nous avons fait notre dernier plongeon dans le lac d'Aiguebelette, à l'occasion de la fête des plantes rares bordant la plage et présenté dans le précédent article. Ce jour là, nous ne sommes pas les seuls et pour cause, la température extérieure est plus proche des 30°C que des 20°C, un événement certes plaisant sur le moment mais inquiétant quand on songe à l'avenir de notre monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. Trêve de paroles noires (ou pas), l'heure est aux souvenirs, en particulier à ceux liés à notre baignades, aux oiseaux et aux champignons présents ce jour là.

DSC04804Parmi les espèces du lac, on observe le grèbe huppé (Podiceps cristatus), un des plus gros représentants de cette famille. Il s'agit ici d'un individu qui sort de la juvénilité du fait que sa tête est encore en partie rayée, une caractéristique absente chez les adultes matures mais présente chez les poussins. C'est un bon pêcheur qui n'hésite pas à s'approcher des berges ou des hommes pendant ses parties de pêche.

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Cet oiseau aquatique comme beaucoup d'autres connaît une forte pression, d'une part liée à la destruction de son habitat avec l'augmentation de l'urbanisme, que cela soit pour le logement ou la création d'espaces de loisirs, et d'autre part, liée au comportement du public en milieu naturel vis à vis de la faune et de la flore. Ayant pour statut celui d'une espèce à "préoccupation mineure", sa population est de faible taille en France (6 000 à 10 000 couples). La chasse pour ses plumes, aujourd'hui interdite, en est une des raisons. Cependant le risque demeure. Lors de notre séjour, nous avons pu observer de nombreux comportements pouvant impacter le gracieux animal. Chiens non tenus en laisse qui tentent d'attraper les oiseaux peu farouches, parents leur lançant des cailloux pour les effaroucher et montrer leur vol à leurs enfants, jeunes adultes s'amusant à leur plonger dessus ... non vraiment en matière d'éducation à l'environnement, il y a encore beaucoup à faire.

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Rapide constat pendant la baignade. L'image parle d'elle même. Le niveau des étendues d'eau est au plus bas et plus que jamais la question de l'aprovisionnement en eau surgit dans les campagnes. Certains veulent le durcissement des quotas, d'autres la création de digues, retenues et barrages. Dans ce méli-mélo il n'est jamais question de sauvegarde des milieux et pourtant, c'est eux qui continent l'or bleu et nous sauvent de la pénurie.

LES MAINS DANS LA TERRE

Novembre et décembre furent des mois riches voire intenses, entre la prise de poste à la LPO Rhône comme animatrice nature et les nombreux chantiers bénévoles, toujours à la Ligue de Protection des Oiseaux, je n'ai été que très peu présente sur le blog, les réseaux et d'une manière plus général, sur le net et Dieu sait que cela fait du bien ! Les vacances d'hiver sont l'occasion de se poser, de faire un point et d'alimenter quelque peu cette rubrique.

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Parc Lacroix Laval de Saint Genis Laval début novembre. Il pleut quelques gouttes le matin et tant mieux, l'objectif de ce samedi est de restaurer une mare forestière en vidant celle-ci des branches et feuillages accumulés dans son fond et de ratiboiser les jeunes feuillus qui la cerne. Cependant ça ne serait tout, un peu loin une autre tâche nous attend : creuser une mare de toute pièce, autant vous dire que la petite 20 aine de motivés que nous étions n'a pas chaumée !

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Creuser l'épaisse couche d'argile demande pas mal d'huile de coude. Les seaux pour vider l'eau qui remonte par capillarité ne sont pas de trop, pas plus que les pelles et les pioches qui sans relâchent entaillent le sol jusqu'à plus d'un mètre de profondeur. Reste alors à installer le fond de la mare, ce qui lui permettra de rester étanche. Une bâche et un géotextile ont de ce fait pris place sous le regard attentif des chargés de missions à l'origine du projet.

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Bref, voilà le premier chantier de novembre achevé. Se fût l'occasion de rencontrer de nombreux jeunes de nos âges plus motivés les uns que les autres, de créer des liens et surtout, d'imisser les débuts du groupe jeunes LPO Rhône et, qui depuis a vu le jour (fin décembre de cette année 2018) et dont vous aurez toute l'info en fin d'article.

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Mi-novembre c'est rebelote ! Cette fois-ci nous sommes dans un domaine viticole dont la culture des vignes répond au label "Terra Vitis", celui de Roche Catin et dont le viticulteur, amoureux de la nature, prend le plus grand soin de la faune, allant jusqu'à baliser les nids d'alouettes dans les vignes.

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Pelles, râteaux et bêches ne sont pas de trop pour creuser la mare temporaire et pour planter la 50aines d'arbustes qui formeront la haie. Celle-ci, attenante aux vignes, ne tardera pas à accueillir d'ici deux-trois ans une faune variée, composée essentiellement de petits passereaux mais aussi d'insectes et de micromammifères essentiels pour mener une lutte saine et pratique contre les ravageurs qui peuvent toucher le vignoble. C'est aussi un milieu idéal pour accueillir certains rapaces nocturnes comme la chouette chevêchette ou de plus gros mammifères comme les lièvres, les hérissons et parfois même les renards. Composée d'essences locales comme l'aubépine, le noisetier, le prunellier ou le tilleul, cette haie est un des nombreux outils à la disposition des exploitants pour apporter un peu de biodiversité sur leurs terres.

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L'événement se déroule à l'occasion de la semaine du Beaujolais nouveau, pour la peine la LPO Rhône tient un stand. En véritable planquée, je me trouve à animer et à présenter les différentes actions de l'association, les oiseaux du domaine, en quoi celui-ci est un refuge pour la faune. C'est aussi le bon plan pour goûter les cognacs, les vins, les champagnes et les miels produits localement. De quoi rester au chaud et tenir un brin de causette.

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Dernier chantier de l'année, celui-ci fin novembre. Opérations classiques : restauration d'une mare et plantation d'une haie champêtre diversifiée favorable aux auxiliaires chez une maraîchère en installation et très sensible à la protection de l'environnement et à la préservation des espèces.

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Première étape, récupérer les arbustes. Une partie de ceux-ci seront plantés par les étudiants de la MFR. Les autres, par les bénévoles du jour. Cornouillers sanguins, prunelliers sauvages, aubépines monogynes ou encore érables champêtres, c'est tout autant d'essences locales qui serviront d'abris et de nourriture à la faune, en particulier aux oiseaux. Ces arbustes serviront aussi de coupe vent pour protéger les cultures maraîchères et les arbres fruitiers. L'abondance de champignons sur la parcelle est bon signe, ceux-ci permettront la mise en place de la mycorhization, ce qui permettra aux arbres de s'épanouir.

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L'arbuste est sorti de son lot, ses branches sont inspectées, ses racines nues enduites d'un pralin, mélange d'eau, de bouse de vache et d'argile. Cette opération à pour objectif de permettre une reprise rapide du végétal, d'empêcher le déssèchement des racines exposées à l'air libre, de favoriser la cicatrisation des blessures causées par la plantation et d'accélerer le développement des radicelles, petites racines puisant l'eau et les nutriments.

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Deuxième étape, restaurer la mare. Actuellement asséchée, elle a fini par se combler peu à peu dans son fond. Les nombreux peupliers n'y sont pas pour rien. Branches, troncs et feuilles mortes terminent dans l'eau, formant une bonne épaisseur de matière organique. L'absence d'eau est une aubaine, elle permet de passer l'étape du vidage pour attaquer celle du curage. L'opération effectuée a permis de rendre sa jeunesse à la boutasse.

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L'avant-après est flagrant, et le résultat est à la hauteur des espérances. La pluie et la source toute proche se chargeront de la remplir. Les mares temporaires comme celles-ci sont extrêmement précieuses aux amphibiens, les larves n'ayant besoin d'eau que pendant une courte période contrairement à certains de leurs prédateurs qui ne peuvent pas se maintenir dans ce type de milieux, ce qui accroît aux tétards leur chance de survie.

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La plantation s'est complétée par celle de myrtilliers horticoles, les blue berry ou myrtillers américains (Vaccinium corymbosum) qui composent les jus et cocktails à la mode dont je suis amatrice. Tout comme les fleurs en clochettes blanches que donne cet arbrisseau cousin des bruyères et des callunes, les fruits bleus possèdes une chair blanchâtre qui les différencie, entre autre, des myrtilles que l'on rencontre dans les sous-bois européens. Résistant à des températures très basses, jusqu'à -30°C, ses fruits atteignent leur pleine maturité à l'approche de l'automne, quand ses feuilles commencent à rougir avant de prendre une teinte de feu à l'approche de l'hiver que le myrtiller passera complètement nu. La culture de cette espèce est ancienne et remonterait aux indiens d'Amérique, mais ça culture à grande échelle ne daterait que de 1908.

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Les pratiques de l'exploitation en devenir sont orientées dans le but de préserver au mieux l'environement. De ce fait de nombreuses espèces sauvages s'y développent, en particulier de champignons qui profitent des troncs des peupliers morts laissés à la périphérie de la parcelle. L'oreille de Judas (Auricularia auricula-judae), cousine des champignons noirs chinois et tout aussi comestible se plaît ainsi à coloniser les branches tombées au sol.

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Nombreuses sont les espèces à avoir fait des peupliers leur demeure. On peut compter par exemple la très méridionale pholiote destructrice (Hemipholiota populnea) observer sur le site, bien trop amère pour être consommée, mais aussi la pleurote en forme d'huître (Pleurotus ostreatus), délicieuse et parfois exposée sur les étales des marchés. De nombreuses recherches sont menées sur les capacités dépolluante de cette pleurote.

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Surprise en retournant le sol, des dizaines de larves de hannetons de la Saint Jean (Amphimallon solstitialis) émergent. Gourmandes et friandes de jeunes racines, elles ne font pas toujours bon ménage avec le jardinier.

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Il ne faut pas les confondre avec les larves de cétoine, des auxiliaires au jardin. Pour faire la distinction : chez les hannetons on a une grosse tête, chez les cétoine une tête minuscule et un gros abdomen. Alors que l'adulte hanneton (imago) ne vit que de juin à août le temps de mener à bien ses amours, sa forme larvaire se développe pendant deux ans dans le sol. C'est un insecte typique de milieux ouverts tels que les prairies, les parcs et les jardins, toujours à proximité de haies et d'arbres pour se poser et ainsi se reproduire. Cette espèce est en pleine expansion, à contrario du hanneton commun (Melolontha Melolontha) qui tend à ne plus être ... commun. Les pratiques agricoles intensives avec l'apparition de monocultures pourraient expliquer l'augmentation de ce petit scarabée.

LA TÊTE DANS LES ETOILES

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Le titre est bien trouvé pour parler de mon nouveau travail. Depuis novembre, j'exerce comme animatrice nature au sein de la LPO Rhône, une consécration pour moi. Expliquer un écosystème, sensibiliser à la protection de l'environnement, faire observer des oiseaux d'eau ou des rapaces à des enfants et des familles, faire des pêches de découverte en mare mais aussi coordonner, défendre des projets pédagogiques, répondre à des commandes ou animer des stands de présentations et des conférences ne sont que quelques unes de mes activités au sein de la LPO Rhône qui depuis le 1er janvier 2018 fait partie de la LPO Régionale AURA : Auverge - Rhône -Alpes. Je me plonge depuis corps et âme dans l'étude et la compréhension des oiseaux.
Fort heureusement je suis bien équipée, en particulier du côté de l'éthnologie avec leformidable ouvrage "Le génie des oiseaux" de Jennifer Ackerman aux éditions Marabout - Siences & Nature, bien que l'auteur face des comparaisons un peu simplistes entre le comportement animal et humaine.

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Mi-novembre, je suis en observation avec une collègue elle aussi novellement arrivée. Au programme de la journée : sortie avec une classe de scolaires sur l'ENS local (espace naturel sensible). Pas de rapaces en vue, mais des pics, des mésanges, des corneilles, des pinsons, des rouges gorges, des palombes et des merles. Un inventaire qui semblerait à première vu pour certains décevant mais qui en réalité est riche en tout point. C'est une découverte pour bon nombre des enfants qui ont pris lors de cette sortie plaisir à découvrir autrement le patrimoine de leur commune mais qui ont pu aussi apprendre à observer leur environnement et à s'en émerveiller.

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Les grands chantiers ne s'arrêtent pas là ! Début décembre avec deux comparses, nous avons lancé le groupe jeunes LPO Rhône, sous l'aval et le regard bienveillant de la LPO Rhône. Ce groupe à vocation à réunir les jeunes du territoire, curieux et passionnés de naturalisme quelque soit leur niveau et leur parcours. Autant dire que de beaux projets ne devraient pas tarder à voir le jour et pour les quels je vous tiendrai informé. D'ailleurs, pour les curieux, je vous invite à nous rejoindre sur notre groupe facebook en cliquant ICI ou à nous contacter par mail à l'adresse suivante :  groupejeune.lporhone@gmail.com 

Autre grande nouvelle, mon entrée au Conseil d'Administration du Mycorium Sauvage de France, association mycologique organisatrice du Mycoforum en 2017 et en 2018 à Saint André de Vivarais, forum dédié au champignon et dont vous avez pu retrouver la présentation en cliquant . Sorties mycologiques, découvertes des plantes et des fleurs sauvages, créations d'expositions et d'évenements dédiées aux champignons à la nature ... autant dire que là aussi, ça dépote et dont bien évidement, vous aurez des nouvelles via les réseaux.

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La tête dans les étoiles mais aussi pleins les yeux. Le blog bien qu'au repos a dépassé pendant les vacances de noël le million pour ce qui concerne les visites. Un exploit pour un site personnel né en 2012 et qui se voulait être une simple plate-forme de partage plutôt discrète. Que de chemin parcouru depuis, de rencontres et de grands événements. Cette barre symbolique est aussi l'occasion de faire un peu de ménage : correction des articles aussi bien sur la véracité des informations que sur l'orthographe, suppression de ceux devenus obsolètes, bref, c'est une mise à neuf de certains contenus qui m'attend. Dans tous les cas c'est un immense merci que j'adresse à tous vous lecteurs, réguliers ou de passage, qui avezt contribué à toute cette aventure en vous attardant sur la Renarde des Alpes. Je vous souhaite de belles réussites pour cette année 2019 et dont j'ai hâte de tirer profit pour vous partager nos aventures dans les Calanques, en Camargue, en Alsace, en Allemagne et à la frontière Suisse.


lundi 29 octobre 2018

Sortie en forêt 79.

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Au pied du Pilat :

Nous voici sur la commune Les Haies, plus exactement au Pet du Loup, un espace naturel que vous retrouverez dans plusieurs de mes articles retraçant mon parcours d'étudiante en BTS GPN. C'est ici qu'avec mes camardes de classe, j'ai pu en partie me former aux questions propres à la gestion des milieux, en particulier en créant des placettes de nidification pour les busards, en dirigeant un chantier, en abattant des bouleaux menaçants de refermer le milieu, en rajeunissant des bosquets de callune ou encore, en déterminant les parcelles cadastrales à l'aide de GPS. Depuis novembre 2017, certaines zones ont beaucoup changées et sont devenues de véritables forêts de fougères aigles, signe que le milieu se ferme à nouveau. D'ordinaire, ce phénomène naturel ne pose pas problème car il s'inscrit dans l'évolution que connaît la lande à callune, cependant cette dernière étant devenue rare ici, il est nécessaire d'intervenir pour la maintenir.

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L'endroit est idéal pour observer la mante religieuse (Mantis religiosa). Cette merveilleuse créature aurait pu avoir sur le blog un article à elle seule. Mal aimée et souvent mal nommée, elle ne mérite pas le sobriquet de cheval du Diavle qu'on lui donne et qui est pour le moins imagé. 

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Il existe plusieurs espèces de mantes en France. Celle-ci est la plus commune et contrairement à ce que l'on peut penser, elle n'est pas nécessairement verte mais peut présenter toute une gamme de bruns et de gris lui permettant de se fondre dans la végétation. Elle peut ainsi à loisir se cacher des prédateurs mais également attendre le passage d'une proie qu'elle capture avec ses pattes avant, que l'on nomme ravisseuses et qui sont équipés de dentures. Contrairement à ce que l'on peut lire, celles-ci ne peuvent pas entailler la peau humaine, d'ailleurs la mante ne les utilise pas de cette manière pour se défendre. Elle a cependant à la capacité de les déplier en un éclair de temps et de le refermer tout aussi vite. L'insecte ainsi emprisonné n'a plus les moyens de prendre la fuite et fini dévoré. À la base de chaque ravisseuse on trouve un motif singulier ressemblant à un oeil. En situation de danger la mante écarte grand ses pattes avant puis les agitent, donnant l'impression d'être un animal bien plus gros et bien plus menaçant que ce qu'elle laisse supposer. Si cette technique fait parfois ses preuve, cela n'empêche pas les oiseaux d'en faire leur quatre-heure.

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On appel souvent sans scrupule une femme criminelle, une intrigante ou collectionneuse d'hommes "mante religieuse" du fait que les femelles mantes se plaisant dans un cas sur trois à dévorer le mâle. Il ne faut voir dans cet acte que ce qu'il est pour la belle : un moyen d'assurer le bon développement des oeufs en ayant accès à une source de protéine de premier choix. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, pour le mâle malchanceux, tout n'est pas perdu. Pendant que sa douce lui dévore la tête, son appareil génital continu son travail et fini même par cloisonner l'orifice de la femelle, empêchant ainsi tout autre de mâle de prendre part à la fécondation.

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La mante religieuse fascine. Dans la Grèce antique, elle est associée de par sa position de chasse aux prêtresses en prière. Son nom scientifique de "Mantis" est inspiré du grec Μάντις qui signifie prophétesse. Le terme "religieuse" double cette association, du fait de sa ressemblance avec un croyant en prière, d'où son surnom de Prie Dieu. Dans de nombreuses cultures asiatiques, elle est synonyme de fécondité et d'abondance, certains peuplent allant jusqu'à orner leurs tenus traditionnelles de représentations de mantes.

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Les femelles se distinguent des mâles par leur taille, 8 à 9 centimètres là où leurs amants sont plus proches des 4 à 5 centimètres. Chez les femelles l'abdomen est plus long, plus large et se termine par deux pointes formées de cerques (en somme deux pointes striées d'anneaux). Si les deux sexes peuvent voler sur de longues distances, les dames sont souvent clouées au sol quand elles deviennent gravides. Il faut savoir que faute de trouver un partenaire à proximité, la mante est capable de s'autoféconder, on parle alors de parthénogenèse. Les petites mantes qui sortent des oeufs contenus dans l'oothèque seront alors tous des mâles.

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Pour l'observer, il faut baisser les yeux. Les endroits où j'ai pu en observer en abondance sont les vignes du Beaujolais, les buissons denses mais aussi la végétation à ras le sol des Calanques marseillaises, les pâtures couvertes de broussailles du Libournais, les prairies de fauche de l'Ainan et les clairières à callune du Pet du Loup. En règle générale, l'habitat de prédilection de la mante religieuse se compose d'une zone ouverte, toujours en dessous de 800 mètres d'altitude, aux herbes hautes qui lui permettent de chasser à loisir les insectes et les araignées. Des cas relativement bien documentés de mantes prédatant de jeunes lézards et de jeunes serpents laisse penser qu'elle est le seul insecte Européen capable de se nourrir de vertébrés.

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Nous sommes dans un lande sèche à callune, c'est à dire un habitat qui se caractérise entre autre par l'abondance de callune (Calluna vulgaris) que l'on distingue des bruyères par l'insertion de ses feuilles et ses fleurs dont les pétales ne sont pas complètement soudés. Elle se développe sur des sols acides et drainés avec une faune spécifique.

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Lapins de garenne, perdrix, poules faisanes, vipères aspics, engoules vent, coronelle lisse, tariers pâtres, demoiselles en chasse et lézards en tout genre, se sont tout autant d'espèces qui se plaisent dans ce milieu. Les champignons ne sont pas en reste, en particulier ceux associés aux callunes et et qui permettent aux plantes de puiser la moindre ressource du sol. Pour maintenir ces landes au couvert arbustif, il est recommandé de limiter voire de supprimer les ligneux et les plantes au fort ombrage permettant l'émergeance de plantules d'arbres. Le pâturage avec des moutons ou des chèvres est une des solutions techniques employée pour empêcher le phénomène de fermeture.

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Le genêt à balai (Cytisus scoparius) fait aussi parti des espèces typiques de ce type de lande acide. Son nom vient de son usage ancestrale comme balai une fois les jeunes rameaux réunis en bouquet puis séchés. On l'utilisait plus particulièrement sur les sols de terre battue. Il s'oppose à un autre végétal, le bouleau verruqueux (Betula pendula) dont on disait que les sorcières ne pouvaient chevaucher les branches réunies en balai, le considérant alors comme un arbre associé à la magie blanche, là où le genêt noire était associé à la magie noir et faisait figure de monture pour se rendre au sabbat. Voici un exemple de deux espèces pionnières, ayant une dynamique similaire et une aire commune mais aux considérations complètement contraires.

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Autre espèce pionnière, le peuplier tremble (Populus tremula). Il est le seul de sa famille à se plaire en milieu forestier. Là où les autres peupliers prennent plaisir à s'intaller dans les milieux humides et sur les rives, il s'épanouit plutôt dans les sols frais mais drainés.

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Son nom de tremble vient de son feuillage qui au moindre vent de met à frétiller avec force ce qui ne va pas sans laisser s'échapper une délicate mélodie dans le sous bois. C'est un arbre bien connu du fait qu'il est employé à des fins économiques pour réaliser de la pâte à papier mais aussi des allumettes, de la menuiserie du fait de sa capacité à prendre des teintes argentées en vieillissant et des emballages comme les cagettes si précieuses pour allumer la cheminer l'hiver. Son écorce a été longtemps employée pour ses propriétés permettant de lutter contre la douleur. Aujourd'hui on préfère l'emploi des feuilles et des bourgeons, plus particulièrement pour soigner les infections respiratoires comme la bronchite. Chez les grecs anciens, ce peuplier est l'incarnation de la nymphe Leucé qui prit la forme du végétal pour échapper aux avances d'Hadès. Il incarnait dans la culture hellénique une passerelle symbolique entre le monde des morts et celui des vivants.

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Cela fait longtemps que les digitales pourpres (Digitalis purpurea) ne sont plus en fleurs. La plante est extrêmement toxique du fait qu'elle contient de la digitaline. Cette molécule n'est cependant pas sans utilité, car celle-ci permet de réguler le rythme cardiaque. Administrée il y a encore peu à partir d'extraits naturels, elle a été depuis synthétiser ce qui à l'avantage de permettre des dosages plus justes et une meilleure prise en charge des patients. Cette méthode préserve également les populations de digitales en Europe des cueillettes commerciales.

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La belle ondontite jaune (Odontites luteus) est au rendez-vous. Nommée aussi euphraise jaune, son nom d'ondontite ne va pas sans rappeler tout ce qui touche aux dents, d'ailleurs en arabe son nom signifie "molaire jaune" ce qui laisse supposer mais sans aucune certitude d'un usage ancien de la plante pour soigner les troubles de la dentaires.

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En France on la rencontre dans tout le Sud (exception faite au Pays Basque) et dans l'intégralité de l'Est du Pays, le plus souvent dans les milieux secs et arides, parfois en lisière de forêt ce qui correspond plutôt bien au Pet du Loup. C'est une plante hémiparasite, c'est à dire que bien chlorophyllienne (qui fabrique donc sa nourriture), elle va également puiser des ressources dans ces proches voisines, en particulier les minéraux essentiels à son développement. En sommes, c'est une forme de vampirisme végétal. Il n'est pas rare de la voir fleurir jusqu'en septembre et bien qu'elle préfère les zones géographiques au climat plutôt clément, on peut la croiser jusqu'à 1800 mètres d'altitude.

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Ce lézard des murailles (Podarcis muralis) prend un bain de soleil avant de retourner à sa cachette. L'hiver approchant, il se mettra alors en hivernation et n'émergera de temps à autre de son sommeil que si l'ensolleillement est suffisant. Les grands froids ne permettant pas aux papillons, mouches, sauterelles et autres araignées dont il se nourrit d'être abondants, il doit se mettre à la diète faute de proies. Néanmoins ce régime alimentaire ne l'empêche pas de vivre 5 à 8 ans, les plus vieux spécimens pouvant atteindre 20 centimètres.

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Que de chemin parcouru depuis les chantiers de novembre 2017 au Pet du Loup. Une année bien fournie, avec l'obtention du diplôme, un poste dans la fonction public comme vacataire sur les questions d'agriculture et d'aides européennes, la PAC. Cependant, cela ne serait être le seul bouleversement, et pour tout dire il est de taille, j'aurai l'occasion de revenir dessus dans les prochains articles du blog et pourquoi pas, d'y consacrer un billet entier. En attendant ,l'heure est aux sorties d'automne, avec l'approches du suivi loutre et les grandes expositions mycolgoiques locales. Les soirées s'annoncent bien remplies mais passionnantes, d'autant plus que le secteur rhodanien n'est pas sans atouts. Cela promets quelques reportages faunistique en perspective et pourquoi, une très prochaine sortie entre visiteurs du blog. À suivre !

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vendredi 19 octobre 2018

Le forum mycélium : retour en images.

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Encore un week-end fort en émotions pour la 2e édition du forum mycélium à St André en Vivarais en Ardéche verte. Des grands noms sont au rendez-vous et pour l'occasion, ils animent la plupart des ateliers, des conférences, des sorties, des tables rondes et surtout, le tout avec beaucoup de bienveillance. Bien sûre le thème central reste le champignon mais pas seulement ! Agriculture, biomatériaux, recyclage et valorisation, sciences humaines, production, détermination et cuisine ... la fonge entre en ligne de mire de nombreuses disciplines qui n'ont pas manqué d'attirer l'attention du public pour notre plus grande plaisir, l'événement ayant eu pour la peine un joli succès. La poésie était de la partie pour raconter la fascinante relation entre les champignons et le vivant tout comme leurs formes, leurs couleurs et leurs parfums à travers des échanges animés et drôles mais aussi, par l'intermédiaire de toute une série de jeux de découverte. Pour découvrir les intervenants et les thématiques, je vous invite à vous rendre sur l'article de présentation de ces derniers ICI.

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Ayant Hervé Cochini pour guide, nous voyageons d'arbres en arbres pour découvrir l'incroyable vie des lichens, ces êtres fascinants pour qui 1 + 1 = 1 comme aimait le dire Pelt. Bioindicateurs de la qualité de l'air, ils sont aussi des éléments précieux pour connaître un milieu.

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Pionniers, il est courant de les voir affronter des conditions rudes. Fort heureusement, le lichen est le fruit d'un champignon et d'un algue verte parfois remplacée par une cyano-algue. L'un fourni l'azotes et les antibiotique, l'autre les sucres permettant au couple de s'acclimater un peu près partout. Je vous l'avoue, pour la peine je vous fait la version courte. Tout aussi courte que l'anecdote qui veut que le lichen ici en photo, un Xanthoria sp., soit employé en teinturier dans la confection des kilts. À cet énoncé voilà ma curiosité piquée et il n'en fallait pas plus pour que je me rus sur "Guide des teintures naturelles Champignons et lichens" de Marie Marquet et Caroline Paliard, ce qui amène en perspective pour cet l'hiver de futurs articles-ateliers sur l'expérimentation et l'identitifcationet autour de la thématique de la teinture naturelle sur le blog.

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Hervé Coves est notre second guide et on peut le dire, avec lui champignons et poésie riment. Soulever le délicat jupon que forme le chapeau du carpophore ou partir à la découvert des dentelles que forment les lamelles est une véritable aventure. Aérodynamie, vols spatiaux, naissance de la vie à travers les comètes ou encore contact avec la nature à travers les relations du mycélium et des herbes ainsi que les échanges qui se produisent sous nos pieds; ce sont quelques unes des découvertes auxquelles ont été conviés les petits et les plus grands.

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Dans les profondeurs, les fourmis cultivent les mérules (Merulius), des champignons dont certaines espèces sont connues pour détruire le bois qui composent les habitations trop humides, d'où leur surnom de "champignons des maisons". Ici ils sont source de nourriture. En décomposant les végétaux, ils produisent des sucres assimilables dont les insectes se délectent. Les plus téméraires ont de ce fait pu goutter la terre de fourmilière. Les enfants ne restent pas insensible à la démonstration et s'empressent de joindre le pas, laissant grimper les fourmis sur leurs mains. Les voir en pleine immersion nature, s'amuser au contact du vivant est une grande joie.

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L'an dernier, la neige avait fortement impactée la récolte. Cette année l'événement a été avancé d'un mois et c'est désormais la sécheresse qui nous joue des tours. Cependant ont trouve quelques spécimens ici et là à mettre dans le panier des identifications pour les soumettre à Pierre Roux imminant mycologue à l'humour comme je l'aime et présent pendant ces deux jours de festivité et d'échange.

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Dans les mains de Pierre Coves, un clitocybe orangé (Hygrophoropsis aurantiaca) que l'on nomme fausse chanterelle et qui n'a de clitocybe que le nom (désomrais il fait parti des boletales). Il n'est pas rare qu'il soit confondu avec la véritable girolle de par son aspect, cependant il s'en démarque par sa couleur, la présence de lamelles et une chair colorée. C'est un comestible très moyen. La sortie se poursuit avec la rencontre d'une vesse de loup perlée (Lycoperdon perlatum), d'un coprin (Coprinus sp.), d'un beau cheval blanc, des cris d'un couple de rapaces mais surtout, des bruits de la nature et de l'eau.

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Retour au premier hall de présentation. Héléna Amalric s'y tient avec ses incroyables champignons : pleurotes en pleine fructification, champignons luminescents, amadouviers et polypores des pins pour la réalisation de cuir végétal, échantillons de contre-plaqué à base de mycélium et isolant de même nature ... les champignons sont à la pointe de l'innovation. Et vous savez quoi ? Héléna a été également ma maître de stage, c'est donc a elle que je dois mes deux articles sur le blog ICI et mais aussi, la réussite des mes oraux de BTS.

DSC04465Les intervenants sont nombreux, et hélas je n'ai pas pu assister à une grande partie des conférences, présentations, ateliers, tables rondes et démonstrations. Je me suis promise l'an prochain d'être présente sur l'intégralité de l'événement. Parmi les acteurs de ces rencontres, deux monstres sacrés du monde nature et de la mycologie : Pierre Roux et Marc André Selosse, auteurs de ces deux ouvrages (entre autre) que je vous recommande chaudement. Outre leur immense savoir et leur pédagogie, j'ai été très touchée par la grande bienveillance qu'ils m'ont manifestés lors de mon passage devant le public et pour lesquels je les remercie.

DSC04445Parmi les outils mis à la disposition du public, on retrouve les mallettes d'Hervé Cochini. De grands format et tout en bois, elles contiennent un nombre incalculable de lichens de formes et couleurs diverses, identifiés avec soin et disposés sur le substrat où ils ont l'habtutde de se développer.

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Si un bon nombre d'entre eux sont Aardéchois, une partie est issue de Chartreuse mais aussi de Guadeloupe car il faut le savoir, les lichens sont partout. On en rencontre même sur les glaces arctiques, là aucun autre organisme capable de photosynthèse ne se développe. Les lichens sont des êtres symbiotiques fascinants, certains sont même phosphorescents ! Résistants pratiquement à tous, certaines espèces sont cependant très sensibles à la pollution de l'air. La classification des lichens se fait par genre, par famille mais aussi par milieu. Ainsi on peut utiliser la clé suivante pour les classifier mais elle n'est pas la seule.

DSC04476Baptême du feu ! Me voilà pour ma toute première conférence devant un public de connaisseurs, autant vous dire que je ne fais pas la fière cependant j'ai pris un énorme plaisir pendant cette présentation à faire découvrr ma passion. La thématique ? L'amanite tue-mouche dans la culture européenne. Pour se faire je me suis appuyée sur le travail que j'ai réalisé il y a 2-3 ans sur le sujet et dont vous trouverez dans les limbes du blog les traces mais aussi, sur la version mise à jour et bien plus complète dans la revue du Mycorium Sauvage à travers le Mycomag.

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Pourquoi se pencher sur l'amanite tue-mouche et surtout, culturellement parlant ? Parce que le beau champignon est représenté un peu partout dans nos sociétés ! Peinte à la bombe sur les murs  des villes, diffusée à la télé dans Oui-Oui et les Stroumfs, dessinée dans les bandes dessinés avec Tintin, Astérix ou Spirou, mise en lumière dans les jeux vidéos avec Mario, Skyrim et Minecarft, affichée sur les tee-shirts des stars comme Miley Cirus ou Katy Perry, on ne peut pas louper l'amanite tue-mouche. Tout l'intérêt réside alors dans le pourquoi de sa présence dans notre quotidien ? C'est ce que j'ai pris plaisir à montrer en reprenant son historique en voyageant de l'Asie à l'Europe en passant par les cultes chamaniques et hindouiste, les terres celtes et anglo-saxons jusqu'à arriver à notre ère. Pour les curieux la vidéo sera bientôt accessible contre une petite cotisation à notre association le Mycorium Sauvage. En prime, le très beau panier d'amanites devant lequel je me suis exprimée.

DSC04492Les champignons c'est beau, c'est utile et c'est à aimer pour ce que c'est. Certes. C'est aussi très bon ! Jacques Marcon, chef réputé tenant avec son père Régis Marcon le restaurant du même nom ainsi que le bistrot la Coulemelle, est venu nous faire démonstration de son talent et nous régaler la pense  de ses préparation à base de champignon.

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Tricholomes colombettes, gambas, chanterelles grises à l'huile de noisette, fricassées aux girolles, bolets pied rouge grillés, sparassis crépu au beurre et son émulsion de crème (une découverte pour mes parents pour mon plus grand bonheur). Ce dernier se nomme aussi morille des bois, morille des pins ou morille blanche bien qu'il n'en soit pas une. Délicieux, il est recherché par les amateurs de bonne cuisine. Les mycologues le connaissent pour leur part sous le nom de Sparassis crispa .Cependant mal serait avisé celui qui sans bien le connaître s'aventurait à le récolter. Les confusions peuvent être nombreuses, en particulier avec d'autres calvaires de couleur beige. Les risques sont de l'autre de l'indigestion, de la gastrite et des diarrhées tenaces. Vous voilà prévenus.

Pardon à tous ceux et toutes celles que je ne cite pas dans cet article, leur intervention est à la hauteur de l'événement : génialissime. Dans cet article précédent, ICI, vous pouvez retrouver tous les intervenants. Une grosse pensée pour les bénévoles issus en grande partie de l'Association de Gestion de l'Ecole de St André en Vivarais qui a su donner vie à ce forum. Et un grand bravo pour Jérôme et Hervé, les fondateurs et porteurs de ce beau projet. N'oublions pas non plus Nathaël a qui l'on doit les magnifiques visuels de cette édition ainsi que la capture image et son mais aussi, Joseph, photographe émérite du petit monde et qui comme l'an dernier nous a fait profiter de ses beaux clichés et de sa technicité. Merci aussi à tous ceux qui ont fait le déplacement, j'ai pu mettre des visages et des voix sur des profils IRL d'amoureux de la nature avec qui j'échange depuis longtemps et là aussi, je suis ravie. On vous attends avec plaisir à la 3e édition de ce forum qui s'annonce encore plus riches. À très vite et attendant, n'hésitez pas à découvrir le groupe facebook du mycorium sauvage, son site internet mais également ceux des intervenants et participants du Forum Mycelium, et pourquoi pas, à adhéré comem membre.

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lundi 15 octobre 2018

Fin d'été au jardin.

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L'été s'en est allé. Les fortes chaleurs ont perduré quelques peu après son départ mais enfin, la pluie et la grisaille sont là pour le plus grand bonheur des mycophiles. Pour autant, il ne faut pas en oublier la belle saison et s'est températures alarmantes qui ont fait prendre conscience un peu tardivement à certains que notre monde ne sera décidément plus comme avant. Sécheresse, dépérissement des semis, bétail qui peine à se nourrir, moissons, vendanges et fenaisons avancées de plusieurs semaines ... le bilan climatique est dramatique. Les plantes et les animaux ont eu la vie rudement menée pendant cette période et déjà, on peut voir les signes avant coureurs de ce que pourrait être nos forêts de demain. Le sapin blanc, sensible aux fortes chaleurs laisse place peu à peu aux chênes et les frênes tendent à disparaître des bordures de fossés pour

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trouver refuge dans les zones humides. Hôtes de nombreuses espèces d'oiseaux et de champignons, il faudra très bientôt se lever tôt le matin pour partir à la recherche du bec croisé et des morilles, le milieu ne leur étant désormais plus favorable. À plus grande échelle, c'est toute la biodiversité qui est impactée et dont on observe la mutation à vitesse grand V, et il y a de quoi prendre peur. J'ai le sentiment d'appartenir à une génération qui assiste inéluctablement au déclin du monde qu'elle connaît pour tendre vers un autre beaucoup moins stable climatiquement parlant. C'est l'une des grandes raisons qui a entraîné dans notre quotidien et nos pratiques des changements radicaux. Les gestes se font différemment, la réflexion aussi et petit à petit nous tendons vers l'autonomie et l'autosuffisance mais le chemin est encore long pour y parvenir.

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Le potager offre ses dernières tomates. Baignées de soleil, elles ont pu profiter des arrosages réguliers et répétés issus de la source qui se trouve dans le jardin. Néanmoins la nappe est basse. Le paillage reste l'un des meilleurs moyens pour limiter la déperdition en eau au plus fort de l'été mais aussi, pour préserver les jeunes plans.

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Un nouveau venu a fait son apparition dans le jardin. Il s'agît de l'hortensia paniculé (Hydrangea paniculata). Présent en Chine, au Japon ou encore en Corée, c'est un arbuste qui dépasse rarement les 2 mètres de haut. Il a pour spécificité de faire des fleurs stériles aux grands tépales blancs qui se teintent petit à petit de rouille.

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Au jardin, le gros roncier sauvage qui pousse sous le sureau donne de plus belle. Cette myriade de mûres terminera non pas dans le gosier des merles noirs mais sur le billot de la cuisine. Un kilo de sucre, de l'eau, une casserole et un peu de patiente suffisent à les transformer en un délicieux sirop au parfum de lisière forestière.

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Les orages de chaleur sont nombreux mais donnent rarement de la pluie. Quand c'est le cas, celle-ci percute le sol avec fracas. Sec, ce dernier a bien du mal à absorber l'eau qui se contente de glisser dans les rainures de la terre avant de rejoindre la rigole en bout de champs et de se jeter dans le ruisseau tout proche qui grossira alors l'Ainan. Long de plusieurs kilomètres, il a permit à la vallée du même nom de rester verdoyante ces derniers mois.

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Les voisins sont en voyage, les veinards ! Nous voilà pour quelques soirs de mission : assurer le bien être des milliers d'escargots de leur élevage. La tâche est beaucoup plus ardue qu'elle ne peut le laisser croire. L'arrosage et le nourrissage n'en sont pas le problème car la technicité de l'opération réside dans l'accomplissement du moindre pas. Une trajectoire mal calculée, peu assurée ou de travers et crac, c'est le drame, une coquille se brise et avec, l'être qui l'abrite. Autant vous dire que nous avons été tout aussi attentifs à nos pieds qu'il nous a été permis de l'être. Pour le reste, nos amis gastéropodes ne sont pas exigeants. Un repas à heure régulière, un peu d'eau et de fraîcheur, du calcaire dans leur nourriture, des végétaux par-ci par-là, un abri ombragé fait de planches et de grands filets pour ne pas faire l'objet de prédation suffisent à leur bonheur.

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L'heure de la pâtée a sonné. Les escargots s'éveillent doucement, alléchés par l'odeur de la farine que leur très bon odorat détecte immédiatement. Celle-ci se compose généralement de blé et de légumineuses déshydratés et réduits en poudre (type soja, haricots), de graines  de tournesol concassés parfois et surtout, de minéraux.

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La transformation et le produit fini se font en laboratoire de préparation. Les escargots termineront en croque-coquilles, en terrines, ou encore en persillade. Pour ce qui est de leurs cousins sauvages (petit gris et Bourgogne) dont les effectifs sont de plus en plus incertains, une réglementation précise encadre leur récolte.

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Les rayons se font moins mordant et la lumière plus douce le soir, c'est le moment de lancer nos lignes. Dans l'etang, il y a bien quelques tanches, des brochets, des carpes et des gardons mais surtout, des perches-soleil, des écrevisses américaines et des silures. De joyeux imbéciles ont eu la mauvaise idée d'introduire ces espèces exogènes envahissantes qui sont une menace pour nos espèces indigènes et tendent à appauvrir le milieu.

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Le temps de préparer les cannes, un curieux nous rejoins. Peu farouche, il ne perdra pas une miette du spectacle. Perchée sur mon arbre, je guette en vain les poissons parmi les nénuphars.

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Cependant celui-ci me fait office d'observatoire pour mirer attentivement le vol des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Ceux-ci ont établi leur colonies sous le toit du clocher de la chapelle de Saint Sixte. Elle même repose sur un très vieux temple romain dédié à Dyonisos et dont des dédales oubliés passeraient sous l'étang. Ce temple se trouverait lui même sur un site encore plus ancien et érigé alors par les arobogènes, peuple celte propre au bassin grenoblois et ses alentours. C'est un véritable mille feuille culturel qui compose l'édifice et autour du quel j'espère voir un jour des fouilles s'organiser. Sources magiques, pierres druidiques, dolmens, tunnels dissimulés dans les bois, cimetière oublié, bornes moyenâgeuses et stèles gravées ... l'histoire de notre campagne est riche et ne demande qu'à être révélée au grand jour.

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En attendant, on titille le gardon mais les perches-soleil (Lepomis gibbosus) semblent être les seuls poissons de sortie. Cette espèce se caractérise par ses couleurs resplendissantes et son très grand appétit. Originaires d'Amérique du nord, elles se nourrissent d'un peu près tout ce qui leur tombe sur la dent. Oeufs, alvins, mollusques et petits crustacés constituent une grande partie de son alimentation, ce qui conduit à la diminution rapide des espèces autochtones dans nos plans d'eau. De ce fait il est interdit de la relâcher et de la transporter vivante une fois sortie de l'eau pour limiter son impact et sa dispersion sur le territoire français.

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Les soirées sont belles. Quand le lune tend à se lever, les monts de Chartreuses se couvrent. C'est le moment idéal pour partir à l'affût de la faune, tenter de voir les chevrettes et leurs petits, les sangliers, les lapins de garenne et les lièvres dans les champs à l'herbe jaunie et où la fauche ne semble pas vouloir se faire.

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Compère renard est de sortie et n'a pas manqué de signaler son passage. À cette période de l'année, sa nourriture se compose exclusivement de baies et de fruits sauvages. Mûres, églantines, cerises tardives, sureaux et pommes sauvages composent la moitié de son alimentation. 

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Sauterelles, criquets, grillons, limaces, lapins, écureuils, petits passereaux, poules faisanes et occasionnellement volailles de basse-cour entrent également dans son régime alimentaire mais le plus gros est assuré par les campagnols. En une année, le goupil peut dévorer pas moins  de 10 000 rongeurs, une véritable aubaine pour les exploitants dont les récoltes connaissent de plus en plus de ravages liées aux rats taupiers et sur lesquels les raticides se montrent non seulement limités mais aussi, très dangereux pour notre santé et celle de l'environnement. Cela tend à expliquer l'interdiction de le tirer dans certains département comme la Savoie mais aussi, sur certaines commune et secteurs géographiques comme la vallée de la Valdaine. Néanmoins cet argument serait suffire. En Isère, on peut le tirer presque toute l'année et utiliser des techniques plus que douteuses pour le mener à mal. Le risque sanitaire est invoqué : il transmettrait la rage et l'ecchiconose. Hors quand on sait que la première a disparue et que la seconde est principalement véhiculée par les chiens et chats, on peut se poser des questions sur le bien fondé de ses actions souvent barbares (enfumage, déterrage, piégeage) si ce n'est une grande méconnaissance de certains de la dynamique des écosystèmes et du rôle essentiel du renard dans ceux-ci. 

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C'est la période de la récolte des aulx sauvages. En France, les espèces de ce genre sont très nombreuses, certaines sont rares et parfois protégées, il est plus sage alors de se concentrer sur celles qui sont communes que l'on peut identifier et récolter facilement sans impacter le milieu.

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Ci-dessus, l'ail des jardins (Allium oleraceum) appelé aussi ail des champs et qui se reconnaît à ses fleurs aux ovaires gonflés qui pourrait faire croire à des graines déjà formées. À droite, un ail des vignes (Allium vineale) aux semences dorées. Les aulx sauvages peuvent se récolter toute l'année. Sur les deux espèces présentées, on utilise volonté les feuilles longues et très fines ciselées comme de la ciboulette. Le bulbe peut se consommer également mais petit, il relève peut d'intérêt et prélevé ne permet pas au plan de se multiplier. Les graines qui sont en réalités des bulbiles peuvent se manger crus, en salade, dans les sauces ou pour aromatiser des plats tels les fricassées de légumes, les plâtrées de champignons d'automne ou les gratins.

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Les derniers papillons font du zèle. Les azurés sont nombreux, ils appartiennent tous à la famille des lycénidés (Lycaenidae) qui comprend aussi les cuivrés. Majoritairement bleus, ces petits lépidoptères sont extrêmement difficile à identifier. La plupart du temps une prise photo des deux faces des ailes est nécessaire.

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Les "tâches" rondes des ailes des papillons sont nommées ocelles, elles permettent en partie de reconnaître l'espèce mais aussi s'il s'agît d'un mâle ou d'une femelle. Ce sont parmi les premiers éléments à observer quand on veut s'essayer à la détermination. Couleurs, cerclage et nombre, elles doivent être passées au peine fin. À savoir, les insectes ne sont pas les seuls à faire usage de ce motif. De nombreux animaux en font usage pour se camoufler, impressionner un partenaire ou effrayer un prédateur à l'image du paon, des jaguars ou de certains poissons tropicaux. La forme des antennes est également très importante, en fonction de si elles se terminent en massue, si elles sont velues ou annelées, il est possible de déterminer avec pression le sexe et la famille de l'individu.

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Nous quittons un jardin pour en rejoindre un autre, celui du site médiéval du Couvent des Carmes. Situé en Isère à Beauvoie en Royan, il se compose d'un impressionnant vergers comportant des centaines de cultivars de poires, raisins, pommes et prunes qui ont fait sensation à la table des rois mais aussi dans les arrières cours des fermes et d'un potager historique. Classées par usages et propriétés, ont y retrouve toutes les plantes de jardin de curés.

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Plantes de sorcière, plantes tinctoriales, plantes comestibles, légumes oubliés, plantes à fleurs pour les messes, vigne pour le vin de l'officine ... la liste est longue. Toutes peuvent se regrouper dans la case attribuée aux plantes des signatures, une théorie du Moyen Âge qui veut qu'une plante soigne un mal du fait de sa ressemblance avec l'organe touché, avec les réactions qu'entraîne la maladie, avec le mal lui même ou par rapprochement avec son habitat et les lieux où se trouve les pathogènes. Passée de mode en raison des progrès de la science, certains continuent de s'y plier, voyant en celle-ci un signe divin pour rapprocher l'homme de son environnement.

La visite se termine par un tour du propriétaire. Il faut savoir que cet ancien couvent se trouve dans l'enceinte d'un immense château en ruine dont on peut profiter des reliques. Siège du seigneur du Dauphiné, Humber II, il surplombe depuis la falaise où il se trouve une grande partie de la vallée et de la rivière Isère qui coule à ses pieds et qui se jette un peu plus loin dans le Rhône. Une belle découverte en somme pour les amoureux de plantes et d'histoire. L'automne semble être la meilleure période pour découvrir le verger et les arbres fruitiers d'exceptions qui le composent, et je vous le recommande chaudement. À bientôt pour d'autres découvertes nature.

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lundi 8 octobre 2018

Le forum Mycélium : le secret des champignons.

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Grand évènement à venir, tous à vos agendas ! Le 13 et 14 octobre de cette année se tiendra sur les terres de Regis Marcon à Saint André en Vivarais le forum Mycélium. Si l'Ardèche verte est propice à ce type de manifestations autour du champignon, elle l'est encore bien plus en terme d'échanges et de découvertes.

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Pour cette 2e édition, j'ai la très grande fierté d'animer une conférence sur l'amanite tue-mouche. L'approche que j'aurai s'articulera autour de deux grandes question que l'on me pose parfois : Pourquoi parler des champignons ? Qu'elle utilité à les connaître ? Outre le fait que la fonge est un objet d'étude facinant et inépuisable d'un point de vue scientifique, il anime les foules quand il est question de gastronomie mais aussi de développement durable, d'agronomie, d'agriculture, de recyclage, de médecine et d'innovation. Cependant, ce n'est pas sur ces thématiques que je vais m'aventurer, ou du moins pas directement. Les champignons font partie de notre quotidien culturel. On les trouve partout, dans les jeux vidéos, la mode, la littérature, la peinture, le cinéma ... et pourtant nous n'en avons pas toujours conscience.

Quoi de mieux alors que de prendre le plus emblématique d'entre eux dans l'imaginaire populaire pour mettre en lumière ce phénomène ?

Suscitant la peur et la fascination, l'amanite tue-mouche véhicule à elle seule toute une partie des mythes et traditions européennes. Oubliés ou encore très vivaces, les usages et représentations liés à ce champignon ont marqué profondément la culture du vieux continent. De la Sibérie avec les chamanes et les éleveurs de rennes, en passant par la vallée des merveilles en France en poursuivant notre route jusqu'en Inde sur les traces des époux Gordon Wasson, je vous invite à retracer quelques brides de notre histoire à travers la célèbre amanite rouge à points blancs. Nous découvrirons ensemble des oeuvres, des récits, des religions et des reliques nous donnant quelques indices sur ce qu'était ce champignon pour nos ancêtres et pour nous même, nous offrant ainsi un nouveau regard, si ce n'est pas notre société, du moins sur les symboles qui l'animent. Cependant, il serait présomptueux de réduite l'événement à cet unique aspect de la mycologie.

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Organisé par le Mycorium Sauvage de France que vous pouvez également retrouver sur les réseaux sociaux, l'événement propose une multitude de conférences, de débats, d'ateliers et de sorties sur les thèmes de la mycologie, de la botanique, de l'agriculture et de la cuisine. Une très belle exposition mycologiquee avec de nombreux spécimens permettra aux curieux et aux passionnés de découvrir et redécouvrir le monde fongique. Loin de l'image vieillotte que l'on peut se faire de la mycologie, ce week-end forum se déroulera sous le signe de l'innovation, de la sicence et de l'éveil à la nature. De nombreuses activités s'adressent aussi bien aux enfants qu'aux parents. C'est aussi un moyen idéal de se reconnecter à la nature en famille. Bref, je vous y attends avec impatience et pour vous faire un idée, vous retrouverez ci-dessous les intervenants pour ces deux jours qui s'annoncent radieux.

Christophe France

La mycorhization d'arbustes et d'arbrisseaux fruitiers a pour objectif de permettre au végétal de créer un réseau avec les autres plantes qui l'entourent pour créer des échanges d'informations et de nutriments. Appliqué à l'agriculture, c'est un outil pour rendre les cultures plus productives tout en repectant le sol et la santé humaine.

Criiad

Les champignons ont pour réputation d'être des accumulateurs. Métaux lourds, éléments polluants ... ils peuvent également de capter la radioactivité dans le sol. Cette capacité ne va pas sans risque pour la santé humaine mais s'avère fournir de précieuses informations sur l'état d'un milieu et son rayonnement ionisant.

Damien Duverger

La question de comestibilité est souvent au coeur des échanges sur les forums de mycologie mais aussi dans les bois quand les cueilleurs se croisent. Qui de mieux pour aborder cette thématique qu'un fin gourmet, amoureux de la nature qui se trouve confronté chaque jours sur les réseau à la question de la dangerosité des champignons ?

Gérard Mottet

Parce que la mycologie est tout un art, quelques bases s'imposent avant de se lancer dans la détermination. Apprendre à reconnaître un milieu, distinguer ce qu'est un stipe, une marge, une lamelle, un pli ou un tube est essentiel si on veut pouvoir remplir avec plaisir son panier et sa tête des bons noms d'espèces sans danger.

Helena Amalric

Les champignons, on ne les trouve plus seulement dans l'assiette et le jardin, désormais ils s'invitent dans notre quotidien. Cuir, isolation thermique, liant, teinture et aggloméra, ce sont quelques unes des nombreuses fonctions qu'ils peuvent revêtir pour changer notre quotidien et tendre à un mode de vie plus éthique et durable.

Hervé Cochini

Parler du monde fongique c'est bien, l'observer dans la nature avec tout ce qui peut interagir avec lui, c'est bien mieux. Laissez vous guider par la voie d'Hervé et partez à la découverte de l'environnement sous un jour nouveau. C'est l'occasion de se retrouver en famille, de découvrir les joie du pleine air et de l'automne.

Hervé Coves

Plus qu'une maxime, une philosophie. Avec Hervé vous découvrez au combien la vie est belle à travers les relations complexes mais si passionnantes qu'entretiennent les êtres vivants entre eux. Les champignons jouant un rôle fondamentale dans ces unions cachées sous nos pieds auront la belle place lors de ces échanges.

Issoufou zougrana

Tirer profit des déchets agricoles tout en soignant les sols, une utopie ? Pas si sûr que cela à la vue des travaux d'Issoufou au Burkina Faso. Une discussion riche pour prendre conscience des possibles qui s'offrent à nous et qui peuvent permettre de solutionner bien des problèmes dans notre monde moderne à bout de souffle.

Jacques Marcon

Avis aux gourmets ! L'heure est à la ripaille. Étudier les champignons c'est bien beau, mais les cuisinier c'est bien bon ! Pour autant on peut vite se trouver désarmé fasse à un sparrassis crépu ou une poignée de pézizes veinées. Pas de panique, cet atelier est l'occasion de découvrir des gestes simples pour les accommoder.

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Et quoi de mieux pour une plâtrée fongique qu'un vin choisit à la perfection ? À vos stylos, avec la cave Marcon vous aurez toutes les informations nécessaires pour ne plus commettre d'impairs lors de vos dîners. Sans pour autant vous ruiner, suivre quelques règles simples vous suffiront à réussir un repas du meilleur effet.

Jérôme Legros

Cueilleur, passionné de nature, de plantes et d'agriculture, Jérôme est un touche à tout. Outre son intervention dans un domaine qu'il connaît et maîtrise, la culture de champignon, vous pourrez aller à sa rencontre lors de ce forum pour découvrir et apprendre auprès de lui la spécificité des espèces et les liens qui les unissent aux sols.

La forêt des contes

Parce que la nature et les champignons ne sont pas seulement une histoire de science et de cuisine, venez découvrir à travers les contes et histoires la mémoire de nos campagnes et de nos bois. Laissez-vous le temps d'une échappée poétique partir à la découverte de nos forêts et du petit peuple mycélien qui l'habite.

Marc Andre selosse

Le monde végétal nous est encore étranger cependant il s'ouvre peu à peu à nous avec les dernières découvertes scientifiques. Sensible, complexe et beau, c'est aussi un saut vers l'inconnu que de s'imisser dans les interactions symbiotiques qu'entretiennent les plantes et les champignons que nous invite à faire Marc André.

Nathael Jouhet

Loin de l'image que l'on peut parfois se faire de la paysannerie, il est bon de rappeler l'importance de l'agriculture dans le maintien de la biodiversité. Producteurs de ressources, les exploitants sont aussi garants de la diversité des milieux et de leur durabilité, un mission trop souvent oubliée et pourtant essentielle pour les espèces.

Pierre Roux

Un pharmacien et mycologue pour parler de comestibilité et de danger, c'est s'assurer doublement que l'on a les éléments nécessaires et essentiels en main pour partir faire sa récolte en toute sécurité. Et si l'on doute encore, on pourra toujours se plonger dans les recueil "Le Guide des Champignons - France et Europe".

J'espère avec ces quelques lignes vous avoir donné l'envie de nous rejoindre le 13 et 14 octobre 2018, ou du moins, de découvrir l'univer des intervenants pour ces deux jours de forum qui s'annoncent être riches en rencontres et en découvertes. Pour ceux qui sont hélas trop loin de nous, ils vous est possible sur adhésion à l'association, de reçevoir toutes les prises vidéos des interventions qui marqueront cette 2e édition.

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vendredi 28 septembre 2018

Sortie en forêt 78.

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Nous voilà de retour au col des mille martyrs, en hommage aux dix milles martyrs romains chrétiens n'ayant pas voulu abjurer leur religion. Le fond de l'air est frais, cependant le sol est sec, ce qui ne permet pas à la fonge d'être aussi développée que nous l'espérions. 

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La forêt est timide, le chant des oiseaux discret, mais la ballade n'en est pas moins belle. Paysages sublimes, lumière tamisée filtrant à travers les branches des conifères, montagnes dans les nuages et myriade de baies sauvages le long des chemins nous attendent. La fin de l'été a déjà un doux parfum d'automne. C'est le moment de jouer à la sorcière, de courir dans les bois, de ramasser les pommes au jardin, les courges dans le potager avec les dernières framboises gorgées de soleil, d'attraper les grappes de raisin à pleine main et de dire adieu définitivement aux vacances. C'est le temps des vendanges, des fruits, des champignons, des feuilles mortes, celui de vivre au rythme des jours qui raccourcissent.

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J'adore marcher dans la pénombre des bois. L'atmosphère y est toute particulière. L'humidité ambiante invite à la prudence, celle-ci étant propice à la sortie des amphibiens forestiers. Crapauds, grenouilles et salamandres font partis de ces animaux se faufilant parmi les feuilles mortes et que l'on peut croiser pendant les pluies d'été, pendant la recherche des cèpes ou juste après une averse éclaire, de celles qui surprennent le promeneur.

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Cependant nous ne sommes pas bredouillent. Les lépiotes élevées (Macrolepiota procera) sont de la partie. De forte stature, seul le chapeau est à prélevé. L'avantage de cette espèce, outre le fait qu'elle remplit rapidement le panier et qu'elle soit esthétique, est sa comestibilité.

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Si on prend soin de bien la cuire comme l'usage le recommande, ce champignon nommé également Coulemelle s'avère délicieux. Frit, grillé au barbecue, sauté à la crème ou en soupe, il peut se manger à toutes les sauces. On prendra cependant garde à son lieu de récolte, du fait qu'il soit un très bon bio-accumulateur. De ce fait, il est employé dans les analyses de sols pour déterminer leur teneur en agents chimiques polluants. Pour la trouver rien de plus simple, il suffit de s'aventurer dans les prairies, les bois clairs et les lisières riches en matière organique à décomposée. Attention cependant, des espèces semblables de lépiotes s'avères mortelles, autant bien connaître ses critères de détermination avant la récolte.

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Surprise, quelques girolles améthystes (Cantharellus amethysteus) nous attendent sagement dans la mousse, au milieu d'une forêt mixte composée de sapins blancs (Abies alba) et de hêtres communs (Fagus sylvatica) et dont les feuilles s'entassent déjà au sol. La sécheresse semble être passée par là, les specimens sont petits, craquelés et peu nombreux. Il faudra se monter patient avant la prochaine sortie pour mettre la main dessus.

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Dans une éclaircie, un petit buisson de callune commune (Calluna vulgaris) apparaît. l'espèce indique la présence d'un sol acide. Elle est l'hôte de nombreuses espèces d'insectes, en particulier de leur larve comme on le voit parfois avec la chenille du très beau petit paon de nuit (Saturnia pavonia).

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Ici elle indique la présence d'une tourbière, qui plus est ombrogène. Cependant elle a bien du mal à faire face à l'avancée de la fougère aigle (Pteridium aquilinum) qui peuple le lieu qui, en espèce pionnière, tend à le refermer, suivis bien souvent par les boulots blancs, hôte principal d'un champignon que j'affectionne tout particulièrement, l'amanite tue-mouche (Amanita muscaria). Pour en revenir à la callune, c'est une plante aux mille vertus, étant une très bonne mellifère, servant autrefois dans l'éllaboration des bières mais aussi, comme plante magique associée à la protection (notamment contre les fantômes).

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La récolte avance. Les mûres sont de saison. Nous les adorons. En salade, en sirop, en infusion, en confiture ... il y tellement de façon de les mettre en valeurs que nous nous privons d'en récolter une poignée dès que nous croisons un bosquet de ronces. Riches en vitamines, elles sont idéales pour affronter le froid.

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Instant de liberté face à la Grande Sûre dont la cime est plongée dans les nuages. Nous sommes dans une prairie à vaches surplombant Saint Laurent du Pont et sa vallée. L'herbe verte cache des merveilles dont un rond de sorcières de rosés des prés (Agaricus campestris). Hélas pour nous, nous arrivons un peu trop tard.

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Dans une partie pentue du bois, composé essentiellement de sapins blancs et où la lumière pénètre sans difficulté, nous faisons une jolie découverte. Il semblerait qu'il s'agisse d'une mâchoire de renard roux (Vulpes vulpes). Il faut se le dire, le renard à mauvaise presse. On le tire désormais de nuit dans certains départements. Dans la plupart, on le déterre, on l'enfume, on l'empoisonne, on le piège.

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C'est vrai que le goupil aime chaparder les poulets et les canards, et les dégâts ne sont pas sans conséquences dans les grands élevages de pleine. Est-ce pourtant autant la peine de le traquer partout ? Dans certaines vallées agricoles, on comprend désormais son rôle. Dans celle de la Valdaine, il est interdit de le chassé, afin de limiter les populations de campagnols qui dévastent les cultures. Plus de renards, moins de campagnols, la logique est simple mais encore dure à faire entendre, alors que dire de son impacte bénéfique sur la maladie de Lyme, lui qui réduit les populations de rongeurs qui font parties du cycle de ce mal ? Oh bien sûr, on peut parler de l'échinococcose que l'on nomme à tort maladie du renard et qu'il véhicule via ses déjections (et non son urine comme on l'entend souvent) mais cela ne concerne que 10 à 15 personnes par an et les vecteurs principaux en son le chien et le chat, autant dire que si l'argument était vraiment d'importance, nos compagnons auraient du soucis à ce faire. Quand à la rage, cela fait belle lurette qu'elle n'est plus présente sur le territoire français. Alors, si on laissait le renard roux un peu tranquille, histoire que les écosystèmes fonctionnent par eux mêmes et soient encore plus bénéfiques qu'ils ne le sont à l'agriculture ?

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Sur une souche, dans un boisement dense, nous tombons sur une multitude de carpophores (parties aériennes d'un champignon) de polypores soufrés (Laetiporus sulphureus). Pas plus simple à reconnaître que celui-ci : un chapeau marginé de blanc, des pores jaunes et absence du pied. Il n'y a pas à dire, en forêt il n'y en a pas deux comme lui.

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Aux Etats-Unis et au Canada, ce champignon est très recherché et est communément nommé "poulet des bois" en raison de sa chaire et de son goût proche de la volaille. Cependant, il faut bien l'appréter, la cuisson pouvant le rendre sec et filandreux. Pour ma part je le transforme en nuggets après un rapide blanchissement ou, je le découpe en fines lanière que je fais en fricassée dans de l'huile d'olive, de l'oignon, de l'ail et surtout, avec beaucoup de fromage de pays. Attention toute fois, les champignons nord-américains bien que très semblablent aux notres sont différents, aussi bien sur le plan de la biologie que de la comestibilité, d'autant plus que cette espèce ne convient pas aux estomacs sensibles. Les individus poussant sur des conifères (cette espèce appréciant également les feuillus), seraient plus indigestes. Mieux vaut lors d'une première dégustation le goûter en petite quantité.

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Dîner du soir. Au programme oeufs poêlés, chapeaux de lépiotes élevées revenus à l'huile d'olive, fricassée de polypores soufrés et gnocchi et infusion au mûres forestières. De quoi se régaler avec la récolte de notre promenade, il nous aura fallu un peu moins de 2 heures en forêt pour trouver de quoi confectionner notre repas.

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Sur le chemin, nous croisons pas moins de treize chevreuils (Capreolus capreolus). Chevrettes avec leurs faons de l'année, jeunes mâles en pleine forme ou petits groupes broutant dans les prairies enherbées, c'est notre jour de chance et pour cause, c'est le meilleur moment de la journée pour les observer. En effet, la lumière tombante, la fraîcheur amenée par la petite pluie du matin et le faible flux des voitures et promeneurs incitent les animaux à sortir du bois pour s'alimenter. Faute de prédateurs, leur population s'est accrue rapidement dans le secteur, présentant quelques problèmes pour le peuplement, en particulier sur les question de consanguinité et de maladies selon certains. Bien que chassée, en l'état des choses seule une prédation naturelle semble envisageable pour enrayer la dégradation génétique de l'espèce à l'échelle locale.

La nuit commence à tomber, il est temps de retourner chez soi pour s'atteler à la préparation du repas, et plus globalement, de la fin de l'été. Changement de contrat, même poste, je m'épanouie dans ma nouvelle filière : l'agriculture. Cependant, il me tarde de retourner à mes premiers amours : l'éducation à l'environnement. Qui sait ? d'ici quelques temps, peut être me croiserez vous au détour d'un bosquet, avec tout un groupe en quête de nature à découvrir. En attendant, il me reste à enfiler mes chaussures de randonnée et à vous dire à bientôt.

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