dimanche 19 janvier 2014

Sortie dans les bois 39.

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En ce moment il fait bon, et sans dire non plus beau, relativement doux. Quelques gouttes de pluie ont ponctué le début de cette promenade mais ce sont vite arrêtées. Petite montée donc au col des mille martyrs, histoire de voir à quoi peuvent ressembler les coins à champignons pendant la saison creuse. Sur cette photos, on peut voir que les hautes fougères qui abritaient bon nombre de cèpes (jusqu'à 32 lors d'une sortie) n'ont pas encore repoussées. Les genets sont nus et les bruyères n'ont plus de fleurs depuis belle lurette.

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Beaucoup de pins sont tombés sans toujours être en mauvaise santé. Les vents violents, la tempête de neige et même les orages que nous avons eu ces derniers temps ont eu raison d'eux. Si certains seront coupés pour dégager les chemins ou fournir du bois de chauffe, d'autres seront laissés en l'état pour fournir à toute une myriade d'insectes, d'oiseaux et de petits mammifères le gîte et le couvert.

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Ce n'est certes pas très ragoûtant, en particulier en gros plan, mais les excréments en nature sont de bons indicateurs de présence animale ou non. Je n'ai pas vu grand chose aujourd'hui, quelques mésanges, des corbeaux et quelques tourterelles, la faute peut être aux nombreux promeneurs accompagnés de leurs chiens mais on ne peut leur en vouloir, la forêt est à tout le monde. Pour revenir à nos crottes, il s'agiti ici de celles du chevreuil. Combinées aux nombreuses traces laissées dans le sol boueux, on peut en déduire que ce petit coin de verdure est un endroit q'uil apprécie lui et ses congénères.

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 La végétation n'est peut être pas aussi luxuriante que pendant les autres saisons mais il y a tout de même fort à voir. Les mousses (1 et 2) sont gorgées d'eau, certaines finissent mêmes de libérer leurs gamètes. Les fougères comme ce polypode (3 et 4) se reproduisent de la même manière avec de petits sacs, les sporanges qui contiennent leurs gamètes.

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Le lichen d'ordinaire haut perché sur les branches jonche le sol. Ce drôle de mariage entre une algue et un champignon permet aux herbivores comme les cerfs et les chevreuils de se nourrir pendant les périodes froides. Il est aussi riche en de nombreux nutriments. Ainsi certaines espèces sont employées dans la médecine pour fabriquer certains médicaments ou dans l'industrie agro-alimentaire comme émulsifiant.

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 Ce n'est peut être qu'une petite poignée mais c'est une belle surprise en ce début d'année. Alors oui bon nombre d'entres-vous me diront "des chanterelles grises en cette période c'est certes rare, mais pas exceptionnel non plus..." oui mais voilà, ici nous sommes dans les Alpes, à presque 900 mètres d'altitudes dans une forêt où en ce moment il fait jusqu'à -5°C, température relativement douce quand on sait que l'an dernier au même endroit on trouvait plus d'un mètre de neige gelée.

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Bref je suis contente et je dois avouer que ces quelques belles chanterelles ont vite fini dans une casserole. Mais elles n'étaient pas les seules à pousser dans la forêt.

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Divers champignons, bien que peu nombreux sont en effet apparus. Petits et ternes, ils se fondent dans le décor. Pas d'identification pour eux du moins pour le moment. Il y a même quelques vesses sont sorties mais ont pourri dès les premiers froids.

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Certaines zones sont accessibles, débarrassées par la neige et le gel des broussailles, des ronces et des hautes herbes qui aux premiers rayons de soleil pointeront le bout de leur nez. Les jeunes pousses font le régale des animaux mais aussi des promeneurs.

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Parmi les sommets enneigés visibles depuis le haut du col, la Dent du chat figure dans la liste des plus jolis mais aussi dans celel des plus rudes à escalader.

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 De jolis polypores marignés ont prit place sur les vieux poteaux de délimitation. Leur croissance a été rapide, tant et si bien qu'ils ont fini par engloutir le lierre.

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Il fait peut être beau mais il ne faut pas non plus se leurrer, nous sommes en Hiver et bien que pour le moment la neige n'a pas fait trop souvent son apparition (n'oublions pas néanmoins le mois de Novembre), il est évident que la végétation somnole et que les premières fleurs se ferront comme toujours attendre bien que par endroit les primevères accaules offrent leurs beaux pétals jaunes.

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Je termine ma promenade par la visite d'une petite marre située près du sommet. J'aurai aimé avoir des photos de qualité pour vous présenter ma découverte qui me remplit de joie. Au fond de l'eau, dans un brouillard de vase, des dizaines et des dizaines, peut être même plus d'une centaine de batraciens se mêlent à la boue. Crapauds et grenouilles de toutes tailles et de toutes couleurs, variant de l'orangé au vert en passant par les teintes de gris et parfois de jaune sont en hibernation. A ma grande surprise tout ce petit monde s'agite à la recherche de la meilleure position de sommeil, peut être que la douceur de ses jours n'y ait pas pour rien mais d'ici demain il faudra compter sur le retour de la neige et du froid. En tout cas je suis ravie de ce spectacle et dans les entres-mêlât de pâtes, de ventres claires et de dos alongés je parviens à distinguer de nombreuses grenouilles rousses et vertes, quelques crapauds communs et me^me un ventre jaune tacheté de noir. Un crapaud sonneur? c'est trop beau pour être vrai.
C'est sur cette jolie note que se termine cette ballade.

 


vendredi 10 janvier 2014

Sel de cèpes.

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Cette année a été une belle année à cèpes. Résultats nous voilà avec un lot de champignons séchers bien pratiquent à utiliser et à offrir, en particulier pendant les fêtes mais pas seulement. Voici une petite recette pour les utiliser de la meilleure des manières: le sel de cèpes.

Ingrédients:

- du sel de Guérande ou de la fleur de sel.
- des cèpes séchers.
-  un mixeur.

Il faut donc peu de choses pour réussir ce fameux sel de cèpes. On mélange une petite poignée de champignons pour 250 à 300 gr de sel que l'on mixe (ça c'est pour le côté pratique). Dans la crème, les pâtes, avec la viande, leslégumes.... c'est un délice.

dimanche 5 janvier 2014

Changement de Nom.

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Après avoir hésité longuement, le blog "Grimoires, carnets et illustrtions" devient officiellement "La Renarde des Alpes", titre à mon sens beaucoup plus adapté à celui-ci,à son contenu, à ce que je veux mettre en avant mais aussi à ma personnalité.

Bref, changement de nom mais l'adresse reste la même: http://grimoirescarnets.canalblog.com/. Cependant dans les moteurs de recherches, taper l'un ou l'autre de ces titres vous mènera toujours chez moi. 

mercredi 1 janvier 2014

La bonne année.

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Je vous souhaite la bonne année!

Qu'elle soit riche en Nature et en découvertes. Que les paniers foisonnes de champignons, de plantes, de mousses et de lichens. Que les animaux apparaissent derrière les verres de vos jumelles et que le temps soit doux et clément pour vos potagers.

dimanche 29 décembre 2013

Champignons, composition et pH du sol.

Photo libre de droits.

 

L'hiver est long et peu de choses se passent dans le jardin. J'ai bien quelques photos mais rien d'extraordianaire (hormis des portraits de chats à profusion), j'attends donc d'avoir un peu plus de contenu pour vous pondre un petit article sur la jardin et ses alentours. Bref, en ce moment on s'occupe comme on peut, pour ma part je disserte pas mal sur la gente mycologique et il m'est venue l'idée d'entreprendre une expérimentation. Celle-ci m'a été soufflé par l'ami Fab du forum "le club des cèpes" qui actuellement test le pH et la température de ses petits coins à champignons. Alors je me suis dit que je pourrais tester l'expérience moi aussi (merci Fab). 

D'ordinaire le pH (c'est à dire le potentiel Hydrogène: la présence élevée ou non d'ions d'hydrogène) permet au jardinier, au paysagiste ou à l'agriculture de connaître la composition du sol et de savoir quelques plantes ou cultures s'épanouirrons sur une parcelle définie. Pour faire simple, le pH permet de savoir si un sol est acide (pH<5), neutre (pH=7) ou basique (pH>7, on parlera alors de sol alcalin) à partir d'une échelle qui va de 1 à 14. Par exemple pour les plantes, le rhododendron se plaira dans les sols acides contrairement au pavot qui préférera les sols alcalins.

Le pH varie en fonction de nombreux facteurs: composition chimique du sol (roches/minéraux), présence de courts d'eau, acidité ou non des pluies locales, activité de la micro faune dans le sol et de la végétation environnante (humus par exemple)... J'ai opté pour le papier pH car il est peu coûteux et facile d'emploit mais il existe aussi des sondes pH, plus onéreuses mais efficaces. On peut même fabriquer son propre papier pH en utilisant du chou rouge, pour ce faire les infos sont ici (le site explique tout sur le pH au passage). Mais pour le moment je préfère faire confiance aux produits que l'on trouve dans le commerce.

Mais pourquoi parler de pH pour les champignons? Tout simplement parce que ceux-ci tirent leurs nutriments presque uniquement du sol (en fonction des espèces). De ce fait ils pourraient être sensibles au pH, ce qui permettrait d'expliquer pourquoi à certains endroits qui sembles pourtant parfaits (arbres hôtes, températures, inclinaison du sol etc...), ils se font absents. Cela permettrait ainsi d'établir rapidement et facilement les zones de prospections. On sait déjà que certains champignons apprécient des sols définis comme la morille (certaines aiment les sols calcaires, d'autres ceux qui sont sableux) mais on sait rarement sur quel sol et quel pH elles poussent.

Mais pour le moment cela n'est que de la théorie, il faudra attendre un peu avant que les premiers résultats tombent. Il reste encore tout l'hiver pour y réfléchir.

 

Autre point:

La composition du sol joue donc sur le pH mais aussi sur l'hygrométrie (la "teneur" en eau), la masse et le type de nutriments ou encore la facilité ou non que peut avoir le mycélium à étirer ses filaments pour capter sa nourriture. De ce fait identifier un sol permet bien souvent de savoir où chercher des champignons maissurtout, leurs arbres et plantes hôtes. Il y a quatre composants types dans un sol: l'argile, l'humus, le calcaire, le sable. Voici quelques indications pour reconnaître la ou les prédominances d'un sol. N'oublions pas que ce n'est pas une science exacte et qu'une terre peut être composée de plusieurs types de sols (par exemple une terre où se mélange une zone argile et une zone calcaire comme dans mon coin d'Isère).

- sol argileux: humide il colle, sèche il est dure. Sa terre est rouge/orangé/ocre. On le nomme terre lourde. Les plantes qui l'apprécie sont le bouton d'or, la pâquerette, le jonc, le liseron, l'hellebore, les rosiers sauvages, aubépine, le bouleau, le peuplier, le prunier et le framboisier.

- sol sabloneux: une poignée de celui-ci n'a pas de cohésion. Il ne retient pas l'eau, se réchauffe facilement et sèche rapidement. Sa terre est caire. Il est apprécié des euphorbes, des géraniums, des sédums, des millepertuis, du frêne, du peuplier, du sorbier, du fraisier des bois, de lavigne, du figuier, des ronces.

- sol humifère: il est riche en humus comme son nom l'indique. Il est noir, acide, spongieux et riche en nutriments. Les plantes que l'on trouve sur celui-ci sont l'ortie, la fougère, le bouton d'or, la bruyère, la digitale, le genêt, la gentiane, le lis, le houx, le châtaignier, l'ail sauvage, le myrtillier, le pommier et le framboisier.

- sol calcaire: il est composé de 10 à 30% de carbonate de chaux et d'argile ce qui forme une terre collante plutôt blanchâtre et crayeuse. Il est léger, se dessèche vite par de forte chaleurs, craquelle, permet la pénétration des gelées, retient mal les nutriments (en particulier du fer ce qui provoque la chlorose des feuilles) et est perméable à l'eau. On le reconnaît aux nombreux cailloux à la surface de celui-ci. Sur celui-ci on trouve le coquelicot, le trèfle blanc, les ancolies, la primevère, l'oeillet, l'Aulne, le bouleau, le hêtre, le charme, le nisetier, le peuplier, le tilleul, le prunier et la vigne.

 Sources: http://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/fp_sol_analyse.php3


samedi 7 décembre 2013

Relevés mycologiques pour l'année 2013

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Voici une petite série de schémas réalisés à l'aide d'Open office où sont répertoriés quelques informations sur des espèces de champignons qui font le bonheur des papilles et des gourmets. Et pendant que l'on parle de chiffres, voilà un lien qui pourra vous indiquer la production mondiale de champignons: http://www.planetoscope.com/fruits-legumes/1191-production-mondiale-de-champignons.html

Et pour mieux voir les images cliquez dessus ou téléchargez les.

données morilles 1données truffes d'été 1données cèpes 1données lépiotes élevées 1

 Rajoutons à cela les tableaux des récoltes sur chaque mois pour se donner un avis sur la pousse en fonction des éléments et des conditions climatiques.

mois d'avril

mois d'août

mois de septembre

 

Comptage des cueillettes.

Voici un petit résumé des cueilettes de l'année, du moins pour l'instant. La date, la Lune et les températures sont là à titre indicateur. Si j'en ai le courage, je réaliserai un petit schéma ou organigramme pour corrolationner toutes ces données.

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À savoir que ces chiffres concernent l'Isère, en zone de moyenne montagne entre 450 et 890 mètres d'altittude et que le sol sur le quel les champignons poussent est majoritairement calcaire (voir très calcaire) et plus ou moins argileux.

 

Janvier:

12/01/13: 01% de visibilité de la lune, températures entre 0°C et 5°C, 30 gr d'oreilles de judas.

Mars:

23/03/13: 80 % de visibilité de la lune, T entre 7 et 14°C, 30 gr de pézizes veinées.

Avril: 

05/04/13: 30% de visibilitéde la lune, T entre 7 et 8°C, 30 gr  de pézizes veinées. 

06/04/13: 21% de visibilitéde la lune, T entre 8 et 10°C, 600 gr de pézizes veinées.

13/04/13: 07% de visibilitéde la lune, T entre 10 et 15°C, 600 gr de pézizes veinées.

26/04/13: pleine lune, T entre 10 et 14°C, une poignée de pézizes veinées, 20 morilles, 1 morille conique.

29/04/13: 86% de visibilité de la lune, T entre 10 et 13°C, 5 morilles, 4 grosses pézizes, 4 verpes en forme de doigt, 1 morillon à demi-libre, 800 gr d’oreilles de judas.

Mai:

04/05/13: 34% de visibilité de la lune, T entre 9 et 15°C, 2 morillons à demi libre, 5 verpes coniques, 800 gr d'oreilles de judas.

05/05/13: 24% de visibilité de la lune, T entre 6 et 17°C, une poignée de mousserons Saint George.

Juin:

02/06/13: 37% de visibilité de la lune, T entre 10 et 15°C, 6 truffes d'été.

Juillet:

02/07/13: 32% de visibilité de la lune, T entre 15 et 27°C, 3 petites girolles, 2 grosses truffes d'été.

05/07/13: 10% de visibilité de la lune, T entre 20 et 27°C, 1 petite truffe d'été.

21/07/13: 96% de visibilité de la lune, T entre 20 et 31°C, 1 truffe d'été.

23/07/13: 99% de visibilité de la lune, T entre 24 et 31°C, 6 gros cèpes d'été très véreux, 1 dizaine de girolles.

25/07/13: 93% de visibilité de la lune, T entre 25 et 32°C, quelques girolles.

Août:

09/08/13: 04% de visibilité de la lune, T entre 18 et 23 °C, 2 petites truffes, 1 cèpe d'été en bouchon, un bol de girolles.

14/08/13: 50% de visibilité de la lune, T entre 19 et 25°C, 4 cèpes d'été et 2 poignées de girolles.

17/08/13: 78% de visibilité de la lune, T entre 22 et 30°C, 22 cèpes d'été.

19/08/13: 94% de visibilité de la lune, T entre 22 et 27°C, 11 cèpes d'été.

20/08/13: 96% de visibilité de la lune, T entre 21 et 26°C, 3 kg de girolles, 1 cèpe passé et très véreux.21/08/13: pleine lune, T entre 18 et 26°C, 1 cèpe d'été et une lépiote élevée.

23/08/13: 95% de visibilité de la lune, T entre 22 et 30°C, 2 cèpes d'été.

27/08/13: 64% de visibilité de la lune, T entre 16 et 22°C, un gros bol de girolles et 4 cèpes d'été.

29/08/13: 44% de visibilité de la lune, T entre 17 et 25°C, 300 gr de girolles et 4 cèpe d'été.

30/08/13: 35% de visibilité de la lune, T entre 18 et 26°C, 200 gr de girolles.

Septembre

04/09/13: 02% de visibilité de la lune, T entre 19 et 30°C, 2 poignées de girolles.

06/09/13: 01% de visibilité de la lune, T entre 21 et 28°C, une grosse truffe d'été.

Entre le 10/09/13 et le 20/09/13 récolte de l'équivalent d'un panier de girolles.

16/09/13: 85% de visibilité de la lune, T entre 14 et 16°C, 8 rosés des prés.

22/09/13: 93% de visibilité de la lune, T entre 14 et 22°C, 22 lépiotes élevées.

23/09/13: 86% de visibilité de la lune, T entre 14 et 23°C, 12 lépiotes élevées et un bol de pied de moutons.

27/09/13: 50% de visibilité de la lune, T entre 16 et 28°C, un demi panier de trompettes de la mort x 2 (environ 4kg), quelques chanterelles en tubes, quelques pieds de moutons, 6 girolles, 5 lépiotes élevées.

28/09/13: 42% de visibilité de la lune, T entre 16 et 23°C, une cinquantaine de girolles, une trentaine de pieds de moutons, 3 rosés des prés, 2 marasmes des oréades, une petite truffe d'été, 32 cèpes d'été, un cèpe de Bordeaux, 6 lépiotes, 4 cèpes edulis, une dizaine de chanterelles en tube.

30/09/13: 24% de visibilité de la lune, T entre 16 et 21°C, 7 cèpes d'été en bouchons, 200 gr de chanterelles, 2 lactaires délicieux, 100gr de pieds de moutons, quelques chanterelles en tube, 200gr de trompettes de la mort.  

Octobre

17/10/13: 24% de visibilité de la lune, T entre 13 et 20°C, une demi cagette de chanterelles en tube (1,5 kg), 150 gr de pieds de mouton, 50 gr de girolles.

Entre le 17/10/13 et le 26/10/13 récolte à chaque sortie (2 fois) d'un panier et demi de chanterelles en tube et de quelques pieds de moutons et de girolles.

Novembre (Les récoltes suivantes concernent celles réalisées pendant mon woofing, c'est à dire entre la Gironde et la Dordogne et non l'Isère. Le sol n'est pas calcaire, l'altitude se situe entre 10 et 119 mètres d'altitude).

Entre le 04/11/13 et le 07/11/13 récolte de quelques coulemelles.

08/11/13: 25% de visibilité de la lune, T entre 14 et 13°C, une dizaines de pieds de moutons, une boule de neige.

Entre le 09/11/13 et le 13/11/13 récolte de 14 lépiotes élevées, de 200gr de pieds de moutons, découverte d'un cèpe écrasé et d'un tapis de chanterelles jaunes.

19/11/13: 96% de visibilité de la lune, T entre 6 et 8°C, 1 kg de pieds de moutons, 2 kg de chanterelles jaunes, 3 lépiotes élevées.

22/11/13: 83% visibilité de la lune, T entre 4 et 5°C, 800gr de pieds de moutons, 3,5 kg de chanterelles jaunes.

 

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mardi 26 novembre 2013

Mon premier Wwoofing: à la ferme Leyssart.

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(Environs 2500 moutons landais et 250 chèvres des Pyrénées paissent tranquillement sous le regard attentionné des bergers.)

Que dire pour débuter? Que du 4 au 24 novembre 2013 je m'en suis en allée en terre d'Aquitaine, entre la Gironde et la Dordogne à Puynormand et plus exactement à la ferme Leyssart pour m'initier à l'élevage et la conservation d'espéces domestiques rares voir en voie d'extinction. Me voilà ainsi embarquée pour 9 à 10 heures de train, en passant par de nombreuses villes avec l'intercité: Voiron, Lyon, Montpellier mais aussi Sète où du train j'aurais la joie de voir des flamands roses, la mer et l'étang de Thau, Bézier, ses vielles pierres et sa cathédrale, Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Montauban, Agen, Marmande, Montpellier ainsi que St Seurin sur Isle. Bref, un joli parcours.

Avant de commencer, je tiens à présenter et à remercier les différents acteurs de mon séjour qui ont été formidables.

Les woofers Simon, Alice, Rodrigo, Lucas, Alexandre et Sophie. Les bergers et apprentis bergers et chevriers Boris, Sarah, Emilie, Camille, Quentin et Baptiste (et son malinois Aïko). La secrétaire Marine et Dominique, propriétaire et exploitant de la ferme, riche en conseils, en connaissances et parfois en utopies.

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La bâtisse où je suis accueilli est jolie et sans prétention. Une grande pièce fait office de salle de vie: on y cuisine, on y mange, on y joue et on y lit. Une grande cheminé et un poêle à bois chauffent le tout. Le mobilier est simple comme les conditions de vie, ce qui me va bien. Des caravanes et un mobile-home accueillent les wwoofers de passage. Néanmoins il y fait froid (hormis dans les deux chambres à l'intérieur qui bénéficies du chauffage). À mon sens il y est plus agréable d'y séjourner à la belle saison.

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Polochon est l'une des stars de la ferme. Avec sa soeur Gribouille et les chattes de la maison, l'adorable chaton anime nos soirées par de nombreuses pirouettes et bêtises qui bien souvent, entraient les fous rires.

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Il y a de nombreux chiens à la ferme, et le plus vaillant de tous est Toto, alias Pirate (1) qui n'a pas laissé insensible Simon. Fidèle, ils nous a suivi partout tout au long du séjour. Zonza (2), le chien de Sophie a subi de temps à autre nos éclairs de génie. Ces jours-ci à la ferme il y a eu de nombreuses naissances. En tout, c'est quatre portées de chiots qui braillent ici et là. Les chiots (3 et 4de la brave Duma, chien de berger et de Lancelot, gardien du troupeau sont de loin les plus beaux. 

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(Ici Rodrigo et Dominique qui attrapent un mouton pour la vente.)

Revenons en au but de la ferme. Leyssart fait parti du Conservatoire d'Aquitaine, en parti fondé par Dominique. Elle a pour but comme il est dit plus haut, de préserver des espèces animales domestiques rares, en introduisant parfois des gènes d'autres espèces pour éviter la consanguinité. Certains animaux sont vendus à des fins reproductrices, d'autres pour leur viande ou le plaisir d'en posséder afin de mieux faire connaître ces races oubliées. Ainsi, et depuis 1992, Dominique a fait reconnaître puis réintroduire dans les clapiers le lapin-chèvre ou lapin-bicot qui connait un bel éssort.

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Les rouges du Roussillons sont des moutons originaires de méditerranée et plus anciennement d'Asie Centrale et du Moyen Orient. Élevés en parti à l'étranger pour leur lait, ils sont ici vendus pour leur viande. On reconnaît cette espèce à son poids (55 à 65 kg pour une brebis, 90 kg pour un bélier), à la robe sombre de l'agneau naissant, de son front bien particulier qui marque les globes oculaires et surtout, à sa laine blanche, à sa tête et à ses pattes rousses. La production de ces moutons commença il y a plus de 20 ans avec 12 brebis, à l'heure actuelle il y en environ 2000.

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La race Chinchilla a été ajouté puis assimilée petit à petit aux rouges du Roussilon pour éviter les désagréments que peut entraîner la consanguinité, chose courante dans les espèces à faible effectif.

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Autre espèce élevée, le mouton landais. C'est une des plus anciennes races de mouton français. Pratiquement disparu en 1965, il subsiste en grande partie grâce à cet élevage (on en compte 2500). Autrefois on l'élevait pour sa laine et surtout pour sa viande. La race a été standardisée très récemment, le terme Landais/Landaises désignant des animaux propres à un territoire s'étirant de Bordeaux aux Pyrénées. Les animaux peuvent être blancs, noirs mais sont le plus souvent tâcheté. Ils peuvent plus rarement être bruns. Bons marcheurs, ils sont petits et ont une épaisse laine.

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Les landaises sont connues pour leur fort caractère, leur témérité et leur goût pour la liberté ce qui explique pourquoi de temps à autre elles partent en vadrouille, laissant l'enclos vide et le berger dépité. Il y en aurait entre 3000 et 4000 en France. C'est cette race que les bergers landais gardaient du haut de leurs longues échasses.

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Avec les moutons se trouvent 250 chèvres des Pyrénées. Elles ont failli disparaître dans les années 80 et ont été reconnues comme race dans les années 90. Rustiques, elles produisent une viande de chevreau, un lait et un fromage de qualité. On en compte aujourd'hui 3000 sur le territoire français. On les reconnaît à leur long pelage, aux cornes majestueuses des boucs, à leur tête massive, à leurs oreilles lourdes. Autrefois on les plaçait en petits nombres dans les groupes d'ovins en estive pour satisfaire les besoins des bergers. En bas à gauche on peut voir la belle Gribouille, docile chèvre qui aime les caresses et en réclament bien souvent pour le plus grand plaisir des wwoofers.

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Une chèvre des Pyrénées peut produire jusqu'à 500 kg de lait par an! On en rencontrait dans les rues de Paris où la traite s'effectuait devant les clients. Aujourd'hui on commence à sélectionner l'esthétique de l'animal. Les défauts de mamelles, les poils cours, les petites cornes et les animaux possédants une bande noire sur le dos sont réformés.

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Avec le troupeau de landaises et de chèvres se trouve Jolie-coeur. Cette lourdaise (je reviendrai sur cette race) apprécie depuis plusieurs années la compagnie du troupeau. Séparée de celui-ci, elle a trouvé la route pour le rejoindre et depuis elle ne le quitte plus. Calme et douce mais avec un petit caractère tout de même, elle adore les caresses et se laisse parfois embêter. A l'occasion la voici coiffée d'une couronne de feuilles de chêne ( comme en haut à droite par exemple).

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A propos de lourdaises, en voici quelques unes. Dans les années 80, on comptait plus qu'une 30 aines d'individus, dont 4 taureaux. Aujourd'hui la ferme en compte environ 70-80 sur les 221 recensés en 2010. On reconnaît une vache lourdaise à sa couleur blanche, crème ou froment, à ses cornes en lyre, à son bassin ample et aux poils touffus de son front. De tempérament calme, les lourdaises sont douces et faciles à dresser (2 fois plus rapidement qu'une autre espéce). On tente de les réintroduire dans le schéma de production classique pour la viande de veaux. 

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Quelques souches de races anglaises ont été introduites à la race pour éviter que celle-ci ne disparaisse à cause de sa faiblesse génétique. C'est un animal typique des Pyrénées et du sud-ouest. Parfois elles aiment se balader. Le vieux taureau a fait escale dans le camping local, il sera rapidement ramené dans son prés.

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Autres vaches élevées ici, les béarnaises. Elles sont également 70 à 80 à vivre sur l'exploitation. Vaches typiques des Pyrénées, elels ont été alliées à la race Garonnaise en 1961 pour créer la célébre blonde d'Aquitaine. Suite à cela, on en comptait plus qu'une trentaines avec quelques tareaux. Rustiques, elles ont une robe le plus souvent froment, sont puissantes et charpentées. Leurs grands cornes sont un de leurs signes distinctifs avec leur tour d'oeil clair. Appelées aussi vaches blondes des Pyrénées, elles étaient employées pour les travaux des champs, en particulier dans les Landes et en Gironde. Elles donnent un lait riche et de bons fromages. En 2011 on en comptait environ 190.

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Autres animaux que l'on peut rencontrer à Leyssart, les ânes des Pyénées. Ils ont manqué de disparaître dans les années 90 mais reviennent en force, ils font d'ailleurs l'objet de contrôles et de sélections rigoureuses, le plus souvent par un jury de professionnels. Autrefois ils servaient de monture dans les montagnes à raison de son adaptation facile au climat rude. On l'employait pour effectuer les travaux agricoles ou les livraisons (à savoir qu'il peut porter le quart de son poids).

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On rencontre également une quarantaine de porcs gascons à Leyssart. Ces animaux typés sont réputés pour leur calme mais aussi pour la qualité de leur chair dont on tire des charcuteries vendues comme produits de haute gamme et leur résistance aux maladies. C'est une des formes dernières formes des porcs originels en France. En 1970 il manque de disparaître et une grande campagne de protection est mise en route. En 2008 on comptait 938 truies reproductrices. Il se caractérise par sa robe noire, sa petite taille et surtout, ses grandes et larges oreilles tombantes. 

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Et puis il y a aussi Serge, le lama, rebaptisé ainsi en raison des aventures de son collègue Bordelais. Docile il a droit, de temps à autre le matin à sa poignée de grains. Enfin ça c'est uniquement quand le vieux bouc ne vient pas lui chaparder sa part. 

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Il y a encore quelques pensionnaires à présenter, dont les oies (1) qui sont quatre et qui font la loi dans la basse cour, accompagnées de quelques poules landaises. Sur celles-ci, on peut lire ce petit extrait, sortie du site webqui  leur ait consacré (ici): "En 1987, un autre passionné se lance à son tour dans le sauvetage de cette race à la ferme-conservatoire de Leyssart, avec l'appui du Conservatoire des Races d'Aquitaine. Tout commence par une visite chez Guy Ribéreau-Gayon. "Au départ, nous devions nous retrouver pour aller voir des porcs gascons, se souvient Dominique Massoubre, mais il m' a montré les poules landaises qu'il tenait de monsieur Jourdan. Comme il avait des œufs, je suis reparti avec deux douzaines que j'ai aussitôt mises à couver sous une poule". De ces œufs naîtront quatre poules et un coq bien typés qui constitueront la base de l'élevage de Leyssart. Au début, Dominique Massoubre rencontre de nombreux problèmes liés à la consanguinité. Ses Landaises sont de santé fragile. Leur fécondité est mauvaise. Les poussins meurent jeunes. Les adultes restent fragiles et vulnérables aux parasites. L'emploi de vermifuge est indispensable pour les protéger.  "Les animaux que nous confions pour sauver la race étaient tellement fragiles qu'il s'en perdait beaucoup mais, petit à petit, les choses se sont améliorées avec la multiplication du nombre de reproducteurs. Ca a commencé à bien marcher quand nous avons atteint les quatre-vingts poules et vingt coqs".  Les efforts de Domimique Massoubre qui avait misé sur un élevage en liberté avec un maximum de reproducteurs portent enfin leurs fruits. Les poules deviennent progressivement moins délicates. Par contre, le travail de sélection sur le phénotype reste, lui, plus aléatoire. L'apparition de plumes rouges parmi les lancettes du camail sera longue à résorber et une partie des petits ne sont toujours pas parfaitement typés. S'il est relativement aisé d'obtenir de beaux oreillons jaunes chez les coqs, il en va tout autrement chez les poules (sauf celles qui sont restées très consanguines) dont le jaune a tendance à ternir et à virer au blanc quand elles commencent à pondre. Mais petit à petit, les choses progressent. On notera que, si elles ont toutes les deux été couronnées de succès, les démarches de Dominique Massoubre et d'Alain Dabé sont diamétralement opposées. Le premier a misé sur un élevage en totale liberté, en partant du principe que les coqs vont naturellement s'accoupler avec les poules les plus éloignées génétiquement. Le second a opté pour une maîtrise de la reproduction par couples comme le font les colombophiles, un marquage des petits, une gestion rigoureuse des accouplements, des lignées et de la consanguinité dont il faut "user mais ne jamais abuser", tient-il à préciser." On trouve aussi le lapin-chèvre (2) présenté au début de cet article et 7-8 dindes et dindons gascons (3), qui autrefois étaient élevés pour leur chaire tendre et menés tel les moutons dans les bois et près où ils se nourrissaient de divers graines et insectes. Aujourd'hui on compte une cinquantaine de reproducteurs à travers le pays. La bergerie se prépare pour l'agnolage, d'ailleurs son premier agneau biberon est arrivé (4). Rajoutez à tous cela deux tortues et une jolie tourterelle qui blessée, a trouvé refuge dans cette arche de Noé.

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Rajoutons à cela une vingtaine de Pottoks. Ces petits chevaux basques sont emblématiques de la région et on peut en croiser de temps à autres à l'état sauvage dans les Pyrénées où ils nettoient les flancs rocheux. Ceux de la ferme ne sont pas toujours faciles à approcher. Cependant une bonne poignée de pain dur suffit (parfois) à les faire venir. Aujourd'hui on en recense 6000.

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Robustes, on les utilisait pour transporter la contrebande et les marchandises. On les utilise aujourd'hui pour l'attelage. De la ferme, deux grands étalons à forte renommé on été sélectionné pour la monte publique, permettant un brassage génétique plus important chez cette espèce qui présente une gamme de couleur importante mais qui à l'origine était noire.

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(Ici le troupeau de landaises en transhumance face au point culminant de la Gironde, 119 mètres, où elles iront bientôt pâturer.)

Mais la conservation n'est pas l'unique but de la ferme. Moutons et chèvres (rappelons que le troupeau de Landaise est le plus grand d'Aquitaine et que celui de rouge roussilon en est le deuxième), partent tout les 2 à 4 jours en transhumance dans les vertes pâtures. En effet la ferme ne possède que 10 hectares de terre (Dominique se définit à ce titre comme berger sans terre). Pour nourrir tout ce petit monde, les voisins et exploitants locaux prêtent pour, 1, 2 voir 3 jours leurs terres. Les bénéfices sont nombreux, en voici quelques uns:

- Dans les vignes ils nettoient les mauvaises herbes et les ronces, en particulier dans les vignobles bio.

- Dans les friches ils rendent des zones inexploitables pour l'Homme propices à l'agriculture et à l'élevage.

- Dans les prés, ils fertilisent le sol et accélèrent pour la fauche la pousse de l'herbe broutée.

- Dans les parcs des châteaux, ils nettoient les allées, les bois et les pelouses.

- Ils font revivre tout un pend traditionaliste issu de nos belles montagnes.

- Ils sont une alternative efficace aux pesticides et aux engrais chimiques.

- Ils désherbent les repoussent indésirables de céréales ce qui permet aux agriculteurs de ressemer sans travailler longuement la terre.

Mais cet technique demande une bonne connaissance des sols et de la composition des herbes et des plantes présentes. En effet, donner trop ou pas assez d'un certain type d'alimentation aux brebis peut leur donner des graves soucis de santé.

Enfin il faut avoir une sacrée mémoire, en effet le lot de terres mises à disposition varie entre 1500 et 2000 hectares le tout sur de nombreuses communes. De plus les troupeaux se trouvent parfois à plus de 25 km de la ferme, ce qui demande une bonne maîtrise des petites routes locales.

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(Ici les rouges du Roussilon en transhumance.)

 C'est toujours un grand émerveillement quand les moutons traversent un village ou une lande par la route mais c'est aussi un bel effort de concentration. Il faut veiller à ce que les animaux ne soient pas trop stressés, ne soient ni trop lents, ni trop rapides, que le troupeau ne se divise pas en plusieurs groupes, que les animaux suivent, qu'ils ne partent pas manger les fleurs de la voisine, une vigne ou un champs de culture qui leurs sont interdits. Pour se faire il y a la voix du berger, le bâton de Dominique et les chiens de bergers qui sont rapides comme l'éclaire et tout aussi efficaces. À mon goût, la tension a été la plus grande les jours où nous avons dû passer le chemin de fer avec les 2000 moutons mais au final tout c'est très bien passé.

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Les agneaux rouge du Roussilon se différencient des adultes de par leur robe brun-rouge. Ils deviendront vite blancs et roux comme leur parents. Bien souvent, ils ne laissent pas insensibles les promeneurs, les habitants des villages et les automobilistes qui assistent au spectacle qu'est la transhumance. Il arrive parfois que l'on puisse parcourir jusqu'à 10 km dans une journée (chose qui reste rare) à raison de 3 à 4 km par heure.

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Entre chaque déplacement, les moutons sont arrêtés de temps à autre dans une friche ou une vigne pour se nourrir, se calmer, reprendre des forces, allaiter leurs petits voir piquer un somme. 

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Il n'est pas courant de voir des moutons pâturer dans les vignes, pourtant c'est une pratique ancienne. Elle est aisée ici car la plupart pour ne pas dire la totalité des vignobles ont mécanisé la récolte du raisin, les fils sont donc plus hauts et les ceps assez espacées ce qui empêche les moutons de s'y empêtrer et de les abîmer. Testé en pâturage expérimentale il y a plusieurs années, l'emploie de moutons pour désherber les vignobles s'est relevé être concluant. Et les vignes, ce n'est pas ce qui manque, en effet de nombreux domaines prestigieux entours la ferme. C'est là que sont produits le Saint Emilion ou le Castillon ainsi que de nombreux Bordeaux supérieurs. N'oublions pas non plus le domaine Moulin Tendresse et bien d'autres par le quel les moutons ont transhumé.

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À Nastringue, nous avons la chance de faire un super tour de remorque atteler à la tondeuse du propriétaire du domaine local qui pour quelques jours a mit à disposition 20 hectares de champs, de repousses d'avoine et de vignes pour les brebis. Entre les salades et les poireaux, c'est confortablement installés que nous visitons ce petit coin verdoyant.

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Au domaine Pitray, chèvres et moutons ont pour mission de nettoyer les bois, ronciers et champs de la haute végétation qui les envahissent. Cela donne des scènes assez incroyables où l'on peut voir les animaux crapahuter devant le château et la chapelle de style néo-gothique. Dans le sous-bois, de drôles de bolets, qui me sont inconnus, poussent sous les chênes chevelus (ils tirent leur nom des longs poils qui se trouvent sur les glands). On pourrait croire qu'il s'agît de pains de cake. Le pied est fragile et presque creux avec une sorte de moelle, le chapeau est roux, la chair blanche, les tubes crèmes. Merci à Mjlamarque pour les précisions, les bolets inconnus sont des bolets châtains à pieds creux.

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Garde au wwoofeur qui laisse son sac sans surveillance! Friands de grains et de pain sec qui parfois servent à mener le troupeau vers une nouvelle pâture, les moutons attirés par l'odeur du pique-nique peuvent se montrer très curieux voir légèrement envahissants.

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 Autre surprise, dans un petit coin de forêt, un grand champ se dresse et au milieu de celui-ci un charmant cottage anglais. C'est là que vit une professeur de littérature britannique de 75 ans. Depuis plus de 15 ans, elle fait venir les moutons chez elle pour nettoyer ce petit coin de paradis entouré de ruisseaux et de grands chênes qui commencent à jaunir.

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Le point culminant de la Gironde (119 mètres) est propriété de l'armée. Aujourd'hui entièrement informatisé, le petit complexe qui se trouve sous les grandes paraboles à longtemps était occupé.

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Pour protéger tout ce petit monde des vols (bien trop fréquents) et des attaques de chiens errants mais aussi domestiques, les chiens de garde sont affectés aux troupeaux. L'idéal est de faire téter au pie des brebis le jeune chiot pour qu'il s'identifie aux moutons. En général on le place très tôt, parfois avant son sevrage dans la bergerie. Au troupeau des landaises, Dora et Lancelot (1 et 2) montent la garde. Ce sont deux gros pépères adorables (une patou et un patou croisé chien de chasse)  qui aiment de temps à autre faire une petite sieste. Aux rouges du roussillon on trouve Éponyme (3 et 4), une 3/4 patou, ou passetou comme dit Dominique bien brave qui adore les caresses. 

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Parole est la chienne avec laquelle nous avons travaillé, du moins pendant mon séjour. Vive et affectueuse, elle est un excellent chien de berger. Droit, gauche, passe, derrière, stop sont quelques uns des nombreux ordres qu'elle connaît, sans oublier le fameux "hop hop hop" où elle vient poser ses deux pattes avant sur les jambes des apprentis bergers.

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Passage par la Dordogne, au plus loin de la ferme, où les rouges du Roussilon passeront quelques jours. Avec les nombreuses et fortes pluies, le niveau de l'eau est assez élevé. Sur la rivière, cormorans, mouettes, hérons cendrés et cygnes nous ont offerts un joli spectacle. Les moutons pâturent à proximité d'une pépinière qui fait aussi roseraie. Déjà les sapins de Noël sont conditionnés pour être vendus! Il s'agit d'une nouvelle espèce, d'un prototype de sapin squi une fois abattus restent verts pendant un an, d'où son conditionnement précoce.

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Le temps change, il pleut souvent. A mon arrivée les arbres étaient verts et en trois semaines je les ai vu devenir jaunes, rouges puis bruns. C'est là le signe de l'arrivée du froid et du raccourcissement des jours, il faut donc souvent presser l'allure pour ne pas finir le travail la nuit. Néanmoins, il y a toujours un moment où l'on peut prendre le temps d'admirer le paysage.

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A côté de château Pitray se trouve un cèdre du Liban multi-centenaire. Il aurait été planté aux temps des premières croisades et est classé. Comme on peut le voir sur la photo de droite (le bonhomme qui se tient droit est Dominique) il est immense.

SAM_6110Il appartient à un grand château aux nombreuses tours, passages secrets et remparts qui peut à peu sont envahis par les ronces et l'épaisse végétation. La propriétaire, âgée et malade, souhaite disparaître en même temps que son domaine. Voilà une histoire digne des épopées chevaleresques.

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Passer du temps avec les animaux, que ce soit pour la garde du troupeau ou poser des filets pour monter les parcs, permet d'assister à de drôles de scènes comme ici où les montons viennent réclamer des léchouilles à Éponyme qui n'a même plus le temps de faire sa sieste.

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Bref, voilà un aperçut de ce qui se passe à la Ferme Leyssart où les wwoofeurs ont fort à faire. L'activité principale se trouve aux troupeaux. Il faut monter et démonter à longueur de journée les parcs composés de filets électriques. Il faut aussi déplacer les animaux, attraper ceux qui sont malades pour leur donner les premiers soins, conduire la bétaillères pour charger ceux qui ne peuvent plus avancer, les dissuader d'aller dans les champs et jardins où ils ne peuvent pâturer, leur apporter le sel. À la ferme il y a aussi de nombreux travaux à faire: donner le biberon aux agneaux, nourrir les animaux de la bergerie (veaux, taureau, lama, chèvres, boucs, moutons...), nourrir et abreuver les chevaux, ânes, cochons, oies, poules, dindons et lapins, couper du bois de chauffe, faire et réparer les clôtures des vaches, porcs et chevaux, attraper les animaux en vadrouille et les reconduire dans leur parc, aller récolter les légumes du jardin, faire les pique-niques du midi et le repas du soir. On ne compte pas les heures et je dois parfois avouer que la notion de wwoofeur se confond avec celle d'employé. Il n'est pas rare de faire 10h par jours et il faut rappeler de temps à autre en quoi consiste le wwoofing.

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Quand nous sommes plusieurs à garder les moutons, nous avons tous plus ou moins du temps pour aller explorer les environs et répertorier les quelques plantes locales de saison.

1 et 2: Le fenouil sauvage, absent chez nous est courant dans la région. Il a une forte odeur anisée qui justifie son emploi dans de nombreuses liqueurs. Épluchées les tiges font office de bonbons. Les fleurs et les graines aromatisent les plats. Chez les grecs anciens, la plante est associée à la magie blanche et à Bacchus chez les romains. On l'emploi quand la digestion est difficile.

3 et 4: La cardère sauvage nommée "cabaret des oiseaux" se trouve chez nous aussi. Elle attire les oiseaux en particulier les chardonnerets avec ses très nombreuses graines.

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 L'empuse commune (qui est aussi le nom d'un démon) surnommée diablotin de Provence est ce drôle d'insecte qui ressemble à un mante religieuse (il appartient à la même famille) et qui d'ordinaire se rencontre dans les zones méditerranéennes. Il d'agit d'une femelle car ses antennes ne sont pas bipectinnées. Friande de mouches, c'est une prédatrice hors-paires qui peuve passer plusieurs semaines sans manger. Les jeunes adultes éclosent à la fin d'été, début de l'automne d'oothèques, de gros cocons. J'ai pris l'initiative d'en récolter quelques uns de mantes religieuses dans les champs, nous verrons bien le résultat.

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1: De nombreuses orchidées sont visibles dans les sous-bois et les bords de chemins et sont reconnaissables à leurs feuilles et à leurs fruits mais sans fleurs, difficile de leur donner un nom.

2: L'arum tacheté est consommé dans certaines régions et pays d'Europe après une longue préparation. Toxique il vaut mieux ne pas le manger ni le toucher.

3 et 4: De plus on peut le confondre avec la pulmonaire, plante médicinale qui tient son nom des tâches des ses feuilles qui évoquent celles que l'on trouve sur des poumons malades. En France il en existe 17 sous-espèces.

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On rencontre aussi le fusain d'Europe. Les belles baies oranges-dorées aux capsules roses sont très toxiques. Avec le charbon de son bois on obtient le fusain vendu dans les papeteries et les boutiques de loisirs. D'abords utilisé par les hommes préhistoriques dans les cavernes, il est employé par nos artistes pour réaliser des esquisses et des dessins.

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En plein novembre il fait froid, il pleut et on pourrait penser que les petits bêtes des campagnes ont fuit. Néanmoins on en rencontre ici et là qui semblent s'accomoder des conditions climatiques. Chenilles, araignées, cocons et même papillons font de la résistance face aux éléments.

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Absente des contrées Alpines, la datura est une plante en pleine extension dans les champs en Gironde et en Dordogne. La terre remuée par les tracteurs et les sangliers en est en grande partie le facteur. C'est une plante très toxique qui peut être mortelle.  On ne sait pas d'où elle provient mais la théorie la plus solide voudrait qu'elle soit originaire du Mexique bien que son nom soit d'origine indienne. Certaines espèces ont été naturalisées et sont cultivées comme plantes ornementales pour leurs jolies fleurs. Associée à la magie noire on la nomme aussi herbe aux fous, car ceux qui la prennent comme drogue meurent ou restent à jamais "perchés". 

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Autre plaisir de ce séjour, les vols de grues. Elles ne se posent pas ici mais plus bas dans les Landes où la nourriture est abondante. Leur chant est mélodieux et voir parfois des centaines d'oiseaux au dessus de sa tête est très impressionnant.

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Dans de nombreux coins on trouve ça et là des champs de maïs non moissonnés en bordure de forêt. Ils servent à attirer les sangliers. En effet la Gironde et la Dordogne sont de grands territoires de chasse (rappelons 2éme sport national en nombre de licenciés après le foot) où le gibier abonde, en particulier les palombes.

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Amarantes, soucis, fragons, moutardes, bourdaines... il y a un grand nombre de plantes qui continuent de fleurir ou de donner des fruits pour le plus grand plaisir des moutons et des chèvres gourmandes.

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Le grain composé de blé, d'avoine ou de maïs est amené aux animaux de la ferme (volailles et porcs) tous matins à l'aide de sceaux. Il est sorti des silos à la pèle.

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Pendant ces quelques jours j'ai tout de même eu le temps de faire deux sorties en forêt que je regroupe en une seule ici. J'ai eu la chance d'avoir malgré le froid, un beau soleil et parfois, quelques gouttes de pluies voir deux trois grêlons. Les bois ici sont atypiques. Composés de hêtres, de châtaigniers mais surtout de chênes qui laissent passer la lumière, leur sol se compose bien souvent de bruyères communes, d'hautes herbes, de fougères aigles rougies, de mousses, d'ajoncs et de genêts dans les quels se cachent les champignons. La différence de végétation correspond à d'anciennes parcelles cultivées avant que les arbres ne s'y installent. Le sol est argileux et non calcaire.

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L'ajonc nain ou ajonc landais est un arbrisseau hermaphrodite épineux qui peut atteindre 1 mètre de haut. Il fleurit de juillet à novembre. On le rencontre dans l'Ouest de la France et peu se confondre avec l'ajonc de Galle qui est plus foncé. Ses graines sont toxiques.

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Comme toujours, la sortie comporte son lot de champignons inconnus qui ne vont pas sans rappeler certains types bien connus. Le premier a manqué de m'avoir, de loin j'ai cru pendant quelques secondes avoir à faire à une girolle... raté! Avec un peu de chance ils ne tarderons pas à être identifiés.

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Prés et forêts regorgent de délicieuses lépiotes élevées et à de nombreuses reprises nous avons pu en déguster avec grand plaisir. Pour être sûr de ne pas se tromper, il ne faut ramasser que les spécimens de plus de 20 cm, à l'anneau qui coulisse et au nez de chat. Mais mieux vaut être initié pour les récolter. De plus la période de pousse semble exceptionnellement longue ici, plus d'un mois contre 2 semaines en Isère.

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Pendant mes sorties j'ai été époustouflée par la taille mais surtout le grand nombre de chanterelles lutescens (merci à Mjlamarque pour la précision, en effet ce ne sont pas des chanterellesen tubes, proches cousines qui sont moins parfumées et au pied plus terne). De véritables tapis de partout, à perte de vue. À chaque fois je suis partie, laissant derrière moi 6 ou 7 fois plus de champignons que j'en ai ramassé, en prendre plus aurait été synonyme de gaspillage mais je dois reconnaitre que sur le coup ça m'a un peu fendu le coeur, mais force est de constater que quand on ne peut faire un pas sans en écraser, c'est qu'il y en a largement assez pour le panier. La chanterelle en tube est un champignon très recherché, vendu sur les marchés à prix élevé sous le nom de chanterelle grise. Des découvertes comme celles-ci marquent toujours le passioné.

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Attention à ne pas confondre les chanterelles en tube avec les léoties lubriques que l'on peut voir ci-dessus qui contiennent la même toxine que les gyromites mais en plus faible quantité. Elles sont courantes en automne. Leur chapeau sans stries, leur pied non creux et mou et leur aspect gélatineux permettent d'éviter les confusions.

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 Pas facile de se rendre compte avec un large sac à dos comme celui-ci du nombre de champignons récoltés. Seul son poids peut être un bon indicateur et laisser l'estomac rêveur.

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Résultat de la première sortie, pas mal hein? Les chanterelles une fois passées en cuisine ont été lavées puis poêlées dans de l'huile d'olive avec des échalotes, de l'ail et des oignons. Elles sont ensuite mises à mijoter à feu doux avec de la sarriette, du poivre, du sel et de la crème fraîche.

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Autre belle rencontre avec les pieds de moutons. Ici ils sont très nombreux et tous de belle taille, à croire que la côte atlantique leur va à ravir. C'est un champignon qui pousse le plus souvent en longues lignes ou en arcs de cercle mais rarement en ronds de sorcière. On le reconnaît à son chapeau ocre et à ses aiguillons blancs. Recherché, il colore le bout des doigts en rouge quand on coupe plusieurs individus pour la cuisine. Les vieux spécimens sont parfois amers d'où la nécessité de les faire blanchir.

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De retour à la ferme, les pieds de mouton ont été lavés puis blanchis avant d'être débarassés de leur eau de cuisson et sautés longuement dans de l'huile d'olive avec de l'ail et des herbes de provence. La fermeté de sa chair est un atout.

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Autre champignon très présent, la satyre puant connu sous les noms de phallus impudique ou d'oeuf du Diable. Sa croissant est très rapide, une fois l'oeuf ouvert, il suffit parfois de 14 h pour que le champignon sorte puis dépérisse. En générale le chapeau est mangé par les mouches et les limaces, principaux acteurs de la dissémination des spores. Les oeufs très jeunes peuvent être comestibles et sont prisés au Moyen Orient. En effet ils contiennent le champignon naissant en forme d'amande; il a un gout de radis. Au stande suivant son odeur très désagréable empêche toute approche culinaire. 

SAM_6310Surprise, la grêle s'invite à la sortie et me force à faire alte sous un gros chêne. Toto le chien de ferme m'a rejoint et me tient compagnie sous l'averse.

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Là encore quelques inconnus (2 et 3) mais pas que, de jolis mycènes purs (1) et un amanite jonquille (4), champignon courants et très toxiques dans ces bois sont venus colorer le sous bois avec leurs teintes vives.

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 Ce jeune merle n'a pas eu beaucoup de chance, sur son flanc quelques lacérations bien marquées appuient la thèse selon la quelle un rapace en à fait sa proie. Peut être est-il tombé avant que l'oiseau en chasse n'ait pu le déguster.

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Le pin maritime est courant ici. Il se reconnaît à son haut tronc, ses longues aiguilles en plumeau, son écorce colorée craquelée et ses larges cônes. Ils ont été plantés dans la région dans les années 1800 pour subvenir aux besoins des habitants, assainir les sols marécageux et humides. En Aquitaine il fait vivre 30 000 personnes et rapporte autant d'argent que la production de vin. Il était aussi utilisé pour le gemmage.

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Voici la deuxième récolte qui, disons le est assez conséquente. Néanmoins nous sommes parfois 10 à tables et il faut bien tout ça pour contenter les estomacs. 

Après 21 jours passés à la ferme, je repars vers mon coin d'Isère. Je pense manquer d'un peu de recule sur cette aventure pour donner un avis claire sur celle-ci, néanmoins je retiens de cela que Dominique (qui m'a accueilli) est une personne profondément gentille qui aime partager son savoir sur les animaux et la botanique mais qui a un petit peu de mal avec l'organisation et la gestion des wwoofeurs et parfois, qui est dépassé par les événements (le berger qui se casse la main, le tracteur qui tombe en panne, les chevaux qui se font la malle...) mais on ne peut lui en vouloir. Je pense que je garderai de très bons souvenirs de se premier wwoofing et de ce contact avec les animaux et la nature.

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Départ par la gare de St Seurin en passant par Libourne, Angoulème, le Futuroscope, Saint Pierre-des-Corps puis Paris Montparnasse. Petite halte d'une heure dans la capitale que je n'ai pas vu depuis mes 10 ans. Il est amusant de voir des vitrines d'Halloween faire face à celles de Noël et pour ma plus grande joie, j'ai même pu voir la Tour Eiffel. Puis départ par Paris Gare de Lyon, Lyon Pardieu puis Voiron. En somme un joli parcours avant d'arriver en Isère.

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Arrivée à destination une nouvelle surprise: la neige! 35 centimètres sont tombés depuis mon départ et je ne regrette absolument pas d'avoir raté cela et encore, je ne vous parle même pas des Hautes Alpes ensevelies sous de lourds flocons.

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Je reviens donc avec des images plein la tête et l'appareil photo, avec de beaux souvenirs, la trame surprenante du roman "Invisible" à l'esprit et ces deux très beaux objets offerts par Boris qui ne me quitterons pas de si tôt. Merci à tous pour cette belle rencontre que fût mon wwoofing à Leyssart.

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Et pour finir, une petite vidéo des terribles brebis landaises accompagnées des chèvres des Pyrénées.

dimanche 27 octobre 2013

Les bienfaits des champignons.

Aujourd'hui je suis tombées sur un article dans Femina (à chacun son pêché) intitulé "Champignons, ils ont tout bon". Ravie des informations relatées dans celui-ci, je tenais à vous les partager. Néanmoins, je me permets d'ajouter quelques indications (parfois précieuses) et qui, en partie, nous rappel que les champignons sont souvent bons pour la santé si on prend les précautions nécessaires.

Avant de vous présenter quelques uns de ces délices des bois, il est bon de rappeler ces quelques points:

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- ne jamais consommer des champignons inconnus, dont on doute sur la comestibilité ou que l'on connait peut avant de les avoir présenté à un expert en la matière.

- ne pas consommer plus de 2 ou 3 fois des champignons dans la semaine et pas plus de 200 à 250 gr par repas. Ceux-ci sont composés en partie de kératine, la même dont sont faits nos ongles, la corne des rhinocéros ou la carapace des insectes. Notre estomac la digère mal et chez les plus sensible, peut créer des désagréments.

- ne pas consommer des champignons plusieurs jours après leur cueillette sauf s'ils ont été conditionnés (séchage, mise en bocaux etc) car ils se conservent très peu de temps après avoir été ramassés. De même pour les champignons transportés dans des sacs plastiques non alimentaires, le frottement avec la matière chimique peut les rendre toxiques.

- il faut toujours les manger bien cuit, sauf quelques espèces qui se consomment crues. Certains champignons sont allergisants (polypore soufré par exemple) alors prudence.

 

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Le cèpe:

Il est riche en minéraux indispensable à notre organisme dont le potassium qui est vital pour nos cellules et en phosphore, essentiel pour le bon fonctionnement de notre activité cérébrale. N'oublions pas le fer (anti-fatigue par excellence) et les vitamines B qu'il contient presque toutes. En somme c'est un dynamisant efficace qui permet de faire le plein d'énergie tout en favorisant la concentration et la réflexion.

Il existe 4 espèces majeurs de cèpes comestibles que l'on trouve sous les chênes, les châtaigniers, les sapins, les hêtres et les pins (ici cèpe d'été sous trouvé sous un châtaignier) 

 

 

 

 

 

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La Coulemelle:

Elle est très riche en vitamine D, produit à faible échelle par l'organisme humain grâce au soleil et qui permet de fixer le calcium sur nos os (et protégerait de ostéoporose). On le conseil aux enfants, aux ados en pleine croissance mais aussi aux femmes qui sont touchée par cette maladie. Récemment on aurait découvert des propriétés anti-cancéreuses chez ce champignon.

On la trouve sous les conifères et les feuillus des forêts, en lisières ou dans les champs et clairières.

 

 

 

 

 

 

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La trompette de la mort:

On la rencontre dans les forêts d'hêtres et de charmes. Elle appartient à la même famille que la chanterelle et la girolle. Elle contient 3 gr de fibres pour 100 gr de champignons ce qui aide et facilite de transite digestif. Mais il faut la consommer bien cuite,  surtout pour les estomacs fragiles (personnes sensibles, âgées ou malade).  

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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La pleurote:

Ses polysaccharides stimulent le système immunitaire par l'augmentation de globules blancs dans le sang. Il est utile en hiver contre les divers affections nombreuses à cette période. Chose pratique on le trouve toute l'année sur les échoppes et dans la nature quand il ne fait pas trop froid. On peut même le faire pousser chez soi à l'aide de kit de pousse que l'on peut commander sur internet.

Il en existe plusieurs espèces, pas toutes comestibles. Elle pousse sur les feuillus morts ou mourants (ici pleurote en forme d'huître sur un noyer).

 

 

 

 

 

 

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La girolle:

Riche en vitamine A, elle permet à l'organisme de lutter contre la sécheresse de la peau et de garder son élasticité. Parfaite après une longue période d'exposition au soleil, un des principaux responsable du vieillissement. On la rencontre dans les forêts de feuillus ou mixtes, souvent là où se trouve les hêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le pied de mouton:

Frais, il possède 3 gr de protéines pour 100 gr de champignons ce qui est rare dans le règne fongique mais aussi végétal, ce qui le rend rassasiant. Dans le cadre d'un régime ou d'une alimentation surveillée il permet de conserver la masse musculaire.

Il aime aussi bien les forêts de feuillus, mixtes ou de résineux où il pousse dans la mousse et les feuilles tombées au sol.

 

 

 

 

 

 

 

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L'oreille de judas:

Nommé aussi "champignon noir", elle est considérée comme diurétique contre l’œdème généralisé, anti-tumoral, hypoglycémiant, anticoagulant et permettrait au taux de cholestérol de diminuer. Néanmoins une trop grande consommation de celle-ci pourrait provoquer des problèmes de santé plus ou moins grave selon les dernières études.

On la trouve sur les arbres sans écorce, en particulier les sureaux, toute l'année sauf quand le temps ce fait chaud et sec.

 

 

 

 

 

 

 

De plus:

Il existe bien d'autres champignons bénéfiques pour l’organisme comme le champignons de paris qui est un antiallergique respiratoire, la morille qui est un aliment riche en eau (75 à 80%), les polypore qui continent entre 30 et 73% de glucides ou le lentin du chêne qui augmente la vitalité de l'organisme. Le tout est de savoir les doser en fonction de ses besoins, de ses goûts et de sa santé. 

Sources:

Femina, semaine du 28 octobre au 3 novembre.

http://www.paniersaveur.com/Home/les-varietes/les-champignons/lentins-du-chene

http://www.complements-alimentaires.co/oreille-de-judas/

Et pour tout savoir:

http://smbcn.free.fr/articles/articles_pdf/valeur_alim_champ.pdf

 

samedi 26 octobre 2013

Ma petite amanite.

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Vous vous souvenez surement de cet article: "L'amanite tue-mouche, berceau de nos religions européennes" (ICI), où inspirée par les travaux de Robert-Gordon Wasson, j'avais tenté de présentée la théorie selon la quelle la plupart de nos religions eurasiennes sont nées de l'amanite tue-mouche et de ses effets hallucinogènes.

Il y a quelques jours je suis tombée sur cette image, une oeuvre de Séraphine Louis datant de 1928 et intitulée "L'arbre de vie". Que voit-on sur ce fameux arbre de vie qui, dans le folklore de nombreuses religions et cultures soutient le monde? Des amanites tue-mouche, signe une fois de plus que notre culture n'a pas oublié ce vieux champignon mais l'a incorporée dans son inconscient.

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 Voici un autre exemple à travers cette carte de tarot. Tirée de ce site web (ici), elle représente le renne. Au pied des animaux, des amanite tue-mouche. L'association n'est pas anodine, elle nous rappel que cette animal friand du champignon a fait découvrir les puissants effets de celui-ci, à travers son ingestion mais aussi la consommation d'urine de l'individu qui subit ses effets.