vendredi 27 décembre 2019

L'Isère au fil des saisons.

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Voici un an de sorties en Isère pour l'année 2019. Un an à explorer le jardin familliale, les sous bois, les lacs alentours, les marais et les petites villes de campagnes.

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Un an que je suis heureuse et fière de vous présenter ici. Il n'a pas été facile de choisir les photos ni de sélectionner les meilleures des anecdotes que nous avons pu vivre pendant cette année chargée en émotions. Ne voulant pas un article à rallonge, je m'arrêterai là.

 

L'hiver, la neige et les oiseaux.

Aux portes de la Chartreuse, à plus de 500 mètres d'altitude, il fait parfois froid. En 2014 puis en 2017, nous avons parfois frôlé le -17°C, autant vous dire qu'il faut être bien équipé. Néanmoins la tendance est au redoux et les épisodes neigeux sont de plus en plus rares. Il est à crainte que d'ici moins d'une décennie, il n'y en ait plus.

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Les comtois, chevaux communs dans le coin, abordent un poil épais, celui-ci leur permet de faire face au froid. Ces animaux doux et dociles sont originaires des reliefs escarpés de Franche-Comptée et sont la race la plus commune à l'heure actuelle de cheveaux de traits. Leur origine remonte aux croisements de juments françaises avec des étalons germaniques. Solides, ils étaient utilisés par les chevaliers pendant les joutes.

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Les toits en contre-bas sont tout enneigés. Saint Geoire en Valdaine, village de mon enfance, se drape de blanc. Niché entre l'Isère et la Savoie, sa proximité entre Grenoble et Chambéry lui ouvre les portes des montagnes.

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Il tire son nom de la tradition chrétienne, le terme "Saint Geoire" faisant écho à Georges de Lydda, saint connue pour avoir selon la légende combattu un terrible dragon pour sauver une princesse Libannaise mais aussi, à l'évêque de Saint-Georges-de-Vienne qui mena les affaires religieuses sur le diocèse. Le terme "Valdaine" vient du français "val" désignant une vallée et du savoyard "nans" qui signifie "petit cours d'eau". En sommes la commune porte le nom poétique de "Vallée aux ruisseau de Saint Georges". Cette affiliation à un chasseur de dragons ne va pas sans faire écho au passé glorieux de la Valdaine, avec pas moins de 7 châteaux et maisons fortes qui émaillent le paysage. Parmi ceux-ci, l'ancien couvent qui accueilli pendant des siècles les filles des nobles familles et qui aujourd'hui fait office de mairie et le château de Longpras, une maison forte qui pendant la révolution française abritât les clés des portes de Versailles. Une légende veut même qu'un poulain noir diabolique hanteraient les lieux.

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Remontons sur les collines tant bien que mal, une vingtaine de centimètres de poudreuse étant tombée, nous faisons le chemin aller-retour entre la maison et la boulangerie à pied. Ce sont 2 kilomètres qui nous séparent des baguettes fumantes et de croissants frais du matin, autant vous dire que nous mettons pas longtemps.

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Cachée dans un arbre, une buse variable (Buteo buteo) veille sur une branche. Chassant les petits oiseaux, les lézards, parfois les insectes mais avant tout les micro-mammifères tels que les mulots, les campagnols et les souris, elle peut en cas de mauvais temps comme ce jour là, quand le vent souffle et la neige tombe, se rabattre sur les carcasses d'animaux morts, les vers voire des baies, même si cela reste plutôt rare.

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Avec l'hiver, les arbres se trouvent privés leurs feuilles. C'est alors un de meilleurs moments pour observer les oiseaux sédentaires et en particulier les granivores qui s'approchent des maisons.  À gauche, le verdier d'Europe (Chloris chloris) qui porte si bien son nom avec son plumage vert. À droite, un de mes oiseaux préférés, le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), qui quitte les pays du Grand Nord pour nous rejoindre.

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Crise du logement à la mangeoire. Moineaux domestiques, mésanges bleues, mésanges huppées, mésanges noires, mésanges boréales, verdiers d'Europe, chardonnerets élégants, pinsons du nord, pinsons des arbres, sitelles torchepots, accenteur mouchet ... il y a du monde au balcon ! Il est toujours important de rappeler que sur ce type de mangeoires à plateau, il faut nettoyer régulièrement l'aire de nourrissage, les oiseaux marchant sur les graines et pouvant avec leurs pattes et l'humidité, apporter des éléments pathogènes dangereux.

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Problème, les oiseaux ne sont pas seuls dans le jardin. Les chats sont tout aussi présents. Le dilemme est fort. Bien que castrés et nourris, ils font acte de prédation de temps à autre. C'est toujours dur de l'entendre mais les chats sont responsables d'un désastre écologique.

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Australie, îles lointaines, Amérique du Nord, Europe ... tous les continents sont touchés. Introduit par l'Home, on ne peut en vouloir à l'animal de posséder un instinct de prédateur affûté. Cependant on peut s'indigner du comportement de certains propriétaires. Félins non castrés, portées laissées à elles mêmes et donnant des individus farouches et errants ... c'est en partie la reproduction non contrôlée des chats qui explique leur forte expansion et les dégâts importants causés sur la faune, à savoir les petits rongeurs (ce qui ne semble pas émouvoir grand monde) mais aussi les reptiles et les passereaux dont les effectifs sont en chute libre. Le propos n'est pas d'érradiquer les chats, étant une grande amoureuse des petits félins moi-même, mais de changer notre regard et nos comportements liées aux animaux de compagnie.

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La météo annonce du redoux, vite, enfilons les bonnets et jetons nous dans la neige avant qu'elle ne disparaisse. La vieille luge n'est pas habituée à la poudreuse, d'ordinaire le manteau neigeux sur lequel nous glissons est gelé, les glissade se faisant le plus souvent le matin après que les flocons soient tombés toute la nuit. Ce n'est pas grave, nous nous tournons vers un équipement plus moderne pour dévaler les pentes.

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Voilà, le paysage reprend ses teintes grises et mornes. Nous partons pour Grenoble et plus précisément au Bois de la Bâtie nommé aussi Bois Français. Cet ENS (Espace Naturel Sensible) est réputé pour sa faune mais aussi pour la zone de loisir qui se trouve à proximité. Ancien bras mort de la rivière Isère, les étangs qui composent le site sont également connus pour leurs poissons qui attirent les pêcheurs et les oiseaux d'eaux.

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Nous ne croiserons que peu d'espèces. Quelques passereaux, deux cygnes tuberculés (Cygnus olor), un vol de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et de joyeuses foulques macroules (Fulica atra). Bruyantes, on les reconnaît à leur plumage noir et à la tâche blanche qui surplombe leur bec robsute de la même couleur. Elles aiment les eaux calmes, en particulier les lacs, les marais et les zones humides forestières.

La fin de l'hiver sonne déjà et nous ne percevons pas le passage au printemps, le mois de février ayant défrisé la chronique avec des températures similaires à une fin mars voire, un début avril. D'ailleurs, 2019 est à l'heure actuelle l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis que l'Homme est en capacité de faire des relevés.

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Le printemps, ses chants et ses fleurs.

Du vert de partout, c'est une explosion et cela fait bien plaisir. Fini l'hiver, bonjour le printemps. C'estl e temps des fleurs, des amours et de la reproduction pour un grand nombre d'animaux. Sortant en affût, nous avons espoir dans croiser quelques uns tout en ayant plaisir à récolter les premiers fruits de la saison.

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L'égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante souvent maudite car considérée comme une mauvaise herbe qui aime envahir les jardins. C'est aller bien vite et oublier le passé historique de la belle. Importée en Gaule par les romains pour sa culture rapide et facile, elle s'en retourna à la nature et fût peu à peu oubliée des hommes. Pourtant elle reste excellente en salade, soupe ou gratin avec son petit goût de céleri.

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Si j'aime le printemps c'est avant tout pour eux, les champignons ! Cette année nous avons ête peu chanceux du côté des morilles (Morchella) et nous nous sommes tournés vers leurs cousins moins réputés mais totu de même réputés, les morillons à semi-libres (Mitrophora semilibera), qui depuis peu sont classés dans la classe des morilles.

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On le reconnaît à son pied blanc, fragile et élancé, à sa chaire mince à la saveur douce et qui jaunie à la coupe, et à son petit chapeau brun et alvéolé qui ne dépasse que rarement les 5 centimètres. Il exalte une légère odeur de champignon qui devient plus forte au fur et à mesure qu'il vieilli. Son nom de semi-libre vient de l'insersion du pied qui se fait à la moitié du chapeau, laissant la partie inférieur libre. On le distingue ainsi des verpes (Verpa) dont le pied est soudé au sommet du chapeau et des morilles dont le leur est soudé à la base du chapeau. Excellent comestible, il faut bien le cuire pour le consommer, au moins 15 minutes  à plus de 70°C.

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Le récolte est belle, les sachets de tissus que nous avons apportés avec nous dans le cas d'éventuelles récoltes nous sont fort utiles. Depuis, j'ai pu me munir d'un très beau panier en châtaignier, essentiel pour bine préparer la cueillette de champignons de cet automne qui s'annonce formidable. En tout et pour tout ce sont environs 70 morillons que nous récoltons ce jour là dans les herbes hautes, sous les frênes du champ attenant à la maison.

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Les frênes communs (Fraxinus excelsior) et les noisetiers communs (Corylus avellana) figurent parmis les arbres avec lesquels les morilles et les morillons poussent en symbiose, toujours sur des sols calcaires. Poussant à proximité d'un ancien vergé, à la lisière de ce qui commence à devenir un petit bois, il est dans son élément de prédilection. On peut également le trouver dans les vallons boisées et aux abords des ruisseaux.

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En parlant de verpes, en voici. Il s'agit des verpes en forme de dé (Verpa conica), un champignon certes comestible mais de faible intérêt culinaire. Peu commun en plaine, un peu plus présent en moyenne altitude, il reste cependant assez rare. Il est alors plus sage de ne pas le récolter et de tirer profit d'autres espèces plus abondantes (mousserons, pézizes ...) entre avril et mai, période à laquelle les verpes poussent.

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Les jeunes grillons champêtres (Grillus campestris) émergent. Minuscules, leur croissance rapide leur permet l'été venu de figurer parmi les plus gros grillons d'Europe. Robustes, leur poids et leur morphologie leur interdit tout vol, faisant d'eux des insectes strictement terrestres.

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Pour faire face aux prédateurs, il creuse un trou profond. Au moindre signe de danger, il s'y faufile. Les mâles se postent à l'entrée de leur antre et chante dans l'espoir d'attirer une femelle. Territoriaux, on peut assister à des combats violents avec parfois, une issue dramatique pour l'un des deux combattants. Herbivore, ce grillon se nourrie principalement de poacées (graminées), qu'il consomme à l'aide de ses très puissantes mandibules. Cependant il peut agrémenter son régime alimentaire quand l'occasion s'en présente, de vers de terre et de restes d'autres insectes morts. Même s'il semble commun, la fragmentation et la dispartion de ses habitats et son incapacité à voler conduisent à la diminution de ses populations.

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Des fleurs, des feuilles, des herbes folles et aromatiques, des écorces, des champignons ... il ne reste plus qu'à conditionner nos cueillettes. Séchés pour la plupart, les éléments collectés seront tout au long de l'année utilisés dans la cuisine ou en infusion du soir pour apporter au coeur de l'été quand il fait chaud, les après-midi pluvieux d'automne ou les soirées froides de l'hiver des petites notes de printemps colorées et parfumées.

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Certes on retrouve les morillons, mais aussi les fleurs de primevères coucou (Primula veris) pour leur goût et leurs effets apaisants, celles du lamier maculé (Lamium maculatum) pour leurs propriétés colorantes et les feuilles du lierre terrestre (Glechoma hederacea) pour parfumer les bouillons, les fromages blancs et les infusions froides. Si depuis les bocaux se sont peu à peu vidés, il nous reste de quoi apporter de soleil jusqu'à mars.

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Thomas revient de son wwoofing en Savoie, et dans ses bagages, il nous ramène quelques surprises. Prennent désormais place dans le jardin de jeunes pousses d'arbustes à petits fruits, de quoi préparer d'ici quelques temps des jus et des glaces parfumées pour les futurs étés.

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Des cassissiers (Ribes nigrum) aux fruits noirs se mêlent à leurs cousins, les caseilles (Ribes x nidigrolaria), hybrides entre un cassissier et un groseillier à maquereaux (Ribes uva crispa) né en Allemagne au début des années 80. Résistant aux maladies et aux températures extrêmes (jusqu'à -20°C), il produit des fruits charnus et bleus, on un goût fruité et acidulés. Ils sont récoltés entre juin et juillet, de manière régulière, les baies ne mûrissant pas toutes en même temps. Sa floraison rouge foncée détonne au potager et attire de nombreux pollinisateurs. Cependant stériles, ce n'est que par bouturage qu'il est possible de le reproduire. Pour cela il suffit de couper de jeunes rameaux, de les mettre en vase puis, à l'apparition des radicelles, de les replanter. En sommes rien de très compliqué pour le cultiver.

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Dans les prés où l'herbe se fait tendre, les chevreuils (Capreolus capreolus) sont de sortie. Toujours proches de la forêt, ils déguerpissent à la moindre alerte. Cependant n'étant pas chassés à cette période de l'année, ils se montrent moins farouches. Grégaires, ils peuvent vivre en grand groupe comme on peut l'observer un peu partout en France, l'engrainage et l'absence de prédateurs naturels ayant favorisés sa forte démographie.

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C'est au printemps que les femelles mettent bas. Les faons, cachés dans les herbes hautes d'un champ ce qui leur est parfois fatal, où dans la végétation en lisière de forêt, attend sagement sa mère. Celle-ci se nourrie à heures régulières et rejoint son petit pour lui donner la tétées et le réchauffer. Ce n'est que tardivement qu'il la rejoindra bien qu'il soit capable de se déplacer peu de temps après sa naissance, s'assurant d'avoir une chance d'échapper aux prédateurs que sont le loup, le lynx, le renard ou encore les chiens errants.

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Les chevreuils ne sont pas les seuls dans les pâtures. Nombreux sont les troupeaux de vaches à patûrés. Si on trouve quelques laitières, se sont surtout les bêtes  dites mixtes que l'on croise le plus de par chez nous.

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Si on croise quelques animaux de la race Simmental Française originaire de Suisse, se sont surtout les Montbéliardes qui sont à l'honneur. Originaires de Franche-Comté, elle déscend de la race Pie rouge Simmental. L'hiver, les animaux restent longtemps en stabulation et se nourrissent des foins récoltés plutôt en été. À l'apparition des beaux jours, les vaches sont envoyés en estives dans les prés où elles broutterons l'herbe tendre. Dans notre région les troupeaux sont de petite taille, ce qui limite le surpâturage qui cause bien souvent l'affaissement des sols et des dégradations importantes sur les cours d'eau. Cette race est de plus en plus utilisée comme vache laitière.

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La Valdaine se situe à l'extrémité Nord Est des Terres Froides, territoire non pas nommé poru son climat mais pour la terre de potier que l'on en tire et qui à la particularité de donner des poteries de terre crue qui ne cèdent pas sous l'action du gel. Cependant, nous bénéficions ici de la météo typique du Massif de Chartreuse, un climat océanique montagnard ce qui implique de l'humidité et un manteau neigeux importnat même s'il à diminué de moitié en 50 ans, ce qui ne vas pas sans inquiéter les populations sur les questions liées à la disponibilité d'eau.

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Les talus sont tout aussi passionnants, les oiseaux s'installent dans les cavités des arbres alignés, et en bord de route, les orchidées commencent à fleurir. L'une des plus impressionnantes de toutes sont les orchis militaires (Orchis militaris) appelés aussi orchis guerriers. Robustes et portant un épi floral dense, ils aiment les sols calcaires frais, pauvres en matière organique et bien ensoleillés. On les croise jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

DSC02484Partons dans les marais et plus précisément sur la tourbière de l'Herretang, entre la commune de Saint Joseph de Rivière et celle de Saint Laurent du Pont, à la confluence de la fin de la langue rocheuse du Vercors et le début du Massif de Chartreuse. Ayant pour statue celui d'ENS (Esapce Naturel Sensible), il est possible de la visiter une grande partie de l'année grâce à un système de pontons de bois. Abritant des espèces rares et protégées, il faut bien prendre garde à ne pas s'éloigner des chemins ni à venir troubler la tranquillité des animaux.

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Les oiseaux  chantent et sont pour certains afférés à nourrir leur première portée. Une couple de mésange charbonnière (Parus major) peut prélever sans mal 250 à 300 chenilles par jour, faut-il encore trouver des chenilles. Le développement de celles-ci intervient de plus en plus tôt, fruit de l'augmentation des températures année après année. Le soucis est que le poussins de mésanges émergent quand les chenilles sont bien développées, et plus forcément de taille pour entrer dans le gosier des petits oiseaux. Cela serait l'une des explications de la forte mortalité observée sur les portées de mésanges charbonnières.

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Des champignons, toujours des champignons. À la sortie de la forêt, des mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa) nous attendent. Leur nom leur vient de la période à laquelle ont les rencontre le plus souvent, et il est de tradition de dire qu'ils poussent à partir de la Saint Georges, chose qui dans les faits ne s'observe pas toujours.

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Excellents, ils dégagent une légère odeur de farine. Charnus, il suffit de quelques pieds pour remplir rapidement un panier et une casserole. C'est dans les zones herbeuses comme les prairies et les vergers mais aussi les lisères, les bois clairs et les haies qu'on le trouve le plus souvent, à proximité le plus souvent des aubépines et des ormes. L'entolome livide (Entoloma sinuatum) lui ressemblant beaucoup, il est recommandé d'être méticuleux dans sa récolte et surtout dans son identification. Pour rappel, la plupart des intoxications surviennent après la consommation de champignons dont les cueilleurs étaient sûrs à 100% de l'identification. Prudence est mère de sûreté.

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Le marais abritent plusieurs espèces d'oiseaux inféodées aux milieux humides. Parmi celles-ci on compte notamment le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) que l'on peut voir à gauche. Mal aimé, il fût longuement chassé au point de disparaître de l'intérieur des terres. Il recommence néanmoins à réinvestir son territoire. À droite, un héron cendré  (Ardea cinerea), grand échassier qui a connu un sort moins funeste bien qu'il soit encore braconné car jugé trop gourmand. Pourtant, on sait aujourd'hui que l'impact de ces deux espèces pour la pêche est pratiquement nul, les oiseaux consommant essentiellement des poissons peu prisés par l'Homme.

Profitons de la fraîcheur, de la brume qui descend lentement des montagnes et des dernières rosées. Déjà l'air se réchauffe et bientôt suffoquant, il faudra alors partir se réfugier dans les sous-bois. C'est aussi le moment de prendre de la hauteur, sur les plateaux alpins et de lézarder le long des rivières sauvages. Pour l'heure, profitons encore des dernières fleurs, des herbes aromatiques du printemps et des derniers champignons de saison.

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L'été, la fraîcheur des forêts et des bords de ruisseaux.

Il fait chaud, l'herbe du jardin a entièrement jaunie, et même à l'ombre, nous suons à grosses gouttes. Il faut se rendre à l'évidence, la canicule fait rage. Les points d'eau sont pris d'assauts et même les marais d'ordinaire si calmes deviennent des sites attirants les promeneurs. Reste alors les alpages, et encore, ceux aux pentes rudes et dont les sentiers ombragés nous donnent un peu de répit face à la morsures brûlantes du soleil.

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Sortons la longue vue, pointée les sommets. Nous sommes dans un champ pentu, entouré des forêts de conifères et mixtes. Outre les vaches, nombreux sont les mammifères à profiter des touffes d'herbes encore bien vertes. Lièvres, lapins, chevreuils et autres sangliers peuvent se croiser à la tomber de la nuit. D'ailleurs pour les derniers, il est courant d'observer sur ce site le labour de leur groin, trace de leur recherche nocturne de vers et de bulbes.

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Première récolte de la saison. Dans les prés, quelques agarics champêtres (Agaricus campestris) nommés aussi rosés des prés. Il est bien difficile d'identifier cette famille qui comporte en France plus de 60 espèces. À ceux-ci s'ajoutent dans le panier un petit polypore soufré (Laetiporus sulphureus), apprécié au Canada, peu considéré chez nous. Il faut le consommer jeune et de préférence récolté sur des feuillus car allergisant sur résineux.

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Entre les yeux en direction du ciel et du sol, dur de trouver le bon équilibre. Lui regarde les oiseaux, moi les champignons, autant dire que nous formons une équipe de choc, ratissant le moindre petit bout de nature que nous pouvons saisir.

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Cet été, nous avons cumulé pas moins de 11 week-ends d'affilés en escapade à deux, à chercher du côté des montagnes, du sud, de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône des espèces nouvelles et des paysages grandioses. Nous n'avons pas été déçus, cependant retourner à la source, en Chartreuse, fût l'un des plus doux moments de l'été. Le grand calme des petits bois de moyenne montagne que nous avons pu parcourir nous fît le plus grand bien, loin de la ville, de ses klaxonnes, des pots d'échappements et du béton. Un petit havre de paix qu'il nous tarde à nouveau de rejoindre pour ses longs chemins bordés d'épicéas communs (Pinus abies).

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Au-dessus de nos têtes, deux espèces que nous connaissons bien et que nous n'avons rarement l'occasion de croiser ici. Plus d'une centaine de martinets noirs (Apus apus) tournoient, déjà sur le départ pour rejoindre l'Afirque où ils s'éjourneront tout l'hiver. Au milieu, un intrus de plus grande taille, un martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), qui est connu pour partir plus tardivement en hivernage et revenir également plus tôt.

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Nous sommes à deux pas du lac de Saint Sixte ,canton du village de Merlas connu pour son lac, les ruines de sa maison forte et ses légendes. Au bords de l'eau, des libellules prennent le frais e, compagnie des pêcheurs. Si je ne peux mettre de nom sur l'individu à gauche, je peux néanmoins le faire pour celui de droite. Il s'agit d'une libellule déprimée (Libellula depressa) nommée de la sorte en raison de ses ailes pendantes. L'abdomen bleu indique qu'il s'agit d'un mâle, les femelles présentant de colories jaunes et brunes.

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Sur la berge, dans les ruines de l'ancien abris à bateaux, une plante remarquable pousse. Il s'agit de la grande douve (Ranunculus lingua) connue parfois sous l'appelation de renoncule langue, une fleur de la famille des renoncules comme l'est le bouton d'or. C'est une espèce rare aux faibles effectifs, protégée intégralement en France.

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Si à l'échelle du monde et de l'Europe elle a pour statut celui de préoccupation mineur, il en est tout autre chose chez nous. En Alsace, en Aquitaine et en Bourgogne, elle est considérée comme en danger. En Basse-Normandie elle est classée comme vulnérable. En Auvergne et dans le Centre, elle est placée sur la liste des espèces en danger critique de disparition. Une fois de plus, on a un exemple d'une espèce au bord de la disparition sans avoir besoin de partir à l'autre bout du monde pour observer le phénomène. Au milieu du jaune, une autre espèce tire son épingle du jeu. Le chanvre d'eau (Bidens tripartita), qui n'en a rien et qui est aussi connu comme lycope d'Europe. Il s'agit d'une plante semi-aquatique aimant les cours d'eau, les prairies humides et les marais.

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Qu'il est changeant le temps de basse montagne. En un rien de temps la brume remplace le soleil et l'humidité prend le pas sur la chaleur qui irradiait jusqu'à peu les collines. Ne nous en plaignons pas, non seulement cela nous laisse prendre un peu de répit mais de plus, permet aux champignons de faire timidement leur apparition dans le sous-bois. Il faudra cependant attendre encore un peu avant de récolter les premiers cèpes.

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En retournant au jardin, nous avons le plaisir de croiser sur un câble une magnifique pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et à la vue de sa calotte grise, un mâle. Un peu plus bas dans un bosquet la femelle attend d'être nourrie par celui-ci. Migrateurs, le couple partira à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique. Il faudra attendre mai soit sept mois pour les voir revenir à nouveau nicher dans les bosquets et les haies des prairies grasses.

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Enfin, les champignons sortent. Ici il s'agit de deux espèces mignonnes comme tout, le cyathe hirsute (Cyathus striatus) à gauche qui se reconnaît entre autre à sa forme de coupelle et le marasme petite roue (Marasmius rotula) à droite, qui figurent parmi les best-sellers de la saison et qui porte bien son nom. Il se développe sur les branches mortes de feuillus tombées au sol. Il contribue activement à la formation de l'humus forestier.

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Les premières amanites rougissantes (Amanita rubescens) ont fait leur apparition. Appéles aussi amanite rougissante ou golmotes, c'est une des quelques amanites comestibles qui vaut la peine d'être récolter. Cepandant on prendra garde de bine la cuire, celle-ci contenant des hémolysines, molécules connues pour détruire les globules rouges.

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À la cassure, ses chairs deviennent rouges, ce qui permet de la différencier d'autres espèces comme la dangereuse amanite panthère (Amanita pantherina), plus brune et aux flammèches blanches plus larges et plus marquées. On ne serait sans bien connaître l'une et l'autre s'aventurer à récolter les golmottes. Très commune, aussi bien dans les forêts de feuillus que de conifères du moment que le sol est pauvre, c'est surtout dans les bois d'épicéas communs (Picea abies) qu'on en rencontre le plus grand nombre. Apparaissant dès juillet en Chartreuse, on peut l'observer au plus tard à la fin du mois d'octobre si l'été indien veut bien se prolonger.

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C'est aussi l'heure des premières girolles (Cantharellus cibarius) que nous récoltons avec émotion. Dégageant un léger parfum d'abricot, en particulier quand l'air est humide, leur couleur jaune tirant parfois sur le pâle ou l'orangé et la présence de plis et non de lamelles ne laisse que peu de doute lors de l'identification de cet excellent comestible. Cependant il faut là aussi être prudent, en évitant toute confusion avec la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) ou le très toxique clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) qui à la différence des girolles qui se développe sur le sol, pousse sur le bois mort et en particulier sur les souches.

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Restons avec les champignons, mais partons sur un tout autre milieu. Nous voici de retour dans les marais de l'Herretang. La plupart des espèces composant la fonge concerne de petits champignons éphèmères résistant aux soudaines varaitions de niveaux d'eau, et d'autres lignicoles restant bien au sec sur les troncs et les branches qu'ils colonisent. À droite, un magnifique polypore soufré (Laetiporus sulphureus) qui, bien que nous faisant très envie, n'a pas été récolté en raison du statut du site; un ENS (Espace Naturel Sensible).

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Tout comme au printemps, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) se trouve sur une des berges du grand lac. Celui a été formé à l'époque où il était encore de mise d'extraire la tourbe du marais, que cela soit pour se chauffer ou pour la commercialiser sous le nom de terre de bruyère. L'exploitation ayant été suspendue en raison des dégâts provoqués sur les milieux humides fragiles, les carrières ont été mises en eau et empoissonnées.

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Sur les observatoires mais aussi un peu partout sur la végétation, créant ainsi une véritable marée verte, pousse des lianes de houblon grimpant (Humulus lupulus). De la même famille que le chanvre, celle des cannabaceae, il est utilisé depuis des temps immémoriaux.

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Son nom scientifique de "lupulus" vient du latin, les romains pensant à tort que le houblon suçait la sève des arbres et arbustes sur lesquels il pousse. Hors cela n'en est rien, néanmoins il a gardé cette réputation fort longtemps lui donnant le surnom de "petit loups" qui se traduit par "lupulus". Il est drôle de voir qu'aujourd'hui c'est le lierre grimpant (Hedera helix) qui possède cette réputation sulfureuse. Pour en revenir au houblon, il est surtout connu comme plante aromatique pour apporter de l'amertume à la bière mais aussi pour ses propriétés sédatives, stomachiques et son pouvoir œstrogénique.

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La porte du grand observatoire n'est pas fermée, miracle ! Nous fonçons au sommet de cet ancien relai EDF reconverti en tour de guet. De là, nous avons une vue imprenable sur les étangs, sur la prairie et sur la phragmitraie. C'est là que deux petits museaux feront leur apparition. Une chevrette, femelle du chevreuil européen (Capreolus capreolus) suivit de son jeune faon né au début du printemps.

Les jours deviennent de plus en plus courts, la pluie s'invite et la fin septembre approche, nous voici aux portes de l'automne, la plus belle des saisons. Avant de fêter la fin de l'été, nous nous offrons quelques escapades sauvages du côté du Loiret, de la Camargue et des Alpes, histoire de profiter de la saison du mieux possible.

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L'automne, ses champignons et ses oiseaux.

Déjà l'automne sonne à la porte, signe que l'année est presque bouclée. Si le froid tarde à venir et ne se ferra présent qu'à la mi-novembre, on enfile déjà les pulls et les bonnets à grosses mailles de laine. Pour moi, il s'agit de la plus belle des saisons, les bois deviennent jaunes et rouges, les oiseaux du grand nord arrivent doucement chez nous et les rougegorges familiers (Erithacus rubecula) poussent de nouveau la chansonnette.

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Petit saut au lac de Paladru. Situé aux portes du voironnais, ce lac palustre est issu de la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. Riche en légendes, il fut occupé par les pères Chartreux où l'on trouve des vestiges relativement anciens de pontons de bois. C'est là que l'on peut trouver les foulques macroules (Fulica atra). Toutes occupées à barboter, elles troubles la calme du lieu par leurs cris brefs.

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Au-dessus de l'eau dans un robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia), deux tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sèchent leurs plumes. Elles ont dû la nuit précédente faire face à une pluie glaciale et violente. C'est une espèce que l'on pourrait pense comme originaire de nos contrées mais il n'en est rien. Originaire de Truquie, elle ne s'est implantée naturellement en France que depuis 1963 avec une première apparition dans les Voges en 1950. Depuis la belle se trouve sur les quatre coins du monde, surtout dans les villes et villages, sans que sa présence ne semble porter atteinte aux espèces locales.

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Une femelle canard colvert (Anas platyrhynchos) se montre peu farouche et s'approche relativement près de nous. On la différencie des autres femelles d'espèces de canards par sa grande taille et son bec orange et noir. Peu farouche, il est fort à parier que l'on se trouve sur un individu issu ou du moins ayant une origine liée aux canards colverts domestiques qui sont utilisés pour l'ornement, comme appelant de chasse et pour l'élevage.

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Quittons les berges, non sans avoir jeté un dernier coup d'oeil au ponton sur lequel un rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se promène. L'hiver, il est possible d'y observer des dizaines de cormorans et de goélands. Nous avons espoir pour cet hiver d'y rencontrer de nouvelles espèces et de voir les canards hivernants, en particulier les fuligules qui aiment se reposer au centre du lac. Équipés de notre nouveau matériel, il a fort à parier que nous allons être surpris par les oiseaux sur lesquels nous allons enfin pouvoir poser les yeux.

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Direction les bois, et bien sûr, toujours avec le panier à la main. La saison des champignons a été exceptionnelle pour certaines espèces cette année et nous en avons bien profité, que cela soit dans les bois isérois ou d'ailleurs. Même l'un des chats de la maison est venu pointer le bout de son nez pour voir où en était la récolte. Il n'y a pas à dire, même si on trouve des champignons toute l'année, c'est vraiment à l'automne qu'ils sont rois.

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Un lycoperdon brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) attire notre attention. Non comestible, cette vesse de loup un peut particulière appartient, commetoutes les espèces portant ce nom générique, à la famille des Lycoperdacées.

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Le terme vesse est féminin et vient du vieux français. Il désigne un pet silencieux et nauséabond, mot qui peut se décliner par le verbe vesser. La transposition au champignon se fait par la spécificité de celui-ci de dégager à maturité, ses spores sombres en se crevant par le milieu et en les laissant passer par gros nuages sombres par un tout petit trou. L'image est là, reste à savoir d'où vient le sobriquet de loup. Peut être par le mésamour éprouvé en vers cet animal, par le fait que cette vesse soit forestière ou tout simplement par jeu de mot. Dans tout les cas le lycoperdon brun d'ombre orne joliment les forêts et bien qu'il ne soit pas comestible, anime toujours une sortie automnale.

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Dans la mousse, aux pieds des arbres et sur les troncs les champignons poussent à foison. Le tricholome rutillant (Tricholomopsis rutilans) a perdu ses belles couleurs suite à la pluie et les mucidules visqueuses (Oudemansiella mucida) bien qu'étincelantes semblent défraîchies. Se développant sur les troncs de feuillus, en particulier de hêtres, on les reconnaît à leur chapeau blanc-translucide couvert d'un mucus gluant.

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2019 fût une année exceptionnelle pour les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis). Nous en avons trouvé de partout, même là où d'ordinaire nous ne croisons rien hormis quelques crottiers de blaireaux et de chevreuils. Champignon très prisé, c'est un excellent comestible qui se déguste aussi bien cru en carpaccio avec un peu d'huile d'olive que cuit, rissolé avec du persil et du beurre ou revenu dans un peu de crème fraîche. Sa mousse devenant gluante avec l'âge, elle s'accomode parfaitement en potage ou dans une sauce d'accompagnement.

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Pour l'occasion je suis seule avec mes parents. Les accompagner aux champignons et faire fructifier à ma manière cet héritage qu'ils ont pu me transmettre en approfondissant la discipline qu'est la mycologie est une véritable fierté pour moi. Le cèpe part exemple a été longtemps ignoré dans ma famille, voire boudé. Jugé comme gluant et trop fort, je ne l'apprécie que depuis récemment, grâce aux amis du Mycorium et du feu forum "le club des cèpes" avec qui j'avais pu partir il y a plusieurs années découvrir le Béarnais, que je rêve de visiter à nouveau.

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Symbiotique, le cèpe de Bordeaux aime s'accoquiner avec les chênetes, les chataîgniers, les hêtres et les sapins pectinés. Il n'est pas le seul à aimer ces milieux, bien souvent il est accompagner d'autres champignons dont la pousse survient suite à des épisodes de chaleurs et de pluies tel que le meunier (Clitopilus prunulus) qui, à la bonne odeur de farine et au chapeau blanc, et lui aussi un bon comestible même si moins récolté que les cèpes.

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Autre espèce appréciant les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux et ayant parfois des hôtes symbiotiques similaires, l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria). Si celle-ci est toxique voire délirogène pour les hommes et de nombreux animaux, quelques uns comme le renne n'hésitent pas à planter un coup de dents dans le chapeau et en particulier la cuticule rouge riche en éléments hallucinogènes.

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Lames, pied et chair d'un blanc immaculé, chapeau rouge sang qui selon les sous-espèces et la météo peut tirer sur l'oranger, pustules floconneux variants du crème au jaune, il semble au premier regard aisé d'identifier cette espèce. Pourtant, les confusions avec l'amanite des Césars (Amanita Caeserea), sa délicieuse et prisée cousine, sont peu rares. On retiendra que chez cette dernière les lamelles et le pied sont d'un orange doré et que le stipe prend sa base dans une volve blanche en forme de sac.

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Petits joyaux rouges qui annoncent la fin de l'automne, il faudra désormais attendre l'an prochain pour les rencontrer à nouveaux dans les forêts de Chartreuse. Il fait froid, humide mais les champignons ne désertent pas complétement les bois. Cependant nous nous réfugions dans le Rhône, où nous faisons notre bonheur avec les pholiotes du peuplier (Cyclocybe aegerita) qui abondent dans les peupleraies si typiques des rives du fleuve.

C'est un court résumé de cette année en Isère riche et inspirante. Nous avons eu la bougeotte et beaucoup visité d'autres départements, puis vinrent le boulot et parfois la flemme qui par moment, nous ont cantonné à notre petit appartement lyonnais. Cependant on ne saurait penser que le tour est fait, on est loin d'avoir encore tout vu de cette enclave dauphinoise, de ses forêts et de ses sites historiques teintés de mysticismes. À 2020, belle Isère.

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lundi 15 octobre 2018

Fin d'été au jardin.

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L'été s'en est allé. Les fortes chaleurs ont perduré quelques peu après son départ mais enfin, la pluie et la grisaille sont là pour le plus grand bonheur des mycophiles. Pour autant, il ne faut pas en oublier la belle saison et s'est températures alarmantes qui ont fait prendre conscience un peu tardivement à certains que notre monde ne sera décidément plus comme avant. Sécheresse, dépérissement des semis, bétail qui peine à se nourrir, moissons, vendanges et fenaisons avancées de plusieurs semaines ... le bilan climatique est dramatique. Les plantes et les animaux ont eu la vie rudement menée pendant cette période et déjà, on peut voir les signes avant coureurs de ce que pourrait être nos forêts de demain. Le sapin blanc, sensible aux fortes chaleurs laisse place peu à peu aux chênes et les frênes tendent à disparaître des bordures de fossés pour

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trouver refuge dans les zones humides. Hôtes de nombreuses espèces d'oiseaux et de champignons, il faudra très bientôt se lever tôt le matin pour partir à la recherche du bec croisé et des morilles, le milieu ne leur étant désormais plus favorable. À plus grande échelle, c'est toute la biodiversité qui est impactée et dont on observe la mutation à vitesse grand V, et il y a de quoi prendre peur. J'ai le sentiment d'appartenir à une génération qui assiste inéluctablement au déclin du monde qu'elle connaît pour tendre vers un autre beaucoup moins stable climatiquement parlant. C'est l'une des grandes raisons qui a entraîné dans notre quotidien et nos pratiques des changements radicaux. Les gestes se font différemment, la réflexion aussi et petit à petit nous tendons vers l'autonomie et l'autosuffisance mais le chemin est encore long pour y parvenir.

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Le potager offre ses dernières tomates. Baignées de soleil, elles ont pu profiter des arrosages réguliers et répétés issus de la source qui se trouve dans le jardin. Néanmoins la nappe est basse. Le paillage reste l'un des meilleurs moyens pour limiter la déperdition en eau au plus fort de l'été mais aussi, pour préserver les jeunes plans.

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Un nouveau venu a fait son apparition dans le jardin. Il s'agît de l'hortensia paniculé (Hydrangea paniculata). Présent en Chine, au Japon ou encore en Corée, c'est un arbuste qui dépasse rarement les 2 mètres de haut. Il a pour spécificité de faire des fleurs stériles aux grands tépales blancs qui se teintent petit à petit de rouille.

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Au jardin, le gros roncier sauvage qui pousse sous le sureau donne de plus belle. Cette myriade de mûres terminera non pas dans le gosier des merles noirs mais sur le billot de la cuisine. Un kilo de sucre, de l'eau, une casserole et un peu de patiente suffisent à les transformer en un délicieux sirop au parfum de lisière forestière.

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Les orages de chaleur sont nombreux mais donnent rarement de la pluie. Quand c'est le cas, celle-ci percute le sol avec fracas. Sec, ce dernier a bien du mal à absorber l'eau qui se contente de glisser dans les rainures de la terre avant de rejoindre la rigole en bout de champs et de se jeter dans le ruisseau tout proche qui grossira alors l'Ainan. Long de plusieurs kilomètres, il a permit à la vallée du même nom de rester verdoyante ces derniers mois.

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Les voisins sont en voyage, les veinards ! Nous voilà pour quelques soirs de mission : assurer le bien être des milliers d'escargots de leur élevage. La tâche est beaucoup plus ardue qu'elle ne peut le laisser croire. L'arrosage et le nourrissage n'en sont pas le problème car la technicité de l'opération réside dans l'accomplissement du moindre pas. Une trajectoire mal calculée, peu assurée ou de travers et crac, c'est le drame, une coquille se brise et avec, l'être qui l'abrite. Autant vous dire que nous avons été tout aussi attentifs à nos pieds qu'il nous a été permis de l'être. Pour le reste, nos amis gastéropodes ne sont pas exigeants. Un repas à heure régulière, un peu d'eau et de fraîcheur, du calcaire dans leur nourriture, des végétaux par-ci par-là, un abri ombragé fait de planches et de grands filets pour ne pas faire l'objet de prédation suffisent à leur bonheur.

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L'heure de la pâtée a sonné. Les escargots s'éveillent doucement, alléchés par l'odeur de la farine que leur très bon odorat détecte immédiatement. Celle-ci se compose généralement de blé et de légumineuses déshydratés et réduits en poudre (type soja, haricots), de graines  de tournesol concassés parfois et surtout, de minéraux.

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La transformation et le produit fini se font en laboratoire de préparation. Les escargots termineront en croque-coquilles, en terrines, ou encore en persillade. Pour ce qui est de leurs cousins sauvages (petit gris et Bourgogne) dont les effectifs sont de plus en plus incertains, une réglementation précise encadre leur récolte.

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Les rayons se font moins mordant et la lumière plus douce le soir, c'est le moment de lancer nos lignes. Dans l'etang, il y a bien quelques tanches, des brochets, des carpes et des gardons mais surtout, des perches-soleil, des écrevisses américaines et des silures. De joyeux imbéciles ont eu la mauvaise idée d'introduire ces espèces exogènes envahissantes qui sont une menace pour nos espèces indigènes et tendent à appauvrir le milieu.

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Le temps de préparer les cannes, un curieux nous rejoins. Peu farouche, il ne perdra pas une miette du spectacle. Perchée sur mon arbre, je guette en vain les poissons parmi les nénuphars.

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Cependant celui-ci me fait office d'observatoire pour mirer attentivement le vol des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Ceux-ci ont établi leur colonies sous le toit du clocher de la chapelle de Saint Sixte. Elle même repose sur un très vieux temple romain dédié à Dyonisos et dont des dédales oubliés passeraient sous l'étang. Ce temple se trouverait lui même sur un site encore plus ancien et érigé alors par les arobogènes, peuple celte propre au bassin grenoblois et ses alentours. C'est un véritable mille feuille culturel qui compose l'édifice et autour du quel j'espère voir un jour des fouilles s'organiser. Sources magiques, pierres druidiques, dolmens, tunnels dissimulés dans les bois, cimetière oublié, bornes moyenâgeuses et stèles gravées ... l'histoire de notre campagne est riche et ne demande qu'à être révélée au grand jour.

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En attendant, on titille le gardon mais les perches-soleil (Lepomis gibbosus) semblent être les seuls poissons de sortie. Cette espèce se caractérise par ses couleurs resplendissantes et son très grand appétit. Originaires d'Amérique du nord, elles se nourrissent d'un peu près tout ce qui leur tombe sur la dent. Oeufs, alvins, mollusques et petits crustacés constituent une grande partie de son alimentation, ce qui conduit à la diminution rapide des espèces autochtones dans nos plans d'eau. De ce fait il est interdit de la relâcher et de la transporter vivante une fois sortie de l'eau pour limiter son impact et sa dispersion sur le territoire français.

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Les soirées sont belles. Quand le lune tend à se lever, les monts de Chartreuses se couvrent. C'est le moment idéal pour partir à l'affût de la faune, tenter de voir les chevrettes et leurs petits, les sangliers, les lapins de garenne et les lièvres dans les champs à l'herbe jaunie et où la fauche ne semble pas vouloir se faire.

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Compère renard est de sortie et n'a pas manqué de signaler son passage. À cette période de l'année, sa nourriture se compose exclusivement de baies et de fruits sauvages. Mûres, églantines, cerises tardives, sureaux et pommes sauvages composent la moitié de son alimentation. 

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Sauterelles, criquets, grillons, limaces, lapins, écureuils, petits passereaux, poules faisanes et occasionnellement volailles de basse-cour entrent également dans son régime alimentaire mais le plus gros est assuré par les campagnols. En une année, le goupil peut dévorer pas moins  de 10 000 rongeurs, une véritable aubaine pour les exploitants dont les récoltes connaissent de plus en plus de ravages liées aux rats taupiers et sur lesquels les raticides se montrent non seulement limités mais aussi, très dangereux pour notre santé et celle de l'environnement. Cela tend à expliquer l'interdiction de le tirer dans certains département comme la Savoie mais aussi, sur certaines commune et secteurs géographiques comme la vallée de la Valdaine. Néanmoins cet argument serait suffire. En Isère, on peut le tirer presque toute l'année et utiliser des techniques plus que douteuses pour le mener à mal. Le risque sanitaire est invoqué : il transmettrait la rage et l'ecchiconose. Hors quand on sait que la première a disparue et que la seconde est principalement véhiculée par les chiens et chats, on peut se poser des questions sur le bien fondé de ses actions souvent barbares (enfumage, déterrage, piégeage) si ce n'est une grande méconnaissance de certains de la dynamique des écosystèmes et du rôle essentiel du renard dans ceux-ci. 

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C'est la période de la récolte des aulx sauvages. En France, les espèces de ce genre sont très nombreuses, certaines sont rares et parfois protégées, il est plus sage alors de se concentrer sur celles qui sont communes que l'on peut identifier et récolter facilement sans impacter le milieu.

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Ci-dessus, l'ail des jardins (Allium oleraceum) appelé aussi ail des champs et qui se reconnaît à ses fleurs aux ovaires gonflés qui pourrait faire croire à des graines déjà formées. À droite, un ail des vignes (Allium vineale) aux semences dorées. Les aulx sauvages peuvent se récolter toute l'année. Sur les deux espèces présentées, on utilise volonté les feuilles longues et très fines ciselées comme de la ciboulette. Le bulbe peut se consommer également mais petit, il relève peut d'intérêt et prélevé ne permet pas au plan de se multiplier. Les graines qui sont en réalités des bulbiles peuvent se manger crus, en salade, dans les sauces ou pour aromatiser des plats tels les fricassées de légumes, les plâtrées de champignons d'automne ou les gratins.

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Les derniers papillons font du zèle. Les azurés sont nombreux, ils appartiennent tous à la famille des lycénidés (Lycaenidae) qui comprend aussi les cuivrés. Majoritairement bleus, ces petits lépidoptères sont extrêmement difficile à identifier. La plupart du temps une prise photo des deux faces des ailes est nécessaire.

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Les "tâches" rondes des ailes des papillons sont nommées ocelles, elles permettent en partie de reconnaître l'espèce mais aussi s'il s'agît d'un mâle ou d'une femelle. Ce sont parmi les premiers éléments à observer quand on veut s'essayer à la détermination. Couleurs, cerclage et nombre, elles doivent être passées au peine fin. À savoir, les insectes ne sont pas les seuls à faire usage de ce motif. De nombreux animaux en font usage pour se camoufler, impressionner un partenaire ou effrayer un prédateur à l'image du paon, des jaguars ou de certains poissons tropicaux. La forme des antennes est également très importante, en fonction de si elles se terminent en massue, si elles sont velues ou annelées, il est possible de déterminer avec pression le sexe et la famille de l'individu.

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Nous quittons un jardin pour en rejoindre un autre, celui du site médiéval du Couvent des Carmes. Situé en Isère à Beauvoie en Royan, il se compose d'un impressionnant vergers comportant des centaines de cultivars de poires, raisins, pommes et prunes qui ont fait sensation à la table des rois mais aussi dans les arrières cours des fermes et d'un potager historique. Classées par usages et propriétés, ont y retrouve toutes les plantes de jardin de curés.

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Plantes de sorcière, plantes tinctoriales, plantes comestibles, légumes oubliés, plantes à fleurs pour les messes, vigne pour le vin de l'officine ... la liste est longue. Toutes peuvent se regrouper dans la case attribuée aux plantes des signatures, une théorie du Moyen Âge qui veut qu'une plante soigne un mal du fait de sa ressemblance avec l'organe touché, avec les réactions qu'entraîne la maladie, avec le mal lui même ou par rapprochement avec son habitat et les lieux où se trouve les pathogènes. Passée de mode en raison des progrès de la science, certains continuent de s'y plier, voyant en celle-ci un signe divin pour rapprocher l'homme de son environnement.

La visite se termine par un tour du propriétaire. Il faut savoir que cet ancien couvent se trouve dans l'enceinte d'un immense château en ruine dont on peut profiter des reliques. Siège du seigneur du Dauphiné, Humber II, il surplombe depuis la falaise où il se trouve une grande partie de la vallée et de la rivière Isère qui coule à ses pieds et qui se jette un peu plus loin dans le Rhône. Une belle découverte en somme pour les amoureux de plantes et d'histoire. L'automne semble être la meilleure période pour découvrir le verger et les arbres fruitiers d'exceptions qui le composent, et je vous le recommande chaudement. À bientôt pour d'autres découvertes nature.

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mercredi 29 août 2018

Au jardin sous l’éclipse de Lune.

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L'été au jardin, à la lumière des flammes des bougies, cela faisait longtemps que nous en rêvions. Pour la peine nous voilà pour juillet en Isère à profiter de la fraîcheur de la maison familiale. C'est le moment idéal pour se retrouver. Je travaille tout au long de la belle saison en bureau, mais je ne perds pas de vue ma passion, dans ce cadre idyllique pour observer les oiseaux et en particulier les petits passereaux.

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La nuit des étoiles a été radieuse, le 3-4-5 aout ce fût le moment de jouer avec l'obscurité, de s'étendre dans l'herbe pour observer les astres et les comètes traverser le ciel. Mars comme au soir de l'éclipse de Lune était en habit de fête et il a même été possible d'observer les anneaux de Vénus.

Pour voir la grande éclipse lunaire, il fallait être au rendez-vous avec l'univers le 27 juillet. Dans de nombreuses régions les nuages ont été de la mise mais ont permis de créer des photographies incroyables pour certains. D'ordinaire blanche, la Lune est apparue dans une teinte pourpre qu'on lui connaît rarement.

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Les prochains rendez-vous sont pris : le 16 juillet 2019 pour une éclipse de Lune partielle puis le 5 janvier et le 5 juin 2021 pour une éclipse pénombrale souvent difficile à détecter à l'oeil nu. Reste plus qu'à attendre d'ici là où à partir sur les continents que sont l'Asie ou l'Amérique pour observer au plus tôt ces phénomènes astraux.

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En propection autours du potager, je fais une triste découverte. Une chauve-souris gît à l'entrée de celui-ci, sans doute victime d'un chat de la maisonnée. Son espèce reste encore à déterminer. C'est là un des cruels dilemmes qui se pose quand on aime la faune et les animaux de compagnie. Bien souvent la cohabitation des deux pose problème, en particulier pour les espèces sensibles qui, victimes de nombreuses pressions liées à leur habitat, se voient également prédatées plus que d'ordinaire ce qui ne va pas sans impacter leurs populations.

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Voilà les dits coupables. Le noiraud, c'est un de mes chats bien-aimés et que je n'ai pu prendre dans ma valise en partant pour la ville. Recueilli à l'âge de 4 semaines, il était voué à finir comme le reste de sa portée si mes frangins n'étaient pas intervenus à temps : un coup derrière la tête. La non stérilisation des chats en campagne est un véritable problème. La non gestion de leur fécondité conduit à l'apparation de chats errants à la population croissante, malades et prédateurs de notre faune indigène. Il existe pourtant des solutions simples et durables pour permettre une bonne régulation de leur effectif tout en restant respectueux des animaux.

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Ce soir c'est cuisine ! Après une promenade digestive de l'après-midi et la récolte d'une poignée reine des prés (Filipendula ulmaria), nous sommes bons pour la réalisation d'une délicate crème dessert parfumée de ces fleurs. Quatre oeufs, un peu de sucre, du lait végétal, une grande casserole et le tour est joué. Pour peu que l'on aime les pétales de rose, les hortensias et la chantilly, on peut s'en tirer avec un joli plat à déguster les pieds dans l'herbe.

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Le soir, on ne chaume pas. Confection d'une bûche suédoise (appelée aussi bougie canadienne) qui, fendue en son centre, se consume pendant des heures. Elle est idéale pour partager un moment de complicité autour du feu. Elle peu également être utilisée comme on le ferrait d'un poêle à bois en posant la casserole à même la flamme.

Les soirées d'été sont les plus belles, en particulier quand la température baisse, que la pénombre s'intalle et que les animaux sortent. La canicule s'est bien installée et le paysage semble défraîchit avec l'herbe jaunie qui implore la pluie. Pourtant, allongée dans la pelouse, mon regard ne peut s'empêcher de fixer les hautes cimes vertes des arbres, celles des hêtres, des sapins blancs et des épicéas qui semblent nous inviter à les rejoindre en forêt.

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mercredi 8 novembre 2017

Sortie en forêt 75.

DSC03235La fin de la saison des champignons approche, il va falloir bientôt faire une croix sur les délicieux cèpes et girolles qui peuplent nos forêts. Pour certains, c'est déjà l'heure de faire le compte. D'autres auront un peu plus de répit, parfois jusqu'à janvier. Dans les jardins, une espèce fait figure de champignon : l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea). C'est un amateur d'arbres, en particulier de fruitiers mais pas que, sur les quels il s'installe quand ils sont faibles et dont il se nourrit jusqu'à entraîner la mort e l'hôte. Il continuera alors à se nourrir de ses  racines pourrissantes. Actuellement l'armillaire couleur de miel suscite de nombreux débats sur les forums et en particulier, chez les mycophages. Consommé de manière traditionnelle dans de nombreuses régions, il s'avère que ce champignon ne soit pas toléré par de nombreuses personnes et que sur la durée, il se relève dangereux pour l'organisme, en particulier pour tout ce qui touche au sang. Pour certains mycologues, il est désormais à classer dans les non comestibles voire les toxiques. Pour d'autre, il peut être consommé sous conditions : ne récolter que les jeunes individus, au chapeaux fermés, qui n'ont pas subit le gel, les manger en petit quantité après les avoir blanchis dans plusieurs eaux, plus de 20 minutes et surtout, ne jamais les consommer s'ils ont été surgelés. Fait amusant, les armillaires couleurs de miel présents au Canada ne présenteraient pas cette toxicité, signe qu'il s'agît peut être d'une autre espèce encore inconnue. En effet, les champignons nord-américains, bien que très ressemblants aux nôtres, sont réputés pour avoir des degrés de comestibilités souvent différents, la notion de comestibilité restant propre à chacun.

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En l'état, ces armillaires ne sont pas comestibles. Leur aspect blanc, voire poudré, est dû à leur sporée c'et à dire l'ensemble des spores qu'ils relâchent pour se reproduire. De nombreuses espèces et familles se reconnaissent à la couleur de leurs spores. Chez les armillaires et plus généralement le genre Armillaria, ils sont blancs.

DSC03276Sur ce tronc, un mycélium d'armillaire couleur de miel s'en donne à coeur joie. Se nourrissant peu à peu de la cellulose, il a fructifié au point de faire de gros bouquets. La partie visible des champignons se nomme le carpophore ou, au choix, le sporophore. Chez cette espèce il se compose d'un chapeau qui prend toutes les colories du miel, des lamelles aux mêmes teintes et d'un pied long, courbé et fibreux équipé d'un anneau.

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Notre récolte reste bien frugale. Quelques cèpes de bordeaux en bouchon (Boletus edulis) viennent remplir notre panier. À eux s'ajoute deux-trois lactaires détestables (Lactarius deterrimus) qui seront découpés en lamelle puis grillés à l'huile et, une unique chanterelle d'automne (Craterellus tubaeformis) bien solitaire et biscornue.

DSC03305Certaines espèces sont particulièrement atypiques. Le tricholome à odeur de savon (Tricholoma saponaceum) ce caractérise par l'odeur qui lui doit son nom. Peu appétissant, son goût âcre et prononcé le rend inconsommable.

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On le trouve dans les bois mixtes, de préférence sous chêne mais pas uniquement. Ubiquiste, on le trouve dans une grande diversité de milieu, sur presque tout le territoire français. Appelé aussi tricholome savonneux, il se caractérise par les nombreuses sous-espèces qui sont regroupé sous son nom. On les différencie en partie aux couleurs de leur chapeau, ainsi T. nympharum se caractérise à son chapeau et ses lames blanchâtres, T. carneiforme par son cheapeau sombre et ses lames roses pâles, T. artrovirens à son chapeau vert foncé ou encore T. napipes par ses teintes jaunâtres sur les lamelles.

DSC03271Un peu sorcière sur les bords, je ne peux que me rejouir de la sortie des amanites tue-mouche (Amanita muscaria). J'adore ce champignon, non pas pour ces effets délirogènes et hallucinogènes (non merci), mais pour les nombreuses légendes et religions auxquelles il a donné naissance, en particulier en Europe de l'Est.

DSC03266De temps à autre, je ne peux m'empêcher d'écrire au sujet de cette amanite sur le blog. D'une part, parce qu'esthétiquement elle est sublime et d'autre part, parce qu'il y a tout simplement beaucoup de choses à dire sur celle-ci. Elle fait souvent le bonheur des gourmets, non pas qu'elle soit comestible bien que certains peuples du Nord aient développés des techniques pour la consommer sereinement, mais parce qu'elle est souvent bio-indicatrice de milieux propices pour les cèpes. Thermophile, il n'est pas rare de la voir pousser en même temps que ces derniers voir, côte à côte. On la trouve dans l'art pictural de nombreux peuples. En occident, on la retrouve un peu partout, que ça soit dans nos jeux vidéos comme Mario, dans nos bandes dessinés comme avec Tintin ou encore, dans la représentation de nos contes et légendes. Il n'est pas rare de la voir apparaître, à l'arrivée d'Haloween, dans les chaudrons des sorcières et les forêts ensorcelées. Rober Gordon Wasson, ethno-mycologue de génie, retrace avec brio le parcours de l'amanite tue-mouche dans les traditions humaine. De l'Europe à l'Asie, en passant par l'Amérique du Nord, elle est souvent un des pilier des rîtes et des pratiques chamaniques qui pour certaines, subsistent encore et qui ont donné naissance à de nombreuses religions dites modernes.

Bref, l'amanite tue-mouche c'est un chapeau rouge vif, parfois orangé suite à de fortes chaleurs qui entraînent le dessèchement du champignon. À sa surface on trouve des mouchetures blanches qui parfois disparaissent suite à une bonne pluie. Le pied, appelé stipe, les lamelles et l'anneau ainsi que la volve sont également blancs.

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Bref, voilà de quoi jouer les sorcières en forêt. On a longtemps cru que la muscarine de cette amanite (découverte en 1869) était l'origine des effets psychédéliques du champignons de par son effet excitant en agissant sur les synapses mais cette molécule est bien trop peu présente dans l'amanite tue-mouche pour expliquer ses propriétés.Il faut chercher du côté de la muscimole et de l'acide iboténique (majoritairement concentrés dans le chapeau dans la cuticule rouge) pour trouver les causes des hallucinations mais aussi des vomissements, des somnolences, d'une certaine euphorie, des délires, des confusions, des états de prostration, des troubles de l'équilibre, de l'hypervantilation, de la sudation accrue et/ou des troubles gastriques que son ingestion provoque.

DSC03317Tous les éléments sont là pour jouer à la sorcière, aussi bien la pacerelle de la Pierre au Loup qui surplombe la cascade remise en état par la cousin avec son groupement de scouts et les chasseurs locaux, les chats qui attendent sagement leur de la gamelle sur le perron de la maison familiale ou bien, les fayards qui s'ornent de feuilles d'or. Hélas, trois fois hélas, la vilel grise et triste n'offre pas autant de magie. Ici, elle vibre dans l'air.

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mardi 1 août 2017

Sortie en forêt 73.

DSC08838Petite virée ce week-end entre forêt et campagne. D'ailleurs à l'occasion d'une sortie à la tombée du jour, nous avons croisé ce beau bateau, une rencontre annonciatrice du prochain article. En attendant nous allons parler ici de champignons, de cavernes cachées au cœur des bois, de montagnes et de récoltes de plantes pour la prochaine médiévale où vous pourrez me découvrir avec mon tout nouveau personnage de prêtresse celte errante. Un vaste programme en somme.

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 Il fait chaud mais cela n'arrête pas le machaon qui est aussi appelé grand porte queue (Papilio machaon).

Pour orner ma ceinture de cuire je me suis confectionnée des tresses de reine des prés pour parler des remèdes d'autrefois et de la théorie des signatures, des bouquets de frondes de fougère aigle pour expliquer comment on espérait au Moyen Âge attirer la pluie et chasser les serpents, des guirlandes de polypores du pin pour raconter l'histoire des champignons dans les cultures et religions pré-chrétiennes et, des couronnes d'origan sauvage pour parler de goût et de cuisine. En une après-midi me voilà parée pour l'aventure.

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DSC09039Enfin, les premières girolles sont là, cela nous en fait un tout petit panier mais c'est suffisant pour se faire plaisir et surtout, pour prendre plaisir à en trouver. Il semblerait que pour cette première récolte de l'année nous ayons ramassé des girolles ferrugineuses (Cantharellus ferruginascens).

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Nous les avons trouvés dans un biotope qu'elles affectionnent, une forêt mixte composée de sapins pectinés (Abies alba), de houx (Ilex aquifolium) et d'hêtres (Fagus sylvatica). Bien que les pluies leurs soient nécessaire pour fructifier, elles n'aiment pas trop avoir les pieds dans l'eau. Selon les département on peut la récolter de mai à novembre.

D'autres espèces ont fait leur apparition dans le sous-bois également. Hormis la multitude de russules, on peut citer trois champingons particulièrement abondants et que vous pouvez retrouver ci-dessous en photo : l'amanite rougissante (Amanita rubescens) appekée aussi golmotte, la vachote (Lactarius volemus) à la drôle d'odeur de crustacé et le lactaire poivré (Lactarius piperatus) dont un petit bout de lamelle a la capacité de vous brûler la langue pendant plusieurs minutes avec son goût poivré. Bref, ce n'est pas la grande abondance.

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Cette virée est un bon entraînement pour remettre les bases à jour en douceur. Depuis un an je suis oullinoise d'adoption et je n'ai que peux le temps pour aller sur le terrain. Espérons qu'en août, il sera possible d'explorer la mycofaune du Pilat et de son massif pour se remettre tous ces noms, parfois en peu compliqués, en tête.

DSC08910Cette sortie mycologique n'était qu'une mise en bouche. Nous voilà donc partis pour faire ce que nous appelons la balade de Miribelle les Échelles. J'ai déjà pu à cette occasion rédiger deux billets sur ce sujet, bien qu'un peu anciens et désuets à mon goût. La nouveauté cette fois-ci est que nous avons suivit pour la première une partie du chemin balisé qui nous est inconnue et ce que l'on peut en dire, c'est que nous n'avons pas été déçus.

DSC08879Le trou du Loup

Drôle de nom pour cette caverne dans la quelle on peut s'engouffrer sur 20 mètres. Nous avons trouvé l'endroit superbe et nous avons pris plaisir à tremper les pieds  dans les cuves calcaires formées par l'eau, les orteils en vadrouille au milieu des larves de salamandre et sous la surveillance des libellules et des fougères scolopendres.

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 Pour ne pas se perdre dans la forêt, un ensemble de panneaux indicateurs a été installé. Il permet de donner la direction mais aussi le numéro et le nom des monuments.

Il n'est pas courant de tomber sur une telle cavité. Celle-ci doit abriter de nombreuses espèces d'insectes mais aussi de chauves-souris, plus particulièrement dans les failles et plis de la falaise qui forme les parois extérieures.

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Ce type de milieu est très intéressant car les animaux et les plantes trouvent ici des conditions qui ne sont pas présentes dans la forêt. Humidité constante, fraîcheur, anfractuosités calcaires et eau disponible toute l'année font un refuge parfait pour de nombreuses espèces que ça soit de manière temporaire ou à l'année.

DSC08926Les cuvettes et les gorges calcaires sont souvent le lieu où l'on trouve le reste d'animaux. Cela est dû à leur accès difficile aux charognards et au fait que le cour d'eau est entravé par des branchages et des rochers qui retiennent les éléments qu'il transporte. Cela explique pourquoi nous avons pu tomber sur cette jeune grive musicienne (Turdus philomelos). Les grives ne sont pas simples à différencier les unes des autres, en Isère on en rencontre 4 espèces distinctes : la grive musicienne, la grive draine, la grive mauvis et la grive litorne. Elles sont très appréciées des chasseurs et des oiseaux de proies, bien que leur cabris fasse qu'elles ne sont prédatées que par de grands rapaces.

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 Les chats ne sont pas en reste et bien qu'ici il soit question de notre gros chat de salon, certains de ses congénères sont redoutables. Les chats seraient ainsi une menace importante pour la faune et entraîneraient la disparition de certaines espèces en France, au même titre de ce qui se passe actuellement en Australie. Autant participer à l'étude Chat & Bodiversité pour savoir de quoi il en retourne.

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Il y a un charme particulier qui se dégage de la forêt du Trou au Loup. Un quelque chose de mystique qui nous replongent dans les guerres de religions qui ont animé la région, dans la vie des forteresses de l'ancien royaume qui depuis sont détruites et dont les reliques émergent ici et là dans le village. Un arbre noirci par la foudre, un chemin bordé d'immenses fougères aigles, un ruisseau au fond plat comme un chaudron de diable, des chutes d'eau ... il y a de quoi ici donner naissance à de nombreuses légendes, toujours avec une touche d'ésotérisme.

DSC08856Je ne parlerai que très brièvement du reste du parcours, je me suis déjà penchée sur la question dans d'autres articles du blog. Si vous souhaitez les découvrir, je vous invite à cliquer ICI et à parcourir cette catégorie. Néanmoins je m'empêcher de parler de la Madone du château, érigée au sommet de la chapelle où se trouvait autrefois le château des Corbeaux. Il aura fallu un attelage de pas moins de 20 boeufs pour l'ammener jusqu'ici.

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 Depuis la butte cadastrale on peut admirer les sommets de la Chartreuse ou exercer le naturalisme.

DSC08832Retour au jardin familial, toujours en Isère. Il est le terrain idéal pour les grandes réunions de famille et les barbecues. Pour le coup nous avons pu passer une journée très animée et nous initier au tir à l'arc mais aussi au moulki, à la pétanque et bien-sûr, à la sieste. Voilà de quoi ne pas chaumer pendant cet été très animé. J'en profite pour vous dire que le mois d'aout s'annonce chargé et j'aurai bientôt quelques belles nouvelles à vous annoncer. En attendant je souhaite vous remercier pour la direction que prend le blog. Pas moins de 50 000 visiteurs sont venus sur celui-ci pour le seul mois de juillet, c'est de la folie. C'est à la fois très indimidant et motivant. Je ne regrette pas pour le coup le changement de format où je peux m'exprimer dans une forme plus proche de celle de l'article de revue et qui est bien plus libre. Au plaisir de vous lire dans les commentaires et qui sait, de vous rencontrer dans les manifestations médiévales de Rhône-Alpes. Pour le prochain article, je vous dévoilerai les Calanques depuis la mer.

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mardi 20 décembre 2016

Destination Bretagne : Locronan.

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 Nous voilà enfin à Locronan ! Le village est extraordinaire. Celui-ci est fait tout de pierre grise et cadre avec la brume de ce jour. Il faut savoir qu'il jouit d'une belle réputation, en particulier depuis qu'il a été dans le trio de tête du "Plus beau village des français 2015". Néanmoins nous avons pu parcourir ses rues sans nous trouver pris dans une marée humaine comme c'est souvent le cas dans les ruelles dès que le soleil fait son apparition.

 

 Une ville tournée vers la mer.

 On pourrait se croire à l'intérieur des terres. Néanmoins la mer est présente partout à Locronan, que ce soit dans les maisons, sur les murs ou même dans les pavés des trottoirs. Pendant longtemps la ville fût animée par une manufacture de voiles pour les navires. Aujourd'hui c'est du tourisme qu'elle tire bénéfice. Chaque année les quelques 800 habitants voient défiler par moins de 400 000 touristes, en particulier les soirs de marché.

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Un patrimoine unique.

Depuis 1924, le village est classé aux "Monuments histoirques" de part son charme. Cela explique l'abondance de films tournés ici, pas moins de 25 dont certains ayant une belle renomée comme "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet et de Guillaume Laurent mais aussi de boutiques atypiques et hors normes.

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 Les hortensias (Hydrangea sp.).

Voici les traditionnels hortensias. Ils ont la particularité de bien se plaire en Bretagne du fait du climat doux de la côte et de son ensoleillement particulier. Ils peuvent par endroit former de véritable buisson et parfois même des arbustes. C'est une institution que d'en avoir dans son jardin pour le plus grand bonheur des moineaux. 

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La boutique magique.

Petite pépite cachée au détour d'une ruelle : une boutique proposant des oeuvres d'artistes locaux mais surtout, des masques africains et asiatiques traditionnels, de VERITABLES masques traditonels et le tout à des prix vraiment minimes. J'ai suivie une licence de socio-anthropologie et pendant celle-ci je me suis prise de passion pour les masques Dogon alors imaginez mon émerveillement dans cette véritable caverne d'Ali Baba !

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Découvrir la ville.

Autre boutique à voir impérativement, la librairie celte. Ne vous laissez pas impressionner par l'armure de l'entrée ou les toiles d'araignée, cette librairie est super ! Non seulement on y trouve de nombreux ouvrages sur la Bretagne mais aussi tout une série de livres sur le merveilleux, les mythes, l'Histoire et même sur les Enfers.

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Cacahuète.

 C'est la mascotte locale. Ce croisé birman se laisse facilement approcher et ne dit pas non à quelques caresses avant de filer. Appelés aussi sacrés de Birmanie, les birmans sont des chats à poils longs (de par leur croisement avec des persans) dont la race serait apparue en France dans les années 1920 et qui est reconnue depuis 1950. 

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La boutique de la mer.

C'est une autre des boutiques que nous avons adoré pendant notre périple, d'ailleurs de nombreux éléments de décoration de notre petit appartement viennent de là. On y trouve des filets de pêches, une multitude de coquillages et d'étoiles de mer, des oursins et des coraux et même, quelques fossiles de poissons préhistoriques.

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Le mot de la fin.

Vraiment, Locronan est un village est à voir et surtout, à dévorer ! N'hésitez pas à vous rendre à la petite boulangerie faisant face à l'église pour déguster le meilleur des kouign-amanns et bien d'autres spécialités comme les sablés Bretons. Après ce périple de deux jours, direction Brest et son jardin botanique aux mille trésors.

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jeudi 14 avril 2016

Les fleurs et oiseaux des parcs marseillais.

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Beau labelle n'est-ce pas ? Il illustre bien cet article qui va porter sur les orchidées et leur identification (identification complexe, pour ne pas dire casse-tête, qui sera abordée de manière plus approfondie dans un prochain article). On trouve aussi quelques espèces animales et végétales qui valent le détour bien que certaines soient communes et/ou banales. D'autres peuvent passer inaperçues jusqu'à ce que l'oeil vienne de manière inopinée se poser sur elles. Bref, pour cet épisode on repart dans le Sud profiter du printemps.

 

Le mimosa d'Hiver (Acacia dealbata).

C'est un arbrisseau Australien qui porte bien mal son nom "d'Hiver". En effet, bien qu'il fleurisse en pleine période hivernale chez nous, dans son pays natal à la même période c'est l'été. Il est arrivé en Europe au 18e siècle en même temps que les premiers grands navigateurs qui avaient hâtes de le faire découvrir aux cours royales.

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L'oprhys de Forestieri (Ophrys forestieri).

Anciennement on la nommait Ophrys lupercalis. La taxonomie des orchidées en Europe et plus globalement dans le monde est complexe, porte parfois à polémique et aussi, à confusion. Ainsi plusieurs espèces portent des noms différents et/ou parfois ne forment qu'une seule et unique espèce. Pour faire simple il faut retenir que cet ophrys appartient à la famille des ophrys bruns dont on trouve l'espèce type au Portugal et en Espagne.

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Le pigeon biset fédéral (Columba livia var).

Cette espèce est très proche du pigeon biset sauvage qui est son ancêtre. C'est un mal aimé en raison de sa réputation de porteur de germes pathogènes, de son abondance, des salissures et des dégâts qu'il provoque sur les bâtiments et les biens dans les villes où il vit. Pourtant, je l'adore. C'est un oiseau bien plus intelligent qu'il ne le paraît qui élabore des tactiques pour se nourrir et qui est fidèle à son partenaire à vie.

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Le chat haret (Felis silvestris catus).

 Le parc des Bruyères de Marseille comporte quelques chats domestiques devenus sauvages que l'on nomme chats harets. Bien que proches de nos chats de maison, ils ne se laissent pas approcher. Le manque de contrôle sur cette population pose des problèmes pour la biodiversité mais aussi sanitaires et démographiques.

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Le frêne à feuilles aiguës (Fraxinus angustifolia).

Il pousse dans les zones de climat méditerranéen-occidental. On l'appel parfois "frêne du Midi". Il en existe deux sous-espèces ayant des caractéristiques et des zones de pousses très similaires. On le rencontre  dans les trois quarts du pays. Ses bourgeons et feuilles sont plus petites que celles du frêne commun.

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Le narcisse douteux (Narcissus dubius).

 C'est un joli narcisse qui pousse en France exclusivement sur le pourtour méditerranéen dans la garrigue. Il fleurit au début du printemps jusqu'en avril. Petit, on le différencie des autres narcisses par leur taille, leur couleur blanche et leurs feuilles larges. Bien qu'il ne soit pas protégé, il se raréfie de manière dramatique.

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L'orne (Fraxinus ornus).

Il s'agit également d'un frêne et lui aussi est typique de la région. On l'appel parfois frêne à fleurs en raison de ses fleurs blanches abondantes et odorantes. Au Moyen Âge on en tirait la "manne" (du même nom que la nourriture des Hébreux dans le désert après avoir quitté l'Egypte pharaonïque). Grâce à un savant procédé sa résine était transformée en sucre. La manne était très populaire aux tables des puissants et des gourmets.

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L'ophrys de la passion (Oprhys passionis).

Là aussi c'est un peu un casse-tête comme chez l'ophrys de Forestieri. On le rattache à la famille des oprhys occidentalis que l'on nomme également Ophrys exaltata subsp. marzuola dont il n'est pas toujours simple de faire la distinction avec l'ophrys arachnitformis ... pas simple n'est ce pas ? Pour facilité la chose, on retiendra de cet ophrys qu'il est assez sombre, avec un label trilobé de manière légère et que sa macule forme un T ou un TT.

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L'if commun (Taxus baccata).

C'est l'arbre de la sagesse et de l'immortalité en raison de son exceptionnelle longévité. Il est aussi un symbole de mort car on le plantait dans les cimetières mais surtout, parce qu'il est terriblement toxique. Toutes les parties sont toxiques hormis la chair des baies que l'on nomme arilles (attention à la graine !). L'if est dioïque, c'est à dire que contrairement à la plupart des plantes, il est soit mâle, soit femelle mais jamais les deux à la fois.

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La bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea).

 C'est un oiseau (déjà rencontrée ICI) qui chasse à proximité de l'eau, on peut même l'observer pêcher. Ici il s'agît d'une femelle ou d'un immature car sa gorge est blanche ou du moins, dénuée de noir. Pour la reconnaître à coup sûr il faut regarder si les pattes sont de couleur chair et si les plumes de la queue sont longues et fines.

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Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).

Les feuilles de cette plante de la famille des Crassulacées (comme les sédums) rappellent un nombril. Elles sont comestibles et le plus souvent, les jeunes pousses sont consommées crues en salade. Elles sont appréciées pour l'eau qu'elles contiennent, leur texture, leur corquant et leur goût légèrement amer.

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Le réséda de Jacquin (Reseda jacquini).

Selon les cartes, on le trouve dans 6 à 8 départements en France. Il est protégé en Rhône Alpes et on en compte 2 sous-espèces. Il tient son nom du naturaliste Nikolaus Joseph von Jacquin, connu pour ses expéditions aux Caraïbes et en Amérique. Deux autres plantes ont été nommées en son honneur avec son patronime.

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Le ciste à feuilles de sauge (Cistus salviifolius).

Voilà un des nombreux cistes à fleurs blanches que l'on peut rencontrer dans le sud de la France. Ses feuilles sont parfois confondues avec celles de la sauge mais n'ont pas la même odeur ni les mêmes propriétés. On l'utilise de plus en plus fréquemment pour orner les jardins, les bords de routes et les ronds points.

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Le ciste contonneux (Cistus albidus).

On l'appel parfois ciste en raison des poils blanchâtres qui couvrent ses feuilles et qui sont doux au touché. Ils permettent à la plante de retenir l'eau et de diminuer son évapo-transpiration ce qui est essentiel à la vue du milieu dans la quelle elle vit. Ses graines ont besoin d'être chauffées par les flammes pour germer.

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Les sarcelles (Anas) et leur hybridations.

Les sarcelles sont de petits canards présents un peu partout dans le monde. En France ont trouve la sarcelle d'hiver (Anas crecca) et la sarcelle d'été (Anas querquedula) mais depuis quelques années, on rencontre également des espèces venues d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique. Ce sont des oiseaux échappés de chez les particuliers. Ici il pourrait s'agir d'un hybride de sarcelle d'hiver et de sarcelle du Chili (Anas flavirostris).

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Le nerprun alaterne (Rhamnus alaternus).

C'est un arbrisseau des garrigues qui aime la lumière. Bien qu'il peut atteindre 5m de haut, il est souvent plus petit. Ses feuilles coriaces et luisantes sont un moyen pour l'arbre de se protéger des prédateurs mais aussi d'éviter de perdre trop d'eau sous l'effet des fortes chaleurs. Ses minuscules fleurs sont dépourvues de pétales.

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Le héron cendré (Ardea cinerea).

On le rencontre beaucoup en ce moment dans les friches de la ville. Celui-ci a un beau bec vif et coloré, signe qu'i est prêt pour la saison des amours. Bien que grand (il mesure presque un mètre), il ne dépasse que rarement 1 kilos, voire  1,2 kilos. Ce faible poids lui vient de ses os creux et légers qui lui permettent de bien voler.

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La mésange charbonnière (Parus major).

C'est un petit passereau très commun en Europe, au Maghrébe et en Asie. C'est un oiseau vif qui se nourrit d'insectes et de graines. Actuellement on peut le voir s'affairer sur les branches à la recherche des insectes attirés par les bourgeons tendres des arbres. On peut aussi commencer à entendre les oisillons dans leur nid.

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Le muscari à grappe (Muscari neglectum).

On l'appel aussi muscari négligé en raison de ses fleurs tombantes. On le rencontre presque partout en France hormis dans le nord du pays. On le distingue de son cousin le muscari botryoide (Muscari botryoides) de part ses feuilles fines, longues et étroites. Il aime les vieilles vines, les pelouses sèches et les prés arides.

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Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo).

 Celui-ci nous a permit d'admirer sa séance de pêche dans le petit étang du Parc du 26e centenaire. Ce pêcheur infatigable présente au niveau de la tête une bande de plumes blanches et à la base du bec une jolie coloration rouge/pourpre. Là encore il s'agît d'un oiseau abordant son plumage nuptial pour séduire un partenaire.

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Le canard colvaire (Anas platyrhynchos).

On le trouve dans tout l'hémisphère nord (et porte parfois le nom de canard français). Peu farouche, on le voit souvent sur les plans d'eau urbains. Cette canne à fort à faire pour veiller sur ses petits qui sont plutôt turbulents. Entre les énormes poissons qui vivent dans l'étang, les rats qui n'hésitent pas à croquer un bout de poussin, les chats errants et les goélands leucophés voraces, la vie de cette mère n'est pas de tout repos. 

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Le rougequeue noir (Phoenicurus ochruros).

Cet oiseau bavard se reconnaît à ses pattes noires et à sa queue d'un beau rouge brique qui se remarque bien quand il vole. À l'origine il vivant dans les zones pierreuses, surtout en montagne mais l'habitat urbain des hommes lui convient bien. Il y trouve toute la nourriture dont il a besoin ainsi que des lieux aptes à la nidification.

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La tortue de Floride (Trachemys scripta elegans).

On a ces dernières années beaucoup entendue parler d'elle. Achetées en animalerie, les petites tortues de Floride deviennent vite grandes. Leur aquarium n'est pas réputé pour sentir bon et elles peuvent se montrer agressives. De ce fait certains particuliers les ont laissés à leur sort dans la nature. Les survivantes sont de terribles voraces qui causent de nombreux dégâts dans notre environnement. Désormais elles sont interdites à la vente.

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Les chauves-souris du Parc du 26e centenaire.

 On peut voir dans le ciel de Marseille quelques belles chauves-souris (Chiroptères - Chiroptera). Pas simple de les saisir en plein vol avec un ciel sombre. En France métropolitaine toutes les espèces sont insectivores et vont se nourrir de petites bêtes à la tombée de la nuit. Ce sont de précieuses aides pour les jardiniers.

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Le message ...

Participer aux actions citoyennes c'est vraiment chouette, en retenir le message et les gestes nettement mieux. Néanmoins il y a un véritable chamboulement dans les mentalités qui peu à peu évolues dans le bon sens. Comme toujours, il faut 5 ans pour révolutionner le monde, 30 de plus pour que les esprits s'y adaptent.

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Quand la garrigue part à l'assaut des parcs.

À Marseille, la notion entre parc naturel et parc de ville est floue. Certains d'entre eux comme le Parc du 26e Centenaire ou celui de Campagne Pastré s'ouvrent sur les Calanques. De ce fait les plantes d'ornement et les arbustes bien taillés laissent peu à peu place à une végétations sauvage plus dense et variée. 

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Le mot de la fin.

C'est bientôt la fin pour ces quelques orchidées du Sud de la France mais il y a bien d'autres choses à voir. Les parcs de Marseille sont une bonne alternative pour découvrir la flore et la faune des Calanques sans pour autant faire de longues promenades. Néanmoins, il est plus compliqué d'y observer les espèces rares ou qui fuient les zones urbanisées car sensibles. Bientôt les lavandes en fleurs, les chèvrefeuilles et les papillons seront là.

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mercredi 6 avril 2016

Sortie en forêt 63.

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 Voilà une petite sortie en solitaire que j'ai pris beaucoup de plaisir à faire. Entre les marais et les cascades de la forêt, j'ai pu voir un grand nombre d'animaux et en particulier d'oiseaux, ce qui a été un véritable plaisir. Revenir dans les bois de mon enfance me fait toujours quelque chose au coeur, comme s'il y avait un petit parfum de magie dans l'air. Il faudra attendre encore quelques jours pour bien prdofiter des fleurs du printemps.

 

L'anémone Sylvie (Anemone nemorosa).

Elle se rencontre dans les forêts ombragées, fraîches et humides. On la trouve dans de nombreux pays de l'hémisphère Nord, en ayant cependant une préférence pour les zones de climat continentale voire montagnard.  En France on peut la voir presque partout. Elle est considérée en Europe comme un bon bio indicateur de l'ancienneté d'une forêt ou du moins, du fait qu'elle soit naturelle ce qui me fait plaisir car mes bois en regorgent.

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Cette anémone est utilisée dans la pharmacopée populaire bien qu'elle soit toxique.

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L'aulne glutinneux (Alnus glutinosa). 

Il aime bien avoir les pieds dans l'eau ou à proximité. On le trouve sur les sols acides ce qui sur nos terres iséroises en majorité calcaires, est un bon indicateur de délavement et de zone marécageuse. On en trouve trois sous-espèces en Asie Mineur. Il est mit à mal par une maladie qui ravage une partie des aulnaies.

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Le sanglier (Sus scrofa).

Il est l'ancêtre des porcs (Sus scrofa domesticus) que l'on trouve dans les cours de ferme. C'est un animal très intelligent qui vît seul ou dans des petits groupes. Il est capable d'adapter son mode de vie aux techniques de chasses pratiquées sur le territoire où il vit pour échapper aux chasseurs. Il a un rôle très important dans les milieux forestiers où il assainit les bois des cadavres et où il dissémine les spores des champignons.

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La ficaire fausse-renoncule (Ficaria verna).

Présente en Eurasie, elle vient d'être introduite en Amérique du Nord. Ses tubercules reconnaissables servent parfois aux enfants pour jouer à la dînette. Sa floraison arrive souvent en Isère à la mi-mars. Ses fleurs couvrent les sous-bois et les lisières humides de fleurs jaunes en de grands tapis. On l'utilisait pour soigner le scorbut et les hémorroïdes mais sa toxicité fait qu'il est conseillé de n'en consommer que quelques feuilles.

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Elle peut s'avérer mortelle pour le bétail ce qui pose des problèmes aux élevages des États-Unis.

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Le ganoderme aplani (ganoderma lipsiense).

 Ce champignon de bois peut dépasser les 50 centimètres de diamètre. On le trouve sur le bois mort mais parfois sur les troncs d'arbres sains et bien portants, en particulier de peupliers. Ce champignon comme la plupart des champignons de bois est très coriace. Impossible de le déguster pour ceux qui le voudraient.

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Indice à morilles.

La présence de coquilles d'escargots en nombre est signe que le sol est très calcaire. En effet ces gastéropodes ont besoin du calcium présent dans la terre et les plantes pour développer leur coquille protectrice. Qui dit calcaire dit morilles, car il est bien connu que ces champignons prisés ne poussent que sur ce type de sol.

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La Dorine à feuilles alternes (Chrysosplenium alternifolium).

 Cette jolie mais discrète plante devient bien visible au début du printemps. Elle forme des grappes et des tapis aux abords des ruisseaux d'eaux vives et fraîches. Ses fleurs et ses feuilles se déclinent dans un camaïeu de jaune et de vert qui attire l'oeil. La pollinisation est assurée par de petites mouches et des scarabées.

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La Dorine à feuilles alternes est en très forte régression et est protégée dans certaines régions.

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Le polystic à aiguillons (Polystichum aculeatum).

C'est une fougère commune en France qui est protégée dans certains départements et dans certaines régions. Très belle, elle est parfois commercialisée dans les jardineries, pas toujours sous le bon nom. Elle se plaît dans nos ravines et gorges humides abritées du soleil. Rustique, elle résiste au basses températures.

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Il est passé par là.

 Mais qui ça ? Le chat ! Nos chats de maison (Felis catus) ne se cantonnent pas à nos canapés et à nos jardins. Certains n'ont pas peur d'entrer en forêt pour chasser leurs proies. Ils se mêlent parfois avec le très rare chat sauvage (Felis silvestris) ce qui est problématique car l'espèce, déjà menacée, se voit appauvrie génétiquement. 

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L'arum maculé (Arum maculatum).

 Cette plante a déployé ses grandes feuilles vertes et va débuter sa floraison. On pensait autrefois que c'était dans ses fleurs atypiques que les vipères prenaient naissance ou au contraire, que posséder quelques plants dans le jardin chassait les serpents. On la confond parfois avec l'ail des ours ce qui s'évère funeste. En effet la plante est très toxique et, est même mortelle. Malgré son goût brûlant, certains font la dangereuse confusion.

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Les milieux humides.

 Comme vous l'avez peut être remarqué avec les derniers articles, je suis dans ma période "cascades". Le coin où je vis en regorge (plus d'une centaine) et j'ai eu l'idée d'en explorer et découvrir une bonne partie. Chaque chute d'eau à son propre écosystème et sa propre flore ce qui est fascinant et premet de faire des découvertes.

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Les pervenches (Vinca) indiquent souvent les vestiges de constructions humaines.

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Voilà une petite cascade qui dissimule en son sein une caverne humide et boueuse.

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L'eau dans tous ses états.

 Surprise, on trouve encore de la neige ! Certains creux et infractiosités de la roche lui ont permis de ne pas subir l'action des rayons du soleil. Autre découverte dans la "grotte", l'eau suintant du plafond forme de petits stalactites et stalagmites qui prennent une jolie couleur rosée. Qui sait, peut être se rejoindront-elles un jour.

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Les roches des cours d'eau.

 On trouve des galets (à droite) mais surtout, du tuffeau (à gauche). Chez nous on le nomme à tort "tuf" et est très présent dans notre quotidien en Isère. En effet une bonne partie des maisons et des bâtiments anciens du village (églises, châteaux, couvents ect.) sont en cette pierre issue du tuf, une roche calcaire.

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Le lierre grimpant (Hedera helix).

 Il a triste réputation et pourtant, il est bien loin de la mériter. Il faut savoir que c'est une plante qui n'étouffe pas et ne tue pas les arbres mais, qui leur procure bien des soins et qui leur est d'une aide bénéfique face aux éléments. Le lierre est aussi très important pour les abeilles et les oiseaux a qui il apporte une nourriture essentielle.

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Ce lierre à une bien drôle et triste mine (insectes ou maladie ?) ce qui le rend magnifique.

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La tramète versicolore (Trametes versicolor).

C'est un champignon que j'adore. Il détonne par ses couleurs qui se déclinent comme le ferraient celles d'un arc-en-ciel délavé. Ce  lignicole n'est pas comestible mais est utilisé pour la recherche contre le cancer. Il contiendrait des molécules qui soigneraient le cancer de la prostate. Les premiers essais sont concluants.

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Certains spécimens peuvent présenter des couleurs bien plus vives, surtout en pleine lumière.

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Dure comme du bois (si ce n'est pire), cette tramète est parfaitement inconsommable.

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La vie d'un vieux châtaignier (Castanea).

Il y a beaucoup de vie dans un vieux châtaignier, que ce soit la multitude d'animaux qui y vivent comme les oiseaux (chouettes dans les troncs, pinsons des arbres et mésanges sur les branches) que les champignons qui s'y installent. Certains ne font pas de mal à l'arbre et vivent presque en symbiose avec lui mais pour d'autres c'est toute une histoire. Quand le gymnopile pénétrant (Gymnopilus penetrans) est là, c'est souvent trop tard.

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Peut être s'agit-il ici des restes d'un vieux polypore soufré (Laetiporus sulphureus).

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Le chevreuil (Capreolus capreolus).

Il se plaît un peu partout en Eurasie, du moment qu'il ait a disposition une forêt mixte de conifères et de caduques à proximité. Gourmand on le voit l'été dans les prairies manger l'herbe verte. L'hiver il se rabat sur les écorces et les lichens. Au printemps sur les jeunes pousses et à l'automne il peut même croquer des champignons.

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Les saules (Salix).

C'est un peu ma grande hantise en botanique, surtout à cette saison où il faut l'avouer, ils se ressemblent tous. Entre le nombre d'étamines, leur couleur, la forme des bourgeons, leur taille ou encore le type de milieu dans le quel ils poussent on est vite perdu.  Heureusement les feuilles ne devraient pas tarder, ouf !

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Le narcisse jaune (Narsicus pseudo-narsicus).

 Il abonde dans les jardins pourtant il vient de nos campagnes et de nos forêts. On l'appel parfois à tort jonquille. Ce narcisse a été victime de sa beauté et après des années de cueillettes, a disparu dans certaines régions. Désormais, il est protégé dans bien des endroits où il est autorisé de n'en ramasser qu'une poignée.

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La formation d'un fossile. 

Un fossile se forme en général quand un être vivant meurt et tombe au fond d'une rivière (le schéma de base). L'eau va charrier des éléments comme des boues et du sable qui vont recouvrir l'animal / le végétal et le protéger des éléments extérieurs. Peu à peu les éléments minéraux vont le pénétrer et le transformer en pierre. 

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Cette reine des prés (Filipendula ulmaria) aime vraiment avoir les pieds dans l'eau.

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Qui sait, peut être qu'un jour l'une de ces feuilles deviendra un magnifique fossile.

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Le blaireau européen (Meles meles).

 Manque plus que le renard et nous aurions eu dans cet article un aperçu de tous les gros mammifères qui vivent près de chez moi. Le blaireau ne peut pas rétracter ses griffes, c'est aux marques qu'elles laissent que l'on reconnaît ces traces. Mine de rien c'est un gros animal qui peut peser entre 10 et 13 kilos ce qui n'est pas rien.

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Le réveil du bois.

 Enfin la forêt s'anime. Les euphorbes des bois (Euphorbia amygdaloides) relèvent la tête et les bourdons de terre (Bombus terrestris) s'empressent d'aller butiner les premières fleurs sorties. Il s'agît bien souvent de violettes (Viola) ou de pâquerettes vivaces (Bellis perennis) qui font le bonheur des polinisateurs affamés.

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Dans les arbres ça s'agite.

 Les oiseaux sont en ébullition, c'est le meilleur moment pour les observer en toute discrétion. En effet ils arrivent en nombre et se posent à la cime des arbres qui n'ont pas encore repris leurs feuillages verts. Les branches nues sont parfaites pour les voir même s'il faut se tenir à distance pour ne pas les déranger, ni les appeurer.

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Le mot de la fin.

Il aurait été sympa de croiser quelques morilles ou deux-trois orchidées mais ça ne saurait tarder, il faut attendre de voir les feuilles sortir sur les branches des frênes. Déjà repartie en prospection, je peux vous annoncer que la récolte de champignons et de fleurs sauvages s'annonce bonne cette année. De nouvelles espèces d'oiseaux sont arrivées, en particulier du côté des hirondelles ce qui me met en joie. Le printemps s'annonce beau. 

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mardi 5 janvier 2016

Le jardin en Automne.

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L'hiver est là depuis quelques jours, il est l'heure de faire le bilan de ce qui s'est passé dans le jardin. La saison a été très chaude et pendant longtemps on a pu se croire en été, au point qu'on en vient à regretter l'absence de neige. Les animaux et les plantes s'en retrouve chamboulés et on a pu voir ici et là des fleurs s'épanouir.

 

Délice de figues.

On l'avait bien cru mort notre figuier (Ficus carica) après le terrible hiver de 2013. Le -17°C de cette année là avait semblé sonner son glas et pendant plus d'une année nous l'avons pensé perdu, mais après une taille sévère le voilà revenu des morts ! Je peux vous assurer que nos estomacs ont bien profité de ses fruits abondants.

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La noix de Grenoble.

C'est la variété la plus courante chez nous et la plus emblématique du territoire. Grosse et charnue, elle est recherchée pour les pâtisseries. J'en ai récolté et vendu un peu plus de 100 kilos cette année, ce qui permettra de replanter de nombreux arbres dans l'ancien verger au milieu de ceux qui se font un peu trop vieux.

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La grenouille rousse (Rana temporaria).

En récoltant mes noix je suis tombée sur cette petite grenouille rousse. Sa proximité avec le potager est très bénéfique car la belle se nourrie de limaces, d'escargots, d'insectes et de vers. Leur hibernation a déjà débuté. Les mâles s'envasent au fond de l'eau, les femelles quand à elles s'habritent sous une souche ou les feuilles.

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Le champignon noir chinois (Auricularia auricula-judae).

Appelé aussi oreille de Judas,c'est le célèbre champignon que l'on retrouve au côté du shiitake dans la cuisine asiatique.Très populaire en Asie il est pratiquement ignoré dans la gastronomie européenne. C'ets une chance pour moi car il est abondant et peu recherché, de ce fait je peux m'en faire de nombreux bocaux.

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La culture de maïs.

Autours de chez nous elle est peu importante, non pas en raison du manque d'eau (bien au contraire) mais des terrains qui sont plutôt escarpés. Le maïs est arrivé avec les premiers explorateurs du nouveau monde (avec les pommes de terre et les tomates). Il en existe une grande variété même si bien souvent nous ne les différencions pas les unes des autres. Pour citer quelques unes, il y a le jaune de Lorraine, le doré des Landes ou la milette. 

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Des plantes à becter.

On ne trouve plus beaucoup de plantes à croquer en automne, il faut alors se tourner vers les fruits et les tubercules. Néanmoins il reste quelques pousses bien tendre à se mettre sous la dents comme celles du gaillet gratteron (Galium aparine) et comme remède celles de la renouée persicaire (Persicaria maculosa).

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Les plats d'automne.

À cette période c'est le grand retour des plats en sauce, des mijotés, des gratins, des potées et autres petits plaisirs qui sur le poêle ou dans le four de la cuisine cuisent pendant de longues heures. Le navarin d'agneau ne fait pas exception à la règle et reste très apprécié les soirs de pluie où la famille est réunie.

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L'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea).

Comme tout les ans, des armillaires couleurs de miel poussent ici et là de manière spontanée au pied des souches et des vieux arbres qu'ils ont infecté. Si certains le mange jeune avec plaisir (armillette), ce n'est pas le cas de tous car ce champignon provoque régulièrement des troubles gastriques et intoxications alimentaires.

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La lépiote pudique (leucoagaricus leucothites).

J'ai encore beaucoup de mal à la reconnaître. Elle est classée parmi les bons comestible mais il est très facile de la confondre avec d'autres espèces semblables et dangereusement mortelles comme l'amanite phalloïde blanche (Amanita phalloides), l'amanite vireuse (Amanita virosa) ou encore l'amanite printanière (Amanita verna).

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La dormance.

C'est une période du cycle de vie où les animaux et les végétaux se mettent en repos. Cela est souvent dû à des conditions climatiques et environnementales peu bénéfiques de manière ponctuelle et aux quelles les organismes pour résister sans dépenser d'énergie répondent par le sommeil. Pour ce qui est de la dormance quotidienne et légendaire des chats ... c'est une toute autre histoire où la paresse et la flemmardise n'y seraient pas pour rien.

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Un arc-en-ciel à sa fenêtre.

Les feuilles perdent leur éclatante couleur verte dû à la chlorophylle. Les arbres s'en séparent pour mieux affronter le froid et ainsi minimiser leur dimension ce qui ne laissera que peu de place aux morsures du froid. Ce phénomène entraîne sur les feuilles de la vigne vierge à trois points (Parthenocissus tricuspidata).

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Le pic épeiche (Dendrocopos major).

Cela fait plusieurs années que nous avons la chance d'avoir dans le jardin des pic épeiches en couple ou seuls. Il n'est pas rare de les voir taper le bois mort, d'entendre leurs coups de bec caractéristiques ou de trouver quelques jolies plumes tombées au sol. Au printemps il y a toujours une ou deux nichés dans le verger.

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La lépiote élevée (Macrolepiota procera).

Appelée aussi coulemelle, c'est un excellent champignon qui pousse aussi bien dans les champs, les lisières de bois que les forêts claires. Elle est de très grande taille et quand elle pousse en rond de sorcière il est difficile de la louper, d'autant plus que c'est un excellent comestible qui se cuisine à toutes les sauces.

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Le géranium des Pyrénées (Geranium pyrenaicum).

J'adore ce petit géranium sauvage car quand on frotte ses feuilles, un délicieuse odeur iodée se dégage et parfume les doigts. Il est presque présent partout en France (très peu en Aquitaine), jusqu'à parfois 2000 mètres d'latitude. Il aime les prés, les bords de routes, les sentiers ensoleillés, les bois et les terrains vagues.

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Les faucheurs (Les Opiliones).

Souvent confondus avec leurs cousines les araignées, ils s'en distinguent par l'absence de glandes à venin et par le fait qu'ils ne produisent ni soie, ni toile. Ils mangent un peu de tout. Certaines espèces sont purement carnivores, d'autres complètement végétariens, d'autres encore se nourrissent de nos déchets.

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La vie des insectes l'automne.

Eux aussi se mettent au ralenti. Les abeilles sortent de moins en moins et aux premiers grands froids chassent les mâles de la ruches pour économiser les ressources. Les chenilles s'apprentent à passer l'hiver dans leur chrysalide, les coccinelles en groupe sous les écorces et derrière les volets. Les criquets et certaines espèces de sauterelles quand à eux vivent leurs derniers jours mais la génération suivante ne tardera pas à bientôt sortir.

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La pleurote du panicaut (Pleurotus eryngii).

J'ai bien eu du mal à reconnaître ce champignon car je le rencontre pour première fois en pleine nature et que sa forme cultivée est assez différente (beaucoup plus longiligne), mais ses lames et lamules ne trompent pas. C'est un excellent champignon au parfum fruité. Elle pousse sur les racines de panicauts dans les zones dégagées.

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Le mot de la fin.

J'ai adoré cet automne au jardin, il a été lumineux et plein de trouvailles. Les champignons ont été à la fête, saison oblige. Ils ont agrémenté les plats en sauce qui ont parfois tardés à venir, la faute à un temps chaud et sec que l'on a rarement vu à cette période et pour cause, le courant exotique El Nino semble déchaîné.

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mercredi 20 mai 2015

Le jardin en Avril.

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 Les premières tontes riment avec le mois d'avril. De fortes chaleurs, des pluies régulières et du soleil à gogo ont donné au gazon des envies de grandeur. Voilà de quoi abriter de nombreux insectes et rongeurs qui serviront de gueuletons aux oiseaux et aux chats de la maison. La végétation est verte et pleine de vie.

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 Qui dit soleil dit retour des lézards en tout genre. Lézards de murailles, lézards verts et ... lézards à poils ! Nos thermomètres sur pattes sont forts efficaces, un nuage qui arrivent, les gouttes qui s'annoncent au loin, un coup de vent et hop ! Tout le monde rentre au bercail bien au chaud ! De vraies feignasses !

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 Quelle petite année à morilles ! 2014 fût sombre pour le précieux champignon, 2015 tout autant bien que je fût plus chanceuse que l'an dernier. Pas le temps de les sécher vu le nombre, pour toutes la sentence fût fatale : à la crème ! Parfois en compagnie de pézizes veinées, un champignon souvent délaissé et pourtant bon.

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C'est la période où les jeunes merles noirs prennent leur envol. Il ne faut jamais, au grand jamais prendre un jeune oiseau qui semble être tombé au sol, surtout chez cette espèce. Cela fait parti de l'apprentissage qui son nourrit au sol par leurs parents. Ici le bestiaux néanmoins a été prit en main pour être sauvé du chat.

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 C'est donc un cas d'urgence qui permet de voir ce jeune sous toutes ses coutures. Le plumage des jeunes est semblable à celui des femelles adultes ce qui ne permet pas de dire si c'est un mâle ou non. Le bec est gris mais deviendra soit jaune, soit noire avec le temps. Sur le haut de la tête on peu voir des restes de duvet.

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 Voilà un bref article qui ne résume pas très bien je dois l'avouer l'activité foisonnante qu'il règne dans le jardin. Cela résulte du prochain article à venir, plus de 250 à 300 photos programmé et pas mal d'explications à la clé pour mieux aborder le monde végétale. Et puis comme toujours la mer viendra s'inviter sur le blog. 

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