samedi 9 novembre 2019

Sortie en montagne 28 : retour en Chartreuse.

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Nous voilà partis à l'ascension du Charmant Som, une fois de plus. Arrivés un peu avant 7 heures du matin, nous espérons pouvoir observer la grande faune qui peuple ce sommet facile d'accès et très fréquenté. Chamois, mouflons, marmottes ... nous croisons quelques unes des figures animales qui peuplent les montagnes de Chartreuse, certaines depuis plus longtemps que d'autres. C'est aussi l'occasion de tester pour nous notre nouveau matériel qui nous permet d'observer les animaux sans les déranger, chose qui n'est pas toujours aisée, même pour les plus grands passionnés. Nous cheminerons jusqu'aux douze coups de midi, au moment où l'averse viendra nous ramener à notre auto et à la chaleur du salon familial, non sans être passés prendre une bonne tasse de chocolat chaud à la célèbre ferme de l'alpage.

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Pas moins de 17 chamois (Rupicapra rupicapra) nous attendaient sachegement sur les falaises abruptes. Tranquilles, nous approchons au rythme des animaux qui pâturent pour certains sur le chemin, afin de leur laisser le temps de s'éloigner sur les éboulis sans rien craindre. La plupart des femelles sont accompagnées de leurs cabris, ce qui donne des instants de vie sublimes à observer comme la course-poursuite de cette petite troupe.

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L'été est la période où les chamois accumulent le plus de réserves, à l'entrée de l'automne et les plus gros mâles peuvent atteindre 40 kilos. Autre signe de dimorphisme sexuel, les cornes chez ces derniers peuvent atteindre 27 centimètres. Celles des femelles, comme sur cette photo, sont toujours plus petites. C'est un vrai plaisir de voir cet animal en montagne qui à l'automne se fait discret, celui-ci étant chassé sur le domaine montagnard.

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La récompense de cette grimpette est toujours aussi belle. Devant nos yeux, le Vercors se dessine à perte de vue. La plaine de Grenoble, les aux massifs savoyards, Belledone ... ce sont là quelques unes des merveilles que nous observons et que nous explorerons, je l'espère pour l'année 2020, avec pour objectif de découvrir les rapaces des Alpes et de mettre dans le viseur de notre longue vue le gypaète barbu (Gypaetus barbatus).

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J'aime toujours la vulnéraire (Hypericum nummularium) ce millepertuis endémique des Pyrénées mais aussi des Alpes françaises, appelé aussi millepertuis à sous en raison de la forme de ses feuilles, et dont on tire une liqueur propre au massif de Chartreuse. Elle aime les sols calcaires et pousse le plus souvent à même la roche, dans les infractiosités de la roche, les failles et le plus souvent, sur les falaises ce qui le rend parfois difficile d'accès. Protégé, ce millepertuis ne se récolte que sous certaines conditions bien précises. En Isère par exemple, on ne peut cueillir que 100 brins de vulnéraire, toujours à l'aide d'un sécateur poour ne pas endommager de trop la plante. Dans la confection d'alcools locaux, on emploi le plus souvent les brins fleuris. On peut également l'utiliser en infusion, cependant on prendra garde de le faire sans connaître la posologie ni sans en avertir son médecin si on est sous traitement médicamenteux, la consommation du millepertuis étant incompatible avec l'utilisation de la pilule, de traitements soignants les états dépressifs, le VIH, la bipolarité etc.

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Autre plante emblématique de nos moyennes montanges, le sureau rouge (Sambucus racemosa), un arbuste de petite taille produisant des grappes de fruits rouges attrayantes pour les osieaux qui s'en nourrissent à l'arrive de la saison froide. Riches en pectines, les fruits mélangés à d'autres sont utilisées pour la confection de gelées et de confitures. On prendra cependant garde à retirer les baies non mures ainsi que les graines contenant des hétérosides cyanogènes pouvant avoir des effets néfastes sur l'organisme.

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Vaillante, une marmotte des Alpes (Marmota marmota) fait le guet sur un gros rocher. Selon le type de sifflements, elle indique à ses congénères s'il s'agit d'une menace qui vient du ciel ou qui se trouve sur le plancher des vaches. Dodus, les plus gros spécimens peuvent atteindre facilement 5 kilos et pour cause, l'espèce étant hivernante, il lui faut de bonnes provisions de graisse pour passer l'hiver sans à avoir sortir de son terrier.

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Le chamois n'est pas seul ici, le mouflon méditerranéen (Ovis Orientalis) peuple aussi les coteaux. Ce jour là, nous en verrons plus d'une cinquantaine. Peu farouches, ils ne sont pas originaire de Chartreuse mais y ont été introduis pour le plaisir de la chasse, ce que je dois l'avouer, me fait énormément tiquer. Outre le fait de l'impact non mesuré de l'espèce sur les milieux, ces animaux ne sont pas adaptés au paysage et il faut régulièrement importer de nouveaux individus, une perte d'argent qui met de plus à mal la question du bien-être animal.

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Je me doute bien en quoi l'animal fait figure de trophée, avec ses cornes impressionnantes. Cependant cela ne serait justifier sa présence dans nos montagne ni sa chasse. Hormis de grandes hardes de mâles, nous avons croisés de petits groupes de femelles accompagnées d'un ou plusieurs agneaux de l'année broutant tranquillement dans les alpages. Cette espèce, habituée aux steppes et milieux plutôt plats, à une préférence pour les herbes des milieux semi-désertiques. Actuellement nous sommes en plein dans le rut, les petits naissant aux alentours du printemps. Lors de notre randonnée estivale, nous avons pu entendre raisonner et observer de près les premiers combats chez trois mâles peu importunés par notre présence.

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Fait amusant, il semblerait que certains de ces mouflons soient en réalité des moutons domestiques (Ovis aries aries) retournés à l'état sauvage il y a 8000 ans de cela. L'étude des chromosomes et de l'ADN tend à valider de plus en plus sérieusement cette hypothèse, faisant apparaître que la domestication du mouton aurait connue deux foyers distincts en Eurasie. En reste un animal sublime qui serait bien mieux dans son milieu d'origine.

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En direction du sommet, en bord de falaise, nous prenons le temps d'admirer le monastère de la Grande Chartreuse. Construit dans le désert vert en raison de son sol qui ne retient pas l'eau malgré les nombreux jours de pluies, son fondateur Saint Bruno mené par l'évêque Hugues de Grenoble y fût attiré par le silence ambiant. 1000 ans plus tard, la règle y reste inchangée. Les moines font voeux de silence, n'échangeants entre eux qu'à des moments précis de la journée ou de la semaine, et une zone de silence entoure le monastère pour permettre le recueillement des membres de l'ordre mais aussi des auteurs célébres qui y passèrent comme Chateaubriand, Stendhal, Honoré de Balzac, Léon Bloy ou encore Alexandre Dumas.

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Au sommet, un drôle d'oiseau se présente à nous. L'accenteur mouchet (Prunella modularis) est un petit passereau brun à la tête joliment colorée de gris aux moeurs coquines. Quand plusieurs mâles se dispute une femelle et un territoire, c'est souvent au plus fort que revient le droit de copuler. Le ou les subalternes ont alors pour mission de nourrir la portée. On peut également le confondre avec l'accenteur alpin (Prunella colaris) au ventre orangé et qui à cette période de l'année, vit à des altitudes bien plus hautes.

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Autre oiseau incontournable, le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus).  Appelé à tort choucas, il aime les alpages de montagne et de haute montagne où il se nourrit principalement d'insectes mais aussi de graines, de fruits et parfois, des restes de repas des promeneurs peu délicats, à l'aide de son bec jaune petit et légèrement incurvé. Peu farouche, il s'approche l'hiver des habitations pour trouver de quoi se nourrir. 

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Grégaires, les oiseaux se regroupent en dortoirs pour passer la nuit. Ils peuvent également chercher leur nourriture ensemble ou se montrer plus solitaire. Côté reproduction, les couples sont le plus souvent observer seuls pendant la nidification, même si parfois ils peuvent être proches des uns des autres sans que l'on puisse véritablement parler de colonie comme on peut l'observer chez certains corbeaux ou chez les hérons.

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Si leur vol en grands groupes est toujours impressionnant, c'est surtout par leurs cris mélodieux qu'ils se font remarquer aux premiers abords, en particulier quand ils traversent la brume qui, au petit matin couvre les sommets. Présent sur tout le continent eurasien, il se trouve en Europe de l'ouest souvent entre 1200 et 300 mètres d'altitude. Côté Himalaya, il sera plutôt à des altitudes de 3000 à 5000 mètres.

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Pour rester dans la famille des corvidés, voici l'un des plus beaux et des plus grands que l'on peut rencontrer en France. Le grand corbeau (Corvus corax), est un oiseau atteignant un mètre d'envergue au plumage noir brillant. Ces cris rauques se font parfois entendre dans les boisement et les prairies alpines qu'il aime survoler, allant jusqu'à s'installer sur les bords de mer. Charognard, il peut également se nourrir d'insectes et de petits animaux, voire parfois de végétaux quand l'occasion se présente. Fidèle, le couple défend avec énergie son territoire.

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Sur le chemin du retour, nous sommes accompagnés par un visiteur surprise. Un jeune border collie abandonne le troupeau de chèvre de mène sa mère pour nuit suivre jusqu'à la ferme en contrebas. Joueur, il incarne sans mal le caractère si particulier de cette espèce utilisée non pas comme chien de garde mais comme chien de berger pour aider le berger à mener les bêtes.

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C'est une race documentée depuis le 17e siècle et qui prend naissance entre l'Ecosse et l'Angleterre, dans les grandes étendues herbeuses connues pour leurs troupeaux de moutons et pour les légendes. Il faudra cependant attendre 1982 pour qu'elle soit officiellement reconnue. Pour se faire des critères physiques et esthétiques sont reconnus mais aussi, liés au travail mené sur la conduite de troupeaux, seule race de chien à en bénéficier. Très affectueux, il est dépendant de son mettre et de son environnement, ne supportant la solitude. De ce fait on ne peut en faire un chien de compagnie à moins de le mener avec soi partout.

C'est donc sous bonne escorte que nous arrivons à notre point de départ. Le temps de prendre de la crème, de la tomme et du sérac, de prendre un bon chocolat chaud à l'abris de la pluie et de sécher nos pieds, et nous revoilà repartis. Cependant, nous serons bientôt de retour pour chercher cette fois-ci les fleurs de montagne.

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lundi 3 décembre 2012

Une bête à plumes, le chocard à bec jaune.

Drôle d'oiseau que le chocard à bec jaune, noir comme un Corbeau, au bec flamboyant et aux pattes rouges. Il est appelé à tord Choucas car ce passereau est est bien plus proche du Cave à bec rouge avec qui il fait parti des deux seules espèces du genre Pyrrhocorax. Il existe 3 sous espèces. Chez nous c'est le Pyrrhocorax graculus graculus, identifier en 1766.

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(photo de ma petite mère, admirez au second plan de l'oiseau le mont blanc)

Ces oiseaux mesurent environ 38 cm pour une envergure comprise entre 75 et 79 cm le tout pour un poids variant entre 1,70 et 2,45 kg. Ils peuvent vivre plus de 11 ans. On les trouve dans toute l'Eurasie, aussi bien depuis l'Inde jusqu'à la Russie jusque dans le nord du Moyen-Orient, tout en boudant cependant une bonne partie des pays d'Europes de l'Est, l'Angleterre, le Suède et la Finlande. Actuellement son statut de production selon l'IUCN est de l'ordre du "quasi menacé".

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Le bec est légèrement courbe, court et délicat; la queue est longue et arrondie; les pattes rouges vifs comme chez son cousin Cave; l'iris brune; le plumage noir métallique chez les adultes, terne chez les juvéniles. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, c'est à dire pas de distinction entre mâle et femelle.

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(photo de ma petite mère)

Mais où voir le chocard à bec jaune? Ceux-ci ont été photographiés au sommet du Petit Charmant Som où une petite colonie c'est établie et aime venir au plus prés des promeneurs (quelques fois quelques mètres). En générale on les trouve en haute montage, jusqu'à 4000 mètres (5000 dans l'Hymalaya). En France se sont dans les Alpes, la Corse et les Pyrénées qu'ils se sont établis. On en a vu suivre les alpinistes du mont blanc jusqu'au sommet pour grappiller deux trois miettes de leur repas.

Attention, comme tout les oiseaux sauvages, il ne faut pas les nourrir car il digère très mal le gluten contenu dans les farines de céréales.

Le plus souvent, on observe de grande colonies près des pâturages de haute altitude, près de façades rocheuses, au dessus de la ligne des arbres, mais l'hiver il ne rechigne pas à descendre plus bas et à venir s'installer près des stations et des villages montagnards.

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Le chocard à bec jaune est un oiseau omnivore: insectes, oeufs, invertébrés, graines et baies, charognes de rongeurs, oeufs... rien ne lui résiste, sans oublier les reste de repas des touristes. Mais il a une nette préférence pour les petits coléoptères et les escargots qu'il déniche avec son bec, mais ce qu'il préfère ce sont les grains de raisins chapardés. Quand la nourriture se fait abondante, il constitue des réserves dans les fissures des roches, des maisons et des arbres.

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(photo de ma petite mère)

C'est un oiseau particulièrement sociable qui peut vivre dans des groupes atteignant plusieurs centaines d'individus, qui se divisent en petits groupes pour se nourrir avant de se reformer pour trouver de nouvelles zones. On a observé à plusieurs reprises des nuées s'attaquer à des aigles ou des vautours qui s'en prenaient à un membre de la colonie. 

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La période des amours à lieu entre avril et mai, elle est marquée par une forte agitation du groupes, des cris stridents et des parades bruyantes. La nidification se fait de manière solitaire, bien que plusieurs couples peuvent s'installer près les uns des autres. Le nid massif en brindilles est construit dans une fente d'une pente rocheuse. Les 3 à 6 oeufs incubes pendant 18 à 20 jours. A la naissance des petits les parents se relais sans cessent pour les nourrir, jusqu'à ce que les oisilons soient en âge de voler à partir d'environ un mois. Une fois qu'ils ont rejoint le groupe, d'autres adultes que leurs parents peuvent continuer à les nourrir. 

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Le chant du chocard à bec jaune est très mélodieux, loin de celui du corbeau ou de l'étourneau,il est proche d'un sifflement. Vous pouvez l'écouter ci-dessous.

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