vendredi 22 avril 2016

La saison aux morilles 2016.

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C'est une jolie saison pour nous. Je ne suis allée que peu aux morilles mais toujours avec beaucoup de plaisir. Certaines de nos sorties ont fait chou-blanc mais ne manquent pas d'interêt et bientôt, je les partagerai avec vous. Dans cet article, je vais vous donner les deux-trois trucs et astuces que j'ai pour trouver des morilles en forêt en lisière. Vous pouvez aussi trouver sur le blog un article bien plus ancien sur le même thème juste ICI.

 

L'orchis mâle (Orchis mascula).

Cette orchidée tient son nom de la forme de ses deux tubercules qui ressemblent à des testicules. Son début de floraison est souvent indicateur chez nous de la sortie des premières morilles blondes (Morchella rotunda). Orchidées et morilles partagent souvent le même milieu ce qui fait de la plante une bonne bio-indicatrice. En effet, la belle aime les zones de plaine lumière ou de mi-ombre humide et ayant un sol relativement calcaire.

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La pézize veinée (Disciotis venosa).

Ce champignon appartient à la famille des morilles et pousse souvent dans les mêmes endroits qu'elles. Son odeur de javel rebute bien des amateurs mais celle-ci disparaît à la cuisson. Personnellement c'est un champignon que j'aime beaucoup et qui, je trouve, se cuisine bien en risotto ou avec les pièces de boucher.

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Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa).

Nommé aussi mousseron, ce champignon printanier pousse souvent quand la saison des morilles s'apprête à s'achever. Il partage les mêmes biotopes que les morilles et se trouve surtout dans les vergers pommiers, les pelouses et les abords des haies. Excellent, il se cuisine comme des champignons de Paris. Néanmoin on peut le confondre avec d'autres espèces toxiques comme l'inocybe patrouillard (Inocybe erubescens).

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La listère à feuilles ovales (Neottia ovata).

Cette discrète orchidée est sur le point de fleurir. Elle aussi se rencontre fréquemment dans nos coins à morilles car elle possède les mêmes besoins en lumière et apprécie les zones de calcaire. C'est surtout en mai que la floraison bat son plein. Comme toutes les orchidées, elle vit en symbiose avec un champignon microscopique.

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Les morilles de zones humides.

 Nous ramassons 3 espèces de morilles différentes. Ici il s'agît de morilles blondes (Morchella esculenta) et de morilles communes (Morchella vulgaris). Elles poussent de préférence sous les feuillus et sont en symbiose le plus souvent avec les frênes (Fraxinus), les pommiers (Malus) et parfois, les tilleuls (Tilia). Il y a toujours une source d'eau apparente ou souterraine à proximité. Les bords de ruisseau et les lisières humides sont parfaites.

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Le biotope.

 Voilà un aperçu du biotope dans le quel je ramasse certaines de nos morilles. Il s'agît d'une belle pente moussue et humide bordée de frênes et ayant une bonne exposition au soleil. Ici les espèces d'herbacées prédominantes sont les primevères acaules (Primula vulgaris) et l'égopode podagraire (Aegopodium podagraria).

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Le raisin du Renard (Paris quadrifolia).

Nommée aussi parisette à quatre feuilles, c'est une des plantes que j'adore. Elle produit une unique fleur très stylisée avec des pétales verts presque absents et des étamines surdéveloppées et couvertes de pollen. Très toxique, elle était employée pour empoisonner les animaux dits nuisibles comme le loup et le renard. 

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Une saison sur la fin.

 Les morilles blondes sont sorties, c'est signe de la fin de la saison. Néanmoins nous n'avons pas encore vu de morillons (Mitrophora) ni de verpes (Verpa), mais les orchis sont tous bien ouverts et les frênes finissent de débourrer, il y a fort à parier qu'il nous reste peu de temps avant de devoir ranger nos paniers.

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Les morilles coniques (Morchella conica).

Ce sont les plus rares et les plus recherchées des morilles. Elles poussent sous les sapins blancs (Abies alba) âgés de plus de 20 ans. C'est cette espèce que l'on rencontre désormais sous serre dans quelques départements français. Développée par la des scientifiques chinois, la culture de la morille conique reste assez restreinte mais est pleine de promesses, en particulier pour les restaurateurs et les fins gourmets.

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Quelques espèces d'arbres et arbustes indicateurs.

La présence d'arbustes fruitiers, en particulier de pommiers (Malus) et de cerisiers et pruniers (Prunus) sauvages est un plus. Le glucose relâché par ces arbres et leur reste de fruits tombés au sol est apprécié des morilles. C'est sous un merisier sauvage que j'ia pu faire mes plus belles récoltes. Malheureusement l'arbre n'est plus. La floraison des prunelliers et des aubépines est aussi un indicateur de fin de pousse chez nous.

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Le mot de la fin.

 J'adore cette période de l'année. Il ne fait pas trop chaud, les orchidées commencent à sortir et les oiseaux sont nombreux. C'est le début de la saison des champignons qui d'ici quelques semaines connaîtra une petite mise en veille avant de repartir avec l'arrivée des cèpes, des girolles, des rosés des prés ou encore des trompettes de la mort. D'ici là, il sera de saison de courir après les chevreuils et de partir herboriser en montagne.

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lundi 6 avril 2015

Pour fêter le 150 000 visiteur.

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Voilà la barre des 150 000 visiteurs atteinte, merci à tous. Pour fêter ça voici un avant goût du prochain
article à venir.Au programme ? Les morilles noires ! Et oui, enfin les précieuses nigra se sont
dévoilées à nous. Malheureusement pour moi, ce n'est pas mon flaire de Renarde qui a pu les
débusquer mais l'oeil de lynx de Sir Chat !

Bonne cueillette à tous ! Voilà donc les premières morilles 2015 !
La Renarde et le Chat.

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mardi 8 avril 2014

Il était temps!

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Tout est dans le titre! Les morilles sont là en Isère (récolte entre 580 et 600 mètres d'altittude). Récolte de mon p'tit père.

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lundi 15 avril 2013

Biotope des morilles rondes, des morillons à demi-libres et des pézizes veinées.

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Présentation de ma petite morillère productrice de morilles blondes, de morillons à demi-libres et de pézizes veinées. Seules les dernières citées sont sorties, avec un fort aplomb vu leur abondance. Mais en attendant, tour du jardin.

Les merles ont pondu et il semblerait que les oisillons soient sortis à moins qu'une chute involontaire ou un coucou aient causés la casse de l'oeuf. En générale les merles pondent entre mi-mars et mi-avril et couvent 12 à 14 jours ce qui pourrait faire que cette coquille correspond à une naissance. Les merles pondent 2 à 6 jolies oeufs bleus d'où sortent les oisillons qui prendront leur envole définitif entre 17 et 29 jours après leur éclosion.

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Bien que quelques souches robustes ont déployé leurs feuilles sous la neige, c'est en ce début printemps que le chélidoine (chelidonium majus) sort son joli feuillage vert. Appelé plante à verrues, son suc appliqué sur celles-ci les soigneraient. Dans la théorie des signatures, ce jus jaune semblable à la bille soignerait les infection du foi. Prudence, à forte dose (il contient des alcaloïdes) il pourrait tuer.

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Le printemps c'est aussi le début des mues et des changements de peau pour bon nombre d'animaux mais aussi de plantes. Les araignées loups, sorties de leur cachette dans la terre où elles sommeillaient ont mué. Leur exosquelette appelé cuticule devenu trop petit, elles s'en débarrassent pour pouvoir grandir, comme le font les serpent. Le lichen lui a fait son temps et à fini dans un petit ruisseau. Les lichens sont généralement l'aliance d'un champignon et d'une algue ce qui rend leur classification difficile, à la limite du monde fongique et du monde végétal.

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Et puis le jardin commence à se mettre en activité. Les jonquilles ornementales sont sorties et seront dans peu de temps suivies par les tulipes. Les jonquilles sont natives du bassin méditerranéen et ont conquis de nombreuses contrées. Bien qu'elles soient restreintes dans la gamme de couleurs (jaune, orange, blanc), ces fleurs sont très résistantes à la maladie et au froid et sont parmi les premières à fleurir.

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Et puis il y aussi les espèces sauvages qui bien souvent, s'invitent dans les parcs et jardins pour notre plus grande joie. Rare en Isère depuis plusieurs années ou du moins peu courante, l'anémone jaune (anémone ranunculoide) commence timidement mais sûrement à faire son retour. Très semblable à l'anémone sylvie (qui est blanche), elle s'en différencie par les légers dimorphismes entre leurs feuillages mais surtout de par leur couleur. Et puis il y a les violettes odorantes qui colorent et parfument le sous bois et tiennent parfois compagnie aux champignons de printemps.

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Il y aussi la carotte sauvage et le pain de poulet qui s'invitent dans la pelouse ou sous les noisetiers et qui sont d'excellentes plantes médicinales à condition de savoir les reconnaître car il est facile de faire des confusions, et les conséquences peuvent être parfois désastreuses comme avec le ciguë qui ressemble facilement à notre bonne vieille carotte sauvage.

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Autre star du printemps sublimée ici par la pluie, la primevère acaule avec la quelle il est facile pour les enfants de faire une petite trompette musicale. Il suffit de s'éparer la fleur sans l'abimer de ses sépales et de souffler doucement dans le tube que forme la fusion des pétales pour produire de la musique. Effet assuré.

 

Biotope et milieu fongique:

Là on passe aux choses sérieuses. Voilà une réponse à l'éternelle question "mais où trouver des morilles?". Je ne dis pas avoir la réponse mais voici le biotope où je trouve les précieux champignons avec les plantes qui y poussent de manière récurrente.

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Il faut savoir que tout morilleur qui pratique le terrain vous dira, avec un peu de chance, que bien souvent pour trouver les trois espèces citées dans le titre (morilles rondes, morillons à demi-libres et pézizes veinées), il faut se trouver en présence de ficaire (à gauche) quand celui-ci est fleurit (fleurs jaunes). Les ronces sont souvent présentes mais pas toujours mais surtout, du moins pour les morilles et les morillons, de manière incontournable, il faut des frênes ayant débourrés, c'est à dire ayant au moins commencés à avoir des bourgeons s'ouvrant.

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Autres plantes bonnes amies des champignons mais pas toujours présentes, la mousse (à gauche) et l'eurphobe des bois (à droite). Cela vient du fait qu'elles sont gourmandes en eau comme les morilles rondes, les morillons à demi-libres et les pézizes veinées. Attention, il faut savoir que ces espèces peuvent se trouver proches des cours d'eau et des ruisseaux mais aussi dans les zones humides, avec une source à proximité apparente ou non.

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Autre bon indicateur, ces petites pézizes marrons dont je ne trouve toujours pas le nom mais qui poussent dans les mêmes lieux que les morilles rondes aux quelles je suis habituée. A savoir que ces dernières ne poussent pas exclusivement dans les bois mais aussi en lisière de prés, parfois dans l'herbe haute ce qui rend ardue leur cueillette. Autre type de milieu propice: les brûlis comme c'est le cas ici. Le mystère est résolut, il s'agit de la sclérotinie tubéreuse!!! mille merci à Grosnico pour son précieux commentaire!

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Autre repère, la cardamine des près. C'est généralement quand elle commence à fleurir que les morilles rondes sortent de terre, du moins ici. Tout juste en fleur sur Grenoble, il faut encore attendre quelques jours dans notre coin d'Isère pour voir la floraison de cette plante médicinale mais aussi appréciée en gastronomie. La présence de nombreuses coquilles d'escargots ou même d'escargots bien en chair (comme ce petit gris à la coquille couverte d'argile), indique que le sol est calcaire (les gastéropodes en ont besoin pour leur carapace), ce qui est essentiel aux morilles, morillons et pézizes (merci le club des cèpes!).

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Voilà une vue globale sur le type de sol et de végétation dans la quel on peut trouver ces champignons, à savoir que des noisetiers sont également situés à proximite de ceux-ci ce qui peut peut être influencer leur pousse bien que l'arbre hôte reste le frêne. Bien que ça ne soit pas ou peu perceptible ici, il n'est pas aisé de repérer ces pézizes veinées sous les feuilles. Un bon bâton pour les dénicher et soulever la végétation n'est pas de trop.

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Gros plan sur une pézize veinée. On comprend mieux son surnom d'oreille de cochon au vu de ses formes tordues. Même si tout le monde ne l'apprécie pas, en raison de son étrangeté et de son odeur de javel quand elle est crue, elle est aussi un bon indicateur de la présence de morilles. En tout cas, les limaces brunes en sont fans.

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Petite bizzarie du jardin, une colonie de pézizes veinées c'est installée dans la pelouse, sans arbres hôtes à proximité. Un peu de mousse et quelques trèfles ce sont eux aussi invités. Ce drôle d'habitat que les champignons ont choisi ne semble pas les gêner bien que parfois, quand l'herbe est haute et que les jours se font beaux, elles perdent quelques centimètres sous les lames de la tondeuse à gazon.

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Et à proximité de ces fameuses pézizes, quelques primevères officinales et lamiers tachetés ont pris place. La saison est bien belle pour commencer la cueillette des plantes sauvages et médicinales.

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Doucement le monde fongique s'éveille, et bien que dominé dans l'esprit des cueilleurs par dame morille, il laisse s'exprimer une large gamme de champignons tous aussi différents les uns que les autres, en couleurs, en forme et en parfum.

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Héros de mon enfance, la gendarme! Bien qu'il fasse parti de la famille des punaises, il n'est pas malodorant, même quand il est écraser ce qui est tout de même préférable d'éviter car cet insecte timide est complètement inoffensif. De son vrai nom pyrrhocoris apterus, on le nome également suisse, cordonnier, soldat, masque-nègre mais aussi diable-cherche-midi car il est attiré par le zénith. Il n'est pas néfaste pour les plantes et préfère manger des oeufs, des larves, des insectes adultes mais aussi des graines sèches. On observe facilement leur accouplement qui a lieu au début du printemps et dure entre 12h et 7 jours.

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Bref voilà un joli panier pour fêter l'arrivée du soleil. Il était temps.

Petite précision, je sais de source fiable (merci le forum) que 2013 en Isère n'est pas une année à morilles rondes mais à morille grise ou vulgaire. À vos paniers!