samedi 11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

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Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

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À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

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Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

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Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

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Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

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À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

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Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

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Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

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Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

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Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

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Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

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Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

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La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

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Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

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Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

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Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

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On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

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Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

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Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

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samedi 7 décembre 2019

3e édition du forum Mycélium : des champignons et de l'agriculture.

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Troisième édition du forum Mycélium pour moi. Cette année, je suis là sur presque l'intégralité de l'évènement, un vrai bonheur. Nous avons eu des moments forts, une superbe équipe qui a fait une installation de fou et surtout, de très belles rencontre. Pour ma part je suis intervenue en conférence sur la thématique "Les étranges amours entre animaux et champignons'' pour évoquer le lien entre monde fongique et monde animal.

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L'ami Joseph est là, avec ces magnifiques photos en macro qu'il aime partager sur les réseaux et qu'il a pour l'occasion édité en format papier. Pas besoin pour lui de longues

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marches, il sait avec l'aide de ses chiens débusquer les merveilles de la nature qui sont là, à quelques pieds de nous le long des chemins. Recréant en intérieur avec brio des paysages forestiers et lilliputiens où évoluent lichens, insectes, fleurs et autres champignons, il fait découvrir à qui le veut son studio photo qui bien souvent, tient sur la même surface que celle d'une feuille A4. Traînant ses savates entre le Rhône et la Loire, il dresse fidèlement un portrait de la fonge et de la flore des forêts locales composées bien souvent de feuillus. Joseph n'est pas seul à exposer, on retrouve aussi Héléna avec ses ateliers mycorhizés et Gérald avec son incroyable collection de cristaux qu'il extrait lui même des entrailles du sol ardéchois, faisant apparaître des merveilles dans la mousse de l'exposition de champignons de 300 espèces.

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Pour ma part, j'anime un petit atelier enfants. Mémory, jeux de société, manipulations d'objets sur le lien oiseaux-champignons, construction de cabanes et de vrais-faux nids en lichens, ballades dans le bout de campagne ... il y a de quoi faire sans compter les nombreux jeux créer par divers membres de notre association, le Mycorium Sauvage que vous pouvez retouver sur internet ICI  mais aussi sur les réseaux sociaux juste .

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2 heures du matin, nous terminons la mise en place de l'exposition. Les amanites sont reines. Sous une amanite tue-mouche géante trônant dans le fond de la salle, vestige du char de cet été dédié aux champignons, une multitude d'Amanita ont fleurie dans un tapis de mousse. Vous vous doutez bien, Amanita muscaria est au coeur de mes compositions, celle-ci attirant par son incroyable chapeau rouge et blanc tous les regards.

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Nous n'en avons pas encore trouvé beaucoup. Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) déchaîne les passiosn et comme l'indique son autre nom de cèpe du Périgord, il est revendiqué comme emblématique de nombreux territoires, bien que ce soit dans le sud-ouets qu'il soit le plus commun.

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Recherché, ce bolet fait parti du club très fermé des quatre cèpes qu'il compose avec le cèpe des pins (Boletus pinophilus), le cèpe bronzé (Boletus aereus) et le cèpe d'été (Boletus aestivalis). Comme en mathématique avec la fameuse maxime "tous les carrés sont des rectangles sont des rectangles mais tous les rectangles ne sont pas des carrés", tous les cèpes sont des bolets mais tous les bolets ne sont pas des cèpes. Pour revenir au cèpe de Bordeaux, on le reconnaît à son chapeau brun, parfois chamois, à son pied blanc faiblement veiné et par le parfum délicat de sa chair. Excellent comestible, on peut le cuisiner braisé, en carpaccio cru, à la crème, en ragoût, grillé ou en papillote dans un feu de bois.

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On voilà deux que je découvre pour la première fois, et bien que leur nom vernaculaire soit le même, ils ne sont pas placés sur la même branche dans la classification phylogénétique. À gauche, un tricholome âpre (Tricholoma acerbum), champignon rare et très médiocre comestible en raison de son goût appartenant aux Tricholomataceae. À droite, le tricholome aggrégé (Lyophyllum decastes), un comestible de la famille des Lyophyllaceae.

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La collybie visqueuse (Oudemansiella mucida) est magnifique. Blanche voire même translucide, elle semble constamment couverte de rosée. Elle apprécie les troncs de hêtres affaiblis ou morts sur lesquels elle se développe pendant l'été et l'automne. Piètre comestible, il vaut mieux la laisser dans la nature, son goût étant piètre tout comme son pied certes grêle mais coriace et sa chair à la consistance molle.

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Pose dans le week-end. 37 milans royaux (Milvus milvus) nous survolent, un instant magique. Il y a fort à parier qu'ils partent tous dans la même direction, le Massif Central. Là bas, il n'est pas rare de voir un millier d'oiseaux réunis en un grand dortoir, une partie d'entre-eux utilisant le site pour se reposer avant de partir en Afrique, l'autre y séjournant tout l'hiver avant de repartir dans le nord quand le printemps arrive.

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Les journées sont riches et bien occupées, les nuits aussi, et donc pas ou du moins, peu de reportage photo pour cette année. Cependant vous pouvez retrouver l'intégralité de l'événement en ligne sur le site et encore mieux, pour une adhésion à l'association du Mycorium Sauvage, vous pourrez bientôt retrouver les vidéos de l'édition 2018 et 2019 de tous les intervenants traitant des liens entre champignons, animaux, culture, agriculture etc.

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dimanche 27 octobre 2019

Sortie en montagne 27 : le Pilat.

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Escapade en amoureux. Le Pilat semble le lieu tout trouvé. Il y a peu de monde ce jour là, juste quelques habitués venus récolter les myrtilles à l'aide de grands seaux de plastiques blancs et de peignes, outil à main destiné à la récolte des baies. Nous ne sommes pas là pour cela, seul le paysage nous attire à cette occasion. Nous sommes en recherche de calme et de sérénité. L'air est frais, le ciel dégagé, la faune et la flore et surtout le silence y contribuent. Nous sommes sur le crêt de la Perdrix culminant à 1431 mètres d'altitude, sommet de ce petit massif situé à la pointe nord-est du Massif Central bien qu'il soit proche des Alpes. Les grands pierriers de roches granitiques nous permettent de nous initier à la lichénologie, et de m'aperçevoir que malgré toute ma bonne volonté ce domaine ne sera jamais vraiment le mien, du moins pour l'aspect identification.

DSC05356En voilà un de lichens, identifié par le brillant Hervé Cochini, et dont j'ai déjà perdu le nom ... Mixte entre différents organismes, il s'agit le plus souvent d'un mariage plus ou moins heureux entre une cyanobactérie et un champignon.

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Sur les chirats, les amas rocheux du Pilat, on peut rencontrer la lécanorie à deux formes (Lecanora biformis), un lichen vert très épais représentatif du massif et de ses sommets. On le rencontre aussi en Cors, en Savoie, dans les Pyrénées ou dans le Massif Centrale. Peu commun, il abonde dans les rares endroits où il se plaît, ne laissant pas penser au regard profane comme le notre qu'il se trouve devant un petit joyau. Son aspect de croûte, en plaque et fendu le classe dans la famille des lichens crustacés, nommés aussi incrustant car donnant l'impression d'être fusionnés à la pierre et ne pouvant s'en détacher aisément. Ils figurent parmi les organismes pionniers, capables de s'installer dans les conditions les plus dures et formant le substrat nécessaire à l'installation à toute autre forme de de vie.

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La callune commune (Calluna vulgaris) ressemble aux bruyères avec qui elle peut pousser conjointement, toujours sur des sols acides. Cependant la callune présente des fleurs aux pétales peu soudées, donnant des fleurs en étoiles, là où les bruyères présentent des pétales soudées, ressemblant à des clochettes. 

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Les myrtilles (Vaccinium myrtillus) sont là. Fruits du myrtiller, petit arbuste de la famille des Ericacées comme les bruyères et les callunes, ils figurent dans la tradition gastronomique locale. Ses fleurs rosées en forme d'outre sont caractéristiques de cette famille et attire de très nombreux pollinistateurs, animaux souvent peu communs dans les peuplements de conifères et de landes de montagne, milieux où la plante aime croître dans nos régions.

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Quelques autres plantes illuminent la montagne. De gauche à droite, on peut observer la matricaire odorante (Matricaria discoidea), espèce nord-américaine à l'odeur de pomme verte et d'ananas, le fenouil des Alpes (Meum athamanticum) au goût anisé, la linaigrette (Eriophorum sp.) aux graines munies de longues soies blanches et enfin, l'achillée millefeuilles (Achillea millefolium) aux propriétés médicinales bien connues.

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Je suis toujours heureuse d'en voir. La digitale pourpre (Digitalis purpurea) est une plante des sols calcaires, portant en elle le poids des légendes liées à la sorcellerie du Moyen Âge et surtout de la Renaissance.

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Car il ne faut pas se mentir, si la belle est si populaire, c'est pour ses propriétés toxiques, médicinales, délirogènes et surtout, son usage par les sorcières dans l'imaginaire populaire. Elle serait entrée dans la conception du baume de vol, appliqué sur les manches des balais pour partir au sabbat. En Irelande, il n'en est pas de même, les parties fleuries étant bouillies pour être transformées en encre pourpre, utilisée pour peindre des croix sur l'entrée des maisons pour éloigner le démon. Sa longue et large fleur accueille sans mal le bout d'un doit, d'où son nom scientifique de "digitalis" mais aussi de doigtier, gant-de-la-bergère, gant-de-fée, gant-de-Notre-Dame ou gantière, mettant en lumière la perception ambigue de cette espèce portant des noms parfois Saints mais associée à la magie noire. Les anglais ont la délicatesse de la nommer foxglove, ce qui signifie gant de renard.

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Sur la route pour atteindre les crêts, nous tombons sur un jeune faucon crécerelle (Falco tinnunculus), posé sur le rebords d'un petit barrage. Impassible et affairé à sa toillette, il est survolé d'une miriade d'hirondelles des fenêtres, mécontentes de la présence de ce prédateur potentiel. Il n'en est pas de même pour la famille de crécerelles que nous croisons à notre arrivée. Deux jeunes accompagnés de leurs parents s'exercent à la chasse.

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Nous nous approchons d'une mare. Dans celle-ci évolue une multitude degrenouillettes. Celle-ci, peu timide, ne tardera pas à perdre sa queue par résorbation pour devenir une grenouille adulte. Sur 100 000 oeufs, seulement 1 à 10 % donneront un adulte viable, le reste servira de nourriture pour tous les prédateurs évoluant autour et dans la pièce d'eau. Ainsi, les tétârds constituent une des bases de la chaîne alimentaire des milieux humides.

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Restons en forêt. Sous l'ombre des sapins et des épicéas, nous sommes bien. Certains arbres semblent dépéris. Sur l'un d'eux, c'est tout un écosystème qui a prit place. Un polypore marginé (Fomitopsis pinicola) exsude des gouttelettes. Celles-ci contiennent molécules fongicides et des antibactériennes. Les abeilles sauvages viennent s'en délecter, assurant ainsi une automédication efficace. Cela ne serait être suffisant au champignon, il est également exceptionnel du fait qu'il serait transporté par le bec des pics, comme ici avec le pic noir (Dryocopus martius), pour coloniser de nouveaux troncs de conifères. Les recherches sur ces sujets en sont à leurs débuts. 

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Continuons dans les baies. Deux espèces s'illustrent particulièrement bien sur les sols acides de moyenne montagne. Le framboisier (Rubus idaeus) figure parmi les arbrisseaux les plus connus pour ses fruits sucrées et légèrement acides et ses tiges peu épineuses.

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Le sureau rouge (Sambucus racemosa) est un arbuste typique de montagne et de moyenne montagne. Les grappes de drupes rouges de part leurs couleurs attirent aisément les oiseaux qui sans mal les dispersent par leurs fientes au quatre coins de la forêt. On peut consommer ses fruits en confiture ou sirop, à condition de les mélanger à hauteur de 50% avec d'autres baies. Souvent on le couple avec du sureau noir ou des mures. En pleine floraison, on le différencie des autres sureaux par les fleurs qui forment non pas de belles ombrelles blanches mais des inflorescences crèmes et/ou verdâtres de forme pyramidale. 

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C'est au milieu des champs et des vaches quand prend fin notre épopée d'une après-midi, après un passage un peu décevant à la Jasserie, ou qui du moins, ne correspondait pas aux souvenirs que nous en avions. Les sentiers sont magnifiques, nous alternons entre les boisements de conifères et les pierriers exposés au soleil et où les serpents et les lézards ont trouvé refuge. Récompense du sommet, les baies font notre goûter.

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mercredi 25 mars 2015

Les champignons de l'Isère, 2e édition.

 

Les Champignons de l'Isère.

 

Pour l'année 2015 on remet ça. Voici un liste non exostive des champingons de l'Isère que j'ai pu rencontrer au cour de mes promenades. Petit changement par rapport à l'ancienne liste (que vous pouvez trouver ICI), les champignons sont désormais classés par ordes alphabétiques (noms latins) et comportent une petit description.

Les champignons sont des organismes remarquables, fruits du mycélium. Ils revêtent une multitude de formes et de couleurs. Il faut toujours être sûr de ceux que l'on cueille, et dans le doute s'abstenir ou consulter un spécialiste. Certains champignons sont mortels et souvent ressemblent à de bons comestibles, alors prudence !

A chaque nouvelle découverte cette page est mise à jour.

Avertissement: les informations présentées ici peuvent être erronées et dans tout les cas ne sont pas à prendre comme unique outil de reconnaissance. Le seul moyen d'être bien initié aux champignons et de les ramasser en toute sécurité est d'être formé par de fins connaisseurs.

 

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L'amanite tue mouche (Amanita muscaria) est un superbe champignon, pour ne pas dire mon favoris. Il pousse dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes et affectionne les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux. Inféodée au chataîgniers, chênes ou encore le boulot, elle paratge le même biotope que certains bolets.

Toxique.

 

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L'auriculaire mésentrique (Auricularia mesenterica) forme des fructifications étalées sur les troncs morts des feuillus. Très actif, c'est un des champignons essentiels pour que la forêt assimile les arbres morts au profit des plantes présentent ou en devenir. Non commestible il est proche parent de l'oreille de Judas. 
Non comestible.

 

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Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) est l'un des champignons les plus vendus et consommé dnas le monde derrière les champignons de Paris et les champignons noirs asiatiques. Très courus, il engendre parfois des conflits dans les forêts du sud-ouest français. C'est un des rares champignons à avoir gardé son nom d'origine.
Execellent comestible. 

 

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La girolle améthyste (Cantharellus amethysteus) est courante dans nos forêts et très recherchée, elle a un goût fruitée. On la distingue de la girolle commune par son fort jaunissement et ses reflets violacés. Jamais véreuse, elle contient une forme d'insecticide naturel qui la protège des parasites, ce qui intéresse l'industrie agro-alimentaire.
Excellent comestible.

 

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Le clitocybe en entonnoir (Clitocybe gibba) est un champignon qui exalte une odeur de foin et d'amande amère. Il est très courant dans les forêts dès la fin de l'été et pendant l'automne. Il se trouve aussi bien dans les bois de feuillus que de résineux ou même mixte, en plaine comme en montagne.Il pousse souvent en groupe.
Bon comestible.

 

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Tramètes versicolors (Coriolus versicolor). Ces champignons sont lignicoles (qui vivent et se nourrissent de bois).Une équipe universitaire du Queensland étudie depuis de nombreuses années. En 2011 elle publie ses premiers résultats, le champignon serait efficace dans le traitement du cancer de la prostate.
Non comestible.

 

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Voila des trametes rougissantes (Daedaleopsis confragosa var. tricolor) qui se présentent parfois délavées, signe que la fructification du mycélium est sur la fin. D'ordinaire rouges sang, même quand on les brise en deux, les ont prit sous l'effet des nombreuses pluies et du ruisseau tout proche des teintes pastelles. Elles peuvent présenter des formes variées.
Non comestible.

 

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Les pézizes veinées (Disciostis venosa) sont peu réputées. Ce sont pourtant d'excellents champignons qui appartiennent à la famille de Morchella. Il faut les cuire pour enlever leur toxicité et leur odeur qui pour certains les rendent peu appétissants.
Excellent comestible.

 

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Le polypore marginé (Fomitopsis pinicola) est un imposant champignon de bois avec unechair dure et amère. En 2014 il a été inscrit dans les recherchent de l'Observatoire de la biodiversité des forêts. Frais il prend une odeur de tabac blond. Il a une préférence pour les résineux.
Non comestible.

 

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L'oreille de Judas (Hirneola auricula-judae) tiens son nom de l'arbre sur la quelle on le trouve le plus, le sureau, arbuste au quel Judas se serait pendu et à sa forme particulière. Version européenne du champignon noir chinois, il se ramasse facilement et se consomme de la même manière.
Bon comestible.

 

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Le morillon à demi-libre (Mitrophora semilibera) est désomais reconnu comme une morille à part enitère, bien que son chapeau de soi soudé au pied que par la moitié ce qui vaut son nom. On le reconnait à son pied crème à la chair peu épaisse et fragile et à son chapeau élancé. 

Excellent comestible.

 

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Les morilles coniques (Morchella conica) sont de petits champignons. Elles sont d'abors grises puis deviennent noires à maturité. On les reconnaît à leur couleur donc mais aussi à leur forme conique et leur chapeau alvéolaire et creux soudé au pied.
Excellent comestible.

 

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Les morilles communes (Morchella esculenta) peuvent présenter une gamme de couleurs variées en fonction du sol, du milieu mais surtout du temps qui a précédé et suivit la pousse de ces champignons. Délicieuses, il faut bien les cuire avant de les consommer. Ici dans notre belle Isère on les trouvent jusqu'à fin avril - début mai.
Excellent comestible.

 

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Le polypore du boulot (Piptoporus betulinus) est lui aussi un champignon linicole. Il fait lui aussi l'objet d'un recensement de la part de l'Observatoire de la biodiversité des forêts. La momie d'Ötzi portait ce champignon autour du coup présumant que celui pouvoir avoir une utilisation magique ou médicinale en son temps.
Non comestible.

 

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La russule charbonnière (Russula cyanoxantha) est plus ou moins appréciée en fonction des palais. C'est un champignon qui peut être confondu avec d'autres russules aux couleurs et caractéristiques semblablent qui peuvent avoir mauvais goût et/ou entrainer quelques soucis intestinaux mais ces lamelles sont atypiques.
Bon comestible.

 

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La pézize écarlate (Sarcoscypha coccinea) est une champignon comestible sans grand intérêt gustatif qui est un bon indicateur de morilles. Ce champignons fréquentes le même type de milieu que ces dernières et possède la même sensibilité au temps, ce n'est pas pour rien qu'elles sont de lointaines cousines.
Sans intérêt culinaire.

 

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La schizophylle commun (Schizophyllum commune) est un champignon de bois appartenant à l'ordre des Basidiomycètes.Trop coriace pour être consommé, on le trouve seul ou en troupe sur les troncs et les branches tombées au sol. On le reconnaît également à la moisissure qu'il développe.
Non comestible.

 

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La truffe d'été (Tuber aestivum) peut être aussi présentée sous les nom de truffe blanche d'été ou de truffe de Saint Jean. C'est un champignon à la saveur discrète dont les arômes supportent mal la chaleur. Il est préférable de le consommer crue. Elle aime les sols calcaires et pousse sous les noisetiers. 
Excellent comestible.

 

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La verpe conique (Verpa conica) est un champignon de la famille des morilles. Frêle, il y a peu à manger sur celle-ci. Sa raréfaction et son faible intérêt gustative inscite à la laisser dasn les forêts et les friches où elle se développe au printemps.

Sans intérêt culinaire.

 

lundi 24 novembre 2014

Sortie en forêt 49

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 Le froid s'installe petit à petit au sommet du col et déjà les espèces nobles comme les girolles ou les cèpes de Bordeaux se font abcents. Pas de panique, quelques bons pour ne pas dire très bons comestibles sont encore présents dans les bois pour notre plus grand plaisir. Ajoutons à cela les couleurs de l'automne et les sommets alentours enneigés pour compléter le tableau.

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 La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est une grande fougère courante dans nos forêts mais aussi dans le reste du monde où parfois elle peut se montrer envahissante. Elle aime les zones de pleines lumières voire ombragées, acides et de préférence pierreux. Elle peut aussi bien se rencontrer en bord de mer, dansles landes comme en montagne jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

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 La fougère aigle est considérée comme toxique en raison des dérivés de cyanure, l'aquilide A qu'elle contient et bien que dans certaines régions du monde les jeunes crosses de cette plante soient consommées, il est déconseillé de l'utiliser en cuisine. Longtemps employée à des fins magiques et médicinales, aujourd'hui elle se fait l'ami du jardinier en luttant contre l'errosion des sols, par son efficacité en temps que paillage antifongique, comme purin engrais vert.

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On trouve quelques très beaux champignons dans les fourrés.
1 et 2 : En cour d'identification.
3 et 4 : le lactaire délicieux (Lactarius feliciosus) bien que comestible n'est pas à confondre avec le lactaire sanguin qui est beaucoup plus savoureux. Délicieux a un petit coup de résine de connifère qui ne plaît pas à tous les palais. Il est le plus souvent cuisiné au vinaigre comme des câpres puis servit froid en appéritif ou grillé..

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 Voilà l'équipement du promeneur (hormis la paire de grosses chaussettes et des chaussures bien étanches) : un bon panier tapissé des feuilles et de fougères pour que les champignons ne s'abîments pas contre les parois et un bon couteau qui permet de les couper et de les nettoyer.

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 Dans la clairière, les callunes ou bruyères communes (Calluna vulagaris) sont sur la fin de la floraisons. Les sommités fleuris sont utilisées pour aider au sommeil. Quand les neiges recouvrirons tout, elle servira de nourriture aux chevreuils. Pour le moment elles abritent de nombreux champignons. Dans celles-ci, il est facile de loin de confondre les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis) avec une multitude de russules. Les fausses joies sont donc nombreuses.

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  La nature est pleine de surprise. Les crosses de cette fougère sont bien enroulées. Au printemps elles sortiront pour donner naissance à de nouvelles feuilles. Pour le moment elles ressemblent à une grosse mygale.

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 Lavesse de loup perlée (Lycoperdon gemmatum) est une petite vesse comestible à la chair blanche qui se rencontre du début de l'été jusqu'à la fin de l'automne. Comme tous les champignons de cette famille, il libère un nuage de spores quand il arrive à maturité par la perforation de sa membrane.

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 Présente dans les forêts de connifères, on peut également la rencontrer sur les tallus, les bords chemins, parfois dans les lisières herbeuses et plus rarement dans les bois de feuillus. 

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 Attention cependant. Les spores des vesses de loups perlées sont parsemées de crochets microscopiques. Ils peuvent occasionner des gênes, des douleurs et des irritations au niveau des poumons. La prudence est de mise en particulier quand il y a des enfants.

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 L'oxalis petite oseille (Oxalis acetosella) donne au printeps, au temps des morilles, de jolies fleurs blanc-rosé. Comme l'oseille il ne faut pas en abuser, quelques feuilles dans une salade donne un goût frais et acidulé à la préparation. Quand la luminosité se fait faible ou trop forte, les feuilles se replient. 

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 La chanterelle en tube (Cantharellus tubaeformis) est un excellent comestible. Elle a l'avantage de pousser jusqu'aux premières gelées et parfois bien après ce qui est rare pour les champignons. Son goût fruité l'a rendu populaire sur les tables. Les jeunes individus récoltés une première fois par section peuvent repousser une deuxième fois, rendant le rendement de ce petit champignon plus important.

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  Le satyr puant (Phallus impudicus) est un champignon à la forme équivoque. Ayant un cycle rapide, il pousse en quelques heures. Il dégage par la suite une odeur de cadavre qui attire les mouches. Celles-ci se nourrissent du champignon, absorbent ses spores et les redisséminent dans la nature.

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 L'hypholome couleur de brique (Hypholoma sublateritium). Son amertume et sa toxicité ne le rendent pas comestible. Il se présente sur les souches et les racines des arbres en vastes colonies où les individus sont soudés les uns aux autres par leur base.

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 On peut facilement le confondre avec son proche cousin, l'hypholome en touffe (Hypholoma sublateritium fasciculare) qui présente lui des lamelles jaunes fluorescentes. C'est l'un des champignons les plus courants en Europe.

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Retour du lactaire délicieux (Lactarius deliciosus) ? Non, il s'agit du lactaire couleur de saumon (Lactarius salmonicolor). Appartenant à la même famille que son cousin, il est difficile de les différencier. Son goût très particulier demande qu'il soit cuisiné bien grillé.

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 Pas facile de le voir celui-ci, caché dans la mousse. Il s'agit du pied de mouton (Hydnum repandum), un bon comestible à la chair ferme qui roussie et qui colore les doigts en rouge dans on doit préparer en cuisine de nombreux spécimens. Son goût est doux, parfois amer chez les vieux exemplaires.

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 Une hêtraie est une forêt de hêtres communs (Fagus sylvatica) plantés par l'homme. Présentes en montagnes, elles regorgent, quand le terrain s'y prête, de girolles et de chanterelles. Le fruit du hêtre est la faîne, elle peut être consommée cuite, grillée ou en farine après une longue préparation.

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 Le bal des limaces. Comme chez les escargots, les individus sont monoséxués, c'est à dire mâle et femelle à la fois. Les limaces pondes des oeufs, jusqu'à 500 parfois, dans des trous creusés dans le sol. C'est la nuit ou par temps faible de pluie qu'elles sont le plus active, aussi bien en forêt que dans les jardins. 

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 En parlant d'escargots, en voici qui font grise mine. Les escargots des forêts (Cepaea sylvatica) ont été croqué par un oiseau dans son nid. Sous celui-ci, s'entassent les coquilles vides dans la mousse.

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 Le tricholome sordide (rhodopaxillus sordidus) peut être confondu avec le pied-bleu (Lepista nuda). Contrairement à ce qu'indique son nom, c'est un champignon comestible mais son goût n'est pas des meilleurs. On le trouve dans les forêts à l'humus riche.

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Amanites et bolets font souvent la parie !
1 : Le bolet bai (Boletus badius) est comestible jeune. Il est réputé pour être aussi bon que les bolets nobles c'est à dire les cèpes. Avec le thé, c'est le seule aliment à posséder de la théanine, une molécule efficace contre le stress, l'hypertension et les maladies schizophréniques.
2 : Le bolet satan (Boletus satanus) est l'un des rares bolets toxiques. En réalité il est plus indigeste que réellement dangereux mais mieux vaut jouer la sécurité. On le trouve en été et en automne.
3 et 4 :  L'amanite panthère (Amanita pantherina) est un champignon très toxique qui couvre la même aire géographique que l'amanite-tue mouche (Amanita muscaria). On la trouve dans les forêts de feuillus en été et en automne. Elle possède également des propriétés hallucinogènes.

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 Le laccaire améthyste (Laccaria amethystina) est un bon comestible courant dans nos coins de forêts. On le trouve dès le milieux de l'été et jusqu'à l'arrivée de l'hiver, de préférence dans les bois humides. C'est un champignon qui pousse de manière abondante.

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 L'amanite citrine (Amanita citrina) est une amanite qui aime les bois claires de conifères ou de chênes et de hêtres. C'est un comestible médiocre que l'on peut confondre avec des espèces plus dangereuses voire mortelles. Certains individus sont entièrement blancs. C'est un champignon courant.

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Si dans certains coins de France elles sont exceptionnellement de sorties, la floraison des orchidées c'est fini ! Mais il faut garder l'oeil ouvert et agile. En effet la fructification de certaines sont de précieux indicateurs pour découvrir l'an prochain de nouvelles stations fleuries.

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 La lèpiote élevée (Macrolepiota procera) est un excellent champignon, abondant et peu difficile. On le rencontre dans les prairies, les forêts, les terrains vagues ou encore dans les friches et les lisières. Sa taille et son goût de noisette en font un comestible de premier choix que j'apprécie tout particulièrement.

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 Seul le chapeau se consomme, le pied étant beaucoup trop fibreux. En ragoûts, pannée, au four, en gratins, en soupe ou même farcie, tout est bon pour l'accomoder, en particulier avec les fromages de montagnes.

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 Comestible, feuille morte, rose... les russules portent bien des noms. Semblables les uns aux autres et pas toujours comestibles, il faut bien prendre garde à ne pas faire de confusion en les récoltants.

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  Le tricholome à odeur de savon (Tricholoma saponaceum) porte plutôt bien son nom. Son odeur est assez dissuasive pour faire comprendre qu'il n'est pas comestible. Présent quelques fois en plaine, on le rencontre surtout en montagne dans les bois de conifères et parfois de chênes. Il peut être confondu avec l'excellent tricholome couleur de terre (Tricholoma terreum).

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 Le bois mort est un cosmos à lui seul. C'est un élément essentiel à l'écosystème des forêts en fournissant le gîte et le couvert à de nombreuses espèces : larves, insectes, plantes, oiseaux, rongeurs et champignons... tout le monde y trouve son compte. La décomposition du bois par différents organismes enrichie le sol (humus) et nourrit les plantes avoisinantes.

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 Parfois il suffit de faire quelques pas à proximité de la route pour trouver les précieux champignons. Attention tout de fois à ne pas ramasser ceux qui sont près des axes de circulations. Les champignons captent très bien les métaux lourds et les polluants des gaz d'échappement.

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 Le panier se remplit bien : lépiotes élevées, pieds de moutons, lactaires délicieux et chanterelles en tube seront en fête dans les assiettes ce soir. Rien de mieux quand on dine entre amis.

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 Un rond de sorcière est un cercle de champignons. Il se forme quand le mycélium fructifie en périphérie de son emplacement, le centre de celui-ci ne possédant plus assez de nutriments.

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 Les montagnes ne sont pas encore blanches et déjà le froid se fait sentir. Celles-ce ne se parent jamais des couleurs de l'automne, ses flancs étant habités exclusivement par des conifères qui ne perdent pas, à contrario des feuillus, leurs épines qui sont adaptées pour résister au gel.

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L'eupatoire à feuilles de chanvre (Eupatorium cannabinum) est en chatons. Il en existe deux sous-espèces qui aiment pour l'une les zones colinéaires et pour l'autre sub-alpines. Elle est très appréciée des abeilles et des papillons. Son huile essentiel possède de nombreuses vertus.

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 Bref, les champignons sont nombreux encore dans le bois en cette fin octobre. En novembre ils se feront plus rares et en décembre la saison devient morte même si en de rares occasion on peut, par chance rencontrer des chanterelles en tube au des laccaires améthystes. Adieu donc lépiotes et agarics.

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 Reste alors le plaisir des yeux. Les amanites tue-mouche (Amanita muscaria) sont de superbes champignons. Indigestes, ils peuvent provoques des réactions variées : hallucinations, vomissements, diarrhées, fièvres, crampes et douleurs abdominales, sa consommation est proscrite.

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Les journées sont plus courtes, la lumière devient plus rasantes. Les sorties sont donc écourtées et la luminosité n'est pas toujours des meilleurs pour les photos mais les bois se vident et les promeneurs se font rares. La forêt retrouvent en partie leur tranquillité, du moins jusqu'à l'arrivée des morilles noires.

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