vendredi 23 décembre 2016

Destination Bretagne : le parc botanique de Brest.

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 Grosse étape au jardin du Conservatoire botanique de Brest qui est immense. C'est le tout premier conservatoire créé dans le but de mener des missiosn de préservations de la flore. Actuellement les efforts sont centrés sur les espèces menacées en particulier à l'étranger : Madagascar, Madère ou encore les îles Canaries.

 

Les grandes serres.

Chaque serre est un tableau et abrite sa propre flore. Milieux humides, désertiques, tropicaux ... il y en a pour tous les goûts. Je dois avouer avoir une petit préférence pour la serre aux plantes carnivores et celle dédiée à la flore de Madagascare qui est extrêmement belle et que je trouve propose une collection qui sort des clous.

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Agapetes x "Ludgvan Cross"

Ce bel hybride pouvant atteindre un mètre est issu d'Agapetes serpens et A. rugosa, deux espèces asiatiques particulièrement belles mais surtout, résistantes aux conditions climatiques extrêmes, en particulier aux températures faibles. La première vient de l'Hymalaya, la seconde du Népal. Sa floraison s'étale de mai à août.

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Quelques plantes carnivores.

Je ne peux m'empêcher de vous présenter quelques unes de ces mystérieuses plantes. On les trouvent un peut partout dans le monde. Elles ont une alimentation carnée pour combler le manque d'azote de leur milieu. 

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 Ainsi, dans l'abondante collection, on peut rencontrer Sarracenia rubra ssp. alabamensis, une sous-espèce de Sarracenia rubra que l'on trouve fréquemment en Amérique du Nord, en particulier dans certains états américains comme la Floride ou la Géorgie. Sa floraison comme celle de la plupart des Sarracenia est très particulière. Les fleurs présentent des pétales et des sépales modifiés qui leur donne une apparence discrète et unique.

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La collection accueille  également en son sein la droséra intermédiaire (Drosera intermedia). On la rencontre en France à l'excepté dans le Sud-Est et le pourtour méditerranéen, dans les marais et les tourbières. Elle se ratifie du fait de la disparaissions de son milieu qui ne représente que 0,1% du territoire français et qui bien souvent, est asséché. Si vous porter attention aux deux photographies la présentant, vous pouvez admirer l'un de ces proies.

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 Encore une américaine ! La dionée attrape mouche (Dionaea muscipula) a transformée certaines de ses feuilles pour en faire de véritables prisons où les insectes piégés sont dissous lentement. C'est une championne de la longévité, cette dernière peut vivre plus de 20 ans dans son habitat d'origine, à savoir les tourbières à sphaignes. La disparition de ce milieu explique la diminution de cette population qui est considérée comme vulnérable. 

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L'impatiens à deux épreons (Impatiens bicaudata).

Cette plante originaire de Madagascar appartient à la grande famille des impatiens. En France on rencontre de nombreuses impatiens, toutes sont invasives et crées de gros dégâts dans notre environnement à l'exception de l'impatiente ne-me-touchez-pas (Impatiens noli-tangere) qu'il faut bien se garder d'arracher.

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Le belvédère et ses fougères.

 Le belvédère est entouré d'immenses fougères tropicales et abrite même un pin Wollemi (Wollemia nobilis). Tout ce petit monde fait figure de reliques du passé. Ils figurent parmi les premiers organismes végétales à avoir coloniser la terre et, au carbonifère, à avoir servit d'abris pour les insectes géants qui peuplaient alors le monde.

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L'Ochagavia carnea (Ochagavia carnea).

 Cette plante est originaire du Chilli, où elle y est même endémique, et possède une floraison exceptionnelle (il s'agît ici du bouton floral). On la rencontre dans les zones désertiques aux températures élevées l'été mais au climat tempéré en hiver. Elle peut de se fait résister à de faibles températures (entre -7°C et -10°C).

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La lavande à feuilles de fougères (Lavandula pinnata).

On la nomme également lavande de Madère ou lavande pennée. Elle provient des îles Canaries et celle de Madère dont elle est endémique. C'est une espèce particulièrement rare dans son milieu naturel qui a besoin de beaucoup de soleil. On en tire une huile essentielle précieuse pour lutter contre les insectes et les maux de tête. 

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La marsillée à quatre feuilles (Marsilea quadrifolia).

Voici une superbe fougère d'eau qu'il n'est pas courant de croiser. On pourrait penser au premier abords qu'il s'agît d'un trèfle ou d'une oxalis mais ses rhizomes ne trompent pas. Protégée en France, on peut la rencontrer dans les mares et les fosses où l'eau se fait stagnante. Dans certains pays, en particulier en Asie, elle est consommée. En Europe de l'Est et Centrale on l'utilise comme plante magique permettant de voir le monde invisible.

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Le tison de Satan (Kniphofia rooperi).

Cette fleur flamboyante est originaire d'Afrique du Sud. Elle peut atteindre sans mal un mètre de haut et même les dépasser. Elle se plaît dans les sols secs, ne craint pas les fortes chaleurs et montre une certaine résistance aux embruns et aux températures basses. L'épi floral est composé d'une multitude des fleurs orangées et jaunes mesurant 4 centimètres de long et qui sont ponnilisées dans leur habitat naturel par des papillons de grande taille.

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Quelques raretées du territoire français.

Le conservatoire permet d'observer de petits bijoux comme l'andromède à feuilles de podium (Andromeda polifolia) et le panicaut vivipare (Eryngium viviparum) que l'on ne peut observer que dans quelques stations françaises. Ces deux espèces rares et protégées entrent actuellement dans des plans de réintroduction. 

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Le parc du conservatoire.

 Jusqu'au 13 novembre 2016 il y était possible d'observer de nombreuses oeuvres représentant des crabes et composants l'exposition "Abris côtiers". Il s'agit du travail de l'artiste Jérôme Durand, artiste issu de l'école des Beaux-Arts de Brest et très actif en Bretagne mais aussi à travers différents pays du monde comme le Japon ou le Cameroun. Personnellement j'aime beaucoup son travail qui est très poétique.

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Le parc s'étale sur 30 hectares en divers tableaux dans un vallon ombragé traversé par un ruisseau formant par endroits des lacs puis se transformant peu à peu en torrent. Chine, Nouvelle-Zélande, Portugal ... là aussi il y en a pour tous les goûts. En quelques heures de marche, il est ainsi possible de découvrir les grands ensembles de végétation issus des quatre coins du monde. Un belvédère permet d'avoir une jolie vue sur l'ensemble. 

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Les oiseaux du parc.

Le parc abrite de nombreuses espèces d'oiseaux. On les rencontre un peu partout sur le territoire et on les considère souvent comme appartenant à la "nature ordinaire". Parmi celles-ci on rencontre les bergeronnettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) et le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula) qui se plaît dans les gunneras.

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On rencontre également des grimpereaux des arbres (Certhia brachydactyla). Ce petit oiseau se reconnaît à son chant qui lui permet d'être différencié des autres grimpereaux. Son bec arqué lui permet de débusquer les petits insectes qui se cachent dans la mousse et les crevasses de l'écorce des vieux arbres.

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On trouve les classiques canards colverts (Anas platyrhynchos) qui se plaisent dans la végétation abondante des diverses mares. On trouve également de nombreuses tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) qui supportent les températures fraîches que l'on rencontre parfois sur la côte bretonne en hiver et au printemps.

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On observe également des laridés, à savoir des mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) et toute la série des goélands présents dans la région (Larus sp.) qui sont attirés par les pique-niqueurs. On peut aussi voir de grands échassiers tel le héron cendré (Ardea cinerea) ou l'aigrette garzette (Egretta garzetta). 

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La rhubarbe géante (Gunnera manicata).

Malgré son surnom de rhubarbe, cette gunnère géante n'est pas comestible. Elle nous vient dAmérique du Sud et en particulier des pays côtiers tel que le Brésil et la Colombie. Elle peut atteindre des tailles titanesques, jusqu'à 5 mètres de haut et 3 mètres d'envergures pour les feuilles voire 5 mètres pour certaines, un vrai record ! 

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L'azurite (Echinops ritro).

On le rencontre surtout dans les friches et les terrains ayant des substrats pauvres du pourtour méditerranéen. Il supporte très bien les embruns marins et les très basses températures mais ne tolère pas les sols humide et salins ainsi que le manque de soleil. Ses feuilles présentent ça et là des épines effilées et discrètes.

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Le chou marin (Crambe maritima).

C'est une plante parfaite pour s'essayer aux jeux de mots en tout genre ... C'est aussi une plante protégée qui a subit les désagréments des cueillettes incontrôlées mais aussi de l'urbanisation galopante des côtes. C'est une très bon légume oublié qui peut être cultivé chez soi mais qui ne supporte pas la conservation sur la durée.

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La démesure du parc.

Tout est démesuré dans ce parc, aussi bien la forêt de bambous, celle de fougères équatoriales, le chemin pour admirer les différents tableaux ou la liste des espèces qu'il est possible d'admirer. Traverser la palmeraie ou passer par dessus les cascades s'est s'assurer d'être dépaysé. C'est aussi un poste de choix pour les chasseurs de pokémons qui sont nombreux et se donnent rendez-vous chaque week-end pour partir en chasse.

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Le mot de la fin.

 J'ai adoré ce parc, en particulier la forêt de fougères tropicales. On se croirait dans le val sans fin. Enfin bref, super expérience et pour le coup je n'ai pas regretté que nous ayons atterri ici après que notre sortie en kanoé ait été annulée à cause du mauvais temps. Si vous souhaitez décuvrir le parc, je vous invite à consulter leur page.

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dimanche 11 août 2013

Fiche naturaliste.

 J'ai eu à l'occasion de mes promenades, la possibilité de ramener de nombreux trophées. Pour faire de la place dans les placards et les immortaliser, j'ai prit l'iniative de les placer sur papier glacé. Plumes, oeufs, fleurs, insectes et autres récoltes, une partie de mes trésors sont passés sous l'objectif.

Petit aperçu:

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lundi 11 février 2013

Nos bons vieux cabinets de curiosités.

Il était temps, à mon goût, d'aboerder dans cette catégorie "Naturalisme et exposition", les cabinets de curiosité. C'est dans cette antre que le curieux, l'apprentit naturaliste ou le collectionneur va exposer ses trèsors et ses découvertes. Bien qu'ayant en partie étudié cette curiosité, je n'ai pas vraiment les mots pour bien le définir. Heureusement, le site http://pages.infinit.net/cabinet/index.html est là pour nous expliquer l'histoire et l'évolution de nos cabinets de curiosités. Ce texte provient donc de site web, à la date du 11 février 2013. (Sous chaque photo vous trouverez le lien de la source).

 

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(http://charlottemartyr.wordpress.com/2010/01/14/cabinet-de-curiosite/)

Les cabinets de curiosités désignent au XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d'objet rares ou étranges représentant les trois règnes: le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines.

Avec le développement des explorations et la découverte de nouvelles terres au XVIe siècle, plusieurs princes, savants et amateurs de cette époque se mettent à collectionner les curiosités en provenance des nouveaux mondes. On définit en général le cabinet de curiosités comme un microcosme ou résumé du monde où prennent place des objets de la terre, des mers et des airs (minéral, végétal et animal), à côté des productions de l'homme.

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(http://bleudecobalt.typepad.com/bleudecobalt/2010/01/fugit-tempus-.html)

L'objectif des curieux n'est pas d'accumuler ou de répertorier la totalité des objets de la nature et des productions humaines comme le tenteront les encyclopédistes au XVIIIe siècle, mais plutôt de pénétrer les secrets intimes de la Nature par ce qu'elle propose de plus fantastique. En collectionnant les objets les plus bizarres qui l'entourent, le curieux a la sensation de pouvoir saisir, de surprendre le processus de Création du monde.

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(http://mementomori-lille.typepad.com/)

Le lieu, la pièce
Il importe de distinguer entre le cabinet comme lieu physique et le cabinet comme meuble. À l’époque il n’y a que des musées privés : les cabinets. En général, on peut les visiter assez facilement avec une lettre d’introduction, mis à part quelques exceptions comme le cabinet de Rodolphe II qui était tenu assez secret. On peut établir une distinction entre les grands cabinets princiers et des grandes familles comme ceux de Rodolphe II, de Mazarin, de Gaston d’Orléans et ceux des amateurs moins fortunés, les érudits par exemple: Peiresc, Ole Worm (médecin suédois).

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(http://mementomori-lille.typepad.com/)

 

Le meuble
Le cabinet est le meuble caractéristique du curieux. Souvent, le meuble lui-même se transforme en précieux objet de collection : on en retrouve en ébène, incrusté d’écailles ou de pierres dures, parfois peint par des artistes de renom.

Plusieurs auteurs établissent une distinction entre les cabinets du Nord et ceux du Sud. Selon Antoine Schnapper, cette opposition serait trop fortement exagérée. On identifie souvent les cabinets allemands et leurs collectionneurs par exemple à un goût plus poussé pour le bizarre et les éléments les plus spectaculaires. Cette croyance serait liée au fait que l'on associe les collectionneurs du Nord aux princes fastueux, relativement peu cultivés, et essentiellement sensibles à l'aspect esthétique ou insolite des objets. À l'opposé, les collectionneurs du Sud sont perçus comme des humanistes, possédant une culture plus scientifique et une connaissance de l'Antiquité.

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(http://www.humptydumptyhouse.fr/archives/2011/11/15/22685553.html)

Toutefois, lorsque l'on examine les cabinets italiens de Calceolari, Cospi, Settala ou Moscardo on découvre qu'ils sont tout aussi remplis de bizarreries que ceux du Nord. Un autre exemple atténuant les différences entre le Nord et le Sud est le cabinet du père Athanase Kircher. Originaire du Nord, Kircher s'installe à Rome au XVIIe siècle et rassemble au Collegio Romano un cabinet célèbre dans toute l'Europe. Au XVe siècle cette distinction entre le Nord et le Sud est pertinente mais s'estompe au XVIIe siècle.

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(http://mci.blogs.marieclaireidees.com/archive/2009/02/index.html)

Néanmoins, on remarque certaines disparités entre le Sud et le Nord relativement au contenu antique des collections. Les cabinets italiens et français sont mieux approvisionnés en antiquités romaines que le Nord pour des raisons de proximité. On y retrouve un grand nombre de médailles, pierres gravées, statuettes, vases et objets de culte. Dans le Sud de la France, de nombreuses trouvailles archéologiques alimentent les cabinets provenant en partie des relations commerciales avec l'Égypte.

Dans son livre « Collectionneurs, amateurs et curieux », Krzysztof Pomian définit la collection de la façon suivante:

«Une collection ne se définit pas par son contenu. Sa première caractéristique est de rassembler des objets naturels ou artificiels qui sont extraits du circuit d'activités utilitaires et économiques».

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(http://blog.julien-salaud.info/index.php/post/2012/05/25/Bazar-bizarre...-Ou-le-Cabinet-de-curiosit%C3%A9s-de-GuyLux(e),-aux-ateliers-C.M.H,-Bordeaux,-du-25-mai-au-2-juin-2012)

Pomian utilise le terme «sémiophore» pour désigner les objets formant une collection. Il s'agit d'un néologisme qu'il a créé pour tenter de déterminer ce qu'ont en commun à la fois des tableaux, des monnaies, des coquillages, bref tous les éléments constituant une collection. Il s'agit d'objets porteurs d'une signification et détournés de leur fonction utilitaire initiale. L'utilisation de ce nouveau terme est importante pour bien cerner ce que contiennent les cabinets de curiosités et ne pas réduire les objets de ces collections seulement qu'aux oeuvres d'art tel que l'ont fait les compilateurs d'inventaires après décès des XVIIIe et XIXe siècles.

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(https://dominiquedecoratrice.wordpress.com/2012/06/12/mon-petit-cabinet-de-curiosite/)

Ce n'est que récemment que l'on a pu estimer plus exactement le contenu et la valeur des collections. Les études plus anciennes sur les cabinets de curiosités portaient essentiellement sur les oeuvres d'art et rejetaient délibérément un grand nombre d'objets considérés au XIXe siècle comme dépourvus d'intérêt. Pourtant, la majorité des cabinets aux XVIe et XVIIe siècles sont constitués d'objets composites et rarement uniquement d'oeuvres d'art.

Par exemple, Eugène Müntz publia en 1888 les inventaires des Médicis au XVe siècle et écarta tous les objets qui n'avaient pas un rapport direct avec l'art. Müntz commente cet inventaire et critique l'évaluation monétaire du contenu de cette collection. 
Qu'une corne de licorne ait été payée 6000 florins alors qu'une Adoration des Mages de Fra Angelico seulement 100 florins ou un Van Eyck uniquement 30 florins constituent une aberration pour Müntz.

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(https://dominiquedecoratrice.wordpress.com/2012/06/12/mon-petit-cabinet-de-curiosite/)

La disparition des cabinets de curiosités aux XVIIIe et XIXesiècles et la relocalisation des objets considérés les plus intéressants dans des musées d'art et d'histoire naturelle ont également contribué à occulter toute une partie des collections des Wunderkammern. En ce sens, la définition de Pomian constitue une tentative de réhabilitation du contenu global des cabinets.

Les cabinets apparaissent à une époque où la science ne se préoccupe pas encore des séries et des lois naturelles mais de l'accidentel. Les curieux ont l'impression de pouvoir saisir l'infinie richesse du monde dans ses produits les plus bizarres. On s'intéresse aux points de passage entre un règne et un autre.

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(http://www.paperblog.fr/5951210/un-cabinet-de-curiosites-insense/)

L'ambiguïté entourant l'origine des fossiles et du corail par exemple éveille la curiosité. On s'interroge sur leur nature, s'ils sont d'origine végétale ou minérale. Ces objets semblent être dans une phase intermédiaire entre deux états et la confusion qui règne à leur sujet provoque l'intérêt. On espère surprendre les secrets de la création dans ces phénomènes transitoires. Toute chose répondant à ces critères sera donc avidement recherchée.

Certains de ces objets bénéficient d'un prestige supplémentaire lorsque les auteurs antiques les mentionnent: Aristote, Pline, Théophraste, Dioscoride, etc. Ils deviennent encore plus prisés si ces auteurs rapportent quelque stupéfiante vertu magique à leur propos: mentionnons par exemple, le rémora, petit poisson qui aurait la capacité d'arrêter un navire dans sa course en se collant à lui.

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(http://www.paperblog.fr/5951210/un-cabinet-de-curiosites-insense/)

On s'intéresse également aux objets qui viennent de loin dans le temps ou dans l'espace: objets antiques, papier de Chine, momies d'Égypte, chaussures indiennes, etc.

Les collections des XVIe et XVIIe siècles sont organisées selon deux grands axes: les naturalia ou choses de la nature et les artificialia ou objets créés par l'homme. À partir de la Renaissance, deux nouvelles catégories d'objets viennent compléter les collections d'amateurs et élargir le champ temporel et spatial des sémiophores: les antiquités et les objets exotiques ou exotica rapportés massivement par les voyageurs et les marins.

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(http://www.jolierue.fr/blog/tuto/diy-tuto-mon-cabinet-de-curiosites-fait-maison/)

dimanche 14 octobre 2012

Trompettes de la mort!

Les premières trompettes de la mort sont là. Difficiles à trouver en ville, elles pullulent en forêt. Cependant pas facile de les conserver quelques temps chez soi. Une méthode simple peut y remédier.

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Si comme part chez moi e soleil a fuit, l'idée de faire sécher des champignons semble plus complexe. Pas avec les trompettes. Face à une cheminée bien chaude ou sous un radiateur, étendez plusieurs pages de journaux bien sèches. Lavez les trompettes coupées en deux dans la longueur pour en sortir toutes les saletés qui ont pu s'y glisser. Étendez les sur le journal sans les superposer. Les brassant toutes les 3-4h. Au bout de 2-3 jours elles seront sèches. Attention à faire cette opération dans un endroit aéré et où il y a peu de passage car l'odeur qui s'en dégage est très forte, comme pour la plupart des champignons séchés. 

 

Et pour obtenir la même chose dans un séchoir ou au soleil, pour les blanchir, les congeler, enfin bref pour les conserver, c'est par et par .

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lundi 1 octobre 2012

La taxidermie.

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Voilà un texte bien sympathique qui n'est pas de moi sur la taxidermie, base du naturalusme, qui la décrit fort bien. Il provient de ce site: http://www.mpl.ird.fr/ci/masto/infos/032/Historique.htm

Définition et objectifs de la taxidermie

Le terme taxidermie (1846) renvoie à taxis (arrangement-ordre) et à derme (peau). Taxis est « le nom d'action de tassein » qui exprime l'idée de « placer où il convient ». Taxidermiste, d'usage didactique pour le terme empailleur, apparaît en 1872. Ainsi, la taxidermie est l’art de conserver, par différentes techniques les animaux morts sous un aspect semblable à celui de leur vivant. Dans un cadre scientifique et en particulier celui des musées d’histoire naturelle, l’activité de taxidermiste avait pour but d’enseigner la zoologie aux étudiants, mais elle attirait aussi toute une clientèle de chasseurs venus apporter leurs trophées pour les y faire naturaliser dans les règles de l’art. Ce mélange des genres était cependant autorisé et organisé, les spécimens destinés aux collections étant validées par toute une équipe d’universitaires et de scientifiques attachés à l’institution concernée. Exposés dans différentes pièces qui se succédaient au gré de leur spécialité, dans une ambiance d’immense cabinet de curiosités, les spécimens ainsi préparés voyaient défiler un cortège de personnalités de tous horizons qui venait y puiser quelque inspiration, parfaire leurs connaissances ou tout simplement jeter un regard curieux, admiratif…

A l’origine, la taxidermie était un moyen de conservation de spécimens afin d’en faire des documents matériels. Les techniques étaient peu élaborées et le souci des détails dans la représentation de l’animal était tout aussi peu rigoureux. Mais au fil du temps et des recherches, les taxidermistes ne cessèrent d’améliorer leurs techniques. Aujourd’hui certains taxidermistes, libérés des contraintes de la production commerciale, voient dans leurs montages beaucoup plus qu’une simple représentation du vivant et ils ont développé une sensibilité toute particulière pour l’esthétisme animal qu’ils veulent ainsi faire partager. D’autres imaginent des mises en scène évocatrices interpellant le public à faire une expérience émotive et d’autres encore explorent des concepts beaucoup plus engagés et intègrent leurs pièces dans un discours qui dépasse largement les représentations classiques. Selon Bergot (« Art et taxidermie : un jeu de connivences ». Lettre de l’OCIM, N° hors série, Taxidermie, 12/2002 : 77-80), l’histoire de la taxidermie, que ce soit au musée ou celle des artisans, ne peut être dissociée du rapport qu’entretient l’homme avec les animaux sauvages. Il estime que les spécimens ont une grande valeur et doivent être considérés comme témoignage et mémoire matérielle à léguer aux générations futures.

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Historique de la taxidermie

Les peintures du paléolithique représentant presque exclusivement des animaux sont les plus anciennes expressions artistiques connues de l’homme. Inspirées du rêve ou de l’espoir du chasseur, du besoin de matérialiser les récits de chasse ou supports de rituels, ces fresques témoignent sans aucun doute de la fascination que suscitaient les animaux d’antan. L’intérêt que porte l’homme aujourd’hui pour les arts animaliers n’aurait-il pas comme origine celui qu’avaient nos lointains ancêtres d’il y a 30 000 ans ?

Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont été tentés par les essais de conservation du corps humain ou des animaux. Par exemple, la momification des Egyptiens qui fut le plus ancien procédé utilisé était une opération complexe, composée de plusieurs étapes : Dessèchement des corps éviscérés avec le sel et le natron, enveloppement de fines bandelettes de toile, engluement de bitume et bourrage du ventre d’herbes mêlées de baume. Après tout cela, les corps étaient déposés dans des sarcophages pour éviter l’évolution de la destruction des tissus. Les mêmes principes étaient applicables pour les animaux.

La taxidermie moderne a une histoire et son origine remonte probablement au XVIIème siècle où des riches collectionneurs savants exposaient leurs spécimens dans des cabinets de curiosité. Plus loin dans le temps, on peut considérer que l’histoire de la taxidermie a débuté par le tannage traditionnel dont l’homme a commencé à maîtriser les techniques de base avant de développer multiples mises au point de conservation des corps morts, notamment l’embaumement par les égyptiens. Cependant, ce n’est que vers la moitié du XVIIIème siècle que l’on a sérieusement tenté de faire de la taxidermie. Pendant près de 50 ans, les essais se sont limités à des explorations des possibilités de la technique du moment. La découverte du savon arsenical, qui permit une conservation des peaux et spécimens de toute première qualité, par l'apothicaire Jean-Baptiste Bécoeur (1718-1777) opéra une véritable révolution dans la taxidermie. Les principales techniques ont poursuivi leur évolution, par exemple pour ce qui est des composés chimiques utilisés pour conserver les parties organiques. Ainsi, les protocoles de base de la taxidermie que l’on connaît et pratique aujourd’hui ont vraiment fait leur apparition durant la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècle avec l’arrivée de la zoologie descriptive qui cherchait à définir un système de classification des êtres vivants. Les armatures intérieures, initialement en bois ou métalliques et bourrées de paille ou même de foin (d’où le terme d’ « empaillage » également employé pour la taxidermie), ont été modifiées et le squelette est aujourd’hui remplacé par un mannequin en mousse et/ou polystyrène qui donne sous la peau la forme exacte du corps de l'animal. Les évolutions actuelles concernent principalement l’allègement et le renforcement des structures internes.

Il a fallu attendre le milieu du XIXème siècle avant que la taxidermie se démocratise et que les taxidermistes ouvrent leur service au public, ce qui semble avoir motivé l’évolution des techniques. Le premier atelier important de taxidermie, Rowland Wards, fut créé à Londres vers 1850. Dans le même temps, les réalisations des ateliers Deyrolle ou des frères Verreaux à Paris connurent un certain retentissement. Cette époque coïncidait avec le mouvement romantique et les taxidermistes, comme les artistes qui leur étaient contemporains, furent inspirés par les récits rapportés par les voyageurs naturalistes. Leurs montages exhibaient des fauves aux allures désinvoltes et expressives qui témoignaient bien du rapport entre l’animal et les hommes de cette époque. A la fin du XIXème siècle, une révolution muséologique se met en place. Cette dernière est le résultat d’une évolution conjointe entre une réflexion profonde sur le rôle du musée d’histoire naturelle et une modification de la présentation des spécimens naturalisés. Les musées d’histoire naturelle ayant pour rôles de collecter, étudier et conserver les composants de la diversité naturelle, l’aspect éducatif des collections prend une importance considérable dans ce cadre. Certains conservateurs critiquent alors le rôle éducatif des présentations classificatrices, et déplorent que ce mode d’exposition ne permette pas de connaître la « biosociologie » de l’animal.

Plus tard, durant la première moitié du XXème siècle, les musées, et en particulier aux Etats-Unis, repensent leur présentation encyclopédique, et l’arrivée des concepts écologiques les encourage à adopter une vocation éducative tournée vers le divertissement. Ils ont donc recherché à présenter des reconstitutions des écosystèmes naturels. C’était la mode des dioramas où l’on peignait les paysages du milieu naturel des espèces exposées sur un arrière fond concave.

 

Pour plus d'informations:

http://www.mpl.ird.fr/ci/masto/infos/032/Historique.htm

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