mardi 18 février 2014

Quand viendra le printemps! (Mythologie)

pierres précieuses

(Article illustré par les oeuvres de l'artiste Mucha)

Mais quand viendra le Printemps? Le 21 mars officiellement mais dans les faits? Je me languis de voir arriver la belle saison, ses fleurs et ses morilles.
Loin d'être ma saison préférée, le printemps reste pour moi l'éveil de la Nature même si cette année, l'Hiver ne s'est pas bien fait ressentir et que la faune et la flore ont été relativement activent. 

Pendant la saison des fleurs, nos aïeuls avaient bon nombre de traditions. Je pourrais revenir sur la date de la célébration de son arrivée ou évoquer quelqu'uns des mythes associés à sa venue mais cela est déjà fait.
Au lieu de ça, ce soir je vous parlerai de la mythologie du Printemps.

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Parmi les divinités célébrées, on retrouve la Maia romaine, déesse dite primitive du renouveau et de la fertilité, la Bona Dea: "la Bonne Déesse". Son nom est lié au mois de Mai et à la pousse des végétaux (en latin: maius). Elle est l'épouse du dieu Vulcain, dieu du feu, des métaux, des volcans, de la forge et des forgerons. Pour les calendes de mai, pendant les flamines, on offrait à la déesse en sacrifice uen truie pleine.

Par la suite son nom est attribuée à d'autres divinités: 
- à la Maia amante de Jupiter et mère d'Hermes.
- à une des facette de Gaïa, déesse de la Terre.
- à la Maia pléiade, mère de Jupiter et de Mercure.
Ainsi elle personnifie l'accroissement du vivant et le bonifie, en particulier chez les végétaux.

 

Autre personnage, la Baba Dochia (vieille Doquia - grande-mère Dochia) appelée aussi Baba Marta (et non Barba Mama!).
Comme son nom l'indique, elle apparaît sous les traits d'une très vieille femme qui dans l'imaginaire roumain et bulgare incarne l'impatience manifestée dans l'attente de l'arrivée du printemps (je suis donc "vieille"). Ce terme désigne aussi la guérisseuse, l'herboriste, la sorcière ou encore l'incantatrice. Les "ZileleBabei", jours de la vielle femme qui désignent la première quinzaine de Mars au temps changeant, lui sont dédiés.

Elle serait:
- la réminiscence des divinités antiques de l'agriculture, de la pousse et de la fertilité (en somme un archétype de Maia).
- un héritage de la culture Byzantine avec Eudoxie, prostituée repentie puis martyre fêtée le 1er Mars.
- la représentation figurative de la Dacie. 

Grand mère Dochia n'est pas des plus douces, pour l'appaiser, il faut lui faire de nombreuses offrandes soit attachées à des arbres fruitiers, soit cachées sous des pierres. L'animal qui y prendra abris annoncera de par sa nature le déroulement de l'année à venir. Dans tous les cas, la Dochia fait de son mieux pour que le Printemps arrive et que l'Hiver dure peu de temps.

Selon les légendes, parfois teintées de christianisme, cette déesse serait une belle-mère acariâtre qui aurait fini gelée, croyant le Printemps revenu. Dans d'autres versions elle fini pétrifiée.
Chez les anciens peuples, on lui rendait hommage en particulier le 1er, les 2 et le 3 mars.

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Quant à Déméter, déesse romaine de la Nature, des moissons et de la terre, elle laisserait place au printemps quand sa fille, destinée aux Enfers, en sortirait pour passer 6 mois de l'année avec elle avant de retourner dans les entrailles de la Terre.

Flore serait elle la déesse des fleurs, de la fécondité et du Printemps, associée par Ovide à la nymphe Chloris. D'une grande beauté, elle estlafemem de Zéphyr, le vent, et à le pouvoir de maîtriser les floraisons. En cadeau de mariage elle reçoit un immense champs de fleurs. Elle permet même à Junon de concevoir Mars sans qu'elle n'ait à s'unir à Jupiter. Pour l'honnorer, pendant les floralides, les romains s'ornaient de couronnes et de guirlandes de fleurs, sacrifiaient du gibier tel le lièvre mais aussi des chèvres. Le vin, l'amour et la danse rythmaient ces jours de fête.

Eostre, parfois nommée Ostara, est une déesse anglo-saxonne et germanique dont il reste peu de traces hormis quelques écrits. Le moi de Mai lui serai consacré (mois de la Lune également). Son équivalent hindou serait Usha, déesse de l'aube, de l'aurore et de l'éveil spirituel. C'est latoute première femme à porter  le Tilak,marque rouge traditionnelle que porte les hindous et qui symbolise le soleil levant.

Ces trois divinités ont pour mythe fondateur la divinité indo-européenne Hasos, la mère adoptive du Soleil issue de ladéesse Nuit, qui meurt de manière perpétuelle en couche (pour le glamour on repassera).

Mat'syra Zemlia est une divinité appartenant aupanthéonslave. Son nom signifie littéralement Mère-Terre-Humide. C'est l'une des divinités les plus importantes. Personnifiée, elle était représentée sous les traits d'une belle femme dont la végétation lui fait office de chevelure. Les roches sont ses os, les racines ses veines, et l'eau son sang. Comme les animaux qui hibernent, elle s'endort pendant l'Hiver pour se réveiller au Printemps.

Lelia figure aussi parmi les déesses du Printemps (à mon grand dam on n'y trouve pas de figure masculine). Elle est aussi la divinité des premières fleurs, des premiers émois, la protectrice des amoureux, de la beauté et du bonheur (rien que ça!). Pour les slaves qui la vénérait, elle prenait soin des jeunes pousses. Les filles entrant dans l'âge adulte l'honoraient pendant la Lelinik le 21 avril. La plus belle d'entre toutes était choisie pour jouer le rôle de Lelia et se parait d'une couronne de fleurs puis s'installait au sommet d'une colline où les habitants lui apportait des fleurs, des pains, de la crème, du lait, des oeufs et du beurre puis dansaient en formant des rondes.  

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Chez les Lettons, c'est Saules Meita, littéralement Fille du Soleil en lithuanien, qui estladéesse qui fait revenir le printemps.

Pour les Arméniens, on retrouve la déesse Astlik, Petite Étoile (nommée aussi Astighik ou Asdghig) qui figurait la divinité de l'amour, de la fertilité, du printemps et des sources.

En Irlande, Brig était aussi la déesse du printemps. Elle était honorée lors de la fête d’Imbolc (Oimelc / Emwalc'h), le 1er février. Cette date, dans le calendrier irlandais, correspondait au début du printemps (chez les Celtes, en effet, l'équinoxe était placé au milieu de la saison et non pas à son début). On dit que la déesse sortait alors de sa prison d'hiver : la montagne Ben-Nevis. Lors de cette fête, les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en procession, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles. Lorsque l'Irlande deviendra chrétienne, cette déesse sera remplacée par Sainte Brigitte de Kildare sensée avoir vécu de 451- 523 ap.JC.

Vient ensuite le temps des fêtes. Parmi celles-ci on compte Ostara, une célébration moderne néo-paganique mais aussi le Schieweschlawé (à vos souhaits), dit le lancé de disque, une fête païenne que l'on retrouve dans le nord de l'Alsace, le sud de l'Allemagne et en Suisse alémanique et qui a lieu à l'équinoxe de printemps. Rajoutons à cela le Norouz, nouvel an Iranien qui débute à l'arrivée du Printemps; l'Hag HaAviv, la fête de cette saison chez les Karaïtes; le Carnaval et le Setsubun, fête nationale japonaise du printemps qui se célèbre selon le calendrier lunaire. 

 

Bref, voici un petit aperçu qui ne reflète qu'un petit aperçu des mythologies liées au Printemps et on l'aura comprit, de part sa symbolique de la (re)naissance et de la fertilité, il est associé aux femmes.... vraiment? 

Pas tout àf ait. Parmi les représentants masculins de cette saison on trouve le Mars romain, dieu de la guerre et père des fondateurs de Rome, Romus et Romulus mais aussi de la fertilité des cultures et de la végétation. Cen'estdonc pas pour rien qu'un des mois de notre calendrier porte son nom. Le dieu Arès lui est associé.

 

Enfin pour clôre ce billet, je m'attarderais sur une fête qui me plaît tout particulièrement, la Nuit de Walpurgis à propos de la quelle on peut lire ceci:

"La nuit de Walpurgis,  est une fête de printemps qui a lieu dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Célébrée dans toute l'Europe depuis des temps reculés, malgré les interdits et les excommunications des Églises chrétiennes, elle a été identifiée au sabbat. Elle est surtout le symbole de la fin de l'hiver, parfois associée à la plantation de l'arbre de mai ou à l'embrasement de grands feux.

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Dans l'ancienne Germanie, on croyait qu'à cette date les divinités du printemps (dieux et déesses de la fécondité) se répandaient dans la nature pour mettre fin à l'hiver. 

Aujourd'hui, la fête a surtout survécu en Suède. Dans la journée du 30 avril, jour de la Valborgsamässoafton (vous me le répéterez 3 fois, les étudiants de l'université d' Uppsalase réunissent devant la rivière Fyris et procèdent à la destruction (simulée) de leurs vieilles casquettes de l'hiver. 

Sur le Hartz, un massif ancien d'Allemagne centrale, on célèbre la Walpurgisnachtstraum (littéralement « le songe d'une nuit de Walpurgis »). Sainte  Walburge ou Gauburge (en France) était une religieuse anglaise appelée en Allemagne . Selon la légende, pendant la nuit qui précédait sa fête, le 1er mai (nuit de Walpurgis), sorcières et sorciers se réunissaient sur un mont proche (le Blocksberg ou Bocksberg) pour un sabbat.
En Belgique, plus précisément dans le Condroz, durant les mois de mars et d'avril, sont organisés des Grands Feux. Ces festivités sont organisées dans différentes localités.

En Finlande, le Vappu est avec le Nouvel An et la fête de la Saint-Jean une des plus grosses fêtes. La célébration de Vappu est l'occasion d'une large consommation de vin pétillant et de différents alcools.Les traditions étudiantes sont une des principales caractéristiques de Vappu. Dès la fin du XIX, cette fête traditionnelle des classes aisées est devenue celle des étudiants allant à l'université et ayant déjà reçu leurs casquettes (à la fin du lycée généralement). Les traditions incluent notamment la consommation d'une boisson fermentée (le sima), dont le contenu en alcool peut varier. À Helsinki, la tradition veut que les étudiants nettoient la statue Havis Amanda sur la place du marché (sur le port face à l'hôtel de ville) et la coiffent de la casquette blanche des étudiants. Les festivités incluent aussi un pique-nique le premier mai dans les parcs des villes .

En France, elle est connue sous le nom de « nuit des Sorcières », en particulier en Moselle Est, ainsi qu'en Basse Alsace (Hexennacht). Les enfants sortent dans les rues et font des farces, comme envelopper les arbres de papier toilette.

En République tchèque (Bohème, Moravie), les enfants se déguisent en sorcières. À la tombée de la nuit, des feux sont allumés dans les campagnes. Les gens dansent autour pour célébrer le retour des beaux jours.

En Roumanie, et dans certains pays de l'Est, tous les esprits maléfiques, fantômes et vampires sont libérés et sont censés se livrer à des bacchanales infernales, dangereuses pour tout mortel qui les découvrirait.

En Suède, les branchages de l'hiver passé sont rassemblés en de grands bûchers qu'on allume sur les collines. Les gens chantent des chants traditionnels sur le printemps. Le repas qui suit comprend notamment du saumon mariné  à l'anth avec du schnaps.  Dans les villes étudiantes, coiffés de casquettes blanches, les étudiants font des discours sur l'arrivée du printemps et les chorales (masculines) chantent les hymnes de printemps classiques devant l'université et le feu. Les parcs de chaque ville sont remplis par des gens qui viennent regarder le feu, écouter les chansons et faire la fête."

Bref,voilà de quoipatienter jusqu'à l'arrivée du printemps.

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lundi 2 septembre 2013

Conceptions personnelles.

la renarde finie
Ce soir, un petit peu de théorie personnelle, pour rendre ce blog un peu moins froid et toujours dans l'optique de partager.

Hé bien, pour tout dire je me définis comme athée mais le mot juste serait plutôt agnostique dans l'idée que je ne crois en rien mais que je ne suis pas hostile aux religions ni à l'idée que des puissances mystiques nous entourent.

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J'ai grandi dans une famille catholique et jusqu'à mes 10 ans je croyais en Dieu.
Mais voilà, l'idée d'un être supérieur à l'image de l'homme ça ne me parle pas vraiment, même dans les autres croyances, je trouve cela peut être un petit peu enthnocentriste de se dire que s'il y a quelque chose au dessus de nous, cela aurait forcément notre aspect ou du moins, notre façons de penser. C'est pour ça que le concept de bien et de mal dans les religions, la magie, la spiritualité... pour moi n'existe pas, hormis dans le but de donner une conduite aux gens pour maintenir le vivre ensemble.
Si je devrais croire à quelque chose, dans le sens d'une religion ou d'une croyance, ça serait une religion de la nature si on peut le dire ainsi, où les esprits seraient des formes d'énergies avec des consciences primaires qui vagueraient ici et là, incapables de dissocier le bien et le mal car ces concepts sont propres aux sociétés complexes: hommes, cétacés, bonobos, gorilles ou encore chimpanzés.

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Bref, je ne crois pas à tout ce que l'on pourrait nommer les saints, les dieux ou les anges car se sont des stéréotypes qui au cours des âges évolues, mais cela ne m'empêche pas de me reconnaître dans certaines divinités comme Déméter en particulier sans croire pour autant en elle. Par contre, je crois en la force de l'esprit, au fait que l'homme peut faire certaines choses incroyables sans toujours pouvoir l'expliquer ou y croire. Comme dirait ma grand-mère, c'est la force du coeur. Je crois beaucoup en l'auto-suggestion aussi, à l'effet placebo.

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Pour résumer, je dirais que je ne crois pas aux divinités car elles sont des stéréotypes de dogmes propres à chaque époques, ni aux rituels dans le sens où, pour moi, ils ne sont que des outils pour communiquer avec ce qui nous entours et donc dans ce cas, un rituel unique et définit pour tous revient à suivre une ligne conductrice qui ne correspond pas aux attentes précises de chaque croyant. Un bon rituel serait un rituel qui pourrait prendre toutes les formes, du moment que l'on atteint avec celui-ci le but recherché.

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Bref, pour le moment je suis dans l'idée qu'il doit bien y avoir un petit quelque chose mais que cela ne ressemble ni au paradis, ni à l'enfer, encore moins au monde des fées bien que celui-ci me passionne.

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Pour ce qu iest des notions de croyance et savoir, pour moi, le premier est ce par quoi on est convaincu sans pouvoir en apporter les preuves. En sociologie on se plait à dire que tout est de la croyance car au fond, peu de choses peuvent être expliquer concrètement: les rôles hommes-femmes, l'utilité de la technologie, le bien fondé de la guerre...
Le savoir ce sont les informations que l'on possède en nous, fausses ou vraies et qui nous permettent de décrypter le monde et d’agir en fonction de celui-ci.

 

lundi 8 octobre 2012

Chamanisme birman et tatouages.

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Article qui provient du site Ethnikan:

http://www.ethnikan.com/produits.php?idcat=21

 

Protection, dévotion, guérison, décoration mais aussi réalisation d’un vœu et démarcation individuelle ou clanique… voici ce que vise le tatouage en Birmanie. 
Magie, prophylaxie, assimilation ethnique ou revendication identitaire restent les objectifs premiers. Se protéger est la fonction essentielle de cet art de la parure corporelle. Les redoutables guerriers birmans ont combattu les Indiens, les Thaïs et les Anglais armés, entre autres, des tatouages qui les rendaient invincibles. 
Le « x » tatoué, traditionnellement utilisé pour prévenir les morsures de serpents, détourne les balles. Il aurait aidé les soldats birmans aux massacres des Indiens en 1930 et 1938. Encore aujourd’hui les Thaïs ont peur de cette armée tatouée, féroce et sous-équipée. 
A l’inverse, le tatouage ne rend pas les femmes Chins plus fortes mais… plus laides ! Le motif, proche d’une toile d’araignée, inscrit dès l’enfance sur leurs visages, devait décourager l’enlèvement par les Birmans de ces femmes trop belles. La légende, qui date d’un milliers d’années, ne s’applique naturellement pas à tous les tatouages claniques. La plupart célèbre la virilité, le courage du tatoué ou indique ses esprits tutélaires. Le tatouage est la médecine du corps et de l’âme.

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L’introduction du tatouage dans la magie birmane remonterait à 2000 ans avant JC. Les Shans auraient appris les techniques du tatouage dans leur implantation d’origine, le sud de la Chine. Ils les auraient ensuite transmises aux Birmans au cours de leur migration. Les Birmans ont sublimé cet art dans leur foi mystique et magique.
Dans une société assez primitive, le tatouage est un médicament religieux – préventif et curatif. Il se prend avant toute entreprise dangereuse ou incertaine (se marier, voyager, s’engager dans l’armée…). On raconte l’histoire de ce voleur qui projetait le pillage d’une pagode : il se fit tatouer l’image du dieu Hipsay qui, traditionnellement, veille sur les criminels et dont il s’attira les bonnes grâces en récitant un mantra adapté à ses œuvres tout au long du processus de tatouage. Un perroquet sur l’épaule, porteur de chance, n’aurait pas suffit au mécréant.
Le docteur spirituel Shan, le sayah, délivre potions, charmes, exorcismes et tatouages. On met souvent en relation saignées, scarifications et tatouages au sens de techniques ancestrales et rituelles de purification. La douleur et la violence font partie intrinsèque du rite de tatouage – clanique, mystique ou prophylactique. Parce que le tatouage est puissant et qu'il donne, par le biais du chamane, des pouvoirs, il fait mal. 

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L’association entre tatouages, pouvoirs et esprits était quasi-absolue jusque dans les années 50. Mais la magie ne naît pas que de la représentation gravée dans la peau. Le cérémoniel du chamane, l’attitude du patient, le bon vouloir du dieu interfèrent dans la magie – celle qui attribue l’invincibilité au soldat, l’invisibilité au moine, la charité au pauvre, la guérison au malade… Le chamane incorporait dans la peau de ce dernier, avec l’encre, la poudre le guérissant du mal. Une pique de tatouage permet de ponctuer la peau, grâce à un poids situé à l’extrémité (en général figurant lui-même l’esprit magique présidant au tatouage). La poudre provenait d'une boîte médecine ou d'une statuette composée de matériaux magiques, lesquels, grattés par la pique de tatouage, se glissaient sous le derme. La puissance prophylactique émane à la fois de la statuette, du matériau dont elle est constituée, du tatouage et des esprits ainsi invoqués ou éloignés par le pouvoir du chamane. L’encre et le poids dépendent de la mission dévolue au tatouage – d’où l’existence de recueils, les parabaïks, où le chamane consignait en quelque sorte son encyclopédie de tatouages médicale et mystique. Le rôle de la parole, celle du docteur spirituel et celle répétée par son patient, est primordial. L’image tatouée a une force intrinsèque mais le pouvoir magique et médical résulte de la réussite de l’intégralité du rite. L’échec sera imputé, comme toujours chez les Birmans, à l’incapacité du croyant à plaire à l’esprit tutélaire (peut-être ne lui aura-t-il pas fait assez d’offrandes ? Le jour du tatouage était-il insuffisamment favorable ou trop proche des célébrations d’un autre dieu ?), voire au choix d’un esprit dont le pouvoir attendu relevait des compétences d’un autre. 

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Bouddhisme et animisme se mêlent joyeusement ; le chamane édicte ses ordonnances pour la pagode (quel Bouddha prier, avec quel mantra et quelles offrandes), à l’autel des nats et à celui des amulettes animistes qu’il délivre souvent, seules ou conjointement au tatouage. Ces statuettes chamaniques constituent toujours un bien précieux. Le docteur spirituel a doté l’amulette de sa fonction magique (chance, fécondité, santé) et du culte approprié. Parmi ces figures d’esprits, on retrouve de manière non exclusive les nats, ces déïtés animistes (anciens rois et reines, personnages pieux ou animaux mystiques), sanctifiées et récupérées par le bouddhisme birman ; il y a 37 déïtés premières et de multiples divinités additionnelles ou variations locales. Les amulettes de tatouage les plus puissantes détenaient ainsi des extraits végétaux recueillis sur le Mt-Popa. Cet extraordinaire lieu de dévotion abrite la maison des nats. La cérémonie du Shinbyu, qui marquait anciennement le passage à l’âge adulte, comporte un rite de « monstration des nats » et elle était suivie d’une épreuve de tatouage « social » pour le jeune homme. Une seconde phase de tatouage, magique et individuel, se déroulait quelques années plus tard. Aujourd’hui, si le Shinbyu mixte encore bouddhisme et folklore animiste, il a lieu avec de jeunes garçons et ne se lie plus à aucun rite de tatouage. 

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L’iconographie, elle, est identique : démons, nats, animaux mythiques (ex : kinnara, mi-humain mi-oiseau), chiffres magiques, chats pour l’habileté, symboles bouddhistes etc. Les Birmans poussaient ces croyances jusqu’à porter des sous-chemises figurant ces mêmes représentations. 
La spiritualité anismiste et le pouvoir magique des charmes et tatouages font partie d’une mystique si profondément ancrée dans la société birmane que le XXIème siècle n’en a pas encore totalement triomphés. Un nat y veille.
© Ethnikan

Article qui provient du site Ethnikan:

http://www.ethnikan.com/produits.php?idcat=21

 

 

dimanche 7 octobre 2012

Le chamanisme sibérien.

Cet article a été publié sur wikipédia par mes soins le 26/08/2013

La culture est universelle à l'homme. Les croyances aussi. De part le monde, elles sont multiples, uniques et complexes. Les pratiques courantes et banales chez les uns seront barbares, incroyables, mystérieuses ou mystiques pour les autres. L'une d'elle intrigue depuis quelques années les occidentaux, celle du chamanisme sibérien, une des plus vieilles formes de spiritualité de l'Homme.

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(http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/2007/01/voyageurs_du_ch_1.html)

Il est difficile de retracer et d'étudier l'histoire et la pratique de cette forme de chamanisme. Un des raisons à cela est la politique menée pendant la période pré-stalinienne et sous le Stalinisme, qui a engendré l'exécution ou l'internement systématique des chamans et chamanes de l'ex-URSS. Pendant 70 ans la pratique chamanique a été interdite, et bien que la transmission orale ait été importante et que quelques peuples isolés n'ont pas été touchés par ces mesures, un grand nombre de pratiques et de savoirs ont disparu.

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(http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/2007/01/voyageurs_du_ch_1.html)

L'exode rural est aussi un facteur qui engendre la perte de ses connaissances. Reste les écrits anthropologiques et ethnologiques, mais ceux-ci ne sont pas toujours neutres, les approches datant d'avant les années 30 étant souvent ethnocentriques. Il faut donc faire un tri objectif dans les informations.

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(http://www.artevod.com/arts_du_mythe_manteau_de_siberie)

Il est aussi possible de trouver des informations dans des cultures proches, comme les cultures inuites ou amérindiens mais le problème et de différencier les cultes communs des cultes particuliers et propres à chacune des cultures.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

On ne choisit pas de devenir chaman, on est appelé à le devenir par les esprits. Ceux-ci se manifestent sous des formes animales. Bien que nombreuses formations soient proposées en Occident, on ne sait que peu de choses de la formation de l'inspirant chaman. Le rôle du chaman d'un point social est de maintenir la cohésion du groupe, il est le sage, le médecin et le sorcier mais n'a pas de pouvoir décisionnel, il n'est que le conseillé. Il n'y a aucune différenciation entre chamane et chaman, même si ce rôle revient le plus souvent aux femmes.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Le chamanisme sibérien a pour philosophie de considérer toute chose comme élément d'un grand tout. Hommes, animaux, esprits, montagnes, rochers et plantes sont égaux.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Le rôle du sage:

Il est le garant du savoir du groupe et de son histoire. Il connaît les épopées, les joies et les peines de celui-ci. Il est le symbole de la transmission mais aussi de la préservation.

Le rôle de l'homme médecin:

Guérisseur, il soigne les blessures petites ou grandes. Pour cela il utilise des plantes médicinales, des préparations, des onguents, des incantations, des prières et de l'encen. La musique et les chants joues un rôle important, ils appelent les esprits à aider le malade à guérir. Différents totems sont appelés pour le bon rétablissement.

Le rôle du sorcier:

Le soricer à plusieurs fonctions:

       Le médecin de l'âme: il en appel aux esprit pour lever une malédiction.

       Le devin: il voyage dans l'astral pour connaître le devenir de son peuple et du monde.

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(http://www.stage-chamanisme.com/tsaatan.html)

Pour cela le ou la chaman(e) va devoir entamer un voyage initiatique.

Cela ne peut sa produire sans plusieurs éléments essentiels: les objets rituels, la danse, la musique, les chants, la foule.

Paré des ses habits de rituels et parfois d'une coiffe, d'un masque ou d'un maquillage élaboré, le chaman va commencer au rythme de son tambour à dancer en appelant son totem protecteur. La trance n'est pas obligatoire, elle peut survenir au bout de plusieurs heures, tout de suite ou pas du tout. Quand elel survient, la foule encourage le chaman par deschants et des tapements de main. Celui-ci va commencer à raconter son périple dans l'autre monde, sa lutte contre les esprits maléfiques, sa rencontres avec les bons esprits qui vont lui donner les réponses aux questions qu'il leur a posé ou accorder un droit, lever une malédiction. Il va revenir de son voyage épuisé.

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(http://www.parismatch.com/Actu-Match/Environnement/Actu/Siberie-changement-climatique-rechauffement-144555/)

Il y a encore beaucoup d'apects du chamanisme sibérien à raconter.

lundi 17 septembre 2012

Les pendules.

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Les pendules m'ont toujours intrigué et même s'en jamais bien y croire, voir pas du tout, ils me fascinent ne serait-ce que pour les vertus et les pouvoirs qu'on leur prête. Instrument divinatoire, le pendu peut être de bois, de fer, de pierre, de verre ou de cristal. Rond, carré, pyramidale, sa forme varie mais il reste toujours parfaitement géométrique.

Son fonctionnement est simple. D'abords inerte dans les mains de son propriétaire, il s'anime en formant des cercles et devient de plus en plus rapide puis s'arrête brusquement quand arrive soit à la destination indiqué, soit sur l'emplacement ou la réponse recherché.