dimanche 6 décembre 2020

Cygnes d'ici et d'ailleurs.

DSC07721Quand on parle de cygne, on pense tout de suite à un animal au plumage blanc immaculé, au cou gracile et au chant discret si ce n'est absent. En réalité, il n'en est rien. En France on trouve cinq espèces de cygnes : trois sauvages et deux exogènes. Pour le moment nous n'avons pu observer que trois des cinq mais cela ne serait tarder.

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En effet au compteur, il nous manque le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii)  qui ne se trouve que très rarement en Auvergne Rhône Alpes et le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus), une espèce originaire d'Amérique du Sud et présente parfois dans les jardins.Il nous en manque deux autres qui eu, sont bien trop loin pour nous. Figure à la liste le cygne trompette (Cygnus buccinator) vivant du coté de l'Amérique du Nord, et le cygne siffleur (Cygnus columbia columbia)  présent pour sa part au Nord du Canada. Tous deux possèdent un bec noir.

DSC07830Le cygne tuberculé

Voici un beau cygne tuberculé (Cygnus olor). C'est le plus commun et le plus connu de tous. Appelé aussi cygne muet en raison de son cri étouffé voir absent, on le croise dans une grande partie de la France, de préférence dans la moitié nord. Il s'observe dans les milieux humides, plus particulièrement sur les lacs, les rivières et les fleuves. L'historicité de sa présence dans le pays fait débat. Il a été pendant longtemps considéré comme exclusivement d'origine asiatique. On pensait alors qu'il avait été importé en Europe au court des siècles par les migrations humaines successives. Les dernières recherches paléontologiques et historiques tendraient à monter que c'est une espèce indigène présente depuis plusieurs milliers d'années, manque même de peu de disparaître au Moyen Âge car très chassé. Il doit son salut aux douves des châteaux qui lui servant alors de refuge, la noble volaille devenant alors un animal d'ornement.

Voici une carte de sa répartition tirée de l'INPN (Inventaire National du Patrimoine National), un site extrêmement utile pour se renseigner sur les espèces, leur nom et leur statut de protection. Chaque point vert est une donnée de cygne enregistrée. On peut également voir la même chose sur le site faune-france.org pour peut que l'on y rentre quelques données. On peut voir à quel point les massifs montagneux ne sont pas sa tasse de thé.

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Les cygnes tuberculés sont des oiseaux étant parvenus à s'adapter à une grande variabilité de milieux et qui n'a pas peur de fréquenter l'homme ce qui ne leur réussit pas toujours. Dans le lit du Rhône, on les trouvent parfois noyés, retenus par les filets, les déchets et les lignes de pêche qui jonchent le fond de l'eau. On les voit aussi mourir de malnutrition, le pain donné sans penser à mal étant toxique pour eux. On a pu ainsi retrouver l'hiver dernier 70 cygnes morts à la surface d'un lac, empoisonné par du pain détrempé où une bactérie toxique à pu s'installer. On observe aussi de forte carence, le pain et autres gâteaux n'étant pas du tout une nourriture auquel leur organisme est adapté. Torsion de l'estomac, plumes inaptes au vol ou panse gonflée, ce ne sont là que quelqu'unes des conséquences. Certains deviennent même incapable de se nourrir par eux mêmes.

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On l'oublie aussi souvent, mais il s'agit là de l'oiseau sauvage le plus gros de France métropolitaine, avec pour les plus beaux spécimens 13 kilos au compteur. En quelques chiffres, le cygne tuberculé c'est 1,60 mètre du bec à la queue, soit ma taille, 2 mètres à 2 mètres 40 les ailes ouvertes et 20 ans de vie. Bref, un animal aux dimensions imposantes et uqe, je trouve, on ne valorise pas assez aux vues de ses exceptionnelles capacités. On peut pour finir revenir sur son tubercule noir au dessus de son bec orange. Celui du mâle est plus gros que celui de la femelle, mais bien aisé est celui qui arrivera au premier coup d'oeil à en faire le distinguo.

DSC05660 (2)Le cygne chanteur

On peut le dire, le cygne chanteur (Cygnus cygnus) n'est pas le plus courant des cygnes européens, loin de là. Comme son nom l'indique, c'est un oiseau au chant élégant et puissant, là où le cygne tuberculé se fait muet. Sa répartition est Eurasienne, et on le trouve avant tout au nord, en grande partie en Russie où les lacs de taïga et les tourbières qu'il affectionne sont nombreux et nombreuses.  On pourrait aisément le confondre avec le cygne de Bewick (Cygnus columbianus bewickii), mais le jaune du bec chez ce derneir ne va pas jusqu'aux narines du bec. Bien qu'il se ressemblent, le cygne de bewick est plus proche du cygne siffleur (Cygnus columbianus columbianus) dont i lest une sous-espèce que du cygne chanteur.

Toujours sur l'INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), la carte laisse cette fois-ci voir une répartition bien différente pour l'espèce. Si quelques couples nichent ça et là, la plupart des reproductions se font dans le nord de l'Europe. Petit focus sur l'unique point en Savoie. Le cygne chanteur de ces photo, c'est celui qui correspond à ce pixel vert. Présent depuis septembre 2019 dans le secteur, il semble se plaire en compagnie de cygnes tuberculés, au point de ne pas les quitter et d'être encore présent au 5 mars de cette année.

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Plus grêle que ces camarades, il peut néanmoins peser jusqu'à 11 kilos, avoir une envergure de 2 mètres à 2 mètres 40 et une taille d'un mètre 65. Il reste de ce fait un oiseau aux belles dimensions. Son chant et son cri ne vont pas sans rappeler ceux des oies mais en plus aigus, ce qui justifie un peu plus le surnom d'oie blanche donné aux cygnes. Le port e sa tête très anguleux est aussi un moyen aisé de le différencier des autres espèces.

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Quelques individus nichent dans la Dombe. Le nid se compose de gros végétaux, de roseaux et d'herbes aquatiques. Entre avril et juin, jusqu'à 8 oeufs peuvent être pondus. La couvaison est longue, jsuqu'à 6 semaines. Les poussins sont élevés par leurs parents pendant plusieurs mois. Pendant cette période, les jeunes ont besoin d'une grande étendue d'eau car même après leurs premiers vols, leur poids ne leur permet pas de parcourir de grandes distances. Il leur faut alors muscler leurs ailes pour pouvoir s'émanciper. Grégaire, on en observe de belles colonies un peu partout comme en Scandivanie mais aussi au Japon où il passe aussi l'hiver.

DSC07794Le cygne noir

Comparé aux deux précédents, le cygne noir (Cygnus atratus) détone. Plumes noirs, bec rouge-orangé barré de blanc, pattes courtes et sous plumage blanc, on est loin de la blanche oie. Seul le cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus) peut s'en rapprocher. Plus petit, il mesure en moyenne un mètre 40 pour un mètre 60 à 2 mètres d'envergure pour un poids de 3,7 kilos à 8,7 kilos et 20 ans de vie. Il y a trois ans, une redécouverte agite la communauté scientifique. Des ossements exhumés en 1864 laisse entendre l'existence passé d'une nouvelle espèce de cygne disparue depuis. Cette découverte est faite par le naturaliste Henry Ogg Forbes et l'animal est nommé Cygnus sumnerensis. Le temps passe, et cette classification est discutée pour être finalement réfutée et les os sont attribués à Cygnus atratus. Coup de théâtre, des tests ADN relèves en 2017 qu'il s'agit bien d'une espèce à part entière, séparée il y a un à deux millions d'années du cygne noir. Celui-ci plus gros, aurait disparu aux alentours des années 1500 avec l'arrivée des premiers Maoris.

Introduit en Europe comme oiseau d'ornement dans les jardins et les parcs, certains ont pu s'échapper. Ainsi on peut en trouver un peu partout en France. Dans le Rhône, on peut en observer deux couples, l'un à Miribel Jonage, l'autre du côté de Confluence. Cocasse quand on sait que c'est une espèce originaire d'Australie. Notre climat plutôt rude pour une espèce habitué à la chaleur ne semble pas poser problème.

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Autre fantaisie, les plumes de celui-ci semblent froissées, ressemblant à de jolies froux-froux. Son cri discret rappel le couinement des jouets pour chien, d'un clairon mal mené mais aussi d'un passereau au chant aigu. En période de reproduction les mâles deviennent agressifs et constitue un vaste territoire où il invite une compagne à nicher. Cependant on observe sans mal des couples faire leur nids à proximité sans que cela n'entraîne d'hostilité de part et d'autre. Comme les autres cygnes, il se nourrit de végétaux aquatiques et d'herbes de rivages, leur bec plat et strié étant spécialisé dans l'arrache et la découpe des brins les plus tendres.

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Mis à mal à l'arrivée des colons car très chassé, il trouva le salut dans les zones humides peut accessibles de l'Australie. Inapte au vol pendant la mue, il en devient une cible facile. Son introduction en Nouvelle-Zélande et sa protection au 20e lui on permit de connaître un développe rapide, au point qu'aujourd'hui des mesures sont prises pour limiter les grandes populations qui peuvent causes des dégâts aux cultures. En effet, les rares zones humides et les marais ayant souvent été transformés en champs et pâturages, les cygnes noirs sont souvent amenés à parcourir ces territoires, faute d'habitat naturel adapté à ses besoins.

Voici une courte présentation pour les trois espèces qui nous ont été donné de voir ces deux dernières années. Nous espérons bien sûr, croiser le cygne de Bewick, mais pas au point de forcer la rencontre, le moment viendra quand celui-ci le voudra bien se montrer. Cela nous laissera le temps de nous préparer, l'animal étant particulièrement farouche. Il serait dommage d'écourter une observation si attendue. La suite au prochain épisode.

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samedi 8 août 2020

Grands changements : adieu Oullins.

DSCN3777Des canards et des pigeons à profusion dans le lit bétonné de l'Yzeron. Cette image, vous ne la verrez désormais plus sur le blog et pour cause, nous déménageons enfin ! Adieu le voisinage détraqué, les fuites du toit, les moisissures sur les murs, les incivilités, les pots d'échappements, la musique à point d'heures et les odeurs de friture. Nous partons à une dizaine de kilomètres de là, plus au sud du département. Nous avons enfin franchie le pas et bien que la présence de la rivière sous nos fenêtres nous manquera un peu, la proximité du Rhône, de ses rives et de sa ripisylve remplacera sans peine le souvenir de l'Yzeron et de sa riche biodiversité bien que nous nous trouvions en coeur de ville. Nous voilà dans une ville de plus faible importance, en coeur de village face à l'église, entre le fleuve et les vergers où Thomas aime travailler. De quoi trouver tout le repos dont j'ai besoin mais aussi s'initier à la découverte de nouvelles espèces. C'est un vaste programme qui nous attend.

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Les jeunes corneilles noires (Corvus corone) ont quitté le nid. S'exerçant au vol sur les plus hautes branches des platanes, elles attendent leurs parents leur apportant le précieux ravitaillement pour les sustenter. Pendant le confinement nous avons pu observer les adultes attraper des poissons pour nourrir leur progéniture. peut être que le même comportement se retrouvera chez cette nouvelle génération

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Les derniers jours de vie oullinoise, une aigrette garzette (Egretta garzetta) est venue chasser les petites poissons. La jolie coloration bleue et rose sur la peau à la base du bec et les pattes bien coloré indique qu'il s'agit d'un individu apte à la reproduction et ayant entame sa nidification. La différence entre les pattes et des tâches colorées laissent penser qu'il peut s'agir de deux adultes différents sans qu'ils ne soient nécessairement liés.

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Les jeunes faucons crécerelles (Falco tinnunculus) s'essayent eux aussi au vol. Un frère et une soeur, issus de la nichée couple qui a élu domicile dans le parc tout proche, ont trouvé refuge sur le sommet de la grande barre de logement qui nous fait face. Les nombreuses fientes attestent qu'il s'agit là d'un perchoir régulier, en atteste les nombreuses observations que nous avons pu faire ces 4 dernières années.

DSCN3550Surprise dans le ciel, un vol de 14 hirondelles de fenêtres (Delichon urbicum) affronte les gouttes qui commencent à tomber à gros flots. Déjà l'an dernier nous avions pu observer un pareil spectacle au dessus de la rivière. Nous étions partis à la recherche des nids sans pouvoir mettre la main dessus. Espèce anthropophile, cette hirondelle aime faire son nid fait de boue et de salive sous les toitures des maisons.

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Attirées par les nuées d'insectes, les hirondelles volent à toute allure. Les nids ne doivent pas être loin. En effet, les petits sont nourris toutes les 20 secondes en moyenne, ce qui induit que les adultes se nourrissant ne se trouvent guère loin de leur colonie. Il faudra attendre l'an prochain pour en avoir le coeur net. En attendant elles ont pris place sur le mur du nouvelle appartement à travers un grand poster estampillé, bien sûr, LPO.

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Il nous aura pas fallut plus de 12 jours pour décider de partir, trouver un nouvel appartement, le visiter et nous y installer. De notre fenêtre nous avons une superbe vue sur le Mont Blanc les jours de grand beau, de même pour les cheminées de la raffinerie qui se trouve aux pieds de la colline sur laquelle se trouve notre nouvelle commune d'adoption. Comme toujours, il n'est pas possible de tout avoir, du moins pas encore.

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Adieu aussi les nombreux poissons de la rivière Yzeron : le ballet des carpes venant en grand banc pour frayer, les vandoises, les perches, les brèmes et les silures qui font le bonheur des pêcheurs du dimanche qui viennent chercher là des leurres mais aussi faire de belles prises, et si parfois certains sont peu regardant sur les déchets en laissant abandonnant les fils de pêche, d'autres n'hésites pas à nettoyer les berges de la multitude de déchets.

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Et puis il y a leurs promeneurs et leurs chiens non tenus en laisses. Ces derniers mois nous avons pu découvrir une carcasse de canne dévorée, un cygne à l'aile cassée suite à de nombreuses morsures, des canetons mâchonnées ou morts car abandonnés par leur mère apeurées. De notre fenêtre, ces comportements nous ont rendu bien souvent fou de rage et bien que signalé, les pouvoirs publics ont peu de moyens pour intervenir.

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Cependant, nous voyons des choses bien plus joyeuses. Chaque année un ou deux couples de cygnes tuberculés (Cygnus olor) viennent avec leur progéniture cherchent quelques brins d'herbes et d'algues. Tout fraîchement éclos et vulnérables, ils utilisent le plus possible le dos de leur mère pour les longs trajets. Grandissant rapidement, bien vite les parents ne peuvent plus prendre qu'un ou deux rejetons entre leurs ailes.

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Voilà, rien de fou dans cet article, juste une des grosses infos du blog pour l'année 2020. Désormais les tariers pâtres (Saxicola rubicola) et les bruants zizi (Emberiza cirlus) nous accompagnent dans toutes nos ballades campagnardes. Les lièvres, les chevêches d'Athéna, les grands rhinocéros (un magnifique scarabée au nom évoquant ses cornes) et les pics verts font partis de notre paysage et j'ai hâte de vous montrer à quoi il ressemble.

Cela ne fait que quelques semaines que nous vivons là et pourtant, j'ai l'impression d'y être depuis des mois si ce n'est des années. La campagne et les verges y sont fabuleux et regorgent de vie, le salon de thé, les artisans locaux, la place et les vieilles pierres nous donnent la véritable impression d'être en coeur de village malgré les 8000 habitants. Nos fenêtres font face au couloir de migration et en 10 minutes à pied nous pouvons nous tremper dans le vieux Rhône. Il ne nous faut rien de plus pour être heureux dans ces instants.

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samedi 14 décembre 2019

Sortie dans les marais 16.

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C'est le week-end ! Le soleil brille dans le ciel et l'air ambiant est doux malgré que nous soyoons en automne. Il faut en profiter. Nous voilà donc partis en direction Miribel Jonage, un ensemble de grands lacs formés par l'extraction des graviers issus de l'ancien lit du Rhône. D'ailleurs, la carrière est toujours en fonction et chaque fillon exploité à vocation à finir en étendue d'eau. Si une partie du plus grand étang est dédié à l'homme et à ses activités ludiques à travers une grande base nautique équipée entre autre d'un golf et de pontons à bateau, le reste de l'espace est relativement calme et seuls les promeneurs et les pêcheurs s'y aventurent. Cela en fait donc un avre de pais pour de nombreuses espèces, en particulier pour les oiseaux hivernants qui y trouvent refuges. Enfin, c'est un corridor écologique qui permet aux animaux revenants du sud de prendre repos dans leur périple avant de continuer leur traversée qui, entre autre, relie le fleuve Rhône aux zones humides de la Dombe.

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Entrés dans la lisère, nous tombons sur deux espèces que j'aime beaucoup. À gauche il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) aux beaux fruits rouges et à la floraison mellifère. Pour rester dans les odeurs, à droite il s'agit du calament nepeta (Clinopodium nepeta), plante très parfumée aux fleurs violines utilisée en Corse comme herbe aromatique dans la cuisine, chose que l'on ne retrouve pas sur le continent.

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Une jolie liane aux baies rouges s'enroule sans faire de mal au branches des buissons qui bordent le chemin. Il s'agit du tamier commun (Dioscorea communis) qui à cette période de l'années des feuilles jaunes en forme de coeur.

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Surnommé sinistrement herbe aux femmes battues, il était employé pour dissimuler les hématomes et autres bleus. Entièrement toxique, les jeunes pousses peuvent être toute fois consommées après avoir été récoltées au printemps puis passées dans au moins deux eaux de cuisson distinctes. Elles sont alors accommodées comme des asperges.On les connaît alors sous le nom de respountchous et sont assez prisées dans le sud de la France. On ne serait réserver le même traitement aux fruits ou au tubercules qui, dangereux par ingestions, peuvent également provoquer des dermites s'ils sont trop manipulés à main nue voire même des ampoules là où ils ont été en contact avec la peau.

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Sur un vieux champignon de bois, un bout de mue de serpent. Il s'agit des écaille ventrales, reconnaissables à leur grande taille et que l'on appel parfois gastrosteges. Composées de kératine à l'instar de nos ongles, elles protègent le corps du reptile, retiennent l'humidité et l'aident même à se mouvoir. La mue intervient à différents âges de l'animal. Celui-ci doit le plus souvent gêner pour pouvoir sortir de son ancienne peau avec aisance.

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En parlant de champignon, le voici. Il s'agit peut être d'un polypore hérissé (Inonotus hispidus) dont la carpophore délavé par la pluie lui confère un aspect blanc.  Poussant sur le tronc tombé à terre d'un peuplier noir (Populus nigra), il est connu pour s'installer souvent sur les vieux fruitiers, en particulier les pommiers (Malus sp.). Quand il est encore frais, il présente un chapeau roux et brun velouté, presque poilu.

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Sur le lac, plus de 500 foulques macroules (Fulica atra) se ressemblent en grand bancs. Nous sommes pliés de rire à les observer. Outre le vacarne, les osieaux se divisent en petits groupes tournants sur eux mêmes avant de se réunir, semblant au loin à des radeaux à la dérive. En période de reproduction il en est tout autre chose, les mâles devenant très territoriaux et ne laissant approcher que certaines femelles dans l'espoir de les courtiser.

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Pafois confondue avec le poule d'eau (Gallinula chloropus), on la différencie par son bec blanc et la tâche de la même couleur qui orne son front, ainsi que sa grande dimension et ses pattes aux larges doigts gris. Omnivore, on l'observe souvent à se nourrir de végétaux  attrapés dans le fond vaseux. Elle peut également se nourrir des petits invertébrés qu'elle glane dans les algues ou sur les rives des plans d'eau calmes qu'elle aime investir.

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Fendant le ciel, trois cigognes blanches (Ciconia ciconia) nous survolent. Elles viennent de la Dombe, où certaines d'entre-elles s'y sont établies pour l'année. Les prés semi-immergés, les marais, les champs retournés et les étangs aux berges en pente douce sont des lieux idéaux pour qu'elles puissent mener leurs chasses sans peine. Poissons, grenouilles, scarabées, mouches, petites rongeurs ... le choix est plus que large.

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Le calme plat est troublé par l'agitation d'une famille de cygnes tuberculés (Cygnus olor). Les petits, encore incapables de voler, déploient leurs ailes et encouragés par leurs parents, les battent de toutes leurs force, les plumes blanches détonnant avec le duvet gris qui recouvre ces gros poussins devenus adolescents. Il leur faudra , pour les parent, attendre en tout et pour tout 4 à 5 mois pour voir les cygnons s'élever dans les airs.

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Depuis le belvédère de l'étang des pêcheurs, deux géants nous attendent. À gauche, isolé et vêtu de cendre, le héron cendré (Ardea cinerea) qui semble jeune à la vue de son bec clair et des plumes plutôt claires de sa calotte.

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En dessous, trois grandes aigrettes (Adrea alba) donnent le change. Si on connaît le gracile volatile avant tout par sa blancheur, on oublie trop souvent que la belle prend des teintes marquées à la période des amours. Les tibias rougissent et le beau bec jaune devient plus verdâtre voire gris. Cependant cela ne se retrouve que chez une seule sous-espèce, Adrea alba alba qui est la plus commune des quatre grandes aigrettes que l'on retrouve sur le globe. Bonne chasseuse, son régime alimentaire est plus varié et comporte aussi bien des petits poissons que des grenouilles, des reptiles, des larves ou des insectes massifs, celle-ci n'hésitant pas à chercher dans les champs inondés les campagnols poussés par les galeries immergées à remonter à la surface.

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Pas moins de 13 tortues de Floride (Trachemys scripta elegans) barbottent dans les eaux claires de Miribel Jonage. Avec leurs tempes rouges, on ne peut les confondre avec aucune autre espèce indigène. Bien que très belles, ces américaines arrivées chez nous depuis une quarantaine d'années mettent à mal la faune en prenant le pas sur les tortues locales que ce soit pour les sites de pontes ou pour les ressources alimentaires.

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Une grenouille du type verte (Pelophylax sp.) partage le même milieu. C'est l'un des rares amphibiens à passer la majeur partie de son temps dans les mares. À l'arrivée de l'hiver, elle s'enfouie dans la vase pour hiverner, ne respirant alors que par sa peau. Sa cousine canadienne la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) est encore plus incroyable, ayant la capacité de geler intégralement avant de revenir à la vie quand arrive le printemps.

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Deux espèces de lézards se tirent la vedette. À gauche, le lézard de murailles (Podarcis muralis) qui sur un vieux mur réchauffe sa carcasse avant de partir à la chasse aux araignées et aux sauterelles. Non loin de là, dans un pique-nique abandonné sans aucune honte ce qui est hallucinant, un lézard vert à deux raies (Lacerta bilineata) fait festin d'une grappe de raisin bien qu'il aime tout autant croquer des insectes.

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Défilé de gobes mouches noirs (Ficedula hypoleuca). C'est bien simple, ils sont de partout à en ce retour de migration. Passant par la France pour regagner ses appartements d'hiver en Afrique occidentale après avoir niché dans le Nord de l'Europe, parfois même en France bien que cela soit relativement rare. Sa reproduction est très rapide, la femelle couvant 13 à 15 jours et le couplant menant à terme la portée en 12 à 17 jours.

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C'est dans une cavité (souvent de pic), que les oeufs bleus au nombre de 5 à 8 sont pondus. Fin juin voire début juillet, les nids sont désertés et les petits apprennent à faire leurs armes. C'est alors le moment de redescendre sous des latitudes plus clémentes. C'est ainsi qu'au début de l'automne les gobes mouches noirs abandonnent leurs belles couleurs pour adopter un plumage gris plus discret qui leur permet de passer inaperçu.

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Le Silène (Brintesia circe) est un papillon brun de belle taille qui à la particularité de partager son nom à la fois avec des plantes herbacées de la famille des Caryophyllaceae, un singe indonésien au pelage noir (Macaca silenus) et un satyre, demi-dieu personnifiant l'Ivresse. Percepteur du dieu Dionysos, on le fait souvent naître des amours d'Hermés mais aussi de Pan et d'une nymphe, de Pan et de Gaïa ou de Gaïa et d'Ourannos.

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Les oiseaux ont peut être déserté les nichoirs, mais les berges restent pleines de vie. Les castors d'Europe (Castor fiber) sont à l'oeuvre. Plutôt nocturnes, on peut parfois les observer en journée. Si l'été ils se nourrissent de jeunes pousses, ils se tournent assez volontiers le reste du temps vers les écorces, les jeunes branches et les feuillages qu'ils atteignent en faisant tomber à la force de leurs dans les troncs d'arbres au bois tendre.

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Voilà un des grands mal aimés du moment, le grand cormoran (Phalacrocorax carbo). Accusé de voler le poisson des pêcheurs, ses populations sont tombées au plus bas. Protégé, il a pu remonter doucement la pente bien qu'aujourd'hui il fasse l'objet à nouveau de tirs important, bien que nombreuses études tendent à prouver que l'oiseau ne pêche pas les mêmes espèces que celles prisées par les pêcheurs de loisirs et les pêcheurs professionnels. Reste le problème des piscicultures, ou bien des moyens autres que le tir peuvent être mis en place. Sur la dizaines de cormorans en pêche observés ce jour là, tous se nourrissaient de poissons chat américain (Ameiurus melas), une espèce invasive qui diminue l'effectif des autres espèces de poissons. La solution au problème est là, sous nos yeux, et nous ne trouvons rien de mieux que de lui tirer dessus.

C'est sur ce constat triste mais aussi, l'observation plus joyeuse d'un bongios nain (Ixobrychus minutus) et d'une mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus), deux espèces peu communes, que nous achevons notre ballade d'une journée. Marcher au rythme des oiseaux, dans des aires de nature calmes et encore ensauvagées est un bonheur, malgré les tirs rapprochés ça et là qui nous ont pas endroits fait prendre la fuite.

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mardi 16 septembre 2014

Saint Victoret

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Avant dernier billet sur notre voyage dans le Sud ^^ Pour le coup pas de nature ou peu mais pas mal de culture. Arrêt à Saint Victoret, complètement par hasard, où nous sommes restés au final 2 jours entiers. Accueille ultra chaleureux des élus, parcs et ville superbe même si assez "commune"... il n'y a pas à dire l'an prochain nous ne manqueront pas de nous y arrêter pour découvrir les nombreux coins qui font son charme : cours d'eau, musées, promenades et monuments en tout genre. Ce fût un véritable coup de coeur.

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Mais avant passage par Marignane pour voir l'envole des avions mais aussi l'étang de Bolmon qui est à côté à la ville et qui appartient à l'étang de Berre dont il n'est séparé que par une fine délimitation de terre, le cordon de Jaï. Ses eaux sont rouges est sont encore largement polluées. Sur une plage, 70 cygnes attendent les promeneurs et leurs pique-niques. Nous ne pouvons résister à la tentation de nous en approcher.

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Le musée de l'avion de Saint Victoret est extraordinaire. Moi qui ne suis pourtant pas branchée moteur pour un sous, j'ai été vite conquise. Pour 2€, il est possible de découvrir un grand nombre d'avions et d'hélicoptères grandeurs natures et qui pour la plupart ont été réstaurés par l'équipe de bénévoles du musée. On compte également plus de 5000 maquettes léguées par un passionné décédé depuis.

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 L'équipe se compose en grande partie de techniciens et de passionnés issus des locaux d'Eurocoptère. Adorables, ils ont apprit milles et uns secrets sur les avions et les hélicoptères. Ainsi il est possible de voir le mirage qui a servit aux essaies du moteur du concorde, la gazelle, des canadairs (dont un suspendue dans les airs à côte du musée) et bien d'autres engins. Pour tous renseignement c'est ICI et pour connaître les actualités de la ville LA. Un grand merci à ces passionnés qui nous ont fait passer une super matinée !!!

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 Et pour finir, spectacle !!! La ville organise cette année son premier festival d'humour : le Festi'rire. Après le Zigotamic de cette année j'étais obligée d'y courir et pour cause, l'excellent Lény Sellam s'y produisait aussi et pour tout vous dire il est toujours aussi bon. Et puis découverte d'Anthony Joubert, tout simplement magistral : fin et drôle, juste parfait. Voilà de quoi terminer notre visite de Saint Victoret en beauté avec en petit plus, les avions au dessus de nos têtes !

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