vendredi 12 février 2016

Laissons entrez la nature dans nos maisons.

 

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Le titre pourrait laisser penser qu'il est question de vivre sa maison comme on pourrait vivre en nature. Les portes seraient grandes ouvertes aux petites bêtes, on ferrait peu cas de la poussière et des occupations quotidiennes pour se tourner vers soi et l'environnement. En somme la vie s'y déroulerait en quasi autonomie. Oui mais voilà, vivre ça maison nature c'est tout autre chose. Il est avant tout question d'art de vivre et de décoration naturelle. Vous l'aurez compris, cet article change de ce que je propose d'ordinaire.

 

Une maison nature est une maison qui se rapproche des éléments naturels que l'on peut trouver facilement en se promenant en forêt ou en campagne. Elle s'inscrit dans la grande tendance de ces dernières années et peut se rapprocher du design finlandais ou de l'art de vivre à la japonaise. Le DYI y tient une place importante et de nombreuses marques et firmes se sont lancées sur ce marcher. De ce fait vivre sa maison nature est devenu abordable et tendance.

 

Qu'est que vivre « une maison nature » ?

Vivre une maison nature, c'est utiliser des éléments naturels et/ou anciens pour embellir son chez soi, lui apporter une certaine douceur de vivre, lui donner un caractère intemporel et s'inscrire dans la grande réflexion de notre époque, à savoir le retour à la nature.

 

Pour ce faire, de nombreux éléments peuvent être utilisés. Pour les couleurs on restera dans la sobriété en s'attachant à des teintes jouant sur tout un camaïeux de brun, de beige, de taupe mais aussi de gris clair, de blanc, de vert pastel ou encore de rose poudré. Les objets vintages y ont toute leur place car on joue la carte de la récup. Les vieux pots à confitures ressortent du placard et s'affichent fièrement dans la cuisine, on repeint la vielle étagère vernie et démodée en blanc, on fait des bouquets de fleurs des champs dans le vieux bidon à lait qui trône fièrement dans le salon mais aussi, on dispose ça et là dans la salle de bain quelques galets polis ramassés dans le fond d'un torrent et on utilise une vieille branche blanchie par l'eau comme porte manteau. L'idée est de se rapprocher de ce que l'on pourrait trouver dans un chalet suédois perdu dans une forêt de pin ou dans une maison scandinave en bords de mer.

 

De ce fait, on fait la part belle aux matières brutes. Le bois naturel est très présent, de même que le cuire, la pierre, l'osier, le verre, le lin, le coton ou les imitations de matières animales. On peut employer des cousins et les plaides en fausse fourrure pour donner un peu de chaleur à un salon ou à une chambre, on joue l’authenticité en accrochant au mur une majestueuse ramure de cerf et on n'oublie pas de laisser entrer grand la lumière. Pour les plus chanceux, l'installation d'un poêle à bois ou d'une cheminée permettra de donner une note cosy à la demeure.


mercredi 24 septembre 2014

Masque, papiers et plumes.

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Depuis toujours j'aime collecter les merveilles de la nature pour les entasser chez moi: plumes, insectes, champignons, feuilles et fleurs... tout ce petit monde prend vite de la place. Il est grand temps de leur trouver une utiliter... un masque festif ! "Le masque, destiné à dissimuler, représenter ou imiter un visage, assure de nombreuses fonctions, variables selon les lieux et l'époque. Simple objet de divertissement ou associé à un rite, œuvre d'art ou produit normalisé, il se retrouve sur tous les continents. Il est tantôt associé à des festivités, tantôt à une fonction." Source.

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Pour se faire il vous faut un peu de matériel:

- Un masque (acheté 2,50€ dans un boui-boui).
- De multiples papiers fins de toutes les couleurs.
- Des tatouages éphémères de style baroque.
- Des trésors récoltés pendants vos promenades: plumes, aiguilles de pin, insectes, feuilles séchées etc.
- Des ciseaux, de la colle liquide, un pinceau, de la colle forte, du vernis, un rouleau de scotche épais.

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Pour commencer, j'ai scotché sur la face intérieur du masque les plumes (de geai, de buse, de tourterelle, de faisan, de corbeau etc.) avec du scotche épais pour éviter que les calamus de celles-ci ne blessent le visage. Pour former un éventail, je les fixes dans l'ordre : de la plus grande à la plus petite en commençant par le haut en intercallant quelques grandes aiguilles de pin.

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Mais avant cela j'embéllie mon masque.J'ai collé de faux tatouages avec une éponge humide qui ressortirons à la fin del'ouvreage par transparence puis; je déchire de fins morceaux de papiers avec les doigts que je colle avec la colle liquide à l'aide d'un pinceau. On peut choisir un seul papier ou même le peindre. Une fois le tout sec, je colle mes feuilles, mes trouvailles (hannetons ou petits biches séchés). Voilà mon ouvrage terminé.

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mercredi 1 janvier 2014

Autours du gui et du nouvel an.

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Article séléctionné par Paperblog: ici.

Hier soir c'etait le nouvel an et pour coller à la tradition je suis partie en quête de gui. Mais au surprise, en arrivant vers les beaux pommiers du voisin, souvent couverts de gui et qui offrent toujours un superbe tableau quand il neige, c'est le désastre. La moitié des arbres sont tombés à terre, beaucoup ont perdu leurs branches, soufflés par les violents vents de ces derniers jours C'est le cycle naturel mais je ne peux m'empêcher d'être un peu émue. C'est un endroit superbe que j'aime beaucoup et qui désormais aura un autre aspect.

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Il ya de la casse. Ces arbres sont fort vieux, parfois centenaires. L'activité des insectes dans le bois, celle du gui et les nombreux nid d'oiseaux dans le creux des troncs leurs ont été fatales face aux bourrasques de vents qui ont avoisinées les 100km/h, un record ici.

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Les branches étant faciles d'accés de par leur chute, je me retrouve très vite, histoire de quelques minutes, avec un bien beau ballot de gui qu'il ne me reste plus qu'à ramener.

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Ces vieux pommiers sont de parfaits hôtes pour de nombreuses espèces animales. Pour les oiseaux, ils offrent le gîte mais aussi le couvert via les graines de gui et les nombreux insectes logés sous l'écorce.

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La couronne:

La cueillette est faite, il ne faut que deux éléments: du gui et du lierre, de préférence de longues lianes pour avoir une belle couronne bien solide.

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Comme toujours, la technique reste la même, on forme un cercle avec les lianes de lierre pour obtenir une armature épaisse. Ne reste plus qu'à planter dans les interstices et les entrelacements les branches de gui pour obtenir une couronne touffue. Avec le reste de branchages on peut décorer la maison: au dessus de la porte d'entrée pour les amoureux, dans le sapin ou comme ici, disposé en gros bouquet dans un pot de la même teinte pour égayer la terrasse.

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Voilà ce que l'on peut obtenir au final une fois la composition accrochée.

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Les flocons:

Du papier d'imprimante, des ciseaux, quelques pliages et voilà qu'apparaissent de jolis flocons blancs qui viennent remplacer la neige absente en ces jours de fêtes.

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Voilà voilà, l'année commence et on se met aux couleurs de celle-ci.

samedi 2 novembre 2013

Table automnale.

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La Toussaint est l'occasion pour les familles de se réunir. En effet, c'est la première fête devant Noël et Pâques dans ce qui concerne les réunions familiales. C'est aussi l'opportunité de présenter une jolie table aux couleurs de l'automne.

Une fois de plus Canablog me fait quelques misères pour ma mise en page et comme je n'ai pas le temps de faire de montages photoshop pour régler ce soucis, la présentation de l'article vous semblera peut être un peu archaïque.

Il y a de nombreuses ressources colorées dans la nature en ce moment pour dresser une jolie table: feuilles et fruits font de formidables décorations.

 Voici quelques exemples.

 

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Quelques jolis verres, une vaisselle blanche et harmonieuses, les couverts des grands jours, une nappe de lin... la table prend doucement des jours de fête. Il y a toujours autant de feuilles de vigne vierge rouge qui chutent des murs de la maison, elles feront un très beau chemin de table, agrémentées de feuilles de glycine, de pommes, de centres de tables aux couleurs de l'automne et de lierre.

C'est tout? 

Lanternes et bougies viennent prendre le relais, lançant ça et là des teintes dorées avec leur jolie flamme. Le grand chandelier au centre de la tablé donne un petit côté rétro et nous rappel ces grands réunions de familles du passé où l'électricité n'était pas encore là et où quand la nuit tombait, il était l'heure de se coucher.

 

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La couronne de feuilles est venue agrémenter la table et une belle bougie a été placée en son centre. Quelques grains de maïs, une bande de tissus pailletée, deux trois pots sont venus compléter ce tableau aux milles couleurs. Désormais on rentre dans la période froide de l'automne, et si le 21 décembre sera le début de l'hiver, il est fort à parier que comme l'an dernier (bien que je ne l'espère pas), la neige arrivera plus tôt. Il fait froid, il commence à geler, je crains bien que ça soit la fin pour nos amis champignons. Désormais il faudra attendre l'arrivée des morilles au printemps ou du moins, partir à la recherche des pleurotes et des oreilles de judas, seuls champignons dignes d'intérêts pendant les mois enneigés.

Ci-dessous les vignettes de cette jolie table, cliquez dessus pour pouvoir les voir en plus grand.

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lundi 22 juillet 2013

Carte postale au Chaudron magique.

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Dernier chapitre de "l'épopée" au Chaudron magique (que l'on peut retrouve ici). Après avoir profité du sous-bois avec les enfants de l'école a qui l'activité a été dédié, il est temps de partir en récolte.

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Au programme, fabrication de cartes postales naturelles et pour cella, quelques végétaux sont nécessaires.

1 et 2: La mauve ne rentre pas dans la compost ion de la peint rue naturelle qui nous est nécessaire, néanmoins ces fleurs comestibles sont utiles dans la décoration des cartes.

3 et 4: Les pétales de coquelicots donnent une teinture naturelle violette. Pour cela on les écrase dans un pilon avec un petit peu d'eau puis on filtre. Pour obtenir du jaune, on fait bouillir dans un peu d'eau pendant un petit moment quelques feuilles ne noyer coupées en morceaux.

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Voila le résultat final. Bref après avoir peint la carte, on étale un peu de sel sur celle-ci pour obtenir des motifs semblables à des flocons. On dépose un morceau de scotche double-face sur la carte sur le quel on crée une composition de son choix. Ici deux feuilles de géraniums petit-Robert, quelques pétales de celui-ci et deux trois étamines de fleurs de tilleuls font l'affaire. Pour finir on recouvre le tout de sable pour que les espaces vides ne se collent pas de partout.

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Voilà quelques aperçus des réalisations qui peuvent être envisagées. Il y a en fonction de la saison des centaines de possibilités.

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Et voila le résultat d'une après midi de travail.

 


dimanche 21 avril 2013

Petits travaux pratiques sur le coucou (primevère officinale).

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Pas de morilles en vue, ni dans le panier, ni dans les champs. Alors me voilà partie à la cueillette des coucous, appelés primevères officinales. De cette jolie plante, on peut faire beaucoup de choses: des boissons ou des jouets.

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Mais avant de faire quoi que ce soit, il faut remplir le panier ce qui est des plus simple et est même rapide. En ce moment les champs sont jaunes de fleurs et il suffit de se pencher pour cueillir les inflorescences.

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Voilà une cueillette rapide et efficace. Il ne reste plus qu'à trier, couper et nettoyer avant de se mettre à l'ouvrage.

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Et pourquoi ne pas profiter de cette petite promenade pour ramasser quelques lamiers tachetés? après tout ils sont aussi bénéfiques que la primevère officinale et apporte encore plus de couleur

 

Confectionner une balle en coucous:

.Histoire d'un jouet d'antan (idée dans mon ouvrage sur les plantes et jouets que je vous présenterai bientôt).

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Pour se faire il faut tendre entre deux chaises une cordelette d'une vingtaine de centimètres et la nouer à chaque extrémité solidement ou plus simple, demander à un enfant de tenir dans ces mains la corde bien tendue.

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Disposer avec délicatesse sur celle-ci les têtes fleuris de coucous dont on a prit soin de ne pas séparer les fleurs qui les composent, les unes des autres.

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Une fois qu'une ligne d'une dizaine de centimètres de fleurs bien tassées se dessine, nouer  fermement les deux bons et former un noeud serré pour emprisonner les fleurs. Voilà une boule de coucou à accrocher ou à utiliser comme balle.

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Avant que les jouets ne se démocratisent (années 60), les jouets étaient beaucoup plus simples et surtout éphémères. Les jolies poupées de porcelaines et les osldats de plombs restaient la plupart du temps dans les vitrines du fait de leur faible solidité.

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Les jouets étaient alors fait de plantes et de bric-à-broc. Parfois dans le village passait un colporteur qui vendait pour un sous ces fameuses balles jaunes et fleuries qui occupaient pour un après-midi les enfants.

 

Tisane de coucous:

Rien de mieux pour se réchauffer le coeur et l'esprit.

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C'est bien beau de jouet, mais le coucou, c'est aussi agréable en tisane et parfois, en limonade. Pour cela il faut sécher les fleurs.

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L'opération est longue et minutieuse, il faut sortir les fleurs délicatement de leurs sépales protecteurs pour les disposer dans une panière et les exposer dans un endroit sec et aéré. Il reste plus que quelques jours à attendre.

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C'est aussi d'y joindre les fleurs de lamier tacheté pour faire une petite infusion aux multiples bien faits et aux couleurs des plus sympathiques. Ça sent bon le printemps.

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Le soleil n'était pas là aujourd'hui, alors le voilà ramené dans la maison.

Couronne de printemps.

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Le printemps est arrivé, il est temps de bricoler. Les couronnes ne sont pas uniquement de l'apanage de l'hiver et de Noël, la belle saison elle aussi à droit à ses décoration. Va pour une couronne printanière.

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Pour se faire il suffit de faire un arceau avec du lierre ou/et des branches de saule pleureur autour du quel on entoure quelques verts feuillages comme ici.

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Pour agrémenter le mien, j'ai enrouler des lianes de lierre dans les quelles j'ai coincé des feuillages vert tendre. Parmi mon choix des feuilles d'ombrélifères, des pousses de faux fraisiers et quelques feuilles naissantes de tilleul pour avoir une gamme de verts complète.

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Le tout est de bien faire tenir tout les éléments. Le plus simple est de les coincer entre les interstices de la structure pour éviter la casse.

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Il ne reste plus qu'à ajouter la couleur par les fleurs. Violettes et primevères sont les reines du printemps et bien qu'elles fassent grises mines à cause de la pluie, elles finissent dans la composition.

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Jaune et bleu (violet pour les tatillons) pour une couronne aux couleurs de mon village: St Geoire en Valdaine. Comme quoi même inconsciemment, on revient toujours un peu à une forme de traditionalisme.

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Bref, même si le soleil est parti aussi vite qu'il était venu, on peut toujours trouver un moment ou une éclaircie pour bricoler de-ci, de-là.

lundi 8 avril 2013

Un petit peu de couleur.

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Hier nous avons eu un petit peu de soleil. Pour continuer d'enprofiter quoi de mieux que de le ramener dans la maison? 

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Après tout, s'il ne vient pas à nous, faisons le chemin inverse. Et avec un peu de chance, bientôt nous nous plaindrons de la chaleur de l'été et des pelouses roussies.

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En attendant, il ne reste plus qu'à invoquer le Soleil.

 

lundi 11 mars 2013

Table aux couleurs de la fin de l'hiver.

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L'hiver s'en va, voilà le temps des fleurs et des repas familiaux. Et bien que le printemps approche, les couleurs ne sont pas encore chatoyantes.

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Perce-neiges, buis, feuilles d'arômes vertes et rouges de lierre, fleurs de carottes séchées ainsi que quelques grandes herbes viennent composer un bouquet de saison sur la table.

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Le rouge gorge n'a pas encore migré et depuis la roue qui sommeil devant la terrasse, nous observe d'un oeil intrigué.

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Et pour le plaisir, une petite perce-neige pour chacun des couvives, signe de l'arrivée du soleil. Néanmoins, nous sommes encore en hiver, nappe grise, serviettes blanches et vaiselles aux couleurs de la montagne sont toujours de mise.

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Enfin, bientôt de beaux bouquet de fleurs aux couleurs surprenantes prendront place sur la table.

lundi 11 février 2013

Nos bons vieux cabinets de curiosités.

Il était temps, à mon goût, d'aboerder dans cette catégorie "Naturalisme et exposition", les cabinets de curiosité. C'est dans cette antre que le curieux, l'apprentit naturaliste ou le collectionneur va exposer ses trèsors et ses découvertes. Bien qu'ayant en partie étudié cette curiosité, je n'ai pas vraiment les mots pour bien le définir. Heureusement, le site http://pages.infinit.net/cabinet/index.html est là pour nous expliquer l'histoire et l'évolution de nos cabinets de curiosités. Ce texte provient donc de site web, à la date du 11 février 2013. (Sous chaque photo vous trouverez le lien de la source).

 

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(http://charlottemartyr.wordpress.com/2010/01/14/cabinet-de-curiosite/)

Les cabinets de curiosités désignent au XVIe et XVIIe siècles des lieux dans lesquels on collectionne et présente une multitude d'objet rares ou étranges représentant les trois règnes: le monde animal, végétal et minéral, en plus de réalisations humaines.

Avec le développement des explorations et la découverte de nouvelles terres au XVIe siècle, plusieurs princes, savants et amateurs de cette époque se mettent à collectionner les curiosités en provenance des nouveaux mondes. On définit en général le cabinet de curiosités comme un microcosme ou résumé du monde où prennent place des objets de la terre, des mers et des airs (minéral, végétal et animal), à côté des productions de l'homme.

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(http://bleudecobalt.typepad.com/bleudecobalt/2010/01/fugit-tempus-.html)

L'objectif des curieux n'est pas d'accumuler ou de répertorier la totalité des objets de la nature et des productions humaines comme le tenteront les encyclopédistes au XVIIIe siècle, mais plutôt de pénétrer les secrets intimes de la Nature par ce qu'elle propose de plus fantastique. En collectionnant les objets les plus bizarres qui l'entourent, le curieux a la sensation de pouvoir saisir, de surprendre le processus de Création du monde.

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(http://mementomori-lille.typepad.com/)

Le lieu, la pièce
Il importe de distinguer entre le cabinet comme lieu physique et le cabinet comme meuble. À l’époque il n’y a que des musées privés : les cabinets. En général, on peut les visiter assez facilement avec une lettre d’introduction, mis à part quelques exceptions comme le cabinet de Rodolphe II qui était tenu assez secret. On peut établir une distinction entre les grands cabinets princiers et des grandes familles comme ceux de Rodolphe II, de Mazarin, de Gaston d’Orléans et ceux des amateurs moins fortunés, les érudits par exemple: Peiresc, Ole Worm (médecin suédois).

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(http://mementomori-lille.typepad.com/)

 

Le meuble
Le cabinet est le meuble caractéristique du curieux. Souvent, le meuble lui-même se transforme en précieux objet de collection : on en retrouve en ébène, incrusté d’écailles ou de pierres dures, parfois peint par des artistes de renom.

Plusieurs auteurs établissent une distinction entre les cabinets du Nord et ceux du Sud. Selon Antoine Schnapper, cette opposition serait trop fortement exagérée. On identifie souvent les cabinets allemands et leurs collectionneurs par exemple à un goût plus poussé pour le bizarre et les éléments les plus spectaculaires. Cette croyance serait liée au fait que l'on associe les collectionneurs du Nord aux princes fastueux, relativement peu cultivés, et essentiellement sensibles à l'aspect esthétique ou insolite des objets. À l'opposé, les collectionneurs du Sud sont perçus comme des humanistes, possédant une culture plus scientifique et une connaissance de l'Antiquité.

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(http://www.humptydumptyhouse.fr/archives/2011/11/15/22685553.html)

Toutefois, lorsque l'on examine les cabinets italiens de Calceolari, Cospi, Settala ou Moscardo on découvre qu'ils sont tout aussi remplis de bizarreries que ceux du Nord. Un autre exemple atténuant les différences entre le Nord et le Sud est le cabinet du père Athanase Kircher. Originaire du Nord, Kircher s'installe à Rome au XVIIe siècle et rassemble au Collegio Romano un cabinet célèbre dans toute l'Europe. Au XVe siècle cette distinction entre le Nord et le Sud est pertinente mais s'estompe au XVIIe siècle.

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(http://mci.blogs.marieclaireidees.com/archive/2009/02/index.html)

Néanmoins, on remarque certaines disparités entre le Sud et le Nord relativement au contenu antique des collections. Les cabinets italiens et français sont mieux approvisionnés en antiquités romaines que le Nord pour des raisons de proximité. On y retrouve un grand nombre de médailles, pierres gravées, statuettes, vases et objets de culte. Dans le Sud de la France, de nombreuses trouvailles archéologiques alimentent les cabinets provenant en partie des relations commerciales avec l'Égypte.

Dans son livre « Collectionneurs, amateurs et curieux », Krzysztof Pomian définit la collection de la façon suivante:

«Une collection ne se définit pas par son contenu. Sa première caractéristique est de rassembler des objets naturels ou artificiels qui sont extraits du circuit d'activités utilitaires et économiques».

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(http://blog.julien-salaud.info/index.php/post/2012/05/25/Bazar-bizarre...-Ou-le-Cabinet-de-curiosit%C3%A9s-de-GuyLux(e),-aux-ateliers-C.M.H,-Bordeaux,-du-25-mai-au-2-juin-2012)

Pomian utilise le terme «sémiophore» pour désigner les objets formant une collection. Il s'agit d'un néologisme qu'il a créé pour tenter de déterminer ce qu'ont en commun à la fois des tableaux, des monnaies, des coquillages, bref tous les éléments constituant une collection. Il s'agit d'objets porteurs d'une signification et détournés de leur fonction utilitaire initiale. L'utilisation de ce nouveau terme est importante pour bien cerner ce que contiennent les cabinets de curiosités et ne pas réduire les objets de ces collections seulement qu'aux oeuvres d'art tel que l'ont fait les compilateurs d'inventaires après décès des XVIIIe et XIXe siècles.

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(https://dominiquedecoratrice.wordpress.com/2012/06/12/mon-petit-cabinet-de-curiosite/)

Ce n'est que récemment que l'on a pu estimer plus exactement le contenu et la valeur des collections. Les études plus anciennes sur les cabinets de curiosités portaient essentiellement sur les oeuvres d'art et rejetaient délibérément un grand nombre d'objets considérés au XIXe siècle comme dépourvus d'intérêt. Pourtant, la majorité des cabinets aux XVIe et XVIIe siècles sont constitués d'objets composites et rarement uniquement d'oeuvres d'art.

Par exemple, Eugène Müntz publia en 1888 les inventaires des Médicis au XVe siècle et écarta tous les objets qui n'avaient pas un rapport direct avec l'art. Müntz commente cet inventaire et critique l'évaluation monétaire du contenu de cette collection. 
Qu'une corne de licorne ait été payée 6000 florins alors qu'une Adoration des Mages de Fra Angelico seulement 100 florins ou un Van Eyck uniquement 30 florins constituent une aberration pour Müntz.

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(https://dominiquedecoratrice.wordpress.com/2012/06/12/mon-petit-cabinet-de-curiosite/)

La disparition des cabinets de curiosités aux XVIIIe et XIXesiècles et la relocalisation des objets considérés les plus intéressants dans des musées d'art et d'histoire naturelle ont également contribué à occulter toute une partie des collections des Wunderkammern. En ce sens, la définition de Pomian constitue une tentative de réhabilitation du contenu global des cabinets.

Les cabinets apparaissent à une époque où la science ne se préoccupe pas encore des séries et des lois naturelles mais de l'accidentel. Les curieux ont l'impression de pouvoir saisir l'infinie richesse du monde dans ses produits les plus bizarres. On s'intéresse aux points de passage entre un règne et un autre.

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(http://www.paperblog.fr/5951210/un-cabinet-de-curiosites-insense/)

L'ambiguïté entourant l'origine des fossiles et du corail par exemple éveille la curiosité. On s'interroge sur leur nature, s'ils sont d'origine végétale ou minérale. Ces objets semblent être dans une phase intermédiaire entre deux états et la confusion qui règne à leur sujet provoque l'intérêt. On espère surprendre les secrets de la création dans ces phénomènes transitoires. Toute chose répondant à ces critères sera donc avidement recherchée.

Certains de ces objets bénéficient d'un prestige supplémentaire lorsque les auteurs antiques les mentionnent: Aristote, Pline, Théophraste, Dioscoride, etc. Ils deviennent encore plus prisés si ces auteurs rapportent quelque stupéfiante vertu magique à leur propos: mentionnons par exemple, le rémora, petit poisson qui aurait la capacité d'arrêter un navire dans sa course en se collant à lui.

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(http://www.paperblog.fr/5951210/un-cabinet-de-curiosites-insense/)

On s'intéresse également aux objets qui viennent de loin dans le temps ou dans l'espace: objets antiques, papier de Chine, momies d'Égypte, chaussures indiennes, etc.

Les collections des XVIe et XVIIe siècles sont organisées selon deux grands axes: les naturalia ou choses de la nature et les artificialia ou objets créés par l'homme. À partir de la Renaissance, deux nouvelles catégories d'objets viennent compléter les collections d'amateurs et élargir le champ temporel et spatial des sémiophores: les antiquités et les objets exotiques ou exotica rapportés massivement par les voyageurs et les marins.

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(http://www.jolierue.fr/blog/tuto/diy-tuto-mon-cabinet-de-curiosites-fait-maison/)