dimanche 20 septembre 2020

Sortie en campagne 15 : soirées d'été.

Première soirée :

DSCN5110Nous sommes le 30 juin. Il fait chaud, trop chaud. Les températures ne cessent de m'inquiéter. Comme l'an dernier, des records de chaleur et de sécheresse sont battus. Le paysage est de plus en plus jaune et je m'interdis d'imaginer à quoi ils pourront ressembler dans le futur, même si j'ai bien une idée. Cela ne va pas sans me miner le morale. Pour remédier à ça, nous allons faire un petit tour hors de l'appartement. Le soir tombe. Les rues du village sont désertes et presque tous les comemrces sont fermés. Un bonheur. Nous aimons cette tranquillité qui nous a tant manqué ces dernières années. Celle-ci n'est rompue que de temps à autre par le pot d'échappement d'une mobilette, comme dans mon bled d'enfance. Les dernies martinets noirs (Apus apus) qui ont élu domicile sur l'église fendent le ciel. La plupart d'entre eux sont partis en Afrique. Au printemps ils reviendront nicher.

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Notre envie de sortir a été également motivée par une jolie rencontre dans la matinée. Une chauve-souris (Chiroptera), sans doute dérangée, est venue se poser sur le mur de l'église à la recherche d'une cavité dans laquelle trouver refuge pour la journée. Pour l'heure impossible de dire quelle espèce il s'agit, l'identificaton étant rarement possible sans que la tête, les oreilles voire les parties génitales ne soient examinées.

DSCN5113Dans quelques jours la Lune sera pleine. Pour l'heure elle ne se montre que timidement. Elle est ainsi dans sa phase gibbeuse croissante, c'est à dire que 66 à 96% de sa face est visible. Au premier regard on peut observer les mers luniares. Ce sont ces grandes pleines noires composées de basalte. En contre-bas, les cratères s'illustrent par leurs dimensions. Plus de 30 000 d'entre eux parsèment la surface. Bien qu'observables à l'oeil nu, ils sont peu profonds, 200 mètres maximum, et seul la lumière rasante permet de les voir.

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Un dernier regard par la fenêtre. Le sommet du Pilat se dresse au loin. Haut de 1431, il fait parti des contre-forts du Massif Central. De nature acides, la roche et le sol offrent une flore très différente de celle à la quelle nous avons l'habitude de voir. Le nom du massif veindrait d'une légende selon la quelle le corps pendu de Ponce Pilat y aurait été abandonné dans un puits, sur le versant Est, non loin de la ville de Vienne.

DSCN5147Sur le chemin, nous repérons les baies et les fruits qui murissent. C'est notement le cas des prunelles (Prunus spinosa) qui bien qu'appétissantes, ne pourront être consommées qu'à l'automne et de préférence blettes, quand elles ont perdu leur âpretées et donnent leur sucre. Certes on peut les manger tel quel, mais en confitures ou même en macérat (voire saumure) elles sont bien meilleures et libèrent tout leur goût de fruit sauvage.

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Les jeunes faisans de Colchide (Phasianus colchicus) ont bien grandis. Toujours sous l'oeil vigilant de leur mère, ils cherchent de quoi se nourrir dans les prairies fauchées. Aimant les graines, ils se nourrissent tout aussi bien d'insectes, de vers, de petits fruits et de limaces. Cette grande diversité dans leur régime alimentaire leur permet de devenir rapidement autonome. On nomme compagnie le groupe formé par la poule faisane et ses petits.

DSCN5139Le faisan n'est pas originaire d'Europe mais d'Asie. Il a été introduit en France par vagues successives entre le Moyen Âge, la Renaissance et notre époque contemporaine. Concidéré comme animal domestique, il est rare de le voir se reproduire en milieu naturel. Elevé et lâché pour le loisir de la chasse, on en compte plus de 31 sous-espèces. Ces introductions ne sont pas sans conséquence pour la biodiversité locale.

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Pour le moment, les petits faisans ne sont pas inquiétés par la sortie des fusils. D'ici peu les mâles prendront un beau plumage brun-roux, un collier blanc et une tête bleue-verte. Une plaque de peau rouge apparaîtra aussi à la base de son bec. Les femelles elles garderont leur plumage brun-gris plus discret qui leur permet quand elels nichent au sol dans la végétation de ne pas se faire repérer par leurs prédateurs.

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Les jeunes rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) se lancent dans leurs premiers vols. Ternes, ils prendront d'ici peu une jolie teinte rousse à la base de la queue. Pour l'heure bien nombre d'entre eux, comme d'autres osieaux, sont à la recherche d'eau. En témoigne les traces de pattes laissées dans la boue d'une flaque après un orage éphèmére mais violent. La taille et la forme des doigts permettent d'avoir une idée des espèces présentes.

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En lisière, un lièvre d'Europe (Lepus europaeus) est à l'affût. Oreilles dréssées, il nous a sans doute vu. Dès qu'il fait un peu moins chaud, voilà que ce gros léporidé (famille des lièvres et des lapins) sort pour chercher les herbes tendres. Plaine agricole oblige, il n'est pas rare de le voir grignotter les légumes des exploitants. Peu voire non tiré dans le secteur, il se laisse facilement observer sans a avoir la patience d'en faire l'affût.

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Deux petits rapaces fotn des allés retours des champs à la forêt et par moment, volent en stationnaire. Il s'agit du faucon crécerelle (Falco tinnunculus) et de son cousin le faucon hobereau (Falco subbuteo). Bien que mangeant la même chose, le premier aura une nette préfèrence pour les rongeurs et les petits osieaux du type passereaux (mésanges par exemple) tandis que le second se tournera de préfèrence vers les gros insectes comme les libellules et d'oiseaux plus ou moins rapides comme les hirondelles et les martinets.

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Enfin la nuit tombe. Nous partons tranquillement chez nous, accompagné du croassement d'une famille de corneilles noires (Corvus corone) qui a élu domicile dans les vergers. Silouhette élancée, corps et bec noirs, il n'y a pas de doutes. Elles n'ont pas encore rejoins les grands vols de corvidés qui se réunissent le soir en dortoirs. Cela ne serait tarder, les petites corneilles commencent à avoir une stature similaire à celle des adultes.

 

 

Deuxième soirée :

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Nous sommes le 3 juillet. Le ciel est incroyable, et on pourrait presque y voir une énergie divine tant la lumière fondant les nuages est belle. Il ne nous en faut pas plus pour sortir les basquets, les jumelles et l'apapreil photo. Nous partons voir la culture de kiwi sur laquelle Thomas travail. Bingo, une chevêche d'Athéna (Athene noctua) se pose au-dessus de notre tête. Le moment est court mais intense. Nous adorons cette petite chouette aux grands yeux dorées. Il en était de même dans l'antiquité par les grecs puis les romains. Ceux-ci voyaient en elle la messagère de la déesse Athéna (appelée Minerve à Rome), déesse de la sagesse, de la connaissance, de la sicence et de la guerre tactique. C'est ainsi qu'on peut la voir frappée sur des pièces de monnaies gallo-romaines qui portent son nom mais aussi, de la retrouver sur la pièce d'un euro grecque. Les récompenses des vainqueurs sportifs ou de guerres athéniens se voyent également remettre des amphores et des vases ornés de cette petite chouette.

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Voilà la Lune pleine, 96 à 100% de sa surface est visible. Cette observation est possible tous les 29 jours 1/2. Cette phase de pleine lune ne s'oberve qu'une partie de la nuit, celle-ci étant en mouvement. Si c'est un plaisir pour le néophyte de pouvoir faire cette simple observation, elle l'est beaucoup moins pour les astronomes qui ne peuvent pas avec son reflet, observer avec aisance les autres astres que sont les étoiles et les planètes.

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Dans le clair obscure, les rouge-queue noirs (Phoenicurus ochruros) poussent quelques cris. Présents dans les éboulis, les falaises et les bâtiments, ils s'aventurent à la recherche de nourriture dans les champs. Insectivores, ils mangent tous les arthropodes qui se trouvent à portée de bec. Päillons, mouches, larves, araignées, lombrics ou mouches, rien ne leur échappe. En fonction de la saison, il peut se nourrir de baies prélevées sur les buissons.

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Sous la lune, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) surveille sa famille. Tête noire, collier blanc et poitrine rosée, il s'agit d'un mâle. Cet oiseau des fourrés aime se mettre sur les piquets et les branches en hauteur pour scruter son territoire. Il s'assure ainsi qu'aucun concurents ne puissent en prendre possession. Insectivore lui aussi, il peut aussi bien chasser en journée qu'à la tombée de la nuit, toujours à proximité de la végétation.

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Avec l'avancée de l'été, les oiseaux sont beaucoup plus discrets. Certains comme le serin cini (Serinus serinus) peuvent encore chanter de temps à autre mais les notes qui s'échappent de leur bec sont beaucoup plus tenues.

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Les petits ayant pour beaucoup pris leur envol et les couples s'étant défaits, il n'est plus nécessaire pour les mâles de protéger leur territoire en poussant la voix. Revenons en au serin cini. Il est le plus petit représentant de sa famille, les fringilles, en Europe. Il se reconnaît à ses mouchetures brunes et à ses teintes jaunes, qui sont presques absentes chez la femelle. Avec son bec épais, il brise les délicates graines de graminées. Il peut dans une moindre mesure se tourner vers les graines des arbres pour s'alimenter.

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L'obscurité est là, et après une marche rafraîchissante nous partons nous couche. Quelques corneilles coassent à notre passage. Les feuillages fatigués des érables bruissent. Sur nos têtes, les chauves-souris chasses et nous distinguons le long du chemin des ombres s'enfuyant à notre arrivée. Il est bien dur de se mettre au lit, tant tout nous incite ici à rester à révasser sous les étoiles et sous cette énorme Lune brillante.

 

Troisième soirée :

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Nous voilà quelques jours plus tard, le 5 juillet. Le sol a plus que jamais soif et les cultures de céréales sont sur le point d'être récoltées. On pourrait se croîre dans une zone aride. Pourtant les fortes chaleurs d'août ne sont pas encore là, mais à cette instant nous l'ignorons, tout occupé à découvrir le nouveau terrain de jeu qu'est le vilage et ses alentours. J'ai peine à croire que la ville, l'autoroute et les industries sont si proches. Devant nous, se dressent des colines, des champs jaunies et quelques maisons au toit de tuiles rouges. Nanmoins il ne faudra pas plus d'un petit quart d'heure de marche à pied pour revenir à la réalité. Mais pour l'heure savourons l'instant présent. Pour cette troisième sortie, nous trichons un peu en partant à l'heure du repas. C'est une occasion rêvée pour pique-niquer en campagne, mais pris dans nos observations naturalistes, nous finirions par dîner chez nous au milieu de la nuit.

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Au-dessus des chants de blé, le Mont Blanc se dresse avec fierté. Nous ne pensions pas en avoir une si belle vue et pourtant. Culminant à 4 809 mètres d'altitudes, il écrasse de sa préstance tous les massifs alentours qui semblent bien petits. Plus sommet des Alpes et d'Europe de l'Ouest, il délimite la France et l'Italie, les deux pays se disputant depuis l'appartenance sur sommet depuis 1865. Un conflit qui n'est toujours pas réglé.

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Dans l'armoise commune (Artemisia vulgaris), plante précieuse pour les douleurs menstruelles et pour la digestion, une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'anime gaiement. Perçue comme une espèce commune voire insignifiante, le moineau domestique a vu en 30 ans ces populations s'éffondrer, faisnat de l'oiseau un animal de moins en moins commun. Un exemple de l'importance qu'il faut accorder à ce que l'on nomme la nature ordinaire et qui est tout aussi riche que ce que l'on peut trouver dans les forêts vierges.

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Voilà les champs de céréales. Sous les épis une multitues d'oiseaux se cachent comme les cailles des blés (Coturnix coturnix). Sur les têtes dorées, les coccinelles (Coccinellidae) chassent les pucerons (Aphidoidea). C'est tout un écosystème qui se met en place. Je pourrais passer des heures, adossée dans la talus d'en face, à contempler les animaux qui s'y abritent ou pendant la marche, à passer mes doigts le long des tiges.

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En moins d'une heure, le ciel présente quatre visages, quatre visages qui peu  peu annonce l'orage. Nous pressons le pas, non pas sans prendre 2 minutes pour nous asseoir pour contempler les nuages. Situés au sommet d'une coline aux pieds de laquelle serpente le Rhône, nous prenons l'habitude d'être accaompagnés par le vent et les averses. Souvent brèves, elles ont le mérite de nous faire oublier pendant un temps la canicule.

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Ce soir là, pour la première fois de l'année, je vois des pieds de daturas stramoines (Datura stramonium) fleuris. La fleur n'est pas rare, mais elle n'en est pas moins fascinante. Plante de sorcière et du vaudou, maudite pour sa toxicité et admirée pour ses usages chamaniques, je l'aime surtout dans sa dimension ethnobotanique, sa relation à l'Homme à travers l'Histoire étant incroyablement riche et complexe. De quoi passer des heures à lire sur son origine encore discutée, ses multiples noms ou sur la place qu'on lui laisse aujourd'hui dans la légistation.

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D'autres espèces communes attirent notre attention. Quand on parle de pigeons ramiers (Columba palumbus) ou de corneilles noires (Corvus corone), bien souvent les yeux se tournent et les bouches font la moue, signe que ces animaux ne sont pas vraiment dignes d'intrêrets. Et pourtant, il y a là aussi tellement à dire. Quand je suis en sortie nature comme éducatrice à l'environnement, je peux parler pendant des heures de ces deux espèces aux comportements si surprenants. Le pigeon qui donne du lait de gorge pour nourrir ses pettis, les corneilles qui peuvent élever leurs rejetons pendant plusieurs années ou pleurer un mort ... il y a tant de choses à apprendre.

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Sur le chemin du retour nous avons une jolie surprise. Une jeune pie grièche écorcheur (Lanius collurio) comme l'atteste ses ailes brunes, son masque noir et sa gorge blanche. L'obscurité ne le laisse pas voir mais le bout du bec est crochu et croisé. Il lui permet d'attraper les insectes et petits animaux comme les jeunes lézards dont il se nourrie. En cas d'abondance, peut arrocher ses rpoies sur les épines des buissons et sur les barbelés des prés pour pouvoir venir les manger un peu plus tard. Hélas, c'est une espèce en forte régression.

Pour l'heure, aucune sortie n'est prévue à nouveau. Je susi en arrêt et je profite de mon chez moi pour dessiner, écrire mes articles blogs et m'adonner à bien d'autres choses. Je susi patiente et je pense que bientot, j'irai courrir dans les champs. Pour l'heure mon évasion se faire à travers mes carnets illustrés que vous pouvez retrouver sur mon Instagram ICI, un retour aux sources, le blog étant apparu à l'origine créé pour partager mes dessins.

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jeudi 26 mars 2020

Sortie dans les marais 20 : l'Île du Beurre.

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Nous voilà partis à flâner le long des rives du Rhône. Nos pas nous conduisent jusqu'à l'Île du Beurre. Beurre, c'est un des noms locaux que l'on donne au castor. Celui-ci semble s'y plaire car deux familles ont élu domicile en ces lieux avec une population s'élevant pour le moment, si j'ai bien lu, à 11 individus. Ce jour là, nous ne les verrons pas. L'Île du Beurre est depuis 1987 inaccessible à l'Homme, hormis à quelques rares élus, principalement des chargés d'études qui ont pour mission d'observer, de répertorier et de protéger la faune et la flore de ce site remarquable. L'île est séparée de la terre par une lône partant du Rhône et s'y jetant de nouveau. Cette dernière est actuellement menacée par le défrichage accrue des coteaux où les vignobles grignotent peu à peu, malgré les interdictions de défricher les rares vallons boisés qu'ils restent. Résultat, plus aucun arbre n'empêche le phénomène d'errosion et les sédiments viennent peu à peu combler la lône et mettre en danger toute la biodiversité qui s'y développe : plus de hutte de castor, plus de reproduction de poissons, plus de martin pêcheur en chasse ... bref, pour quelques billets on met à mal tout un écosystème.

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Une multitude d'oiseaux peuplent les arbres qui bordent le chemin qui permet d'accéder aux observatoires situés sur la rive et des quels il est possible d'observer l'île. Parmi ceux-ci de nombreuses mésanges dont la mésange charbonnière (Parus major) reconnaissable à sa calotte noire, au ventre jaune barré d'une large cravate sombre, et la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la tête bleue et à la cravate noire fine.

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Un verdier d'Europe (Chloris chloris) monte la garde depuis une branche. Trapu, on voit bien qu'il s'agit d'un oiseau granivore (qui mange des graines), en raison de son bec épais et court. Son plumage vert olive lui permet de passer inaperçu dans le feuillage naissant. L'abondance de gris à l'exception du poitrail qui est d'un vert peut marquer laisse penser qu'il s'agit d'une femelle adulte, les jeunes ayant le ventre moucheté de blanc et de gris.

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À proximité d'un des observatoires, une mangeoire a été installée. Nombreux sont les animaux à venir y chercher de quoi se nourrir. Parmi ceux-ci, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte très bien son nom. On ne peut le confondre avec son bec fort et un peu allongé pour aller chercher les graines de chardon dans leurs capitules, sa face rouge, son dos brun, ses ailes noires, jaunes et blanches. Un véritable arlequin.

 

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Les berges du Rhône en cet endroit sont bordées par la forêt alluviale, se composant le plus souvent de grands arbres. Depuis la digue, nous y observons les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) regagner les branchages pour former un grand groupe et passer la nuit là.

 

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C'est ce que l'on nome alors un dortoir. Sur celui-ci, nous avons pu compter à la tomber de la nuit 50 à 60 individus se regroupant le plus souvent en silence. Ce mangeur de poissons est souvent mal aimé des pêcheurs, et sans nier les dégâts qu'il provoque parfois dans les piscicultures, de nombreuses études montre qu'il consomme essentiellement des poissons qui n'intêressent pas l'homme, comme quoi la nature est bien faite. Néanmoins, de nombreux tirs administratifs ont été autorisés pour 2019-2020, mettant de nouveau l'espèce en sursit, elle qui a longtemps été en danger en France.

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Les noistiers communs (Corylus avellana) sont en pleine floraison. Les chatons mâles pendant négligemment, laissant leur pollen se faire porter par le vent. Peut être qu'un des grains de celui-ci parviendra à atteindre l'une des nombreuses fleurs rouges et discrètes parsemées sur le bois d'une autre noisetier. Il faudra alors attendre les beaux jours de l'été indien pour aller récolter les noisettes issues de cette union.

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Ce ne sont pas des noisettes que l'on trouve dans les mangeoires, mais des graines de tournesols. Cela ne semble pas du tout déplaire à l'écureuil roux (Sciurus vulgaris) et au ragondin (Myocastor coypus), profitant tout deux des graines tombées au sol par la délicatesse relative des oiseaux. Un couple de poules d'eau (Gallinula chloropus) puis de canards colverts (Anas platyrhynchos) emboîtent alors le pas aux deux joyeux mammifères.

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Les pinsons du nord (Fringilla montifringilla) sont encore là. Ils ne tarderons pas s'envoler en direction du grand nord pour passer la saison des amours, nichers, s'occuper de leurs petits et assister à leur envol avant de revenri chez nous, fuyons ainsi le froid et les neiges des hivers rudes. Nous n'aurons pas la chance de voir ce mâle avec sa calotte entièrement noire, celle-ci ne s'observant hélas qu'en période de reproduction.

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Nous longeons la voie cyclable. Notre passage s'accompagne des cris d'inquiètude des rougegorges familliers (Erithacus rubecula). Ceux-ci sont bien vite remplacés par de jolis chants tenus par les oiseaux désireux de commencer à rappeler aux autres où commencent et se terminent les limites de leur territoire. Gonflant leur poitrail orangé, ils sont attentifs au moindre mouvement de leurs adversaires, allant jusqu'à se battre dans certains cas.

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Nous approchons de l'Île de la Chèvre, cousine à l'Île du Beurre et séparée l'une de l'autre par une étroite lône (bras mort ou secondaire du Rhône). Au-dessus de nous, des allées de choux, de carottes, de cardons et des serres de culture, tournent deux buses variables (Buteo buteo). Agiles, elles utilisent les thermiques, des vents chauds se format sur certaines surfaces, pour s'élever dans les airs sans se fatiguer à utiliser leurs ailes.

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Les plantes ne sont pas en reste. Dans les arbres le lierre grimpant (Hedera helix) s'enroule autour des arbres sans leur porter atteinte. Ils sont une source de nourriture importante pour les oiseaux en cette période. Si on temps les yeux vers le sol, on tombe sans mal sur le datura stramoine (Datura stramonium), plante fabuleuse, venue du nouveau monde, toxique et prisé dans l'imaginaire collectif comme plante à sorcière.

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C'est le grand moment pour les hérons cendrés (Ardea cinerea). Les nids sont désormais agencés à de rares exceptions près, et la couvaison à débutée. Il faudra attendre pas moins de 26 jours pour que les premiers oisillons montrent le bout de leur bec tout affamés qu'ils seront. Leurs parents entammeront alors des allers-retours sans fin pour les nourrir de poissons, de grenouilles, d'insectes et de petits rongeurs.

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Les oiseaux sont paisibles et profitent des rayons du soleil pour quelques ajustements. Les voyageurs du nord de passage chez nous pour l'hiver regagnent d'autres contrées pour se reproduire. Les grands groupes de verdiers se divisent, les couples partant trouver de tranquilles bosquets où installer leur nid, là où les hérons se rassemblent en héronnières bruyantes où souvent plusieurs espèces se mêlent.

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mercredi 24 octobre 2018

Faune et flore du beaujolais.

 

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C'est me voilà à me coltiner mon premier rhume de l'année. C'est l'occasion de se replonger dans les photographies des derniers jours de l'été. La lumière a été magnifique en particulier pendant les quelques jours où j'ai séjourné dans le Beaujolais vert. Terre de vins, la région s'est relevée être bien plus riche en faune et flore que je ne pouvais le penser et cela, bien que les forêts avoisinantes n'aient rien à voir avec celles de ma belle Chartreuse. Je n'étais pas équipée pour le récolte à laquelle je me suis adonnée tôt le matin, étant dans le coin pour une toute autre raison, il a donc fallu passer par le système D pour ammasser mes premières provisions automnales de graines et de fruits sauvages.

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Le quartier est calme à cette heure, le soleil se lève tout juste. Les murs des habitations sont jaunes et dorés, en raison de la pierre utilisée et qui a valu la réputation du massif rhodanien des Mont d'Or.  Celui-ci se compose de roches jaunes, grises et ocres faites de calcaire fossilifère daté du jurassien moyen (174 à 163 millions d'années).

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Pas de grande faune à l'horizon, seulement quelques oiseaux des champs dissimulés dans les herbes. Les fleurs s'accrochent mais leur maigre corolle ploie déjà sous les rayons du soleil à peine sortis et déjà mordants. Les terres arables mises au repos sont un terrain de jeu parfait pour ceux qui veulent s'exercer aux plantes rudérales, c'est à dire qui poussent dans un milieu impacté par l'homme : bord de route, champs, trottoirs, chemin de fer etc.

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Parmi les rudérales, on peut compter sur les papavéracées dont les pavots. Le plus connu d'entre eux est sans aucun doute le coquelicot (Papaver roheas), appelé pavot rouge. Il fait l'object d'une grande campagne à l'heure actuelle : "Nous voulons des coquelicots" issu du manifeste de Fabrice Nicolino et de François Veillerette et pour cause, la fleur rouge est emblématique de la disparition de la biodiversité à cause de l'emploi à outrance des intrants et des pesticides.

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Se priver du coquelicot et de ses confrères, c'est se priver de nombreuses autres espèces mais aussi d'un patrimoine culturel riche. Saviez-vous que le nom scientifique du coquelicot "Papaver" viendrait semble-t-il du mot issu directement de la culture viking ? Les pétales des pavots dont le coquelicot, étaient écrasés pour donner une bouillie distribuée aux enfants pour les aider à dormir. Cette préparation dans le dialecte de ce peuple du nord était nommée "papa". En France le nom vernaculaire commun "coquelicot" vient de "cocorico" en raison de la ressemblance entre la fleur et la crête du coq, d'ailleur on l'appel encore de manière traditionnelle "pavot coq".

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Après quelques minutes d'affût, une joyeuse bande de faisans de Colchide (Phasianus colchicus) tendent là tête hors des graminées. Pas farouches pour un sous, c'est tout juste s'ils ne s'approchent pas de moi pour vérifier si je n'ai pas de quoi les nourrir. Insatisfaits, ils retournent picorer les graines restées au sol entre les sillons avant de prendre leur envol, apeurés par l'approche d'un gros chat de gouttière.

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Dans les vignes bien d'autres espèces évolues. Grives, lièvres, lapins de garenne, perdrix et perdreaux trouvent refuges au pied des serments de raisin et se régalent des herbes folles qui sur les parcelles les moints traités trouvent quelques rares espaces pour s'exprimer à loisir. Je ne m'étenderai pas plus sur les faisans lâchés pour les besoins de la chasse. Je ne suis pas pro, je ne suis pas anti, je me pose juste énormément de questions non seulement sur l'impact environnemental de cette pratique, mais aussi sur les aspects moraux tant liés au tir de ce type de gibier qu'aux conditions de son élevage.

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Comme je vous le disais un peu plus haut, c'est le moment de se lancer dans la récolte ! Noix, mûres  sauvages, prunes et raisins rejoignent la table à travers de fabuleux desserts faits de coulis, de salades sucrées, de vins, de sirops mais aussi de gâteaux et de tartes qui sont à la couleur de la saison. C'est le meilleur moment pour faire le plein en vitamines, préparer les bocaux pour ne manquer de rien en hiver et oublier pour de bon les régimes.

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Autre fruit de saison, les prunelles issues du prunelier (Prunus spinosa) qui est aussi appelé épine noire. Espèce pionnière, il est courant de la trouver dans les champs en friche, dans les haies et dans les brouissailles.

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Les fruits frais sont très âpres et de ce fait inconsommables crus. Ils sont récoltés traditionnellement blettes pour être consommés tel quel. Pour la cuisine, on peut se passer des premières gelées, en particulier si l'on souhaite confectionner des liqueurs, des confitures ou des confits sucrés-salés au vin rouge. Attention à l'abus de prunelles, celles-ci sont aussi connues comme étant légèrement laxatives, tout comme la décoction de l'écorce du tronc. Des jeunes rameaux on tire aussi le célèbre vin d'épine à boire en apéritif ou en dessert. L'intérêt de cette arbuste ne réside pas uniquement dans son utilisation. Il est l'hôte des chenilles d'une quinzaine d'espèces de papillon, sert de gîte, d'abris et d'arbre nourricier à un grand nombre d'oiseaux et de micrommamifères. Ecologiquement parlant il est d'un intérêt capital pour restaurer les milieux agricoles où l'action de l'homme a pu se montrer destructrice.

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Dans la même famille que le prunelier, celles des rosacées, on trouve l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna) appelée épine blanche. Les fruits sont des cenelles, de nature farineuse on les utilise en infusion pour les problèmes cardiaux, pour le stress ou encore pour l'hypertension.

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Portant des fleurs blanches, l'aubépine est associé à la virginité, à la Vierge Marie et au monde des fées. Il n'était pas rare de déposer des offrandes sur ses branches et à ses pieds pour s'attirer les bonnes grâces du petit peuple. On allait jusqu'à offrir des nattes et des tresses de cheveux. Ces dernières ont peu à peu été remplacées par des brioches en forme d'épis et tressées, gourmandises dont on retrouve encore là forme dans nos boulangeries. C'est aussi l'arbre de toutes les greffes qui peut servir de support à de nombreuses espèces comme le poirier, le néflier, le cognassier, le pommier, le prunier,  ou encore le cerisier.

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Le liseron des champs (Convolvulus arvensis) est une plante mal aimée et pourtant fascinante. Le pied de cette photo vit en bord de route, résistant à la chaleur provoquée par la réverbation, aux émanations des pots d'échappement et du goudron, aux pneux des voitures et des tracteurs. Autant de ténacité, ça se salue, d'autant plus que la belle est l'hôte de la chenille d'un magnifique papillon de nuit, le sphinx du liseron (Agrius convolvuli).

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Nous étions il y a peu avec les plantes de fées, nous voilà avec les plantes à sorcières ! Le datura stramoine (Datura stramonium) n'a pas toujours bonne presse. Considéré comme plante invasive, toxique et mortelle, il est souvent recommandé de l'arracher à grand renfort d'huiel de coude.

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Pourtant il est un indicateur précieux pour connaître l'état du sol. Celui-ci se plaît dans les milieux perturbés, inondés, en friche voire pollués mais se contente tout aussi bien de sols sains, c'est donc une de ces pionnières capables d'établir les premiers couverts verts essentiels à la biodiversité. Cependant la belle n'est pas de chez nous, et même si son origine fait encore débat, elle serait native du Mexique et aurait prit l'essort qu'on lui connaît aux alentours du 17e avec les échanges Europe-Amérique. Il n'en fallait pas plus à certains pour la considérer comme invasive, sans tenir compte du fait qu'elle est la conséquence et non la cause des perturbations rencontrées. Nommée "plante parasite" dans les revue spécialisées, la peur des autorités sanitaires réside dans le fait que les graines de sarrasin et de datura sont de même diamètre empêchant la séparation mécanique, le seuil de risque étant statué à une échelle d'une graine de datura pour 10 000 de sarrasin. Cependant l'obligation de maîtriser l'adventisse a été appliquée à la quasi-totalité des autres cultures, avec comme solution principale l'arrache manuel et l'emploie de pesticides dans les tous premiers stades de la plante. Du toxique pour limiter du toxique, brillante idée des pouvoirs publiques. Cependant il ne faut pas amoindrir les risques pour le bétail consommant du maïs d'ensillage et le manque à gagner pour les exploitants.

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Pour rester dans les mal-aimés, voici un superbe reptile fort utile aux cultures et aux jardiniers. La couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) est le serpent indigène le plus long de France avec une taille record pour les femelles de 2 mètres. Inoffensive pour l'homme, elle ne se ferra menaçante que si elle agressée et acculée contre un mur. 

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Pas de panique, la belle ici n'a été importunée que quelques instant le temps d'une ou deux photos. C'est une remarquable chasseresse qui se plaît aussi bien dans les milieux aquatiques qu'arrides et il n'est pas rare de la croiser dans les ronciers. Gourmande, elle se nourrit de lézards, de rongeurs, d'autres serpents et de grenouilles. Comme tous les reptiles français, elle est protégée ce qui n'empêchent pas aux individus de cette espèce de finir sous les coups d'une pelle ou d'un balai. C'est peut être le cas de celle-ci dont la mâchoire est légèrement déformée.

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Partout le constat est le même, ce n'est plus le temps de la récolte des herbes vertes et fraîches mais de leurs graines. Parfois utilisées pour les soins ou la cuisine, elles seront avant tout récoltées pour la mise en semis du futur jardin à travers une grainothèque mais aussi comme matériel pour ma malle pédagogique.

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Quand on voit une chenille poilue, qui plus est noir et marron, on a tendance à crier au danger et à piétiner la malheureuse en argumentant qu'il s'agit d'une chenille processionnaire. Il n'en est rien ici, cette gracieuse et velue créature est la chenille du bombyx de la ronce (Macrothylacia rubi).

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Pas de panique, la manipuler ne provoque pas de réaction urticante, tout au plus un très léger gratouilli chez les plus sensibles. Pour la trouver il faut chercher dans les feuilles des ronciers mais aussi sur celles de la luzerne, du trèfle, des rosiers, des fraisiers ou encore des bruyères car la dame n'est pas difficile et s'acclimate d'un peu près tout ce que la nature lui offre à portée de mandibule. Bel exemple à suivre. Quand elle est repue et après avoir passée l'hiver à l'abris, elle tisse un cocon au niveau du collet des plantes qui furent ses hôtes. En émerge alors en juin un papillon de nuit robuste aux teintes beiges, grises et rosées, le fameux bombyx de la ronce. Dans certaines régions la chenille porte aussi le nom d'anneau du Diable du fait de sa capacité à se mettre en boule quand elle se sent menacée. Un truc poilu, mou, informe et sombre, forcement ça ne pouvait qu'incarner une figure bestiale dans l'imaginaire collectif et maudite ...

Voilà, en pas moins de deux heures, c'est tout un bestiaire qui s'est ouvert à moi. Des arbres protecteurs, des fleurs colorés, des oiseaux peu timides mais surtout, des animaux et des plantes encore mal-aimés aujourd'hui mais au combien importants pour le bon fonctionnement de nos écosystèmes. Leurs noms ne vont pas sans nous évoquer ce mal-amour qui aujourd'hui ne peut plus se justifier. Mauvaises herbes, plantes de sorcière et animaux du Diable, il serait peut être tant de porter sur eux le regard bienveillant qu'ils méritent.

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jeudi 17 mai 2018

Sortie en campagne 9.

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Marche paisible le long de l'Azergue dans l'Ain un soir de mai. Le temps est doux, les Saintes Glaces n'ayant pas encore frappées. Nous avons alors tout le loisir d'écouter le chant des oiseaux mais surtout, de nous exercer à l'enthomologie. Dans la pénombres, certains insectes commencent à se faire discrets. C'est le moment pour eux de sortir, dissimulés par l'obscurité de leurs prédateurs.

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La piqûre de certains provoquent sur les végétaux d'étranges formation. Cette ronce (Rubus sp.) en a fait les frais, à moins que la dégénération observer ne soit le fruit d'une mutation génétique, une grande partie du plan présentant des amas de feuilles effilées avec des rameaux naissants nains et souples. Un virus, un champignon, une bactérie, une erreur dans la formation des tissus à la naissance du plantule ou une piqûre d'insecte sont tout autant de pistes possible pour expliquer cette magnifique galle.

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Sur une feuille de chêne, une tenthrède verte (Rhogogaster viridis) est une mouche chasseresse qui se nourrie de petits arthropodes et d'asticots. Bon axillaire au jardin, ses larves phytophages imitent les chenilles. Elles sont peu aimées du jardinier car elles peuvent causer de très gros dégâts sur les arbustes du verger.

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La saison des amours bat son plein. Ce couple de Cantharis pellucida semble bien occupé. Ils illustrent l'importance d'employer les noms scientifiques pour parler d'une espèce, ces insectes n'ayant pas de noms communs.

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En Angleterre, ils sont surnommés soldier beetles en raison de leurs couleurs semblables à celles des uniformes des soldats britanniques du 18e et du 19e siècle. Leurs larves possèdent un corps mou et allongé brun qui se font à la couleur de l'humus. Elles chassent sur le sol et plus rarement dans la végétation les petits insectes. Les adultes ont un régime alimentaire plus variés et bien qui leurs arrivent d'être carnassiers, préfèrent se nourrirent de pollen et de nectar.

Ils appartiennent a la grande famille des cantharides dans les quels on trouve de nombreuses espèces. Divisés en deux sous-familles, la plupart d'entre eux sont toxiques et le signales par leurs couleurs voyantes. On dit alors d'eux qu'ils sont aposématiques à la manière des coccinelles, des guêpes et de certains serpents.

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Ce ne sont pas les seuls à être à la fête. Ces cantharides communes (Cantharis fusca) se différencient de leurs cousins Catharids pellucida par leur couleur noire. Carnivores, ils chassent à la lisière des bois, des haies et des fossés. La raréfection de leur habitat a conduit à une fulgurante dimunition de leur population. 

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L'hyponomeute du fusain (Yponomeuta cagnagella) est un papillon blanc tacheté de de noir qui a une progéniture très prolixe. Ses chenilles se nourrissent de fusains d'Europe (Euonymus europaeus) sur lesquels elles tissent de grands cocons et dévorent les feuilles. Bien qu'impressionnants, les dégâts ne sont que peu impactants pour les arbres et ne détruisent que les jeunes plans, limitant ainsi le renfermement du milieu.

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Le bombix du chêne (Lasiocampa quercus) prend parfois le nom de minime à bandes jaunes. Sa chenille, contrairement à son nom, se nourrie d'une grande variété d'essences dont la bruyère  arbustive, l'aulne commun et le noisetier commun (Corylus avellana) comme ici. Pondus en vol, les oeufs sont posés sur les feuilles au hasard. Gourmandes, les larves qui en sortent mangent pratiquement aussi vite qu'elles ne digèrent, ce qui donne parfois des sueurs froides au horticulteurs qui les croisent. Sur cette photographie, il s'agit d'un individu qui semble avoir atteint sa dernière mue. La prochaine étape pour cette chenille est la mue puis l'imersion en adulte que l'on nomme alors imago. Présent partout en France, il n'a pas été recensé en Corse depuis 1980, signe que celui-ci à peut être disparu de ce territoire, signe qu'il en a peut être disparu.

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Le datura stramoine (Datura stramonium) ne va pas tarder à pointer son nez. Plante des sorcières, il pullule l'été sur les forums d'identification végétale. Toxique, elle cause chaque année des empoisonnements. Ce n'est pas pour autant une plante à méprise. Son origine incertaine (il serait mexicain) contribue au mystère qui l'entoure. Que cela soit en Inde, au Mexique, dans les montagnes des Alpes ou dans sur les plateaux du Maghreb, il est depuis des centaines d'années utilisés dans des rites magiques et chamaniques. Cependant, le néophyte ne serait s'y laisser tenter, quelques grammes de datura ingérés pouvant causer une mort lente et douloureuse. Elle entre également dans les rites vaudouistes de zombification qui font frémir l'imaginaire occidental.

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La grande berce (Heracleum sphondylium) est la plante symbolique d'Hercule, le célèbre héros mythologique. Elle se rencontre sur les sols à tendance humide et riches en matière organique. Elle attire de nombreux insectes qui y trouvent refuge pour se nourrir et pour chasser.

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Adorée à l'antiquité, elle est appelée parfois patte d'ours ou patte de loup en raison de la forme de ses feuilles à la foliole très découpée. On l'associait au moyenne âge à la magie blanche, peut être en raison de la couleur de ses grandes ombelles. Comestible, on peut presque tout manger chez elles, que cela soit les tiges, les feuilles ou les graines à l'odeur de mandarine. Bien que n'étant pas aussi photo-sensibilisante que la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), elle peut elle aussi provoquer des dermites plus ou moins importantes, d'où l'importance de la manipuler avec précaution pour ne pas se blesser.

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Le printemps se vêt tout de blanc. Le lamier blanc (Lamium album) est le seul lamier dont on fait usage en phytothérapie. Expectorant et aidant au renforcement du système sanguin, on l'utilisait en médecine populaire (selon la théorie de signatures), pour aider à la lactation du fait de sa blancheur qui évoque la couleur du lait.

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En voilà un qui a fait de la gonflette. L' Oederma nobilis est insecte n'ayant que pour nom leur nom scientifique. Les mâles présentes des fémurs supérieurs extrêmement musclés pour séduire les femelles, ce que l'on retrouve parfois chez l'espèce humaine. Il se nourrit du nectar et du pollen des fleurs printanières.

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La stelalire hostellée (Stellaria holostea) couvre les sous-bois et les abords des lisières. Son nom signifie "constitué par des ossements" en raison de ses tiges semblables à des os de fémur de part les noeuds marqués à leurs extrémités. Cassante d'où son surnom de craquer, on l'utilisait par effet de miroir comme remède aux fractures.

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Sa reproduction la rend très compétitive. Elle possède des fleurs qui donnent des graines, qui légères, sont dispersées par le vent mais aussi, des rhizomes traçants qui la multiplie par reproduction végétatives comme chez les fraisiers. On peut consommer les jeunes pousses et les jeunes feuilles en salade mais il faut prendre garde à ne pas en abuser, au risque de subir ses effets laxatifs pouvant parfois dégénérer. Riche en saponines et flavonoïdes, elle peut être consommée pour aider à la digestion mais aussi appliquée sur la peau pour soigner certaines lésions cutanées.

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L'armoise commune (Artemisia vulgaris) est la plante des femmes et d'Artémis, la déesse protectrice des souffrantes. Légèrement toxique, elle est employée bien souvent pour calmer le flux menstruel et les douleurs que celui-ci engendre. Présente sur presque tous les continents, elle est utilisée dans les cultures chamaniques comme plante rituelle. Un usage trop important ou trop régulier peut conduire à des vomissements.

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Une chasseresse se tient à l'affût sur sa toile. Les araignées sont connues pour les toiles mais certaines préfères vivre au sol et courir après leurs proies en sortant de leur tanière creusée dans le sol et recouverte de soie. La Bagheera kiplingi a même fait le choix de devenir végétarienne pour ne pas subir de concurrence.

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Les guêpes sont en pleine effervescences, la construction des nids semble bien entamée. Il pourrait s'agir ici de guêpes communes (Vespula vulgaris) qui utilisent leurs mandibules pour racler le bois mord. Mâché puis régurgité en boulettes, le bois devient papier et permet de construire les alvéoles qui accueillent les oeufs.

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Au d"tour d'un chemin, une fleur de lilas tombée au sol. Nous longeons les terrains d'une grande et célèbre pépinière. C'est l'occasion de ramener un petit bout de printemps avec soi.

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Le temps de la récolte commence à prendre fin pour certaines fleurs. L'ail des ours (Allium ursinum) est sur sa fin, les pistils gonflées des fleurs indiquent qu'il n'est plus le moment de la récolter, il faudra donc attendre l'an prochain, d'autant plus si aucun bocal de pesto cette délicieux plante n'a été réalisé. Pas de panique, il reste bien des choses à mettre dans le panier, l'aubépine par exemple n'a pas finie de fleurir, en particulier dans les étages plus montagnards de la région. Peut être fera-t-elle l'objet du prochaine article.

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