jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

1

"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

3

"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

29366350_292037244661199_8763871035092107264_n (1)

 

5

Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

2

S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

29366241_292037121327878_268696194874605568_n

Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

8

Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

6


jeudi 16 juin 2016

Sortie dans les Calanques 12-2.

DSC06178

 Voici le deuxième épisode de notre sortie dans les Calanques. Pour le coup, celui ci va être dédié aux quelques oiseaux communs mais au combien passionnants que l'on peut croiser, même en ville. Ici il s'agît du goéland leucophée (Larus michahellis) qui n'est plus rattaché au Goéland argenté (Larus argentatus) depuis peu.

 

Le moineau domestique (Passer domesticus).

On reconnaît le mâle à sa tête barrée de noir et de marron. Les moineaux sont des oiseaux bien plus intelligents qu'on ne le pense. Ils vivent en groupe où chacun à leur tour les oiseaux vont passer de sentinelles à éclaireurs comme le ferait une famille de marmotte ou de suricate.  Ce sont des omnivores opportunistes.

DSC06173 - Copie DSC06174 - Copie

 

Le lézard des murailles (Podarcis muralis).

Présent dans presque toute l'Europe, c'est un petit lézard qui se plaît dans les fissures des vieux murs, les souches d'arbres morts et les éboullis de pierres. À la saison des amours le ventre des mâles se colore d'orange. Il est très utile auprès des habitations car il se nourrit de nombreux insectes qui sont souvent perçus comme "nuisibles" à l'instar des araignées, des pucerons, des criquets, des moucherons ou encore des guêpes.

DSC06235

 

La perruche à collier (Psittacula krameri).

Surprenant de la voir sous nos l'atitudes. Pourtant elle y est de plus en plus commune. Importée dans les animaleries, elle s'est installée dans les Sud de la France et les grandes villes. On la rencontre même dans le parc de Lady Diana à Londres. Dans leur milieu naturel les perruches à collier causent des dégâts aux cultures.

DSC06192 DSC06196DSC06195

 

L'asphodèle fistuleux (Asphodelus fistulosus).

Pour les grecs anciens, il tapisse les Champs Élysées, c'est à dire la partie les Enfers où reposent les héros et les guerriers défunts mais aussi une partie du champ de l’Asphodèle où le dieu des morts Hadés et son épouse séjournent en compagnie d'âmes errantes. À savoir, chez les peuples antiques les Enfers n'ont pas du tout la même connotation que pour nous, ils sont un lieu souterrain où repose les âmes bonnes comme mauvaises. 

DSC06209 DSC06208

 

L'échasse blanche (Himantopus himantopus).

Ce petit échassier est un oiseau délicat qui se reconnaît à son plumage noir et blanc. On le rencontre dans presque tous les pays du globe. Peu farouche, il vit a proximité de l'eau dans les zones marécageuses, vaseuses et/ou peu profondes où il peut trouver sa nourriture, à savoir des mollusques, des insectes et des larves.

DSC06190 DSC06185

 

L'agave d'Amérique (Agave americana).

 Imposante n'est-ce pas ? Cette plante venue d'Amérique comme son nom l'indique s'est répandue comme une traînée de poudre dans le sud de la France et dans bien d'autres pays. Sa floraison lui est fatale, en effet la belle perd toute son énergie a développer cette grande hampe florale qui portera une multitude de fruits.

DSC06249 DSC06250DSC06251

 

Le sainfoin cultivé (Onobrychis viciifolia).

Autrefois cultivé comme plante fourragère, il a depuis été détrôné par la luzerne cultivée (Medicago sativa) et s'est rabattu sur les friches et les terrains abandonnés. Il était apprécié pour l'engraissement rapide procuré au bétail mais aussi pour ses capacité à augmenter la lactation chez les mammifères et les femmes allaitantes.

DSC06211 DSC06212

 

L'écureuil roux (Sciurus vulgaris).

Celui là a été trop rapide pour moi. On le trouve dans toute la zone tempérée de l'Eurasie. Arboricole, il se plaît énormément dans les parcs de villes et dans nos forêts. Pour l'observer il faut surtout la guetter tôt le matin ou en fin d'après midi, c'est généralement à ces deux moments de la journée qu'il est le plus actif, quand il cherche sa nourriture. Celle-ci se compose avant tout des graines et de noix mais aussi de champignons et d'oisillons.

DSC06243

 

Le mot de la fin.

Rapide tour de ces quelques animaux et plantes qui font le quotidien de bien des citadins et dont on oublie parfois la nature sauvage et/ou exotique. Ils sont une invitation au voyage mais aussi un rappel que la nature fait partie du quotidien de l'Homme même dans les zones bétonnées, ce qui ne va pas sans me plaire.

DSC06252 DSC06255

jeudi 31 mars 2016

Une nouvelle série d'émissions en vue.

 

Le pouvoir des plantes :

Ce n'est pas un mystère, je suis passionnée de naturalisme, de mycologie, de botanique et ethnologie. De ce fait j'ai lancé un nouveau format vidéo très court qui me prend bien moins de temps que ceux expérimentés jusqu'ici (pas plus de  5 heures pour tout réaliser). Les vidéos ont pour sujets les plantes mais pas n'importe les quelles, celles ayant un rapport bien particulier aux hommes : les croyances magico-religieuses. Bon visionnage !

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce premier épisode, nous partons à la découverte de l'ancolie, la plante des amoureux mais aussi des empoisonneuses et pour cause, elle est l'une des plantes les plus dangereuses d'Europe.

 

Pouvoir de plantes est une petite mission d'ethnobotanique, d'une à deux minutes, qui traite des plantes et en particulier de celles aux quelles les hommes ont prêté (et prêtent parfois encore) des vertus et des pouvoirs magiques. Pour ce deuxième épisode, nous partons à la découverte de la belladone, la plante des sorcières et des médecins de campagnes qui faisait le bonheur des belles italiennes.

 

botticelli_birth_venus_21

mardi 15 mars 2016

Plantes médicinales de Marseille.

DSC00852

 On ne le dirait pas à première vue mais Marseille est liée de par son passé aux plantes médicinales. Cela vient en partie de son statut de port qui depuis ses débuts reçoit les marchandises exotiques et précieuses du monde entier et de ce fait, les précieuses plantes pour soigner. Aujourd'hui les plantes médicinales sont de nouveau sur le devant de la scène. Entre science, nécessité et effet de mode, il est devenu courant de se les procurer.

 

L'herboristerie du Père Blaize.

Crée en 1815, cette herboristerie a été fondée par un certain Père Blaize (à ne pas confondre avec le père Blaize de Kaamelott) dont on ne sait que peut de chose (il aurait été guérisseur quelque part dans les montagnes de Haute Provence). Dans les innombrables tiroirs, on trouve une grande diversité de plantes médicinales entières, en poudre ou en morceaux destinées à soigner les malades ou à les accompagner vers la guérison.

DSC00752 DSC00754

DSC00751

Après avoir connue 6 générations continues, l'herboristerie du Père Blaize a été revendu. 

DSC00755 DSC00747

 

L'empreur, une institution.

 Il s'agît de la plus ancienne quincaillerie de France (fondée en 1827). C'est une entreprise familiale. Si aujourd'hui elle attire les foules pour les produits rétros et "authentiques" que l'on y trouve, on s'y rendait autrefois pour sa droguerie et les différents produits naturels qu'elle proposait. Fioles, pots et boacaux, éponges naturelles mais aussi bonbons pour les maux d'estomacs et sirops contre la fièvre et les rages des dents y étaient proposés. 

DSC00744 DSC00750

Le kit parfois pour aller pique-niquer et ramener le fruit de sa récolte dans la garrigue marseillaise.

DSC00748

 

Le Fort Saint Jean et le jardin des migrations.

Au Fort Saint Jean, on peut trouver un très beau jardin retraçant les plantes qui ont accompagnées les hommes tout au long de leur périple autour de la méditerranée. La plupart de ces plantes sont comestibles et/ou médicinales. C'est un bonne endroit pour s'entrainer à les reconnaître et pour apprendre leur histoire.

DSC00861 DSC00849

Le jardin des migrations donnent vue sur la mer. Une délicieuse odeur s'en dégage tout au long de l'année.

DSC00858

 

Le MuCEM et l'histoire des plantes.

Pour comprendre un peu mieux les plantes médicinales, le MuCEM attenant au fort est un très bon musée qui retrace l'histoire des peuples de la Méditerranée. De nombreuses expositions, conférences, projections et ateliers sont proposées en ces lieux sur ce thème ou sur des sujets se rattachant à celui-ci. 

P1070126 P1070129

 

Notre Dame de la Garde et son jardin.

En contre bas de l'édfice se trouve un jardin qui serpente le long de la paroi rocheuse. Bien qu'il ne soit pas exclusivement destiné aux plantes médicinales, on y rencontre beaucoup d'espèces locales ayant ce statut. On peut ainsi citer le romarin commun (Rosmarinus officinalis) ou le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus).

P1070045

 

Le mot de la fin.

P1070082La mode (pour ne pas dire le business) du "tout naturel" me pousse souvent à me méfier des remèdes dits naturels. Néanmoins l'étude de l'histoire des plantes médicinales (cette discipline se nomme l'ethnobotanique) me passionne. Celle-ci est riche, elle est à mon sens essentielle pour comprendre l'histoire de l'Europe, des peuples et de nos pratiques passées mais aussi moderne pour tout ce qui touche à notre santé et au "bien être", bien loin des charlatans et des potions miracles. 

mercredi 17 février 2016

Quelques minutes de Nature : Le parc de la Tête d'Or - Lyon.

Quelques minutes de Nature est une série de reportages amateurs de 2 à 5 min ayant pour thème la faune, la flore, les espaces naturels, le patrimoine campagnard et tout ce qui touche de près ou de loin à l’environnement. QMDN est issu du blog "La Renarde des Alpes". Pour ce premier épisode, c'est du côté de Lyon et en particulier du Parc de la Tête d'Or que cela se passe. Au programme : un peu d'histoire, quelques fleurs et beaucoup d'animaux de poils et de plumes.

mercredi 1 octobre 2014

Möng au jardin ethno-botanique de Corbel.

P9060023Corbel est une petite commune montagnarde de Savoie qui fait face au département de l'Isère dont elle est séparée par le Guier Vif. Située à 845 mètres d'alltitude, elle englobe ou est limitrophes avec trois des plus hauts sommets du massif de Chartreuse: la Roche Veyrand (1429 mètres), la Cochette (1618 mètres) et Thivelet (1231 mètres). C'est ce dernier qui surplombe le jardin ethnobotanique du jardin réalisé par la très british Gabrielle.

La Roche Veyrand surplombant l'église du village.

La Roche Veyrand est réputée pour sa via ferrata qui permet d'atteindre son sommet et d'avoir une vue superbe sur la vallée du Guier. La Cochette et le Thivelat font partis du parc naturel de Charteuse et abritent des nombreuses espèces végétales et animales protégées et appartiennent au chaînon du Mont Outheran. L'aigle royale (Aquila chrysaetos) et le tichodrome échelette (Tichodroma muraria) sont les oiseaux emblématiques de ces sommets.
La grande église date du XIIIe siècle. Restaurée une première fois au XVIIIe siècle, elle abrite les vitraux d'Arcabas depuis 1997. Cet artiste peintre et sculpteur isèrois est réputé à travers le monde pour ses oeuvres contemporaines. De son vrai nom Jean-Marie Pirot, il vit depuis 1986 à Saint Pierre de Charteuse et a entièrement décoré la chapelle du village ce qui attire de nombreux visiteurs.

P9060176

 Le parc naturel de Chartreuse se fait le gardien d'une grande diversité de milieux. Sur le site qui lui est dédié voilà ce que l'on peut lire: 

Forêts : elles confèrent au Parc sa principale richesse naturelle et présentent une importante diversité grâce à l'étagement altitudinal des reliefs. Les forêts de piémonts et de l'avant pays sont dominées par le chêne pubescent et plus localement par le charme ou le buis. La Haute Chartreuse est caractérisée par de belles hêtraies-sapinières entrecoupées d'érablaies de ravins. Au delà de 1500 m, le hêtre disparaît et les conifères dominent. C'est le domaine des pessières d'altitude où règne l'épicéa. Sur les hautes crêtes ventées, seules persistent des pinèdes clairsemées de Pin à crochet.

Prairies et pelouses : les milieux herbacés de Chartreuse ont été créés dès le Néolithique par défrichement des forêts originelles. Pelouses sèches, pâturages, prairies de fauche et alpages entretiennent une biodiversité menacée par la déprise agricole et le retour naturel de la forêt. Ces milieux abritent l'essentiel de la cinquantaine d'espèces d'orchidées recensées dans le Parc.

Torrents  et zones humides : les torrents de Chartreuse sont absents des parties les plus hautes où l'eau est souterraine. Ce dispositif alimente de grosses sources émergeant de la roche calcaires et donne des eaux fraîches, souvent claires présentant d'importantes variations de débit. Malgré un contexte défavorable aux zones humides, le territoire du parc possède une centaine de petites zones humides renferment la plupart des 86 plantes protégées connues actuellement. Les plus grandes (tourbière de l'Herrétang) issues du surcreusement glaciaire sont situées à l'extérieur du massif.

Milieux rocheux : l'importance des calcaires massifs structurés par des plis et des failles permet une grande diversité. De la verticalité des falaises à la quasi horizontalité de certains lapiés, les milieux rocheux abritent une flore particulière dont les joyaux sont la vulnéraire des Chartreux (un millepertuis), la potentille luisante et la primevère oreille d'ours. Des oiseaux remarquables, hibou grand duc, aigle royal, faucon pèlerin, tichodrome échelette, chocard, grand corbeau vivent dans ces milieux préservés.

P9060103Corbel abrite un jardinethnobotanique qui est également le jardin communale. Il a été réalisé par Gabrielle de Gabiella Garden. Il fait parti d'un ensemble de jardins appartenant à l'association "Jardins du Monde Montagne"
- Le jardin du Camping de l'Ourson, Entremont le Vieux, Les plantes comestibles sauvages - Le jardin communal de Corbel, Les plantes vivrières et aromatiques - Ferme "Petits jardiniers" St Pierre de Chartreuse, Les plantes médicinales - Le jardin de l'hôpital de St Laurent du Pont, Les plantes médicinales, aromatiques et à fleurs - Le jardin des Cairns, Grenoble, Les plantes aux multiples usages - Le jardin des Charmettes de la Maison Jean-Jacques Rousseau, Chambéry, Les plantes aux multiples usages - Le jardin des Relais de Chartreuse, Col de Marcieu, St Bernard du Touvet, Les plantes tinctoriales - Le jardin de la Chartreuse de Fontanil-Cornillon, Les plantes autour des maisons - Le jardin de la Tisanière, St Pierre de Genebroz, Les simples au potager.

P9060106

Les plantes de sauvages de montagne ont, jusqu'au milieu du XXe siècle, fait partis du quotidien des chartrousains et il est fort à parier que pendant les grandes famines qui ont animé le village de Corbel (jusqu'au milieux du XIXe siècle) que les corbelains les utilisaient régulièrement avec les deux plantes qui étaient cultivées localement: la pomme de terre et l'avoine. Dans les plantes culinaires on retrouve beaucoup d'aromatiques qui avaient (et gardent encore aujourd'hui) un emploi médicinale. On peut ainsi nommer le serpolet, la sarriette, la menthe, l'origan, l'ortie, le pissenlit le bon-henri et la célèbre vulnéraire qui est emblématique de la Chartreuse. 

Idée cuisine: Fleurs de Raiponce à l'huile de noisette
(La cuisine des plantes sauvages, Meret Bissegger, p 218)
Pour la vinaigrette mélanger 1/2 c. à s. de jus de citron, une pincée de sel marin aux herbes, 1/2 c. à s. de xérès, 1 c. à s. d'huile de noisette et 1 c. à s. d'huile de tournesol désodorisée. Faire cuire les boutons de raiponce (3 poignées) une minute à la vapeur, laisser refroidir et mélanger à la vinaigrette. Servir en entrée, avec du pain beurré parsemé de bourgeons de sapin hachés par exemple. 

P9060108

Les plantes vivrières et aromatiques

"Créé de toute piéce en 1996, à l'initiative de la municipalité de Corbel et du lycée horticole du Bocage, le jardin prend un nouvelessor en 2009.Un conceptrice du paysage et d'autres bénévoles habitant corbel, façonnent le jardin à travers quatres tableaux : lasourcen es senteurs, la casscade et le lac racontant l'histoire mystèrieuse de l'eau et son parcours dans les roches cartusiennes. Ancolies, sédums,saxifrages, géraniums roberts, thym serpolet matérialisent le parcours de cette eau qui alimentent les plantes vivières et aromatiquescomposant ce jardin".

Ces quatres tableaux sont aujourd'hui encore présents dans le jardin.

P9060072    P9060213    P9060159    P9060170

"Longtemps coupé du monde, le village voit sa première route construite ne 1948 (!!!), les corbelins pratiquent alors jusque-là l'agriculture de subsistance. Les plantes dites vivrières, sont celles que l'on cultive pour s'allimenter au quotidien. "Il y avait une batteuse qui venait d'ailleurs et qui s'arrêtait aux Egaux, elle ne pouvait pas aller plus loin parce que le chemin était trop étroit", décrit un habitant de Corbel. Orge, seigle,avoine et blé doraient les paysages de leur épis, mais surtout elles nourrissaient et pouvaient soigner, les Hommes et les animaux.

P9060187

P9060195

Cette année, le jardin fête pour la deuxième année s'ouvre a uregard des cureixu à l'occasion de "Fenêtre sur Jardin". 
A la croisée de la musique médiévale et orientale, découvrez les tonalités envoûtantes des instruments oubliés et du duo vocale Möng qui vous accompagnera lors de ce voyage.

Organisé Gabrielle par les membres de la municipalité mais aussi l'association Instinct'taf, j'ai eu le plaisir de pouvoir me joindre aux festivités. Mông (de son nom complet Möng Project) est un duo formé par deux musiciennes et chanteuses de talent qui s'eprime en Izalien, une langue inventée par leurs soins qui a pour but de traduire les émotions de manières à être comprises par tous.

"Ce duo formé par Lily Noroozi au Chant, Accordéon et Daf (Percussion du Moyen orient) et Isao Bredel Samson au chant et Nyckelharpa (Viele à archet suedoise), explore des univers musicaux entre musiques traditionnelles, populaires occidentales, médiévales, orientales, tribales, soul et même electroniques... La musique de MÖNG est unique envoutante, onirique et vivante... Elle ouvre une brêche vers des mondes où rêve et réalité s'alimentent l'un l'autre."

P9060151    P9060081    P9060094    P9060111

Le but de cette soirée? Mettre en valeur le jardin et les plantes qui le composent. Projecteurs, rubans argentés et dorés, jeux de luimières, tous a été fait pour que les arbres et les fleurs du jardin soient les stars de cette soirée. Opération réussi si on compte la centaine de spectateurs venus assister au concert face aux montagnes qui avec le déclin du jour, ce sont retrouvés plongées dans la nuit pour laisser place peu à peu aux chants et aux instruments. Pour les abonnés, vous pouvez retrouver sur le site du Dauphiné Libéré (ICI) la soirée en images.

P9060082    P9060255    P9060296    P9060078

Que dire de plus? Que ce fût l'un des derniers événements au quel je participa en tant qu'instinct'taffeuse avec grand regret. Mais l'aventure n'est pas finie et vous aurez bientôt de leurs nouvelles. Pour rappel : 

L´objectif de l´association Instinct´taf est de contribuer au développement d´échanges culturels et artistiques, nationaux et internationaux. Instinct´taf rassemble des passionnés et des professionnels du spectacle. En dehors de ses propres projets, l´association s´investit aussi sur des évènements festifs (inter)culturels ou des créations artistiques, sur la base de partenariats établis avec les porteurs de projets. 

Ces expériences nous ont permis de faire preuve de professionnalisme dans des domaines aussi variés que laconstruction de décors, la scénographie, l´assistance tchnique, l’organisation de spectacles… La contribution des membres de l´association a également su séduire ses partenaires en apportant une touche particulière avec une manière de travailler instinctive où l´ingéniosité et le système-D sont de mise pour trouver des solutions simples et économiques.Depuis 2007, une nouvelle orientation a également été prise dans la perspective d´allier la culture et la solidarité. Des projets sont ainsi en train de germer, tant en France qu´au Sénégal… 

Bien sûr, l´association s´appuie sur les connaissances/savoir-faire de ses indispensables membres et sympathisants pour mener à bien ses projets… 
…et ils sont encore nombreux dans les cartons ! 

Encore un grand bravo à Gabrielle !    P9060129   P9060169    P9060218

dimanche 30 mars 2014

La Nature dans les grandes traditions spirituelles 'Orient et d'Occident.

Voilà une question qui a plus que jamais sa place dans nos sociétés actuelles. Elle est certes longue mais a le mérite d'aborder tous les aspects de celle-ci.