jeudi 23 juin 2016

Sortie dans les Calanques 12-3.

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Dernier volet de notre "triptyque" dans le sud. Pour la peine me voilà partie dans la Calanque de Sugiton. Situées à quelques pas de l'université de Luminy, il faut marcher une petite demie heure à une heure pour atteindre les bords de mer qui sont plutôt abruptes et les fonds marins mais la récompense en vaut le coup.

 

Le chèvrefeuille des Baléares (Lonicera implexa).

C'est un petit chèvrefeuille à liane qui ne dépasse pas un à deux mètres. Ses fleurs roses et blanches sont très odorantes et attirent souvent des papillons de bonne taille dont les trompes sont assez longues pour atteindre les parties nectarifères. Les baies font le plaisir des oiseaux mais sont toxiques pour les humains.

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Le laser de France (Laserpitium gallicum).

 On le rencontre surtout dans le Sud et plus particulièrement dans le Sud-Est du pays. Il peut atteindre 80 centimètres de haut et dégage une odeur suave qui attire les insectes. C'est une plante qui affectionne les zones pierreuses, calcaires et typiques des montagnes. Elle a besoin d'une belle exposition au soleil pour fleurir.

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L'euphorbe characias (Euphorbia characias).

C'est une plante méditerranéenne qui se plaît dans les zones arides. Il semblerait qu'en France nous ayons plutôt à faire à la sous-espèce, E. characias subsp. Wulfenii, qui est plus résistante que l'espèce type. C'est un championne de l'adaptation qui peut rester longtemps sans eau et qui produire plus d'un millier de graines.

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Le lin de Narbonne (Linum narbonense).

Ce joli lin sauvage aime les pelouses sèches et se rencontre facilement en bords de route. On le reconnaît en partie à ses grands pétales bleues et sa taille imposante (il peut mesurer jusqu'à 60 centimètres). Parfois confondu avec l'aphyllante de Montpellier (Aphyllanthes monspeliensis), ils n'ont en commun que leur milieu.

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La centranthe rouge (Centranthus ruber).

Appelée à tort valériane, elle en est une proche cousine qui posséderait des vertus similaires à celle-ci. Elle pousse dans les zones rocheuses et arides, en particulier dans les départements de climat méditerranéen. C'est une plante mellifère qui est importante pour de nombreux pollinisateurs notamment au début du printemps.

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La coris de Montpellier (Coris monspeliensis).

J'ai bien eu du mal à l'identifier. Cette primulacée qui ne paye pas de mine aime les zones ensoleillées et ne se trouve que dans le sud de la France, le long de la Méditerranée. Elle affectionne en particulier les collines sèches et les pentes où les pierres abondent. On peut le voir fleurir d'avril à juillet jusqu'à 800 mètres d'altitude. 

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L'hélianthème hérissé (Helianthemum hirtum).

On le reconnaît à ses feuilles et à ses rameaux gris et velus. Il se plaît dans la garrigue et sur les sols calcaires, secs et bien éclairés. On le trouve aussi parfois loin dans les terres. Il appartient à la famille des cistes mais est bien plus petit que ces dernières, il dépasse rarement les 40 cm et reste plutôt au ras du sol.

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L'asperge sauvage (Asparagus acutifolius).

À gauche, une asperge montée qui est trop rêche pour être mangée et à droite, une autre qui est encore bonne a être récoltée pour être cuisinée. On la récolte dès le mois de février et cela, jusqu'au début mai dans certaines régions. Bien que petite, elle est assez recherchée par les gourmands et les natifs du coin.

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La rue à feuilles étroites (Ruta angustifolia).

Cette rue comme toutes les rues a été pendant longtemps chassée des jardins et des villes et villages à cause de ses propriétés abortives. On en trouvait cependant dans les couvents et les jardins de curés. À une certaine époque les femmes qui vivaient à proximité de cette plante pouvaient même être jugées pour sorcellerie.

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Des plantes à toutes épreuves.

Les plantes qui poussent au bord de la mer doivent s'adaptées à de nombreuses conditions. Entre le soleil brûlant, les embruns, le sol pauvre en substrat et le sel, il n'est pas simple de survivre mais certaines plantes sont champignons dans ce domaine. Leur secret ? des racines puissantes et profondes qui traversent la roche.

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Les pieds dans l'eau.

Avec la sortie du soleil, il y a toujours quelqu'un pour nous faire enrager avec ses photos de pieds dans l'eau et de jambes à l'air, allongé tout du long à faire bronzette ... cette année j'ai décidé que ça serait moi ! Bon, il s'en est suivit en punition un gros rhume mais quel plaisir de pouvoir faire enfin trempette dans la mer.

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Le demi-deuil (Melanargia galathea).

Voici un accouplement entre deux demi-deuils. Dans cette situation les papillons sont en danger car vulnérables face aux prédateurs, de ce fait ils se cachent dans la végétation. La femelle dans quelques jours pondra sur les graminées (Poacées) ses oeufs d'où sortir trois semaines plus tard de petites chenilles brunes et affamées.

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Le mot de la fin.

Très belle ballade dans les Calanques. Il y fait bon de s'y dorer la pilule face au Torpilleur et de découvrir la faune et la flore sous-marine bien que l'eau reste encore un peu fraîche à mon goût. Il faut peu de temps pour arriver dans l'une des criques de calcaire blanc (comme la plagette) peuplées de pins maritimes et profiter du sable fin. 

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lundi 15 juin 2015

Première baignade dans les Calanques (4).

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Première baignade dans les Calanques fin avril. L'eau est un poil fraîche mais merveilleusement bonne. Néanmoins il faut être prudent, la présence de pêcheurs d'oursins laisse penser que nos pieds ne sont pas complètement à l'abris. Les galets blancs, le bois flotté et la végétation ont un petit quelque chose d'exotique.

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 Pour aller à la Calanque, il faut marcher, passer parfois à fleur de roche, longer la voie ferrée, passer entre les arbres qui ont chuté mais le résultat est là, un paysage superbe, peu de monde et un grand soleil. L'odeur de la résine des pins maritimes se mélange à celle de la mer, les premiers animaux sortent.

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 Le criquet printanier (Pyrgomorpha conica) n'est présent que dans le Sud de la France, des Pyrénées Orientales aux Alpes de Hautes Provence. On le nomme aussi Truxale rosée et Pyrgomorphe à tête conique. Il aime les garrigues sèches et les broussailles. On le reconnaît à son sillon frontal : le sillon fastigial.

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 La gesse clymène (Lathyrus clymenum L. subsp. clymenum) est une belle gesse que l'on trouve surtout sur le littoral méditerranéen. Ses fleurs bicolores et nervurées sont assez caractéristiques de l'espèce ainsi que ses feuilles étroites. De formes variées, sa sous-espèce fait débat dans les cercles des botanistes.

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La psoralée bitumineuse (Bituminaria bituminosa (L.) Stirton.) est aussi appelée herbe au bitume, trèfle puant, psoralée à odeur de goudron ou trèfle bitumeux en raison de l'odeur de bitume que ses feuilles froissées dégagent. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, c'est une plante comestible mais elle est protégée.

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 La fumeterre blanche (Fumaria capreolata) est une plante commune dont le jus est irritant pour les yeux. En médecine populaire on l'utilisait comme élixir de jeunesse (elle ferrait vivre 100 ans) mes certains de ses composants toxiquesm'en font douter. Elle est bactéricide, spasmodique et antihistaminique.

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 La famille des Brassicaceae (Brassicacées) est pour moi l'une des familles les plus difficile à identifier en raison des traits communs qui unissent certaines espèces (plus de 3200 espèces) au point de les confondre. Les moutardes en sont un bon exemple. Bon nombre sont cultivées par les hommes.

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 Le centranthe rouge (Centranthus ruber) est parfois appelé valériane rouge. S'il en porte le nom, il n'en est pas une malgré le fait qu'il fasse parti de la même famille. Originaire de Méditerranée, il s'est naturalisé partout en France, en particulier dans les vieux jardins abandonnés riches en éboulis qu'il affectionne.

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 Plouf dans la mer ! L'eau n'est pas forcéement chaude mais il nous en faut plus. Un gros soleil, une jolie 
plage, 20 et quelques degrés pointés ... c'est parfait. C'est un petit goût de vacance avant l'heure.

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 La coronille à tiges de jonc (Coronilla juncea) se trouve dans pas plus de 4 ou 5 départements en bords de mer. En Europe c'est dans les pays du Sud comme l'Espagne, l'Italie ou le Portugale qu'on le trouve le plus souvent. On la trouve en vente dans les jardineries. Dans les jardins et bords de route elle se multiplie.

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 L'Astérolide maritime (Pallenis maritima) est une plante au statu de plante quasi menacée (NT en classification des espèces protégées). La disparition de son habitat déjà rare en France et le fait qu'elle soit piétinée par les baigneurs (promis pas nous !) ou ramassée par les promeneurs entraînent son rapide déclin.

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 L'euphorbe characias (Euphorbia characiasou l'euphorbe des garrigues est une plante qui a donné dans le monde de l'hoticulture de nombreux cultivars. Comme toutes les euphorbes elle est toxique et son latex ne doit pas être portée à la bouche ou aux yeux. Elle est typique des garrigues du Sud de la France.

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Voilà l'allysson maritime (Lobularia maritima) qui ici semble un peu fatigué. Cette petite plante peut atteindre 30 cm et fleurit de mars à avril. Elle aime les terrains calcaires et bien qu'inféodée aux bords de mer et à leurs rochers, elle peut aussi se rencontrer dans les terrains vagues. Elle se naturalise un peu partout en France.

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 Orpins et autres sedums font partis des Crassulaceae. Ce sont généralement des plantes succulentes (plantes grasses), c'est à dire adaptées pour vivre dans des milieux arides et/ou difficiles. Leurs feuilles épaisses parfois couvertes de cire et leur derme épais leurs permettent de retenir l'eau qu'elles contiennent.

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 Hop après la trempette il est temps de rentrer. Un petit coup d'oeil sur la mer, les grands bâteaux de croisière
qui partent, Marseille sous la pollutionet le bar ducoin (parce que bon le soleil tape) et le train arrive.

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 Même ici on peut croiser le géranium Herbe à Robert (Geranium robertianum). C'est une plante qui a été utilisée en Europe dans la médecine et par les vétérinaires comme remède à de nombreux maux. On la prenait par exemple pour soigner la dysenterie, certaines hémorragies, la diarrhée ou encore les maux de dents. 

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 Voilà la plante des Schtroumfs ! La salsepareille d'Europe (Smilax aspera L.) est parfois appelée liseron épineux. On la rencontre sur pratiquement tout les continents du globe. C'est elle aussi un plante médicinale que l'on consommait/consomme pour soigner l'anorexie, la grippe ou la goutte ou comme aphrodisiaque au Mexique.

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 Le muflier à grande fleurs (Antirrhinum majus) est originaire de Méditerranée. Depuis le 16ème siècle il est cultivé dans les jardins de sorte que l'on trouve des variétés de toutes les couleurs parfois bien éloignées de celle d'origine (présentée ici). Seuls les gros bourdons et abeilles charpentières peuvent le polliniser.

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  Fallopia × Bohemica est le croisement de deux renouées asiatiques. Le plus souvent infertile, elle semble elle aussi être en net expansion sur le territoire français. Plusieurs forment peuvent apparaître en fonction des parents ce qui pose la question de la création de nouveaux taxons pour les différencier.

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 Le muflier des champs (Misopates orontium) estparfoisappelé tête de mort en raison de la forme de ses graines. C'est l'un des seuls représentants de la nouvelle et petite famille des Misopates, autrefois elle figurait parmi les scrophulacées. Peu difficile on la trouve un peu partout en Europe. Ses feuilles évoquent les linéaires.

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 Le figuier dometsique (Ficus carica L.), c'est l'arbre de la Méditerannée. C'est le seul représentant des ficus en Europe. Il est cultivé depuis des temps immémoriaux ce qui a donné de nombreuses variétés. C'est una rbre monodïoque, comme le houx. Le mâle ne donne pas de fruits, on le nomme alors "Caprifiguier".

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 "En botanique, la garrigue (du provençal garrigo) est une formation végétale caractéristique des régions méditerranéennes [...]. Selon l' EAM, la garrigue est au calcaire ce que le maquis est aux terrains sillicieux. L'EAT associe le terme de garrigue à l'étagement de végétation." Source tirée de wikipédia Botanique.

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"Peut-être le bonheur n'est-il que dans les gares ?"

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 L'euphorbe réveil matin (Euphorbia helioscopia) est l'une des plus belles et des plus communes des euphorbes de France. Elle fleurit de décembre à avril ce qui est rare chez les plantes en Europe. On la trouve partout dans le monde, de préférence sur les sols plus ou moins exposées à la lumière. Elle peut mesurer 40 cm.

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 Niolon est une Calanque accessible depuis la Côte Bleue. Il faut longer la roche et passer par le bunker de la seconde guerre mondiale, traverser par le chemin aux milieu des iris et des buissons de cornilles à tige de jonc puis passer sous le pont de voie ferrée pour enfin avoir le mérite de tremper les pieds dans l'eau.

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 Ces jolies fleurs attirent de nombreux insectes. Les cétoine grises ou cétoines funestes (Oxythyrea funesta) se roulent dans le pollen dont elles se nourrissent. Parfois considérées comme nuisibles car croqueuses aussi de bourgeons et d'étamines, elles permettraient de réguler la prolifération des iris dans le Sud.

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  Ho le beau papillon! Le tircis (Pararge aegeria aegaria) identifier grâce à mon super nouveau livre de Delachaux "Papillons de France" semble attiré par le nectar de la fleur. Il est commun est on le trouve partout en France. Ses petites chenilles se nourrissent de divers poacées et ne font pas de dégâts dans l'agriculture.

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  Sauf que mon beau ppillon n'est plus ! Une araignée crabe s'est jetée sur lui et en a fait son repas. C'est sûrement une cousine de la terrible thomise variable (Misumena vatia) dont les femelles de cette espèce ont la capacité de changer légèrement leur couleur en fonction de la fleurs sur la quelle elles se trouvent.

Bref une jolie sortie très dépaysante à seulement quelques kilomètres de la grande villede Marseille.

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