samedi 19 avril 2014

Le château de Longpra.

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St Geoire est une terre de châteaux. Au cour d'une longue promenade on peut en admirer en tout et pour tout 7 sans compter les différents édifices antérieur à cette époque prolixe qu'est a renaissance. Le plus connu de tous est celui de Longpra, longtemps affilié à la célèbre famille des Clermont-Tonerre (dont je parle dans cet article). 

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Voila du vert qui fait du bien ! L'allée du château est ornée d'une longue rangée de marronniers. Le lieu est fort humide (présence de nombreux ruisseaux) ce qui semble plaire à l'ail des ours qui y pousse en bon nombre. C'est une plante délicieuse dont les feuilles (que l'on cueille de préférence avant la floraison) se consomment dans les soupes, en pesto, frites et bien d'autre manières. Les boutons floraux sont excellents sautés à la poêle ou cru.

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Classé monument historique depuis 1997, Longpra est une ancienne maison forte datée du XIVe siècle (l'église du village quant à elle est datée du XIIe mais nous y reviendrons). Réaménagée en 1770, les douves de 338 mètres de long font fois de son existence plus ancienne. En réalité il s'agit d'une résidence d'agrément typiquement dauphinoise dont les douves et les hauts remparts évoquent un château.

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Dans les douves, la vie abonde: grenouilles vertes, crapauds communs, colverts, hérons, poissons divers et martin-pêcheurs... c'est un vrai spectacle! Bientôt les larges feuilles des nénuphars couvriront l'étendue d'eau.

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A ce titre, Longpra propose dans le cadre des "Nuits sauvages" un film amateur, "Les merveilels de l'ordinaire", d'une vingtaine de minutes accessible à tous les promeneurs qui le souhaitent sur les habitants du parc.

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On peut également retrouver le travail de l'excellent Gilles Lebley, naturaliste:

"22 tirages sur bâche extérieure (format 1,80 m x 1.20 m) - Images artistiques et inédites d’animaux en pleine nature

Chaque photo constitue une véritable rencontre naturaliste empreinte d’émotions et de vibrations des sens. « Nuits sauvages » est le reflet d’instants fugitifs offrant des images brèves et intenses, saisies dans un univers rempli de contrastes, de mystères et d’indices. Ainsi, le monde de la nuit, apaisant et magique, effrayant et primordial, peuplé d’esprits et des choses dont seules, parlent les légendes, surgit."

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La pierre à foudre est une pierre de culte sacrée que les anciens disposés là où la foudre avait tapé le sol. "Au 18éme siècle il y avait toujours une croyance chez de nombreuses personnes selon laquelle des pierres tombaient avec la foudre. Ces pierres, que de premiers auteurs avaient appelées ombriaebrontiae et cerauniae, étaient souvent considérées avoir des pouvoirs surnaturels. L'évêque Pontoppidan observa que les paysans norvégiens croyaient que ces pierres étaient particulièrement utiles aux femmes pendant le travail de l'accouchement, en ce qu'elles les aideraient à faire sortir l'enfant. La croyance concernant les pouvoirs surnaturels de ces pierres était si forte en Prussie que Helwing, le ministre d'Angerbourg, dû finalement recourir à l'usage du Bras Seculier pour s'en débarasser. En conséquence chaque savant l'un après l'autre eut toutes les peines à décrire à quel point l'idée que ces pierres étaient vraiment tombées avec la foudre était infondée." (Source.)

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Pour en savoir un peu plus sur le chateau, c'est par ICI, à savoir qu'il est possible de suivre l'actualité de Longpra sur sa page Facebook. Extrait:
Entre Dauphiné et Savoie, entre les contreforts de la Chartreuse et le lac de Paladru, le château de Longpra, écrin de verdure dans la vallée de l’Ainan, témoigne de sept cents ans d’histoire d’un terroir. Et depuis cinq siècles, il est le berceau d’une même famille.

1536 Une maison forte en dauphiné

L’aventure débute en 1536 quand Charles Pascal, notaire royal à Saint-Geoire-en-Valdaine et juriste des comptes de Clermont, acquiert ce qui n’est alors qu’une maison forte entourée de fossés et solidement défendue par une enceinte crénelée ainsi qu’en atteste déjà un acte de 1304. Relevant de la seigneurie de Montferrat, la maison forte appartenait au XVe siècle à Dame Aymare de Paladru, veuve d’Aymar de Clermont puis à l’épouse d’Antoine de Paladru, seigneur de Montferrat.

Avec cette acquisition, Charles Pascal ajoute à sa titulature de notaire à Saint-Geoire celle de seigneur de la maison forte de Longpra, Depuis cette date le domaine est resté dans la même famille.

1770 Le raffinement d'une maison des champs

Dès 1755 Pierre-Antoine Pascalis (marque d’une latinisation du patronyme) de Longpra, conseiller et futur président au Parlement de Grenoble décide de se réinstaller dans l’austère maison forte passablement délaissée depuis le début du XVIe siècle. Homme de culture et amateur d’art, il entreprend de la transformer en une demeure raffinée dans l’esprit néoclassique et le goût italien de la fin du XVIIIe siècle, conservant les fondations, les douves et le pont-levis. Les travaux dureront près de quarante années.

1844 Aux vents de l'histoire

En 1844 le dernier des Longpra, sans descendance, lègue le domaine et les terres à sa nièce et filleule, Eugénie Chosson du Colombier, qui épousera en 1834 le baron Anselme Pasquier de Franclieu, originaire d’Ile de France. Ils décideront de s’installer à Longpra en 1842.

Artiste-peintre, la nouvelle châtelaine de Longpra, considérée comme l’un des meilleurs peintres dauphinois du XIXe siècle, se plaît à représenter les membres de sa famille et nombre de ses toiles ont été conservées par ses descendants.

1985 Une transmission ininterrompue

Depuis 1536 les histoires des deux familles, celle des Pascal, puis Pascalis de Longpra et enfin celle des Pasquier de Franclieu convergent et se confondent pour écrire en commun la destinée du château de Longpra.

C’est dans un esprit de transmission et de continuité que se sont inscrites toutes les générations qui se sont succédé à Longpra, avec la volonté de faire de Longpra un témoignage authentique des siècles passés et de l’histoire de la région.

Aujourd’hui la Comtesse Albert de Franclieu s’attache à préserver et faire vivre cette demeure, ouverte au public en 1985, et dont l’atmosphère, celle d’une vraie maison de famille, contribue à son charme.

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La bâtisse est actuellement en travaux: elle s'offre une nouvelle toiture. En atendant, petite visite du village et de ses alentours (nous avons prit l'idée de venir le voir à pied).

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"Au XIIe Siècle débute la construction de l'église de Saint-Geoire, chef-d’œuvre aujourd'hui classé (et restauré dernièrement).

À partir de l'époque moderne, la région de Saint-Geoire se caractérise par une forte résistance à l'influence huguenote, qui se développe autour de Grenoble. Saint-Geoire est un fief catholique et le restera : en 1590, une armée de 80 huguenots grenoblois armés d'arquebuses assaillent la Maison Forte de Saint-Geoire, qui résiste seule puis avec le concours des habitants de Virieu, conduits par leur châtelain.

Dès le XIVe siècle, l'histoire de la Valdaine est en effet dominée par le château de Longpra, sis au-dessus de Saint-Geoire. Le château de Longpra appartient à la même famille depuis1536 (aujourd'hui habité par la comtesse de Franclieu dont l'époux, issu de la famille propriétaire, fut maire de Saint-Geoire de 2001 à 2007). Les douves et le pont-levis qui permet d'accéder au château témoignent de ce que fut la Maison-Forte de Longpra au Moyen Âge : une demeure austère et bien défendue.

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Dès 1755, Pierre-Antoine Pascalis de Longpra, Conseiller au Parlement de Grenoble, fait réédifier la Maison Forte selon les canons architecturaux du Grand Siècle. Il recourt aux maçons et charpentiers de la Valdaine ainsi qu'au concours d'ébénistes venus de Grenoble dont la célèbre famille Hache. Le résultat est un ravissant château classique, adapté aux réceptions fastueuses de la noblesse dauphinoise.

Durant la révolution, qui est d'ailleurs « née » en 1788 à Vizille, au sud de Grenoble, la Valdaine reste à l'écart de la tourmente, et est fidèle au catholicisme contre-révolutionnaire. Le Château de Longpra abrite le clergé non jureur, et la population environnante vient au château entendre clandestinement la messe.

En 1881, la vaste commune de Saint-Geoire est amputée de trois de ses hameaux qui sont érigés en communes : Massieu, St Sulpice-des-Rivoires et Vleanne. Enclave très rurale, la Valdaine voit cependant se développer au XIXe siècle, tout le long de l'Ainan, des usines spécialisées dans le textile."

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Le village est plein de charme et c'est là que je rencontre mes premières orchis mâles en fleurs. Ces orchidées tiennent leur nom de leurs deux bulbes ressemblants à des testicules. Autrefois, dans la théorie des signatures, on consommait le plus gros pour se donner de l'appétit sexuel et le plus petit, au contraire pour calmer les ardeurs.

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Elles sont nombreuses les vieilles demeures de St Geoire en Valdaine, cachées par de hauts remparts de pierre ou de pisé (système de construction en terre crue typique du Dauphiné). À quelques pas du château, une colline bordée de haies d'aubépines en fleurs fait l'objet de bien des questions. Il s'agirait d'une motte castrale, d'où le nom de l'impasse qui la longe mais faute de moyen, personne n'est encore venu le vérifier...

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Cette année la nature est précoce (à moins que la longue période hivernale de l'an dernier n'ait altérée mon jugement). C'est le temps de cueillettes et des identifications.

1 et 2: on ne présente plus l'éternel coucou (primevère officinale) qui rentre dans la composition de nombreuses tisanes médicinales appelées "pisse-mémé".

3 et 4: De mémoire, il me semble qu'il existe 3 espèces de sceau de Salomon en France. Il s'agit ici du sceau de Salomon multiflore en raison des fleurs en clochettes qui poussent par 2 ou 3 à chaque segments. Toxique, cette plante porte ce drôle de nom en raison de la marque caractéristique qu'aborde sa racine. Au moyen âge, on utilisait ses parties souterraines pour soigner les articulation en raison de leur ressemblance.

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Les jardins sont splendides: pommiers exotiques et désépoirs des singes prennent place aux pieds de la pairie bien tondue des voisins. Voilà de quoi être dépaysé pour l'occasion !

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Joubarde des toits, grande pervenche, fougère et lézard des murailles... Il n'y a pas à dire, les beaux jours sont enfin de retour ! Voilà de quoi trouver la motivation pour partir aux morilles ! Hélas, la saison est sur le déclain.

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jeudi 19 septembre 2013

Le muséum d'histoire naturelle de Chambéry.

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Aujourd'hui c'est la journée du patrimoine. Pour l'occasion mon amie Poppy (encore elle!) m'a embarqué dans la vieille ville à la découverte de ce muséum. Ouvert au public depuis 160 ans, il regorge de merveilles, le tout dans une ambiance bien particulière.

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Première salle: coquillages et crustacés. Une grande variété de formes et de couleurs sont proposées à travers les vitrines. Une petite explication historique de temps à autre est la bienvenue.

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Le corail a cette magie des motifs. Quand il meurt il perd sa jolie couleur et devient blanc. Chez les grecs anciens, les coraux étaient le résultat de la solidification du sang de la terrible Méduse, une des trois Gorgones. 

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Dans la salle réservée aux vertébrés, une grande variété de spécimens empaillés et parfois multi-centenaires (si si!) sont proposés.

1: Gypaète barbu. 2: Ours noir. 3: Varan. 4: Boa d'Asie.

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Le musée a plus de 160 ans, certains animaux semblent avoir mal vieillit ou avoir subit une technique de conservation des plus originales ce qui des fois ne rend pas au premier coup d'oeil l'animal identifiable ou du moins, lui donne une mine étrange. En exemple cette marmotte.

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Bref, on oscille entre cabinet de curiosité, exposition naturaliste et maison de cire.

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Juste à côté, la salle d'enthomologie. De nombreux insectes, papillons, scarabées et araignées sont à observer.

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Petit aperçu des phasmes, criquets et autres goliaths (dernière image).

Les goliaths sont les plus lourds insectes au monde, en particulier le Goliathus Gliatus (sans h la deuxième fois) qui sous forme de larve peut atteindre 115 cm pour un poids de 115 gr.

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Et pour finir la salle des minéraux et des fossiles. 

Merci aux intervenants qui nous ont apporté de nombreux détails sur la collection du musée.

Et pour finir, quelques photos de la partie botanique qui autrefois appartenait au jardin du château.

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dimanche 15 septembre 2013

Tarte aux mirabelles (prunes).

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Un petit délice d'été, la tarte aux prunes, mais pas n'importe les quelles, aux mirabelles, les meilleures de toutes. Rapide et facile, cette pâtisserie met vite l'eau à la bouche.

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Ingrédients:

- Une quarantaine de prunes mirabelles.

- une pâte feuilletée.

- 20 gr de beurre.

- 80 gr de sucre en poudre.

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Après avoir bien lavé les mirabelles, on les coupent en deux, et on les dénoyautes. 

Dans un plat à tarte on déroule de la pâte feuilletée. Sur celle-ci on dispose en cercles réguliers les moitiés de prunes.

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Faire fondre le beurre et en napper les fruits puis saupoudrer le sucre sur toute la surface de la tarte de manière bien égale.

Enfourner 25 minutes au thermostat 7.

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Et voilà le résultat, après avoir attendu ces longues minutes avec l'odeur du four qui vient titiller le nez, il ne reste plus qu'à déguster.

Bon ap'.

 

lundi 1 octobre 2012

La taxidermie.

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Voilà un texte bien sympathique qui n'est pas de moi sur la taxidermie, base du naturalusme, qui la décrit fort bien. Il provient de ce site: http://www.mpl.ird.fr/ci/masto/infos/032/Historique.htm

Définition et objectifs de la taxidermie

Le terme taxidermie (1846) renvoie à taxis (arrangement-ordre) et à derme (peau). Taxis est « le nom d'action de tassein » qui exprime l'idée de « placer où il convient ». Taxidermiste, d'usage didactique pour le terme empailleur, apparaît en 1872. Ainsi, la taxidermie est l’art de conserver, par différentes techniques les animaux morts sous un aspect semblable à celui de leur vivant. Dans un cadre scientifique et en particulier celui des musées d’histoire naturelle, l’activité de taxidermiste avait pour but d’enseigner la zoologie aux étudiants, mais elle attirait aussi toute une clientèle de chasseurs venus apporter leurs trophées pour les y faire naturaliser dans les règles de l’art. Ce mélange des genres était cependant autorisé et organisé, les spécimens destinés aux collections étant validées par toute une équipe d’universitaires et de scientifiques attachés à l’institution concernée. Exposés dans différentes pièces qui se succédaient au gré de leur spécialité, dans une ambiance d’immense cabinet de curiosités, les spécimens ainsi préparés voyaient défiler un cortège de personnalités de tous horizons qui venait y puiser quelque inspiration, parfaire leurs connaissances ou tout simplement jeter un regard curieux, admiratif…

A l’origine, la taxidermie était un moyen de conservation de spécimens afin d’en faire des documents matériels. Les techniques étaient peu élaborées et le souci des détails dans la représentation de l’animal était tout aussi peu rigoureux. Mais au fil du temps et des recherches, les taxidermistes ne cessèrent d’améliorer leurs techniques. Aujourd’hui certains taxidermistes, libérés des contraintes de la production commerciale, voient dans leurs montages beaucoup plus qu’une simple représentation du vivant et ils ont développé une sensibilité toute particulière pour l’esthétisme animal qu’ils veulent ainsi faire partager. D’autres imaginent des mises en scène évocatrices interpellant le public à faire une expérience émotive et d’autres encore explorent des concepts beaucoup plus engagés et intègrent leurs pièces dans un discours qui dépasse largement les représentations classiques. Selon Bergot (« Art et taxidermie : un jeu de connivences ». Lettre de l’OCIM, N° hors série, Taxidermie, 12/2002 : 77-80), l’histoire de la taxidermie, que ce soit au musée ou celle des artisans, ne peut être dissociée du rapport qu’entretient l’homme avec les animaux sauvages. Il estime que les spécimens ont une grande valeur et doivent être considérés comme témoignage et mémoire matérielle à léguer aux générations futures.

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Historique de la taxidermie

Les peintures du paléolithique représentant presque exclusivement des animaux sont les plus anciennes expressions artistiques connues de l’homme. Inspirées du rêve ou de l’espoir du chasseur, du besoin de matérialiser les récits de chasse ou supports de rituels, ces fresques témoignent sans aucun doute de la fascination que suscitaient les animaux d’antan. L’intérêt que porte l’homme aujourd’hui pour les arts animaliers n’aurait-il pas comme origine celui qu’avaient nos lointains ancêtres d’il y a 30 000 ans ?

Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont été tentés par les essais de conservation du corps humain ou des animaux. Par exemple, la momification des Egyptiens qui fut le plus ancien procédé utilisé était une opération complexe, composée de plusieurs étapes : Dessèchement des corps éviscérés avec le sel et le natron, enveloppement de fines bandelettes de toile, engluement de bitume et bourrage du ventre d’herbes mêlées de baume. Après tout cela, les corps étaient déposés dans des sarcophages pour éviter l’évolution de la destruction des tissus. Les mêmes principes étaient applicables pour les animaux.

La taxidermie moderne a une histoire et son origine remonte probablement au XVIIème siècle où des riches collectionneurs savants exposaient leurs spécimens dans des cabinets de curiosité. Plus loin dans le temps, on peut considérer que l’histoire de la taxidermie a débuté par le tannage traditionnel dont l’homme a commencé à maîtriser les techniques de base avant de développer multiples mises au point de conservation des corps morts, notamment l’embaumement par les égyptiens. Cependant, ce n’est que vers la moitié du XVIIIème siècle que l’on a sérieusement tenté de faire de la taxidermie. Pendant près de 50 ans, les essais se sont limités à des explorations des possibilités de la technique du moment. La découverte du savon arsenical, qui permit une conservation des peaux et spécimens de toute première qualité, par l'apothicaire Jean-Baptiste Bécoeur (1718-1777) opéra une véritable révolution dans la taxidermie. Les principales techniques ont poursuivi leur évolution, par exemple pour ce qui est des composés chimiques utilisés pour conserver les parties organiques. Ainsi, les protocoles de base de la taxidermie que l’on connaît et pratique aujourd’hui ont vraiment fait leur apparition durant la fin du XVIIIème et le début du XIXème siècle avec l’arrivée de la zoologie descriptive qui cherchait à définir un système de classification des êtres vivants. Les armatures intérieures, initialement en bois ou métalliques et bourrées de paille ou même de foin (d’où le terme d’ « empaillage » également employé pour la taxidermie), ont été modifiées et le squelette est aujourd’hui remplacé par un mannequin en mousse et/ou polystyrène qui donne sous la peau la forme exacte du corps de l'animal. Les évolutions actuelles concernent principalement l’allègement et le renforcement des structures internes.

Il a fallu attendre le milieu du XIXème siècle avant que la taxidermie se démocratise et que les taxidermistes ouvrent leur service au public, ce qui semble avoir motivé l’évolution des techniques. Le premier atelier important de taxidermie, Rowland Wards, fut créé à Londres vers 1850. Dans le même temps, les réalisations des ateliers Deyrolle ou des frères Verreaux à Paris connurent un certain retentissement. Cette époque coïncidait avec le mouvement romantique et les taxidermistes, comme les artistes qui leur étaient contemporains, furent inspirés par les récits rapportés par les voyageurs naturalistes. Leurs montages exhibaient des fauves aux allures désinvoltes et expressives qui témoignaient bien du rapport entre l’animal et les hommes de cette époque. A la fin du XIXème siècle, une révolution muséologique se met en place. Cette dernière est le résultat d’une évolution conjointe entre une réflexion profonde sur le rôle du musée d’histoire naturelle et une modification de la présentation des spécimens naturalisés. Les musées d’histoire naturelle ayant pour rôles de collecter, étudier et conserver les composants de la diversité naturelle, l’aspect éducatif des collections prend une importance considérable dans ce cadre. Certains conservateurs critiquent alors le rôle éducatif des présentations classificatrices, et déplorent que ce mode d’exposition ne permette pas de connaître la « biosociologie » de l’animal.

Plus tard, durant la première moitié du XXème siècle, les musées, et en particulier aux Etats-Unis, repensent leur présentation encyclopédique, et l’arrivée des concepts écologiques les encourage à adopter une vocation éducative tournée vers le divertissement. Ils ont donc recherché à présenter des reconstitutions des écosystèmes naturels. C’était la mode des dioramas où l’on peignait les paysages du milieu naturel des espèces exposées sur un arrière fond concave.

 

Pour plus d'informations:

http://www.mpl.ird.fr/ci/masto/infos/032/Historique.htm

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