lundi 27 novembre 2017

La nature en ville.

DSC02558La nature en ville, c'est un terme nouveau, né pour décrire quelque chose qui a toujours été là, près de nous, mais que nous n'avons pas toujours su voir. Le vivant sauvage, la plante non maîtrisée, l'oiseau qui s'intalle sous la fenêtre et l'animal dit nuisible font partis de cette nature en ville. Elle prend place dans le pied de lierre qui s'infiltre dans les jardins et court sur les murettes à recherche de lumière. C'est là, dans les interstices des pierres, que viennent prendre refuge les lézards de murailles et les chauves souris comme les pipistrelles, coupant court à à nos villes aseptisées.

DSC02567C'est aussi en ville que l'on remarque le plus la présence de belles étrangères, les espèces dites invasives ou EEE (espèces exogènes envahissantes). Les plantes à fleurs invasives égayent nos bords de routes, poussent souvent là où aucunes autres ne peuvent pousser en raison de la pollution et sont parfois des réserves de nourriture pour les animaux. Cependant, dans un même temps, leurs fortes capacités d'adaptation entraînent la disparition de notre faune et de notre flore et d'important dégâts pour notre santé, notre environnement et notre économie.

DSC02572Dans la formation de gestionnaire environnemental (via le BTS GPN), la nature en ville est une question de plus en plus présente. Comment favoriser la nature dans la ville ? Comment la faire connaître ? Comment concilier celle-ci avec notre mode de vie et nos infrastructures ? Comment la préserver ? Quelle gestion et quelles mesures pour les EEE ? C'est là que se trouve une partie des grands enjeux auxquels les gestionnaires sont amenés à trouver des solutions, d'autant plus que la demande de naturalité dans nos ville se fait de plus en plus grande.


mercredi 15 novembre 2017

Le Jardin Botanique de Nice

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DSC00003Nous continuons notre chemin le long de la côte en direction de Nice. Cet été a été fabuleux, entre mer et ciel, nous avons pu visiter de nombreux parcs et jardins. Parmi ceux-ci figure le jardin botanique de Nice. Niché sur les hauteurs, il est une ode aux plantes de climat méditerranéen. De petite dimension, il a le mérite de présenter une collection composée de plus de 3000 espèces végétales tout en offrant une vue superbe sur la baie des anges. Le jardin possède plusieurs missions : conserver les espèces, les faire découvrir au public, pratiquer des échanges et acclimater de nouvelles essences. Les cinq grandes régions du globe y sont représentées, auxquelles s'ajoutent un espace dédié aux collections classiques et un autre à l'ethnobotanique, une de mes passions. De l'Afrique à l'Australie en passant par l'Asie nous avons de quoi faire.

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Le site est également un refuge pour la faune. Bien souvent enclavée dans la ville, elle doit sa survie aux jardins de ville et des particuliers, formant parfois de véritables corridors.

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Les nombreux points d'eau sont salvateurs pour les libellules méditérranéennes. Elles y trouvent de quoi pondre mais aussi de chasser. Terribles prédatrices, elles se nourrissent d'insectes volants et se font un plaisir de chasser les abeilles, les mouches, les moustiques et les papillons. Bien que l'hiver soit doux dans le sud, les adultes meurent aux premiers froid (excepté chez une espèce), laissant place à la saison suivante à la nouvelle génération.

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Attention à la où l'on met ses doigts ! Les figuiers de Barbarie (Opuntia ficus-indica) et autres aloès épineux peuvent se relever être redoutables. Dans les milieux hostiles où poussent ces plantes, il faut être ultra adapté. Les ressources étant rares, elles se sont équipées pour résister aux assauts des grands herbivores.

DSC09981L'eucalyptus à odeur de citron (Eucalyptus maculata var. citriodora) se rencontre aussi sous les noms de Corymbia citriodora et d'eucalyptus citron (pas simple). C'est du feuillage que l'odeur citronnée très marquée se dégage.

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C'est des feuilles que l'on tire une huile essentielle aux nombreuses vertus, utilisée dans l'industrie pharmaceutique. On l'emploie entre autre pour ses propriétés antivirales, anti-inflammatoires, calmantes et fongicides. C'est une espèce que l'on rencontre de préférence en Australie, son lieu d'origine, mais depuis peu dans le sud de la France, en Chine, en Amérique du Sud ou encore,  au Maghreb. C'est un arbre qui vit particulièrement vieux, plus de 500 ans. Il séduit les jardiniers et les pépinéristes de par son tronc élancé qui porte des couronnes de branches harmonieuses à plus de 30 mètres au dessus du sol et, de par son écorce est remaquable par son aspect lisse et doux.

DSC00037Le pin colonnaire (Araucaria columnaris) est, comme son nom ne l'indique pas, un araucaria à l'instar du désespoir des singes (Araucaria araucana). Endémique de Nouvelle-Calédonie, son port colonnaire et sa grande taille (pas moins de 50 mètres), il est renommé pour sa particularité à pencher fortement en direction de l'équateur, en particulier quand il en est très éloigné. l'origine de ce phénomène n'est pour l'heure pas connue.

DSC00036Le pin faux-Weymouth (Pinus pseudostrobus) est un conifère d'Amérique centrale aux aiguilles fines et extremement longues (jusqu'à 25 centimètres de long) disposées le plus courament en groupe par 5.

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Les cônes femelles ne sont pas en reste avec des dimensions respectables, pouvant atteindre pas moins de 16 centimètres pour les plus grands. Chacun d'entre eux relâche 50 à 100 graines. Celles-ci tombent à maturité du sommet de l'arbre, soit 25 à 50 mètres pour les plus grands spécimens. Il se plaît sur les sols dépourvus de calcaire et dans les zones où les pluies sont abondantes. Peu résistant au froid, il faudra s'il on souhaite en posséder un chez soi, au mieux vivre dans le Sud, au pire s'équiper d'un bon voile d'hiverbnage épais, en veillant à  ce que l'arbre ne dépasse pas une trop grandes hauteur au niveau du houppier.

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Voici deux herbacées typiques des côtes méditerranéennes françaises. Elles se caractérisent par leur indifférence à la sécheresse, leur capacité à pousser dans des zones rocheuses voire presque désertiques et leur résistance.

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Des agaves d'Amérique (Agave americana) aux floraisons impressionnantes, des ipomées (Ipomea sp.) chatoyantes, une vue sur la mer et un cadre dépaysant, il n'en faut pas bien plus pour se croire ailleurs.

DSC09984 Koelreuteria integrifolia ne porte pas de nom commun à ma conaissance (on parle de nom vernaculaire). On le trouve parfois sous autre nom scientifique, celui de Koelreuteria bipinnata var integrifolia, c'est à dire comme un cultivar peu commun du savonnier de Chine (Koelreuteria bipinnata).

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Les savonniers sont des arbres résistants aux éléments, en particulier au soleil (mais peu résistant au vent) et qui peuvent croître en très haute altitude, plus de 1800 mètres pour certaines espèces. Ils sont connus pour leurs capsules, c'est à  dire un ensemble de membranes qui protègent le fruit et qui sont semblables à des lanternes chinoises.

DSC00002 Quelques délicates et discrètes cigales (peut être bien grises et nommées Cicada orni), accompagnent nos pas sur les sentiers du parc qui montent et descendent inlassablement, donnant un aperçu de la flore de pas moins de 75 pays. Nous partons donc, la tête pleine d'images et d'idées, en direction de la vallée du Rhône.

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dimanche 12 novembre 2017

Sortie dans les calanques 15.

DSC00286Nous sommes en automne et pourtant, par moment les rayons du soleil ont un petit relent d'été. Mer bleue, maillots de bain et voiles blanches, il n'y a pas à dire, la belle saison ne semble pas vouloir rendre les armes et la Méditerranée semble bien décidée à l'aider. Le peid dans l'eau, nous profitons des embruns avant de nous replonger dans les examens et autres raports de stage de fin d'année.

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Les bateaux de croisières emmènent les plaisanciers vers des mers plus chaudes, où ils pourront prendre plaisir à barboter dans les 5 piscines du toit, du plus grand toboggan sur mer, de la dizaine de casinos ou encore, des buffets gargantuesques. Pour notre part, nous préférons de loin rester sur le plancher des vaches, à écouter le bruissement des vagues, le cris des mouettes et sentir l'air iodé depuis la rive. Il en faut pour tous les goûts, certes, mais je préfère de loin l'intimité d'un petit bateau à celle des navires usines et de la foule, où l'on se mêle sans jamais vraiment se rencontrer ni se connaître.

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Le petit port de Callelongue est bien sage et peu nombreux sont les bateaux à le quitter. Il se trouve que le temps de notre venue, la calanque est fermée aux promeneurs et touristes. Les incendies ravages la région et les fortes chaleurs de ces jours doublés d'une absence de pluie font monter le risque de départ de feu en flèche.

DSC00195Ce charmant petit bout du monde se caractérise par ses cabanons de pêcheurs hauts perchés, son petit restaurant et ses nombreux chemins de randonnés. On peut également en découvrir les fonds qui regorgent de vie, pas si loin du temps où une usine pétrochimique employant du soufre, du pétrole et de la soude.

DSC00222Hop hop ! Les pieds dans l'eau, où les poissons nous font la manucure et où les vagues viennent nous tremper le bout des fesses. Gageons que les gambettes soient bien bronzées.

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Sur les plages, on trouve parfois quelques magnifiques algues rouges. Arrachées par les éléments à leur support de roche, elles viennent s'échouer sur le bord de mer sur nos pieds gelés. Regroupées le plus souvent dans le taxon que composent les rhodophytes, leur teinte rouge les caractérise face aux autres types d'algues. De certaines espèces on tire du carraghénane, un additif alimentaire nommé E407. Monté en chaleur, il produit mélangé à un liquide, un gel épaississant. Néanmoins il ne serait pas dénudé de toxicité, en particulier sur les organes liés à la digestion, ce qui explique pourquoi certains praticiens déconseillent voire interdissent la consommation de produits en contenant à leurs patients. Pour les végéta*iens et les vegans, cet additif reste (avec la pectine de pépins de pommes) une alternative aux gélifiants tirés de produits animaux.

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La calanque de Callelongue est la première du massif. Sa proximité avec la ville de Marseille ne l'empêche pas de regroger de vie. Dans le fond de l'eau, des oursins, des concombres de mer et des crabes. Les patelles (Patella sp.), sont des gastéropodes à coques qui vivent sur les rochers où elels broutent les algues. Il s'agît ici de patelles communes (Patella vulgata), un coquillage qui, il y a encore peu, était très consommé en Europe.

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Sous les arches rocheuses, on rencontre de nombreuses espèces végétales typiques du bord de mer. Avec leur belle floraison jaune, la cinéraire (Jacobaea maritima) ne passe pas inaperçue. On la trouve désormais dans les jardineries. S'en suit la lavande de mer (Limonium vulgare) nommée aussi Saladelle et une des soudes locales.

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La jusquiame blanche (Hyoscyamus albus), se reconnaît en partie à ses fleurs ... jaunes pâles. C'est une méditerranéenne qui se plaît dans le sud de la France hormis dans les départements pyrénéens. De la famille des solanacées comme les morelles, les pommes de terre et les tomates, elle est connue pour sa toxicité.

DSC00354La criste marine (Crithmum maritimum) est une plante du littoral que l'on retrouve sur toutes les côtes françaises.

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Souvent présentée comme une plante sauvage comestible à redécouvrir, elle n'en reste pas moins une espèce protégée dont la cueillette est soumise à réglementation. L'intérêt retrouvé pour certains plantes est fantastique, permettant de découvrir à la fois de nouvelles saveurs et de s'initier doucement à la botanique et plus globalement au naturalisme. Cependant, cette nouvelle tendance n'est pas sans risques. Le retour "à la nature" doit s'accompagner de l'acquisition de bases solides, afin de protéger des espèces qui sont en nette régression avec l'urbanisation mais aussi, face à des pratiques de récoltes abusive. Cette démarche est aussi essentielle pour limiter les risques de confusion et d'empoisonnement qui ces dernières années ont plus que triplés, laissant place parfois à des drames qui auraient pu être évitez si les bases avaient été respectées un minimum. Cet automne, le nombre de cas d'empoisonnements par la récolte de champignons (redevenue à la mode) à été multiplié par 10 dans certains départements. La prudence est de mise !

DSC00388En longeant les rochers, là où viennent s'échouer les algues et les buveurs de bières à la nuit tombée, une drôle d'infrastructure se présente à nous. Nous venons de tomber, tout à fait par hasard, sur le Téléscaphe.

DSC00393Il ne reste que de ce projet ambitieux que le mécanisme tractant les longs câbles métaliques. Le Téléscaphe était un téléphérique sous-marin unique en son genre qui permettait de relier Marseille et Callelongue par les fonds marins.

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Les badauds parcouraient, contre finances, un peu plus de 500 mètres dans des petites cabines où pendant dix minutes, ils pouvaient contempler la faune et la flore marine à travers de grands panneaux de verre. Né de l'imagination fertile de deux ingénieurs au début des années 60, il prend forme en 1966, est inauguré en 1967 et est mit hors circuit en 1968. Une sacrée histoire plus qu'ephémère pour une installation qui se voulait unique en son genre. Malgré les quelques 30 000 visiteurs (et plus), les frais d'entretiens de la machinerie sont exorbitants et le soutien des forces politique est complètement absent. Le Téléscaphe ferme alors ses portes mais n'est pas entièrement démantelé.

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Le temps à fait son oeuvre, l'eau de mer à rongé le métal, les rayons des grandes roues se sont creusés, se remplissant peu à peu de cristaux de sel formés par les nombreuses tempêtes et les forts rayons du soleil. Après être resté sans entretient pendant plus de 50 ans, tout en faisant face aux éléments, il ne reste plus grand chose de ce rêve Marseillais. Seuls quelques blocs de bétons éparses semblent faire de la résistance.

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Bref, c'est une belle fin de saison où la mer nous chatouillait les pieds et où de véritables trésors s'offraient à nous. Désormais, il fait gris et froid, mais se rappeler les joies de la mer et du soleil donne un délicieux goût de nostalgie aux heures passées devant le feu, livre de révision sur les genoux, mug de thé chaud à la main.

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mercredi 8 novembre 2017

Sortie en forêt 75.

DSC03235La fin de la saison des champignons approche, il va falloir bientôt faire une croix sur les délicieux cèpes et girolles qui peuplent nos forêts. Pour certains, c'est déjà l'heure de faire le compte. D'autres auront un peu plus de répit, parfois jusqu'à janvier. Dans les jardins, une espèce fait figure de champignon : l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea). C'est un amateur d'arbres, en particulier de fruitiers mais pas que, sur les quels il s'installe quand ils sont faibles et dont il se nourrit jusqu'à entraîner la mort e l'hôte. Il continuera alors à se nourrir de ses  racines pourrissantes. Actuellement l'armillaire couleur de miel suscite de nombreux débats sur les forums et en particulier, chez les mycophages. Consommé de manière traditionnelle dans de nombreuses régions, il s'avère que ce champignon ne soit pas toléré par de nombreuses personnes et que sur la durée, il se relève dangereux pour l'organisme, en particulier pour tout ce qui touche au sang. Pour certains mycologues, il est désormais à classer dans les non comestibles voire les toxiques. Pour d'autre, il peut être consommé sous conditions : ne récolter que les jeunes individus, au chapeaux fermés, qui n'ont pas subit le gel, les manger en petit quantité après les avoir blanchis dans plusieurs eaux, plus de 20 minutes et surtout, ne jamais les consommer s'ils ont été surgelés. Fait amusant, les armillaires couleurs de miel présents au Canada ne présenteraient pas cette toxicité, signe qu'il s'agît peut être d'une autre espèce encore inconnue. En effet, les champignons nord-américains, bien que très ressemblants aux nôtres, sont réputés pour avoir des degrés de comestibilités souvent différents, la notion de comestibilité restant propre à chacun.

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En l'état, ces armillaires ne sont pas comestibles. Leur aspect blanc, voire poudré, est dû à leur sporée c'et à dire l'ensemble des spores qu'ils relâchent pour se reproduire. De nombreuses espèces et familles se reconnaissent à la couleur de leurs spores. Chez les armillaires et plus généralement le genre Armillaria, ils sont blancs.

DSC03276Sur ce tronc, un mycélium d'armillaire couleur de miel s'en donne à coeur joie. Se nourrissant peu à peu de la cellulose, il a fructifié au point de faire de gros bouquets. La partie visible des champignons se nomme le carpophore ou, au choix, le sporophore. Chez cette espèce il se compose d'un chapeau qui prend toutes les colories du miel, des lamelles aux mêmes teintes et d'un pied long, courbé et fibreux équipé d'un anneau.

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Notre récolte reste bien frugale. Quelques cèpes de bordeaux en bouchon (Boletus edulis) viennent remplir notre panier. À eux s'ajoute deux-trois lactaires détestables (Lactarius deterrimus) qui seront découpés en lamelle puis grillés à l'huile et, une unique chanterelle d'automne (Craterellus tubaeformis) bien solitaire et biscornue.

DSC03305Certaines espèces sont particulièrement atypiques. Le tricholome à odeur de savon (Tricholoma saponaceum) ce caractérise par l'odeur qui lui doit son nom. Peu appétissant, son goût âcre et prononcé le rend inconsommable.

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On le trouve dans les bois mixtes, de préférence sous chêne mais pas uniquement. Ubiquiste, on le trouve dans une grande diversité de milieu, sur presque tout le territoire français. Appelé aussi tricholome savonneux, il se caractérise par les nombreuses sous-espèces qui sont regroupé sous son nom. On les différencie en partie aux couleurs de leur chapeau, ainsi T. nympharum se caractérise à son chapeau et ses lames blanchâtres, T. carneiforme par son cheapeau sombre et ses lames roses pâles, T. artrovirens à son chapeau vert foncé ou encore T. napipes par ses teintes jaunâtres sur les lamelles.

DSC03271Un peu sorcière sur les bords, je ne peux que me rejouir de la sortie des amanites tue-mouche (Amanita muscaria). J'adore ce champignon, non pas pour ces effets délirogènes et hallucinogènes (non merci), mais pour les nombreuses légendes et religions auxquelles il a donné naissance, en particulier en Europe de l'Est.

DSC03266De temps à autre, je ne peux m'empêcher d'écrire au sujet de cette amanite sur le blog. D'une part, parce qu'esthétiquement elle est sublime et d'autre part, parce qu'il y a tout simplement beaucoup de choses à dire sur celle-ci. Elle fait souvent le bonheur des gourmets, non pas qu'elle soit comestible bien que certains peuples du Nord aient développés des techniques pour la consommer sereinement, mais parce qu'elle est souvent bio-indicatrice de milieux propices pour les cèpes. Thermophile, il n'est pas rare de la voir pousser en même temps que ces derniers voir, côte à côte. On la trouve dans l'art pictural de nombreux peuples. En occident, on la retrouve un peu partout, que ça soit dans nos jeux vidéos comme Mario, dans nos bandes dessinés comme avec Tintin ou encore, dans la représentation de nos contes et légendes. Il n'est pas rare de la voir apparaître, à l'arrivée d'Haloween, dans les chaudrons des sorcières et les forêts ensorcelées. Rober Gordon Wasson, ethno-mycologue de génie, retrace avec brio le parcours de l'amanite tue-mouche dans les traditions humaine. De l'Europe à l'Asie, en passant par l'Amérique du Nord, elle est souvent un des pilier des rîtes et des pratiques chamaniques qui pour certaines, subsistent encore et qui ont donné naissance à de nombreuses religions dites modernes.

Bref, l'amanite tue-mouche c'est un chapeau rouge vif, parfois orangé suite à de fortes chaleurs qui entraînent le dessèchement du champignon. À sa surface on trouve des mouchetures blanches qui parfois disparaissent suite à une bonne pluie. Le pied, appelé stipe, les lamelles et l'anneau ainsi que la volve sont également blancs.

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Bref, voilà de quoi jouer les sorcières en forêt. On a longtemps cru que la muscarine de cette amanite (découverte en 1869) était l'origine des effets psychédéliques du champignons de par son effet excitant en agissant sur les synapses mais cette molécule est bien trop peu présente dans l'amanite tue-mouche pour expliquer ses propriétés.Il faut chercher du côté de la muscimole et de l'acide iboténique (majoritairement concentrés dans le chapeau dans la cuticule rouge) pour trouver les causes des hallucinations mais aussi des vomissements, des somnolences, d'une certaine euphorie, des délires, des confusions, des états de prostration, des troubles de l'équilibre, de l'hypervantilation, de la sudation accrue et/ou des troubles gastriques que son ingestion provoque.

DSC03317Tous les éléments sont là pour jouer à la sorcière, aussi bien la pacerelle de la Pierre au Loup qui surplombe la cascade remise en état par la cousin avec son groupement de scouts et les chasseurs locaux, les chats qui attendent sagement leur de la gamelle sur le perron de la maison familiale ou bien, les fayards qui s'ornent de feuilles d'or. Hélas, trois fois hélas, la vilel grise et triste n'offre pas autant de magie. Ici, elle vibre dans l'air.

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samedi 4 novembre 2017

L'arboretum des Barres.

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Sur le chemin retour de la côte bretonne en direction de Lyon, nous avons fait un grand crochet par les rues piétonnes d'Orléans puis, par l'arboretum des Barres. Cet arboretum situé dans l'est du Loiret est l'un des plus grands d'Europe. Entièrement géré par l'ONF (Office Nationale des Forêts), nous y sommes restés pas moins de 7 heures. Autant vous dire que nous avons beaucoup de choses à vous raconter. Nous y reviendrons dans quelques mois, au printemps, pour profiter de la floraison des centaines et centaines d'arbres qui s'y trouvent.

DSC01710Trois collections composent l'arboretum : Continetalis qui présente essentiellement des arbres issus d'Amérique du Nord et du Nord de l'Asie, la collection Bizarretum aux espèces aux formes étranges et Classifica, qui permet d'identifier aisément les espèces par familles. Certains spécimens sont titanesques, donnant ainsi le tournis au promeneur qui déambule librement dans le parc.

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Au sol, un humus riche et épais s'est composé au fil des années. Cela est dû en partie à l'ancienneté du parc qui comptabilise presque 200 ans d'existance. Aujourd'hui se sont pas moins de 400 espèces d'arbres qui le composent.

Des milieux comme ceux-ci, bien que complètement artificiels car créés de la main de l'Homme, donnent l'impression d'être immergé en pleine nature. La diversité d'espèces végétales permet d'observer un grand nombre d'espèces animales. C'est en particulier l'entomofaune qui est favorisé par ces habitats diversifiés.

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Tel un signe, une mante religieuse (Mantis religiosa) nous attendait le matin de notre départ d'Orléans devant notre porte. Quel plaisir d'en rencontrée une seconde quelques heures plus tard, dissimulée dans un buisson fleurit. C'est un redoutable prédateur qui utilise avec habilité ses pattes avant nommées ravisseuses pour saisir ses proies. Les femelles ne devraient pas tarder à pondre leur oeufs dans une oothèque protectrice.

DSC01821Les sorbes du sorbier domestique (Sorbus domestica) sont de petits fruits que l'on surnomme parfois à tort poirillons car, bien qu'ayant la forme de petites poires, ils n'en sont pas. On parle alors plus volontier de cormes. C'est un arbre en pleine régression sur le territoire européen et qui se fait de plus en plus rare dans les forêts françaises. La qualité de son bois pourrait susciter un regain d'intérêt auprès des forestiers.

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Sur son tronc pousse une fistuline hépatique (Fistulina hepatica). C'est un champignon comestible qui porte également le nom de langue de boeuf. Malgré son drôle d'aspect, il est assez apprécié pour sa saveur de viande.

Ce n'est pas le seul à pousser dans l'arboretum. En effet on compte près de 400 espèces composant la fonge locale et poussant sur le site. Certaines sont parasites des arbres, d'autres poussent en symbiose avec, d'autres encore se nourrissent du bois mort ou de la matière organique présente dans le sol. Bref, il y a de quoi faire.

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DSC01752Parmi les espèces que l'on peut rencontrer, on peut citer de gauche à droite l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea), terreur des arbres qui s'intalle sur les spécimens fragiles et les fait péricliter. Parfois consommé jeune en boutons, il est concidéré comme indigeste voire toxique (surtout à maturité), en particulier chez les personnes sensibles. On rencontre aussi l'hygrophore jaune-verdâtre (Hygrocybe chlorophana), qui se caractérise par sa couleur flamboyante mais aussi comme bio-indicateur de leur milieu et de la santé de celui-ci. Enfin, de nombreuses russules (Russula sp.) poussent sous les conifères et dans l'herbe au pied des feuillus. Néanmoins il ne faut pas être tenté de tout croquer, de nombreuses espèces étant belles et ... seulement belles.

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Une belle découverte nous attendait au détour d'un sentier. Un ganoderme luisant (Ganoderma lucidum), champignon populaire en Asie (sous le nom de reishi) et connu pour les vertus que son mycélium posséderait (anti-VIH, anti-cancer, anti-oxydant, anti-virale ...) et qui sont actuellement à l'étude. Il présente également des propriétés très intéressantes qui pourraient permettre de trouver des alternatives à l'emploi du plastique.

DSC01650Parmi les arbres remarquables du lieu, il y a le cryptomère à feuilles vrillées (Cryptomeria japonica). Il est le seul représentant de son genre, celui des Cryptomeri, à l'instar de la populage des marais (Caltha palustris) qui est la seule représente du genre Caltha. Endémique du Japon, il est employé dans diverses régions du monde à des fins de reboisement et de production industrielle de papier.

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C'est aussi l'arbre national du Japon et de ce fait, on le trouve devant l'entrée de nombreux temples. C'est aussi un très bon bois de construction, imputrescible, parfumé et aux teintes rouges ce qui lui vaut son succès en architecture.

DSC01826Le cyclamen de Naples (Cyclamen hederifolium) est également appelé cyclamen à feuilles de lierre. Il croit naturellement dans le Sud de la France et dans une grande partie du bassin méditerranéen. Il est apprécié dans les jardins où il s'est naturalisé. Peu difficile, on le trouve aussi bien en forêt qu'en plein cagnard sur roche.

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Plante bulbeuse, il appartient à la famille des primulacées, c'est à dire des primevères (sans totue fois en être une). En Occident il symbolise la beauté mais aussi la jalousie. C'est une plante de l'amour voire de la passion d'où le fait que la religion catholique l'ai reprit comme un des symboles représantant la Vierge Marie.

DSC01743L'if à petites feuilles (Taxus baccata cv. adpressa) est un if horticole issu de notre if européen qui pousse dans nos forêts bien qu'il s'y fasse rare. Ils partagent l'un et l'autre les mêmes besoins, à savoir être exposés dans une zone de préférence ombragée, au sol légèrement humide et acide même s'ils supportent les compositions à tendance basique.

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L'if à petites feuilles a un développement l'an et se maintient en boule. Il est parfaitement adapté aux jardins dits à la français qui nécessite des espèces supportant bien la taille en taupière. Il se maintient entre 50 et 100 cm de haut. Il existe une variété aux feuilles jaunes dorées.

Ces quelques arbres font partis de la collection Classifica. Elle est un excellent outil pédagogique pour les amoureux des arbres et les curieux qui viennent découvrir l'arboretum mais aussi, pour les étudiants du centre d'étude qui se trouve au milieu des arbres, en plein coeur du site, nous rendant le temps d'une journée jaloux.

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La collection Bizarretum est celle où j'ai pris le plus de plaisir (peut être parce que je suis moi même un peu Bizarretum). Des arbres nains, des arbres tordus, des arbres aux multiples couleurs ... il y a quelque chose de beau et d'étrange à la fois, où l'on est émerveillé par les formes des branches et la découpe des feuilles mais aussi, où on ne peut s'empêcher de penser que l'Homme aime modifier le vivant, sans parvenir à aimer ce qu'il est.

DSC01855On peut, en s'y aventurant, rencontrer quelques rares cultivars sur les quels il existe peut de littérature hormis dans les catalogues spécialisés. Le Quercus robur 'Doumetii' en fait parti. Il est un des cultivars du chêne pédonculé (Quercus robur). Il se caractérise par ses feuilles très découpées au point d'évoquer celles de certaines érables, comme on peut le voir sur les deux photos placées à droite du panneau "Bizarretum". Désormais on rencontre plus couramment dans les jardins le chêne pédonculé fastigié (Quercus robur "Fastigiata") aux feuilles moins laciniées.

De nombreuses variétés horticoles présentent cette particularité. Aubépines, érables, saules, ormes, alisiers, peupliers ... rares  sont les espèces à ne pas connaître cette déclinaison dans les parcs et jardins botaniques.

DSC01833L'entrée de Bizarretum se présente tel un cocon. Pas de fleurs ici mais des feuillages bien verts et à foisonnants qui forment une ambiance très particulière. Entre forêt sauvage et jardin travaillé, il est dur de se décider. Les allées laissent alors le choix au visiteur de découvrir plusieurs tableaux plus ou moins ensauvagés.

DSC01914Sur un buddelia blanc (Buddleja davidii white profusion), un tabac d'Espagne (Argynnis paphia) butine tranquillement. Les buddelias (en particulier daviddi) sont des arbustes asiatiques naturalisés en Europe qui posent énormément de problèmes d'un point de vu écologique. Contrairement à ce qu'ils laissent penser, ils ne sont pas bons pour les papillons car dépourvus pour la majeure partie de nectar. Ces derniers sont attirés par le doux parfum qui s'échappe des fleurs sans pour autant trouver de nourriture. Les buddelias ont aussi la fâcheuse tendance à empiéter sur la niche écologique de nombreuses espèces qui tendent alors à disparaître. Hors bien souvent, elles sont les hôtes des chenilles de papillons, ce qui accroît leur disparation, ceux-ci ne trouvant plus de sites de pontes. Il modifie durablement la faune et la flore de milieux remarquables et/ou fragiles ce qui mènent à des campagnes de sensibilisation, pas toujours comprises, auprès du public. Cependant, dans certaines friches urbaines, ils figurent parmi les rares espèces à pouvoir se maintenir dans les milieux pollués et anthropisés, apportant un peu de vie dans les déserts de béton. Autant dire que tout n'est pas blanc ou noir.

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L'arboretum des Barres est aussi un refuge précieux pour de nombreuses espèces animales, en particulier d'oiseaux et d'amphibiens, que cela soit dans la marre avec les grenouilles vertes (Pelophylax sp.) ou, dans les arbres avec les rainettes arboricoles (Hyla arborea). Ces dernières utilisent les deux tâches noires situées à l'arrirère de leur corps pour effrayer leur prédateur en montrant leur dos (comme sur la photo ci-dessus).

Bref, on est ravie d'avoir pu faire cette expérience. Nous avons passé un temps fou entre les arbres mais aussi dans la boutique souvenir (à feuilleter entre autre les ouvrages de Terre Vivante). Depuis, nous sommes repartis pour une année scolaire bien chargée, au coeur de la vallée du Rhône. Néanmoins elle sera ponctuée de quelques visites dans ce lieu pour le quel nous nous sommes pris de passion et où nous avons encore tant à découvrir.

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samedi 28 octobre 2017

Sortie en montagne 16.

DSC01979Évasion dans la Loire et plus particulièrement dans le massif du Pilat, pour une ascension forestière vers les sommets. Loin du brouhaha de la ville, la fraîcheur des arbres et l'envie de se faire une bonne fricassée de champignons nous ont poussé à nous perdre en auto parmi les forêts sombres de conifères. Le dépaysement est complet, loin des arrêtes rocheuses de la Méditerranée et des verts sommets de la Chartreuse que nous aimons tant. Les étroits chemins caillouteux nous mènent vers de sombres fourrés.

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Les genêts ne sont plus en fleurs depuis un moment mais forment de jolis bosquets verdoyant le long du chemin.

Après nous être engagés sur les chemins forestiers dans notre petite auto, nous voilà partis vers l'ascension du sommet, sans savoir vraiment où nous nous trouvions. Sans pour autant nous perdre, nous aimons prendre plaisir à partir à l'aventure en laissant libre court à notre imagination et à nos pieds quand nous sommes en forêt.

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Surprise, pendant notre marche nous tombons sur une très belle poussée de girolles (Cantharellus cibarius). Entre les pierres du chemin, elles se frayent un chemin jusqu'à notre panier, laissant ainsi voir la force dont les champignons peuvent faire preuve, certaines poussant ou ayant déplacées d'imposants blocs de roches.

DSC01998Après une bonne toilette pour les débarasser de leur terre, elles finiront en omelette avec quelques oignons.

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En montagne, c'est encore la saison des petits fruits. Baies d'églantier (Rosa sp.), de busserole (Arctostaphylos uva-ursi) et de framboisiers sauvages (Rubus ideas) régalent nos yeux et parfois nos estomacs. Quelques fleurs comme celle de la grande berce (Heracleum sphondylium) viennent compléter le tableau.

DSC02004Le lieu est très riche en naturalité, c'est à dire qu'il possède un caractère sauvage de par les éléments qui le compose. Fourrés denses de ronces, éboulements de pierres, terriers, bois mort et troncs sur pied (que l'on nomme chandelles) font partis du décor. C'est un lieu privilégié pour écouter et voir la faune mais aussi, pour se sentir immergé dans cet espace remarquable. Si le mal de la civilisation prend le promeneur, il lui est possible de voir au loin les grandes villes et usines de la Loire. Ici les pics se sont donnés à coeur joie.

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Quelques bolets ligériens (de la la Loire).

Arrivés sur le sommet, nous pouvons voir que la forêt laisse place à une végétation beaucoup plus rase qui fait le bonheur des moutons et des callunes. Le vent souffle sans discontinuer et le ciel est gris-bleuté ce qui est bienvenu car bien que l'air soit frais, nous suons à grosses gouttes après avoir affronté des montés escarpées.

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Quelques arbres se maintiennent sur le col. Vieux, petits et parfois tortueux, leur condition reflètent la force des éléments qui parcours ce milieu et face aux quels les plantes doivent faire face. Cela donne des groupement et des biotopes très particuliers que l'on ne peut rencontrer qu'après avoir usé de ses mollets.

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mardi 17 octobre 2017

Vivre Lyon : un petit bout de notre quotidien.

DSC09559Quelques brèves de nous. Nous n'avons plus trop l'occasion de parler nature et pour cause, voilà plus d'un que nous sommes devenus lyonnais ! et plus exactement, oullinois. Bien que mon aimé soit un familier des villes, il m'a fallut quelques temps pour me réadapter au rythme assourdissant des auto et des piétons, le tout dans un cadre de béton et de goudron. Néanmoins, nous ne quittons pas nos premiers amours : lui dans le paysage et plus particulièrement dans les arbres, mois dans la gestion et la protection environnementale, en particulier dans l'animation, la botanique et mon amour de toujours, la mycologie. Entre le parc de la Tête d'Or (vous l'avez vu), Miribel Jonas (que nous n'avons que très moyennement apprécié), le parc de ville d'Oullins (qui possède quelques belles surprises dont son sentier ethnobotanique et sa collection d'iris) et les nombreuses friches urbaines qui font mon bonheur, nous avons eu de quoi herboriser. À gauche vous pouvez admirer une superbe aigrette garzette (Egretta garzetta), semblable à celles que nous avons eu plaisirs à contempler en Bretagne. De temps à autre, nous avons la chance d'en voir se poser en face de notre fenêtre, à l'instar du héron cendré (Ardea cinerea), des canards colverts (Anas platyrhynchos), des cygnes tuberculés (Cygnus olor) qui se promménent sagement avec toute leur famille, de la bergeronnette des ruisseaux (Motacilla cinerea), du Martini-pêcheur (Alcedo atthis) même si depuis la crue il se fait discret, des corneilles (Corvus corone) et des pigeons des villes (Columba livia domestica) qui nichent en face de nous dans les grands platanes des villes et parfois, nous lâchent une joyeuse fiente sur le pare brise ou la fenêtre de la cuisine, des rats noires (Rattus rattus) qui me fascinent tant, des silures (Silurus glanis) qui finissent au bout des hameçons et d'énorme tanches (Tinca tinca). Bref, nous ne sommes des privilégiés.

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Un petit bout de notre quotidien, entre deux révisions, la musique du voisin, le regard du chien qui attend au bout de la rue, les joies des pêcheurs au pied de l'appartement et les longues promenades dans le centre ville de Lyon. Ces petits bouts de vie mis côte à côte sentiront d'ici quelques mois la nostalgie des études et de la fin d'une période Pour le moment, nous nous plaisons dans cette vie d'étudiants, entre insouciante et incertitude.

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lundi 16 octobre 2017

La côte méditerranéenne par la gastronomie.

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DSC09836Bientôt nous seront en Isère pour redécouvrir la joie de chasser les champignons. En attendant, voici la retranscription de notre virée à la fin de l'été sur la côte méditerranéenne, entre la Camargue et l'Italie, aux couleurs du soleil. La criste marine (Crithmum maritimum) est une plante commune le long des côtes. Protégée, elle est soumise à une réglementation précise dans sa récolte. On l'utilise pour parfumer les salades et les soupes avec son goût iodé ou cuisinée comme des cornichons au vinaigre.

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Quel délice de marcher pieds nus sur les gros rochers blancs et les cheveux dans le vent. La chaleur est écrasante mais un brin d'air frais qui souffle sur la digue la rend agréable. S'ajoute à ça l'odeur de la mer et le chant des goélands. Un bout de trempette dans l'eau et la faim se fait déjà sentir bien que l'après midi n'en soit qu'à ses débuts.

DSC09860Connaissez-vous la panisse ? À Marseille sur le bord de mer, c'est une véritable institution, en particulier à l'Estaque où on se retrouve à faire la queue devant les stands à friture entre deux baignades ! Issu de la cuisine du soleil et en particulier niçoise (voire la socca), la panisse est un disque de farine de pois chiche mêlée à de l'eau bouillante. La pâte obtenue est frite puis saupoudrée de sucre.

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Les kilos perdus avant l'été sont bien vite retrouvés. Cuites dans un bain d'huile puis sucrées, les panisses ont tendance à faire exploser le maillot si on ne prend pas garde à sa gourmandise. Pour moi, hélas, il est déjà trop tard.

Il y a bien d'autres tentations sur le bord des plages qui font le bonheur des touristes affamés mais aussi, des marseillais qui retrouvent là un peu d'autenthicité dans leur ville en mutation, prise d'assaut par les gatte-ciels.

DSC09859On peut notamment citer le chichi frégi, une spécialité locale doux le nom signifie "zizi". Il est composé d'un mélange de farine de blé et de pois chiche, de sucre blanc, d'huile d'olive, de levure, de fleur do'ranger, de seil et d'eau. La préparation est découpée en long pâtons puis frite puis roulée encore chaude dans du sucre semoule.

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Il peut être mangé nature ou fendu en deux pour être garni de confiture, de crème de marron, de nutella; de chocolat fondu et/ou de chantilly. Le mieux est de le manger chaud. Après un tel repas, seul les estomacs les plus solide peuvent se targuer d'avoir encre de la place pour le repas du soir.

La meilleure chose à faire alors, pour digérer, et d'entamer une petite promenade sur les quais. La corniche Kennedy semble toute indiquée pour l'exercice. Donnant une superbe vue sur la mer et longue de 3,7 kilomètres, elle laisse le temps d'une bonne, les ventres tendus de retrouver leur forme initiale, non sans difficulté.

DSC09831Les bateaux attendent sagement leur propriétaire. Rangés en épis sur les petits ports de plaisance (qui sont nombreux à Marseille), ils sont protégés des vagues et la houle par une muraille de pierres et de béton. C'est un abri bien heureux pour les alvins, les puces de mer et les crabes.

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Parmi les poissons prisés des pêcheurs du dimanche, on peut citer le pagre (Pagrus pagrus), la dorade royale (Sparus auratus) et le Saint Pierre (Zeux faber), poisson de belle taille que l'on reconnaît à l'oeil noir qui orne son flanc (une ocelle) et sa longue nageoire dorsale. C'est une prédateur solitaire qui capture ses proies à l'aide de sa grande mâchoire.

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La côte méditerranéenne que nous aimons, c'est aussi celle de l'Italie. Pour le temps d'une matinée, nous voilà dans la cité des délices, Vintimille. Située à la frontière franco-italienne, cette ville est connue pour son marché aux fruits et aux légumes qui fait sa renommée. C'est le vendredi, sur le bord de mer, qu'il ets le plus beau.

DSC09865L'heure du repas sonne. Avant de partit nous traversons la passerelle Squarciafichi tout de fer forgé et de pierre pour aller manger un bout au Vecchia Napoli. Certains d'entre nous ont craqué pour une pizza, mais nous avons avant tout opté pour des plats traditionnels qui transpirent bon les épices, l'huile d'olive et la mer, le summum étant les spaghettis aux "Scampi fritti", des langoustines frites (Nephrops norvegicus pour le nom scientifique). Autre plat incontournable, les Spaghetti alle vongole (les spaghettis aux palourdes) qui font le bonheur des fins gourmets. Ce plat napolitain est une institution dans la région de Naples où il se décline en fonction des pâtes utilisées et de la sauve (avec ou sans tomates). Rajoutons encore deux plaisirs gastronomiques : les calamars frits (Calamari fritti) accompagnés d'une série de sauces piquantes et sucrées et la pizza au gorgonzola, au jambon cru et à la roquette. Bref, de quoi bien continuer la journée. À cela s'ajoute le désert italien le plus connu des français : le tiramisu ! Et pourtant, la recette que nous connaissons actuellement est très récente, elle ne serait pas antérieur à 1960, une goutte d'eau dans la longue histoire de la cuisine italienne. Cependant, pour certains il serait né de la gourmandises des filles frivolles des lupanars il y a plus de de 600 ans.

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Vintimille, un nom qui chante, tout comme nos estomacs et nos papilles à regarder ces photos qui nous évoquent une journée pleine de surprises et de calories. De quoi se mettre à nouveau l'eau à la bouche à regarder les étallages de pellegrino, de mozzarella di bufala et de ricotta, des fromages au combien appréciés localement.

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Mais trêve de bavardages, la journée est bien avancée et le chemin encore long. Prochaine étape maritime, Nice et son jardin botanique qui surplombe la ville depuis les hauteurs et présente une superbe collection de végétaux adaptés aux climats secs et fouettés par les embruns comme ceux de la Méditerranée. De quoi être dépaysé.

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jeudi 5 octobre 2017

Bretagne : épilogue d'un voyage.

DSC01048      Voici un grand article comme je les aime mais qui s'est montré monstrueusement chronophage. Pour se retrouver dans notre périple, je vous propose en amont un petit sommaire pour suivre pas à pas la suite de notre découverte de la Bretagne qui fait écho à notre voyage de l'an dernier que vous pouvez retrouver ici : http://grimoirescarnets.canalblog.com/archives/road_trip_en_bretagne_/index.html

I.    Présentation                                              VI.    Le village de Locronan

II.  Le jardin de l'abbaye de Daoulas            VII.  Océanopolis, un univers marin

III.  L'arboretum de Huelgoat                        IIX.  La côte brestoise

IV.  Le village de Le Faou                               IX.   Le jardin du Roscoff

V.  Les plages bretonnes                               X.     Orléans, ville étape

 

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1.Présentation

DSC00466Pas de temple bouddhiste en vue, nous nous sommes trouvés pendant quelques jours dans un endroit tout à fait zenifiant pour visiter la Bretagne pour un second voyage sur cette terre de légende. La mer était au rendez-vous avec les grandes marées et les plages, et bien que le soleil n'ait pas été forcément au rendez-vous, il nous n'en reste pas moins quelques clichés de ciel bleu de ce magnifique paysage.

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Dans le jardin, un jeune merle (Turdus merula) bat des ailes maladroitement. D'ordinaite les parents ne sont pas bien loin et guettent pour venir le nourrir. Malheureusement pour notre petit protégé, celui-ci semble orphelin et présente un oeil bien abîmé. Malgré nos efforts pour lui prodiguer nourriture et abri, il a prit le parti de se réfugier dans les fourrés loin de nos regards. Espérons pour lui qu'il aura trouvé refuge dans un arbre haut perché pour la nuit, protégé du mieux qu'il peut des prédateurs et de la pluie.

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Dans le jardin c'est une explosion de couleurs, la chenille du machaon (Papilio machaon) prend plaisir sur les tiges de l'aneth (Anethum graveolens). Le potimarron, les fleurs bleues des hortensias sur le déclin et les joubarbes au pied de la maison dans leur pot de fer complètent le tableau.

 

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2.Le jardin de l'abbaye de Daoulas

On pourrait se croire en territoire elfe à l'écoute du nom de cet imposant édifice. L'abbaye de Daoulas se tient là depuis le 12e siècle et semble encore baigner dans l'ère médiévale. Une légende raconte qu'un seigneur d'un autre village, le Faou, aurait tué deux saints au sein de Daoulas. Pour venger leur mort, Dieu aurait envoyé un terrible dragon dévaster le faubourg du Faou. Il ne faudra pas moins du courage de Saint Pol pour venir à bout du monstre et convertir le terrible seigneur qui, pour réparer son forfait, érigea l'abbaye.
Si l'abbaye de Daoulas a retenu notre attention, c'est pour son jardin  dédié en grande partie aux végétaux médicinaux. Chaque arbre et chaque fleur possède son étiquette énumérant ses noms français, latins et bretons, son origine ainsi que ces vertus. Autant vous dire que nous nous sommes régalés pendant toute une journée.

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Entre médicinales et toxiques, la frontière est mince. Datura, aristoloche, tabac... la liste des belles à la fois sauveuses et empoisonneuses est longue. Prenons l'exemple du tabac (Nicotiana tabacum). À son arrivée en Europe, sa consommation est réservée aux têtes couronnées. Il est alors d'usage de fumer la plante le soir avant de se coucher pour se défaire des maux de tête ou de la placer séchée sous ou dans l'oreiller.

DSC00522Il n'y a pas que de belles toxiques dans le jardin. Issu de la tradition des jardins de curé, celui-ci mêle à la fois les plantes dédiées aux soins, mais aussi celles produisant des fleurs pour orner l'autel religieux, des fruits et en particulier la vigne pour le vin de messe, les légumes pour assurer les repas des officiants et pour le poulailler. La différence se trouve ici dans le fait qu'il est composé en un succession de tableaux. Certains s'attachent à présenter des ensembles de plantes en fonction de leurs fonctions et de leurs vertus, d'autres par rapport à leur pays d'origine et le climat qui les caractérise. On trouve ainsi un carré méditerranéen composé d'immortelles, d'un olivier, de lavandes et de thym.

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Certaines espèces regroupent la plupart de ces particularités. Elles étaient de ce fait utilisées tout au long de l'année pour répondre aux besoins de l'abbaye. Il n'était pas rares qu'elles soient séchées pour être stockées.

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Laniad-bras, riforz, fanouilh et gouravron; voila des espèces bien de chez nous voire, communes sur une grande partie du territoire français. Pourtant leur nom pour une majorité d'entre-nous ne nous disent rien et pour cause, ils sont en breton. Une fois la barrière de la langue passée, on prend plaisir à contempler la grande ortie (Urtica dioica), le raifort (Armoracia rusticana), le fenouille (Foeniculum vulgare) et l'aurone (Artémisa abrotanum).

DSC00558L'accenteur mouchet (Prunella modularis) est généralement un oiseau discret pendant l'été. Son plumage gris cendré et teinté de roux et de brun n'y est sans doute pas pour rien.

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Celui-ci à une bien drôle de tête. Les plumes ébouriffées et gonflées, il est encore tout chancelant de s'être agité dans son bain de poussière et terre sèche. Pas plus lourd qu'un pruneau (soit 15 à 20 gr), il possède cependant un féroce appétit. À la belle saison il est friand d'invertébrés. À la mauvaise, il préfére les graines de petite taille. Bien qu'occupant une grande variété de milieux, c'est dans les forêts de conifères qu'il se plaît le plus, en particulier pour former son nid. Un couple d'accenteur mouchet donne généralement deux nichées par an, bien que les parents soient connus pour être des coureurs de jupons aux nombreux partenaires. Celui-ci a prit le parti de se réfugier dans le bosquet d'absinthe (Artemisia absinthium), une action qui n'aurait pas manquée d'inspirer Baudelaire, Verlaine, Van Gogh et Rimbaud sans oublier Manet et Picasso qui lui font la part belle dans leurs œuvres.

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Atmosphère mystique dans les allées du parc. Pierres figées par la mousse, statues et ruines anciennes en pierres de l'abbaye et prisent d'assaut par les fougères (Polypodium sp.), bassin et baptistère à ciel ouvert entourés d'arbres multicentenaires ... il y a de quoi se plonger dans les nombreuses légendes qui animent le lieu.

DSC00659L'abbaye acceuil régulièrement des expositions et des manifestations sur divers thèmes. Nous avons pu lors de notre visite découvrir "À fleur de peau : fabrique des apparences". L'objectif ici est de montrer notre rapport à l'autre mais aussi à soi et au corps à travers un organe fondamental, la peau. À travers celle-ci se sont les notions d'apparence et d'appartenance qui font échos aux visiteurs.

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Cette exposition m'a particulièrement touchée, celle-ci faisant écho chez moi, à ma formation initiale dans le domaine de la sociologie et de l'anthropologie, au même titre que la série de moulages de cire de gueules cassées de 14/18.

 

3.L'arboretum de Huelgoat.

DSC00687Voilà encore une visite dense et passionnante. L'arboretum de Huelgoat a connu des hauts et des bas et aujourd'hui ça sauvegarde passe par l'acquisition du patrimoine foncier de ce très beau parc. Je tiens à souligner le travail effectué par l'équipe qui gère le site, en particulier Malo Dormont avec qui nous avons pu parler et qui est un vrai passionné. J'espère que nous aurons l'occasion de le croiser à nouveau.

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Les allées sont plus ou moins dégagées, donnant un côté très jardin anglais au paysage. Les collections d'hortensias n'y seraient pas pour rien selon moi, de même que les divers tableaux reflétant les divers climats et régions du monde.

Ainsi sur pas moins de 22 hectares, il est possible de rencontrer quelques 3600 espèces originaires des quatre coins du globe, de se perdre parmi les grands arbres de la plaine himalayenne ou encore de croiser quelques oiseaux discrets au milieu des branchages et des bosquets sagement étiquetés de plastique blanc et rouge.

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Comment parler de la Bretagne sans parler des hortansias (Hydrangea) ? Bleus, blancs, roses et violets, voire jaunes, il y en a pour tous les goûts. Certains spécimens de la collection, bien loin de l'hortensia de mémé, font plusieurs mettre de haut, donnant au jardin des aires de parc tropical aux multiples couleurs.

DSC00753Ils commençaient à me manquer ! Voilà mes premiers champignons bretons, et pas n'importe les quels ! De délicieuses lépiotes élevées (Macrolepiota procera) que l'on reconnaît à leur grande taille, à leur large chapeau couvert d'écailles, à leur pied chiné et à leur anneau coulissant. Bien qu'excellentes, nous ne les avons pas ramassées, ne souhaitant pas dénaturer le superbe tableau qu'elles composaient au coeur du verger.

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Il n'y avait pas que des coulemelles à se mettre sous la dent ce jour là. Enfin à se mettre sous la dent, c'est vite dit, les autres espèces croisées n'étant pas forcément des plus saines à manger. Ainsi, parmi les espèces locales on peut citer la grande famille des xerocomus et l'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare), un champignon mortel qui rebute de par son amertume et qui se nourrit d'ordinaire de bois mort.

DSC00678L'arbre à fraises (Cornus kousa) est un cornouiller aux grandes fleurs formées de quatre bractées blanches ou rosées. Résistant, il peut se plaire dans des régions où les températures avoisinent les -20°C, comme dans son milieu d'origine situé entre la Chine, le Japon et les Deux Corées. C'est en septembre et en octobre que l'arbre donne ces fruits si particuliers, évoquant des fraises. Néanmoins ils n'en ont pas le goût et ne présentent pas une si jolie couleur rouge hormis si l'été s'est montré très chaud. Il est peut exigeant et s'accomode de la plupart des sols du moment qu'ils se montrent frais et peu sec, au risque de le voir végéter. Il se limite généralement aux zones de mi-ombre et de sous-bois, le soleil direct impactant fortement son feuillage. De croissance assez lente, il faudra non pas moins de dix années pour le voir croître de quatre mètres et bien que cela arrive, il est extrêmement rare de voir des individus dépasser les sept mètres. Il est important dans limiter la taille voire même de s'en passer, l'arbuste gardant naturellement un port buissonnant et les coupes nuisant à sa superbe floraison. Certains hybrides et cultivars présentent des specimens de petite taille à la floraison abondante tel que le Cornus kousa var. chinensis ou Cornus kousa ‘Weisse Fontäne’ au port quelque peu retombant.

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Quel plaisir de découvrir de nouvelles espèces. Je suis tombée amoureuses de deux en particulier, à savoir le pin parasol du Japon (Sciadopitys verticillata) aux aiguilles et au port extraordinaires et le cèdre du Japon "Monstrosa nana" (Cryptomeria japonica monstrosa nana) qui forme de véritables pompons verts dans le paysage.

 

DSC004644.Le village de Le Faou

Bienvenu sur la comme de Le Faou. Siège du PNR (Parc Naturel Régional) d'Armorique, le site possède une histoire riche. À l'origine un point de passage obligé entre les deux Amoriques, il est devenu une charmante bourgade composée de petits commerces et cela, dès l'époque romaine. C'est d'ailleur ici qu'un poignard de fer et de bronze richement orné a été découvert. Il aurait appartenu à un dignitaire celte.

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Lors de notre venue, le village s'est retrouvé en fête. Pour une journée, les médiévales se sont installées à Le Faou. Costumes d'époque, chèvres naines et moutons d'Ouessant, fabrique d'armes, bois tourné, promenades à dos de chevaux de trait et marché des producteurs locaux été inscris aux animations proposés le long de la rue marchande. Au milieu de tout cela, la petite église de pierres noires et bordée par l'estuaire s'inscrivait complètement dans l'ambiance des festivités. Elle est le lieu d'hivernage de deux espèces de chauves-souris remarquables, la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) et le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum). De ce fait, l'édifice fait l'objet d'un APB (Arrêté Préfectoral de Biotope) depuis 2001 pour permettre aux populations de ces animaux protégés de se maintenir et de ne pas être dérangés.

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Entre deux morceaux de corne muse et de biniou, nous avons pu flâner entre les stands et sentier les délicieuses odeurs des pâtisseries d'époque, toucher du bout des doigts tout une collection de courges ou encore, saliver devant les ardoises des restaurants locaux qui se sont pour un week-end, mit au goût des saveurs d'antan.

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Impressionnant non ? En fonction des marées, l'estuaire de la rivière-fleuve du Faou, nommée en breton Ster Goz, prend des dimensions impressionnantes. À marée haute nous avons pu y observer de beaux bancs de poissons.

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5.Les plages bretonnes

On trouve de nombreuses plages magnifiques sur la côte. Certaines restent encore peu connues hormis des habitants. Celle-ci nous a complètement charmé, nous offrant un panorama indescriptible. On pourrait se croire sur un autre continent ou bien, entre terre et mer, quelque part sur les côtes irlandaises fleuries de callune.

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La callune (Calluna vulgaris) appartient à la même famille que les bruyères. Elle se distingue de ces dernières par des pétales non soudés, un calice double et des petites feuilles disposées sur 4 rangs. On la rencontre partout en France, ou du moins presque, que ça soit dans le massif pré-montagneux des Alpes qu'est la Chartreuse ou à l'entrée du Massif Central, du moment que le sol est acide et qu'il y ait de la lumière. Son habitat de prédilection est la lande.

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Les marées successives ont laissé sur les falaises des algues vertes ou blanches, signe qu'elles sont été décolorées par le soleil. Il ne s'agit pas des algues vertes issues de l'industrie porcine mais pour la plupart d'Enteromorpha sp. Certaines espèces se plaisent aussi en eau douce et dans les baies saumâtres.

DSC00970La plage, c'est un lieu privilégié pour rencontrer les autres et pour se montrer, le plus souvent, tel que l'on est. C'est un espace à la fois public et sauvage qui appartient à tout et à chacun. De ce fait, on peut y capter des moments de vie particulièrement amusants ou croustillant comme cette séance de gym-yoga face à l'océan sur le sable blanc.

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Hormis une bonne séance d'étirements, on peut également voir passer des joggeurs, quelques goélands et surtout, voir plonger de nombreux baigneurs et courageux. Ce jour là la mer est à 21°C, tout comme l'air ambiant. Malgré cela, un léger vent vient refroidir les moins enhardis.

DSC01110En parlant de téméraires, voilà les deux notre qui se jettent à l'eau. Passé la délicate étape de se plonger dans la mer jusqu'à la taille, les voilà qui se lancent dans les vagues et autres rouleaux, bien souvent la tête la première. Bien que beaux comme des apollons, ils n'ont pas le panache des surfeurs qui arrivent petit à petit sur la plage.

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Coquillages et crustacés au bord de la plage ornent les rochers. Ils font partis des nombreuses espèces de décomposeurs et d'organismes filtreurs essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes marins. Il n'est pas rare de tomber sur un os de seiche, relique de céphalopodes aux capacités cognitives extraordinaires.

DSC01086Les laissées de mer sont les reliques du monde marin que l'océan et les courants apportent sur la plage. Parmi celles-ci ont trouve les étoiles de mer et les donaces des canards (Donax trunculus), petits coquillages très appréciés et souvent consommés crus ou pochés après avoir été dessablés pendant 12 à 24 heures dans de l'eau salée.

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On les rencontre aussi bien dans la Manche qu'en Méditerranée, le plus souvent sur les bancs de sables, le long des côtes sous quelques centimètres de sédiments. On les nomme aussi papillon en raison de la forme qu'ils prennent quand ils sont échoués sur la plage.

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La vie grouille sur les rochers, il est même difficile de se déplacer sans entendre, à mon grand dam, une coquille grincer sous sa semelle ou un morceau de coque se briser. Reste à ne pas glisser sur les algues échouées.

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Le paysage est sublime. Nombreux sont les voiliers à passer devant nous porter par le vent. À l'abri, protégés par la falaise, nous devons nous rendre à l'évidence, notre temps est compté. Le galop de la marée se fait de plus en plus rapide et bien vite nous nous retrouvons les pieds dans l'eau et les fesses ensablées.

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Aperçu de la montée de la mer en 3 heures de temps. Impressionnant ! Les plus téméraires reste sur la plage de galet pour profiter de la mer et de la faune aquatique qui profite de la monter de l'eau pour sortir des rochers.

DSC01017Mais avant de nous faire rattraper par les flots, nous avons pu visiter une bien jolie caverne creusée dans la roche par la mer et où d'énormes galets s'empilent les uns sur les autres. Elle donne vue tout droit sur un ensemble de rocs encerclés par les eaux et visités de temps à autre par les cormorans.

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Il n'y a rien de plus plaisant que de voir les vagues se fracasser contre la roche grise et se dispersées en écume blanche. Les rouleaux ce jour là on fait le bonheur des baigneurs et des surfeurs. Néanmoins, pas de phoques ni d'huîtriers pies (Haematopus ostralegus) en vue.

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Gribouiller sur son carnet les cheveux aux vents, plonger dans la mer la ptete la première, marcher à l'équilibre entre les rochers et sur les troncs délavés par les vagues ... nous avons eu de vraies vacances.

 

6.Le village de Locronan

L'an dernier nous avons pu visiter le village de Locronan, situé non loin de la mer. Pâtisseries locales, hortensias, vieilles pierres et choucas ont cntribué à notre émerveillement. De passage pour un après-midi, nous n'avons fait qu'un tour rapide. Néanmoins vous pouvez retrouver notre visite de ce site historique de l'an dernier ICI.

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7.Océanopolis, un univers marin.

J'ai longuement hésité à demander à mon bien aimé de visiter Océanoplis. Bien qu'ayant visiter des parcs animaliers et des aquariums, que ça soit à Lyon ou pendant mon road trip dans le sud avec mon frère, j'ai de plus en plus de mal à trouver cela éthique, surtout quand il s'agît de mammifères et d'oiseaux. Je ne nie pas l'aspect scientifique et essentiel de ces structures, en particulier pour certains espèces. Juste que je m'interoge de plus en plus sur le bien-fondé de certains et sur la place qu'ils font à l'animal.

DSC01317Néanmoins, j'ai fini par craquer. Passionnée par les grands fonds marins et les créatures dans abysses, je n'ai pas pu m'empêcher de nous embarquer, le temps d'un après-midi gris où nous étions un peu désoeuvrés, en direction d'Océanopolis. Faisant face à la mer, ce complexe brestois propose trois pavillons sur les thèmes des milieux tropicaux, polaires et de la Bretagne ainsi qu'un sentier permettant d'observer une famille de loutres d'Europe (Lutra lutra) et de loutres de mer (Enhydra lutris) dans leur quotidien.

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Bien que relayée au second plan, la flore aquatique est tout de même présentée et même expliquée, ce qui a fait en partie notre bonheur. Maillon essentiel de la vie sous l'eau, les algues et autres Oxyphotobacteria (les algues bleues) sont à la fois une source de nourriture pour la faune mais aussi, un abris, un lieu de reproduction et de ponte, une nurserie et un garde manger pour les prédateurs.

DSC01192Certains poissons semblent exotiques et pourtant, on les trouve dans les eaux froides de la Manche, parfois même dans celle du port de Brest. Il en va ainsi du rouget de vase (Mullus barbatus), apprécié des pêcheurs et qui s'approche parfois des infrastructures même s'il préfère rester entre 100 et 300 mètres de fond.

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Voyage au coeur des mers des tropiques, à la découverte de superbes animaux que sont les anémones aux longs bras, les célèbres poissons clowns et les poissons chirurgiens multicolores. Logés dans leurs massifs de corail, ils se fondraient presque à eux malgré leurs couleurs lumineuses qui comblent l'obscurité du lieu.

DSC01295Dans l'obscrutié, une pieuvre commune (Octopus vulgaris) attend. C'est l'un des animaux les plus "intelligents" (ou plutôt, ayant une intelligence proche de la notre) et qui ne cesse de surprendre les scientifiques qui l'étudient de près. Ingénieuses, les pieuvres sont capables de réaliser des opérations complexes et font preuves d'empathie en vers leurs congénères ou les humains qui s'occupent d'elles. Cependant sa vie est courte : environs 2 ans.

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Le centre n'est pas uniquement un lieu pour divertir les petits d'homme. On y trouve aussi tout un département de recherche qui a pour but de cibler et répondre aux grands enjeux de demain, que cela touche la biodiversité, le social ou l'économie. Développer des réponses à la disparition du corail, à l'augmentation des populations de méduses ou à la raréfaction du plancton fait parti de leurs objectifs.

DSC01289Abrité dans son aquarium de verre, ce crabe profite du calme dont il dispose pour entamer sa digestion. Il est accompagné d'anémones avec les quelles il vit en symbiose, celles-ci lui assurant protection et ces dernières tirant bénéfice des miettes de ses repas. Seuls ses yeux rouges semblent visibles dans la végétation.

 

DSC013298.La côte brestoise

Sortis du complexe d'aquariums, nous n'avons pas pu nous empêcher de flâner sur le bord de mer puis sur les longs remparts de la ville de Brest avant d'atterrir dans un mystérieux petit jardin de ville. Nos yeux avaient besoins de lumière et nous avons pu à loisir observer sous un ciel gris les pêcheurs s'afférer avec leurs prises du jour.

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Une araignée de mer (Maja brachydactyla) portée par les courants est venue s'échouer sur le brise-vagues du port de plaisance. Sa dépouille ferra le bonheur des goélands marins (Larus marinus) que l'on peut voir au loin suivre les bateaux revenants de la pêche et ceux des plaisanciers profitant du temps du goûter pour les nourrir de restes de pain et de sardines à l'huile.

DSC01337Brest est le deuxième port militaire français après Toulon et peut accueillir deux portes à la fois (soit 270 m de bateaux). On y trouve de très nombreuses frégates et navires marins. Dés 1674 cet arsenal a pour fonction d'assurer la défense du pays que cela soit en mer ou depuis les remparts des forteresses qui la compose.

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Brest est une ville tout de fer et d'acier. Les bras mécaniques et gigantesques rappellent au combien la ville est avant tout une cité de marins et surtout, de construction de bateaux- monstres destinés à la guerre.

DSC01340Qui l'aurait cru ? Depuis le 19 novembre 2016 Brest possède son propre téléphérique. Bien que l'on soit plus habitué à voir ce type d'édifice en montagne ou à Grenoble, l'entreprise n'est pas uniquement un coup de marketing. Traversée par le Penfeld, il n'y avait pas beaucoup d'autres alternatives (vraiment ?) pour permettre au public de joindre rapidement les deux bouts de l'agglomération. Depuis le 9 août de cette année, le téléphérique ne possède  plus qu'une seule cabine, l'autre étant tombée pendant une opération de maintenance.

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Pour compléter cette journée, nous ne pouvions pas quitter la ville. Après avoir visité le magnifique jardin botanique de Brest (ICI), nous avons fait le pari de visiter ce tout petit parc bien surprenant. Nommé le jardin des explorateurs, il présente les grands voyageurs brestois qui au fil des siècles ont ramené des plantes issues des quatre coins du monde. Parmi les destinations de choix de ceux-ci, l'Australie, les Amériques, le Japon et l'Inde.

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9.Le jardin du Roscoff

Voilà un gros morceau. Nous avons pu, sur la fin de notre périple, visiter le Roscoff. C'est avec émotion que je vous parle de ce jardin exotique car celui-ci a suscité chez moi un sentiment que je ne saurai expliquer, une sorte d'illimunation et d'extase qui aujourd'hui encore me collent à la peau et me rendent nostalgiques du lieu.

DSC01418De larges allées fleuries nous attendaient. Composées d'une multitude de végétaux, elles donnent le charme des îles à ce petit bout de Bretagne. Débuté sur un bout de rocher dans l'optique de préserver celui-ci, le parc c'est peu à peu étendu pour prendre les dimensions qu'on lui connaît aujourd'hui.

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Sous la serre, de nombreuses espèces des milieux désertiques s'épanouissent. Les cactées donnent leurs premières fleurs et les euphorbes présentent, en plus d'un suc mortel, des épines bien impressionnantes. Elle nous a été d'un précieux secours, le pluie commençant à battre avec force avant de laisser place à un ciel couvert mais calme.

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Voici quelques espèces typiques de ces milieux. Bien que superbes, nombreuses sont celles d'entre-elles à être mortelles et pour cause. La végétation étant rare dans les zones aux conditions  de vie rude, elles sont une source de nourriture attractive. Pour sauver leur peau elles n'ont d'autre choix que celui de faire usage de poisons.

DSC01458La panorama est à couper le souffle. La mer vient se jeter au pied de cette jungle improvisée au milieu des champs. Utilisé pendant de nombreuses années par les agriculteurs pour stocker leur déchets verts, la parcelle s'avère présenter un sol extrêmement riche. Rajoutons à cela un micro-climat tempéré et vous obtenez la clé pour faire pousser presque n'importe quoi. Épargné par le gel, le Roscoff est une terre de rêve pour les jardiniers.

DSC01508Le jardin se présente comme un tableau, permettant au visiteur de passer d'un continent à un autre et de plonger dans le quotidien d'une flore qui lui est méconnu. Ici et là, une rivière, des bassins, une statue, un kiosque ou une passerelle ouvrent un point d'horizon sur le paysage ou au contraire, forment une alcôve dans la végétation.

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Dominé par de grandes fougères arborescentes (Cyatheales), le chemin se couvre d'un toit de verdure propice à la détente et aux cachotteries. On se croirait dans une forêt équatoriale humide et sombre. Après avoir vadrouillé en ville, il fait bon de voir ce camaieu de verts tendres.

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Pendant notre visite, j'ai déclaré un véritable coup de foudre pour un genre végétal qui m'était alors inconnu : les Eucomis. Originaires pour la plupart d'Afrique du Sud, je n'ai pu me défaire de leur fleurs aux couleurs graphiques. Dans l'ordre : Eucomis comosa, Eucomis pole-evansii et Eucomis montana x2.

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Pour Thomas, le coup de coeur c'est fait sur la grande variété de Kniphofia, en particulier Kniphofia drepanophylla qui présente un dégradé de couleur surprenant et un inflorescence massive.

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Difficile de ne pas parler des Protea. Ces fleurs spectaculaires venues d'Afrique du Sud, sont d'ordinaire très difficiles à maintenir sous nos latitudes et pourtant ! Le jardin regorge de ces merveilles à la floraison abondante et aux couleurs chatoyantes. Au pied de l'une d'elle, un petit agaric (Agaricus sp.) s'est installé.

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Dernier coup d'oeil vers la mer, histoire de garder un souvenir. Trois pas sur la plage, une chute sur les galets, deux coquilles de mollusques ramassées comme butin et puis c'est le retour vers la voiture pour continuer notre périple. Du haut du rocher aux corsaires, refuge historique des pirates bretons, Bretagne, je te dis au revoir.

 

DSC0157510.Orélans, ville étpae

Nous voilà pour la soirée à Orléans. Après plus de 8 heures de route depuis la Bretagne, nous avons fait le choix de passer la nuit dans cette ville qui nous est mal connue. Le temps d'une soirée, nous avons pu déambuler dans les rues piétonnes et profiter d'une terrasse de café qui donne directement sur le sommet de la cathédrale. Ce n'est pas une grande cité mais se promener le long de la Loire, marcher sur les pavés et manger un bon petit plat reste, somme toute, des activités fort agréables.

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Les  façades changent quelques peu de celles que nous avons pu voir le long de l'Océan et de la Manche. Les bardages sont colorés et, ne vont pas sans rappeler ceux de Vannes, la cité morbihanaise que nous avons pu visiter l'an dernier et dont les quais pullulaient de pokémons.

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Voilà une soirée assez magique passée en amoureux. Après une bonne nuit de sommeil nous voilà frais et dipso pour la suite de notre périple avant de retourner sur Lyon. Prochaine étape : le clébre arboretum des barres de l'ONF, à 97 kilomètres de là et où nous avons été bien inspirés : pas moins de 333 photos résument cette journée. La suite au prochaine épisode et promis, je ne mettrai pas 333 jours pour éditer un nouveau billet.

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dimanche 10 septembre 2017

En passant par la Bourgogne : l'arboretum de Pézanin.

DSC09706La rentrée est passée, il est l'heure de se pencher sur le bilan de l'été. Rien de nouveau sous le ciel bleu, mon cher ordinateur a hélas rendu l'âme. Néanmoins je ne suis pas sans moyens et une série d'articles devrait bientôt voir le jour. Ainsi, fin juillet, nous nous sommes embarqués pour une journée en Bourgogne. L'objectif ? Visite de l'arboretum de Pézanin, situé sur le département de la Saône-et-Loire, à une heure 20 du Sud de Lyon. Celui-ci a la particularité d'être composé d'espèces des 4 coins du monde plantées dans une véritable forêt, le tout sous la gestion de l'ONF.

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C'est l'un des plus anciens arboretums de France, il présente une collection extrêmement riche, pas moins de 500 espèces, et on y trouve même un étang de 4 hectares autorisé à la pêche. Fondée en 1903, ce ne sont pas moins de 1100 espèces qui a ses débuts sont plantées. Face aux réussites et aux échecs de cette entreprise, l'arboretum continu d'être enrichit de nouvelles essences, toujours dans une démarche d'expérimentation et d'acclimatation, deux grands axes qui définissent la personnalité du lieu.

DSC09722Accouplement entre deux grandes loches (Limax maximus) au milieu des feuilles d'oxalis petite oseille (Oxalis acetosella). Ce milieu humide est propice à leurs ébats. C'est en automne que la ponte à lieu dans le sol humide.

DSC09723Drame dans le sous-bois, une message a été occis. Il semblerait qu'il s'agisse d'une mésange charbonnière (Parus major) ou possiblement, d'une mésange bleue (Cyanistes caeruleus). Ces petits passereaux sont très abondants dans les zones boisées, les lisières, les parcs de ville et les jardins des particuliers. Ls mésanges ont de nombreux prédateurs, en particulier les chats, les martres, les fouines et les oiseaux de proies comme les buses.

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Il ne reste de l'oiseau plus qu'une plumée. Peut être est-ce un juvénil qui n'a pas su prendre son envol ou alors, d'un adulte fatigué ou malade. Qui sait ?

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La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est une fougère très commune qui se plaît dans les sols humides, acides et de préférence ombragés. Très consommée en Asie après une cuisson à la cendre et avoir été bouillie dans plusieurs eaux, elle reste cependant riche en toxines et en particulier en ammoniaque, ce qui expliquerait notamment le fort taux de cancers de l'estomac au Japon. Coupée, sa tige laisserait apparaître l'image de la tête d'un aigle en son centre. Elle servait de litière au bétail de par ses propriétés insectifuges.

DSC09690Parmi les résineux remarquables du site on peut citer les séquoias (Sequoiadendron), les cyprès chauves (Taxodium distichum), les cèdres (Cedrus) et les mélèzes (Larix). Certains atteignent des tailles vertigineuses du fait qu'ils soient centenaires et aient résisté aux tempêtes.

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Parmi les autres arbres remarquables on peut citer les arbres de l'érablaie composée de 37 variétés asiatiques et américaines, les grands boulots de Sibérie ainsi qu'un séquoia géant (Sequoiadendron giganteum) de plus de 50 mètres de haut qui vaut le détour et attire de nombreux visiteurs (pas moins de 25 000 par ans).

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L'abondance de bois mort dû à la présence de la forêt, à la gestion différenciée et aux vents qui sont parfois fatals aux arbres, est propice au développement du polypore soufré (Laetiporus sulphureus). Ce champignon est très apprécié aux Amériques où il porte le nom de "poulet des bois". Plus ou moins toléré, il est parfois utilisé dans la confection de nuggests vegans, de par sa consistance et sa texture proches de la viande.

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On retrouve cette abondance de la fonge dans le sous-bois, avec en particulier la présence du marasme petite roue (Marasmius rotula) que l'on peut voir sur la photographie de gauche. Ce champignon frêle qui se nourrit de la matière organique décomposée issue des feuillus tel que les feuilles, ls racines et les branchages.

DSC09747Les clitocybes (Infundibulicybe) sont des champignons qui se caractérisent, chez une bonne partie des membres de cette famille, par leurs chapeaux en forme d'entonnoir prononcée. On y trouve aussi bien des espèces comestibles que vénéneuses ce qui pousse à être des plus prudents dans leur cueillette et leur consommation.

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Ici, et sous réserve, il semble s'agîr du clitocybe en entonnoir (uInfundibulicybe gibba), une espèce comestible commune dans les bois de feuillus. Comestible moyen, il apparaît souvent après des pluies abondantes et des chaleurs douces. les amateurs lui préfèrent en général le clitocybe géotrope (Infundibulicybe geotropa), une espèce plus massive et plus charnue qui a l'avantage de moins réduire à la cuisson, de rester ferme et de pousser en groupe mais, qui semble plus difficile à trouver hormis dans certains secteurs du Sud-Ouest de la France.

DSC09727Drôle de créature n'est-ce pas ? Il s'agît de la pectinatelle (Pectinatella Magnifica), une colonie de petites organismes (les zoïdes) nommée bryozoaire, qui apprécie les eaux douces plutôt chaudes et stagnantes. Originaire d'amérique du nord, ce méga-organisme présent en France depuis 1995 se nourrit en filtran l'eau et en ingérant les particules nutritives qui s'y trouvent. Cette capacité intéresse de près de nombreux centres de recherche, en particulier en écologie, du fait que la pectinatelle pourrait auto-épurer de grandes étendues d'eau.

DSC09696Difficile de parler d'un arboretum sans parler d'arbre. Le hêtre à feuilles laciniées (Fagus sylvatica "asplenifolia"), est aussi appelé hêtre à feuilles de fougère. C'est un cultivar esthétique qui peut atteindre 20 mètres de haut. Il n'est pas plus exigeant que sa forme sauvage, le hêtre commun (Fagus sylvatica), et présente des traits proches de celle-ci, à savoir une résistance aux basses températures (-15°C), une préférence pour les sols acides et riches en humus.

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Sous son feuillage (qui couvre facilement 10m²), un beau jeu de lumière se dessine. Pour le mettre en valeur, il est recommandé de le planter seul dans une étendue ouverte.

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L'arboretum du Pézanin est riche en biodiversité, on peut observer de nombreuses espèces tel que le papillon tabac d'Espagne (Argynnis paphia) sur une des nombreuses ombellules d'angélique sylvestre (Angelica sylvestris), des ragondins (Myocastor coypus) actifs même le jour, de tous jeunes crapauds communs (Bufo bufo) et des jolies araignées, les agriopes frelons (Argiope bruennichi) se nourrissant parfois  de demoiselles, une sous-famille des libellules. À ne pas oublier, les nombreux colverts (Anas platyrhynchos) peu timides.

DSC09798La calocère visqueuse (Calocera viscos) est un petit champignon flamboyant qui dépasse rarement 10 cm. Inféodée la plupart du temps aux résineux (épicées et pins de préférence), il n'est pas rare de la croise du milieu de l'été jusqu'au début de l'hiver quand les premières gelées font leur apparition. Appétissante, elle causerait, même bien cuite, des désagréments d'ordre intestinal.

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Parfois discrète, en particulier dans les milieux où les feuilles mortes sont abondantes, son mycélium s'enfonce profondément dans l'humus dont elle se nourrit. Bien que résistante, les ramifications de cette calocère sont caoutchouteuses et peuvent facilement se rompre si elles viennent à être trop manipulées. Bien que facile à identifier de part sa couleur jaune orangée, il est possible de la confondre avec d'autres calocères ou certaines clavaires et ramaria colorées.

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Chaque espèce de l'arboretum est identifiée par une plaque comportant le nom latin, le nom vernaculaire, la famille, le numéro et souvent, la région dont est issu l'arbre afin de permettre une identification rapide.

DSC09731Pêche miraculeuse ? Il ne reste plus grand chose de ce qui semblait être un gardon (Rutilus rutilus), que l'on reconnaît en artie à ses nageoires rouges. Perches, carpes et brochets peuplent eux aussi le petit étang et font le bonheur des familles qui viennent pêcher sur ses berges.

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Cela n'empêche pas cette famille colvert de se promener tranquillement. Les hérons et les buses ne semblent pas des plus incommodés non plus, protégés des regards par l'épais feuillage des arbres qui leur sert de camouflage. Bref, une super sortie que nous avons bien mit à profit pour nous perfectionner et que nous renouvellerons bientôt !

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