lundi 15 février 2016

Sortie en montagne 13.

DSC09794

N'est-il pas beau, ce sommet enneigé du mont Ventoux ? Été comme hiver il est d'une blancheur immaculée. Quand les rayons du soleil se feront abondants et chauds, la neige laissera rapidement place à de la caillasse tout aussi blanche. On y trouve une flore rare et de nombreuses espèces uniques en France.

 

Le Cynips de la galle ronde du chêne (Andricus kollari).

Ce cynips est un tout petit insecte de la famille des Cynipidae. Il est un lointains cousin des guêpes, des fourmis et des abeilles. Les femelles pondent leurs oeufs sur les rameaux du chêne pédonculé (Quercus robur). L'arbre va produire pour se protéger des tissus qui vont entourer le corps étranger et vont former une "noix de galle". Les larves vont s'en nourrir jusqu'à s'en extirper en perforant la paroi. Ces galles ne sont pas dangereuses pour l'arbre.

DSC09450

DSC09542 DSC09561

DSC09851

DSC09854 DSC09540

 

La campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides).

 Cette grande campanule est très présente dans toute la partie Est de la France. On la rencontre dans les friches, les champs, les jardins, les forêts, les bords de route etc. Elle a été pendant un temps utilisée comme légume dans les potagers car ses tubercules et ses jeunes feuilles cuites à l'eau sont comestibles sans pour autant être très bons. C'est désormais dans les jardins qu'elle est cultivée pour sa beauté et ses dimensions.

DSC07780 DSC07782

DSC07769

 

Le pavot cornu (Glaucium flavum).

 Ses feuilles sont très reconnaissables mais c'est surtout grâce aux longues cosses de ses fruits que l'on peut avec certitude le reconnaître. Ici sur la commune de Sault elle pousse un peu près à la hauteur maximale qu'on lui connaît : 800m. Elle est très présente dans le midi et le long des côtes françaises. Sa floraison se fait normalement entre février et juillet mais cette année elle est en avance comme pour de nombreuses plantes.

DSC07928 DSC07930

DSC07931

DSC07934 DSC07943

 

La famille des trèfles (Trifolium).

 Les trèfles appartiennent aux fabacées. Ils vivent en symbiose avec des bactéries qui fixent l'azote au niveau de leurs racines. On rencontre de nombreuses espèces de trèfles comme le trèfle des prés (Trifolium pratense) présent sur les deux premières photographies ou le trèfle blanc/rampant (Trifolium repens) visible en dessous. Ils sont cultivés pour redynamiser les sols et comme fourrages pour de nombreuses espèces animales.

DSC07788 DSC07783

DSC07791

 

La scabieuse à trois étamines (Scabiosa triandra).

 En voilà une autre à la floraison détraquée. D'ordinaire cette scabieuse fleurie de juillet à octobre. Celle-ci début décembre était encore bien ouverte. On la rencontre surtout dans le Sud-Est de la France dans les zones très ensoleillées et plutôt exposées à des températures chaudes, même sur un court laps de temps.

DSC07802

 

Le silène enflé (Silene vulgaris).

 Il porte ce nom en raison des calices des fleurs bombés et nervurés. Les enfants les utilisent comme claques doigts en fermant l'extrémité ouverte d'une main et en écrassant de l'autre le ballon ainsi formé. Les jeunes pousses sont parfois récoltées pour être cuisinées crues ou cuites à l'eau pour leur goût de petit pois.

DSC07978

DSC07903 DSC07908

 

La centaurée jacée (Centaurea jacea).

 Elle porte aussi le drôle nom de "tête de moineau". On la rencontre un peu partout en France dans les champs, les près et dans les milieux plus ou moins frais. Elle s'étant du Sud de l'Europe au Nord de la Sibérie. Elle est récoltée pour les structures pharmaceutiques pour les propriétés médicinales qu'on lui prête.

DSC07809 DSC07814

DSC07810

DSC07813 DSC07817

 

Le Gaillet gratteron (Galium aparine).

 Pour le reconnaître il faut se fier à ses tiges carrées, aux petits fleurs blanches à quatre pétales, aux graines qui s'accrochent aux poils et aux feuilles se terminant par un léger crochet. On l'utilisait enfant comme "balle adhésive" en formant avec les tiges une boule qui s'accroche aux vêtements et aux cheveux. Les pousses sont parfois consommées en salade ou en soupe et parfois, comme traitement pour la peau en médecine populaire.

DSC07913 - Copie DSC07915

DSC07924 - Copie

 

L'absinthe (Artemisia absinthium).

 Nommée aussi armoise ou herbe sainte, elle est intimement liée à l'histoire des hommes. C'est une plante médicinale utilisée autrefois pour les maux d'estomac, les règles, les fatigues etc. Elle est surtout connue pour son utilisation dans la célèbre absinthe, alcool du même nom qui en France était très apprécié à l'époque des romantiques. Dans l'emploie médicamenteux comme dans l'alcool, elle s'avère toxique et dangereuse. Certains auteurs comme Charles Baudelaire s'en enivrait et la nommait "la fée verte", lui prêtant les traits d'une muse.

DSC07820 DSC07822

 

Les églantiers sauvages (Rosa sp).

 On confond trop souvent l'églantier (Rosa canina) avec les autres espèces de rosiers qui pousse de manière naturelle en France. Bien qu'il soit très courant, il se différencie des autres espèces par la forme de ses feuilles, la couleur des pétales ou la taile des fruits. Néanmoins la distinction est rarement simple à faire.

DSC07988 DSC07989

DSC07991 DSC09396

 

Le pin à crochet (Pinus uncinata).

 Très abondant au mont Ventoux, il résiste très bien au froid, à la neige mais aussi aux vents violents et aux fortes chaleurs. Pour certains botanistes il est une espèce à part entière mais pour d'autre il s'agît d'une sous-espèce du pin de montagne (Pinus mugo), ce qui entraîne parfois de vifs débats. On l'emploi pour reboiser les zones déforestées ou pour les industries gourmandes en bois, en particulier dans la construction de charpentes.

DSC09761 DSC09770

DSC09788 DSC09782

 

L'étude des lichens : la lichénologie.

 Les lichens sont l'heureux mariage entre un champignon et une micro algue (pour simplifier les choses). La naissance d'un individu viable et fécond se nomme une lichénisation. La lichénologie se penche sur les phénomènes liés à l'apparition des lichens, des espèces découvertes et à découvrir, à leur symbiose, de la manière dont elles s'adaptent à travers le monde et à l'identification des champignons et algues les composants.

DSC09407 DSC09618

DSC09623

 

Pelouses sèches de la vallée du Ventoux.

 C'est un milieu bien particulier où l'on rencontre des espèces rares. On parle de pelouse sèche quand on fait face à une zone composée d'herbes rases composées de graminées et de petites herbacées. Ce type de végétation se rencontre de manière ponctuelle au Ventoux en raison des forts vents dépassants parfois les 250km/h, du sol qui est très drainant, pauvre en substrat et en éléments, des pluies faibles et aux fortes variations de chaleurs.

DSC07962

DSC09367 DSC07792

 

Les fruits de montagnes.

En montange on rencontre de nombreusesbaies qui peuvent aussi bien nourrir les oiseaux que les hommes. Les fruits d'aubépine (Crataegus sp.) étaient employés dans la confection de farine. Les pines de pin à crochet (Pinus uncinata) peuvent se consommer comme des pignons et les baies du genivrier commun (Juniperus communis) fait le plaisir des amateurs de choucroute. Par contre les frutis du lierre (Hedera helix) nous son toxiques.

DSC09399 DSC09400

DSC09580

DSC07799 DSC09393

 

Le village de Sault.

 C'est une commune du Vaucluse qui culmine à 765 m d'altitude. Elle est entouré du haut de son piton rocheux de champs de lavande et de pâtures à moutons qui composent une partie de la vallée du Ventoux. Le climat y est rude : l'été y est sec et chaud, il n'est pas rare de voir des abondantes chutes de neiges l'hiver et le vent qui y souffle décorne un boeuf sans mal. Malgré cela, Sault reste un très beau village où il fait bon s'y promener.

DSC07996 DSC09369

 DSC09376

Cycle d'une plante annuelle.

 Comme leur nom l'indique, il s'agît de plantes qui ne vivent pas plus d'une année. Parmi celles-ci on trouve par exemple le basilic, la bourrache, la marjolaine, le datura ou encore le pourprier. De leur germination à leur mort, pas plus d'un an ne s'est écoulé. Pour favoriser la survie de l'espèce, elles ont une floraison rapide, prolongée et importante pour augmenter leur reproductivité et une production de graines souvent très abondante.

DSC09477 DSC09874

DSC09877

PB080458 PB080460

 

L'oothèque de la mante religieuse (Mantis religiosa).

 C'est dans l'oothèque que la femelle de la mante religieuse dépose sa ponte, soit entre 200 et 300 oeufs. Elle la produit grâce à ses valves génitales qui donnent une soie résistante durcissant à l'air libre. C'est par la bande blanche que les petites mantes sortent à l'arrivée des beaux jours, c'est à dire vers le mois de mai.

PB080453

 

Le sous-bois des chêneraies.

 Le Ventoux est une terre de vins mais surtout de truffes noires (Tuber melanosporum). De ce fait on croise de nombreuses chênaies plus ou moins anciennes dont certaines abritent le précieux champignon. Sur le sol de celles-ci on trouve une variété de plantes importantes et atypiques car le chêne est un arbre qui laisse filtrer facilement la lumière. Ainsi des plantes peu commnes d'ordinaire dans les bois s'y épanouissent plutôt bien.

DSC07797 DSC09502

DSC09422 DSC09894

 DSC09449

Le mot de la fin.

 Un très bon séjour en perspective où la gastronomie a été à la fête. En effet, au Ventoux il y a de quoi boire et manger bien et bon .... mais les mollets ne sont pas restés inactifs pour autant ! Il a fallu d'autant plus affronter de terribles rafales de vent pour admirer le paysage. Heureusement qu'au centre du village se trouve une boutique de nougat pour motiver et redonner un peu de courage aux marcheurs au nez rougit par ce vilain temps.

PB080483 PB080557


mercredi 12 décembre 2012

Magie de la truffe isèroise.

SAM_0402 (2)

En Isère, nous aussi nous possédons le rare diamant noir qu'est la truffe.

Les photos qui illustrent l'article sont celle de la récolte 2012.

SAM_0933 (2) SAM_0377 (2) SAM_0932 (2)

Cinq espèces sont référencées, à savoir la tuber melanosporum, la brumale, la mésentérique, la truffe de Bourgogne et la tuber aestivum, celle que nous ramassons de par chez nous.

SAM_0400 (2) SAM_0401 (2)

La tuber aestivum , truffe blanche d'étéou truffe de Saint-Jean est une variété sauvage de truffe non cultivée qui a un léger goût de noisette et de champignon forestier. C'est elle qui est utilisée dans l'agro-alimentaire généralisé car elle est peut onéreuse (jusqu'à 70 euros les 100 grammes ce qui reste honorable).

P1000748 P1000749

La truffe aestivum comme toutes les espèces de truffes, pousse sous terre. Il est néanmoins fréquent dans croiser à la surface car ce drôle de champignon vit en symbiose avec les noisetiers, les frênes ou les chênesdans les sols calcaires. A l'aide de ses filaments, le mycélium qui compose le corps sous terrain du champignon (et qui peut être  immense) échange avec les racines le l'arbres des nutriments, de l'H20, de l'azote et du carbone. C'est un procédé de bon voisinage.

P1000751

Parfois, c'est en s'attardant sur un tout petit détail qu'elles peuvent nous apparaître, comme ici où une truffe tente de se faire discrète en arrière plan. 

P1000131 SAM_0376 (2) SAM_0403 (2)

Attention à ne pas confondre tuber aestivum avec tuber uncinatum, la truffe de bourgogne, car bien semblables d'apparence avec leur peau couverte de petites verrues noires géométriques, la deuxième à un parfum plus prononcé et une chair plus foncée contrairement à l'aestivum qui elle est blanche striées de marron à l'intérieur puis devient brune une fois coupée et exposée à l'air libre.

P1000752 P1000753

Malheur à la truffe oubliée par le ramasseur et repérée par la mouche à truffe, qui volant en zigzag et attirée par la délicieuse odeur du champignon pourrissant et se pose sur celle-ci pour y pondre ses oeufs. Les larves, dodues et blanches, vont s'y développer bien au chaud, entourées de leur garde-manger. Puis à leur tour, quand le bon temps viendra, elles s'envoleront à leur tour pour perpétuer l'espèce. Pour le chasseur de truffe n'ayant ni chien, ni cochon truffier, c'est un bon indicateur de la présence de truffe ou non. 

SAM_0405 (2) SAM_2598

La récolte se fait de début mai quand la pluie a été abondante  ou en juin, jusqu'à la mi-septembre si l'humidité et le soleil se sont alternés. Les spécimens apparents sont souvent plus petits et plus coriaces car le soleil les assèche vite. Cette espèce de truffe est généralement petite mais certains spécimens peuvent faire les 3/4 d'un point humain. 

SAM_0398 (2)

Pendant la récolte, il faut bien prendre garde à ne pas piocher partout au risque de blesser le délicat mycélium de la truffe ni les racines de l'arbre ôte dans les quelles elles aiment se faufiler, car elles restent des champignons rares, parfois en fois voie de disparition dans les régions où elles sont très recherchées. La Suisse a à ce titre classée la truffe comme espèce menacée et a interdit la récolte sur tout son territoire. Les amateurs de champignons et les promeneurs du dimanches s'exposent à une très lourde amande s'ils sont prit la main dans le sac.

P1000132 SAM_1280 P1000130

Bref, la neige prépare l'humus et les racines à la prochaine fructification de nos tendres truffes mais aussi morilles qui bien souvent, partage le même biotope. Espérons que la récolte soit bonne pour l'année à venir. fo