vendredi 14 août 2020

Sortie en campagne 14 : un nouvel air.

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À gauche, la vue de notre fenêtre avant, à droite, la vue de notre fenêtre maintenant, et bien qu'elle reste très urbaine, elle nous ravie par le passage des nombreux milans noirs (Milvus migrans) qui se font de plus en plus rares dans le ciel, la migration de l'espèce ayant débuté à la mi-juillet. Bientôt les cigognes blanches (Ciconia ciconia) puis les grues cendrées (Grus grus) prendront le même chemin. Leur vol nocturne sera plus discret.

DSCN4724Nous aimons les zones humides, mais nous avons avant tout exploré les champs et les vergers, des milieux regorgeant d'une faune à laquelle je suis peu familière et pour cause. Dans le cadre de mes loisirs, je suis toujours au bord de l'eau ou dans les forêts et dans celui de mon métier, c'est exactement la même chose. Autant dire que pour moi les soirées passées en bordure des cultures céréalières à guetter les chouettes et les lièvres ont été un véritable régale. Il n'en ai pas de même pour mon bien-aimé qui a fait de l'arboriculture son travail et qui connaît bien ces milieux sur lesquels il travail. Pourtant, reste toujours aussi émerveillé par le moindre moineau ou merle qui se présente à lui parmi les branches des pommiers et des pêchers. En cette période de chaleur, où bien d'autres choses de la vie se sont ajoutées, je n'ai pas toujours loisir à explorer ce nouveau chez moi. Qu'importe, j'ai pu longuement en profiter en juin et d'ici quelques semaines je compte bien retourner me promener aux prés.

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Voilà un oiseau dont je n'ai jamais fait la présentation sur le blog. La fauvette grisette (Sylvia communis) est un oiseau typique des champs et vergers. Je prends plaisir à la découvrir. Tête grise, ailes rousses et ventre blanc, on ne peut se tromper. Sans chant peut par moment ressembler à celui de se cousine la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais il est beaucoup plus monotone. Les mâles chantent souvent au sommet des buissons.

DSCN4673Un classique des prairies à graminées, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) qui porte si bien son nom. Exclusivement granivore, il ne peut se nourrir que de graines, à l'exception des oisillons qui pour se développer rapidement ont besoins d'invertébrés, un source de nourriture riche en protéines. Braconnés pour être mis en cage comme animaux de compagnie, ils sont piégés à la glu comme à Poissy (78) l'an denier ou par appelé en juin de cette année an Occitanie. Pour rappel en 10 ans l'espèce à diminue de 25 à 40 % selon les départements.

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En voilà une que l'on ne présente plus et qui, pourtant pas simple à saisir. La buse variable (Buteo buteo) est un oiseau ubisquiste (multi-tâches) qui s'adapte à un grand nombre de milieux. Dans les verges, elle va surtout prédater les petits mammifères comme les mulots et les campagnols. Plus rarement, elle peut prélever quelques passereaux de la dimension d'une mésange ou d'un moineau, en particulier des juvéniles prenant leur envol.

DSCN4738Depuis les champs, nous avons vu sur Fourvière et sa basilique. Presque chaque jour, j'emprunte le long tunnel qui passe juste en dessous du monument et d'un sacré paquet de quartiers. Gaz d'échappement, bouchons et klaxonnes, c'est souvent un vrai périple pour rejoindre mon bureau et les lieux d'animations qui se trouvent au-delà de la colline.

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Cela fait du bien de s'éloigner de Lyon et sa banlieue. Nous respirons un autre air. Nous en restons néanmoins proches, et les jours où la circulation est calme il ne nous faut à peine plus de 25 minutes pour atteindre le centre ville, mais cela reste rare et pour le moment, nous n'avons pu que peu expériementer les aller-retours ville-campagne.

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DSCN4730Le soleil se couche sur les Mont du Lyonnais. De l'autre côté de cultures, depuis notre fenêtre, nous avons vue sur le sommet du Pilat qui se plonge dans l'obscurité. 15 minutes de marche et nous pouvons tremper les pieds dans le Vieux Rhône. Le rêve pour nous qui aimons l'eau et la montagne. Il se pourrait d'ailleurs que d'ici quelques temps une expédition "pêche à l'écrevisse rouge" se monte sur une des rives du fleuve. À voir.

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Surprise ! Voici un insecte que je n'avais vu qu'une fois dans ma vie, il y a de cela 3 ans. Il s'agit du rhinocéros européen (Oryctes nasicornis), un magnifique scarabée et l'un des plus gros du genre. Le mâle se reconnaît à la corne qui orne sa tête et dont l'espèce tire son nom. Rare, nous avons eu la bonne chance lors d'une balade nocturne en juin d'en voir voler au-dessus de nos têtes et même un venir se poser à nos pieds. Sa larve est semblable à celle du hanneton. Se nourrissant de bois mort, elle reste sous cette forme pendant 2 à 4 ans.

DSCN4622La mare réalisée à l'automne 2019 est à sec. C'est une écologie normale pour ce type de milieux qui le plus souvent se veut temporaire. Néanmoins la sécheresse de cette année n'a fait qu'accroître le phénomène, ne permettant ainsi plus aux animaux aquatiques (escargots, araignées, grenouilles, éphémères, insectes etc.) de se développer normalement. À la date du 7 août, 72 départements sont en restriction sécheresse. La Creuse et la Haute Vienne sont en crise intégrale, c'est à dire que le prélèvement d'eau ne peut se faire pour des aspects prioritaires : santé, sanitaire, consommation et sécurité civile. Même les exploitants ne sont plus considérés comme prioritaires. Dans le Rhône, l'alerte est dite renforcée localisée. En somme, réduction sous conditions des usages des ressources en eau par les exploitants et interdiction d'usage de l'eau à certains horaires. Au moment où j'écris ces lignes, un reclassement en crise localisée est envisagé.

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Dans les pommiers les jeunes grives font leurs premiers vols. À cette période de l'année on peut rencontrer deux espèces, la grive draine (Turdus viscivorus) et la grive musicienne (Turdus philomelos). Très similaires, on les distingue par leur paterne de tâches sur le ventre qui sont plus grandes et variées chez la grive draine. Néanmoins le chant reste le meilleur moyen de savoir à laquelel des deux on a à faire.

DSCN4695En voilà un que l'on entend plus souvent qu'on ne le voit. Le rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos) est connu pour son chant poétique, fort et inimitable. Succession de strophes rapides et de complaintes tristes, je l'ai véritablement découvert l'été 2019 lors des prospections nocturnes à la recherche des tritons crêtés (Triturus cristatus) et des chouettes et des hiboux de la campagne des Monts du Lyonnais et des Grandes Terres.

DSCN4554Dans les fourrés où se cachent les animaux, les plantes grimpantes prennent leurs aises pour atteindre la lumière. Parmi celles-ci la vesce de Cravovie (Vicia cracca), dont lesj eunes gousses peuvent se manger comme des manges-tout cuits à l'eau ou en cuisson vapeur.

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Jointe à celle-ci, la bryone dioïque (Bryonia dioica), qui dans nos campagnes à la même réputation que la mandragore (Mandragora officinarum) que l'on trouve dans le sud et qui n'est pas qu'une plante appartenant au bestiaire fantastique d'Harry Potter. La bryone est une plante toxique dont la racine ressemble à un corps, formant une grosse tête et quatre membres. De nombreuses légendes l'associant aux sorcières et aux maléfices en ont fait une plante populaire dans la mythologique fantastique lui valant le surnom de navet du Diable ou rave de serpent. À l'automne les lianes grimpantes perdent leurs feuilles et offrent de très belles rouges qui ornent les bosquets et font le plaisir des oiseaux.

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Dans les vergers, c'est de la folie. Les pics verts (Picus viridis) sont de sortie avec leurs nichées. Deux, peut être même trois couples ont élu domicile ici. C'est un vrai régale de faire de rapides affûts pour les observer ou juste de les voir décoller d'entre les rangées de fruitiers. Le pic vert se nourrie essentiellement au sol dans l'herbe, où avec sa longue langue gluante il va capturer les fourmis dissimulées dans leurs galeries.

DSCN4806Sortie nocturne. C'est le moment pour les carabes (Carabidae) de sortir. Il est bien difficile de les identifier et parmi la cinquantaine d'espèces présentes en France, très peuvent l'être sans dissection. Reconnaissables à leurs reflets métalliques et à leurs mandibules puissantes, se sont des prédateurs partant en chasse dès que le soleil disparaît. Bioindicateurs, les carabes permettent de connaître la bonne santé d'un milieu ou d'une culture.

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J'adore les lièvres bruns (Lepus europaeus). Dès qu'ils se sentent observés, ils se plaquent au sol puis déguerpissent à toute allure. Hauts sur pattes, avec de longues oreilles aux bouts noires et de grands yeux, ils ont tout ce qu'il faut pour attirer la sympathie. Ces quelques éléments permettent de le dissocier des lapins de garennes (Oryctolagus cuniculus), plus petits et moins communs dans parcelles arboricoles.

DSCN4714Notre lièvre est aussi appelé lièvre d'Europe bien qu'il soit présent à l'ouest de l'Asie. En montagne on trouve son cousin le lièvre variable (Lepus timidus) aux oreilles plus petites et au pelage marron l'été et blanc l'hiver, ce qui lui permet ainsi de ce dissimuler des prédateurs. Pour en revenir au lièvre brun, c'est avant tout au printemps qu'on le croise le plus souvent, quand les mâles s'affrontent pour une belle. On nomme cela le bouquinage.

DSCN4795Si l'été il affectionne les herbes, il se tourne peut à peu à l'arrivée de la fin de l'automne vers les graminées, les bourgeons et les écorces ce qui peut créer des dégâts dans les vergers, notamment en stoppant l'arrivée de sève dans les rameaux quand le collet (base de l'arbre) est rongé.

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Bien que de  taille modérée (4 kg pour un adulte), il peut vivre une dizaine d'année. Donnant naissance en moyenne à 13 petits au bout de 3 à 4 mois et produisant 5 portées par an (sur une période de 6 mois), la hase, la femelle du lièvre, est une super reproductrice. Néanmoins le taux de mortalité reste élevé pour les jeunes, les épidémies étant leur principale cause de mortalité, suivie les oiseaux de proies, les canidés et certains félidés comme le lynx en faisant aisément leur repas. Néanmoins dans le sud du Rhône les prédateurs sont quasi-absent, expliquant son fort développement accru part l'uniformisation des paysages agricoles qui lui sont favorables, chose rare. Dans la plupart des territoires il est en régression ou en stabilisation d'effectif après une forte chute dans les années 90. Les maladies importées, la disparition de certains types d'habitats comme les prairies humides, la chasse non réglementée et les collisions en sont les principaux facteurs.

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Dans les rangs de petits fruits (framboises, myrtilles etc.) une faisane de Colchide (Phasianus colchicus) est venue couvée. Bonne pioche pour elle, la voila l'heureuse mère d'une dizaine de poussins. Il est rare de voir les faisans parvenir à se reproduire, néanmoins la nom fauche en raison du confinement et la quasi-éradication des renards roux (Vulpes vulpes) pourrait expliquer la reproduction de cet oiseau normalement absent en Europe.

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En effet, le faisan de Colchide est originaire d'Asie et ne se rencontre pas en France. Néanmoins, il y est introduit depuis des siècles pour la chasse de loisir. Son impact n'est pas négligeable su la faune locale, en particulier sur les reptiles. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de chasse, en particulier quand elle implique de tirer tout les carnivores d'un territoire pour être sûr qu'ils ne tirent pas profit eux aussi des lâchers de gibier.

DSCN4641Non loin des cerisiers, dans la forêt qui entoure le fort, une famille de geais des chênes (Garrulus glandarius) glane les fruits au sol. L'oiseau porte bien son nom, ayant fait des glands l'essentiel de son alimentation. Cependant il possède un régime alimentaire plus diversifié avec au menu des fruits et des baies, des insectes, des noix et des noisettes et même de petits animaux comme des oisillons même si cela reste relativement rare.

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Voilà notre petit chouchou de l'été, le tarier pâtre (Saxicola rubicola). Le mâle se reconnaît facilement à sa tête noire, à son poitraille rose pâle et à son collier blanc. Petit, il se dissimule dans les bosquets mais se plaît à se poser au sommet des arbustes et des ronciers pour faire entendre sa voix. Outre le fait d'attirer les femelles, celle-ci lui sert avant tout à défendre son territoire face aux autres mâles envieux de ses possessions.

DSCN4627Se mettre sur un perchoir fait également partie de sa technique de chasse. C'est une espèce qui se nourrie d'arthropodes variés, en particulier d'insectes, de papillons et d'araignées qu'il saisie après les avoir guetté. Les petites sont nourris de papillons, de larves et de chenilles que leurs parents écrasent dans leurs becs avant de leur donner ou en les frappant contre une pierre pour enlever les poils et les parties dures difficile à leur digestion.

DSCN4659Pour protéger les fruits de la grêle et des intempéries violents, des filets sont installés en dessus des abricotiers, cerisiers, pommiers, pêchers et poiriers, qui ce ne sont là que quelqu'uns des fruitiers présents autour de nous.

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C'est là que mon bien-aimé passe une majeure partie de son temps. Éclaircir les fruits, défeuiller, tondre, traiter, récolte et conditionner, les tâches ne manquent pas. Avec la transformation du commerce, ces plantations vieilles pour certaines de 50 ans, ont dû être modifiées pour répondre aux attentes de la distribution. Voilà les pommiers arrachés pour que des plans plus productifs soient installés. Adieu les carrés de poiriers aux variétés rustiques, places aux Williams. Bref, la diversité n'est pas que celle des espèces sauvages, c'est celle aussi des vergers. Hélas notre système économique ne permet pas de la maintenir au mieux, faute de rentabilité.

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J'adore les cultures de petits fruits. Celles-ci sont grillagées et pour cause, il est fréquent que des promeneurs irrespectueux viennent y faire leur marché. C'est l'occasion d'y observer de nombreuses espèces, comme le bruant zizi (Emberiza cirlus), un joli oiseau jaune qui aime venir y chanter. Les lièvres, les faisans et les chats domestiques ensauvagés y trouvent également refuge parmi les grandes herbes et les bosquets ombragés.

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Les jeunes orites à longue queue (Aegithalos caudatus) ont pris leur envole et on rejoint avec leur parent leur groupe. Plus d'une trentaine d'individus s'aventures et piaillent dans les jardins des pavillons se trouvant à quelques pas des cultures. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, elles ont été exclues de ce groupe taxonomique à la suite des études génétiques. Néanmoins ce nom est maintenu dans le langage courant.

DSCN4776En voilà une que je n'ai jamais vu ou du moins très peu en Isère. Il s'agit de la perdrix rouge (Alectoris rufa), sûrement le fruit d'un lâcher. Je trouve cet oiseau adorable bien qu'un peu ridicule quand il se déplace et qu'il ne se sent pas menacé. En régression voire disparue sur certaines aires de son territoire, les croisements génétiques lors d'introductions d'individus pour le tir ont également contribué à l'apauvrissement de l'espèce.

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Un autre grand classique des zones agricoles, le faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Ce petit rapace est connu pour son vol en Saint Esprit qui lui permet depuis les airs de repérer les rongeurs et les passereaux dont il aime se nourrir. Pour autant, il ne dédaigne pas les gros insectes qu'il attrape en vol. Pour la nidification, on le trouvera de préférence dans les cavités de bâtiments et parfois dans les troncs creux.

DSCN4736Les jeunes, malhabiles, terminent souvent leur vol dans le sommet des arbres depuis lesquels ils appellent leurs parents. Nous revivons les scènes que nous avons pu vivre depuis notre appartement à Oullins. Là confusion est possible avec le faucon hobereau (Falco subbuteo) qui niche ici aussi et au vol similaire mais préférant consommer de gros insectes même s'il peut attraper occasionnellement des oiseaux ou des chauves-souris.

DSCN4784Les derniers milans noirs (Milvus migrans) prennent la direction de l'Afrique. C'est un long périple qui les attend, et il ne seront de retour qu'au printemps prochain. On le reconnaît facilement à sa queue fourchue. Silhouette sombre, on s'apperçoit en s'approchant d'un peu plus près qu'il est bien plus colorée avec une tête grisée - sans pour autant égaler avec le milan royal (Milvus milvus) qui est un peu plus grand. Dans le Rhône nous avons la chance d'avoir le deuxième plus grand site de France pour la reproduction du milan noir avec environs 55 couples nicheurs. De quoi assurer un bal constant au-dessus de nos têtes, les oiseaux cherchant continuellement leur nourriture. Charognard, il se nourrie essentiellement de poissons mort qu'il trouve le long des berges et de petits rongeurs qu'il trouve dans les restes de fauche. Dans certains cas, il peut même s'exercer à la chasse, bien souvent sur des animaux affaiblis (oiseaux, chauves-souris, rongeurs), ce que ne fait jamais son cousin le milan royal.

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L'été est bien installé. Les orages de chaleur nous donnent de jolis arc en ciel, les blés dorés sont prêts pour la fauche et les couchés de soleil colorent le ciel d'ôcre. Cela ne va pas sans la raréfaction des animaux. La plupart passent la journée au frais sans se montrer et certains comme les martinets noirs (Apus apus) ont entamé leur migration. J'ai désormais hâte à ce que l'automne arrive, avec son lot de feuilles mortes et de champignons.

Voilà un court récit sur notre nouvel environnement, et si pour l'heure je ne peux pas pleinement l'explorer, je ne doute pas que d'ici quelques temps je pourrai découvrir toute la magie et les nombreux secrets. Pour l'heure la nuit commence à tomber, et il est grand temps de rentrer par les rues désertes du village.

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mardi 1 août 2017

Sortie en forêt 73.

DSC08838Petite virée ce week-end entre forêt et campagne. D'ailleurs à l'occasion d'une sortie à la tombée du jour, nous avons croisé ce beau bateau, une rencontre annonciatrice du prochain article. En attendant nous allons parler ici de champignons, de cavernes cachées au cœur des bois, de montagnes et de récoltes de plantes pour la prochaine médiévale où vous pourrez me découvrir avec mon tout nouveau personnage de prêtresse celte errante. Un vaste programme en somme.

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 Il fait chaud mais cela n'arrête pas le machaon qui est aussi appelé grand porte queue (Papilio machaon).

Pour orner ma ceinture de cuire je me suis confectionnée des tresses de reine des prés pour parler des remèdes d'autrefois et de la théorie des signatures, des bouquets de frondes de fougère aigle pour expliquer comment on espérait au Moyen Âge attirer la pluie et chasser les serpents, des guirlandes de polypores du pin pour raconter l'histoire des champignons dans les cultures et religions pré-chrétiennes et, des couronnes d'origan sauvage pour parler de goût et de cuisine. En une après-midi me voilà parée pour l'aventure.

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DSC09039Enfin, les premières girolles sont là, cela nous en fait un tout petit panier mais c'est suffisant pour se faire plaisir et surtout, pour prendre plaisir à en trouver. Il semblerait que pour cette première récolte de l'année nous ayons ramassé des girolles ferrugineuses (Cantharellus ferruginascens).

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Nous les avons trouvés dans un biotope qu'elles affectionnent, une forêt mixte composée de sapins pectinés (Abies alba), de houx (Ilex aquifolium) et d'hêtres (Fagus sylvatica). Bien que les pluies leurs soient nécessaire pour fructifier, elles n'aiment pas trop avoir les pieds dans l'eau. Selon les département on peut la récolter de mai à novembre.

D'autres espèces ont fait leur apparition dans le sous-bois également. Hormis la multitude de russules, on peut citer trois champingons particulièrement abondants et que vous pouvez retrouver ci-dessous en photo : l'amanite rougissante (Amanita rubescens) appekée aussi golmotte, la vachote (Lactarius volemus) à la drôle d'odeur de crustacé et le lactaire poivré (Lactarius piperatus) dont un petit bout de lamelle a la capacité de vous brûler la langue pendant plusieurs minutes avec son goût poivré. Bref, ce n'est pas la grande abondance.

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Cette virée est un bon entraînement pour remettre les bases à jour en douceur. Depuis un an je suis oullinoise d'adoption et je n'ai que peux le temps pour aller sur le terrain. Espérons qu'en août, il sera possible d'explorer la mycofaune du Pilat et de son massif pour se remettre tous ces noms, parfois en peu compliqués, en tête.

DSC08910Cette sortie mycologique n'était qu'une mise en bouche. Nous voilà donc partis pour faire ce que nous appelons la balade de Miribelle les Échelles. J'ai déjà pu à cette occasion rédiger deux billets sur ce sujet, bien qu'un peu anciens et désuets à mon goût. La nouveauté cette fois-ci est que nous avons suivit pour la première une partie du chemin balisé qui nous est inconnue et ce que l'on peut en dire, c'est que nous n'avons pas été déçus.

DSC08879Le trou du Loup

Drôle de nom pour cette caverne dans la quelle on peut s'engouffrer sur 20 mètres. Nous avons trouvé l'endroit superbe et nous avons pris plaisir à tremper les pieds  dans les cuves calcaires formées par l'eau, les orteils en vadrouille au milieu des larves de salamandre et sous la surveillance des libellules et des fougères scolopendres.

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 Pour ne pas se perdre dans la forêt, un ensemble de panneaux indicateurs a été installé. Il permet de donner la direction mais aussi le numéro et le nom des monuments.

Il n'est pas courant de tomber sur une telle cavité. Celle-ci doit abriter de nombreuses espèces d'insectes mais aussi de chauves-souris, plus particulièrement dans les failles et plis de la falaise qui forme les parois extérieures.

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Ce type de milieu est très intéressant car les animaux et les plantes trouvent ici des conditions qui ne sont pas présentes dans la forêt. Humidité constante, fraîcheur, anfractuosités calcaires et eau disponible toute l'année font un refuge parfait pour de nombreuses espèces que ça soit de manière temporaire ou à l'année.

DSC08926Les cuvettes et les gorges calcaires sont souvent le lieu où l'on trouve le reste d'animaux. Cela est dû à leur accès difficile aux charognards et au fait que le cour d'eau est entravé par des branchages et des rochers qui retiennent les éléments qu'il transporte. Cela explique pourquoi nous avons pu tomber sur cette jeune grive musicienne (Turdus philomelos). Les grives ne sont pas simples à différencier les unes des autres, en Isère on en rencontre 4 espèces distinctes : la grive musicienne, la grive draine, la grive mauvis et la grive litorne. Elles sont très appréciées des chasseurs et des oiseaux de proies, bien que leur cabris fasse qu'elles ne sont prédatées que par de grands rapaces.

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 Les chats ne sont pas en reste et bien qu'ici il soit question de notre gros chat de salon, certains de ses congénères sont redoutables. Les chats seraient ainsi une menace importante pour la faune et entraîneraient la disparition de certaines espèces en France, au même titre de ce qui se passe actuellement en Australie. Autant participer à l'étude Chat & Bodiversité pour savoir de quoi il en retourne.

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Il y a un charme particulier qui se dégage de la forêt du Trou au Loup. Un quelque chose de mystique qui nous replongent dans les guerres de religions qui ont animé la région, dans la vie des forteresses de l'ancien royaume qui depuis sont détruites et dont les reliques émergent ici et là dans le village. Un arbre noirci par la foudre, un chemin bordé d'immenses fougères aigles, un ruisseau au fond plat comme un chaudron de diable, des chutes d'eau ... il y a de quoi ici donner naissance à de nombreuses légendes, toujours avec une touche d'ésotérisme.

DSC08856Je ne parlerai que très brièvement du reste du parcours, je me suis déjà penchée sur la question dans d'autres articles du blog. Si vous souhaitez les découvrir, je vous invite à cliquer ICI et à parcourir cette catégorie. Néanmoins je m'empêcher de parler de la Madone du château, érigée au sommet de la chapelle où se trouvait autrefois le château des Corbeaux. Il aura fallu un attelage de pas moins de 20 boeufs pour l'ammener jusqu'ici.

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 Depuis la butte cadastrale on peut admirer les sommets de la Chartreuse ou exercer le naturalisme.

DSC08832Retour au jardin familial, toujours en Isère. Il est le terrain idéal pour les grandes réunions de famille et les barbecues. Pour le coup nous avons pu passer une journée très animée et nous initier au tir à l'arc mais aussi au moulki, à la pétanque et bien-sûr, à la sieste. Voilà de quoi ne pas chaumer pendant cet été très animé. J'en profite pour vous dire que le mois d'aout s'annonce chargé et j'aurai bientôt quelques belles nouvelles à vous annoncer. En attendant je souhaite vous remercier pour la direction que prend le blog. Pas moins de 50 000 visiteurs sont venus sur celui-ci pour le seul mois de juillet, c'est de la folie. C'est à la fois très indimidant et motivant. Je ne regrette pas pour le coup le changement de format où je peux m'exprimer dans une forme plus proche de celle de l'article de revue et qui est bien plus libre. Au plaisir de vous lire dans les commentaires et qui sait, de vous rencontrer dans les manifestations médiévales de Rhône-Alpes. Pour le prochain article, je vous dévoilerai les Calanques depuis la mer.

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lundi 26 décembre 2016

Destination Bretagne : l'estuaire de Brest.

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Petite nuit dans le camping bordant l'estuaire de Brest. Nous ne résistons pas à l'envie de sortir vers minuit pour observer la marée, phénomène que nous n'avions jamais vu auparavant mais aussi, pour traquer les crabes et admirer leur ballet nocturne. De cet expédition nous revenons les pieds couverts de vase. Après un somme bien mérité nous revoilà repartis au petit matin pour observer les oiseaux se nourrissant sur la plage.

 

La famille des Ardéidés.

Voilà un nom un peu complexe pour désigner tout simplement les hérons. On en dénombre neuf espèces en France. Ici il d'agît des deux plus communes ou du moins, les plus facilement reconnaissables, à savoir le héron cendré (Ardea cinerea) et l'aigrette grazette (Egretta garzetta). Les hérons sont des échassiers qui se nourrissent de poissons, d'amphibiens, de petits insectes, de rongeurs voire d'oisillons quand l'occasion se présente.

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Gourmandises d'oiseaux.

La marrée est essentielle pour de nombreux oiseaux, elle leur permet de se nourrire et parfois de tomber sur des "gourmandises" comme sur ces huître creuses du Pacifique (Crassostrea gigas) à gauche, agglomérées les unes aux autres et dissimulées par les algues ou, sur ce flotteur de seiche. Nommé aussi os de seiche, il est riche en calcium et apporte des nutriments absents d'ordianire dans l'alimentation des oiseaux de vase. 

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La grive musicienne (Turdus philomelos).

C'est un oiseau commun qui se plaît dans de nombreux habitats plus ou moins variés tel que les forêts, les parcs, les jardins et les haies. Très friande d'escargots, cette grive forme par endroit de véritables charniers comme ceux que nous avons pu observer autour de notre tente. C'est un bon moyen de repérer sa présence.

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Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo).

Le grand cormoran est l'un des seuls oiseaux marins à ne pas posséder de plumage imperméable. Cela lui permet de plonger plus rapidement et plus profondément pour attraper ses proies, à savoir des poissons. En contre partie, il doit le sécher régulièrement pour ne pas se voir couler, le risque étant que celui-ci se gorge d'eau.

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La vie de l'estuaire.

L'estuaire porte aussi le nom de Rade de Brest. Il s'engage dans les terre sur 180 kilomètres ce qui lui a valu le nom de mer d'Iroise. Sa richesse environnementale et sa biodiversité ont été très fortement impactées et aujourd'hui, ont été réduites à peau de chagrin. Néanmoins l'estuaire reste une zone de grande importance pour les oiseaux et fait figure de corridor marin pour de nombreuses espèces de poissons et d'athropodes.

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La migration des hirondelles rustiques (Hirundo rustica).

Chaque année ces oiseaux entament un voyage spectaculaire qui peut s'étendre sur plus de 10 000 kilomètres pour se rendre dans des contrées plus accueillantes où elles ont la garantie de trouver les insectes dont elles se nourrissent mais aussi des températures plus clémentes. Le phénomène n'est connu que depuis 200 ans, auparavant on pensait que ces hirondelles passaient la mauvaise saison enfouies dans la vase des mares. 

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La magie de la Bretagne.

De gros blocs de grès sur la plage, des herbiers denses au bord de l'eau, une vielle église à la quelle on peut accéder par le front de mer qu'à marée basse ... il faut dire que le lieu dégage une certaine magie. Selon les légendes locales, on pourrait voir à la nuit tombée des marins débarquer de navires fantômes sur cette côte.

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Le mot de la fin.

 Voilà une pause bien mérité qui nous a permit de découvrir la faune locale et surtout, le fonctionnement de cet écosystème fragile.  C'est aux alentours de 6 heure du matin que l'on peut faire les plus belles observations sur la plage si on ne craint pas de mettre les pieds dans la vase. Après avoir longé le long de mer pendant quelques jours, nous voilà repartis dans les terres pour découvrir un nouveau lieu emprunt de mystère, la forêt de Huelgoat.

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