lundi 15 octobre 2018

Fin d'été au jardin.

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L'été s'en est allé. Les fortes chaleurs ont perduré quelques peu après son départ mais enfin, la pluie et la grisaille sont là pour le plus grand bonheur des mycophiles. Pour autant, il ne faut pas en oublier la belle saison et s'est températures alarmantes qui ont fait prendre conscience un peu tardivement à certains que notre monde ne sera décidément plus comme avant. Sécheresse, dépérissement des semis, bétail qui peine à se nourrir, moissons, vendanges et fenaisons avancées de plusieurs semaines ... le bilan climatique est dramatique. Les plantes et les animaux ont eu la vie rudement menée pendant cette période et déjà, on peut voir les signes avant coureurs de ce que pourrait être nos forêts de demain. Le sapin blanc, sensible aux fortes chaleurs laisse place peu à peu aux chênes et les frênes tendent à disparaître des bordures de fossés pour

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trouver refuge dans les zones humides. Hôtes de nombreuses espèces d'oiseaux et de champignons, il faudra très bientôt se lever tôt le matin pour partir à la recherche du bec croisé et des morilles, le milieu ne leur étant désormais plus favorable. À plus grande échelle, c'est toute la biodiversité qui est impactée et dont on observe la mutation à vitesse grand V, et il y a de quoi prendre peur. J'ai le sentiment d'appartenir à une génération qui assiste inéluctablement au déclin du monde qu'elle connaît pour tendre vers un autre beaucoup moins stable climatiquement parlant. C'est l'une des grandes raisons qui a entraîné dans notre quotidien et nos pratiques des changements radicaux. Les gestes se font différemment, la réflexion aussi et petit à petit nous tendons vers l'autonomie et l'autosuffisance mais le chemin est encore long pour y parvenir.

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Le potager offre ses dernières tomates. Baignées de soleil, elles ont pu profiter des arrosages réguliers et répétés issus de la source qui se trouve dans le jardin. Néanmoins la nappe est basse. Le paillage reste l'un des meilleurs moyens pour limiter la déperdition en eau au plus fort de l'été mais aussi, pour préserver les jeunes plans.

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Un nouveau venu a fait son apparition dans le jardin. Il s'agît de l'hortensia paniculé (Hydrangea paniculata). Présent en Chine, au Japon ou encore en Corée, c'est un arbuste qui dépasse rarement les 2 mètres de haut. Il a pour spécificité de faire des fleurs stériles aux grands tépales blancs qui se teintent petit à petit de rouille.

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Au jardin, le gros roncier sauvage qui pousse sous le sureau donne de plus belle. Cette myriade de mûres terminera non pas dans le gosier des merles noirs mais sur le billot de la cuisine. Un kilo de sucre, de l'eau, une casserole et un peu de patiente suffisent à les transformer en un délicieux sirop au parfum de lisière forestière.

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Les orages de chaleur sont nombreux mais donnent rarement de la pluie. Quand c'est le cas, celle-ci percute le sol avec fracas. Sec, ce dernier a bien du mal à absorber l'eau qui se contente de glisser dans les rainures de la terre avant de rejoindre la rigole en bout de champs et de se jeter dans le ruisseau tout proche qui grossira alors l'Ainan. Long de plusieurs kilomètres, il a permit à la vallée du même nom de rester verdoyante ces derniers mois.

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Les voisins sont en voyage, les veinards ! Nous voilà pour quelques soirs de mission : assurer le bien être des milliers d'escargots de leur élevage. La tâche est beaucoup plus ardue qu'elle ne peut le laisser croire. L'arrosage et le nourrissage n'en sont pas le problème car la technicité de l'opération réside dans l'accomplissement du moindre pas. Une trajectoire mal calculée, peu assurée ou de travers et crac, c'est le drame, une coquille se brise et avec, l'être qui l'abrite. Autant vous dire que nous avons été tout aussi attentifs à nos pieds qu'il nous a été permis de l'être. Pour le reste, nos amis gastéropodes ne sont pas exigeants. Un repas à heure régulière, un peu d'eau et de fraîcheur, du calcaire dans leur nourriture, des végétaux par-ci par-là, un abri ombragé fait de planches et de grands filets pour ne pas faire l'objet de prédation suffisent à leur bonheur.

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L'heure de la pâtée a sonné. Les escargots s'éveillent doucement, alléchés par l'odeur de la farine que leur très bon odorat détecte immédiatement. Celle-ci se compose généralement de blé et de légumineuses déshydratés et réduits en poudre (type soja, haricots), de graines  de tournesol concassés parfois et surtout, de minéraux.

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La transformation et le produit fini se font en laboratoire de préparation. Les escargots termineront en croque-coquilles, en terrines, ou encore en persillade. Pour ce qui est de leurs cousins sauvages (petit gris et Bourgogne) dont les effectifs sont de plus en plus incertains, une réglementation précise encadre leur récolte.

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Les rayons se font moins mordant et la lumière plus douce le soir, c'est le moment de lancer nos lignes. Dans l'etang, il y a bien quelques tanches, des brochets, des carpes et des gardons mais surtout, des perches-soleil, des écrevisses américaines et des silures. De joyeux imbéciles ont eu la mauvaise idée d'introduire ces espèces exogènes envahissantes qui sont une menace pour nos espèces indigènes et tendent à appauvrir le milieu.

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Le temps de préparer les cannes, un curieux nous rejoins. Peu farouche, il ne perdra pas une miette du spectacle. Perchée sur mon arbre, je guette en vain les poissons parmi les nénuphars.

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Cependant celui-ci me fait office d'observatoire pour mirer attentivement le vol des martinets à ventre blanc (Tachymarptis melba). Ceux-ci ont établi leur colonies sous le toit du clocher de la chapelle de Saint Sixte. Elle même repose sur un très vieux temple romain dédié à Dyonisos et dont des dédales oubliés passeraient sous l'étang. Ce temple se trouverait lui même sur un site encore plus ancien et érigé alors par les arobogènes, peuple celte propre au bassin grenoblois et ses alentours. C'est un véritable mille feuille culturel qui compose l'édifice et autour du quel j'espère voir un jour des fouilles s'organiser. Sources magiques, pierres druidiques, dolmens, tunnels dissimulés dans les bois, cimetière oublié, bornes moyenâgeuses et stèles gravées ... l'histoire de notre campagne est riche et ne demande qu'à être révélée au grand jour.

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En attendant, on titille le gardon mais les perches-soleil (Lepomis gibbosus) semblent être les seuls poissons de sortie. Cette espèce se caractérise par ses couleurs resplendissantes et son très grand appétit. Originaires d'Amérique du nord, elles se nourrissent d'un peu près tout ce qui leur tombe sur la dent. Oeufs, alvins, mollusques et petits crustacés constituent une grande partie de son alimentation, ce qui conduit à la diminution rapide des espèces autochtones dans nos plans d'eau. De ce fait il est interdit de la relâcher et de la transporter vivante une fois sortie de l'eau pour limiter son impact et sa dispersion sur le territoire français.

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Les soirées sont belles. Quand le lune tend à se lever, les monts de Chartreuses se couvrent. C'est le moment idéal pour partir à l'affût de la faune, tenter de voir les chevrettes et leurs petits, les sangliers, les lapins de garenne et les lièvres dans les champs à l'herbe jaunie et où la fauche ne semble pas vouloir se faire.

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Compère renard est de sortie et n'a pas manqué de signaler son passage. À cette période de l'année, sa nourriture se compose exclusivement de baies et de fruits sauvages. Mûres, églantines, cerises tardives, sureaux et pommes sauvages composent la moitié de son alimentation. 

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Sauterelles, criquets, grillons, limaces, lapins, écureuils, petits passereaux, poules faisanes et occasionnellement volailles de basse-cour entrent également dans son régime alimentaire mais le plus gros est assuré par les campagnols. En une année, le goupil peut dévorer pas moins  de 10 000 rongeurs, une véritable aubaine pour les exploitants dont les récoltes connaissent de plus en plus de ravages liées aux rats taupiers et sur lesquels les raticides se montrent non seulement limités mais aussi, très dangereux pour notre santé et celle de l'environnement. Cela tend à expliquer l'interdiction de le tirer dans certains département comme la Savoie mais aussi, sur certaines commune et secteurs géographiques comme la vallée de la Valdaine. Néanmoins cet argument serait suffire. En Isère, on peut le tirer presque toute l'année et utiliser des techniques plus que douteuses pour le mener à mal. Le risque sanitaire est invoqué : il transmettrait la rage et l'ecchiconose. Hors quand on sait que la première a disparue et que la seconde est principalement véhiculée par les chiens et chats, on peut se poser des questions sur le bien fondé de ses actions souvent barbares (enfumage, déterrage, piégeage) si ce n'est une grande méconnaissance de certains de la dynamique des écosystèmes et du rôle essentiel du renard dans ceux-ci. 

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C'est la période de la récolte des aulx sauvages. En France, les espèces de ce genre sont très nombreuses, certaines sont rares et parfois protégées, il est plus sage alors de se concentrer sur celles qui sont communes que l'on peut identifier et récolter facilement sans impacter le milieu.

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Ci-dessus, l'ail des jardins (Allium oleraceum) appelé aussi ail des champs et qui se reconnaît à ses fleurs aux ovaires gonflés qui pourrait faire croire à des graines déjà formées. À droite, un ail des vignes (Allium vineale) aux semences dorées. Les aulx sauvages peuvent se récolter toute l'année. Sur les deux espèces présentées, on utilise volonté les feuilles longues et très fines ciselées comme de la ciboulette. Le bulbe peut se consommer également mais petit, il relève peut d'intérêt et prélevé ne permet pas au plan de se multiplier. Les graines qui sont en réalités des bulbiles peuvent se manger crus, en salade, dans les sauces ou pour aromatiser des plats tels les fricassées de légumes, les plâtrées de champignons d'automne ou les gratins.

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Les derniers papillons font du zèle. Les azurés sont nombreux, ils appartiennent tous à la famille des lycénidés (Lycaenidae) qui comprend aussi les cuivrés. Majoritairement bleus, ces petits lépidoptères sont extrêmement difficile à identifier. La plupart du temps une prise photo des deux faces des ailes est nécessaire.

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Les "tâches" rondes des ailes des papillons sont nommées ocelles, elles permettent en partie de reconnaître l'espèce mais aussi s'il s'agît d'un mâle ou d'une femelle. Ce sont parmi les premiers éléments à observer quand on veut s'essayer à la détermination. Couleurs, cerclage et nombre, elles doivent être passées au peine fin. À savoir, les insectes ne sont pas les seuls à faire usage de ce motif. De nombreux animaux en font usage pour se camoufler, impressionner un partenaire ou effrayer un prédateur à l'image du paon, des jaguars ou de certains poissons tropicaux. La forme des antennes est également très importante, en fonction de si elles se terminent en massue, si elles sont velues ou annelées, il est possible de déterminer avec pression le sexe et la famille de l'individu.

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Nous quittons un jardin pour en rejoindre un autre, celui du site médiéval du Couvent des Carmes. Situé en Isère à Beauvoie en Royan, il se compose d'un impressionnant vergers comportant des centaines de cultivars de poires, raisins, pommes et prunes qui ont fait sensation à la table des rois mais aussi dans les arrières cours des fermes et d'un potager historique. Classées par usages et propriétés, ont y retrouve toutes les plantes de jardin de curés.

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Plantes de sorcière, plantes tinctoriales, plantes comestibles, légumes oubliés, plantes à fleurs pour les messes, vigne pour le vin de l'officine ... la liste est longue. Toutes peuvent se regrouper dans la case attribuée aux plantes des signatures, une théorie du Moyen Âge qui veut qu'une plante soigne un mal du fait de sa ressemblance avec l'organe touché, avec les réactions qu'entraîne la maladie, avec le mal lui même ou par rapprochement avec son habitat et les lieux où se trouve les pathogènes. Passée de mode en raison des progrès de la science, certains continuent de s'y plier, voyant en celle-ci un signe divin pour rapprocher l'homme de son environnement.

La visite se termine par un tour du propriétaire. Il faut savoir que cet ancien couvent se trouve dans l'enceinte d'un immense château en ruine dont on peut profiter des reliques. Siège du seigneur du Dauphiné, Humber II, il surplombe depuis la falaise où il se trouve une grande partie de la vallée et de la rivière Isère qui coule à ses pieds et qui se jette un peu plus loin dans le Rhône. Une belle découverte en somme pour les amoureux de plantes et d'histoire. L'automne semble être la meilleure période pour découvrir le verger et les arbres fruitiers d'exceptions qui le composent, et je vous le recommande chaudement. À bientôt pour d'autres découvertes nature.

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lundi 16 janvier 2017

Destination Bretagne : adieux à la Bretagne.

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Nous voilà dans notre toute dernière étape bretonne avant d'entammer les 10 heures de route qui nous ramènerons dans notre petit appartement lyonnais. Pour la peine nous passons la soirée à flâner dans les rues de Dinan après nous être offert un repas mémorable le midi à Matignon à "La vieille auberge" sur la route de Dinard, un restaurant vieux de 100 ans et où la nourriture est à tomber raide, le tout dans un cadre épique. 

 

Dinan, une ville d'histoire.

Son nom vient du celte et désigne un motte cadastrale mais surtout, le nom de sa déesse protectrice, Anna, gardien des morts et bienveillante en vers les vivants. Elle est entourée de grands remparts ce qui n'empêcha pas cette ville bretonne d'être rattachée au royaume de France au XVIe siècle par François 1er.

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La carverne de Woodshop.

C'est une boutique qui nous a ébahie. Avec brio, Gérald Fafin réalise des meubles et en particulier des lampes avec des éléments de récupération et on peut le dire, il y a du génie dans ses réalisations. Non seulement ses réalisations sont superbes, mais en plus elles sont peu chères aux vues du travail fourni et permet de redonner vie à des objets anciens qui à tous les coups auraient finis à la benne ou au fond d'un garage ou d'un grenier.

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Les rues de la ville.

Elles sont typiques des villes du moyen âge. On peut y observer des murs tordus voire très penchés. Cela tient au fait de nombreux bâtiments vieux de plusieurs siècles composent la ville. À l'époque les outils pour la construction des édifices n'étaint pas toujours très au point et ils n'étaient pas accessible à tous. Souvent, les maisons étaient faites avec les moyens du bord et la main d'oeuvre disponible d'où ces drôles de rues.

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Le mot de la fin.

Voilà la fin de notre périple en Bretagne en 18 petits volets. Que d'aventures pendant ces 9 jours ! Une vraie épopée. Le compteur de la voiture affiche plus de 2600 kilomètres et la tente a rendu l'âme, fendue de part en part par une large déchirure, le vent breton ne semble pas lui avoir bien plu. Tampis, pour nos prochaines aventures en 2017 nous opterons peut être pour une ou deux nuits sous les étoiles. En attendant nous avons hâte de retourner dans ce coin de France magique mais bien d'autres nous appels : Sud de la France, Alsace, Champagne ...

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samedi 17 décembre 2016

Destination Bretagne : La campagne de Locronan.

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Petit tour par les alentours de Locronan avant de se plonger dans cette cité de pierres au combien atypique et au passé chargé d'histoire. C'est l'occasion de se familiariser avec le milieu et de rencontrer quelques essences végétales typiques de la région et plus particulièrement des forêts. Pour l'anecdote, la nuit passé dans cette clairière humide et sous la pluie fût rude mais c'est toujours agréable de marcher pied nus dans l'herbe.

 

L'agriculture bretonne.

La Bretagne est surtout connue pour ses vaches laitières et les produits issus de cette production, à savoir le beurre, le camembert et toutes une série de fromages plus bons les uns que les autres. Pour nourrir tout ce bétail (plus de 3 millions de vaches, veaux et boeufs), il ne faut pas chaumer à la période des foins en vue de l'Hiver.

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Petite dégagée dans le ciel.

Mais celle-ci ne dura pas bien longtemps, juste le temps d'admirer la flore du coin. Autant le chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium) à droite nous est bien connu dans nos Alpes, autant la digitale pourpre (Digitalis purpurea) nous l'est beaucoup moins. J'adore cette grande plante aux lourdes clochettes malgré sa toxicité. Pendant longtemps elle a été associée à la magie noir et aux sorcières pour ses vertus hallucinogènes.

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Les mystères de la forêt.

Nous avons passé la nuit dans la Forêt du Duc. Ce boisement au climat humide dégage une atmosphère toute particulière d'autant plus que nous avons découvert en son sein les vestiges d'un lavoir vieux de plusieurs siècles taillé dans un énorme bloc de pierre. Couvert de mousse et entouré de de fougère pectinée (Blechnum spicant), espèce dont je suis littéralement tombée amoureuse, on pourrait se croire perdu dans Brocéliande.

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Le mot de la fin.

Voici une mise en bouche avant de vous partager notre découverte de Locronan, une ville sortie tout droit d'un conte médiéval et digne de cette forêt enchantée. Abrités par nos habits de pluie et par notre bonne humeur face aux éléments, nous avons eu le privilège de déjeuner dans ses murs et de profiter des pâtisseries locales.

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mercredi 28 septembre 2016

Destination Bretagne : Les menhirs de Carnac.

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 Je n'ai été que rarement saisie par un tel spectacle. Les alignements des 3000 menhirs de Carnac sont à couper le souffle. Vieux de 4000 à 7000 ans, ils ne peuvent susciter que l'admiration vis-à vis de nos ancêtres du néolithique. À savoir, un menhir est une pierre ou une roche plantée/drésse dans le sol. Bien que ça soit en Europe (surtout de l'Ouest) qu'on en rencontre le plus, on peut en trouver un peu partout dans le monde. 

 

Les formes du mégalithisme.

 Les édifices mégalithiques sont des vestiges dont ne connaît pas vraiment la symbolique pour les hommes qui les ont érigés. En Europe on en rencontre plusieurs formes comme les menhirs (définis en présentation), les dolmens (qui sont des tombeaux de pierres), les Cromlech (cercles de dolmens) ou encore les alignements (lignes de menhirs comme ici). Ils sont liés à des pratiques et cultes dit paganiques dont il ne reste pas d'écrits.

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Le moineau domestique (Passer domesticus).

 Dans l'excellente crêperie du site (présentée plus bas dans l'article), il est possible de rencontrer une troupe de moineaux domestiques. Commun au point de devenir banal, ces oiseaux souffres du peu de considération qu'on leur porte. Si leur comportement est bien connu, l'état de leur population ne l'est plus du tout.

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Le lapin de Garenne (Oryctolagus cuniculus).

Il se plaît énormément dans les pelouses rases du bord de mer mais aussi dans les terres. Présent partout en France, sa population décline doucement (sans pour autant être menacée) du fait de la perte de son habitat et de l'arrivée de nouvelles maladies. C'est la souche de la plupart de nos lapins d'élevage et de compagnie.

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La cêrperie Au Pressoir des alignements de Carnac.

Je fais rarement de la pub pour un endroit où j'ai pu manger mais cette crêperie en vaut largement la peine. Loin de celles que nous avons pu tester sur Vannes (de vraies attrape-touristes !), nous nous sommes tout bonnement régalé. Petits prix, cadre superbe, ambiance sans chichis et bonne cuisine ... elle a tout pour plaire.

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Le pin maritime (Pinus pinaster).

La Bretagne est faiblement boisée et pourtant, l'exploitation des pins maritimes est une ressource importante pour la région. Ces pins peuvent pousser sur une grande variabilité de sol dont les sols granitiques et ceux de grès. Leur croissance rapide et leur bois de qualité en font d'excellent éléments pour les charpentes et les menuisiers.

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Le mot de la fin.

Quelle chance de pouvoir passer la nuit sous tente juste à côté de ce site exceptionnel accompagnés par le bruit des chouettes et des animaux de la nuit. Il nous a fallu bien prendre du repos car le lendemain s'annonce épique : une trentaine de kilomètres en vélo pour découvrir Belle Île en Mer et ses paysages de rêves sous la pluie.

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mercredi 21 septembre 2016

Destination Bretagne : Vannes.

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 Vannes est une superbe ville médiévale. Située dans le Golf du Morbihan, elle est datée de l'an -56 av J.C. et a prit la forme que nous lui connaisons au Ve siècle ce qui en fait l'une des villes gallo-romaines les plus anciennes de la Bretagne. Entre temps la citée historique a connu quelques mutations mais a gardé son charme.

 

Les Vénétes et Darioritum.

C'est du peuple Vénéte que Vannes tient son nom. Concurrent direct des Pictons, ce peuple celte s'alliait parfois avec les autres tribus Armoricaines pour mener des campagnes militaires afin d'avoir le monopole du commerce et des ressources. Nommée Darioritum par les romains, elle jouait un rôle important dans leur conquête de la Gaule mais aussi de l'actuelle Grande Bretagne et permettait de rallier Lyon à Brest.

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Les hortensias (Hydrangea sp.).

Après pas mal d'attente, nous rencontrons enfin nos premiers hortensias. Ils ont la particularité de bien se plaire en Bretagne du fait du climat doux de la côte et de son ensoleillement particulier. Ils peuvent par endroit former de véritable buisson et parfois même des arbustes. C'est une institution que d'en avoir dans son jardin. 

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L'histoire dans la pierre.

Du fait de son passé riche, la ville regorge de merveilles architecturales. Certaines réalisations peuvent détonner par rapport à ce que l'on trouve dans nos Alpes et pour cause, Vannes et sa région n'ont pas connu une occupation aussi forte que les peuples alpins sous l'empire romain. Cela explique en partie la magie de la ville.

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Les lavoirs de la Garenne.

 C'est une attraction forte. Les lavoirs de la Garenne ne sont pas aussi vieux qu'on pourrait le penser. En effet, ceux-ci datent des années 1800 seulement mais leur colombage se fond parfaitement avec celui des monuments historiques de la ville. Destinés aux habitants, ils font partis aujourd'hui du jardin des pieds de remparts.

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Le mot de la fin.

 Je n'ai pas grand chose de plus à dire sur Vannes (hormis que son bras de mer est superbe) et pour cause, la ville est ensorcelante et il me reste bien des choses à vous dire sur le reste de notre périple en Bretagne (en particulier vous présenter la flore atypique des bords de mer). Le soir même nous avons pu faire une halte parmi les dolmens de Carnac et les admirer au couché du soleil mais ça, c'est pour le prochain épisode.

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jeudi 28 janvier 2016

La naissance d'une passion.

Souvenir de vacances en famille. Dans les ruine d'un vieux château, nous nous étions pris à rêver de dragons.

Aujourd'hui j'ai envie de vous présenter à travers quelques photos de famille un bout de la naissance de ma passion pour la nature avec cet article somme toute assez personnel. J'ai pu en parler brièvement dans cette interview ICI mais j'ai envie de la détailler un peu plus avec 2-3 anecdotes liées à mon enfance qui m'ont marquée et que je trouve amusantes. En passant votre souris sur les photos vous pourrez voir apparaître une légende.

Eté 1998, rentrée en CE1, chez ma grand mère.Une récole fantastique : aussi loin que je m'en souvienne, mes parents m'ont toujours emmenée en nature et pas qu'un peu. Ayant grandis en campagne, il était bien naturel pour eux de me faire partager comme leurs parents et leurs grands parents l'avaient fait pour eux le plaisir de la marche en nature et de la récolte de champignons. Toute petite déjà ils me portaient sur leur dos, parfois dans de longues randonnées en montagne en compagnie de mes oncles et de mes tantes, et on peut dire que cela m'a plutôt bien réussi. Mon père (avec moi sur la photo) me parlait et me parle encore parfois des récoltes incroyables de girolles qu'il pouvait faire avec son grand père dans les forêts de la Loire d'où il est originaire. Un après-midi de l'été 1999, nous avons eu la joie de revivre ces moments qu'il a pu connaître enfant en tombant littéralement sur un tapis de girolles. Nous n'avions pas de panier sous la main et nos sacs plastiques n'étaient pas assez grands et solides pour tout

Tous les plats de la cuisine ont été réquisitionnés.

ramasser en une seule fois. Après plusieurs allers-retours nous avons fini a bout du fameux tapis mais aussi de la "mè" (pétrin avec son couvercle, la madière, utilisés comme table) qui se retrouva couverte de jaune. Je ne vous parle pas du travail pour nettoyer ces montagnes de champignons et c'est avec une patience infinie que ma mère et ma grand-mère se mirent au travail pendant que nous couriations encore le bois. Cet épisode m'a énormément marquée et je crois, a été le déclencheur de ma passion pour la mycologie. Je ne crois pas avoir fait d'aussi belle récolte hormis 4 ou 5 ans plus tard avec des amis de la famille où nous avions trouvé une quantité pharaoïnique de trompettes de la mort qui avait fait le bonheur des 3 ou 4 familles que nous étions ce jour là à parcourir les bois. C'est un coin au quel nous nous rendons encore et qui, bien que moins prolixe depuis la grande coupe de bois, nous donne toujours de quoi remplir notre panier et partager avec nos proches.

Je n'étais pas toujours très sage.

Les robes de fougères : j'ai toujours eu une bonne mémoire (quoi que ça dépend pour quoi). De ce fait je me souviens très bien de la journée où a été prise cette photo ou du moins, de certaines brides de celle-ci. Nous étions dans la forêt proche de chez ma grand mère au Sacré Coeur, une place ouverte au pied d'une sapineraie où se trouve une petite tour à la quelle on peut monter par un escalier très escarpé et au sommet de la quel se trouve Jésus dans la représentation que l'on en fait pour symboliser la Dévotion (et de la quelle on a une vue incroyable). Au pied de cet intrigant édifice se trouve en abondance des framboisiers et des fougères. C'est là qu'une de mes tantes me confectionna ma première robe de fougère. Toute ma petite enfance et même jusqu'à la fin de l'adolescence, j'ai prit plaisir à me costumer de la sorte en ayant parfois pour chapeau une grosse feuille de pétasite. Les fougères aigles et les fougères mâles poussent en abondance dans les collines de mon Isère et j'ai pu avoir tout le matériaux nécessaire pour expérimenter à loisir le stylisme végétal. Depuis, à chaque fois que je sens l'odeur d'une fougère fraîchement coupée, je ne peux pas m'empêcher de me remémorer cette épisode.

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Famille et amis au Sacré Cœur en 90.              Une de mes nombreuses créations.

Le retour aux racines : J'ai grandi dans la patrie de ma mère, l'Isère mais je reste attachée au pays de mon père, la Loire. Je ne connais que peux de choses de ce département si ce n'est par le récit des membres de ma famille. L'été de ma 6e ou de ma 5e, je ne sais plus très bien, nous sommes partis passer une semaine de

On les attendait toujours avec impatience.

vacances chez un cousin de la famille sur ce territoire inconnu et pourtant, au combien le notre. J'en garde un souvenir tenace mais doux. Comment oublier le maquis, les visages des grands oncles et des grandes tantes, les forêts de chênes aux branches tordues, les vallons creusés, les rivières claires où il fait bon se baigner, le plafond blanc de la chambre où patiement une multitude de moustiques attendaient la tombée de la nuit et la ferme des aïeux où sont conservés tous les souvenirs de ma famille paternelle ? J'ai toujours un peu de nostalgie à évoquer la Loire. Le temps du séjour nous sommes allés à Vulcania. Les fougères arborescentes m'ont tout simplement fascinées, tout autant que le film en 3D sur la fin des mammouths, la salle d'astronomie avec son ciel étoilé et le sol de la chambre magmatique semblable à un torrent de la lave en fusion, mais ce sont les ballades en nature dont je me souviens le mieux. Partis tous les 5 dans la voiture familliale, nous avons pu parcourir le pays et voir les chèvres blanches qu'enfant mon père gardais pendant les vacance avec son grand père, la place où mes grands-parents dansaient au bal musette dans leur jeunesse (et où une partie de leur histoire s'est écrite) et caresser la biche apprivoisée de Natural Parc.

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Avec mes frères, nous étions ébahis par cette biche.               Promenade avec mon deuxième frère.

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À côté de la formidable ville de Mèze se trouve le musée des dinosaures
qui abrite de nombreuses merveilles mais aussi plusieurs sites de fouilles.
Je crois que le lieu nous a marqué pour des décennies car c'est là qu'est née
ma passion et celle de l'un de mes frangins pour les dinosaures et en particulier
pour les vélocéraptors après un visionnage intensif de Jurassic Park 2.

 

DSC00371J'aurais également aimé parler de la cascade aux fées, des sorties avec ma cousine, du fait qu'avec mes cousins nous partageons le même amour pour la nature et de bien d'autres choses mais ça sera pour une prochaine fois. Cet article très personnel et pas forcement simple à écrire (parce qu'il touche à la famille et à l'enfance) a été motivé par le fait que je me sois replongée par hasard dans les photos de familles (une bonne partie de celles présentées ici m'étaient inconnues), par l'envie que j'ai de remercier les membres de ma famille qui ont fait ce que je suis aujourd'hui (et j'en oublie beaucoup à travers les quelques lignes), pour montrer au combien la nature est importante pour les enfants et à quel point elle peut leur assurer une enfance heureuse mais aussi, pour donner un petit bout de moi à ceux qui voudraient mieux me connaître. Ces quelques mots font échos à un article qui devrait paraître bientôt sur éveil et nature et qui doit présenter une série de témoignages sur l'éducation à la nature. Vous pourrez y retrouver le mien en version beaucoup plus courte. J'espère que ce petit texte vous aura plut, n'hésitez pas à me faire part de vos expériences dans les commentaires, j'aurais grand plaisir à les lire.

Si vous êtes fan de récits de vie, d'enfance et de nature mais aussi de photographie animale, d'environnement et de rapaces noctures, je vous invite à lire l'article de Thomas ICI et plus globalement à visiter son site Nature de chez nous qui est drôlement chouette (et c'est le cas de le dire) !

J'étais déjà attirée par les plantes sans le savoir.

samedi 31 octobre 2015

Halloween, une histoire de courges.

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C'est la fête à la citrouille !

 

Chaque année je fais une article sur cette super fête que j'adore : Halloween. J'aime l'aborder toujours d'une manière un peu différente en diversifiant les sujets pour ne pas être rébarbative. Halloween est une fête très ancienne qui contrairement à ce que l'on pense, prend ses racines dans les traditions celtes mais aussi de Gaule, c'est une célébration bien de chez nous qui a perdu son sens : la célébration des morts. Ce dernier a été reprit par la chrétiennetée à travers la Toussaint d'une part pour que la religion soit plus simplement assimilée par les autochtones mais aussi pour que les célébrations des Saints qui devenaient quelques peu paganiques soient toutes réunies en un seul jour. Cette reprise à fait disparaître le côté festif, en effet il était tradition de se réjouir du retour des morts car il était alors possible de passer une journée avec eux.

 

PA170259Cette année j'ai dans l'idée de faire un petit article sur les courges et autres citrouilles et leur lien avec Halloween. D'un point de vu botanique, la courge désigne plusieurs espèces de curcubitacées. Consommée comme légume, c'est en réalité un fruit. Les plus consommées et connues en Europe sont le potimarron (Curcubita maxima), la courge musquée (Curcubita moschata) et la fameuse citrouille (Curcubita pepo). Il existe bien d'autres espèces parfois très parfumées voire même sucrées qui peuvent être consommées en soupe, en gratin, en tarte ou encore crème dessert. Dans mon environnement, ma culture et mon souvenir, la courge et en particulier la courge musquée mais aussi leurs cousines et cousins les courgettes et petits marrons ont toujours été là. Les courges poussent nonchalamment sur les tas de fumier dans notre campagne, tous les exploitants agricoles et tous les éleveurs amateurs en font pousser (dont certains de mes proches). Chaque année ou presque les potimarrons et les courgettes prennent place dans le potager et donnent des récoltes abondantes, bref, ils font partis du paysage. Étymologiquement la courge veut dire gourde, en référence aux calebasses utilisées comme gourdes.

 

PA170459La citrouille elle tient son nom du latin citrus : citron en raison de la couleur de sa chair. Dans la culture cette espèce est associée a de très nombreux contes et légendes. On pense notamment dans les mythes réactualisés par Disney au carrosse de Cendrillon. Dans la tradition d'Halloween, la citrouille évidée puis découpée pour formée un visage macabre dans le quel on place pour l'anmer une bougie représente la tête d'un mort et une lanterne. C'est la lanterne de Jack. Dans la tradition Jack est un personnage mauvais qui aurait trompé le Diable à plusieurs reprises. Coincé sur Terre à sa mort car ni le Ciel, ni l'Enfer ne veulent de lui, Jack est condamné à errer sur Terre et ne peut se manifester aux mortels qu'une fois dans l'année, le 31 octobre. Pour se guider dans sa marche solitaire à travers les ténèbres sans fin, utilise une lanterne taillée dans un rutabaga. Ce légume traditionnel cultivé dans le Nord de l'Europe sera abandonné au profit de la courge pour la confection de lanternes quand les irlandais émigreront aux États Unis d'Amérique, d'où proviennent une grande partie des courges que nous connaissons à l'heure actuelle.

 

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Dans la culture amérindienne la courge est très importante, elle se pratiquait il y a presque 11 000 ans de cela en Amérique du Sud. C'est l'une des trois culture principale et essentielles avec le maïs et les haricots grimpants. Cette agriculture porte le nom de "Trois Soeurs" et est la base de nombreux mythes fondamentaux des peuples indiens d'Amérique Centrale et d'Amérique du Nord. Même les Mayas citait ce trio dans leur livre sacré. La courge est connue en Europe au Moyen Âge, mais elle n'a rien de nos curcubitacées ronds, oranges et ou massifs. En France elle porte un temps le nom de congorde. Elles sont longues, assez grosses, vertes et à la chair blanche. Une des espèces les plus représentatives est originaire d'Asie, c'est la cucurbita lagenaria, un légume classé aujourd'hui comme oublié. De nos jours elle garde encore le symbole que certaines cultures lui attribuait : c'est le soleil des Indiens, l'haromine familiale du Fen-Shui, la mémoire des premiers colons à Thanksgiving, la fertilité en Europe. Peu à peu remise au goût du jour, notamment avec l'essort que connaît les pratiques de cuisine, on en garde encore une image d'un légume attaché à la terre et aux cultures paysannes.

 

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samedi 17 janvier 2015

Hommage à Longpra.

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 Week-end en amoureux. Voilà une bonne occasion pour visiter le château de Longrpa. Alors pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que la propriétaire de celui-ci, après avoir pendant de nombreuses années organisé des expositions et des visites de la maison forte retourne vivre à Paris et cède le lieu aux héritiers du Comte Albert de Franclieu, défunt maire de la commune. De cette passation,on ne connaît pas encore l'avenir du lieu et peut être sera-t-il prochainement complètement privatiser.

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  Car il ne faut pas l'oublier, faire vivre un tel lieu demande un important investissement qui ruine souvent les propriétaires. Pour indication la réparation de la toiture du château a coûté une petite fortune. L'entretien des meubles et des papiers peints d'époque sensibles à la lumière, la restauration de la façade sont parfois des dépenses auquel il est bien difficile de faire face. 

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Mais les expositions diverses et variées, le musée permanent du bois qu'il abrite, les visites guidées, le cadre et la beauté du lieu attirent de nombreux visiteurs. Les dons, les fondations et les prix sont également des aides précieux pour la conservation de cet élément de patrimoine. La programmation 2015 n'est pas encore annoncée, espérons qu'elle soit aussi riche que cette année.

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 Espérons encore un bel et long avenir à Longpra, sinon, le lieu sera garder les nombreux souvenir de nos passage. Depuis mes 5-6 ans je connais la maison forte. J'y suis passée en famille, en amoureux, en amis et à chaque fois, avec le même plaisir. Pour vous tenir informé des dernières news je vous invite à visiter le site internet ICI ou à consulter cet article qui date du début d'année 2014 juste LA.

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lundi 15 septembre 2014

Saint Chamas.

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 Face à la plage d'Istres où nous avons passé la nuit précédente se dresse fièrement le village Saint Chamas. Situé en bordure de l'étang de Berre (dans les Bouches du Rhône) c'est un site d'histoire. D'abors occupé au paléolithique, les ligures, les romains puis les celtes s'y installent pour la richesse de la terre et le point stratégique qu'il représente.

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 Jusqu'à en 1347 le village de Saint Chamas est fleurissant, il devient une cité forte puissante mais suite à la grande peste celui-ci est ravagé. Il se reconstruit doucement. Le grand château est consolidé, agrandit et aménagé pour accueillir la régente de Catherine de Médicis et le jeune roi de France Charles IX âgé de 14 ans. 

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  Au 17e siècle la ville s'étend au delà de la colline et un grand port est construit. Mais les agitations de la grande Révolution stop un temps cette formidable croissance. Néanmoins la ville devient un exemple de République en permettant à tous les citoyens dont les paysans et les gueux illettrés d'avoir une place reconnue parmi le comité de surveillance. A cette époque troublée, Saint Chamas est renommée Port Chamas.

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Une colline de safre bleue coupe la commune en deux. Suite à l'éffondrement d'une partie de celle-ci en 1863, le pont de l'horloge fut construit 1869 pour acheminer l'eau qui ne passait plus. D'abords en bois, celui-ci devient de pierre. En 1902 il est agrémenté d'une horloge pour que chaque quartier de la ville puisse avoir l'heure à disposition.

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 Deux zones de la commune sont classées comme zones naturelles protégées. La vaste roselière accueilles une grande diversités d'oiseaux mais aussi de micro-organismes qui ne se développent que dans des milieux où eau douce et eau salée se mêlent comme c'est le cas dans l'étang de Berre.

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 Au sommet de la colline, une vue imprenable sur le lac, le village et l'immense viaduc où passe la voie ferrée. Et surtout, de superbes figuiers délaissés des promeneurs et des joggueurs... petites et sucrées elles ont été un bon dessert improvisé... même un peu trop hé hé hé !

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 Help ! Voilà un bel ombellifère mais impossible de l'identifier. Fleurs de fenouil et feuilles larges et mêmes rigides... qui pourra me venir en aide pour l'identifier ? Rependue sur le littoral et dans les divers coins que nous avons visités, elle dégage une douce odeur.

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 Mais il se fait tard et il est temps de prendre un repos bien mérité dans nos voitures face à l'étang. En repartant nous avons loisir d'observer les maisons troglodytes qui s'ouvrent sur la falaise et des quelles la vue sur le paysage doit être tout simplement extraordinaire. Je doute qu'il y ait de nombreux endroits où pareilles demeures existent.

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dimanche 6 avril 2014

Les grandes familles de la Valdaine: le village de Miribel-les-Echelles.

http://christianisme.skynetblogs.be/tag/pape

Cette analyse ou du moins cette présentation est le fruit de lectures et recherches basées sur les travaux de Marc Dubois, membre de la Société Dauphinoise d'Ethnologie et d'Anthropologie de Grenoble et passionné de la région qui, dans la première partie du 20e siècle chercha à percer les secrets des bornes. Son aventure commence aux alentours des années 20 et se termine peu avant son décès. Il éditât de nombreux documents sur la question dont un livre traitant des "Délimitation(s) des mandements de Saint Geoir et de Miribel en Dauphiné", un "Guide Historique et Touristique" dans le cadre de la promotion du "massif de la grande Chartreuse", édité par Joseph Biscoz en 1930 et une lettre personnelle munie de plans en 1933. C'est grâce à cette dernière qui est possible aujourd'hui de retrouver les bornes.

NB: cette article est parru dans le deuxième numéro de la revue de "La Renarde des Alpes" que vous pouvez lire ICI.

Correspondance

«Marseille 7 Novembre 1933 Cher Monsieur Morel Birone, Je viens encore avoir recours à votre obligeance et à votre mémoire au sujet des bornes aux armes de Clermont-Tonnerre dont je me suis mis à chercher leur nombre et leur origine. Je suis arrivé en fouillant les archives départementales à trouver les raisons et la date où elles furent placées. Ci-joint une note abrégée qui donne date et détail de ces bornes, il y en avait 15 paraît-il: j'en ai trouvé 10. Je ne sais de quel côté sont les 5 qui manquent. Je les crois du coté de la Croix du Mont. Il faudrait que vous lisiez ou vous faisiez lire cette note donnant l'emplacement des 15 bornes les noms uniques comme ils ont pu être changé depuis 5 siècles, peut être par les noms actuels on pourrait les reconnaître. Avant les travaux de Marc Dubois, les bornes n'étaient connues que par quelques habitants locaux, et aujourd'hui encore elles restent méconnues du public. Aucunes études et travaux n'avaient été fait sur ce sujet. Des 15 bornes, aujourd'hui on en connaît 10 et seulement 3 sont en bon état. Les lieux-dits ont changé, le temps à fait son œuvre et le travail de la terre ont pu les abîmer, les enterrés ou les détruire. Ces bornes mesures 50 à 60 centimètres hors du sol, sur 20 centimètres carré. Sur une des faces, côté Saint Geoire en Valdaine, on voit sculpté en relief dans un carré ou dans un écu les armes caractéristiques des Clermont-Tonnerre: les clefs papales surmonté d'une couronne comtale. Quelques bornes n'ont que l'écu. La première borne située sur les Monts, semblerait indiquer la région de la Croix du Mont, la fontaine appelée Fontaney, existe sans doute toujours si c'est une source. La 4e limite, près du Perier Matan, me semble indiquer près de la pierre Matan, cela se ressemble comme nom. La 7e près du chemin de Miribel à la chapelle semble être celle a coté du chemin de la Croix de l'Roch. J'ai fait un petit croquis que je vous joins à la présente où j'ai tracé en rouge les croix que j'ai trouvé et numéroté de 1 à 10. Si vous pouviez m'écrire sur ce plan les noms de lieux, les bois ou terres sur les quelles sont placées ces bornes, cela me serait utile, nom actuel ou ancien s'il existe toujours, Et charger votre fils ou une autre personne de demander aux propriétaires des terres voisines de la Crête, s'il en connaissent dans leur voisinage, qui alors correspondraient aux 5 que je n'ai pas trouvé dont la première serait au Mont. Tout cela me serait utile pour mon étude qui sera communiquée à Grenoble pour demander à l'état le classement comme monument historique de ces bornes qui ont 500 ans d'existence, ce qui est quelque chose de rare et que vous m'aurez aidé à mettre au point, Ci-inclus une enveloppe avec mon adresse de Marseille où j'habite pendant l'hiver. J'espère que votre santé ainsi que celle de toute la famille grands et petits (?). Je vous adresse à tous mes amitiés et vous remercie d'avance du dérangement que je vous demande. M.Dubois Vous trouverez dans la brochure sur Miribel, aux seigneurs de Miribel Jean Roble, le dernier châtelain du ch(au) qui est en cause avec Clermont-Tonnerre pour ce bornage. Vous garderez pour vous, je vous l'offre, la pièce écrite à la machine à écrire, document unique.»

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Clermont-Tonnerre


Le sol au dessus du village, du néocomien supérieur, était exploité comme pierre de taille pour construire les encadrements de porte. En 1928, on y découvrit l'ossement imposant d'un reptile marin de l'ère secondaire. Le reste de la commune est sur de la molasse. La limite entre Miribel-les-Echelles et Saint Geoire en Valdaine est en partie naturelle, elle est délimitée par un bloc erratique massif qui a été porté par le glacier le long de la Maurienne et déposé au milieu d'une sapinière. On l'appelle Pierre Mata et, selon une légende locale, elle serait un ancien autel druidique d'où son nom de Mata qui signifie « tuer » en patois. Néanmoins, il n'existe aucune preuves de l'utilisation de la pierre dans ce sens. On trouve un autre bloc plus petit, nommé Pierre-Aigue, dans le hameau du Frou. La région a été occupée par des Hauts Alpins puis par les Allobroges, dont une supposée Motte cadastrale existerait à Saint-Geoire-en-Valdaine. L'église en son centre est une église roman moderne en partie financée par les Chartreux à hauteur de 175 000 francs. Sur l'ancien château détruit par Lesdiguières en 1595, à proximité d'une carrière de molasse, se dresse à 15 mètres de haut une Madone bronze qui mesure 3 fois la taille habituelle. Elle provient des ateliers de MM. Baud et Penel de Lyon. Elle arrive à destination le 18 août 1866, tirée par 20 bœufs sur un char. Depuis une petite chapelle a été construite en mémoire de la guerre 14-18. L'emplacement est celui des grands Seigneurs depuis le Moyen Âge en raison de la vue incomparable qu'il donne sur les alentours. Non seulement il permet d'admirer l'ensemble des massifs de la Chartreuse mais aussi les plaines du domaine ce qui en fait un bon poste de garde contre les invasions. On trouve également un bassin de pierre situé au bord de la route qui fait le Villar – la Montagne et qui porte un écusson sans armories et la date de 1573.

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En direction de Voiron il y a la chapelle Saint-Roch, datée de 1631. Ce saint c'est illustré au cours de la grande peste de 1300 en se dévouant au soin des pestiférés. Son oratoire était fréquenté pour demander la levée des maladies et la protection contre celles-ci. Il est devenu le patron des bûcherons chartreux et était prié pour les préserver des accidents. On trouve aussi les vestiges d'une caserne sur la limite de la commune et de l'Entre-Deux-Guiers où les brigadiers de Miribel protégeaient la frontière et arrêtaient les contrebandiers quand la Savoie n'était pas encore rattachée au royaume de France. En 1860 le bâtiment est déserté en raison des nouvelles frontières. Au dessus du Grand-Champ, aux Cornet, se trouve une pierre avec l'inscription 1515 mais on en ignore la signification. A proximité de la Pierre à Mata dans la forêt se tenait une maladrerie, une maison où les lépreux étaient soignés. Dans le canton, ils avaient le droit de se marier, chose rare pour l'époque. A proximité, à 880 mètres d'altitude, se trouve la Croix du Col des Milles Martyrs. 

 

http://www.vacances-location.net/locations-vacances/location-gite-miribel-les-echelles,108159

Son origine:

-En 1420 un monastère fût fondé à Pont-de-Beauvoisin coté Savoie, par les Carmes d'Aix-en-Provence. C'est le prince d'Achaïe, duc de Savoie, qui dans son testament à sa mort en 1418, laissa une somme conséquente à son héritier Amédée VIII, pour construire l'édifice qui ne fût pleinement fini qu'en 1491. C'est Jacques de Clermont et son épouse Jeanne de Poitiers, la sœur de Diane de Poitiers, qui firent terminer et agrandir l'édifice. Ils léguèrent aux religieux une somme d'argent. - Chaque année pour le lundi de Pentecôte, les paroissiens de Miribel prenait le chemin de la procession qui reliait Pont-de-Beauvoisin à Miribel-les-Échelles pour célébrer les dix milles martyrs. Mais voilà, la fête fit bientôt désordre. Arrivée au Pont, les mirebelins après avoir honorés les saints se rendaient au cabaret et buvaient plus que de raison. C'est pour cela que Monseigneur Le Camus cardinale et évêque de Grenoble interdit cette procession.

- Néanmoins, messire Antoine Biétrix de la Garonnière, prieur de Miribel, aidé des notables locaux, adressa une supplique à Monseigneur Le Camus pour bâtir un oratoire entre Saint Geoire en Valdaine et Miribel-les-Échelles afin de prier les Saints les années de mauvaises récoltes, ou, faute de moyens, de le remplacer par une croix à la quelle on se rendrait en procession. L'endroit vide de cabaret, il n'y aurait plus de troubles. La procession fût accordée et déplacée à la date du 22 juin, jour des Saints des Dix milles martyrs. (La requête peut être aujourd'hui encore consultée aux Archivs de l'Evéché de Grenoble).

 

Au dessous, à proximité du marécage de Marfey, se trouvait une verrerie dont on peut encore trouvé ci et là des fragments de verre. Dans la crypte de Saint Sixte, on peut lier une inscription qui date du Vie siècle: « HE HIC REQVIESCIT IN PACE FAMVLA DI CLAVDIA QVI VIXIT ANNIS XXXIIII M IIII DXIIII OBIT XVIIII K. FEBRARIAS. POST CNS ANTE EMI ET FLORENTII VV CC ». « Ici repose la servante du Seigneur, Claudia, qui vécut trente-quatre ans, quatre mois quatorze jours, mourut le dix-neuvième jour avant les calendes de février, après le consulat d'Anthenus et de Florentius, hommes très illustres ». (Année 516). Juste à côté de cette église, un petit mont, le Barracuchet surplomb les alentours. Autrefois on pouvait y voir les ruines de l'ancien télégraphe.

 

Étymologie de quelques noms de lieux dits, tirés du « Dictionnaire » de Nicolas Cabot (1710).

NB: La région était la possession des Allobroges qui parlait le celtique.

- IÈRE signifie contrée.

- DIÈRE signifie hauteur, habitation.

- le P et le B celtiques se confondent souvent, Péron avec le temps a pu devenir Béron.

-Miribel vient de MYR: ruisseau, rivière et BEL:cime, montagne. Mirible signifie la montagne au pied de la quelle coule une rivière.

- le Villard vient de VIL: le village et ARD: haut,élevé. Villar veut donc dire le village sur les hauteurs.

- Babolin vient de BA: coteau et de Boulin, mot formé de BAL et de BOS qui désignent tout deux le bois, la forêt. Babolin veut donc dire le coteau boisé.

- Marfey est composé de deux mots celtiques, MAR: le bois et FAY: le hêtre, le fayard. Le Marfey signifie forêt de hêtres.

- Morge vient du gallique MOR: eua et du celtique GANN: petite quantité. Cela signifie petite rivière.

- Le Péron est une corruption du mot celtique Béron et vient de BER: montagne, grosse pierre, rocher.

- Les Baches est aussi une corruption, ici du mot Blache qui désigne "une terre à châtaigniers ou à chênes, si distants des uns des autres que l'ont peut y labourer dessous".

- Barruchet, formé du celtique Bar qui veut dire montagne, de Rac à la même signification que COUCH qui nomine la cime, l’élévation et de Et qui signifie près, au dessus. Barrachet veut donc dire "montagne terminée au-dessus par une cime, une élévation".

- Pierre-Chave est un nom qui pourrait avoir quelque rapport avec le culte des pierres. Le mot Chave est une déformation de Chalre, aplliqué souvent aux montagnes et rochers de calcaire.

- Le Fontanil est formé du celte FONT, la fontaine et Anial, inhabitable, désert, abandonné. Ce nom signifie "la fontaine déserte".

- Servagette est issu du mot servage: sauvage.

- La Sagne vient du latin Sagna, le près marécageux, le marais.

- Grand-Corssert est un nom que les vieux parcelaires ont donné aux hameaux locaux, il vient de Costerg qui signifi versant de la montagne.

- Chenavaz semble venir du bas-latin Canabaria, maison rustique, domaine rural.

- La Cote signifie flanc, versant d'une montagne et est attribué aux hameaux ou villages situés sur des versants.

- L'Epinasse vient du latin Spina, terrain buissonneux, couvert de buissons épineux.

- L'Arenier dérive d'Arenarium ou du bas latin Arena: terrain sablonneux, sablière.

- L'Essartière est issu du mot Essertum en bas-latin qui désigne une terre ou un bois nouvellement défriché.

- La Sara vient du celtique et veut dire montagn,e coline pierreuse, rocheuse.

- Perreréaz vient du bas-latin Perraria pour Petraria du latin Petra et signifie "carrière d'où l'on tire de la pierre".

- La Bourgeat est diminutif de Bourg issu lui même du germanique Burg.

-Pomaray est à l'origine un terme employé pour désigner les plantations de pommiers. C'est devenu le nom donné aux villages qui cultivent la pomme.

- Les Vernes signifie terrain couvert de vernes ou d'aunes.

- Le Cré est dérivé d'un radical celtique qui signifie terrain graveleux, champ pierreux.

- Les Platières désigne une surface plane, un plateau, une pente unie sur le flanc d'un coteau, il vient du mot Planum et Tiere: contrée, région.

 

Histoire des Bornes aux armes des Clermont:

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Les seigneurs Clermonts viennent d'une famille puissante, établie dans la vallée de l'Ainan quand le royaume de Bourgogne se disloquât. Ils formèrent une baronnie qui fut érigée en Comté. C'était l'une des plus importantes familles du Dauphiné. En leur possession: toutes les paroisses de l'Ainon jusqu'à Voiron et une grande partie des Terre-Froides. Elle était un trait d'Union entre le Dauphiné et la Savoie dont les frontières s'arrêtaient aux rives du Guiers, près des gorges de Chailles.

- En 1119 le baron Aynard de Clermont, au sercie du comte de Bourgogne, dirigeait les troupes pour chasser l'anti-pape Burdin au profit du Pape Calixte II. C'est par cela que la famille prit pour armoiries les clefs papales en remplacement du mont éclairé par le soleil qu'une branche espagnole de la famille a conservé par la suite. Au XVIe siècle Amé de Savoie, duc de Savoie, demanda avec ferveur à Aymard de Clermont qu'il lui laisse le libre passage sur ses terres pour qu'avec ses troupes il puisse s'attaquer au Dauphin Humbert, son ennemi. Mais malheureusement pour lui, il fut vaincu. Le Dauphin éleva Aynard de Clermont au rang de ses principaux officiers, le nommant capitaine général des armées et Grand Maître du Dauphiné, titre qui par le suite fût attribué à plusieurs membre de cette famille. Depuis le XIIIé siècle, ces seigneurs possédaient une chapelle funéraire, dans la Chartreuse de La Silve Bénite, où le dernier d'entre-eux à être inhumé en fut François de Clermont, en 1751. En 1789 les tombeaux, après l'abandon de la Chartreuse, furent ouverts. A l'intérieur 13 dépouilles des Clermont y reposaient. Au XVe siècle, Saint Geoire en Valdaine en qualité de canton comprenait six communautés. La commune de Merlas se partageait entre cette seigneurie, sous la direction d'Antoine de Clermont, Vicomte de Tallard et celle de du Comte de Miribel Jean Robbe qui en était l'homme de loi de par son mariage avec Catherine de Miribel et qui habitait le château démoli en 1595 par Lesdiguière. La limite entre les deux partie se matérialisait par une crête couverte de forêts côté Valdaine et de champs cultivés côté Miribel. - C'est cette région boisée qui animait les contestations sur la possession des terres entre les deux seigneuries, Querelles qui en 1950 perduraient à travers les paroisses de la Chapelle et de Merlas. D'un commun accords, des arbitres furent désignés pour délimiter les possessions. Leur mission: se rendre sur les anciennes limites établies en 1369 accompagnés de voisin et de gens d'honneurs, à la date du 21 juin, et d'en fixer de nouvelle par un bornage. « Le seigneur Antoin de Clermont choisit noble Jacques de Clermont Seigneur de Vaulserre, époux de Jeanne de Poitier, sœur de la fameuse Diane. Le seigneur Jean Robbe de Miribel, désigna Georges de St-André qui était mistral de Saint-Laurent-du-Pont ». Le 28 juin 1493 les experts se rendirent sur place avec Louis Ratonis, Jean Pellipart et Jean Pascal, notaire public. Le nouveau bornage fut mit en place, en débutant pas Vaulserre qui aujourd'hui est la commune de Voissant pour se continuer jusqu'au Col des Mille Martyrs et aux limites du mandement de Voiron. 15 bornes de pierres furent posées, marquées d'une croix sur le dessus. Chaque seigneur eu la possibilité de gravé ses armoiries sur ces bornes, seul Clermont le fît. Le texte notariale de cet acte fut rédigé le même jour et fut retrouvé plusieurs siècles après dans les archives des Chartreux. - Jacques de Clermont, choisit par la seigneur de Saint Geoire était affilié à la famille de par la branche cadette de celle-ci et qui en 1493 possédait la seigneurie de Vaulserre. En 1567 Aubert de Corbeau, seigneur de St-Albin, de par son mariage avec Claudine de Clermont, devint possesseur du château de Vaulserre situé à Voissant, là où le Guiers et l'Ainan confluent.

http://clermont-tonnerre.fr/fr/heraldique.php?menu=histoire

- De plus, les 15 bornes marquaient la délimitation entre le diocèse de Grenoble et celui de Vienne qui depuis 1107, démembrement du compté de Vienne, suivaient la fameuse crête boisée. Le château de Vaulserre,construit pour la défense du passage entre le Dauphiné et la Savoie, et dont on peut encore voir les ruines fût détruit comme de nombreux châteaux de la régions par les guerres de religion en 1591. Sous celui-ci il existait un péage très fréquenté et qui appartenait à la seigneurie. Dans l'enceinte de celui-ci, une foire annuelle de la Saint Michel était tenue. Dans les ruines restantes, un bac perdurant longtemps. Il a disparut depuis, avec la construction du pont à deux arches, obtenu par le Marquis de Vaulserre au19e bien que le département de l'Isère y soit opposé. Cette construction fut motivée par le péril encouru par « une dame d'honneur de la Cour Impériale au gué de Domessin ».Longtemps le pont se nomma pont du Marquis. Les 15 bornes pourraient appartenir à une plus grande série de bornes qui auraient été érigées par les Corbeau de St-Albin devenus seigneurs de Vaulserre. En 1094 le siège de la seigneurie de Vaulserre fût transférée dans le château actuel de St-Albin, fief depuis le 13e siècle de la branche cadette des Corbeau. Ces bornes depuis le même siècle partaient du Guiers, en face du rocher des 3 évêchés, remontaient à l'est du château de Voissant en suivent la crête jusqu'à leur rencontre avec le limite des bornes Miribel - Saint Geoire. Les bornes de Voissant mesure 70 cm au dessus du sol, sont dépourvues d'inscriptions et semblent postérieures à celles des Clermont. Il n'est pas rare d'en croiser au cours d'une promenade dans les bois ou sur le bord de la route. On ne sait pas combien il a pu en exister. Avant les travaux de Marc Dubois, les bornes n'étaient connues que par quelques habitants locaux, et aujourd'hui encore elles restent méconnues du public. Aucunes études et travaux n'avaient été fait sur ce sujet. Des 15 bornes, aujourd'hui on en connaît 10 et seulement 3 sont en bon état. Les lieux-dits ont changé, le temps à fait son œuvre et le travail de la terre ont pu les abîmer, les enterrés ou les détruire. Ces bornes mesures 50 à 60 centimètres hors du sol, sur 20 centimètres carré. Sur une des faces, côté Saint Geoire en Valdaine, on voit sculpté en relief dans un carré ou dans un écu les armes caractéristiques des Clermont-Tonnerre: les clefs papales surmonté d'une couronne comtale. Quelques bornes n'ont que l'écu. Au lieu dit de Marfay, dans un petit bois situés quelques centaines de mètres en dessous des bornes, se trouve deux grandes pierres gravées en creux des armes de la Grande Chartreuse, c'est à dire un globe surmonté de la croix et qui indiquent l'emplacement de l'ancienne propriété cartusienne de La Serra. 

 

Familles seigneuriales de Miribel:

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Quand les Sarrasins furent chassés du Dauphiné qu'ils avaient ravagé par Isarn, évêque de Grenoble, qui dirigeaient les guerriers locaux, celui-ci prit possession d'une très grande partie du pays. Néanmoins la plupart des habitants avaient fuit les lieux ou avaient été décimés. Ses hommes d'armes s'intaillèrent donc et créèrent les premières seigneuries. En 1200 les seigneurs s'attribuèrent des noms propres et des armoiries pourse distinguer du peuple sur le quel ils avaient autorité. A Mirible, quelques familles se succédèrent.

- De Miribel: puissante maison connue depuis 1097 qui se divisa en trois banches. On retrouve la troisième dans les « Annales Ordinis Cartysiensis » que le 9 des Ides de décembre 1097, Humber et Odon de Miribel cèdent à Bruno et ses compagnons, les droits qu'ils possédaient sur ce que l'on nomme à l'époque le Désert de Charteuse. Humbert de Miribel eut deux fils: Boniface et Pierre. Ce dernier, comme il est d'usage à l'époque pour les cadets, entre dans les ordres et devient moine au prieuré des Bénédictins de Miribel. Bonidface eu deux fils: Amédée et Humbert, qui comme leur père cèdent leurs biens à l'abbaye naissante de Chalais. En 1106, Humbert de Miribel conteste aux Chartreux la donation du val de Tenaison, dans le massif de la Chartreuse, donation faite par Alchérius, en se réclamant comme unique bénéficiaire de l'autorité sur cette région. La querelle fût mise à plat par son fils Boniface de Miribel qui considéra les Charteux comme seuls propriétaires de Tenaison. En 1129, Boniface de Miribel, fils d'Humbert et ses fils Amédée et Humbert offrent au Charteux le territoire de Curière et de Curiérette, des prairies et des forêts. Pierre-Humbert de Miribel, prieur de Saint-Maurice de Miribel, céda aussi ses droits sur les lieux. Guigues du Pont, fils de Berlion possédait en fief, de Guillaume de Miribel, sa maison forte située dans l'enceinte du château du dit lieu. Par acte duvendredi avant la Saint Jean Baptiste 1234, le dit Guillaume de Miribel cédait à Philippe de Savoie, évêque élu de Lyon vers 1246, la totalité de ses biens du Pont-de-Beauvoisin, « en plus de la maison forte pour la quelle Guigues lui devait hommage ». En 1130 environ, Boniface de Miribel eu donné à Chalais les terres qu'il possédait dans la paroisse de Saint-Laurent-du-Désert. Au même moment Gontard de Miribel abandonne contre 60 sols le droit de tâche qu'il avait sur le manse de l'Alpette. En 1241, Humbert de Miribel, avec l'accord consenti de son épouse Urtille de Conflans,de ses enfants Amédée, Aimeric et Anne, donne contre une faible rétribution le manse d'Hautefare les terres qu'il possédait à Ratz et le lac qui s'y attéle et que son père avait obtenu de Raymond Garcin aux moines de Chalais. Guillaume, seigneur de Miribel approuve cette décision.

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2009.payraud_n&part=171590

- En 1254, Guillaume, seigneur de Miribel, et son fils Boniface permirent aux religieux d'alberger les biens dépendant de leur domaine de Fontmartin et de la Grange du Désert, propriétés des fils du seigneur. Le 18 avril 1287, Guigues V, 22 supérieur de Chalais, intervient dans un accords de Humbert Bardin, clerc jurisconsulte et Humbert de Miribel, entre les religieux de Chalais et Boniface, seigneur de Miribel et d'Ornacieux. Le nécrologe de Premol indique en l'an 1554, parmi les religieuses chartreusines, une Marguerite de Miribel. Cette branche des seigneurs de Miribel finit par Jean-Amédée et Pierre de Miribel, qui meurent sans enfants vers 1450. Leur blason était « écartelé d'or et de gueules à cotice d'hermine, brochant sur le tout ». Par la suite, le château et la seigneurie de Miribel passent au Xve siècle dans la juridiction des seigneurs de Robbe par le mariage de Catherine de Miribel, toute dernière héritière. C'est une vielle et riche famille originaire de Moirans. Jacques Robbe, originaire de Miribel, fils de Benoit, combattu en brave et fût prisonnier à la Bataille de Pavie en 1524. La famille s'éteint au XVIe siècle et la brache des Miribel se termine pour de bon avec Jean Robbe, qui fût nommé chambellan de François Ier en 1526. Il meurt sans gloire le 27 octobre 1531, et lègue tous ses biens à dame Eléonore de Thomassin qu'il avait épousée le 20 janvier 1529. Elle légua à sont tour à sa mort le 12 avril 1540 ses possédions au seigneur de Montmartin, Jacques de Thomassin. Jacques Robbe avait épousé en première noces Françoise de Sassenage et quo fût inhumée dans la chapelle que possédait la Maison de Miribel, dans l'église des Frères Mineurs de Moirans. Pour exprimer la douleur de cet être cher, son époux fît graver dans divers endroits de la chapelle « O quel refert mon cœur y a ». De son vivant, il se plaisait à dire « pour l'amour d'elle ». Son blason est « d'or à la bande d'azur, en chef un aigle d'argent ». La famille est ensuite remplacée par celle des Galles dont Aimar Gallonis, qui vivait à Miribel en 1280, est l'aïeul. C’était un noble chevalier dont descende de lui Louis de Galles, seigneur du Bellier, qui fut maréchale de camps des légionnaires du Dauphiné, Lyonnais, Forez et Beaufort. 

 

femme renard

C'est ainsi, après de nombreuses batailles et pèlerinages Saints, que petit à petit, l'histoire de nos vieilles pierres est tombeé dans l'oublie, perdurant dans la mémoire des vieux de la vieille. Mais la voilà mise à jour, il ne vous reste donc plus qu'à arpenter la commune de Miribel-les-Echelles, sur les traces du passé. La mairie à ce titre, propose un petit fascicule qui permet de faire une jolie et longue promenade qui répertorie en partie ces lieux mythiques. Un grand merci à André Stoffel pour m'avoir transmit ces précieux documents ainsi qu'une partie de ses recherches personnelles.