dimanche 5 avril 2020

Oullins au rythme de l'Hiver.

DSCN1358

Oullins l'hiver, c'est encore un autre visage de la ville. On cherche les oiseaux et on écoute les chants de la rivière Yzeron qui coule à nos pieds C'est aussi l'odeur des pots d'échappement qui chatouillent nos narines mais c'est surtout, le moment de profiter des rues un peu plus vides qu'à l'accoutumée en cette période froide. Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) poussent de la voix. Posés dans les grands platanes ou sur les gouttières, ils commencent à prospecter les cavités où ils pourront nicher dès l'arrivée du printemps. Ces oiseaux alors si sociaux deviennent solitaires, quoi que, pas tant que cela, les couples s'installant souvent près des uns des autres ce qui ne va pas sans engager parfois quelques violentes disputes de voisinage. La ponte intervient entre fin mars et début avril, où 4 à 6 oeufs bleus sont déposés dans le nid. Il faudra alors attendre 3 semaines pour voir toute la famille s'envoler de la cavité l'ayant accueillie. Les parents continuent à nourrir les jeunes après leur envol.

DSC09829              DSC09831

Petit tour au bord de l'eau. Nous y croisons un rat surmulot (Rattus norvegicus), comme nous en voyons souvent depuis de notre fenêtre ou dans la cours de notre immeuble. En ville, il vit dans les endroits délaissés par les hommes où il se nourrit de déchets. Mail aimé en raison des maladies qu'il véhicule par son urine ou par ses puces, il n'en reste pas un animal fascinant faisant preuve d'une grande intelligence et de sensibilité.

DSC09817Levons la tête. Au-dessus de nous, entre les immeubles, passe l'un de nos oiseaux favoris. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un petit faucon qui a prit possession des villes. Ici nous suivons souvent un couple qui aime venir chasser ici et qui, parfois, se pose sur la barre HLM en face de chez nous, nous laissant tout le loisir de l'observer. Nous avons découvert l'an dernier à la fin de l'été qu'il nichait dans le clocher d'Oullins.

DSC09838               DSC09844

Saut par le parc de Chabrière. Belle surprise nous y trouvons pour la première fois des pigeons colombins (Columba oenas), un magnifique pigeon de petit taille, au regard noir et à la silhouette élancée. Cavernicole, il niche dans les cavités des arbres, de ce fait les grands platanes sont un lieu tout trouvé, ceux-ci étant souvent creux en raison des champignons dévorant leur coeur. Ici trois individus nous observent depuis les branches.

DSC09823Véritable anachronisme, une grande berce (Heracleum sphondylium) est déjà en fleur alors que nous ne sommes qu'en février ! Pourtant il n'y a pas de doute à avoir : feuilles découpées, limbe verte et pileuse, odeur de mandarine sur les fruits naissants ... tout y est. On trouve même à côté de celle-ci la tige de l'année précédente toute défraîchie par le gel et par le soleil. C'est une plante à la multitude de noms. En fonction des régions elle est appelée pattes d'ours, herbe du Diable ou cornes de chèvre. Son nom latin d'Heracleum est tiré de celui du héron antique Héraclès, plus connu comme Hercule. Aromatique, les feuilles, les jeunes tiges, les sommités fleuries en bouton, les graines et les parties souterraines peuvent se consommer de diverses manières : en infusion, frites, en gratin, en crème brûlée, en gâteau, en soupe ou encore en salade.

DSC09845             DSC09846

Les étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) sont de retours. Nous sommes alors au début de l'hiver, ils n'ont pas encore l'idée de se consacrer à la reproduction. Tout le joyeux groupe composé d'une quarantaine d'individus est parti dans les branches pour passer la nuit. Il ne faut la croire mais même en ville, le danger est là. Faucon pèlerin, épervier, faucon crécerelle, hibou moyen duc et même buses ... les prédateurs rôdes parmi les arbres.

DSC09826En face de la fenêtre, une famille de 5 corneilles noires (Corvus corone) s'anime. Nous avons pu voir les jeunes prendre leur premier envole, réclamer l'attention de leurs parents, chiper le pain aux canards et jouer dans les feuilles mortes. Toutes présentent des anomalies : une petite taille avec des plumes blanches et abîmées, signe que la faune en milieu urbain ne se porte pas toujours bien, en raison d'une alimentation défaillante.

DSCN1348             DSCN1347

Retour à la fin de l'hiver. Dans les fruitiers qui commencent à fleurir, une joyeuse troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) s'exitent. En 30 ans, leur population a diminué de plus de 70%, et cela reste une découverte récente ! Un rappel fort pour ceux qui auraient tendance à laisser de côté nos oiseaux locaux qui sont pourtant fortement menacés pour se centrer exclusivement sur des espèces plus exotiques.

DSCN1362Les tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sont des oiseaux graciles originaires du Moyen Orient et présent en France seulement depuis une centaine d'année, d'où son nom de "turque" là où les anglophones ont la délicatesse de la nommer "Eurasian Collared Dove", soit tourterelle eurasienne à collier. Ce beau collier noir n'est présent que chez les adultes, un moyen simple de reconnaître les juvéniles.

DSCN1565L'oie de Guinée (Anser cygnoides) est une oie domestique. Celle-ci ensauvagée longe la Saône, car à vrai dire nous avons quitté Oullins pour remonter tranquillement le long de la rivière. Cette espèce se reconnaît à son tubercule noir massif, absent chez l'espèce sauvage ayant donné naissance à de nombreuses oies domestiques, l'oie cygnoïde (Anser cygnoides). Rare et menacée, on l'a rencontre en Chine, à Tawaïne, en Mongolie, en Russie, au Japon et en Corée. La chasse excessive et la disparition de ses habitats sont les deux facteurs principaux qui conduisent rapidement cette espèce à l'extinction alors qu'elle reste très mal connue. Pour revenir à l'oie de Guinée, c'est une espèce connue comme animal ornemental de part nos contrées mais élevée en Asie comme volaille en raison de sa robustesse, sa croissance rapide et sa capacité de se nourrir d'un peu près tout les types de déchets de cuisine.

DSCN1551Le chevalier guignette (Actitis hypoleucos) se promène parfois devant chez nous. Le voilà sur le bord de la Saône, sur un branche à guetter les petites bêtes dont il se nourrie. D'ordinaire il s'observe sur les rives, se promenant parmis les graviers et les pierres semi-immergés. On le distingue facilement des autres chevaliers grâce à ses pattes jaunes et à la tâche blanche qui par de son ventre et qui remonte au dessus de son aile.

Fin de la ballade, il faut rester chez nous pour au moins un mois, sans doute plus. Nous ne plaignons pas, nous sommes dans un tout petit appartement certes, mais avec deux grandes fenêtres qui s'ouvrent sur le monde et en particulier, sur l'Yzeron, nous avons de quoi nous occuper. Les merles, les corneilles et les mésanges nichent dans les arbres, les hérons passent au-dessus de notre tête et les pigeons commencent leur parade.

DSCN1560              DSCN1627


dimanche 15 mars 2020

Le sud au rythme de l'hiver.

DSC09613

Nous sommes pour les fêtes dans le sud de la France. Si le temps est aux retrouvailles en famille, il est aussi au grandes découvertes. Logés à Marseille, nous sommes à quelques lieux de sites remarquables et nous sommes rapidement au coeur des zones humides si riches en oiseaux et végétaux qui pour certains, sont sur le point de fleurir. Nous commençons à être familiers des lieux mais nous avons encore beaucoup à apprendre, pour l'heure nous sommes très novices, en particulier pour ce qui touchent aux oiseaux des milieux palustres qui sont si peu communs dans nos montagnes et aux grands migrateurs qui trouvent refuge dans les étangs salés. Nous avons a plusieurs reprises, eu la chance d'observer le coucher du soleil sur la Méditerranée et de voir de grands vols traverser le ciel rougit par les derniers rayons. Seul regret, nous n'avons pas pu explorer les salants du Lion de l'aéroport de Marignane, mais nous y reviendront bientôt.

Fos sur Mer et ses marais salants.

À la limite de l'étang de Berre, les marais salants de Fos sur Mer font office de réservoir de biodiversité. Le site à l'arrêt depuis les années 70 a été réaménagé pour permettre aux promeneurs de cheminer tout autour du lac et des salants sans impacter la tranquillité des oiseaux qui s'y épanouissent.

DSC08956

Nous avons eu grand plaisir à retrouver un oiseau que nous avons beaucoup entendu chanter cet été dans les hauts herbages des Hautes Alpes et que nous appelons affectueusement "l'oiseau wesh-wesh" en raison de son chant. Il s'agit du tarier pâtre (Saxicola rubicola), chez qui le mâle aborde une tête noire, un collier de plume blanches et un ventre rose-orangé. Si on peut le rencontrer toute l'année en France, il se fait plus discret l'hiver, préfèrent rejoindre le sud de la France et en particulier les milieux côtiers. Pour s'épanouire, trois éléments lui sont absolument nécessaire : des taillis et broussailles pour se cacher et nicher, des points en hauteur pour chasser et des branches élevées pour parader et surtout, surveiller son territoire. Ce dernier trait de caractère s'observe particulièrement à cette période de l'année. Cela nous change de les voir posés dans les buissons épineux, là où en juillet nous les avons vu perchés sur les sommités fleuries des grandes gentianes.

DSC08918              DSC08914

Voici notre petite star,  le pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Infatigable, il saute de tige en tige à la recherche de graines. Très commun et migrateur partiel, on le rencontre essentiellement l'hiver sur le bassin méditerranéen dans les friches, les jardins, les parcs et les campagnes où l'agriculture n'est pas intensive.

DSC08913     DSC08915     DSC08917     DSC08922

S'il consomme habituellement des insectes, en cette saison il se fait volontiers granivore et use de son bec fin pour déloger les derniers grains de la saison. Peut farouche, il se laisse facilement approcher hormis en période de nidification où il préfère se dissimuler dans les arbres même s'il on peut trouver son nid au sol. Six à sept oeufs y seront pondus puis couvés pendant la femelle pendant deux semaines. Les petits sont élevés par le couple.

DSC08927

S'il est facile à identifier à cette période, en raison du fait qu'il est le seul représentant des pouillots présents en France l'hiver, cela n'est pas le cas pour les autres saisons. Le reste du temps, il vaut mieux se fier au chants, d'autres espèces très similaires pouvant être confondus avec ce dernier, en particulier le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) aux couleurs vives, aux rémiges plus longues et au sourcil bien plus marqué. 

DSC09046              DSC08962

Dans le grand étang, les mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) sont abondantes. En plulmage internuptiale à cette période de l'année, on les reconnaît à point noir à l'arrière de la têt et aux bordures blanches des ailes. On reconnaît les jeunes individus aux plumes marrons qui sont caractéristiques des premières et deuxièmes années. Au milieu de se remu-ménage, trois drôles d'oiseaux au bec orange vif attirent nos regards.

DSC09033

Trois goélands railleurs (Chroicocephalus genei) pêches à proximité de la digue sans être iniquités par les passants. C'est notre toute première observation de l'espèce et nous en sommes très fières. Ils ne sont pas très nombreux en Europe, on dénombre un peu plus de 2000 couples nicheurs sur tout le continent. En période hivernale, il se rapproche des estuaires et des côtes maritimes où il trouve de quoi se nourrir.

DSC09041              DSC08961

Ce qui a attiré notre oeil, c'est le comportement des deux espèces. Là où les mouettes rieuses plongent en piqué ou, à l'instar des canards colverts, en levant le croupions et toujours avec les ailes proches voire plaquées au corps pour attraper les poissons et les petits invertébrés, les goélands railleurs se jettent dans l'eau depuis une très faible hauteur les ailes bien écartées. C'est un trait que j'aime particulièrement dans le naturalisme : observer le comportement des animaux pour identifier les espèces en un tour de main.

DSC08985     DSC09059     DSC09082     DSC09087

Côté paysages, nous sommes moins enthousiasmes. Nous avons bien conscience que pour vivre et pour communiquer, nous sommes dépendant de toutes les infrastructures qui nous entoures, mais voir les marais salants enclavés entre la voie rapide, les raffineries, les usines de ciment et les entreprises de pétrochimies et de sidérurgies qui fument noires sans oublier les lignes à haute-tensions, nous serre quelque peu le coeur.

DSC08905

Il y a aussi ceux que l'on ne se lasse pas de voir, comme le martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) dont le plumage bleu et étincelant donne l'impression de voir un vif éclair quand l'oiseau est en vol.  Sur un parking abandonné, où les herbes ont fini par soulever le béton et le goudron, il tire profit des flaques profondes qui se sont formées suite aux pluies hivernales pour pêcher des petits invertébrés faute de poissons.

DSC09028

Beaucoup d'autres osieaux s'observent, en particulier des échassiers. Que ce soit de jeunes flamants roses (Phoenicopterus roseus) comme ici ou des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) comme celle en dessous.

DSC09014

Ce petit héron blanc au bec et aux pattes noirs mais aux doigts jaunes n'est pas difficile. On le rencontre tout aussi bien en bord de mer que dans les grandes zones humides d'eau douce mais essentiellement dans le sud de la France. Cosmopolite, on la trouve presque partout même si c'est sa cousine l'aigrette neigeuse (Egretta thula) qui domine du côté des Amériques et se fait très absente en Europe du Nord et dans une grande partie de la Russie. Sociable, on peut l'observer pécher des petits poissons et invertébrés en compagnie d'autres oiseaux, de même en période de nidification où il peut cohabiter avec d'autres hérons mais aussi les grands cormorans (Phalacrocorax carbo).

DSC08992     DSC09012     DSC09026     DSC09031

Rien ne serait troubler la tranquillité du lieu, si ce n'est les bruits de la voie rapide et les nuages noires qui s'échappent des usines. Au milieu de cela, les cris d'appels des roitelets huppés (Regulus regulus) qui par dizaines épluches les pins qui surplombent l'un des canaux. Bien qu'étincelants avec leurs plumes colorées, ils ne seraient rivaliser avec les fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala) qui ont fait chavirer nos coeurs.

DSC09067             DSC09074

Voici une nouvelle espèce à ajouter à notre cahier du naturaliste. Le grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) est un oiseau magnifique à l'oeil rouge. Ici ils sont pas moins de 74 à se nourri tranquillement au bords de la digue. En période internuptiale comme ici, il présente un plumage noir et blanc, mais en période de reproduction, il aborde des flancs roux, des touffes de plumes jaunes à l'arrière des yeux et une calotte noire bombée sur la tête.

DSC09068     DSC09074     DSC09078     DSC09080

S'il se nourrie de crustacés, de petits invertébrés en surface comme en moyenne profondeurs et de poissons une grande partie de l'année, il devient strictement piscivore à l'hiver, période où une grande partie de l'aquafaune est en sommeil. La période hivernale est aussi celle qui voit les couples se former. La ponte n'interviendra qu'entre mars et juillet, les mâles couvant comme les femelles, choses rares chez les oiseaux aquatiques.

Forcalquier et ses chamois.

Le temps d'une journée, nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer dans les terres. La végétation est aussi sèche que les murs qui ont fait la réputation de la ville de Forcalquier et de ses alentours. Les feuilles sont dans le brûloir, et sans pour autant envoyer des messages, inondent de leur fumée les jardins voisins.

DSC09095              DSC09115

C'est un temps automnale qui s'offre à nous, et qui nous pousse à partir en aventure. Nous voilà sur les hauteurs d'une vieille abbaye, qui offre une vue incroyable sur les vallons des rivières qui serpentent à nos pieds. C'est là que nous croisons bon nombre d'aigrettes garzettes (Egretta garzettaet de hérons cendrés (Ardea cinerea) que nous percevons avec notre longue vue, parfois à plus de 3 kilomètres de notre promontoire.

DSC09188

Surprise, émergeant de la forêt toute proche, une troupe de chamois (Rupicapra rupicapra) s'aventure dans une petite clairière avant de partir goûter au vert feuillage de la culture d'oliviers. Nous ne pensions pas faire un telle observation.

DSC09182

Ce sont huit individus, des femelles accompagnées de leurs jeunes, qui se présentent là. Leur gabarit est similaire à celui du chevreuil, quoi qu'un peu plus petit avec 20 à 40 kilos et 70 à 80 centimètres au garrot. C'est un animal qui se reconnaît aisément avec ses petits cornes recourbées, son marque blanc et noir sur la face et son pelage brun qui ne vont pas sans évoquer son appartenant à la famille des chèvres, les caprinés comme les bouquetins.

DSC09148     DSC09156     DSC09159     DSC09166

Tout semble au repos, que ce soit les allées calmes du monastère; l'alcôve de l'église, les pinsons des arbres (Fringilla coelebs) sagement installés dans leur dortoir, les bûches de bois fumantes ou la croix veillant sur les pèlerins. nous reviendrons peut être au printemps découvrir la faune et surtout les orchidées dont les rosettes constellent les pelouses sèches et les sous-bois clairs composés de chênes, de garances et de genévriers.

Dernière halte, Arles et la Camargue.

Le séjour prend fin, nous montons dans notre auto direction la Camargue, l'étang de Vaccarès et la ville de Arles, plus grande commune de France avec pas moins de 75983 km². Citée celte puis romaine, son nom signifie littéralement ville des étangs et des marais et il faut avouer qu'elle le porte plutôt bien.

DSC09192              DSC09194

Ville aux paysages diversifiées, elle comporte des zones montagneuses avec les Alpilles arlésiennes au caractère rocailleux et où des espèces plutôt thermophiles et adaptées à l'aridité, trouvent leur bonheur. On y rencontre notamment un rapace remarquable, le hibou grand duc d'Europe (Bubo bubo). On trouve aussi la plaine de Crau, l'une des très rares steppes que l'on peut rencontrer en Europe de l'Ouest et qui abrite des espèces endémiques ou rares. Enfin, la Camargue couvre une grande partie de la superficie d'Arles. Cette zone humide agricole est précieuse pour les oiseaux d'eau migrateurs qui trouvent là un refuge pour se nourrir et se reproduire.

DSC09333

Parmi ces oiseaux nicheurs, on peut citer une espèce star, celle du flamant rose (Phoenicopterus roseus). À Pont de Gau, ils passent une grande partie de l'année et s'observent particulièrement bien l'hiver avant que la migration et la nidification leurs fassent prendre leurs appartements d'été. C'est entre autre l'espèce de flamant la plus commune et abondante au monde. On la trouve aussi bien en Europe, en Asie, en Afrique et en Océanie.

DSC09201     DSC09275     DSC09322     DSC09345

Sociaux, ces animaux aiment se retrouver en grands groupes comportant parfois plusieurs milliers d'individus. À l'arrivée de la période de reproduction, les couples se forment après des parades nuptiales bruyantes. Mâle et femelle construisent alors une coupe de boue surélevé sur un îlot vaseux où sera pondu un seul oeuf. Celui-ci est couvé pendant environs quatre semaines avant de voir émerger un poussin quittera le nid au bout de 10 jours.

DSC09236

Il rejoint alors un crèche, un groupe de poussins dense surveillé par les adultes. Les parents y retrouvent leur petit régulièrement pour le nourrir avec une excrétion riche en protéines qu'ils glissent de le bec du juvénile. Celui-ci mettra 10 à 11 semaines pour s'émanciper.

DSC09221

Si dans les années 60 on pouvait trouver des millions de flamants roses par le monde, dont une colonie d'un million d'individus, depuis la population mondiale a été évaluée à un peu plus de 600 000 dans les années 2000 avec 165 000 individus en Méditerranée et 100 000 couples nicheurs dans le monde. S'il n'est classé que LC, c'est à dire préoccupation mineur, on ne peut nier que les effectifs sont en net déclin, la faute à la disparition des zones humides qui abrite ses sites de reproduction avec l'urbanisation, l'augmentation du tourisme dans ces mêmes milieux qui conduit un important dérangement des oiseaux et aux épisodes climatiques déréglés qui sont très néfastes pour l'espèce et en particulier pour leur ressource naturel.

DSC09480

Une aigrette garzette (Egretta garzetta) chasse paisiblement dans un cour d'eau. Cet échassier rencontré en début de séjour trouve ici des crabes, des petits poissons et des larves pour répondre à son régime alimentaire diversifié. Il tire aussi profit de la héronnière toute proche où il peut nicher sans peine, une héronnière étant un site de nidification rassemblant souvent plusieurs espèces de hérons à la période de reproduction.

DSC09232              DSC09411

En parlant de héronnière, voici le champion toute catégorie pour en confectionner, le héron cendré (Ardea cinerea). Les couples commencent à regagner leur nid pour préparer la saison de reproduction à venir. Chacun d'eux peut élever 3 à 5 poussins qui mettrons environs deux mois à devenir autonomes et à perdre leur duvet blanc au profit du plumage gris caractéristique de l'espèce. En attendant, il faudra faire d'inlassables aller-retours pour les nourrir. Les proies se composent le plus souvent d'insectes, de poissons et d'amphibiens.

DSC09443

Les oiseaux ne sont pas seuls, ils sont accompagnés d'un mammifère mal-aimé, le ragondin (Myocastor coypus). Tranquille rongeur pouvant dépasser les kilos, il aime les zones marécageuses où il trouve des végétaux tels des herbes, des racines et de jeunes feuilles à grignoter. 

DSC09420

Originaire des Amériques, il s'est très bien acclimaté à nos contrées où il suit un cycle de vie similaire à ce que l'on peut observer dans le nouveau monde. Ayant pour prédateur les alligators, il rencontre peu d'animaux pouvant lui porter atteinte hormis les chiens domestiques. Classé comme espèce exogène envahissante (EEE) pouvant porter atteinte à l'environnement, à l'écolnomie et à la santé humaine, il est couramment piégé et chassé. Confidentielle dans certains départements, beaucoup plus commune d'en d'autre, sa consommation n'est pas anecdotique et les produits à base de ragondin prennent le plus souvent le nom de civet, ragoût ou pâté de myocastor, en particulier du côté de la Charente Maritime.

DSC09432     DSC09434     DSC09437     DSC09440

Cependant les effets néfastes de l'animal portent à question. Son impact sur les berges ne serait pas si étendus et impactants qu'ils sembleraient l'être, tout comme la concurrence qu'il exercerait en vers d'autres espèces locales ou les dégâts sur les cultures, en particulier de maïs. Néanmoins, il faudra encore attendre de nouvelles études spécifiques aux dynamiques de sa population pour établir qu'elle sera la meilleure gestion à adapter.

DSC09514

La Camargue, c'est aussi le nom que l'on donne à une très vieille race bovine originaire d'ici et bien connue de par ses taureaux à la robe noire et aux cornes en forme de lyre. Élevés de manière semi-sauvage (on parle d'élevage extensif), ils font partis du paysage local et représentent la majorité des animaux de ferme avec les vaches et les chevaux camarguais dans les manades, de vastes fermes situées sur des terres marécageuses

DSC09561     DSC09091     DSC09545     DSC09548

Changement de décor, nous sommes toujours à Arles mais cette fois-ci pour admirer la pleine alluviale, les oiseaux rupestres et l'incroyable architecture de l'Abbaye de Montmajour. Fondée en 948 et ayant connues de nombreux bouleversement, mille ans plus tard elle est toujours là. C'est entre la moitié du 14e siécle et du 15e siècle que s'annonce son déclin, précipité par les troupes de mercenaires qui parcourent alors la Provence.

DSC09575              DSC09555

Parmi les habitants du lieu, on peut compter les choucas des tours (Coloeus monedula). Ces jolis corvidés se reconnaissent à leur plumage noir, à leur nuque grise et à leur chant mélodieux. Cavernicoles, ils apprécient les bâtiments, ruines, falaises et pics rocheux présentant des cavités dans lesquelles ils peuvent sans mâle réaliser leur nid. Fidèles, mâles comme femelles participe à la confection du nid et à l'élevage des petits.

DSC09543     DSC09532     DSC09572     DSC09566

Socialbles, ils vivent en colonnie et se mêlent sans peines aux autres espèces de corvidés, notamment le corbeau freux (Corvus frugilegus) en journée pour se nourrir et la nuit avec les corneilles noires (Corvus corone) dans les dortoires collectifs en dehors de la période de reproduction. Ils sont souvent confondus avec le chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) au nom similaire mais affectionnant les zones plus montagneuses.

DSC09605

Le soleil commence à se coucher, nous filons vers l'étang de Vaccrès. Au milieu de l'étendue d'eau, sur des mas de pêches, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent la nuit. Ces oiseaux graciles partirons d'ici quelques temps du côté de la Camargue mais aussi de l'Asie et de la Dombe. Nichant sur les rebords rocheux, on observe régulièrement des nidifications dans les arbres comme aux abords de la Crau.

DSC09583              DSC09590

DSC09598

Tout est calme. Derrière les grands cormorans perchés sur les mâts de pêche, une troupe de 12 harles huppés (Mergus serrator) passe tranquillement, troublée de temps à autre par le vol des aigrettes garzettes (Egretta garzetta) qui passent tout près des têtes emplumées. Le ciel se fond à la tombée du jour dans l'étendu d'eau, ne laissant pas voir où les éléments s'arrêtent. Nous restons de longues minutes, immobiles, à scruter l'horizon.

DSC09631

Le jour tombe, dans les cieux pas moins de 3000 à 4000 grues cendrées (Grus grus) s'envolent vers leur dortoir. Le spectacle est magique, encore plus somptueux que ce que nous avions pu voir en 2018. Déjà les ces oiseaux majestueux à la calotte rouge remontent vers le nord pour nicher, en particulier du côté du nord de l'Eurasie. C'est là que se termine notre périple, dans les rayons du soleil se couchant sur un bout de Camargue.

DSC09620              DSC09644

vendredi 27 décembre 2019

L'Isère au fil des saisons.

DSC09213

Voici un an de sorties en Isère pour l'année 2019. Un an à explorer le jardin familliale, les sous bois, les lacs alentours, les marais et les petites villes de campagnes.

DSC07947     DSC09136

Un an que je suis heureuse et fière de vous présenter ici. Il n'a pas été facile de choisir les photos ni de sélectionner les meilleures des anecdotes que nous avons pu vivre pendant cette année chargée en émotions. Ne voulant pas un article à rallonge, je m'arrêterai là.

 

L'hiver, la neige et les oiseaux.

Aux portes de la Chartreuse, à plus de 500 mètres d'altitude, il fait parfois froid. En 2014 puis en 2017, nous avons parfois frôlé le -17°C, autant vous dire qu'il faut être bien équipé. Néanmoins la tendance est au redoux et les épisodes neigeux sont de plus en plus rares. Il est à crainte que d'ici moins d'une décennie, il n'y en ait plus.

DSC08158              DSC08150

Les comtois, chevaux communs dans le coin, abordent un poil épais, celui-ci leur permet de faire face au froid. Ces animaux doux et dociles sont originaires des reliefs escarpés de Franche-Comptée et sont la race la plus commune à l'heure actuelle de cheveaux de traits. Leur origine remonte aux croisements de juments françaises avec des étalons germaniques. Solides, ils étaient utilisés par les chevaliers pendant les joutes.

DSC08251

Les toits en contre-bas sont tout enneigés. Saint Geoire en Valdaine, village de mon enfance, se drape de blanc. Niché entre l'Isère et la Savoie, sa proximité entre Grenoble et Chambéry lui ouvre les portes des montagnes.

DSC08199

Il tire son nom de la tradition chrétienne, le terme "Saint Geoire" faisant écho à Georges de Lydda, saint connue pour avoir selon la légende combattu un terrible dragon pour sauver une princesse Libannaise mais aussi, à l'évêque de Saint-Georges-de-Vienne qui mena les affaires religieuses sur le diocèse. Le terme "Valdaine" vient du français "val" désignant une vallée et du savoyard "nans" qui signifie "petit cours d'eau". En sommes la commune porte le nom poétique de "Vallée aux ruisseau de Saint Georges". Cette affiliation à un chasseur de dragons ne va pas sans faire écho au passé glorieux de la Valdaine, avec pas moins de 7 châteaux et maisons fortes qui émaillent le paysage. Parmi ceux-ci, l'ancien couvent qui accueilli pendant des siècles les filles des nobles familles et qui aujourd'hui fait office de mairie et le château de Longpras, une maison forte qui pendant la révolution française abritât les clés des portes de Versailles. Une légende veut même qu'un poulain noir diabolique hanteraient les lieux.

DSC08124              DSC08162

Remontons sur les collines tant bien que mal, une vingtaine de centimètres de poudreuse étant tombée, nous faisons le chemin aller-retour entre la maison et la boulangerie à pied. Ce sont 2 kilomètres qui nous séparent des baguettes fumantes et de croissants frais du matin, autant vous dire que nous mettons pas longtemps.

DSC08285

Cachée dans un arbre, une buse variable (Buteo buteo) veille sur une branche. Chassant les petits oiseaux, les lézards, parfois les insectes mais avant tout les micro-mammifères tels que les mulots, les campagnols et les souris, elle peut en cas de mauvais temps comme ce jour là, quand le vent souffle et la neige tombe, se rabattre sur les carcasses d'animaux morts, les vers voire des baies, même si cela reste plutôt rare.

DSC08025              DSC07993

Avec l'hiver, les arbres se trouvent privés leurs feuilles. C'est alors un de meilleurs moments pour observer les oiseaux sédentaires et en particulier les granivores qui s'approchent des maisons.  À gauche, le verdier d'Europe (Chloris chloris) qui porte si bien son nom avec son plumage vert. À droite, un de mes oiseaux préférés, le pinson du Nord (Fringilla montifringilla), qui quitte les pays du Grand Nord pour nous rejoindre.

DSC08109

Crise du logement à la mangeoire. Moineaux domestiques, mésanges bleues, mésanges huppées, mésanges noires, mésanges boréales, verdiers d'Europe, chardonnerets élégants, pinsons du nord, pinsons des arbres, sitelles torchepots, accenteur mouchet ... il y a du monde au balcon ! Il est toujours important de rappeler que sur ce type de mangeoires à plateau, il faut nettoyer régulièrement l'aire de nourrissage, les oiseaux marchant sur les graines et pouvant avec leurs pattes et l'humidité, apporter des éléments pathogènes dangereux.

DSC07933

Problème, les oiseaux ne sont pas seuls dans le jardin. Les chats sont tout aussi présents. Le dilemme est fort. Bien que castrés et nourris, ils font acte de prédation de temps à autre. C'est toujours dur de l'entendre mais les chats sont responsables d'un désastre écologique.

DSC08231

Australie, îles lointaines, Amérique du Nord, Europe ... tous les continents sont touchés. Introduit par l'Home, on ne peut en vouloir à l'animal de posséder un instinct de prédateur affûté. Cependant on peut s'indigner du comportement de certains propriétaires. Félins non castrés, portées laissées à elles mêmes et donnant des individus farouches et errants ... c'est en partie la reproduction non contrôlée des chats qui explique leur forte expansion et les dégâts importants causés sur la faune, à savoir les petits rongeurs (ce qui ne semble pas émouvoir grand monde) mais aussi les reptiles et les passereaux dont les effectifs sont en chute libre. Le propos n'est pas d'érradiquer les chats, étant une grande amoureuse des petits félins moi-même, mais de changer notre regard et nos comportements liées aux animaux de compagnie.

DSC08168     DSC08281     DSC08289     DSC08307

La météo annonce du redoux, vite, enfilons les bonnets et jetons nous dans la neige avant qu'elle ne disparaisse. La vieille luge n'est pas habituée à la poudreuse, d'ordinaire le manteau neigeux sur lequel nous glissons est gelé, les glissade se faisant le plus souvent le matin après que les flocons soient tombés toute la nuit. Ce n'est pas grave, nous nous tournons vers un équipement plus moderne pour dévaler les pentes.

DSC09095              DSC09134

Voilà, le paysage reprend ses teintes grises et mornes. Nous partons pour Grenoble et plus précisément au Bois de la Bâtie nommé aussi Bois Français. Cet ENS (Espace Naturel Sensible) est réputé pour sa faune mais aussi pour la zone de loisir qui se trouve à proximité. Ancien bras mort de la rivière Isère, les étangs qui composent le site sont également connus pour leurs poissons qui attirent les pêcheurs et les oiseaux d'eaux.

DSC07935

Nous ne croiserons que peu d'espèces. Quelques passereaux, deux cygnes tuberculés (Cygnus olor), un vol de grands cormorans (Phalacrocorax carbo) et de joyeuses foulques macroules (Fulica atra). Bruyantes, on les reconnaît à leur plumage noir et à la tâche blanche qui surplombe leur bec robsute de la même couleur. Elles aiment les eaux calmes, en particulier les lacs, les marais et les zones humides forestières.

La fin de l'hiver sonne déjà et nous ne percevons pas le passage au printemps, le mois de février ayant défrisé la chronique avec des températures similaires à une fin mars voire, un début avril. D'ailleurs, 2019 est à l'heure actuelle l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis que l'Homme est en capacité de faire des relevés.

DSC09113     DSC09114     DSC09159     DSC09163

 

Le printemps, ses chants et ses fleurs.

Du vert de partout, c'est une explosion et cela fait bien plaisir. Fini l'hiver, bonjour le printemps. C'estl e temps des fleurs, des amours et de la reproduction pour un grand nombre d'animaux. Sortant en affût, nous avons espoir dans croiser quelques uns tout en ayant plaisir à récolter les premiers fruits de la saison.

DSC00863              DSC00864

L'égopode podagraire (Aegopodium podagraria) est une plante souvent maudite car considérée comme une mauvaise herbe qui aime envahir les jardins. C'est aller bien vite et oublier le passé historique de la belle. Importée en Gaule par les romains pour sa culture rapide et facile, elle s'en retourna à la nature et fût peu à peu oubliée des hommes. Pourtant elle reste excellente en salade, soupe ou gratin avec son petit goût de céleri.

DSC00876

Si j'aime le printemps c'est avant tout pour eux, les champignons ! Cette année nous avons ête peu chanceux du côté des morilles (Morchella) et nous nous sommes tournés vers leurs cousins moins réputés mais totu de même réputés, les morillons à semi-libres (Mitrophora semilibera), qui depuis peu sont classés dans la classe des morilles.

DSC00896

On le reconnaît à son pied blanc, fragile et élancé, à sa chaire mince à la saveur douce et qui jaunie à la coupe, et à son petit chapeau brun et alvéolé qui ne dépasse que rarement les 5 centimètres. Il exalte une légère odeur de champignon qui devient plus forte au fur et à mesure qu'il vieilli. Son nom de semi-libre vient de l'insersion du pied qui se fait à la moitié du chapeau, laissant la partie inférieur libre. On le distingue ainsi des verpes (Verpa) dont le pied est soudé au sommet du chapeau et des morilles dont le leur est soudé à la base du chapeau. Excellent comestible, il faut bien le cuire pour le consommer, au moins 15 minutes  à plus de 70°C.

DSC00900

Le récolte est belle, les sachets de tissus que nous avons apportés avec nous dans le cas d'éventuelles récoltes nous sont fort utiles. Depuis, j'ai pu me munir d'un très beau panier en châtaignier, essentiel pour bine préparer la cueillette de champignons de cet automne qui s'annonce formidable. En tout et pour tout ce sont environs 70 morillons que nous récoltons ce jour là dans les herbes hautes, sous les frênes du champ attenant à la maison.

DSC00888     DSC00886     DSC00895     DSC00897

Les frênes communs (Fraxinus excelsior) et les noisetiers communs (Corylus avellana) figurent parmis les arbres avec lesquels les morilles et les morillons poussent en symbiose, toujours sur des sols calcaires. Poussant à proximité d'un ancien vergé, à la lisière de ce qui commence à devenir un petit bois, il est dans son élément de prédilection. On peut également le trouver dans les vallons boisées et aux abords des ruisseaux.

DSC00891              DSC00893

En parlant de verpes, en voici. Il s'agit des verpes en forme de dé (Verpa conica), un champignon certes comestible mais de faible intérêt culinaire. Peu commun en plaine, un peu plus présent en moyenne altitude, il reste cependant assez rare. Il est alors plus sage de ne pas le récolter et de tirer profit d'autres espèces plus abondantes (mousserons, pézizes ...) entre avril et mai, période à laquelle les verpes poussent.

DSC00867

Les jeunes grillons champêtres (Grillus campestris) émergent. Minuscules, leur croissance rapide leur permet l'été venu de figurer parmi les plus gros grillons d'Europe. Robustes, leur poids et leur morphologie leur interdit tout vol, faisant d'eux des insectes strictement terrestres.

DSC00882

Pour faire face aux prédateurs, il creuse un trou profond. Au moindre signe de danger, il s'y faufile. Les mâles se postent à l'entrée de leur antre et chante dans l'espoir d'attirer une femelle. Territoriaux, on peut assister à des combats violents avec parfois, une issue dramatique pour l'un des deux combattants. Herbivore, ce grillon se nourrie principalement de poacées (graminées), qu'il consomme à l'aide de ses très puissantes mandibules. Cependant il peut agrémenter son régime alimentaire quand l'occasion s'en présente, de vers de terre et de restes d'autres insectes morts. Même s'il semble commun, la fragmentation et la dispartion de ses habitats et son incapacité à voler conduisent à la diminution de ses populations.

DSC00907

Des fleurs, des feuilles, des herbes folles et aromatiques, des écorces, des champignons ... il ne reste plus qu'à conditionner nos cueillettes. Séchés pour la plupart, les éléments collectés seront tout au long de l'année utilisés dans la cuisine ou en infusion du soir pour apporter au coeur de l'été quand il fait chaud, les après-midi pluvieux d'automne ou les soirées froides de l'hiver des petites notes de printemps colorées et parfumées.

DSC00908     DSC00911     DSC00951     DSC00959

Certes on retrouve les morillons, mais aussi les fleurs de primevères coucou (Primula veris) pour leur goût et leurs effets apaisants, celles du lamier maculé (Lamium maculatum) pour leurs propriétés colorantes et les feuilles du lierre terrestre (Glechoma hederacea) pour parfumer les bouillons, les fromages blancs et les infusions froides. Si depuis les bocaux se sont peu à peu vidés, il nous reste de quoi apporter de soleil jusqu'à mars.

DSC00913

Thomas revient de son wwoofing en Savoie, et dans ses bagages, il nous ramène quelques surprises. Prennent désormais place dans le jardin de jeunes pousses d'arbustes à petits fruits, de quoi préparer d'ici quelques temps des jus et des glaces parfumées pour les futurs étés.

DSC00912

Des cassissiers (Ribes nigrum) aux fruits noirs se mêlent à leurs cousins, les caseilles (Ribes x nidigrolaria), hybrides entre un cassissier et un groseillier à maquereaux (Ribes uva crispa) né en Allemagne au début des années 80. Résistant aux maladies et aux températures extrêmes (jusqu'à -20°C), il produit des fruits charnus et bleus, on un goût fruité et acidulés. Ils sont récoltés entre juin et juillet, de manière régulière, les baies ne mûrissant pas toutes en même temps. Sa floraison rouge foncée détonne au potager et attire de nombreux pollinisateurs. Cependant stériles, ce n'est que par bouturage qu'il est possible de le reproduire. Pour cela il suffit de couper de jeunes rameaux, de les mettre en vase puis, à l'apparition des radicelles, de les replanter. En sommes rien de très compliqué pour le cultiver.

DSC02447              DSC02411

Dans les prés où l'herbe se fait tendre, les chevreuils (Capreolus capreolus) sont de sortie. Toujours proches de la forêt, ils déguerpissent à la moindre alerte. Cependant n'étant pas chassés à cette période de l'année, ils se montrent moins farouches. Grégaires, ils peuvent vivre en grand groupe comme on peut l'observer un peu partout en France, l'engrainage et l'absence de prédateurs naturels ayant favorisés sa forte démographie.

DSC02445

C'est au printemps que les femelles mettent bas. Les faons, cachés dans les herbes hautes d'un champ ce qui leur est parfois fatal, où dans la végétation en lisière de forêt, attend sagement sa mère. Celle-ci se nourrie à heures régulières et rejoint son petit pour lui donner la tétées et le réchauffer. Ce n'est que tardivement qu'il la rejoindra bien qu'il soit capable de se déplacer peu de temps après sa naissance, s'assurant d'avoir une chance d'échapper aux prédateurs que sont le loup, le lynx, le renard ou encore les chiens errants.

DSC00950

Les chevreuils ne sont pas les seuls dans les pâtures. Nombreux sont les troupeaux de vaches à patûrés. Si on trouve quelques laitières, se sont surtout les bêtes  dites mixtes que l'on croise le plus de par chez nous.

DSC00940

Si on croise quelques animaux de la race Simmental Française originaire de Suisse, se sont surtout les Montbéliardes qui sont à l'honneur. Originaires de Franche-Comté, elle déscend de la race Pie rouge Simmental. L'hiver, les animaux restent longtemps en stabulation et se nourrissent des foins récoltés plutôt en été. À l'apparition des beaux jours, les vaches sont envoyés en estives dans les prés où elles broutterons l'herbe tendre. Dans notre région les troupeaux sont de petite taille, ce qui limite le surpâturage qui cause bien souvent l'affaissement des sols et des dégradations importantes sur les cours d'eau. Cette race est de plus en plus utilisée comme vache laitière.

DSC02451              DSC02453

La Valdaine se situe à l'extrémité Nord Est des Terres Froides, territoire non pas nommé poru son climat mais pour la terre de potier que l'on en tire et qui à la particularité de donner des poteries de terre crue qui ne cèdent pas sous l'action du gel. Cependant, nous bénéficions ici de la météo typique du Massif de Chartreuse, un climat océanique montagnard ce qui implique de l'humidité et un manteau neigeux importnat même s'il à diminué de moitié en 50 ans, ce qui ne vas pas sans inquiéter les populations sur les questions liées à la disponibilité d'eau.

DSC02430     DSC00955     DSC02462     DSC02440

Les talus sont tout aussi passionnants, les oiseaux s'installent dans les cavités des arbres alignés, et en bord de route, les orchidées commencent à fleurir. L'une des plus impressionnantes de toutes sont les orchis militaires (Orchis militaris) appelés aussi orchis guerriers. Robustes et portant un épi floral dense, ils aiment les sols calcaires frais, pauvres en matière organique et bien ensoleillés. On les croise jusqu'à 2000 mètres d'altitude.

DSC02484Partons dans les marais et plus précisément sur la tourbière de l'Herretang, entre la commune de Saint Joseph de Rivière et celle de Saint Laurent du Pont, à la confluence de la fin de la langue rocheuse du Vercors et le début du Massif de Chartreuse. Ayant pour statue celui d'ENS (Esapce Naturel Sensible), il est possible de la visiter une grande partie de l'année grâce à un système de pontons de bois. Abritant des espèces rares et protégées, il faut bien prendre garde à ne pas s'éloigner des chemins ni à venir troubler la tranquillité des animaux.

DSC02476              DSC02552

Les oiseaux  chantent et sont pour certains afférés à nourrir leur première portée. Une couple de mésange charbonnière (Parus major) peut prélever sans mal 250 à 300 chenilles par jour, faut-il encore trouver des chenilles. Le développement de celles-ci intervient de plus en plus tôt, fruit de l'augmentation des températures année après année. Le soucis est que le poussins de mésanges émergent quand les chenilles sont bien développées, et plus forcément de taille pour entrer dans le gosier des petits oiseaux. Cela serait l'une des explications de la forte mortalité observée sur les portées de mésanges charbonnières.

DSC02558

Des champignons, toujours des champignons. À la sortie de la forêt, des mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa) nous attendent. Leur nom leur vient de la période à laquelle ont les rencontre le plus souvent, et il est de tradition de dire qu'ils poussent à partir de la Saint Georges, chose qui dans les faits ne s'observe pas toujours.

DSC02560

Excellents, ils dégagent une légère odeur de farine. Charnus, il suffit de quelques pieds pour remplir rapidement un panier et une casserole. C'est dans les zones herbeuses comme les prairies et les vergers mais aussi les lisères, les bois clairs et les haies qu'on le trouve le plus souvent, à proximité le plus souvent des aubépines et des ormes. L'entolome livide (Entoloma sinuatum) lui ressemblant beaucoup, il est recommandé d'être méticuleux dans sa récolte et surtout dans son identification. Pour rappel, la plupart des intoxications surviennent après la consommation de champignons dont les cueilleurs étaient sûrs à 100% de l'identification. Prudence est mère de sûreté.

DSC02525              DSC02473

Le marais abritent plusieurs espèces d'oiseaux inféodées aux milieux humides. Parmi celles-ci on compte notamment le grand cormoran (Phalacrocorax carbo) que l'on peut voir à gauche. Mal aimé, il fût longuement chassé au point de disparaître de l'intérieur des terres. Il recommence néanmoins à réinvestir son territoire. À droite, un héron cendré  (Ardea cinerea), grand échassier qui a connu un sort moins funeste bien qu'il soit encore braconné car jugé trop gourmand. Pourtant, on sait aujourd'hui que l'impact de ces deux espèces pour la pêche est pratiquement nul, les oiseaux consommant essentiellement des poissons peu prisés par l'Homme.

Profitons de la fraîcheur, de la brume qui descend lentement des montagnes et des dernières rosées. Déjà l'air se réchauffe et bientôt suffoquant, il faudra alors partir se réfugier dans les sous-bois. C'est aussi le moment de prendre de la hauteur, sur les plateaux alpins et de lézarder le long des rivières sauvages. Pour l'heure, profitons encore des dernières fleurs, des herbes aromatiques du printemps et des derniers champignons de saison.

DSC00858     DSC02468     DSC02522     DSC02474

 

L'été, la fraîcheur des forêts et des bords de ruisseaux.

Il fait chaud, l'herbe du jardin a entièrement jaunie, et même à l'ombre, nous suons à grosses gouttes. Il faut se rendre à l'évidence, la canicule fait rage. Les points d'eau sont pris d'assauts et même les marais d'ordinaire si calmes deviennent des sites attirants les promeneurs. Reste alors les alpages, et encore, ceux aux pentes rudes et dont les sentiers ombragés nous donnent un peu de répit face à la morsures brûlantes du soleil.

DSC05732              DSC05748

Sortons la longue vue, pointée les sommets. Nous sommes dans un champ pentu, entouré des forêts de conifères et mixtes. Outre les vaches, nombreux sont les mammifères à profiter des touffes d'herbes encore bien vertes. Lièvres, lapins, chevreuils et autres sangliers peuvent se croiser à la tomber de la nuit. D'ailleurs pour les derniers, il est courant d'observer sur ce site le labour de leur groin, trace de leur recherche nocturne de vers et de bulbes.

DSC05737     DSC05743     DSC05744     DSC05751

Première récolte de la saison. Dans les prés, quelques agarics champêtres (Agaricus campestris) nommés aussi rosés des prés. Il est bien difficile d'identifier cette famille qui comporte en France plus de 60 espèces. À ceux-ci s'ajoutent dans le panier un petit polypore soufré (Laetiporus sulphureus), apprécié au Canada, peu considéré chez nous. Il faut le consommer jeune et de préférence récolté sur des feuillus car allergisant sur résineux.

DSC05746

Entre les yeux en direction du ciel et du sol, dur de trouver le bon équilibre. Lui regarde les oiseaux, moi les champignons, autant dire que nous formons une équipe de choc, ratissant le moindre petit bout de nature que nous pouvons saisir.

DSC05741

Cet été, nous avons cumulé pas moins de 11 week-ends d'affilés en escapade à deux, à chercher du côté des montagnes, du sud, de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône des espèces nouvelles et des paysages grandioses. Nous n'avons pas été déçus, cependant retourner à la source, en Chartreuse, fût l'un des plus doux moments de l'été. Le grand calme des petits bois de moyenne montagne que nous avons pu parcourir nous fît le plus grand bien, loin de la ville, de ses klaxonnes, des pots d'échappements et du béton. Un petit havre de paix qu'il nous tarde à nouveau de rejoindre pour ses longs chemins bordés d'épicéas communs (Pinus abies).

DSC05754

Au-dessus de nos têtes, deux espèces que nous connaissons bien et que nous n'avons rarement l'occasion de croiser ici. Plus d'une centaine de martinets noirs (Apus apus) tournoient, déjà sur le départ pour rejoindre l'Afirque où ils s'éjourneront tout l'hiver. Au milieu, un intrus de plus grande taille, un martinet à ventre blanc (Tachymarptis melba), qui est connu pour partir plus tardivement en hivernage et revenir également plus tôt.

DSC05779              DSC05770

Nous sommes à deux pas du lac de Saint Sixte ,canton du village de Merlas connu pour son lac, les ruines de sa maison forte et ses légendes. Au bords de l'eau, des libellules prennent le frais e, compagnie des pêcheurs. Si je ne peux mettre de nom sur l'individu à gauche, je peux néanmoins le faire pour celui de droite. Il s'agit d'une libellule déprimée (Libellula depressa) nommée de la sorte en raison de ses ailes pendantes. L'abdomen bleu indique qu'il s'agit d'un mâle, les femelles présentant de colories jaunes et brunes.

DSC05764

Sur la berge, dans les ruines de l'ancien abris à bateaux, une plante remarquable pousse. Il s'agit de la grande douve (Ranunculus lingua) connue parfois sous l'appelation de renoncule langue, une fleur de la famille des renoncules comme l'est le bouton d'or. C'est une espèce rare aux faibles effectifs, protégée intégralement en France.

DSC05762

Si à l'échelle du monde et de l'Europe elle a pour statut celui de préoccupation mineur, il en est tout autre chose chez nous. En Alsace, en Aquitaine et en Bourgogne, elle est considérée comme en danger. En Basse-Normandie elle est classée comme vulnérable. En Auvergne et dans le Centre, elle est placée sur la liste des espèces en danger critique de disparition. Une fois de plus, on a un exemple d'une espèce au bord de la disparition sans avoir besoin de partir à l'autre bout du monde pour observer le phénomène. Au milieu du jaune, une autre espèce tire son épingle du jeu. Le chanvre d'eau (Bidens tripartita), qui n'en a rien et qui est aussi connu comme lycope d'Europe. Il s'agit d'une plante semi-aquatique aimant les cours d'eau, les prairies humides et les marais.

DSC05771              DSC06145

Qu'il est changeant le temps de basse montagne. En un rien de temps la brume remplace le soleil et l'humidité prend le pas sur la chaleur qui irradiait jusqu'à peu les collines. Ne nous en plaignons pas, non seulement cela nous laisse prendre un peu de répit mais de plus, permet aux champignons de faire timidement leur apparition dans le sous-bois. Il faudra cependant attendre encore un peu avant de récolter les premiers cèpes.

DSC05772

En retournant au jardin, nous avons le plaisir de croiser sur un câble une magnifique pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et à la vue de sa calotte grise, un mâle. Un peu plus bas dans un bosquet la femelle attend d'être nourrie par celui-ci. Migrateurs, le couple partira à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique. Il faudra attendre mai soit sept mois pour les voir revenir à nouveau nicher dans les bosquets et les haies des prairies grasses.

DSC06150              DSC06154

Enfin, les champignons sortent. Ici il s'agit de deux espèces mignonnes comme tout, le cyathe hirsute (Cyathus striatus) à gauche qui se reconnaît entre autre à sa forme de coupelle et le marasme petite roue (Marasmius rotula) à droite, qui figurent parmi les best-sellers de la saison et qui porte bien son nom. Il se développe sur les branches mortes de feuillus tombées au sol. Il contribue activement à la formation de l'humus forestier.

DSC06164

Les premières amanites rougissantes (Amanita rubescens) ont fait leur apparition. Appéles aussi amanite rougissante ou golmotes, c'est une des quelques amanites comestibles qui vaut la peine d'être récolter. Cepandant on prendra garde de bine la cuire, celle-ci contenant des hémolysines, molécules connues pour détruire les globules rouges.

DSC06165

À la cassure, ses chairs deviennent rouges, ce qui permet de la différencier d'autres espèces comme la dangereuse amanite panthère (Amanita pantherina), plus brune et aux flammèches blanches plus larges et plus marquées. On ne serait sans bien connaître l'une et l'autre s'aventurer à récolter les golmottes. Très commune, aussi bien dans les forêts de feuillus que de conifères du moment que le sol est pauvre, c'est surtout dans les bois d'épicéas communs (Picea abies) qu'on en rencontre le plus grand nombre. Apparaissant dès juillet en Chartreuse, on peut l'observer au plus tard à la fin du mois d'octobre si l'été indien veut bien se prolonger.

DSC06169

C'est aussi l'heure des premières girolles (Cantharellus cibarius) que nous récoltons avec émotion. Dégageant un léger parfum d'abricot, en particulier quand l'air est humide, leur couleur jaune tirant parfois sur le pâle ou l'orangé et la présence de plis et non de lamelles ne laisse que peu de doute lors de l'identification de cet excellent comestible. Cependant il faut là aussi être prudent, en évitant toute confusion avec la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca) ou le très toxique clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) qui à la différence des girolles qui se développe sur le sol, pousse sur le bois mort et en particulier sur les souches.

DSC06635              DSC06678

Restons avec les champignons, mais partons sur un tout autre milieu. Nous voici de retour dans les marais de l'Herretang. La plupart des espèces composant la fonge concerne de petits champignons éphèmères résistant aux soudaines varaitions de niveaux d'eau, et d'autres lignicoles restant bien au sec sur les troncs et les branches qu'ils colonisent. À droite, un magnifique polypore soufré (Laetiporus sulphureus) qui, bien que nous faisant très envie, n'a pas été récolté en raison du statut du site; un ENS (Espace Naturel Sensible).

DSC06647              DSC06644

Tout comme au printemps, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) se trouve sur une des berges du grand lac. Celui a été formé à l'époque où il était encore de mise d'extraire la tourbe du marais, que cela soit pour se chauffer ou pour la commercialiser sous le nom de terre de bruyère. L'exploitation ayant été suspendue en raison des dégâts provoqués sur les milieux humides fragiles, les carrières ont été mises en eau et empoissonnées.

DSC06639

Sur les observatoires mais aussi un peu partout sur la végétation, créant ainsi une véritable marée verte, pousse des lianes de houblon grimpant (Humulus lupulus). De la même famille que le chanvre, celle des cannabaceae, il est utilisé depuis des temps immémoriaux.

DSC06640

Son nom scientifique de "lupulus" vient du latin, les romains pensant à tort que le houblon suçait la sève des arbres et arbustes sur lesquels il pousse. Hors cela n'en est rien, néanmoins il a gardé cette réputation fort longtemps lui donnant le surnom de "petit loups" qui se traduit par "lupulus". Il est drôle de voir qu'aujourd'hui c'est le lierre grimpant (Hedera helix) qui possède cette réputation sulfureuse. Pour en revenir au houblon, il est surtout connu comme plante aromatique pour apporter de l'amertume à la bière mais aussi pour ses propriétés sédatives, stomachiques et son pouvoir œstrogénique.

DSC06657

La porte du grand observatoire n'est pas fermée, miracle ! Nous fonçons au sommet de cet ancien relai EDF reconverti en tour de guet. De là, nous avons une vue imprenable sur les étangs, sur la prairie et sur la phragmitraie. C'est là que deux petits museaux feront leur apparition. Une chevrette, femelle du chevreuil européen (Capreolus capreolus) suivit de son jeune faon né au début du printemps.

Les jours deviennent de plus en plus courts, la pluie s'invite et la fin septembre approche, nous voici aux portes de l'automne, la plus belle des saisons. Avant de fêter la fin de l'été, nous nous offrons quelques escapades sauvages du côté du Loiret, de la Camargue et des Alpes, histoire de profiter de la saison du mieux possible.

DSC06630     DSC06632     DSC06637     DSC06642

 

L'automne, ses champignons et ses oiseaux.

Déjà l'automne sonne à la porte, signe que l'année est presque bouclée. Si le froid tarde à venir et ne se ferra présent qu'à la mi-novembre, on enfile déjà les pulls et les bonnets à grosses mailles de laine. Pour moi, il s'agit de la plus belle des saisons, les bois deviennent jaunes et rouges, les oiseaux du grand nord arrivent doucement chez nous et les rougegorges familiers (Erithacus rubecula) poussent de nouveau la chansonnette.

DSC07223              DSC07233

Petit saut au lac de Paladru. Situé aux portes du voironnais, ce lac palustre est issu de la fonte des glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. Riche en légendes, il fut occupé par les pères Chartreux où l'on trouve des vestiges relativement anciens de pontons de bois. C'est là que l'on peut trouver les foulques macroules (Fulica atra). Toutes occupées à barboter, elles troubles la calme du lieu par leurs cris brefs.

DSC07216

Au-dessus de l'eau dans un robinier faux-accacia (Robinia pseudoacacia), deux tourterelles turques (Streptopelia decaocto) sèchent leurs plumes. Elles ont dû la nuit précédente faire face à une pluie glaciale et violente. C'est une espèce que l'on pourrait pense comme originaire de nos contrées mais il n'en est rien. Originaire de Truquie, elle ne s'est implantée naturellement en France que depuis 1963 avec une première apparition dans les Voges en 1950. Depuis la belle se trouve sur les quatre coins du monde, surtout dans les villes et villages, sans que sa présence ne semble porter atteinte aux espèces locales.

DSC07222              DSC07227

DSC07228              DSC07229

Une femelle canard colvert (Anas platyrhynchos) se montre peu farouche et s'approche relativement près de nous. On la différencie des autres femelles d'espèces de canards par sa grande taille et son bec orange et noir. Peu farouche, il est fort à parier que l'on se trouve sur un individu issu ou du moins ayant une origine liée aux canards colverts domestiques qui sont utilisés pour l'ornement, comme appelant de chasse et pour l'élevage.

DSC07243

Quittons les berges, non sans avoir jeté un dernier coup d'oeil au ponton sur lequel un rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se promène. L'hiver, il est possible d'y observer des dizaines de cormorans et de goélands. Nous avons espoir pour cet hiver d'y rencontrer de nouvelles espèces et de voir les canards hivernants, en particulier les fuligules qui aiment se reposer au centre du lac. Équipés de notre nouveau matériel, il a fort à parier que nous allons être surpris par les oiseaux sur lesquels nous allons enfin pouvoir poser les yeux.

DSC07294     DSC07207     DSC07321     DSC07325

Direction les bois, et bien sûr, toujours avec le panier à la main. La saison des champignons a été exceptionnelle pour certaines espèces cette année et nous en avons bien profité, que cela soit dans les bois isérois ou d'ailleurs. Même l'un des chats de la maison est venu pointer le bout de son nez pour voir où en était la récolte. Il n'y a pas à dire, même si on trouve des champignons toute l'année, c'est vraiment à l'automne qu'ils sont rois.

DSC07269

Un lycoperdon brun d'ombre (Lycoperdon umbrinum) attire notre attention. Non comestible, cette vesse de loup un peut particulière appartient, commetoutes les espèces portant ce nom générique, à la famille des Lycoperdacées.

DSC07270

Le terme vesse est féminin et vient du vieux français. Il désigne un pet silencieux et nauséabond, mot qui peut se décliner par le verbe vesser. La transposition au champignon se fait par la spécificité de celui-ci de dégager à maturité, ses spores sombres en se crevant par le milieu et en les laissant passer par gros nuages sombres par un tout petit trou. L'image est là, reste à savoir d'où vient le sobriquet de loup. Peut être par le mésamour éprouvé en vers cet animal, par le fait que cette vesse soit forestière ou tout simplement par jeu de mot. Dans tout les cas le lycoperdon brun d'ombre orne joliment les forêts et bien qu'il ne soit pas comestible, anime toujours une sortie automnale.

DSC07263              DSC07319

Dans la mousse, aux pieds des arbres et sur les troncs les champignons poussent à foison. Le tricholome rutillant (Tricholomopsis rutilans) a perdu ses belles couleurs suite à la pluie et les mucidules visqueuses (Oudemansiella mucida) bien qu'étincelantes semblent défraîchies. Se développant sur les troncs de feuillus, en particulier de hêtres, on les reconnaît à leur chapeau blanc-translucide couvert d'un mucus gluant.

DSC07260

2019 fût une année exceptionnelle pour les cèpes de Bordeaux (Boletus edulis). Nous en avons trouvé de partout, même là où d'ordinaire nous ne croisons rien hormis quelques crottiers de blaireaux et de chevreuils. Champignon très prisé, c'est un excellent comestible qui se déguste aussi bien cru en carpaccio avec un peu d'huile d'olive que cuit, rissolé avec du persil et du beurre ou revenu dans un peu de crème fraîche. Sa mousse devenant gluante avec l'âge, elle s'accomode parfaitement en potage ou dans une sauce d'accompagnement.

DSC07286              DSC07287

Pour l'occasion je suis seule avec mes parents. Les accompagner aux champignons et faire fructifier à ma manière cet héritage qu'ils ont pu me transmettre en approfondissant la discipline qu'est la mycologie est une véritable fierté pour moi. Le cèpe part exemple a été longtemps ignoré dans ma famille, voire boudé. Jugé comme gluant et trop fort, je ne l'apprécie que depuis récemment, grâce aux amis du Mycorium et du feu forum "le club des cèpes" avec qui j'avais pu partir il y a plusieurs années découvrir le Béarnais, que je rêve de visiter à nouveau.

DSC07259     DSC07285     DSC07303     DSC07305

Symbiotique, le cèpe de Bordeaux aime s'accoquiner avec les chênetes, les chataîgniers, les hêtres et les sapins pectinés. Il n'est pas le seul à aimer ces milieux, bien souvent il est accompagner d'autres champignons dont la pousse survient suite à des épisodes de chaleurs et de pluies tel que le meunier (Clitopilus prunulus) qui, à la bonne odeur de farine et au chapeau blanc, et lui aussi un bon comestible même si moins récolté que les cèpes.

DSC07306

Autre espèce appréciant les mêmes milieux que le cèpe de Bordeaux et ayant parfois des hôtes symbiotiques similaires, l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria). Si celle-ci est toxique voire délirogène pour les hommes et de nombreux animaux, quelques uns comme le renne n'hésitent pas à planter un coup de dents dans le chapeau et en particulier la cuticule rouge riche en éléments hallucinogènes.

DSC07309

Lames, pied et chair d'un blanc immaculé, chapeau rouge sang qui selon les sous-espèces et la météo peut tirer sur l'oranger, pustules floconneux variants du crème au jaune, il semble au premier regard aisé d'identifier cette espèce. Pourtant, les confusions avec l'amanite des Césars (Amanita Caeserea), sa délicieuse et prisée cousine, sont peu rares. On retiendra que chez cette dernière les lamelles et le pied sont d'un orange doré et que le stipe prend sa base dans une volve blanche en forme de sac.

DSC07256     DSC07292     DSC07298     DSC07302

Petits joyaux rouges qui annoncent la fin de l'automne, il faudra désormais attendre l'an prochain pour les rencontrer à nouveaux dans les forêts de Chartreuse. Il fait froid, humide mais les champignons ne désertent pas complétement les bois. Cependant nous nous réfugions dans le Rhône, où nous faisons notre bonheur avec les pholiotes du peuplier (Cyclocybe aegerita) qui abondent dans les peupleraies si typiques des rives du fleuve.

C'est un court résumé de cette année en Isère riche et inspirante. Nous avons eu la bougeotte et beaucoup visité d'autres départements, puis vinrent le boulot et parfois la flemme qui par moment, nous ont cantonné à notre petit appartement lyonnais. Cependant on ne saurait penser que le tour est fait, on est loin d'avoir encore tout vu de cette enclave dauphinoise, de ses forêts et de ses sites historiques teintés de mysticismes. À 2020, belle Isère.

DSC07267               DSC07280

jeudi 9 mai 2019

La petite Camargue, un autre visage de l'Alsace.

DSC06842

En passant par la petite Camargue :

 

Quand on évoque l'Alsace, on pense immédiatement à la choucroute, à l'accent et au Baeckeoffe pour resté encré dans le cliché. On oublie souvent trop vite la faune et à la flore incroyable de cette région et en particulier, ses oiseaux.

DSC07011

Le lieu est calme, les oiseaux nombreux. Sur une des étendues d'eau, à la tombée de la nuit, nous observons quelques dizaines d'oies cendrées sauvages (Anser anser), nos premières de l'année. Elles trouvent ici dans la réserve de Port Saint Louis, à la limite de la Suisse, un refuge bien mérité. Malmenées par les hommes et leurs loisirs douteux, elles peuvent vaquer en toute quiétude à leurs occupation sous le regard des familles, des promeneurs et des amoureux de nature. Le pacte est conclu, nous reviendrons le lendemain pour découvrir les merveilles de ce site semble-t-il, unique.

DSC06845          DSC06867

Les voilà, les belles oies sauvages, celles qui font couler l'encre et déchaîner les passions. Certains voudraient les tirer pendant leur retour de migration, là où les oiseaux sont fragiles et faciles d'atteinte, sans tenir compte des dégâts que cela pourrait occasionner aux autres espèces. Cette année encore il aura fallu batailler contre des envies et des décisions à visées électoralistes, fort éloignées des attentes de la population sur la question de l'environnement. De nouveau les tirs ont été interdits pour février mais qu'en sera-t-il pour 2020 ?

DSC06986

Deux canards chipeaux (Mareca strepera) prennent un peu de repos à l'écart du brouhaha ambiant qui se dégage des étangs. Ternes au premiers abords, ils sont avérés plein de surprise en nous dévoilant un très joli miroir blanc quand ceux-ci se sont affères à leur toilette. Si les effectifs des migrateurs de passage en France augmentent, bouleversement climatique oblige, ceux des nicheurs locaux semblent d'éffondrer à vitesse grand V.

DSC06793

Reliquats d'un nid tombé du creux d'un arbre. Sa forme ronde pourrait presque faire croire qu'il s'agit de celui de mésanges à longue queue. L'édifice est d'ordinaire rond, souvent couvert de lichens ce qui le rend imperceptible. Le temps à fait son oeuvre, et le nid n'est plus.

DSC07018

En parlant de mésange à longue queue (Aegithalos caudatus), la voici. Son plumage noir, blanc et rose et ses longues rémiges qui composent les plumes de la queue ne laissent que peu de doute. Bien que nommée mésange, elle n'en est plus une ou du moins, la classification la range désormais dans une autre branche, lui préférant le nom d'orite à longue queue. C'est un petit passereau aux moeurs grégaires, se déplaçant souvent en bande pour chercher sa nourriture. On peut l'observer aussi bien en milieu boisé que dans les parcs et jardins pour peu qu'il y ait suffisament d'arbres et de nourriture.

DSC06824

Parmi les premiers oiseaux que nous observons, nous pouvons compter les ouettes d'Egypte (Alopochen aegyptiaca). Tout comme leur nom l'indique, ces oiseaux sont originaires de contrées situées beaucoup plus au sud. Naturalisés dans le nord de la France, nous avons pu les voir barbotant dans l'eau ou posés sur les hautes branches des arbres morts qui composent une partie du marais. C'est la seule espèce d'Alopochen non éteinte.

DSC06911

Le grimpereau des jardins (Certhia brachydactyla) nous fais également honneur de sa présence et de sont chant. Discret, on le différencie de son cousin des forêts (Certhia familiaris) par ses mélodies. Explorant inlassablement les troncs à la recherche d'insectes et de larves, cette petite boule de plumes ne se laisse pas approcher facilement.

DSC06886

Une autre très belle rencontre a marqué notre périple, celle d'un puis de plusieurs couples de bièvres harles (Mergus merganser). C'est un des rares canards à consommer du poisson, le plus souvent des individus de 5 à 10 centimètres. Il complète souvent son régime alimentaire d'invertèbrés. Cette particularité explique les crans de son bec et le bout légèrement croche de celui-ci. La distinction entre les deux sexes est aisée, le mâle ayant la tête d'un vert métallique alors que la femelle abordera livrée rousse. Il faut 90 à 100 jours aux adultes pour mener à bien la couvaison des oeufs et l'élevage des petits pour en faire des adultes capables de se débrouiller seuls.

DSC06965            DSC06973

Deux espèces communes se régalent des pommiers d'ornements longeant le site. À gauche on trouve la magnifique grive litorne (Turdus pilaris) et à droite, son cousin le merle noir (Turdus merula) car les deux espèces appartiennent à la même famille, celle des Turdidés. Alors que chez cette grive les sexes sont indissociables au premier coup d'oeil, chez le merle il en est tout autre chose, le mâle ayant un plumage noir et un bec jaune, la femelle des plumes roussâtres et un bec grisâtre, chose observée également chez les jeunes mâles.

DSC06832

Parmi les hérons cendrés, les buses variables, les geais des chênes, les mésanges bleues et les grands cormorans, il y a un toujours un oiseau qui détonne et attire mon oeil. La grande aigrette (Ardea alba) figure parmi ceux-ci et est l'un des plus beaux et majestueux animaux que je connaisse. Cet échassier gracile figure parmi les grands volatiles de France avec une taille d'un mètre pour 170 centimètres d'envergure. Tout chez elle respire l'élégance : son plumage immaculé, son bec flamboyant vert et jaune et ses longues pattes délicates. 

DSC07006            DSC06977

Voilà un article pour conclure les actions de l'hiver. Vous l'aurez sans doute remarquez, ici c'est le calme plat. Ma vie professionnelle et associative est plus intense que jamais et je coure après le temps pour boucler tous mes projets. Les mails non lus s'accumulent, tout comme les kilomètres, les nouvelles amitiés et les envies d'articles qui ne peuvent voir le jour. Patience, la mi-juin devrait apporter un peu de répit pour rédiger à loisir.

DSC06791

lundi 8 avril 2019

Entre noire forêt et forêt noire.

DSC06618

Entre Alsace et Allemagne

Le temps est glacial et pour cause, nous nous trouvons au nord du pays, quelques part entre la frontière allemande et française. C'est l'occasion de découvrir cette région que je foule pour la première fois et que je ne connais qu'à travers mon écran et les nombreux livres que comporte notre bibliothèque. Peut être aurai-je bientôt l'occasion de vous parler d'eux. En attendant, retour sur l'Alsace et ses charmes.

DSC06778

À Münster, nous nous arrêtons sur le marché, histoire de prendre quelques pots de miel de sapin. Dans des troncs d'arbres fraîchement débités, se consument des braises qui ont le mérite de réconforter nos doigts givrés. De temps à autre, des branches de sapin bien vertes sont ajoutées au foyer. Un douce odeur de forêt et un nuage de fumée s'élèvent alors du feu. La forêt, parlons en justement. Nous avons pu prendre plaisir à découvrir de grands boisements péri-urbains où la faune où les corneilles noires, les écureuils et l'épervier se croisent dans la brume.

DSC06626

Petite excursion en Allemagne, aux portes de la Forêt Noire. Tout est givré. Ce massif montagneux, nommé Schwarzwald en allemand, connu plusieurs noms comme celui d'Abnoba mons à l'antiquité (Abnoba étant une divinité celte protectrice de la faune). Peu élevé, le plus haut sommet culmine à 1415 mètres d'alittude. Il est néanmoins plus froid que nos petits massifs du fait de sa latitude, ce qui permet d'observer une flore toute nouvelle pour moi, enfin, pour les rares tiges et feuilles qui ne sont pas prises par le gel.

DSC06551

Rien n'a été épargné, pas même le houx d'Europe (Ilex Aquifolium) ou le sapin pectiné (Abies alba) aux aiguilles pétrifiées. Pouvant pousser sur les sols acides jusqu'à 1500 mètres, le houx se plaît bien ici au milieu des roches granitiques, d'autant plus que l'on retrouve tout le cortège habituel : myrtilles, sapins et épicéas, airelles, germandrées scroïdoines et j'en passe. D'ailleurs, nos Voges ne sont pas différentes et ne se distinguent de la Forêt Noire que de part le fossé qui les séparent. Celui-ci s'est formé il y a 65 millions d'années. Bordé de forêts alluviales, il est devenu aujourd'hui le lit du Rhin et une aire capitale pour l'agriculture.

Cependant, le massif ne peut être réduit à son domaine forestier. On y trouve des tourbières d'altitude comportant une grande diversité d'espèces, pour certaines rares, ce qui a valu au site de prendre le statut de réserve de biosphère, lui permettant de faire face par des mesures de protection à l'urbanisation galopante.

DSC06602     DSC06549     DSC06564     DSC06626

Nous quittons le brouillard et les routes enneigées pour redescendre en plaine et observer nos premières cigognes blanches (Ciconia ciconia) de l'année. Si la plupart d'entre elles migrent vers l'Afrique, il n'est pas rare d'en croiser quelqu'unes restées en Europe pour passer l'hiver. Bien souvent il s'agit d'oiseaux trop faibles pour voyager, ou bien acclimatés à la région, soit par l'abondance de nourriture ou par les soins qui leur sont prodigués.

DSC06515

Passage par Colmar, appelée localement et affectueusement la "Petite Venise Alsacienne" en raison de ses canaux navigables à barque entourés de maisons à colombage. Mentionnée dès le 9e siècle, les demeures anciennes, les hauts remparts et les monuments imposants qui composent la ville attestent de son ancienneté, sans parler des vestiges antiques régulièrement mis à jour et qui font le bonheur des archéologues.

DSC06756          DSC06757

DSC06674

Les bois de Mulhouse se font avares en plantes remarquables ou remarquées. L'hiver est passé par là, il faut s'y faire.Champignons rougis et feuilles de ronces naissantes sont tout autant de flashs colorés qui attirent notre regard au rythme de nos pas dans le sous bois, cassant pour quelques instants la morne grisaille qui règne ici et qui pendant ce séjour, ne nous quittat pas une seule fois, hormis à notre départ pour d'autres contrées.

DSC06539     DSC06644     DSC06660     DSC06767

Avant de regagner notre petit appartement, nous faisons un crochet par le vert Jura, montagne que nous connaissons peu mais que nous rêvons de parcourir et, pourquoi pas, d'atteindre le sommet. L'occasion était trop belle pour ne pas poser un ou deux pieds dans les grandes forêts de conifères qui en sont caractéristiques et qui abritent de nombreux animaux comme le lynx, le tétras ou la gélinotte des bois, des animaux rares.

DSC07042

Un panneau interpella notre regard, au fond d'un cirque, se cache une immense cascade entourée de tufières. Cela ne va pas me rappeler les paysages de ma verte Chartreuse.

DSC07048

Peut être est-ce pour cela que nous sommes tant attirés par ce massif. Sur le chemin, nous sommes interpellés par les vestiges de vieux moulins à grain et à papier, profitant de la force de l'eau pour moudre le blé et la fibre de bois. Aujourd'hui il n'en reste que quelques pierres, de vagues souvenirs et des dessins au fusain sur une toile. Il me tarde de quitter ce grand froid pour vous parler des fleurs de printemps, des oiseaux nichant au nid, des actions du groupe jeunes LPO Rhône, de mon travail, des suivis d'amphibiens et de rapaces nocturnes mais avant cela, un détour par la Petite Camargue nous attends, à la frontière Suisse, vers les vertes étendues de Port Saint Louis. Il faudra néanmoins attendre le prochain article pour découvrir cette zone humide d'exception, qui fait le bonheur des limicoles, des oies, des harles bièvres et des canards sauvages.

DSC07030     DSC07039     DSC07045     DSC07058


jeudi 21 mars 2019

Retour en Camargue.

 

DSC06053

L'hiver bat son plein. Dans de nombreuses régions de France, c'est le calme plat, pas moins de 90% des oiseaux ont déserté le pays, non pas par peur du froid, mais par manque de nourriture, les insectes étant rares en saison hivernal. Cependant, de nombreuses zones humides de grandes envergures abritent à cette saison des espèces remarquables, leur offrant le gîte et le couvert. 

DSC06052

Dans ce cas de figure, on peut citer la Dombe qui se trouve non loin de chez nous. Située dans l'Ain, elle se compose de milliers d'étangs destinés à l'origine à la pisciculture et surtout, au ravitaillement de la table du roi. Cependant les têtes sont tombées et nous avons poussé notre voyage un peu plus loin pour finir en Camargue. Nous avions alors en mémoire notre hiver dernier dans la région, où nous avions pu nous émerveillé du vol de milliers de grues cendrées (Grus grus). Hélas cette année elles n'étaient pas au rendez-vous. Pour autant nous ne sommes pas resté sur notre faim, la région étant toujours aussi riche.

DSC06014

Première surprise à notre arrivée, deux couples de canards souchets (Anas clypeata) se trouvent sur le lac. Cette espèce me fascine tout autant m'amuse. Leur long bec plat leur sert à se nourrir d'insectes aquatiques, de végétaux et de graines mais surtout, à filtrer le plancton à l'aide des soies présentes à l'intérieur du dit bec. Sous nos l'attitude on le rencontre principalement l'hiver, dans les zones de nourrissages où plusieurs espèces se tiennent compagnie. Cela n'est pas le fruit du hasard, les autres canards ayant la tendance à faire remonter les sédiments à la surface où se trouvent les micro-organismes dont se nourrissent les souchets.

DSC06191          DSC06218

DSC06235   DSC06257   DSC06262   DSC05960

Détour par le Pont de Gau, non loin de Sainte Marie de la Mer. Les stars de la saison sont là. Des centaines de flamants roses (Phoenicopterus roseus) se font causette dans un joyeux vacarme. Grégaires, ses oiseaux filtreurs passent des heures à fouiller la vase de leur bec à la recherche de phytoplancton, en particulier de petites crevettes contenant des caroténoïdes auxquels ils doivent la belle couleur rose de leur plumage.

DSC06203

DSC06306     DSC06167     DSC06197     DSC06236

Plusieurs d'entre-eux sont bagués. Ils appartiennent à différents programmes de suivis des populations d'oiseaux d'eau. Les flamants pouvant avoir une vie particulièrement longue, 33 ans pour certains. De ce fait, les bagues peuvent être de forme et de couleurs variées en fonction des pays où elles ont été posées mais aussi des années et des campagnes. Au final cela donne un sacré casse-tête pour identifier un individu pour les néophytes.

DSC06221

DSC05968     DSC06181     DSC06217     DSC06230

Cependant, en France il n'y a plus de bagage de l'espèce, et de ce fait il y a de forte chances que les oiseaux bagués observés ici aient plus de 18 ans hormis s'ils proviennent des lagunes et les étangs d'eau saumâtres du sud de l'Europe. Cette affection de l'espèce pour ce type de milieu explique l''abondance de ces animaux dans le delta du Rhône qui forme en partie la Camargue telle que nous la connaissons aurjoud'hui.

DSC06274

Le moineau domestique (Passer domesticus) est un oiseau que l'on croit commun et pourtant, sa population est entrain de s'effondrer sans que l'on puisse complètement l'expliquer. Perte de la biodiversité, pesticides, disparition des insectes, diminution des ressources en ville ... tout autant d'hypothèses. Pour lutter contre ce phénomène, on peut poser des nichoirs à moineaux pour que nos compagnons ailés continuent à animer nos villes et nos campagnes. Ici il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à sa calotte de plumes grises. Pour les plus observateurs, vous aurez pu vous apercevoir que lui aussi est bagué, chose peu commune chez cette espèce.

DSC05990

Le flamant rose entre dans la classification des échassiers, ces oiseaux aux longues pattes d'où ils tirent leur appélation. Il n'est pas le seul à pouvoir prétendre à ce titre. L'aigrette garzette (Egretta garzetta) identifiable à son bec gris verdâtre et à son plumage blanc peut également y prétendre.

DSC06165

Son bec en forme de dague et élancé indique qu'il s'agit d'un pisicovre, c'est à dire qu'elle possède un régime alimentaire fait à base de poisson. Néanmoins, ce petit héron blanc peut très bien se nourrir de vers, d'insectes, d'amphibiens et de petits reptiles. Grégaire, elle niche dans des héronnières où la couvaison des oeufs et le nourrissage des petits lui prend une grosse partie de son temps et de son énergie. Pendant 7 à 8 semaines, les parents s'évertuent à mener à bien leur rejetons et pour cause, la femelle ne pond qu'une seule fois par an. Le nid patiemment construire ne sera pas réinvesti l'année suivante, hormis en de rares cas.

DSC06161

Le héron cendré (Ardea cinerea) figurent parmi les plus grands hérons avec une taille de 1 mètre et une envergure frôlant les 2 mètres pour un poids maximal de seulement 1,2 kg. Cette légèreté est commune à une grande partie des oiseaux, du fait de leurs os fins et légers, de la composition et forme de leurs plumes et de la compression de leurs organes pour permettre d'atteindre un aérodynamisme quasi parfait.

DSC06008             DSC06020

Un petit coup de froid ? Le héron rentre la tête, ouvre les ailes et se laisse sécher par le soleil. D'ordinaire, on le connait sous sa forme élancée qui laisse voir la plupart des caractères de l'animal, à savoir un long cou, un bec coloré de jaune, d'orange et de rose (particulièrement à la saison des amours), une aigrette de plumes noires à l'arrière de la tête, un sourcil marqué et un plastron fait de longues plumes grises (toujours en période nuptiale).

DSC05999

DSC06299              DSC05987

Il n'est pas rare de voir les hérons cohabiter avec d'autres espèces, ici ils sont en compagnie de timides sarcelles d'hiver (Anas crecca). L'individu présenté en format portrait est un jeune de l'année 2018 qui se reconnaît à son plumage plus terne, à son bec en partie gris, au sourcil lui aussi grisonnant (et non noir comme chez les adultes) et à l'absence d'aigrette. Il devra patienter une année de plus pour pouvoir se reproduire.

DSC06277

Continuons avec les canards plongeurs. Le fuligule milouin (Aythya ferina) est un petit canard au dimorphisme sexuel prononcé. La femelle est très terne comme chez de nombreuses espèces cousines, ce qui lui permet de se dissimuler dans les végétaux où elle couve. Le mâle quand à lui à une tête et nuque d'un rouge très prononcées. C'est un barboteur qui se nourrit principalement de végétaux, dont les problématiques lentilles d'eau (Lemna sp.).

DSC06064     DSC06293     DSC06296     DSC06348

DSC06335

Des ragondins  (Myocastor coypus), des ragondins partout ! Ce beau et gros rongeur est originaire des Amériques. Il a été importé en Europe pour fournir les fermes à fourrure. Charmant. En France comme ailleurs, de nombreux individus purent s'échapper et forment aujourd'hui une important population. Aimant s'abriter dans des terriers qu'il construit au coeur des berges, ce qui dans certaines régions est fortement impactant pour les digues.

DSC06304             DSC06305

DSC06302

Le soleil se couche sur la Camargue, c'est le moment de rentrer. Sur le chemin, nous croisons un vieux sanglier boitillant. Au loin, les lumières d'Arles scintillent, nous guidant un temps jusqu'à Marseille. La nuit approchant, nous avons juste le temps de regarder les derniers passereaux de la journée s'activer dans les phragmites et les canards se réunir au centre des étendues d'eau, loin de l'appétit du renard et des chiens errants.

DSC06119     DSC06166     DSC06360     DSC06362

DSC06121

samedi 17 mars 2018

La Camargue en hiver.

26168128_10213055042322665_4521412647314434278_n

Début décembre, nous avons pu visiter à plusieurs reprises la Camargue. Mon ordinateur ayant rendu l'âme entre temps, je n'ai pu récupérer que quelques photos de cette très belle expérience. Entre marais salins, bords de mer et phragmitaies denses, nous avons pu observer des oiseaux que nous n'avons pas l'habitude d'approcher. Nous avons même pu photographier, de loin, un rassemblement de tadornes de Belon (Tadorna tadorna), le plus gros canard de France parfois appelé affectueusement appelé "oie renard". Autant dire que je les adore.

26229443_10213055034642473_3784710250304723242_n25593987_10213055033482444_5468508858749272550_n26170004_10213055007441793_4619202601491036847_n26230576_10213055031602397_5254441669237268280_n

Pendant trois jours nous avons circulé sur les petites routes camarguaises, avec comme point de chute la nuit venue, la ville de Marseille. Autant vous dire que nous avons galoper. Cela nous a permit de retourner sur la route des vacances de mon enfance, là où avec mes parents et des frangins nous venions, après avoir quitté l'Isère le temps de quelques jours, nous initier aux joies de la mer. Cette année c'est un peu différent, nous sommes en hiver, il vente mais le spectacle n'en est pas moins fantastique. 

26167681_10213055007481794_678651494965272621_n26167811_10213055044482719_7799097358340115580_n26168141_10213055038642573_8775282187696620529_n

Les hérons cendrés (Ardea cinerea) se plaisent bien dans les milieux humides qu'ils soient d'eau douce ou d'eau salée. Les premiers couples se forment déjà et entament la construction de leurs nids. Peu farouche, il faut toute fois se montrer discret pour ne pas perturber les oiseaux et mettre à mal leurs premiers amours.

26168139_10213055033282439_2287826660095086193_n

Dans un des nombreux étangs, les grands cormorans (Phalacrocorax carbo) attendent sagement la fin de l'ondée. Leur tête dénuée de blanc indique que la période de reproduction n'est pas encore entamée. Ces oiseaux ont la particularité de ne pas avoir de plumage étanche, afin d'avoir une meilleure pénétration dans l'eau quand il plonge pour attraper les poissons. Cela explique pourquoi on les voit faire sécher leurs ailes en les étendant.

26168275_10213055035962506_5848012750318917412_n26219383_10213055036722525_6233523713805001871_n26168494_10213055042122660_7796600310854745462_n26168623_10213055038322565_3064246916268752487_n

Et puis il y a les stars, ceux que nombreux d'entre nous rêvent de voir. Les flamants roses (Phoenicopterus roseus) sont parmi les plus grands et gros oiseaux européens (mais aussi de leur famille). C'est à leur alimentation faite de minuscules crustacés roses qu'ils doivent leur couleur, d'où la forme étrange de leur bec, qui agît tel un filtre. Les jeunes individus présentent un plumage grisâtre, ce qui indique qu'ils sont encore au stade de juvéniles. 

26229796_10213055045842753_3104630590498968794_n26230767_10213055033882454_3728136176390405494_n26196380_10213055034362466_554371397699179882_n26169210_10213055043842703_6494492802348441626_n

À notre arrivé, les flamants étaient en pleine parade nuptiale. Des centaines d'individus entrains de danser et surtout, de chants. Un flamant seul, c'est très bruyant, alors je vous laisse imaginer la cacophonie ce jour là. Le cri est fort et nasillard, proche de ceux des anatidés. Ces sont des animaux sociaux qui communiquer énormément entre eux. Ils possèdent de ce fait une gamme de vocalises très développée pour ne jamais se perdre de vue.

26231717_10213055043602697_9217081751664530438_n26231790_10213055042842678_500283822967411585_n

Dans les nombreux bras d'eau stagnante, on peut voir de temps à autre un ragondin (Myocastor coypus). Mal aimé, cet animal d'origine nord-américaine est arrivé en Europe à travers les fermes à fourrure. S'étant échappé, il a colonisé tout le territoire français. C'est un gros rongeur qui fait parler de lui par son action sur les berges qu'il fragilise et les cultures dans les quelles il va grignoter. De ce fait, il est chassé pratiquement toute l'année.

26168319_10213055043242688_5211806335783516532_n

Voilà une photo qui devrait en ravir plus d'un. Trois espèces sur un cliché : le héron cendré (Ardea cinerea), l'aigrette garzette (Egretta garzetta) sur la quel je reviens plus bas et la sarcelle d'hiver (Anas creccas), un petit canard amoureux des eaux saumâtres et qui ne se rencontre dans le sud de la France qu'en période hivernale. Le mâle se distingue à sa tête rouge barrée de vert et à son croupion jaune. La femelle ressemble à celle du colvert.

26229413_10213055031242388_1562101629191749911_n26239216_10213055031842403_5677400697323052769_n

Il y a deux grands autres échassiers que l'on croise en janvier en Camargue : la cigogne blanche (Ciconia ciconia) dont on peu en ce moment encore voir les vols de migration au-dessus de mon centre de formation sur Vienne, et les grues cendrées (Grus grus). Ma frustration est grandes de ne pouvoir partager avec vous toutes mes photos de leurs vols de centaines d'individus, leur séances de recherche de nourriture au sol et surtout, leur chant mélodieux. Petite consolation, elles aussi remontent au nord et passe par la vallée du Rhône.

26730751_10213055035322490_3798916637309914263_n

 L'aigrette garzette (Egretta garzetta) est une échassier délicat dont les plumes étant recherchées autrefois pour orner les chapeaux. Elle partage des milieux similaires à ceux des hérons cendrés et les mêmes proies qu'elle saisit avec son bec en forme d'épée. Celui-ci devient jaune et/ou verdâtre en période de reprodiuction.

26196452_10213055007401792_3331949992274357337_n26168662_10213055044002707_5094151788469599866_n

Fin du séjour, il est temps de remonter doucement au pied des Alpes. Nous avons la chance d'être à moins d'une heure des Dombes, c'est donc un petit bout de Camargue que nous emportons avec nous et que nous espérons retrouver là-bas, comme en septembre dernier où nous avons pu y observer un grand nombre de cigognes blanches et où nous traînons parfois nos souliers avec la LPO depuis cet automne.

26167847_10213055037922555_9053805721858717023_n26196082_10213055043042683_2630390816356733324_n26733714_10213055034882479_1159892286549671487_n

dimanche 3 avril 2016

Le jardin en hiver.

DSC02200

Au moment où j'écris ces lignes, il neige encore dehors. Ce sont les giboulées de mars, des chutes de neiges intenses, parfois abondantes et surtout, très brèves qui laissent vite place au soleil. Il n'est pas à exclure que le printemps soit encore marqué par un manteau blanc formé de flocons, mais il y a fort à parier qu'il sera chaud et ensoleillé, rappelons que le mois de février a été le plus chaud qui n'a jamais été enregistré en France.

 

Carte postale hivernale.

Tout est blanc. Nous avons eu de beaux épisodes neigeux qui pendant quelques jours ont changé le paysage. Dans les stations ils se sont fait plutôt attendre ce qui a fait crisser bien des dents mais désormais, la neige inonde les pistes pour le plus grand bonheur des skieurs mais aussi des randonneurs en raquettes.

DSC02204 DSC02201

DSC00728

 

Le calme de la campagne.

L'hiver, j'ai toujours du mal à sortir de chez moi, je dois avouer ne pas vraiment apprécier la neige et adorer rester près de la cheminée. Le terrain est peu praticable, beaucoup d'espèces ont migré et bien d'autres ce font très discrètes. Néanmoins, l'absence de feuilles sur les arbres permet d'observer à loisir de nombreux oiseaux qui passent leur journée à chercher leur nourriture, à défendre leur territoire et à guetter les prédateurs.

DSC00440 DSC00441

DSC00448

DSC00442 DSC00444

 

Les traces du chevreuil.

Souvent les chevreuils (Capreolus capreolus) aiment venir dans le jardin pour profiter des légumes fatigués qui n'ont pas été récoltés et des bourgeons sur le point de s'ouvrir. On peut voir leur passage dans la neige, les lichens rongés qu'ils ont pu laisser derrière eux ou encore, les "nids. Il s'agît d'espaces d'herbes couchées ou de neige tassée où les animaux ont passé la nuit groupés

P1060723

 

Notre couple de pics épeiches (Dendrocopos major).

 Nous avons toujours eu, aussi loin que je me souvienne, des pics épeiches chez nous et souvent, un voire plusieurs couples nicheurs. Les traces de leur passage sont nombreuses : plumes colorées au sol, cris et bruits de becs qui résonnent sur les troncs mais surtout, énormément de trous dans les arbres et de nids. Les vieux fruitiers en sont criblés et habritent d'autres espèces bien heureuses d'avoir un logis à leur taille.

DSC00454

DSC00455 DSC00456

DSC00457 DSC00458 DSC00459 P1060668

DSC01068 DSC01069

 

Des lichens pour connaître la pureté de l'air.

 En fonction des espèces présentes et de leur nombre, il est possible de connaître la pureté de l'air d'un lieu. La coupelle d'or (Lecanora conizaeoides) par exemple est très tolérant aux particules et pousse bien en ville. Par contre l'arbre de velours (Anaptychia ciliaris) ne se rencontre que là où l'air est dépourvu de pollution.

DSC01077 DSC01078

DSC01079 DSC01080

 

La primevère acaule (Primula vulgaris).

 Elle fleurit souvent très tôt dans l'année et parfois, dès décembre. Les feuilles et fleurs se consomment en salade. Elle aurait les mêmes propriétés médicinales que les autres primevères mais aucune étude n'a encore vraiment été menée pour le savoir. Parfois les espèces sauvages d'un jaune pâle s'hybrides avec les espèces horticoles (violettes). Il faut attendre plusieurs générations pour que les plans redeviennent naturellement jaunes.

DSC00452

DSC01087 DSC01099

DSC01098

 

Le perce neige (Galanthus nivalis).

 Il est protégé en Isère. Nous avons la chance d'en avoir une colonie impressionnante dans notre jardin et notre champs. Il semble plutôt rare en France, en effet la plupart des perces neiges que l'on rencontre proviennent d'espèces issues de l'horticulture, ils se sont naturalisés un peu partout détrônant la plante type.

DSC00463

DSC01003 DSC01006

DSC01008

DSC01009 DSC01010

Bien que le manteau neigeux soit épais, le perce-neige n'a pas de problème à commencer sa floraison. Après avoir traversé la neige, il s'ouvre. Il est butiné par de nombreux insectes mais en particulier par les premières abeilles à quitter les ruches et qui sont affamées. On le rencontre dans les prairies humides et les forêts.

DSC01005

DSC01049 DSC01050

 

Le noisetier (Corylus avellana).

Ici ils se plaisent dans le sol calcaire et argileux. C'est à leurs pieds que l'on trouve la délicieuse truffe d'été (Tuber aestivum). Les longs chatons (fleurs mâles) donnent du pollen en abondance entre janvier et mars. Les fleurs femelles sont beaucoup plus discrètes et délicates, on les distinguent à peine sur les rameaux.

DSC01021 DSC01023

DSC01022

 

Le cognassier du Japon (Chaenomeles japonica).

Dans de nombreux pays d'Europe on ne peut désormais plus se le procurer. Cet arbuste héberge facilement le feu bactérien et le transmet facilement aux autres arbres, les condamnant. Ceux-ci sont sur la propriété depuis plus de 50 ans et sont le vestige du jardin de mes arrières grands-parents. Difficile de s'en séparer car ils sont un peu lier à l'histoire familiale. Cette plante est originaire du Japon et des archipels alentours. 

DSC01012 DSC01013

DSC01011

DSC01014 DSC01015

 

Le narcisse en trompette (Narcissus pseudonarcissus).

 On l'appel à tort jonquille, nom qui est réservé à un autre narcisse. Les graines se disséminent le plus souvent avec la gravité : elles poussent là où elles sont tombées. On appel ce mode de dissémination la barochorie. C'est une fleur qui a tendance à se raréfier. Pour sa préservation, il est conseillé de n'en ramasser qu'une poignée.

DSC01029 DSC01030

 

Le lamier pourpre ( (Lamium purpureum var. purpureum).

On le confond parfois avec une ortie, pourtant il en est bien différent. Non urticant, on peut consommer ses sommités en salades (mais je n'en raffole pas). Il est réputé pour être médicinale mais là aussi, certains aspects bénéfiques qu'on lui prête sont très surfaits. Il se rencontre dans tout l'hémisphère nord dans les terrains incultes. 

DSC01017

 

L'oreille de Judas (Auricularia auricula-judae).

Drôle de nom pour ce champignon que l'on trouve à toutes les sauces dans la cuisine asiatique. La légende veut qu'il soit apparut le jour de la pendaison de Judas à un sureau. En attendant je ne me prive pas d'en manger. Utilisé pour remplacer parfois le viande ou épaissir les jus et les bouillons, il peut néanmoins se relever émétique si on en consomme une trop grande quantité. En France il est très courant mais souvent délaissé.

DSC01046

DSC01042 DSC01048

DSC01047

 

La pâquerette vivace (Bellis perrenis). 

C'est une warrior. Elle résiste à tout : aux moutons, à la tondeuse, à la neige, à la sécheresse ... c'est une plante tout terrain. On la trouve partout en Europe dans les zones dites rustiques. Ses feuilles en rosette, quand elles sont tendres, se mangent en salade. Après l'avoir infusée, on en tire une eau de beauté pour la peau et en particulier, pour la poitrine. On peut également la préparer en macérât huileux mais l'opération est plus délicate.

DSC01054

 

La pézize veinée (Disciotis venosa). 

 Elle porte le nom disgracieux d'oreille de cochon. Malgré l'odeur de javel qui s'en dégage et son aspect repoussant, c'est un bon champignon de la famille des morilles qui se cuisine plutôt bien (personnellement j'en suis fan). Il faut cependant bien la cuire pour venir à bout des toxines qu'elle contient. Quand les pézizes sortent, on peut être sûr que trois semaines plus tard les morilles communes (M. esculenta) seront au rendez-vous.

DSC01104 DSC01112

DSC01115

DSC01122 DSC01123

 

L' arum maculé (Arum maculatum).

 On le distingue de l'arum d'Italie (Arum italicum) par l'absence de réseaux blanc sur les feuilles et par la présence fréquente de tâches noires, mais pas toujours. Toxique, chaque année il provoque des accidents avec des ramasseurs un peu trop sûrs d'eux qui le confondent avec le très prisé ail des ours qui est à la mode.

DSC01120

 

L'hellébore fétide (Helleborus foetidus).

 Cette belle plante possède une forte odeur qui indique sa toxicité. Nommée patte de griffon ou griffe d'ours, elle se différencie des autres hellébores par ses fleurs peu ouvertes et vertes, possédant sur le bord des pétales un liseret rouge pourpre. Elle peut vivre 12 ans et sa première floraison arrivent au bout de 3 à 7 ans.

P1060703 P1060704

 

Le mot de la fin.

 Je dois vous l'avouer, je n'ai pas été très inspirée pour cet article. Je n'ai été que peu présente dans les Alpes et je me suis vraiment éclatée dans les Calanques et au mont Ventoux. Du coup pour cette saison, j'ai laissé de côté le jardin mais promis, dès maintenant je vais profiter du printemps pour alimenter cette rubrique qui je le pense, mérite que je m'y attarde un peu plus. La naissance de nombreux oisillons est un thème tout trouvé.

P1060677 P1060697

jeudi 24 décembre 2015

Un joyeux Noël.

moiVoici quelques mots pour vous souhaiter un joyeux Noël et une très bonne année. 2015 a été très riche, aussi bien en émotions que botaniquement parlant. Grâce à vous j'ai eu beaucoup de petits mots doux pendant ma rechercher de travail ce qui m'a remonté le moral. Vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre et surtout à me contacter ce qui me plaît énormément, l'échange entre passionnés ayant été le but premier de ce blog. Quelques jolies sorties communes ont de ce fait pu voir le jour et j'espère bien qu'elles seront nombreuses en 2016. Cette année vous avez été près de 145000 à passer par ici et j'en suis encore surprise (dont plus de 1600 aujourd'hui). Pour 2016 je vous promets des publications plus régulières, de nombreux billets sur mes sorties avec les professionnels de la nature (quatre sont déjà prévues jusqu'à juin), un peu moins de fautes d'orthographes (si possible), des photos plus travaillé et surtout, encore plus de découverte. Merci à vous pour ces moments de partages !

Votre Renarde

 

lundi 21 décembre 2015

Un Noël nature.

 P4110128

Un programme chargé pour les fêtes.

 Noël s'annonce en effet chargé, il y a mille et une choses à préparer pour que tout ce passe bien et surtout, il ne faut rien n'oublier, en particulier les cadeaux des invités. La neige se fait attendre et de nombreuses plantes se pense déjà être au printemps. Patience, le froid mettra vite fin à cette surprenante douceur.

 Vue de L'Aiguille du Midi, Chamonix, France.
Merci à Christophe…

Décorer son intérieur.

 On peut miser cette année sur la déco naturelle et de saison. Les éléments naturels encore verts voire fleuris sont assez nombreux et si on est nostalgique de la neige qui tarde à arriver, on peut opter pour le blanc des graines de clématite. Rien de mieux q'une couronne pour célébrer Noël et égailler son chez soi.

Atelier couronne 1 - Atelier couronne 2

Atelier couronne 3 - Autour de gui et du nouvel An

 Préparer sa table.

Une table décorée c'est un peu plus festif qu'une simple nappe blanche et cela invite
à la convivialité, d'autant plus si les mets présentés sont de saison et de fête.

Décorer sa table

Verrines de saumon fumé

Salade d'orange à la vanille

Gâteaux de Noël au chocolat

Madeleines à la fleur d'oranger

Table de fin d'hiver

Crème aux pleurotes

Crème pâtissière à la framboise

 Feu de cheminée animé

Penchons nous sur nos traditions.

Fêter Noël, que ce soit de manière profane ou non, c'est plutôt chouette et ça l'est encore un peu plus quand
on se penche sur son histoire. Nos traditions liées aux cadeaux et au sapin de Noël sont pleines de surprises.

La tradition des cadeaux

Noël, une fête profane

Les illuminations

Le plus court jours de l'année

Paroles de nature

Isole Eolie 2, 2015

Sortir pour profiter de la nature.

Qu'il ait neigé ou non, sortir en forêt et en campagne à cette saison est étonnamment agréable. Cette il peut faire froid et hormis quelques hellébores et primevère s en avance il n'y a pas beaucoup de fleurs à voir. Néanmoins il est facile d'observer les chevreuils et les faisans ainsi que de très nombreux oiseaux qui ne sont plus dissimulés par les feuilles.

Sortie en forêt 51

Chronique d'un jardin sous la neige

Découvrir les lichens

Les dernières neiges

La douceur d'un début d'hiver

De part ma fenêtre

Les oiseaux du jardin

  

Voilà, j'espère que ces quelques liens vous inspiront bien pour les fêtes
qui ne sauraient tarder d'ici quelques jours.

Particles
http://coub.com/view/3pz2t (check the HD button…)