dimanche 26 mars 2017

Anniversaire du blog : cinq ans déjà !

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Voilà, le blog de La Renarde des Alpes fête son 5eme anniversaire. Cinq années où je partage plus ou moins régulièrement avec vous mes sorties en nature sur le net et, plus globalement, ce que j'aime faire. En 5 ans ce sont 18073 photos et images, 645 articles et 667 commentaires qui ont été échangés et vus par les 456652 visiteurs qui sont passé par là. À tous je vous dis un grand merci pour cette aventure qui m'a permis de faire de belles découvertes, des rencontres avec des passionnés qui pour certains sont devenus des amis mais aussi, de participer à de nombreux projets comme des publications sur internet mais aussi sur le papier. Un vrai bonheur ! En ce moment le blog tourne un peu au ralenti avec les études mais il devrait reprendre des couleurs avec le début du printemps, l'arrivée du soleil et des champignons et le cortège de fleurs des champs qui pointent leur nez.

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L'année 2017 s'annonce pleine de promesses et déjà de nombreux articles en sont en préparation, pas moins d'une douzaine, sans parler des vidéos sur mes sorties de classe qui devraient elles aussi se succéder, une mini interview sur le site du SMIRIL et enfin, l'apparitiond'une nouvelle rubrique sur mes 12 semaines de stage à venir dans les montagnes des Hautes Alpes et de l'Isère, le tout prévu pour cet été. Pour finir j'aimerai vous partager quelques statistiques amusantes ou informatives sur le blog.Je vous dis à très vite pour un prochain article sur les conifères du Parc de la Tête d'Or à Lyon.

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mardi 3 novembre 2015

Sortie dans les Calanques 5.

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 Retour dans les Calanques. Pour la peine nous nous rendons à la baie des Singes à la tombée de la nuit, dans le cadre incroyable des Goudes. Lieu prisé par les marseillais, elle fait partie du Parc Naturel des Calanques. On peut y rencontrer ça et là des vestiges de la guerre qui aujourd'hui servent de stations de bronzage et de villas.

 

La criste marine (Crithmum maritimum).

Nommée parfois perce-pierre comme le sont certaines fougère, cette plante protégée et buissonnante peut atteindre 30 centimètres de haut et se loge entre les rochers. Les conditions rudes des falaises ne l'effraye pas. C'est son goût iodé et son utilisation en cuisine ainsi que l'urbanisation galopante qui ont entraîné son déclin.

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Le port des Goudes.

 Le port des Goudes se situe dans un parc naturel, de ce fait la pêche et la navigation ne peuvent se pratiquer qu'en dehors des zones marines protégées. La faune et la flore y sont exceptionnelles comme les posidonies dont la croissance est si lente qu'il leur faut 100 ans pour développer un centimètre de racine.

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Le goéland leucophée (Larus michahellis).

 Longtemps associé à son cousin le goéland argenté (Larus argentus), cet oiseau est souvent considère comme un nuisible au même titre que le pigeon des villes. Sa forte expansion dans les cités humaines et dans les terres est due à l'expension de nos déchets et des déchetteries à ciel ouvert dans les quels ils se nourrissent.

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Une histoire de bouche.

 La Baie des Singes c'est aussi une histoire de fourchette et de bouche. Le restaurant "La Baie des Singes" est situé tout au bout de la corniche des Calanques. On y accède par la mer en bateau ou par la terre via un sentier sinueux sur la corniche calcaire. Il fait parti des références du vieux Marseille et des lieux à tester.

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Le mot de la fin.

Je n'ai que peu de photos pour illustrer ce petit article, la tombée de la nuit et la faible luminosité empêchant de faire de jolis clichés. Dommage j'aurais beaucoup aimé partager la magie et la beauté de ce lieu si atypique, avec des plages escarpées où les locaux viennent à la nuit tomber partager une partie de pétanque et quelques sardines grillées. Les vagues et les embruns salés avec l'aide du vent sont parfois si déchaînés que l'écume submerge la corniche. De ce fait les quelques baigneurs aventureux sont constamment sur le qui-vive.

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jeudi 31 octobre 2013

This is Halloween.

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Aujourd'hui c'est Halloween, alors on se fait peur, on rit et surtout, on mange des sucreries!

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L'an dernier à l'occasion du 31 Octobre (c'est à dire aujourd'hui), j'avais rédigé un petit article sur Samhain (ici) et sa célébration (article que l'on retrouve dans le numéro 3 de "La Renarde des Alpes" ici).

Aujourd'hui donc c'est Halloween, mais un peut d'éthymologie avant tout. Ce terme vient de la contraction des mots anglais All Hallow Even/Eve, ce qui en anglais signifie vieille de Toussaint. La Toussaint elle se nomme, All Saint's Day (Je jours de tout les Saints) ou All Hallow's Day.  Hallows est un mot d'origine germanique dérivé du terme saxon Haliga. C'est un terme lié au sacré qui a donné plusieurs dérivé comme hallow: sanctifier ou hallowed: béni, vénérable.

Néanmoins Halloween n'est pas la fête des Saints Catholiques, c'est une fête païenne européenne (en particulier en Grande-Bretagne, en Irlande, en Ecosse et en Gaule, car oui Halloween est en grande partie française) et plus précisément, c'est le réveillon Celtes où les morts passent dans le monde des vivants pour festoyer avec les vivants. Ce n'est donc pas une célébration d'origine Américaine, elle y a été importée par les colons Irlandais fuyant la famine

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Mais que se passait-il ce 31 octobre chez les peuples Celtes?

Hé bien on fêtait Samain (dit aussi Samhain ou Samanios pour les Gaulois). Les druides priaient pour remercier des récoltes engendrées dans l'année et pour se protéger de l'Hiver à venir, les dieux des Tuatha dé Danann ce qui signifie "Gens de la déesse Dana" et, qui sont les quatre îles du monde: Falias, Gorias, Findias et Murias. Ils se déguisaient aussi, pour faire fuir les démons et les "petites gens" mais également pour rendre plus indulgent leurs divinités. On fête aussi la disparition de l'année et l'apparition de la nouvelle. Pour se faire on éteignait tout les foyers puis on les rallumait le lendemain, avec les braises des bûches brûlées que les druides distribuaient à chaque famille. Ces braises devaient protéger les protéger tout au long de l'année. Autre tradition, on laissait sur le pas de la porte de la nourriture pour les esprits errants. Dans certaines régions on se déguisait aussi en démons pour éviter d'attirer leur attention, pratique qui aujourd'hui encore perdure. A cette occasion le dieu Samain (ou Samhain), dieu celte des morts, venait chercher les morts de l'année. Celui-ci tenait aussi captif le dieu soleil (parfois nommé Been) à partir de cette date (on peut voir un écho à Mabon), symbole de la mort de la lumière mais à l'arrivée des beaux jours celui-ci se libère, gagne contre les ténèbres et apporte l'abondance aux peuples celtes (à Imbolc en février). Les festivités pouvaient durer 15 jours.

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Autres traditions.

Le feu de l'autel sacré  en l'honneur du dieu Soleil était éteint. Pour être rallumé, les druides frottaient les branches sèches d'un chêne sacré jusqu'à ce qu'elles prennent feu. Les villageois se rassemblaient autour de grands feux où l'on buvait de la cervoise, du vin ou de l'hydromel. Des taureaux blancs étaient offerts en sacrifice et les druides partaient ramasser avec une serpe d'or le gui sacré poussant sur les chênes. L’outillage en or permettait que les plantes ne s'oxydent pas à la coupe. On festoyer donc beaucoup. Généralement le 1er jour on fêtait les guerriers et les héros, le deuxième les défunts.

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Quand les romains sont là.

Arrivent alors les romains qui assujettissent une partie des peuples celtes, en particulier en Gaule (toute la Gaule?). C'est à partir de là que auraient été associées deux faîtes romaines: celle des morts nommée Feralia qui se déroulait d'ordinaire le 21 février et Pomona, fête en l'honneur de la déesse des arbres fruitiers et de tout ce qui est fructueux et qui se déroule le 1er novembre. Cela expliquerait pourquoi son fruit fétiche, la pomme, représente aujourd'hui dans notre imaginaire l'automne. 

Quelques siècles plus tard arrive le catholicisme. Mais voilà, les jours vinrent à manquer pour en attribuer un à tout les Saints. Le pape Boniface IV décide alors en l'an 609 d’en dédier un à tous. Pour ce faire il choisit le 31 octobre et choisit le terme de Toussaint, mettant fin ainsi il l'espère aux célébrations et pratiques dites païennes qui concurrence sa toute jeune religion. Cependant la tradition de fêter les morts reste bien encrée dans l'esprit collectif et finie par être reconnue par les institutions catholiques au VIIIeme siècle sous le pape Grégoire III qui ajoute aux célébrations les martyrs (chose utile en ces temps de guerre pour donner du courage aux troupes). La Toussaint et la veille de celle-ci deviennent alors les jours à la fois des Saint mais aussi des morts. 

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Les symboles d'Halloween.

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Quand les irlandais sont arrivés en Amérique du Nord avec cette fête (famine de 1840), ils ont apporté également tout un lot lot de légendes qui ont été associées à cette célébration. L'une d'elle est celle de Jack-o'-lanterne, un être condamné à errer de par le monde jusqu'à ce que le jour du jugement dernier arrive, l'entrée du Paradis lui étend interdite à cause de son avarice et celle de l'Enfer aussi pour avoir jouer quelques vilains tout au Diable lui même. Pour s'éclairer, notre ami Jack transforme un navet en lanterne (pratique des celtes) pour s'éclairer. Le navet est devenu par la suite, en Amérique du moins une citrouille. 

Quand aux sucreries, la tradition vient d'Angleterre qui nommait initialement cette fête "Nuit de la pomme croquante". Le soir du 31 octobre, on se réunissait pour se raconter des histoires au coin du feu, manger des pommes ou des noisettes, offrir des gâteaux aux pauvres qui passaient de maison en maison comme le font aujourd'hui les enfants pour obtenir des bonbons.

Et pour les couleurs, à l'origine il n'en y a pas, c'est à la suite de l'arrivée d'Halloween au Mexique, du remplacement du navet pas la citrouille et de l'apparition de la pub que cette fête va se parer d'orange et de noir, couleur du deuil.

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Ainsi, gardon à l'esprit que Halloween est une fête de chez qui a été reprit par la chrétienté puis a acquit à travers les différentes cultures de nouveaux symboles. Ce n'est pas une fête démoniaque, juste la célébration de l'arrivée du froid et de la nuit.

Sources:

http://legrenierdebibiane.com/halloween/origines.htm

http://www.lexilogos.com/halloween.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuatha_D%C3%A9_Danann

www.actualitte.com/scolarite/les-origines-d-halloween-une-fete-pas-si-etrangere-que-ca-14623.htm

http://cours-gratuits.toutapprendre.com/?cours=quelle-est-l-origine-d-halloween

http://legendes.canalblog.com/archives/2005/10/14/894858.html

 

Et vous, quel monstre serez-vous ce soir?

 

mardi 1 octobre 2013

L'amanite tue-mouche, berceau de nos religions européennes.

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Avant-propos: par cet article je ne motive absolument pas la consommation de champignons hallucinogènes, l'utilisation de cette amanite comme drogue ou comme moyen de communication avec lesesprits, non, j'ai pour désir de montrer quelques aspects cachés et parfois tabous de la culture européenne et de son lien avec l'amanite tue mouche. En aucun cas il faut s'amuser à la consommer car les problèmes de santé qu'elle peut engendrer sont bien réels.

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(Oui je dois avouer que je viens de découvrir comment insérer les gifs au risque d'en abuser.)

Pour tout avouer, je suis une passionnée d'ethnobotanique et de mycologie (ce qui donne l'ethnomycologie, une science toute récente), alors quand j'ai commencé à lire "Le champignon divin de l'immortalité suivi de Qu'était le Somma des aryens?" de Robert-Gordon Wasson, j'ai eu une révélation. Notre belle amanite tue mouche, décriée et même considérée dans certains ouvrages mycologiques comme mortelle est en réalité l'un des piliers de nos cultures indo-européennes et pré-chrétiennes. Un champignon comme base de l'Europe? Oui oui mais pas n'importe le quel, l'amanite tue mouche, le lait des Dieux mais avant tout, petite présentation:

L'amanite tue mouche est un basidiomycète de la familles des amanitacea. On la trouve dans tout l'hémisphére Nord et depuis peu dans le Sud avec l'importation de plants de sapins américains. Elle est facilement identifiable: le chapeau est rouge, parsemé du blanc de la volve protectrice qui protége le champignon à sa sortie de terre et qui forme l'anneau. Elle reste visible à la base de celui-ci. Le pied est blanc, les lamelles et la chair également. Arrivée à maturité elle mesure généralement entre 8 et 20 centimètres de haut voir parfois beaucoup plus (jusqu'à 40 centimètres). On la trouve aussi bien sous les résineux (pins de préférence) que les feuillus (hêtres, châtaigniers) mais surtout, sous les bouleaux, arbre magique par excellence mais nous y reviendrons. Enfin, en fonction des régions du monde, on peut trouver de nombreuses sous-espèces d'amanites tue-mouche aux couleurs diverses: jaunes, oranges et mêmes blanches.

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L'amanite tue mouche, berceau de nos religions européennes.

Au commence il y a un champignon, l'amanite tue mouche. Puis il y a des hommes avec leur curiosité et leur appétit. Quand les molécules de la première rencontre l'imagination des seconds, ça donne des chocapics les prémices des premières religions européennes et mêmes, indo-européennes.

 Un nom bien trouvé

Son nom vient du latin fungus muscarum qui veut littéralement dire champignons des mouches" en raison des propriétés insecticides qu'on lui prêtes, en particulier en France mais aussi en Allemagne, en Suède et dans les autres pays de culture slave. Ne dit-on pas aux enfants pour les éloigner du dangereux champignon qui mêlé à du lait tue les mouches et autres insectes? (en réalité il les endort). Mais l'emploi du terme mouche pourrait aussi être lié à l'expréssion médiévale qui désignait l'état de démence par la présence de mouches dans la tête du malade.

 Une histoire de molécules

On a longtemps cru que la muscarine de cette amanite (découverte en 1869) était l'origine des effets psychédéliques du champignons de par son effet excitant en agissant sur les synapses mais cette molécule est bien trop peu présente dans l'amanite tue mouche pour expliquer ses propriétés. Il faut chercher du côté de la muscimole et de l'acide iboténique (majoritairement concentrés dans le chapeau, en particulier la cuticule rouge) pour trouver les causes des hallucinations mais aussi des vomissements, des somnolences, d'une certaine euphorie, des délires, des confusions, des états de prostration, des troubles de l'équilibre, de l'hypervantilation, une sudation accrue et/ou des troubles gastriques. 

 Un emploi lié à l'observation de la Nature

La découverte des propriétés de l'amanite tue mouche pourrait venir des peuples du Nord, en particulier des éleveurs de rennes. Je m'explique. Pour éliminer la muscimole et l'acide iboténique , l'organisme digère rapidement ces composés vers les urines (20 à 90 minutes après ingestion). Or chez les rennes, il est courant de voir ces animaux consommer de l'amanite tue mouche (pour atteindre un état proche de l'ivresse si l'on peut comparer la "défonce" animale et à celle de l'Homme) ou boire l'urine de leurs congénères qui en ont ingurgité pour resentir les effets psychédéliques. De là, l'Homme a force d'observation a intégré cette pratique à son mode de vie, ce qui explique l'emploi de l'urine dans des rites anciens mais aussi actuels, le précieux liquide étant un moyen de se transmettre les effets hallucinogènes des molécules.

Voici un extrait de l'ouvrage de Robert Gordon Wasson où il cite un passage du Rig-Véda qui met en lumière ce fait:

"Comme le Cerf, viens boire ici!

Boire le Soma, autant que tu le désires.

Pissant généreusement jour après jour, ô puissant,

Tu atteins le zénith de ta force."

 

Dans un autre extrait il cite le Zed Avesta:

 

"Quand finirez-vous avec l'urine dont se servent les prêtres pour enivrer le peuple et le tromper?"

 Le Soma, lait des Dieux

Chez les aryens, un peuple indien (indiens d'Asie et non amérindiens), les écrits religieux ancestraux font part du Soma, le lait des Dieux qui permet d'atteindre la connaissance et la sagesse de ceux-ci. Il s'agirait d'une potion à base d'une "plante" miraculeuse. On trouve ce Soma dans de nombreuses religions asiatiques aujourd'hui encore mais la recette de celui-ci a depuis longtemps disparu. Linguistes et botanistes face à la description de la mystérieuse plante sacrée restèrent sans réponses et allèrent jusqu'à affirmer qu'il ne s'agissait que d'une allégorie, d'une chimère ou encore d'une croyance. Mais c'était sans compter sur Robert-Gordon Wasson et son épouse qui non seulement rendirent public l'existence du Soma mais résolevèrent l'égnime. La plante est décrite comme un dôme aussi rouge que le cuir d'un taureau sur le quel les gouttes du lait d'une vache se seraient posées (on retrouve la sacralité indienne des bovins ici). Il n'en fallait pas plus au couple pour faire le lien: le Soma est une potion hallucinogène à base d'amanites tue-mouche. Ainsi son utilisation remonterait à 4000 ans avant notre ère mais les premiers écrits du Rig Veda (le livre sacré) parlant du champignon datent de 10.000 av J-C, renforçant la théorie du Soma comme fruit d'un champignon et comme symbole de la connaissance et de la laitance divine (aussi bien le lait maternel que la semence des Dieux car Soma se traduit par "semence du Père").

L'amanite chez les vikings

Chez les peuples vikings, les amanites étaient ingérés crues et en grand nombre par les guerriers partant au combat. L'état d'euphorie dans le quel ils entraient leur faisait perdre toute peur face au danger et qu'ils devenaient les légendaires "Beserks" (d'où la dangerosité liée à son emploi). Néanmoins cette théorie fait débat, en particulier en Scandivanie où les "pour" et les "contres" s'affrontent sur cette théorie depuis 200 ans. 

La pratique chamanique sibérienne

Parmi les symboles forts du chamanisme, le bouleau fait figure d'arbre totem. On pourrait penser que c'est pour les soins qu'apporte sa sève, les multiples usages quotidiens et médicaux que donnent son écorce, les arcs que fournissent les jeunes branches et j'en passe. Mais c'est aussi pour son lien étroit qu'il entretien avec l'amanite. En effet, il est l'un des meilleurs arbres hôte de celle-ci et il n'est pas rare de voir de véritables ronds de sorcière se former autour de lui. En somme, il doit en partie sa sacralité à l'amanite. Suite au travaux des époux Wasson (des précurseurs qui ouvrirons la voie à de nombreux chercheurs), on connaît quelques facettes des liens étroits qui unissent les hommes et leurs pratique à ce champignons. Les peuples d'origine ouralienne et sibérienne connaissent tous les propriétés de l'amanite (mais il semblerait que les peuplades turques aient elles aussi été initiées). Elle étaient employée (dans la pratique religieuse) par les chamanes qui aidés des chants, des tapements de mains du public et de la musique entraient en transe puis dans le monde des esprits pour communiquer ou lutter contre ceux-ci et découvrir le mal qui touchait une personne ou la communauté. Son utilisation se faisait aussi à des fins récréatives. Dans la région du fleuve Pegtymel, des gravures anthropomorphiques d'hommes à tête d'amanites ont été découvertes. Elles auraient 4000 ans, indiquant l'emploi ancien et ancestral du champignon.

Et en Europe occidentale?

Les traces sont maigres, cependant dans les relevés des inquisiteurs et les grimoires de "sorcières" parvenus jusqu'à nous, l'amanite tue-mouche serait mentionnée à plusieurs reprises comme un moyen de communiquer avec les esprits pour les uns, de forniquer avec le Démon pour les autres. Néanmoins, dans les Alpes Maritimes et plus précisément dans ce que l'on nomme "la Vallée merveilleuse" sur le Mont Bego, se trouve de nombreuses gravures rupestres. L'une d'elle, située sur une grande pierre que l'on nomme "Autel" sans connaître pour autant son emploi, représente un homme consommant des champignon au large chapeau. Il pourrait s'agir d'un ancien culte alpin mais peut être plus largement propre à l'enssemble du territoire orienté sur le champignon et donc l'amanite tue-mouche (seul champignon pouvant correspondre à la gravure tout en ayant des propriétés psycotropes) qui aurait perduré jusuq'à l'arrivé romaine. On peut retrouve des représentations semblables en Italien, en particulier sur le site de Valcamonica même si elles restent rares. En Espagne dans la région Catalane, l'emploi de l'amanite tue-mouche est encore de rigueur de manière traditionnelle (mais cela reste confidentiel). Selon les rares écrits, cette pratique remontrait à l'âge de bronze.

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(Icône Russe représentant la Trinité et datant de 1811, source: http://lucid-state.org/forum/archive/index.php/t-15755.html)

Son rejet par la culture chrétienne 

(Je tiens à prévenir qu'ici en au aucun cas je fais un procès de la Chrétienneté)

La christianisation de l'Europe a été progressive et est marquée symboliquement en Gaule par l'arrivée de Jules César. De là les champignons vont être ingérés dans la nouvelle religion pendant un temps (fait qui perdure dans certaines formes d'orhtodoxies, notamment en Russie) puis rejetés pour pouvoir tourner les populations vers la religion chrétienne tout en excluant les anciennes pratiques et les praticiens des anciens rites et traditions. Ainsi les champignons vont être associés à l'image du phallus (de par leur forme) et donc de la luxure mais aussi de la mort (de par leur toxicité) et surtout, ils vont être associé au roi des Démons. Certains noms sont évocateurs de ce phénomène: le bolet Satan, la trompette de la mort ou le phallus du chien n'en sont que quelques exemples. On trouve encore les traces de ce tabous dans une grande partie des pays chrétiens, en particulier Occidentaux. L'Angleterre et les pays de tradition anglicane font partis des meilleurs exemples. Là bas les pratiques mycologies sont restreintes voir inexistantes et parler de champignons est encore parfois mal vu. 

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(source: http://imageshack.us/f/834/chapelledeplaincourault.jpg/)

Ainsi l'amanite tue-mouche devient le fruit défendu. En effet elle ouvre des horizons de connaissance et de claire-voyance interdits aux simples mortels qui doivent avoir foi dans le destin que Dieu a tracé pour eux, au risque de le décevoir et de s'exposer à sa colère divine. Ainsi, peut être qu'à l'origine la pomme (ou la poire selon les écrits) que se partagent Adam et Eve pourrait être une amanite tue-mouche comme on peut le voir ici avec la représentation sur un des mûrs de la chapelle Plaincourault (Indre) du péché originel. 

Voici un autre exemple de la représentation du champignon comme fruit défendu dans la liturgie chrétienne:

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(source: http://imageshack.us/f/823/imagesdupsautierdeparis.jpg/)

De là est née la thèse selon la quelle le christianisme romain serait née d'un ancien culte des plaisirs (sexuels et psychédéliques) liés au champignon rouge à point blanc (à travers Dinoysos qui peu à peu a été rattaché au vin), thèse développée par John Marco Allegro dans son ouvrage le "Champignon sacré et la Croix : une Étude de la Nature et des Origines de la Théologie romaine à partir du Culte de la Fertilité dans le Proche-Orient antique". Dans son ouvrage "Les Champignons Magiques dans la Religion et l'Alchimie", Clark Heinrich développe l'idée que l'amanite est à l'origne de nombreuses religions comme l'Hindouïsme, le Judaïsme et le Christianisme.

(source http://lucid-state.org/forum/archive/index.php/t-15755.html)

Quelques exemples actuels

Dans de nombreuses régions du monde, l'amanite tue-mouche est consommé pendant les mariages. En Russie dans les zones rurales pour ces grandes occasions on la mélange à de la vodka. Les lituaniens vendaient (aujourd'hui encore mais à moindre mesure) les amanites aux Lapons qui l'emploient dans leurs pratiques chamaniques. En générale dans l'Est de l'Europe, on la consomme à titre récréatif avec plus ou moins de tolérance. Mais en dehors de son aspect ludique ou magique, elle peut être consommée comme c'est le cas dans certaines parties de l'Europe (Suède) après un long processus où le champignon coupé en lamelles puis bouilli longuement dans plusieurs eaux perd sa toxicité. Enfin l'amanite tue-mouche, son utilisation et sa mythologie sont encore vivace en Amérique du Nord et au Mexique chez les amérindiens. Aujourd'hui, l'artiste Carsten Höller qui partage son temps entre Grenoble, Paris et Berlin met en lumière cet héritage passé à travers des compositions et des expériences psychédéliques que l'on peut retrouver dans cet article des Inrocks (ICI).

Que dit la loi?

Le regain d'inerêt pour ce champignon à pousser les divers gouvernements à se pencher sur celui-ci. Ainsi en France il est classé comme stupéfiant (en consommer ou en vendre est illégal), en Belgique le gouvernement est en voie de l'interdir, aux Pays-Bas il est interdit de le vendre et de le consommer mais en Angleterre on peut se le procurer en magasin.

En conclusion 

Libre à chacun de se faire son opinion sur la question de l'influence de l'amanite tue-mouche dans notre culture et dans le passé de notre civilisation. Néanmoins il continu d'animer notre folklore et nos croyances. A l'approche d'Halloween, ne le voit-on pas surgir ici et là, dans les publicités de déguisements de sorcières et de vampires? N'est-il pas courant dans les décorations de jardin et des bûches de Noël, dans nos jeux vidéos (Mario Gif videos mario bros, ses amis jeux videos mario bros mario 11 gif, ses fameux champignons Gif videos mario bros et ses plantes magiques ) et non compte ("Alice aux pays des merveilles" est le meilleurs exemple), dans les représentations de l'Automne, du monde des fées et des lutins (ne sont-ils pas les maisons des farfadets?), de la Toussaint et des morts? On peut voir ici que la célèbre amanite, archétype du champignon toxique dans les filmes, les  livres illustrés (Tintin) et les dessins animés n'a pas vu ses liens avec le monde de l'invisible disparaître complètement.

(Merci à Humusanctus pour les images et les informations).

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(Je sais, je suis chiante avec mes gifs mais c'est tout un nouvel univer qui s'ouvre à moi!)

 

lundi 2 septembre 2013

Conceptions personnelles.

la renarde finie
Ce soir, un petit peu de théorie personnelle, pour rendre ce blog un peu moins froid et toujours dans l'optique de partager.

Hé bien, pour tout dire je me définis comme athée mais le mot juste serait plutôt agnostique dans l'idée que je ne crois en rien mais que je ne suis pas hostile aux religions ni à l'idée que des puissances mystiques nous entourent.

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J'ai grandi dans une famille catholique et jusqu'à mes 10 ans je croyais en Dieu.
Mais voilà, l'idée d'un être supérieur à l'image de l'homme ça ne me parle pas vraiment, même dans les autres croyances, je trouve cela peut être un petit peu enthnocentriste de se dire que s'il y a quelque chose au dessus de nous, cela aurait forcément notre aspect ou du moins, notre façons de penser. C'est pour ça que le concept de bien et de mal dans les religions, la magie, la spiritualité... pour moi n'existe pas, hormis dans le but de donner une conduite aux gens pour maintenir le vivre ensemble.
Si je devrais croire à quelque chose, dans le sens d'une religion ou d'une croyance, ça serait une religion de la nature si on peut le dire ainsi, où les esprits seraient des formes d'énergies avec des consciences primaires qui vagueraient ici et là, incapables de dissocier le bien et le mal car ces concepts sont propres aux sociétés complexes: hommes, cétacés, bonobos, gorilles ou encore chimpanzés.

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Bref, je ne crois pas à tout ce que l'on pourrait nommer les saints, les dieux ou les anges car se sont des stéréotypes qui au cours des âges évolues, mais cela ne m'empêche pas de me reconnaître dans certaines divinités comme Déméter en particulier sans croire pour autant en elle. Par contre, je crois en la force de l'esprit, au fait que l'homme peut faire certaines choses incroyables sans toujours pouvoir l'expliquer ou y croire. Comme dirait ma grand-mère, c'est la force du coeur. Je crois beaucoup en l'auto-suggestion aussi, à l'effet placebo.

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Pour résumer, je dirais que je ne crois pas aux divinités car elles sont des stéréotypes de dogmes propres à chaque époques, ni aux rituels dans le sens où, pour moi, ils ne sont que des outils pour communiquer avec ce qui nous entours et donc dans ce cas, un rituel unique et définit pour tous revient à suivre une ligne conductrice qui ne correspond pas aux attentes précises de chaque croyant. Un bon rituel serait un rituel qui pourrait prendre toutes les formes, du moment que l'on atteint avec celui-ci le but recherché.

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Bref, pour le moment je suis dans l'idée qu'il doit bien y avoir un petit quelque chose mais que cela ne ressemble ni au paradis, ni à l'enfer, encore moins au monde des fées bien que celui-ci me passionne.

le renard

Pour ce qu iest des notions de croyance et savoir, pour moi, le premier est ce par quoi on est convaincu sans pouvoir en apporter les preuves. En sociologie on se plait à dire que tout est de la croyance car au fond, peu de choses peuvent être expliquer concrètement: les rôles hommes-femmes, l'utilité de la technologie, le bien fondé de la guerre...
Le savoir ce sont les informations que l'on possède en nous, fausses ou vraies et qui nous permettent de décrypter le monde et d’agir en fonction de celui-ci.