lundi 26 décembre 2016

Destination Bretagne : l'estuaire de Brest.

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Petite nuit dans le camping bordant l'estuaire de Brest. Nous ne résistons pas à l'envie de sortir vers minuit pour observer la marée, phénomène que nous n'avions jamais vu auparavant mais aussi, pour traquer les crabes et admirer leur ballet nocturne. De cet expédition nous revenons les pieds couverts de vase. Après un somme bien mérité nous revoilà repartis au petit matin pour observer les oiseaux se nourrissant sur la plage.

 

La famille des Ardéidés.

Voilà un nom un peu complexe pour désigner tout simplement les hérons. On en dénombre neuf espèces en France. Ici il d'agît des deux plus communes ou du moins, les plus facilement reconnaissables, à savoir le héron cendré (Ardea cinerea) et l'aigrette grazette (Egretta garzetta). Les hérons sont des échassiers qui se nourrissent de poissons, d'amphibiens, de petits insectes, de rongeurs voire d'oisillons quand l'occasion se présente.

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Gourmandises d'oiseaux.

La marrée est essentielle pour de nombreux oiseaux, elle leur permet de se nourrire et parfois de tomber sur des "gourmandises" comme sur ces huître creuses du Pacifique (Crassostrea gigas) à gauche, agglomérées les unes aux autres et dissimulées par les algues ou, sur ce flotteur de seiche. Nommé aussi os de seiche, il est riche en calcium et apporte des nutriments absents d'ordianire dans l'alimentation des oiseaux de vase. 

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La grive musicienne (Turdus philomelos).

C'est un oiseau commun qui se plaît dans de nombreux habitats plus ou moins variés tel que les forêts, les parcs, les jardins et les haies. Très friande d'escargots, cette grive forme par endroit de véritables charniers comme ceux que nous avons pu observer autour de notre tente. C'est un bon moyen de repérer sa présence.

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Le grand cormoran (Phalacrocorax carbo).

Le grand cormoran est l'un des seuls oiseaux marins à ne pas posséder de plumage imperméable. Cela lui permet de plonger plus rapidement et plus profondément pour attraper ses proies, à savoir des poissons. En contre partie, il doit le sécher régulièrement pour ne pas se voir couler, le risque étant que celui-ci se gorge d'eau.

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La vie de l'estuaire.

L'estuaire porte aussi le nom de Rade de Brest. Il s'engage dans les terre sur 180 kilomètres ce qui lui a valu le nom de mer d'Iroise. Sa richesse environnementale et sa biodiversité ont été très fortement impactées et aujourd'hui, ont été réduites à peau de chagrin. Néanmoins l'estuaire reste une zone de grande importance pour les oiseaux et fait figure de corridor marin pour de nombreuses espèces de poissons et d'athropodes.

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La migration des hirondelles rustiques (Hirundo rustica).

Chaque année ces oiseaux entament un voyage spectaculaire qui peut s'étendre sur plus de 10 000 kilomètres pour se rendre dans des contrées plus accueillantes où elles ont la garantie de trouver les insectes dont elles se nourrissent mais aussi des températures plus clémentes. Le phénomène n'est connu que depuis 200 ans, auparavant on pensait que ces hirondelles passaient la mauvaise saison enfouies dans la vase des mares. 

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La magie de la Bretagne.

De gros blocs de grès sur la plage, des herbiers denses au bord de l'eau, une vielle église à la quelle on peut accéder par le front de mer qu'à marée basse ... il faut dire que le lieu dégage une certaine magie. Selon les légendes locales, on pourrait voir à la nuit tombée des marins débarquer de navires fantômes sur cette côte.

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Le mot de la fin.

 Voilà une pause bien mérité qui nous a permit de découvrir la faune locale et surtout, le fonctionnement de cet écosystème fragile.  C'est aux alentours de 6 heure du matin que l'on peut faire les plus belles observations sur la plage si on ne craint pas de mettre les pieds dans la vase. Après avoir longé le long de mer pendant quelques jours, nous voilà repartis dans les terres pour découvrir un nouveau lieu emprunt de mystère, la forêt de Huelgoat.

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jeudi 9 juin 2016

À la découverte du Lac d'Aiguebelette.

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Rapide excursion en Savoie au bord du lac d'Aiguebelette sous la pluie. C'est un premier repérage en vu de l'été à venir. Il figure parmi les 10 plus grands lacs de France. Ses eaux y sont relativement pures car la navigation à moteur y est interdite depuis 1967 et aucune usine à proximité n'a la possibilité d'y verser ses eaux usées. C'est le lac le plus chaud d'Europe. L'été il accueille un grand nombre de visiteurs qui profitent des ses plages.

 

Quelques plantes des rives.

La flore des milieux humides change un peu de celle de nos prés. Ici on trouve deux grands classiques. À droite il s'agît de la populage des marais (Caltha palustris), une belle plante robuste aux fleurs jaunes qui en montagne fleurit très tard, jusqu'en août parfois. À gauche il s'agît d'une matricaire odorante (Matricaria odorata) qui nous vient d'Amérique et qui s'est naturalisée en Europe. Quand on l'a froisse elle dégage une odeur d'ananas.

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Le grèbe huppé (Podiceps cristatus).

C'est au printemps que cet oiseau prend de jolies teintes rousses sur sa double huppe. Si on ne le voit pas toujours car caché dans les roseaux, on ne manque pas de l'entendre. Bruyant, en particulier à la saison des amours, il émet des sortes de coassements proche du son d'un trompette et d'un ronflement. 

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Un milieu de vie riche.

Les rives du lac sont riches en vie animale. De nombreuses espèces d'oiseaux y ont élu domicile. Actuellement on peut voir des hirondelles et des martinets les jours de pluie voler en rase-motte au dessus de l'eau pour attraper les éphémères qui sous l'effet des gouttes se sont retrouvés piégés à la surface. 

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Mon reporter.

Il est pas beau mon reporter sous la pluie ? Ce court article n'est qu'une mise en bouche de celui qui viendra cet été  J'espère pouvoir partager avec vous quelques jolies photos des oiseaux et autres animaux que l'on peut trouves à Aiguebelette, en particulier sur l'île sauvage qui s'y trouve et que l'on ne peut approcher. 

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samedi 31 octobre 2015

Halloween, une histoire de courges.

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C'est la fête à la citrouille !

 

Chaque année je fais une article sur cette super fête que j'adore : Halloween. J'aime l'aborder toujours d'une manière un peu différente en diversifiant les sujets pour ne pas être rébarbative. Halloween est une fête très ancienne qui contrairement à ce que l'on pense, prend ses racines dans les traditions celtes mais aussi de Gaule, c'est une célébration bien de chez nous qui a perdu son sens : la célébration des morts. Ce dernier a été reprit par la chrétiennetée à travers la Toussaint d'une part pour que la religion soit plus simplement assimilée par les autochtones mais aussi pour que les célébrations des Saints qui devenaient quelques peu paganiques soient toutes réunies en un seul jour. Cette reprise à fait disparaître le côté festif, en effet il était tradition de se réjouir du retour des morts car il était alors possible de passer une journée avec eux.

 

PA170259Cette année j'ai dans l'idée de faire un petit article sur les courges et autres citrouilles et leur lien avec Halloween. D'un point de vu botanique, la courge désigne plusieurs espèces de curcubitacées. Consommée comme légume, c'est en réalité un fruit. Les plus consommées et connues en Europe sont le potimarron (Curcubita maxima), la courge musquée (Curcubita moschata) et la fameuse citrouille (Curcubita pepo). Il existe bien d'autres espèces parfois très parfumées voire même sucrées qui peuvent être consommées en soupe, en gratin, en tarte ou encore crème dessert. Dans mon environnement, ma culture et mon souvenir, la courge et en particulier la courge musquée mais aussi leurs cousines et cousins les courgettes et petits marrons ont toujours été là. Les courges poussent nonchalamment sur les tas de fumier dans notre campagne, tous les exploitants agricoles et tous les éleveurs amateurs en font pousser (dont certains de mes proches). Chaque année ou presque les potimarrons et les courgettes prennent place dans le potager et donnent des récoltes abondantes, bref, ils font partis du paysage. Étymologiquement la courge veut dire gourde, en référence aux calebasses utilisées comme gourdes.

 

PA170459La citrouille elle tient son nom du latin citrus : citron en raison de la couleur de sa chair. Dans la culture cette espèce est associée a de très nombreux contes et légendes. On pense notamment dans les mythes réactualisés par Disney au carrosse de Cendrillon. Dans la tradition d'Halloween, la citrouille évidée puis découpée pour formée un visage macabre dans le quel on place pour l'anmer une bougie représente la tête d'un mort et une lanterne. C'est la lanterne de Jack. Dans la tradition Jack est un personnage mauvais qui aurait trompé le Diable à plusieurs reprises. Coincé sur Terre à sa mort car ni le Ciel, ni l'Enfer ne veulent de lui, Jack est condamné à errer sur Terre et ne peut se manifester aux mortels qu'une fois dans l'année, le 31 octobre. Pour se guider dans sa marche solitaire à travers les ténèbres sans fin, utilise une lanterne taillée dans un rutabaga. Ce légume traditionnel cultivé dans le Nord de l'Europe sera abandonné au profit de la courge pour la confection de lanternes quand les irlandais émigreront aux États Unis d'Amérique, d'où proviennent une grande partie des courges que nous connaissons à l'heure actuelle.

 

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Dans la culture amérindienne la courge est très importante, elle se pratiquait il y a presque 11 000 ans de cela en Amérique du Sud. C'est l'une des trois culture principale et essentielles avec le maïs et les haricots grimpants. Cette agriculture porte le nom de "Trois Soeurs" et est la base de nombreux mythes fondamentaux des peuples indiens d'Amérique Centrale et d'Amérique du Nord. Même les Mayas citait ce trio dans leur livre sacré. La courge est connue en Europe au Moyen Âge, mais elle n'a rien de nos curcubitacées ronds, oranges et ou massifs. En France elle porte un temps le nom de congorde. Elles sont longues, assez grosses, vertes et à la chair blanche. Une des espèces les plus représentatives est originaire d'Asie, c'est la cucurbita lagenaria, un légume classé aujourd'hui comme oublié. De nos jours elle garde encore le symbole que certaines cultures lui attribuait : c'est le soleil des Indiens, l'haromine familiale du Fen-Shui, la mémoire des premiers colons à Thanksgiving, la fertilité en Europe. Peu à peu remise au goût du jour, notamment avec l'essort que connaît les pratiques de cuisine, on en garde encore une image d'un légume attaché à la terre et aux cultures paysannes.

 

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vendredi 3 octobre 2014

Toutes Saisons

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Il y a quelques temps de cela (un peu plus d'un an pour être exacte), je me suis lancée dans dans la réalisation d'une web revue du même titre que le blog. Mais ce soir c'est une toute autre revue que je vous présente : TOUTES SAISONS.

Vincent, passionné de nature photographie avec talent la faune et la flore pour offrir des reportages photos de grandes qualités que vous pouvez retrouver sur son site Esquirou.

C'est donc tout naturellement qu'il s'est tourner vers Madmagz pour mettre en lumière son travail mais aussi celui de d'autres amateurs. Un seul mot d'ordre : le partage ! Et je peux vous dire que la petite Renarde que je suis aime ça.

Aujourd'hui sort le numéro 7 de "Toutes Saisons" et je peux vous dire qu'une chose : il est très plaisant à lire et je ne vous parle même pas des photographies qui sont sublimes. 

Au programme :
- Le Bain des Païns.
- Le hameau de l'Echot.
- L'oiseau "arc en ciel".
- Le vautour fauve.

Et dans le prochain numéro (qui paraîtra aux alentours de Février 2015), vous pourrez retrouver votre Renarde des Alpes au traversd'un article sur la ferme au crocodile !
Mais d'ici là bonne lecture...
 

Photos non libres de droit, article à parution automatique.

samedi 19 avril 2014

Le château de Longpra.

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St Geoire est une terre de châteaux. Au cour d'une longue promenade on peut en admirer en tout et pour tout 7 sans compter les différents édifices antérieur à cette époque prolixe qu'est a renaissance. Le plus connu de tous est celui de Longpra, longtemps affilié à la célèbre famille des Clermont-Tonerre (dont je parle dans cet article). 

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Voila du vert qui fait du bien ! L'allée du château est ornée d'une longue rangée de marronniers. Le lieu est fort humide (présence de nombreux ruisseaux) ce qui semble plaire à l'ail des ours qui y pousse en bon nombre. C'est une plante délicieuse dont les feuilles (que l'on cueille de préférence avant la floraison) se consomment dans les soupes, en pesto, frites et bien d'autre manières. Les boutons floraux sont excellents sautés à la poêle ou cru.

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Classé monument historique depuis 1997, Longpra est une ancienne maison forte datée du XIVe siècle (l'église du village quant à elle est datée du XIIe mais nous y reviendrons). Réaménagée en 1770, les douves de 338 mètres de long font fois de son existence plus ancienne. En réalité il s'agit d'une résidence d'agrément typiquement dauphinoise dont les douves et les hauts remparts évoquent un château.

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Dans les douves, la vie abonde: grenouilles vertes, crapauds communs, colverts, hérons, poissons divers et martin-pêcheurs... c'est un vrai spectacle! Bientôt les larges feuilles des nénuphars couvriront l'étendue d'eau.

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A ce titre, Longpra propose dans le cadre des "Nuits sauvages" un film amateur, "Les merveilels de l'ordinaire", d'une vingtaine de minutes accessible à tous les promeneurs qui le souhaitent sur les habitants du parc.

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On peut également retrouver le travail de l'excellent Gilles Lebley, naturaliste:

"22 tirages sur bâche extérieure (format 1,80 m x 1.20 m) - Images artistiques et inédites d’animaux en pleine nature

Chaque photo constitue une véritable rencontre naturaliste empreinte d’émotions et de vibrations des sens. « Nuits sauvages » est le reflet d’instants fugitifs offrant des images brèves et intenses, saisies dans un univers rempli de contrastes, de mystères et d’indices. Ainsi, le monde de la nuit, apaisant et magique, effrayant et primordial, peuplé d’esprits et des choses dont seules, parlent les légendes, surgit."

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La pierre à foudre est une pierre de culte sacrée que les anciens disposés là où la foudre avait tapé le sol. "Au 18éme siècle il y avait toujours une croyance chez de nombreuses personnes selon laquelle des pierres tombaient avec la foudre. Ces pierres, que de premiers auteurs avaient appelées ombriaebrontiae et cerauniae, étaient souvent considérées avoir des pouvoirs surnaturels. L'évêque Pontoppidan observa que les paysans norvégiens croyaient que ces pierres étaient particulièrement utiles aux femmes pendant le travail de l'accouchement, en ce qu'elles les aideraient à faire sortir l'enfant. La croyance concernant les pouvoirs surnaturels de ces pierres était si forte en Prussie que Helwing, le ministre d'Angerbourg, dû finalement recourir à l'usage du Bras Seculier pour s'en débarasser. En conséquence chaque savant l'un après l'autre eut toutes les peines à décrire à quel point l'idée que ces pierres étaient vraiment tombées avec la foudre était infondée." (Source.)

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Pour en savoir un peu plus sur le chateau, c'est par ICI, à savoir qu'il est possible de suivre l'actualité de Longpra sur sa page Facebook. Extrait:
Entre Dauphiné et Savoie, entre les contreforts de la Chartreuse et le lac de Paladru, le château de Longpra, écrin de verdure dans la vallée de l’Ainan, témoigne de sept cents ans d’histoire d’un terroir. Et depuis cinq siècles, il est le berceau d’une même famille.

1536 Une maison forte en dauphiné

L’aventure débute en 1536 quand Charles Pascal, notaire royal à Saint-Geoire-en-Valdaine et juriste des comptes de Clermont, acquiert ce qui n’est alors qu’une maison forte entourée de fossés et solidement défendue par une enceinte crénelée ainsi qu’en atteste déjà un acte de 1304. Relevant de la seigneurie de Montferrat, la maison forte appartenait au XVe siècle à Dame Aymare de Paladru, veuve d’Aymar de Clermont puis à l’épouse d’Antoine de Paladru, seigneur de Montferrat.

Avec cette acquisition, Charles Pascal ajoute à sa titulature de notaire à Saint-Geoire celle de seigneur de la maison forte de Longpra, Depuis cette date le domaine est resté dans la même famille.

1770 Le raffinement d'une maison des champs

Dès 1755 Pierre-Antoine Pascalis (marque d’une latinisation du patronyme) de Longpra, conseiller et futur président au Parlement de Grenoble décide de se réinstaller dans l’austère maison forte passablement délaissée depuis le début du XVIe siècle. Homme de culture et amateur d’art, il entreprend de la transformer en une demeure raffinée dans l’esprit néoclassique et le goût italien de la fin du XVIIIe siècle, conservant les fondations, les douves et le pont-levis. Les travaux dureront près de quarante années.

1844 Aux vents de l'histoire

En 1844 le dernier des Longpra, sans descendance, lègue le domaine et les terres à sa nièce et filleule, Eugénie Chosson du Colombier, qui épousera en 1834 le baron Anselme Pasquier de Franclieu, originaire d’Ile de France. Ils décideront de s’installer à Longpra en 1842.

Artiste-peintre, la nouvelle châtelaine de Longpra, considérée comme l’un des meilleurs peintres dauphinois du XIXe siècle, se plaît à représenter les membres de sa famille et nombre de ses toiles ont été conservées par ses descendants.

1985 Une transmission ininterrompue

Depuis 1536 les histoires des deux familles, celle des Pascal, puis Pascalis de Longpra et enfin celle des Pasquier de Franclieu convergent et se confondent pour écrire en commun la destinée du château de Longpra.

C’est dans un esprit de transmission et de continuité que se sont inscrites toutes les générations qui se sont succédé à Longpra, avec la volonté de faire de Longpra un témoignage authentique des siècles passés et de l’histoire de la région.

Aujourd’hui la Comtesse Albert de Franclieu s’attache à préserver et faire vivre cette demeure, ouverte au public en 1985, et dont l’atmosphère, celle d’une vraie maison de famille, contribue à son charme.

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La bâtisse est actuellement en travaux: elle s'offre une nouvelle toiture. En atendant, petite visite du village et de ses alentours (nous avons prit l'idée de venir le voir à pied).

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"Au XIIe Siècle débute la construction de l'église de Saint-Geoire, chef-d’œuvre aujourd'hui classé (et restauré dernièrement).

À partir de l'époque moderne, la région de Saint-Geoire se caractérise par une forte résistance à l'influence huguenote, qui se développe autour de Grenoble. Saint-Geoire est un fief catholique et le restera : en 1590, une armée de 80 huguenots grenoblois armés d'arquebuses assaillent la Maison Forte de Saint-Geoire, qui résiste seule puis avec le concours des habitants de Virieu, conduits par leur châtelain.

Dès le XIVe siècle, l'histoire de la Valdaine est en effet dominée par le château de Longpra, sis au-dessus de Saint-Geoire. Le château de Longpra appartient à la même famille depuis1536 (aujourd'hui habité par la comtesse de Franclieu dont l'époux, issu de la famille propriétaire, fut maire de Saint-Geoire de 2001 à 2007). Les douves et le pont-levis qui permet d'accéder au château témoignent de ce que fut la Maison-Forte de Longpra au Moyen Âge : une demeure austère et bien défendue.

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Dès 1755, Pierre-Antoine Pascalis de Longpra, Conseiller au Parlement de Grenoble, fait réédifier la Maison Forte selon les canons architecturaux du Grand Siècle. Il recourt aux maçons et charpentiers de la Valdaine ainsi qu'au concours d'ébénistes venus de Grenoble dont la célèbre famille Hache. Le résultat est un ravissant château classique, adapté aux réceptions fastueuses de la noblesse dauphinoise.

Durant la révolution, qui est d'ailleurs « née » en 1788 à Vizille, au sud de Grenoble, la Valdaine reste à l'écart de la tourmente, et est fidèle au catholicisme contre-révolutionnaire. Le Château de Longpra abrite le clergé non jureur, et la population environnante vient au château entendre clandestinement la messe.

En 1881, la vaste commune de Saint-Geoire est amputée de trois de ses hameaux qui sont érigés en communes : Massieu, St Sulpice-des-Rivoires et Vleanne. Enclave très rurale, la Valdaine voit cependant se développer au XIXe siècle, tout le long de l'Ainan, des usines spécialisées dans le textile."

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Le village est plein de charme et c'est là que je rencontre mes premières orchis mâles en fleurs. Ces orchidées tiennent leur nom de leurs deux bulbes ressemblants à des testicules. Autrefois, dans la théorie des signatures, on consommait le plus gros pour se donner de l'appétit sexuel et le plus petit, au contraire pour calmer les ardeurs.

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Elles sont nombreuses les vieilles demeures de St Geoire en Valdaine, cachées par de hauts remparts de pierre ou de pisé (système de construction en terre crue typique du Dauphiné). À quelques pas du château, une colline bordée de haies d'aubépines en fleurs fait l'objet de bien des questions. Il s'agirait d'une motte castrale, d'où le nom de l'impasse qui la longe mais faute de moyen, personne n'est encore venu le vérifier...

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Cette année la nature est précoce (à moins que la longue période hivernale de l'an dernier n'ait altérée mon jugement). C'est le temps de cueillettes et des identifications.

1 et 2: on ne présente plus l'éternel coucou (primevère officinale) qui rentre dans la composition de nombreuses tisanes médicinales appelées "pisse-mémé".

3 et 4: De mémoire, il me semble qu'il existe 3 espèces de sceau de Salomon en France. Il s'agit ici du sceau de Salomon multiflore en raison des fleurs en clochettes qui poussent par 2 ou 3 à chaque segments. Toxique, cette plante porte ce drôle de nom en raison de la marque caractéristique qu'aborde sa racine. Au moyen âge, on utilisait ses parties souterraines pour soigner les articulation en raison de leur ressemblance.

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Les jardins sont splendides: pommiers exotiques et désépoirs des singes prennent place aux pieds de la pairie bien tondue des voisins. Voilà de quoi être dépaysé pour l'occasion !

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Joubarde des toits, grande pervenche, fougère et lézard des murailles... Il n'y a pas à dire, les beaux jours sont enfin de retour ! Voilà de quoi trouver la motivation pour partir aux morilles ! Hélas, la saison est sur le déclain.

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dimanche 6 avril 2014

Les grandes familles de la Valdaine: le village de Miribel-les-Echelles.

http://christianisme.skynetblogs.be/tag/pape

Cette analyse ou du moins cette présentation est le fruit de lectures et recherches basées sur les travaux de Marc Dubois, membre de la Société Dauphinoise d'Ethnologie et d'Anthropologie de Grenoble et passionné de la région qui, dans la première partie du 20e siècle chercha à percer les secrets des bornes. Son aventure commence aux alentours des années 20 et se termine peu avant son décès. Il éditât de nombreux documents sur la question dont un livre traitant des "Délimitation(s) des mandements de Saint Geoir et de Miribel en Dauphiné", un "Guide Historique et Touristique" dans le cadre de la promotion du "massif de la grande Chartreuse", édité par Joseph Biscoz en 1930 et une lettre personnelle munie de plans en 1933. C'est grâce à cette dernière qui est possible aujourd'hui de retrouver les bornes.

NB: cette article est parru dans le deuxième numéro de la revue de "La Renarde des Alpes" que vous pouvez lire ICI.

Correspondance

«Marseille 7 Novembre 1933 Cher Monsieur Morel Birone, Je viens encore avoir recours à votre obligeance et à votre mémoire au sujet des bornes aux armes de Clermont-Tonnerre dont je me suis mis à chercher leur nombre et leur origine. Je suis arrivé en fouillant les archives départementales à trouver les raisons et la date où elles furent placées. Ci-joint une note abrégée qui donne date et détail de ces bornes, il y en avait 15 paraît-il: j'en ai trouvé 10. Je ne sais de quel côté sont les 5 qui manquent. Je les crois du coté de la Croix du Mont. Il faudrait que vous lisiez ou vous faisiez lire cette note donnant l'emplacement des 15 bornes les noms uniques comme ils ont pu être changé depuis 5 siècles, peut être par les noms actuels on pourrait les reconnaître. Avant les travaux de Marc Dubois, les bornes n'étaient connues que par quelques habitants locaux, et aujourd'hui encore elles restent méconnues du public. Aucunes études et travaux n'avaient été fait sur ce sujet. Des 15 bornes, aujourd'hui on en connaît 10 et seulement 3 sont en bon état. Les lieux-dits ont changé, le temps à fait son œuvre et le travail de la terre ont pu les abîmer, les enterrés ou les détruire. Ces bornes mesures 50 à 60 centimètres hors du sol, sur 20 centimètres carré. Sur une des faces, côté Saint Geoire en Valdaine, on voit sculpté en relief dans un carré ou dans un écu les armes caractéristiques des Clermont-Tonnerre: les clefs papales surmonté d'une couronne comtale. Quelques bornes n'ont que l'écu. La première borne située sur les Monts, semblerait indiquer la région de la Croix du Mont, la fontaine appelée Fontaney, existe sans doute toujours si c'est une source. La 4e limite, près du Perier Matan, me semble indiquer près de la pierre Matan, cela se ressemble comme nom. La 7e près du chemin de Miribel à la chapelle semble être celle a coté du chemin de la Croix de l'Roch. J'ai fait un petit croquis que je vous joins à la présente où j'ai tracé en rouge les croix que j'ai trouvé et numéroté de 1 à 10. Si vous pouviez m'écrire sur ce plan les noms de lieux, les bois ou terres sur les quelles sont placées ces bornes, cela me serait utile, nom actuel ou ancien s'il existe toujours, Et charger votre fils ou une autre personne de demander aux propriétaires des terres voisines de la Crête, s'il en connaissent dans leur voisinage, qui alors correspondraient aux 5 que je n'ai pas trouvé dont la première serait au Mont. Tout cela me serait utile pour mon étude qui sera communiquée à Grenoble pour demander à l'état le classement comme monument historique de ces bornes qui ont 500 ans d'existence, ce qui est quelque chose de rare et que vous m'aurez aidé à mettre au point, Ci-inclus une enveloppe avec mon adresse de Marseille où j'habite pendant l'hiver. J'espère que votre santé ainsi que celle de toute la famille grands et petits (?). Je vous adresse à tous mes amitiés et vous remercie d'avance du dérangement que je vous demande. M.Dubois Vous trouverez dans la brochure sur Miribel, aux seigneurs de Miribel Jean Roble, le dernier châtelain du ch(au) qui est en cause avec Clermont-Tonnerre pour ce bornage. Vous garderez pour vous, je vous l'offre, la pièce écrite à la machine à écrire, document unique.»

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Clermont-Tonnerre


Le sol au dessus du village, du néocomien supérieur, était exploité comme pierre de taille pour construire les encadrements de porte. En 1928, on y découvrit l'ossement imposant d'un reptile marin de l'ère secondaire. Le reste de la commune est sur de la molasse. La limite entre Miribel-les-Echelles et Saint Geoire en Valdaine est en partie naturelle, elle est délimitée par un bloc erratique massif qui a été porté par le glacier le long de la Maurienne et déposé au milieu d'une sapinière. On l'appelle Pierre Mata et, selon une légende locale, elle serait un ancien autel druidique d'où son nom de Mata qui signifie « tuer » en patois. Néanmoins, il n'existe aucune preuves de l'utilisation de la pierre dans ce sens. On trouve un autre bloc plus petit, nommé Pierre-Aigue, dans le hameau du Frou. La région a été occupée par des Hauts Alpins puis par les Allobroges, dont une supposée Motte cadastrale existerait à Saint-Geoire-en-Valdaine. L'église en son centre est une église roman moderne en partie financée par les Chartreux à hauteur de 175 000 francs. Sur l'ancien château détruit par Lesdiguières en 1595, à proximité d'une carrière de molasse, se dresse à 15 mètres de haut une Madone bronze qui mesure 3 fois la taille habituelle. Elle provient des ateliers de MM. Baud et Penel de Lyon. Elle arrive à destination le 18 août 1866, tirée par 20 bœufs sur un char. Depuis une petite chapelle a été construite en mémoire de la guerre 14-18. L'emplacement est celui des grands Seigneurs depuis le Moyen Âge en raison de la vue incomparable qu'il donne sur les alentours. Non seulement il permet d'admirer l'ensemble des massifs de la Chartreuse mais aussi les plaines du domaine ce qui en fait un bon poste de garde contre les invasions. On trouve également un bassin de pierre situé au bord de la route qui fait le Villar – la Montagne et qui porte un écusson sans armories et la date de 1573.

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En direction de Voiron il y a la chapelle Saint-Roch, datée de 1631. Ce saint c'est illustré au cours de la grande peste de 1300 en se dévouant au soin des pestiférés. Son oratoire était fréquenté pour demander la levée des maladies et la protection contre celles-ci. Il est devenu le patron des bûcherons chartreux et était prié pour les préserver des accidents. On trouve aussi les vestiges d'une caserne sur la limite de la commune et de l'Entre-Deux-Guiers où les brigadiers de Miribel protégeaient la frontière et arrêtaient les contrebandiers quand la Savoie n'était pas encore rattachée au royaume de France. En 1860 le bâtiment est déserté en raison des nouvelles frontières. Au dessus du Grand-Champ, aux Cornet, se trouve une pierre avec l'inscription 1515 mais on en ignore la signification. A proximité de la Pierre à Mata dans la forêt se tenait une maladrerie, une maison où les lépreux étaient soignés. Dans le canton, ils avaient le droit de se marier, chose rare pour l'époque. A proximité, à 880 mètres d'altitude, se trouve la Croix du Col des Milles Martyrs. 

 

http://www.vacances-location.net/locations-vacances/location-gite-miribel-les-echelles,108159

Son origine:

-En 1420 un monastère fût fondé à Pont-de-Beauvoisin coté Savoie, par les Carmes d'Aix-en-Provence. C'est le prince d'Achaïe, duc de Savoie, qui dans son testament à sa mort en 1418, laissa une somme conséquente à son héritier Amédée VIII, pour construire l'édifice qui ne fût pleinement fini qu'en 1491. C'est Jacques de Clermont et son épouse Jeanne de Poitiers, la sœur de Diane de Poitiers, qui firent terminer et agrandir l'édifice. Ils léguèrent aux religieux une somme d'argent. - Chaque année pour le lundi de Pentecôte, les paroissiens de Miribel prenait le chemin de la procession qui reliait Pont-de-Beauvoisin à Miribel-les-Échelles pour célébrer les dix milles martyrs. Mais voilà, la fête fit bientôt désordre. Arrivée au Pont, les mirebelins après avoir honorés les saints se rendaient au cabaret et buvaient plus que de raison. C'est pour cela que Monseigneur Le Camus cardinale et évêque de Grenoble interdit cette procession.

- Néanmoins, messire Antoine Biétrix de la Garonnière, prieur de Miribel, aidé des notables locaux, adressa une supplique à Monseigneur Le Camus pour bâtir un oratoire entre Saint Geoire en Valdaine et Miribel-les-Échelles afin de prier les Saints les années de mauvaises récoltes, ou, faute de moyens, de le remplacer par une croix à la quelle on se rendrait en procession. L'endroit vide de cabaret, il n'y aurait plus de troubles. La procession fût accordée et déplacée à la date du 22 juin, jour des Saints des Dix milles martyrs. (La requête peut être aujourd'hui encore consultée aux Archivs de l'Evéché de Grenoble).

 

Au dessous, à proximité du marécage de Marfey, se trouvait une verrerie dont on peut encore trouvé ci et là des fragments de verre. Dans la crypte de Saint Sixte, on peut lier une inscription qui date du Vie siècle: « HE HIC REQVIESCIT IN PACE FAMVLA DI CLAVDIA QVI VIXIT ANNIS XXXIIII M IIII DXIIII OBIT XVIIII K. FEBRARIAS. POST CNS ANTE EMI ET FLORENTII VV CC ». « Ici repose la servante du Seigneur, Claudia, qui vécut trente-quatre ans, quatre mois quatorze jours, mourut le dix-neuvième jour avant les calendes de février, après le consulat d'Anthenus et de Florentius, hommes très illustres ». (Année 516). Juste à côté de cette église, un petit mont, le Barracuchet surplomb les alentours. Autrefois on pouvait y voir les ruines de l'ancien télégraphe.

 

Étymologie de quelques noms de lieux dits, tirés du « Dictionnaire » de Nicolas Cabot (1710).

NB: La région était la possession des Allobroges qui parlait le celtique.

- IÈRE signifie contrée.

- DIÈRE signifie hauteur, habitation.

- le P et le B celtiques se confondent souvent, Péron avec le temps a pu devenir Béron.

-Miribel vient de MYR: ruisseau, rivière et BEL:cime, montagne. Mirible signifie la montagne au pied de la quelle coule une rivière.

- le Villard vient de VIL: le village et ARD: haut,élevé. Villar veut donc dire le village sur les hauteurs.

- Babolin vient de BA: coteau et de Boulin, mot formé de BAL et de BOS qui désignent tout deux le bois, la forêt. Babolin veut donc dire le coteau boisé.

- Marfey est composé de deux mots celtiques, MAR: le bois et FAY: le hêtre, le fayard. Le Marfey signifie forêt de hêtres.

- Morge vient du gallique MOR: eua et du celtique GANN: petite quantité. Cela signifie petite rivière.

- Le Péron est une corruption du mot celtique Béron et vient de BER: montagne, grosse pierre, rocher.

- Les Baches est aussi une corruption, ici du mot Blache qui désigne "une terre à châtaigniers ou à chênes, si distants des uns des autres que l'ont peut y labourer dessous".

- Barruchet, formé du celtique Bar qui veut dire montagne, de Rac à la même signification que COUCH qui nomine la cime, l’élévation et de Et qui signifie près, au dessus. Barrachet veut donc dire "montagne terminée au-dessus par une cime, une élévation".

- Pierre-Chave est un nom qui pourrait avoir quelque rapport avec le culte des pierres. Le mot Chave est une déformation de Chalre, aplliqué souvent aux montagnes et rochers de calcaire.

- Le Fontanil est formé du celte FONT, la fontaine et Anial, inhabitable, désert, abandonné. Ce nom signifie "la fontaine déserte".

- Servagette est issu du mot servage: sauvage.

- La Sagne vient du latin Sagna, le près marécageux, le marais.

- Grand-Corssert est un nom que les vieux parcelaires ont donné aux hameaux locaux, il vient de Costerg qui signifi versant de la montagne.

- Chenavaz semble venir du bas-latin Canabaria, maison rustique, domaine rural.

- La Cote signifie flanc, versant d'une montagne et est attribué aux hameaux ou villages situés sur des versants.

- L'Epinasse vient du latin Spina, terrain buissonneux, couvert de buissons épineux.

- L'Arenier dérive d'Arenarium ou du bas latin Arena: terrain sablonneux, sablière.

- L'Essartière est issu du mot Essertum en bas-latin qui désigne une terre ou un bois nouvellement défriché.

- La Sara vient du celtique et veut dire montagn,e coline pierreuse, rocheuse.

- Perreréaz vient du bas-latin Perraria pour Petraria du latin Petra et signifie "carrière d'où l'on tire de la pierre".

- La Bourgeat est diminutif de Bourg issu lui même du germanique Burg.

-Pomaray est à l'origine un terme employé pour désigner les plantations de pommiers. C'est devenu le nom donné aux villages qui cultivent la pomme.

- Les Vernes signifie terrain couvert de vernes ou d'aunes.

- Le Cré est dérivé d'un radical celtique qui signifie terrain graveleux, champ pierreux.

- Les Platières désigne une surface plane, un plateau, une pente unie sur le flanc d'un coteau, il vient du mot Planum et Tiere: contrée, région.

 

Histoire des Bornes aux armes des Clermont:

http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2F5%2F51%2FBlason_Miribel_Les_Echelles.svg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fcommons.wikimedia.org%2Fwiki%2FFile%3ABlason_Miribel_Les_Echelles.svg&h=660&w=600&tbnid=A35kKSPZfbE4PM%3A&zoom=1&docid=Siq8it_FhBWscM&ei=UIpBU_ftBoeS0QWsvoDwBw&tbm=isch&iact=rc&dur=228&page=4&start=62&ndsp=23&ved=0CNoCEK0DMFQ

Les seigneurs Clermonts viennent d'une famille puissante, établie dans la vallée de l'Ainan quand le royaume de Bourgogne se disloquât. Ils formèrent une baronnie qui fut érigée en Comté. C'était l'une des plus importantes familles du Dauphiné. En leur possession: toutes les paroisses de l'Ainon jusqu'à Voiron et une grande partie des Terre-Froides. Elle était un trait d'Union entre le Dauphiné et la Savoie dont les frontières s'arrêtaient aux rives du Guiers, près des gorges de Chailles.

- En 1119 le baron Aynard de Clermont, au sercie du comte de Bourgogne, dirigeait les troupes pour chasser l'anti-pape Burdin au profit du Pape Calixte II. C'est par cela que la famille prit pour armoiries les clefs papales en remplacement du mont éclairé par le soleil qu'une branche espagnole de la famille a conservé par la suite. Au XVIe siècle Amé de Savoie, duc de Savoie, demanda avec ferveur à Aymard de Clermont qu'il lui laisse le libre passage sur ses terres pour qu'avec ses troupes il puisse s'attaquer au Dauphin Humbert, son ennemi. Mais malheureusement pour lui, il fut vaincu. Le Dauphin éleva Aynard de Clermont au rang de ses principaux officiers, le nommant capitaine général des armées et Grand Maître du Dauphiné, titre qui par le suite fût attribué à plusieurs membre de cette famille. Depuis le XIIIé siècle, ces seigneurs possédaient une chapelle funéraire, dans la Chartreuse de La Silve Bénite, où le dernier d'entre-eux à être inhumé en fut François de Clermont, en 1751. En 1789 les tombeaux, après l'abandon de la Chartreuse, furent ouverts. A l'intérieur 13 dépouilles des Clermont y reposaient. Au XVe siècle, Saint Geoire en Valdaine en qualité de canton comprenait six communautés. La commune de Merlas se partageait entre cette seigneurie, sous la direction d'Antoine de Clermont, Vicomte de Tallard et celle de du Comte de Miribel Jean Robbe qui en était l'homme de loi de par son mariage avec Catherine de Miribel et qui habitait le château démoli en 1595 par Lesdiguière. La limite entre les deux partie se matérialisait par une crête couverte de forêts côté Valdaine et de champs cultivés côté Miribel. - C'est cette région boisée qui animait les contestations sur la possession des terres entre les deux seigneuries, Querelles qui en 1950 perduraient à travers les paroisses de la Chapelle et de Merlas. D'un commun accords, des arbitres furent désignés pour délimiter les possessions. Leur mission: se rendre sur les anciennes limites établies en 1369 accompagnés de voisin et de gens d'honneurs, à la date du 21 juin, et d'en fixer de nouvelle par un bornage. « Le seigneur Antoin de Clermont choisit noble Jacques de Clermont Seigneur de Vaulserre, époux de Jeanne de Poitier, sœur de la fameuse Diane. Le seigneur Jean Robbe de Miribel, désigna Georges de St-André qui était mistral de Saint-Laurent-du-Pont ». Le 28 juin 1493 les experts se rendirent sur place avec Louis Ratonis, Jean Pellipart et Jean Pascal, notaire public. Le nouveau bornage fut mit en place, en débutant pas Vaulserre qui aujourd'hui est la commune de Voissant pour se continuer jusqu'au Col des Mille Martyrs et aux limites du mandement de Voiron. 15 bornes de pierres furent posées, marquées d'une croix sur le dessus. Chaque seigneur eu la possibilité de gravé ses armoiries sur ces bornes, seul Clermont le fît. Le texte notariale de cet acte fut rédigé le même jour et fut retrouvé plusieurs siècles après dans les archives des Chartreux. - Jacques de Clermont, choisit par la seigneur de Saint Geoire était affilié à la famille de par la branche cadette de celle-ci et qui en 1493 possédait la seigneurie de Vaulserre. En 1567 Aubert de Corbeau, seigneur de St-Albin, de par son mariage avec Claudine de Clermont, devint possesseur du château de Vaulserre situé à Voissant, là où le Guiers et l'Ainan confluent.

http://clermont-tonnerre.fr/fr/heraldique.php?menu=histoire

- De plus, les 15 bornes marquaient la délimitation entre le diocèse de Grenoble et celui de Vienne qui depuis 1107, démembrement du compté de Vienne, suivaient la fameuse crête boisée. Le château de Vaulserre,construit pour la défense du passage entre le Dauphiné et la Savoie, et dont on peut encore voir les ruines fût détruit comme de nombreux châteaux de la régions par les guerres de religion en 1591. Sous celui-ci il existait un péage très fréquenté et qui appartenait à la seigneurie. Dans l'enceinte de celui-ci, une foire annuelle de la Saint Michel était tenue. Dans les ruines restantes, un bac perdurant longtemps. Il a disparut depuis, avec la construction du pont à deux arches, obtenu par le Marquis de Vaulserre au19e bien que le département de l'Isère y soit opposé. Cette construction fut motivée par le péril encouru par « une dame d'honneur de la Cour Impériale au gué de Domessin ».Longtemps le pont se nomma pont du Marquis. Les 15 bornes pourraient appartenir à une plus grande série de bornes qui auraient été érigées par les Corbeau de St-Albin devenus seigneurs de Vaulserre. En 1094 le siège de la seigneurie de Vaulserre fût transférée dans le château actuel de St-Albin, fief depuis le 13e siècle de la branche cadette des Corbeau. Ces bornes depuis le même siècle partaient du Guiers, en face du rocher des 3 évêchés, remontaient à l'est du château de Voissant en suivent la crête jusqu'à leur rencontre avec le limite des bornes Miribel - Saint Geoire. Les bornes de Voissant mesure 70 cm au dessus du sol, sont dépourvues d'inscriptions et semblent postérieures à celles des Clermont. Il n'est pas rare d'en croiser au cours d'une promenade dans les bois ou sur le bord de la route. On ne sait pas combien il a pu en exister. Avant les travaux de Marc Dubois, les bornes n'étaient connues que par quelques habitants locaux, et aujourd'hui encore elles restent méconnues du public. Aucunes études et travaux n'avaient été fait sur ce sujet. Des 15 bornes, aujourd'hui on en connaît 10 et seulement 3 sont en bon état. Les lieux-dits ont changé, le temps à fait son œuvre et le travail de la terre ont pu les abîmer, les enterrés ou les détruire. Ces bornes mesures 50 à 60 centimètres hors du sol, sur 20 centimètres carré. Sur une des faces, côté Saint Geoire en Valdaine, on voit sculpté en relief dans un carré ou dans un écu les armes caractéristiques des Clermont-Tonnerre: les clefs papales surmonté d'une couronne comtale. Quelques bornes n'ont que l'écu. Au lieu dit de Marfay, dans un petit bois situés quelques centaines de mètres en dessous des bornes, se trouve deux grandes pierres gravées en creux des armes de la Grande Chartreuse, c'est à dire un globe surmonté de la croix et qui indiquent l'emplacement de l'ancienne propriété cartusienne de La Serra. 

 

Familles seigneuriales de Miribel:

http://www.zazzle.fr/autocollant_de_bouclier_de_viking_ravens_dodin-217811390143485188

Quand les Sarrasins furent chassés du Dauphiné qu'ils avaient ravagé par Isarn, évêque de Grenoble, qui dirigeaient les guerriers locaux, celui-ci prit possession d'une très grande partie du pays. Néanmoins la plupart des habitants avaient fuit les lieux ou avaient été décimés. Ses hommes d'armes s'intaillèrent donc et créèrent les premières seigneuries. En 1200 les seigneurs s'attribuèrent des noms propres et des armoiries pourse distinguer du peuple sur le quel ils avaient autorité. A Mirible, quelques familles se succédèrent.

- De Miribel: puissante maison connue depuis 1097 qui se divisa en trois banches. On retrouve la troisième dans les « Annales Ordinis Cartysiensis » que le 9 des Ides de décembre 1097, Humber et Odon de Miribel cèdent à Bruno et ses compagnons, les droits qu'ils possédaient sur ce que l'on nomme à l'époque le Désert de Charteuse. Humbert de Miribel eut deux fils: Boniface et Pierre. Ce dernier, comme il est d'usage à l'époque pour les cadets, entre dans les ordres et devient moine au prieuré des Bénédictins de Miribel. Bonidface eu deux fils: Amédée et Humbert, qui comme leur père cèdent leurs biens à l'abbaye naissante de Chalais. En 1106, Humbert de Miribel conteste aux Chartreux la donation du val de Tenaison, dans le massif de la Chartreuse, donation faite par Alchérius, en se réclamant comme unique bénéficiaire de l'autorité sur cette région. La querelle fût mise à plat par son fils Boniface de Miribel qui considéra les Charteux comme seuls propriétaires de Tenaison. En 1129, Boniface de Miribel, fils d'Humbert et ses fils Amédée et Humbert offrent au Charteux le territoire de Curière et de Curiérette, des prairies et des forêts. Pierre-Humbert de Miribel, prieur de Saint-Maurice de Miribel, céda aussi ses droits sur les lieux. Guigues du Pont, fils de Berlion possédait en fief, de Guillaume de Miribel, sa maison forte située dans l'enceinte du château du dit lieu. Par acte duvendredi avant la Saint Jean Baptiste 1234, le dit Guillaume de Miribel cédait à Philippe de Savoie, évêque élu de Lyon vers 1246, la totalité de ses biens du Pont-de-Beauvoisin, « en plus de la maison forte pour la quelle Guigues lui devait hommage ». En 1130 environ, Boniface de Miribel eu donné à Chalais les terres qu'il possédait dans la paroisse de Saint-Laurent-du-Désert. Au même moment Gontard de Miribel abandonne contre 60 sols le droit de tâche qu'il avait sur le manse de l'Alpette. En 1241, Humbert de Miribel, avec l'accord consenti de son épouse Urtille de Conflans,de ses enfants Amédée, Aimeric et Anne, donne contre une faible rétribution le manse d'Hautefare les terres qu'il possédait à Ratz et le lac qui s'y attéle et que son père avait obtenu de Raymond Garcin aux moines de Chalais. Guillaume, seigneur de Miribel approuve cette décision.

http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2009.payraud_n&part=171590

- En 1254, Guillaume, seigneur de Miribel, et son fils Boniface permirent aux religieux d'alberger les biens dépendant de leur domaine de Fontmartin et de la Grange du Désert, propriétés des fils du seigneur. Le 18 avril 1287, Guigues V, 22 supérieur de Chalais, intervient dans un accords de Humbert Bardin, clerc jurisconsulte et Humbert de Miribel, entre les religieux de Chalais et Boniface, seigneur de Miribel et d'Ornacieux. Le nécrologe de Premol indique en l'an 1554, parmi les religieuses chartreusines, une Marguerite de Miribel. Cette branche des seigneurs de Miribel finit par Jean-Amédée et Pierre de Miribel, qui meurent sans enfants vers 1450. Leur blason était « écartelé d'or et de gueules à cotice d'hermine, brochant sur le tout ». Par la suite, le château et la seigneurie de Miribel passent au Xve siècle dans la juridiction des seigneurs de Robbe par le mariage de Catherine de Miribel, toute dernière héritière. C'est une vielle et riche famille originaire de Moirans. Jacques Robbe, originaire de Miribel, fils de Benoit, combattu en brave et fût prisonnier à la Bataille de Pavie en 1524. La famille s'éteint au XVIe siècle et la brache des Miribel se termine pour de bon avec Jean Robbe, qui fût nommé chambellan de François Ier en 1526. Il meurt sans gloire le 27 octobre 1531, et lègue tous ses biens à dame Eléonore de Thomassin qu'il avait épousée le 20 janvier 1529. Elle légua à sont tour à sa mort le 12 avril 1540 ses possédions au seigneur de Montmartin, Jacques de Thomassin. Jacques Robbe avait épousé en première noces Françoise de Sassenage et quo fût inhumée dans la chapelle que possédait la Maison de Miribel, dans l'église des Frères Mineurs de Moirans. Pour exprimer la douleur de cet être cher, son époux fît graver dans divers endroits de la chapelle « O quel refert mon cœur y a ». De son vivant, il se plaisait à dire « pour l'amour d'elle ». Son blason est « d'or à la bande d'azur, en chef un aigle d'argent ». La famille est ensuite remplacée par celle des Galles dont Aimar Gallonis, qui vivait à Miribel en 1280, est l'aïeul. C’était un noble chevalier dont descende de lui Louis de Galles, seigneur du Bellier, qui fut maréchale de camps des légionnaires du Dauphiné, Lyonnais, Forez et Beaufort. 

 

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C'est ainsi, après de nombreuses batailles et pèlerinages Saints, que petit à petit, l'histoire de nos vieilles pierres est tombeé dans l'oublie, perdurant dans la mémoire des vieux de la vieille. Mais la voilà mise à jour, il ne vous reste donc plus qu'à arpenter la commune de Miribel-les-Echelles, sur les traces du passé. La mairie à ce titre, propose un petit fascicule qui permet de faire une jolie et longue promenade qui répertorie en partie ces lieux mythiques. Un grand merci à André Stoffel pour m'avoir transmit ces précieux documents ainsi qu'une partie de ses recherches personnelles.

 

samedi 21 décembre 2013

Dieux et divinités de nos montagnes.

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(Source: http://lemontventoux.skynetblogs.be/tag/symbolique+du+printemps)

Le n°48 de la revue "Histoire et Archéologie" dédiés aux religions alpines commence ainsi: "Lorsque les peuples abordèrent le massif alpin vers le septième millénaire, ils étaient porteurs d’une riche tradition iconographique. Bien qu’éloignés des sanctuaires franco-cantabriques, ils n’en restaient pas moins les héritiers d’une tradition prenant ses sources dans l’absolu mental humain. Les œuvres d’art pariétal de cette époque, ainsi que les gravures rupestres attestent la bonne facture et le haut niveau de leur religiosité."

Ainsi notre région à un passé riche. De nombreuses peuplades comme les allobroges y ont élues domicile et avec elles, leurs rites et leurs croyances. On retrouve tout un panthéon de dieux et de déesses souvent méconnus et dont parfois, la fonction c'est perdue. Voici donc quelques unes de ces divinités venues d'un autre âge (et en particulier dans la région Rhône Alpes).

A

- Adsmerius, dieux local picton, assimilé à Mercure. Vienne.

- Alambria, montagne divinisée, Mont Arambre. Isère et Hautes Alpes.

- Alaunius, dieu local rhodonien. Basses Alpes.

- Allobrox, dieu éponyme des allobroges. Hautes Alpes.

- Ambisagnus, dieu de la Gaule cisalpine. Massifs alpins.

- Andarta, déesse ourse nommée parfoit Artaius ou Artio. Drôme.

- Antaios, surnom de Mercure. Isère.

- Artio, déesse ours de Berne. Drôme.

B

- Baginus, génie local du mont Vonige, prés de Bésigan. Drôme.

- Bésignan. Drôme.

- Bagina, forme féminine de Baginatis. Isère.

- Baginatis, surnom de Jupiter. Isère.

- Bergimur, dieu localde la population cisalpine. Massifs alpins.

- Bormamus, sources thermales divinisées. Ain, Boûches du Rhône, Drôme.

- Bormana, associée à Bormanus ou à Apollon (qui rappelons le est le dieux de la médecine). Ain, Boûches du Rhône, Drôme.

- Bormo, dieu analogue à Bormanus. Savoie.

- Borvo, dieu associé à Bormanus ou à Appolon. Savoie, Nièvre.

C

- Carrus, montagne divinisée, Pic du Gar, puis assimilé à Mars. Basses Alpes.

- Cicirus,dieu local alpin assimilé à Mars. Basses Alpes.

- Comedoave, déesse Mère ou des mères. Savoie.

D

- Dervones ou Dervonnae, sortes de nymphes des arbres. Régions cisalpines.

- Divond, que l'on traduit par "divine", sources multiples personnifiées. Ain, Lot, Gironde.

- Dominae, déesse Mère ou des mère latinisée (dominae veut dire "maîtresse de maison"). Savoie.

- Dunalis, dieu défenseur associé à Mars et à Mercure. Ain, Isère, Nièvre.

- Dunisia, déesse locale. Loire.

E-F-G-L

- Eburricae. Rhône.

- Fagus, dieu du être. Massifs Alpins.

- Fonia, dieu local. Gaule cisalpine.

- Griselicae, eaux thermales divinisées en nymphes. Gréoult, BassesAlpes.

- Leucitica, déesse Cisalpine. Massifs Alpins.

M-N-O-P

- Mogniacus, dieu localassocié à Mercure. Ain, Isère.

- Matres, divinités anonymes ou nommées avec des épithètes locaux. Massifs alpins.

- Nemetiales, divinité protectrice d'un bois sacrée. Isère.

- Nervinae, dieu allobroge mais aussi des peuplades du Nord. Massifs alpins.

- Oberlerses. Ardèche.

- Osdiatae, déesse locale. Basses Alpes.

- Pluto. Isère.

R-S

- Revinus, dieu local cisalpin. Massifs Alpins.

- Robeo, dieu local cisalpin. Massifs Alpins.

- Rudianus, dieu éponyme du Pagus Royanensis assimilé à Mars. Drôme.

- Segama, "le victorieux", dieu assimilé à Mars. Alpes Maritimes, Rhône, Ain, Jura, Côte-d'or.

- Smertulas, surnom d'Essus. Gaule.

- Soio, source divinisée. Ardèche.

U-V

(Rappelonsque pendant longtemps ces deux lettres n'en formait qu'une.)

- Vallaunus, dieu local assimilé à Mercure. Isère.

- Verotnatis, dieu assimilé à Apollon. Haute Savoie.

Vintius, assimilé à Polux. A proximité de Notre Dame de Valence, Haute Savoie.

 

 

Informations complémentaires

C'est pendant le VIe millénaire av J.C. que dans nos belles Alpes des agriculteurs se seraient sédentarisés pour de bon, amenant avec eux leurs croyances (mais il existe des traces bien plus anciennes qui atteste de la présence de l'Homme via le nomadisme). On parle alors de préalpins. 

Quelques siècles plus tard arrive les romains. Les peuples annexés rattachent alors leurs dieux locaux aux divinités de l'empire selon la fonctions de celles-ci. De là, leurs traces à travers l'Histoire ce sont peu à peu effacées mais perdure encore quelques signes. Ainsi on peut parler des pétroglyphes du Val d'Aoste, de Val Camonica, de la Vallée des Merveilles, du Vallais réalisés par des bergers mais aussi ce qui semble être des chamans, du célèbre abri La Barmaz de Valtournenche au pied du Mont Cervin où se trouvent des gravures du IIIe millénaire av J.C. ou du trésor d'Erstfeld en 1962 près de la route de Gothard.

 

Sources:

http://www.infobretagne.com/liste-dieux-gaule.htm

http://www.dossiers-archeologie.com/numero-48/dieux-religions-alpes/peuplement-prehistorique-alpes.18784.php#article_18784 (ouvrage de 1981 disponible en partie en PDF ici: http://www.antropologiaalpina.it/Download/Pubblicazioni/014-Signes%20christianisation%20Pi%C3%A9mont%201980.pdf)

 

Pour aller plus loin:

http://jc.clariond.free.fr

"Les dieux des Alpes de ligurie, le poteau de l'enfer à Baudinard". Brochure de 1946 tirée à 100 exemplaires.

"Les dieux des Alpes et dal aliturgie. La mort la vie (XXe, Ier siecles avant Jésus-Christ". Ouvrage de Georges De Manteyer édité en 1945.

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(Source: http://www.la-question.net/de_la_nature/)

mardi 1 octobre 2013

L'amanite tue-mouche, berceau de nos religions européennes.

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Avant-propos: par cet article je ne motive absolument pas la consommation de champignons hallucinogènes, l'utilisation de cette amanite comme drogue ou comme moyen de communication avec lesesprits, non, j'ai pour désir de montrer quelques aspects cachés et parfois tabous de la culture européenne et de son lien avec l'amanite tue mouche. En aucun cas il faut s'amuser à la consommer car les problèmes de santé qu'elle peut engendrer sont bien réels.

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(Oui je dois avouer que je viens de découvrir comment insérer les gifs au risque d'en abuser.)

Pour tout avouer, je suis une passionnée d'ethnobotanique et de mycologie (ce qui donne l'ethnomycologie, une science toute récente), alors quand j'ai commencé à lire "Le champignon divin de l'immortalité suivi de Qu'était le Somma des aryens?" de Robert-Gordon Wasson, j'ai eu une révélation. Notre belle amanite tue mouche, décriée et même considérée dans certains ouvrages mycologiques comme mortelle est en réalité l'un des piliers de nos cultures indo-européennes et pré-chrétiennes. Un champignon comme base de l'Europe? Oui oui mais pas n'importe le quel, l'amanite tue mouche, le lait des Dieux mais avant tout, petite présentation:

L'amanite tue mouche est un basidiomycète de la familles des amanitacea. On la trouve dans tout l'hémisphére Nord et depuis peu dans le Sud avec l'importation de plants de sapins américains. Elle est facilement identifiable: le chapeau est rouge, parsemé du blanc de la volve protectrice qui protége le champignon à sa sortie de terre et qui forme l'anneau. Elle reste visible à la base de celui-ci. Le pied est blanc, les lamelles et la chair également. Arrivée à maturité elle mesure généralement entre 8 et 20 centimètres de haut voir parfois beaucoup plus (jusqu'à 40 centimètres). On la trouve aussi bien sous les résineux (pins de préférence) que les feuillus (hêtres, châtaigniers) mais surtout, sous les bouleaux, arbre magique par excellence mais nous y reviendrons. Enfin, en fonction des régions du monde, on peut trouver de nombreuses sous-espèces d'amanites tue-mouche aux couleurs diverses: jaunes, oranges et mêmes blanches.

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L'amanite tue mouche, berceau de nos religions européennes.

Au commence il y a un champignon, l'amanite tue mouche. Puis il y a des hommes avec leur curiosité et leur appétit. Quand les molécules de la première rencontre l'imagination des seconds, ça donne des chocapics les prémices des premières religions européennes et mêmes, indo-européennes.

 Un nom bien trouvé

Son nom vient du latin fungus muscarum qui veut littéralement dire champignons des mouches" en raison des propriétés insecticides qu'on lui prêtes, en particulier en France mais aussi en Allemagne, en Suède et dans les autres pays de culture slave. Ne dit-on pas aux enfants pour les éloigner du dangereux champignon qui mêlé à du lait tue les mouches et autres insectes? (en réalité il les endort). Mais l'emploi du terme mouche pourrait aussi être lié à l'expréssion médiévale qui désignait l'état de démence par la présence de mouches dans la tête du malade.

 Une histoire de molécules

On a longtemps cru que la muscarine de cette amanite (découverte en 1869) était l'origine des effets psychédéliques du champignons de par son effet excitant en agissant sur les synapses mais cette molécule est bien trop peu présente dans l'amanite tue mouche pour expliquer ses propriétés. Il faut chercher du côté de la muscimole et de l'acide iboténique (majoritairement concentrés dans le chapeau, en particulier la cuticule rouge) pour trouver les causes des hallucinations mais aussi des vomissements, des somnolences, d'une certaine euphorie, des délires, des confusions, des états de prostration, des troubles de l'équilibre, de l'hypervantilation, une sudation accrue et/ou des troubles gastriques. 

 Un emploi lié à l'observation de la Nature

La découverte des propriétés de l'amanite tue mouche pourrait venir des peuples du Nord, en particulier des éleveurs de rennes. Je m'explique. Pour éliminer la muscimole et l'acide iboténique , l'organisme digère rapidement ces composés vers les urines (20 à 90 minutes après ingestion). Or chez les rennes, il est courant de voir ces animaux consommer de l'amanite tue mouche (pour atteindre un état proche de l'ivresse si l'on peut comparer la "défonce" animale et à celle de l'Homme) ou boire l'urine de leurs congénères qui en ont ingurgité pour resentir les effets psychédéliques. De là, l'Homme a force d'observation a intégré cette pratique à son mode de vie, ce qui explique l'emploi de l'urine dans des rites anciens mais aussi actuels, le précieux liquide étant un moyen de se transmettre les effets hallucinogènes des molécules.

Voici un extrait de l'ouvrage de Robert Gordon Wasson où il cite un passage du Rig-Véda qui met en lumière ce fait:

"Comme le Cerf, viens boire ici!

Boire le Soma, autant que tu le désires.

Pissant généreusement jour après jour, ô puissant,

Tu atteins le zénith de ta force."

 

Dans un autre extrait il cite le Zed Avesta:

 

"Quand finirez-vous avec l'urine dont se servent les prêtres pour enivrer le peuple et le tromper?"

 Le Soma, lait des Dieux

Chez les aryens, un peuple indien (indiens d'Asie et non amérindiens), les écrits religieux ancestraux font part du Soma, le lait des Dieux qui permet d'atteindre la connaissance et la sagesse de ceux-ci. Il s'agirait d'une potion à base d'une "plante" miraculeuse. On trouve ce Soma dans de nombreuses religions asiatiques aujourd'hui encore mais la recette de celui-ci a depuis longtemps disparu. Linguistes et botanistes face à la description de la mystérieuse plante sacrée restèrent sans réponses et allèrent jusqu'à affirmer qu'il ne s'agissait que d'une allégorie, d'une chimère ou encore d'une croyance. Mais c'était sans compter sur Robert-Gordon Wasson et son épouse qui non seulement rendirent public l'existence du Soma mais résolevèrent l'égnime. La plante est décrite comme un dôme aussi rouge que le cuir d'un taureau sur le quel les gouttes du lait d'une vache se seraient posées (on retrouve la sacralité indienne des bovins ici). Il n'en fallait pas plus au couple pour faire le lien: le Soma est une potion hallucinogène à base d'amanites tue-mouche. Ainsi son utilisation remonterait à 4000 ans avant notre ère mais les premiers écrits du Rig Veda (le livre sacré) parlant du champignon datent de 10.000 av J-C, renforçant la théorie du Soma comme fruit d'un champignon et comme symbole de la connaissance et de la laitance divine (aussi bien le lait maternel que la semence des Dieux car Soma se traduit par "semence du Père").

L'amanite chez les vikings

Chez les peuples vikings, les amanites étaient ingérés crues et en grand nombre par les guerriers partant au combat. L'état d'euphorie dans le quel ils entraient leur faisait perdre toute peur face au danger et qu'ils devenaient les légendaires "Beserks" (d'où la dangerosité liée à son emploi). Néanmoins cette théorie fait débat, en particulier en Scandivanie où les "pour" et les "contres" s'affrontent sur cette théorie depuis 200 ans. 

La pratique chamanique sibérienne

Parmi les symboles forts du chamanisme, le bouleau fait figure d'arbre totem. On pourrait penser que c'est pour les soins qu'apporte sa sève, les multiples usages quotidiens et médicaux que donnent son écorce, les arcs que fournissent les jeunes branches et j'en passe. Mais c'est aussi pour son lien étroit qu'il entretien avec l'amanite. En effet, il est l'un des meilleurs arbres hôte de celle-ci et il n'est pas rare de voir de véritables ronds de sorcière se former autour de lui. En somme, il doit en partie sa sacralité à l'amanite. Suite au travaux des époux Wasson (des précurseurs qui ouvrirons la voie à de nombreux chercheurs), on connaît quelques facettes des liens étroits qui unissent les hommes et leurs pratique à ce champignons. Les peuples d'origine ouralienne et sibérienne connaissent tous les propriétés de l'amanite (mais il semblerait que les peuplades turques aient elles aussi été initiées). Elle étaient employée (dans la pratique religieuse) par les chamanes qui aidés des chants, des tapements de mains du public et de la musique entraient en transe puis dans le monde des esprits pour communiquer ou lutter contre ceux-ci et découvrir le mal qui touchait une personne ou la communauté. Son utilisation se faisait aussi à des fins récréatives. Dans la région du fleuve Pegtymel, des gravures anthropomorphiques d'hommes à tête d'amanites ont été découvertes. Elles auraient 4000 ans, indiquant l'emploi ancien et ancestral du champignon.

Et en Europe occidentale?

Les traces sont maigres, cependant dans les relevés des inquisiteurs et les grimoires de "sorcières" parvenus jusqu'à nous, l'amanite tue-mouche serait mentionnée à plusieurs reprises comme un moyen de communiquer avec les esprits pour les uns, de forniquer avec le Démon pour les autres. Néanmoins, dans les Alpes Maritimes et plus précisément dans ce que l'on nomme "la Vallée merveilleuse" sur le Mont Bego, se trouve de nombreuses gravures rupestres. L'une d'elle, située sur une grande pierre que l'on nomme "Autel" sans connaître pour autant son emploi, représente un homme consommant des champignon au large chapeau. Il pourrait s'agir d'un ancien culte alpin mais peut être plus largement propre à l'enssemble du territoire orienté sur le champignon et donc l'amanite tue-mouche (seul champignon pouvant correspondre à la gravure tout en ayant des propriétés psycotropes) qui aurait perduré jusuq'à l'arrivé romaine. On peut retrouve des représentations semblables en Italien, en particulier sur le site de Valcamonica même si elles restent rares. En Espagne dans la région Catalane, l'emploi de l'amanite tue-mouche est encore de rigueur de manière traditionnelle (mais cela reste confidentiel). Selon les rares écrits, cette pratique remontrait à l'âge de bronze.

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(Icône Russe représentant la Trinité et datant de 1811, source: http://lucid-state.org/forum/archive/index.php/t-15755.html)

Son rejet par la culture chrétienne 

(Je tiens à prévenir qu'ici en au aucun cas je fais un procès de la Chrétienneté)

La christianisation de l'Europe a été progressive et est marquée symboliquement en Gaule par l'arrivée de Jules César. De là les champignons vont être ingérés dans la nouvelle religion pendant un temps (fait qui perdure dans certaines formes d'orhtodoxies, notamment en Russie) puis rejetés pour pouvoir tourner les populations vers la religion chrétienne tout en excluant les anciennes pratiques et les praticiens des anciens rites et traditions. Ainsi les champignons vont être associés à l'image du phallus (de par leur forme) et donc de la luxure mais aussi de la mort (de par leur toxicité) et surtout, ils vont être associé au roi des Démons. Certains noms sont évocateurs de ce phénomène: le bolet Satan, la trompette de la mort ou le phallus du chien n'en sont que quelques exemples. On trouve encore les traces de ce tabous dans une grande partie des pays chrétiens, en particulier Occidentaux. L'Angleterre et les pays de tradition anglicane font partis des meilleurs exemples. Là bas les pratiques mycologies sont restreintes voir inexistantes et parler de champignons est encore parfois mal vu. 

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(source: http://imageshack.us/f/834/chapelledeplaincourault.jpg/)

Ainsi l'amanite tue-mouche devient le fruit défendu. En effet elle ouvre des horizons de connaissance et de claire-voyance interdits aux simples mortels qui doivent avoir foi dans le destin que Dieu a tracé pour eux, au risque de le décevoir et de s'exposer à sa colère divine. Ainsi, peut être qu'à l'origine la pomme (ou la poire selon les écrits) que se partagent Adam et Eve pourrait être une amanite tue-mouche comme on peut le voir ici avec la représentation sur un des mûrs de la chapelle Plaincourault (Indre) du péché originel. 

Voici un autre exemple de la représentation du champignon comme fruit défendu dans la liturgie chrétienne:

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(source: http://imageshack.us/f/823/imagesdupsautierdeparis.jpg/)

De là est née la thèse selon la quelle le christianisme romain serait née d'un ancien culte des plaisirs (sexuels et psychédéliques) liés au champignon rouge à point blanc (à travers Dinoysos qui peu à peu a été rattaché au vin), thèse développée par John Marco Allegro dans son ouvrage le "Champignon sacré et la Croix : une Étude de la Nature et des Origines de la Théologie romaine à partir du Culte de la Fertilité dans le Proche-Orient antique". Dans son ouvrage "Les Champignons Magiques dans la Religion et l'Alchimie", Clark Heinrich développe l'idée que l'amanite est à l'origne de nombreuses religions comme l'Hindouïsme, le Judaïsme et le Christianisme.

(source http://lucid-state.org/forum/archive/index.php/t-15755.html)

Quelques exemples actuels

Dans de nombreuses régions du monde, l'amanite tue-mouche est consommé pendant les mariages. En Russie dans les zones rurales pour ces grandes occasions on la mélange à de la vodka. Les lituaniens vendaient (aujourd'hui encore mais à moindre mesure) les amanites aux Lapons qui l'emploient dans leurs pratiques chamaniques. En générale dans l'Est de l'Europe, on la consomme à titre récréatif avec plus ou moins de tolérance. Mais en dehors de son aspect ludique ou magique, elle peut être consommée comme c'est le cas dans certaines parties de l'Europe (Suède) après un long processus où le champignon coupé en lamelles puis bouilli longuement dans plusieurs eaux perd sa toxicité. Enfin l'amanite tue-mouche, son utilisation et sa mythologie sont encore vivace en Amérique du Nord et au Mexique chez les amérindiens. Aujourd'hui, l'artiste Carsten Höller qui partage son temps entre Grenoble, Paris et Berlin met en lumière cet héritage passé à travers des compositions et des expériences psychédéliques que l'on peut retrouver dans cet article des Inrocks (ICI).

Que dit la loi?

Le regain d'inerêt pour ce champignon à pousser les divers gouvernements à se pencher sur celui-ci. Ainsi en France il est classé comme stupéfiant (en consommer ou en vendre est illégal), en Belgique le gouvernement est en voie de l'interdir, aux Pays-Bas il est interdit de le vendre et de le consommer mais en Angleterre on peut se le procurer en magasin.

En conclusion 

Libre à chacun de se faire son opinion sur la question de l'influence de l'amanite tue-mouche dans notre culture et dans le passé de notre civilisation. Néanmoins il continu d'animer notre folklore et nos croyances. A l'approche d'Halloween, ne le voit-on pas surgir ici et là, dans les publicités de déguisements de sorcières et de vampires? N'est-il pas courant dans les décorations de jardin et des bûches de Noël, dans nos jeux vidéos (Mario Gif videos mario bros, ses amis jeux videos mario bros mario 11 gif, ses fameux champignons Gif videos mario bros et ses plantes magiques ) et non compte ("Alice aux pays des merveilles" est le meilleurs exemple), dans les représentations de l'Automne, du monde des fées et des lutins (ne sont-ils pas les maisons des farfadets?), de la Toussaint et des morts? On peut voir ici que la célèbre amanite, archétype du champignon toxique dans les filmes, les  livres illustrés (Tintin) et les dessins animés n'a pas vu ses liens avec le monde de l'invisible disparaître complètement.

(Merci à Humusanctus pour les images et les informations).

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(Je sais, je suis chiante avec mes gifs mais c'est tout un nouvel univer qui s'ouvre à moi!)

 

vendredi 15 février 2013

Une histoire d'os.

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Les os:

J'aime beaucoup les os, pas pour leur aspect macabre, mais pour toute la tradition qui s'attache autour d'eux. Ils sont le contenant de la vie par la moëlle et la solidité, la structure car charpente du corps.

Et puis ils sont facsinant dans le fait qu'ils sont généralement cette dernière, parfois unique, trace que chacun d'entre nous laisse quand la vie s'en va et que le temps et la nature font leur travail.

Bref j'aime la beauté qui s'en dégage, c'est apaprence brute du corps au plus profond de lui.

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Je m'en suis inspirée pour réaliser quelques dessins sur le thème du crâne.

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Le crâne:

Il est le siège de l'âme, de la pensée. Dans chacune des traditions humaines il a joué un grand rôle.

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Dans les maisons de nos grands-parents, comme au temps des châtelains, les crânes de chevreuils, de cerfs, de sangliers, parfois de renards et autrefois de loups décorent les murs. C'est un moyen inconscient ou non, souvent dû à la tradition, de montrer sa puissant, sa richesse car jusqu'à la révolution, seul les nobles avaient le droit de chasser. Exposer les crânes à la vue de tous étaient un moyen d'afficher son rang.

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Dans certaines tribus africaines sub-tropicales, les crânes des aïeuls sont précieusement conservés et peints. Ils détiennent l'âme et le savoir des anciens, ils sont le reliquat des traditions de la communauté et le souvenir des lois morales et magiques que chacun doit respecter.

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De nombreuses légendes sont nées de la fascination du crâne sur l'homme comme celle des 13 les crânes de cristal. Selon un mythe d'Amérique du Sud, 13 crânes de cristal seraient cachés de part le monde. Leur structure particulière leur permettrait de contenir des informations numériques futuristes.  Cette histoire a inspiré le dernier Indiana John. Aujourd'hui on sait que tout les crânes trouvés sont factices mais le doute chez certains perdure.

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vendredi 25 janvier 2013

La Meije, reine du massif des Écrins.

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(Vu du Bec de l'Homme, du Pic de la Meije, du Râteau depuis le lac du Pontet à 1897 mètres.)

 

Haute de 3893 mètres, la Meije est une montagne du massif des Écrins qui se situe dans la vallée de l'Oisans, entre l'Isère et les Hautes-Alpes. (Les photos qui inlustrent cet articles sont quelques unes de mes vieilles photos qui datent de 2010 et du tout début de l'année 2012).

 

Quelques mots sur l'Oisans:

L'Oisans correspond au bassin de la Romanche, un cours d'eau qui par endroits creuse de profondes gorges dans la roche. Il s'étend de Bourg d'oisans et de ses communes alentours (livet, gavet...) à la commune de La Grave (en englobant Villar d'arêne et les Fréaux). 

Cette zone comprend plusieurs massifs tel que celui de Belledonne rattaché en partie à Grenoble, de Taillefer, des Grandes Rousses, d'Arves et bien-sure, celui des Écrins. Le point culminant est le pic Lory qui culmine à 4088 mètres d'altitude. 

A l'époque du fer cette région était peuplée par les Uceni dont on retrouve certains des dessins sur les rochers des Alpes, en Italie, en France et même en Suisse. Puis les romains, pendant la colonisation de la Gaule, se sont emparés de la région et notamment du col du Lautaret qui avait déjà un fort potentiel commerciale où ils construisirent la route en direction du Briançonnais, encore utilisée aujourd'hui.

Bien qu'officiellement rattaché au Dauphiné sous l'ancien régime et plus particulièrement à l'Isère, l'Oisans est autonome (c'est à dire plus de 200 ans avant la révolution de 1789!) et bénéficie d'un statu particulier qui permet aux 20 communes qui dès lors le composent de faire du commerce et de pratiquer l'agriculture en toute liberté. Le village emblématique de cette liberté est Villar d'arêne, dont les habitants ont gardé dans leur nom la trace de celle-ci. En effet, leur nom de farachins et de faranchines désigne en patois: affranchis. Un restaurant local, le Faranchin, garde lui aussi cette trace.

Pendant la seconde guerre mondiale, la région fût un important bastion de la résistance, formée par Vizille. On peut retracer tout les évènement ici grâce à ce formidable site: http://www.maquisdeloisans.fr/. Pendant le 20éme siècle la région fût fortement industrialisée, notamment avec un impressionnant réseau hydraulique sur les régions de Livet et Gavet. Aujourd'hui l'acitivité prédominante est le tourisme.

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(Vu de Villar d'arêne depuis le vieux village que Jacques rettape depuis 20 ans.)

 

Le massif des Écrins:

Ce massif montagneux se situe sur trois bassins, celui de la Romanche (en Oisans), celui du Drac (en Champsaur) et celui de Guisane ( en Briançonnais). De profondes vallées, de nombreux lacs et glaciers font que cette région est fortement accidentée. Le plus haut sommet, la Barre des Écrins, se situe à 4102 mètres d'altitudes.

On y dénombre 19 glaciers dont celui de la Meije, celui de l'Homme ou encore le Glacier Noir. Tous sont en net recule depuis de nombreuses années avec les fortes chaleurs enregistrées l'été et la baisse des précipitations et des chutes de neige. On compte 7 grandes vallées: le Briançonnais, le Champsaur, l'Embrunais, l'Oisans, le Valbonnais, le Valgaudemar et la Vallouise.

Les Écrins sont restés pendant très longtemps inexplorés, avant l'arrivé de la cartographie, de la géographie et de l'alpenisme. De nombreux monts, sources, cascades, glaciers ou encore lacs sont restés anonymes et sans noms en raison de la méconnaissances des habitants locaux et des cartographes de ces lieux. Aujourd'hui chacun d'entre eux à un nom même si certains ne sont restés que sur papier et non dans les mémoires.

En 1973, le parc naturel national des  Écrins naît. Avec ses 91 800 hectares, sa quarantaine de glaciers, sa trentaines de pics (dont certains culminants à plus de 3000 mètres), le parc possède un fort potentiel touristique d'où ses 740 km de sentiers balisés ce qui n'est pas rien et ses 30 refuges.

Outre les animaux communs de nos montagnes comme les chamoix (12 000 individus), les renards, les marmottes ou les sangliers, le parc compte aussi 600 bouquetins, des lynx et de loups de passage, des vautours fauves, quelques rares gypaètes barbus, des tétras lyre, des lagopède alpin et 37 couples d'aigles royaux. On compte également 1800 espèces dont le lys martagon, l'edelweiss ou le génépi noir.

Cette année le parc fête ses 40 ans!

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(Vu d'une partie du massif depuis la sorite d'eau du lac du Pontet.)

 

La Meije, reine du massif:

La Meije est une montagne emblématique du massif des Écrins. Elle et son pic de la Grave ont donné leurs noms à la commune de La Grave- La Meije. Les trois plus hauts pics sont le Grand Pic de la Meije à 3983 mètres d'altitude, le Doigts de Dieu à 3973 mètres d'altitude et la Meije orientale à 3891 mètres d'altitude.

Le terme Meije vient de Meidjo qui en vient du provençal et signifie "midi". Les gravarois nommaient la montagne l'Oeille de la meidjour ce qui signifie l'aiguille du midi. Cela vient du fait qu'à midi tapante le soleil passe juste au dessus du sommet  de la montagne. Néanmoins il est fait mention de la montagne dans un texte de 1712 sous le nom de Pointe Malaval. Aujourd'hui encore il reste des traces de ce nom avec celui donné au contrebas de la vallée de la Romanche: la Combe de Malaval.

La Meije possède de nombreux sommets qui sont tous difficiles d'accés. Ce fût la dernière montagne à être exploré dans les Alpes. L'exploit fût réalisé par un français, chose assez rare pour être précisée. Le 16 août 1877 Emmanuel Boileau de Castelnau, Pierre Gaspard et Pierre Gaspard fils firent la première ascenssion du Grand Pic.

Elle inspirât de nombreux hommes, dont le compositeur Olivier Messiaen qui passa une grande partie de sa vie a composer face à celle-ci dans le restaurant donnant directement sur elle. (Le Castillant)

 Aujourd'hui la Meije comporte le plus grand domaine de ski hors piste de France, où chaque année à lieu le Derby du même nom. Un téléphérique permet de monter jusqu'à 3200 mètres d'altitudes et un téléski long de 2 km permet d'atteindre les Deux Alpes qui se trouve sur l'autre versant du massif.

Fait amusant, il existe un prénom Meije et un dérivé Meige, qui proviennent du terme provençale et qui signifient "midi" ou "zénith". En occitan Meige signifie médecin, qui guérit.

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(Aperçu de quelques sommets de la Meije.) 

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Meije

http://www.geol-alp.com/h_oisans/_lieux/romanche/Meije_Rateau.html

http://www.bebe-prenoms.com/prenoms/meije

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oisans

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massif_des_%C3%89crins

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_des_%C3%89crins

http://www.ecrins-parcnational.fr/

http://www.cartesfrance.fr/carte-france-ville/population_05063_La%20Grave.html

 

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(Martyr du cimetierre de la Grave- la Meije.)