samedi 12 octobre 2019

Sortie en montagne 26 : le Ventoux.

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Escapade dans le sud de la France, au pied du mont Ventoux. Les lavandes sont en fleur et presque toute la famille est là, un bonheur. Les amandiers ont bien poussé, l'olivier est beau, bref, on prend plaisir à se retrouver ensemble. Nous avons même la bonne surprise de nous apercevoir que la maison et ses alentours se trouvent sous un couloir migratoire ! Un vautour fauve, un circaète Jean Leblanc et même un aigle royal nous honorent de leur passage, le rêve ! C'est une carte postale que je tente ici de dresser, un peu maladroitement.

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Nous sommes à Sault, joli village connu comme capitale de la lavande. Nous sommes à quelques jours du 15 aout, date où les lavandes et lavandins sont célébrés. Déjà quelques champs sont fauchés et partent massivement à la distillerie. L'essence qui en est tirée part aux quatre coins du monde pour entrer dans la confection de parfums, de cosmétiques, de produits d'entretiens mais aussi de dissolvants et de bons petits plats.

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Nous partons à Aroma'plantes, distellerie du village qui ouvre ses portes aux visiteurs. Nous sommes agréablement surpris de découvrir un véritable musée de la lavande, avec démonstrations, distillations en direct et visites guidées avec dégustation et boutique des produits de l'exploitation.

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Nous sommes ravis, vraiment. L'endroit est superbe, didactique et met en valeur ce patrimoine propre à la Provence. L'exposition, le Lavandoscope est ludique et accessible. Il retrace avec brio l'histoire locale. Les visites gratuites, les ateliers intelligemment présentés, les produits du bar délicieux et l'ensemble terriblement moderne tout en respectant les traditions. Un sentier de découverte (musée en plein air) en accès libre et un jardin ethnobotanique nommé Plantothèque complète l'ensemble. Les plantes et arbustes sont numérotés, et chaque usage et mode d'extraction y sont détaillés. Si vous êtes tentés de fabriquer vos propres savons, vos fuseaux ou vos produits de beauté, c'est une adresse à conserver précieusement.

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Si la lavande peuple les champs, on peut la trouver aussi à l'état sauvage. Dans les cultures et les talus, on peut rencontre plusieurs espèces : la lavande vraie (Lavandula angustifolia), la lavande aspic (Lavandula latifolia) et le lavandin (Lavandula latifolia x angustifolia), hybride naturel des deux premières qui, moins parfumé, et plus productif et plus simple de culture. La lavande papillon (Lavandula stoechas) pour sa part orne les jardins.

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L'ergate forgeron (Ergates faber) se présente à nous sur la fin de la visite. C'est la toute première fois que nous croisons ce gros coléoptère. Il s'agît ici d'une femelle un peu mal au point. C'est un des plus grands longicorne, assez présent dans le sud et dont le corps dépasse parfois 6 centimètres. Il est inféodé aux pinèdes, ses larves se nourrissant des souches pourrissantes. Il joue ainsi le rôle d'un décomposeur précieux à la forêt.

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Passage éclair par Mont Brun, où le chant des cigales nous séduit. Nous pouvons même en approcher une de très près. C'est une superbe cigale grise (Lyriste plebejus), identifiée par un des vérificateurs de Faune-PACA pour qui nous sommes très reconnaissant. Appelée grande cigale commune ou cancan en raison de son chant, elle peut atteindre 5 centimètres. Les adultes et les larves se nourrissent le plus souvent de la sève des arbres.

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Retour à la maison. Les amandiers ont bien grandis et la période de taille a été manquée. Même si la saison ne s'y prête pas, nous n'avons pas d'autres choix que de faire une coupe drastique. Heureusement, Thomas fait toujours preuve de talent dans ce domaine.

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Les gestes sont précis, calculés selon le ratio de la dimension des fruits et de leur abondance. Les branches les moins aptes à produire les amandes sont supprimées, les branches charpentières précieuses conservées. À chaque arbuste, les outils sont soigneusement désinfectés. Cela permet de limiter la transmission de maladies entre les plants, à la manière d'un généraliste auscultant et opérant sur plusieurs patients. Il s'agit ici d'amandiers de culture (Prunus Dulcis), plantés comme ornement mais aussi dans l'objectif de récolter des amandes. Il faudra attendre que les arbres soient suffisamment matures pour donner leurs premiers fruits, c'est là que nous serrons si les amandes seront douces ou amères.

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Beaux papillons, ils profitent du champ de lavande. À gauche, un demi-deuil (Melanargia galathea), qui porte mal son nom, dont le paterne noir et blanc peut varier en fonction des régions et être plus sombre dans les Alpes. À gauche, un azuré, papillon qui appartient à l'un des genre les plus durs à identifier, en particulier quand on ne voit qu'une seule face des ailes. Il pourrait s'agir sans assurance de l'azuré des nerpruns (Celastrina argiolus).

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Un cri perçant nous attire dans le jardin. C'est un hibou petit duc (Otus scops), quelle joie ! Ce rapace nocturne est typique du sud de la France et à la particularité d'être migrateur. Il est connu ici comme nicheur depuis plus de 40 ans mais c'est la première fois que nous le voyons. Pas plus gros qu'un merle, il est prédaté par d'autres oiseaux de proies. Pour s'en protéger, son plumage est mimétique de l'écorce des arbres dans lesquels il vit.

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Dernier tour par le village de Sault. L'été bat son plein, et nous nous mêlons sans mal aux touristes qui commencent à affluer. Les bouquets de lavande sont accrochés aux murs, pour préparer l'arrivée du 15 août. Pour l'occasion des courses de chevaux sont organisés sur l'hippodrome utilisé uniquement à cette occasion.

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Objectif Ventoux, enfin. Nous somme nombreux ce jour là, avec peu de temps, l'asencion ne se ferra donc pas à pied. La vue est incroyable et nous sommes avec quelques cyclistes les premiers arrivés, ce qui nous permets de profiter du lieu en toute quiétude. Les accenteurs mouchets (Prunella modularis) et les venturons montagnards (Carduelis citrinella) volent ça et là, nous sommes heureux de les voir car cela faisait plusieurs années que nous cherchions à voir ces derniers. Ces petits passereaux ont une aire de répartition très stricte, réduit à certains massifs européens. Granivores, ils affectionnent les boisements de conifères situés à plus de 700 mètres d'altitude. Pendant la période de nourrissage des petits, ils consomment essentiellement des graines de pins, de pissenlits, d'autres astéracées et de graminées, en ajoutant une part non négligeable d'insectes au régime pour apporter les protéines nécessaires aux oisillons.

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Le sommet situé à 1910 mètres d'altitude, donnant une vue imprenable sur les autres massifs. Repéré par les hommes très tôt, il est prisé des cyclistes et des parapentistes mais aussi pour son point stratégique. C'est de-là que bien des étoiles sont observées grâce à l'observatoire astronomique et des ondes envoyées par le grand émetteur rouge et blanc qui s'observe à très grande distance et qui est emblématique de cette montagne solitaire.

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Nous ne l'avions encore jamais vu. Le pavot velu du Groenland (Papaver aurantiacum) est extrêmement rare, uniquement observable dans le sud de l'Europe au sommet du Ventoux où il abonde dans les éboulis rocheux. Relique de la flore locale, c'est un survivant de la période glacière, ayant trouvé refuge en altitude. La phylogénétique semble indiquer qu'il s'agît plutôt d'une sous-espèce du pavot des Alpes (Papaver alpinum).

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Il se reconnaît à ses fleurs aux pétales jaune vif, tirant parfois sur le orange, couleur lui ayant valu son nom scientifique d'aurantiacum, qui signifie orangé. Son nom vernaculaire de velu désigne ses feuilles vert-gris poilues qui lui permettent de retenir l'humidité et se protéger du froid.

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La pilosité de la plante a longtemps été retenue comme critère déterminant pour la désigner comme une espèce endémique, mais la variabilité entre les individus est un autre élément indiquant que ce statut n'est pas si légitime, la présence de poils ne se relevant pas discriminant dans sa détermination. Sur les sites de référence comme l'INPN, Inventaire National du Patrimoine Naturel, tenu par le MNHN, le Musée National d'Histoire Naturel, il a désormais le nom technique de Papaver alpinum var. aurantiacumn rejoignant ainsi le pavot des Alpes (Papaver alpinum) qui lui présente aussi bien des pétales blancs que jaunes.

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C'est une espèce caractéristique de milieux précis, et entre dans la détermination de ceux-ci en particulier des "éboulis à Thlaspi rotundifolium", le tabouret à feuilles rondes que nous avons pu croiser ici et là quelques deux-trois plutôt au même endroit. Ce pavot est aussi caractéristique des "éboulis calcaires subalpins à alpins à éléments moyens des Alpes", un long terme utilisé dans les cahiers de détermination d'habitats.

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La flore du mont Ventoux est assez incroyable. On y croise des centaines d'espèces végétales, dont pas moins d'une trentaine rares, souvent typiques du climat méditerranéen des montagnes des pays de l'est ou du grand nord, un avantage quand on veut s'exercer à la botanique sans partir à l'autre bout du monde. 

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Une famille de mésanges charbonnières (Parus major) s'égosille dans les branches d'un pin à crochets (Pinus uncinata). C'est la mésange la plus commune d'Europe, qui à l'hiver est si présente dans les mangeoires des jardins. Bien qu'abondante et n'ayant pas de statut de menace, c'est une espèce protégée dont les effectifs commencent à chuter, comme celui de tant d'autres petits passereaux qui font partis de notre quotidien.

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Un grand classique des milieux arborés, quelques qu'ils soient, le chardonneret élégant (Carduelis carduelis), qui n'a pas volé son nom avec son plumage éclatant. Son masque rouge, sa poitrine chamois, son croupion blanc, ses ailes jaunes et noires et sa queue sombre tachetée sont tout autant d'éléments qui permettent de l'identifier aisément. Granivore, son régime alimentaire se devine à son bec épais l'aidant à briser les graines.

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Le départ de Sault approche, un dernier oiseau s'offre à nous, le majestueux circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus). Ce rapace se nourrie de reptiles, en particulier de serpents. Sa grande envergure, plus d'1,80 mètre pour certains individus, permet de le voir d'arriver de loin. Migrateur, il quitte la France dès septembre, ce qui explique les grands mouvements que l'on peut observer le long des axes migratoires connus et par les cols.

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Passage par un dernier village. Sur les oliviers et les ormes, des dizaines de papillons sèches les ailes. Ces mêmes papillons qui nous ont accompagné tout au long de notre week-end. Il s'agit de la silène (Brintesia circe), une espèce faisant partie de celles qui ont un genre à elles seules. Il est typique des milieux herbacés, roches ne poacées (graminées) dont sa chenille se nourrie. Il ne produit qu'une seule génération par an.

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Le voyage n'est pas fini. Un de notre objectif de l'année est de retourner voir les guêpiers d'Europe (Merops apiaster), des oiseaux très colorés que nous n'avions pu observer l'an dernier faute de matériel adapté. Pour se faire nous sommes dans le Colorado Provençal, un site aux premiers abords naturel mais complètement industriel, fruit de l'extractions des ocres du sol, connues sous le nom d'ocres de Rustre et où les oiseaux nichent dans les falaises à la roche tendre.

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Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas du Far West que le site tire son nom, bien que ressemblant, mais du provençal, Colorado étant un dérivé du mot couleur. En effet, depuis la route on peut admirer des strates variées, formant 24 nuances s'étallant du rouge au blanc, en passant par le jaune ou le vert, résultat de l'altération du fer, de l'aluminium, des silicates ou encore du manganèse contenus dans les argiles vieilles du Crétacé et formées il y a 110 millions d'années. Sur 30 hectares, un sentier permet aux visiteurs de découvrir cet héritage.

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Les oiseaux sont au rendez-vous. L'instant est magique. Sur les branches d'un arbre mort, ils se posent comme des feuilles multicolores, faisant écho aux chapeaux de fées alentours. Parmi les guêpier, des juvéniles venant tout juste de sortir des terriers creusés par leurs parents. Ils réclamant leur pitance, mais les nourrissages sont peu nombreux, ceux-ci devant apprendre à se débrouiller seuls pour la migration s'annonçant imminente.

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Nous partons. Vraiment ? Sur la route nous apercevons les falaises de Lioux. Demi-tour immédiat, dans l'espoir fou de voir un percnoptère (Neophron percnopterus) un petit vautour revenu depuis peu en France et extrêmement rare. Très bel oiseau qui doit le jaune de son bec aux excréments des carcasses dont il se nourrie. On repassera pour le glamour. Nous ne le verrons pas mais nous serrons gratifier d'une bataille violente entre deux couples de faucons crécerelles, du vol des martinets à ventre blanc et des hirondelles des rochers et d'une quarantaine de guêpiers. C'est sur ces belles images que nous quittons le sud de la France.

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mardi 17 mars 2015

Sortie dans la campagne 1.

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Nouvelle année, nouvelle terre, nouvelles découvertes, nouveau titre ! Désormais plus de " Sorties dans les prés X" mais dans la campagne. Ce petit changement me permettra de pouvoir intégrer plus facilement mes sujets comme celui-ci. Topo sur la campagne aux alentours du beau village de Sault (et de sa boutique de nougat).

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Aux premiers abords on se dit que la saison n'est pas encore aux fleurs. Il fait froid (il a même neigé peu avant mon arrivé), nous sommes encore en hiver et le paysage semble morne. Néanmoins la nature est pleine de surprise et les premiers signes des beaux jours sont là. Les jeunes poussent et les tiges vertes en attestent.

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Cadeau de mon chéri : une belle pomme-de-pin trouvée dans Marseille même. Fermée comme une huître, elle s'ouvre peu à peu sous les rayons du soleil. En de nombreux endroits, en particulier en montagne, les cônes ont été utilisés pour prévoir le temps, un peu comme les carlines sèches clouées sur les portes.

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Qu'elles sont belles mes rosettes d'orchis bouc (Himantoglossum hircinum). Ici en Isère la plante se rencontre rarement, mais là bas bien moins ! J'ai âte de pouvoir croiser les grandes hampes florales de cette orchidée à l'odeur marquée. Il faudra attendre mai pour voir les toutes premières fleurs. La floraison s'étale jusqu'en juillet.

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Encore des chenilles processionnaires (larves du papillon Thaumetopoea pityocampa), décidément elles sont de partout ! Un imago peut pondre 100 à 300 oeufs. Ceux-ci mettent six semaines à atteindre leur maturité. Dangereuses chenilles car allergisantes, les rameaux comportant des nids sont systématiquement détruis. 

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Le lierre grimpant (Hedera helix) fait parti des quelques lianes indigènes que l'on trouve en France. Autrefois utilisé comme purgatif (attention aux contre-indications, il est toxique), il serait dépolluant mais il doit encore faire ses preuves. Mellifère, ses jeunes feuilles sont broutées par les chevreuils et les sangliers.

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Le vieil if (Taxus baccata) est tombé. Son bois a été tronçonné. Tout l'arbre est toxique mais on peut l'utiliser sans risque comme bois de chauffage. On peut aussi en faire des objets d'art, des manches à couteaux ou des arcs grâce à son bois solide. Cela est dû à sa croissance lente qui lui fait atteindre des âges canoniques.

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Voilà une après-midi bien remplit avec Pol, dentiste équin d'origine belge tombé amoureux de la région.Le thème du jour : intervention sur deux ânes qui présentent des dents à problèmes. Une des ânesse présente une dentition "perroquet" et l'empêche de se nourrir correctement. Un coût de fraise et le problème est réglé.

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Le mont Ventoux est sous la neige. Celui-ci porte bien son nom, pour cela il suffit de voir la tête des pins au premier plan. Celui culmine à 1 991 mètres d'altitude et présente un sommet relativement aride. Sa composition calcaire est parfaite pour la culture de la truffe et de la vigne dont les pans sont couverts à perte de vue.

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On néglige trop souvent les plantes rases des sols. Celles-ci sont de bonnes indicatrices sur la nature de ceux-ci mais jouent aussi un rôle précieux pour les plantes et les champignons : elles préservent l'humidité du sol ce qui permet à la flore et aux micro-organismes de ne pas manquer d'eau, même en cas de sécheresse.

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Les chardons appartiennent à l'ordre des astéracées (comme les pâquerettes et les marguerites). C'est aussi le nom de gourmandises typiques de la région. Les chardons du Ventoux (et les Papalines d'Avignons) sont des douceurs à la liqueur d'origan. A cela on ajoute une soixantaine de plantes qui poussent au pied du Ventoux.

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Voilà un résineux à identifier. Personnellement je n'ai aucune idée de qui il est. A savoir : les photos ont été prises le 1 mars 2015, le sol est calcaire, l'arbre se trouve dans un sous bois, mesure 4-5 mètres, les aiguilles en bout des rameaux ne dépassent pas 5-6 cm et on trouve beaucoup de résine sur l'ensemble de l'arbre.

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Le genévrier commun (Juniperus communis) que l'on rencontre souvent en France. On enbrûlait des rameaux autrefois quand des épidémies se déclaraient pour assainir l'air. La fumée de l'arbuste est aussi réputée pour chasser les démons et les sorcières. Ses fruits sont un des ingrédient essentiels de la choucroute. 

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Et puis il y a la belle des belles, ma plante adorée, l'hellébore fétide (Helleborus foetidus L.). Nommée rose du serpent ou pied de griffon, cette plante toxique se reconnaît à son liseré pourpre et à sa floraison précoce. Autrefois on l'employait pour les soins vétérinaires ou pour soigner la démence. 

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Mais il faut bien un moment ou l'autre rentrer ! Le train est devenu mon quotidien, là aussi on y découvre une flore et une faune atypique, parfois discrète et mystérieuses, d'autrefois bruyantes et agressive. Ainsi va l'espèce humaine et ses humeurs... cela ne m'empêche pas d'adorer les gens, bien au contraire.

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mardi 13 janvier 2015

Un weekend à Sault.

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Petit tour par le Vaucluse et par la commune de Sault. Située à 763 mètres d'altitudes, le village donne accès aux nombreuses randonnées situées sur le mont Ventoux. Entourée de forêts, son sol calcaire est parfait pour la culture de la truffe noire, de la lavande et du lavandin.

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Que dire sur Sault ? Que la ville apparaît pour la première fois dans les textes en 859 sous le nom de Saltus, ce qui désigne une terre sauvage et boisée. A la renaissance le bourg devient un comté dirigé par une famille ici de chez, le Dauphiné, les biens nommés Morard... oui tout de suite avec un tel nom, ba ça en jette moins.

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Spécialité locale, la réalisation de colombages en torchis pour les plafonds. Les maisons sont typique du sud, toutes de pierres et en hauteur. La plupart d'entre elles datent du XVIe siècle. Elles sont adaptées pour que bêtes et hommes cohabitent mais aussi pour que les récoltes de fruits et de céréales sèchent à l'abris des rongeurs sur des terrassent nommées trihard.

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La culture de la lavande fait partie intégrante du paysage local avec l'élevage ovin. Connue depuis l'antiquité pour ses nombreuses propriétés médicinales, elle appartient à la famille des liamacées au même titre que le menthe et la verveine. Mellifère, elle se porte particulièrement sur les terres calcaires très ensoleillés.

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Le lieu fait le bonheur des spéléologues avec de nombreuses cavernes à explorer, parfois au pied même du village. Les vestiges qui y ont été découvert sont exposé dans le musée de la municipalité qui présente une collection très éclectique mêlant fossiles, armes blanches anciennes ou même momie !

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Pourquoi aimer Sault ? Pour son nougat ! La nougaterie Boyer se trouve dans le centre du village et est réputée pour ses petites douceurs. Fondée en 1887, le nougat est composé de produits locaux : miel de lavande et amandes provençales. Oeufs en neige et sirop de sucre viennent s'ajouter.

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N'oublions pas les macarons, les galettes d'épautre, les calissons, les amandes enrobées, les fruits confits et les guimauves à l'ancienne ! Un vrai paradis pour tous les gourmands et les amoureux de terroir. Le nougat deSault a même sa propre page sur Wikipédia ! 

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Depuis 1515, tous les mercredis se tient le marché sur la place du village. Légumes, savons, saucissons, fromages et autres produits locaux sont proposés. Le 15 août c'est sur la place de de l'Hippodrome que se fête la lavande à Sault. Folklore et épices font bon ménage.

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Retour à l'ermitage, entre les allées des grands platanes pour profiter des derniers rayons du soleil. Les températures sont exceptionnelles pour la saison cequi donne l'occasion de voir de nombreuses plantes en fleurs.

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Vielles pierres et magies des grands arbres, les habitations locales ne manquent pas de charme. Y passer une nuit nous replongent dans des oeuvres emblématiques tel que "Le château de ma mère".

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Ineffables parfums de rouges fruits confits,
Délicates saveurs âpres de raisins mûrs.
L’ivresse est profonde et la narcose embellit
L’instant si fugace au potron-jacquet azur.

Ah ! Le long des chemins hasardeux de Provence,
Je respire la saponaire et la lavande
Aussi ces infinies bacchanales fragrances
Que le Sombre et le Libeccio austral répandent.

Didier Sicchia

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Fleurs, baies, nid et sève montante... c'est non pas un été indien mais un printemps avant l'heure qui s'annonce ici. Papillons et guêpes parcours les airs, les oiseaux chantent... décidément dame nature perd la tête.

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L'ancien verger est une véritable mine d'or pour la biodiversité. Les écorces des vieux arbres servent d'abris aux insectes pour s'abriter des froids à venir et de garde-manger pour les oiseaux tel la sittelle troche-pot

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Incroyable, rencontre avec mes touts premiers et véritables sanguins (Lactarius sanguifluus), délices du sud très prisés. Une orchidée aux larges feuilles fait une sortie remarquée au milieu des pommes de pins et des feuilles dorées de l'érable champêtre (Acer campestre) tombées au sol.

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L'if commun (Taxus baccata) est un arbre avec une incroyable duré de vie. Réuni en bosquet, on parle d'ivaies qui sont souvent des bois sacrés. C'est un arbre extrêmement toxique et même mortel, don seule la chair des baies (et non les graines qu'elles contiennent) et comestible. Chaque année il entraîne de nombreux décès.

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Aperçu des différentes baies de la campagne environnante :
1 : le gui blanc (Viscum album) est une plante parasite qui tir son énergie en partie de la sève des arbres sur les quelques il se nourrit. Ses feuilles se consomment en infusion. Il peut être toxique.
2 : Le prunellier (Prunus spinosa) produit des prunelles, riches en vitamines C et en tanins.
3 : Le rosier des chiens (Rosa canina) donne quand à lui les célèbres cynorhodons appelés aussi grattes-culs en raison de leur utilisation comme poil à gratté. Ils peuvent être récoltés et consommés après les premières gelées.
4 : Le fusain d'Europe (Euonymus europaeus) présente les plus belles des baies : oranges dorées dans une cosse rose pétant. Très toxiques, elles ne sont là que pour le plaisir des yeux.

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Avec l'aubépine (Crataegus) et quelques vieux chênes pédonculés (Quercus robur L.), ces divers arbustes composes des haies épaisses qui servent à parquer le bétail et à protéger les cultures du vent et des sangliers.

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Nouvelles terres, nouveaux champignons, il faut se familiariser avec de nouvelles espèces. Parmi celles-ci de grands classique comme la russule du fiel (Russula fellea) ou l'armillaire couleur de miel (Armillaria mellea) mais pour les autres, mystère.

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La lépiote élevée (Macrolepiota procera), délicieux champignon au goût de noisette semble se plaire sous ces latitudes. Au four ou à la poêle, elle se cuisine facilement. Sa grande taille permet de vite remplir un panier. Attention toute fois à na pas confondre avec d'autres espèces de lépiotes comme la lépiote brun-incarna qui peuvent être mortelles.

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Qui dit chêne et sol calcaire dit truffes. Il n'est pas rare de rencontrer des chênaies très surveillées. En effet le recel de ce précieux et rare champignon est un fléau qui met souvent les producteurs sur la paille. La saison de production a débuté en douceur cette année.

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Voilà un sympathique rond de sorcièredans la forêt. Un rond de sorcière, appelé aussi cercle de fée est la manifestation d'un mycélium qui s'étend. Dans les croyances populaire on y voyait surtout la manifestation de pratiques magiques, bonnes comme mauvaises.

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Il fallait bien qu'il se pointe celui-là, l'hypholome en touffe (Hypholoma fasciculare). A lui seul il représente presque 50% des espèces de champignons rencontrées en Europe. Malheureusement il n'est pas comestible. Peut être que ceci explique cela. En tout cas un chouette weekend qui sans bon la Provence.

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