mardi 1 août 2017

Sortie en forêt 73.

DSC08838Petite virée ce week-end entre forêt et campagne. D'ailleurs à l'occasion d'une sortie à la tombée du jour, nous avons croisé ce beau bateau, une rencontre annonciatrice du prochain article. En attendant nous allons parler ici de champignons, de cavernes cachées au cœur des bois, de montagnes et de récoltes de plantes pour la prochaine médiévale où vous pourrez me découvrir avec mon tout nouveau personnage de prêtresse celte errante. Un vaste programme en somme.

DSC08857

 Il fait chaud mais cela n'arrête pas le machaon qui est aussi appelé grand porte queue (Papilio machaon).

Pour orner ma ceinture de cuire je me suis confectionnée des tresses de reine des prés pour parler des remèdes d'autrefois et de la théorie des signatures, des bouquets de frondes de fougère aigle pour expliquer comment on espérait au Moyen Âge attirer la pluie et chasser les serpents, des guirlandes de polypores du pin pour raconter l'histoire des champignons dans les cultures et religions pré-chrétiennes et, des couronnes d'origan sauvage pour parler de goût et de cuisine. En une après-midi me voilà parée pour l'aventure.

DSC09004

DSC09039Enfin, les premières girolles sont là, cela nous en fait un tout petit panier mais c'est suffisant pour se faire plaisir et surtout, pour prendre plaisir à en trouver. Il semblerait que pour cette première récolte de l'année nous ayons ramassé des girolles ferrugineuses (Cantharellus ferruginascens).

DSC09021

Nous les avons trouvés dans un biotope qu'elles affectionnent, une forêt mixte composée de sapins pectinés (Abies alba), de houx (Ilex aquifolium) et d'hêtres (Fagus sylvatica). Bien que les pluies leurs soient nécessaire pour fructifier, elles n'aiment pas trop avoir les pieds dans l'eau. Selon les département on peut la récolter de mai à novembre.

D'autres espèces ont fait leur apparition dans le sous-bois également. Hormis la multitude de russules, on peut citer trois champingons particulièrement abondants et que vous pouvez retrouver ci-dessous en photo : l'amanite rougissante (Amanita rubescens) appekée aussi golmotte, la vachote (Lactarius volemus) à la drôle d'odeur de crustacé et le lactaire poivré (Lactarius piperatus) dont un petit bout de lamelle a la capacité de vous brûler la langue pendant plusieurs minutes avec son goût poivré. Bref, ce n'est pas la grande abondance.

DSC08958    DSC08988    DSC09023    DSC09044

Cette virée est un bon entraînement pour remettre les bases à jour en douceur. Depuis un an je suis oullinoise d'adoption et je n'ai que peux le temps pour aller sur le terrain. Espérons qu'en août, il sera possible d'explorer la mycofaune du Pilat et de son massif pour se remettre tous ces noms, parfois en peu compliqués, en tête.

DSC08910Cette sortie mycologique n'était qu'une mise en bouche. Nous voilà donc partis pour faire ce que nous appelons la balade de Miribelle les Échelles. J'ai déjà pu à cette occasion rédiger deux billets sur ce sujet, bien qu'un peu anciens et désuets à mon goût. La nouveauté cette fois-ci est que nous avons suivit pour la première une partie du chemin balisé qui nous est inconnue et ce que l'on peut en dire, c'est que nous n'avons pas été déçus.

DSC08879Le trou du Loup

Drôle de nom pour cette caverne dans la quelle on peut s'engouffrer sur 20 mètres. Nous avons trouvé l'endroit superbe et nous avons pris plaisir à tremper les pieds  dans les cuves calcaires formées par l'eau, les orteils en vadrouille au milieu des larves de salamandre et sous la surveillance des libellules et des fougères scolopendres.

DSC08872

 Pour ne pas se perdre dans la forêt, un ensemble de panneaux indicateurs a été installé. Il permet de donner la direction mais aussi le numéro et le nom des monuments.

Il n'est pas courant de tomber sur une telle cavité. Celle-ci doit abriter de nombreuses espèces d'insectes mais aussi de chauves-souris, plus particulièrement dans les failles et plis de la falaise qui forme les parois extérieures.

DSC08930    DSC08895    DSC08897    DSC08918

Ce type de milieu est très intéressant car les animaux et les plantes trouvent ici des conditions qui ne sont pas présentes dans la forêt. Humidité constante, fraîcheur, anfractuosités calcaires et eau disponible toute l'année font un refuge parfait pour de nombreuses espèces que ça soit de manière temporaire ou à l'année.

DSC08926Les cuvettes et les gorges calcaires sont souvent le lieu où l'on trouve le reste d'animaux. Cela est dû à leur accès difficile aux charognards et au fait que le cour d'eau est entravé par des branchages et des rochers qui retiennent les éléments qu'il transporte. Cela explique pourquoi nous avons pu tomber sur cette jeune grive musicienne (Turdus philomelos). Les grives ne sont pas simples à différencier les unes des autres, en Isère on en rencontre 4 espèces distinctes : la grive musicienne, la grive draine, la grive mauvis et la grive litorne. Elles sont très appréciées des chasseurs et des oiseaux de proies, bien que leur cabris fasse qu'elles ne sont prédatées que par de grands rapaces.

DSC09011

 Les chats ne sont pas en reste et bien qu'ici il soit question de notre gros chat de salon, certains de ses congénères sont redoutables. Les chats seraient ainsi une menace importante pour la faune et entraîneraient la disparition de certaines espèces en France, au même titre de ce qui se passe actuellement en Australie. Autant participer à l'étude Chat & Bodiversité pour savoir de quoi il en retourne.

DSC08953    DSC08964    DSC08969    DSC08979

Il y a un charme particulier qui se dégage de la forêt du Trou au Loup. Un quelque chose de mystique qui nous replongent dans les guerres de religions qui ont animé la région, dans la vie des forteresses de l'ancien royaume qui depuis sont détruites et dont les reliques émergent ici et là dans le village. Un arbre noirci par la foudre, un chemin bordé d'immenses fougères aigles, un ruisseau au fond plat comme un chaudron de diable, des chutes d'eau ... il y a de quoi ici donner naissance à de nombreuses légendes, toujours avec une touche d'ésotérisme.

DSC08856Je ne parlerai que très brièvement du reste du parcours, je me suis déjà penchée sur la question dans d'autres articles du blog. Si vous souhaitez les découvrir, je vous invite à cliquer ICI et à parcourir cette catégorie. Néanmoins je m'empêcher de parler de la Madone du château, érigée au sommet de la chapelle où se trouvait autrefois le château des Corbeaux. Il aura fallu un attelage de pas moins de 20 boeufs pour l'ammener jusqu'ici.

DSC08840    DSC08845    DSC08846    DSC08847

 Depuis la butte cadastrale on peut admirer les sommets de la Chartreuse ou exercer le naturalisme.

DSC08832Retour au jardin familial, toujours en Isère. Il est le terrain idéal pour les grandes réunions de famille et les barbecues. Pour le coup nous avons pu passer une journée très animée et nous initier au tir à l'arc mais aussi au moulki, à la pétanque et bien-sûr, à la sieste. Voilà de quoi ne pas chaumer pendant cet été très animé. J'en profite pour vous dire que le mois d'aout s'annonce chargé et j'aurai bientôt quelques belles nouvelles à vous annoncer. En attendant je souhaite vous remercier pour la direction que prend le blog. Pas moins de 50 000 visiteurs sont venus sur celui-ci pour le seul mois de juillet, c'est de la folie. C'est à la fois très indimidant et motivant. Je ne regrette pas pour le coup le changement de format où je peux m'exprimer dans une forme plus proche de celle de l'article de revue et qui est bien plus libre. Au plaisir de vous lire dans les commentaires et qui sait, de vous rencontrer dans les manifestations médiévales de Rhône-Alpes. Pour le prochain article, je vous dévoilerai les Calanques depuis la mer.

DSC08825    DSC08862    DSC08971    DSC08996


lundi 16 janvier 2017

Destination Bretagne : adieux à la Bretagne.

DSC00333

Nous voilà dans notre toute dernière étape bretonne avant d'entammer les 10 heures de route qui nous ramènerons dans notre petit appartement lyonnais. Pour la peine nous passons la soirée à flâner dans les rues de Dinan après nous être offert un repas mémorable le midi à Matignon à "La vieille auberge" sur la route de Dinard, un restaurant vieux de 100 ans et où la nourriture est à tomber raide, le tout dans un cadre épique. 

 

Dinan, une ville d'histoire.

Son nom vient du celte et désigne un motte cadastrale mais surtout, le nom de sa déesse protectrice, Anna, gardien des morts et bienveillante en vers les vivants. Elle est entourée de grands remparts ce qui n'empêcha pas cette ville bretonne d'être rattachée au royaume de France au XVIe siècle par François 1er.

DSC00339 DSC00345

 

La carverne de Woodshop.

C'est une boutique qui nous a ébahie. Avec brio, Gérald Fafin réalise des meubles et en particulier des lampes avec des éléments de récupération et on peut le dire, il y a du génie dans ses réalisations. Non seulement ses réalisations sont superbes, mais en plus elles sont peu chères aux vues du travail fourni et permet de redonner vie à des objets anciens qui à tous les coups auraient finis à la benne ou au fond d'un garage ou d'un grenier.

DSC00330DSC00338 DSC00336

 

Les rues de la ville.

Elles sont typiques des villes du moyen âge. On peut y observer des murs tordus voire très penchés. Cela tient au fait de nombreux bâtiments vieux de plusieurs siècles composent la ville. À l'époque les outils pour la construction des édifices n'étaint pas toujours très au point et ils n'étaient pas accessible à tous. Souvent, les maisons étaient faites avec les moyens du bord et la main d'oeuvre disponible d'où ces drôles de rues.

DSC00331

 

Le mot de la fin.

Voilà la fin de notre périple en Bretagne en 18 petits volets. Que d'aventures pendant ces 9 jours ! Une vraie épopée. Le compteur de la voiture affiche plus de 2600 kilomètres et la tente a rendu l'âme, fendue de part en part par une large déchirure, le vent breton ne semble pas lui avoir bien plu. Tampis, pour nos prochaines aventures en 2017 nous opterons peut être pour une ou deux nuits sous les étoiles. En attendant nous avons hâte de retourner dans ce coin de France magique mais bien d'autres nous appels : Sud de la France, Alsace, Champagne ...

DSC00309 DSC00315

mercredi 21 septembre 2016

Destination Bretagne : Vannes.

DSC02788DSC08508DSC08503

 Vannes est une superbe ville médiévale. Située dans le Golf du Morbihan, elle est datée de l'an -56 av J.C. et a prit la forme que nous lui connaisons au Ve siècle ce qui en fait l'une des villes gallo-romaines les plus anciennes de la Bretagne. Entre temps la citée historique a connu quelques mutations mais a gardé son charme.

 

Les Vénétes et Darioritum.

C'est du peuple Vénéte que Vannes tient son nom. Concurrent direct des Pictons, ce peuple celte s'alliait parfois avec les autres tribus Armoricaines pour mener des campagnes militaires afin d'avoir le monopole du commerce et des ressources. Nommée Darioritum par les romains, elle jouait un rôle important dans leur conquête de la Gaule mais aussi de l'actuelle Grande Bretagne et permettait de rallier Lyon à Brest.

DSC08465 DSC08472DSC08473 DSC08488

 

Les hortensias (Hydrangea sp.).

Après pas mal d'attente, nous rencontrons enfin nos premiers hortensias. Ils ont la particularité de bien se plaire en Bretagne du fait du climat doux de la côte et de son ensoleillement particulier. Ils peuvent par endroit former de véritable buisson et parfois même des arbustes. C'est une institution que d'en avoir dans son jardin. 

DSC08486 DSC08523

 

L'histoire dans la pierre.

Du fait de son passé riche, la ville regorge de merveilles architecturales. Certaines réalisations peuvent détonner par rapport à ce que l'on trouve dans nos Alpes et pour cause, Vannes et sa région n'ont pas connu une occupation aussi forte que les peuples alpins sous l'empire romain. Cela explique en partie la magie de la ville.

DSC08524 DSC08479DSC02762DSC08480 DSC08520

 

Les lavoirs de la Garenne.

 C'est une attraction forte. Les lavoirs de la Garenne ne sont pas aussi vieux qu'on pourrait le penser. En effet, ceux-ci datent des années 1800 seulement mais leur colombage se fond parfaitement avec celui des monuments historiques de la ville. Destinés aux habitants, ils font partis aujourd'hui du jardin des pieds de remparts.

DSC08516

 

Le mot de la fin.

 Je n'ai pas grand chose de plus à dire sur Vannes (hormis que son bras de mer est superbe) et pour cause, la ville est ensorcelante et il me reste bien des choses à vous dire sur le reste de notre périple en Bretagne (en particulier vous présenter la flore atypique des bords de mer). Le soir même nous avons pu faire une halte parmi les dolmens de Carnac et les admirer au couché du soleil mais ça, c'est pour le prochain épisode.

DSC08515 DSC08533DSC08535

mardi 17 novembre 2015

Fête médiévale, Saint Geoire ne Valdaine (2015).

P1050638

 Comme presque tous les ans, je prends plaisir à me rendre à la fête médiévale de mon village et comme à chaque fois, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer un petit article sur cette journée dont vous pouvez retrouver celles des éditions précédentes ICI avec bien d'autres . Cette année c'était pour la première fois accompagnée de mon bien aimé et Nous avons eu la chance de recroiser les compagnie de 2014 sous un grand soleil.

 

La ville aux châteaux.

 Aujoud'hui encore on ne connaît pas très bien l'histoire de Saint Geoire en Valdaine. Le nombre impressionnant de châteaux et de maisons fortes connues ainsi que ses remparts hauts et nombreux laissent penser que c'était une ville forte voire militaire où de puissantes et riches familles de nobles et de bourgeois vivaient.

P1050649 P1050639

 

Les meneurs d'oies. 

 Mener les oies et plus largement les volailles était à la campagne un travail attribué aux jeunes enfants en vue de les initier au travail de la ferme et/ou d'en faire plus tards des bergers. C'était le plus souvent des dindons qui étaient menés dans les forêts de chênes. En wwoofing dans les Landes j'ai pu rencontrer un exploitant ayant été enfant gardien de dindons et qui passait sa journée à surveiller les volatiles en liberté dans les fourrés denses. 

P1050688 P1050714

P1050691 P1050694

 

Les saltimbanques.

 Apollinaire disait d'eux qu'ils sont une invitation au rêve. On utilise plus souvent le terme d'artistes de rue car le terme saltimbanques a prit une connotation péjorative. Le spectacle de rue est vieux comme le monde, en Occident il était très commun chez les romains et les grecs de voir des représentation sur les pavés.

DSC04685 DSC04686

 

La voltige équestre.

 La voltige équestre est une discipline artistique et sportive assez rependue en Europe qui est issue de traditions très anciennes et rependues sur ce territoire. En France elle c'es popularisé après la seconde guerre mondiale mais cela ne fait qu'une vingtaine d'année qu'elle est pleinement reconnue à travers la fédération équestre.

P1050793

 La discipline aurait 2000 à 3000 ans et aurait été pratiquée pendant les jeux du Cirque romains et sur des taureaux en Grèce par de jeunes hommes. Les techniques ont par la suite été perfectionnées en s'inspirant de divers peuples, en particulier des cavaliers mongoles, des danseurs indiens ou des indiens d'Amériques.

P1050797 P1050813

P1050814 P1050817

 

L'ours Valentin.

 Fini le temps des ours en cage, maltraités et ridiculisés comme ce fût le cas pendant bien des siècles, désormais c'est eux qui font le spectacle. Fréderic CHESNEAU est un dresseur très connu en France pour son savoir faire, pour ses participations à de nombreux films mais surtout pour l'amour qu'il porte à ses animaux. 

P1060068 P1060070

 

Les blasons.

 Ils furent les emblèmes des seigneuries et des grandes villes. Aujourd'hui encore ils sont très présents en particulier pour représenter les régions. Le lion rampant, nom du blason ci-dessous, est présent sur ceux de la Picardie et de Rhône-Alpes par exemple. Il est le blason le plus commun et qui fût le plus souvent porté.

P1050788

 

La buse de Harris (Parabuteo unicinctus).

C'est un des rapaces les plus utilisés dans les représentations. Cet oiseau est originaire d'Amérique centrale. Il face en groupe comma des loups, encerclant leur proie. Quand elle capture un animal et qu'elle se retrouve au sol, la buse déploie ses ailes sur ce premier pour le cacher à la vue des autres prédateurs.

P1050841 P1050858

 

Les rapaces nocturnes européens.

 Ces oiseaux sont protégés et ne peuvent être prélevés dans la nature. Il est d'ailleur interdit de les toucher, de les attraper, de les déranger, de les chasser, te toucher au nid et de les détenir. Seuls les animaux issus d'élevages peuvent être détenus avec autorisation et pour cause. Le hibou grand-duc (Bubo bubo) et la chouette effraye (Tyto alba) ont manqué de peu de disparaître de nos campagne en raison de leur funeste réputation.

P1050900 P1050908

P1050933 P1050940

 

La buse variable (Buteo buteo).

 On la voit partout dans nos campagnes et l'été, il courant de pouvoir l'observer en pleine chasse ou à l'affût depuis un piquet de clôture ou sur une botte de foin avant d'attraper ses proies, à savoir des rongeurs, de petits oiseaux, des reptiles. Son plumage varié entraîne parfois des confusions avec d'autres rapaces de même gabarit.

P1050876 P1050877

 

L'aigle des Steppes (Aquila nipalensis).

 Plus petit que l'aigle royale, il reste un féroce prédateur. C'est un migrateur qui passe l'hiver en Afrique et qui retourne dans les steppes et déserts asiatiques de faible altitude pour se reproduire et élever ses petits. Il est parfois employé pour la chasse aux loups, au lièvre et au chevreuil par les populations mongoles.

P1050972

 

La vie au Moyen Âge.

 Elle n'est pas si triste et sale qu'on aime le raconter. Certes les égouts n'existent plus et la justice ne porte pas vraiment son nom, mais les spectacles sont nombreux, l'higyène est respecté et pratiqué convenablement quoi qu'on en dise, le labeur ne ponctue pas tous les temps de la vie et les fêtes de villages sont abondantes.

P1050656 P1050666

 

Le bon manger autrefois.

 À la table des puissants on trouve tout au long de cette vaste période qu'est le Moyen Âge des plats et surtout des recettes qui aujourd'hui nous ferraient pâlir. Très épicées, elles accommodent sans problème la viande de dauphin et les pommes, la viande de cygne et le choux et le héron cendré avec les poires. 

P1050982 P1060175

P1060172 P1060177

 

Le mot de la fin.

 Les fêtes médiévales sont de nouveau à la mode même si elles ont souvent un petit côté vieillot. C'est là tout leur charme. Se replonger dans l'Histoire et la tradition, marcher dans les rues de pierres, humer les épices, le vin chaud et l'odeur de la paille donne à réfléchir sur ce qu'il y a encore peu faisait le quotidien de nos ancêtres.

P1060208 P1060259

P1060200

dimanche 28 septembre 2014

Fête médiévale de Crémieu (édition 2014).

P9131015

 Après la fête médiévale de Saint Geoire en Valdaine, voici celle de Crémieu (weekend du 13 et 14 septembre 2014). L'occasion est toute trouvée pour parler un peu de cette cité médiévale mais aussi des pratiques et du mode de vie qui étaient de rigueurs au Moyen Âge.
Pour découvrir les vidéos et photos de l'événement, n'hésitez pas à faire un tour chez Grimwen qui avec l'éternelle Poppy furent mes compagnes de route par cette belle journée. Merci à vous les filles !

P9130293 P9130294

P9130292 P9130301

 Crémieu est un village médiévale Isèrois qui se situe au nord du département. Il fût longtemps un carrefour commercial important mais aussi un centre militaire de par sa proximité avec la Savoie. Il est surplombé par un prieuré bénédictin fortifié qui domine depuis les falaises de Saint-Hippolyte. Suite au déclin économique au XVIIIé siècle, de nombreux ordres s'y installent: les Capucins, les Pénitents Blanc, les Visitandines et les Ursulines. 

P9130531

On attribue souvent au lys la paternité du blason des rois de France mais en réalité ce dernier serait inspiré des fleurs des iris des marais (Iris pseudacorus). A l'origine et dans l'Antiquité, Iris est la messagère des Dieux qui, en récompense de ses services, est transformée en arc-en-ciel.

P9130237 P9130374

P9130258 P9130259

Du Moyen Âge jusqu'à notre époque contemporaine, les épices sont utilisées de bien des manières. Aussi précieuses que l'or autrefois, elles étaient employées en cuisine mais aussi en médecine. Ce sont d'abords le poivre, la cannelle, le gingembre, le galanga et le clou de girofle qui sont importés puis le cubèbe (baie proche du poivre), la noix de muscade et la graine de Paradis. Le sucre est également considéré comme épice. Connu a la fin du 12e siècle, il est utilisé dans la pharmacopée.

P9130417

 A l'époque médiévale les femmes devaient se couvrir la tête (une chevelure libérée étant signe de disponibilité sexuelle et donc de prostitution) mais, le chapeau reste un vêtement d'homme. En fonction des époques, les dames portent donc un long voile qui couvre le cou, les oreilles et une partie des cheveux mais aussi la crépine, le couvre-chef, la guimpe, la coiffe, le gorget, la barbette et/ou le chapel. Exception, pendant le Haut-Moyen Âge les jeunes femmes non mariées n'avaient pas l'obligation d'aller et venir tête couverte.

P9130434 P9130980

P9130919 P9130435

  Le folklore médiéval regorge de créatures et de personnages fantastiques qui sont intimement liés à la religion. Les plus populaires sont des succubes et les incubes, des démons qui se mêlent au genre humain pour donner naissance à des monstres. On peut également citer les ogres et les géants hérités des légendes antiques, les licornes, les monstres marins, les lions monstrueux (qui se sont éteints dans le Sud de la France 200 av J.C.), les hommes chiens ou encore les loups-garous.

P9130388

 La bourse ne doit pas être confondue avec l'aumônière. La première est un petit sac de cuir attaché à la taille qui contient l'argent personnel. Elle est portée par les badauds. La seconde sert à recueillir l'argent des quêtes mais peut aussi être portée sous les vêtements ou offerte comme gage d'amour.  Elle est fabriquée dans des tissus luxueux et est souvent brodée de fils soie. Elle est l'apanache des nobles.

P9130482 P9130486

P9130488 P9130844

 Si la médecine médiévale est très archaïque, la chirurgie l'est bien plus encore. Contrairement à l'Orient où elle est des plus élaborées, en Europe elle est proche du charlatanisme du fait de la méconnaissance du corps humain (l'Église interdit en 1163 l'autopsie des corps). Alors que la médecine est pratiquée par le clergé, c'est l'ordre des barbiers en France qui s'occupe de la chirurgie qui bien souvent consiste à effectuer des amputations.

P9130109

L'enfance à l'époque médiévale n'est pas du tout perçu comme elle l'est aujourd'hui. C'est à trois ans, selon les textes, que l'enfant commence à cheminer vers l'âge adulte, quand il débute l'apprentissage de la parole. A 5 ans, il est dans l'âge de pré-raison et à 7 entre dans celui de raison: il doit être éduqué à devenir adulte, se rendre à la messe et apprendre les prières majeures. A 12 ans les jeunes filles deviennent des femmes et à 15 ans, ce sont les garçons qui sont considérés comme des hommes.

P9130705 P9130735

P9130553 P9130969

 Au Moyen Âge les ménageries sont déjà présentes à la cour des rois. Les animaux proviennent des terres connues (exit donc l'Australie et les Amériques par exemple). Charlemagne en était friand et possédait trois ménageries: une à Aix-la-Chapelle, une à Nimègue et une à Ingelheim où étaient conservés des éléphants, des lions, des ours, des singes, des faucons et des oiseaux exotiques comme les perroquets.

P9130444

Le métier de forgeron est l'un des plus vieux au monde, il coïncide avec la découverte du métal soit il y a un peu plus de 7000 ans. C'est au Moyen Âge qu'apparaît le travail sur enclume par le marteau. Les pièces en étain, en argent ou en acier sont fondues puis coulées dans un moule avant d'être travaillées puis refroidies dans l'eau pour prendre leur forme définitive.

P9130493 P9130526

P9130593 P9130691

 L'époque médiévale (qui couvrent environs une période longue de 800 ans) n'est pas un âge aussi sombre qu'on le prétend et la musique y a toute sa place. On peut dire d'elle qu'elle "se caractérise par l'apparition de formes vocales et instrumentales dont la polyphonie, la musique de cour, la messe, le chant courtois".C'est l'avénement des chants grégoriens tels que nous les connaissons.

P9130450

 Les rongeurs et en particulier les rats ont une symbolique très forte dans notre culture, en particulier au Moyen Âge où il est associé comme le serpent, la chauve-souris et la crapaud au domaine du maléfique mais aussi à la maladie, étant le principale véhiculeur de la peste. De nombreuses superstitions sont liées à cet aniaml. Ainsi un rat qui ronge un meuble dans la chambre à coucher annoncerait la mort d'un proche. 

P9130412 P9130247

P9130278 P9130528

 Jusqu'à la fin du Moyen Âge la fourrure joue un rôle économique très important. Ce sont les pelletiers (appelés aujourd'hui fourreurs) qui ont pour métier de préparer les fourrures. Réservée aux nobles, celles de renard, d'hermine, de castor, d'écureuil du Nord et d'hermine étaient les plus prisées pour doubler les vêtements et border les plus belles étoffes. Le petit peuple lui se vêtissait avec des toissons d'agneaux, de chévreaux ou de chats.

P9130123

 La broderie a aussi toute sa place. Originaire d'Egypte, elle se diffuse dans le bassin méditerranéen et dans le Moyen Orient. Les motifs d'abords inspirés de ceux de la cour de Byzance, représentent tout d'abords des animaux réels ou fantastiques, des végétaux puis des scènes de guerres inspirés des croisades en Terre Sainte.

P9130306 P9130305

P9130287 P9130296

 La découverte du Nouveau Monde correspond à la fin du Moyen Âge et au début de l'époque contemporaine. C'est le temps de conquêtes, des grandes explorations et de développement de la cartographie. Les navires reviennent chargés de fourrures, d'or et de pierres précieuses, d'épices et de plantes exotiques (dont les tomates, les pois, les poivrons, les piments et les pommes de terre), d'animaux exotiques mais aussi d'esclaves.

P9130288

 Le métier d'herboriste est reconnu en France sous ce terme pour la première fois en 1312. Les herbiers qui officient dans les herboristeries se retrouvent en concurrence avec les apothicaires qui tiennent les pharmacies et les médecins. Très présente dans les campagnes, elle s'inspire de la théorie des signatures: un mal se soigne par une plante qui a des attraits proches ou opposés à la maladie.

P9130416 P9130161

P9130608 P9130650

 Bien que les sources soient faibles, il est attesté que les cracheurs de feu ont existé au Moyen Âge. Peu représentés, on les retrouve dans les cours des chateaux pour divertir les châtelains mais aussi dans les fêtes de villages, dans les mariages et dans les célébrations populaires.

P9130401

 Au tout début du Moyen Âge (que l'on nomme Haut M-A), les vêtements des femmes sont semblables à ceux des hommes. Il faudra attendre l'arrivée du mouvement gothique pour voir les étoffes se parer de lacets, de boutons et de broderies et les corsets et jupons faire leur apparition. 

P9130402 P9130406

P9130562 P9130541

 Les cloches, les grelots et les clochettes avaient d'important rôles en ces temps là. Ils servaient au campanier à annonçer les mariages, les bâptème et les funérailles. Les lépreux en agitaient sur leur passage pour avertir les passants de leur arrivée pour qu'ils puissent les fuire et éviter les risques de transmission.

P9130487

 Le datura officinale (Datura stramonium) appelé aussi trompette des anges.C'est une plante très toxique qui était employé autrefois dans les cours européennes par les femmes pour dilater leurs pupilles ce qui était signe de beauté. C'est aussi une plante qui était utilisée par les sorcières et les guérisseuses.

P9130535 P9130568

P9130281 P9130282

 Les guerres pendant le Moyen Âge sont nombreuses. Les plus connues sont les Croisades en Terre Sainte. C'est à cette époque qu'apparaissent les guerriers soldats, les Croisés. Reconnaissables à la croix rouge qui horne leurs habbits, la croix de Malte, ils livrent bataille au Sarrasins. On parle aussi de Croisées: ce sont les femmes de guerriers et de seigneurs qui accompagnent leurs époux dans les Croisades.

P9130492Bref, voilà un peu d'histoire pour mettre en lumière cette belle journée. Sur le site il est possible de festoyer (pour environs 25 euros): cette année de beaux jarrets de boeufs à la broche tournaient au dessus du foyer. Les joutes de chevaliers et le vol des rapaces ont pu ravir les grands comme les petits (pour 10 euros). Parmi les nombreux stands, des troupes d'oies, des créatures fantastiques, des jongleurs, des musiciens et même des prêtres démoniaques déambulent. Il ne reste qu'à attendre l'an prochain.

Un grand salut à tous les acteurs des festivités: les bénévoles, les lépreux de l'association Les Copains d'Abord, la compagnie des Gueule de loups, les flûtistes de la Menestrandie, le chorale A Lieta Vita. Merci aux chevaliers, aux danseurs et autres chanteurs.