mercredi 23 mai 2018

Le pastel des teinturiers.

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Ce printemps, le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) colore de jaune les bords de route secs et calcaires. Pourtant, c'est une toute autre teinte que l'on tire de cette plante et qui lui a valu son nom. Utilisé depuis l'âge du fer (même si son usage c'est généralise à l'antiquité), on tire de ses feuilles une teinture bleue après les avoir séchées puis broyées. Couleur des rois et de la noblesse, c'est au moyen âge que la culture du pastel s'intensiffie pour répondre à la demande toujours plus importante, que cela soit chez les teinturiers ou les tapissiers. Aujourd'hui il est encore cultivé mais à des fins fourragères. C'est également une plante médicinale riche en composés qui en médecine populaire était employée pour apaiser les oedèmes et cicatriser les plaies.


jeudi 22 mars 2018

Les plantes médicinales du Pérou.

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"Femme vendant des plantes médicinales à Mila, co-fondatrice de Coop Naturae.
Région de l'Ancash, Pérou. Photographie de Joao Socola"

Aujourd'hui, j'ai à coeur de vous présenter un projet qui a mit un peu plus de 6 mois à voir le jour, celui de trois passionnés de plantes sauvages et médicinales. Coop Naturae est une association française lancée en août 2017 par Amélie et Mila, toutes deux diplômées en sciences sociales. Issus du monde associatif et celui des ONG, les membres ont à coeur de travailler avec les populations rurales pérouviennes via la culture et l'usage des plantes. 

 

Pourquoi les plantes médicinales ?
Parce que les trois membres fondateurs les utilisent au quotidien mais aussi, parce que le Pérou regorge de végétaux méconnus, présents dans les savoirs traditionnels et qui sont amenés à disparaître si rien n'est fait. C’est un patrimoine immatériel à sauvegarder à travers trois grands axes : préserver, valoriser et diffuser.

Une valeur fondatrice.
Celle de respect, avec comme fer de lance l'idée que « l'Homme et la Nature font partis d'un tout ». Cette démarche s'inscrit dans un contexte de crise écologique et sociale qui implique des changements profonds dans les pratiques, en prenant soin de ce qui nous entoure et dont nous tirons nos ressources, en somme, avoir un mode de vie plus respectueux et responsable. De ce fait, les populations locales font partie intégrante du projet, car c'est par elles qu'il prend vie et se pérennise.

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"Aloysia citriodora Palau : excellent comme huile essentiel. Antispasmodique, eupeptique, carminative, antimicrobien, analgésique local et sédatif. Digestif, aide à contrôler les nerfs et l’anxiété. Aide à contrôler les réactions allergiques, réduit l’information abdominale. Aide pour les traitements du côlon irritable."

 

Un objectif.
7Celui de permettre le developpement d'une agriculture biologique durable et responsable centrée sur les plantes médicinales dans la région andine du Huaraz. Montés en coopérative, les agriculteurs ayant des pratiques basées sur les savoirs-faires traditionnels et respectueux des sols pourront tirer profit de leurs récoltes tout en répondant à un enjeu économique et de santé humaine, le but étant de conserver l'intégriter de la terre, de permettre aux populations d'avoir accès aux soins (les structures médicales étant par endroit rares et vétustes) et de préserver un savoir et une culture propre à cette région des Andes.

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Comment ?

Pour se faire, il faut des fonds, pour assurer la logistique et surtout, l'emploi de tous les intervenants à cette démarche. Le but premier conscite à la rédaction d'un guide cataloguant toutes les espèces médicinales et les pratiques leurs étant associées. C'est un véritable travail d'ethnobotaniste auquel, vous vous doutez bien, je ne peux pas rester insensible. Ce recensement sera effecté par une native de la région, forte d'une belle expérience sur les projets inter-culturels du ministère de la culture, ayant travaillé avec les ONG et sur le projet Qhapaq Ñan de l'Unesco. Le travail sera complété par les travaux d'une chercheuse ainsi que la mise en place d'ateliers auprès de la population, en particulier des agriculteurs et des écoles. La démarche de réaliser des worshops avec les acteurs locaux est essentiel, car il est bien beau de collecter de l'info mais s'il n'y a plus personne pour faire vivre ces pratiques et ces savoirs, ils s'éteignent. Informer, faire pratiquer, montrer, expliquer et sensibiliser, c'est l'essence même du projet. Sans cela, l'entreprise est veine car non durable dans le temps, faute de personnes pour la faire vivre et l'animer.

29342691_292037207994536_9195695263304384512_nLes grandes étapes.
5 mois sont dédiés à la recherche, d'une part sur le recensement des plantes et des connaissances, et d'autre part sur les maladies les plus communes de la région, l'idée étant d'identifier les remèdes pouvant être les plus bénéfiques à la population.

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S'en suivra la création du guide édité en français, en espagnol et en anglais. La recherche s'axe également sur les agriculteurs locaux et leur savoir-faire. L'étude des jeux d'acteurs, des besoins, de la spécifité des sols et des ressources comme celles en eau sont tout autant d'éléments qui doivent être compris et maîtrisés pour permettre la mise en place des ateliers. Conçus avec une série d'outils dévaluation pour savoir si les actions mises en places sont efficaces, ils ont pour objectifs de répondre aux besoins des communautés en étant les plus proches possible de la réalité. La mise en place des ateliers est au coeur du projet. Axés sur l'amélirotation des sols, la gestion de l'eau, la culture et l'utilisation des plantes médicinales, ils doivent servir d'outils aux enseignants, aux acteurs du monde de la santé, aux ONG et à la population.

 

La durabilité de l'action.
Pour que le projet puisse être viable, il est nécessaire que celui-ci intégre les dimensions du développement durable, à savoir l'écologie, la culture et l'économie locale. L'autonomie des personnes impliquées dans le projet passe donc par la récolte, la transformation et la vente des plantes médicinales, en particulier à travers la production d'huiles essentielles mais aussi, par la formation pour que la pratique soit pérenne.

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Comment participer ?
Au Pérou comme dans beaucoup d'autres pays et régions du monde, ce type de projet reste très compliqué à financer, hors comme pour toute chose, l'argent est le nerf de la guerre. Axés sur le tourisme, les fonds publiques tendent à laisser de côté les secteurs du droit, de la santé et de l'éducation. Pour pallier à ces manques, un crowdfunding vient d'être lancé sur le célèbre site Ulule. Pour faire vivre le projet, un simple geste peu suffire. L'avantage de cette plate-forme est que le don est sécurisé mais aussi, que le projet et l'utilisation des fonds, y sont très détaillés. Rien est laissé au hasard et pour cause, cette entreprise est sérieuse et permettrait non seulement aux habitants de bénéficier de soins, de conserver leur identité à travers un savoir ancestral menacé, mais aussi d'acquérir des compétences rendant leur quotidien viable.

 

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Pour aller plus loin.
Pour mieux connaître le projet et mettre votre pierre à l'édifice, rendez-vous sur ulule.com/coop-naturae. Une série des vidéos et des explications claires accompagnées de schémas vous y attendent. Sur facebook, n'hésitez pas à visite la page de Coop Naturae. Vous y trouverez tous les contacts des membres. Enfin, ces superbes photos qui invitent au voyage sont le fruit des membres de l'association, en particulier de Joao Socola et Jean Hr.

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