jeudi 17 décembre 2020

Sortie en campagne 17 : du fleuve au fort.

DSCN5584Septembre, au bord du Rhône. Nous nous accordons un peu de répis le long de l'eau. Je suis soumise aux heures de sortie encore, les ballades se font alors le plus souvent après 16 heures ou en début de soirée. Cela correspond tout à fait à l'été indien que nous rencontrons et qui se poursuivra jusqu'à novembre, mais pour l'heure nous ne le savons pas encore. Il y a beaucoup de monde. Motocross, pêcheurs et randonneurs s'en donnent à coeur joie sous fond de musique techno. Malgré tout, nous réussissons à nous trouver un petit coin de calme pour pique-niquer sur une des rives et sous les arbres au frais. La faune est relativement absente en raison du bruit et la plupart des fleurs sont passées ou désséchées avec les fortes températures. Nous avons tout de même la chance de voir quelques oiseaux comme un martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis), et j'en suis plus que ravie. Cela me rappelle Oullins avec plaisir.

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En plein repas nous regardons au-dessus de la raffinerie qui nous fait face. Au loin, un vol de 50 cigognes blanches (Ciconia ciconia) entame sa migration arpès s'être levé doucement dans les airs. Elles ont du passer la matinée du côté de Corbas dans les grandes plaines de cultures et profitent des thermiques pour reprendre leur route. Équipés de jumelles, nous assistons à leur lent départ en direction de la Camargue puis de l'Afrique.

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À quelques lieux de nous, une mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) se rafraîchie. Il est rare d'en croiser dans le coin à cette période de l'année, la plupart étant encore du côté de la Loire et des zones cottières pour nicher. Les mouettes se réunissent sur les plans d'eau par centaines, parfois par milliers. Elles y confectionnent leurs nids à partir de joncs et les dissimulent dans la végétation. Dès la naissance les poussins le quitte pour suivre leurs parents à la nage. On parle alors de poussins nidifuges.

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Nous partons un peu plus loin, direction Gringy pour la base nature du SMIRIL. Arrivés sur place nous trouvons sur le tronc d'un arbre mort un superbe polypore soufré (Laetiporus sulphureus). C'est un champignon que j'apprécie beaucoup pour sa consistance tendre et ferme à la fois. Je le cuisine le plus souvent comme de la volaille braisée, dans une poêle avec un peu de matière grasse et pour finir, avec beaucoup de fromage.

DSCN5593La faune se montre ici un peu plus diversifiée. Les mésanges notamment dont nous croisons 3 espèces différentes. Ici c'est la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), une habituée des mangeoires l'hiver et qui peut se montrer aggressive face à d'autres oiseaux concurrents malgré sa petite taille. Septembre sonne la fin de la reproduction de l'espèce. Le plus souvent deux nichées sont menées à terme mais il n'est pas rare d'en voir une troisième chez les couples les plus productifs. Les oisillons mettent une vingtaine de jours à devenir indépendants et à quitter le nid. Il leur en faudra encore 2 à 3 de plus pour quitter également leurs parents qui profitent de ce labs de temps pour les former au monde extérieur. Hélas pour eux, une grande partie des jeunes ne survivent pas à leur première année, les prédateurs, les intempéries et les maladies ayant raison d'eux. Néanmoins les effectifs semblent stables.

DSCN5590Du sommet des bosquets, un drôle de liane verte a fait son apparition. Il s'agit du houblon grimpant (Humulus lupulus), une vivace bien connue pour parfumer la bière.Cependant, ce sont les cultivars, les versions cultivées qui est employée car plus parfumées. Il s'agit ici de l'espèce sauvage. Elle a longtemps souffert de la même réputation que le lierre, bien que cela soit faux pour l'une comme l'autre. Les romains pensaient que le houblon suçait la sève des arbres. Dans les faits il ne se sert des autres végétaux que comme tuteur.

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Si le houblon ne fait pas forcément le bonheur des oiseaux à l'arrivée de l'automne, deux autres arbustes remplissent sans mal cette fonction. À gauche, il s'agit du sureau yéble (Sambucus ebulus), un sureau arbustif aux baies sombres et toxiques pour l'Homme, mais fort nourrissantes pour les petits passereaux migrateurs comme les fauvettes.Des frutis on peut obtenir une jolie teinte violine. À droite, il s'agit de l'aubépine monogyne (Crataegus monogyna), dont les cenelles rouges sont comestibles. Farineuses, on peut en tirer profit en confiture après les avoir cuites et passées au moulin. Anciennement, elles étaient séchées puis moulue pour confectionner une farine dite du "pauvre", de la même manière que les sorbes.

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Et puis il y a les reines de la mare. Sur le SMIRIL on en compte de nombreuses et toutes sont peuplées de grenouilles vertes (Pelophylax kl. vert). S'il est difficile de définir l'espèce en raison des nombreuses hybridations, on peut en déterminer le complexe à l'aide de quelques critères simples comme la présence de deux bandes marquées sur le dos, ou la couleur des sacs vocaux. Même là rien n'est sûr et seule la génétique peut trancher.

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Un frelon européen (Vespa crabro) s'est posé au milieu de la mare. Face à une grosse grenouille, je ne sais pas lequel des deux est vainqueur. La teinte rouge de son torax et sa taille permettent d'exclure le frelon asiatique (Vespa velutina), qui est parfois appelé frelon jaune bien qu'il soit majoritairement noir. Bientôt le froid et le manque de nourriture aura raison de sa colonie, et seules les jeunes femelles suvivront en se mettant en dormance dans la litière ou derrière une écorce. Le nid quand à lui sera détruit par les éléments, et les rares larves restantes, dépourvues de protecteurs, serviront de nourriture aux petits oiseaux.

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Changement de paysage, nous partons pour le fort Montcorin au nord de la commune. Ce fort millitaire sert de local à certaines associations sportives mais aussi, de vollière géante au gardien du fort. Si de nombreux oiseaux d'élevages assez surprenants peuvent y être observés comme des races rares d'oies, de canards ou de poules, on trouve tout autant de petits oiseaux sauvages. Parmi ceux-ci, on trouve les orites à longues queues (Aegithalos caudatus). Longtemps appelées mésanges, elles ont été sorties de cette famille et ont depuis pris le nom d'orites. Grégaires, le plus souvent on les entend avant de les voir.

DSCN5630Nous empruntons le petit sentier foréstier. J'adore me promener ici car il y a toujours des animaux à observer, en particulier les pics. Deux espèces sont particulièrement présentes, le pic épeiche (Dendrocopos major) et le pic vert

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(Picus viridis). Si le premier est plutôt forestier, le second s'aventure sans crainte dans les vergers où il cherche sa nourriture (fourmis, insectes) à même le sol. Au détour d'un virage nous tombons sur une loge. Creusée par le pic à l'aide de son bec et de patience, c'est là qu'il niche. Le diamètre d'un trou permet à coup sûr de savoir de quelle espèce il s'agit, le diamètre étant propre à chacune d'entre elles. Ici on peut suppose sans mal que c'est le pic vert qui demeure. Reste à attendre le printemps pour nous mettre en affût et peut être voir l'envol des jeunes.

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De petits piaillements se font entendre, suivis d'une multitude de boules de plumes vertes, jaunes, blanches et grises. Il s'agit de roitelets triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe avec son cousin le roitelet huppé (Regulus regulus). Pour les différencier, le premier possède une bande blanche au dessus de l'oeil. La femelle possède un bandeau jaune vif alors que celui du mâle tire sur l'orangé.

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Principalement insectivore, il doit en période hivernale manger l'équivalence de son poids chaque jour pour survivre, ce qui représente 5 à 6 grammes. Il peut alors incorporer un peu de nourriture végétale, principalement des graines qu'il glane en groupe, parfois avec d'autres passereaux, à basse et mi-hauteur dans la végétation. Il quitte rarement le sous-bois et affectionne les peuplements de conifères. Il se rencontre parfois dans les jardins.

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Le paon bleu et l'une des 3 espèces de paons. Sauvage comme domestique, elle est la moins menacée.

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On passe du tout petit au très gros. Au fort, une grande basse-cour anime les fossés. Parmi les canards, dindes, oies et poulets, plusieurs couples de paons bleus (Pavo cristatus) déambulent. Non plumés, ils partent parfoisdans les vergers se promener mais jamais très loin et très longtemps. Empruntant le chemin que les oiseaux prennent régulièrement, nous avons pu trouver quelques belles plumes car les animaux sont en pleine mue. Elles trônent fièrement dans le salon et font le bonheur du chat qui adore les mâchonner.

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Un autre oiseaux, cette fois-ci originaire de nos lattitudes, aborde de jolies plumes bleues. Il s'agit du geai des chênes (Garrulus glandarius), un corvidé connu pour ses couleurs vives et ses cris rauques. Opportuniste, il se nourrit essentiellement de glands d'où son nom, de fruits, de noyaux et occasionnelement d'éléments carnés : oisillons, charognes, insectes etc. Fin septembre, les geais tournent dans le verger à la recherche des pommes, des kakis et des poires tombés des arbres avant récolte et inaptes à la commercialisation.

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En retournant en direction du village, nous tombons sous une autre espèce de liane européenne, la clématite des haies (Clematis vitalba). Appelée herbe aux gueux, elle était utilisée dans le passé par certains mendiants pour créer des ulcères sur la peau et attirer la pitié. Elle est aussi connue dans le film "La gloire de mon père", même s'il semblerait qu'il s'agisse plutôt de sa cousine la clématite brûlante (Clematis flammula), plus suddiste.

DSCN5707Retour à la maison. J'ai craqué, me voilà avec une ribambelle des livres. Je peine encore à m'y mettre mais je commence à trouver le temps et l'envie de me mettre au lit avec un bon livre. J'ai envie d'explorer cet hiver le monde de l'alimentation par une entrée sociologique et anthropologique.

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En attendant, j'observe les oiseaux de ma fenêtre. Un soir un choucas des tours (Corvus monedula) est venu se poser sur le clocher qui fait face à notre appartement. Certains jours, à la tombée du soleil, nous en voyons plus d'une centaine partir en direction de Lyon pour gagner leur dortoir, que nous pensons avoir peut être trouvé. Des corneilles noires (Corvus corone) suivent le même chemin matin et soir. Les corvidés ont beaux être mal-aimés, je ne peux m'empêcher d'en faire mes animaux préférés.

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vendredi 16 octobre 2020

Sortie en campagne 16 : l'Isère à la belle saison.

DSCN3675Nous voilà en Isère, à la maison familliale. Nous n'y avons passés quelques weekends entre la fin du printemps et le début de l'été. L'occasion pour nous d'explorer de nombreux milieux, que ce soit en couple, entre amis ou en famille. Nous avons pu suivre l'évolution de certaines nichées d'oiseaux repérées pendant le confinement par mes proches, ou apprendre à voir avec des yeux nouveaux des espaces qui nous étaient connus et, pour lesquels nous ne prétions pas l'attention qu'ils méritaient. En résulte quatre weekends entre la mi mai et la fin juin à parcourir le département, toujrous de préférence à la limite de la Savoie et jamais très loin de la Chartreuse, mon éternel berceau.

Chapitre 1 : la Montagne.

Première sortie post-confinement ou notre exploration loupée du Charmant Som.

Le déconfinement a débuté il y a deux semaines. Encore inquiets que la tournure des événements peu prendre, nous partons voir ma famille non sans prendre de précaution. Insipiré par cette liberté de mouvement retrouvée, nous proposons d'aller faire un tour au sommet du Charmant Som. Quelle erreur car ce jour là nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée et nous avons très vite déchantés une fois arrivée sur place.

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Des gens, des gens partout. Pas un mètre carré n'est libre. Je ne juge pas le choix de venir ici, ayant fait le même j'en serai bien mal avisée, mais plutôt l'absence de tenue et de respect pour ce milieu naturel fragile. Les chiens pourtant interdits sur le site sont laissés libres, les narcisses du poètes protégés ici finissent avec les narcisses jaunes en immenses bouquets qui, redescendus dans la pleine, ne tiendront pas plus d'une journée en vase. Certains vont jusqu'à dérraciner des gentianes printanières par tapis entiers. Devant le massacre je prends la nausée. Nous prenons tout de même le temps de profiter du paysage snas pour autant aller au sommet.

DSCN3716Belle surprise. Au pied d'une cavité, un tapis de soldanelle des Alpes (Soldanella alpina) pousse. Fragiles, les fleurs apparaissent de mai à août après la fonte des neiges dans les pelouses. On en trouve de belles populations également dans le Massif Central et dans les Pyrénées. Néanmoins et comme son nom l'indique, c'est dans les Alpes que l'espèce est la plus présente. Pour l'heure elle n'est protégée qu'en Auvergne.

DSCN3729Pauvres orchidées, nombre d'entre-elles ont aussi fini en bouquet. Il s'agit ici de l'orchis sureau (Dactylorhiza sambucina) en raison de son parfum sucré et suave proche de celui de l'arbuste du même nom.

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Chez cette espèce, deux types existent : les plants aux fleurs roses et aux bractées rouges et les plants aux fleurs jaunes et aux bractées vertes. Une diversité qui peut parfois surprendre les botanistes en herbe. Haute de 10 à 30 centimètres, elle attire facilement le regard. Très présente dans le Massif Central, elle est présente ponctuellement dans les Alpes. Pour ma part je la trouve relativement souvent en Chartreuse dans les pâtures humides.

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Une autre orchidée est présente, l'orchis mâle (Orchis mascula). Son nom rappelle que de nombreues orchidées terrestres ont des tubercules semblables à des testicules. D'ailleurs le terme orchis signifit testicule en grec ancien. On prête ainsi aux parties souterraines des orchidées des pouvoirs aphrodisiaques (théorie des signatures). Ils sont alors consommés sous forme de poudre, le plus souvent dans le salep, une boisson chaude faite à base de farine de tubercules d'orchis. Si par endroit les fleurs sont abondantes, dans d'autres elles se font rares en raison de leur récolte intensive. Cette pratique est connue depuis l'antiquité.

DSCN3707Dans la pâture se trouvent des chénopodes bon-Henri (Blitum bonus-henricus), appelés aussi épinards sauvages. Nourriture paéolitique, je les aime aussi bien en tarte, en soupe ou que cuits à la vapeur. Poussant sur les sols azotés, là où les animaux aiment stationner, il vaut mieux éviter de le consommer cru quand ils sont cueillis en nature pour limiter la transmission de parasites à l'Homme, l'eau vinaigrée n'ayant aucune efficacité pour s'en débarasser. On peut également les préparer en purée ou en salade pour ce qui est des jeunes pousses.

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Abritées du soleil, quelques névés résistent tant bien que mal au soleil. Il s'agit d'une accumulation de neige dû au relief, même en situation de fortes chaleurs, et toujours sous le seuil des neiges éternelles. Les névés sont précieuses. Leur fonte très lente alimente en eau les plantes et pelouses alentours, permettant à des espèces peu communes dans ce type de milieu de se développer. Le sol de la Chartreuse étant calcaire, c'est à dire composé d'une roche poreuse, l'eau ne s'y accumule que très rarement. La flore que l'on rencontre ici est de ce fait une flore adaptée pour résister à la sécheresse. C'est de là que le massif tient son nom de désert vert.

DSCN3737Entre les pierres, pousse des touffes de poygale (Polygala sp). Avec plus de 1750 espèces, il est bien difficile de l'identifier. La plupart du temps, il faut se pencher sur la forme des feuilles et la composition des fleurs. On ne ferra cependant pas l'erreur de se fier à leur couleur, celle-ci pouvant varier du bleu au rose dans une même espèce.

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Il faut à la fois regarer la rosette basale, et les feuilles sur les tiges. Ici il pourrait peut être s'agir du polygale des Alpes (Polygala alpestris) comme tout autant d'autres. Je n'ai hélas pas trouvé d'inventaire botanique complet de la zone pour m'aider, bien qu'elle soit calssée Natura 2000, un statut européen qui vise la préservation du milieu. Néanmoins on trouve quelques informations qui ne manquent pas d'interêt, notament sur la présence du lynx boéréal (Lynx lynx) dans le secteur, l'animal pouvant avoir un très grand territoire.

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Des pensées ... des pensées à perte de vue sous formes de tapis dans la pelouse rase. Il s'agit ici de la pensée des Alpes (Viola calcarata), typique des prairies alpines et poussant après la fonte des neiges. Violines, blanches ou jaunes, on les reconnaît à leur long éperon et les pétales massif au coeur coloré. C'est une des nombreuses espèces endémiques des Alpes occidentales, chose que j'avais toujours ignorée jusqu'à présent.

DSCN3721Sur un ébouli rocheux pousse une énorme touffe de globulaire à tiges nues (Globularia nudicaulis). L'espèce est peu commune en dehors du Vercors mais reste inféodée aux Alpes. Le massif de la Chartreuse d'un point de vue géologique en reste très proche. De belle taille, elle peut atteinde 25 cm. Les tiges vertes, parfois tirant sur le rouge, portent une grosse infloressence en forme de pompons composés d'une multitude de petites fleurs bleues.

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Une proche cousine pousse non loin de là, la globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia). Nous l'avons découverte pour la première fois ave émotion sur un tallus, dans le village de mes parents. cependant c'est en montagne qu'elle est reine. Pas très grande, sa floraison intervient entre mai et juillet. Résistante, elle pousse aussi bien à 200 qu'à 2200 mètres d'altitudes. C'est surtout dans le centre et le sud de l'Europe qu'on l'a trouve.

DSCN3761Un autre incontournable des sommets, le trolle d'Europe (Trollius europaeus) appelé aussi trolle des montagnes. Espèce de grande taille de la famille des renconculacée, le trolle tire son nom du vieille alemand et signifie "globe". C'est le plus souvent dans les espaces ouverts et humides qu'il pousse. Il est fécondé par de gros insectes comme les bourdons et par une mouche dont les larves se nourrissent des graines.

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Au loin, le paysage s'étant face à nos yeux la Grande Sûre, Chamechaude, la Pointe des fées et bien d'autres. On se sent au coeur de la Chartreuse. L'hiver, le point de vue est tout aussi beau, mais la montée est bien plus hardue. En effet jusqu'à fin mars voire avril, la route est submergée par la neige. Il faut alors enfourcher les raquettes et muscler un peu les cuisses pour gravir les pentes qui soudainement semblent plus abruptes.

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En voilà les premières gentianes qui arrivent. Au premier abords je pensais qu'il s'agissait de la gentiane printanière (Gentiana verna). Erreur ! Il s'agit de de la rare et endémique gentiane du Dauphiné (Gentiana verna subsp. delphinensis), reconnaissable à ses longues feuilles fines. Elle est parfois considérée comme une sous-espèce de la gentiane printanière. On ne la trouve que dans le Dauphiné, ce qui en fait une espèce endémique.

DSCN3744Avec l'abondance de promeneurs, les animaux se font plus que rares. Les marmottes des Alpes (Marmota marmota) ne sortent pas de leur terrier. C'est le début de la période pour elles qui peuvent broutter avec plaisir les jeunes pousses qui ne sont pas encore brûlées par le soleil.

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Quelques chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) se promènent ça et là, cherchant les restes de pique-nique. Chips, pain et viennoiseries font leur bonheur. Hélas, trois fois hélas, ce sont pour eux de violents poisins. Plumes abîmées inaptent au vol et ne resistant plus aux intémpéris, estomacs abîmés, malformations osseuses des ailes ... les conséquences sont nombreuses.

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Un sommet, 4 tableaux. La diversité de la montagne est incroyable, en fonction du substrat et des expositions, le paysage diffère complétement. C'est à chaque fois gage de découverte, mais cette fois-ci, il faudra se contenter ds grands classiques. Peut être reviendrons-nous l'an prochain en mai-juin pour assister à la floraison des orpins roses appelé rhodiales (Rhodiola rosea) et des rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum).

DSCN3598Retour au pied de la montagne, à l'étage collinéaire. La végétation est bien plus avancée mais reste encore luxoriante. Le tamier commun (Dioscorea communis) commence à fleurir. Les jeunes pousses ne sont plus de ce fait bonnes à consommer car trop riches en saponines.

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Le peuplier tremble (Populus tremula) agite ses feuilles au grés du vent. Il figure parmis mes arbres favoris, tant son feuillage me fascine. Fait amusant, c'est le seul peuplier forestier. De ce fait il est moins gourmand en eau. C'est aussi une espèce dioïque, c'est à dire que les fleurs mâles (chatons gris-rouges) et les fleurs femelles (chatons verts) ne se trouvent pas sur les mêmes individus. C'est par le vent que le pollen se fait, on parle d'espèce anémogame. Le tremble se reproduit aussi par rejets.

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Dans les branches, des orties à longue queue (Aegithalos caudatus) piaillent. Appelées il y a encore peu mésanges à longue queue, cela fait longtemps qu'elles ont été séparées de la famille des mésanges par la phylogénie. Présente en Europe, on en compte pas moins 17 sous-espèces. Dans le nord, elles se caractérisent par une tête intégralement blanche. En France, elle est marquée de rose et de noir comme le reste du corps.

DSCN3691 (2)Levons les yeux au ciel. Un jeune circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus) traverse le ciel. Son plumage indique qu'il est dans sa première année. Tout juste revenu d'Afrique, il semble avoir établie son territoire ici. C'est avec le hibou grand duc (Bubo bubo) le plus grand rapace du secteur avec 1,95 mètres d'envergure. À l'échelle de l'Isère, c'est le vautour fauve (Gyps fulvus) qui remporte le duel avec une envergure de 2,80 mètres.

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Les jeunes rouge queue noirs (Phoenicurus ochruros) prennent leur envol sous le regard attentit de leur père. Ce petit insectivore ameles cavités comme celles des murs en pisé de la maison familliale, ils trouvent là de quoi faire leur nid. Les mâles se reconnaîssent à leur tête, ventre et dos noirs alors que les jeuens et les femelles seront grisatre. Chez les deux sexes la queue rousse est bien présente d'où son surnom de queue rousse.

DSCN3613 (2)DSCN3596     DSCN3627     DSCN3661     DSCN3706

Les chevreuills (Capreolus capreolus) profitent de la diversité des prairies et des champs de fauche pour se remplir l'estomac. Les faons sont nés. Les plus jeunes restent cachés dans les herbes hautes à attendre leur mère. Les plus vieux commencent à goûter les brins tendres. Nous aurons un peu plus tard dans la saison d'en observer plusieurs qui, bien enhardis, suivre leur mère à grands bonds. Seuls leurs oreilles dépassent de l'herbe.

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Comme toujours, les chats rôdent. Que ce soit ceux de la maison ou du voisinnage, ils se sont appropriés les lieux. Les dégâts ont été limités du mieux possible avec une grande opération de stérilisation des femelles du quartier et de certains mâles qui, pour la plupart, sont sauvages. Si cela n'empêchera pas la capture des oiseaux et autres petits animaux, la castration à le mérite de limiter la multiplication des chats ensauvagés et abandonnés

DSCN3687 (2)Dans la réserve d'eau du voisin, une libellule déprimée (Libellula depressa) dépose ses oeufs à la surface de l'eau. Il faudra attendre trois semaine avant que les larves n'en sortent et une année de plus pour qu'elles deviennent à leur tour des adultes Carnassière, l'espèce se nourrie d'uen grande diversité d'insectes et de petits invertébrés Ici on reconnaît la femelle à son comportement mais aussi sa couleur jaune, le mâle bleu pastel.

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Les champs de céréales commencent à prendre leur belel couleur dorée. Nous guettons de longs instants. Avec un peu de chance, un couple de busard niche peut être dasn le champs. Nous ne vooyns rien mais ne dessépérons pas. Il y a 2-3 ans de ça nous avions pu observer deux mâles de busards Saint Martin (Circus cyaneus) nous survoler au même endroit. Un moment totalement magique que je rêve de revivre.

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Dans les pâtures à vaches, ça grouille tout autant de vie. Une araignée crabe (Thomisidae sp.) postée sur une scabieuse et attent sagement le passage d'une proie tel qu'un papillon. Une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) rôde non loin, et pourrait rapidement faire de son repas la petite araignée. Malheureusement pour elle, elle finira finalement comme proie d'une pie bavarde (Pica pica) postée dans les arbres.

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Sortie noctunre. Nous n'entendrons ce soir là que les chouettes chevêches (Athene noctua) et le battement d'ailes des chauves-souris (Chiroptera). Dans la grange, ce ne sont pas les rapaces nocturnes qui veillent mais les rouge queue noirs. Dans l'herbe, les grandes loches (Arion rufus) s'aventurent en direction du potager à la recherche de plants de salades bien tendre au grand damne de la jardinière qui bien souvent, découvre le massacre au matin, quand il ne reste plus quelques feuilles couvertes de bave et brûlés par le soleil.

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Les  nids se vident déjà, le sureau noir et les géraniums sauvages sont en fleurs et dans les noisetiers, les premiers fruits murissent. Il faudra encore attendre août voire septembre pour s'en régaler. La vie semble foisonner et avec le confinement, nous avons raté bien des observations. Tant mieux pour les animaux qui ont eu un peu de repis même si dans de nobreux départements la casse est restée autorisée malgré le confinement.

Chapitre 2 : les Marais

Redécouvrir les zones humides : la magie de la tourbière de l'Herretang.

Cette tourbière et moi, c'est une vieille histoire d'amour. Je commence à la connaître par coeur et pourtant, chaque sortie est une découverte. Je n'ai pas encore tenté l'exploration de nuit. Peut être un jour. Cela annonce de nombreuses surprise commece soir d'été 2019 où, entre amis, nous avions vu surgir une chevrette et son petit. Tous deux avaient joyeusement pâturés sous nos yeux et ceux d'une buse avant de disapraître dans les buissons.

DSCN4010La tourbière de l'Herretang est une ENS, c'est un Espace Naturel Sensible. Géré par le département, c'est un espace dédié à la protection des espèces et de leur milieu de vie, mais aussi aménagé pour permettre au public de découvrir la richesse de la biodiversité qu'il abrite.

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Située entre Saint Joseph de Rivière et Saint Laurent du Pont, cette tourbière est issue d'un des nombreux glaciers qui couvraient la région il y a 40 000 ans de cela. La fonte de celui-ci a entraîné la création d'un lac qui au fil des siècles s'est comblé avec le dépôt l'an mais continue de la végétation. En résulte un marais silloné par une rivière, l'Herretang, et de lacs. Ils sont le fruits de l'extraction passée de la tourbe par les habitants locaux, une pratique abandonnée depuis plus de 100 ans.

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Arrêt à l'observatoire. Un grèbe castaneux (Tachybaptus ruficollis) est en vadrouille. Très petit, il en tire son nom, castagneux désigniant le fruit du châtaignier. S'il est reconnaissable à sa couleure brune-rougie, à son bec sombre aux comissures blanches et à sa petite taille, c'est surtout par son cri qu'il matérialise sa présence. Nichant sur la tourbière, les plus chanceux pouvent observer les poussins cachés dans les plantes aquatiques.

DSCN4045Ce mâle merle noir (Turdus merula) à son bec jaune remplit de vers de terre. Voilà de quoi nourrir sa nichée qui peut contenir 3 à 6 petits. eux-ci sont élevés dans un nid fait de brindilles, d'herbes sèches, de mousses et de feuilles qui sont tapissées de boue. La cuvette ainsi construite peut acceullir la ponte. Consitutée d'oeufs vert-bleus mouchetés de noir, elle éclora pour donner des poussins qui quitteront au bout de 12 jours seulement.

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Dans l'eau, de jolies fleurs s'élancent. À gauche, un tapis de nénuphar blanc (Nymphara alba) aux fleurs aux 20 étalescharnus couvre l'étang de ses feuilles maintenues par une limbe orbiculaire. Il est accompagné de fleurs jaunes, celle du nénuphar jaune (Nuphar lutea) dont seules les feuilles flotantes sont visibles, ses feuilles translucides étant immergées. On en compte que 5 pétales charnus sur les fleurs tenues par un solide pédoncule.

DSCN4008En lisière, une discrète orchidée pointe le bout de son nez. Il s'agit de la listère à feuilles ovales (Neottia ovata), une espèce commune mais qu'il faut chercher pour la trouver.

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Entièrement verte, des racines à la pointe des fleurs, elle mesure jusqu'à 60 centimètres de haut. La tige est en son milieu habillé par deux grandes feuilles ovales aux nervures parallèles, signe qu'on est face à une monocotylédone, la grande clade de plantes qui regroupe les orchidées mais aussi d'autres familles comme les aspergacées dont font parties les asperges.  Cette espèce fleurit de mai à juillet et se trouve un peu partout dans les bois clairs, les pelouses humides et les broussailles. Son aire de répartition est immense puisqu'elle couvre l'Eurasie et l'Amérique du Nord tout en y étant indigène.

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Les mâles de libellules déprimées (Libellula depressa) défendent avec ferveur leur territoire. On les reconnaît à leur abdomen bleu, les femlles comme montré plus haut étant jaunes. L'espèce tient son nom de son habitude au repos de tenir ses ailes un peu pendantes, comme si l'insecte était (par antropomorphisme) déprimé. Commune on la rencontre à la fin du printemps et pendant l'été à proximité des zones humides.

DSCN4065Arrivés à la phragmitraie, c'est un véritable concert. Du coeur du marais, des chants s'élèvent un peu partout. SOudain, une locustelle luscinoïde (Locustella luscinioides) chante perchée sur une phragmite australe (Phragmites australis), un pratique typique des mâles. C'est notre toute première observation. Ce petit oiseau est présent plutôt à l'ouest de la France et reste très localisé dans le reste du territoire. Migrateur, on l'observe de mai à aout dans les zones humides composés de joncs et de saules où elle trouve les invertébrés dont elle se nourrie.

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Nous espérions trouver le lézard des souches (Lacerta agilis), mais nous ne verrons ce jour là que le lézard des murailles (Podarcis muralis), ce qui ne va pas sans nous déplaire. Certains d'entre eux sont énormes, laissant penser qu'ils ont fait un très bon repas ou plutôt, qu'il s'agit de femelles gestantes. Ces dernières sont à la recherche d'un sol meuble pour y pondre leurs oeufs. Il faudra 4 à 11 semaines pour voir les lézardeaux émerger.

DSCN4021La floraison des iris des marais (Iris pseudacorus) bat son plein. Avec une grande taille dépassant parfois plus d'un mètre et de longs rhizomes, la plante est équipée pour faire face aux forts courants quand elle pousse sur les rives des torrents et rivières. Néanmoins c'est dans les marécages et les bords de lacs que cet iris sauvage est le plus courant. Les fleurs jaunes s'observent d'avril à juillet. Bien que belles, elles ne dégagent aucunes odeurs. Présent en Europe, en Afrique du Nort et au Proche Orient, il s'est depuis naturalisé en Nouvelle Zélande, en Amérique du Sud et du Nord. Les feuilles étant toxiques, même sèches, cela peut entrainer des soucis pour le bétail nourrie avec du foin produit dans les zones humides. Supportant bien la pollution, l'iris des marais est utilisé dans la création de filtres de phyto-épuration pour ses capacités captatrices, en particulier pour tout ce qui touche à l'eutrophisation.

DSCN4040Dans les airs, des dizaines de caloptéryx vierges (Calopteryx virgo) s'élèvent. Les mâles présentent des ailes et corps bleus, tandis que les femelles sont d'un cuivré métalisé avec toujours des ailes colorées mais restant translucides. Aimant les cours d'eau rapides et bien ombragés, ces caloptéryx semblent apprécier l'Herretang, la rivière fortement arborée qui longe la troubière et qui l'alimente en partie en eau.

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Les mâles défendent leur territoire en se posant sur un végétal en hauteur. Dès qu'un concurrent passe par là, même d'une autre espèce, c'est une course-poursuite qui s'entâme. Les mâles les mieux placés sont assurés de trouver une ou plusieurs partenaires. Très commun, le caloptéryx vierges se trouve partout en France excepté en montagne mais aussi dans le reste de l'Europe (surtout dans le sud occidental) et au Proche Orient.

DSCN4099Les femelles peuvent pondre jusqu'à 300 oeufs sur la végétation à la surface de l'eau. Elles peuvent alors se faire happer par les poissons. Il faut attendre 2 semaines pour les voir éclore. Les larves qui en sortent vivent alors une à deux années dans l'eau, entre les racines et les tiges, à chasser les petites animaux grace à leur mandibule qui peut se détendre en moins d'une seconde. Petits insectes, crustacés d'eau douce et même jeunes tétards, rien n'échappe à leur instinct de chasseresse et leur grand appétit. Quand l'hiver arrive, elles s'enfoncent dans la boue et la vase, tandis que les adultes meurent aux premiers froids. À la fin du printemps, les larves arrivées à maturité sortent de l'eau en grimpant sur une grande tige. Elles sortent alors que leur exuvie pour devenir une libellule et déployer leurs ailes. Elles restent de longues heures au soleil pour sécher leurs ailes et les déployer. Elles sont alors particulièrement fragiles à ce moment là. Bien souvent, leurs couleurs sont peu marquées dans les premiers jours, ce qui permet aisément de savoir si on se trouve avec un adulte ou non. Ici c'est un caloptéryx tout juste envolé.

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Un autre prédateur guette : la grenouille verte (Pelophylax sp). Il ne s'agit pas d'une espèce à part entière mais d'une clade regroupant plusieurs espèces très proches les unes des autres et qui s'hybrident sans mal. Un vrai casse-tête quand il faut les identifier pour mener l'inventaire des amphibiens d'un secteur. Sacs vocaux, forme des paupières, taille, motifs et couleurs du corps ... les critères sont nombreux et pas toujours des plus fiables.

DSCN4077Dans les lacs formés à la suite de l'extraction de la troube, des poissons ont été introduits, soit par l'Homme, soit par les crues de la rivière toute proche. Ici il pourrait s'agire d'une chevesne (Squalius cephalus) ou d'une espèce proche aux nageoires rouges comme le hotu (Chondrostoma nasus). Ils font le bonheur des hérons et des quelques grands cormorans qui sont de passage dans le secteur mais qui n'y restent jamais très longtemps.

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Mon bien-aimé n'est pas sortie d'affaire, avec toutes ces observations, il faut prendre un sacré moment pour tout rentrer dans l'application faune-isère appelée aussi Naturalist. Ce site de sciences participatives permet à tout à chacun d'entrer ses données pour permettre aux chargés d'études et associatiosn naturalistes de mieux connaître les espèces présente. Petit bémol, il n'est pas forcément simple ou adapté pour les novices.

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Comme l'an dernier, nous remettons la main sur une jolie population de mousserons de la Saint Georges (Calocybe gambosa). Ces champignons à l'odeur de farine et de couleur crème sont assez prisés. Poussant au printemps, ont les trouvent souvent dans les champs et les prés, de préférence là où l'herbe est haute, à proximité des ronciers ou de la lisière. Comestible, certains l'aiment blanchi à l'eau là où d'autres le consomment grillé.

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Les rosacées comme les églantiers ou les ronces sont en fleurs. Je me demande à quoi doit ressembler le paysage de fin d'été / début d'automne dela tourbière avec tous les fruits charnus qu'offrent ces buissons. Les osieaux, en particulier les migrateurs comme les fauvettes doivent s'en donner à coeur joie. Les loirets, les muscardins et les écureuils ne doivent pas être en reste non plus. Le spectacle doit être sublime à voir.

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Nous quittons la tourbière et la rivière de Herretag sous le regard d'une buse variable (Buteo buteo). Bien que commun, j'ai toujours grand plaisir à voir voler se rapace dont l'envergure frôle les 1 mètres 30, ce qui en fait un oiseau de belle taille. S'adaptant à une large diversité de milieux, elle peut aussi bien chasser des rongeurs que de petits oiseaux ou même des grenouilles. En cas de disette, elle se tourne vers les insectes et les vers de terre.

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Nous faisons un rapide saut à l'étang de Saint Sixte. Pétrie de légendes, le lieu abrite un lac et un marais alcalin, chose assez peu commune dans le secteur. En nous garant quand le hammeau nous avons le loisir d'observer les nids d'hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum). Une gorsse population niche ici sur les maisons et le clocher de l'église. Le soir, on peut les observer pêcher à la surface de l'eau les insectes émergeants de leur mue.

DSCN4136Saint Sixte, lieu de légendes mais aussi des nombreuses parties de pêches que nous venions faire ici en famille dans mon enfance. Parmis les histoires véridique ou non, il est dit que se sont les pères chartreux qui l'ont creusé, qu'il est réli au lac d'Aiguebelette par une rivière souterraine, que des véhicules de la 2GM y reposent, que par un hiver très froid un cheval de trait et sa charge y auraient sombré ou encore, qu'à minuit pile on y entend un chien noir hurler à la mort. De quoi faire frissonner les pseudo chasseurs de fantômes en mal de sensation qui s'aventurent parfois dans la maison forte qui se trouve à proximité dans la forêt.

DSCN4130Sur le tronc d'un vieille arbre tombé à l'eau, un grand cormoran (Phalacrocorax carbo) est à l'affût. En 28 ans, c'est la première fois que j'en croise un ici et j'en suis complètement ravie, d'autant qu'il a de quoi se remplir la pense avec toutes les espèces invasives qui ont été introduites ici. Poisson chat, écrevisses américaines, perche soleil et même silure, il y en a pour tous les goûts.

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Certains verrons d'un mauvais oeil l'arrive de se concurent de pêche, mais les chiffres sont clairs, 81 à 96% du poisson consommé par le grand cormoran ne l'est pas par l'Homme. Il n'y a de ce fait pas de quoi partir en guerre contre l'emplumé. La question devient plus complexe cependant quand il s'agit d'étangs surempoissonés, notamment pour la pêche sportive ou dans les pisciculture où la diversité des espèces n'a rien à voir avec ce que devrait être un peuplement piscicole. Dans ce cadre là, plutôt que d'incriminer l'oiseau, le plus simple est de mettre en place des installation pour limiter les dégâts, les tirs ne faisant que laisser la place libre à de nouveaux individus sans jamais régler le problème durablement.

DSCN4151Encore un changement de décor ! Nous voilà dans le marais de Saint Geoire en Valdaine, dont une partie fait partie de l'ENS des marais de Chirens. La zone est même classée en Natura 2000 comme le charmant Som. Nous n'avons jamais vraiment pris le temps de le visiter à cette période de l'année et nous prenons plaisirs à déambuler sur les sentiers longeant l'Ainan. Ce cours d'eau donnant son nom à la commune serpent en fond de vallée. Canalisé sous Napoléon 1er pour assainir la zone, il est alimenté par un canal creusé pour permettre aux terres de ne plus être constement immergées, laissant ainsi la possibilité aux habitants de cultiver les céréales. Parmi le cortège végétal, on trouve l'épiaire des bois (Stachys sylvatica). Parfois confondue avec les orties, elle n'en a ni les caractères urticants, ni le goût. Comestible, les jeunes somitées encore non fleuries peuvent être consommées crues ou en salades. Celles-ci ont un léger goût de cèpe ou du moins de champignons séché. Personnelement je la trouve délicieuse en soupe ou croquée sur le pousse en sortie. Les feuilles peuvent être consommées comme des légumes une fois blanchies à l'eau. Pour la récolter, il faudra s'y prendre avant juin, date de début de floraison de l'espèce. Il faudra également explorer les lisisères, les bords de chemins des bois frais et humides, les bosquets et les fossés ombragés, de préfèrence là où le sol est basique voire neutre.

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Toujours en lisière, voilà qu'un imposant sureau noir (Sambucus nigra) nous donne à sentir ses fleurs. Espèce pionnière, l'arbuste pousse là où le sol est mis à nu. Il se fait parfois rattraper au fil des années par d'autres essences dont des arbres de bois tendre qui finnissent par le couvrir de leur ombre et le faire périr. Les fleurs en beignets sont très appréciées. Les frutis plaisent aussi bien aux oiseaux qu'aux hommes. C'est sous forme de sirops et de confitures que les baies sont le plus souvent consommées. Il est aussi un très bon support pour l'oreille de judas (Auricularia auricula-judae), un champignon cousin des champignons noirs chinois.

DSCN4166Tiens, voilà un troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui porte plutôt bien son nom. Minuscule, il pèce entre 8 et 16 grammes, soit en comparaison l'équivalence d'une à deux cuillères à soupe de farine. Celui-ci, le bec plein de mousse, est tout occupé à confectionner son nid. Avec un si petit oiseau à l'envergure de 15 à 17 centimètres, on peut peiner à imagine la taille des 5 à 7 oeufs rougeâtres qui y seront pondus.

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La couvaison dure deux semaines, et il faudra à peine plus de temps pour que les oisillons prennent leur envol pour quitter le nid rond caché au pied d'un arbre ou d'une souche dans la végétation. Le mâle en construits plusieurs au début du printemps et la femelle choisie celui qui lui plaît le mieux pou rinstaller sa famille.

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Juste au-dessus, le plus petit oiseau d'Europe est en observation. Il s'agit du roitelet triple bandeau (Regulus ignicapilla), qui avec ses 5 à 7 grammes est plus léger qu'une pièce de deux euros. Son chant est extrêmement dur à perçevoir, en particulier quand on a plsu de 25 ans, âge auquel une partie du spectre sonore est de moins en moins audible. Reste alors à chercher du regard dans les branches cette miniscule boule de plumes.

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Pour le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), il est l'heure de franchir le pas de l'autonomie. Ce tout jeune individu est encore nourrie sur une branche par ses parents mais devra apprendre très vite à se débrouiller seul. Il n'a pas encore la gorge rouge-orangé caractéristique de son espèce mais un plumage brun discret qui lui permet d'échapper au regard de ses prédateurs pour peu qu'il sache se faire discret.

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Je n'ai pas pu la voir en fleur cette année hélas et il ne me reste que son vert feuillage pour me consoller. L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est l'une de mes plantes préférées. Sa réputation de fleur de serpent ou d'herbe au fous vient de sa toxicité et de l'usage que les grecs antiques en faisait pour soigner la folie. Bien souvent le remède était pour le patient pire que le mal est pouvait mener à la mort ou à des crises de colique.

DSCN4206Des aspergettes !!! Je ne savais que sur la commune je pouvais en rencontrer. Moi qui aime tant ça, je m'apperçois que dans mon village d'enfance elle est présente. La plante est le plus souvent connue sous le nom d'ornithogale des Pyrénées (Ornithogalum pyrenaicum) mais surtout d'asperge des bois, bien qu'elle n'en soit pas une.

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Excellente comestible, à la manière d'un légume vert, il faut se montrer raisonnable sur sa récolte. En effet l'espèce est protégée dans de nombreux départements et régions ou/et soumise à réglementation. Aussi bonen qu'elle soit, la cueillette n'en vaut la peine que si la plante est abondante et non menacée. Il serait triste de s'en priver dans le futur à la manière dont cela est le cas pour d'autres espèces comme le sabot de Vénus.

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Les champs commencent à dorer. Alimentés par l'Ainan, ils seront récoltés très bientôt. Blé dur, avoine, orge et seigle, parfois un peu de maïs, on observe une belle diversité et j'ai toujours plaisir à voir que le lobby du maïs n'a pas encore transformé le paysage. La biodiversité, c'est aussi la multitude des cultures et des semences, même si on  tendance à observer ici qu'i lest rare de croiser plus de 2 ou 3 types de cultivars par espèce cultivée.

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Les champs font figure d'observatoire à rapaces. Les thermiques (vents chauds) qui s'y forment les aident à s'élever dans les airs sans peine pour au choix, observer les alentours pour chasser ou alors pour atteindre un point plus rapidement, particulièrement en période de migration. Ce jours là nous croiserons de nombreuses buses variables (Buteo buteo) et quelques jeunes milans noirs (Milvus migrans).

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Nous quittons le marais de Saint Geoire en longeant le mur qui sépare le cimetière du chemin. Au sommet d'un tombeau familliale, un pinson des arbres (Fringilla coelebs) chante. Il se différentie de la femelle par ses couleurs flamboyantes et les notes qu'il laisse échapper de son bec. Très répandu, on le rencontre essentiellement dans les zones plus ou moins boisées où il trouve des larves, des insectes, des graines et des bourgeons pour se nourir.

DSCN4223Nous sommes sur le départ. Néanmoins nous prenons le temps d'un après-midi pour découvrir une autre facette du Natura 2000 de l'Ainan, en partant cette fois du côté de Chirens à travers l'ENS du marais du même nom. Le site ne paye pas de mine et pourtant, il est un trésor fabuleux. Il y a 12 000 ans de cela, la lieu était un immense lac devenu aujourd'hui une tourbière. Bien plus tards, des celtes aux nom d'Alobroges sont venus s'intaller sur les collines alentours. On peut encore trouver les traces d'habitats collectifs si on s'aventure dans les bois. Pour en revenir au site, il est fort précieux pour des espèces rares et protégées dont la liparis de Loesel (Liparis loeselii), une orchidée discrète. Un projet routier à longtemps menacé le marais, et après maintent manifestations et recherches de solutions, aucune route ne prendra place ici mais un grand pont qui désengorgera le coeur du village des voitures.

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Côté végétaux, deux grands classiques pointent le bout de leur nez : le phragmite austral (Phragmites australis) appelé aussi le roseau commun et le sureau noir (Sambucus nigra). L'un comme l'autre sont précieux aux oiseaux. Ceux-ci y nichent, y trouvent de quoi se nourrir et s'en servent comme perchoir pour attirer les femelles et défendre leurs territoires par le chant. Le cas échéant et s'il le faut, cela peut se faire à coups de bec et de griffes.

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Nous arrivons au complexe des mares, où un observatoire nous permet d'admirer les animaux sans les gêner. Au milieu des plantes aquatiques, des dizaines de tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris). Ceux-ci se reconaissent à leur ventre orange vif. Pour différencier mâle et femelle, il faut recarder le profil de la queue. Chez monsieur, elle se termine de manière effilée là où chez madame elle prend fin de manière abrupte.

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C'est le retour de la grenouille verte (Pelophylax sp). La mare en est remplie. C'est un vrai concert. L'enjeu pour les mâles chanteurs ? Séduire une femelle afin de féconder les oeufs. Chez les grenouilles, la reproduction est externe. Le mâle aggripe solidement la femelle par les aisselles et féconde la guirlande d'ovocytes (ovules) de la femelle. Ces derniers deviennent alors des oeufs qui donneront des têtards 7 à 16 jours plus tard.

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Un petit lézard des murailles (Podarcis muralis) bronze tranquillement. Les mâles à la saison des amours prennent un joli ventre orange, comme pourrait l'être celui d'un triton alpestre. Néanmoins les deux animaux ne sont pas affiliés et les similitudes s'arrêtent là. Là où le triton appartient à la famille des amphibiens et vit en milieu aquatique, le lézard appartient à celle des reptiles et aime les zones ensolleillées et vit sur la terre ferme.

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C'est le grand bal des libellules. Ne vivant pas plus d'une année, souvent même quelques mois si entre temps elles ne se font pas becter, leur objectif est simple : se reproduire au plus vite. À la manière des oiseaux, les mâles défendent un territoire de reproduction, parfois même un territoire de chasse.  Féroces prédatrices à la même manière que les larves, se sont de véritables tigres des airs qui s'attaquent à de gros insectes.

Chapitre 3 : Le lac.

Pour prendre un peu de fraîcheur en pleine été : passage par le lac d'Aiguebelette.

DSCN4316Nous voilà côté Savoie, à Aiguebelette, lac mythique et parmi les plus chauds d'Europe, ce qui lui vaut à la belle saison de voir ses berges noircir de monde. L'été n'est pas encore là mais il serait presque possible de se baigner tant le soleil tape fort, d'ailleurs certains s'y essayent. Nous sommes tout début juin. C'est la fin du printemps, un temps que nous n'avons pas véritablement connue cette année. Le lac est celui de mon enfance, là où adolescente je passais tous les étés avec les copines à bronzer, à faire du pédalo et à pique-niquer. Aujourd'hui nous y sommes entre amis pour en découvrir la faune et la flore. Le restau-buvette est fermé et sa terrasse devient un observatoire du quel nous pouvons poser notre longue-vue avant de nous aventurer sur la plage. Des grèbes, quelques cygnes et goléands, l'avifaune n'est pas au rendez-vous mais rien de grave, car il y a bien d'autres choses à voir ici.

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Les hirondelles rustiques (Hirundo rustica) ont profité de l'absence de touristes et de promeneurs locaux pour nicher dans la toiture de la terrasse. Une dizaine de nids constitués de boue et de brindilles. Construie en forme de vasque, il sera employé pendant plusieurs années et rafistolé à chaque retour de migration. 4 à 5 oeufs roses tâchetés y seront pondus. Les oisillons qui en sortirons seront autonomes au bout d'une vingtaine de jours.

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Cette espèce se différencie facillement des autres hirondelles de par ses cris de contacts mais surtout par sa gorge rouge, son collier, son dos et sa tête noir ainsi que son ventre blanc crème. En France, on ne peut las confondre qu'avec une autre espèce, assez rare et localisée dans le sud, l'hirondelle rousseline (Cecropis daurica) qui ne possède pas de collier noir ni de gorge rouge mais une nuque rousse et le croupion crème.

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Présente presque partout dans le monde, l'hirondelle rustique en se trouve en France qu'entre mi-mars pour les plus précoces et fin sptembre pour les plus tardives. Cette sur cette période qu'elle entame sa reproduction avant de rejoindre l'Afrique sub-tropicale, certaines pouvant aller jusqu'en Afrique du Sud. En Inde, en Egypte, en Chine ou sur l'Equateur, certaines populations sont grégaires et ne migrent plus comme leurs consoeurs.

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Un peu d'histoire sur le lac. Il s'agit ici du 7e plus grand lac naturel de France, fruit de dépôts de sédiments à l'ère de dinosaures, quand la région n'était alors qu'une vaste mer aux températures tropicales. Vient alors l'ère tertiaire, avec l'élévation des montagnes qui formes la valée puis l'ère quaternaire avec l'appartion de grands glaciers qui par leur travail creuses la cuvette du lac qui se remplir avec l'eau de leur fonte. Aujourd'hui, c'est avant le Tier, un petit cours d'eau, qui est son alimentation principale et lui permet de se maintenir en eau, bien que le niveau baisse à vu d'oeil d'année en année, entraînant à chaque fois le recul lent mais certains des roselières.

DSCN4325Il faut savoir que de manière naturelle, la plus part des lacs sans intervnetion humaine voient leur niveau d'eau fluctuer au fils des saisons. Pour limiter les crues et autres innondations, celui-ci est maintenu stable pour éviter toute mauvaise surprise mais aussi pour tirer au mieux profit de cette ressource. Ce qui inquiète ici, c'est que peu à peu ce niveau d'eau descend sans jamais revenir à son point initial. Cela pose soucis à la végétation qui en dépend et qui fini par dépérir dans les zone où l'eau ne vient plus, réduissant ainsi les habitats naturels dont ceux de la Réserve Naturelle Nationale (RNN) du lac. Nous avons changé de rivage pour les observer. Il est aisé de voir qu'ee moins d'une décinie, le lac à perdu 60 centimètres. C'est un vrai problème écologique mais aussi historique, cette baisse métant comme pourle lac de Paladru, les vestiges humaines en bois et préservés du temps jusqu'à lors par les eaux. En se retrouvant à l'air libre, leur dération reprend et c'est ainsi que l'on perd un pan de notre histoire.

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Nous sommes tout au nord du lac, à une dizaine de kilomètres de Chmabéy. Poutant, ici c'est la pleine natue si on exclu le passage non loin de l'autoroute et le grand parking acceuillant les cyclistes (le tour du lac est en grande partie longé d'une piste cyclabe) et des kayakistes. Cachés sous les arbres, nous pouvons admirer d'assez prêt le vol d'un milan noir (Milvus migrans) et d'un héron cendré (Ardea cinerea) cherchant un peu de tranquilité.

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Enfin, nous arrivons dans une crique calme et discrête, le lieu parfait pour faire de l'affût à une exception prêt : les mosutiques. Nous nous en sortons avec de nombreuses piqûres et notre aùie avec une main gonflée, de quoi être découragés de passer un moment au bord de l'eau. Quelques animaux profites des bancs vaseus maiis il faut se rendre à l'évidence : c'est l'hiver que le secteur à le plus d'intêret si on souhaite faire de belles observations. Cependant nous somems tirés pendant un instant de nos pensées par le passage et les cris d'un magnifique martin pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) femelle bine trop dynamique pour se laisser prendre en photo.

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Non loin de là, un grèbe huppé (Podiceps cristatus) en plumage nuptial est occupé à plonger. Carnassier, cet oiseau se nourrie surtout de petits poissons, d'insectes et de larves qu'il attrape soit dans l'eau, soit en fouillant la vase et la végétation auqatique dont les racines d'arbres. Quand le période de reproduction s'achève, il perd sa belle colerette de plumes noires et rousses pour retrouver des tempes blanches et une calotte noire.

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Avant de quitter le lac, nous nous arrêtons à l'estuaire du Tier qui se trouve sur le sentier du retour. Parmi la végétation et les arbres tombés suites aux neiges de l'hiver, une famille de canards colverts (Anas platyrhynchos) se repose sur un tronc immergé. C'est là que la camouflage des cannetons prend tout son sens. Nous avons bien du mal à les voir, malgré leurs cris et leur agitation. On peut alors imaginer la peine qu'un prédateur venu du ciel peut avoir pour les repérer, même pour l'oeil aiguisé d'un rapace.

DSCN4334Changement de décor ! Nous revoilà dans la plaine de la valdaine. Le weekend nous semble si court, il y a tant à faire et à voir ! Nous partons entre amies explorer la forêt toute proche. Nous avons pour obsjectif de tremper les pied dans l'Aigueblanche. Long de 5,4 kilomètres, il relie les communes de Saint Geoire en Valdiane et de Merlas. Pour un peu d'éthymologie, le terme Aigueblanche définiti un ruisseau riche en clacaire et transformant en tuffe les plantes et sédiements entrant en son contact. De se fait la gorge où serpente l'Aigueblanche donne m'impression quand on s'y promène d'arpenter une caverne à ciel ouvert, carverne à laquelle s'ajoute de nombreuses cascades. Enfant, j'ai pu beaucoup arpenter la rivière, jusqu'à l'inondation de 2002 rende beauoup moins accessibles ses rives. Cependant chez nous nous ne parlons pas d'aller à l'Aigueblanche mais au Ga'blanc ou encore au Ga(r)blanc. Il y a peu de traces de cette allocution, celle-ci pourrait venir du celte allobroge "bois" ou "bois sacré". Ainsi quand on va au Ga'blanc, on va au bois blanc ou au bois sacré blanc. De quoi faire naître dans notre immaginaire bien des légendes. Bien d'autres hammeaux et lieux-dits tirent leur nom des anciennes langues celtiques parlés jadis ici.

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Une chevrette (Capreolus capreolus), la femelle du chevreuil, broutte tranquillement. Au premier coup d'oeil elle semble seule et pourtant ... deux adorables faons sautent de part en part autour d'elle. Ils sont vivaces mais bien petits, leurs oreilles dépassent à peine des herbes hautes et nous peinons à les voir malgré leurs nombreuses tâches blanches qui tranchent avec le vert ambiant. D'ordinaire, une chevrette met au monde un petit, et la gémellité sans être rare reste peu commune à l'espèce bien qu'elle soit fréquente dans le secteur.

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Quand elle est sur le point de mettre bas ou accompagnée de son ou de ses petit(s), la chevrette va adopter un comportement solitaire voire farouche. L'hiver par contre, elle peut se regrouper avec d'autres chevreuils pour former de petits hardes d'une dizaines d'individus. Dans le Grand Est, où la population est relativement importante vis-à-vis du territoire, les individus peuvent se ressembler en des troupes de 20 à 35 animaux.

DSCN4350 (3)Au détour du chemin des forestiers, un éclair bleu et vert file devant nous pour se réfugier dans les herbes du tallus. Il s'agit du lézard à deux raies (Lacerta bilineata), anciennement appelé lézard vert, espèce dont il a été discocié depuis. Je suis plus ravie que d'ornidaire d'en rencontrer un car cela fait depuis mes 13 ans que je n'en ai pas vu ici, autant dire une bonne quinzaine d'années. Si au premier abord il semble commun, il faut savoir qu'on ne le trouve que dans quelques pays d'Europe occidentale comme le nord de l'Espagne, le sud de la Suisse ou encore l'intégralité de l'Italie et de la Sardaigne. En France il est absent dans une partie du Nord Est. Facile à reconnaître, il se démarque par sa grande taille, ses écailles vertes mouchetées de noir et sa gorge bleue pour le mâle. Les juvéniles ont deux bandes brunes ou blanchâtres sur le dos ce qui vaut à l'espèce son nom de lézards à deux raies. On le nom également lézard vert occidental ou lézard à deux bandes.

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Nous quittons la prairie pour rentrer dans le bois. Dès notre arrivée nous avons une belle suprise. Devant nous se trouve la loge d'une famille de pics épeiches (Dendrocopos major). Celle-ci est occupée. C'est le cri des petits à l'arrivée des parents avec de la nourriture qui a attiré notre attention. C'est la toute première fois que j'ai l'occasion d'observer ce spectacle pour cette espèce, ayant par le passé déjà observée de tous jeunes oislilons de pics noirs (Dryocopus martius) et de pics verts (Picus viridis) êtres nourrient au nid.

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Un rosier pousse dans une trouée ensolleillée. L'identification des rosiers sauvage est toujours très difficile et j'ai eu bien du mal pour celui-ci. Mon choix n'est pas arrêté, mon coeur balance entre le rosier des champs (Rosa arvensis) qui croît en milieu forestier un peu partout en France, et avec le rosier à styles agglutinés (Rosa stylosa) qui aime les sols argilo-calcaires ensoleillés. Cependant, ce dernier est absent en Isère. Voilà le choix fait.

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Nous arrivons au torrent et retrouvons le vieux sentier emporté par l'innondation de 2002. Il semble avoir été réabilité. Nous décidons de l'emprunter pou voir jusqu'où il mène. Nous voilà donc à longer les cascades, les ruisseaux et les pentes abruptes. Par endroits, le chemin laisse place à d'épais buissons de ronces sur lesquels nous nous aggripons les manches. Tout ce qui croise notre regard à des traits de vanités. Une boîte cranienne de chevreuil fait face à la belle et vénéneuse ancolie commune (Aquilegia vulgaris), une image digne d'un tableau.

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L'épisode forêt se termine déjà. En arrivant à la lisière nous tombons sur une espèce qui m'est totalement inconnue. Après avoir longuement cherché, je suis tombée sur l'astragale réglisse (Astragalus glycyphyllos) et je suis rassurée par le fait qu'elle soit indiquée comme présente dans le secteur selon la base de donnée de l'INPN. Cette plante à fleurs peut faire jusqu'à un mètre de haut et se développe sur les sols riches et plutôt secs.

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Avant de nous aventurer en direction de l'Aigueblanche à nouveau, nous observons une buse variable (Buteo buteo) qui nous survole. Cette espèce s'adapte à une grande variabilité de milieux. En effet elle figure parmi les rares prédateurs à pouvoir s'accomoder aussi bien des plaines céréalières cultivées en intensive que des bocages traditionnels où les pâtures sont séparées les unes des autres par des haies. Celle-ci semble avoir perdu une rémige sur l'aile gauche. Avec un peu de chance nous tomberons dessus.

DSCN4371Nous voilà dans les gorges étroites de tuffe du torrent. Le lieu m'a toujours faciné et semble faire office de lieu de rituel plus ou moins glauques. Enfant avec l'un de mes frères, nous avions trouvé un porc égorgé sur le filet d'eau. Autant dire que nous avons détalé sans demander notre reste.

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Quelques années plus tard, c'est une poule blanche sans tête qui prennait place au même endroit, avec à quelques lieux d'elle quatre crânes de renards posés à la même roche. Depuis, et heureusement, je n'ai pas eu à nouveau de telles mésaventures. L'endroit reste splendide pour se baigner, observer le cingle plongeur (Cinclus cinclus) qui niche ici ou juste se rafraîchir en admirant le filet d'eau.

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Nous en sommes à plus de 3 heures de marche et de nombreux kilomètres. Il est temps de faire une pause à la maison familliale. Sur le retour, en longeant la route goudronnée, nous prenons le temps de regarder le flore des tallus. Deux espèces s'illustrent superbement. À gauche, l'orchis de Fusch (Dactylorhiza fuchsii) qui se différencie des autres orchidées du genre Dactylorhiza par son labelle très étroit. À droite, la digitale jaune (Digitalis lutea). Elle pousse, à la différence de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), sur les sols calcaires, souvent à à l'étage collinéaire. Très toxique, elle était utilisée autrefois pour soigner les problèmes cardiaques.

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C'est la fin de journée. Nous montons au lac de Saint Sixte. Les hirondelles sont en forme et piaillent dans tous les sens. Les promeneurs sont nombreux. Quelques baigneurs se chamaillent et tentent la plongé bien que le lieu soit interdit à la nage. Les pêcheurs les regardent d'un mauvais oeil. Les vagues et les cris ont fuir les poissons dans le fond et entre les herbiers. Ils ne sont alors plus réceptifs aux appâts et hammeçons lancés dans l'eau.

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Nous fillons comme la dernière fois à la tourbière de l'étang. Les iris des marais (Iris pseudacorus) sont en pleine floraison, fleurissant de jaune les berges des canaux. Emergeant à la surface, les hampes et les feuilles des trèfles d'eau (Menyanthes trifoliata) montrent que l'espèce n'est pas encore prête à fleurir. Protégée, elle n'a rien à voir avec la famille des trèfles, les Fabacées, mais avec celle des Ményanthacées.

DSCN4388Nous prenons un peu de hauteur. Depuis la colline qui surplombe Saint Sixte, nous avons une vue superbe sur le vol des rapaces, sur les montagnes et sur une grande partie de la commune de Saint Geoire en Valdaine. De-là, il est possible d'observer l'un des 7 châteaux du village dont la moitié sont en réalité des maisons fortes. Certaines ont joué un rôle important pendant la révolution en protégéant les bien de l'Eglise et de la royauté, d'autres dans l'éducation des filles de la grande noblesse fançaise. Un héritage qui peut se visiter à travers le sentier des 7 châteaux. Ce sentier passe l'église du village. Classée, elle fût hérigée entre le XIVe et le XVe siècle sur l'emplace des ruines d'une église du XIIe siècle, date à laquelle fût églamenet hérigée l'église de Saint Sixte dont les fondations prennent leurs bases sur un ancien temple romain dédié au dieu Bacchus. Plus tard, les pères chartreux prendront possession du lieu en créant les étangs de pêche de Saint Sixte et celui des Charteux situé à quelques lieux plus loins.

DSCN4395Nous voilà le dimanche matin, nous n'avons plus que quelques heures avant de retourner à Lyon. Nous sommes très motivés à mettre à profit le temps qu'il nous reste avant de partir. Avant d'enfiler les chaussures de randonnée, nous prennons le temps de regarder le bassin du jardin. Un superbe nénuphar ornemental (Nymphaea sp.) est en pleine floraison. Sous ses larges feuilles, deux jeunes perches soleil (Lepomis gibbosus) se mettent à l'abris de la chaleur.

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Nous voilà de retour au marais de Saint Geoire en Valdaine. Dés l'arrivée nous sommes aceuillis en grande pompe. Une énorme couleuvre vipérine (Natrix maura) sort de l'eau et part s'abriter entre les racines d'un aulne glutineux (Alnus glutinosa). Quand il s'agit de serpents, c'est toujours la panique pour bien des personnes et pour l'animal, l'issue est hélas fatale. Pourtant les couleuvres sont complétement innoffensives et les vipères, rares et timides, n'ont pas fait de victimes depuis 20 ans en France métropolitaine (hormis chez les spécialistes qui les manipulent). Pour en revenir à notre vipérine, elle tient son nom de ses nombreuses ressemblances avec les vipéres, notament au niveau de la tête triangulaire et de la queue épaisse.

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La vipérine se nourrie essentiellement de poissons et parfois d'amphibien. Ce mulot (Apodemus sp.) de ce fait n'a pas été victime du serpent qui se dore la pillule non loin de là. Il est plus probable que la cause de sa mort soit l'innondation de sa galerie par l'Ainan et/ou par la pluie des jours précédents. Ici on peut reconnaître le mulot à sa longue queue et à ses oreilles rondes. Pour l'espèce, il faudra regarder du côté des dents, chose difficile ici.

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Nous voilà à nouveau devant les grenouilles vertes (Pelophylax sp.). En rive de marais, elles se dissimulent dans la végétation et sautent à l'eau à la moindre alerte. Comme le montre les images, les grenouilles vertes ne sont pas toutes ... vertes. Ici les individus portent une ligne verte sur le dos et les tympans bien marqués, laissant penser que nous sommes en présence de la grenouille rieuse (Pelophylax ridibundus).

DSCN4420Mon frangin et mon bien-aimé sont à l'affût. Nous sommes devant un champ fauché. Des tariers pâtres (Saxicola rubicola) sont à la recherche d'insectes en famille autour des bottes de paille. Des bergeronettes grises (Motacilla alba) suivent la même démarche.

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Pour ma part je suis peu attentive. La lisière est un formidable terrain de jeux pour moi. Mon pauvre Thomas en fait les frais. Le gaillet gratteron (Galium aparine) est une plante collante par sa multitdes de poils aggripants. Clea permet à la plante de se faire transporter avec ses graines sur de longues distances par les animaux qui s'y frottent. Manque de pot pour ce gaillet, c'est sur un humain qu'elle est tombée. Cela aurait pu être pire, car comestible, elle aurait pu finir dans une assiette.

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Les insectes sont nombreux. Papillons, scarabées, guêpes, coccinelles, libellules et fourmis, c'est tout un peuple qui grouille sous nos pieds. C'est un monde qui me fascine mais auquel je suis encore que trop peu formée. Néanmoins, mon drôle d'été me premettra de mettre à profit mon temps pour m'exercer aux papillons et aux criquets même si cela reste très léger. Peut être que les semaines à venir seront mises à profit à cela.

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Dans les marais, les fruits des groseillers à grappes (Ribes rubrum) commencent à murir. L'espèce est inféodée aux zones humides et ombragées. On le rencontre partout en France hormis dans le Sud du pays et certaines départements des Pyrénées. Comestibles, on fait de délicieuses confitures des baies. Traditionnellement, elles sont associées au gibier de retour de chasse dans des sauces chasseur ou dans dans les farces.

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Ces fruits font aussi le plaisir des oiseaux. Cependant, ces deux-ci ne sont pas intérréssés par les groseilles à cette période de l'année. Il s'agit à gauche du roitelet triple bandeaux (Regulus ignicapilla), le plus petit oiseau d'Europe. À droite, il s'agit d'une femelle pinson des arbres (Fringilla coelebs) reconnaissable au croupion vert-olive. Pour l'heure, ils se concentrent sur les invertébrés pour nourir leur nichée.

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Le feuillage est bien vert. Bientôt il flétira sous le coup de la sécheresse. Pour la 3e année consécutive, la canicule s'installe en Isère, un record dans l'histoire et qui ne va pas sans changer durablement le paysage. C'est sur ce constat que nous retournons en région lyonnaise, là où tout a déjà grillé et où les pelouses jaunes n'abritent plus beaucoup d'animaux à observer. Heureusement les vergers font forme d'un réservoir en biodiversité riche.

Chapitre 4 : La campagne.

Pas de vacances en vue, juste le plaisir d'une sortie en famille.

DSCN5015Nous sommes le 1er juillet. Nous voilà une de fois de plus en Isère pour un grand rassemblement familliale. Nous enfillons nos chaussures de randonnées pour partir explorer les alentours. Sur une haie toute proche, un rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) prend la pose. Il s'agit d'un mâle que l'on reconnaît à son front blanc qui lui donne son nom. Celui-ci s'adonne à la récolte de fourmis et de petits insectes dans la pelouse pour nourrir les oisillons de son nid qui se trouve un peu plus loin, caché entre deux poutres d'un toit, dans le renfocement du mur. La femelle est plus discrète, avec un plumage brun qui peut entraîner une confusion avec la femelle du rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros). Forestière, l'espèce est le plus souvent discrète voire farouche. Présent parfois dans les jardins, c'est toujours à proximité d'un milieu boisé qu'il s'installe. C'est là qu'il trouve les chenilles et les araignées dont il se nourrit. Migrateur, on le voit partir aux alentours d'août à septembre, souvent par petits groupes.

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Très présent en Eurasie, le rouge-queue à front blanc se rencontre aussi dans une grande partie de l'Afrique, en particulier l'hiver où de nombreux individus venant d'Europe et du Moyen Orient. Ils trouvent là de nombreux insectes pour se nourrir, alors qu'en France ils se font absents à cette période de l'année. Cependant avec les douceurs hivernales, ils sont de plus en plus nombreux à rester et à stroper leur migration.

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Voilà la plus belle rencontre de l'Isère pour cette année avec la couleuvre vipérine (Natrix maura) et l'affût aux renards roux (Vulpes vulpes), qui bien que je n'ai pu le filmer ou photo, reste le plus beau moment de l'année. Il s'agit d'un couple de pies-grièches écorcheurs (Lanius collurio), une espèce fascinante, pas des plus communes et même en forte régression. Brune est grise, la femelle ne porte pas la calotte bleue-gris du mâle et son masque n'est pas noir mais brun. Le bec de l'oiseau est crochu et croisé, lui permettant ainsi d'attraper ses proies.

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Son nom de pie-grièche écorcheur vient de son trait de caractère à accrocher sur les épines des arbustes et sur les fils barbelés les jeunes lézards, les petits campagnols, les sauterelles et les gros insectes dont il se nourrie. Bon constructeurs, le mâle et la femelle réalisent le nid en 4 à 6 jours. Les cris de ce couple laisse penser qu'un nid est en construction ici. Nous n'avons pas pu l'affûter cette année, peut être l'an prochain.

DSCN5022Dans le voisinage, quelques hirondelles rustiques (Hirundo rustica) nichent sous les toitures d'une vieille grange. Deux nids de boue, de paille et de salive sont solidement accrochés au plafond. Enfant, il y en avait un peu partout dans le hameau dont la maison familliale. La fermeture des bâtiments, la rarefaction des insectes, l'emploi d'insecticides puissants et l'homogénéisation des cultures ont conduit en 2 ans à la disparition de la plupart des nids. En 30 ans et en fonction des régions, 30 à 50 % des hirondelles rustiques de France ont disparu. Fort de ce triste constat, il est néanmoins possible d'agir. Les nids et les hirondelles peuvent être ressencés facilement sur l'application pour téléphone Naturalist ou sur le site Faune-France pour ce qui est de l'ordinateur. Un tour de quartier à pied, une balade dans les champs à vélo sont tout autant d'occasion de faire un rapide inventaire des hirondelles d'un secteur.

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Nous partons sur la plaine agricole. Une troupe de moineaux domestiques (Passer domesticus) a pris d'assaut les abords. Joyeux lurons, ils font un raffût pas possible dans les buissons, mais sont capables de faire le silence complet au passage d'un prédateur ou d'un troupeau d'humains comme le notre. Ici, il s'agit d'une femelle, le mâle étant doté d'une gorge-noire et d'une calotte d'un brun foncé et non d'un plumage grisâtre comme ici.

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Nous sommes restés presque 30 minutes devant ce buisson, en espérant y retrouver le couple de pie-grièche écorcheur vu il y a quelques semaines, mais surtout, pour nous assurer qu'il ne s'agit pas de moineaux friquets (Passer montanus). Cela fait 2 ans que nous les cherchons sans les trouver. Autre fois commune, l'espèce est devenue rare en France même sa population reconnaît un peu de regain dans d'autres pays. La disparition des campagnes traditionnelles est l'un des facteurs principaux à la raréfaction de cet oiseau.

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Un autre passereau pointe le bout de son bec. Il s'agit du chardonneret élégant (Carduelis carduelis), un oiseau coloré de jaune, de rouge, de roux, de blanc et de noir. Commun dans les milieux boisés ouverts, il n'hésite pas à à se promener dans les pelouses et les champs fauchés pour trouver les graines dont il se nourrit. Exclusivement granivore, il ne chasse des insectes uniquement au printemps, pour nourrrir ses oisillons qui ont pour se développer, besoin d'un fort apport en protéine et de manière rapide.

DSCN5072Changement de décor, nous sommes à nouveau au marais de Saint Geoire en Valdaine. Décidément, nous ne quittons pas ce petit coin de fraîcheur. Nous sommes au carpodrome qui longe la zone humide et qui accueille chaque weekend les pêcheurs dans de grandes compétitions.

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Sur les scrophulaires (Scrophularia sp.), de nombreuses chenilles de  la cucullie des scrofulaires (Shargacucullia scrophulariae) font bonne riplaille. Visibles entre juin et septembre, elles se nourrissent exclusivement de scrophulaires et parfois de molènes (Verbascum). On la reconnaît à sont corps bleu  et à ses taches rondes jaunes et noires. Le papillon adulte ne peut être distingué de la cucullie du bouillon blanc (Shargacucullia verbasci) que par l'examen des parties génitales.

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Un petit cri nous fait tourner la tête. Il s'agit d'une jeune fauvette des jardins (Sylvia borin) qui vient de quitter le nid et qui attend patiemment que ses parents viennent lui apporter de quoi se nourrir. Il lui faudra vite apprendre à se débrouiller toute seule car cette courte période de transition ne dure pas plus de 2 à 3 jours. L'épreuve sera encore plus grande pour elle quand la fin de l'été arrivera et avec elle, la première migration.

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Un héron cendré (Ardea cinerea) nous survole. Haut de 1 mètre et pouvant atteindre pour les plus grands une envergure de 1,95 mètres, il concurrence dans ces dimensions le hibou grand-duc (Bubo bubo). Néanmoins il est bien plus frêle et peut finir comme repas dans le nid du rapace nocturne. À cette période de l'année les premières nichées prennent leur envol. Les jeunes se reconnaissent à leur calotte grise et leur bec terne.

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Un beau mâle de libellule déprimée (Libellula depressa) est posé sur un roseau. Il vient tout juste de sortie de son enveloppe extérieur dans laquelle il a vécu sous forme de larve, sous l'eau pendant une à deux années. Cette peau vide et sèche se nomme l'exuvie et se trouve dès fin avril jusqu'à septembre selon les espèces, sur la végétation. Leur étude permet de déterminer les espèces de libellule (Odonates) présents dans un secteur.

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Nous partons cette fois pour de bon. Une buse variable (Buteo buteo) nous accompagne. Nous avons passé de belles soirée, croisé le regard des chevreuils et des renards, mis les pieds dans l'eau des ruisseaux et chercher les rares champignons de la fin du printemps. Ce bol d'air frais nous a fait du bien et nous a tiré de cette période un peu difficile que nous avons tous vécu. Un bain de nature, il n'y a rien de plus précieux pour le moral.

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dimanche 19 avril 2020

Retour au source : le jardin famillial.

DSCN1504L'Isère, la Valdaine et les coteaux de l'Ainan. C'est là que j'ai grandi et c'est là aussi que j'aime retourner de temps à autre pour me ressourcer. Situé non loin de la Savoie, le site se caractérise  par ses vallons verdoyants, ses forêts mixtes à tendance feuillus, son histoire méconnue et ses torrents.

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Autant vous dire que je reprends des habitudes de sauvageonne quand j'y arrive, à parcourir les paysages à la recherche d'animaux, de fleurs et de champignons. C'est le moment de mettre ces quelques jours de mars par écrit et de redécouvrir le charme de la région. J'ai toujours l'impression qu'il est difficile de raconter une histoire quand il s'agit de nature à cette saison. Les couleurs sont à mon goût un peu ternes. Heureusement les oiseaux hivernaux et les premières feuilles préparant le printemps sont là pour relever la gamme.

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Pas de morilles pour nous cette année mais leur cousine, la pézize veinée (Disciotis venosa). Si elle n'en possède ni l'aspect et ni l'odeur, elle s'en approche un peu par le goût. Appréciant des biotopes similaires, ce champignon pousse sur les sols calcaires, humifères, à tendance humide, en lisière de bois et en sous-bois quand ceux-ci se composent d'arbres hôtes que sont les noisetiers communs, les frênes élevés et les pommiers.

DSCN1286C'est aussi le moment de ramasser les pézizes coccinées (Sarcoscypha coccinea), à moins que ce ne soit celle d'Autriche (Sarcoscypha austriaca). Pour les différencier, il faut observer les petits poils situés sur son dos, ce que je n'ai bien sûr pas fait. Cependant la première est plus rare, pousse en plaine sur les sites peu fréquentés, là où la seconde aime se faire plus abondante, en particulier en altitude sans craindre les lieux de passage.

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Voilà que les galants des neiges, autrement dit les perces-neiges (Galanthus nivalis) pointent le bout de leur nez. Plantés part les aïeuls, ils forment désormais un immense tapis immaculé à l'arrière d'un des champs attenant à la maison familiale. Il faut savoir que l'espèce, quand elle est sauvage, est à l'heure actuelle protégée uniquement en Isère. Cela tombe bien, nous nous y trouvons. Ce statut mériterait d'être étendue à d'autres départements.

DSCN1288Sur un talus pousse du tussilage pas-d'âne (Tussilago farfara). Pas d'âne en raison de ses feuilles qui rappelleraient la forme d'un sabot laissé dans la boue. Néanmoins, il faudra attendre la fenaison pour les voir sortir, les fleurs étant les premières à apparaître. Celles-ci se transformeront en jolis pompons blancs dont le vent emportera au loin les graines, portées par leur aigrette blanches et duveteuse. Son nom scientifique de farfara désigne le peuplier qui partage des feuilles semblable à celui-ci. D'ailleurs, on peut sur la photo en voir quelques unes défraîchies au sol. Le tussilage aime les sols frais voire ruisselants, pauvres en matière organique et perturbés, ce qui en fait bien souvent une plante pionnière. S'il est commun et présent naturellement en Europe, son arrivée toute récente en Amérique ne permet pas toujours de bien le localiser. Importée par les colons pour ses propriétés médicinales, l'espèce s'avère invasive.

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Je ne pouvais pas passer à côté ! L'hellébore fétide (Helleborus foetidus) est ma plante à fleurs préférée, ne serait-ce que pour les nombreux surnoms qu'on lui donne. Patte de griffon, patte d'ours, griffe de lion, herbe aux fous ou rose de serpent, elle a de quoi faire travailler l'imaginaire. On ne s'aventurera pas pour autant à la tester, la belle étant toxique. D'ailleurs les grecs anciens l'employaient en décoction pour soigner la folie. Un remède bien inefficace hormis si on estime que la mort est une solution à part entière pour mettre fin à la maladie.

DSCN1366Il y a tellement de fleurs du jardin à vous présenter, comme celles du cogniassier du Japon (Chaenomeles japonica). Importé en Europe pour sa belle floraison rose, on s'est peu à peu aperçu que non seulement, il contractait facilement le feu bactérien, mais aussi qu'il le transmettait sans mal. Interdit pour ces raisons en Suisse, en France on le trouve encore ici et là dans les jardineries à destination du grand public.

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Autour de la mangeoire, c'est la pleine effervescence. À gauche, une petite mésange noire (Periparus ater), reconnaissable à sa taille, sa calotte noire, à ses deux taches blanches à l'arrière de la tête et à son absence de cravate noire. À droite, une mésange boréale (Poecile montanus), à moins qu'il ne s'agisse d'une mésange nonnette (Poecile palustris), contemple la scène depuis une branche de noyer commun (Juglans regia).

DSCN1450Un merle noir (Turdus merula) balourd vient se poser. C'est un beau mâle que l'on reconnaît à son plumage noir ainsi que son oeil cerclé de jaune et son bec orangé. Omnivore, il aime tout autant se nourrir des graines mises à disposition que des restes des vieux fruits du verger ou des escargots et autres invertébrés qui se sont mal dissimulés pour passer l'hiver. Territorial, il semble cependant en cette période plus tolérant.

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Deux autres mésanges font aussi leur entrée, la mésange charbonière (Parus major) à gauche qui s'identifie à sa tête noire, ses joues blanches, son ventre jaune et sa cravate noire. On fait facilement la distinction avec la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) à la calotte bleue et à la cravate noire presque inexistante. L'une et l'autre ont pour habitude de vivre en bande en dehors de la période de reproduction.

DSC08893Éloignons-nous du jardin pour prendre les chemins de campagne. Les alentours sont calmes et nous ne voyons ni le cul blanc d'un chevreuil, ni le vol d'un rapace, tout juste quelques tambourinements et cris de pics en lisière. L'hiver est bien là même si la neige est absente.

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J'ai toujours peine à croire que lorsque je marche ici, je ne me trouve pas sur le plateau calcaire de la Chartreuse bien qu'elle soit très proche, mais bien sur une langue rocheuse du Jura façonnée de part et d'autre par les glaciers. Qui l'aurait cru ? La topographie de la Valdaine est toute particulière. Située à l'extrêmité des terres froides, elle ne se trouve qu'à quelques pas de la Savoie. C'est là que certaines peuplades d'allobroges sont venues s'intaller, laissant de nombreux vestiges religieux mais aussi de vie courante comme des maisons fortes ou des mottes cadastrales. Certains patelins portent d'ailleurs encore des noms celtes.

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Levons les yeux au ciel. Un milan royal (Milvus migrans) passe au dessus de nos tête dans le ciel strié de nuage. C'est le premier que nous voyons de l'année en Isère, nous sommes ravis. Oiseaux migrateurs, une petite partie d'entre eux reste l'hiver dans le Massif Central. La migration débute tout juste, et nous espérons en voir bien d'autres nous survoler, un peu comme ce que nous avons pu vivre l'an dernier en mars à Miribel Jonage.

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Partons encore plus loin, dans les marais de la Valdaine qui depuis peu sont devenus une extension de la zone Nature 2000 du marais de Chirens où pousse la si rare liparis de Loesel (Liparis loeselii). C'est pourtant  une plante plus commune et tout aussi fascinante que je vous présente ici, le lamier maculé (Lamium maculatum). Si ses feuilles ne sont pas toujours maculées de blanc, ses grosses fleurs roses ne trompent pas.

DSCN1298Passage par l'étang de pêche accolé à l'Ainan, la rivière qui traverse notre petite vallée. Dans les canaux annexes, les grenouilles agiles (Rana dalmatina) sont venues pondre et des centaines d'oeufs flottes à demi-immergés. C'est un garde-mangé précieux pour les tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) qui trouvent là une précieuse ressource de nourriture, en particulier pour les femelles pour assurer leur propre ponte.

DSCN1305Saint Geoire en Valdaine, le village de mon enfance. Bastion catholique, il sera un des villages engagés dans la lutte contre l'influence huguenote. On compte même à la fin du 16e  une attaque  de 80 huguenots contre château de Longpra qui en réalité est une maison forte. La prise sera un échec et mise à mal avec l'aide du château de Virieu et de ses gens.

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Même pendant la révolution, le village reste fidèle à la religion, se tenant éloigné de la révolution. Le corps religieux présent est dit de clergé réfractaire, s'opposant au clergé jureur, celui qui embrassa le constitution civile du clergé qui remaniât profondément les instances religieuses françaises. Persécutés, exilés ou même assassinés, les prêtes tombent alors dans la clandestinité, pratiques la messe en secret et vivent caché au château de Longpra.

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Retournons à nos sentiers boueux. Si les mammifères ne se présentent pas à nous, ils laissent des traces bien marquées de leur passage. Chevreuils, sangliers, écureuils et hérissons semblent avoir profité de la nuit pour partir en vadrouille. C'est un exercice passionnant que celui de trouver un animal avec les indices de présence qu'il peut laisser sur sa route. Et dire que jusqu'en 1992 la loutre d'Europe (Lutra lutra) était présente ici !

DSCN1374Encore un petit tour par la monde des champignons. Sur un vieux sureau noir (Sambucus nigra) pousse des oreilles de Judas (Auricularia auricula-judae). Comestible, l'espèce tiens son nom de sa drôle de forme mais aussi du fait qu'elle pousse souvent sur les sureaux et les noyers, deux arbres réputés pour avoir été la potence à la quelle Judas se serait pendu suite à sa trahison en vers Jésus et ses disciples.

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Des tâches jaunes illuminent la campagne. Le narcisse jaune (Narcissus pseudonarcissus), souvent appelé jonquille bien que ce nom soit dédié à une autre espèce (Narcissus jonquilla), aime se développer en grandes touffes en lisière, en forêt voire dans les champs au sol riche. La primevère acaule (Primula acaulis) est plus discrète et se plaît sur les talus, toujours un peu humides et de préférence ombragés.

DSCN1301À l'autre bout du champ, un tarier pâtre (Saxicola rubicola) nous observe. Tête noir, collier blanc et poitrine rose, on a bien à faire à un mâle. L'hiver il déserte le secteur pour rejoindre le sud et l'ouest, comme nous avons pu le voir pendant notre virée du côté de la Camargue et des marais d'Istre. Les mâles ont pour habitude de toujours se mettre en hauteur et d'agiter les ailes et la queue pour se faire remarquer des femelles.

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Retour au jardin. Moustique le chat se ballade dans les branches.J'ai beau aimer les chats et particulièrement celui-ci que nous avons recueilli alors qu'il n'était pas encore sevré et qu'une fin funeste l'attendait, je ne peux m'empêcher de me dire qu'il participe à la disparition des oiseaux du jardin. Chaque année en France, les chats domestiques provoquent la disparition de 12 millions d'oiseaux, un chiffre dramatique et alarmant.

DSCN1482Des anémones des jardins fleurissent un peu partout à proximité des jardins des anciens, souvenir et témoignage que dans les jardineries, il y a des modes aussi.

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Le rosier que j'ai toujours connu et qui doit avoir pas loin de 29 ans change. Le greffon prend le dessus et aborde désormais à la fois des fleurs roses et d'autres rouges. Ce dernier n'a pas la  vivacité du rosier au fond du jardin, qui n'a jamais vraiment grandi. Planté par ma grand-mère à ses 7 ans, elle aborde aujourd'hui ses 93 printemps. Je vous laisse calculer l'âge du dit rosier. C'est ce que j'aime dans le jardin de mes parents, que ce soit les fleurs ou les fruitiers, ils sont le vestige d'un temps passé.

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Toujours à la mangeoire, il y a entre un et trois pinsons du nord (Fringilla montifringilla) qui viennent chercherl le graillon. Un rapide tour sur faune.france.org nous indique que chez le chalet voisin, une trentaine d'entre eux ont pris position des arbres. Nous ne sommes pas déçu. C'est un vrai spectacle. Nous en profitons à fond.

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En effet, l'espèce est migratrice et regagnera bientôt le grand nord pour nicher. Aimant les hêtraies, ils trouvent refuge dans la forêt toute proche, une hêtraie-sapinière. Granivores, ils trouvent leur bonheur auprès des herbes folles et des champs de céréales dont à l'hiver ils trouvent ça et là des grains non prélevés par la machinerie agricole. Bien sûr, les faînes font en grande partie de son alimentation, jusqu'à 11 grammes par jour.

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Marche au petit matin, quand l'obscurité se retire peu à peu. Le frais nous motive. Nous prenons la route pour partir à 2 kilomètres de là pour aller flâner le long du lac de Saint Sixte. Nous sommes accueillis par un rougegorge famillier (Erithacus rubecula) chantant à plein poumon. Enfin, la période de reproduction commence pour de bon, les oiseaux content leur amour et défendent leur territoire avec beaucoup d'ardeurs.

DSCN1496La encore, il s'agit d'un lieu de légende. La petite église par exemple, elle fût construite sur un temple romain dédié à Dionysos et, qui peut être, se trouve lui même sur un site païen. Connu des gens du coin, un passage défilé permet d'accéder à une partie des fondations de l'édifice, marqués du 12e siècle. Si aujourd'hui elles n'ont rien de particulier à montrer, elles furent pendant longtemps le lieu où les saintes reliques furent entreposées.

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En regagnant notre automobile, nous croisons deux symboles du printemps. La bergeronette grise (Motacilla alba) bien qu'elle ne soit qu'une migratrice partielle, s'agite particulièrement à l'approche des beaux jours. Elle sera bientôt rejointe par les hirondelles des fenêtres (Delichon urbicum) qui aiment visiblement le quartier à la vue du nombres de nids en torchis présents sous le toit des granges et des vieilles maisons.

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De nouveau nous changeons de paysage, une dernière fois. Nous voilà à Velane, une autre part importante de mon enfance. Les forêts sont plus acides, faites de châtaigniers, de sapins et comme toujours, de hêtres. C'est l'endroit rêvé pour courir les champignons comme la girolle, la trompette ou le pied de mouton, mais aussi grimper aux arbres, récolter quelques morilles près des ruisseaux et construire des cabanes.

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Dans le ciel nous observons un sepctacle fauleux. Un pompe s'est formée. C'est le nom que l'on donne au vol circulaire des osieaux quand ils se placent dans les termiques pour s'élever dans les airs. Ici plusieurs espèces se mêlent, à savoir deux buses variables (Buteo buteo) et sept milans royaux (Milvus milvus). Nous pouvons à loisirs les regarder depuis le sommet de la tour du Sacré Coeur qui devient pour l'occasion un poste d'observation.

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Comparons un peu les deux. À gauche, le milan royal avec sa queue en V, sa tête bleue gris, son corps brun et ses deux grandes tâches blanches sous les ailes. À droite la buse, aux ailes et à la queue ronde, au corps brun et au poitrail portant un grand V blanc. Cela ne suffit, la buse variable portant bien son nom. Certaines sont parfois entièrement blanches, d'autres portent du blanc sous les ailes. On s'attachera alors à observer la silhouette.

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L'heure du départ se fait sentir. À la tombée de la nuit nous faisons un rapide tour dans le jardin. Surprise, un bruant zizi (Emberiza cirlus) chante dans un bosquet de ronce. L'an dernier pendant l'été, nous avons pu observer un couple et leur petit faire leur vie dans le bosquet dans la clématite des haies (Clematis vitalba). Matin comme soir il chante du haut de son perchoir où il se dissimule au passage de la buse et du crécerelle.

Au revoir la campagne. Nous reviendrons aux beaux jours, quand nous pourrons de nouveaux sortir de nos logis. Peut être raterons nous le printemps, mais cela ne serait nous éloigner des prés si verts, des forêts de hêtres et de sapins mais aussi des lacs dans lesquelles nous plongerons avec plaisir cet été. En attendant, nous laissons notre regard se perdre dans le ciel bleu qui couvre notre petit appartement urbain.

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samedi 11 janvier 2020

Sortie dans les marais 18 : retour en Dombe.

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Nous revoilà une fois de plus dans l'Ain, et plus particulièrement dans la Dombe, à moins d'une heure de chez nous. La plupart des oiseaux inféodés à l'eau et migrateurs sont partis, à l'instar de la cigogne noire qui a fait battre si fort notre coeur il y a quelques semaines lors d'une rencontre fantastique. Mieux encore, les busards sont toujours aussi présents et nous en observons un bon nombre pour notre plus grand bonheur, non sans avoir une pensée triste pour ces oiseaux qui ont souffert cette année encore dans le Rhône du manque de nourriture entraîné par la sécheresse. La nidification s'est avérée catastrophique et sans l'effort d'un groupe de passionnés pour suivre la nidification, il est fort à parier qu'il n'en resterait pratiquement plus dans le département à l'heure où j'écris ses lignes. Au premier plan de l'étang éphémère où se masse tous les canards fuyants les fusils et trouvant refuge sur cette zone protégée, les tiges sèches de cardères sauvages (Dipsacus fullonum) rappellent que l'automne s'est durablement installé.

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À vrai dire, tous les migrateurs ne sont pas vraiment partis. Quelques cigognes blanches (Ciconia ciconia) restent fidèles à la Dombe, fidélité entretenue par l'évolution des températures, la proximité du parc des oiseaux où certains individus faibles trouvent refuges et par l'abondance de nourriture dans les étangs qui ne gèlent que très rarement.

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Trois individus tournent dans les airs, tirent profit des courants thermiques. Ce sont des planeurs que l'on observent que rarement battre des ailes pour faire de longues distances. Ne s'élevant pas haut dans le ciel, il a fort à parier qu'elles sont à la recherche d'une aire de nourrissage propice à répondre à leurs appétits et surtout à leur régime alimentaire. Celui-ci se compose d'animaux aquatiques tels que des grenouilles, des escargots, des mollusques, de petits poissons mais aussi des insectes des prairies comme les criquets voire des petits mammifères comme des campagnols et des mulots mais aussi des reptiles tels des lézards et des couleuvres.

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Dans les saules qui nous servent de cachette, les passereaux se font la guerre. Courses poursuites et acrobaties dantesques, ce sont là quelques unes des techniques utilisées par les oiseaux pour s'assurer la suprématie sur les rares sources de nourriture, à savoir les bourgeons et les rares insectes présents. Parmi les espèces observée, on peu citer la mésange bleue (Cyanistes caeruleus), connue pour être une féroce compétitrice.

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Soudain, tous le monde quitte le marais effarouchés. Le responsable ? Le busard des roseaux (Circus aeruginosus) qui survole les sarcelles et les canards pilets à la recherche d'un repas. S'il est considéré comme commun, il est reste très localisé, en raison de son habitat qui se raréfie. Côté régime alimentaire, il cible les oiseaux jeunes, malades ou affaiblis en particulier en cette période de l'année difficile pour l'avifaune. 

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À la tombée de la nuit, les busards des roseaux se réunissent en sécurité dans le même dortoir. Celui-ci se trouve le plus souvent dans la rosselière d'un marais, plus rarement dans une forêt alluviale au bord d'un lac, d'une rivière ou d'un fleuve. Ce sont des oiseaux au vol rapide, plus de 50 km/heure, planant au ras de la végétation et piquant brusquement dès qu'ils détectent leur proie. Outre les oiseaux aquatiques, ils peuvent aussi se saisir d'amphibiens, de petits mammifères, d'insectes, de reptiles ou encore d'oeufs. Cette diversification de leur alimentation leur permet de faire face aux épisodes de sécheresse qui deviennent récurrents ces dernières années et qui expliquent son déclin avec l'urbanisation galopante, l'écobuage des friches et la chasse. Fait étonnant, ce busard est connu pour se saisir des proies toujours avec la patte gauche.

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Un autre rapace s'est installé dans le secteur. Le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est un animal ubiquiste, c'est à dire capable de s'adapter à une grande variété de milieux. Celui-ci, un mâle, fait du surplace pour attraper l'une de ses proies favorites, le campagnol. Cette technique de chasse est parfois nommée le " vol en Saint Esprit"/ Energivore, elle permet à l'oiseau de repérer sa proie sans avoir besoin de poste d'affût. On la retrouve chez d'autres rapaces comme la buse ou la bondrée apivore mais reste plus rarement employée.

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Casse-croûte au bord de la route. La faim nous tenaille. Nous nous posons face aux éttends, toujours cachés par une haie de saules et d'aulnes afin de ne pas faire prendre la fuite. Là encore nous ne sommes pas seuls. Dans les arbres, de nombreux passereaux s'agitent dans les branches.

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Parmi eux, le rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), dont la gorge est plus orangée que rouge. Deux individus se mènent une guerre sans relâche sous nos yeux. Hors période de reproduction, mâles comme femelles sont extrêmement territoriaux et se poursuivent en poussant de nombreux cris. À cette période de l'année, ce sont avant tout des oiseaux issus du nord de l'Europe que l'on observe, ceux présents l'été et les jeunes préfèrent descendre du côté de l'Espagne pour passer l'hiver. On peut ainsi au fil de l'année, voir passer jusqu'à 4 ou 5 rouge-gorges différents dans son jardin sans jamais s'en apercevoir.

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Quelques gouttes de pluie, le retour du busard des roseaux, deux voitures arrêtées sur le bas côté à quelques mettre des oiseaux ... il n'en faut pas plus pour que la plupart des canards mettent les voiles et partent à 200 mètres de là, sur un autre étang protégé un peu plus les oiseaux des curieux. Seul alors le train brise leur quiétude pendant un bref instant. Nous ne nous éternisons pas, un autre spot attirant toute notre convoitise à cette heure.

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Nous arrivons au grand étang. Seulement voilà, il est à sec. Nous n'observons alors qu'un petit ruisseau qui traverse l'étandu de bout. Cela ne déplaît pas pour autant aux oiseaux, et bien que nous ne croisons pas de limicoles, nous sommes heureux de voir cachés dans notre observatoire quelques oies sauvages. Il s'agit d'oies cendrées (Anser anser), ancêtre de certaines de nos oiseaux domestiques. Cependant elles sont surtout connues pour sa chasse polémique et les nombreuses démarches de la fédération française de chasse qui demande l'autorisation par dérogation de pouvoir tirer ces animaux en dehors des dates imposées, à savoir pendant la période de migration de ces oies, quand elles retournent affaiblis et fragiles dans le grand Nord. Une hécatombe annoncée pour leur population européenne qui, pour le moment, est déjouée par des défenseurs tenaces de l'environnement et de la biodiversité et par le soutient des instances européennes.

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Les grands échassiers sont de la partie. Les hérons cendrés (Ardea cinerea) sont nombreux à profiter des poissons pris au piège dans ce faible cours d'eau, accompagnés de grands cormoran (Phalacrocorax carbo), leur pêche semble bonne. Leurs pattes hautes leurs permettent de remuer la vase afin de faire fuir les poissons et de les attraper avec leur bec en forme de dague. Ils les utilisent aussi comme véritable tour de guet.

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La grande aigrette (Adrea alba) est aussi de la partie. C'esr un oiseau pouvant atteindre pas moins de d'un mètre dix de haut et ayant un régime alimentaire similaire à celui des autres grands hérons : poissons, grenouilles, insectes, rougeurs et petits reptiles y figurent.

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Très cosmopolite, on peut la confondre sous nos latitudes avec l'aigrette garzette (Egretta garzetta), plus petite et au bec noir. La grande aigrette aime les zones humides pour peu qu'elle y trouve des arbres où elle peut reposer et nicher à l'abri des prédateurs car bien que grande, elle ne fait pas le poid face à un hiboux grand duc (Bubo bubo) ou à un renard roux (Vulupes vulupes) déterminé. Au compteur, elle ne cumule que 1 à 1,5 kilo pour les plus gros individus, autant dire qu'il n'y a pas de quoi effrayer les carnassiers du coin. Ses effectifs sont stables mais restent menacés par l'activité humaine, en particulier l'asséchement et l'exploitation agricole des zones humides ainsi que les installations de loisirs en bord de lac et de rivière.

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Que serait une sortie sans champignons ? Nous voilà les mains dans l'herbe à récolter quelques marasmes des Oréades (Marasmius oreades) appelés aussi mousserons ou faux-mousserons. Les Oréades sont des nymphes des montagnes et des grottes nées de la mortelle Niobé et du Titan Hécatéros. Les marasmes sont une famille de champignons dont le nom du latin Marasmos "désséchement" pour leurs capacité à sécher naturellement.

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Sur notre chemin, nous tombons sur de grands alignements de clitocybes géotropes (Clitocybe geotropa) un champignon de belle taille et comestible à la saveur peut prononcée. Nous en récoltons quelques jeunes exemplaires pour le repas du soir qu is'annonce somptueux.

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On rejette son pied fibreux au profit de son large chapeau. Indicateur d'un sol calcaire et légèrement humide, il se plaît sous les feuillus où il n'est pas rare de le voir pousser en rond de sorcières. Bien qu'il soit commun, il ne se cueille que pendant une courte durée, d'octobre à mi-décembre faisant ainsi de lui l'un des champignons les plus tardifs que l'on peut retrouver dans une poêlée forestière. Si son parfum marqué voire fétide pour certains, il reste bien apprécié du côte du sud-ouest et dans certains pays de l'est de l'Europe. Pour notre part, nous avons apprécié cette récolte en omelette puis en civet végétarien.

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Les mammifères ne sont pas en reste. Nous assistons à une houleuse dispute de ragondins (Myocastor coypus). ┴ peine avons nous le temps de prendre l'appareil photo que le plus petit, vaincu, file à toute allure la queue entre les jambes. En parlant de fuite, non loin de-là, nous croisons un chevreuil (Capreolus capreolus). Discret comme une ombre, sa présence ne nous est indiquée que par un coup de feu, par les cris d'une meute de chien au loin et par sa sihouette se glissant dans la végétation d'une petite île d'un lac privé aux eaux peu profondes.

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Retour sur la métropole lyonnaise. Un groupe de cygnes semble prendre le même chemin que nous. Graciles, le battement de leurs ailes actionnent leur cage thoracique,  leur faisant échapper un râle sonore dans leur envolée. La chasse, la pluie et les journées de travail bien remplis, nous ne retournerons sans doute qu'à l'hiver dans la Dombe pour observer les canards hivernants cherchant un peu de réconfort et de nourriture dans les étangs.

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